Salut ! Tout d'abord un grand merci pour les nombreuses reviews laissées, ça me fait vraiment plaisir, vous ne pouvez même pas imaginer ^^.
Sinon Uhm pour l'instant l'histoire ne donne pas vraiment l'impression de se situer à la fin du XVIIIème siècle, mais vous verrez par la suite comment les choses évoluent. Ce nouveau chapitre m'a par ailleurs donné beaucoup de mal, surtout le début que j'ai recommencé entièrement (3000 mots supprimés hier entre autre).
Comme quelqu'un me l'a demandé, je vais essayer de faire des paragraphes plus courts… C'est vrai que lire des pavés n'est pas toujours agréable.
Sur ce, bonne lecture !
Harry ne savait pas ce qui pouvait bien le rendre si maussade aujourd'hui. Ce n'était pourtant pas tous les jours que l'on fêtait ses cinq ans, mais contrairement à la plupart des enfants de son âge, cette journée spéciale suscitait moins d'enthousiasme chez lui qu'auparavant. Son dernier anniversaire avait déjà été en lui-même assez pénible, et celui là s'annonçait encore bien pire. La faute en revenait non pas au temps qu'il faisait à l'extérieur de la maison, mais tout simplement à son frère bien qu'involontairement, et à son père en particulier.
S'il y a encore deux ans, père et fils s'entendaient relativement bien, depuis cette soirée d'halloween, l'attitude de James envers lui avait radicalement changé. La destruction supposée de Voldemort par Matthew avait comme brisé la faible relation existante entre eux. Son père, depuis les dires de Dumbledore, s'était mis à clamer haut et fort ô combien son fils cadet était merveilleux, en ignorant royalement la présence d'Harry. Dès le lendemain de cette triste soirée, James avait entrepris avec l'appui de Dumbledore d'annoncer à tous le monde sorcier que Matthew avait vaincu à lui seul et à seulement un an le plus grand mage noir existant sur Terre.
Les journaux relatèrent longuement cette information, et en un rien de temps, les Potter firent la une de la presse, aussi bien britannique qu'étrangère. La soudaine popularité de son fils semblait lui être monté à la tête, et d'ailleurs, sa tête déjà volumineuse par son égo surdimensionné allait bientôt finir par imploser selon les propres dires de Lily. Peut être était-ce pour cette raison que James voulait donner l'image d'une famille parfaite pour les journalistes, en s'affichant continuellement en compagnie de sa femme et de son fils cadet dans tous les endroits publics possibles, au grand désarroi de son épouse qui n'était vraiment pas une femme aimant être harcelée partout où elle allait.
James oubliait cependant un détail dans son plan : Harry. Plus rien d'autre ne comptait à ses yeux sauf Matthew, et le reste n'était pour lui que superflu. Harry ne pouvant lui donner ce qu'il voulait, entre autre de la renommée, il l'ignora tout bonnement et ce durant une longue période. Même la naissance de Rosalyn Potter, la petite sœur d'Harry et Matthew, fut presque invisible pour lui. Un comble. Son attitude peinait énormément Lily qui lui reprochait très souvent son manque d'attention envers ses deux autres enfants, ce à quoi rétorquait James en lui disant faire simplement ce que Dumbledore lui demandait de faire : Entourer d'amour Matthew. L'amour. Voilà la théorie du vieux fou pouvant expliquer comment ce petit garçon d'un an avait vaincu Voldemort.
« Comment l'amour peut-il vaincre un sorcier ? Comment un simple sentiment peut permettre de lutter contre un adversaire ? L'amour n'est qu'une émotion, pas un pouvoir ! »
Malgré ses doutes, Lily ne parvint pas à faire entendre raison à Dumbledore et James. D'ailleurs Dumbledore rétorquait à cela que l'amour pouvait permettre de créer de fortes barrières protectrices issues d'une très ancienne magie.
« Dans ce cas, pourquoi la haine ne le permettrait pas ? C'est une émotion encore plus vive que l'amour ! Si l'on en croit vos dires, Dumbledore, chaque émotion pourrait permettre de se prémunir des mauvais sorts si elle est suffisamment forte ! »
Ce à quoi rétorquait une nouvelle fois Dumbledore en faisant preuve d'un machisme déraisonné :
« Ce genre de discussion ne concerne nullement les femmes. C'est un sujet bien trop compliqué pour vous. Maintenant, faites ce que je vous ai dit, et vous verrez que le pouvoir de Matthew ne fera que se renforcer. »
Quel pouvoir ? Faisait-il mention de la soudaine apparition de magie autour du noyau de son fils cadet comme il l'avait découvert, et qui avait tout aussi soudainement disparu quelques jours plus tard ? Quelle blague. Et dire qu'il mettait cette brusque disparition sur le compte du manque d'amour de Lily envers son fils. Parfois Lily se demandait si ce vieillard ne devrait pas songer à prendre sa retraite au lieu de dire des inepties pareilles.
Le seul point positif à cette affaire fut que les disciples de Voldemort se firent dès cette soirée là discret, quand ils n'étaient pas tout simplement arrêtés. Peter Pettigrow en particulier, fut arrêté dès le lendemain par un groupe de sorciers du ministère de la magie en compagnie de Remus Lupin, le parrain d'Harry. L'homme, un petit homme aux cheveux sales et à la petite silhouette grassouillette, avait été le gardien du secret des Potter, celui qui permettait à cette famille de vivre en toute quiétude grâce au sortilège de fidélitas instauré entre lui et les Potter. Mais ce que personne n'aurait imaginé, c'est que ce petit homme puisse être en vérité un serviteur du seigneur des ténèbres et trahir celui qui avait été un de ses amis à l'école. Cependant, s'il souhaitait bien se faire voir de son maitre et de ses disciples, il déchanta rapidement. Non seulement son maitre fut vaincu, mais en plus de cela ce fut lui qui le mena à sa perte. Autant dire que sa vie risquait de devenir un véritable calvaire. Il accueillit d'ailleurs son arrestation avec un léger soulagement, soulagement de courte durée en pensant à la prison d'Azkaban dans laquelle il finirait probablement ses jours. Le traitre jugé et condamné, la vie pouvait reprendre son cours, mais elle fut loin d'être le long fleuve tranquille que pouvait imaginer Harry.
De l'indifférence de son père, il passa rapidement à une haine grandissante de sa part envers lui, le plus souvent causé par les disputes entre lui et Lily au sujet de son comportement vis-à-vis de lui et de Rosalyn. La première gifle lui fut notamment assénée quelques mois à peine plus tard, alors qu'Harry avait malencontreusement cassé un des jouets de Matthew en marchant dessus. Depuis lors, James prenait grand soin de lui administrer une correction pour tout et n'importe quoi, le plus souvent lorsque Lily ou même ses parents n'étaient pas là pour lui hurler dessus.
« C'est avec mes poings que je finirai par t'apprendre où est ta place » le menaçait-il bien souvent.
Sa petite sœur ne subissait pas ce genre de correction, encore heureux. James était un père très peu présent pour elle et ne lui accordait en vérité que quelques minutes seulement par jour de son temps. Le reste de la journée était consacrée en grande partie à son deuxième fils dont il ne tarissait jamais d'éloges. Même les anniversaires devinrent un calvaire suite à cela : James étant le gestionnaire des comptes Potter portant son nom, il achetait une véritable montagne de cadeaux à Matthew, alors qu'Harry lui n'en reçu que trois l'an passé : De sa mère, de son parrain et de ses grand parents.
