Salut ! Voilà comme promis le nouveau chapitre de cette fiction. étonnamment il ne m'a pas donné énormément de mal, bien que l'une des scènes à l'intérieur était plutôt compliqué à imaginer.
Donc dans ce chapitre, vous pourrez avoir une légère esquisse de la vie que mènera Harry ainsi que son premier entrainement (c'est d'ailleurs ce qui m'a donné du mal).
Désolé pour ceux qui l'attendaient avec impatience, mais Daphné n'apparaît finalement pas dans ce chapitre. Par contre, elle sera dans le prochain, ça c'est certain !
Gab : Désolé de t'avoir perturbé de la sorte, ce n'était pas mon intention x). Ses cours seront très longs et épuisants, ça c'est sûr. Au moins en ayant vécu chez les Potter et pour avoir eu accès à leur bibliothèque, il est quand même déjà un peu plus avancé que les enfants de son âge sur la magie ! Honnêtement j'ai hâte de lui faire enlever ses lunettes : j'ai vu à quoi elles ressemblaient à l'époque et je trouve ça absolument horrible ! Vivement qu'il n'en ait plus besoin ! Tu verras bien de quelle façon je règle ce problème ^^. Merci pour ton commentaire en tout cas !
Je viens juste de finir ce chapitre malgré la facilité avec laquelle je l'ai écrit, alors les fautes seront surement présentes...Bonne lecture !
Le soleil commençait à peine à se lever, et ses rayons lumineux transperçaient faiblement les immenses baies vitrées de la pièce, mais contrairement à bien des gens, Harry n'en eut pas besoin pour se réveiller. En vérité, Harry devait être debout depuis près d'une heure maintenant à regarder curieusement les représentations peintes sur le plafond de sa nouvelle chambre. Voir des peintures de saints et de dieux sur toute la surface au dessus de sa tête était un spectacle tout à fait étonnant, surtout que contrairement au manoir Potter où les quelques portraits de ses ancêtres bougeaient et communiquaient entre eux, tous les tableaux et esquisses dans le château de Lamballe demeuraient parfaitement immobiles. Il n'y avait d'ailleurs pas que ça qui avait attiré son attention : Tout le bâtiment était un véritable régal pour les yeux, que ce soit de l'extérieur ou à l'intérieur. Le château en lui-même était composé de plus de cent salles en comptant les nombreuses caves à vins et les combles des toits servant d'entrepôts pour les vieux meubles quand les villageois n'en voulaient pas. Il n'était pas rare de trouver plusieurs pièces servant à la même chose, comme les salons portant chacun un nom de dieu romain différent, ou les chambres servant pour la plupart aux rares amis de Marie-Louise souhaitant rester dormir chez elle.
Partout où ses yeux s'étaient posés, il ne voyait que fastes et richesses. Mêmes les murs étaient ornés de décorations, de boiseries et de moulures recouvertes d'une fine pellicule d'or dans le « style Pompadour » comme lui précisa sa mère en le voyant s'extasier sur la décoration des pièces. Les meubles n'étaient pas en reste, et Harry était sûr d'avoir vu suffisamment de fauteuils, de chaises et de tables pour le restant de sa vie. Il n'avait pas encore eu le temps de voir toutes les pièces du château, mais ce qu'il avait déjà pu voir valait bien la peine d'avoir accepté de devenir le fils de Marie-Louise. Cet endroit était si grand que le manoir des Potter aurait pu tenir aisément dans l'une des ailes du château, notamment dans la chapelle qu'il avait eu l'occasion de découvrir hier et qui l'avait plus qu'impressionné.
« Les offices religieux se font ici le dimanche en compagnie d'une grande partie de nos domestiques et de quelques habitants de Lamballe. Vous n'aurez cependant pas à y assister comme vous n'êtes pas croyant, mais peut-être qu'à l'avenir, cela changera » avait lancé sa mère en lui faisant une visite guidée de cette immense salle occupant à elle seule l'aile gauche du donjon.
Même sa chambre avait des dimensions dantesques, faisant deux fois celle de son frère, et les meubles la composant était aussi luxueux et respirant la richesse. Son lit en était un parfait exemple, et ses dimensions gigantesques faisait du lit qu'il possédait au manoir Potter un simple lit de camp. Matthew avait été le seul à bénéficier d'un lit à baldaquin offert par Sirius et James, quand lui s'était contenté d'un lit simple sans la moindre fioriture. Mais là, il avait à présent un lit à la polonaise avec un baldaquin plutôt élevé laissant tomber comme une cascade d'épais rideaux de chaque côté de son lit. Châlit, dais, aigrette… Son lit avait bien l'allure de celui d'un roi, et ce soudain luxe l'intriguait plus qu'il ne l'effrayait. Son frère serait prêt à tuer pour obtenir un lit pareil, et imaginer Matthew taper du poing en se roulant par terre lui arracha un sourire se transformant rapidement en ricanement. C'était une sensation très agréable de dormir dans un lit aussi confortable, dans des draps aussi chauds, et avoir plusieurs oreillers pour poser sa tête était une nouveauté qu'il appréciait déjà.
« Si c'est ce que ressent Matthew quand il se réveille, alors je dois avouer qu'il avait bien de la chance » avait-il déclaré peu après s'être réveillé.
Deux coups frappés contre la porte de sa chambre le sortirent de sa rêverie, et après qu'il intima l'ordre à la personne derrière d'entrer, la porte s'ouvrit sur deux femmes portant un uniforme similaire et un tablier aussi long que leur robe. Toutes les deux semblaient jeunes, pas plus de la trentaine pour l'une et la vingtaine pour l'autre, et Harry était certain de les avoir rencontrés hier lorsqu'il avait dû saluer poliment tous les domestiques présents dans le château.
- Déjà levé Monseigneur ? lui demanda l'une des deux servantes tandis que l'autre qui tenait un plateau surchargé de nourriture s'avançait vers lui sans quitter des yeux les denrées qu'elle apportait à Harry. Vous êtes bien matinal ! Madame est une vraie marmotte !
- Heu… oui, répondit-il timidement en la regardant d'un air interloqué.
La servante dut comprendre qu'il n'avait pas saisi le sens de ses paroles car elle n'ajouta rien mais lui lança un petit sourire amusé en s'avançant également vers lui alors que sa collègue apposait sur le lit le plateau de nourriture dont elle plaça chacune des anses de chaque côté de ses jambes. Harry la regardait faire, troublé : C'était bien la première fois qu'on lui servait le petit-déjeuner au lit. Mais il ne se questionna pas longtemps sur cette pratique car la vue des pâtisseries s'offrant à lui firent aussitôt oublier ce qu'il avait en tête. Petits pains et croissants se mêlaient aux tourtes et entremets de choix, alors qu'une petite jarre de jus d'orange et une autre de lait bataillaient pour se faire une place auprès des assortiments de charcuteries et de fromages. Un bol de chocolat chaud encore fumant se trouvait au centre de tout ce capharnaüm, n'attendant plus qu'Harry pour être consommé. Bien d'autres denrées étaient également présentes, bien qu'Harry ne les connaissent pas toutes.
