Salut ! Bon je commence à croire qu'il faudrait que je consulte parce que je suis totalement ADDICT de cette fiction : je n'arrive pas à m'empêcher d'écrire chaque semaine le prochain chapitre (pour votre plus grand bonheur, du moins je suppose). Je me demande s'il y a des traitements pour ce genre d'addiction...

Encore merci pour vos commentaires (même si j'ai remarqué que vous ne m'en avez pas donné autant que d'habitude... de la lassitude peut-être ?) Bon j'ai pas à me plaindre d'un autre côté, j'ai mon petit noyau de "fan" ^^.

Donc voilà le nouveau chapitre, centré comme vous le remarquerez sur Daphné ! Comme promis elle fait une apparition... Bon en vérité, la quasi-totalité du chapitre est sur elle. J'expliquerai également certaines petites choses concernant la magie, les baguettes etc...
Je viens juste de terminer ce chapitre, alors les fautes... Il doit y en avoir !

Alysses : Merci pour tes commentaires ^^. Alors pour répondre à ta question, j'aurais bien voulu être prof d'histoire honnêtement (j'ai déjà donné des cours particuliers en histoire pour des collégiens en difficulté, et ils avaient l'air de les apprécier, surtout lorsque j'incluais comme ici des petites anecdotes historiques sur la société de l'époque) mais ma &*#'!#$* de conseillère d'orientation m'a très mal conseillé et les chances pour que j'en devienne un sont proches du néant... Désolé ! (je n'ai pas fait le bon Bac d'après elle alors que je pouvais intégrer une Fac d'histoire même avec un bac STG...)

Bonne lecture !

Le cottage des Greengrass était pour le moins ravissant en cette saison, et la petite maison d'un étage recouverte d'un épais manteau de neige donnerait l'impression à quiconque passait à proximité d'elle d'avoir un immense gâteau au chocolat recouvert d'un épais nuage de chantilly sous les yeux. Le petit ruisseau devant leur maison avait depuis longtemps gelé, et les arbres entourant le domaine s'étaient depuis longtemps dévêtus de leurs feuilles. La fin du mois de novembre avait finalement apporté avec elle une légère tempête de neige suffisamment importante pour empêcher les enfants en mal de bataille et de bonhomme de neige de pouvoir mettre le nez dehors, et voir cette quantité importante de neige depuis sa fenêtre sans pouvoir en profiter faisait longuement soupirer Daphné. L'envie de sortir à l'extérieur la tiraillait continuellement, mais d'un autre côté, elle ne tenait pas à finir comme sa petite sœur Astoria qui avait eu la brillante idée de rester toute une après-midi dehors pour batailler longuement avec sa meilleure amie, Rosie Potter. Le résultat fut qu'aujourd'hui, Astoria était clouée au lit avec une forte fièvre et une mauvaise toux, mais rien de bien méchant comme le lui rappelait en ce moment même sa mère.

- … Une irresponsable ! fulminait quand même Belvina Greengrass. Quelle idée a-t-elle eut là de vouloir aller jouer dehors ? Comme si nous n'avions pas suffisamment de soucis comme ça actuellement ! Ai-je donc élevé une sotte ?

- Maman, ça fait bien dix minutes que tu me dis sans arrêt la même chose, souffla Daphné tandis que sa mère lui peignait les cheveux.

- Vraiment ? Oh excuse-moi Daphné. Il serait grand temps que je cesse de radoter de la sorte, mais la situation de ton père est déjà suffisamment pénible comme cela concernant l'opinion des gens à notre égard, nous n'avons vraiment pas besoin d'une enfant malade en plus de tout ceci.

- Tu lui as donné son remède contre la toux ? s'enquit d'une voix concernée sa fille en regardant son reflet depuis le miroir devant elle.

- La pimentine ? Bien sûr que oui ! Heureusement que ce Glover Hipworth a découvert récemment cette potion, autrement nous aurions dû lui faire subir une nouvelle saignée. Merlin que je déteste cette pratique, marmonna sa mère en réprimant un frisson.

Daphné ne put qu'approuver ses paroles, elle-même n'appréciant pas cette méthode médicale pour soigner les malades atteints d'une mal inconnu. Le corps humain était encore complexe et échappait aux nombreux médecins aussi bien moldus que sorciers, mais Daphné pour sa part était certaine que cette idée des humeurs devant être de même niveau l'une par rapport à l'autre pour garder en bonne santé un individu n'était que foutaises. Utiliser l'astronomie et l'astrologie en médecine était également idiot selon elle, et bien des fois elle douta que les étoiles puissent avoir une quelconque influence sur l'état de santé d'une personne, si l'on exceptait bien évidemment les loups-garous. Bien que n'ayant que six ans, la fiancée d'Harry était tout de même très mature pour son âge et philosophait longuement sur des sujets auxquels même la plupart des adultes préféraient ne pas donner un avis dessus, et la médecine en faisait partie. Faire carrière dans ce domaine n'était pas vraiment ce qu'elle désirait, mais aider les personnes en difficulté et souffrant des pires maux de la Terre la concernait davantage qu'un autre enfant de son âge.

- Tu es très belle aujourd'hui, lança tendrement sa mère en la regardant depuis le miroir face à elles. Pourquoi as-tu mis cette robe ? Une occasion particulière peut-être ?

- Non, je n'avais rien d'autre à porter. Elle est jolie, et elle est assortie à la robe de ma poupée !

- N'est-ce pas plutôt pour Harry que tu la portes ? lui demanda Belvina avec une légère pointe de tristesse.

Sa fille ne répondit pas, mais la légère rougeur sur ses joues signifiait déjà beaucoup. Le mercredi était d'ordinaire le jour où Harry venait s'amuser avec elle toute la journée, mais cela, c'était avant il y a quelques mois, avant la disparition du fiancé de sa fille. La raison de cette absence lui était connue depuis longtemps, et à vrai dire, elle aurait accepté avec joie d'accueillir chez elle ce garçon qu'elle considérait déjà comme son beau-fils, mais la raison que lui avait donnée Lily pour ne pas lui avoir laissé son fils lui semblait justifiée malgré tout. Daphné elle n'était au courant de rien : Tout juste savait-elle qu'Harry était partie quelques temps de chez lui, et sa mère n'avait rien trouvé d'autre que de lui assurer qu'il était entre de bonnes mains. Sa fille était loin d'être idiote cependant, et Daphné devait sans doute savoir que quelque chose de plus grave se déroulait, mais jusqu'à présent, elle n'avait pas discuté de ça avec elle ou même son mari. Seul son air mélancolique et les moments où elle se promenait seule dans le jardin montraient que l'absence d'Harry pesait énormément sur sa conscience et son humeur. La date de son retour lui étant inconnue, Daphné s'habillait chaque mercredi avec la même robe verte ressemblant volontairement à l'émeraude des yeux d'Harry dans l'espoir de le revoir pour se retrouver et passer du temps ensemble.

- Tu es tellement mignonne Daphné, roucoula Belvina en pensant à cette routine qu'elle avait ces derniers mois.

Un étrange bruit semblable à une bourrasque de vent provenant de l'étage du dessous les fit toutes les deux sursauter. La mère de Daphné sortit aussitôt sa baguette de la poche de sa robe et se leva brusquement en prenant une posture défensive comme si elle s'attendait à une attaque imminente. Daphné elle resta assise sur sa chaise, intriguée par la scène se déroulant sous ses yeux.

- Maman ? Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda t-elle d'une voix anxieuse.

