Bonjour à tous, et bonne année ! J'espère que les fêtes se sont bien passées pour vous, personnellement c'était très calme... si l'on excepte le fait que suis tombé malade après seulement un verre de Porto ( je ne tiens pas l'alcool ma parole u_u...). Bref contrairement à ce que j'ai annoncé la semaine dernière, je n'ai pas réussi à terminer à temps mes deux chapitres (Ouiiin ;'(...) par souci de... non je vais être honnête et dire que j'ai tout simplement été un gros flemmard pendant les vacances. J'ai au moins pu réussir à faire celui là.

Alors que dire là dessus : Bon bah le titre me fait beaucoup pensé au troisième volet du seigneur des anneaux, sauf que pour l'instant les batailles elles tardent à venir. Donc un retour... mais qui donc aura la chance de revoir Harry ? Mystère... Et pour quoi si tôt ? Encore une fois, mystère... Vous n'avez qu'à lire tiens !

Maintenant je tiens à dire que... Vous m'avez vachement étonné cette semaine ! Je n'ai jamais eu autant de commentaires ! C'est tellement gentil de votre part que ça m'a carrément donné l'envie de m'y remettre à fond (alors que je commençais à manquer d'inspiration). Un GRAND merci à vous ! Je n'ai même pas eu à dire que mon anniversaire se passait le 28 décembre pour espérer en avoir...

Sinon c'est le plus grand chapitre que j'ai jamais écrit (toute histoire confondues)... J'en suis le premier surpris ^^. Par contre qui dit grande taille dit nombreuses fautes, et je ne suis pas certain de les avoir toutes repérées.

Guest 1 : Heu... Je ne crois pas avoir fait mention du droit de vote des femmes dans ma fiction jusqu'à présent :/. J'irai vérifier plus tard, mais tu me mets un doute maintenant.

Un Fan ! Merci pour ta review ! On te l'a recommandé ? Waw... je ne pensais que ça irait jusque là ^^.

Syttaa : Merci pour ton commentaire ! Tu préférerais qu'Harry aille à Poudlard ? Honnêtement moi je ne suis pas très motivé pour le faire parce que on en reviendrait à la trame basique du " Harry seul contre tous devant sans arrêt faire attention à Dumbledore et son père, subissant les foudres de son frère et devant chaque fois lui sauver la peau lorsqu'il rencontre un danger ". Je préfère sortir des sentiers battus ^^.

Guest 2/Shinoni : Merci pour vos commentaires ! Bon bah si le concept vous plait, alors ça me va !

Guest 3 : Merci pour ton commentaire (si on peut appeler ça comme ça et même si il a été supprimé entre temps pour une raison que j'ignore). Alors, comment dire ça en restant calme… J'ai dû le dire à plusieurs reprises mais encore une fois je vais me répéter : Je n'ai pas à portée de main des enfants en bas âge pour analyser la façon dont ils parlent et je n'ai pas l'intention de m'aider des films passant à la télé pour le faire car ils enjolivent généralement la réalité. Je fais comme mon l'instinct me le souffle, et je suis désolé si ça vous dérange (sincèrement). Harry parle peut-être un langage que tu trouves élaboré (tu ne dois pas être le seul) MAIS il a désormais huit ans (bientôt neuf), il vit dans une famille de la noblesse française et la façon de parler, de s'exprimer à l'oral et les mots employés étaient inculquées dès leur plus jeune âge aux enfants pour en faire des adultes avant l'heure, ET le vocabulaire français utilisé à l'époque n'est plus le même que maintenant : des mots qui te donnent l'impression d'être compliqués et au registre du langage soutenu faisaient partie du vocabulaire courant du XVIIIème siècle. Honnêtement ce n'est pas contre toi, mais j'ai vraiment hâte qu'ils grandissent tous pour que l'on arrête de me reprocher ce problème dans ma fiction.

Bonne lecture !

Dumbledore n'était d'ordinaire pas quelqu'un perdant rapidement ses nerfs quand quelque chose n'allait pas comme il l'espérait, du moins pas en public. Son image de papi gâteau lui collait à la peau partout où il pointait le bout de son nez, et personne ne soupçonnerait qu'une toute autre personnalité pouvait exister en lui, une personnalité bien plus sombre que celle qu'il affichait généralement. Mais aujourd'hui, cette autre facette menaçait de sortir à tout moment tant ce qu'il avait sous les yeux avait le don de l'irriter. Cela faisait plusieurs heures qu'il était chez les Potter, mais pas pour une visite de courtoisie bien évidemment. La raison de sa venue était simple et tenait en un seul mot : Matthew. Depuis qu'il avait décrété que ce garçon était l'élu de la prophétie que la voyante Sybille Trelawney lui avait narré, le directeur de Poudlard s'était donné comme mission d'assister le petit garçon dans sa lutte contre le seigneur Voldemort. Mais ce qu'il voyait devant lui avait le don de l'agacer et de le faire continuellement douter.

- Non Matthew, dit-il patiemment en cachant avec brio la colère surgissant en lui. Ton mouvement de baguette n'était pas exactement le bon, il fallait la bouger de cette façon.

- C'est ce que j'ai fait ! persista le fils des Potter en tapant du pied sur le parquet du salon sans faire attention véritablement à ce que lui montrait son professeur particulier. C'est cette fichue baguette qui ne me convient pas !

- Cette baguette fonctionne parfaitement bien, lui indiqua Dumbledore sans se départir de son faux sourire bienveillant. Je l'ai testé moi-même avant de te la donner pour ton anniversaire et tu peux me croire : Je ne t'aurais jamais donné quelque chose ne fonctionnant pas.

Si le directeur croyait calmer la crise de son élève, ce fut raté : Matthew jeta purement et simplement sa baguette à travers la pièce jusque sur la tête de son propre père qui surveillait également les entraînements de son fils. Loin d'être désolé de son geste, Matthew pesta fortement sur l'inutilité d'une baguette qu'il avait depuis près de trois ans maintenant, croyant à tort qu'avec l'âge celle-ci devait certainement moins bien fonctionner. Dumbledore n'osa même pas lui affirmer que les baguettes d'Ollivander étaient les meilleures au monde et qu'il n'y avait que lorsqu'elles étaient brisées qu'elles ne fonctionnaient tout simplement plus pour ne pas se mettre à dos son élève. De là à dire qu'il avait peur de lui, il y avait bien plus qu'un fossé. N'avait-il pas battu après tout le mage noir Grindelwald quelques décennies plus tôt ? N'avait-il pas résisté vaillamment aux assauts répétés de Voldemort ?

Un enfant aussi jeune ne valait absolument rien contre lui, surtout celui-là. Malgré les trois dernières années écoulées, Matthew n'avait pour ainsi dire rien montré, pas la moindre once de puissance ni même le plus petit signe de magie accidentelle. Et pour ne rien arranger à l'affaire, son statut d'élu lui était monté à la tête pour le transformer en un odieux petit garçon tyrannique et méprisant. Dumbledore avait donné comme consigne à ses parents d'être toujours là pour lui, lui montrer continuellement à quel point ils l'aimaient et prendre à cœur sa formation pour le préparer à ses prochaines batailles, mais à trop vouloir bien faire, leur petit protégé était devenu aussi vil qu'un Malefoy.

- Ne t'en fais pas Matt, lança James en n'exprimant pas la moindre once de colère pour son geste envers lui. Dès demain, nous irons sur le chemin de traverse te faire une nouvelle baguette sur mesure !

- J'en veux deux ! s'exclama Matthew en se tournant vers lui. Le sorcier normal n'a qu'une baguette, mais moi je suis bien plus fort que n'importe qui ! Il me faut deux baguettes pour montrer à tout le monde que je suis au dessus d'eux !

Oui, son protégé était capricieux également, et James ne faisait rien pour arranger les choses. Dumbledore était tout de même content de voir que le fils des Potter restait néanmoins fidèle à ses principes et idéaux, et au fil du temps, Matthew ne jurait plus que par lui. Dumbledore était une sorte de mentor pour ce petit garçon, un exemple à suivre et une inspiration de chaque instant dans chacune des facettes de sa vie. Le directeur de Poudlard appréciait pleinement de voir que son élève le respectait à ce point, mais pas pour de bonnes raisons : Matthew était de cette façon facilement manipulable, et Dumbledore pouvait lui raconter n'importe quoi, il le croirait quand même.

Ainsi, lorsqu'il lui raconta que Remus Lupin ne l'aimait pas du tout et ne jurait que par son frère ainé, Matthew avait commencé à détester le parrain d'Harry et l'avait même appelé à plusieurs reprises « l'hybride » sous les yeux horrifiés de sa mère et de sa sœur. James lui n'avait même pas bronché à cette insulte. La crédulité était un défaut que bien des gens tentaient de se défaire, mais Dumbledore faisait en sorte de conserver cette facette de la personnalité de son protégé pour lui inculquer ses propres valeurs et le mouler dans le petit pion parfait qu'il espérait de lui.

Mais cela ne voulait pas pour autant dire qu'il l'appréciait, loin de là. Dumbledore n'aimait pas le moins du monde son élève mais voyait simplement en lui une arme, une machine de guerre à façonner pour aller combattre sous son étendard. Matthew était celui qui devait vaincre définitivement le seigneur des ténèbres, mais Dumbledore voyait la fin de cette histoire différemment. Se projeter dans l'avenir pouvait être un pari risqué, mais si ses plans fonctionnaient comme il le souhaitait, ce serait lui à la fin de la prochaine guerre qui se retrouverait sur le devant de la scène. Et Matthew ? Hé bien… Lui-même ne savait pas ce qu'il adviendrait de lui, mais le mieux serait qu'il disparaisse définitivement.

La mort pouvait être le prix à payer, mais Dumbledore était prêt à prendre ce risque pour Matthew si cela lui assurait une gloire personnelle. Être le pourfendeur de Voldemort lui donnerait suffisamment de prestige pour asseoir sa domination sur le monde magique britannique pour ne citer que lui. Le reste du monde verrait également en lui un être supérieur que personne ne pourrait égaler, pas même « la pimbêche française » qu'il haïssait tant depuis qu'elle l'avait ridiculisé voilà de cela plus d'un an.