De toute évidence, les serviteurs de sa mère espéraient de cette façon savoir ce qu'il préférait pour le matin en lui montrant tout ce qu'ils étaient capables de faire pour le satisfaire. Harry aurait presque pleuré devant tant de si bonnes choses, même si manger du fromage à une heure aussi matinale lui semblait étrange.
- Comme nous ne savons pas ce que vous aimez, nous avons pensé qu'il serait plus judicieux que vous choisissiez par vous-mêmes, lui dit d'ailleurs la même servante en s'agenouillant à côté du lit pour se mettre à son niveau. Si vous aimez, faites ceci.
La servante se mit à se caresser le ventre et pointait du doigt certains gâteaux en faisant mine d'apprécier. L'instant d'après elle afficha une mine dégoutée en montrant encore une fois les denrées présentes sur le plateau. D'abord perplexe, Harry comprit finalement où elle voulait en venir et hocha de la tête joyeusement avant de grignoter chacun des gâteaux s'offrant à lui.
- Comment vous appelez-vous, jeune homme ? lui demanda t-elle tandis qu'il repoussait les tranches de fromage loin de lui.
- Gabriel de… de Savoie, répondit-il en levant les yeux vers elle, étonné par sa question.
La femme gloussa de bon cœur, rapidement rejointe par l'autre servante qui était également restée avec eux.
- Non, je voulais dire votre véritable nom. Vous avez bien un autre nom, n'est-ce pas ?
- Oh… Je m'appelle Harry Potter.
- Hé bien, ravi de vous rencontrer Harry, ou devrais-je dire maintenant Gabriel. Moi je m'appelle Françoise, dit-elle en se montrant du doigt. Et elle, c'est Martine, ajouta t-elle en montrant sa collègue qui inclina sa tête lorsqu'elle croisa le regard d'Harry. Nous avons été choisies pour être vos dames de chambre, Monseigneur.
- Dames de chambre ? répéta t-il en fronçant ses sourcils.
- Nous allons nous occuper de vous, lui annonça Françoise en utilisant comme il s'en rendit compte le langage des mains pour les désigner tour à tour. Nous vous servirons le petit-déjeuner, nous vous aiderons à vous laver, à vous habiller…
La liste était longue comme il le découvrit au fur et à mesure, mais par chance, les gestes qu'effectuait Françoise lui permirent de comprendre de quoi il était question. Jamais il n'aurait imaginé être dorloté de cette manière, lui qui toute sa vie avait appris à se débrouiller en grande partie par lui-même. Même sa mère ne lui lavait plus le corps depuis longtemps, alors découvrir qu'il avait à présent deux femmes pour le faire fut un changement auquel il n'était pas préparé.
- Désirez-vous manger autre chose, Monseigneur ? lui demanda la dénommée Martine en le sortant de sa rêverie.
- Non… merci, dit-il en écartant légèrement le plateau de son corps.
Les cinq minutes suivantes furent l'occasion pour Harry de savoir qu'en vérité, le petit-déjeuner était un repas que bien peu de gens suivaient en France, contrairement à la Grande Bretagne où il était bien plus apprécié de la part de sa population. Son repas serait copieux et composé des choses qu'il avait aimé, mais sera servi très tôt car le déjeuner arrivait rapidement, aux alentours des dix ou onze heures du matin, du moins c'est ce qu'il comprit. Françoise lui expliqua également que le matin, les français avaient l'habitude de paresser dans leur lit et de ne se préparer qu'en milieu de matinée pour diner en famille, chez les nobles en tout cas : Selon une vieille idée circulant parmi eux, il n'y avait que les paysans qui se levaient aux premières lueurs du soleil car c'était justement la période où ils commençaient à travailler. Les coutumes de ce pays étaient décidemment bien différentes de celles de son pays d'origine, et savoir que le dernier repas de la journée était servi à dix-sept heures le conforta dans son opinion que les français étaient des gens bizarres.
- Il est temps de passer à votre toilette, Monseigneur.
Enlevant le plateau reposant sur ses jambes, Martine sortit rapidement de la pièce avec les restes de repas, tandis que sa collègue tirait déjà les couvertures du lit d'Harry pour l'aider à se lever. Lui enfilant une robe de chambre en soie, elle le dirigea vers une porte à droite de son lit derrière laquelle se trouvait la salle de bain.
La pièce était contrairement au reste de la demeure plutôt petite et ne comportait qu'une grande armoire peinte en blanc, un lavabo sur lequel étaient disposés quelques pots lui étant inconnu, un bidet en porcelaine pour ses petites commissions et une baignoire en forme de cuve au centre de la salle. La dite baignoire était pour l'instant vide, mais il n'eut pas longtemps à chercher du regard l'eau devant lui servir à se laver car Martine revint quelques secondes plus tard avec plusieurs seaux qu'elle tenait à bout de bras.
- Madame devrait prochainement faire installer dans cette pièce de la plomberie pour vous permettre de vous laver sans avoir à devoir continuellement aller s'approvisionner depuis les autres salles de bain.
Il fallut plusieurs minutes pour que la baignoire contienne un niveau d'eau suffisant pour pouvoir se laver tranquillement. Gêné au départ de montrer sa nudité à deux étrangères, ses appréhensions se volatilisèrent néanmoins lorsque son corps pénétra dans l'eau chaude et extrêmement relaxante. Contrairement à ce qu'il aurait cru, être lavé par quelqu'un d'autre n'était pas si terrible que ça, bien que certaines parties de son anatomie lui étaient réservées pour cette tâche. Harry commençait même à prendre gout à cette vie, mais se gardait néanmoins de le dire à voix haute ou même de songer à s'y complaire en pensant profiter de cette situation pour devenir un tyran déléguant la moindre de ses tâches à des serviteurs pour qui il n'aurait aucune considération.
Matthew en aurait été capable lui, et rien que l'idée qu'il puisse devenir comme lui et se transformer par la même occasion en un petit garçon capricieux et méprisable le débectait. Martine et Françoise étaient par ailleurs d'une agréable compagnie, lui lavant délicatement chaque partie de sa peau avec une douceur peu commune, comme si Harry était pour elles une petite poupée de porcelaine fragile.
Leur jeune prince en profita pour faire plus ample connaissance avec elles, et par la même occasion découvrir encore un peu plus la vie que menaient les habitants de Lamballe et les serviteurs du château. Les servantes lui répondaient en français, ce qui causa bien des problèmes de compréhension, mais Harry jura intérieurement de venir à bout de cette barrière linguistique et d'avoir plus tard avec n'importe quel français une conversation convenable. Néanmoins, ce petit moment d'euphorie et de joie tourna court lorsque Françoise s'attaqua à son dos et manqua une exclamation horrifiée en voyant un spectacle peu réjouissant.