- Je ne sais pas Daphné. Ce bruit ressemblait fortement à celui que fait la cheminée quand quelqu'un l'utilise pour se déplacer, mais je n'en suis pas certaine. Ton père ne peut pas être déjà rentré du travail, et je n'attendais aucune visite…

Belvina sortit de la pièce d'un pas pressé, baguette toujours en main, et disparut dans le couloir précipitamment en laissant sa fille se coiffer elle-même avec résignation. Contrairement à elle, Daphné n'était pas vraiment du genre à s'inquiéter pour tout et n'importe quoi, et une soudaine apparition par cheminette dans son salon faisait partie de la catégorie des incidents mineurs selon elle. Des cris soudains lui vrillèrent les tympans, mais du fait de la distance la séparant du salon et du plancher sous ses pieds, Daphné ne put clairement discerner le sens des paroles prononcées par sa mère, ni même à qui elles étaient adressées. La seule chose dont elle était certaine fut que le nouvel arrivant se faisait réprimander sans oser lever également la voix, comme un enfant pris en faute et n'osant pas se défendre.

- Qui donc cela peut-il bien être ? s'interrogea t-elle à voix haute alors que le même bruit provoqué par la cheminette se fit à nouveau entendre.

Croyant que l'incident était clos, Daphné reporta son attention sur sa coiffure dont elle brossa les mèches lui tombant derrière les oreilles, sans pour autant faire abstraction des sons qu'elle pouvait entendre dans la maison. D'ailleurs des pas s'approchaient de sa chambre, mais le bruit et le rythme avec lequel elle les entendait laissait à penser que la personne arrivant courait littéralement dans le couloir, chose que ne ferait jamais sa mère. Elle n'eut cependant pas longtemps à s'interroger sur son nouveau visiteur car quelque secondes plus tard, sa porte fut presque propulsée contre le mur alors qu'une tornade brune faisait irruption dans sa chambre.

- Hé ! Daphy ! s'exclama joyeusement le nouvel entrant… qui s'avéra être une nouvelle entrante.

Tournant la tête dans cette direction, Daphné fronça légèrement ses sourcils en reconnaissant sa meilleure amie, Tracey Davis. Ses entrées en scène étaient toujours aussi burlesques et bruyantes, un peut trop même à son gout. Sa présence ne la gênait cependant nullement, mais le surnom qu'elle ne cessait de lui donner lorsqu'elle la voyait lui déplaisait énormément. « Daphy » ressemblait tellement à un nom d'animal, même un canard pouvait s'appeler ainsi et c'est justement là ou le bât blesse : Elle n'était pas un animal et le lui faisait savoir à chaque fois. Son amie ne sembla pas remarquer sa légère hostilité, ou alors elle la savourait discrètement car elle ne montra pas le moins du monde le moindre signe le démontrant.

- Tracey, je t'ai déjà dit d'arrêter de m'appeler comme ça ! lança Daphné en croisant les bras d'un air boudeur.

- Mais c'est tellement mignon ! minauda son amie en s'approchant d'elle. Et puis, Harry t'appelle bien « Daph » lui quand il te voit ! Pourquoi aurait-il le droit et pas moi ?

- Parce que je préfère son surnom et lui au moins ne m'appelle pas comme ça pour se moquer de moi.

- Pff, t'es vraiment pas possible Daphy ! Tu montes sur tes grands chevaux pour un rien !

Préférant soupirer de frustration pour éviter de continuer à l'invectiver, Daphné se leva nonchalamment de sa chaise de bureau et se dirigea vers son lit sur lequel elle s'assit en prenant au passage sa poupée de cire qu'elle serra aussitôt contre elle. Tracey vint rapidement la rejoindre, tenant elle-même sa propre poupée qui contrairement à celle de Daphné, semblait avoir vécue bien des aventures.

- Tu as failli faire mourir de peur ma mère tout à l'heure, la réprimanda t-elle pendant qu'elle coiffait négligemment les anglaises de sa poupée. Quelle idée de venir ici sans prévenir !

- Je m'ennuyais à la maison, alors j'ai pensé que je pourrais venir ici m'amuser avec toi ! Ta mère n'était vraiment pas contente de me voir, elle était presque sur le point de me lancer un sort quand elle est arrivée dans le salon avant même que je ne puisse l'avertir de mon identité !

- C'est tout à fait elle ça, déclara la fille de Belvina en secouant de dépit sa tête. D'abord j'attaque et ensuite je pose des questions. Papa dit souvent qu'elle est une Gryffondor dans l'âme.

- C'est une insulte d'après toi ? la questionna Tracey. Brrr, rien que d'imaginer être comparé à eux, j'en ai des frissons !

- Ils ne sont pas tous idiots, répondit Daphné pensivement. Certains sont même… très gentils.

Tracey ne répondit rien à sa remarque mais savait pertinemment de qui sa meilleure amie pouvait bien parler. Un certain garçon aux cheveux bruns et aux yeux verts fit son chemin dans son esprit, tandis qu'un sourire légèrement moqueur faisait son apparition sur son visage, détail que ne remarqua pas par chance Daphné qui était trop occupée à présent à lisser la robe de sa poupée.

- En parlant de ma mère, où est t-elle ?

- Elle a dit qu'elle allait rendre visite à Mme Potter pour s'enquérir de l'état de santé de la petite sœur d'Harry. Apparemment elle serait malade…

- Tory aussi l'est, soupira Daphné. La robe de Lucie commence à se déchirer, ajouta t-elle en lui montrant du doigt une légère déchirure dans le tissu. Je voudrais bien la recoudre, mais je suis nulle à ça…

- Comment est-ce arrivé ? Tu es pourtant très soigneuse avec tes jouets !

- Ce n'est PAS qu'un jouet, c'est ma fille ! s'exclama subitement Daphné en la regardant d'un air contrarié.

- Ok ok ! temporisa Tracey en s'éloignant très légèrement d'elle. La mienne est toute tachée, mais je n'ai pas le temps de lui en acheter une nouvelle, ajouta t-elle en tenant piteusement du bout des doigts la petite robe déchirée et sale de sa propre poupée.

- Je pourrais t'en donner une, j'en ai tellement !

Sa proposition fut accompagnée d'un mouvement large de son bras pour montrer les nombreuses autres poupées de cire entreposées sur les étagères de sa chambre. Il fallait avouer qu'avec une trentaine de ces petites figurines, Daphné devait sans doute avoir l'une des plus grandes collections de Grande Bretagne. Ses favorites étaient placées de chaque côté de son bureau et tenait une place particulière dans son cœur : elles avaient été offertes par nul autre qu'Harry, et étrangement, ce furent celles qu'elle préférait, et de loin.

- Concernant ce trou dans la robe de Lucie, hé bien, Astoria et Rosie ont pensé hier qu'il serait amusant de jouer avec elle dehors et de l'ensevelir sous la neige. Heureusement que je les ai prise sur le fait avant qu'elles ne l'enterrent complètement, sa coiffure aurait été complètement fichue ! J'en serais presque à dire qu'elles ont été punies comme il le fallait pour leur bêtise, ça leur apprendra à aller jouer dehors quand il neige !

- Tu es bien méchante aujourd'hui Daphy ! La santé de ta sœur est-elle moins importante qu'un trou sur une robe de poupée ?

Daphné lui grimaça en guise de réponse avant de reposer sa poupée et de s'allonger sur son lit, rejointe quelques instants plus tard par Tracey. Toutes les deux restèrent quelques minutes silencieuses à regarder distraitement le plafond blanc de la chambre en ne pensant strictement à rien, sauf si l'on exceptait le cas de Tracey qui se questionnait sur la décoration de la chambre de sa meilleure amie.

- Comment va ta maman ? lui demanda soudainement Daphné en la regardant d'un air soucieux. Ma mère avait l'intention de venir la voir bientôt pour lui apporter des chocolats Suisses. Il parait que ta maman aime ça.

Tracey fut pour la première fois depuis son arrivée légèrement renfrognée, et prit son temps pour lui répondre. Daphné pouvait parfaitement la comprendre : Le cas de sa mère malade était un sujet sensible pour elle, et son amie n'en parlait pour ainsi dire qu'avec elle.