C'est en partie pour cela qu'Harry redoutait légèrement cette nouvelle fête d'anniversaire. La déception de voir les maigres présents qu'il aurait en comparaison avec ce que Matthew obtiendrait le mettrait bien malgré lui en colère. Il était jaloux, il ne le cachait pas, et après tout, il y avait de quoi. Finissant de nouer ses chaussures, il contempla quelques secondes son visage dans le miroir de la coiffeuse de sa chambre, ce visage qu'il détestait tant. Il voyait là une réplique plus jeune de James, ses cheveux ébouriffés, son long nez, son menton carré, et surtout ses lunettes. Merlin qu'il haïssait son reflet. Même la cicatrice qu'il avait héritée de cette triste soirée d'Halloween le dégoutait, comme un souvenir du soir où sa vie avait pris un mauvais tournant.
- Ce n'est pas le moment de ressasser les mauvais souvenirs Harry…, marmonna t-il pour lui-même.
- Encore en train de parler tout seul, mon chéri ? lui demanda sa mère dans l'embrasure de la porte.
Celle-ci portait une robe plutôt ample du même vert que ses yeux, le genre de vêtement que les grandes dames dans les cours royales européennes avaient l'habitude de mettre à longueur de temps, sauf que Lily détestait cela et n'en portait que rarement. Dans ses mains, un petit cadeau emballé certainement pour lui qu'il fit mine de ne pas voir.
- Désolé, s'excusa t-il platement, je maudissais ces chaussures qui me serrent trop les pieds.
- Il serait peut être temps d'aller faire un tour sur le chemin de Traverse dans ce cas, dit-elle avec amusement en venant s'asseoir sur son lit juste à côté de lui. Bon anniversaire, chéri.
- Merci M'man, dit-il avant qu'elle ne le serre contre elle à l'en étouffer.
- Tu grandis tellement vite, marmonna t-elle pour elle-même, les yeux dans le vague.
- Maman, j'étouffe !
Lily se rendit compte que mettre la tête de son fils contre son corset n'était pas être pas une très bonne idée. Aussi se dépêcha t-elle de relâcher son fils en s'excusant pour la gêne occasionnée.
- Voici ton cadeau, dit-elle gentiment en lui tendant le présent. Tu l'ouvriras ce soir, d'accord ? Pour l'instant nous n'avons pas le temps pour ça, les invités ne vont pas tarder à arriver. Remus m'a laissé le sien hier car il ne pourra pas venir aujourd'hui.
- à cause de la pleine lune ? demanda t-il avec un léger soupçon de déception.
- Entre autre, oui. Je l'ai mis dans ma chambre au dessus de l'armoire. Je te le donnerai plus tard. Bien, et si on descendait maintenant ?
Harry acquiesça et, passant une dernière fois sa main dans ses cheveux pour essayer de les aplatir, il accompagna tel un gentleman sa mère jusqu'au rez-de-chaussée en lui offrant son bras. Heureusement que l'escalier était suffisamment grand pour deux personnes, autrement ils auraient eu l'air ridicule. En bas des marches les attendaient James et Matthew qui, tout comme Harry, portaient des costumes très distingués, même si comme Harry le nota plus tard, celui de son petit frère semblait à vue d'œil bien plus beau et par conséquent couteux que le sien.
- Tu es superbe, lança James en embrassant tendrement sa femme tout en ignorant royalement son fils ainé.
- Maman ! Maman ! Devine quoi ! Sirius m'a offert un Nimbus 1800 ! Et papa m'a dit qu'il allait commencer les travaux d'un terrain de Quidditch au fond du parc ! Et tu devrais voir le cadeau que m'a fait le professeur Dumbledore ! Une baguette d'entrainement pour jeune sorcier ! Il a réussi à lever l'interdiction d'utiliser la magie sur moi en plaidant ma cause au ministère !
- Matthew ! Nous avions dit que tu ouvrirais tes cadeaux seulement lorsque tous les invités seraient présents ! s'insurgea Lily.
Loin d'être embarrassé, son fils se contenta de sourire narquoisement à Harry, comme pour le narguer de ne pas avoir autant de privilège. Bien que tous les deux étaient frères, Harry pour être honnête avait bien du mal à supporter son petit frère. Hautain, prétentieux, autoritaire, pleurnichard et fourbe, il n'avait pour ainsi dire rien pour plaire. Pourtant tout le monde se prosternait devant lui comme si ils voyaient devant eux le messie en personne. Harry lui voyait surtout un petit crétin pas plus haut que trois pommes et se vantant d'un exploit dont il ne se souvenait même pas. D'ailleurs lui-même n'avait plus aucun souvenir de cette soirée. Dommage dans un sens, cela lui aurait permis de savoir comment cet idiot était parvenu à mettre fin à Voldemort. Si il y avait bien une chose que Matthew ne supportait pas, c'était bien l'indifférence à son égard. C'est pourquoi Harry fit mine de ne pas avoir remarqué son petit sourire mesquin et questionna plutôt sa mère, son père ne lui répondrait de toute façon même pas.
- Où est Rosalyn, maman ?
- Dans le jardin je crois, elle jouait avec les elfes de maison. D'ailleurs je ferai bien d'aller voir comment elle va. A tout à l'heure !
A peine fut-elle éloignée que l'atmosphère changea radicalement autour d'Harry. Avant même qu'il ne s'en rende compte, James l'avait empoigné par le col de sa chemise et plaqué contre le mur sous les yeux amusés de Matthew.
- Enfin seul… Ton petit numéro de fils parfait marche peut être avec ta mère, mais je vois clair dans ton jeu, mon garçon. Maintenant je tiens à te mettre en garde : Si jamais tu oses ne serait-ce que perturber d'une quelconque manière la fête d'anniversaire de Matthew, je te le ferai regretter amèrement, crois moi.
- Dois-je vous rappeler qu'aujourd'hui, nous fêtons aussi mon anniversaire, ou l'avez-vous également oublié comme tout ce qui est en rapport avec moi ? répliqua t-il.
Son moment d'audace lui couta cher, et une baffe plus tard, il lui fut ordonné de se faire invisible en allant au premier étage. Le palier faisait de toute façon un excellent point de vue, et Harry une fois en haut des marches s'assit tranquillement en regardant la pote d'entrée d'où arriverait les dizaines de convives. Les premiers firent leur apparition rapidement et, une fois n'est pas coutume, Dumbledore arriva le premier, dans une de ses habituelles robes excentriques. Aujourd'hui il avait de toute évidence opté pour le jaune canari. Le vieil homme pouvait sembler aux yeux de tous comme un être sympathique à qui l'on devait le respect qui lui était dû, Harry lui n'aimait pas le directeur de Poudlard. Après tout, c'est à cause de lui si Matthew fut décrété comme l'élu d'une prophétie et par conséquent le responsable de la vie qu'il menait actuellement. Devait-il le remercier pour les baffes qu'il s'était pris depuis ce jour là ? Certainement pas. Dumbledore était aux yeux de Matthew l'équivalent d'un grand père, alors que pour lui, ce vieux sénile ne représentait rien sauf un point noir dans son existence. Une accolade amicale de la part de Matthew et une poignée de main offerte par James, le professeur Dumbledore se dirigea d'un pas léger vers le parc derrière le manoir sans doute pour retrouver Lily et pourquoi pas lui reprocher une fois de plus son manque d'affection à l'égard de Matthew. Un autre coup de sonnette cinq minutes plus tard, et Sirius Black fit à son tour son apparition.
- J'espère ne pas être en retard, Je n'ai pas vu le temps passer ! J'ai passé une soirée de rêve, James ! Tu devrais voir toutes les petites catins françaises que l'on peut trouver dans les bas-fonds de Londres ! Merlin, elles ne sont vraiment pas aussi coincées que les anglaises !