- C-comment vous êtes-vous fait ces marques, Monseigneur ? lui demanda t-elle en faisant glisser son doigt sur les lignes parfaitement perpendiculaires qui striaient sa peau.
Harry déglutit en sentant venir une poussée d'angoisse. Voilà qu'il avait complètement oublié les souvenirs laissés par son père pour toutes les fois où il avait fait une bêtise. Si Marie-Louise le voyait, il était certain qu'elle irait immédiatement rendre des comptes auprès de lui.
- C'est mon… mon père qui fait ça, dit-il nerveusement alors qu'il essayait de cacher son dos en plongeant davantage son corps dans l'eau.
- On dirait des coups de ceinture, remarqua Martine en fronçant ses sourcils. Bonté divine, qui est le salaud osant faire ça à un enfant ?
- Martine, ton langage ! s'insurgea Françoise en la fusillant du regard. Il y a un enfant dans cette pièce ! D'un autre côté, Si je mettais la main sur cet homme, je suis certaine que mon rouleau à pâtisserie serait bien heureux de lui fracasser le crâne !
Harry suivit leur débat en silence en se demandant bien de quoi elles pouvaient bien parler. Vu l'animation de leur discours, le sujet devait sans doute être son père et le traitement qu'il lui faisait subir, du moins c'est ce qu'il pensa.
- Pourquoi vous frappait-il de la sorte Monseigneur ? s'enquit Françoise en le dévisageant.
- Je suis Heu… pas gentil, marmonna Harry d'un air penaud.
- Vous ? Un mauvais garçon ? Par tous les saints, j'ai bien du mal à vous croire ! Madame ne vous aurait jamais pris avec elle si vous n'étiez pas une bonne personne !
La toilette d'Harry reprit de plus belle, bien qu'involontairement, les deux servantes avaient tendance à frotter plus fort qu'il ne fallait les traces de coup qu'avait Harry sur son corps come si elles espéraient les faire disparaitre. Finalement le bain se termina, et tandis que Martine aidait Harry à se sécher, sa collègue sortit quelques instants de la pièce avant de revenir quelques minutes plus tard avec un paquet dans les bras qu'elle déposa sur une chaise près d'eux.
- Il est temps de vous habiller Monseigneur, déclara t-elle en commençant à déballer ce qu'Harry prenait pour des chiffons. Votre mère nous a donné vos anciens vêtements en nous faisant jurer de les brûler au plus vite ; Ils étaient selon elle indignes d'être porté par une personne de votre rang.
Enveloppé uniquement d'une chaude serviette, Harry put ainsi voir de lui-même ses nouveaux vêtements, et le moins qu'il pouvait dire là dessus, c'était qu'ils changeaient radicalement de ce qu'il portait jusqu'à maintenant. Il était pourtant coutumier des chemises, mais n'avait encore jamais eu l'occasion d'ajouter à elles un gilet et une veste suffisamment longue pour ressembler à une redingote. La chemise que lui présentait sa dame de chambre était de couleur blanche et offrait en prime un jabot de la même couleur au niveau du col. Le gilet lui se boutonnait au niveau du ventre et était de la même couleur bleutée que la veste qui possédait également des ornements cousus de fil d'or sur chaque bordure. En outre, il avait en prime un pantalon très moulant d'un bleu nuit arrivant jusqu'aux genoux et une paire de collants blanc terminant d'habiller ses jambes. Pour terminer, une jolie paire de mocassins vernis avec une boucle d'argent finissaient de compléter la tenue. Harry la trouva superbe, jusqu'à ce qu'il vit un objet qu'il n'aurait jamais pensé voir parmi ses vêtements…
- J'espère que vous êtes un habitué des corsets pour homme Monseigneur, lui lança t-elle d'un ton légèrement moqueur en voyant la mine pâle du prince. Je ne sais pas qui a eu cette idée saugrenue, mais vous n'aurez qu'à demander à votre mère en allant la voir tout à l'heure.
Après plus de dix minutes à être habillé, coiffé et chaussé, Harry était finalement prêt. Sa nouvelle apparence l'émerveilla lorsqu'il se regarda dans un miroir pour se regarder sous toutes les coutures, bien que le corset lui enserrant la taille était vraiment inconfortable.
- Vous êtes magnifique Monseigneur ! s'exclama Françoise en époussetant de temps à autre sa veste pour enlever un pli. Comment dites-vous déjà dans votre langue… Gorgeous ?
- Wonderful aussi, lança sa collègue distraitement en faisant de même. Si j'avais quinze ans de moins et que je n'étais pas mariée, je tomberais certainement sous votre charme !
Harry les remercia pour leurs louanges avant de se faire conduire à travers le château par ses deux dames de chambre. Sur son passage, il put voir quelques serviteurs le dévisageant sans une once de mauvaise intention à son encontre mais plus par… curiosité. Certains semblaient ne toujours pas croire qu'ils avaient à présent un petit seigneur à qui ils devront désormais obéissance et loyauté, et ne se gênèrent pas par conséquent pour le dévisager comme si ils s'attendaient à ce qu'il ne soit qu'un mirage qui disparaitrait rapidement si on le regardait de plus près. Mais Harry restait toujours visible pour leurs yeux, et cela les dissuada bien longtemps de le lorgner de la sorte.
Un véritable bal de courbettes et de salutations le suivit durant tout le trajet jusqu'à la pièce où se trouvait sa mère, et bien que flatté par toutes ces marques de respect, voir des adultes s'incliner devant lui comme si il était la réincarnation même de Merlin était dérangeant. Dans un coin de sa tête, la pensée qu'à présent tout le village avoisinant le domaine était au courant de son existence l'angoissait légèrement. Après avoir traversé plusieurs salons et d'autres salles dont l'utilité lui était encore inconnue, Harry finit par s'arrêter devant une autre porte dont il n'avait encore eu l'occasion de franchir depuis hier.
- Votre mère se trouve ici Monseigneur, nous devons vous laisser à présent : la bibliothèque est interdite pour les sans-baguettes.
Après une énième révérence, les deux femmes l'abandonnèrent sur le pas de la porte, sans doute à la recherche d'une nouvelle tâche à accomplir. La pièce dans laquelle il se trouvait était désormais complètement vide, et seul le bruit d'une conversation au-delà de la gigantesque fenêtre éclairant la salle lui vint aux oreilles, accompagné de temps à autre par le tic-tac d'une lourde horloge dans un coin.
