Salut ! Alors déjà je suis désolé, désolé, désolé désolé (x1000) pour ce retard, surtout que je n'ai aucune excuse à cela. Je n'aime pas trop faire attendre les gens, et là j'ai carrément plusieurs heures de retard sur mon horaire de publication... Vous êtes exceptionnellement autorisés à me taper (mais pas trop fort, je dois quand même finir cette histoire !).
En fait, j'ai beaucoup flemmardé dernièrement, et je n'ai fini ce chapitre qu'aux alentours de 14h... je dois avoir écris en une demi-journée près de 5000 mots juste pour pouvoir vous le donner aujourd'hui. D'ailleurs il doit être bourré de fautes, mais je vais tâcher de corriger ça rapidement.
Alors que dire d'ailleurs là-dessus ? Un chapitre très long comme vous pouvez le voir, et qui a été très compliqué à écrire (je n'en suis d'ailleurs pas totalement satisfait). Comme le titre l'indique, deux personnes se feront face, et en vous basant sur le chapitre précédent, vous devinez sans doute de qui il s'agit. Je dois dire que ce face à face a justement été le plus difficile à mettre en oeuvre, sachant qu'il prend plus de la moitié du chapitre...
Sinon je vous remercie encore une fois pour vos nombreux commentaires, j'y répondrais lorsque j'aurais le temps (je suis "épuisé" pour le moment, et je n'ai pas la tête à réécrire même quelques lignes). J'ai remarqué que le chapitre précédent n'a pas attiré les foules : C'est dommage, personnellement j'ai adoré l'écrire et je pense que ça s'est ressentie dedans !
- Braled : Merci pour ton commentaire, et désolé si tu trouves que l'histoire passe trop lentement :/. D'un autre côté, je préfère qu'elle se déroule de cette façon et que vous sachiez un maximum de choses que de passer trop rapidement les étapes et oublier des éléments importants au point de ruiner l'histoire.
- Adi : Merci pour ton commentaire !
- Cassandre : Disons que je préfère voir un homme combattant en slip mais avec panache et surtout courage qu'un directeur amateur de sucreries et passant ses journées dans son bureau à comploter pour faire d'Harry sa marionnette favorite (Notamment pour la pierre philosophale où il était au courant et n'a strictement rien fait pour mettre hors d'état de nuire Quirrell). Tu as parfaitement bien deviné ^^, enfin c'était quand même évident (à moins que je ne fasse intervenir de nouvelles personnes, et comme je n'en avais pas envie, il ne restait que Lily). Contrairement à toi, je pense qu'étudier à Poudlard aurait été dangereux, et surtout ennuyant dans le sens où mis à part Fred, George, Angelina et Alicia Spinnet, on ne connait pas énormément d'élèves et ceux que je viens de nommer ne m'attire pas spécialement : Je me serais vite ennuyé à écrire sur Harry, et je préfère de loin le voir s'entraîner en aller en guerre qu'assis sur une chaise en suivant des cours dont il connait déjà toutes les subtilités. Pour ce qui est de la maison, honnêtement je n'ai aucune idée de celle dans laquelle il aurait été ^^ (peut-être Serdaigle pour son amour des livres...). Je n'ai aucune idée de combien de chapitre sera faite cette histoire, mais je pense que le palier des 40 sera facilement franchi ! Tu t'avances un peu vite en besogne, ça n'arrivera pas avant quelque temps ! Je vais faire durer le suspens, mais promis : Cette scène sera ÉPIQUE. J'imagine déjà parfaitement la réaction de Dumby et James en apprenant la vérité. Pour ce qui est du Lily/Remus... En tout franchise, je n'ai pas encore décidé si oui ou non Lily aurait un autre homme dans sa vie (Remus ? Severus ? Un français ? à voir...).
Yurigirl : Merci pour ton commentaire Yuri... Arg c'est malin, je peux pas faire la même chose que toi . Hm... Le slash, c'est en gros les couples Yaoi non ? Je ne suis pas trop fan de ces fictions là, d'ailleurs je n'en lis jamais (je ne suis pas homophobe pour autant, c'est juste que je vois mieux Harry avec une fille qu'avec un garçon et je ne cherche pas d'autres fictions où il n'apparaît pas). Je pourrais éventuellement faire un couple de ce genre, mais il serait très secondaire, limite si il n'apparaît pas par hasard. Harry ira à Poudlard... Deux fois au moins, enfin, j'ai imaginé deux scènes où il apparaissait ! Je crois que je n'ai pas besoin de répondre à ta question concernant les mères, le chapitre 17 le fera à ma place ^^. Pour ce qui est de Dumby... Ce serait la mort la plus grotesque jamais vu dans une fiction où il serait le méchant ! Mon chou o_o ? Oi ! Me reste plus qu'à me tartiner le corps de crème et je serai prêt à être mangé :/
ça me saoule, j'ai encore cette impression d'oublier de vous parler de quelque chose... Raaaah ça me tue ! Je suis persuadé que c'était une question que je voulais vous poser... Ah oui ! Par rapport à ma question de la semaine dernière au sujet de mes prochaines histoires, j'ai laissé un sondage sur ma page de profil pour que vous y répondiez. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens prêt à en commencer une nouvelle très prochainement !
EDIT : Je suis à la recherche d'une fiction que j'ai lu il y a pas mal de temps déjà et que j'ai adoré : Dans cette fiction, Harry est une fille (je crois que son nom est Hailey ou Harleen) assez... particulière. Dans le premier chapitre, Lily est en train de la bercer et se questionne sur le fait que même en ayant seulement un an et demi, sa fille est tout le temps joyeuse (elle sourit tout le temps) et ne pleure jamais.
Au final sa fille ira comme prévu chez les Dursley après l'attaque de Voldemort, et elle subira les mauvais traitements et les passages à tabac de Vernon. Sauf que même en se prenant des coups, " Harry " continue de rire et de sourire, ce que lui reprochera son oncle qui va alors lui entailler les coins de la bouche et verser du sel sur les plaies (le sourire de l'ange, enfin vous voyez le truc). Je crois qu'elle n'a que quatre ou cinq ans à ce moment-là, et elle va subitement péter un câble et tuer son oncle ainsi que sa tante et son cousin. Elle finira bien évidemment à Azkaban pour usage de magie sur moldu et meurtre, et sera dans la même cellule que Bellatrix.
Elle en sortira vers ses 14/15 ans et sera tout aussi folle qu'auparavant. Le pairing est un Harry/Tonks, et d'ailleurs Tonks s'avérera être tout aussi folle qu'Harry (notre héroïne fera ressortir d'elle ce côté sadique et fou qu'elle réprimait, et dans ces moments-là Tonks devient une ravissante blonde s'donnant au plaisir de la chair avec sa compagne). Je ne sais plus vraiment comment l'histoire se finit, mais je crois que lorsqu'aura lieu la bataille du département des mystères, elle sera déguisée de la même façon qu'Harley Quinn (Batman) et tuera beaucoup de monde... Ah oui : La fiction est en anglais ! Si quelqu'un la connait, qu'il me le dise absolument ! Je crois que je ne le remercierai jamais assez pour ça ^^.
Sur ce, bonne lecture !
Quitter La fête d'anniversaire ne fut pas pour eux chose aisée, loin s'en faut. La difficulté résidait surtout dans la discrétion, mais il était difficile pour Harry et sa mère de s'éclipser tranquillement lorsque l'on était les deux principaux protagonistes de cette célébration et que les danses en duo venaient de commencer. Harry venait tout juste de quitter Daphné sur la piste de danse, mais plusieurs autres filles plus vieilles que lui pour la plupart se proposèrent gentiment d'être ses nouvelles cavalières lorsqu'il passa près d'elles, tout comme Marie-Louise fut assaillie par nombre de prétendants souhaitant faire de même avec elle.
