Salut à tous ! J'espère que vous vous portez bien ? Personnellement je suis d'humeur très joyeuse ces derniers temps, surtout depuis que j'ai la quasi certitude que je serai l'an prochain de retour sur les bancs de l'école. C'est drôle, mais vous m'avez finalement convaincu de reprendre mes études et de m'orienter vers une carrière dans l'histoire (bien que j'y pensais déjà auparavant). Maintenant reste à savoir si je m'oriente vers une carrière de professeur ou dans l'archéologie ou encore vers un emploi d'archiviste... Bon on verra ça en temps voulu !

J'espère que l'attente n'a pas été trop longue pour vous ? Même moi j'étais impatient de vous donner ce chapitre, c'est dire ce que vous avez pu éventuellement ressentir...

Par contre avant que vous ne commenciez à lire, je tenais à vous informer de quelque chose : J'ai passé la première semaine à écrire un chapitre totalement différent de celui-là avant... de le supprimer. Ce chapitre parlait de Lily et de la façon dont elle découvrait qu'Harry avait disparu, mais en fait, j'ai davantage passé mon temps à tout effacer qu'à le développer. C'est simple, je n'arrivais pas à le trouver satisfaisant, impossible pour moi de parvenir à un résultat convenable. Je tenais donc à m'excuser auprès des gens (surement nombreux) qui attendaient ce moment-là avec impatience, mais j'ai finalement abandonné ce passage pour me concentrer sur la suite. Cependant, la trame de mon histoire reste la même, et Harry verra très très très bientôt sa mère. Je profiterai de ce moment-là pour vous décrire ce que je n'arrivais pas à mettre dans mon chapitre, du moins ce qu'avait ressenti Lily en découvrant sa disparition et comment elle avait réagi.

Sinon avant que je n'oublie, merci encore pour vos commentaires ! Vous avez encore pulvérisé le record ^^. Je me doutais bien que la rébellion de Lily vous aurait plu, mais pas à ce point !

- Nerumos : Merci pour ton commentaire ! Les retrouvailles sont pour très bientôt ! Quant à savoir comment Harry réagira devant les agissements de son père et ce qu'il va lui faire endurer... Faudra peut-être attendre un peu !

- Yurigirl : Sacrilège ! Oublier une femme aussi sublime ! Que tu sois fouetté sur la place publique pour la peine ! Comme pour Nerumos, il faudra te montrer encore un tout petit peu patiente pour ça, mais promis : elle approche à grands pas ! Par contre ce chapitre répondra sans doute à ta question sur la " maison " qu'intégrera Harry, de toute manière je ne l'aurais pas vu à Serpentard personnellement :s

- Syttaa : Merci pour ton commentaire ! Bon bah ravi d'avoir pu te faire découvrir le domaine des fictions avec un WBWL et potter bashing, personnellement ce sont mes préférées ! Par contre si ça peut t'aider, mieux vaut taper dans les fictions anglaises, elles sont beaucoup plus longues et surtout beaucoup plus nombreuses ! Je vais de mon côté faire autrement que les autres, parce que comme tu as du le remarquer, la trame resta généralement la même. Tu es féministe ? Outch ! Je vais devoir m'attendre à avoir devant ma porte les Femens dans quelques temps qui sait ? En même temps ce n'est pas moi qui fait les règles, je ne m'inspire que des moeurs de l'époque (bon ok, j'aurais pu éviter ça mais... restons logique). Quant à ta remarque des gentils trop gentils et méchants trop méchants, t'en fais pas je ne t'en veux absolument pas ! Cependant, ce chapitre 16 te montrera que Marie-Louise a aussi une petite part d'ombre et est une manipulatrice quand elle le veut !

- Braled/Adi/Serpentard : Merci pour vos commentaires et pour tes encouragements adi ! Alors pour le petit problème que vous rencontrez, cela ne venait pas de moi mais du site ! Apparemment ce bug a été réglé puisque j'ai pu moi-même aller lire ce chapitre aujourd'hui !

Donc au programme de ce chapitre : comme le titre le montre, nous fêtons l'anniversaire d'Harry qui a désormais onze ans ! Un bel âge, vous ne trouvez pas ? L'école approche en tout cas, et vous verrez la décision qu'a prise Harry concernant sa scolarité. Beaucoup de personnages apparaîtront dans ce chapitre, certains que l'on connait déjà quand d'autres seront totalement nouveaux. Ce seront eux aussi des personnages réels !

Je répondrais à vos commentaires quand le temps me le permettra, parce qu'il faut bien avouer que répondre à une trentaine de commentaires prend énormément de temps ^^. Promis je ne vous oublie pas !

Sur ce, bonne lecture !

Edit : Sur la page de mon profil, j'ai posté un petit message concernant les prochaines histoires que je pourrais éventuellement commencer bientôt. J'aimerais en fait savoir votre avis sur les trois, du moins savoir laquelle vous préféreriez voir démarrer. Ce que je peux vous assurer, c'est que des dizaines d'histoires fourmillent dans ma tête, mais que c'est trois là sont les plus susceptibles de voir le jour. Votre avis compte !

Le temps était au beau fixe au dessus de Lamballe, un temps propice aux sorties en plein air et aux activités extérieures. Une chaleur étouffante s'était installée sur les landes françaises, asséchant le lit des rivières et les centaines d'hectares de blé et de maïs s'étendant à perte de vue, et les arbres des forêts, dont les racines n'avaient pu depuis longtemps se satisfaire d'une averse de pluie, commençaient déjà à souffrir de cet été caniculaire et créant déjà quelques incendies de forêt à travers la France. Mais par chance, la forêt de corons avoisinant le château de Lamballe ne souffrait pas de cette sécheresse et offrait aux yeux de chaque voyageur l'image d'un paysage enchantée et d'une végétation luxuriante. Les étendues d'hêtres et d'ormes offraient à leurs visiteurs les charmes de l'ouest de la France et de sa faune locale, mais celle-ci se faisait pour l'instant discrète et préférait se terrer au fond des terriers ou dans la cime des arbres pour éviter la meute de chiens aboyant au cœur de la forêt à la recherche d'une proie facile. Plusieurs setter anglais s'afféraient à rechercher une cible parfaite pour leur maître en aboyant fortement pour effrayer l'animal qu'ils avaient pris en chasse, accompagnés derrière par quelques cavaliers tentant de leur côté de ne pas perdre de vue leurs chiens de chasse.

Parmi eux, un jeune garçon de onze ans aux cheveux mi-longs lui arrivant aux épaules et à l'allure aristocratique menait la tête du groupe. Portant un pantalon en toile blanc, des bottes noires et vernies lui arrivant jusqu'aux genoux et une longue redingote marron par-dessus laquelle un petit sac en toile suffisamment grand pour entreposer un objet avait pris place, le jeune homme semblait particulièrement ravi par cette expédition, et son visage dont il avait appris depuis longtemps maintenant à ne laisser paraître aucune émotion trahissait pourtant parfaitement cet état de joie dans lequel il se trouvait, au grand désarroi de ses accompagnateurs qui peinaient eux à le suivre.

- Monseigneur ! L'interpella d'ailleurs l'un deux tandis qu'ils s'aventuraient à travers la forêt, guidés par les aboiements des chiens plusieurs dizaines de mètres plus loin. Il est dangereux de s'enfoncer aussi loin dans cette forêt ! Vous pourriez vous blesser en faisant une mauvaise chute, et aussi loin du château, il est fort peu probable que nous puissions vous soigner dans de bonnes conditions et rapidement !

- Allons Antoine, aurais-tu peur ? se moqua son seigneur en tournant brièvement sa tête vers lui. Me voilà fort peiné par ta couardise mon ami ! N'aimes-tu point prendre des risques ? Que serait la vie si elle n'était pas jalonnée par quelques obstacles ?

- Mais madame ne nous pardonnerait jamais s'il vous arrivait malheur ! s'enquit celui qui faisait d'ordinaire office de cocher pour lui. Je vous en conjure Monseigneur, modérez-vous !

Mais Harry, puisqu'il s'agissait de lui, ne l'entendait pas de cette oreille, et emporté dans la frénésie de la chasse, il accéléra même l'allure pour ne pas se laisser distancer par ses chiens.

- Quelle tête de mule, maugréa son cocher en secouant sa tête. Il n'y a bien que pendant les parties de chasse qu'il perd à ce point le sens des responsabilités et les mesures de prudence qui sont d'usages.

- Laissez-le donc profiter de cette petite activité Antoine, lui conseilla Philippe Delacour en galopant à ses côtés. Il est tellement plus agréable de le voir agir ainsi que le nez plongé dans un livre. Par moment ce garçon me semble tellement mature pour son âge que j'ai l'impression d'avoir devant moi un adulte. Heureusement que nous pouvons constater par nous même qu'il garde en lui une petite part d'innocence et d'espièglerie !

Les autres accompagnateurs hochèrent leur tête en accord, et même Antoine se résigna à l'évidence : Voir son jeune seigneur aussi insouciant était tellement rare qu'il fallait en profiter. Après tout, son maître commençait peu à peu à devenir un adulte, et s'il n'y avait pas eu ce contrat de mariage, il aurait été déjà en âge de se marier, ou du moins, de courtiser des demoiselles plus jeunes ou plus vieilles que lui.