- Matthew, tu n'auras qu'une seule baguette, dit alors Lily en faisant sortir de ses pensées le vieux directeur. Apprends déjà à te servir d'une seule avant de songer à en avoir une deuxième.

- Mais maman ! J'ai besoin de deux baguettes pour… hé bien… mes deux mains !

- J'ai dit non, et ma décision est irrévocable.

Face au refus de sa mère, Matthew employa sa dernière arme dont lui seul avait le secret : la crise de colère. Hurlant de rage, le petit garçon se jeta littéralement par terre pour se mettre à rouler sur lui-même en poussant des hurlements d'animaux battus. Le bruit causé était à s'arracher les oreilles, mais hormis Lily et Rosie, les deux autres adultes dans la pièce ne montrèrent pas la gêne occasionnée par les cris de Matthew.

- On dirait un gros poisson sorti de l'eau, sauf que celui-ci a l'usage de la parole, marmonna en pouffant malgré tout Rosie, assise nonchalamment dans l'un des divans du salon, en voyant Matthew continuer à rouler par terre.

Pour être gros, le poisson l'était, au grand dam de Dumbledore d'ailleurs qui voulait lui faire passer des tests physiques pour améliorer son endurance. Même si il n'atteignait pas encore le poids d'un cachalot, Matthew avait de l'embonpoint et les tonnes de sucreries que lui achetaient son père et son parrain n'arrangeaient rien à cette affaire. A cette allure, le fils des Potter risquait d'être tout simplement obèse en entrant à Poudlard, et l'image du héros du monde magique risquait d'en prendre un coup. Qui prendrait au sérieux un garçon obèse, capricieux, immature et aux capacités magiques limitées ? Heureusement que la gazette du sorcier ne publiait pas la moindre image de Matthew dans ses rubriques, autrement l'opinion publique serait on ne peut plus troublée par l'apparence du « garçon-qui-survécut ». Dumbledore était pour le moins furieux par ce qu'il avait sous les yeux et commençait à croire que se servir de Matthew comme vitrine pour ses idéaux serait beaucoup plus difficile que prévu.

- Allons Lily, c'est bientôt son anniversaire. Nous n'aurons qu'à lui en prendre deux à ce moment là pour qu'il commence à s'adapter à l'usage d'une baguette avec ses deux mains, tenta James en se tournant vers sa femme assise juste devant lui dans un autre canapé.

- De toute façon, que je dise non ne changera rien, tu feras comme d'habitude l'inverse de ce que je souhaite, lui répondit son épouse en fronçant ses sourcils.

- Que veux-tu dire encore ? dit-il en haussant un peu la voix.

- Que tu ne lui refuses absolument rien, que tu acceptes le moindre de ses caprices et que tu es…

- Que je suis ? reprit James en voyant que Lily avait soudainement cessé de parler.

- Que tu n'as pas… le comportement d'un père normal, répondit-elle finalement en enjolivant légèrement sa véritable pensée.

Dumbledore, qui assistait en silence à ce nouvel échange entre les époux Potter, ne savait pas vraiment quel parti prendre dans cette histoire. Lily avait raison sur un point : James n'avait pas l'étoffe d'un père exemplaire même si il agissait de cette manière sous son ordre. Là où un père normal aurait refusé net de se séparer de l'un de ses enfants, James n'avait pas hésité un seul instant à éloigner son fils aîné du reste de la famille pour s'occuper pleinement du second. Entourer d'amour Matthew pour renforcer le pouvoir qu'il avait en lui avait ses inconvénients, mais c'était comme le directeur le disait souvent « un mal servant la cause du plus grand bien ».

Mais là où il était satisfait du travail effectué par James, il était on ne peut plus déçu par celui de Lily. Celle-ci se comportait toujours de la même manière avec Matthew : aimante mais de la même façon que ses autres enfants, présente mais sans l'être continuellement, Dumbledore pouvait même par moment la trouver distante vis-à-vis de lui, et cela devait sans doute conforter Matthew dans l'idée que sa mère ne l'aimait pas, ce qui influait de ce fait dans ses capacités magiques, du moins, selon son directeur. Rejeter les échecs du fils sur la mère était peut-être un coup bas, mais Dumbledore était persuadé que le comportement de Lily avait des répercussions sur son fils, et au fil du temps, cela pourrait finir par devenir problématique.

- Ma chère Lily, l'appela d'un ton apaisant Dumbledore en coupant net la joute verbale se jouant de nouveau entre elle et James, je pense qu'il faudrait vraiment songer à offrir à votre fils une seconde baguette pour son entrainement. Savoir utiliser ses deux mains dans un duel est un avantage non négligeable qu'il faut savoir employer à bon escient, et si comme moi vous espérez que Matthew parvienne à vaincre définitivement Voldemort lorsque l'occasion se présentera, alors autant lui donner toutes les possibilités s'offrant à lui, ne croyez-vous pas ?

- Si bien sûr, répondit-elle en le regardant d'un air confus. Mais je veux lui inculquer que c'est en travaillant dur que l'on parvient à des résultats satisfaisants et non pas en jetant la faute de ses échecs sur des choses qui n'ont strictement rien à voir avec cela. Cette baguette fonctionne parfaitement bien, vous-même l'avez dit tout à l'heure, alors je ne vois pas l'intérêt de lui acheter deux nouvelles baguettes.

- Peut-être une baguette de rechange pour commencer dans ce cas ? proposa Dumbledore en souhaitant au plus vite terminer cette affaire. Certains sorciers possèdent une deuxième baguette lorsque la première leur fait défaut ou est brisé. Nous pourrions envisager de lui en donner une autre pour lui apprendre à se prémunir des risques potentiels encourus par l'oubli de sa baguette principale.

- C'est surtout pour céder encore une fois à ses caprices de gros bébé pleurnichard, lança Rosie sans cesser de quitter des yeux le livre d'images qu'elle tenait entre ses mains. Ce balourd sait très bien qu'on ne lui refuse rien.

Un silence pesant accompagna ses paroles, et Rosie regretta aussitôt d'avoir ouvert la bouche pour exprimer ce qu'elle pensait à voix haute. Tout le monde la dévisagea, y compris son frère qui avait cessé de se rouler par terre en criant pour dévisager de manière furieuse sa petite sœur d'une façon étrangement semblable à celle qu'il employait pour Harry. Etre au centre de l'attention n'était pas habituel chez elle, ce serait même tout le contraire tant Matthew accaparait l'attention de tous partout où il passait.

- QU'AS-TU DIS, JEUNE FILLE !? s'exclama aussitôt James en se levant de son siège. COMMENT OSES-TU INSULTER TON FRÈRE DE LA SORTE !?

- JE T'INTERDIS DE LEVER LA MAIN SUR ELLE ! répliqua aussitôt Lily en le voyant s'approcher de sa fille, la main tendue. LÈVE UN SEUL DOIGT SUR ELLE ET TU NE ME REVERRAS PLUS JAMAIS !

James s'arrêta aussitôt dans son geste, le poing levé inutilement et l'air hagard, regardant sa femme de la même manière que si elle l'avait giflé. Pour la première fois depuis leur mariage, Lily le menaçait ouvertement de le quitter, et cette menace eut le même effet qu'un boulet de canon pris en plein estomac. Jamais la femme qu'il aimait n'aurait été jusqu'à proférer de telles paroles et jamais elle ne l'aurait regardé avec une telle hostilité si il n'y avait pas un problème dans leur couple. Après toutes ces années, James se rendit compte qu'un fossé s'était apparemment creusé entre eux, un fossé détruisant petit à petit les fondements de leur mariage, un fossé qu'il n'était même pas certain en cet instant de voir un jour comblé. Son mariage battait de l'aile et il n'en prenait conscience que maintenant, et cette constatation lui brisa le cœur.

- VA DANS TA CHAMBRE ! cria t-il à Rosie en évitant de croiser le regard de sa fille. JE NE VEUX PLUS TE VOIR POUR LE RESTE DE LA JOURNÉE !

- Parfait ! répliqua t-elle en sortant sans demander son reste. Je te déteste ! ajouta Rosie dans l'embrasure de la porte. J'aurais dû aller avec Harry au lieu de rester avec toi !

James fut bien tenté de lui affirmer qu'il était capable de l'envoyer voir son grand frère pour une visite prolongée, mais il se ravisa en ne souhaitant pas encore envenimer davantage la situation. Dumbledore lui regardait cette scène, impuissant. Comment enseigner à son élève que l'amour était la plus puissante des magies si sa propre famille se détruisait petit à petit ? Même lui n'avait pas la réponse à cette question, si ce n'est de lui montrer « l'affection » qu'il avait pour lui en remplacement de celle de ses parents. L'idée de supplanter James et Lily dans les personnes que Matthew préférait n'était pas encore d'actualité, mais qui sait ? Son pion ne ferait confiance qu'en son jugement et s'avérerait être l'arme parfaite.

L'explication entre les époux Potter allait être en tout cas très tendue, et mieux valait que Matthew ne soit pas là pour en voir les dégâts sur la vie de couple de ses parents. La fuite était certes un trait de caractère lié aux Serpentards, mais en pareille circonstance, elle était préférable à devoir subir un échange houleux entre James et Lily, et sans plus attendre, Dumbledore empoigna Matthew pour le faire rapidement partir de la pièce. Occuper un enfant de son âge serait plus facile que régler les problèmes d'un couple sur la fin.

Loin de là, dans le cottage des Greengrass, l'atmosphère était tout autre même si une certaine tension existait entre ses murs, bien que la raison soit totalement différente de celle pouvant expliquer le climat dans lequel vivaient les Potter. Les Greengrass au complet étaient installés dans leur salon, une salle aux dimensions correctes qui contrairement à bien des familles anciennes du monde magique ne respirait pas le luxe. Daphné et sa famille n'étaient pas pour autant des gens vivant dans la précarité, loin de là, mais tous avaient en tête de ne pas exhiber leur richesse à chaque nouveau visiteur et donner l'image d'une famille souhaitant intimider et impressionner par son argent comme l'était la famille Malefoy.