Là aussi, des représentations de scène de la bible étaient peintes sur le plafond, alors que le reste du mobilier donnait à la pièce l'apparence d'une salle de repos avec ses nombreux fauteuils d'apparat et les quelques divans installés autour d'une table sur laquelle se trouvait une coupelle de fruits. Ce salon contrastait vraiment avec l'idée que l'on se faisait d'une bibliothèque, comme si les plaisirs de la vie et la relaxation s'y apparentant n'avaient pas le droit de passer la porte menant à la pièce dans laquelle se trouvait Marie-Louise. Drôle d'idée de coller l'une à l'autre ces deux salles se disait-il en l'inspectant du regard. Malgré tout, il se souvint de la raison pour laquelle il était ici et tout en prenant une profonde inspiration, il se décida à toquer à plusieurs reprises sur le panneau de bois, en prenant soin de ne pas toucher les décorations dorées de la porte par peut de les abimer.
- Entrez, l'invita sa mère d'une voix lointaine.
Ne se faisant pas prier, Harry ouvrit finalement la porte, et s'arrêta net en voyant le spectacle s'offrant à ses yeux. La bibliothèque ressemblait beaucoup à celle des Potter de par les couleurs dorées reflétées par les nombreuses bougies flottant dans les airs et sur les dizaines de tables alignées dans la pièce et la disposition des étagères collées le plus souvent contre les murs. Mais la comparaison s'arrêtait là. Harry n'avait encore jamais vu d'étagères aussi grandes et montant jusqu'au plafond qui lui-même se trouvait déjà à plusieurs mètres au dessus de lui, ni même des escabeaux mobiles de la même taille. Il était difficile de savoir de quelle couleur était la boiserie derrière ces colonnes de livres, bien que les quelques colonnes doriques présentes dans la salle lui en donnèrent une légère idée.
Comme partout ailleurs dans le château, le plafond représentait une nouvelle fois des scènes de la mythologie grecque ou romaine, bien que celles de cette pièce aient l'air bien plus travaillé que dans le reste du bâtiment. Emerveillé encore une fois par le talent dont avait fait preuve l'artiste pour peindre avec tant de finesse cette œuvre, Harry se reprit malgré tout et chercha du regard sa mère, qui, étonnamment n'était pas visible, du moins pas au début. Elle fit finalement son apparition en quittant ressortant d'un couloir qu'il n'avait jusque là pas remarqué, et en faisant plus attention, il constata qu'il y en avait plusieurs le long de la pièce avec également d'autres bibliothèques ne demandant qu'à être découvertes. Marie-Louise semblait avoir momentanément oublié sa présence et cherchait du regard des manuels parmi les nombreux qu'elle possédait.
- Bonjour mère, la salua t-il finalement en appréhendant soudainement sa réaction concernant sa nouvelle apparence.
Sa mère adoptive se tourna vers lui et haussa un sourcil en voyant justement ce qu'il portait, avant d'esquisser un fin sourire à son encontre, le rassurant quant à son avis sur ce sujet.
- Ah, vous voilà Gabriel, dit-elle en prenant un autre livre dans ses bras.
Pris d'une soudaine envie, et peut-être parce qu'il pensait que cela ferait plaisir à sa mère, Harry s'approcha d'elle et sans qu'elle ne lui demande, se serra contre elle dans une étreinte qu'il ne réservait d'ordinaire qu'à Lily. Marie-Louise, d'aborde surprise par ce soudain élan de tendresse, y répondit également en lui embrassant au passage la joue dans un bruit sonore se répercutant entre les nombreuses étagères.
- Avez-vous bien dormi mon cher ? lui demanda t-elle tandis qu'il s'asseyait à l'une des tables à proximité d'elle.
- Je n'ai jamais aussi bien dormi, avoua t-il en lui souriant. Je ne savais pas que les dames devant s'occuper de moi le matin devaient aussi m'aider à me laver, ajouta t-il en se remémorant cette étrange scène. Est-ce que ce sera toujours comme ça ?
- Oh non ! dit-elle en gloussant légèrement. Du moins sauf si vous leur demandez, autrement elles vous laisseront au bout d'un certain temps vous laver vous-même. Vous êtes très élégant, remarqua t-elle en voyant la tenue qu'il portait. Ce sont de vieux vêtements ayant appartenu à l'un des fils de votre tante qui a eu la gentillesse de vous les donner en attendant que vous en ayez de nouveaux lorsque j'aurai demandé à l'une de mes amies tailleuses de venir au château. Les culottes de cette couleur ne sont plus vraiment à la mode de nos jours.
Harry acquiesça même si peu lui importait qu'il n'était pas habillé comme les enfants de son âge suivant les dernières tendances en matière de vêtement. Les habits qu'il portait lui plaisaient, et c'était le principal pour lui.
- Où sont tante Louise et Pauline ? demanda t-il en regardant les étagères comme si il s'attendait à les voir apparaitre de derrière.
- Votre tante termine de se préparer. Merlin, cette femme est parfois encore plus longue à s'habiller que moi, soupira t-elle en levant les yeux au plafond d'un air las. Pauline est partie visiter la ferme avec quelques domestiques. Elle s'est mise en tête de préparer elle-même un petit quelque chose pour vous.
- Oh c'est… c'est vraiment gentil à elle !
- N'oubliez pas de la remercier soit dit en passant, ajouta t-elle en prenant un autre livre. Oh j'allais oublier : Votre tante aimerait savoir si vous souhaitez avoir des cours de religion en plus de ceux qu'elle est déjà prête à vous donner ?
La question le prit au dépourvu. Harry y avait évidemment songé, mais se laissait encore quelques jours pour y réfléchir. Comme lui avait dit Marie-Louise, accepter de se convertir à une religion était une décision lourde de conséquences et surtout définitive. Jamais il n'avait pensé qu'une entité céleste pouvait habiter au-delà des nuages et veiller sur eux, mais apparemment, ses deux mères y croyaient, et voilà bien un point où toutes les deux se rejoignaient. Si cela pouvait leur permettre à tous les trois d'établir un lien fort entre eux, alors il était prêt à le faire.
- J'aimerais oui, accepta t-il après quelques minutes de réflexion.
- Vous m'en voyez ravie, répondit joyeusement sa mère. Vous pouvez bien évidemment suivre ses cours au départ simplement pour voir si ce sujet vous intéresse avant de réellement vous lancer sur ce chemin. Je voulais également savoir si vous appréciez de porter un corset ?
- Hé bien… en vérité, non.
Sa mère ricana de nouveau à sa réponse avant de le regarder d'un air compatissant.
- C'est une idée de votre tante visant à vous apprendre à vous tenir correctement en toute circonstance. Le corset vous empêchera de vous pencher en avant afin que vous preniez l'habitude de garder une silhouette droite où que vous soyez.
- C'est vraiment désagréable pour respirer, avoua t-il en triturant la chemise cachant son corset.