- Elle va mieux, enfin je pense. Le docteur m'a dit qu'elle avait l'air en meilleure forme que la dernière fois qu'il est venu, mais moi je n'ai pas vu d'amélioration. Mais bon, il connait son travail non ? Alors s'il dit que ma maman va mieux, c'est que ça doit être le cas ?

- Je l'espère pour toi, lui répondit sincèrement Daphné.

- Peut-être que si mon papa sortait de prison, elle serait complètement guérie. J'aimerais vraiment savoir ce qu'il a bien pu faire pour aller à Azkaban. Maman ne veut jamais m'en parler, mais j'espère que ce n'est pas trop grave et qu'il reviendra bientôt !

Daphné se retint de lui avouer que si son père se trouvait dans cette horrible prison, la cause devait très certainement être grave. Voilà bien une chose qui lui plaisait chez elle : son insouciance. Tracey n'était pas au courant des actes qu'avait commis son père durant le règne du seigneur des ténèbres et continuait de vivre dans son petit monde tout rose et sans le moindre nuage. Daphné elle savait pertinemment que les gens emprisonnés là-bas étaient dans leur immense majorité des partisans de Lord Voldemort, et savoir que ses parents avaient pu terminer dans ce sinistre endroit l'avait pendant longtemps horrifié. La découverte de la véritable nature de son mari avait déjà plongé la mère de Tracey dans une profonde dépression dans laquelle elle se morfondait, alors Daphné préférait ne rien lui révéler de ce qu'elle avait pu découvrir sur le seigneur Davis pour ne pas que sa meilleure amie finisse de la même manière.

- Maman s'est levée tout à l'heure, lança sur le ton de la conversation Tracey. Elle m'a dit qu'elle avait besoin de bouger et qu'elle allait finir par prendre racine si elle restait une journée de plus dans son lit. Tu crois qu'elle disait vrai ? Les gens peuvent vraiment avoir des racines comme des arbres ?

- C'est une image ! lui appris Daphné en gloussant. Bien sûr que non ! Tu imagines un peu si tout le monde avaient des racines à la place des pieds ? On ne pourrait même plus bouger !

Une fois leur petit moment de rire terminé, Toutes les deux passèrent l'heure suivante à s'amuser avec les nombreuses poupées de Daphné dans des jeux où les garçons n'auraient certainement pas eu leur place. Faire boire du thé imaginaire à des figures de porcelaine n'était pas vraiment ce que l'on pouvait considérer comme un passe-temps amusant pour les représentants de la gente masculine. Il n'y avait bien qu'Harry, même avec réticence, qui s'inclinait devant leur insistance à le voir s'amuser avec elles. Même si elle n'était pas aussi proche de lui que Daphné, Tracey trouvait quand même son absence pesante et rendait leur jeu soudainement moins distrayant que d'ordinaire.

- J'aimerais bien qu'Harry soit là, lui annonça Tracey d'une voix légèrement triste. Il est amusant, et je l'aime bien. Il avait sans arrêt des idées de jeu pour qu'on ne s'ennuie pas et en plus il nous apprenait des tas de choses ! Tu n'as pas eu de nouvelles ?

- Toujours rien, soupira tristement Daphné en baissant les yeux. Sa maman m'a dit qu'il ne pouvait de toute façon pas nous écrire et encore moins essayer de prendre contact avec nous pour notre sécurité et la sienne.

- Vraiment, cette histoire est compliquée ! souffla Tracey en proposant à la poupée assise à côté d'elle une boite de biscuit vide. Je ne comprends pas du tout pourquoi il a dû partir comme ça du jour au lendemain et dans un endroit où il serait en sécurité. À croire qu'il était recherché par un ennemi et que sa vie était menacée !

- Oui, mais je pense que ça devait avoir un rapport avec son papa. Mr Potter n'est vraiment pas une personne très agréable…

Des petits coups portés contre une vitre interrompirent leur conversation, tandis que Tracey et Daphné tournèrent aussitôt leur tête vers les deux fenêtres de la chambre, à la recherche de l'origine de ce bruit. Quelle ne fut pas leur surprise de voir au-delà de la vitre un oiseau au magnifique plumage noir et blanc les scrutant de ses petits yeux perçants.

- N'est-ce pas un faucon pèlerin ? s'étonna Tracey en regard l'oiseau d'un air intrigué.

- On dirait bien, mais je n'en ai jamais vu jusqu'à présent. Tu crois qu'il est là pour délivrer un message à mes parents ?

- Dans ce cas il s'est trompé de fenêtre ! Le pauvre, ouvrons lui vite autrement il va mourir de froid !

Sans même demander l'autorisation, Tracey se précipita sur la fenêtre qu'elle ouvrit rapidement. L'oiseau s'engouffra aussitôt dans la chambre et se posa sur le coin du bureau de Daphné, continuant de l'observer avec attention. Curieuse, Daphné s'avança avec prudence jusqu'à lui, la main déjà tendue pour lui caresser le dos. Le faucon ne sembla pas effrayer par son petit manège et se laissa même docilement manipuler par la jeune fille sans même se montrer menaçant.

- Dis-moi petit oiseau, ne te serais-tu pas trompé de destinataire ? lui demanda Daphné en lui grattant le haut de la tête.

Comme pour répondre à sa question, l'oiseau lui tendit sa patte au bout de laquelle était accrochée une enveloppe fermée avec un sceau fait de cire. Le symbole représenté sur le sceau lui était complètement inconnu, et de son avis, il n'y avait bien que les riches familles qui se permettaient de faire cela. Cherchant dans sa mémoire un moment où elle aurait pu rencontrer une famille possédant un blason semblable, rien ne lui venait à l'esprit et ce, malgré le livre qu'elle avait pu lire sur toutes les familles magiques de Grande Bretagne et l'histoire s'apparentant à chacune.

- Apparemment cette lettre t'est adressée, lança Tracey en la regardant enlever l'enveloppe de la patte de l'oiseau.

- On dirait bien, répondit t-elle distraitement. Tu peux partir, gentil oiseau. Ta mission est terminée !

Le faucon cependant ne semblait pas vouloir partir, et mieux encore, il se contenta d'écarter les ailes et de s'envoler en direction du lit de Daphné sur lequel il se posa. Comme pour la narguer davantage, l'oiseau se mit à pousser des petits cris aigus ressemblant fortement à des ricanements.

- Oust ! Tu vas mettre de la saleté partout ! Maman va me gronder !

Daphné essaya tant bien que mal de chasser le faucon en secouant ses couvertures et en le menaçant d'un oreiller, mais l'oiseau continuait de pousser des petits cris aigus lui donnant l'impression de se moquer ouvertement d'elle. Vexée, Daphné se jeta littéralement sur lui et manqua de peu de l'attraper, mais le faucon avait prévu son coup et s'était envolé. Délaissant la lettre qu'elle tenait dans sa main, Daphné, avec l'appui de tracey, se mit à lui courir à travers toute la pièce en poussant des hurlements visant à faire peur à l'oiseau et à le faire fuir, mais au bout de dix minutes, la vérité les rattrapa : Le faucon ne voulait pas quitter sa chambre.

- J'abandonne, souffla Daphné en reprenant son souffle tandis que l'oiseau allait se poser en haut de son armoire.

- Bon, et si tu ouvrais cette lettre pour qu'on puisse savoir qui est ton correspondant mystère ? s'impatienta Tracey d'une voix clairement excitée.

D'abord intriguée par sa remarque, Daphné se souvint finalement qu'elle tenait une lettre entre les doigts de sa main gauche, et non sans une certaine appréhension, elle la retourna pour voir si une adresse avait été éventuellement mise sur elle. Mais rien n'était écrit, rien ne pouvant lui dire qui était la personne lui ayant écrit ce message, rien sauf peut-être…

- Celui qui t'a écrit ça aurait pu faire attention, déclara Tracey en remarquant une tâche d'encre sur le papier. En plus il se permet de faire des dessins !