Mais pour l'occasion qui se présentait à eux aujourd'hui, Belvina Greengrass était bien tentée de faire paraître au mieux sa famille pour les deux personnes devant d'une minute à l'autre arriver dans leur humble demeure. Cygnus Greengrass lui se contentait de marcher de long en large en marmonnant pour lui-même des propos incompréhensibles dont lui seul avait le secret. La raison pour laquelle tout le monde semblait aussi anxieux était simple mais pourtant tellement importante : Harry allait refaire son apparition devant eux, et il ne venait pas seul pour l'occasion. Pour cette raison, chacun s'était mis sur son 31 pour accueillir chez eux celui qui faisait déjà partie de la famille, mais même en sachant la nature de la personne devant prochainement faire irruption chez eux, un doute subsistait concernant celle de la seconde, une personne que même Daphné ne connaissait pas et dont Harry faisait cependant énormément mention dans ses lettres.

Daphné avait finalement reçu une lettre de sa part quelques jours plus tôt l'informant de son arrivée prochaine au sein même de sa maison et qu'il venait accompagné par son gardien. Le menacer de ne plus lui écrire avait fait son petit effet, et ce chantage bien que puéril avait au moins le mérite de lui permettre d'enfin le revoir, ce dont elle ne se plaindrait pas. Mettre au courant sa famille fut sans doute le plus difficile car cela signifiait avouer à Belvina et Cygnus sa correspondance avec son fiancé et les mois de cachotteries durant lesquels elle leur cacha ce qu'elle savait sur lui. D'abord sceptique par cette annonce, ses parents crurent finalement à ses propos lorsqu'elle leur raconta en détail tout ce qui était écrit dans ses lettres non sans au passage leur prouver ses dires en leur montrant la dernière lettre que lui avait envoyé Harry.

Sa famille fut bien évidemment heureuse de savoir qu'Harry viendrait prochainement les voir même si un doute subsistait en eux : Et si leur fille avait été dupée ? Et si ce mystérieux « G. d. S. » était une personne voulant du mal à leur fille ? Beaucoup de questions leur traversaient l'esprit, et c'est avec appréhension qu'ils attendirent l'arrivée imminente du soit disant Harry Potter, les baguettes déjà prêtes à être utilisées et soigneusement rangées dans les poches de chacun.

- Il est 15h, les informa Cygnus en regardant l'horloge accrochée au dessus de la cheminée. Ils devraient bientôt arriver.

- Tu as fait tout ce qu'il fallait pour… Tu sais quoi ?

- Oui, affirma t-il en comprenant que sa femme parlait des quelques sortilèges d'alerte qu'il avait mis en place en cas d'agression.

- Quand est-ce qu'Harry arrive ? s'impatienta Astoria en s'affalant encore davantage sur son divan.

- Bientôt chérie, répondit Belvina en essayant de paraitre calme aux yeux de ses filles.

Daphné elle resta parfaitement muette et observait nerveusement l'âtre de la cheminée. Sa bouche et sa gorge étaient devenues sèches, et l'usage de la parole lui semblait avoir été ôté. Même si elle le désirait, aucun mot ne pourrait sortir de sa bouche, le stress n'aidant absolument pas.

- Peut-être que tout ceci était un coup monté ou une mauvaise plaisanterie, lança son père en voyant que l'horloge affichait désormais 15h01. Ils sont en retard en tout cas.

- Cela ne fait qu'une seule minute, l'informa sa femme en triturant nerveusement le tissu du fauteuil sur lequel elle était assise. Ce ne peut être encore considéré comme un manque de ponctualité…

Le feu ronflant dans leur cheminée s'anima soudainement alors qu'une brise fraîche leur souffla au visage. Les flammes vertes annonçant l'arrivée de quelqu'un jaillirent aussitôt de l'âtre, révélant quelques instants plus tard la silhouette d'un jeune homme s'avançant tranquillement vers eux. Instinctivement, chaque Greengrass se releva de son siège pour accueillir comme il se devait ce nouvel arrivant, mais la vision qui s'offrait à eux leur donna envie de se rasseoir immédiatement. Le garçon leur était totalement étranger, mais même avant ce constat, Daphné fut pour le moins impressionnée par la facilité avec laquelle il utilisait le déplacement par cheminette ; D'habitude même les sorciers les plus expérimentés avaient un mouvement de recul pour éviter de se retrouver le nez par terre, mais le jeune homme venant d'apparaître devant eux avait plus donné l'impression d'atterrir aussi gracieusement qu'un oiseau au beau milieu des bûches de la cheminée.

Lorsque les flammes eurent totalement disparu, Daphné tout comme le reste de sa famille purent longuement détailler ce nouvel arrivant, et le moins que l'on pouvait dire sur lui était qu'il ne ressemblait en rien à Harry : Un teint pâle, des cheveux bruns parfaitement brossés encadrant son visage, un maintien parfait et une posture qu'envieraient Drago Malefoy… Ce garçon faisait sans aucun doute partie de la haute aristocratie mais aucun des quatre Greengrass ne pouvait reconnaitre en lui le fiancé de Daphné. Il n'y avait bien que ses yeux qui rappelaient ceux de Lily et de son fils, mais en dehors de cela, il était très difficile de découvrir sa véritable identité.

De son côté, Harry réprima l'envie de sourire d'amusement devant leur mine confuse, trop heureux par ailleurs de revoir cette famille qu'il aimait tant, et faisant mine d'épousseter la suie imaginaire sur ses bottes, il prit son temps pour s'adresser à eux et dissiper le trouble qui s'était installé. Il en profita également pour les dévisager l'un après l'autre pour voir par lui-même les transformations que le temps avait fait sur eux. Le seigneur et Lady Greengrass n'avaient pas le moins du monde changé, mais à l'inverse, la petite Astoria avait en un an embelli et commençait à présent à montrer les premiers signes d'une future beauté. Aussi brune que Daphné était blonde, sa petite sœur avait néanmoins bien des similitudes avec elle et il aurait été facile de les prendre pour des jumelles si elles avaient le même âge. Quant à Daphné… Harry la trouva aussi belle que dans ses souvenirs, peut-être même davantage encore. Par-dessus tout, sa fiancée avait pris la peine une nouvelle fois de s'habiller dans les mêmes tons vert que ses yeux, une petite touche personnelle qu'il affectionnait autant qu'elle et lui prouvait qu'elle tenait à lui.

Lui de son côté avait depuis quelques temps abandonné les culottes s'arrêtant aux genoux et s'était pour l'occasion habillé d'un pantalon bleu foncé en soie lui arrivant jusqu'aux chevilles par-dessous de longues bottes de cavalier, d'une longue veste boutonnée de la même couleur bleu agrémentée de broderies dorées ainsi que d'un foulard noir sous une chemise blanche dont seule le col dépassait légèrement. Ses tenues commençaient déjà à avoir l'apparence de celles des militaires moldus, et de son propre aveu, jamais encore il ne s'était trouvé aussi à l'aise dans ces vêtements, pas même dans ceux qu'il avait porté lors de sa première journée à Lamballe. Peut-être était-ce son uniforme qui troublait autant les Greengrass, aussi Harry choisit de faire le premier pas vers eux pour tenter de dissiper ce malaise.

- Mr et Mme Greengrass, je suis honoré que vous ayez eu la bonté d'accepter de nous recevoir. Daphné, quelle joie de te revoir ma chère, dit-il en s'approchant d'elle. J'avais grand hâte de te retrouver.

Si Harry espérait en disant cela détendre l'atmosphère, il en fut pour ses frais. Les parents de Daphné prirent soudainement peur en le voyant s'approcher et se placèrent devant leurs filles comme boucliers, et même si il n'y pensa pas sur le moment, Harry se doutait que n'importe quel parent agirait ainsi en voyant débarquer chez eux un illustre inconnu. Autant dire que les voir sortir leurs baguettes pour les pointer vers lui le troubla légèrement.

- Qui es-tu et comment diable as-tu fait pour venir ici ? lui demanda le seigneur Greengrass en le dévisageant.

- Voyons, vous ne me reconnaissez pas Mr Greengrass ? l'interrogea Harry en esquissant un rictus amusé. Je savais que ces changements étaient importants, mais je n'aurais jamais crû que ma belle-famille ne me reconnaitrait pas.

- Belle-famille ? répéta Belvina en haussant un sourcil. Tu es… Harry Potter ?

- C'est bien moi, et la personne s'occupant de moi actuellement ne devrait pas tarder à arriver. Elle est pour l'instant occupée à donner ses dernières directives à ses serviteurs…

- Prouve-le, lui ordonna le père de Daphné sans baisser sa baguette. Qui nous dit que tu n'es pas un espion ou quelqu'un voulant s'en prendre à ma famille ?

Harry se contenta de soupirer sans pour autant en vouloir à son beau-père. La prudence était de rigueur, surtout lorsqu'un étranger venait tout à coup dans votre salon en prétextant être le fiancé de votre fille et Harry ne pouvait lui en vouloir. Lui-même agirait sans doute de la même manière en pareille circonstance.

- Je suis Harry James Potter, du moins je l'étais il y a encore quelques mois. Je suis né le 31 juillet 1789 à Ste Mangouste le même jour mais à deux ans d'intervalles avec mon frère, Matthew Potter. Mes parents sont James Charlus Potter et Elisabeth dite « Lily » Victoria Potter, et j'ai également une petite sœur du nom de Rosalyn. Maintenant pour vous prouver vraiment mon identité, je dirais que je suis fiancé à votre fille depuis maintenant près de quatre ans et que nous devons nous marier l'un à l'autre lorsque j'aurais atteint ma majorité, soit à dix-sept ans. Nos fiançailles ont été faites dans le bureau de mon père le jour de la fête d'anniversaire de mon cher petit frère, et alors que vous espériez fiancer Daphné à lui en offrant une dot de 10 000 gallions, le choix s'est finalement porté sur moi après que mon père se soit ouvertement moqué de votre offre. Par ailleurs…

Harry porta sa main au niveau de son visage pour dégager la mèche lui couvrant le côté droit de son front, révélant ainsi aux yeux des autres l'ancienne cicatrice qu'il avait hérité du sortilège impardonnable reçu à cet endroit là. La potion l'avait fait en partie disparaître mais une fine trace persistait néanmoins sur sa peau, dernier vestige de ce que fut sa vie avant d'arborer cette nouvelle apparence. A cette vision, tous les doutes des Greengrass s'envolèrent, et sans plus attendre, Daphné se jeta totalement sur lui, ses bras lui enserrant la taille tandis qu'elle pleurait des larmes de joie. Le voir en chair et en os lui avait fait comprendre à quel point son fiancé lui avait manqué, tout comme leurs moments d'intimité, leurs jeux enfantins, leurs discussions ou tout simplement la présence de l'autre.

