Salut à tous et Joyeux noël ! Comme promis (et avec un léger retard) voilà le nouveau chapitre de cette fiction ! On va dire que c'est un cadeau de noël que je vous fais (un cadeau de noël empoisonné oui, je ne l'ai pas encore corrigé et je viens juste de le finir (à 10h08 pour être précis). Plus d'une semaine pour le faire et j'ai galéré comme vous ne pouvez même pas l'imaginer :s...
Donc voilà comme je l'ai dit la dernière fois, je commence les recherches historiques dans ma fiction (la première partie est d'ailleurs centrée sur ça) mais dans un but bien précis : Harry côtoiera de près ou de loin ces évènements. J'ai essayé au mieux de présenter les choses pour que vous ne trouviez pas ça ennuyant, mais même moi je trouve que j'en ai peut-être fait un peu trop. ça fait en tout cas d'énormes pavés que j'ai parfois divisé en trois parties pour une meilleur lecture...
Sinon, merci pour vos commentaires encore très nombreux (spéciale dédicace à Hermystic et Clamaraa qui m'ont donné de quoi lire pour la journée ^^), je suis toujours étonné de voir que malgré le temps, leur nombre ne baisse pas (je vous en suis éternellement reconnaissant... *se prosterne humblement devant eux*).
Hm que dire d'autre... Ah oui ! Harry abordera un thème très important dans ce chapitre, un thème qui est le fer de lance de ma fiction (pour plus de détails, veuillez lire ce chapitre où vous mourrez dans d'atroces souffrances...).
Je ferai également apparaître quatre personnages importants que j'espère montrer souvent (personnages que l'on ne voit pas souvent dans les fictions, du moins trois d'entre eux).
Nepheria4/Narkor : merci pour vos commentaires !
Bonne lecture !
Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis cette journée de Janvier, et le mois de Mai avait déjà depuis plusieurs jours montré le bout de son nez en apportant avec lui toute la chaleur et la luminosité d'un été qui s'annonçait déjà chaud et agréable. Le domaine de Lamballe avait depuis longtemps abandonné son manteau d'hiver et partout où les yeux se posaient, la verdure et l'éclat des premiers pétales de fleurs illuminaient par leur beauté le château et ses jardins. Harry avait pu tout à loisir découvrir la magnificence des lieux en même temps que les températures remontaient, et les ballades en cheval dont il était friand désormais faisaient partie de son quotidien. Les parties de chasse n'étaient pas encore d'actualité pour lui bien que la faune environnante avait depuis quelques temps reprit ses droits sur les forêts jalonnant le château, mais tôt ou tard, Harry devra suivre les traces de tous ses ancêtres et s'adonner à ce loisir de bon comme de mauvais gré.
Pour l'instant ses devoirs concernaient essentiellement à rester assidu dans les cours que lui donnaient sa mère et sa tante, et surtout à ne pas relâcher ses efforts même lorsqu'une tâche se montrait très ardue. Ses progrès en matière de magie étaient considérables, et son panel de sorts se développait avec le temps, de même que ses connaissances en métamorphose, botanique, astronomie ou encore en potion bien que sur ce dernier point, il n'avait commencé que très récemment à préparer ses premières potions.
Sa mère avait d'abord pris soin de protéger au mieux son laboratoire d'ingrédients pour potion avant de lui en donner accès pour éviter les possibles explosions pouvant les endommager, une précaution dont il était reconnaissant : Sa toute première potion sensée soigner les furoncles avait bien failli réduire en cendres toute une étagère lorsque par mégarde, il touilla trop vivement son chaudron et éclaboussa le mur se trouvant à proximité.
« Vous feriez un excellent grenadier. Ce mur pourrait être le premier d'une longue liste… » ironisa Marie-Louise en constatant les dégâts, bien que de son côté Harry ne comprit pas le sens de ses paroles.
Après quelques recherches dans la bibliothèque, Harry découvrit finalement ce qu'était un grenadier, et être comparé à un militaire moldu lançant des petites boules explosives était pour le moins troublant, mais l'actualité du monde y était peut-être pour quelque chose, et les conversations qu'il entendait partout où il allait se tournait presque obligatoirement sur ce thème peu réjouissant.
Si pour l'instant les nouvelles étaient bonnes pour le monde de la magie, sans le moindre mage noir pour assombrir le climat de paix installé entre les différentes communautés magiques d'Europe, il en était tout autre pour l'autre, et les nouvelles sombres s'accumulaient au fil du temps, agrémentées de temps à autre d'histoires morbides sur des massacres et des atrocités sans nom. Le monde moldu connaissait en effet d'énormes bouleversements, en particulier de nombreux conflits entre pays et parfois même entre population d'un même état, et les actes de guerre étaient devenus monnaie courante depuis longtemps.
La guerre d'indépendance des Etats-Unis, la révolte jacobine en Ecosse, la guerre de succession en Pologne, la révolution française, les conflits Russo-turque et suédois avaient à présent laissé place à une période encore plus sombre en Europe, un conflit mêlant de nombreuses nations coalisées contre un seul et même état : La France. La plupart des nations voyaient d'un mauvais œil l'arrivée de cet état gouverné par des représentants du peuple et s'étaient mises en tête de renverser ce gouvernement provisoire pour remettre en place une monarchie et mettre fin aux idéaux républicains de nombreux européens.
Des dizaines voir des centaines de milliers d'hommes étaient mobilisés pour ce conflit, et la France ne dérogeait pas à la règle : être l'état le plus peuplé d'Europe avait ses avantages, et pouvoir lever une armée de 300 000 hommes pour défendre sa patrie n'était pas bien compliqué. Ces dernières années, malgré de lourdes pertes, l'état français était parvenu à défendre vaillamment ses positions et à tenir tête aux armées coalisées. Mieux encore, ses victoires leur permirent même de vaincre certaines nations comme l'Italie et rivaliser avec d'autres sensées être plus puissante comme l'Autriche ou la Prusse. La campagne d'Italie venait tout juste de se terminer au terme d'une incroyable mais méritée victoire française qui avec seulement 30 000 hommes était parvenue à mettre à mal l'armée coalisée de Sardaigne et d'Autriche, faisant ainsi abandonner à cette dernière son emprise sur l'Italie et la rive gauche du Rhin. La première coalition venait d'être vaincu avec brio, mais l'avenir montrerait que de nouvelles alliances étaient possibles, même si pour l'heure personne n'y pensait.
Un homme en particulier s'illustra durant la campagne d'Italie : Napoléon Bonaparte. Inconnu il y a encore quelques années, cet homme de seulement 29 ans s'était rapidement fait un nom au sein de l'armée française, disciplinant une armée d'Italie reléguée avant son arrivée à l'état de maraudeurs et d'ivrognes et les conduisant dans des batailles victorieuses comme le pont d'Arcole et Rivoli où son courage et son charisme lui valurent les louanges de nombreux officiers et l'admiration des hommes qu'il dirigeait. La réussite de cette campagne était en grande partie due à ses victoires et son génie militaire, et la presse moldue ne tarissait pas d'éloges pour celui qui était presque considéré comme un héros. Un an de conflit contre l'archiduché d'Autriche et le royaume de Sardaigne avait fait de lui un personnage important de la vie politique de France, et même Marie-Louise devait admettre que ce Napoléon était un homme très intéressant.