- Vous n'avez pas idée. De toute manière vous pourrez cesser d'en porter lorsqu'elle jugera votre maintien convenable, alors entrainez-vous. Estimez-vous heureux qu'elle n'ait pas eu l'idée de vous habiller en fille et de vous vêtir de la même façon que nous pour approfondir vos manières : Votre égo masculin en aurait pris un coup.
- Pourquoi aurait-elle eu cette idée ? lui demanda Harry en écarquillant les yeux d'horreur.
- Il est de coutume dans les familles les plus nobles d'Europe d'habiller les garçons de cette façon jusqu'à un certain âge. Les rois par exemple ont eu à passer par ce stade dans leur jeunesse. L'enfant apprend ainsi à marcher d'un pas souple, léger et gracieux et à ne pas salir ses vêtements. C'est une manière comme une autre d'éduquer un enfant à être soigneux et à prendre soin de lui et de ses habits.
Harry se contenta de déglutir fortement en s'imaginant l'espace d'un instant affublé d'une robe aussi large que celles que portaient sa mère et sa tante tandis que Marie-Louise elle était retournée à la contemplation de ses livres et semblait chercher précisément certains ouvrages car elle ne mettait généralement pas longtemps à les dénicher. Finalement, lorsque la pile de livres qu'elle tenait lui cacha presque la vue, elle revint vers lui et posa les manuels juste en face de son visage.
- Comme je vous l'ai dit il y a quelques jours, je vais vous apprendre tout ce que je sais en matière de magie et ce, quelque soit la branche enseignée dans les écoles de sorcellerie du monde entier. Ces livres traitent de différentes matières que vous serez contraint d'apprendre si vous voulez progresser comme les potions, les sortilèges, la métamorphose ou encore les sorts offensifs et défensifs. Pour l'instant ces manuels sont plutôt faciles à lire et possèdent des illustrations vous permettant d'apprendre les mouvements à accomplir pour lancer les sorts demandés, mais au fil du temps, j'intensifierai la difficulté en vous apprenant d'autres matières bien plus poussées comme l'étude des runes, l'arithmancie, les rituels de sang et même les duels !
- Alors je me battrai comme vous ? l'interrogea t-il non sans se montrer impatient à cette idée.
- Certainement, et peut-être même aussi bien que moi au terme de notre formation ! Maintenant au travail.
D'un geste de sa baguette magique, Marie-Louise fit baisser la luminosité des bougies flottant au dessus de leur tête et ferma les rideaux des rares fenêtres de la pièce.
- Maintenant Gabriel, pour notre première leçon, nous allons faire quelque chose d'assez particulier qui devrait vous étonner. Comme je vous l'ai dit lorsque nous nous sommes rencontrés dans cet orphelinat, j'ai la capacité de sentir les auras magiques et la quantité de magie déployée par le noyau de chaque individu. Généralement, aucune n'attire autant mon attention car la plupart des sorciers possèdent la même puissance magique que n'importe quel autre individu, et la différence ne se joue parfois à pas grand-chose. Mais la vôtre était telle que je pouvais la ressentir à plusieurs dizaines de mètres de vous. Vous possédez tellement de magie qu'elle s'échappe d'elle-même de votre corps, ce qui vous fait la gaspiller inutilement.
Son regard se porta tout autour d'Harry, donnant l'impression à son fils qu'elle voyait en ce moment même sa magie se propager dans l'air sans que lui ne la remarque. Il n'était pas si loin de la vérité.
- Je vais vous apprendre à canaliser votre magie et à l'empêcher de s'échapper de vous afin de vous permettre de l'utiliser au maximum de sa capacité. Cela prendra du temps car en lisant ce livre, j'ai constaté que le principe était le même que pour l'occlumancie.
Sa mère lui montra un petit manuel particulièrement vieux et rapiécé sur certains bords écrit dans une langue qu'il n'arrivait pas à reconnaitre.
- Vous devrez former des barrières psychiques autour de votre noyau pour canaliser votre énergie, et par ailleurs contenir votre magie pour la faire retourner à l'intérieur de la source la créant. Cela prendra du temps, sans doute quelques semaines de travaux intensifs car l'occlumancie elle-même prend plusieurs mois pour être maitrisée. Vos barrières devront être suffisamment résistantes pour empêcher toute fuite de résidus magiques. Le principe restera le même cependant, et nous n'aurons pas à tâtonner dans le vide pour savoir comment parvenir à ce résultat. Maintenant fermez les yeux et videz votre esprit. Ne pensez plus à rien et ne vous préoccupez plus de tout ce qui vous entoure. Concentrez-vous simplement sur ma voix.
Harry obéit docilement et fit ce qu'elle lui demandait. Les yeux fermés et à présent dans le noir complet, il tenta tant bien que mal de faire abstraction de ses pensées, bien que l'idée qu'il devait avoir l'air particulièrement idiot restait présente dans sa tête. Comme il s'y attendait, il ne voyait strictement rien, pas même l'ombre d'une lueur lui permettant de trouver son noyau magique et régler rapidement son petit problème. Faisant de son mieux pour ne plus penser à rien, il fit abstraction de tout ce qu'il pouvait ressentir, comme la chaise confortable sur laquelle il était assis ou le col de sa veste qui se frottait sur la peau de son cou. Bientôt, la seule chose dont il était conscient fut les battements de son cœur qu'il entendait étonnamment aussi bien que s'il avait l'oreille collée contre sa poitrine. C'était comme se trouver au fond d'une galerie souterraine sans avoir le moindre repaire pour se guider.
- N'oubliez pas : faites le vide dans votre esprit. Un esprit vide et sans la moindre pensée positive ou négative vous permettra de vous concentrer sur les résidus magiques que vous pourrez percevoir.
Obéissant à son conseil, Harry se plongea encore davantage dans un état méditatif. Au bout d'un temps qui lui paru long, il commença à ressentir une étrange sensation aussi fraiche que de l'eau de source et lui laissant l'impression d'être en phase avec tout son être. Étrangement d'ailleurs, il parvenait à savoir de quelle direction provenait cette sensation malgré l'obscurité dans laquelle il se trouvait, et après un instant de réflexion, Harry se décida à suivre son instinct et à se laisser guider par celui-ci. D'abord sceptique quand à son idée, la suite lui prouva qu'il avait eu raison de prendre cette décision lorsqu'il vit d'étranges volutes de fumées blanchâtres partout autour de lui, et au fur et à mesure qu'il s'avançait à travers le vide, la fumée semblait gagner en intensité. C'était comme marcher à travers un brouillard en plein hiver sans avoir la moindre idée de où il allait. Seule la pulsation de son cœur qu'il ressentait de plus en plus intensément lui permit de s'orienter et de se diriger là où il espérait trouver son noyau magique.
- Que voyez-vous Gabriel ? entendit-il faiblement, un peu comme un écho de la voix de Marie-Louise.
- De la fumée, partout… Elle est tellement lumineuse que j'ai l'impression d'être en plein jour…
- Vous vous approchez, lui répondit-elle. Continuez dans la direction où vous sentez le brouillard s'épaissir.