En cet instant, plus rien ne comptait pour elle sauf le garçon qu'elle serrait contre elle et sur lequel elle versait de nombreuses larmes. Les explications pouvaient attendre, pour l'instant elle préférait et de loin sentir le corps d'Harry contre elle, resserrant de temps à autre son emprise sur lui comme pour vérifier que tout ceci n'était pas un rêve. Mais non, Harry ne disparaissait pas et tout ceci était bien la réalité, et cette constatation lui arracha un sourire rayonnant à travers ses pleurs. Harry lui-même réprima l'envie de verser quelques larmes alors qu'il caressait doucement les cheveux blonds de sa fiancée. Les mêmes sentiments de manque et de joie le parcouraient, mais il parvint malgré tout à les dissimuler grâce à son occlumancie.

- Ma tante me sermonnerait si elle me voyait, souffla t-il au creux de son oreille. Elle dit toujours qu'un homme ne pleure pas, même si je pense que c'est simplement pour se moquer de moi lorsque ma mère me lit une histoire émouvante.

- Ta tante ? répéta sans comprendre Daphné.

- Peu importe, dit-il simplement en la relâchant.

Néanmoins ils ne se quittèrent pas des yeux, chacun plongeant son regard dans le vert émeraude pour l'une et le bleu océan pour l'autre. Peut-être se rendirent-ils compte finalement qu'ils venaient de se regarder de cette façon pendant plusieurs secondes, car au même moment ils éclatèrent de rire, un rire plein de joie et d'allégresse extériorisant toute l'euphorie enfouie en eux pour ces retrouvailles.

- Navré Harry, s'excusa Cygnus en serrant la main de celui-ci lorsqu'ils terminèrent de rire. Nous nous attendions à te voir apparaître sous ton ancienne apparence, et nous avons été surpris par ce que nous avions sous les yeux. Même ta voix a légèrement changé...

- Ne vous excusez pas Mr, je me doute que mon apparition a dû vous troubler. J'aurais sans aucun doute agis de la même manière si j'avais été à votre place.

- C'est incroyable…, souffla Belvina sans lâcher des yeux Harry qui venait de lui faire un baisemain avant de saluer Astoria. Par quel prodige as-tu réussi à changer à ce point ? Tu n'es pas sous un sortilège d'illusion n'est-ce pas ?

- Non non, c'est bel et bien ma nouvelle apparence, mais mère vous l'expliquera bien mieux que moi.

- Mère ? répéta la mère de Daphné. Lily est au courant ?

Avant qu'Harry ne puisse lui répondre, la cheminée s'anima de nouveau et laissa apparaître quelques secondes plus tard Marie-Louise dans son âtre. Harry se précipita aussitôt pour lui offrir sa main et l'aider à sortir de là sous les yeux ahuris de la famille Greengrass qui voyait arriver chez eux une femme inconnue dans une robe pouvant faire pâlir de jalousie Narcissa Malefoy. Il n'y avait plus guère de doute maintenant quant à la raison pour laquelle Harry ressemblait tellement à un noble dans son attitude et ses vêtements lorsque l'on voyait cette dame se présenter à eux.

- Pardonnez mon retard Gabriel, Giuseppe ne cessait de me demander ce que nous mangions pour le repas de ce soir, dit-elle en acceptant la main tendue de son fils. Cet homme ne semble pas comprendre la nécessité de manger un repas équilibré et frais par une chaleur aussi intense…

- Ce n'est rien mère, j'ai eu amplement le temps de fêter mes retrouvailles avec la famille Greengrass en votre absence. Si vous voulez bien me suivre, je vais faire les présentations…

Dirigée par son fils jusqu'à eux, Marie-Louise put enfin voir de ses propres yeux ceux qui seront d'une manière comme une autre liés à elle par le mariage entre Harry et Daphné. Chaque Greengrass observa la nouvelle arrivante avec des yeux exorbités, croyant avoir affaire à une apparition presque divine. Jamais de la vie il n'aurait pensé voir un jour ce genre de dame arriver dans leur humble salon, et surtout voir le fiancé de Daphné lui tenir la main comme à une personne très proche de lui.

- Mère, voici le Seigneur Cygnus Greengrass et sa femme Lady Belvina Greengrass ainsi que leurs deux filles, Astoria et Daphné, dit-il en français. Mr et Mme Greengrass, voici Marie-Louise de Savoie, princesse de Lamballe et…ma mère adoptive.

- C'est un plaisir de vous rencontrer, lança Marie-Louise en tendant sa main au père de Daphné. Mon fils m'a tant parlé de vous que j'ai l'impression de vous connaitre depuis toujours.

Néanmoins, les adultes devant elles n'étaient pas aussi loquaces qu'elle et tout ce qui répondit à ses salutations fut un silence pour le moins pesant. Les Greengrass semblaient trop choqués par la dernière information donnée par Harry pour dire le moindre mot, et même Astoria qui pourtant était une petite fille très bavarde avait en un instant perdu l'usage de la parole. Découvrir qu'Harry avait une nouvelle mère était un choc pour eux et jamais il n'aurait imaginé que la vie du fiancé de leur fille avait changé à ce point là.

- V-vous êtes la mère d'Harry ? répéta d'un air choqué Belvina. Mais… Il a déjà une mère !

- Hé bien maintenant il en a deux, répondit-elle sans se départir de son sourire. Je suis d'ailleurs venue ici pour vous en parler si cela ne vous ennuie pas.

Cygnus accepta finalement la main que lui tendait Marie-Louise en se rendant compte de son comportement irrespectueux à son égard, de même que sa femme l'enjoignit quelques instants plus tard non sans se montrer malgré tout suspicieuse à son égard. Cette histoire avait l'air d'être très étrange, et la sincérité et l'honnêteté de la femme se présentant à elle était encore à prouver.

- Vous devez être la petite Astoria, n'est-ce pas ? roucoula t-elle en tapotant tendrement le petit nez de la sœur de Daphné. Vous êtes absolument ravissante, exactement comme vous décrivait Gabriel.

- Qui c'est Gabriel ? demanda d'une petite voix Astoria en la regardant confusément.

Marie-Louise se contenta de lui sourire gentiment avant de se tourner vers son fils. D'un clin d'œil, elle l'intima en silence à éloigner pour quelques temps Daphné de cette pièce le temps qu'elle explique à ses parents toute l'histoire le concernant et la proposition qu'elle souhaitait leur faire.

- Serait-il possible que nous discutions en privé Daphné ? proposa Harry en lui tendant son bras. J'ai tant de choses à te raconter.

- Hé bien heu… O-oui bien sûr, approuva t-elle bien qu'elle regarda d'un drôle d'air son fiancé en se demandant pourquoi il faisait preuve de tant de cachotteries.

Les deux enfants sortirent rapidement en direction du jardin, laissant derrière eux trois adultes et une petite fille terminer de faire connaissance, même si pour les Greengrass, le congédiement d'Harry était étonnant pour ne pas dire étrange.

- Si vous voulez bien vous donner la peine de vous asseoir, proposa Belvina en désignant de la main l'un des fauteuils du salon, je pense qu'il serait bien plus agréable d'être confortablement installés pour mieux discuter.

- Je n'aurais pas dit mieux, approuva Marie-Louise tandis qu'elle prenait place juste à côté d'Astoria.

Cygnus, en bon gentleman qu'il était, l'aida à s'asseoir en lui proposant sa main qu'elle accepta bien volontiers, avant lui-même de prendre place sur le siège qu'il occupait d'ordinaire.

- Pourriez-vous nous expliquer ce changement dans l'apparence d'Harry ? lui demanda la mère de Daphné en faisant apparaître sur la table basse du salon un plateau garnis de tasses de thé et de petits biscuits. Et pourquoi l'appelez-vous Gabriel ?

- Oh mais avec joie, répondit Marie-Louise en acceptant la tasse que lui offrait la maîtresse de maison. Pour répondre à votre première question, j'ai pour faire simple adopté Harry grâce à l'une de mes dernières créations en matière de filtre. Cette potion a remplacé tout ce qui le liait de près ou de loin à Mr Potter par mes propres caractéristiques, et ce grâce au sang. Le principe de ma potion est le même que celui d'une potion d'adoption basique hormis le fait que mon filtre ne contenait que le sang d'une seule personne, moi-même. Pour vous donner une image reflétant le résultat de mon travail, imaginez simplement qu'Harry et le fruit de l'union entre Mme Potter et ma propre personne.

- Il… Il n'est plus un Potter alors ? s'enquit avec un air étonné Cygnus.

- Plus vraiment. Il est de par sa mère un Evans, mais également désormais un héritier de la maison royale de Savoie dont je suis issue. Mon défunt mari étant apparenté à la famille royale de Bourbon qui a donné de nombreux héritiers à la couronne de France, Harry est également apparenté à cette branche de la monarchie française bien qu'il n'ait aucun lien biologique avec eux. En vérité, son nouveau statut le lie également à de nombreuses autres familles royales d'Europe, en particulier auprès des cours de Sardaigne ou de Sicile, ce qui fait que du sang royal coule désormais en lui. Quant à la raison pour laquelle je l'appelle Gabriel, c'est une décision qui lui est propre. Nous avions besoin de lui faire de faux papiers d'identité pour rejoindre en bateau mon domaine et pour échapper aux autorités moldues qui sont toujours à ma poursuite, et Harry a choisi ce prénom en lisant un passage de la bible. Il a par ailleurs choisi de garder ce nom à notre arrivée, et depuis n'a jamais souhaité se faire appeler autrement. Harry Potter n'existe plus que dans les registres des naissances de votre pays, sa nouvelle identité étant Gabriel de Savoie, prince de Lamballe et duc de Carignan, Châteauvillain et de Penthièvre.