« J'ai l'œil pour ce genre de choses, et croyez-moi Gabriel : Ce Bonaparte n'en sera pas à son premier coup d'essai. Je n'ai malheureusement pas de don de voyance, mais je lui prédis tout de même un avenir radieux si ses exploits militaires perdurent. »
Pour l'instant voir ce Napoléon au pouvoir n'était que de l'ordre des inventions sans fondement, mais qui sait ? Personne ne pouvait connaitre l'avenir sauf pour les rares voyants. Mais malgré ces faits d'armes et la paix retrouvée, le directoire ne semblait pas vouloir mettre un terme à ces guerres épuisantes et coûteuses en vies humaines. La guerre entre français et anglais continuait de croître et afin de contrer la puissance commerciale de ces derniers en Asie et aux abords de la méditerranée, les cinq directeurs décidèrent de couper la route des indes orientales de laquelle s'acheminaient des tonnes de marchandises en conquérant l'Egypte et une partie du Moyen-Orient. Pour ce faire, des dizaines de milliers d'hommes furent mobilisés, et même certains habitants de Lamballe se préparaient à partir vers Toulon à destination du pays des pharaons. Le départ était prévu pour ce mois-ci depuis la ville de Toulon, et une imposante flotte devait transporter les soldats mobilisés pour combattre les troupes anglaises, mais aussi ottomanes qui étaient alliées aux britanniques. Même si la guerre lui était pour l'instant étrangère, Harry se doutait pertinemment que tôt ou tard, en entrant dans le monde merveilleux et ô combien réjouissant des affaires et de la politique, il serait amené à côtoyer de près ces différents entre pays tout en espérant également que cela se passe le plus tard possible.
Mais pour l'heure, Harry était davantage occupé à découvrir encore un peu plus sa nouvelle famille, notamment du côté de celui qui aurait été son père adoptif pour des raisons purement et simplement d'héritage. Ainsi, quelques mois seulement après son arrivée à Lamballe, Harry avait pu faire la connaissance de la sœur du prince de Lamballe Marie-Adélaïde de Bourbon, une femme absolument charmante mais facilement irritable. Lui qui n'avait jamais eu l'occasion d'avoir de tante, sauf si l'on exceptait Petunia Dursley dont le ressentiment envers les sorciers n'était plus à faire et Louise-Elisabeth qui n'avait aucun lien de parenté avec lui, voilà qu'il avait à présent une femme répondant à ce poste bien que celle-ci fut très étonnée de découvrir son existence.
L'histoire qu'avait dû inventer sa belle-sœur pour introduire Harry auprès d'elle avait été préparée de longues dates, et après de longues heures de questionnement et d'interrogation, sa tante avait fini par croire qu'Harry pouvait bien être le fils de son frère. Adélaïde fut même enchantée à l'idée de passer du temps avec lui et, une fois la situation de Marie-Louise et la sienne réglées, de le présenter au reste de sa famille, en particulier auprès des derniers Bourbon. Même le sujet concernant ses droits d'aînesse et la possibilité qu'il puisse récupérer les quelques titres qu'elle avait acquis à la mort de son frère ne fut pas aussi épuisant qu'il l'aurait crû, même si sa tante ajouta tout de même qu'elle souhaitait garder une partie de la fortune qui lui avait été confiée.
« Quant aux domaines qui vous sont légués en même temps que vos titres, sachez Gabriel que certains de vos biens ont été réquisitionnés et vendus par l'état à titre de remboursement de la dette nationale » lui annonça t-elle malgré tout d'un air sombre comme si la simple idée de voir l'héritage de sa famille emporté aux autre vents lui était insupportable. « Il ne serait pas rare que l'un de vos futurs châteaux soit complètement dépossédé de ses meubles, si ce n'est détruit purement et simplement. Je n'ai pas encore eu l'occasion de m'enquérir de ce problème. »
Ses futures propriétés n'étaient pour le moment pas son problème principal, et de toute manière, leur gérance faisait encore partie des tâches qu'il devait apprendre, sans compter l'histoire entourant chaque domaine et les activités s'y attachant. Autant dire que le travail qui l'attendait là encore était important. Il fallait également qu'il se fasse connaitre auprès du gouvernement pour pouvoir prétendre à ses droits de propriété.
Harry eut également l'opportunité de connaitre d'autres personnes pendant ces derniers mois, notamment les derniers en date, la famille Delacour qui séjournait d'ailleurs pour la semaine au château. Si l'explication officielle de leur venue était simplement de se retrouver entre vieux amis et discuter du bon vieux temps, officieusement, leur présence n'était pas anodine, et même si ils tentèrent de ne rien laisser paraitre, les Delacour ne pouvaient s'empêcher de se montrer nerveux en leur présence, en particulier le chef de famille qui n'avait pas pour habitude de côtoyer des sorciers. Il ne fallut d'ailleurs pas longtemps à Marie-Louise pour leur tirer les vers du nez, et la réalité de leur visite fut connue en moins d'une journée : La guerre encore une fois.
Mr Delacour participait également à la campagne d'Egypte, et le village de Lamballe étant connu des moldus, la campagne de recrutement se poursuivait même ici, en particulier car ses habitants étaient des sorciers. Pour l'instant ils n'étaient pas encore autorisés à réintégrer les corps d'armée, mais l'infirmerie leur était tout de même accessible, et les médecins seraient sans aucun doute d'une utilité essentielle durant cette guerre. Cette famille était pour le moins étonnante tant par l'image qu'ils véhiculaient que par la personnalité de chacune des personnes la composant. Seule leur réaction face à la découverte de son existence et l'histoire se rapportant à son arrivée dans la vie de la princesse de Lamballe restait la même que celle de toutes les personnes au courant : étonnement, stupéfaction, puis acceptation.
Madame Delacour n'était de toute façon pas une femme naïve, et il ne lui fallut que quelques minutes seulement pour se rendre compte de la supercherie. Cette femme était intelligente et rien ne pouvait lui échapper, et en se remémorant ses dernières discussions avec Marie-Louise, elle sut habilement faire la part des choses et découvrir le pot aux roses. Rien ne semblait égaler son sens de la logique, sauf peut-être sa beauté. Apolline Delacour était tout de même une femme d'une incroyable beauté, possédant des cheveux d'or aussi lumineux que les blés et un corps à damner un saint. Rien chez elle ne la rendait disgracieuse et pour cause : C'était une vélane, ces incroyables créatures réputées pour leur charme légendaire et pour envouter les hommes s'approchant trop près d'elles. Les récits sur les sirènes envoutant les marins par leur chant n'étaient pas dénués de sens, et les vélanes y étaient pour beaucoup. Ces femmes aimaient autrefois les milieux aquatiques et se prélassaient paisiblement aux abords des plages, et il arrivait que les marins, subjugués par les déesses s'offrant à leurs yeux, en oublient momentanément le bateau qu'ils étaient sensés manœuvrer et qui se finissait inexorablement au fond des récifs. Harry supposait qu'il devait en être de même pour Madame Delacour, mais cette dame savait contrairement à d'autres contrôler son don et ainsi éviter d'avoir à ses trousses une ribambelle de prétendants.
