CYCLE 1 : Mes premières fois
Avec cet homme, j'ai vécu les premières fois dont on parle tant, ces instants que l'on espère magiques et qu'on attend impatiemment. À presque dix-neuf ans, toutes mes amies avaient franchi l'étape du premier baiser depuis quelques temps déjà, ce qui n'était pas mon cas. Une fois n'est pas coutume, j'avais mon idée sur la question.
Je voulais vivre un amour transcendant comme celui de mes parents. Quand gravitent autour de vous des couples solides, et que le mot « divorce » n'est apparu dans votre vocabulaire que très tardivement, il vous semble logique, même évident que l'amour rime avec toujours. Quand en plus, vous avez été bercé par les contes de Walt Disney et que vous rêviez de vous débarrasser de Jasmine pour voler sur un tapis volant – je le trouvais charmant moi Aladin ! - il vous était donc difficile d'échapper à ce raz-de-marée de fanfreluches rose bonbon amidonnées de leçons de morale vous voulez un peu de guimauve avec ça ? C'est à ce moment-là que vous vous dites « Arrêtez-la vite ! ». Vous avez raison, mais ce n'est pas pour autant une vraie digression.
CHAPITRE 2 : Baptême du feu.
Quelle ambiance ! À couper au couteau comme on dit ! On était quatre (j'avais demandé à Hinata de nous rejoindre et c'était aussi l'occasion de lui présenter deux de mes amis). Tous assis en tailleur sous mon kotatsu (table basse chauffante importée directement du Japon), j'étais seule face à eux et avais la mauvaise impression d'être projetée deux ans en arrière lors de mon passage oral du bac de français. Imaginez Ino, avec un regard qui disait « tu ne m'échapperas pas », celui de Kiba implorait de le laisser repartir rapidement et ma chère Hinata semblait se moquer doucement de la situation. Ino prit la parole :
« Bien ! Si nous sommes rassemblés ce matin c'est pour déclarer l'état d'urgence ! Pour commencer Sakura, tu vas devoir téléphoner à ce type pour lui filer un rancard et ça ne sera pas une mince affaire. Je pense que Kiba ici présent pourra témoigner avec moi de tes piètres qualités en matière de séduction.
- Hein ? Tu m'as parlé ? bailla-t-il en se retournant, les yeux encore embués par le sommeil.
- Désespérant ! Rendors-toi va, pour le moment tu ne nous es pas encore utile, s'agaça notre général en chef.
- Kiba » interpellai-je mon ami, tu peux aller t'allonger sur le clic-clac de la chambre d'ami en attendant ».
Celui-ci me fit un sourire sincère et se dirigea sans demander son reste vers la pièce désignée. Je jetai un regard à Hinata pour voir si elle n'était pas trop choquée par le comportement de ma copine, étant donné sa timidité. Mais un petit rire discrètement étouffé de la jolie brune me rassura immédiatement.
« Bien ! Maintenant que nous sommes entre filles, passons aux choses sérieuses, continua la jeune fille en se frottant les mains d'un air sadique. Ma chère, très chère Sakura, jusqu'à présent tu n'avais jamais décroché de rendez-vous romantique, sauf que vu ton âge, les mecs s'attendent à ce que tu aies plus ou moins d'expérience dans le domaine. Et même si ce n'est pas le cas, il ne faudra surtout pas leur faire croire le contraire. Au risque de les faire fuir.
- Tu veux dire que je dois mentir ? lui dis-je scandalisée.
- Mais nooooon ! Ce que je suis en train de t'expliquer c'est que tous tes gestes, toutes tes paroles doivent respirer la confiance en soi. Tu dois leur montrer que tu es bien dans ta peau, que tu te trouves belle, et ils le penseront également.
- Je ne sais pas comment je dois le prendre...
- Elle a raison Sakura, intervint ma nouvelle amie. Une femme sûre d'elle attire les regards. On ne te demande pas de jouer un rôle en adoptant un comportement de femme fatale mais tu dois être fière d'être celle que tu es et les gens seront inéluctablement sensibles à ton charme ».
Ino et moi échangeâmes un regard puis nous fixâmes, surprises, Hinata qui commençait légèrement à rougir.