Ces dernières informations arrachèrent un halètement de stupeur de la part des parents de Daphné et même d'Astoria. Le petit garçon qu'ils n'avaient pas vu depuis plusieurs mois maintenant avait apparemment subi d'énormes bouleversements dans sa vie, des bouleversements qu'ils n'auraient jamais soupçonné. Le simple Harry Potter, fils d'un père tyran et d'une mère aimante mais impuissante face aux agissements de son mari et du directeur de Poudlard était devenu un aristocrate dans toute sa splendeur, avec deux mères mais aucun père et de toute évidence fortuné. Le destin était peut-être écrit à la naissance, mais celui du fiancé de Daphné était décidément différent des autres.

- C'est… C'est très étonnant, avoua Belvina en portant nerveusement sa tasse à ses lèvres.

- La mère d'Harry nous avait raconté avoir mis en sécurité son fils du fait des agissements du directeur et de son propre mari envers lui, mais nous n'aurions jamais pensé qu'elle en serait venue à cette extrémité.

- Oh rassurez-vous, elle n'aurait jamais imaginé confier la garde de Gabriel à quelqu'un d'autre, et encore moins à moi. Pour tout vous dire, je n'ai encore jamais eu l'occasion de m'adresser à elle et encore moins de la rencontrer, mais le destin a choisi que nous soyons d'une étonnante manière liées l'une à l'autre.

- Comment pouvez-vous avoir la garde d'Harry… Hm pardon je veux dire Gabriel, si Lady Potter ne vous en a jamais donné la possibilité ?

- Une question très pertinente Mr, affirma Marie-Louise en inclinant légèrement sa tête. C'est un très long récit que je m'apprête à vous raconter, mais il est important que vous sachiez la vérité concernant cette curieuse histoire.

L'idée de départ n'était pourtant pas de leur avouer les raisons pour lesquelles Harry avait été abandonné par sa famille dans cet orphelinat pour ne pas leur donner une mauvaise impression de Lily Potter, mais mieux valait pourtant leur expliquer pourquoi Harry se trouvait avec elle maintenant quitte à n'oublier aucun détail, pas même ceux pouvant leur causer du tort. Les Greengrass méritaient bien de savoir la vérité, et de toute manière, chacun l'aurait su tôt ou tard grâce à leur fille ainée. Si Marie-Louise espérait que son plan se concrétise, alors elle devait jouer cartes sur table avec eux et ne rien leur cacher pour qu'ils acceptent sa proposition. Une relation se base sur la confiance après tout. Pour le bien du petit couple, il fallait parfois faire des petits sacrifices.

- Je ne sais pas si je suis la plus à même de vous raconter cette histoire si les principaux concernés ne vous en ont pas touché le moindre mot, mais je peux vous dire ce que je sais en reconstituant les éléments que m'a fourni Gabriel et ceux que j'ai pu moi-même récolter depuis notre rencontre maintenant.

- Nous ne le raconterons à personne si cela peut vous rassurer, jura Belvina tandis que son mari hochait simplement sa tête pour confirmer ses paroles. Nous pouvons faire un serment magique si c'est ce que vous souhaitez ?

- Je préférerai si cela ne vous ennuie pas. Mme Potter s'est donnée tant de mal pour mettre en sécurité son fils, je m'en voudrais de réduire à néant ses efforts en divulguant à d'autres ce qu'elle a fait.

Les parents de Daphné hochèrent simplement leur tête avant chacun de prendre leur baguette respective et de la mettre en évidence devant leur visage comme des escrimeurs.

- Moi, Belvina Greengrass, jure sur ma magie de ne rien divulguer de ce qui ressortira de cette conversation tant que les personnes concernées par celle-ci ne le sauront également. Ainsi soit-il.

Une légère lueur bleutée apparut aussitôt au bout de sa baguette avant de disparaître tout aussi rapidement qu'elle était venue. Son mari fit également le même serment ainsi qu'Astoria par précaution. Leur fille avait beau être bavarde, jamais elle n'irait jusqu'à renoncer à sa magie en faisant aller sa langue aussi bêtement. Deux précautions valaient mieux qu'une.

- Bien alors je vais vous dire tout ce que je sais. Comme vous vous en êtes rendus compte, Harry vit à présent chez moi, et ce depuis plusieurs mois. Nous nous sommes rencontrés par hasard alors que je rendais visite en compagnie de la princesse d'Hanovre à des orphelins dans le cadre d'une sortie officielle de la cour royale britannique…

- Un orphelinat ? la coupa Cygnus. Vous voulez dire qu'Harry vivait dans un orphelinat ? C'était cela la solution de Lily ?

- Oui, mais ne lui en voulez pas pour cette décision : Elle a pris celle qui lui semblait la plus sensée et la moins risquée pour la sécurité de son fils, et cette décision est fort louable de sa part. J'ai donc fait la rencontre de ce curieux garçon ce jour là, mais pas directement. En arrivant devant ce sinistre bâtiment, j'ai été immédiatement attiré par la magie s'échappant de lui qui se présentait à moi sous forme de petits volutes de fumées que je fus la seule à voir. Je n'avais encore jamais vu cela…

- De la magie s'échappait de lui ? répéta la mère de Daphné. Comment est-ce possible ?

- Très peu de gens sont capables de voir les résidus magiques qui ressortent du noyau d'une personne et je fais partie de cette catégorie. Harry possédait tellement de magie en lui qu'il n'était pas capable de la conserver et sans même s'en rendre compte, il gaspillait ainsi ses chances de pouvoir l'utiliser à bon escient. Notre rencontre s'est fait peu après dans le dortoir de cet orphelinat.

- Quelle étrange idée que de le laisser dans un orphelinat, lança distraitement Cygnus en se servant dans la coupelle de biscuit. Je pensais que Lily avait de la famille pour s'occuper d'Harry, même éloignée. J'espère en tout cas qu'il était réellement en sécurité dans cet endroit.

- Il l'était… plus ou moins. Séparé un temps du monde magique, il évitait ainsi de croiser ainsi son père ou le directeur de Poudlard et trouvait un excellent abri où dormir et se nourrir, mais il n'était pas pour autant sorti de tout danger, loin de là. Sa mère avait choisi de l'envoyer ici pour lui éviter de devoir vivre sous le même toit que sa tante, Petunia Dursley si je ne m'abuse. Selon les propres dires de mon fils, cette femme et son mari seraient ouvertement hostiles à toute forme magie et auraient sans aucun doute fait usage de la violence contre lui, mais Lady Potter a choisi d'outrepasser les plans de Dumbledore en ne confiant pas la garde d'Harry a sa sœur mais plutôt à un orphelinat où elle irait le chercher au bout de trois longues années, lorsqu'il commencerait sa scolarité à Poudlard.

Le mystère entourant cette étrange affaire commençait enfin à se dissiper pour les Greengrass, même si de nombreux points étaient encore à éclaircir pour eux. Ils ne se firent d'ailleurs pas prier pour en savoir davantage sur cette histoire, d'autant plus que la femme présente avec eux était elle-même très captivante dans son genre.

- Sauriez-vous par hasard la raison pour laquelle le professeur Dumbledore souhaitait voir partir Harry de chez lui ? lui demanda Cygnus. La réponse officielle de Lily est qu'il n'était pas en sécurité plus longtemps chez lui, mais sa vie n'était en elle-même pas menacée ?

- Hé bien, à vrai dire, Gabriel se montre plutôt réservé sur les raisons ayant poussé son propre père à l'abandonner. Mais il semblerait que le directeur de Poudlard ait jugé nécessaire le départ du fils aîné des Potter pour que tout le monde puisse pleinement se concentrer sur le « sauveur » du monde magique. Mon fils était apparemment un gêneur dont il fallait se débarrasser, et avec l'accord de James Potter, Dumbledore voulait l'envoyer quelques temps chez la sœur de son épouse pour que Lily puisse pleinement s'occuper de son second fils. Le directeur de poudlard a conçu un plan très ingénieux visant à enclaver peu à peu le héros de la nation autour d'un seul et même point : Lui et sa famille. Matthew Potter ne serait selon moi qu'un pion dans l'échiquier de Dumbledore, un pion qu'il isole peu à peu du reste du monde pour avoir un meilleur contrôle sur lui, et Gabriel lui n'en faisait pas partie.

Cygnus hocha sa tête aux explications que lui fournissait la mère d'Harry, non sans au passage soupirer devant les tentatives de manipulation du directeur, un homme qu'il n'avait jamais réellement aimé même lorsqu'il était étudiant dans son école. L'imaginer essayer d'asseoir son emprise sur la famille Potter était tout à fait possible, sans compter que le comportement surprotecteur qu'il avait envers le fils cadet de Lily prouvait qu'il avait à cœur d'être omniprésent dans sa vie. Belvina de son côté était davantage préoccupée par la façon dont avait été traité son futur beau-fils dans cet orphelinat, elle-même ayant eu à de nombreuses reprises à traiter avec des cas de violence gratuite lorsqu'elle officiait pour un temps à l'hôpital Ste Mangouste. Les nés-moldus avaient tendance à être brutalisés lorsqu'ils se trouvaient au beau milieu d'une foule de personnes non-magiques, et les orphelinats ne dérogeaient pas à la règle.

- Il… Il ne vivait pas la vie heureuse qu'espérait sa mère, loin de là, lui avoua Marie-Louise lorsqu'elle lui posa la question. Lorsque je l'ai rencontré, ses vêtements étaient déchirés en plusieurs endroits et le reste de ses affaires avait été utilisé pour boucher les canalisations de l'orphelinat quand elles n'étaient pas tout simplement volées par ses camarades de chambrée. Il n'avait aucun ami et se faisait malmener par certains orphelins à cause de ses origines aisées, et le personnel de l'orphelinat ne faisait strictement rien pour lui venir en aide. Pire encore, il aurait été à de nombreuses reprises enfermé dans la cave de cette institution pour des bêtises qu'il aurait commis. Je ne vous cacherai pas qu'il était en général en dehors de ces choses là mais tout le monde avait tendance à lui faire porter le chapeau de ces actes répréhensibles. Mes amies tout comme moi ont très bien remarqué que cet enfant était malheureux là où il était, séparé de ceux qu'il aime à cause des choix douteux d'un directeur sénile et d'un père violent, brutalisé pour être le fils d'une famille aisée et isolé de tout ce qu'il connait.