S'éclipser discrètement se révéla au final être impossible pour eux, même en essayant d'éviter les nombreux groupes de personnes. Pas un pas sans que quelqu'un ne vienne les importuner pour des broutilles ou pour prendre des nouvelles, et il leur fut très difficile d'envoyer paître les gêneurs le plus amicalement possible tant leurs nerfs étaient à vif.
Mais finalement, ils parvinrent à atteindre la grille donnant accès au long chemin caillouteux devant les mener à proximité du château et qui par chance était parfaitement désert.
- Mère, nous devrions peut-être prendre deux chevaux, proposa Harry en songeant à la longueur de cette immense route. Il nous faudrait bien plus d'une demi-heure pour en voir le bout…
- Ne nous préoccupons pas de cela Gabriel, répondit-elle en resserrant sa poigne sur la main de son fils. Nous avons un moyen bien plus rapide pour atteindre notre destination, et cela ne nous prendra que quelques secondes tout au plus…
Harry haussa des épaules bien qu'intérieurement, il se questionnait sur ce moyen de déplacement si rapide. Aucun animal ni créature magique ne se trouvait à proximité, pas plus qu'un balai ou même un tapis volant. Quant au transplanage, les sortilèges placés ne le permettaient pas, et il fallait énormément de temps pour pouvoir les retirer. Seule une étendue de roche s'offrait à eux, et à bien y regarder, aucune des pierres ne semblait différente des autres. Pourtant sa mère persistait à les examiner l'une après l'autre d'un simple regard, comme si la réponse à la question silencieuse que se posait son fils se trouvait là, juste sous leur nez.
- C'est ici, dit-elle finalement en le conduisant vers le côté gauche du sentier.
Au départ, Harry ne remarqua absolument rien, si ce n'est que le soleil ne pouvait les éblouir grâce aux ombres des hêtre sur le bord de la chaussée, mais une fois que Marie-Louise eut utilisé sa baguette pour enlever plusieurs cailloux et grains de poussière à un endroit très précis, il remarqua une étrange dalle de marbre sur laquelle était représenté deux hommes dont l'un était pris dans un tourbillon semblable à une tornade.
- Une rune ? s'interrogea t-il en examinant attentivement la pierre. A quoi sert-elle ?
- Allons Gabriel, vous ne vous souvenez déjà plus ? Pourtant ce symbole figure dans de nombreux manuels…
Reportant son attention sur cette étrange rune, Harry la regarda dans ses moindres détails, et bientôt, d'autres caractéristiques lui sautèrent aux yeux. Le premier homme sculpté ne semblait pas effrayé mais donnait plutôt l'impression de courir droit vers la tornade, tandis que le seconde restait parfaitement droit au beau milieu des bourrasques, aussi raide qu'un mort.
- Imich Adhar ? tenta t-il en levant les yeux vers elle. Le déplacement par l'air ?
- Crìochnaichte*, se contenta t-elle de dire en hochant sa tête. Elle ne sert d'ordinaire que pour les situations urgentes nécessitant ma présence au plus vite, mais je vais exceptionnellement l'employer aujourd'hui pour arriver rapidement au château. Une autre rune se trouve juste devant l'entrée du donjon, ce qui permet de pouvoir aller rapidement d'un point à un autre sans avoir à utiliser d'autres moyens beaucoup plus longs.
- Fascinant, dit Harry en ayant malgré tout une légère appréhension quant à ce moyen de déplacement. N'est-ce pas dangereux ? Je veux dire, notre point de chute est plutôt éloigné, et il n'est pas chose aisée que de se déplacer de la sorte.
- Tant que vous tiendrez ma main, rien ne pourra vous arriver, lui expliqua t-elle en posant un pied sur la dalle tout en l'enjoignant à faire de même. Vous aurez l'étrange impression d'être tiré par votre nombril durant le court moment où nous serons transportés, et tout autour de vous ne sera qu'un enchevêtrement de couleurs, mais vous pourrez voir cela par vous-même.
Loin d'être rassuré par la perspective d'être emporté dans un tourbillon de vent, Harry consentit néanmoins à obéir et fit exactement ce que lui demanda sa mère en vérifiant cependant que sa baguette était toujours fixement accrochée à son avant-bras pour se prémunir d'un éventuel problème.
- Cur Thuige**, lança Marie-Louise en se saisissant de la main d'Harry.
Harry n'eut pas le temps de s'interroger sur la signification de ces mots gaéliques car la dalle sur laquelle reposaient leurs pieds se mit subitement à briller avant qu'une violente bourrasque ne se fasse ressentir partout autour de lui. En moins d'une seconde, il eut l'impression nette de quitter la terre ferme violemment en se faisant trainer de force par un crochet l'ayant attrapé par le nombril. Tout était si flou autour de lui qu'il n'arrivait même pas à voir sa mère qui se trouvait pourtant à ses côtés et dont il pouvait sentir sa main sur la sienne, pas plus qu'il ne parvenait à faire la différence désormais entre le sol qu'il venait de quitter et le ciel dans lequel il se trouvait apparemment. Tout n'était qu'un flot de couleurs qui lui donnèrent l'impression de se retrouver au beau milieu d'une toile sur laquelle un artiste avait décidé de mélanger et de marier entre elles plusieurs nuances de vert et de bleu, sauf que cette toile était bien vivante et le faisait tourbillonner dans les airs.
Puis tout aussi rapidement qu'il fut emporté par cette étrange tornade, Harry se retrouva finalement juste devant le donjon du château. Lui qui pensait s'écraser piteusement sur le sol étant donné la force et la vitesse de rotation du vent, il fut pour le moins surpris de se rendre compte qu'il avait en vérité atterri en douceur et sans même souffrir à un quelconque endroit de son anatomie. Son environnement avait repris son aspect habituel, et hormis un léger tournis et la sensation bizarre d'avoir ses organes ratatinés dans le bas du ventre, il n'avait pas vraiment de quoi se plaindre de cette méthode de déplacement.
- Par Merlin, voilà une bien étrange façon de se déplacer. Je ne saurais dire si je préfère le transplanage ou le voyage avec les runes…
Ses interrogations l'occupèrent en tout cas suffisamment longtemps pour qu'il ne se rende même pas compte qu'il était parvenu en un rien de temps dans la salle à manger. Comme pour le reste du château, personne n'était là pour les accueillir, tout le monde ou presque se trouvant encore dans la clairière à profiter de la joyeuse fête d'anniversaire. Seuls quelques domestiques étaient restés dans les cuisines à préparer quelques plats ou à astiquer ceux qui étaient sales. Sa mère le fit immédiatement asseoir sur l'une des chaises entourant la table sur laquelle ils dînaient d'ordinaire, et sans se soucier de l'air curieux qu'arborait Harry en la voyant agir ainsi, elle entreprit de vérifier son apparence et d'effacer toute trace visible sur ses vêtements.
- Attendez-moi ici Gabriel, l'invita t-elle tout en passant rapidement sa main dans ses cheveux pour les recoiffer. Cette affaire ne nécessite pas pour l'instant votre présence, et je ne vous ferai venir auprès de moi que lorsque je serais certaine que vous ne courrez aucun risque.
- Vous m'inquiétez mère, avoua t-il en la regardant étrangement. A vous entendre, tout porte à croire que nous pourrions être attaqués dès lors que vous franchirez cette porte. Vos visiteurs ne vous veulent aucun mal, n'est-ce pas ?
- Oh grand Dieu, rassurez-vous : Je suis certaine que vous n'avez absolument rien à craindre, le rassura t-elle en lui baisant le front.