Son mari Philippe Delacour était tout le contraire de sa femme : Petit, légèrement enrobé, maladroit et exubérant, il était même l'exact opposé d'Apolline. On pourrait aisément se questionner sur la façon dont ces deux là ont pu se rencontrer et finir par se marier, mais dans l'amour, bien des choses étaient inexplicables, et mieux valait ne pas s'attarder là-dessus pour ne pas risquer un mal de tête carabiné. Peut-être était-ce le pouvoir de la comtesse Delacour qui avait rapproché ces deux là, mais cela n'expliquait pas la réciprocité des sentiments. Son mari était par ailleurs un militaire travaillant au sein de l'armée depuis bien des années maintenant. Ses vues sur le régime gouvernemental de son pays et son soutien pour l'instauration d'une république en France lui permirent d'échapper à l'échafaud contrairement à de nombreux royalistes, même si le bain de sang qui résulta de la révolution française n'était pas ce qu'il aurait souhaité. Son parti pris lui valut également une certaine popularité au sein des français, et Philippe pouvait se targuer de posséder bon nombre de relations au sein du gouvernement. Marie-Louise se doutait qu'il était l'instigateur de cette visite impromptue, et les jours qui suivirent le confirmèrent lorsqu'elle se rendit compte qu'il passait davantage de temps au village pour demander l'aide de ses habitants qu'à boire du thé ou a se promener en sa compagnie et celle de son fils. Le mensonge n'était pas quelque chose qu'elle appréciait même si elle en faisait usage en ce qui concernait son fils, mais elle le faisait dans un but précis, la protection d'Harry. Philippe lui ne se montrait pas franc avec elle et lui cachait ses véritables intentions, mais elle fit mine de ne rien remarquer durant son séjour pour ne pas se mettre à dos toute la famille Delacour qu'elle appréciait malgré tout.
En parlant d'elle, deux petites filles de onze et deux ans respectivement la complétaient et Fleur et Gabrielle Delacour étaient à n'en pas douter le portrait en miniature de leur mère, et bien des similitudes les rapprochaient comme les cheveux blonds et la peau de porcelaine absolument parfaite. Il ne faisait aucun doute qu'elles étaient toutes les deux des demi-vélanes, et déjà Fleur, l'aînée des deux filles, savait user de son pouvoir de séduction pour soutirer tout ce qu'elle voulait du garçon qu'elle tentait d'envoûter. Harry avait d'ailleurs eu l'occasion d'être sous l'emprise de son charme lorsqu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois. La perspective d'être mariée à un homme aussi puissant que lui avait apparemment donné l'idée à Fleur d'essayer de le séduire, mais sa mère en voyant son petit manège coupa court à sa tentative, non sans la réprimander au passage pour son comportement de « courtisane ». La petite Gabrielle elle n'était pas encore en âge de pouvoir faire la même chose que sa sœur, et de toute façon, il était peu probable de voir un jour un bébé agissant de la même manière. Mais même sans utiliser son pouvoir de séduction, Gabrielle était si mignonne et candide qu'Harry était rapidement devenu accroc à cette petite fille. Si Fleur était légèrement hautaine et narcissique, sa petite sœur était une enfant souriante et ne ratant jamais une occasion pour faire un câlin à quelqu'un, surtout avec Harry avec qui elle semblait avoir créé un lien très profond, et sans que le concerné ne s'en plaigne.
« Il est regrettable que la polygamie ne soit pas autorisée dans notre religion » avait lancé avec amusement Marie-Louise en se rendant compte de l'intérêt de Gabrielle pour son fils.
Dommage oui, mais de toute façon, Harry considérait Gabrielle comme bien trop jeune pour lui. Les fiançailles entre jeunes gens ayant plusieurs années d'écart n'étaient pas si rares que ça, le plus bel exemple étant sans doute celui de Louis XV fiancé à 11 ans à Marie Anne Victoire d'Espagne qui n'en avait que trois, mais pour lui, l'âge était important, et se fiancer à une fille encore en âge de porter des couches-culottes était plus qu'étrange. Harry préférait voir en elle une petite sœur, une image blonde et plus jeune de Rosie, sa sœur adorée qui lui manquait tellement. Gabrielle avait en une semaine permis de lui faire oublier son absence, mais bientôt, la petite demoiselle quitterait le domaine, et le fils de Lily se retrouverait à nouveau avec des souvenirs de son autre famille plein la tête. Heureusement que d'autres avec son autre mère commençaient à voir le jour et à lui occuper l'esprit suffisamment longtemps pour ne pas rechuter en pleine déprime de l'absence de sa famille.
- Je vais encore une fois te battre Gabriel…
Harry n'avait pas vraiment à se soucier des problèmes et des malheurs ayant lieu un peu partout en Europe, de l'impression qu'il donnait à chaque nouvelle personne faisant sa connaissance, de son sentiment vis-à-vis des petites Delacour et de la distance le séparant de Lily et Rosie. Non, sa principale préoccupation pour l'instant était de parvenir à battre Fleur dans un affrontement au billard. Tous les deux avaient choisi de jouer au billard à trous, contrairement au billard français qui n'en possédait pas et qui s'avérait bien plus compliqué à comprendre que les autres. Harry n'était pas encore un adepte de ce loisir même si jouer souvent avec Pauline lui avait permis de connaitre les bases de ce que certains considéraient comme un sport. Lancer un défi à Fleur lui avait semblé au départ être une bonne idée d'autant plus qu'il supposait qu'elle n'était pas une experte dans ce jeu, mais son impression changea totalement lorsqu'il perdit la première partie après une domination totale de l'aînée des Delacour. Autant dire qu'être battu aussi facilement lui fit totalement changer sa manière de voir Fleur, et l'image de la petite fille superficielle qu'il avait d'elle jusqu'alors changea pour le moins. La deuxième partie semblait d'ailleurs suivre le même chemin que la première, et Harry ne trouva rien de mieux pour la distraire que de la bombarder de question pour la déstabiliser.
- Dis fleur, Pourquoi est-ce qu'ils n'acceptent pas les garçons à Beauxbâtons ?
Sa question eut au moins comme avantage de lui faire rater son coup, et la boule qui pourtant n'était qu'à quelques centimètres seulement du trou rata sa cible, à son grand agacement.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase « école pour filles » ? lui demanda t-elle d'une voix menaçante. Est-ce que tu es une fille Gabriel ?
- Non mais…
- Il n'y a pas de mais ! le coupa t-elle en haussant le ton. Tu ne cesses de me poser sans arrêt cette question depuis que l'on est ici, à croire que tu penses qu'en agissant ainsi, je plaiderais ta cause auprès de la directrice de Beauxbâtons et qu'elle changerait ses règles rien que pour toi ! Cette école a toujours été une école pour filles et le restera quoi qu'il arrive.