« Je n'aurais pas mieux dit les choses moi-même ! s'enthousiasma-t-elle. Juste un point à éclaircir : tu vas devenir une femme fatale... en étant toi, et ça grâce à moi..., elle s'adressa ensuite à notre nouvelle complice, Toi, tu me plais ! »
Sur ce, nous partîmes toutes les trois dans un fou-rire incontrôlable, heureuses de voir naître une nouvelle amitié qui s'annonçait fertile en rebondissements. Nous passâmes bien une heure à travailler sur mes postures, ma voix, à relever mes qualités morales et physiques, mais en soit je m'étais toujours assumée alors ce n'était pas la partie la plus difficile finalement. Il nous fallut une heure et demi supplémentaire afin de se mettre d'accord sur ce que je devrai dire en appelant Kabuto mais à force de répéter, j'avais l'impression de me transformer en automate et je craignais qu'une fois au pied du mur, les mots ne puissent franchir mes lèvres.
C'est à ce moment-là que le bel endormi pointa le bout de son nez et déclara : « Fais comme si tu m'invitais moi. Après tout, ça t'es déjà arrivé de me téléphoner pour me proposer un ciné ou autre et à chaque fois je n'ai pu dire non. Tu as toujours eu une voix mélodieuse qui donne le sourire, c'est ce qui fait en grande partie ton charme. ».
Nous avions cru halluciner car aussitôt, Kiba reparti dans le chambre voisine. Mais ses propos étaient gravés dans ma tête et sans s'en rendre compte, mon voisin préféré m'avait donné le courage nécessaire pour me jeter à l'eau. Je n'hésitai pas une seconde de plus et cherchai dans mon sac le morceau de papier que m'avait tendu l'étudiant en médecine, puis je composai son numéro.
Je crus que mon cœur allait exploser, le stress m'envahit, mes mains devinrent moites, j'avais l'impression d'être sur la ligne de départ de la course la plus importante de ma vie et je ne devais en aucun cas rater le démarrage, car ensuite tout le reste de la course serait alors foutue, aucun rattrapage possible.
« Allo ? » je raccrochai aussitôt sous les yeux ahuris de mes deux supportrices.
C'était bien la voix d'une fille que j'avais entendue résonner dans le combiné et ma première pensée fut « quelle idiote, comment j'ai pu croire un instant que ce garçon était sérieux ». Je fus coupée dans ma lancée car la sonnerie de mon portable s'élevait, de plus en plus forte. C'était le même numéro que celui que j'avais tapé précédemment. Que devais-je faire ?! Je n'eus pas à m'inquiéter plus avant car Ino avait appuyé sur le bouton vert de mon écran et me tendit l'appareil.
Une voix, masculine cette fois, se fit entendre :
« Allo ?... Allo ? » je sentais qu'il s'impatientait, j'avais décidément pris un mauvais départ, allais-je perdre la course ?
« C'est moi ! m'écriai-je, me maudissant ainsi intérieurement, je me mordis la lèvre inférieure. C'est Sakura, la pauvre fille qui t'est tombée dessus il y a quelques jours à la fac, poursuivis-je, en reprenant mon courage à deux mains, les mots de Kiba refaisant surface dans ma mémoire. Un rire profond accueillit mes paroles, il se moquait de moi ?
- Comment pourrais-je t'oublier, ma fameuse tornade blanche ! Alors tu m'emmènes où ? »
Il était tellement désinvolte ! Je compris que c'était de cette façon que mes copines voulaient que j'agisse c'était donc avec plus d'assurance que je lui répondis :
« On se retrouve vendredi prochain après les cours à la station Opéra, le reste tu n'as pas à le savoir puisque tu m'as laissé carte blanche. À toi de voir si tu as le cran de te présenter au rendez -vous, tu ne me poseras aucune question d'ici là. Alors ça te tente ?
- Dix-huit heures, station Opéra, j'y serai tu peux compter là-dessus, miss. J'ai hâte d'y être ».
Je ne me reconnaissais pas, d'où m'était venu cette confiance qui n'existait pas il y a encore une minute. Je vis alors Kiba appuyé contre le chambranle de ma porte, un sourire au coin des lèvres. Ah oui, ça me revenait ! C'est de cette façon qu'il m'avait invitée la dernière fois à l'anniversaire surprise d'un de ses potes, car il savait que sinon j'aurais refusé. Finalement j'allais peut-être monter sur une des marches du podium ?