Harry remarqua qu'elle n'avait pas pris la peine de lui affirmer qu'elle aussi n'était pas en danger, mais préféra néanmoins ne pas faire le moindre commentaire là dessus.
- Je ne sais combien de temps cette affaire me prendra, mais soyez certain que vous devrez tôt ou tard me rejoindre. Je viendrais d'ailleurs vous chercher dès que l'occasion se présentera à moi, mais en attendant restez ici. Vous n'avez qu'à demander à Giuseppe s'il ne lui reste pas quelques viennoiseries pour satisfaire votre appétit ou encore vous entraîner avec votre baguette.
- Très bien mère, acquiesça t-il en se munissant de sa baguette d'un simple mouvement du doigt. Si ce n'est pas trop indiscret de ma part, pourrais-je savoir si cette rencontre est importante pour moi d'un point de vue personnel, ou est-ce simplement une affaire que vous devez traiter au plus vite et qui nécessite ma présence ?
- Les deux en vérité, affirma t-elle en s'éloignant. Mais vous vous en rendrez compte par vous-même lorsque le moment sera venu.
Face à temps de mystère, Harry s'avoua néanmoins vaincu et se laissa rapidement emporter par la frénésie des sortilèges qu'il lançait distraitement sur les nombreux objets de la pièce.
Ce qu'il ne soupçonnait pas cependant, c'était que plusieurs personnes venaient de faire leur apparition au sein même du château, et que l'une d'entre elle en particulier avait su sans même encore la rencontrer troubler Marie-Louise au point qu'elle en perde l'expression si paisible qu'elle arborait d'ordinaire sur le visage. Une visite inespérée que tous les deux n'attendaient plus en vérité, et surtout à laquelle il n'avait même pas pensé de toute la journée venait finalement de se faire, et il leur était désormais impossible de faire machine arrière.
Ce fut en tout cas ce que pensait Marie-Louise tandis qu'elle s'avançait désormais en direction de l'escalier menant à l'étage d'un pas lourd. Jamais elle n'avait autant senti le poids de ses cinquante ans qu'en cet instant, et tout comme bon nombre de ses amis l'eurent fait quelques années plus tôt, elle eut l'étrange impression d'avancer vers un échafaud sur lequel trônait une guillotine ne demandant qu'à trancher net son petit cou. Le claquement des talons de ses chaussures étaient le seul bruit perceptible sur son passage, hormis peut-être les battements de son cœur qui ne cessaient d'accroître à mesure qu'elle approchait de ses invités inattendus.
Son approche fut en tout cas lente et laborieuse, elle-même cherchant par là à gagner du temps avant d'affronter celle à qui elle devait désormais énormément d'explications mais aussi des réponses : Lily Potter.
Qui aurait crû qu'une rencontre entre mères puisse lui donner tant de tracas ? Elle-même n'y avait jamais pensé jusqu'alors, du moins avait-elle tout de même les nombreuses fois où elle y avait songé enjoliver cette rencontre en croyant que celle-ci se passerait admirablement bien et qu'elle parviendrait facilement à s'entendre avec l'autre mère d'Harry.
Mais maintenant, et bien qu'elle ne l'admettrait jamais en public, un autre sentiment faisait place dans son cœur : la peur. La peur de rencontrer cette dame et de se retrouver face à un mur qui lui renverrait en pleine figure la décision qu'elle avait prise voilà près de trois ans. La peur d'entendre dire qu'elle avait agis comme une voleuse en s'accaparant un petit garçon ayant déjà une mère aimante. La peur aussi de voir Lily reprendre petit à petit sa place dans le cœur de son fils et voir la sienne peu à peu se réduire pour finir par disparaître Et surtout, la peur de voir Lily quitter ce château en emportant avec elle Harry, quelque chose qu'elle redoutait plus que tout mais qu'elle était bien décidée à ne pas voir arriver.
Lily était certes sa mère biologique, celle qui l'a mis au monde et qui l'a élevé pendant plus de huit ans mais depuis trois ans, ce rôle lui avait été confié, et désormais son sang coulait également dans les veines d'Harry : Quoi que pouvait penser Lily de tout cela, Harry était également son fils à présent, et elle aussi avait son mot à dire sur le cap que prendrait la vie de leur enfant. Avoir attendu aussi longtemps pour avoir un héritier et le voir disparaître de sa vie sans se battre n'était absolument pas dans ses plans, et s'il fallait employer la manière forte pour le faire comprendre à Lily, Marie-Louise était bien décidée à le faire, même si sur ce point, elle espérait néanmoins ne pas à en arriver jusque là : Rien de pire pour son fils que de voir ses deux mères se déchirer.
Le palier du premier étage fut finalement atteint, et d'un pas légèrement plus sûr, elle s'avança en direction de la porte fatidique, celle du salon de Junon dont elle avait mentionné l'existence dans la lettre qu'elle avait laissée pour Lily le soir même de son départ de l'orphelinat : Il n'y avait de toute façon que ce moyen là pour venir jusqu'ici de manière rapide, et le risque qu'elle la trouve ailleurs était nul.
Tout en s'approchant, elle constata l'étonnant silence presque religieux de l'autre pièce. Pas le moindre petit bruit pouvant l'aiguiller sur le comportement ou l'humeur de ses invités, et elle regretta presque de ne pas entendre le claquement des talons d'une personne faisant les cent pas de l'autre côté de la porte : Lily et ses deux accompagnateurs étaient apparemment d'un calme olympien et s'attelaient à faire le moins de bruit possible.
- J'espère que leur colère ne jaillira pas d'eux lorsqu'ils me verront apparaître…, souffla t-elle d'une petite voix tendue par l'appréhension.
En ouvrant la porte, Marie-Louise eut confirmation que la mystérieuse dame rousse ayant surpris son domestique était bel et bien Lily, et grâce au portrait que lui avait dépeint son fils, elle n'eut aucun mal à la reconnaître d'un simple coup d'œil. Néanmoins, elle constata également que son invitée paraissait avoir pris dix ans de plus que son âge, et d'énormes cernes disgracieuses avaient vu le jour sous ses yeux. Son teint était blafard comme si elle n'avait pas vu la lumière du jour depuis longtemps, et sa silhouette en elle-même semblait plus mince qu'il ne fallait, si mince d'ailleurs qu'elle donnait l'impression de flotter littéralement dans la robe qu'elle portait. Marie-Louise en déduisit rapidement que Lily ne devait sans aucun doute pas avoir bien vécu l'annonce de la disparition et de l'adoption d'Harry, et intérieurement, elle s'en voulut pour avoir mis dans cet état cette pauvre femme.
Pour l'instant celle-ci n'avait pas encore remarqué sa présence, trop occupée à lire le dernier numéro des « potins de Paris », un journal du même registre que la gazette du sorcier et qui traitait actuellement dans ses pages d'un festival international des meilleurs potionistes d'Europe remporté semblait-il par un certain Severus Rogue. La caricature du gagnant peinte sur la première page du journal ne le mettait guère en valeur, mais Lily regardait d'une curieuse manière cette page, presque d'un air mélancolique. Les deux autres personnes mentionnées par son valet étaient également là, tous les deux lui tournant le dos pendant qu'ils admiraient l'une des peintures du salon. Tout comme elle n'eut aucun mal à reconnaître Lily, Marie-Louise trouva rapidement l'identité de la petite fille aux cheveux auburn qui devait sans nul doute possible être Rosalyn Potter. Quant à l'homme, il lui fallut néanmoins plus de temps pour voir en lui le parrain de son fils, du moins le parrain choisi par les Potter lorsqu'Harry vivait encore chez eux. Tous les proches d'Harry avaient apparemment décidé de faire le déplacement, et elle n'aurait jamais pu le leur reprocher : Si elle aussi avait dû attendre trois longues années pour retrouver un proche disparu, elle aurait sans nul doute emmené avec elle toutes les personnes se souciant de lui.