Harry lui ne se préoccupait pas de cela, trop concentré sur sa folle course à travers les bois à la recherche du renard qu'il avait depuis de longues minutes déjà pris en chasse. Drôle de façon tout de même de fêter ses onze ans, que de galoper en pleine forêt, mais ce genre de loisir était devenu monnaie courante chez lui. Le petit garçon chétif et craintif d'il y a trois ans avait désormais totalement disparu, remplacé à présent par un jeune homme plein de vie et d'une assurance jamais vu lorsqu'il vivait encore chez les Potter. Les brimades et les humiliations de James n'étaient plus qu'un mauvais souvenir, une partie de son passé qu'il avait presque oubliée et enfermée au plus profond de son esprit telle la boite de Pandore qu'il se défendait lui-même d'oser ouvrir un jour.

Le nouveau Harry, ou plutôt Gabriel, inspirait désormais le respect à quiconque le rencontrait, et son charisme lui valait bon nombre de louanges de la part de son entourage, que ce soit de sa famille ou des domestiques du château. Ceux qui ne connaissaient pas son histoire mettaient cela sur la fierté et l'honneur qui découlait de la famille de Bourbon dont il était apparenté grâce au défunt prince de Lamballe, et certains voyaient même en lui l'étoffe d'un monarque.

Studieux, cultivé et instruit, Harry était un garçon très intelligent et s'intéressant à toutes les sciences magiques et moldues. Des thèses philosophiques de Voltaire aux dramaturgies de Pierre Corneille, des avancées scientifiques en physique d'Alembert en passant par les travaux de rénovation des places fortes de France par le marquis de Vauban, tout y passait, et même les découvertes récentes des frères Montgolfier sur l'utilisation de l'air chaud pour faire voler un ballon le fascinaient, bien que les sorciers avaient depuis longtemps conquis les airs. Mais même des sujets aussi compliqués ne lui faisaient pas peur, et son cerveau semblait être devenu un véritable puits de science sans fond et impossible à combler.

Harry faisait la fierté de ses proches, et en particulier de Marie-Louise qui ne tarissait pas d'éloges sur son fils. Harry était le garçon qu'elle avait toute sa vie espéré, et son enseignement y était pour beaucoup. Toutes ses valeurs humaines lui furent transmises pour en faire un jeune homme poli, respectueux, courageux et distingué faisant honneur aux deux branches officielles dont il était issu, du moins sur son certificat de naissance.

La religion lui avait également inculqué d'autres valeurs comme la piété envers Dieu, mais également le don de soi pour les autres, la générosité et la sollicitude pour les plus démunis. Chacune des actions et décisions qu'il prenait servait toujours ou presque dans son propre intérêt, mais aussi dans celui des autres afin de satisfaire le plus grand nombre. En bon chrétien qu'il était, Harry faisait de toute façon attention à ne rien faire pouvant aller à l'encontre de sa religion, et respectait scrupuleusement les enseignements de la bible, allant même jusqu'à justifier chacun de ses actes par ce livre.

Même son comportement envers ses plus proches parents avaient évolué, en particulier auprès de la gente féminine, et toutes les femmes qu'il rencontrait s'accordaient à dire de lui qu'il était « le plus romantique et avenant garçon » qu'elles eurent le privilège de rencontrer, et que son caractère était à l'opposé du séducteur que fut l'ancien prince de Lamballe. Mais Daphné était de toute façon la seule à véritablement profiter de cette facette de sa personnalité, et les marques de tendresse avaient depuis longtemps fait irruption dans leur relation.

- Monseigneur ! Il semblerait que les chiens aient trouvé votre gibier ! l'avertit l'un de ses domestiques tandis que les aboiements et grognements avaient doublé de volume en seulement quelques secondes.

En moins de trente secondes, chacun put arriver sur la scène où s'était déroulé un affrontement bestial entre les setters anglais et le pauvre renard qui ne fit pas long feu face à eux. La pauvre bête gisait sur le sol, le cou tordu et déchiqueté duquel s'écoulait une quantité non négligeable de sang, morte. Les chiens eux continuaient d'aboyer tandis qu'Harry descendit de son cheval, un superbe charolais petite taille à la robe noire offert pour son dixième anniversaire, pour examiner minutieusement son trophée de chasse.

- Mère sera ravie du cadeau que je vais lui faire, commenta t-il en touchant avec précaution la queue touffue du renard. Nous pourrions faire un très beau couvre-chef avec celui-ci… Y'a-t-il un fourreur à Lamballe à qui s'adresser, ou dois-je directement m'enquérir auprès de nos fournisseurs à Saint-Denis ?

Les autres haussèrent des épaules, ne sachant pas quoi répondre. La mode était bien là le cadet de leur souci, et transformer la fourrure d'un renard sauvage en chapeau l'était également. L'un d'entre eux choisit plutôt de régler ce débat en empoignant la queue du renard pour le ranger précautionneusement dans sa besace, et cela sous les aboiements rageurs des chiens qui semblaient vouloir jouer avec la pauvre bête.

- Vraiment, cette partie de chasse est fort amusante, mais je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi mère à tant voulu que j'y participe, soupira Harry en levant les yeux au ciel.

Philippe tout comme Antoine se regardèrent brièvement dans les yeux avant de se détourner de l'autre non sans esquisser un léger sourire amusé. En vérité, Harry était le seul à ne pas savoir ce qui se tramait aujourd'hui au château, ni même qu'une gigantesque fête était en ce moment-même organisée au cœur de la forêt pour célébrer son onzième année. Les anglais considéraient cela comme une journée ordinaire, si ce n'est qu'il offrait toujours plus de cadeaux à leurs enfants quand cela leur était possible.

Mais pour les sorciers français, il en était tout autre, surtout chez les grandes familles de la noblesse. Le onzième anniversaire signifiait pour eux le passage de l'enfant vers l'âge adulte, du moins la première étape pour y aboutir. L'enfant n'était plus considéré comme tel mais comme un jeune adulte capable désormais de faire ses propres choix et de prendre ses décisions sans devoir rendre des comptes à une tierce personne, et pour célébrer cela, une fête réunissant les plus grandes familles de France et les membres les plus éminents de la communauté étaient invités. Certains moldus pouvaient également venir mais avec la permission de Marie-Louise. Ainsi, quelques Bourbons purent assister également à cette petite cérémonie ainsi que tous les domestiques du château. Il ne manquait désormais plus que le principal concerné qui pour l'heure ne se doutait pas de ce qui se passait à quelques kilomètres de lui.

- Si encore Daphné avait pu m'accompagner, cela aurait été d'autant plus amusant, pesta t-il en maugréant contre l'aversion de sa fiancée pour ce loisir qu'elle trouvait répugnant et horrible. Je suis persuadé que l'on me cache quelque chose, ajouta t-il en remontant sur son cheval, mais je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce curieux mystère.

Puis pensivement, il ajouta plus pour lui-même que pour les autres :

- Peut-être est-ce en rapport avec la justice moldue. Ces bougres ne nous laisseront jamais en paix maintenant qu'ils sont informés de notre retour dans ce pays et surtout de mon existence…

Chacun évita alors de croiser son regard, même si intérieurement, tous étaient très heureux de la tournure qu'avait prise la vie de leur maîtresse ou amie et de son fils. Marie-Louise était en effet parvenue à bousculer les choses, et leur situation avait beaucoup changé en deux ans. La plus grosse nouveauté était sans nul doute la levée de toutes les accusations que l'état français portait contre elle. Pourtant l'affaire était loin d'être gagnée au départ, même si le risque d'être condamnée à la peine capitale était moindre qu'auparavant. Un an jour pour jour après l'arrivée d'Harry à Lamballe, Marie-Louise avait finalement décidé de rendre des comptes à la justice française pour laver son nom et son honneur et surtout pour permettre à son fils de pouvoir vivre une vie ordinaire sans avoir besoin de continuellement se terrer chez eux.

Ce fut avec un simple courrier, envoyé au ministre de la justice de l'époque Charles Joseph Lambrechts, que commença ce revirement judiciaire qui permit la réouverture du dossier la mettant en cause dans plusieurs affaires dans lesquelles apparaissait son nom. L'homme fut pour le moins conciliant avec elle et accepta bien volontiers de correspondre avec elle par courrier le temps qu'elle puisse de son côté fournir suffisamment de preuves pour prouver sa bonne foi et son innocence. Mais même avec toute la volonté qui l'animait, il lui fut très difficile de contredire les accusations la soupçonnant de trahison et de complot envers la France et ses plus hautes instances, et d'affirmer qu'elle n'était absolument pas au courant des possibles plans du roi et de la reine pour bousculer la révolution et reprendre leur place sur le trône. Au bout de quelques mois cependant, le dossier fut rouvert et un procès était déjà à l'ordre du jour. Marie-Louise se rendit même de bon gré à Paris pour se rendre aux autorités et montrer ainsi qu'elle était prête à s'en tenir aux jugements qui seraient rendu contre elle.

Néanmoins, et les moldus furent bien évidemment incapables de s'en rendre compte, elle avait pris ses précautions et avait crée grâce à un simple fétu de paille et beaucoup de sorts compliqués un double d'elle-même capable même d'agir et de penser par lui-même grâce aux informations qu'elle lui avait transmis. La jumelle savait donc dès lors tout ce qui lui serait utile pour se montrer convaincante auprès des juges et leur raconter tout ce qu'ils souhaitaient entendre. Le double enfermé dans le palais de la cité, Marie-Louise était par conséquent en sécurité dans son château sans avoir à affronter ses bourreaux et prendre le risque d'être condamnée à mort à l'issue du procès.