Du moins, je l'espérais à ce moment-là, mais je n'aurais même pas dû participer à cette maudite course. Et j'aurais dû me pencher un peu plus sur l'identité de la voix féminine que j'avais entendue en appelant, mais dans mon excitation plus rien n'avait d'importance.
Depuis notre fameux rassemblement, j'avais passé le reste de la semaine à me familiariser avec la psychologie masculine, grâce aux cours magistraux dispensés par le professeur Yamanaka Ino dans son amphithéâtre privé nommé « chambre de bonne ». Hinata nous avait rejointes une fois, et avait apporté tout le matériel nécessaire : DVD de films romantiques, mouchoirs douceur extrême, et de quoi préparer une fondue au chocolat dans lequel on tremperait des fruits. Nous poursuivions mon entraînement dans la bonne humeur quand, sans détours, Ino voulut en savoir plus sur ma camarade, et la questionna.
«Dis-moi Hinata, je me posais la question dimanche dernier mais je n'ai pas eu le temps de le faire en vrai...
- Je t'écoute, mais je crains le pire, et je ne sais pas pourquoi, un sourire étira ses lèvres.
- Mais nooooon ! Je crie beaucoup mais je ne mords pas... En tout cas, pas mes ami-Es, précisa-t-elle en lui faisant un clin d'oeil qui déclencha nos rires. Je te demande ça car d'une part tu es vraiment une très jolie fille avec des qualités indéniables, et d'autre part tu m'avais l'air de parler avec confiance, me faisant supposer que tu as de l'expérience... », Ino plissa les yeux sur la fin de sa phrase.
J'avoue que moi aussi la réponse m'intéressait car nous n'avions pas encore abordé cette partie de sa vie dans nos récurrentes conversations. Ma voisine de classe ne s'épanchait que très peu sur sa vie personnelle. Elle évoquait facilement des anecdotes qu'elle partageait avec moi, mais uniquement parce que cela concordait avec le sujet de notre discussion ne divulguant spontanément aucune information sur ses pensées intimes, respectant l'autre de la même façon.
Je sais à présent que cette attitude était liée à une histoire familiale compliquée et elle préférait protéger ceux qui lui étaient chers de ses propres tourments, en les aidant avec les leurs. Ma tendre amie a le plus grand cœur que je connaisse.
Hinata nous observait, prenant un malin plaisir à faire planer le mystère, mais nous délivra bientôt de cet insupportable mutisme.
« Et tu supposes bien Ino. Je sors avec quelqu'un depuis 6 mois et ça n'a pas été facile pour moi d'y parvenir.
- On veut TOUT savoir » hurla d'impatience Ino, tandis que je me contentai d'acquiescer énergiquement.
J'étais persuadée qu'un jour elle abandonnerait ses études de chimie pour ouvrir un cabinet de détective privé je la voyais bien derrière le volant d'une vieille berline en train d'épier, à l'aide d'une paire de jumelles, la femme infidèle d'un riche client, se délectant d'avoir trouver un scoop.
Je prends encore aujourd'hui plaisir à me remémorer cette image de la jeune fille. Ah, vous voulez que je rembobine un chouia ? Et oui, Ino a étudié la chimie allant jusqu'au DEA afin de travailler par la suite dans une grande maison de parfum. Je vous avais dit qu'elle était loin d'être bête !
« Doucement ! Très bien si vous tenez à tout savoir, imitant timidement Ino, il s'agit d'un garçon que je connais depuis... toujours et c'est le meilleur ami, d'un de mes amis d'enfance vous suivez jusque-là ? ».
Nous hochâmes encore une fois la tête ne voulant surtout pas qu'elle interrompe son histoire.
« Quel auditoire attentif ! rigola-t-elle. Je continue alors. J'ai grandis dans un milieu très aisé et ma famille côtoie des gens de la « haute » comme vous diriez. Elle est aussi en affaire depuis des décennies avec la famille Uchiha dont je connais le fils cadet. C'est lors de la fête organisée pour son sixième anniversaire, que je fis la connaissance du turbulent Naruto.
