Merci à Sakka-sensei, de prendre le temps de m'écrire et de m'encourager! ça me touche beaucoup ^^
CHAPITRE 4 : Qui trouve un ami, trouve un trésor
La fin de soirée se passa silencieusement car je ne savais plus où me mettre. Kabuto fit des blagues plus ou moins de bon goût afin de détendre l'atmosphère. Il me raccompagna ensuite jusqu'au métro et alors que je m'apprêtais à grimper dans le dernier de la soirée, il m'enlaça fermement. Je sentais le contraste saisissant de la chaleur de son torse et de son haleine glacée contre mon oreille, agitant de ce fait quelques uns de mes cheveux échappés de ma coiffure.
Les mots qu'il prononça cette nuit-là resteront à jamais gravés dans ma tête, étant le premier et le dernier jusqu'à présent à me les avoir dits, ils m'attachent encore à lui irréparablement...
Après toutes ces années, je n'attends plus qu'une chose : qu'un être me délivre de cette malsaine dépendance. Je n'ai plus la force de lutter toute seule.
Alors c'était ça, un baiser ? Je l'avais tellement imaginé, rêvé, attendu, que ne fut ma surprise de ne pas le trouver tout à fait à la hauteur, et cette pensée me faisait culpabiliser. Était-ce la même chose pour tout le monde ? Pourquoi en faisait-on une montagne dans ce cas ? Je devais en avoir le cœur net. Une soirée entre filles s'imposait. Seulement la fin du week-end était déjà là et donc nous ne pouvions organiser celle-ci que le samedi suivant. Aucun souci... sauf que la curiosité me rongeait déjà, je voulais savoir si j'étais normale !
J'aurais pu en parler avec Hinata pendant nos cours communs mais d'une part nous étions de trop sérieuses élèves pour prendre le risque de gêner les professeurs et d'autre part, son temps libre était pris par son adorable petit-ami. D'ailleurs, ça nous a donné l'occasion de le rencontrer, enfin ! Bon d'accord je m'étais légèrement incrustée, et j'avais invitée Ino à nous rejoindre. On voulait voir de nos propres yeux celui qui faisait perdre la tête à notre nouvelle amie et surtout qui se l'accaparait.
Le mardi soir, nous avions convenu de nous retrouver devant l'entrée du fameux restaurant de ramen « Ichiraku ». Ino avait réussi à se libérer, elle n'aurait raté ça pour rien au monde, vous pensez ! L'opportunité de se faire un nouvel ami, une source de ragots inespérée et un repas gratuit – elle avait oublié son portefeuille, mais passons – en très bonne compagnie : mode commère des beaux quartiers activé !
Comme d'habitude je fus la première arrivée, et comme une idiote, plutôt que d'entrer pour me réchauffer, je restai plantée là, soufflant sur mes petites menottes, l'écharpe remontée sur le bout du nez, mon haleine gardant le bas de mon visage dans une relative chaleur. C'est qu'à Paris l'hiver peut être frisquet ! Mais non, je préférais attendre mes amies à l'extérieur, n'osant pénétrer toute seule dans l'établissement ne connaissant pas le nom de famille de Naruto qui avait fait la réservation.
Quand enfin le couple apparut à l'angle de la rue, mon cœur fit un bond. Ils se tenaient la main, paires de gants assorties, se souriant. Ils semblaient auréolés de tendresse, atteignant brusquement mon âme qui exulta de joie. Sans le connaître, je sentais que ce jeune homme était la personne idéale pour ma chère Hinata. Ils étaient faits l'un pour l'autre sans l'ombre d'un doute et c'en était émouvant. Il me tardait d'observer les réactions d'Ino pour qui le coup de foudre était une réaction chimique nécessaire à notre reproduction mais l'attachement et l'affection étaient des choses rares voire impossibles. Le jeune homme s'approcha de moi :
« Yo ! Tu dois être Sakura ! Moi c'est Naruto, le copain d'Hinata. Tu n'as pas eu de mal à trouver l'endroit apparemment. Tu aurais dû rentrer, il fait un froid de canard aujourd'hui ». Et bien, c'est pas la timidité qui l'étouffait ! Perdue dans mes pensées, je ne les avais pas vus me rejoindre.
« Calme toi chéri, ne l'assomme pas maintenant, on a toute la soirée pour discuter et apprendre à se connaître, gloussa-t-elle. Pardonne-lui, c'est une vraie pipelette ».