Celui-ci d'ailleurs fut un véritable évènement en France, les moldus appréciant grandement ces moments où un membre de la noblesse était traîné devant les juges pour recevoir le châtiment qu'il méritait ; Les gens ne cherchaient jamais plus loin que le bout de leur nez, et pour eux, être riche en temps de crise et avoir côtoyé les grands de ce monde était un sacrilège qui méritait une punition exemplaire.

Ils en furent pour leurs frais cependant. La mère d'Harry, du moins son clone, se montra très convaincante et accepta même de leur donner toutes les informations qu'ils désiraient, même si la plupart étaient fausses. Elle renia même ses principes et jura fidélité au nouveau gouvernement républicain, non sans en coulisse jouer de son influence et de son argent pour gagner son procès et la faveur du tribunal. Elle annonça d'ailleurs durant cette épreuve l'existence de son fils et qu'il était la raison pour laquelle elle souhaitait tant être réhabilitée.

Harry suivit les débats, tranquillement installé dans la salle d'audience en compagnie de sa mère et déguisé tout comme elle pour y assister en toute quiétude, et même si la femme faisant face à ses juges n'était pas réellement sa mère, les mots qu'elle employa pour parler de lui le touchèrent énormément. La jumelle de Marie-Louise mettait tant d'ardeur, de passion, d'amour dans sa plaidoirie qu'il croyait en l'entendant parler qu'elle le connaissait depuis sa naissance, voir qu'elle était véritablement la femme qui l'avait élevé, qu'il ne pouvait absolument rien lui cacher car elle le connaissait jusque dans ses plus infimes secrets.

Sa défense sembla en tout cas émouvoir ses juges qui, au bout d'un mois de procédure, l'innocentèrent faute de preuves. De toute façon, la situation politique du pays était trop instable pour se soucier d'une vieille affaire datant de plusieurs années, mais les quelques milliers de pièces qui changèrent de main aidèrent grandement dans cette décision.

Marie-Louise n'avait aucun scrupule à corrompre certains juges sachant que tout en ce bas monde fonctionnait avec l'argent, et acheter la parole d'un homme était aussi simple que d'acheter une baguette de pain.

L'affaire fut terminée dès ce moment là, et pas une seule personne ne fit appel de la décision du tribunal pour contester le jugement rendu. En un mot, elle, tout comme Louise-Elisabeth quelques semaines plus tard, fut libre et pouvait désormais se déplacer sur les routes de France en toute quiétude.

« Nous aurons enfin l'occasion de vous faire découvrir Paris, Gabriel… » avait-elle d'ailleurs annoncé à la sortie du tribunal.

La ville n'avait cependant rien de très intéressant, mis à part quelques palais somptueux comme les Tuileries, du Luxembourg et le Louvre. Plusieurs grands travaux étaient en cours de réalisation, notamment l'agrandissement d'une avenue nommée Champs-Élysées qui était jusqu'alors le repaire des brigands et des bandits terrorisant les citadins pour en faire l'une de voies principales de la ville. La Bastille elle finissait d'être démolie, laissant le souvenir à travers ses pierres dispersées aux quatre vents du démarrage de la révolution française commencé il y a de cela onze ans maintenant et des milliers de vie brutalement terminées depuis lors.

L'actuel gouvernement avait également décidé de la construction de plusieurs immeubles de rapport sensés accueillit une population parisienne toujours plus croissante avec le temps, tandis que des dizaines d'églises et de couvents étaient détruits pour être remplacés par des lotissements construits à tour de bras et dégradant l'image de la ville. Oui, Paris était en plein travaux, et ajouté à cela les troubles existants entre le directoire et Napoléon Bonaparte qui prendrait le pouvoir en 1799 après un nouveau coup d'état, le mélange final n'était guère réjouissant pour la population française. A côté de Londres, Paris faisait pâle figure, un comble pour une capitale se voulant puissante et moderne.

Mais la visite de la capitale put également leur permettre de mettre désormais à jour la situation d'Harry et de l'inscrire définitivement comme citoyen français à part entière.

Officiellement, et selon son acte de naissance, le registre baptistaire du clergé et le registre d'état civil, Harry était désormais Gabriel Louis-Victor Alexandre de Bourbon, fils du défunt Louis-Alexandre de Bourbon dont il avait hérité des titres et de Marie-Louise de Savoie. Officieusement cependant, Harry préférait que l'on se réfère à lui par le nom de sa mère, d'autant plus qu'être apparenté à un Bourbon en ces temps-là n'était pas très bien vu auprès de la population moldue.

Le jeune Louis XVII en avait fait les frais malheureusement, et les parisiens n'avaient reculé devant rien pour anéantir cette famille, quelque soit l'âge de ses représentants : L'héritier du trône avait disparu voilà maintenant cinq ans à seulement dix ans des suites d'une longue maladie, mais il se murmurait à demi-mot que la faim, la soif et les mauvais traitements étaient les véritables responsables de sa mort. Un coup dur pour les monarchistes qui perdaient là l'un des derniers représentants officiels de la lignée des Bourbons, et surtout un membre direct de la succession au trône. Harry pouvait lui aussi prétendre à cette tâche, mais l'ordre de succession était tellement grand et les candidats tellement nombreux qu'il ne risquait sans doute pas de monter un jour sur le trône, et de toute façon, Marie-Louise n'aurait jamais pris le risque de le voir subir les mêmes traitements que le prince héritier. Mieux valait faire profil bas, et soutenir ouvertement la cause de la république même à contrecœur était bien plus sensé selon elle pour la sécurité de son fils.

- Je commence à être épuisé, déclara t-il en étirant ses bras. Nous ne sommes qu'en début d'après-midi, mais je pense pouvoir m'accorder une petite sieste bien méritée. Je profiterai de cette occasion pour me renseigner sur l'absence de Tante Elisabeth ce matin. J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux, cela me peinerait de la savoir souffrante le jour de mon anniversaire…

Tout à coup, un bruit étrange semblable à un sifflement retentit, rapidement suivi par le bruit d'une forte explosion se faisant entendre sur plusieurs kilomètres. Un flash rougeâtre illumina le ciel, et chacun tourna la tête en direction de cette étrange apparition. La boule lumineuse éclata en une multitude de petits points rougeoyants, et Harry tout comme le reste de la troupe comprirent à cet instant que quelqu'un faisait usage d'un feu d'artifice.

- Bonté divine, qu'est-ce donc encore que cela ? s'étonna t-il en regardant les dernières traces du feu d'artifice disparaître du ciel.

- Peut-être une personne ayant oublié que le quatorze juillet est déjà passé depuis plus de deux semaines maintenant Monseigneur, supposa Antoine en faisant un discret clin d'œil aux hommes les accompagnant. Certains n'ont malheureusement pas la même notion du temps que nous…

- Ma foi, ce bougre aurait dû demander à une personne bien plus sensée que lui de l'aiguiller quant à la date à laquelle nous sommes aujourd'hui. Et puis, quelle drôle d'idée que d'utiliser un feu d'artifice en pleine forêt. Ne sait-il donc point qu'il pourrait causer mille tourments à ces pauvres arbres ? Un feu de forêt est si vite arrivé par une chaleur pareille… Mère serait tellement fâchée de voir son domaine réduit en cendres par la bêtise d'un homme. Messieurs, ajournons cette partie de chasse je vous prie. Je n'aime pas que l'on vienne troubler mon plaisir de la sorte, et je m'en vais immédiatement exprimer à ce malotru ma façon de penser.

Son ton était sans réplique, et si aucune once de colère n'était visible sur son visage, Antoine, qui connaissait quelques notions en matière d'occlumancie, se doutait pertinemment qu'intérieurement, son jeune seigneur était furieux. L'idée d'employer un feu d'artifice pour les prévenir que la fête pouvait débuter et que la présence du fils de Marie-Louise était requise n'était pas si bonne finalement, surtout lorsque l'on connaissait l'attachement du garçon pour son domaine.

- François, ramenez donc les chiens au château, nous n'aurons plus besoin d'eux maintenant, ajouta t-il à l'encontre de l'homme qui avait ramassé le corps du renard. Vous en profiterez pour mettre en lieu sûr ce renard.

Toute la petite troupe repartit, cette fois-ci vers une destination bien précise et au trot pour ménager les chevaux. Harry guidait toujours le groupe, totalement désintéressé par ce qui l'entourait et n'ayant que pour seul objectif la recherche et pourquoi pas la capture de ce gêneur. De toute façon, avec le tintamarre que causaient les chiens auparavant et le bruit du feu d'artifice, les chances de trouver un autre gibier étaient quasi nulles. Par chance, leur petite investigation dans la forêt les conduisit à un sentier totalement dégagé de chaque côté et qui les menait directement au lac artificiel situé au centre de la forêt de coron.

- Le gibier de potence ! s'insurgea Harry en se dirigeant vers la zone où devait se trouver le trouble fête. Oser s'aventurer en ce lieu ! Il ne peut s'agir que d'un sorcier alors, à moins que les sortilèges de repousse-moldu ne fonctionnent plus !

Une centaine de mètres seulement le séparait de ce mystérieux artificier, et en moins de deux minutes, la grille leur permettant l'accès au lac et à la clairière la juxtaposant fut visible. Harry n'avait pas la moindre once de peur à ce moment là, ni même d'anxiété à l'idée d'aller rendre des comptes à un intrus qu'il ne connaissait ni d'Adam ni d'Eve. L'homme pouvait être armé ou même fou, mais il n'y pensait même pas, trop occupé à réfléchir à la discussion qu'il aurait avec lui.