Cependant, elle fut néanmoins et très brièvement étonnée de ne pas voir James Potter ni même le frère d'Harry parmi eux, mais ce fut avant de se rappeler que ces deux là vouaient une haine farouche pour lui et n'étaient certainement pas disposés à fêter en famille les retrouvailles de celui qu'ils considéraient l'un comme l'autre comme un indésirable. Trois ans n'avaient apparemment pas suffi pour apaiser les tensions existantes dans cette famille, pas plus qu'ils ne leur avaient permis de passer outre leur différent pour faire front commun et tenter véritablement de devenir le foyer chaleureux et accueillant que chaque famille se devait d'être. Non, chacun était resté sur ses positions, et de ce point de vue là, Marie-Louise trouva fort judicieux ce choix de la part de James : Si cet homme avait eu le culot de venir montrer le bout de son nez ici, elle n'aurait certainement pas tenu longtemps avant de lui exprimer sa façon de penser pour la manière avec laquelle il avait brutalisé Harry et lui faire payer ses mauvais traitements vis-à-vis de lui. Le bougre serait sans aucun doute reparti avec plusieurs bosses et un mal de tête carabiné après cela.
Finalement, elle se décida à les prévenir de sa présence en se raclant la gorge. Trois têtes se tournèrent aussitôt vers elle, et chacune d'ailleurs prit une expression pour le moins surprise en l'apercevant. Ses vêtements y étaient peut-être pour quelque chose, ou alors était-ce son épaisse chevelure volumineuse qu'elle s'obstinait à conserver comme autrefois, mais Marie-Louise préféra ne pas y porter attention.
- Pardonnez cette longue attente, s'excusa t-elle rapidement en faisant quelques pas vers eux. Je n'étais malheureusement pas au château lors de votre arrivée mais au beau milieu de la forêt, et je n'ai pas pensé une seule seconde à la possibilité d'avoir des visiteurs en cette journée.
- Ce… Ce n'est pas grave, bafouilla Remus en revenant auprès de Lily, Rosie sur les talons. Nous avons eu l'occasion de pouvoir nous occuper en regardant cette magnifique salle…
- Vous m'en voyez ravie… Je suis Marie-Louise de Savoie soit dit en passant, et si je ne m'abuse, vous devez être Monsieur Lupin, n'est-ce pas ? dit-elle en lui tendant sa main qu'il baisa maladroitement. J'avais grand hâte de vous rencontrer. Et vous devez être la petite Rosalyn, je me trompe ? ajouta t-elle en baissant les yeux vers la sœur d'Harry qui l'observait timidement.
- Oui madame, mais mes amis m'appellent Rosie, répondit-elle tout en essayant de faire une révérence.
- Dois-je comprendre par là que vous me considérez déjà comme une amie ? s'enquit-elle en souriant.
Rosie se contenta de rougir jusqu'à la racine des yeux en préférant regarder le plancher du salon. Son interlocutrice quant à elle avait déjà porté son attention sur la dernière visiteuse, la seule qui n'avait pour l'instant pas dit le moindre mot. Lily se tenait à côté de sa fille, la silhouette légèrement chancelante comme si se tenir debout était difficile pour elle. Son teint était encore plus blafard vu de près, et si Marie-Louise n'était pas au courant de l'âge qu'elle avait, elle aurait aisément pu croire que Lily avait au moins la quarantaine. Elle faisait en tout cas peine à voir, mais la véritable raison lui échappait plus ou moins.
Marie-Louise n'était bien évidemment pas au courant de la soudaine rébellion de Lily contre son mari et sa fuite du manoir, pas plus qu'elle ne savait que depuis lors, James avait à de nombreuses reprises tenté de la retrouver en employant à certaines reprises des procédés plus que douteux. Mais jusqu'à présent, Lily tout comme Rosie était parvenue à lui échapper, bien que les longues nuits d'insomnie qu'elle passait depuis lors avaient tendance à affecter de plus en plus sa santé physique et mentale. Se souvenir de la dernière fois qu'elle était parvenue à dormir plus de cinq heures était impossible tout simplement parce qu'elle en avait été incapable, et même les potions de sommeil sans rêve ne parvenaient qu'à la faire somnoler que quelques heures, bien trop peu en tout cas au gout de Remus qui avait eu la bonté de l'accueillir chez lui.
Le stress à l'idée d'être retrouvée et renvoyée au manoir, l'angoisse quant aux stratagèmes de son mari pour la reprendre et les menaces dont elle avait eu vent concernant sa fille eurent également raison d'elle, et la paranoïa commençait lentement mais surement à prendre possession d'elle. Le moindre bruit suspect, le moindre regard qu'elle croisait ou le plus infime chuchotement qu'elle pouvait entendre avait le don de la mettre dans tous ses états, et la plupart du temps, elle restait cloîtrée chez Remus, allongée sur le lit à longuement s'interroger sur ce que l'avenir allait lui réserver. Rosie s'était bien mieux acclimatée à ce nouvel environnement, et loin d'un père qui la battait fréquemment, la petite fille recommençait à s'éveiller au monde et à sourire constamment. Remus, Qui travaillait comme Docker sur les berges de la Tamise du fait de son incapacité à trouver un emploi dans le monde magique à cause de sa lycanthropie, ne pouvait ainsi échapper à la joie de vivre de la sœur d'Harry qui se faisait une joie de l'accompagner à son travail, en profitant au passage de cette liberté nouvelle pour découvrir la ville de Londres et les curieux moldus qui la fascinaient tellement.
Sa bonne humeur était par conséquent contagieuse, et Remus se surprit à apprécier sa présence constamment autour de lui, allant même parfois jusqu'à avoir l'impression de passer une journée entre un père et sa fille. De toute façon, il considérait déjà Rosie comme sa propre fille tout comme il considérait Harry comme un fils, les ayant plus ou moins élevé en soutien de Lily contrairement à James, et ayant été toujours là pour leur venir en aide lorsque la situation dégénérait pour eux.
La présence de Rosie était de ce fait comme un rayon de soleil dans sa vie morne et triste, un baume soignant son cœur meurtri par les discriminations et le rejet de sa différence.
Pourtant, la situation qu'ils vécurent quelques jours seulement après l'arrivée de Lily et Rosie chez le lycanthrope faillit détruire tout cette façade de bonheur qui avait fait si rapidement son apparition.
Par mesure de précaution, et surtout pour éviter d'avoir à croiser James ou un quelconque espion de Dumbledore, le jour de la récupération d'Harry à l'orphelinat se passa quelques temps plus tard, lorsqu'ils furent certains qu'aucun risque ne pouvait entraver leur périple. Dissimulés sous plusieurs couches de sortilèges de métamorphose et de vêtements miteux, tous les trois entreprirent ce long trajet jusqu'au Wool's Orphanage dans une tension palpable. Par chance toutefois, rien ne leur arriva jusqu'à ce qu'ils atteignirent les grilles de fer de l'imposante bâtisse si ce n'est un pauvre ivrogne leur quémandant à de nombreuses reprises une petite pièce pour pouvoir se nourrir.
L'appréhension des retrouvailles fut néanmoins brutalement interrompue par l'étonnante vision qu'ils eurent de l'orphelinat : Autrefois en ruine et grisonnante, la façade avait subi un véritable nettoyage, et les nombreux recouvrements d'enduit et de peinture l'avaient rendu très agréable et beaucoup plus accueillante qu'auparavant.