Harry, ou du moins son esprit, obtempéra et parcourut la fumée comme un fantôme. L'impression de planer dans le vide était extraordinaire, bien meilleure que la sensation de voler sur un balai. Mais ne strictement rien voir d'autre que des vapeurs blanches l'entourant commençait à être angoissant, presque autant que l'obscurité complète qu'il avait pu voir au début de cette expérience. Puis soudainement, Harry remarqua une lueur encore plus intense que celle émise par son surplus de magie, comme un astre aussi lumineux que la lune dans une nuit noire parcheminée d'étoiles brillantes.
- Je vois une étrange lueur, déclara t-il faiblement. Elle a une drôle d'apparence, et on dirait que la fumée s'échappe d'elle.
- C'est surement votre noyau Gabriel. Vous avez fait de l'excellent travail ! Approchez-vous d'elle maintenant.
S'approchant plus lentement qu'il ne l'aurait voulu, Harry mit selon lui un temps incroyablement long pour arriver juste en face de son noyau. Même d'ici, sa forme l'intriguait.
- Moi qui pensait qu'elle serait ronde comme une noix, marmonna t-il en la scrutant avec curiosité.
- Elle agit de la même manière qu'une coquille de noix, lui expliqua Marie-Louise. Pour faire simple, si l'on prenait un fruit comme une pêche, votre cœur serait son noyau tandis que votre magie serait la chair l'entourant. Votre noyau magique est directement lié à votre cœur, et si vous mourrez, alors votre magie meurt avec vous.
- Vous voulez dire que c'est à ça que ressemble un cœur ? dit-il avec horreur.
- Comment diable pensiez-vous que cela ressemblait ? Heureusement que vous ne voyez que le noyau magique l'entourant. Je n'ose imaginer votre réaction en le voyant la chair à vif. Bien maintenant passons à la première étape. Le plus difficile pour l'instant sera d'essayer de remettre vos résidus magiques à l'intérieur de votre noyau. Tout est une question de volonté Gabriel.
Plus facile à dire qu'à faire, et à vrai dire, il n'avait aucune idée de comment procéder. Mais tout était une question de volonté, et la volonté qui l'animait actuellement de dépasser ses capacités se fit omniprésente en lui. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il remarqua que l'enveloppe entourant son cœur qui était apparemment son nouveau magique se mit à briller avec encore davantage d'intensité. Pris d'une soudaine envie, Harry voulut toucher cette coquille lumineuse qui l'intriguait tellement, et s'approcha donc d'elle dans la ferme intention d'éclaircir ses doutes. Bien qu'il ne puisse pas la voir ou même la sentir, sa main frôla l'enveloppe magique, et comme un effet boule de neige, les résidus magiques les entourant se mirent à bouger, mais dans un ordre parfaitement ordonné en direction de son noyau magique.
Les fumées blanchâtres rentrèrent d'elles-mêmes à l'intérieur de celui-ci,au grand soulagement d'Harry qui se demandait si il ne devait pas également intervenir pour ça. Bien qu'inconscient de son état actuel, il était néanmoins certain qu'il devait être épuisé dans la réalité, et la rythme des battements de son cœur pouvait en témoigner. Bientôt, l'endroit dans lequel il se trouvait n'était plus composé que de lui et de cette source brillante englobant son cœur qui illuminait les alentours par sa clarté. A vue d'œil, rien d'autre n'était présent, mais du coin de l'œil, il remarqua que malgré ses efforts, sa magie essayait quand même de s'échapper de lui.
- Ma magie essaie de sortir, lança t-il en observant le phénomène se déroulant sous ses yeux, ou du moins devant son champ de vision.
- C'est tout à fait normal, vous n'avez pas mis en place des barrières psychiques empêchant la fuite de ces résidus magiques. Nous verrons cela lors d'une autre session. Vous pouvez revenir à vous, mon fils.
Revenant finalement dans le monde réel, Harry poussa un profond soupir en se rendant compte qu'il était très fatigué. Utiliser son esprit et récupérer son surplus de magie n'étaient pourtant qu'une tâche psychique, mais il avait l'impression soudaine d'avoir couru sur plusieurs kilomètres sans s'arrêter pour reprendre son souffle. Si la première journée était déjà épuisante, il préférait ne pas penser à ce qui l'attendait par la suite.
- Alors ? Comment vous sentez-vous ?
- Fatigué, marmonna t-il en remarquant que son front était humide de sueur. Je n'avais jamais imaginé que cela pourrait être aussi épuisant.
- Et vous êtes loin d'avoir pleinement réussi votre tâche, dit-elle en s'approchant de lui pour venir s'asseoir sur une chaise juste à côté de la sienne. Pour l'instant vous n'avez fait que faire rentrer votre magie dans votre noyau, mais rien ne l'empêche d'en ressortir. Il faudra par conséquent que vous appreniez à créer des barrières autour de lui pour la conserver. Permettez-moi de vérifier par moi-même, ajouta t-elle en sortant sa baguette magique.
D'abord anxieux en la voyant pointer sa baguette sur lui, il se ressaisit néanmoins rapidement en songeant qu'elle ne lui ferait aucun mal. Par moment sa capacité à croire que tout le monde pourrait lui faire du tort l'agaçait. Sa mère de son côté apposa le bout de sa baguette magique sur son front et marmonna une formule dans un langage très ancien, un mélange de latin et de dialecte étranger.
- C'est très intéressant ! Vous avez entièrement récupéré votre magie. Je ne pensais pas pour vous dire la vérité que vous parviendriez à un résultat pareil. Votre entrainement sera bien plus rapide que je ne l'aurais cru.
Ravi de ces louanges, Harry se laissa aller à un sourire victorieux, mais Marie-Louise qui avait à présent les yeux fermés ne le remarqua pas.
- C'est étrange…, dit-elle soudainement en fronçant ses sourcils. Votre magie s'est concentrée à l'intérieur même de votre noyau, mais il y en a une infime partie qui continue de s'échapper de manière parfaitement ordonnée, comme un mince fil reliant votre noyau à…
Elle s'interrompit soudainement et rouvrit les yeux en enlevant au passage sa main qu'elle avait gardée sur le sommet du crâne d'Harry. Celui-ci la regarda étrangement, se demandant bien ce qu'elle avait pu découvrir pour lui faire cesser aussi subitement son petit examen. Marie-Louise le regardait de son côté de la même façon, une multitude de pensées fourmillant dans sa tête pour déterminer ce qu'elle avait bien pu voir à l'intérieur de lui.
- Êtes-vous relié d'une quelconque manière à quelqu'un d'autre par un contrat magique ? lui demanda t-elle d'une voix interrogative.
- Pourquoi cette question ?