- Il s'appelle Naruto alors.
- Mais chut ! rouspétai-je
- Roooo rabat-joie !
- Oui c'est lui ! Je l'ai tout de suite apprécié : gentil, le cœur sur la main, souriant, optimiste comme pas deux ! Avec des yeux bleus rivalisant avec la couleur des plus beaux lagons.
- Ah oui t'as l'air dangereusement atteinte !
- Inooo ! Ne l'écoute pas Hina', comme elle n'a jamais été vraiment amoureuse, elle tourne ça en dérision alors qu'elle crève d'envie d'être à ta place ».
Ino me tira la langue mais ne démentit pas, ce qui était suffisamment révélateur en plein dans mille !
« Je me calme, j'ai compris. Bref ! On a été amenés à se revoir plusieurs fois, puis on s'est retrouvés dans la même classe pour le reste de la primaire. Ça m'a permis de confirmer les sentiments que j'éprouvais à son égard même si j'étais très jeune encore. Si vous m'aviez vue ! J'étais incapable d'aligner deux mots correctement en sa présence. Tous les autres élèves avaient compris ce qu'il se passait sauf lui, évidemment ! On a continué comme ça encore quelques années, mais c'était quand même devenu plus facile pour moi de lui parler. J'arrivais à être moi-même, on aimait passer du temps ensemble, même si son meilleur ami était toujours là. Et finalement, à la soirée de fin de terminale, j'ai pris mon courage à deux mains, aidée par deux verres de vodka orange, pour l'inviter à danser. Il accepta et de fil en aiguille, je lui ai avoué mes sentiments et bien qu'il ait eu l'air surpris, il m'a déclaré les partager. Nous sortons ensemble depuis, voilà !
- Je suis trop émue, dis-je les larmes aux yeux, je veux la même choooooseeee !
- Mouais, pas mal ! J'aurais voulu plus de détails, votre première sortie, votre premier bisou, ce genre de trucs quoi. Mais j'ai l'impression que tu t'es dévoilée beaucoup plus que ce que tu as l'habitude de faire donc je te laisse tranquille... pour le moment. Je saurai tout un jour au l'autre, j'attendrai ! Ino la perverse était de retour, au secours !
- C'est pour ça que tu n'es pas venue au bowling l'autre soir ? Parce que tu sortais avec ton copain ? demandai-je faisant le lien avec son emploi du temps.
- Oui en effet, on est allés dans un petit restaurant de quartier, spécialisé dans les ramens.
- Oh il faudra qu'on y aille ensemble un jour, j'adore la cuisine japonaise !
- Très bonne idée ! Je vous présenterai Naruto, je suis sûre que vous vous entendrez bien ».
C'est sur une note joyeuse que nous nous sommes quittées, et le jour fatidique arriva presque trop vite à mon goût. J'avais hâte, mais en même temps j'étais terrorisée. Et si, je ne lui plaisais pas en fin de compte ? Et s'il voulait juste être amis ? Ce qui n'était pas grave en soi... j'aurais même préféré ! Et si, et si, et si !
Je ne pouvais empêcher mes pensées de tourbillonner dans ma tête, au point de développer une atroce migraine. J'avais bien entendu croisé Kabuto sur le campus, mais il avait respecté mes conditions et s'était contenté de me lancer des clins d'oeil ou de me faire un sourire complice.
Ça y est nous étions vendredi ! Je n'avais pas fermé l'oeil de la nuit, ne cessant de tourner dans mon lit. Finalement, je n'attendis pas que mon réveil sonne et j'allai prendre une douche afin de gommer, un tant soit peu, les traces de ma mauvaise nuit. Ino avait profité du peu de cours que j'avais ce jour-là pour me prendre rendez-vous chez l'esthéticienne et chez le coiffeur. En sortant, je me sentais belle, et je me disais que personne ne pourrait me résister. Ce fut donc confiante, que j'arrivai à la station Opéra avec, jetant un œil à ma montre... une heure d'avance ! C'est pas vrai, qu'allai-je faire en attendant ? Je reçus très vite un message d'Hinata :
« Ne t'inquiète pas ma belle, tu es quelqu'un de formidable,
il ne te mérite pas s'il ne le voit pas.
Si tu as besoin appelle-moi.