L'intérieur n'était pas en reste, et comme elle apprit quelques temps plus tard, la plupart du mobilier entreposé là venait tout droit des anciens appartements de Ms Cole qui s'étaient enrichies considérablement par le biais des dons donnés à l'orphelinat. Du sol au plafond, de la cave au grenier, tout avait été refait à neuf, et même les vêtements des petits orphelins avaient été remplacés par un uniforme commun à tous et changeant radicalement des frusques grisâtres qu'ils portaient autrefois. Même les employés avaient subis une grosse modification, et tous ceux ayant de près ou de loin fermé les yeux sur les magouilles de leur ancienne employeur avaient fait place à de nouveaux travailleurs motivés et soucieux du bien être de leurs petits protégés.
En un mot, l'orphelinat était passé d'un endroit lugubre et peu accueillant à un établissement parfait sur tous les points. Le nouveau propriétaire, un certain John Bradshaw, contrastait lui aussi avec Ms Cole : Un sourire avenant allant d'une oreille à l'autre, jamais avare de compliment et doté d'un humour aussi décapant que son charme, l'homme leur plut immédiatement et surtout à Rosie qui fit là sa première expérience du coup de foudre de l'enfance, même si son prince charmant avait presque vingt ans de plus qu'elle.
Mais leur humeur changea radicalement lorsqu'il en vint à parler d'Harry, et la réponse que leur donna leur interlocuteur les laissa pour le moins pantois :
« Harry ? Mais… Nous n'avons pas de garçon nommé Harry ici… »
Il en fallut peu à ce moment là pour que Lily ne fasse une attaque cardiaque, et ce fut avec le soutien de Remus et de John qu'elle se laissa difficilement guider vers un fauteuil pour lui éviter de tomber. Ses jambes ne parvenaient même plus à la porter, et ses mains tremblaient tellement qu'elle fut incapable de tenir plus longtemps la main de sa fille. Près de dix minutes lui suffirent pour reprendre un semblant de contenance, et dix autres minutes pour invectiver et hurler sur le pauvre John concernant la disparition de son fils. Le directeur de l'orphelinat eut beau lui expliquer qu'il avait pris la direction de cet établissement un an après avoir qu'Harry fut déposé ici, rien n'y fit, et Lily s'obstinait à trouver en lui un coupable. Remus fut incapable de la calmer, pourtant lui aussi était furieux et inquiet du sort de son neveu. Quant à Rosie, son avis sur la question se résumait à son silence et aux larmes coulant sur ses joues. Le frère qu'elle se faisait une joie de revoir avait disparu de la circulation, et il ne fallut que l'aide inespéré de John et des registres d'adoption qu'il tenait pour enfin trouver une solution à ce mystère.
Entendre de sa bouche qu'Harry avait été adopté fut un soulagement pour tous : Cela valait mieux que d'apprendre qu'il s'était aventuré en dehors de l'orphelinat et qu'il n'était jamais revenu Londres avait ses quartiers malfamés, et une mauvaise rencontre était tout à fait possible. Mais découvrir qu'il l'avait été par une princesse laissa rapidement place à l'étonnement. Rosie fut à ce moment là la seule à s'en réjouir, imaginant déjà Harry vivre dans un magnifique château fort avec pont-levis, douves, mâchicoulis et une multitude de serviteurs répondant aux moindres de ses désirs. Son imagination alla même jusqu'à l'imaginer posséder plusieurs licornes qu'il gardait précieusement dans ses écuries et dont elle aurait la possibilité de pouvoir les monter lorsqu'elle le reverrait.
Les deux autres furent bien moins heureux par cette annonce : Remus fut incapable de dire un mot, trop étonné par la tournure des évènements et se demandant comment diable une princesse dont il ne connaissait même pas l'existence avait bien pu adopter et prendre avec elle un enfant qui ne devait justement pas l'être. Quant à Lily, des images d'un Harry vivant dans le luxe et la richesse lui traversèrent l'esprit, et tout comme Rosie, elle pouvait aisément s'imaginer son fils résidant dans un splendide château en compagnie de cette dame, heureux, et surtout heureux sans elle. Elle qui pensait revoir son fils le jour-même, voilà qu'il se trouvait désormais dans la nature et sans doute possible très loin d'elle, plus qu'il ne l'avait jamais été.
Sa tristesse à cette idée s'accentua lorsqu'elle découvrit que son petit garçon avait été acheté comme un vulgaire objet, et que cette princesse avait mis le prix pour l'acquérir : 9000 livres sterling. Comble de l'horreur, cette femme avait eu le culot de lui laisser une lettre lui expliquant comment elle avait rencontré Harry et les raisons de son adoption, non sans ajouter qu'elle pouvait venir le voir dès qu'elle le souhaitait, et que sa présence était non seulement désirée mais aussi voulue. Cette lettre pourtant anodine et pleine de sentiment eut le don cependant de la faire entrer dans une rage folle, et tous les noms d'oiseaux furent employés contre cette « voleuse ». Sa colère ne s'atténua d'ailleurs que quelques jours plus tard, lorsque la tension était retombée et qu'elle se sentait prête à aller revoir Harry. Même si le ressentiment envers Marie-Louise persistait, l'envie de retrouver son fils et de le serrer dans ses bras fut plus forte que tout, et ce fut pour cette raison qu'elle se retrouvait aujourd'hui dans cette salle, attendant le moment où elle verrait après trois ans Harry. Autant dire que voir la responsable de sa disparition et surtout sans être accompagnée par lui la déstabilisa fortement, et de nouveaux scénarios pouvant expliquer cette absence s'immiscèrent dans sa tête, des scénarios où Harry se retrouvait généralement entre la vie et la mort… Sa psychose n'avait désormais plus de limite.
- Madame Potter, qu'il me soit permise de vous souhaiter la bienvenue au château de Lamballe, l'accueillit Marie-Louise en lui prenant la main. Je dois vous avouer que je n'attendais plus votre visite, et que vous voir en ces murs est pour moi la chose la plus étonnante qu'il m'ait été donné de voir ces derniers temps. J'ose espérer que votre voyage jusqu'ici s'est déroulé sans encombre.
Mais Lily restait plantée là sans prononcer le moindre mot, comme incapable de pouvoir même ouvrir la bouche. Ses yeux étaient le seul endroit de son visage où l'ont pouvait discerner encore une quelconque trace de vie, et le vert émeraude de ses iris brillait de mille feux à la lumière du jour, des yeux qui furent d'ailleurs étrangement familier pour la princesse de Lamballe…
- Je peux aisément remarquer la similitude entre vos magnifiques yeux verts et les siens, lança t-elle pour détendre l'atmosphère. Mon mari possédait à peu de choses près les mêmes, sauf qu'ils n'étaient pas aussi vivants et ne dégageaient pas autant de chaleur que les vôtres…
Si Marie-Louise espérait faire plaisir à Lily en lui parlant de son fils, elle déchanta rapidement. En mentionnant Harry, elle parvint certes à réveiller Lily de sa torpeur, mais à également la faire soudainement éclater de colère sans raison apparente.
- Où est-il ? demanda t-elle en se saisissant du col de sa robe. Où est mon fils !? Dites-moi où je peux le trouver !
- Allons allons madame, calmez-vous ! lui conseilla Marie-Louise en essayant de se dégager. Votre fils est en sécurité ici-même, mais avant que vous ne le retrouviez, j'aimerais mettre au point quelques petites choses avec vous si cela ne vous ennuie pas !
- Je n'ai pas le temps pour ça ! répliqua t-elle durement en commençant à la secouer comme un prunier, les sourcils froncés. Cela fait trois ans que je ne l'ai pas revu, trois ans que je morfonds à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose sans que je ne puisse agir pour l'aider et le protéger, et trois ans où je n'ai même pas eu l'opportunité de pouvoir le serrer dans mes bras ! Comment pouvez-vous croire que vous pouvez m'imposer une discussion alors qu'Harry se trouve entre ces murs ?!