Cependant, alors qu'il s'approchait de son objectif, Harry crut entendre au fur et à mesure des bruits de conversations, plusieurs dizaines semblait-il, et une fois le dernier arbre et le grille en fer délimitant ce havre de paix passés, son champ de vision fut alors le plus étonnant qu'il ait pu voir depuis longtemps.

- Si je m'attendais à cela…, bredouilla t-il en écarquillant les yeux. Mes yeux me jouent des tours mes amis, où peut-être suis-je pris dans une illusion, mais il me semble que notre petit fauteur de troubles avait ses raisons finalement pour nous faire venir ici…

Ses suiveurs gloussèrent joyeusement à cette remarque, heureux que l'effet de surprise soit réussi. Mais il y avait de quoi après tout, et même eux furent étonnés par la beauté du lieu et la décoration faite pour l'occasion. La fête qui à l'origine devait être en petit comité avait au final fait venir une bonne centaine de personnes venant d'horizons très divers mais ayant tous un point commun : Chacun connaissait de près ou de loin la famille des De Savoie, et assister à l'anniversaire des onze ans du fils de Marie-Louise fut une fête qu'aucun ne souhaita rater. Beaucoup de monde étaient présents, de la famille, aussi bien des oncles que des tantes, des cousins et cousines, mais également des amis, des connaissances et de nombreux habitants de Lamballe, sans compter évidemment les serviteurs du château, et même si Harry n'en connaissait qu'une légère majorité, il fut néanmoins touché par la volonté manifeste de chacun de venir festoyer en sa compagnie. Les onze ans était l'occasion d'organiser de somptueuses fêtes réunissant tous les proches, et pour le coup, Marie-Louise avait fait les choses en grand, et il n'était pas difficile de se questionner sur la probabilité qu'un morceau de paradis soit tombé sur Terre tant l'endroit était immaculé.

La décoration en elle-même était plutôt simple avec de simples tables rondes ornées de nappes blanches sur lesquelles reposaient des dizaines de couverts en argent et autour desquelles des chaises de même couleur s'agglutinaient. Toutes les tables avaient été placées de sorte qu'une piste de danse soit visible en leur centre, et un orchestre composé de nombreux musiciens avait été disposé sur une petite estrade et commençait déjà à jouer quelques morceaux pour distraire les invités. D'étranges guirlandes composées de feuilles et de fleurs ainsi que des longs voiles blancs avaient été installées tout autour de la clairière et entre les branches d'arbres, et des dizaines de petites fées minuscules virevoltaient parmi les invités en lançant de temps à autre une pincée de poudre étincelante sur leur chemin. Enfin, et Harry le remarqua sans la moindre difficulté, une table plus imposante que les autres avait été placé en face des autres en bout de piste, et son intuition lui soufflait que ce serait probablement la table réservée aux membres de la famille. Toute cette organisation et cette volonté de le laisser dans l'ignorance ne pouvait avoir qu'un objectif qu'il comprit aisément : fêter son anniversaire.

- C'était donc cela, n'est-ce pas ? argua t-il à ses camarades de chasse. Vous étiez au courant je suppose. Hé bien, je ne peux que m'incliner devant tant de mystère, vous m'avez bien eu !

- Madame nous a fait jurer de ne rien vous dire, avoua Antoine en souriant. Vous connaissez votre mère Monseigneur, tout doit être absolument parfait, autrement nous aurions été punis pour notre maladresse !

Cependant, devant les regards incrédules des autres, Antoine roula des yeux en secouant sa tête, dépité par le manque d'humour des hommes l'entourant.

-Bon d'accord, elle ne nous l'aurait reproché que verbalement, maugréa t-il. Vous n'avez vraiment aucun humour mes amis !

- Nous en avons un, mais nous n'avons pas compris à quel moment il fallait rire Antoine, affirma Philippe. Votre sens de l'humour est tellement étrange parfois, je me demande encore comment Marthe peut rire de vos pitreries…

- J'espère que votre enfant à naître n'héritera pas de votre humour mon ami, ajouta Harry sous les rires des autres. Bon hé bien messieurs, ne nous faisons pas attendre plus longtemps comme cela !

Toujours en tête du groupe, Harry s'avança le premier vers les dizaines de personnes discutant joyeusement entre elles à plusieurs mètres d'eux. Il repéra très rapidement sa mère, légèrement en retrait des autres et en grande discussion avec Louise-Elisabeth et première dans l'ordre des personnes qu'il serait amené à croiser sur son passage. Leur présence fut par ailleurs très vite découverte, et un concert de « Aaaah » et de « Bon anniversaire Gabriel/Monseigneur » l'accompagna tout le long du trajet jusqu'à sa mère. Mais peu importait : Harry n'avait d'yeux que pour Marie-Louise, cette femme qui se donnait décidemment tant de mal pour lui faire plaisir et qui encore une fois l'avait surpris pour une occasion particulière sans même qu'il ne s'en rende compte.

Une fois suffisamment proche, Harry s'empressa de descendre de son cheval pour la remercier comme il se devait, et tout le monde put notamment admirer le sourire partant d'une oreille à l'autre qu'il arborait pour l'occasion.

- Oh mère, vous n'auriez pas dû ! lança t-il d'un ton gai en lui enserrant la taille. Cela a dû vous prendre tant de temps à organiser !

- Une demi-journée en vérité, avoua t-elle en caressant distraitement les cheveux de son fils. Il n'y a que les invitations qui m'ont pris davantage de mon temps, mais comme vous pouvez le voir, toutes ont trouvé leurs destinataires.

- Vous auriez dû me prévenir, je me serais habillé pour l'occasion, dit-il en regardant d'un air maussade sa redingote. Me voilà habillé comme un gueux pour mon anniversaire…

- Mais nous n'aurions plus eut l'effet de surprise si cela avait été fait ainsi. Et ne vous souciez pas de la façon dont êtes vêtu, vous êtes très bien comme cela. Je vous l'ai déjà joué souhaité ce matin, mais encore une fois, bon anniversaire Gabriel !

- Merci mère…, marmonna t-il dans sa robe avant de la libérer de son étreinte. Merci à vous tous, ajouta t-il pour les autres personnes l'entourant, en particulier pour sa tante qu'il remercia de la même façon qu'avec Marie-Louise.

Les Greengrass furent les prochains à être remerciés, et la petite Astoria tout comme Daphné se jetèrent littéralement sur lui pour célébrer son anniversaire. Bien que surpris par cette élan de joie, Harry les garda contre lui longtemps, du moins suffisamment pour que sa future belle-sœur ne lui demande au bout d'un certain temps de la lâcher car sa respiration devenait difficile. Les parents des deux sœurs se montrèrent de leur côté bien plus réservés, même si le geste y était malgré tout.

La suite fut beaucoup moins amusante, même s'il ne le montra pas. Saluer les invités était bien évidemment obligatoire, mais le faire pour une centaine de personnes dont une partie qu'il ne connaissait pas était comparable à une course à pied de plusieurs kilomètres en pleine cambrousse : éreintante. Au beau milieu des salutations en tout genre et des formules de politesse, il put à peine discuter plus longtemps avec Daphné et sa famille, et encore moins avec sa tante qui avait pourtant elle aussi mit la main à la pâte pour lui organiser cette fête.

Cependant, il fut ravi de revoir quelques visages familiers comme celui de sa tante Marie-Adélaïde qui était d'une compagnie agréable lorsqu'il était question de théâtre et littérature, ou encore Louis Xavier de France, une sorte d'oncle éloigné ventripotent maugréant toujours contre les jeunes gens d'aujourd'hui et leurs manières de débauchés. Un verre de vin continuellement en main, cet homme n'était pourtant pas le meilleur exemple à suivre, et ses manières à table laissaient à désirer surtout lorsqu'une volaille bien grasse s'offrait à lui. Mais cet oncle était également un fin stratège et un très bon politicien qui avait trouvé en Harry un élève très assidu et à attentif à ses paroles. L'image qu'ils donnaient en tout cas tous les deux auprès des autres était celle d'un grand-père instruisant son petit-fils et lui apprenant les choses de la vie, tout comme Charlus le faisait autrefois avec l'ancien Harry.

D'autres invités moins plaisants étaient également là, notamment quelques moldus qui de toute évidence considéraient les sorciers les entourant comme des nuisibles et croyaient à tort qu'ils leur voulaient du mal. Ces gens étaient très étroits d'esprits et n'appréciaient la famille d'Harry que par le prestige de leur nom et leur fortune, un peu comme les nombreux invités de James lors des anniversaires de Matthew. Le fait qu'ils soient présents n'était dû certainement qu'à la possibilité de pouvoir discuter en tête à tête avec Marie-Louise, mais celle-ci les évitait du mieux qu'elle le pouvait, s'attelant à discuter autant que possible avec d'autres personnes. Heureusement qu'ils n'étaient qu'une poignée, pas plus de cinq selon Harry, car autrement, l'ambiance festive de son anniversaire en aurait pâti. Lui-même abrégea rapidement ses discussions avec eux, ne s'attardant simplement que pour les remercier de leur présence et leur demander s'ils ne s'ennuyaient pas pour rapidement s'éclipser quand une occasion se présentait à lui, généralement en imitant sa mère en changeant d'interlocuteur comme de chemises.