Sirius semblait avoir momentanément oublié la présence d'un enfant de trois ans juste à côté de lui, mais sa maladresse était de toute façon incurable. James et lui s'engagèrent aussitôt dans un concours de blagues plus stupides les unes que les autres auquel se mêla son filleul. Intérieurement, Harry était bien heureux d'avoir hérité de Remus comme parrain. Lui au moins ne passait pas son temps à faire le pitre et à donner l'impression d'être aussi mature qu'un enfant de dix ans. Il avait d'autre chat à fouetter après tout, et sa lycanthropie occupait déjà suffisamment son temps comme ça.
La porte d'entrée s'ouvrait et se refermait à intervalle régulier, le temps que chaque nouvel invité puisse faire son apparition. James, une fois n'était pas coutume, s'était mis dans l'idée d'accueillir lui-même les nouveaux arrivants en se postant près de la porte pour attendre les coups de sonnettes. Chaque fois que la porte s'ouvrait, un sourire presque trop sincère pour être vrai s'affichait sur son visage, tandis qu'il serrait fermement la main des hommes où baisait élégamment la main des dames. Matthew se tenait à côté de lui, essayant de donner lui aussi l'impression d'être un petit garçon modèle. Ses courbettes répétées avaient beau lui donner l'air complètement ridicule, sa notoriété éclipsait néanmoins ses maladresses, et personne ne lui tint rigueur des nombreuses fois où, en voulant paraitre bien élevé, il faillit accidentellement chuter en s'emmêlant les jambes. Tout le monde préférait s'extasier sur le garçon-qui-vécut et serrer la main de celui qui avait soit disant sauvé le monde des sorciers.
Harry, qui était entre temps descendu en pensant que James ne ferait rien de mal contre lui devant ses invités, se tenait à l'écart des deux autres, debout près de l'escalier et nonchalamment adossé au mur. Chaque fois qu'une personne passait à côté de lui, il la saluait à son tour poliment mais, le plus souvent, personne ne lui répondait. Ce fut tout juste si les sorciers et sorcières le remarquaient. A deux reprises toutefois, des individus plus curieux que les autres lui demandèrent qui il était sans se douter un seul instant qu'il était le fils ainé des Potter. Blessé en son for intérieur par le fait qu'aux yeux du monde magique il n'existait pas, il se contentait de répondre qu'il était un cousin éloigné de Matthew venu pour son anniversaire. Devoir subir un interrogatoire par des gens qui n'en avait strictement rien à faire de lui en leur révélant sa véritable identité ne l'intéressait absolument pas. Son frère avait déjà suffisamment la tête enflée à force de dire à tous à quel point il était merveilleux, il n'avait pas l'intention de devenir comme lui en annonçant être le frère ainé de l'élu.
Aussi se fit-il par la suite le plus discret possible, mais malgré tout, l'effacement dont il faisait preuve fut mis à rude épreuve par l'arrivée d'une nouvelle famille dans le manoir.
Il avait depuis longtemps arrêté de compter les nouveaux entrants, peut-être étaient-ils les cinquantièmes, ou même les centièmes, mais contrairement à la plupart des invités complètement hypocrites s'extasiant sur le petit garçon de trois ans leur ouvrant la porte , eux faisaient dans la sobriété la plus totale. La famille était composée de quatre personnes, un homme, son épouse, et leurs deux filles. Harry ne les avait jamais vus, mais la femme, avec ses magnifiques cheveux blonds et ses yeux bleus lui donnait la vague impression d'une vélane, cette sublime créature magique éblouissant les gens par leur beauté. Des femmes comme elle, il n'en croisait pas tous les jours. Sa fille la plus âgée, d'environ trois ans, était son portrait craché jusqu'au plus petit détail. Elle ressemblait encore davantage à un ange dans sa petite robe blanche brodée de dentelles et son sourire étincelant. A son plus grand étonnement, ce sourire radieux lui était adressé. C'était bien la première fois que quelqu'un remarquait sa présence, et surtout lui souriait aussi gentiment. Il tenta bien maladroitement de répondre à son geste amical, mais son sourire devait paraitre ridicule car la jeune fille éclata de rire.
« Merlin, cette fille est sublime » songea t-il bien malgré lui.
L'autre fille devait avoir le même âge que Rosalyn et avait hérité des cheveux bruns de son père, mais elle aussi était particulièrement belle pour son jeune âge. Lovée dans les bras de sa mère, elle regardait timidement James et Matthew, et écarquilla même les yeux en posant ses yeux sur ce dernier. Harry ne savais pas pourquoi, peut être à cause de la silhouette rondouillarde de son petit frère, mais il manqua d'éclater de rire en voyant l'air de cette petite fille.
- Greengrass, le salua amèrement James en omettant volontairement de l'appeler par son titre, chose qu'il n'avait jusqu'à présent pas encore fait. Quel plaisir de vous voir, vous et votre famille.
- Le plaisir est partagé, lui répondit-il du même ton. J'ai beaucoup apprécié le fait d'avoir été invité par votre épouse à cette… petite fête organisée pour votre fils. Nous ne sommes pas en retard, j'espère ?
- Bien sur que non, vous êtes même pile à l'heure, et…
- Hé ! Je suis là moi ! Il ne faudrait pas m'oublier ! s'insurgea Matthew en perdant patience.
- Oh oui, c'est vrai ! Inutile de vous présenter Matthew Potter, le sauveur de notre monde ! Vous devez surement déjà connaitre l'exploit qu'il est parvenu à accomplir ! Une vraie graine de champion ! se vanta James en ébouriffant les cheveux auburn de son fils.
- Enchanté, Matthew. Je suis le seigneur Greengrass, et voici…
- Je sais qui vous êtes, l'interrompit-il brusquement. Vous vous êtes déjà présenté à mon père…
Harry souffla de dépit en constatant que son frère ne connaissait de toute évidence pas les coutumes des familles nobles, notamment celle où il était d'usage de se présenter à chaque personne.
- Vous êtes un mangemort, non ? demanda t-il avec affront. Mon père m'a dit une fois que vous étiez affilié à eux.
Sa question fit aussitôt rougir de colère Mr Greengrass qui regardait furieusement le petit garçon devant lui comme si il désirait en cet instant le gifler pour son insulte. Néanmoins il se garda bien de le faire et essaya tant bien que mal de garder un certain contrôle sur sa voix.
- Ce ne sont que des vilaines rumeurs propagées par des personnes malhonnêtes. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'aimerais savoir où se trouvent les autres invités ?
- Dans le jardin, lui répondit simplement James. Vous n'avez qu'à suivre ce corridor qui vous mènera directement là-bas.
Sans demander leur reste, le seigneur Greengrass et sa petite famille quitta James et son « adorable » fils pour se diriger vers le parc. Au passage, Harry les salua poliment et, pour une fois, ces derniers lui répondirent tout aussi amicalement. La petite blonde au passage lui fit l'immense honneur de lui faire une révérence, à son plus grand étonnement.
« Se moque t-elle de moi ? » se demanda t-il alors qu'elle disparaissait en compagnie de ses parents par la porte du jardin.
Désireux d'en savoir plus, mais surtout pour ne plus ressentir les auras négatives de son père et de son frère, Harry leur emboita le pas et se retrouva quelques secondes plus tard sous le soleil radieux de Juillet. Le parc, s'étendant sur plusieurs centaines de mètres et n'étant uniquement composé que d'herbe et de quelques arbustes, était noir de monde. Tous ces gens étaient vraiment passés par la porte d'entrée ? Mystère. De là ou il se trouvait, il pouvait voir la montagne de cadeaux de Matthew posée sur l'une des nombreuses tables entourant ce qui semblait être une piste de danse improvisée. Des dizaines de tables rondes étaient également disposées ici ou là dans un ordre précaire, et sur chacune d'elle, des dizaines de plats et de plateaux dans lesquelles se trouvaient des amuse-bouches à la portée de n'importe qui. Il n'eut cependant pas plus de temps pour observer qui serait le premier à succomber aux délicieux mets des elfes de maison car il se fit subitement pousser violemment par Matthew d'un simple coup d'épaule.