- Au moins à Poudlard, les filles et les garçons peuvent suivre les cours ensemble, rétorqua t-il en fronçant ses sourcils. Ton école a l'air d'être bien plus stricte et sélective !
- Ah oui ? Tu penses que Poudlard vaut mieux que mon école ? Pourquoi ? Parce que filles et garçons suivent les mêmes cours ? Parce qu'il n'y a pas de différences entre les cours enseignés pour les garçons et pour les filles ? Parce que les filles ont les mêmes libertés ? Par tous les saints, tu es mal renseigné Gabriel !
- Que veux-tu dire ?
Fleur le dévisagea de façon hautaine, ravie dans le même temps de voir qu'elle venait de toucher un point sensible dans l'ignorance et les idées préconçues du garçon devant elle. Les cartes étaient redistribuées, et elle savait pertinemment que dans ce duel, elle était et de loin celle ayant la meilleure main. Comparer cette discussion au poque était peut-être exagérée, mais Harry ne savait de toute évidence rien de Poudlard, et le voir s'empêtrer dans son ignorance lui procura un étrange sentiment de supériorité. Cette situation tournait largement à son avantage en tout cas.
- Poudlard est aussi stricte que Beauxbâtons en matière de règles, en particulier en ce qui concerne le règlement pour garçons et filles. Tout d'abord, ils ne partagent pas les mêmes classes et même si c'est le cas pour la botanique et l'astronomie, ils ne sont jamais mis en binômes. Les repas se déroulent de la même manière, les garçons d'un côté, les filles de l'autre. L'enseignement en lui-même diffère totalement d'un groupe à l'autre, et selon Dumbledore, les filles n'ont pas les capacités nécessaires pour apprendre les mêmes choses que leurs homologues masculins. Les cours sont par conséquent terriblement faciles pour elles, et ce durant toute leur scolarité. Pour faire simple, le directeur de Poudlard estime qu'aucune ne pourra plus tard pourvoir un poste au sein du ministère anglais et se cantonnera plutôt dans son rôle de mère au foyer s'occupant des enfants pendant que l'époux lui travaille et ramène l'argent pour se nourrir et faire vivre sa famille. Elles n'ont même pas la possibilité de pouvoir sortir seules à l'extérieur de ce château parce que Dumbledore pense qu'elles seraient trop faibles et incapables de se défendre en cas de danger. Il leur faut de ce fait une dérogation exceptionnelle du directeur pour pouvoir quitter même quelques heures Poudlard.
Harry la regarda d'un air ahuri, incapable de prononcer le moindre mot. Ce qu'elle venait de lui dire était-il véridique ? Avait-elle tout inventé pour le dissuader d'aller un jour dans cette école ? Les garçons ne donnaient pas l'impression en tout cas de devoir supporter de lourds règlements contre eux, mais l'idée qu'une certaine forme de discrimination puisse exister à Poudlard le répugna. Harry n'était pas vraiment un féministe ou même un défenseur des droits des femmes, mais l'intolérance ne faisait pas non plus partie de sa façon de concevoir la vie. Alors imaginer un seul instant suivre des cours dans une école ou une partie de la population étudiante était rabaissée par rapport à l'autre était au dessus de ses forces. Aller à Poudlard lui parut soudainement bien moins réjouissant qu'auparavant.
Harry se demanda également pourquoi sa mère ne lui avait jamais parlé de ça, elle qui avait certainement subit cette discrimination et dont la fille allait prochainement devoir faire l'amère expérience… Peut-être était-ce justement pour la protéger et la préparer petit à petit à ça. Dans tous les cas, Harry ne voulait pas faire partie de cette mascarade, et si les faits étaient avérés, sa décision serait rapidement prise : Il ne mettrait jamais les pieds dans une école où sa fiancée et sa sœur seraient traitées injustement par rapport à lui.
- Que font les sorciers français dans ce cas pour apprendre la magie ? s'enquit-il d'une voix curieuse.
- Hm… Il y a plusieurs possibilités à vrai dire. Certains lorsque leurs parents sont des sorciers d'ascendance nobles peuvent suivre des cours directement chez eux grâce à des précepteurs, un peu comme toi actuellement. D'autres intègrent des écoles assez spéciales mêlant cours de magie et entraînements militaires, car ce sont biens des écoles militaires dont il s'agit. Les rois français ont longtemps apprécié les sorciers et bien des régiments d'infanteries et de cavaleries ont été crées pour eux. Beaucoup de batailles françaises ont été remportées grâce à nous comme la bataille de Salzbach, de Mulhouse, la Peene, Hastenbeck… Enfin c'était jusqu'à l'abolition de la monarchie. Je ne sais pas comment cela se déroule actuellement, mais père pense que le directoire devrait sous peu réintégrer des sorciers au sein de son armée. Ensuite il y a la possibilité d'aller dans une école étrangère, mais cette solution est très peu utilisée à cause des tensions entre pays qui perdurent à travers les siècles. Les français en particulier rejettent ouvertement de placer leurs enfants dans une école anglaise, et inversement.
- Tu veux dire que ma mère pourrait refuser de m'envoyer à Poudlard ? demanda t-il soudainement anxieux à cette idée.
- Je ne pense pas, mais sait-on jamais ? Ta mère est une femme bien plus ouverte d'esprit et conciliante que la plupart des autres familles, je ne crois qu'elle ait une once d'hostilité à l'encontre des anglais. Mais le directeur de cette école n'est lui pas particulièrement ouvert à cette possibilité. Certaines personnes le soupçonnent même d'avoir dans le passé livré aux autorités de son pays des enfants de familles étrangères pour leur causer du tort, et bien qu'aucune preuve ne puisse prouver les dires de cette histoire, personne n'ose depuis placer ses enfants à Poudlard.
- Plus le temps passe et plus cet homme ne m'inspire guère confiance, ajouta de son côté Pauline en continuant de jouer du piano pour la petite Gabrielle. Je ne saurais dire si toutes ces horreurs le concernant sont véridiques ou non, mais les torts qu'il a causé à l'encontre de Gabriel tendent à prouver la véracité de ces propos.
Gabrielle quant à elle se contenta de taper joyeusement dans ses mains au rythme de la musique jouée par Pauline, sans se soucier le moins du monde de la conversation que tenaient sa grande sœur et Harry.
- Et qu'est-ce que l'on apprend dans ces écoles militaires ? demanda t-il pendant que Fleur s'attelait de nouveau à creuser l'écart au billard en empochant de nouvelles boules.
- Je ne sais pas, à être un soldat peut-être ? dit-elle en roulant des yeux. Les cours doivent mêler des leçons de magie et des entrainements à l'arme, le maniement du mousquet, développer son corps… Père ne m'a jamais expliqué en quoi consiste ces écoles puisque de toute manière il n'est pas un sorcier. Il trouve déjà suffisamment bête d'intégrer un corps d'armée à seulement dix ou onze ans, je n'ose imaginer ce qu'il pense des entrainements que ces jeunes garçons subissent.