Mais Daphné ne l'écoutait pas, choquée par ce qu'elle voyait. Là où Tracey ne voyait qu'un simple dessin ressemblant presque à une tache d'encre, son amie voyait elle un motif qu'elle ne pensait pas revoir un jour, un motif qu'elle avait attendu depuis tellement longtemps qu'elle se désespérait à recevoir des nouvelles de son auteur avant des mois voir des années. Cette tâche avait en vérité un sens caché, et sa forme la faisant très légèrement ressembler à un éclair ne pouvait provenir que d'une seule personne : Harry.

- Qu'est-ce qui a ? lui demanda d'un air soucieux Tracey en remarquant que les yeux de Daphné commençaient à devenir brillants. Il y a un problème ?

- N-non, au contraire…, marmonna t-elle d'une toute petite voix.

Prise d'un immense sentiment de bonheur aussi fort que ses étranges moments de plénitude qu'elle ne parvenait pas à expliquer, Daphné arracha presque comme une enragée l'enveloppe renfermant le message de son fiancé. Partagée entre l'appréhension et l'excitation, elle retira fébrilement la feuille de parchemin à l'intérieur et la déplia aussitôt qu'elle l'eut en main. La première chose qui lui tapa dans l'œil fut que depuis la dernière fois, l'écriture d'Harry semblait différente. L'idée même que cette lettre soit un faux lui traversa brièvement l'esprit avant qu'elle ne pense à d'abord lire ce message pour se faire une opinion. Les mots en eux-mêmes étaient écrits d'une manière bien plus raffinée, presque gracieuse, comme si la plume les ayant écrits avait glissé sur la surface du parchemin de la même manière qu'un artiste peignant une toile. Les boucles des lettres étaient parfaitement arrondies et sans la moindre trace de ratures ou de tremblements, alors que les mots autrefois espacés entre eux de manière inégale se suivaient à présent de façon ordonnée. Merlin, si cette lettre venait vraiment d'Harry, alors il avait fait de sacrés progrès dans son écriture.

« Chère Daphné,

Tu dois certainement être étonnée par ce que tu tiens entre les mains, mais sache que je le suis tout autant : Je n'aurais jamais cru pouvoir t'écrire aussi tôt, et jusqu'à présent, il m'aurait été difficile de le faire.

Je ne sais pas ce que ma mère et ma sœur ont pu vous dire à toi et tes parents pour expliquer ma soudaine absence, mais si cela peut te rassurer, maintenant je vais pour le mieux. Je dirais même que je me suis rarement porté aussi bien de toute ma vie, mais passons les détails.

Te dire ce qui m'est arrivé serait trop long à expliquer et surtout dans une lettre, mais il me tarde de pouvoir te retrouver et te raconter tout ça directement en tête à tête. Cependant je suis obligé pour l'instant de garder le silence par peur de ce que pourraient faire James Potter et Dumbledore. Ma mère a pris beaucoup de risque pour me protéger, et je n'ai pas envie de réduire à néant tout ce qu'elle a fait pour moi. »

A ce moment là, Daphné comprit que ses soupçons étaient finalement justes : Dumbledore et James Potter étaient les commanditaires de sa disparition. Un brusque sentiment de colère s'insinua en elle alors que le visage du « vieux hibou » comme elle le surnommait et celui du père d'Harry s'invitèrent dans son esprit. Bien qu'ayant seulement six ans, Daphné se jura de leur faire payer d'une quelconque manière : Que ce soit aujourd'hui ou dans dix ans, sa vengeance aurait lieu. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de s'interroger sur le pourquoi Harry n'appelait pas James potter « papa » ou même « père » dans sa lettre. Le considérait-il comme indigne de porter ce titre ? Il y avait de quoi après tout, et elle-même se montrerait ouvertement hostile envers lui si elle avait été à la place de son fiancé.

« Je peux seulement te dire qu'à présent, je suis en compagnie de gens absolument merveilleux avec qui j'en apprends tous les jours un peu plus que ce soit sur la magie ou sur les choses de la vie. Tu ne me reconnaitras même pas lorsque l'on se retrouvera !

En parlant de ça, je ne peux pour l'instant te voir car je suis actuellement très occupé, et venir chez toi est pour le moment hors de question. La personne s'occupant de moi s'est montrée claire là dessus : Notre rencontre sera une récompense pour les efforts que je fais pour elle. Je te prierai simplement de ne rien dire à tes parents et encore moins à ma mère à propos de cette lettre : Ce sera notre petit secret !

Je ne sais pas si tu ressens la même chose que moi, mais ces derniers mois sans te voir ont été très durs, et tu me manques beaucoup, en particulier les moments où l'on lisait tous les deux de nouveaux livres pour ensuite discuter sur la morale des histoires. Maman et Rosie me manquent énormément aussi, et ne pas pouvoir leur écrire est vraiment le plus difficile à vivre pour moi. Je ne tiens pas à prendre le risque que James découvre ma correspondance avec elles. J'espère simplement que je pourrais leur reparler le plus tôt possible.

Je t'enverrai d'autres lettres grâce à Archimède. C'est un excellent oiseau pour délivrer le courrier, même si il peut se montrer parfois un peu taquin avec les gens. Utilise-le pour me répondre car je doute qu'un oiseau puisse pénétrer dans le domaine où je me situe.

Embrasse de ma part maman et Rosie s'il te plait, ainsi que tes parents et ta sœur évidemment : Cherche simplement un prétexte pour expliquer ton geste, je sais que tu es très forte pour inventer des excuses sensées, ton petit côté Serpentard peut-être. Brule cette lettre aussi par mesure de précaution pour ne pas qu'elle tombe entre de mauvaises mains.

Milles baisers pour toi de la part de ton ange,

G. d. S.

Ps : à l'avenir, je t'écrirai en français. Je t'expliquerai pourquoi au fil du temps, mais je te conseillerai d'en faire de même de ton côté et d'apprendre également cette langue. Cela nous permettra de pouvoir converser beaucoup plus tranquillement. Personne ne soupçonnerait que ce soit moi qui t'écrive dans cette langue. Méfie-toi également de Dumbledore et de James Potter : Tous les deux sont capables du pire, et je n'ai pas envie qu'il t'arrive quoi que ce soit. »

Dire que cette lettre était une bénédiction serait un euphémisme pour Daphné : Cette soudaine réapparition d'Harry tenait davantage du miracle qu'autre chose. Aucun mot ne pourrait même décrire ce qu'elle ressentait à l'instant même : Joie ? Bonheur ? Allégresse ? Non c'était encore plus fort que ça. Malgré ses quelques bases en occlumancie, Daphné ne put s'empêcher de verser quelques larmes à la fin de sa lecture, des larmes de bonheur évidemment. Sa lettre ne faisait pourtant qu'épaissir encore davantage le mystère entourant son absence, mais étrangement, le simple fait qu'il lui montrait un signe de vie par le biais de ce message ne laissait guère le temps de s'interroger sur tous ces problèmes. Harry était vivant, de toute évidence en bonne santé, heureux, et surtout : il ne l'avait pas oublié ; c'était le principal pour elle.

- Haha ! s'exclama soudainement Tracey juste à côté d'elle. Pour te mettre dans cet état, il ne peut s'agir que d'Harry ! Comment va-t-il ?!

- B-bien…, balbutia Daphné sans quitter des yeux la lettre qu'elle tenait entre ses petites mains. Il… Il dit qu'il est en sécurité dans un endroit secret et qu'il pense à moi et à sa famille.

- Ah oui ? Même pas un petit mot pour moi ?! Tu m'en vois fortement déçue ! Est-ce que je pourrais vérifier ?

- NON ! s'exclama t-elle soudainement en cachant derrière son dos la feuille de papier. Je veux dire… Il a dit que je ne devais parler à personne de cette lettre et que tout ceci devait rester secret. Tu ne devais normalement pas être au courant…

- Ah je vois, marmonna Tracey d'un air triste.