- Et voilà le clou du spectacle ! s'exclama James en apparaissant à ses côtés.
Ne perdant pas de temps, tous les deux se plongèrent dans la masse de gens pour engager la conversation et une nouvelle fois venter les prouesses de son fils. Harry lui préféra s'éclipser une nouvelle fois en allant se poster à l'écart de la fête, à proximité de la forêt entourant le domaine sur une souche d'arbre.
« Et dire que c'est mon anniversaire… Je n'aurais pas pu rêver mieux » ironisa t-il intérieurement.
La fête battait son plein, et jamais autant de monde ne s'était trouvé dans le jardin du manoir Potter. Les chapeaux les plus extravagants côtoyaient les robes les plus couteuses et voyantes que l'on puisse imaginer. Ici et là, des vieillards discutaient des dernières innovations technologiques et politiques, des femmes exhibaient leurs dernières acquisitions en matière de bijoux et des enfants couraient entre les groupes d'adultes en criant joyeusement.
Au milieu de ce beau monde, Harry se sentait un peu seul. Sa mère devait rester auprès de James pour afficher aux yeux de tous l'image d'un couple harmonieux et soudé autour de leur fils prodige, et sa fille la petite Rosalyn, une adorable fillette aux cheveux auburn, restait constamment auprès d'elle pour ne pas se perdre. Harry pouvait la voir de là où il se trouvait se cacher timidement derrière la robe de Lily lorsqu'une personne venait gentiment les saluer. Il savait bien que ce genre d'évènement lui déplaisait fortement, mais personne ne prendrait en compte l'état d'âme d'une petite fille de deux ans. Il n'eut aucun mal à trouver son frère, tranquillement en train de déballer ses cadeaux sans même attendre l'accord de ses parents et tout en montrant fièrement au troupeau de jeunes enfants agglutinés autour de lui les plus chers présents qu'il avait reçu. James, tout en discutant avec d'illustres inconnus, regardait de temps à autre Matthew, un sourire aux lèvres, apparemment ravi de voir son fils si épanouit et idolâtré. Son attitude déplut fortement à Harry car lorsqu'il était question de lui, son père le regardait non pas avec amour mais plutôt avec amertume, voir colère. Le favoritisme pouvait être tellement évident pour une personne s'intéressant de plus près à cette famille. James d'ailleurs avait à deux reprises fusillé du regard Harry d'un air de dire « souviens-toi de ma menace ». Lily n'était bien évidemment pas au courant des menaces proférées, déjà qu'elle n'acceptait pas que James lève la main sur lui. En vérité ce genre de mondanité la mettait déjà dans tous ses états, elle ne se rendrait probablement même pas compte du comportement étrange de son fils ainé quiregardait d'un air maussade le défilé des gens devant lui sans penser à se mêler à eux. Harry aurait souhaité en cet instant être comme tout le monde, fêter tranquillement avec seulement sa famille et son parrain son anniversaire, ouvrir ses cadeaux offerts par ses parents, déguster un délicieux gâteau cuisiné par sa mère, essayer ses nouveaux jouets avec sa petite sœur, mais Harry n'avait malheureusement pas la chance de vivre dans une famille normale, d'autant plus que comble de malchance, son anniversaire tombait le même jour que celui de son petit frère. Cruelle destinée.
- Tu t'ennuies ?
La petite voix fluette le sortit de sa torpeur alors qu'il sursauta légèrement en voyant apparaitre la même petite fille que tout à l'heure. Celle-ci lui souriait aimablement en s'installant à côté de lui, une assiette de gâteaux à la main.
- Quoi ? Oh heu non, en fait je réfléchissais.
- Tu réfléchissais ? répéta t-elle innocemment. Tu as besoin de t'éloigner des gens pour faire ça ?
- ça te regarde ? répliqua t-il plus durement qu'il ne l'aurait voulu.
- Je voulais juste savoir, dit-elle sans avoir l'air blessé par son ton. Ma maman dit que je suis très curieuse, mais ce n'est pas une mauvaise chose d'en apprendre plus sur les gens, non ?
- Pas vraiment, à condition de ne pas se montrer trop curieux et de vouloir savoir tous les secrets de la personne à qui tu t'adresses.
La jeune fille hocha simplement sa tête et prit tranquillement un des amuse-bouches qu'elle tenait pour l'enfourner rapidement. Bien involontairement, le ventre d'Harry se mit à gargouiller à cette vision, détail qui n'échappa pas à la petite fille blonde qui éclata aussitôt de rire.
- Tu as faim ?
- Un peu oui, dit-il d'un air gêné.
- Sers toi dans ce cas, j'en ai pris plein !
Elle lui tendit l'assiette dans laquelle il se servit aussitôt. Les elfes de maison du manoir s'étaient encore surpassés sur ce coup là.
- Merci heu… Quel est ton nom déjà ?
- Greengrass, Daphné Greengrass. Et toi tu es le frère de Matthew Potter, c'est ça ?
- Comment tu le sais ? s'étonna t-il.
- Tu ressembles beaucoup à ton papa, dit-elle simplement. Ça avait l'air évident. Comment tu t'appelles ?
- Harry.
- C'est drôle, je ne savais pas que ton papa et ta maman avaient un fils plus âgé que Matthew avant de venir ici.
- Peu de gens sont au courant en fait, marmonna t-il amèrement. Aux yeux de tous, je suis le garçon invisible, celui qu'on pourrait facilement confondre avec un porte-manteau, parce que son petit frère est à la une de tous les journaux. Les gens ne connaissent Rosalyn seulement parce que maman l'a eu peu après l'attaque de Tu-sais-Qui, autrement elle serait dans la même situation que moi.
Daphné remarqua l'air peiné qu'affichait maintenant Harry, aussi fit-elle en sorte d'écourter rapidement ce sujet de conversation. Ce garçon ne semblait déjà pas très heureux dès le premier instant ou elle avait posé les yeux sur lui, mieux valait ne pas discuter avec lui de sujets fâcheux.
- En tout cas, c'est une bien jolie fête ! s'exclama t-elle joyeusement en lissant les pans de sa robe. J'aimerais bien en avoir une comme ça pour mes anniversaires ! C'est quand le tien ?
- C'est aujourd'hui.
- Aujourd'hui ?! Tu es né le même jour que ton frère ? Sacré coïncidence !
- Comme tu dis.
- Joyeux anniversaire alors ! s'exclama t-elle sans se soucier du ton peu amical qu'employait Harry. Désolé, je n'ai pas de cadeau pour toi, d'ailleurs en fait j'en ai même pas apporté pour ton frère ! Mais si tu veux, je peux te donner mes gâteaux !
- C'est gentil de ta part, concéda t-il en lui souriant. Tu es la troisième personne à me souhaiter mon anniversaire aujourd'hui. Au moins tu ne sautes pas sur mon lit pour me le hurler aux oreilles comme ma petite sœur, mais tu es la deuxième à me donner un cadeau en main propre.
Daphné se contenta de répondre à son sourire avant de lui mettre directement le plateau de biscuit dans les mains tout en se servant auparavant. Tous les deux restèrent quelques instants silencieux, regardant distraitement les adultes passer devant eux en pouffant à certaines occasions de rire en remarquant un chapeau ou une robe particulièrement ridicule.