- Gabriel ? lui demanda sa mère en s'approchant de lui au bout d'une demi-heure de serrement de mains et de courbettes. Pourriez-vous me suivre s'il vous plait ? J'aimerais vous présenter quelqu'un…

- Oh bien sûr mère, accepta t-il avant de se tourner vers le petit couple de vieillard avec lequel il conversait. Veuillez m'excuser, mais il semblerait que le devoir m'appelle. J'espère que nous aurons encore une fois l'occasion de discuter. Passez une agréable après-midi !

Conduit par sa mère à travers la foule compacte, Harry tomba au bout de quelques instants sur un petit groupe d'hommes en tenue militaire dont il ne reconnut que Philippe Delacour. Tous portaient fièrement leurs uniformes, et Harry remarqua d'ailleurs que chacun portait une tenue distinctive des cavaliers français se composant en outre d'un dolman de cinq rangées de tresses carrées jaunes par-dessus une veste d'un bleu nuit et d'un bonnet de police de la même couleur. Le sabre et le pistolet d'Arson étaient accrochés au niveau de leur taille, comme si chacun craignait que même en cette journée de fête, une attaque puisse arriver sans crier garde.

Seul un homme se détachait légèrement du groupe par son chapeau bicorne agrémenté d'une cocarde aux couleurs de la France et par les nombreuses décorations se trouvant sur son torse et ses épaules. De tous, il était sans nul doute le plus imposant par le charisme se dégageant de lui, et malgré son jeune âge, les militaires l'entourant donnaient l'impression d'avoir pour lui un profond respect par les regards presque intimidés qu'ils lui lançaient de temps à autre. Pourtant, cet homme ne semblait pas particulièrement menaçant malgré son air sévère et autoritaire : Peut-être était-ce sa barbe en rouflaquettes qu'il laissait pousser sur les côtés de son visage qui forçait chacun à prendre ses distances vis-à-vis de lui pour ne pas l'offenser. Même Harry ne pouvait détacher ses yeux de lui, comme attiré inexorablement par son aura de puissance.

- Ah, Marie-Louise ! s'exclama Philippe en la voyant approcher. Je me demandais bien quand aurais-je l'immense privilège de pouvoir vous saluer.

- Oh mais vous n'aviez point à vous faire attendre pour en avoir l'occasion très cher, lui répondit-elle tandis qu'il lui embrassait la paume de main. Messieurs, je ne pense avoir encore eu l'opportunité de vous rencontrer, ajouta t-elle en se tournant vers les autres hommes qui enlevèrent aussitôt leurs chapeaux par politesse. Je suppose que vous êtes venus en qualité d'accompagnateurs pour votre supérieur ?

- Oui madame, mais également pour avoir l'immense privilège de pouvoir voir de nos propres yeux la célèbre Princesse de Lamballe dont on ne tarit pas d'éloges, répondit l'un d'eux en s'inclinant respectueusement.

Marie-Louise se contenta de les remercier d'un sourire poli avant de se tourner vers l'homme mystérieux qui n'avait pas encore pipé le moindre mot en sa présence. Celui-ci la regardait d'ailleurs d'un air neutre, presque indifférent par sa présence, ou alors il cachait parfaitement bien ses émotions. Rien dans son regard ne laissait en tout cas supposer qu'il était ravi de pouvoir converser avec elle.

- Lieutenant-colonel Pajol, Je suis honorée que vous ayez eu la bonté d'accepter mon invitation, lança t-elle en tendant malgré tout sa main qu'il baisa également. J'avais crû comprendre par Philippe que vous n'aviez peut-être pas la chance de pouvoir y assister à cause des récentes campagnes que vous avez entreprises pour le compte du premier consul…

- Je ne suis que l'humble serviteur de Monsieur Bonaparte, dit-il d'un ton froid. Notre consul n'a pour le moment pas besoin de mes services, mais je me porte volontaire dès qu'il s'enquerra de ma présence à ses côtés. La guerre est encore à nos portes, et servir mon pays est la seule obligation à laquelle je me plie volontairement.

- Cela est fort admirable de votre part, affirma Marie-Louise en passant un bras autour des épaules d'Harry. Messieurs, j'aimerai vous présenter mon fils, Gabriel de Bourbon, celui pour qui cette fête fut organisée.

Chacun détailla alors Harry de diverses façons, le plus souvent avec curiosité. Le Lieutenant lui regarda fixement Harry, ses yeux plongés dans les siens comme si il essayait de sonder son esprit. D'ailleurs, Harry ressentit aussitôt que ses boucliers d'occlumancie étaient mis à rude épreuve par cette intrusion soudaine, mais ses barrières mentales furent bien trop puissantes pour Pajol qui abandonna rapidement la partie. Son regard changea alors très légèrement, et le fils de Marie-Louise crut même apercevoir le fantôme d'un sourire sur son visage. Venait-il de le tester ? Quelle drôle de façon de faire connaissance avec quelqu'un en tout cas.

- J'ai beaucoup entendu parler de vous mon jeune monsieur, lança le lieutenant en continuant de le fixer. Philippe s'est même porté garant de vous lorsqu'il m'affirmait que vous étiez un jeune homme plein de surprise.

Face au regard confus qu'affichait désormais Harry, sa mère s'empressa de répondre à la question silencieuse qu'il se posait à lui-même, notamment pour savoir comment Philippe avait pu parler de lui à un homme dont il ne connaissait même pas l'existence.

- Gabriel, le lieutenant-colonel Pajol est le responsable du 4e régiment de hussards dont vous intégrerez prochainement l'école. Il est en quelque sorte votre supérieur mais aussi votre directeur et s'occupera de votre formation au sein de l'armée.

- Ravi de vous rencontrer Monsieur, répondit Harry en tentant de paraitre sincère.

En vérité, l'homme était très intimidant, et sa voix grave et sèche lui inspirait davantage l'envie de fuir en courant plutôt que de rester en sa compagnie et faire un faux-pas pouvant le contrarier.

- Il me tarde déjà d'apprendre de vous et de votre expérience dans les différents conflits auxquels vous avez assisté, poursuivit-il. C'est pour moi un honneur de pouvoir avoir l'opportunité de me battre à vos côtés…

- De la motivation et une soif d'apprendre, comme c'est intéressant…, énonça son futur directeur d'un ton presque amical. Mais la guerre n'est pas un jeu jeune homme. Beaucoup de vos camarades mourront à vos côtés, et vous-même pouvez très bien tomber sous les balles ennemies lors d'une charge de cavalerie. Ce sera sur les champs de bataille que vous apprendrez le mieux l'art de la guerre, et non pas dans les livres ou en prenant exemple sur un autre. Tâchez de vous en souvenir si vous voulez aller le plus loin possible dans votre carrière militaire.

- Oui monsieur, répondit Harry en faisant fit de la petite voix dans sa tête qui le persuadait qu'avec l'entrainement de sa mère, il avait bien plus de chance de survivre que n'importe qui d'autre. Qu'il me tarde malgré tout d'entrer dans votre école. J'espère en tout cas pouvoir vous faire honneur.

- Nous verrons cela en temps voulu, dit-il en hochant brièvement sa tête avant de se détourner de lui et de sa mère de la même façon que s'il voulait les congédier d'un mouvement de main.

Tous les deux furent d'ailleurs blessés par cette manière peu respectueuse de les abandonner là, mais chacun fit de son mieux pour ne rien laisser paraitre. Harry ne savait toujours pas quoi penser de ce lieutenant, même si son comportement dédaigneux à son égard et celui de sa mère lui déplut énormément. Seul l'avenir pourrait le lui dire, mais il sentait qu'entre lui et cet homme, les frictions pourraient exister. Ne préférant rien laisser paraitre de son trouble, Harry préféra proposer son bras à sa mère pour poursuivre les salutations avec d'autres personnes bien plus susceptibles d'être amicales envers eux, et par la même occasion de chasser de leur esprit cette rencontre pour le moins déroutante.

- Ne vous laisser pas impressionner par cet homme, lui conseilla quand même Marie-Louise. Ce lieutenant voue une haine pour la noblesse et pour les privilèges que nous avons eus avant 1789. Prouvez-lui qu'un gentilhomme peut être tout aussi efficace que lui sur un champ de bataille, et ce sera déjà une grande victoire pour vous.

- Je n'avais de toute façon pas l'intention de me laisser marcher dessus mère, répondit-il sincèrement. Mais cet homme sera mon supérieur, et je ne pense qu'il soit judicieux de ne pas être dans ses bonnes grâces pour le moment. Je tâcherai cependant de me montrer assidu dans mes activités scolaires et militaires pour lui montrer que je ne suis pas ce qu'il pense que je sois.

Sa mère hocha simplement sa tête avant de se présenter à nouveau à un autre groupe d'invités, Harry la suivant de près dans cette démarche. Ce fut d'ailleurs ce qu'il fit en grande partie pour l'heure qui vint ensuite. La fête battait désormais son plein, et Harry ne parvenait même plus à compter le nombre de mains qu'il avait serrées, celles qu'il avait embrassées et le nombre de cavalières qu'il avait eu pour se laisser aller aux merveilleux airs joués par l'orchestre. Même le nombre de cadeaux qu'il reçut lui échappa, mais cela lui était égal : Même si il n'avait pas eu un seul présent de la part de ses invités, le simple fait de les avoir auprès de lui pour son anniversaire valait tous les cadeaux du monde, et avoir pour compagnie Daphné qui s'est jointe à lui entre temps et la voir continuellement lui sourire fut de loin ce qu'il apprécia le plus en cette journée. C'est d'ailleurs en sa compagnie qu'il décida de s'éloigner légèrement de la foule pour se promener en toute quiétude autour du lac, saluant de temps à autre les rares hommes ayant choisi de pêcher plutôt que d'accorder une danse à leurs épouses pour ne pas se tourner en ridicule et les quelques enfants dont il était devenu proche, Fleur et Gabrielle en tête.