C'était la première fois que je lui voyais cet air attendri, un spectacle charmant vraiment.
« Ne t'en fais pas. Je crois qu'on va bien s'entendre. Il ressemble étrangement à quelqu'un de ma connaissance, ne puis-je m'empêcher d'ajouter. Enchantée Naruto. Bonne pioche, Sakura c'est moi. La folle dingue qui débarquera dans... huit minutes, ce sera Ino. Tu ne peux pas te tromper ! »
La soirée promettait d'être animée. On n'attendit pas plus à l'extérieur, et je remerciai le couple d'être arrivé assez rapidement pour m'éviter d'attraper un rhume.
Le lieu était on ne peut plus simple, pas très grand mais toutes les tables, ou presque, étaient prises, gage de qualité. Heureusement qu'on avait réservé ! En plus, un joli feu crépitait dans un poêle à bois, et notre table se situait juste à côté, quelle chance !
En fait, Naruto était un habitué et avait eu la délicate attention de demander cet emplacement. Nous commençâmes à lire le menu quand la sonnette indiquant l'arrivée d'un client potentiel tinta, accompagnant mélodieusement l'entrée remarquée de notre jolie blonde.
« C'est moi ! Désolée de l'attente, mais j'ai été retenue par un magnifique étalon qui cherchait son chemin, ça aurait été cruel de le laisser ainsi non ?
- Tu le revois quand ? l'interrogeai-je la connaissant sur le bout des doigts.
- Je suis choquée, Sakura Haruno. Tu me prends pour qu...
- Accouche ! Ne joue pas les saintes nitouche.
- Ça rime... chuchota le seul garçon de la tablée, ne voulant interrompre notre échange, mais j'avais l'ouïe fine.
- Vendredi soir chez lui, dit-elle débitant ces informations comme si elle lisait l'annuaire.
- Ino ! Ça pourrait être dangereux, tu ne le connais pas ce type ». Vas-y Hina', essaye de la raisonner, moi je n'y suis jamais parvenue !
Un jour, on la retrouvera à la une des journaux, pas comme elle rêverait de l'être, en tant que reine de beauté non, mais comme la dernière victime du plus grand détraqué sexuel du pays. Brrr !
« Mais non, tu exagères, et puis..., un air de mystère se peignit sur ses traits, je suis équipée ! ».
Oh oui ! Encore une énigme que je n'ai pu résoudre à ce jour ...roulement de tambour... son sac à main ! Je suis persuadée que ma copine est la descendante directe de Mary Poppins, mais je n'ai encore aucune preuve tangible à vous avancer.
« Équipée ? s'enquit Naruto, tu vas nous faire croire que tu caches un flingue dans ton cabas ?
- Erreur fatale, mon cher Naruto ! Ne jamais sous-estimer Ino la magicienne, le prévins-je et je pris alors une voix digne d'une conteuse des Mille et une Nuits. Ce sac n'a rien d'ordinaire, il est... magique ! Il était une fois, sur un marché aux puces, la sage Ino qui se baladait à la recherche de la pochette qui agrémenterait idéalement sa tenue pour l'union qui lierait sa sœur aînée au roi des babouins. Il ressemble vraiment à un singe avec ses oreilles décollées sans mauvais jugement ».
Hinata souriait doucement mais restait attentive à mon récit. Naruto me regardait fasciné, se penchant sur la table et trempant au passage sa manche dans le bouillon de son plat. Quant à Ino, elle levait les yeux au ciel, ne s'étonnant plus de mes facéties.
« Quand elle fut attirée par un stand orné de milliers de trésors en simili cuir et composé des couleurs les plus incroyables. L'ensemble disparate brillait de mille feux éblouissant notre héroïne qui ne savait plus où poser ses yeux. La vieille dame, tenant l'emplacement, interpella la jeune fille et lui tendit ce fameux sac. On voyait que le temps ne l'avait pas épargné. Aucun de ses précédents propriétaires n'avaient été dignes de ses pouvoirs mais elle sentait que la jeune personne devant elle serait différente, et elle ne se fourvoya point. Pour celle dont le cœur est empli par l'amour des belles choses, son secret se révéla : il était sans fond ! On pouvait absolument tout y ranger, tout y mettre ! Mais certaines subtilités échappent encore à la béotienne magicienne, comme trouver l'objet dont on a besoin au bon moment, en règle général il apparaît une fois l'urgence passée, et...