- Pourquoi tu ne vas pas t'amuser avec les autres enfants ? demanda t-il finalement pour briser le silence.
- Et pourquoi tu ne le fais pas toi ?
- Parce que je dois rester à l'écart pour ne pas déranger la fête de mon frère. Je n'ai pas envie qu'on me mette sur le dos une bêtise qu'il aurait fait alors je reste ici et je me tiens tranquille.
La véritable raison était qu'il ne voulait pas s'attirer les foudres de James pour oser pointer le bout de son nez, mais mieux valait ne pas parler de la relation orageuse entre lui et son père à Daphné.
- Bah moi, je n'aime pas les autres enfants. Ils sont bêtes et ils jouent à des jeux stupides. J'aurais bien aimé que ma copine Tracey Davis soit là aussi, au moins avec elle on fait des choses plus sérieuses.
- Comme quoi ? s'enquit avec amusement Harry en se demandant à quoi pouvait bien jouer deux petites filles.
- à la maman avec nos poupées, répondit-elle le plus sérieusement du monde. On joue aussi aux grandes dames en mettant les vêtements de nos mamans, mais ils sont trop grands pour nous alors on essaye leur maquillage. Parfois on lit des livres, mais comme on sait pas encore lire, on se contente de regarder les images en imaginant de quoi le livre parle.
- Si tu veux, je peux te montrer la bibliothèque du manoir après, on a des centaines de livres ! Je pourrais même t'en lire un !
- ça serait chouette ! Mais Tracey a pas été invitée, alors ça sera moins drôle. Ma maman m'a dit que c'est parce que son papa a fait des vilaines choses et qu'il est en prison. Et puis la maman de Tracey elle est très malade, alors il faut que Tracey reste avec elle tout le temps parce qu'elle peut pas se déplacer.
- Ton amie a bien de la chance de t'avoir pour compagnon de jeu, moi je n'ai personne avec qui jouer, avoua t-il. Je passe mon temps avec ma mère à lire des livres et à l'aider pour son jardinage, et je m'occupe de ma petite sœur quand maman est occupée.
- Pourquoi personne veut jouer avec toi ? le questionna t-elle d'un air peiné.
- Parce que tous les enfants n'ont d'yeux que pour le grand Matthew, le sauveur de l'humanité. Les seules fois où quelqu'un me parle, c'est pour me demander qui je suis et si je ne saurais pas quelques petites anecdotes sur lui.
- Moi je l'aime pas, Matthew. Il est méchant et il passe son temps à donner des ordres aux gens en se prenant pour le chef. Tout à l'heure il m'a ordonné de me prosterner devant lui pour que je puisse lui parler !
- C'est tout à fait son genre… Tu veux savoir un secret ? Moi non plus je ne l'aime pas beaucoup alors que l'on est du même sang. Ça nous fait un point commun dans un sens.
- C'est vrai, un peu comme des amis non ? Dis, tu veux être mon ami ?
Devenir son ami ? Voilà bien une chose que l'on n'avait jamais demandée à Harry. Non pas qu'il était solitaire et asocial, mais personne ne faisait attention à lui, et James l'écartait bien souvent des petites fêtes organisées pour son petit frère durant lesquelles bon nombre d'enfants venaient jouer, à croire que son père ne voulait pas qu'il soit attaché à qui que ce soit. Sur le moment, il se demanda si la petite fille à côté de lui ne se moquait pas de lui, ou s'il allait avoir des problèmes s'il acceptait sa proposition. Mais jusqu'à présent, Daphné s'était montrée très gentille envers lui et ne donnait absolument pas l'impression d'être une personne cruelle. Quand à James, hé bien, son opinion lui était complètement égale.
- J'en serai ravi, dit-il en souriant.
Daphné poussa un léger cri de joie et se jeta littéralement sur lui pour lui faire un câlin. Au passage, elle fit tomber le plateau d'argent au sol dans un grondement métallique faisant tourner dans leur direction quelques têtes, mais aucun des deux n'y fit attention, du moins jusqu'à ce qu'elle se rendit compte qu'elle venait malencontreusement d'écraser un gâteau entre elle et Harry.
- Oups, dit-elle simplement. Je suis désolée pour ton costume.
- C'est pas grave, lui assura t-il en époussetant la tâche. C'est juste un peu de chantilly, ça s'enlève facilement.
- Et si on allait jouer maintenant ? proposa t-elle en se levant de la souche d'arbre. On a qu'à jouer à chat !
- Je croyais que tu ne t'amusais pas à des jeux idiots ?
- Oui, mais c'est plus amusant quand on joue avec quelqu'un qu'on aime bien ! Et c'est toi le chat !
La petite blonde disparut quelques secondes plus tard au beau milieu de la foule s'amassant dans le parc du manoir, rapidement pourchassé par Harry. Tous les deux jouèrent longuement ensemble, à l'écart des autres enfants et sans se préoccuper des personnes les entourant et des problèmes qu'ils pourraient avoir pour une conduite pareille. Leur petit manège cependant n'échappa pas à l'œil vif de Lily qui discutait, comble de l'ironie, avec la mère de Daphné.
- Qui est ce garçon ? demanda t-elle en regardant curieusement Harry chatouiller Daphné. Serait-il apparenté à votre mari, ma chère Lily ? Il lui ressemble fortement. Un neveu, peut être ?
- C'est notre fils ainé, dit-elle en essayant de cacher la peine qu'elle avait en constatant qu'une nouvelle fois personne ne semblait connaitre Harry. Il a deux ans de plus que Matthew.
- Votre fils ? Merlin ! Je n'étais pas au courant ! Cachez-vous d'autres enfants dans vos tiroirs, Lily ? demanda t-elle moqueusement.
- Grand Dieu, non ! Le deuxième me donne déjà suffisamment de travail comme ça, je n'ai pas le temps de songer à avoir un quatrième enfant !
- Je comprends, répondit Mme Greengrass d'une voix compatissante. La renommée de votre fils doit être pénible à supporter. J'ai l'impression que votre fils et ma fille s'apprécient, ajouta t-elle souriant devant l'air joyeux de Daphné.
- Il semblerait oui, approuva Lily en souriant également. Je l'ai rarement vu aussi joyeux avec un autre enfant qu'aujourd'hui. Harry est plutôt quelqu'un de casanier, vous savez ? Il préfère la compagnie des livres à celle d'autres personnes. Son père désapprouve totalement son attitude, mais j'ai plutôt tendance à l'encourager à poursuivre dans cette voie là. Apprendre de nouvelles choses et acquérir des connaissances nouvelles n'est pas un mal en soit.
Mme Greengrass acquiesça poliment et toutes les deux s'engagèrent dans une longue conversation traitant en grande partie sur la meilleure façon possible d'éduquer correctement un enfant. En parlant d'enfant, Harry et Daphné s'étaient finalement décidés à faire un tour dans le manoir, après qu'Harry eut proposé à sa nouvelle amie de lui montrer ses derniers livres de contes. Tous les deux se trouvaient devant la porte renfermant l'immense bibliothèque des Potter et, après un hochement de tête l'un envers l'autre, ils poussèrent ensemble l'épais panneau de bois. La bibliothèque du manoir était une vaste pièce de la taille de deux salles à manger côte à côte, dans laquelle des rangées de meubles s'alignaient contre les murs en exposant aux yeux des curieux les centaines d'ouvrages qu'ils possédaient. Un escalier en colimaçon permettait monter d'un étage ou se trouvaient encore d'autres étagères. Plusieurs tables placées au centre de la pièce étaient éclairées par des chandeliers et par deux immenses lustres fixés au plafond. La pièce donnait l'impression d'être très chaleureuse avec toutes ces couleurs rouges et dorées et la lumière orangée se reflétant sur les murs tapissés de motifs représentant des lions et des phœnix.