Gros bisous. »
Il fut très vite suivi par un nouveau SMS venant de Ino :
« Maintenant que tu es à tomber, tu me le fais craquer ce mec.
Et surtout tu m'appelles quand vous avez fini, j'espère le plus tard possible... »
Pourquoi m'écrit-elle ça, elle qui n'a aucune patience... Nouveau bip :
« PS : j'ai glissé des capotes dans la poche intérieure de ta veste.
Amuse-toi mais sois prudente.
Fighting ! »
Ah oui d'accord, tout s'éclaira d'un coup. Un sourire vint détendre mon visage. Sacrée Ino, je ne la changerai pour rien au monde. Mais qu'elle ne se fasse pas d'illusions, je ne suis pas du genre à griller les étapes, surtout que je ne le connais pas vraiment ce mec. J'avais encore une vingtaine de minutes à tuer quand une paire de main se posa sur mes yeux.
« Qui attendez-vous belle demoiselle ? » chuchota une voix doucereuse à mon oreille.
J'en frissonnai, il était trop près. Je déglutis difficilement afin de raffermir ma voix, il ne devait surtout pas s'apercevoir de l'effet que cela me faisait.
« Juste un homme auquel je dois un café », répondis-je en me retournant, un sourire taquin dessiné sur mes lèvres. Surtout ne pas mettre à mal son égo mais lui faire comprendre aussi que je ne suis pas une fille facile étape numéro un, passée avec succès ! Ino serait fière de moi !
« Alors quel est le programme ?
- Suis-moi ».
Je m'avançai dans une rue perpendiculaire à l'Opéra et Kabuto m'emboîta le pas se mettant ainsi à ma hauteur. Je franchis la porte d'un petit café typiquement parisien. Un serveur nous accueillit et nous installa à une table ronde près du bar.
« Sympa ici, je ne connaissais pas.
- Ravie de te surprendre. C'est quand même mieux que la cafét de la fac non ?
- Attention, je pourrai croire que je t'intéresse ». Ses yeux brillaient de malice, je pensai alors qu'il mordait à l'hameçon alors qu'en fait c'était lui qui m'avait ferrée. « Je plaisante, détends-toi, bien que je ne serai pas contre ».
C'est tout lui ! Jeter le chaud et le froid simultanément, on ne sait jamais sur quel pied danser c'est à la fois pénible et grisant.
« On commande ? » proposai-je, préférant ne pas relever sa remarque, je n'aurai d'ailleurs pas su quoi répliquer. Kabuto demanda un café aromatisé à la cannelle (il adore les épices) et moi je pris un chocolat viennois avec supplément chantilly. Kabuto était d'une agréable conversation même si beaucoup de ses paroles, de part leur ambiguité, me mettaient mal à l'aise.
J'en appris un peu plus sur lui, son choix de devenir médecin, sa passion pour ce qui touchait à la biologie et notamment la composition des antidotes et des poisons. Pour autant, il se protégeait et ne dévoila rien faisant référence à son passé, tandis que moi, rien ne m'arrêtait. Quand je suis nerveuse, je parle, une vraie machine. Enfin, je fonctionnais comme ça, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui.
Kabuto regardait de temps en temps par-dessus mon épaule, mais je n'y fis pas vraiment attention. Nous quittâmes ensuite le lieu tranquillement. Sans me prévenir mon compagnon mis un bras derrière moi et me pris la taille pendant que nous nous dirigeâmes vers le métro. J'étais très gênée et aurai voulu le repousser mais je ne voulais pas non plus le blesser, donc je le laissai faire. Quelle grossière erreur !
Nous nous séparâmes par la suite, ne vivant pas dans le même arrondissement, mais lorsque je quittai mon siège pour descendre de notre rame, il m'attrapa le poignet et glissa dans mon oreille : « La prochaine fois, c'est moi le maître du jeu ».
J'aurai dû fuir, ne pas me retourner, refuser de le revoir, pourtant je tournai mon visage et fut happée par son regard glacial, mais ensorcelant. C'était déjà trop tard pour moi.
Alors? Je sais que les éléments mettent du temps à se mettre en place mais c'est justement ce dont ils ont besoin. Je veux que mon histoire soit vraie, au plus proche de la vie.