- C'est bon, mademoiselle Le crieur public, essaya de m'interrompre l'héroïne de ce conte, je vais...
- Laisse-moi terminer ! On l'appelle alors... le triangle des Bermudes ! Tsss à cause de toi ma conclusion n'a plus du tout le même impact ! » je reniflai, faisant s'humidifier mes yeux. Naruto riait aux éclats en observant notre échange, il écrasa même une larme au coin de son œil droit, c'est pour dire à quel point il trouvait la situation hilarante.
« Arrête ton char ! Je vais lui faire une démonstration ce sera plus simple ».
Ino sortit de son fourre-tout une paire de ballerines, des sous-vêtements de rechange et... une bombe lacrymogène au poivre.
« Ah d'accord je comprends mieux, mais je ne suis pas pour autant rassu... », Naruto se tut et ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes. Ébahis les amoureux restèrent bouche bée devant la soudaine apparition d'une matraque électrique et d'une paire de menottes fourrées rose fluo. Je ne fis pas remarquer qu'elle avait oublié de montrer son alarme anti-agression. Ino se trimballait avec un arsenal complet. Elle ne devait pas s'étonner d'avoir mal à l'épaule à la fin de la journée !
« Assez parlé de moi, dit-elle agitant ses cheveux je l'entendais presque déclamer le slogan d'une célèbre marque. Hinata nous a plus ou moins raconté les circonstances de votre rencontre mais elle ne nous a donné aucun détail sur votre...
Hinata toussa bruyamment.
- Fais pas ta mijaurée. Je t'ai dit que je saurai la vérité un jour ou l'autre.
- Naruto ne lui dis rien ! Elle pourrait s'en servir contre nous.
- Oooh elle t'a bien cernée, dis-je admirative, je suis impressionnée.
- Vous avez décidé de me faire tourner en bourrique ce soir ? Si j'avais su, j'aurais suivi sans hésiter mon bel inconnu.
- Ne te fâche pas Caliméro et puis surtout je sais que tu n'en penses pas un mot ! Tu aimes trop être le sujet numéro un des soirées réussies ». Je lui lançai un clin d'oeil complice. Ino se dérida immédiatement elle était si simple à comprendre malgré son comportement anarchique et hystérique.
Naruto, comme je l'avais pressenti, se révéla être du même acabit et on passa une soirée inoubliable. Une complicité presque instantanée s'était créée dans notre quatuor c'était comme si nous nous étions toujours connus, quel agréable sentiment ! J'avais qu'une hâte : partager à nouveau de tels moments avec eux. Vint le moment de se quitter :
« J'ai passé un excellent moment en votre compagnie mais le soleil s'est couché depuis belle lurette et mon lit me somme de rentrer... », mon téléphone sonna... Ah ma mère. Pourtant je ne rentrais pas à la maison ce soir-là, je décrochai et m'isolai afin de ne pas gêner mes compagnons.
« Ino, je suis sérieux ! insista Naruto, si jamais tu ne le sens pas ce mec, tu m'appelles et je débarquerai aussi vite que possible.
- Oh mon preux chevalier en arm...
- Je ne plaisante pas ! À n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et c'est pareil pour toi Sakura » ajouta-t-il me voyant revenir vers eux.
Je n'oublierai jamais cette déclaration Naruto, tu es entré dans ma vie avec Hinata, pour vivre avec moi les meilleurs comme les pires moments. Vous êtes devenus à l'instar de Ino, mes plus précieux amis. Je sais que je peux compter sur vous en toute occasion... si seulement tout pouvait être aussi simple...
La mythique soirée entre filles, qui intrigue tant les êtres humains de sexe masculin, ne pouvant imaginer ce qui s'y passe. Ils essayent tant bien que mal de fouiner, de trouver une quelconque information en soudoyant leurs copines et leurs amies, persuadés qu'un pacte nous lie toutes afin de préserver le secret !
En fait les garçons, s'il y en a pour lire mon récit évidemment, rien d'extraordinaire ne s'y passe et pourtant... elles sont inévitables, nécessaires, c'est notre bulle d'oxygène nos meilleures amies se transforment en journaux intimes vivants. Soulageant notre conscience de bien des maux ou au moins nous permettant d'y voir un peu plus clair, nous nous sentons bien mieux armées pour affronter les vicissitudes à venir et les décisions à prendre nous paraissent plus évidentes. En tout cas, c'est comme ça que je conçois et vis ces réunions somme toute banales.