Face à son air dépité, Daphné fut l'espace d'un instant prise d'un doute. Tracey était au courant maintenant, alors, pourquoi devait-elle lui cacher les conversations qu'elle aurait avec Harry. Sa meilleure amie était une personne digne de confiance, et elle ne risquait pas de dévoiler ses secrets à James Potter et à Dumbledore puisqu'elle n'avait pas l'occasion de les croiser. Sa mère quant à elle ne se souciait sans doute pas des amourettes de deux enfants.

- Bon d'accord, tu pourras savoir tout ce qu'Harry me dit, mais tu devras garder le silence ! l'avertit-elle en lui tendant sa lettre. Tu as de la chance que je n'ai pas de baguette, sinon je t'aurais ordonné de faire un serment inviolable ! Tu ne diras rien n'est-ce pas ?

- Je le jure sur la tombe du grand Merlin !

- Juré craché ?

A la grande surprise de Daphné, Tracey appliqua à la lettre le serment qu'elle lui demandait. Elle ne s'attendait pas en tout cas à ce que son amie se mettre vraiment à cracher dans sa chambre.

- Tracey ! s'indigna t-elle en lorgnant la minuscule mare de salive sur le parquet. Tu n'avais pas besoin de le faire !

- Mais tu m'as dit de le faire ! répliqua t-elle sans quitter des yeux le feuille qu'elle lisait.

- Allons bon. Tu es incorrigible !

Il fallut plus de temps pour Tracey pour terminer sa lecture, mais il fallait admettre qu'elle n'avait pas l'occasion de lire beaucoup, et encore moins de pouvoir bénéficier d'une éducation comme celle de Daphné. Harry était déjà bien sympathique de lui avoir permis d'atteindre son niveau actuel, il fallait simplement que Tracey se trouve désormais un nouveau professeur. Dans un coin de sa tête, Daphné s'imagina donner des leçons à sa meilleure amie, et avec beaucoup de recul, elle trouvait cette idée brillante.

- Je n'ai pas tout compris, mais pour l'essentiel, il a l'air de se porter comme un charme !

- Je me demande ce qu'il peut bien faire actuellement ? s'interrogea de son côté Daphné. Au moins il n'a pas l'air de s'ennuyer !

- Bon hé bien, et si tu lui écrivais maintenant ? lança joyeusement Tracey en fouillant son bureau à la rechercher d'une feuille de parchemin.

- Maintenant ? Mais… je n'ai pas encore réfléchis à ce que j'allais lui dire !

- Oh allons, parle lui simplement de ce que tu as fait ces derniers mois, de son absence et interroge le sur ce qu'il fait !? Et puis, ce faucon ne va pas rester là toute la journée quand même ?

Archimède du haut de son perchoir approuva les paroles de Tracey en poussant un petit cri perçant tout en battant des ailes. Daphné elle soupira et se résigna à écrire dès à présent sa lettre pour Harry. Même si extérieurement elle ne semblait pas particulièrement ravie de passer son temps à s'appliquer à écrire lisiblement sur une feuille de parchemin au lieu de passer son après-midi à jouer avec ses poupées, intérieurement elle avait déjà hâte qu'Harry lui réponde. Aussi se saisit-elle rapidement d'une plume et commença à rédiger une réponse qu'elle espérait longue et instructive aux yeux d'Harry, sous les yeux d'un certain faucon qui, même si il ne pouvait pas sourire, donnait néanmoins l'étrange impression d'en esquisser un.

Très loin de là, dans un château tout autant recouvert de neige que le cottage des Greengrass, Harry n'avait pas autant de chance que sa fiancée, et la possibilité de pouvoir jouer était très loin de lui être acquise. En vérité, Harry était plutôt occupé actuellement à faire des allers et retours sans discontinuer à travers la pièce où se trouvaient également sa mère, Pauline et sa tante Louise. C'est d'ailleurs pour cette dernière qu'il effectuait ces déplacements car depuis trois jours maintenant, Louise-Elisabeth s'était mise en tête de lui apprendre à marcher convenablement. À défaut de pouvoir faire porter à Harry une robe pour pouvoir lui enseigner ce savoir ancestral, son neveu devait se contenter de marcher avec une pile de livres sur la tête sans en faire tomber un seul. Harry n'aurait jamais cru qu'il était aussi difficile de marcher avec élégance, lui qui pensait au contraire que cette manière de se déplacer était aussi facile qu'apprendre à compter, et à compter de ce jour, il se promit d'avoir plus de considération pour ces personnes.

- Je persiste à croire que nous devrions au moins utiliser des rubans ou des bouts de tissu pour lui apprendre à marcher à une allure convenable, soupira sa tante en le regardant une nouvelle fois passer devant lui.

- Oh mère, laissez-le donc ! Cela ne fait que trois jours à présent qu'il apprend à marcher de la sorte ! N'espérez pas en faire un gentilhomme aussi rapidement ! N'êtes-vous pas d'accord avec moi, tante Marie ?

La mère d'Harry, occupée à observer distraitement la table face à elle, se contenta de pousser un léger soupir pour approuver ses paroles, bien qu'il était clair pour les trois autres qu'elle n'avait pas du tout prêté attention à ce qu'elle disait. Son comportement était pour le moins étrange depuis plus d'une demi-heure, et il n'était pas rare de la voir sourire mystérieusement ou ricaner brièvement pour une raison qui leur échappait. Son regard lui-même semblait lointain, comme si elle était ailleurs, du moins son esprit semblait l'être.

- Être cloitrée dans ce château semble lui avoir fait perdre ses esprits, marmonna pour sa mère Pauline qui acquiesça mollement en regardant étrangement son amie.

- Marie-Louise ? M'entendez-vous ? s'enquit-elle en secouant légèrement son épaule.

- Hm ? Vous disiez, ma chère ? lui demanda la mère d'Harry en la regardant d'un air confus.

- Nous pensions qu'inscrire Gabriel au couvent de l'église de Val-De-Grâce pour en faire une nonne serait un bon choix de carrière pour lui. Qu'en pensez-vous ?

- Très bien oui, je n'aurais songé à meilleure profession pour lui…, dit-elle distraitement avant de soudainement écarquiller les yeux. Qu'avez-vous dit !?

Les deux autres gloussèrent tandis qu'Harry les regarda d'un air interloqué, la pile de livres sur sa tête menaçant de vaciller à tout moment.

- Oh je vois. N'avez-vous rien trouvé de plus distrayant à faire que de vous moquer de ma personne ? rouspéta sa mère d'un ton faussement furieux. Est-ce trop vous demander de me laisser vaquer à mes occupations sans être interrompue ?

- Et que faisiez-vous de si important pour réclamer de la tranquillité, ma tante ? la questionna Pauline en souriant moqueusement. N'avez-vous pas pensé à nous ramener quelques souvenirs de votre séjour sur la Lune ?

Marie-Louise ne répondit pas et se contenta de demander aux deux domestiques qui étaient présentes dans la pièce et qui n'étaient autre que Martine et Françoise de leur resservir une tasse de café.

- Votre démarche s'améliore Gabriel, lança t-elle en le regardant marcher devant elles. Vous commencez déjà à laisser entrevoir les premières esquisses de votre nouveau statut !

- Vraiment ? Pourtant j'ai plus l'impression de me déplacer comme un boiteux…

- Ce n'est pas encore parfait, mais cela s'améliorera encore avec le temps, assura sa mère en buvant une gorgée de sa tasse. Avez-vous commencé à apprendre les gestes à effectuer pour vos sortilèges ?

- Oui, mais j'ai encore du mal à assimiler tous ces graphiques concernant les courbes à effectuer pour les mouvements, avoua t-il alors que la pile de livres sur sa tête commençait à vaciller. Je n'aurais jamais songé qu'il fallait à ce point être précis dans le déplacement de sa baguette et dans la manière de la tenir. Je dois en plus de ça transposer ces mouvements à ma magie accidentelle, ce qui complique fortement la difficulté.