Lily n'eut cependant pas le temps de déverser davantage sa bile contre elle car un soudain choc semblable à une décharge électrique au niveau de la main la fit brutalement lâcher prise et la poussa dans le fauteuil se trouvant derrière elle, la sonnant au passage suffisamment longtemps pour l'empêcher de réitérer son agression. Remus et Rosie eux ne comprirent pas ce qui était arrivé, bien que pour le premier nommé, un doute subsistait quant à la possibilité qu'elle ait pu employer un peu de magie sans baguette pour se libérer de la poigne de Lily.
- Vous avez attendu trois ans comme vous dites, alors vous pourrez attendre encore quelques minutes avant de pouvoir le retrouver, affirma fermement Marie-Louise d'une voix également plus dure. Croyez bien là que je ne fais pas cela pour vous punir ou vous faire du mal, mais il me semble important de vous informer de certaines choses avant de laisser place aux retrouvailles. Maintenant si cela ne vous ennuie pas, j'aimerais que l'on discute de cela assis sur ces fauteuils plutôt que debout.
Lily, incapable de pouvoir répondre, se contenta d'hocher brièvement sa tête et de s'asseoir plus confortablement sur sa place. Néanmoins, son visage restait quand même fumant et la colère était toujours perceptible dans son regard. Chacun prit alors place autour de la petite table de salon dans un silence pesant troublé par le froissement des robes et des talons de chaussures. Une petite coupelle de gâteau et quelques tasses de café apparurent quelques secondes plus tard devant eux grâce à la propriétaire des lieux qui ne perdit pas de temps pour faire le service et verser dans chaque tasse une dose généreuse de ce délicieux nectar. Elle fut d'ailleurs la première à en boire une gorgée, les deux autres adultes se méfiant de leur côté du liquide noirâtre versé dans les tasses, tandis que Rosie, qui avait de son côté eut droit à un jus d'orange, ne mit pas longtemps à goûter aux pâtisseries qu'elle dégusta goulûment en poussant des petits grognements appréciateurs.
- Je n'ai pas empoisonné vos tasses si c'est cela qui vous turlupine, les informa Marie-Louise en reposant la sienne.
- Vous disiez vouloir nous parler de certaines choses avant de pouvoir revoir Harry, lança Remus en acceptant finalement de boire sa tasse. Je suppose que ces informations le concernent pour qu'il ne soit pas avec vous actuellement. Il ne lui est rien arrivé de fâcheux tout de même ?
- Non rassurez-vous, autrement je vous aurais averti dès le début de cette conversation. En vérité, cela concerne les dernières années qu'il a vécues ici et les décisions que j'ai prises le concernant. Il est impératif pour vous que vous sachiez tout cela avant que l'on ne discute de ce qui se passera pour lui par la suite.
- Il n'y a rien à discuter, trancha Lily d'un ton catégorique. Je reprends mon fils et nous retournons en Grande-Bretagne, non sans vous dédommager pour la gêne occasionnée par la présence d'Harry auprès de vous. J'ai vu que vous aviez acheté mon fils pour la modique somme de 9000 livres, et je ferai de mon mieux pour vous rembourser cette somme…
Lily fut néanmoins interrompue par un gloussement de rire, celui de Marie-Louise. Celle-ci se tenait même le ventre et cachait avec bien des difficultés la moitié de son visage avec ses mains.
- Excusez-moi, dit-elle au bout d'un certain temps. L'argent n'est pas un problème pour moi, loin de là. J'ai hérité d'une très coquette somme de la part de mon défunt mari et de sa famille, et ajoutée à cela la fortune familiale de mes parents, cela fait de moi l'une des femmes les plus riches d'Europe. 9000 livres ne représentent qu'un cheveu dans la soupe qu'est ma fortune… Cependant je voudrais éclaircir un malentendu : Je n'ai pas acheté votre fils comme vous le dites, je n'ai acheté que sa liberté et l'ai libéré de l'enfer qu'était cet orphelinat.
- Un enfer ? répéta Remus, sans comprendre. Que voulez-vous dire par là ?
- Vous n'avez pas été mis au courant des agissements de cette directrice à son égard ? s'enquit-elle en se tournant vers lui. D'ailleurs, est-elle toujours la responsable de cet établissement ?
- Non, elle a été arrêtée pour plusieurs fraudes et escroqueries tournant en grande partie autour de l'argent que la royauté britannique lui offrait. Il semblerait qu'une grande partie de ces dons furent utilisés pour son confort personnel, tandis que l'état de l'orphelinat continuait à se dégrader au fil du temps.
- Vous m'en voyez ravie, dit-elle en souriant. J'ai su dès la première fois où je l'ai vu que cette femme n'était pas une personne fiable, et vos dires tendent à corroborer mes soupçons. Cette dame ne fonctionnait qu'à l'argent semble t-il, et je n'ai trouvé que ce moyen là pour lui arracher Harry, quitte à devoir payer une somme plus que conséquente pour le faire.
- Mais pourquoi lui ? l'interrompit Lily. Pourquoi avez-vous choisi d'adopter mon fils alors que vous ne le connaissiez même pas !?
Si Marie-Louise espérait faire durer la conversation jusqu'à ce point précis, ce fut raté. Lily venait de lui poser la question qu'elle redoutait le plus, notamment car cela mettrait la mère biologique de son fils dans un état pitoyable. Difficile après tout de s'entendre dire que le choix que l'on avait fait pour protéger son enfant s'était avéré être un très mauvais choix, et entendre de la bouche d'une étrangère que les multiples brimades et privations qu'avait subi Harry au cours de son séjour à l'orphelinat étaient en partie dues à sa décision, et écraser de remords Lily était bien la dernière chose qu'elle souhaitait pour elle. Malheureusement, aucune échappatoire n'était possible, et le regard persistant des trois autres sur elle la firent chanceler. Aussi après une profonde inspiration, elle prit son courage à deux mains et avoua absolument tout à Lily.
La discussion, et surtout son monologue, fut longue et pénible pour tous, en particulier comme elle se l'était imaginée pour Lily. A mesure que le temps défilait, la culpabilité et la détresse étaient de plus en plus visibles sur son visage tandis qu'un flot continu de larmes déferlait sur ses joues pour venir mourir dans le mouchoir qu'elle n'arrêtait pas de frotter sur sa peau. Apprendre qu'Harry était devenu le souffre douleur de tout un établissement fut un choc pour elle, surtout en sachant que c'était justement pour cette raison qu'elle avait choisi d'éloigner Harry de son père. Mais le destin s'était apparemment joué d'elle, et partout où Harry passait, un sort funeste s'acharnait à faire de sa vie un enfer, et bien qu'involontairement, elle fut malgré tout la cause de son malheur.
A de nombreuses reprises, Lily fondit en larmes et fut incapable de continuer à écouter le récit des aventures de son fils, même lorsque cela traitait de sujets bien moins tristes que l'orphelinat d'où il fut arraché, et même en s'entendant dire qu'elle n'y était pour rien dans ce qui lui était arrivé, la culpabilité, mais aussi le remord et une petite pointe de jalousie persistaient quand même en sachant que cette dame avait non seulement pris soin de son fils mais lui avait en quelque sorte pris son rôle de mère et d'enseignante, et entendre de la bouche d'une étrangère qu'Harry était un garçon très curieux, intelligent et très avancé en magie pour son âge lui faisait mal. C'était elle qui aurait dû lui apprendre tout cela, elle qui aurait dû lui enseigner ses premiers sorts et encore elle qui devait lui inculquer toutes les valeurs sur lesquelles furent bâtis sa morale et sa réflexion.