Comme convenu, Ino et Hinata devaient venir passer une bonne partie du week-end chez moi afin de témoigner de leur expérience « premier baiser », et j'espérais que cela me rassurerait un tant soit peu. J'eus quelques nouvelles de Kabuto mais rien qui sortait de l'ordinaire, ce qui en ajoutait à mon trouble.
Le samedi arriva à grand pas, la routine s'étant installée depuis le début de la rentrée, entre la fac, les révisions, les courses, les repas en solitaire et les séances intensives de visionnage de dramas japonais, coréens, et de séries américaines. Rien à dire, ils sont plus doués que nous en la matière, avis personnel of course. Le bruit strident d'une sonnette vrilla les oreilles de Mme Haruno.
« Bonsoir ! chantèrent en choeur Hinata et Ino.
- Coucou ! Venez, entrez mes chéries, il fait un froid glacial dehors. Donnez-moi vos affaires et installez-vous dans le salon, j'ai fait du feu ! Ino tu connais le chemin ».
Ma mère prit les manteaux et sacs de mes amies et les accrocha dans le placard de l'entrée, tandis que mes deux invitées se déchaussaient et filaient se réchauffer près de la cheminée.
« Vous voulez boire quelque chose de chaud ? Café ? Thé ? Non, ne dis rien Ino, un chocolat chaud pour toi avec de la chantilly par-dessus, je me trompe ?
- Non Mebuki, comme toujours, tu lis dans mes pensées !
- Et toi chère demoiselle... Hinata c'est ça ? qu'est-ce qui te ferait plaisir ?
- Oh ne vous dérangez pas pour moi, je..
- Balivernes ! Tu ne me déranges pas le moins du monde.
- Alors un thé s'il-vous-plaît.
- Et c'est parti mon kiki ! Ah j'ai oublié quelque chose. SAAA-KUUUU-RAAAA ! DEEEESCEEEENNDS ! ». Ma mère leur fit une belle démonstration de sa puissance vocale, et elles ne purent que préserver leur ouïe en utilisant leurs mains.
« Waouh ! Impressionnant ! s'émerveilla Ino.
- Merci ! ma mère lui offrit un sourire triomphant, j'ai toujours rêvé d'être une chanteuse lyrique. Allez j'y retourne! ».
Et elle se dirigea vers la cuisine en sautillant gaiement. C'est à ce moment-là que je fis mon apparition dans le salon où mes copines m'attendaient.
« J'adore ta mère ! m'annonça Ino en m'accueillant. Et j'adore sa robe !
- C'est trop facile d'abuser de sa gentillesse, lui répondis-je avec un sourire complice. Ne la fais pas trop tourner en bourrique.
- Les chats ne font pas des chiens... », je savais pertinemment ce qu'elle sous-entendait avec ce commentaire, ma naïveté étant mon apanage, mais je passai outre, et fit la bise à Hinata, qui semblait apprécier la chaleur de la pièce.
« MAAA-MAAANN ! Je veux la même chose qu'Ino !, puis m'adressant à Hinata que j'avais faite sursauter, vieille habitude désolée.
- Ça marche mon cœur ! »
Quelques instants plus tard, nous pûmes savourer dans un silence apaisant nos délicieuses boissons, tout en admirant la neige qui commençait à recouvrir la pelouse et les plantes du jardin, d'un éphémère manteau blanc. Elle ne tiendrait sûrement pas longtemps alors autant profiter du spectacle. Et si par miracle il y en avait suffisamment, demain, je proposerai aux filles de faire une bataille de boules de neige à deux contre une, les équipes seraient inégales, ah moins que... évidemment ma mère acceptera sans aucune hésitation.
« Bon les filles, je vous laisse ! annonça-t-elle me sortant de mes pensées, mon amoureux transi a prévu un dîner sur une péniche et a réservé une chambre d'hôtel. Amusez-vous bien ! »
La voilà partie, mais par habitude j'attendis que la porte se réouvre pour écouter le conseil de dernière minute de ma chère mère : « Ne nous dérange pas hein ? De toute façon, on éteindra nos téléphones. En cas de pépin, tu sonnes chez la voisine, je l'ai déjà prévenue. Bisous mon cœur ! ». Cette fois-ci c'était une vraie sortie.