- C'est pour cela que l'assimilation d'un sortilège prend autant de temps, et effectuer correctement les mouvements pour lancer un sort est certainement le plus difficile. Tout doit être parfait pour que la puissance du sortilège soit à son apogée, ce que l'on peut reprocher à l'enseignement académique qui se montre particulièrement évasif sur ce sujet. Tous les détails comptent, aussi bien l'angle du bras que la disposition des doigts sur la baguette. Vous êtes particulièrement malchanceux pour votre part car vous devez trouver vos repaires sans devoir vous reposer sur une baguette.

Harry soupira en imaginant la montagne de devoirs supplémentaires qui l'attendait, mais son geste de frustration fit aussitôt tomber les manuels sur ses pieds. Marmonnant le plus silencieusement possible toutes les grossièretés qui lui venaient à l'esprit, Sa mère, sa tante, Pauline et même les deux domestiques gloussèrent devant ce spectacle.

- Vous êtes encore facilement dissipé Gabriel, déclara sa mère pendant qu'il se massait le pied. Je me doutais bien que converser sans que vous ne fassiez tomber vos livres est encore une étape que vous devrez franchir.

- C'était un test ? lui demanda t-il.

- Oui et non. Je voulais vraiment savoir si vous avanciez dans vos lectures, mais j'ai pensé qu'utiliser l'entrainement que vous faites actuellement serait également une bonne chose pour voir si vous progressez rapidement.

Soupirant, elle reporta son attention sur l'immense horloge posée sur la tablette de la cheminée. L'heure qu'elle affichait la fit soudainement sursauter, à la grande surprise des autres.

- Bonté divine ! Mon invité doit arriver d'une minute à l'autre ! s'exclama t-elle en se relevant de son fauteuil. Mesdames, je…

- Et demoiselle ! s'insurgea Pauline en fronçant ses sourcils.

- Et ma demoiselle, poursuivit la mère d'Harry, si vous voulez bien vous donner la peine de sortir quelques instants de cette pièce, Gabriel et moi-même devons nous enquérir d'une tâche importante.

- Quelle genre de tâche, si je puis me permettre ? lui demanda la marquise de Tourzel.

- Une affaire traitant de notre monde, l'informa son amie pendant qu'elle faisait disparaitre d'un coup de baguette magique les nombreuses tasses en porcelaine sur la table.

Harry lui ramassait à la va-vite les livres éparpillés autour de lui pour les ranger dans l'une des étagères de la pièce, mais Martine vint à son secours et lui prit des mains les manuels qu'il avait déjà ramassé.

- Laissez-moi faire Monseigneur, lança t-elle en s'abaissant pour prendre les derniers livres par terre.

- Merci ma bonne Martine, répondit Harry en la gratifiant d'un sourire.

- Votre repas sera servi dans moins d'une heure madame, déclara de son côté Françoise en ouvrant la porte du salon pour laisser sortir Louise-Elisabeth et Pauline. Dans quelle salle souhaitez-vous diner ?

- Le salon de Diane fera l'affaire. Dites aux cuisines que je souhaiterai un repas copieux pour ce soir, de préférence quelques bonnes volailles.

- Très bien madame.

La pièce fut finalement vide de presque tous ses occupants en moins d'une minute, laissant uniquement Marie-Louise et Harry dans un calme seulement troublé par le crépitement des flammes dans la cheminée. Harry en avait profité pour s'asseoir à côté de sa mère tout en grignotant quelques biscuits qu'il avait remarqués sur la table devant eux. Sa mère était étonnamment silencieuse, elle qui d'ordinaire ne manquait pas une occasion pour le questionner sur tel ou tel sujet, de préférence sur les cours qu'il suivait avec sa tante.

- Pourquoi leur avez-vous demandé de nous laisser seuls ? lui demanda t-il en la regardant d'un air troublé.

- Je voulais vous faire une petite surprise qui devrait je pense vous faire beaucoup plaisir, répondit-il elle en esquissant un sourire qu'Harry trouva mystérieux.

- Quelle genre de surprise ? s'enquit-il avec impatience à présent.

- Si je vous l'annonçais maintenant, cela ne s'appellerai plus une surprise vous ne croyez pas Gabriel ?

- C'est vrai, avoua t-il non se départir de sa hâte de découvrir ce qu'elle cachait.

L'âtre de la cheminée fut brusquement envahi par de gigantesques flammes vertes, laissant sortir quelques secondes plus tard un vieil homme à l'allure négligé et au visage constellé de rides. Ses vêtements étaient vieux et rapiécés, et la barbe grisâtre qu'il possédait aurait bien mérité un petit coup de rasoir. Ce fut cependant le regard de l'homme qui intrigua Harry. Ses yeux d'un gris pâle brillaient comme deux lunes et lui donnèrent l'impression qu'une certaine folie l'animait. Harry était étrangement persuadé d'avoir déjà croisé ce vieil homme quelque part, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.

- Mr Ollivander, l'accueillit Marie-louise en se levant de son siège pour se diriger vers lui. Quelle joie de vous revoir.

Réprimant la soudaine envie de se cogner la tête contre un mur pour ne pas avoir reconnu le vieux fabricant de baguettes qu'il avait déjà eu l'occasion de voir à maintes reprises au cours de son séjour à Londres, Harry comprit aussitôt que la venue d'Ollivander chez lui et le fait que ce rendez-vous le concernait ne pouvait signifier qu'une chose : Il allait finalement avoir besoin d'une baguette.

- Votre altesse, la salua dans un français parfait le dénommé Ollivander en lui faisant un baisemain. Sachez que le plaisir est partagé. J'ai été agréablement surpris par votre demande, moi qui pensais ne jamais avoir l'immense honneur de vous servir à nouveau.

- J'aurais besoin de vos services pour une demande assez particulière. Je ne pouvais que m'adresser au meilleur fabriquant de baguettes d'Europe pour une tâche aussi importante.

- Quelle est-elle ? s'enquit le vieil homme en la regardant d'un air curieux. Votre baguette vous ferait-elle défaut ?

- Non, bien sûr que non ! En vérité, ce serait plutôt pour concevoir une nouvelle baguette pour mon fils. Approchez Gabriel, ne soyez pas timide!

Harry, qui s'était déjà levé de son siège lorsqu'était apparu Ollivander, obéit et fit ce que lui demanda Marie-Louise. Il ne pouvait cependant ignorer le regard étonné voir choqué que le vieux fabricant de baguettes lui lançait en le scrutant dans les moindres détails comme si il était une bête de foire. Pas étonnant après tout, sa mère n'avait jusqu'à il y a encore moins d'un mois pas d'enfant, et encore moins un garçon de huit ans. Heureusement que les quelques transformations qu'elle avait faite sur son visage étaient toujours présentes, autrement Ollivander n'aurait eut aucun mal à deviner la supercherie. Malgré tout, son air calculateur ajouté à ses yeux gris donnant la chair de poule lui donnait quand même l'impression qu'Ollivander parvenait à voir à travers les sorts utilisés sur lui.

- Mr Ollivander, je suis absolument ravi de vous rencontrer, déclara solennellement Harry en inclinant légèrement sa tête.

Au passage, Harry se congratula intérieurement pour sa façon de parler sans le moindre accent. Ses cours de diction et de français faisaient apparemment déjà effet sur lui, et il se promit d'aller en parler à sa tante. Le vieil homme devant lui ne montra en tout cas aucun signe de suspicion à son égard quant à sa réelle affiliation.

- Tout le plaisir est pour moi, Monseigneur, lui répondit Ollivander en faisant de même. Merlin soit loué, je n'étais absolument pas au courant que vous aviez un enfant ! Quel âge a-t-il ?