- Voyez-vous, lorsqu'une personne est inscrite avec une autre à l'intérieur d'un contrat magique, leurs noyaux sont en quelque sorte reliés l'un à l'autre par la magie, et tant que ce contrat n'est pas annulé, ils le resteront aussi longtemps qu'il le faudra. Certaines liaisons peuvent être définitives et impossible à briser. D'autres par exemple peuvent être créées à la suite d'une dette qu'une personne contractera après qu'elle ait été sauvée par une autre, dans ce cas là nous parlerons de dette de vie. Certaines de ces liaisons peuvent être néfastes pour les deux parties avec dans certains cas une soumission totale d'un individu à un autre ou une baisse du niveau de la magie pour garder un contrôle total sur la personne concernée. Quelqu'un vous a-t-il fait signer un contrat ?
- Mon père, c'est d'ailleurs comme ça qu'il m'a fait cette cicatrice, avoua t-il en montrant la blessure qu'il avait au poignet.
- Pour quel type de contrat vous a-t-il obligé à signer avec votre sang ? demanda t-elle en appréhendant déjà la réponse.
Malgré tout, contrairement à ce qu'elle aurait imaginé, Harry ne cacha pas du tout son émotion à cette question et n'essaya pas d'éviter le sujet, bien au contraire. A l'inverse d'être nerveux ou triste en se remémorant cette journée, son fils esquissa un immense sourire lui barrant presque le visage : Marie-Louise était certaine de ne l'avoir encore jamais vu sourire ainsi.
- Un contrat de mariage, dit-il sans cesser de sourire. Je suis fiancé à une fille que j'ai rencontrée lorsque j'avais cinq ans à l'anniversaire de mon petit frère. Normalement nous devons nous marier lorsque j'aurais dix-sept ans et elle quinze.
- Un contrat de mariage ? répéta t-elle avec étonnement. Qui est l'heureuse élue ?
- Daphné Greengrass, répondit-il en la regardant avec des yeux pétillant de joie. C'est la fille du seigneur Greengrass, un sorcier siégeant au magenmagot comme mon père, mais il n'a apparemment pas autant d'argent que lui et il en a perdu beaucoup en voulant prouver qu'il n'est pas un mangemort.
- Vous entendez-vous bien avec cette jeune demoiselle ? lui demanda t-elle en se demandant déjà si elle devait ou non annuler ce contrat de mariage.
- Oh oui ! C'est ma première amie et la première à me voir autrement que comme le frère du garçon qui a vaincu le seigneur des ténèbres. Nous sommes devenus très proches depuis la première fois que l'on s'est rencontré et nous nous écrivions fréquemment, du moins… c'était avant que j'aille dans cet orphelinat.
Sa voix avait perdu brusquement toute la gaieté qui l'animait quelque secondes plus tôt, comme à chaque fois qu'il parlait d'un évènement le rendant malheureux. Si il réagissait de la même façon que lorsqu'il parlait de sa véritable mère et de sa petite sœur, ce devait sans doute être parce qu'il tenait vraiment à cette fille. Plutôt que de le laisser se morfondre dans sa mélancolie, Marie-Louise opta pour une autre solution : le titiller sur sa relation amoureuse.
- L'aimez-vous ? le questionna t-elle en esquissant un petit sourire à son encontre.
- Bien sûr, autrement nous ne serions pas amis !
- Non, vous n'avez pas compris ! dit-elle en ricanant légèrement. Je voulais dire si vous l'aimiez comme… Hé bien, de la même manière que deux adultes.
La légère rougeur apparaissant sur la figure d'Harry lui certifia qu'elle avait touché dans le mille, alors que de son côté, Harry tentait tant bien que mal de contrôler ses émotions. Oui il aimait Daphné, mais l'aimait-il de la même façon que l'amour entre les deux parents de sa fiancée ? Difficile à dire du haut de ses huit ans, bien que tous ces mois loin d'elle lui avaient montré à quel point il tenait à elle.
- Est-elle jolie ? lui demanda Marie-Louise sans cesser de savourer la gêne évidente qu'avait Harry à ce sujet.
- Oui, elle est très belle. Elle a des longs cheveux tellement blond que l'on dirait des fils d'or lui arrivant jusqu'au milieu du dos, et des yeux bleus magnifiques. Maman m'a dit une fois que ses iris lui faisaient penser au bleu de la mer. Elle a des petites pommettes toutes rondes et un ravissant petit sourire qui me donne une drôle de sensation quand je le vois, et… Mais, pourquoi me demandez-vous ça ?
- étant donné que je suis votre mère adoptive, cela fera de cette demoiselle ma belle-fille. N'ai-je pas le droit d'en savoir davantage sur celle qui prendra plus tard mes titres de noblesse et me donnera des petits-enfants ? Vous devriez voir votre tête Gabriel, ajouta t-elle en remarquant son embarras. Si j'avais su que ce sujet vous mettait dans un état pareil, j'en aurais discuté bien plus tôt avec vous pour en plaisanter avec votre tante !
Rouge de honte, Harry voulut cacher son visage dans ses bras croisés sur la table devant lui, mais le corset l'en empêcha lorsqu'il tenta vainement de se pencher. Merlin, ce vêtement allait décidemment lui rendre la vie impossible.
- Si vous le souhaitez, vous pourrez lui écrire autant que vous le voulez, l'informa Marie-Louise. Cependant faites bien attention à ne rien dévoiler sur ce qui vous est arrivé depuis notre rencontre pour ne pas ébruiter votre adoption et l'endroit où vous vous trouvez à présent. Je ne pense pas que Dumbledore soit capable de lire la correspondance d'une jeune fille, mais sait-on jamais ? Essayez également d'écrire en français pour brouiller les pistes vous concernant. Le mieux serait d'ailleurs d'informer votre jeune fiancée de votre nouvelle identité en faisant preuve de beaucoup de ruse.
- Pourrais-je la voir un jour ? demanda t-il avec une légère lueur d'espoir dans les yeux.
- Travaillez correctement et avec beaucoup d'assiduité, et je pourrais vous accorder cette faveur. Considérez cela comme une récompense pour vos résultats.
Harry acquiesça sans se montrer le moins du monde déçu par le dilemme orchestré par sa mère. Lily elle-même le menaçait de ne pas rendre visite à Daphné si il n'effectuait pas les quelques tâches ménagères ou ne terminait pas ses devoirs en temps et en heure.
- Je voulais vous demander…, commença t-il avec hésitation.
- N'hésitez pas à dire tout ce qui vous passe par la tête, Gabriel. Un homme ne montre pas son hésitation lorsqu'il s'adresse à quelqu'un, autrement il en perd toute crédibilité à ses yeux. Votre tante vous apprendra tout cela pendant ses leçons de bonne manière et de savoir-vivre.
- Très bien, alors j'ai remarqué que les deux fois où vous avez donné de l'argent à quelqu'un, vous aviez tendance à vous retourner quelques secondes et à utiliser votre baguette avant de retirer un peu d'argent. Pour quelle raison ?