Elle avait certes commencé à lui apprendre tout cela, mais n'avait pas eu le temps d'approfondir véritablement les leçons qu'elle lui avait donné, et Marie-Louise lui avait ravi son rôle. Quelque part au fond d'elle, le sentiment que l'éducation d'Harry avait été un devoir dont on l'avait privé faisait jaillir en elle des sentiments qu'elle n'aurait jamais cru ressentir envers une personne autre que James : La rancœur, la colère voir la haine.
- Et depuis ce jour, Harry est considéré comme mon fils auprès des autorités de ce pays, termina Marie-Louise en faisant fit des sentiments hostiles qu'elle pouvait sentir en Lily. D'ailleurs, son nom a été modifié pour paraître bien plus français : Gabriel Louis-Victor Alexandre de Bourbon.
- C'est… c'est très étonnant, balbutia Remus tandis que Rosie gardait ses yeux écarquillés sur elle. Je dois vous avouer que je n'aurais jamais pensé qu'Harry… Enfin je veux dire Gabriel, puisse vivre en si peu de temps tant de choses. Je m'étais inquiété de la façon dont il avait vécu ces trois années loin de sa famille, mais j'ai tendance à croire désormais qu'il n'aurait pu espérer mieux. J'ai hâte de pouvoir observer ses progrès en magie !
- Oh mais je suis certaine que vous ne serez pas déçue, affirma t-elle en souriant malicieusement. J'ai tout de même entraîné cet enfant de la même façon que je le fus, et cela m'a permis il y a quelques années de pouvoir battre ce cher Albus Dumbledore. Je ne doute pas un seul instant que Gabriel suivra le même chemin… Vous ne vous sentez pas bien ?
À la mention du directeur de Poudlard, ses trois interlocuteurs se raidirent brusquement sur leur siège, le visage tendu et les poings crispés sur les genoux ou sur l'anse de leur tasse. Les évènements d'il y a quelques jours étaient encore dans l'esprit de chacun, et parler de Dumbledore faisait immédiatement penser à James et à cette terrible journée.
- Pardonnez-nous, mais… Gabriel a dû sans doute vous dire que nous ne sommes pas vraiment très attachés à Albus, n'est-ce pas ?
- Assurément Monsieur Lupin, et je dois reconnaître que je n'aime pas non plus ce vieil homme et ses pratiques douteuses ayant entraîné entre autre cette vie misérable qu'il avait avant que je ne le rencontre. Je suppose qu'il n'est bien évidemment pas au courant de votre présence ici ?
- Pas plus que ne l'est James…, lui répondit-il sombrement. Pour tout vous dire, nous n'avons pas revu ces deux là depuis plus d'une semaine maintenant, et nous nous cachons en vérité d'eux par sécurité.
Face au regard confus de Marie-Louise, Remus, après un hochement de tête positif de Lily, se décida finalement à se lancer à son tour dans une explication visant à éclaircir certains mystères. C'est ainsi qu'il raconta plus ou moins en détail les conditions de vie de Rosie et Lily depuis deux ans, les nombreuses disputes ayant eu lieu durant ce laps de temps et les coups qui plurent bientôt sur elles. Les sortilèges contraignants ne furent pas non plus omis, ni l'implication de Dumbledore dans cela. Remus tenta malgré tout de minimiser la chose pour ne pas l'effrayer ou la faire entrer dans une rage folle, mais entendre qu'une femme et une petite fille de moins de dix ans étaient continuellement battues par un homme sans scrupule eut quand même le don de l'émouvoir fortement, et rien ne lui aurait fait plus plaisir en cet instant que de lancer tous les sortilèges qu'elle connaissait sur lui et sur le vieux directeur de Poudlard.
Même si elle ne leur montra pas ouvertement, la tasse qu'elle tenait dans ses mains ne cessait elle de trembler, et à quelques reprises, quelques gouttes de café tombèrent dans ses vêtements mais elle n'y tint pas rigueur. Elle se détendit enfin lorsque Remus aborda leur fuite du manoir Potter, et leur situation depuis lors. Marie-Louise comprit finalement d'où provenait l'air si misérable de Lily et les multiples sautes d'humeurs qu'elle avait eues depuis le début de cette discussion. Elle-même aurait sans doute réagit de la même façon, bien qu'elle doutait cependant qu'elle se serait laissée aller à une forme de dépression comme celle dans laquelle se trouvait actuellement l'autre mère d'Harry.
- Je n'arrive pas à croire qu'ils aient osé faire ça, dit-elle en regardant d'un air compatissant Lily et Rosie. Quel homme lèverait la main sur sa femme parce qu'il pense qu'elle ne l'aime pas assez ?! Mon mari passerait presque pour un homme respectable à côté du vôtre ! Si… Si vous le désirez, je peux vous héberger ici quelques temps : Vous seriez en sécurité parmi nous, et vous auriez l'occasion de voir aussi souvent que vous le souhaitez Gabriel…
- C'est Harry…, la corrigea soudainement Lily.
- Je vous demande pardon ?
- C'est Harry ! s'exclama t-elle en la fusillant du regard. Harry James Potter ! Cessez de l'appeler Gabriel, il porte un autre prénom et je tiens à ce qu'il garde celui-ci !
Remus comme Rosie furent surpris par sa nouvelle saute d'humeur, et chacun garda sa boucha ouverte et les yeux écarquillés pendant qu'elle poursuivait ses réprimandes. Marie-Louise elle l'écouta sans broncher en poussant de temps à autre un soupir de résignation devant le manque évident d'ouverture d'esprit de Lily : Il semblait flagrant désormais qu'elle n'acceptait toujours pas qu'Harry puisse avoir deux mères maintenant.
- Vous ne me facilitez pas la tâche Madame Potter, dit-elle d'un air affligé. Je peux comprendre vos réticences à accepter cette situation, mais il faut que vous compreniez que certains points de la vie de votre fils ont changé et que vous serez tôt ou tard obligée de les accepter. Pour vous il sera toujours Harry James Potter, mais lorsque je ferai mention de lui, j'utiliserai le prénom que je lui ai choisi, Gabriel.
Un silence pesant s'installa suite à ces paroles, le temps pour les deux mères de s'observer en chien de faïence et pour Rosie de regarder craintivement cet échange houleux entre elles.
- Je suis également au courant du contrat de mariage le liant à Daphné Greengrass, et je ne m'y opposerai pas, annonça la princesse de Lamballe pour porter la conversation sur des sujets moins épineux.
- Vous vous êtes renseignée sur nous !? répliqua Lily qui persistait à lui reprocher absolument tout ce qu'elle faisait.
- Je n'ai absolument rien fait. Je n'ai appris cela que de la bouche de votre fils, et par la suite de celles de sa fiancée et de ses parents.
- Vous… Vous insinuez que les Greengrass vous connaissent ? Comment est-ce possible ?!
- J'ai fait la rencontre de Monsieur et Madame Greengrass il y a deux ans lorsque pour récompenser de ses bons résultats notre fils, je lui ai donné l'opportunité de pouvoir retrouver Daphné et de lui expliquer ce qui lui était arrivé. Par ailleurs, en apprenant qu'il était fiancé, j'ai également découvert que leur contrat de mariage avait crée entre eux un lien magique qu'ils pouvaient exploiter. Si Daphné n'avait pas été entraînée correctement, ce lien aurait pu être un obstacle pour Gabriel dans la mesure où si lui savait se servir de ce lien, sa fiancée elle en aurait été incapable et aurait pu sans le savoir le vider entièrement de sa magie. J'ai par conséquent pris la peine de prendre sous mon aile Daphné et de l'entraîner de la même façon que son fiancé.