Harry lui-même se demandait bien quel type d'enseignement pouvait être donné dans un pareil établissement, et intérieurement, la perspective de devoir se lever aux aurores, s'entrainer continuellement et s'endurcir en effectuant des tâches difficiles n'était pas très réjouissante. Poudlard avait beau être une école ouvertement machiste, conditionner ses élèves en de parfaits petits soldats n'était pas non plus inscrit dans le règlement scolaire.
- Nous au moins nous n'avons pas à nous préoccuper de ces cours ridicules, ajouta Fleur en levant les yeux vers lui. Beauxbâtons nous enseigne à être de parfaites dames de la haute société pour celles issues de familles comme la mienne, et de bonnes épouses. Même si il y a peu de chance que je travaille en cuisine plus tard, savoir cuisiner est quand même intéressant à apprendre, sans parler des cours de couture, de maintien, d'entretien d'une maison et de soi-même. Nous avons bien évidemment des cours de magie, mais la plupart des filles entrant dans cette école abandonneront de toute manière le don qui leur a été donné à la naissance pour éviter d'être persécuté par la population. Certaines ne passent de toute manière jamais le portail du château, en particulier les sorcières nées-moldu issues d'une famille pauvre ou paysanne puisque leurs parents se chargent généralement de faire ressortir d'elles l'esprit malin les envoutant. Autant dire que la mortalité chez elles est élevée.
Harry déglutit difficilement en songeant à toutes les horreurs possibles que subissaient ces filles à cause du fabuleux don qu'elles possédaient. Bien que la chasse aux sorciers soit finie depuis longtemps, voir quelqu'un faisant de la magie était toujours considéré comme contre-nature, et les gens étant profondément religieux, la plupart pouvaient aller jusqu'à éliminer leur propre enfant en prétextant qu'il soit possédé par un quelconque démon afin de protéger le reste de la famille ou même leur propre vie.
- Enco'e ! s'écria soudainement Gabrielle alors que Pauline finissait son air de piano.
- Sais-tu jouer d'un instrument Gabriel ? lui demanda Fleur alors qu'il se préparait à tirer dans l'une des boules de billard.
- Non pourquoi ?
- Il n'y a rien de meilleur que la musique pour adoucir les mœurs, lança t-elle en regardant du coin de l'œil la fille de Louise-Elisabeth entamer une nouvelle partition de musique. Mère me fait jouer du violon depuis mon plus jeune âge pour canaliser mon énergie et me faire oublier même un instant mes problèmes. Tu devrais songer à apprendre à jouer, ta mère ne manque pas d'instruments du peu que j'ai pu en voir depuis que nous sommes ici, et c'est un excellent moyen pour se vider l'esprit de toutes nos pensées négatives.
- Pourquoi me dis-tu ça ? demanda t-il juste avant de tirer.
Manque de chance, sa queue de billard manqua totalement sa cible et endommagea même le tapis vert sur lesquelles étaient disposées les boules. Cela arracha un gloussement à Fleur qui en perdit même son air hautain vis-à-vis de lui.
- Voilà où je veux en venir ! Ta concentration n'est pas encore au point, et tu te laisses facilement distraire par ce qui t'entoures et les pensées fourmillant dans ta tête. Apprendre à lire une partition et jouer d'un instrument te permettrait de te concentrer davantage sur ce que tu fais en oubliant le reste, et crois-moi : ça peut-être très utile dans tes leçons. Cependant je ne te conseille pas non plus de faire abstraction à l'environnement autour de toi continuellement, surtout en duel : Nous avons des cours de duel à Beauxbâtons et la première chose que l'on apprend est d'analyser l'endroit dans lequel tu te trouves pour t'en aider. Même les bruits que tu entends pourraient t'être utiles.
- Si tu le dis, lança Harry d'une voix tendue non pas par ce qu'elle venait de dire mais davantage pour avoir raté son coup à cause d'elle.
Fleur elle sortit sa baguette et répara les dégâts causés par le geste maladroit de son adversaire. Un Reparo plus tard et le tapis sembla comme neuf, mais Harry n'y fit pas vraiment attention, trop occupé à regarder le bout de bois que tenait Fleur dans sa main.
- Vous n'avez pas « la trace » dans ce pays ?
- La trace ? répéta t-elle sans comprendre ? De quoi parles-tu ?
- La trace, c'est Hm… Une expression pour désigner le sortilège placé sur chaque baguette au Royaume-Uni et qui prévient les autorités lorsqu'un sorcier non-majeur utilise sa baguette en dehors de son école. C'est interdit de pratiquer la magie sauf dans des cas exceptionnels comme une autorisation du ministère.
- Nous n'avons pas cette restriction ici, l'informa calmement Fleur en recommençant à jouer. Quelle drôle d'idée d'ailleurs ! Comment espèrent-ils vous faire apprendre des sortilèges si vous n'avez pas la possibilité de pouvoir les tester chez vous ? C'est insensé ! Vous ne pouvez même pas vous avancez sur votre travail scolaire !
- Nous pouvons toujours apprendre les mouvements et…
- Oui, mais dans ce cas, vous prenez le risque de lancer un sortilège informulé, à croire que votre gouvernement cherche justement à ce que vous arriviez à ce résultat. Nous notre ministère nous autorise à le faire même avant que nous n'entrions dans une école. La pratique prédomine sur tout le reste, et rien ne vaut un entrainement en continu plutôt que de devoir patienter deux mois entre chaque année scolaire. De toute manière je pense que ce château est protégé par des sortilèges de très haut niveau pour ne pas que les gens sachent que vous pratiquez la magie entre ces murs. C'est partout la même chose, toutes les grandes maisons sont protégées de cette manière.
Ce qui expliquait enfin pourquoi il n'avait pas reçu de lettre du ministère de la magie anglais. Même en étant toujours en partie un citoyen de ce pays, il possédait à présent du sang de français ce qui lui permettait de pouvoir utiliser la magie sans contrainte, surtout lorsqu'il séjournait dans ce pays. Une information qu'il n'était pas prêt d'oublier en tout cas. Matthew avait eu besoin d'une dérogation de Dumbledore et d'une plaidoirie de sa part auprès du magenmagot pour lui donner droit à ce privilège, mais lui n'avait rien eu à faire. La vie pouvait parfois se montrer très étonnante avec lui.
- Tu devrais tout de même songer à cette possibilité, l'école militaire pourrait être une excellente orientation pour toi. Bien des grands sorciers sont devenus d'éminents hommes dans leur société. Le plus célèbre devait sans aucune mesure être Colbert, contrôleur des finances et secrétaire d'État de la maison du roi pour ne citer que ça. Tu pourrais très bien suivre le même chemin un jour ou l'autre.