- C'est magnifique ! s'éxclama Daphné, la bouche grande ouverte. Mais je préfère le vert quand même.
- J'y passe le plus clair de mon temps, lui expliqua Harry en marchant devant les étagères. Il y a des centaines d'ouvrages de notre monde et du monde moldu qui parlent à peu près de tout ce que tu veux, de la politique à l'histoire des sorciers en passant par des livres d'écrivains et même des livres pour enfant. D'ailleurs nous avons une belle collection de livres d'auteurs moldus. Tu connais les fables de « Jean de la fontaine » ?
- Nan, ça parle de quoi ?
- Viens voir, je vais te montrer.
Il la conduisit vers une étagère plus loin ou se trouvait les dites fables. Cherchant quelques secondes le livre, il finit par mettre la main dessus et lui fit signe de s'asseoir sur le fauteuil près de la cheminée qu'occupait habituellement Lily. Tous les deux prirent place dedans et se mirent à lire avec attention les différentes histoires racontées, agrémentées de temps à autre par les commentaires enfantins de Daphné.
- Comment une grenouille peut-elle enfler au point d'exploser ? Ça n'a aucun sens !
- C'est une histoire, ce sont des faits imaginaires. Mais en fait ça sert uniquement à faire comprendre au lecteur quelque chose. Il y a une sorte de morale en vérité qui permet à celui qui lit cette fable de réfléchir à ses actes. Par exemple ici, c'est qu'il ne faut pas se prendre pour ce que l'on n'est pas afin d'essayer d'impressionner une autre personne en lui faisant croire que l'on est supérieur à lui, parce que ça peut parfois nous couter la vie.
- Comme Matthew par exemple, déclara en ricanant Daphné. Il se prend pour le plus beau garçon du monde, pour le plus intelligent des enfants de son âge, le plus doué, le plus talentueux, alors qu'en vérité, c'est un crétin !
- En quelque sorte, ne put s'empêcher d'approuver Harry en gloussant légèrement.
- Et pour la cigale et la fourmi ? C'est quoi la morale ?
- Là, ce serait qu'avant de penser à s'amuser, il faut d'abord travailler. « Toute peine mérite salaire », donc pour pouvoir t'amuser, il faut le mériter, et donc travailler. Jouer est en fait une récompense. Ça pourrait également être une critique sur les gens qui ne sont pas généreux et qui ne viennent pas en aide aux personnes dans le besoin, surtout quand on voit le comportement égoïste de la fourmi.
- Comment tu sais tout ça ? C'est toi qui l'as deviné ?
- Non ! C'est ma maman qui m'a expliqué chacune des fables, elle dit que ça me permettra de voir les erreurs à ne pas faire dans mon comportement et ma façon de voir les choses m'entourant ainsi que l'attitude des gens à mon égard et envers les autres. C'est une leçon de vie.
- Daphné ? l'appela subitement la voix de son père dans le couloir ? Daphné ? Où êtes-vous ma chérie ?
- Je suis ici !
Mr Greengrass apparut dans l'embrasure de la porte et sembla étrangement soulagé de la voir. Daphné en le voyant s'extirpa rapidement du fauteuil et courut rapidement vers lui en se jetant sur ses jambes pour l'enlacer.
- Vous m'avez fait une belle frayeur, jeune fille ! Je vous cherchais partout !
- Pardon papa, mais c'est Harry qui a voulu me montrer sa bibliothèque et me faire lire quelques histoires. Il est très gentil, c'est mon nouvel ami !
Son père se tourna vers l'endroit ou se trouvait Harry et ne put s'empêcher de le regarder avec étonnement, et surtout en se demandant qui pouvait bien être ce Harry avec qui sa fille semblait avoir fraternisé. Comme un coup de destin, le père de ce garçon lui étant inconnu apparut à son tour dans la pièce, la mine maussade.
- Bien, maintenant que vous avez mis la main sur votre fille, nous allons pouvoir y aller maintenant ? Je n'ai pas que ça à faire… Que fais-tu là, toi ?
Son ton dédaigneux était bien évidemment adressé à Harry qui baissa aussitôt les yeux face au regard menaçant de son père.
- Je… Je venais montrer mes livres à Daphné, père.
- Dis plutôt que tu cherchais un moyen quelconque pour ruiner la petite fête d'anniversaire de ton petit frère. Si tu crois que je n'ai pas remarqué le petit livre de blagues posé sur l'une des tables l'autre jour, c'est que tu me connais mal. Ton frère lui ne perd pas son temps dans des stupides manuels, ça ne peut donc pas être lui.
- Je-je vous jure que ce n'est pas moi…
- Je te préviens, mon garçon : Si jamais la moindre bêtise arrive lors de son goûter d'anniversaire, tu recevras la plus belle correction de toute ta vie ! le menaça son père avant de faire signe au père de Daphné de le suivre.
Les deux adultes disparurent rapidement dans le couloir sans accorder un seul regard à Harry. Seule Daphné, dans les bras de son père, lui adressa un salut de la main auquel il répondit. Cette fille était comme un rayon de soleil pour lui, ce simple geste venait de lui faire oublier en un instant les calomnies et menaces de son père. En parlant de lui, Harry songea qu'il ne semblait finalement pas connaitre son cher fils sur le bout des doigts. Il avait de temps à autre que Matthew mette le nez dans des livres, mais uniquement ceux traitant de mauvaises blagues à faire ou d'histoires drôles. De plus, Harry prenait bien soin après chaque lecture de ranger son manuel à l'endroit où il l'avait pris, contrairement à son petit frère dont la notion de rangement était étrangère à son vocabulaire. Une porte grinçante le sortit de sa rêverie. Le son provenait de toute évidence de l'étage du dessus, et le grincement ne pouvait appartenir qu'à la porte du bureau de James. Apparemment, Mr Greengrass et lui allaient s'entretenir d'un sujet important, mais la présence de Daphné à cette réunion l'intrigua fortement.
Aussi la curiosité l'emportant, il sortit à son tour de la bibliothèque et se dirigea d'un pas léger vers l'escalier le menant vers sa destination. En chemin, il salua poliment ses ancêtres peints dans des somptueux tableaux tout en vérifiant que les corridors qu'il empruntait étaient déserts. S'il était surpris à espionner son père, qui sait ce qui pourrait lui arriver. Finalement, il se retrouva après de nombreux efforts notamment pour enjamber les marches grinçantes de l'escalier face à la porte du bureau. De plus en plus intrigué, mais surtout curieux de savoir ce que Mr Greengrass et son père pouvaient bien faire à deux avec une petite fille dans le bureau de James, Harry entrouvrit légèrement la porte qui, par chance, ne grinça pas. La légère ouverture lui permit d'avoir une vue parfaite sur eux, d'autant plus que Mr Greengrass lui tournait le dos et empêchait James de pouvoir le voir. Daphné elle était assise sur les genoux de son père et jouait distraitement avec ses anglaises tout en se trémoussant de temps à autre. Il se surprit à la contempler pendant de longues secondes, la trouvant malgré son jeune âge très jolie même de dos, mais la voix de James le sortit de sa rêverie.
- Hé bien, Greengrass. Vous aviez dit vouloir absolument discuter avec moi, je vous écoute alors. Je n'ai pas beaucoup de temps à vous accorder vous savez, l'anniversaire de mon fils passe avant ce genre de banalités.