- Huit ans, lui répondit sa mère en posant sa main sur l'épaule d'Harry de manière protectrice.

- Huit ans… Et vous souhaiteriez qu'il possède déjà une baguette ? Vous avez donc l'intention de lui faire suivre une formation particulière et en dehors du cadre éducatif de nos institutions ? Bien bien… Je suppose que vous n'avez pas l'intention de lui faire intégrer une école de sorcellerie par conséquent…

- Je n'ai pas encore pris une décision concernant ce sujet, lui annonça Marie-Louise. Le choix lui reviendra. Je n'ai moi-même jamais eu la possibilité d'en intégrer une, et cela ne m'a pas empêché de devenir la femme que je suis aujourd'hui.

Ollivander acquiesça poliment avant de sortir sa baguette magique de son étui pour pointer le sol de la pièce. Un bref coup plus tard, et une énorme malle noire apparut à ses pieds. Celle-ci était si grosse qu'Harry était persuadé de pouvoir se glisser à l'intérieur facilement.

- Comme d'habitude je présume ? lança t-il en l'ouvrant tandis qu'Harry le regardait sortir des petits cubes de bois d'un air étonné. Votre famille est l'une des rares à vouloir des baguettes personnalisées, mais au moins cela m'évite de devoir fouiller de fond en combles ma boutique à la recherche de l'une de mes créations s'adaptant parfaitement à vous.

- Je vais vous laisser préparer ce dont vous avez besoin, le temps pour moi d'expliquer à Gabriel le déroulement de ce que nous allons faire aujourd'hui.

Conduisant Harry à l'écart de la pièce, la princesse de Lamballe attendit qu'il y ait suffisamment d'écart entre eux pour expliquer au mieux les étapes qui vont suivre pour l'obtention de sa baguette en prenant soin au passage de placer quelques sortilèges pour rendre leur conversation privée.

- Très bien Gabriel, maintenant je dois vous expliquer quelques petites choses concernant la manière dont les membres de ma famille obtiennent une baguette magique. Asseyez-vous, cela risque de prendre du temps.

- Vous n'essayez pas simplement les baguettes jusqu'à ce que l'une d'entre elles vous convienne ? lui demanda t-il en prenant place sur la banquette derrière lui.

- Non, il est de tradition dans notre famille d'avoir une baguette nous correspondant parfaitement en choisissant par nous-mêmes les matériaux la composant. Vous verrez que cela est très facile, il suffira simplement de désigner le bois et le noyau qui vous attirera davantage que les autres.

- Comment pourrais-je les reconnaitre ? Un morceau de bois n'est pas différent d'un autre…

- Votre magie le ressentira, et c'est elle qui vous indiquera quel type de bois et quel cœur pour votre baguette la complètent au mieux.

Harry opina du chef et regarda un bref instant la coupelle de fruits posée sur la table devant lui avant qu'une nouvelle question n'émerge dans son esprit.

- Pourquoi ai-je besoin d'une baguette ? lui demanda t-il en la regardant dans les yeux. Ne m'aviez-vous pas dit que je pouvais justement faire de la magie sans avoir besoin de l'une d'elles ?

- Vous aurez besoin d'une baguette pour certaines branches de la magie, notamment pour la métamorphose. Transformer un objet en une autre requiert de la magie, mais pas seulement : Le noyau de votre baguette joue un rôle essentiel dans la modification d'un objet car celui-ci possède des attributs particuliers en fonction de la nature de la créature sur laquelle il a été prélevé, ce qui explique en outre pourquoi certaines baguettes sont davantage utiles pour la métamorphose que d'autres. Par ailleurs, la magie sans baguette nécessite beaucoup d'effort de la part de la personne l'utilisant, et avant même que vous ne vous en rendiez compte, vous aurez utilisé toute l'énergie présente en vous. La baguette magique sert de canalisateur et vous permet d'utiliser raisonnablement vos capacités sans en abuser.

Harry hocha sa tête et se releva de son siège pour aller rejoindre Ollivander en croyant l'entretien terminé, mais sa mère le retint de sa main pour l'empêcher de se déplacer.

- Je tenais également à vous dire que dès l'instant où vous obtiendrez votre baguette, je vous demanderai d'apprendre non seulement les gestes à effectuer avec vos doigts pour lancer un sortilège, mais également avec elle. Par conséquent, vous devrez travailler davantage pour vous perfectionner dans ces deux domaines.

- Je ne comprends pas… Pourquoi dois-je le faire si je peux déjà parvenir à ce résultat grâce à mes doigts ? l'interrogea t-il soucieusement.

- Lors d'un duel, il est toujours de bonne augure de cacher vos capacités à un adversaire en le surprenant en temps voulu, lui expliqua t-elle patiemment. De ce fait, ne lui montrez pas que vous êtes capable d'utiliser votre magie sans avoir besoin de baguette dès le départ afin de garder un effet de surprise sur lui. Vous vous apercevrez également que la manière de bouger une baguette diffère du mouvement de votre doigt, notamment par rapport aux angles à atteindre, au degré d'inclinaison à employer ou encore la vitesse de déplacement et de prononciation. Le temps entre la formulation et le déplacement du doigt est notamment plus rapide que pour une baguette par exemple. L'utilisation d'une baguette est également obligatoire pendant un duel puisque bien souvent, celui-ci a pour but de désarmer son adversaire. Il vous faut par conséquent connaitre des sorts à effectuer avec la vôtre.

L'une des nombreuses autres raisons pour laquelle Marie-Louise voulait qu'il possède une baguette magique concernait également une idée qu'elle avait eue il y a quelques temps déjà et qui concernait plus particulièrement la formation d'Harry et son intégration au sein de la société magique et moldue. Le choix lui revenait bien évidemment, mais si l'envie lui prenait un jour de vouloir devenir un homme reconnu au sein de ces deux communautés, cette baguette aurait toute son importance.

- Il est temps maintenant, dit-elle en enlevant les sortilèges placés quelques instants plus tôt.

Prenant presque machinalement la main de son fils, Marie-Louise le conduisit jusqu'à Ollivander avant de se reculer à quelques mètres d'eux pour assister à ce moment très important dans la vie de chaque seigneur de Savoie : le choix des composants de sa baguette. Plusieurs dizaines de petits cubes en bois de différentes couleurs avaient été disposés sur la table devant Harry, de même que des petits bocaux renfermant ce qui paraissait être des échantillons de peau, de poils, des plumes ou encore morceaux de chair.

- Commençons d'abord par le bois qui servira pour votre baguette Monseigneur, annonça Ollivander en se saisissant d'un petit calepin et d'une plume. Mettez votre main juste au dessus de chacun d'eux et arrêtez-vous lorsque vous ressentirez une sensation étrange vous parcourant le corps.

Harry acquiesça même si il n'avait pas totalement compris sa phrase, mais son instinct lui avait déjà soufflé dès le départ la manière à suivre pour trouver ce qui lui conviendrait. Plaçant sa main droite à quelques centimètres du premier cube de bois, rien n'arriva, pas même la moindre sensation d'engourdissement au bout des doigts. Les minutes se succédèrent de la même façon, Harry enchainant les cubes de bois et Ollivander griffonnant sur sa feuille en marmonnant des propos incompréhensibles sous les yeux de Marie-Louise qui suivait la scène en silence. Puis, alors qu'il était sur le point de perdre espoir, Harry ressentit comme un vent d'air frais entre la paume de sa main et le morceau de bois juste en dessous d'elle ainsi que des picotements sur toute la surface de sa peau allant jusqu'à son épaule. Se saisissant du cube, Harry le tendit à Ollivander qui avait arrêté d'écrire et observait curieusement le morceau de bois qu'Harry avait dans les mains.