Remettre sur table ce sujet eut le don de faire disparaitre rapidement l'euphorie qu'il avait eu en songeant à sa situation et celle de son désormais demi-frère. La pensée d'entrer dans ce type d'école ne le quitta pas le reste de la journée, et l'air absent qu'il affichait continuellement depuis lors n'échappa pas au regard perçant de sa mère qui s'étonna de son comportement chaque fois qu'elle le voyait. Le souper fut d'ailleurs l'occasion de le questionner sur ce qui le troublait, mais Harry préférait pour une raison qui lui était propre ne pas polémiquer sur ce sujet durant un repas et surtout devant des invités. Les réflexions d'un garçon de huit ans sur l'école qu'il allait intégrer plus tard ne les concernaient en rien, et exprimer ses doutes quand à une éventuelle entrée dans une académie militaire n'était peut-être pas bien vu à leurs yeux, surtout devant Mr Delacour qui était après tout lui-même un militaire. Sa mère n'insista pas, bien qu'elle ne pouvait nier que le voir agir de cette manière n'était définitivement pas normal. Cependant, elle n'eut pas à attendre longtemps pour avoir une réponse à ses questions lorsqu'Harry décida au beau milieu de la nuit d'aller lui rendre visite pour éclaircir certains points qui le préoccupaient.
Trouver Marie-Louise n'était pas très difficile car sa mère avait l'étrange tendance à changer de salon en fonction des saisons. Il n'était donc pas rare de la voir depuis quelques semaines siroter un thé et méditer dans la même pièce, une superbe pièce décorée au style antique avec de hautes colonnes sculptées au style dorique. L'intuition d'Harry fut la bonne dès le départ, et il n'eut aucun mal à trouver Marie-Louise dans cette pièce occupée à lire la dernière édition de la presse moldue afin d'avoir les dernières nouvelles de son pays. Une tasse de thé posée sur une petite table à côté de son fauteuil et un feu de cheminée ronflant paisiblement dans l'âtre de la cheminée, toutes les conditions étaient requises pour qu'elle passe une soirée agréable, et Harry s'en voulut l'espace d'une seconde de troubler son moment de quiétude. Toquant timidement sur la porte pour l'informer de sa présence, il n'attendit pas qu'elle le lui demande pour pénétrer dans la pièce même si il préféra rester près de l'entrée.
- Mère, je ne vous dérange pas ?
- Gabriel ? dit-elle d'une voix étonnée. Mais que faites-vous ici ? Ne devriez-vous pas être dans votre lit jeune homme ?
- Oui, enfin non… Je n'arrête pas de penser à quelque chose qui me turlupine depuis quelques heures et j'aimerais avoir votre avis là-dessus. Vous êtes de si bon conseil…
- Prenez place dans ce cas, l'enjoignit Marie-Louise en tapotant la place libre à côté d'elle. Ce doit certainement être un problème important pour troubler votre sommeil.
- Très important, affirma t-il en s'asseyant.
Sa mère fit apparaître d'un coup de baguette une tasse fumante de chocolat ainsi qu'une petite couverture dont elle se servit pour le couvrir. Le mois de mai avait beau avoir apporté avec lui la chaleur d'un mois d'août, les soirs étaient encore très frais en cette saison.
- Voilà, commença t-il en regardant l'âtre de la cheminée, aujourd'hui j'ai eu une conversation avec Fleur sur son école et sur la raison pour laquelle Beauxbâtons ne prenait pas de garçons au sein de son institut. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi une école refuserait une certaine catégorie de personnes pour une autre alors que Poudlard accepte n'importe qui tant qu'il possède des capacités magiques. Mais Fleur m'a raconté des choses que je n'aurais jamais crû entendre de l'école du professeur Dumbledore, notamment sur les différences entre les filles et les garçons par rapport au règlement.
- Vos parents ne vous ont rien dit ? lui demanda t-elle avec étonnement. Je pensais que vous auriez été au courant. L'école de Dumbledore est effectivement plutôt stricte concernant la différence entre garçons et filles, mais ces règles injustes sont en vérité récentes. Le directeur sous ses airs de grand-père amical et tolérant a su astucieusement jouer de cette facette pour instaurer au fur et à mesure des règles discriminatoires et injustes la plupart du temps. Pour que vous vous fassiez une idée encore plus précise de ce personnage, la règle des points attribués aux maisons pour des réponses correctes, des devoirs satisfaisants ou un comportement exemplaire a également été instaurée lors de son intronisation au poste de directeur.
Sa mère s'interrompit soudainement en entendant la porte du salon grincer. Tournant tous les deux la tête dans cette direction, Harry eut la surprise de voir dans l'embrasure de la porte la petite Gabrielle en pyjama et traînant derrière elle ce qui semblait être une fine couverture de soie. Bien qu'elle se frottait continuellement les yeux comme si elle venait de se réveiller, son visage s'illumina dès qu'elle aperçut Harry et toute trace de fatigue disparut instantanément.
- Gab'iel ! s'exclama t-elle en courant vers lui.
- Gabrielle ? Mais que fais-tu ici ?
La petite fille ne lui répondit cependant pas mais se jeta sur lui dans un geste qui ressemblait presque à un plaquage. Malgré sa petite taille et son poids léger, Harry reçut de plein fouet le choc et en perdit même pour un moment son souffle.
- Il semblerait que ce soit la soirée des insomniaques, lança Marie-Louise en faisant apparaître une nouvelle tasse qu'elle tendit à Gabrielle. Ne renouvelez cependant pas cet exploit mademoiselle, je doute que votre mère approuverait de vous voir debout à une heure aussi tardive. D'ailleurs pourquoi êtes-vous venue ici ?
-J'ai vu Gab'iel passer devant ma porte et je voulais le suivre pour voi' ce qu'il faisait, dit-elle timidement en cachant son visage derrière Harry. Je pensais que pas qu'il viendrait ici…
L'explication sembla satisfaire Marie-Louise qui d'un coup de baguette fit léviter la petite fille pour la poser entre elle et Harry, au grand amusement de Gabrielle. Un autre coup de baguette plus tard, la tasse renfermant le même nectar qu'Harry se retrouva entre ses petites mains.
- Buvez lentement Gabrielle, dit-elle en l'enveloppant avec la couverture qu'elle avait apporté. Il ne faudrait que vous tombiez malade… Où en étions-nous ?
- Vous parliez des points donnés à chaque maison pour le bon comportement des élèves.
- Oui c'est vrai… Hé bien l'explication de Dumbledore était pour le moins étonnante et se résumait en un point : la concurrence entre maisons. Il espérait instaurer un climat de compétition entre les quatre maisons, mais il n'est simplement parvenu qu'à créer un climat encore plus tendu au sein même de son école. Chaque maison souhaite prendre l'avantage sur l'autre, quitte à employer des méthodes radicales pour ce faire. Les actes de violence ont fortement augmenté depuis qu'il est devenu directeur, et c'est cette raison qui pousse certaines familles à ne pas inscrire leurs enfants dans son école.
- Vous faites partie de ces personnes ? l'interrogea t-il non sans une légère pointe de crainte à cette pensée. Est-ce que vous m'empêcheriez d'aller à Poudlard si je vous demandais de me laisser m'y inscrire ?