- Vous savez, nous n'aurions pas été contre de prendre Harry quelques temps chez nous pour lui éviter ceci, mais sa mère a supposé que cela aurait pu nous être préjudiciable, notamment parce que son propre père aurait pu se servir de cela pour raconter à qui l'entend que nous avions enlevé son fils, l'informa Cygnus en posant au passage sa main sur celle de son épouse qui en cet instant était livide. Si nous avions su, peut-être aurions-nous insisté pour en avoir la garde durant ces trois années…

- Ne vous accablez pas comme cela, vous n'êtes absolument pas coupable de quoi que ce soit dans cette triste histoire, répondit Marie-Louise d'un ton apaisant. En vérité je pourrais même vous remercier de ne pas l'avoir fait car je n'aurais ainsi jamais croisé la route de Gabriel.

Même si cela n'atténua pas le sentiment de culpabilité qu'avaient les parents Greengrass, cette remarque leur arracha tout de même un sourire.

- Pour en revenir à mon récit, nous avons longuement discuté de son enfance, de sa vie dans cet orphelinat, du pourquoi il se trouvait dans cet endroit et même de magie. J'ai découvert ce jour-là un sentiment qui ne m'était encore jamais apparu, quelque chose que je n'aurais jamais pensé ressentir de toute ma vie. C'était à la fois une sensation de malaise qui m'habitait mais un malaise étonnamment agréable car je venais de découvrir que je pouvais trouver un sens à ma vie, une vie qui jusqu'à ce moment là était bien morne et fade. Je pensais au départ que mon envie de voir Gabriel me suivre dans mon domaine n'était que pour avoir la possibilité d'entrainer moi-même un garçon qui me semblait très prometteur et qu'il serait idiot de ma part de laisser un filer un tel potentiel sans lui permettre de l'exploiter, mais je me suis rapidement résolu à l'évidence même de mes sentiments : J'avais tout simplement envie de protéger ce garçon, de l'arracher à cet enfer qui était le sien et surtout de consacrer mon temps à l'éducation d'un enfant que j'avais jamais pu avoir jusqu'à maintenant. Je ne pensais pas encore ce jour-là en faire mon fils, mais l'idée m'est venue rapidement pour tout vous dire, et aucun de nous ne regrette ce choix. J'ai donc le soir même adopté

Harry légalement, bien que j'ai dû marchander avec la directrice de cet orphelinat pour qu'elle accepte de m'en laisser la garde, et nous sommes dès le lendemain repartis pour la France où je possède de nombreux domaines, notamment celui dans laquelle nous vivons actuellement, le château de Lamballe.

Marie-Louise interrompit quelques secondes son récit, le temps pour elle de savourer le délicieux thé de Belvina Greengrass et de regarder du coin de l'œil la petite Astoria qui était littéralement scotchée à ses lèvres. Cette histoire semblait en tout cas beaucoup lui plaire.

- C'est durant notre trajet jusque Douvres qu'Harry a choisi ce prénom français pour prendre une fausse identité en lisant tout simplement la bible que je lui avais confié. Je suis issue d'une famille très pratiquante, et Harry a choisi de bonne grâce de se plier à cela en devenant lui-même catholique. Gabriel est l'ange ayant annoncé à la vierge Marie qu'elle allait donner naissance au fils de Dieu, et mon fils a supposé que tout comme cet ange, son arrivée dans ma vie était un présage de bonnes nouvelles pour moi.

- C'est une si charmante attention de sa part, roucoula Belvina tandis que son mari roulait des yeux face à son comportement. Mais qu'en est-il à présent de sa situation ? Vous l'hébergez chez vous le temps qu'il atteigne ses onze ans et que Lily vienne le reprendre ?

- Pour l'instant Gabriel vit effectivement chez moi, mais il n'est pas encore certain qu'il retourne un jour chez les Potter. Je dirai même qu'il serait idiot de ma part de le rendre à son désormais ancien père, ce serait comme le jeter dans les doigts crochus de Dumbledore. Je pense que je contacterai tôt ou tard Mme Potter pour lui révéler la vérité et lui offrir la possibilité de voir son fils autant qu'elle le désire sur mes terres. En attendant ce moment, je m'occupe de Gabriel en le formant à la magie, notamment la magie sans baguette pour laquelle il semble être doué de nature. Je suis moi-même une très bonne pratiquante de cette forme de magie, mais il se pourrait bien que dans quelques années il parvienne à me surpasser. Je lui enseigne également d'autres matières que l'on inculque également à Poudlard, et Gabriel s'avère être un excellent élève très assidu. Ses connaissances pourraient vous surprendre. Je n'ose imaginer la réaction qu'aurait James Potter s'il voyait ce qu'est devenu son fils et le niveau qu'il présente. Je ne saurais trop m'avancer, mais je suis certaine qu'à côté de lui, le petit frère de Gabriel ne vaudrait absolument rien, ajouta t-elle fièrement.

Même les parents de Daphné esquissèrent un sourire amusé à cette phrase, eux-mêmes ayant eu " la chance " de voir Matthew Potter à l'oeuvre. Vu le niveau qu'il affichait, n'importe qui pouvait le battre, même leur fille. Cette pensée égaya énormément l'atmosphère du salon, et leur conversation reprit de plus belle dans un climat favorable aux échanges et aux rires.

A quelques dizaines de mètres de là, Harry et Daphné marchaient paisiblement dans le charmant jardin des Greengrass, discutant du même sujet que leurs parents et ce sans même le savoir. Leur correspondance par courrier avait déjà éclairci de nombreux mystères, mais entendre toute l'histoire de la bouche de son fiancé fut tout de même bien plus instructif que tout le reste, et Daphné était encore choquée par les dernières annonces faites par Harry. Elle qui s'était imaginée des dizaines de scénario tous autant farfelus les uns que les autres, celui-ci était pour le moins incroyable et difficile à croire. Son meilleur ami, son fiancé, le garçon avec qui elle avait déjà partagé tant de choses, avait à présent une autre famille, une autre vie et d'autres responsabilités qui incombaient à son rang.

La raison pour laquelle il se montrait aussi réticent à lui raconter la vérité sur ce qu'il vivait actuellement lui parut claire maintenant, même si elle aurait souhaité être mise dans la confidence bien plus tôt, mais peu lui importait à présent : Harry avait finalement refait surface dans sa vie, et même si son apparence et l'assurance qu'il dégageait maintenant étaient déroutantes à ses yeux, Daphné fut plus qu'heureuse de l'avoir retrouvé sain et sauf et surtout en bonne santé. Tout le reste pouvait attendre, seule comptait la présence de son ami qui lui avait tellement manqué.

- C'est incroyable Harry, souffla t-elle pensivement une fois qu'il eut fini de raconter en détail ce qu'il faisait chez sa nouvelle mère. Cette histoire mériterait d'être publiée dans un livre tellement elle est étonnante.

- Je sais, et par moment je me demande si tout ceci n'est pas un rêve et si je ne vais pas me réveiller dans cet horrible orphelinat. J'ai encore beaucoup de mal à réaliser la chance que j'ai eu de rencontrer cette femme et le virage qu'a soudainement pris ma vie ces derniers mois, mais je ne m'en plaindrai pour rien au monde.

- En tout cas tu es devenu très beau, avoua en rougissant Daphné en le regardant discrètement. Ces habits sont très élégants, ils sont faits sur mesure ?

- Évidemment, dit-il d'un ton faussement pompeux. Mère connait de nombreux couturiers et couturières louant leurs services pour me satisfaire, et cet ensemble s'inspire des tenues militaires d'officiers moldus. Ce n'est pas encore décidé, mais il se pourrait que je rejoigne éventuellement une école militaire pour faire mes classes dans l'armée française.

- Quelle drôle d'idée ! s'exclama t-elle avec amusement. Je n'arrive pas à t'imaginer servir dans une armée moldue !

- Oh mais j'anticipe ! J'ai déjà commencé à m'avancer dans mes études, et le résultat pourrait t'étonner !

- J'aimerai bien voir ça, lança Daphné. Montre moi donc ce que tu sais faire !

Piqué par le défi proposé par Daphné, Harry se défit du bras qu'elle avait entouré autour du sien et chercha des yeux une cible potentielle pour lui prouver ses dires. Le jardin qu'entretenait presque amoureusement Mme Greengrass ne méritait pas qu'on le détruise en lançant à tout va n'importe quel sortilège, aussi Harry prit son temps avant de dénicher la cible parfaite, en l'occurrence une simple bûche déposée négligemment au pied d'un arbre.

- Regarde cette bûche, dit-il en pointant du doigt l'objet en question. Dans quelques secondes, elle sera détruite en deux.

Sans attendre, Harry replia très légèrement son pouce, actionnant par la même occasion le mécanisme de son étui à baguette fixé sur son avant-bras. Celle-ci fut expulsée rapidement pour venir se loger tranquillement au creux de sa main et ce sous les yeux étonnés de Daphné.

- Tu… Tu as une baguette !? lui demanda t-elle sans quitter du regard ce que tenait à présent Harry entre ses doigts. Quels sont ses composants ?

- Un crin de sombral et du bois de pin d'Arole, l'informa t-il en souriant légèrement à la description de sa baguette dont il était très fier. Le fabricant ayant crée cette merveille m'a dit que c'était une composition très originale et sans doute unique en son genre. J'ai effectué un autre ajout sur ma baguette, un ajout qui ne se fait que dans quelques familles de la sorcellerie : Le sang de ma mère.

- Pour quelle raison ?