- Quelle merveilleuse journée, souffla Daphné en regardant pensivement devant elle une fois qu'ils eurent abandonné les deux filles Delacour au pied du grand chêne sous lequel elles se prélassaient. Marie-Louise s'est vraiment évertuée à organiser une fête splendide pour tes onze ans. Ton frère serait rouge de colère s'il voyait cela.

- Tu plaisantes ? James organise des fêtes d'anniversaire tout aussi somptueuses pour son fils, même si la plupart des invités ne viennent pas par bonté de cœur mais plutôt pour se montrer auprès du garçon-qui-vécut.

- C'est justement ce qui différencie cette fête de celles de ton ancien père, affirma sa fiancée en resserrant son emprise sur le bras autour duquel elle s'accrochait. Je ne saurais comment te dire le fond de ma pensée, mais je me sens ici tellement mieux que lorsque nous assistions aux anniversaires de ton frère. Là-bas, tout respirait hypocrisie et mensonge, et les sourires qu'arboraient les invités de ton père étaient tellement faux que je suis encore étonnée que lui-même ne s'en soit pas rendu compte. Les gens n'y assistaient que par curiosité et pour des raisons obscures tournant le plus souvent autour de l'argent de ton ancienne famille, et cela sans même véritablement se soucier de la raison pour laquelle ils étaient présents. Mais ici, on sent sans même avoir besoin d'utiliser la légilimancie que les invités sont venus uniquement pour le simple plaisir de se retrouver, de rencontrer de nouvelles personnes et surtout pour célébrer tes onze ans. Personne ne joue la comédie et tout le monde est véritablement ravi de se trouver en ta compagnie et celle de ta mère. Les gens ici sont sincères dans leurs manières et dans leur façon d'agir avec toi, et ils ne voient pas en toi un garçon riche issu d'une bonne famille mais simplement un jeune homme de onze ans vieillissant d'une année.

Daphné se tourna alors vers lui, un sourire éclatant lui barrant le visage, et contre toute attente, sa fiancée apposa ses lèvres sur les siennes dans un tendre baiser qui dura quelques secondes, baiser qu'il rendit bien évidemment. Pour l'heure, ce genre de démonstration affective et publique se résumait à cela, chacun ayant finalement compris en quoi consistait son rôle d'époux ou d'épouse, et Daphné se faisait chaque jour une joie de saluer son futur mari d'un simple baiser pour bien entamer la journée, même si pour elle cela ressemblait encore davantage à un jeu. Tous les deux s'aimaient d'un amour fort à présent, et prenant exemple sur les adultes qu'ils côtoyaient, ils mirent tout simplement en application les marques d'affection que les adultes se donnaient entre eux. Si au départ ils furent tous les deux gênés de s'embrasser, aujourd'hui il en était tout autre et ce geste devenait aussi habituel que se laver ou déjeuner en compagnie du reste de la famille. Le petit couple commençait finalement à prendre ses repères, mais le mariage pouvait encore attendre.

- Il y a beaucoup d'amour ici et tout le monde peut le ressentir, ce qui fait que l'on se sent bien, dit-elle pour couper court à son explication. Cet endroit est envahi par des émotions saines et apaisantes qui nous donnent envie d'y rester et de se mettre à l'aise sans se soucier des aléas de notre existence.

- Tu passes vraiment trop de temps avec tante Elisabeth si tu veux mon avis, déclara Harry en esquissant un sourire moqueur. Ou alors tu lis beaucoup trop de romans à l'eau de rose…

- Méchant, le réprimanda t-elle en lui administrant une tape sur l'épaule. J'essaie de mettre à profit tout ce que m'enseigne ta tante, et tu trouves encore le moyen de me dénigrer là-dessus. C'est tout de même intéressant de pouvoir analyser les émotions des gens et de les étudier pour se faire sa propre opinion des situations dans lesquelles nous nous trouvons…

- Et que ressens-tu à l'instant ? s'enquit-il en regardant un petit groupe de cygne nageant paisiblement sur le lac.

- Un sentiment de plénitude que l'on ne peut trouver nul par ailleurs, dit-elle en souriant béatement.

Harry lui-même se mit à sourire, ressentant exactement la même chose qu'elle lorsqu'il se trouvait ici. C'était comme si un sortilège d'allégresse avait été lancé sur toute la surface de cette clairière, un sortilège qui procurait une si forte sensation de confort et de bien-être à tout ceux se promenant dans ce coin reculé de la forêt. Rares étaient ceux qui ne ressentaient rien en venant ici, et à l'inverse, beaucoup de gens pouvaient passer toute leur journée ici à paresser autour du lac. Les contes de fée étaient peut-être imaginaires, mais cet endroit si féerique tendait à prouver le contraire par moment.

Sur leur chemin, Harry croisa un rosier sur lequel germaient déjà d'innombrables roses rouge ne demandant qu'à être cueillies, et presque aussitôt, un autre petit sourire s'esquissa sur son visage.

- Quelle étrange idée de planter un rosier en cet endroit, lança pour sa part Daphné en s'y approchant. Il est tout seul et il n'y aucun autre arbuste aux alentours…

- Nous l'avons planté l'année dernière avec Antoine et Marthe, lui expliqua Harry en caressant l'une des fleurs pour l'instant fermée. La rose a plusieurs significations mais toutes se rapprochent d'un seul et même point : l'Amour. Elles étaient d'ailleurs rattachées à la déesse grecque de l'amour, Aphrodite, tout comme Venus pour les romains. Certaines histoires racontent même qu'à l'origine, elles étaient blanches, mais que Cupidon a malencontreusement versé du vin sur cette fleur pour lui donner cette si belle couleur. Je voulais par ce geste témoigner de mon affection pour mère en lui exprimant ainsi tout ce que je ressentais pour elle. Je n'ai pas besoin de te dire qu'elle a apprécié mon geste lorsqu'elle l'a découvert…

D'un geste, Harry coupa la rose qu'il caressait pour la prendre du bout des doigts et la montrer à Daphné. Celle-ci le regarda faire, curieuse de savoir ce qu'il avait en tête. Son fiancé ferma rapidement les yeux, et immédiatement, la fleur au départ fermée s'ouvrit subitement pour lui faire découvrir ses magnifiques pétales écarlates et brillants à la lumière du soleil. Cette vision l'émerveilla, tout comme le talent qu'avait Harry pour faire usage de sa magie d'une manière si romantique, mais le spectacle ne s'arrêta pas là : La rose se changea subitement et perdit son teint rouge écrevisse pour un blanc éclatant.

- La rose blanche : Symbole de l'amour pur, complet et qui signifie un amour inconditionnel qui se donne éternellement à la personne que l'on désire, récita Harry en rouvrant les yeux.

- Depuis quand connais-tu la signification des fleurs ? s'enquit-elle, légèrement bouleversée par ses propos.

- Depuis quelques années maintenant. Maman me les apprenait déjà lorsque je vivais encore avec elle, mais mère a complété mes connaissances grâce à ses manuels d'herbologie. Apprendre le langage des fleurs est un savoir qui se perd, mais qui peut pourtant nous éviter de nombreuses situations inconfortables : Il serait par exemple idiot de ma part d'offrir à une personne que j'apprécie des glaïeuls, du moins si j'oublie de leur enlever leurs feuilles car elles symbolisent la mort, ou encore des ajoncs qui elles représentent la colère. Je pourrais même communiquer uniquement en utilisant des fleurs si je le voulais, chacune ayant une signification particulière, et cela permettrait à mon interlocuteur de savoir ce que je pense sans même avoir besoin de dire le moindre mot.

La fleur qu'il tenait se mit subitement à rétrécir pour tenir aisément dans la paume de sa main. D'un geste, il la fit léviter vers la chevelure de Daphné dans laquelle une mèche se mettait elle aussi à bouger pour venir s'enrouler autour de la tige autour de laquelle elle se noua. Sa fiancée le laissa faire, émue au plus haut point par ses tendres gestes affectifs. De son avis, peu de garçons pouvaient se montrer aussi romantiques et sensibles que l'était Harry, et chaque jour qui passait le lui confirmait. Son fiancé était au dessus du lot, comme un être à part qui n'agissait pas comme ses semblables, et pour rien au monde elle ne voudrait l'échanger pour un autre.

- Pour la plus belle des roses…, chuchota t-il en lui souriant.

- Merci…, marmonna timidement Daphné en rougissant.

- Gabriel ! s'exclama soudainement une voix derrière eux.

Celui-ci n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui était la personne ayant interrompu ce petit moment d'intimité, surtout lorsqu'il sentit deux petits bras lui enserrer la taille et une abondante chevelure blonde passer brièvement dans son champ de vision.

- Gabrielle, la salua t-il sans se retourner. N'étais-tu donc point avec ta sœur quand nous t'avons quitté tout à l'heure ?

- Si, mais elle a été invité à danser par un monsieur en uniforme et elle m'a laissé toute seule, répondit-elle d'une petite voix fluette. Et puis je voulais voir ce que toi et Queenie faisiez !