Sa mère garda le silence à cette question, les yeux dans le vague. Comme elle ne cessait de le répéter, le choix en revenait à son fils, mais au fond d'elle-même, elle savait pertinemment que son choix d'aller dans cette école ne lui plaisait pas vraiment. L'enseignement en lui-même n'était pas le même qu'à Beauxbâtons, bien loin même des normes que l'on imposait généralement à des jeunes sorciers. Des leçons qu'un enfant de première année pouvait apprendre n'étaient abordées que l'année des Buses, et certains cours ne leur enseignaient que des choses futiles et inutiles. Son fils n'apprendrait strictement rien là-bas, peut-être même régresserait-il… En comparaison, l'enseignement qu'elle lui donnait était on ne peut plus avancé et n'abordait que des sujets bien précis ne pouvant que lui servir. Qui plus est, le voir étudier dans une école sous le joug d'un homme qu'elle n'aimait absolument pas ne lui semblait pas envisageable, pour la sécurité de Gabriel notamment. Les manigances de ce vieillard pourraient lui causer du tort, et surtout, si jamais il apprenait la véritable identité de son fils, il n'était pas impossible qu'il s'en prenne à lui. Le fait qu'il soit également le garçon de la femme l'ayant humilié en duel pouvait également jouer dans sa scolarité. Enfin, la distance les séparant était certes un argument plutôt idiot, mais maintenant qu'elle avait un fils, elle n'avait pas l'intention de le laisser partir à plusieurs centaines de kilomètres sans pouvoir le voir aussi souvent qu'elle le souhaitait.
- Le choix vous revient Gabriel, dit-elle une nouvelle fois pour éviter de lui donner son impression personnelle. Je n'ai pas à m'immiscer dans vos affaires, mais si je devais être honnête avec vous, la perspective de vous voir aller dans cette école ne me plait guère.
- Mais… Où souhaiteriez-vous que j'aille dans ce cas ?
À son étonnement, Marie-Louise se leva de sa place et réduisit la distance la séparant de la cheminée. Sa mère lui tournait à présent le dos, et Harry était incapable de voir son visage et de déterminer les émotions qui le traversaient. Ses aptitudes en légilimencie n'était quant à elle pas assez développées pour espérer lui soutirer quoi que ce soit. Gabrielle de son côté ne fit même pas attention à leur conversation, trop occupée à savourer son chocolat en poussant de temps à autre des légers soupirs de satisfaction.
- Les hommes dans notre famille ont toujours servi au mieux les intérêts du pays dans lequel ils vivaient. Certains sont même devenus des conseillers de guerre pour les rois de leur époque, quand d'autres s'illustraient sur les champs de bataille ou excellaient dans les relations diplomatiques entre nations. Le bon sens voudrait que vous suiviez le même chemin puisque désormais vous faites partie à la fois des Bourbons par votre père adoptif et des Savoie par moi-même pour faire perdurer cette tradition, mais je viens seulement de vous avoir Gabriel, et la seule pensée de vous voir mourir au beau milieu des combats me ferait presque défaillir.
Un très léger silence s'installa, le temps pour la mère d'Harry de reprendre une gorgée de sa tisane et pour son fils de digérer ces quelques informations. Puis une fois sa tasse reposée, Marie-Louise se tourna vers lui, un étrange éclat animant ses yeux comme si elle s'apprêtait à lui annoncer quelque chose de très important.
- Cependant ne pas vous envoyer dans une école de ce type risquerait de réduire à néant vos chances de pouvoir un jour vous faire un nom au sein de la société moldue. Je sais pertinemment que vous êtes également un sorcier, mais comme vous vous en rendrez compte bientôt, ces deux mondes sont étroitement liés, et devenir une personne importante pour l'un revient à faire de même pour l'autre communauté. La seule différence qui les sépare est l'ignorance des moldus concernant l'existence des sorciers parmi eux. Beaucoup de sorciers sont à la tête de hautes administrations, de même que certains moldus connaissant notre existence influencent notre mode de vie et certaines de nos libertés. Père me disait souvent qu'un homme ne forge sa légende qu'en s'illustrant sur un champ de bataille, et l'histoire lui donne en partie raison.
- Je ne sais pas si j'ai envie de devenir un militaire, murmura t-il pensivement. Je n'ai que huit ans pour l'instant, bientôt neuf, et je n'imaginais pas risquer ma vie de cette manière jusqu'à maintenant. D'un autre côté je ne peux cacher que me battre dans une bataille est très excitant, mais je ne me sens pas capable pour le moment de faire une chose pareille. Est-ce… Est-ce que je pourrais y réfléchir et vous donner une réponse avant que vous ne décidiez vous-même de l'endroit dans lequel j'étudierai ?
- Bien sûr, et si jamais mon choix ne vous convient pas, nous pourrons toujours poursuivre nos leçons ici-même avec quelques précepteurs. Pour l'instant comme je vous l'ai déjà dit je dois régler quelques difficultés avant de songer à votre scolarité, alors ne vous souciez pas de ce problème pour le moment. Je pense qu'il serait même préférable de discuter de ce sujet avec votre mère lorsqu'elle saura que vous êtes ici. Je n'ai guère envie de prendre cette décision sans son consentement, son opinion vaut autant si ce n'est plus que la mienne en ce qui concerne votre vie.
- Je comprends…, affirma t-il pensivement.
Un soudain choc sur son épaule lui fit instinctivement tourner la tête, et ce qu'il eut sous les yeux le surprit autant qu'il l'adoucit. Appuyée contre lui, Gabrielle avait finalement été gagnée par le sommeil et dormait paisiblement en souriant béatement. Peu importait de savoir si c'était lui ou le chocolat chaud qui la faisait sourire ainsi. Agissant comme le ferait un frère, Harry la déplaça légèrement pour mieux l'allonger tout en passant un bras autour d'elle dans une attitude protectrice qu'il n'avait pas eu qu'avec Rosie.
- On dirait qu'une certaine personne n'a pas tenu bien longtemps, lança sa mère en souriant également devant ce spectacle.
- Il semblerait oui, approuva Harry en resserrant son emprise sur Gabrielle.
- Comment se porte votre fiancée ? demanda Marie-Louise pour aborder un sujet beaucoup plus joyeux. Vous remarquerez que je n'ai pas parlé de ce sujet devant les Delacour, je sais que cela vous gêne énormément d'en parler devant des étrangers.
- Une petite attention louable de votre part, le remercia Harry en hochant sa tête. Pour répondre à votre question, elle va bien, enfin c'est ce qu'elle écrit dans ses lettres. Elle essaie de m'écrire en français, mais pour l'instant c'est très mauvais, et elle en est elle-même consciente. Elle…
- Elle ?