- C'est une tradition qui veut que l'on mêle le sang de l'un de nos parents au noyau de notre baguette pour le renforcer. La maison royale de Savoie est une très vieille famille sorcière remontant au XIème siècle et a toujours été réputée pour la puissance que possédait chacun de ses membres, il est par conséquent d'usage de transmettre à ses descendants ce qui fait sa force. Par ailleurs c'est également par mesure de sécurité que cela se fait. Le sang va se mélanger au noyau de ma baguette, et cela la liera entièrement à moi. Personne d'autre ne pourra par conséquent l'utiliser, du moins personne ne possédant pas le même sang que moi. Par exemple si tu prenais cette baguette dans ta main, elle ne te serait d'aucune utilité, même pour créer des étincelles.

- Fascinant…, marmonna Daphné en regardant à présent d'un air émerveillé l'objet que tenait Harry. J'aimerais bien en avoir une comme celle-ci.

- ça pourrait se faire, répondit simplement son fiancé en pointant avec sa baguette la bûche. Pour l'instant je vais te montrer mes progrès. Wingardium Leviosa !

Sa cible lévita aussitôt de plusieurs centimètres au dessus de l'herbe, mais Harry en profita pour l'amener également jusqu'à lui alors que les utilisateurs de ce sortilège en étaient généralement incapables. Mais si Harry croyait impressionner Daphné en utilisant ce sort, il déchanta rapidement en voyant que son petit tour ne lui avait même pas fait hausser un sourcil.

- C'est tout ? dit-elle, légèrement déçue. Tu pouvais faire la même chose sans baguette si je ne m'abuse, et même moi je sais le faire depuis très longtemps maintenant.

- Oui, mais il faut apprendre à recopier les mouvements que je faisais avec le doigt en utilisant cette fois-ci une baguette, chose que je ne savais pas faire avant.

D'un geste de la main gauche, Harry projeta à son point initial la bûche qui alla s'écrasa mollement sur le coin d'herbe qu'elle venait de quitter.

- Reducto ! s'écria t-il soudainement.

Le sort d'une lueur bleutée s'échappa aussitôt de sa baguette pour venir percuter violemment la cible désignée par son lanceur. La pauvre bûche déjà malmenée explosa comme prévu en deux morceaux, laissant sur chacun d'entre eux une marque de brûlures et dégageant une petite odeur de bois brûlé.

- ça alors… Mais… Ce sort est enseigné en cinquième année à Poudlard !

- Mère pense que l'enseignement à Poudlard n'est pas le plus performant d'Europe, l'informa son fiancé en rangeant sa baguette dans son étui. Elle pense que n'importe qui, peu importe son âge et ses aptitudes est à même de pouvoir apprendre ce sortilège, même un première année. La seule différence notable est que le noyau magique d'un enfant de onze ans n'est pas le même que celui d'un adolescent de quinze ans, et que la quantité restante de magie varie ainsi en fonction du sortilège utilisé. Un première année se fatiguera plus vite de ce fait en utilisant le reducto qu'un élève plus âgé.

- Je vois, mais cela veut dire que l'on pourrait très bien apprendre le programme scolaire d'un élève passant ses ASPIC même si l'on n'a pas encore l'âge demandé ?

- Entre autre oui, et c'est ce que je fais en vérité. Mon enseignement regroupe les sept années d'étude de Poudlard en un seul et même programme bien que je n'ai pas encore commencé mes leçons d'étude des runes et d'arithmancie, et cela me permet de me rendre compte que je n'ai strictement rien à envier à quelqu'un ayant dix ans de plus que moi en ce qui concerne nos connaissances en magie. Maintenant regarde bien…

Harry pointa de nouveau son doigt sur les deux morceaux de bûche, mais pas seulement : Toute sa main était désormais tournée en direction de sa cible, parfaitement immobile et sans la moindre petite secousse, chaque doigt légèrement écarté l'un de l'autre et tout aussi immobile que le reste de son bras. Daphné remarqua également qu'Harry avait fermé les yeux, lui donnant l'impression d'être assoupi tout en restant debout. Le spectacle que lui offrait son fiancé était pour le moins étonnant, mais la suite lui montra qu'elle était encore loin de douter des prouesses dont il était capable.

- Reducto ! s'exclama t-il de nouveau.

A la grande surprise de Daphné, pas un mais cinq rayons de lumière bleus, sortant chacun d'un de ses doigts, vinrent frapper les morceaux de bois qui au contact des multiples sortilèges explosèrent à nouveau cette fois-ci en une multitude de petits morceaux s'éparpillant à travers toute la cour du cottage des Greengrass. Daphné était pour le dire simplement… abasourdie par ce que venait de lui montrer Harry.

- Waw ! dit-elle au bout de quelques secondes. Je n'avais encore jamais vu ça !

- C'est normal, nous sommes déjà très rares à savoir utiliser la magie sans baguette, alors en plus de ça utiliser tous ses doigts pour la manipuler… Je pourrais utiliser les dix pour le même résultat, même si pour l'instant je travaille encore là-dessus.

- Tu connais d'autres sortilèges de ce genre ? lui demanda Daphné d'un air excité.

- Quelques-uns, mais ils ont pour but de me défendre uniquement, répondit-il en frappant distraitement dans un débris de bois. Mère pense qu'il est encore trop tôt pour que je devienne une encyclopédie des sortilèges et elle ne souhaite pas me voir devenir trop puissant aussi rapidement. Elle pense que l'apprentissage doit se faire en douceur et petit à petit pour le bon équilibre d'un enfant.

- Tu as vraiment de la chance, soupira Daphné. Maman pense que je suis encore trop jeune pour faire de la magie, alors elle passe son temps à m'apprendre à être une Lady.

- J'apprends la même chose que toi si cela peut te rassurer, sauf que moi c'est une tante qui me donne des cours. J'ai dû entre autre apprendre à marcher comme un noble, le nom de tous les couverts et leurs fonctions, à m'exprimer de façon claire et digne de mon nouveau rang ou encore à…

- à ?

- Ne te moque pas, dit-il nerveusement en regardant partout ailleurs sauf vers elle. J'ai dû apprendre à me tenir droit comme un i avec… un corset.

Malgré l'ordre que lui avait donné Harry, Daphné explosa de rire à cet aveu, sous l'air résigné de son fiancé qui regrettait déjà de lui avoir dit cela.

- Merlin Harry ! Un corset !? Mon pauvre ami, qu'est-ce que ce devait être humiliant !

- Arrête ! marmonna t-il sombrement. Je n'en mets plus maintenant, et ça m'a permis de marcher avec une grâce que je n'aurais jamais pensé avoir !

- Oui mais quand même, un corset ! Je ne sais pas si je vais pouvoir t'amener dans ma chambre maintenant, tu pourrais être tenté de mettre les miens ou même mes robes !

Harry la regarda sans réagir repartir dans un nouvel éclat de rire, mais au bout du compte, il finit par la rejoindre en trouvant lui-même que cette triste histoire avait finalement un petit côté amusant pour ceux qui n'en étaient pas les instigateurs. D'un point de vue externe, l'imaginer avec un vêtement porté d'ordinaire par une femme pouvait effectivement sembler horripilant, et si jamais Lily et Rosie avaient vent de ce qu'il avait enduré, il était certain qu'elles-mêmes réagiraient de la même façon.

- Nous devrions peut-être rentrer maintenant, proposa t-il en lui tendant son bras pour qu'elle s'y accroche. Mère a sans doute terminé de raconter ce qu'elle souhaitait dire à tes parents maintenant.

- Que voulait-elle leur dire ? demanda t-elle tandis qu'ils se dirigeaient tous les deux vers la porte du jardin.

- La même chose que moi avec toi, enfin je suppose. Elle est une bien meilleure narratrice que moi, mais je ne me défend pas trop mal non plus.

- Dis-moi… Comment dois-je t'appeler maintenant ? s'enquit t-elle soudainement d'un air soucieux. Je suis tellement habitué à t'appeler Harry que j'ai un peu de mal à t'appeler Gabriel. Ta nouvelle maman semble s'en être facilement accommodée, mais je doute que ce soit le cas pour nous autres.

- Appelle moi Harry lorsque nous sommes en privé ou avec des personnes connaissant ma véritable identité. Sinon le reste du temps, ce sera Gabriel. Tu peux également m'appeler Monseigneur comme mes domestiques, ou mon prince, votre altesse, mon…

Un coup de poing bien placé par Daphné lui fit cependant arrêter ses élucubrations alors qu'ils marchaient à présent sur le sol dallé délimitant la cour du jardin herbeux et fleuris des Greengrass. Bientôt la porte du jardin fut ouverte et tous les deux pénétrèrent de nouveau dans le salon où les attendaient tranquillement leurs parents. La délicieuse odeur du thé de Belvina leur titilla aussitôt les narines, et l'espace d'un instant, Harry regretta d'être partie en ballade avec sa fiancée en ratant de ce fait la dégustation de ce breuvage.

- Oh revoilà les tourtereaux, minauda Belvina en les voyant apparaitre. Les retrouvailles ont-elles été intéressantes ?

- Maman…, bredouilla Daphné en rougissant de gêne.

- Avez-vous terminé, mère ? demanda t-il en conduisant Daphné vers les adultes sans ne rien laisser paraitre de son trouble.

- Nous n'avons pas encore abordé le sujet qui nous intéressait, déclara t-elle en souriant légèrement devant le spectacle s'offrant à ses yeux. Vous formez un très beau petit couple tous les deux, mais attendez encore quelques années avant de songer à vous éclipser de la sorte, je ne tiens pas à vous retrouver derrière un buisson un beau jour sous prétexte de fêter vos retrouvailles pour ensuite devenir neuf mois plus tard grand-mère. Je me sens encore trop jeune pour ce rôle !

- Mère…, marmonna en rougissant à son tour Harry.

Les adultes rirent joyeusement de leur côté tandis que les deux fiancés s'installaient timidement à côté de Marie-Louise, les yeux orientés vers le sol. Astoria profita de cette remarque pour lancer un « Pourquoi devraient t-ils se cacher pour cultiver leurs choux ? Moi aussi je voudrais bien voir mes petits neveux naitre » qui eut le don de faire redoubler les éclats de rire des parents présents.

- Très bien, alors je ne vais pas vous cacher plus longtemps la véritable raison de ma venue parmi vous, mais cela ne veut pas dire pour autant que je ne suis pas ravie d'être en ce lieu et en si charmante compagnie, commença Marie-Louise une fois que les rires se turent. Cela vous concerne en vérité, Daphné.