« Ah c'était pour ça la robe hyper moulante. Passons ! Ino posa son bol sur un dessous de verre. Pourquoi as-tu sonné l'état d'urgence et organisé cette soirée ? »
Au diable la subtilité ! Ça me convenait très bien car j'avais vraiment besoin de partager avec elles ce que j'avais vécu. Je vis Hinata se rapprocher un peu de nous afin de ne rater aucune miette de mon récit. Ino déteignait sur elle, devais-je m'en inquiéter ? Prenant une grande inspiration, je débitai en un souffle :
« On s'est embrassés ». J'eus droit à des cris et des larmes de joie de la part de Ino qui fondit sur moi pour me serrer contre son opulente poitrine, alors que les joues de notre jolie brune nous montrèrent un magnifique camaïeu de rouge.
« Alors c'était comment ?
- Tout est allé très vite, je n'ai pas eu le temps de vraiment comprendre ce qu'il se passait mais... bien... je pense. Ino prit un air dubitatif, quémandant ainsi plus de détails. C'était agréable, doux... et froid ! » le thermomètre affichait un chiffre en-dessous de zéro, ça c'est certain.
« Aucun papillon dans le ventre ? se renseigna Ino.
- Non, sauf si tu parles de mon ventre qui gargouillait, gloussai-je.
- Très glamour, comme toujours, commenta mon amie, lèvres pincées et air blasé soulignant cette vérité. Le souffle coupé, le cœur qui bat plus vite, nada ?
- Non. Rien de tout ça, mais je pense que c'est normal, je ne m'y attendais pas ! »
Un silence s'installa et je commençais à comprendre que non, ce n'était pas tout à fait normal. Hinata osa prendre enfin la parole :
« Je n'aime pas trop en parler mais... Oui Ino, tu vas enfin savoir ! ». Un « yes » victorieux s'échappa des lèvres de ma voisine. Je n'ai embrassé qu'un seul garçon et c'est Naruto. Contrairement à toi, j'ai eu le temps de m'y préparer car il fixait mes lèvres depuis au moins cinq minutes avant de se lancer. Quoi qu'il en soit, je fus envahie d'une chaleur presque insupportable, je crus être en train de faire de la fièvre. Je n'arrivais plus à respirer, j'ai dû le repousser pour éviter de mourir sur place ». Le rouge envahissait de nouveau ses joues en se remémorant l'événement.
« Je pense que, quand on a des sentiments pour la personne avec laquelle on partage ce genre de gestes, notre corps et nos émotions sont obligatoirement affectés. Encore aujourd'hui, lorsqu'on s'embrasse ou qu'on se tient la main, je n'éprouve qu'amour et tendresse pour Naruto.
- Oui, j'ai pu le constater l'autre fois... Tes yeux brillaient comme jamais ! ». Cela m'amena à réfléchir mais pas assez apparemment. « En même temps, c'est trop tôt pour dire si je suis amoureuse de lui ou quoi que se soit ! Je le trouve drôle, gentil, charmeur... et parfois... Je me sens bizarre, à côté de lui...
- Bizarre ? répéta Hinata l'air soucieuse, comment Biza-
- Mais c'est super ça ! la coupa Ino, ça veut sûrement dire que tu développes certains sentiments pour lui, tu te sens mal à l'aise, toute chose. Ah c'est génial, n'est-ce pas Hinata ? »
Cette dernière n'eut pas le loisir d'achever sa pensée, acquiesçant sans conviction. Le temps passa, elle la rangea dans un coin de sa tête, oubliant le mauvais pressentiment qui l'avait submergée l'espace d'un instant.
« C'est à ton tour Ino ! On t'écoute ». Je savais qu'en la provoquant, elle ne refuserait pas de répondre et ainsi j'aurai la paix pendant au moins un quart d'heure.
J'écoutais distraitement mon mentor, me laissant aller à m'imaginer, me promenant main dans la main avec Kabuto, nos yeux plongés dans ceux de l'autre comme j'avais vu le faire Hinata et Naruto. Cette image fit battre mon cœur plus vite. Tiens ? Alors Ino avait peut-être raison. Si me représenter en couple avec Kabuto créer en moi cette réaction, c'est que je tombais vraiment amoureuse n'est-ce pas ? Il n'était plus question d'attirance physique ou autre ? Arrivée à cette conclusion, un poids me fut enlevé, je respirais enfin plus facilement et un sourire éclaira mon visage.
« Non c'est pas vrai, mais c'est horrible comme première expérience ! s'exclama la jolie brune avec un air de dégoût. Apparemment, j'avais manqué une information croustillante.