Même si Daphné ne le montra pas, le surnom qu'avait utilisé Gabrielle pour la mentionner l'énerva quelque peu. Fleur avait commencé à la surnommer ainsi peu après son arrivée à Lamballe, et bien que toutes les deux s'apprécient plus ou moins, une certaine jalousie perdurait chez la française qui reprochait à Daphné d'être la promise d'Harry et non pas elle. Un caprice en somme, et Fleur s'était vengée en quelque sorte en surnommant ainsi sa rivale à cause de sa tendance à accaparer continuellement Harry et à se montrer froide envers toute fille l'approchant. Gabrielle de son côté aimait simplement appeler ainsi Daphné sans la moindre arrière pensée : Ce surnom lui plaisait, et elle le trouvait bien plus jolie que le prénom que portait la fiancée d'Harry.

- Je veux une fleur moi aussi ! s'exclama t-elle en pointant du doigt le rosier.

- Hé bien, je ne vous empêche pas d'en prendre une mademoiselle, dit-il en se penchant vers elle une fois qu'elle l'eut libérée.

- Non ! Je veux que tu fasses comme avec Queenie ! persista Gabrielle en mettant les mains sur ses hanches. Moi aussi je veux qu'on me donne une fleur parce qu'on m'aime !

- Aurais-tu oublié le mot magique, Gaby ? Tu sais bien que l'on ne peut avoir ce que l'on veut si l'on ne se montre pas poli envers la personne à qui on demande quelque chose…

- S'il te plait ! S'il te plait Gabriel ! Dis oui ! Dis oui !

Amusé par ses pitreries, Harry consentit à céder à sa demande et entreprit de faire la même chose qu'avec Daphné, à l'exception que la fleur qu'il accrocha dans les cheveux de la petite Gabrielle était de couleur rose saumon.

- Je ne suis que votre humble serviteur mademoiselle, et cette fleur symbole toute la beauté et la magnificence de la jeune fille à qui je l'offre. Puissiez-vous vous épanouir autant que cette charmante fleur…

Gabrielle sautilla sur place, ravie par le présent qu'Harry lui faisait, et sans plus attendre, elle enlaça de nouveau Harry. Tout en profitant de son étreinte, la petite fille tourna légèrement la tête vers Daphné et, à la plus grande surprise de celle-ci, lui tira tout simplement la langue avant de se détacher d'Harry et de faire comme si de rien n'était.

- Nous devrions retourner auprès des autres, ta maman risquerait de s'inquiéter en constatant ton absence, proposa Harry sans remarquer l'air boudeur de sa fiancée. Un accident est si vite arrivé ici, et elle pourrait croire que tu es tombé dans le lac…

La petite Delacour accepta de bon gré sa proposition et ne perdit pas une minute pour prendre la main d'Harry. De son autre main, elle se saisit de celle de Daphné sans même se soucier du fait qu'elle l'avait provoqué quelques secondes plus tôt. Daphné fut une nouvelle fois surprise par son comportement mais reprit rapidement contenance en mettant la personnalité bipolaire de Gabrielle sur l'innocence de l'enfance. Cette fille était néanmoins si étrange par moment qu'elle avait l'impression que deux entités se terraient dans ce petit corps fragile… Peut-être allait-elle devenir une mini-Fleur au fil du temps, et cette perspective peu réjouissante la fit déglutir.

- … Et alors, lorsque nous sommes arrivés dans cette petite clairière, le renard était étendu par terre, tué par les chiens ! racontait de son côté son fiancé sans ressentir le trouble de Daphné.

- Mais… Il était comment le renard ? lui demanda nerveusement Gabrielle. Grand ? Avec des grandes dents ? Est-ce qu'il crachait du feu ?

- Est-ce qu'il… Quoi ? Mais, un renard ne crache pas de feu !

- Mais ça mange les petites filles et les vieilles dames, alors pourquoi ça ne pourrait pas le faire ?! persista t-elle fermement en fronçant ses sourcils. Maman me l'a raconté la dernière fois quand elle a lu le petit chaperon rouge !

Harry se demanda brièvement si Gabrielle avait vraiment compris ce conte où si Mme Delacour avait volontairement changé le loup de l'histoire par un renard. Toujours est-il qu'il était dans de beaux draps désormais.

- Celui-là ne crachait pas de feu, mais il a essayé de dévorer tous les chiens ! inventa t-il rapidement. D'ailleurs il y a quelques jours, il avait déjà essayé de me manger alors que je me promenais ici, mais j'ai su habilement éviter ses attaques ! Je l'ai même blessé à une patte, et depuis, il ne pouvait plus se servir de celle-ci. Face à mes chiens, il n'avait aucune chance, mais il fallait se débarrasser de lui de toute manière car il devenait un danger pour cette région.

- Tu es si courageux Gabriel ! s'enthousiasma la cadette des Delacour, persuadée qu'il disait la vérité. Tu es comme le bucheron qui a sauvé le petit chaperon rouge, un héros !

- Je n'ai fait que mon devoir de gentilhomme, affirma t-il en souriant fièrement.

- Charles Perrault serait surement fier de toi lui aussi, ajouta ironiquement Daphné en roulant des yeux. Quelle histoire, elle semble si irréelle, comme un conte pour enfant !

Harry eut alors la décence d'afficher un air penaud, tandis que de son côté Gabrielle ne comprit pas le sarcasme évident dont avait fait preuve Daphné pour le faire redescendre sur Terre. Au contraire, elle crut que Daphné elle aussi s'émerveillait du courage de son fiancé, ce qui la fit aussitôt redoubler de gaieté durant tout le trajet jusqu'à la fête d'anniversaire.

Celle-ci d'ailleurs ne s'était pas arrêtée suite à leur départ, et les invités continuaient de discuter joyeusement ou de danser quand ils n'étaient pas affairés autour des succulentes entrées mis à leur disposition. Personne ne semblait avoir en tout cas remarqué leur absence, pas même les parents de Daphné qui s'adonnaient à la danse baroque ou ceux de Gabrielle qui, comme l'avait annoncé Philippe auparavant, se prélassaient paisiblement sous un arbre en dégustant avec appétit quelques victuailles. Leur fille ne perdit d'ailleurs pas de temps pour aller les rejoindre, son ventre parlant pour elle-même dans une cacophonie de gargouillis la faisant rougir de honte.

Bientôt cependant, l'heure du véritable repas sonna, et tous les convives furent invités à gagner leurs places autour des tables. Harry partagea bien évidemment la table qu'il avait supposé être la sienne et celle de sa famille, et en moins de temps qu'il ne le fallut, il fut entouré par toutes les personnes qu'il aimait. Seuls manquaient encore Lily, Rosie et Remus, mais ce n'était plus qu'une question de temps maintenant avant qu'il ne les retrouve. Il n'eut toutefois pas le plaisir de penser à eux car sa mère, assise à côté de lui, avait soudainement attiré toute l'attention des personnes présentes en faisant claquer l'un de ses couverts sur son verre en cristal, de toute évidence pour démarrer un petit discours de circonstance.

- Mes chers amis, qu'il me soit permis de vous remercier pour votre présence parmi nous et pour cette occasion si particulière. Je n'aurais crû en vous envoyant à tous des invitations il y a quelques semaines que vous accepteriez tous sans exception d'y répondre favorablement, ce en quoi je vous suis très reconnaissante. Comme vous le savez, à moins que vous ne soyez pas coutumier des usages du monde magique, l'anniversaire des onze ans est un moment très particulier qui marque la première étape du passage d'un enfant vers l'âge adulte, une phase de transition où l'enfant concerné quitte peu à peu l'âge tendre de l'enfance pour devenir l'homme ou la femme qu'il se doit d'être plus tard.

Sa mère s'interrompit quelques secondes, le temps pour elle de croiser son regard et lui esquisser un petit sourire rassurant tout en posant sa main sur son épaule.

- Mon fils Gabriel atteint désormais cet âge, et je ne peux vous cacher que cela me pèse de voir mon petit prince grandir, mais la roue du temps ne peut être arrêtée, et la vieillesse bien qu'étant une impitoyable ennemie nous est commune à tous et nous ne pouvons nous défausser d'elle. Mais pour l'heure, il n'est pas question de s'interroger sur les aléas de la vie mais de profiter simplement de cette belle journée pour nous retrouver tous et consolider les liens qui nous unissent, amicaux ou familiaux. Cette journée est également celle de mon fils, et j'aimerais qu'elle soit la plus merveilleuse possible, et j'aimerais débuter cela en levant mon verre Pour vous Gabriel. Puissiez-vous avoir une belle et longue vie, riche en aventure et enrichissante pour votre future carrière politique et militaire en faisant honneur à votre famille et aux siècles de traditions qui ont fait ce que nous sommes aujourd'hui. Puissiez-vous également vivre une idylle parfaite avec votre chère et tendre, une vie emplit d'amour et de passion en sa compagnie que je vous souhaite du plus profond de mon cœur. Mais ne précipitez pas les étapes trop vite mon chéri, je ne me sens pas encore prête à devenir grand-mère.

De nombreux éclats de rire accompagnèrent ses paroles, tandis qu'Harry tout comme Daphné rougirent jusqu'à la racine de leurs cheveux. Même l'occlumancie et le contrôle qu'ils avaient sur leur lien magique ne purent grand-chose à la gêne qui les envahit aussitôt.

- À Gabriel ! lança à voix haute sa mère en levant son verre.

- À Gabriel ! répétèrent en chœur les convives avant de boire avidement dans leurs coupes.