- M-moi ? balbutia t-elle en arquant un sourcil.

- Oui vous, et Gabriel est déjà au courant de ce que je m'apprête à vous proposer. Lui-même n'a pas été le moins du monde contre cette idée, bien que je pense que ce soit surtout l'envie de vous voir qui a été le fer de lance de son choix.

Daphné tourna son attention sur le garçon à côté de lui, essayant ainsi de deviner sans le demander de quoi il était question, mais Harry évitait soigneusement de la regarder également, trop occupé à fixer du regard sa mère en esquissant un mince sourire amusé.

- Il me faudra bien évidemment l'aval de vos parents pour que cela se fasse, mais je voulais vous demander si vous aimeriez passer quelques temps chez nous pour suivre une formation identique à celle que je donne actuellement à Gabriel.

- Pour quelle raison ? demanda Daphné en écarquillant des yeux.

- La connexion entre vous et Gabriel du fait de votre contrat de mariage vous permet de donner à l'un comme à l'autre une partie de la magie enfouie dans votre noyau magique et ainsi de fournir à l'autre une quantité suffisante d'énergie lorsqu'il en vient à manquer. Peu de gens se rendent compte de cette possibilité, mais tous les contrats de mariage agissent de cette manière. Cependant, la particularité chez votre fiancé est que la quantité de magie qu'il possède en lui est telle qu'il pourrait vous en fournir en continu sans subir les contrecoups de ce transfert, et vous permettre ainsi de décupler vos capacités magiques sans effort.

- Mais n'est-elle pas trop jeune pour commencer à faire de la magie ? demanda Cygnus en interrompant sa diatribe. Elle ne vient d'avoir que sept ans et ses premiers signes de magie accidentelle ne sont que minimes pour le moment.

- Mon fils pourra si besoin est lui donner un peu de sa magie pour l'aider dans son apprentissage, le temps qu'elle-même puisse pleinement développer ses capacités. Elle ne pourra pas faire de magie sans baguette comme lui, mais ses sorts pourraient s'avérer plus puissant que la moyenne avec un peu d'entrainement. Et avant que vous ne me le demandiez, la trace n'existe pas dans notre pays. Daphné pourra tout à sa guise utiliser une baguette sans craindre de recevoir un avertissement de votre ministère. De toute manière la trace est placée sur chaque nouvelle baguette que conçoit Mr Ollivander et je pourrais éventuellement lui demander de ne pas la mettre sur celle de votre fille. Je suis même prête à payer les frais pour la fabrication d'une baguette personnalisée si vous le souhaitez.

- C'est… C'est très gentil de votre part de nous proposer cela, bafouilla Cygnus en perdant de son assurance. Mais je ne peux accepter votre offre, j'aurais l'impression d'abuser de votre gentillesse. Je préfèrerai investir moi-même dans cette fameuse baguette…

- Très bien, mais laissez-moi quand même financer l'achat d'un étui pour votre fille. Après tout, elle sera tôt ou tard ma belle-fille, et je pense que ce serait la moindre des choses de lui offrir un petit cadeau en complément des titres qu'elle obtiendra en épousant Gabriel.

- Des titres ? répéta Daphné, la mine confuse.

- Pour faire simple, tu deviendras duchesse des nombreuses terres dont je suis depuis peu le propriétaire, et également princesse en m'épousant.

Les parents de Daphné haletèrent immédiatement face à ces révélations, Belvina manquant d'ailleurs de tomber dans les pommes en apprenant que sa fille serait aussi titrée. Et dire que les fiançailles avec Harry n'apportaient rien au départ à Daphné… Cygnus réprima l'envie d'aller directement voir James pour lui lancer ça en pleine figure. Le pauvre croyait l'avoir roulé dans cette alliance, mais les rôles étaient inversés désormais. Lord Potter risquait en tout cas de s'en mordre les doigts s'il l'apprenait.

- Quelle chance ! Tu vas être comme les princesses dans nos histoires ! s'exclama Astoria en regardant avec émerveillement sa sœur. Comme je t'envie !

- Je heu… Oui…, se contenta de balbutier Daphné face à ces nouvelles.

- Alors Daphné, vous ne m'avez pas donné de réponse encore, reprit Marie-Louise en dissipant au passage le petit moment de flottement qui venait de s'installer. Souhaitez-vous passer quelques temps chez nous pour être formée comme Gabriel ? Vous pourrez y venir autant que vous le voudrez tout comme votre famille.

A cette question, Daphné ne savait étrangement pas quoi répondre. L'envie d'apprendre à faire de la magie s'offrait enfin à elle, de même que la possibilité d'avoir pour elle Harry et de passer du temps avec lui, mais d'un autre côté, cela voulait signifier s'éloigner quelques temps de sa famille, et même pour une semaine seulement, Daphné n'aimait pas l'idée. Tout comme Harry, elle était très proche de ses parents et de sa sœur, et ne pas être avec eux avait le don de l'émouvoir continuellement. La solution de facilité aurait été qu'Harry et sa mère vienne eux-mêmes chez elle pour lui enseigner la magie, mais elle se doutait au fond d'elle-même que cette idée n'était pas envisageable. Tournant la tête vers ses parents, Daphné remarqua que tous les deux lui souriaient légèrement, acceptant silencieusement qu'elle s'en aille quelques temps de chez eux. La proposition de la princesse de Lamballe leur plaisait en tout cas, et vu l'expression de leurs visages, ils n'avaient rien à redire là-dessus.

- Je… Je pourrais voir mes parents quand même ? demanda t-elle nerveusement en se tournant vers elle.

- Bien sûr ! Vous pourrez retourner chez vous chaque fois que vous le souhaitez. Je me doute que la séparation doit être difficile à envisager pour quelqu'un de votre âge, surtout lorsque plusieurs centaines d'arpent vous séparent de votre famille, mais j'espère que votre séjour parmi nous vous fera oublier cette absence.

- Alors j'aimerai beaucoup ! accepta t-elle finalement. Quand partons-nous ?

- Quand vous le désirez, même si je pense que ce serait impoli de ma part de partir aussi vite de chez vos parents alors que nous venons seulement de faire connaissance.

- Oh mais vous pouvez rester diner chez nous, proposa Belvina tandis que son mari hochait sa tête en accord. Nous serions ravis d'avoir des hôtes pour égayer cette journée. Je meurs d'envie d'en apprendre davantage sur ce que l'on raconte dans les cours européennes, du moins si cela ne vous ennuie pas…

- Belvina, marmonna sombrement son mari en fronçant légèrement ses sourcils. Tu te comportes par moment comme l'une de ces jeunes filles en mal de potins, et…

Mais comme il s'en rendit compte rapidement, personne ne l'écoutait ou ne portait attention à lui. Les deux femmes étaient déjà plongées dans une longue conversation sur les mœurs de plusieurs monarques européens, incluant bien souvent les maitresses cachées de certains rois, sous l'œil attentif d'Astoria qui en profitait d'ailleurs pour toucher à de nombreuses reprises le tissu soyeux de la robe de Marie-Louise, fascinée par les motifs fleuris et les quelques émeraudes incrustés dessus. Quant à Harry et Daphné, tous les deux s'étaient déjà éclipsés dans la chambre de cette dernière, commençant sans doute à préparer ses bagages et à parler du bon vieux temps comme un couple d'octogénaire nostalgiques de leur passé commun.

- Certaines choses ne changeront jamais, soupira t-il en faisant apparaitre une coupe de vin qu'il s'empressa de boire. Non, les vieilles habitudes ont la vie dure.

A/N : Donc voilà, Harry et Daphné se sont enfin retrouvés ! Bon avant que vous ne me le disiez, j'ai volontairement accéléré les retrouvailles car comme je le mentionne dans ce chapitre, Daphné suivra également un entrainement particulier comme son fiancé ; Elle ne fera pas de magie sans baguette, mais Marie-Louise développera ses capacités en y allant tout doucement quand même : Elle n'a que... six/ sept ans pour le moment.

J'ai terminé ce chapitre il y a peu, et pour vous dire la vérité, j'ai dû même me dépêcher pour le faire : Certains passages ont été écrits en coup de vent (J'ai... oh je ne sais pas comment appeler ça... Un tic ? En tout cas je tenais absolument à vous donner ce chapitre à 10h pile (objectif raté d'ailleurs) ce samedi. Je ne supporte pas l'idée de prendre du retard ^^. Le problème est que certains passages manquent de description, enfin c'est l'impression que ça me donne. Le moment ou Daphné serre Harry dans ses bras notamment est l'un des derniers que j'ai écris : J'ai peur de ne pas avoir donné assez le sentiment de joie qui l'animait à ce moment là, enfin bon.

Hm... Que dire d'autre... Ah oui ! Pour Lily et James, j'ai volontairement coupé à ce moment-là pour que vous ne sachiez pas ce qui découlera de cette conversation (Niark niark niark...). Vous en verrez en tout cas les conséquences dans les prochains chapitres.

Tiens en parlant de ça, le prochain chapitre sera basé sur l'entrainement de nos deux tourtereaux, puis... Je pense faire une ellipse d'un ou deux ans dans le temps pour démarrer l'entrée à l'école d'Harry. Je traîne en longueur j'ai l'impression.

Je répondrai à vos commentaires plus tard (je n'ai pas le temps pour le moment, j'ai droit à une petite visite de courtoisie d'amis de la famille... Hourra. Dès que j'ai le temps, je m'y mets (et je répondrai également au messages privés).

Maintenant petite note informative : L'arpent que mentionne Marie-Louise est une ancienne unité de mesure équivalent à... 71 ou 72 mètres si mes souvenirs sont exacts.

Les vêtements que porte Harry sont inspirés de la tenue qu'arbore Napoléon sur l'un des tableaux le représentant durant la campagne d'Italie (le passage du pont d'Arcole si je me souviens bien). Je suis littéralement raide dingue de cette uniforme, dommage que l'on n'en fabrique plus :'(.

Prochain chapitre dans deux semaines, la semaine prochaine est réservée pour mon autre histoire (quoique le chapitre est déjà très avancé, je pourrais peut-être faire celui-ci également).

à bientôt !