- Dans ce cas, je vais aller droit au but, Mr Potter. La fin de la guerre a eu beau redonner un climat de paix à notre communauté, il n'en a pas été de même pour moi. Ma famille et moi-même avons toujours déclaré être restés neutre durant ce conflit, même lorsque les fidèles de Vous-Savez-Qui m'ont approché pour rejoindre leur rang. C'est d'ailleurs pour cette raison que, comme vous, j'ai préféré me cacher pour éviter les possibles représailles. Mais certaines personnes dans le ministère ont cru bon de voir dans cet acte une façon pour moi de rejoindre le seigneur des ténèbres en prétendant vouloir protéger ma famille. Je fais depuis presque un an maintenant l'objet de poursuites pour des choses que je n'ai même pas commise ! Mon manoir est presque sans arrêt l'objet de perquisition et la plupart de mes voutes ont même été bloqué le temps que des recherches y soient faites !
- Laissez-moi deviner, Greengrass, l'interrompit James d'une voix que Harry trouva très désagréable, presque moqueuse. Vous souhaiteriez que j'intervienne auprès de vous pour que toutes ces rumeurs cessent, n'est-ce pas ? Que je dise à tous quelle bonne famille vous faites et qu'en aucun cas les idées de Voldemort ne vont ont jamais intéressé ? Vous voudriez en vérité que j'use de l'influence de mon nom maintenant que mon fils a vaincu le plus puissant mage noir du siècle en votre faveur ? Qu'obtiendrai-je en échange de ce service ?
Mr Greengrass se mit à marmonner nerveusement des mots qu'Harry ne pouvait entendre de là où il se trouvait, mais apparemment, la proposition de l'homme ne semblait pas intéresser James qui se mit à rire ouvertement devant lui.
- 10 000 Gallions et la main de votre fille ainée contre une publicité vous étant favorable? Vous plaisantez, j'espère ? Matthew pourrait avoir tellement mieux que votre enfant comme épouse, et pour ce qui est de l'argent, cette somme ne représente presque rien pour moi.
- Je ne peux que vous proposer ça pour l'instant ! répliqua Mr Greengrass d'une voix un peu plus forte. Mon argent est actuellement bloqué je vous rappelle !
- C'est fort dommage, dit James d'un ton faussement peiné. Vous n'imaginez même pas le nombre de proposition de ce genre que j'ai pu avoir ces derniers mois. Les Nott, Parkinson, Rosier, Zabini… Même les Malefoy passent à présent leur temps à vouloir nous inviter chez eux pour boire le thé. Je suis sur que si leur fils aurait été une fille, ils m'auraient fait la même proposition que vous, sauf qu'en plus ils auraient ajouté quelques zéros pour ce qui est de la somme à verser. Vous conviendrez que par rapport à eux, votre proposition est plus que pathétique.
Harry se demanda pourquoi Mr Greengrass ne s'était déjà pas précipité sur James pour lui tordre le cou, quand on voyait le ton condescendant avec lequel il s'adressait à lui. Son père avait vraiment changé depuis cette nuit d'octobre. Jamais jusqu'alors il ne ce serait adressé à quelqu'un de la sorte. James était un peu prétentieux à l'époque, mais celui qui était maintenant assis derrière le bureau était bien pire. Trop occupé à songer à la nouvelle personnalité de son père, Harry ne se rendit compte que trop tard que la porte s'ouvrait petit à petit alors qu'il était adossé dessus et, ce qui devait arriver arriva, il perdit l'équilibre et s'affala lourdement sur le tapis de la pièce. Sachant pertinemment qu'il venait d'être pris sur le fait, il n'osa pas lever les yeux et se contenta de rester immobile sur le sol en attendant que son père ne le sermonne comme il était d'usage.
- Si je m'attendais à cela, voilà que tu te mets à écouter aux portes maintenant ? Veuillez m'excuser un instant…
Son fils put aisément entendre la lourde chaise du bureau racler le sol alors que les pas étouffés par le tapis des chaussures de James se rapprochaient petit à petit. Sans crier garde, son père lui agrippa durement les cheveux et le força à se relever en tirant dessus.
- Lève-toi ! ordonna t-il méchamment. Qui m'a fichu un gamin pareil ! Me faire ce genre de scène devant un invité ! De quoi ai-je l'air maintenant, hein !?
Son père continuait de le secouer en lui arrachant au passage quelques brins de cheveux alors qu'Harry couinait douloureusement en sentant les larmes venir au bord de ses yeux. Mr Greengrass lui observait la remontrance de James d'un air choqué et scandalisé ainsi que sa fille qui regardait tristement le jeune garçon devant elle se faire malmener.
- Pardonnez-moi, monsieur. Je-je ne voulais pas écouter ! Je venais vous deman-demander quelque chose ! mentit Harry.
- Ah oui ? Et quoi donc !
- Je… J'ai oublié !
- à la bonne heure ! Tu n'as jamais été très bon pour me mentir, gamin !
Avant même qu'Harry ne s'en rende compte, James venait de le lancer sans plus de cérémonie juste à côté de la chaise de Mr Greengrass qui sursauta en voyant une telle chose. Reposant rapidement sa fille par terre, il entreprit d'aider Harry à se relever en lui prenant le bras, mais le jeune garçon eut un geste de recul dès qu'il avait apposé sa main sur lui.
- Je ne vais pas te faire de mal, mon garçon. Je veux seulement t'aider à te tenir de bout, tu comprends ?
Harry hocha simplement sa tête et consentit à se laisser remettre sur ses jambes par le père de Daphné. Celle-ci d'ailleurs s'était approchée de lui et lui tendait déjà un mouchoir sur lequel était cousu son prénom avant de se rasseoir sur les genoux de son père. James lui réfléchissait à présent aux répercussions du petit échange qu'il venait de voir. Ainsi son fils et cette petite fille avaient l'air de s'apprécier ? Ce fut d'un comique pour lui. Le seigneur Greengrass voulait donner la main de cette dite fille à Matthew en espérant ainsi sauver sa peau. L'idée de voir son fils épouser une fille pareille lui semblait ridicule, même si Daphné était très belle, il fallait le reconnaitre. Mais quoi de mieux pour humilier une personne que l'on n'appréciait pas que de la descendre plus bas que terre ? Pourquoi ne pas lui faire épouser son inutile de fils ainé à la place ? Le coup médiatique serait quasiment nul, et les chances pour le seigneur Greengrass de voir cette union en première page des magasines dérisoires. Qui se soucierait des fiançailles entre la fille ainée d'une vieille famille considérée comme sombre et d'un petit garçon complètement inconnu du grand public ? Personne. Voilà une bonne façon de réduire à néant les plans du père de Daphné, et une belle humiliation en prime.
- Je viens d'avoir une soudaine idée, Greengrass. Vous souhaitiez absolument voir mon nom affilié au votre pour écarter tout soupçon sur vous, n'est-ce pas ? Hé bien, je pense avoir trouvé un terrain d'arrangement. Que diriez-vous de donner la main de votre fille à mon bon à rien de fils ainé ?
La proposition étonna pour le moins l'homme qui regarda tour à tour Harry et James comme si il ne semblait pas avoir bien compris le sens de ces paroles. Donner sa fille en mariage à un garçon plus vieux qu'elle et sans la moindre renommée ? L'offre de James n'était pas à première vue très alléchante, mais la situation dans lequel le père de Daphné se trouvait ne lui laissait malheureusement pas beaucoup de possibilités. Ses problèmes juridiques le travaillaient jour et nuit et il était à deux doigts de perdre toutes ses demeures pour avoir simplement été en compagnie de mangemorts, et ce, sans qu'il ne le sache. Comment diable aurait-il pu savoir que les Lestrange étaient des disciples de Voldemort ? Bellatrix, bien qu'un peu folle sur les bords, n'en était pas moins une femme charmante, jamais il n'aurait pu se douter qu'elle était une fidèle au seigneur des ténèbres… S'il ne souhaitait pas finir ses jours dans une cellule d'Azkaban en sa compagnie, mieux valait accepter l'offre du père d'Harry.