- Non pas du tout ! Certes, nous n'étions pas très doués tous les deux et du coup il y avait un peu trop de salive à mon goût mais c'était très excitant !
- Tu étais bourrée ! Ronde comme une barrique ! répéta Hinata, estomaquée.
- T'en as du vocabulaire dans le domaine dis donc ! Tu ne cacherais pas autre chose miss ?
- Ne change pas de sujet ! Continue, suppliai-je me joignant à la conversation.
- J'étais peut-être saoule comme une polonaise, mais j'ai pris mon pieds ! J'avais seize ans, première cuite, premier baiser... avec le meilleur ami de mon cousin. Il était plus âgé mais il n'avait jamais eu de copine. Il voulait rattraper le temps perdu et moi... je le trouvais trop canon pour refuser. Je n'étais pas amoureuse et d'ailleurs je ne l'ai jamais été. C'est pour ça que je ne te comprends pas vraiment Hina. On peut être attiré par quelqu'un, éprouvé du désir, aller plus loin avec le consentement des deux concernés évidemment, partager un moment délicieux et passer à autre chose.
- Je sais que beaucoup de jeunes de notre âge pensent comme toi et c'est votre droit. Mais je reste persuadée que les sentiments embellissent les choses, donnent du sens à tout ça. Et surtout je ne crois pas que Sakura recherche la même chose que toi.
- J'ai le droit de dire quelque chose, vu que ça me concerne ? Elles me regardèrent attendant mon explication. Hinata a raison, je veux expérimenter l'amour, le vrai et les aventures ne m'intéressent pas, tu le sais pertinemment en plus Ino .
Vexée, celle-ci croisa ses avant-bras sous sa poitrine.
- Pour autant, l'idée de me mettre en couple avec Kabuto ne me déplaît pas, donc je pense poursuivre dans cette voie, et quelles que soient les conséquences, je me sais assez forte pour assumer. Une peine de cœur arrive à tout le monde et je ne serais sûrement pas la dernière à en vivre une, si jamais ça devait arriver. Et puis... je sais que je pourrai compter sur vous en cas de coup dur, non ? ».
Leur regard ému fixé sur ma personne me toucha profondément, et c'est d'une même voix qu'elles répondirent :
« Oui, toujours ! »
S'ensuivit un câlin collectif. Notre amitié, rien ne pourrait la détruire, j'en étais convaincue et elles aussi.
Le reste de la soirée se déroula paisiblement, on regarda un film d'horreur choisi par... je pense que vous le savez et ensuite elle proposa un jeu de rôle dans lequel nous devenions Ino la Terrible, Hinata la Sage et Sakura la Brave. Des rires se faisaient entendre partout dans la maison, échos de notre bonheur d'être ensemble.
Nous dormîmes peu cette nuit-là, l'une hantée par des passages du film et l'autre ne pensant qu'à un homme. Et Ino ? Imperturbable au possible ! Qu'est-ce qu'elle pouvait prendre comme place. Je me levai donc vers les six heures du matin incapable de retrouver le sommeil. Il faisait frais au rez-de-chaussée, quelques braises rougeoyaient encore dans l'âtre mais ne suffisaient plus à chauffer la maison. Mon chien vint me rejoindre et réclamer de l'attention, alors que je ravivai le feu en ajoutant deux bûches. Je pris ensuite le plaid posé négligemment sur le canapé en cuir rouge.
Hier soir durant notre discussion, j'avais pris la décision de continuer à voir Kabuto, mais un nouvel élan d'angoisse m'avait prise pendant la nuit. La peur de l'inconnu sans nul doute. Je décidais d'en avoir le cœur net et je lui écrirai quand les filles seront parties. Contente de ma décision, la chaleur eu raison de ma fatigue et je m'endormis enfin.
Quelques heures plus tard, des murmures me sortirent doucement de ma torpeur. Je reconnus la voix légèrement rocailleuse d'ancien fumeur de mon père et celle beaucoup plus douce de ma mère. Je les entendais se dire des mots doux et cela me fit sourire. Leurs pas se rapprochaient du salon, et je ne pus plus faire semblant de dormir quand la main fraiche de ma maman se posa tendrement sur mon front.
« Sakura, mon ange, chuchota-t-elle, il est plus de dix heures, si tu veux profiter encore de tes amies, tu devrais te lever.