- Vous êtes observateur Gabriel, déclara t-elle en esquissant un sourire appréciateur. Je croyais que personne ne remarquerait ma baguette, enfin. Pour répondre à votre question, le sac que j'utilise est un peu particulier : C'est un moyen donné par Gringotts pour ses clients les plus prestigieux lorsqu'ils souhaitent retirer de l'argent de leurs voutes sans avoir besoin de passer par la banque.
- Comment se fait-il que vous êtes cliente dans cette banque ? N'est-elle pas anglaise ?
- C'est une idée courante chez les sorciers anglais que de croire que leur banque est nationale et qu'ils sont les seuls à en avoir accès. Mais pas du tout. Gringotts est une banque mondiale présente dans tous les pays du monde possédant des sorciers parmi leur population. La plupart du temps, les gobelins se montrent très sympathiques envers les sorciers de chaque pays. Je dois même avouer que je possède quelques bons amis parmi eux, notamment le directeur de leur banque, le seigneur Ragnok.
Marie-Louise se tut quelques instants, le temps pour elle d'utiliser sa baguette pour faire venir à elle un épais ouvrage qu'elle posa devant Harry. L'épaisseur était telle qu'il faisait près de la moitié de la pile de livres qu'Harry devait lire.
- Ce livre explique dans les grandes largeurs l'évolution de la société gobeline depuis bien avant que les Hommes n'apprennent à écrire. Lisez ceci pour améliorer vos connaissances sur cette communauté si injustement critiquée, cela vous sera bénéfique pour entreprendre des projets avec eux. Comme vous pourrez le voir par vous-même, il n'y a bien qu'en Grande Bretagne que des tensions existent toujours entre sorciers et gobelins, surtout depuis leur révolte de 1328. Ce conflit n'opposait que les britanniques à ces charmantes créatures. Les français eux se sont ouvertement associés aux gobelins dans cette guerre en leur fournissant des armes et de l'argent pour financer leur armée, d'où le fait que de nombreux sorciers anglais ont pris part dans les combats de la guerre des moldus que l'on appelle « guerre de cent ans ». Ma famille a en outre donné d'importantes quantités d'or pour soutenir le seigneur Ragnok, ce qui explique pourquoi au jour d'aujourd'hui notre famille est si puissante et riche. Notre fortune est en grande partie due aux sommes versées par les gobelins en guise de remerciement pour notre aide. Ce peuple nous a en grande estime, et nous font bien souvent grâce de certaines sommes. Concernant l'argent que j'ai donné à cette Ms Cole et à ce marin, il vient tout simplement de l'une de mes voutes, et avec ma baguette magique, je peux convertir cet argent en une autre monnaie.
- Où se trouve Gringotts dans ce pays? demanda t-il tandis qu'elle se levait de sa chaise.
- Dans les combles de la basilique St Denis, répondit-elle tranquillement en regardant une petite horloge placée entre deux livres sur une étagère. La porte est cachée par un sortilège qui la rend invisible pour les moldus. Les gobelins avaient d'ailleurs eut peur il y a quelques années que leur cachette soit découverte quand les moldus ont eu dans l'idée d'enlever tous les corps reposant dans cette bâtisse. Il en avait fallu de peu que les révolutionnaires français ne détruisent cette église.
Son regard se perdit quelques instants sur une étagère derrière Harry, et soudainement, ses yeux s'agrandirent, au grand étonnement de son fils.
- Bonté divine ! Avez-vous vu l'heure ? Il est plus que temps d'aller prendre notre déjeuner ! Venez Gabriel, je vais vous conduire jusqu'à notre salle à manger. Je doute que vous puissiez trouver votre chemin par vous-même pour l'instant.
- Très bien mère. Oh, j'allais oublier…
- Oui ? Qu'avez-vous ?
- Je… Je tenais à vous remercier encore une fois pour tout ce que vous faites pour moi. Je n'aurais jamais imaginé que tout ceci puisse un jour m'arriver, et surtout que vous fassiez de si grands efforts pour moi. Je ne sais comment vous remercier de votre gentillesse.
- Allons bon, Gabriel. Soyez un fils exemplaire et un digne représentant de votre nouvelle famille, et cela me conviendra parfaitement. Faites honneur à votre nouveau blason et ayez une vie exemplaire sans le moindre écart, et vous me comblerez de fierté. Je ne veux pas d'argent ou même de services pour ce que je fais pour vous. Je veux seulement votre bien être, et le mien par la même occasion. Votre présence sera salutaire pour moi, et à mon âge, avoir un fils en bas âge relève presque du miracle.
Passant un bras autour de ses épaules, Harry fut conduit par sa mère vers la sortie de la bibliothèque sans cesser de sourire. Cette femme était tout bonnement formidable, et devenir ce qu'elle désirait devenait à présent son objectif principal, un objectif bien plus important que de surpasser son petit frère et rendre fière Lily. Avoir deux mères n'était finalement pas si terrible que ça.
A/N : Donc voilà ! Un chapitre plutôt court comparé aux derniers que j'ai écris, mais je n'allais certainement pas me lancer dans des entrainements en pagaille au risque de perdre le fil de l'histoire !
J'ai vraiment eu du mal à imaginer par quel moyen Harry parviendrait à récupérer sa magie, mais j'arrive mieux à imaginer ses autres entraînements qui arriveront assez rapidement. En fait pour faire simple, Harry utilisera une sorte d'occlumancie pour son noyau magique en créant de la même façon des boucliers/barrières autour de son cœur sauf qu'au lieu d'empêcher les intrusions, cela fonctionnera de manière inversée.
Bien que je veuille ne rien écrire pour la semaine prochaine afin de me "reposer", je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie d'écrire la suite rapidement (vraiment, cette fiction me passionne énormément). On verra si je suis motivé ou pas pour le faire.
J'ai si je me souviens bien, parlé de nombreuses choses un peu compliquées dans ce texte, donc si jamais un terme vous semble étranger, n'hésitez pas à me le dire.
D'ailleurs je tenais à ajouter une petite note personnelle :
Au XVIII les hommes portaient vraiment des corsets, bien que cette pratique soit très rare. De même, habiller les garçons en fille était également monnaie courante, et ce depuis plusieurs siècles (généralement cela se faisait entre deux et huit ans). Je n'ai pas trouvé le terme français pour ça, mais les anglais appellent ça " Breeching Boys ". Si jamais vous voulez aller jeter un coup d'oeil sur Wiki, il y a des illustrations de Louis XV et Philippe d'Orléans habillés ainsi. J'ai épargné à Harry cette honte ^^.
Même chose pour les repas, les heures de réveil etc… Tout est vrai ! De sacrés fainéants quand même nos amis de la noblesse !
Sur ce, à bientôt !