Silencieusement, et une fois que tout le monde eut terminé son verre, Harry fut invité par sa mère à donner un petit discours pour les invités présents partout autour de lui. Se lever de sa chaise fut étonnamment éprouvant pour lui, le stress et l'anxiété lui donnant l'impression de peser plus de dix fois son poids initial, mais il parvint malgré tout à se tenir droit et fier devant son auditoire. La gorge sèche et des centaines de phrases se bousculant dans sa tête eurent cependant raison de lui, d'autant plus qu'il n'était pas habitué à parler devant une centaine de personnes dont la plupart si ce n'est la grande majorité étaient bien plus vieilles que lui.

- Chers invités, dit-il malgré tout après quelques secondes de silence, je vous remercie moi aussi pour être venus célébrer en ma compagnie et celle de mes proches mon onzième anniversaire. Cela me touche profondément et bien plus que vous ne pourriez l'imaginer, et le simple fait de me retrouver en présence des personnes qui me sont chères et qui ont une grande importance pour moi vaut bien plus que tous les présents que cette bonne vieille Terre pourrait m'offrir. Je ne vais néanmoins pas vous embêter avec un long discours, aussi vais-je l'abréger rapidement en vous souhaitant tout simplement un bon appétit !

- Ce sont bien là les paroles les plus sensées et pertinentes qu'il m'ait été l'occasion d'entendre aujourd'hui ! lança pour sa part Louis Xavier en voyant apparaitre sur sa table de délicieux mets qu'il entreprit aussitôt d'empiler dans son assiette. Mangeons mes amis !

Son comportement détendit encore davantage l'atmosphère de cet anniversaire, et ce fut sous un concert de couverts s'entrechoquant et de rires que démarra le diner. Les amuses-bouches avaient déjà comblé de nombreux appétits, mais tout le monde prit tout de même part au repas en complimentant le brave Giuseppe pour sa délicieuse cuisine. Harry lui-même se promit de remercier son cuisinier pour ses efforts, surtout que préparer un repas pour cent personnes lorsque l'on n'était pas un sorcier relevait d'un exploit à louer.

Le temps s'écoula inexorablement pour tout le monde, et rien ne semblait pouvoir troubler cette fête pour l'instant réussie. Du moins, c'est ce que crût Harry jusqu'à ce qu'il vit apparaitre au loin un cavalier faisant galoper son cheval comme si sa vie en dépendait. Bien que cette soudaine apparition l'étonna au départ, il n'y tint finalement pas compte et poursuivit la danse qu'il avait commencé en compagnie de sa cavalière, Daphné. Mais au bout du deux minutes et en voyant que l'homme qu'il reconnut comme étant l'un des domestiques du château discutait de manière précipitée avec sa mère, le désintérêt laissa finalement place à une franche curiosité. Quel que soit leur sujet de discussion, celui était apparemment très sérieux, surtout si Marie-Louise en venait à pâlir considérablement malgré la poudre de Céruse lui donnant déjà un teint de porcelaine. Sa mère donnait l'impression d'avoir vu un fantôme, et l'espace d'un instant, il crut qu'elle allait s'évanouir.

Inquiet pour sa santé, Harry commençait déjà à faire un pas vers elle en délaissant sa cavalière, mais il s'arrêta aussitôt en voyant que sa mère faisait de même de son côté en s'approchant vers lui.

- Qu'est-ce qui se passe ? lui demanda sa fiancée en voyant qu'il avait arrêté de danser.

- Je ne sais pas, mais je pense que nous le saurons très bientôt, répondit-il en fronçant légèrement ses sourcils.

Daphné fut tentée de lui demander d'être plus clair dans ses paroles, mais la silhouette imposante de sa belle-mère répondit immédiatement à ses questions. Tout comme Harry, elle remarqua l'inquiétude et l'angoisse perceptible sur son visage, un visage qui d'ordinaire était constamment souriant et plein de joie. Quelque chose n'allait apparemment pas, et même sans la légilimancie, elle pouvait le comprendre.

- Gabriel, je… Nous devons retourner au château…, commença t-elle d'une voix nerveuse ne lui étant pas coutumière.

- Pour quelle raison, mère ? s'enquit-il en s'interrogeant sur son soudain comportement. Êtes-vous souffrante ? Vous êtes si pâle… Peut-être devrais-je demander un peu d'eau pour vous…

- S'il vous plait mon chéri, nous n'avons pas le temps pour cela, dit-elle en lui prenant la main. Je dois m'enquérir d'une affaire de la plus haute importance et votre présence est requise à mes côtés…

Harry se laissa faire docilement, et après un dernier baiser d'adieu pour sa fiancée, il accompagna sa mère parmi les invités pour la deuxième fois de la journée. La raison était cependant tout autre, et les chances qu'elle lui présente un autre groupe d'officiers de l'armée étaient minimes. Non, la raison la poussant à vouloir sa présence auprès d'elle et son comportement étrange lui donnaient plutôt la sensation que quelque chose de très louche se tramait, quelque chose qui ne faisait apparemment pas plaisir à sa mère pour la mettre dans un état pareil, et il était bien décidé à tirer au clair cette affaire.

A/N : Bon, chapitre fini ! J'espère qu'il vous aura plu ! En tout cas je n'ai aucun doute sur le fait que vous supposiez déjà que cette mystérieuse affaire doit avoir un rapport avec Lily ? Qui sait... le face à face entre mères aura peut-être lieu au prochain chapitre ? Il vous faudra être patient en tout cas !

J'en profite pour m'excuser auprès des défenseurs des bêtes pour le coup de la chasse, mais bon, ce loisir était très courant à cette époque, et Harry devait forcément passer par là.

Comme vous avez pu le voir, Harry a bien changé, et surement en mieux si vous voulez mon avis. Il a suivi la même éducation que les rois de France pour faire simple, et celle-ci tournait en particulier autour des sciences (c'est d'ailleurs ce qu'on reprocha à Louis XVI durant son règne : préférer s'intéresser aux sciences plutôt qu'à son peuple).

Vous avez également pu découvrir le futur directeur d'Harry lorsqu'il intégrera son école : Le Lieutenant-Colonel Pajol. Je n'ai aucune idée du caractère qu'il avait en fait, mais d'après ce que je sais, c'était quand même un brave homme courageux et s'étant illustré dans beaucoup de bataille. Il a notamment chargé un bataillon ennemi lors de la bataille de Winterthour presque nu comme un ver alors qu'il avait été auparavant capturé par les autrichiens... J'aurais bien aimé voir ça (et surtout avoir l'opportunité de bien rigoler). Harry pourrait très bien apprendre de lui, surtout qu'il change radicalement de Dumbledore (entre nous, je préfère encore suivre les ordres d'un homme chargeant des ennemis en slip que d'un vieillard en robe étincelante et mangeur de bonbons).

Nous faisons également la connaissance de Louis Xavier de France, le futur Louis XVIII. Un roi dont on parle très peu en fait dans les livres d'histoire, mais qui pourtant aura su marquer l'histoire de son empreinte, notamment sur la ville même de Paris. Tiens d'ailleurs, vous avez pu avoir un petit aperçu d'elle dans ce chapitre ! Pour l'instant, imaginez simplement une ville ou l'arc de triomphe, la tour Eiffel, l'avenue des champs Elysées, le moulin rouge etc...n'existent pas encore (du moins pas comme on la voit maintenant pour ce qui est de l'avenue), une ville très sale et encore marquée par la révolution, et vous avez un aperçu de l'image peu ragoutante de notre capitale.

Sinon pour en revenir à Louis Xavier, il aura une certaine importance dans l'histoire dans la mesure où il initiera probablement Harry à la politique et le fera intégrer lorsqu'il sera en âge le cercle très fermé des politiciens. (cependant on ne risque pas de le voir, du moins je doute que j'écrirai sur la vie d'Harry au delà de la guerre contre Voldy).

Ce que j'ai dit sur Louis XVII est également vrai. Le pauvre garçon a été arraché à ses parents (quoiqu'ils étaient déjà morts je crois à ce moment là) et confié à des citoyens ordinaires dans le but de lui faire oublier ce qu'il était et en faire un français comme les autres. Cependant, ses "parents adoptifs" se sont rapidement désintéressés de lui, et le petit roi est finalement mort de faim, enfermé 24h/24 dans une minuscule pièce dans laquelle il ne pouvait même pas se mettre debout, mais aussi de maladies du fait des mauvais traitements. On n'a d'ailleurs jamais retrouvé son corps... Enfin bon, ne nous arrêtons pas sur la bêtise de nos amis les révolutionnaires.

Sinon j'espère que la relation entre Harry et Daphné vous plait : J'ai eu dans l'idée de la faire évoluer, même si pour l'instant c'est davantage un jeu pour la fiancée d'Harry. Neuf ans est encore un peu tôt pour elle pour réellement se voir devenir une épouse et une femme accomplie, mais les petits bisous de temps à autre ne font pas de mal ! Et puis, dans à peine six ans, elle devra épouser Harry, alors autant qu'elle commence déjà à se montrer affective envers lui.

Bon prochain chapitre dans... Hm... Je ne sais pas. J'avais en tête d'écrire cette semaine pour mon autre histoire, alors peut-être que vous l'aurez dans deux semaines ! Ou alors, je peux très bien ne rien écrire cette semaine et vous donner deux chapitres en même temps (pour mes deux histoires). Vous verrez ça samedi prochain (pour ceux qui suivent " une autre destinée pour l'élu ").

Sur ce, à bientôt !