Je me redressai lentement et vis dans ses yeux une légère inquiétude.
- Pourquoi as-tu dormi dans le salon ?
- C'est rien. On a regardé un film d'horreur et je n'arrivais pas à dormir.
- Okay, répondit-elle simplement un sourire se dessina sur ses lèvres, monte réveiller les filles, je prépare le petit-déjeuner ».
Je pris le temps de m'étirer comme un chat, de caresser Yuzu allongé sur le tapis, avant d'aller à l'étage. Une fois arrivée, j'entrai sur la pointe des pieds dans l'intention de surprendre mes amies, mais ce fut elles qui me firent sursauter en m'envoyant un oreiller à la figure. Cet acte ne resta pas impuni croyez-moi !
Les chatouilles et les bousculades vinrent vite s'ajouter à la panoplie de nos armes. Il fallut que ma mère intervienne pour que nous nous calmions et que nous descendions, afin de dévorer à belles dents les tartines généreuses et de siphonner le bon chocolat chaud préparés par ses soins.
« Regardez ! Il neige encore ! ». Le cri enthousiaste de Hinata fit lever les têtes et d'un commun accord nous allâmes promener le chien et par la même occasion continuer notre bataille de polochons, sauf que cette fois-ci les boules de neige les remplaçaient.
C'est ainsi que s'acheva ce magnifique week-end entre copines. Elles quittèrent notre maison peu avant midi et leur départ me rappela que je devais passer à l'action. Les mains tremblantes je me saisis de mon téléphone et écrivis à Kabuto :
Salut, tu as passé un bon week-end ?
Ça te dit un ciné demain soir ?
Sakura -
J'avais besoin de mettre les choses au clair avec lui mais cela devait se faire de vive-voix, le cinéma était juste un prétexte pour le voir. Je n'osais pas encore l'aborder à l'université car finalement je ne savais ce que j'étais pour lui, et je pensais que c'était là l'origine de mon mal-être. Ne voyant toujours pas de message arriver, je décidai d'aller prendre un bain chaud. Même si ça n'avait été que de courte durée, rien que cela me fit beaucoup de bien et me détendit. De retour dans ma chambre, la loupiote clignotante de mon mobile m'indiqua que j'avais reçu une réponse.
Salut, je me demandais quand tu allais enfin m'écrire.
Un ciné pourquoi pas, mais on pourrait manger ensemble demain midi.
Kabuto -
Je lui avais manquée ? Ça ne faisait qu'une semaine qu'on ne s'était retrouvés que tous les deux, ça ne me semblait pas anormal. Pourtant ce constat mit un peu de chaleur sur mes joues. Je rentrai dans son jeu.
Je n'osais pas te le proposer mais avec plaisir :)
est-ce que ça veut dire que je t'ai manquée ?
Sakura -
Tu n'as pas idée !
Kabuto -
Et voilà ! C'était dans ces moments-là que mon malaise apparaissait, cependant grâce à Ino j'avais l'impression de pouvoir mettre un nom sur cette étrange sensation et cela me calma un peu. Que pouvais-je lui répondre ? J'avais envie d'en savoir un peu plus mais c'était dans cette optique que j'avais proposé une sortie. Tant pis l'occasion était trop belle et finalement il ne pourrait pas voir l'impact que ses mots auraient sur moi.
Je voudrais que tu sois honnête...
Pourquoi tu m'as embrassée ?
Sakura -
Je pensais que c'était clair. Parce que tu me plais.
Et toi, pourquoi tu ne m'as pas repoussé ?
Kabuto -
Plusieurs minutes s'écoulèrent avant que je ne daigne lui répondre. Qu'aurait dit Ino ? Et Hinata ? Je me repassai en boucle notre conversation et j'optai pour agir comme Hinata l'aurait fait : dire la vérité.
Je n'en sais rien encore.
Sakura -
Moi je le sais. Parce que tu ressens la même chose que moi.
Kabuto -
Ino aurait approuvé. Avaient-ils tous les deux raison ? Oui certainement, quelle fille ne tomberait pas sous son charme, hein ? Une fille moins stupide pardi !
Pourquoi n'avais-je pu le repousser ? Pourquoi avais-je sonné moi-même le glas de mes malheurs ? Je ne le savais pas à l'époque mais aujourd'hui tout est si limpide. Ma véritable malédiction était d'être amoureuse de l'amour.
Un nouveau chapitre! J'espère qu'il vous a plu ^^