- Elle dit que je lui manque et qu'elle est triste de ne pas m'avoir vu à son anniversaire, avoua t-il d'une voix tendue. Elle ne le dit pas ouvertement, mais je sens quand même que cette situation commence à lui déplaire et que lui écrire des lettres ne lui suffit plus. Elle m'a d'ailleurs demandé à plusieurs reprises des détails sur l'endroit où je me trouve et sur la raison pour laquelle je me montre aussi discret sur ce qui m'est arrivé ces derniers mois, mais je lui réponds toujours la même chose : Tu le sauras tôt ou tard. Je doute que cette réponse continue à la satisfaire à l'avenir, et je dois admettre que j'ai peur qu'elle ne décide de ne plus m'écrire si je continue dans cette voie.
- Peut-être… Peut-être que nous devrions songer à une rencontre, songea Marie-Louise en faisant mine de réfléchir.
Même si elle fit mine d'avoir cette idée à ce moment précis, cette proposition était en fait inscrite depuis quelques temps dans un recoin de son esprit. Même si elle avait décrété qu'Harry ne pourrait revoir Daphné qu'en ayant des résultats satisfaisants dans tout ce qu'elle lui enseignait, l'envie de rencontrer celle qui allait être sa belle-fille la tiraillait depuis plusieurs mois déjà. Son marché avec Harry n'était qu'un prétexte pour résister elle-même à la tentation d'aller rencontrer cette demoiselle et sa famille, mais l'idée de l'âne et de la carotte n'était pas si mauvaise que ça et permettait de faire durer l'échéance qui se rapprochait inexorablement : Harry n'aurait certainement pas amélioré aussi rapidement ses capacités magiques si elle lui avait permis de revoir Daphné seulement un mois après son arrivée à Lamballe, et même si bien des sujets lui échappaient encore, sa capacité à assimiler tout ce qu'elle lui apprenait l'étonnait au plus haut point. Retrouver sa fiancée serait un cadeau de choix pour son excellent travail.
- Une… Une rencontre ? répéta Harry en écarquillant les yeux. Mais n'aviez-vous pas dit qu'il me fallait faire de gros efforts pour avoir droit à ce privilège ?
- Vous ne pensez pas que ce que vous avez fait jusqu'à présent mérite une récompense ? Très bien si vous préférez encore attendre…
- Non ! Je veux dire… J'en serais ravi bien évidemment, mais c'est juste que je ne m'attendais pas la revoir aussi vite.
- Rassurez-vous, je l'avais parfaitement compris. Même si vos bases en occlumancie commencent à être bonnes, vos émotions vous trahissent encore, l'informa t-elle en le regardant d'un air amusé. En vérité si je souhaite rencontrer cette demoiselle, c'est pour exploiter le lien qui vous unit. N'importe qui pourrait le faire, mais la puissance en vous serait amplement suffisante pour vous permettre de lui fournir davantage de magie sans que vous n'en pâtissiez, sans compter que cela lui permettrait également d'accroitre la puissance de ses sortilèges. Partager la moitié de votre magie reviendrait quand même à créer deux personnes aux capacités plus importantes que le sorcier moyen, je n'ai aucun doute là dessus.
- Quand pourra t-on aller la voir ? lui demanda t-il avec impatience. Je meurs d'envie de lui reparler !
- Hm… Peut-être pour votre anniversaire, mais ne relâchez pas vos efforts toutefois : Je pourrais retarder cette échéance si je constate une baisse dans votre travail, que sur le plan magique ou de bonnes manières.
- Promis ! acquiesça t-il joyeusement !
- Bien maintenant allez vous coucher, il vous faut être présentable pour dire au revoir aux Delacour, puis nous reprendrons là où nous en étions la dernière fois. Il vous faut impérativement savoir apprendre à alterner magie sans baguette et magie avec baguette. Vous n'imaginez pas à quel point cela déroute un adversaire. Quant à moi je vais aller border cette demoiselle avant d'aller moi aussi me reposer.
- Oh non ne vous dérangez pas pour ça, je vais le faire moi-même, dit-il en prenant déjà Gabrielle entre ses bras. Sa chambre est juste à côté de la mienne, je n'aurais pas besoin de faire de détour comme vous.
Sa mère hocha simplement sa tête en lançant un sortilège pour alléger malgré tout Gabrielle. D'une dizaine de kilos, la petite fille devint aussi légère qu'une plume et Harry n'eut aucun mal à la porter jusqu'à la sortie. Il consentit malgré tout à laisser sa mère lui embrasser le front pour lui souhaiter une bonne nuit avant de se quitter le salon pour enfin se reposer. Ses appréhensions quant à sa future école étaient toujours là, mais dans une moindre mesure. Son choix pouvait encore attendre, et surtout : Son choix ne pouvait se faire sans l'aval de ses deux mères. Restait à mettre au courant Lily…
A/N: Donc voilà ! Maintenant vous savez pourquoi j'avais envie de faire mon histoire à cette époque : J'ai l'intention de faire participer Harry dans certaines batailles, reste à savoir dans quel régiment. Mon idée de départ est le troisième quatrième ou cinquième régiment de Hussards, donc la cavalerie. Si l'envie vous en dit, regardez les batailles dans lesquelles ces régiments interviennent, mais en tout cas je suis sûr d'une chose : Il participera à la bataille d'Eylau (1807) et notamment à la charge des 10 000 cavaliers (deuxième plus grande charge de cavalerie de l'histoire du monde). Il sera par conséquent en première ligne pour rencontrer des personnages célèbres comme Napoléon, les maréchaux Lannes, Augureau, Ney, Murat etc...
Je sais que c'est une idée bizarre, mais je voulais mélanger histoire et fiction ensemble, et vu que la période napoléonienne et celle que j'adore le plus, autant faire d'une pierre deux coups ^^. J'aurais très bien pu en faire une durant la première ou seconde guerre mondiale, la guerre franco/Prussienne de 1870, les croisades, la guerre de cent ans etc...
Cette idée vous plait quand même ? Si je vois que ça vous dérange, nous partirons sur une scolarité basique avec Harry allant à Poudlard...
Bien évidemment, je n'oublie pas le conflit entre sorciers également, et la trame de Rowling sera respectée. Harry participera forcément à cette guerre, mais peut-être avec l'aide de ses camarades moldus qui sait ? à voir...
J'espère en tout cas que mon pavé sur la campagne d'Egypte ne vous aura pas dégoûté, je vous JURE que j'ai fait de mon mieux pour le rendre lisible. Les Delacour apparaîtront de temps à autre dans ma fiction, notamment Fleur qui initiera Harry à la société mondaine moldue (les dîners mondains, les premières rencontres entre jeunes fortunés etc...). Tout un programme quoi !
Bon le prochain chapitre sera postée... Samedi prochain (pas celui-ci). Je ne pourrais en écrire un en seulement quatre jours !
En attendant je vais un peu raconter ma vie : Je vais bientôt participer au casting pour l'émission " Tout le monde veut prendre sa place " et je suis déjà mort de peur rien qu'à cette idée. Je suis en pleine révision pour ma culture générale et également pour chercher des anecdotes à raconter à Naguy (Bordel, il en faut six !), Peut-être que je parlerai de mon hobby de l'écriture de fictions ^^. Souhaitez-moi bonne chance !
à bientôt !