- Du pin arolle ? lança t-il curieusement en le prenant. Vous êtes étonnant Monseigneur, ce type de bois est très rarement employé dans la fabrication des baguettes. Celui-ci a d'ailleurs été prélevé sur un très bel arbre dans la vallée des allues en Savoie. Il est étrange que vous ayez choisi ce bois sachant que votre famille a vécu et vit toujours dans cette région. Peut-être que l'endroit dans lequel l'on vit peut avoir une influence sur la baguette qui nous est destinée.

La princesse de Lamballe doutait fortement des propos du fabricant de baguettes pour la simple et bonne raison qu'Harry n'avait jamais mis les pieds là-bas, mais le fait qu'il puisse avoir une baguette provenant d'un arbre qu'elle avait pu côtoyer plus jeune lui procurait un étrange sentiment de fierté.

- Voyons voir maintenant quel sera le cœur de votre baguette, décréta Ollivander en le conduisant vers l'autre table ou se tenaient les différents bocaux dans lequel le futur cœur de sa baguette se trouvait.

Faisant également la même chose que pour le bois de sa baguette, Harry tendit la main au dessus des boites et les passa l'une après l'autre en restant quelques secondes au dessus de chacune d'elle. Intérieurement, il espérait que le cœur de sa baguette serait issu d'une créature impressionnante, et pourquoi pas même d'un dragon, mais il découvrit rapidement que l'envie ne faisait pas tout, et ce fut avec une pointe de déception qu'il constata que le ventricule de dragon ne serait pas pour lui.

- Le poil de licorne n'est pas pour vous…, marmonna à côté de lui Ollivander en barrant rapidement sa feuille de parchemin.

Les plumes de phoenix et d'hyppogriffe succédèrent rapidement à la licorne, de même que le venin d'acromentula et la bile de manticore avec qui Harry n'eut pas davantage de succès. Finalement, le choix se porta sur l'un des derniers bocaux renfermant des poils de couleur noir et plutôt longs. La même sensation que pour le pin d'arolle l'assaillit aussitôt, et hochant la tête en direction d'Ollivander, il lui désigna du doigt ce qui allait devenir le cœur de sa baguette.

- Un crin de sombral… Décidemment Monseigneur, votre baguette sera très particulière. Je ne pense pas avoir encore eu l'occasion d'allier ces deux éléments ensemble.

- Est-ce courant d'utiliser du crin de sombral dans une baguette ? le questionna Marie-Louise avec curiosité.

- Pas vraiment, mais ne croyez pas que cela signifie que votre fils à un mauvais fond. Les sombrals ne sont pas des créatures maléfiques et posséder une baguette contenant le crin de l'une de ces créatures ne veut pas dire que vous êtes mauvais. En vérité la nature de l'animal sur lequel est prélevé le crin, l'écaille, ou la chair représente les similitudes que vous avez avec lui. Par exemple, une personne ayant le sang-chaud et montant facilement sur ses grands hyppogriffes a de grandes chances d'avoir pour noyau de sa baguette un ventricule de dragon ou de la bile de manticore. Le noyau reflète simplement votre personnalité. Le sombral lui est une créature plutôt mystérieuse sachant rester secrète, discrète et très loyale envers les personnes qu'elle juge digne de confiance. Votre fils est d'une certaine manière une personne de même nature qu'elle.

Leur échange échappa totalement à Harry, mais il n'en avait en vérité que faire : Il avait finalement les deux éléments pour sa baguette, et l'envie de l'avoir déjà dans ses mains se faisait sentir au fond de lui. Son frère possédait déjà une baguette depuis longtemps maintenant, et Harry avait toujours été jaloux de la chance qu'il avait eue. Mais maintenant, il pourrait rattraper le retard qu'il avait sur lui : Il n'y avait de toute façon pas de grandes différences entre eux jusqu'à présent étant donné la faiblesse de Matthew pour la compréhension et l'application des sortilèges que James et Dumbledore souhaitaient lui apprendre.

- Bien, je vais vous laisser à présent, annonça Ollivander en rangeant d'un coup de baguette magique toutes ses affaires dans sa malle. Votre baguette devrait être terminée aux environs des fêtes de noël, si j'ajoute à cela l'étui et le nécessaire pour la garder en bon état.

- Combien cela me coutera t-il ? l'interrogea la princesse de Lamballe.

- Je dirais trente Gallions, mais étant donné que votre famille a toujours été dans mes clients favoris, je pourrais très bien baisser à vingt-cinq.

- C'est si gentil de votre part Mr Ollivander ! le remercia t-elle en le raccompagnant jusqu'à la cheminée. Serait-il trop vous demander d'apporter par vous-même la baguette de Gabriel ? Je préfèrerai l'avoir en main propre plutôt que par votre service postal. Il serait dommage de perdre cette baguette à cause d'une tempête de neige.

- Évidemment, affirma t-il en s'inclinant devant elle. Je me ferai une joie de revenir ici. Mes hommages votre altesse, Monseigneur.

Un instant plus tard, Ollivander disparut de l'âtre de la cheminée. Sans plus attendre, et surtout après avoir entendu un léger gargouillis de la part du ventre d'Harry, Marie-Louise le conduisit jusqu'à la sortie en silence. Bien que s'interrogeant toujours sur l'étrange combinaison de la baguette de son fils, elle ne pouvait néanmoins s'empêcher de repenser à ce qu'elle avait vu plus tôt dans la journée. Son fils devait être mis au courant de ce qu'elle avait découvert puisque cela le concernait, mais… mieux valait se montrer évasif pour pouvoir profiter de la confusion dans laquelle elle laisserait Harry.

- Oh j'allais oublier Gabriel…

- Oui mère ?

- Votre lettre est arrivée à destination, l'informa t-elle en souriant. Votre fiancée est exactement comme vous la décriviez : charmante.

Sur ces mots, Marie-Louise s'éloigna, laissant derrière elle un Harry pour le moins intrigué. À ce moment précis, une seule question lui traversait l'esprit : Comment pouvait-elle au courant ?

Chapitre terminé ! Donc voilà, j'espère que vous ne trouverez pas mon explication sur les baguettes et ses composants un peu farfelues : Je me suis toujours questionné sur le pourquoi une baguette irait mieux à une personne qu'à une autre... Je mets ça sur la personnalité des gens, un peu comme le choixpeau magique.

Je fais apparaitre également la saignée. Pour ceux qui ne le savent pas, c'est une pratique qu'avaient les médecins de l'époque qui consistait à faire saigner des litres de sang une personne pour mettre au même niveau les humeurs à l'intérieur d'elle (il y avait quatre humeurs dans le corps (bile noire, flegme, sang et Bile jaune) se trouvant dans quatre parties du corps (Rate, Poumon, Tête, Vésicule biliaire), ayant chacune un une incidence sur le tempérament d'une personne (Melancolique, Flegmatique, sanguin, colérique) et s'affiliant à un élément de la nature). Les médecins diagnostiquaient le mal d'une personne à partir de son comportement et de l'endroit où il souffrait pour déterminer ce qu'il avait. Si il avait trop de flegme par exemple, il souffrirait de troubles pulmonaires, d'où l'utilisation de la saignée pour la remettre au même niveau que les autres humeurs (bonjour la connerie u_u...)

Une petite note également sur la remarque de Louise-Elisabeth sur les bouts de tissu qu'elle aurait aimé qu'Harry porte : Pour apprendre à un enfant à marcher à une allure convenable, les nobles avaient pour habitude de... les attacher à eux (les tenir en laisse quoi). Je ne sais plus où j'ai pu entendre ça mais j'ai trouvé cette pratique très bizarre.

Daphné et Harry pour l'instant ne se verront pas avant quelques mois : j'ai une idée les concernant, et peut-être même un apprentissage de la part de la mère adoptive d'Harry pour leur apprendre à partager leur magie avec l'autre grâce à leur lien.
Je parle également très brièvement de la scolarité d'Harry dans ce chapitre : Peut-être que sa scolarité ne se passera pas à Poudlard ? Nous verrons bien !À bientôt !