Et puis, il ne connaissait pas ce garçon, du moins il en savait juste le strict minimum. C'était le fils ainé des Potter, et par conséquent, l'héritier de leur fortune. Sa fille ne manquerait de rien de ce fait. En plus, il avait l'air bien plus calme que son petit frère, bien que la tyrannie dont faisait preuve de toute évidence James sur lui devait y être pour beaucoup. Merlin sait ce qui aurait pu arriver à Daphné si elle avait épousé Matthew. Ce garçon deviendrait sans doute un mauvais bougre à l'avenir, surtout quand on voit l'être odieux qu'il était déjà à seulement trois ans, et sa fille en pâtirait. Mais le jeune garçon devant lui semblait bien plus honnête et gentil. Et surtout, lui et Daphné se connaissait déjà. Leur mariage sera sans aucun doute bien plus heureux, et le bonheur de sa fille passait avant tout le reste. Son choix fut rapidement fait.
- Très bien. Je suppose de toute façon que je n'ai pas d'autres choix.
- Nous avons toujours le choix, Greengrass, énonça James en se rasseyant derrière son bureau tout en fouillant un des nombreux tiroirs de celui-ci. Vous auriez pu refuser, mais vous n'auriez de cette façon pas eu le soutien de notre famille. Je dois cependant vous prévenir qu'aux yeux de presque tout le monde magique, ce garçon n'existe pour ainsi dire même pas. Vous-même n'avez sans doute jamais eu vent de son existence avant aujourd'hui. Pour ce qui est de la renommée, je pense que vous pouvez toujours attendre. De toute façon ce gosse n'arrivera probablement jamais à rien dans sa vie, il n'a même pas l'étoffe d'un sorcier digne de ce nom… Préfère passer son temps le nez dans un bouquin plutôt que de se comporter en bon petit garçon, marmonna t-il pour lui-même.
Harry ne releva même pas les propos insultants de son père à son encontre, et préféra regarder tristement le tapis sous ses pieds. Avec un peu d'attention, il aurait pu voir le regard compatissant du père de Daphné et de sa fille sur lui. Quelques instants plus tard, James ressortit de son tiroir un épais parchemin sur lequel était écrit en gros « Contrat de mariage magique ». Quelques lignes étaient déjà griffonnées dessus, avec seulement quelques trous dans les phrases permettant de glisser les prénoms des deux futurs époux. James commença lui-même à remplir le parchemin en écrivant le nom d'Harry dans les endroits correspondants avant de glisser la feuille vers le père de Daphné qui fit de même.
- Vous savez ce qu'il reste à faire maintenant, annonça James en se munissant soudainement d'un coupe-papier. Toi, viens ici !
Harry obéit docilement et s'approcha de son père avec appréhension. Celui-ci trouva peut être qu'il n'avançait pas assez vite, car il se saisit avec force de son bras pour le tirer vers lui. Sans même le prévenir, il releva la manche de son costume jusqu'au coude et lui entailla la peau au niveau du poignet. La coupure laissa échapper un important flot de sang qui s'écoula lentement sur le parchemin que James avait glissé sous son bras alors qu'Harry gémissait une fois de plus de douleur en se retenant de ne pas pleurer : Ce serait donner à James une bonne raison pour le frapper à nouveau.
- à vous maintenant, déclara presque avec amusement James en faisant glisser le parchemin et la lame vers le père de Daphné qui regardait James d'un air scandalisé en voyant la façon dont il traitait son fils. Faites attention, c'est très coupant.
- Daphné ? l'appela t-il timidement alors qu'elle regardait tristement Harry essayer de son mieux de stopper l'écoulement de sang. Je veux que vous m'écoutiez, s'il vous plait. Je vais devoir vous faire une petite blessure sur la main pour que vous puissiez mettre votre sang sur le parchemin. Ça va légèrement vous piquer, mais ce sera vite guéri.
- Est-ce que je vais saigner comme Harry ? demanda t-elle d'une voix apeurée.
- Non non, je vous le jure. Allez maintenant, soyez une grande fille.
Sa fille acquiesça et consentit à lui offrir la paume de sa main. Son père fit glisser la lame sur la peau de Daphné le plus délicatement possible pour ne pas lui faire de mal, puis plaça la main légèrement ensanglantée au dessus du parchemin. Quelques gouttes tombèrent dessus, mais c'était loin d'égaler l'immense tâche de sang qu'avait formé celui d'Harry sur le contrat. James ne perdit pas de temps et reprit une nouvelle fois le parchemin tout en sortant sa baguette magique. Il fit à plusieurs reprises des gestes compliqués au dessus de la feuille, en tapotant de temps à autre celle-ci du bout de sa baguette. Brusquement, le contrat se mit à rayonner d'une lueur argentée et flotta quelques instants au dessus du bureau, alors que le même phénomène arrivait à Harry et Daphné. Deux petits filaments s'extirpèrent du parchemin et les frappèrent de plein fouet, mais sans leur faire le moindre mal. Puis, tout aussi soudainement que l'apparition de cette étrange lumière, tout s'arrêta, et les deux enfants retombèrent sur leurs pieds, ou sur les genoux de son père pour Daphné. Au fond d'eux, quelque chose avait changé, ils pouvaient le sentir, mais ils n'arrivaient pas à savoir ce qui avait bien pu se passer. Ce fut James qui étonnamment, leur donna la réponse à leurs interrogations.
- Leurs noyaux magiques sont à présent liés l'un à l'autre. Ils pourront de cette façon ressentir la force magique de l'autre et à l'occasion lui en fournir en cas de problème. Un lien indestructible comme vous le savez si bien. Cela devrait bien l'aider finalement, ajouta t-il en regardant Harry d'un air mauvais. Peut être qu'avec la puissance magique de votre fille, il sera capable de produire quelques sortilèges basiques quand sera venu le moment pour lui d'aller à Poudlard. J'annoncerai ses fiançailles dans la gazette du sorcier prochainement, cela devrait vous aider quelque peu dans vos petits problèmes personnels, vous ne croyez pas ? Il me tarde de voir l'union entre nos deux familles faire la une des journaux de tous le pays !
L'ironie dont faisait preuve James ne faisait de toute évidence rire que lui, car son éclat de rire ne fut pas suivi par les trois autres. Si James avait pris conscience qu'en signant ce contrat de mariage, il rendrait plus tard son fils heureux, peut être ne l'aurait-il pas fait, mais sa réflexion ne fut malheureusement pour lui pas poussé jusque là. Pour l'instant il préférait savourer cet instant où il crut avoir d'une certaine manière humilié le seigneur Greengrass en fiançant sa fille à un illustre inconnu, sans savoir que plus tard, il s'en mordrait les doigts. Oh oui, il le regretterait.
A/N : Enfin fini ! Pour être honnête, je n'aurai jamais imaginé qu'il pourrait être aussi long, d'ailleurs Remus devait normalement faire une apparition (que j'ai supprimée), ce qui aurait engendré plus de 10 000 mots facilement. Un peu gros pour un début d'histoire.
Concernant les fiançailles entre Daphné et Harry, vu comme ça, ça donne l'impression d'être un peu anticipé voir trop tôt, mais soyez sans crainte : il leur arrivera beaucoup de choses d'ici là, un joli chemin semé d'embûches les attend.
L'histoire prendra un virage à 180° au prochain chapitre, avec une surprise de taille à l'intérieur. Soyez patient d'ici là !
A bientôt !