- Mais… Ils étaient au courant alors, et ils ne m'ont rien dit…, marmonna sombrement Lily en baissant tristement les yeux. Je me faisais un sang d'encre pour lui, je leur racontais à quel point il me manquait, et Belvina n'a même pas jugé bon de me dire qu'elle pouvait être en relation avec lui et me dire qu'il allait bien…
- Je leur ai fait promettre de ne rien vous dire, et ils ont juré sur leur magie de ne rien vous dire tant que je ne l'avais pas moi-même fait. Je vous trouve cependant bien injuste envers eux : Vous non plus vous n'avez pas jugé bon de les avertir de sa disparition, et bien que vos intentions étaient louables, ils n'ont fait que faire avec vous ce que vous avez fait avec eux : vous laisser dans l'ignorance pour vous protéger. Admettez ma chère que vous auriez immédiatement accouru ici sans prendre le temps de préparer facilement votre départ en apprenant que votre fils se trouvait en France avec moi. La précipitation peut vous faire commettre de nombreuses erreurs pouvant être préjudiciables pour vous et votre fille.
Même si elle ne l'avoua pas ouvertement, Lily ne put qu'approuver ses paroles. La réaction supposée de Marie-Louise la concernant était exactement celle qu'elle aurait eu en sachant la vérité, et en étant constamment surveillée par James, celui-ci aurait rapidement découvert la vérité lorsqu'elle aurait tenté par tous les moyens de briser les sorts placés sur elle pour pouvoir quitter le manoir.
- Comment est-il maintenant ? demanda Rosie en l'observant avec intérêt. Je veux dire, il ressemble toujours à papa, ou vous êtes parvenue à dompter ses cheveux ? Est-ce qu'il est grand maintenant ? Est-ce qu'il est toujours aussi maigre ?
Ses questions pourtant anodines eurent néanmoins le don d'embarrasser la princesse de Lamballe, qui a la surprise des trois autres se mit à gesticuler nerveusement sur son siège.
- Voyez-vous cette peinture Rosie ? dit-elle en lui désignant d'un mouvement de tête le tableau accroché au dessus de la cheminée. Regardez-la attentivement je vous prie…
Rosie comme sa mère et Remus ne se fit pas prier pour obéir, et trois paires d'yeux se posèrent immédiatement sur les trois personnages représentés : Deux femmes et un petit garçon d'environ huit ou neuf ans. Chacun put aisément reconnaître l'une des femmes comme étant Marie-Louise, quant à l'autre, ils ne pouvaient bien évidemment pas la connaitre puisqu'il s'agissait de la marquise de Tourzel. Mais le garçon leur était également totalement inconnu, même en y regardant de plus près. Seuls ses yeux rappelaient vaguement ceux d'Harry, mais rien, que ce soit la couleur de sa peau ou ses cheveux ne pouvait les aiguiller quant à sa réelle identité.
- La femme posant avec moi est l'une de mes meilleures amies ainsi que la tante du garçon qui siège en notre compagnie. Quant à ce dernier… Je ne sais comment vous dire cela…
Lily n'eut pas besoin d'en entendre davantage pour sa voir que quelque chose clochait avec ce garçon, et à la vue de la crainte clairement visible sur son visage, elle se douta que cela avait un rapport avec Harry bien qu'elle ne parvienne pas pour l'heure à faire le rapprochement entre les deux garçons.
- J'ai… Comme je vous l'ai dit, je suis une femme veuve depuis plusieurs années maintenant, et je n'ai pas eu la possibilité d'avoir un enfant, mon organisme ne me le permettant malheureusement pas. Gabriel a été le fils que je n'ai jamais eu et que je rêvais d'avoir et ces dernières années ont été les plus belles qu'il m'ait été donné de vivre, et pour rien au monde je ne voudrais retourner en arrière et changer quoi que ce soit dans les décisions que j'ai pu prendre par le passé.
Marie-Louise parut à ce moment-là faire son âge tant la peur prenait place dans son discours et déformait ses traits. Impossible désormais de faire marche arrière, et peu importait la façon dont réagirait Lily en apprenant l'adoption de son fils, l'essentiel était qu'elle vide désormais son sac et s'enlève ce lourd poids qui pesait sur ses épaules.
- Ce garçon peint à nos côtés est Gabriel Louis-Victor Alexandre de Bourbon… Mon fils depuis près de trois ans maintenant, et le vôtre également. J'ai adopté votre fils auprès des administrations moldues, mais aussi par le sang…
Si Lily pensait avoir tout entendu aujourd'hui, la révélation concernant l'adoption par le sang d'Harry fut le coup de grâce d'une journée riche en découvertes. L'espace d'un instant, elle se crut même au beau milieu d'une scène de théâtre burlesque et totalement folle où d'extraordinaires péripéties avaient lieu : Une pièce de théâtre qui en tout cas ne lui plaisait absolument pas. L'idée même de voir son fils être adopté par une personne qu'elle considérait comme une étrangère lui parut impossible, surtout qu'elle ne pouvait croire cela possible. Totalement mortifiée par cette annonce, elle ne remarqua même pas les halètements de stupeur de Remus et Rosie qui ne cessaient de leur côté de regarder la peinture et Marie-Louise, comme si cette histoire leur paraissait également improbable. Lily d'ailleurs ne remarqua pas non plus qu'elle avait subitement cessé de sécher ses larmes pour se saisir de sa baguette qu'elle pointa en direction de Marie-Louise.
- Comment avez-vous pu oser !? s'écria t-elle en la menaçant. L'adopter pour l'entraîner et le former à être un sorcier puissant, passe encore. Le faire quitter un orphelinat où il était maltraité, je ne peux que vous remercier pour cela. Mais l'adopter par le sang !? De quel droit vous êtes vous permise de prendre cette décision !? Il n'a qu'une mère, et c'est moi !
- Madame Potter, je ne voulais pas vous voler votre fils, plaida Marie-Louise en levant les mains en signe de réédition. Vous ne comprenez pas…
- Oh si, je comprends parfaitement ! affirma t-elle sèchement. Vous avez crû être dans votre bon droit en prenant ma place dans sa vie et en vous accaparant MON titre de mère !
- La jalousie et l'égoïsme vous aveugle ma chère, riposta la princesse de Lamballe en haussant finalement le ton. Je n'ai jamais pensé à vous causer du tort en agissant ainsi, et je ne voulais absolument pas vous détrôner du titre ô combien glorieux de mère pour un enfant ! J'ai peut-être agis dans mon intérêt en prenant cette décision, mais Gabriel était consentant, et le plus amusant voyez vous, c'est qu'il était persuadé le lendemain de sa métamorphose que vous accepteriez sa décision avec joie ! N'êtes-vous pas la première à souhaiter qu'il n'ait plus aucun rapport physique avec votre mari ? Qui souhaiterait de toute façon être lié biologiquement parlant à un homme qui bat sa femme et ses enfants !?
- Mais… En l'adoptant, vous avez également fait disparaître les liens qui m'unissaient à lui ! persista Lily en la fusillant du regard.
Cependant, contrairement à ce qu'elle aurait crû, Marie-Louise ne chercha même pas à répondre à son affirmation, bien au contraire. Son air furieux pour avoir été si injustement critiquée et insultée laissa place à un visage totalement neutre qui la déstabilisa totalement.
- Avez-vous déjà entendu parler de transmission des gênes d'un parent à un enfant, Madame Potter ? lui demanda t-elle calmement.
- Non, avoua Lily en arquant un sourcil. Je ne suis pas une fine connaisseuse en biologie, du moins je ne sais que ce que j'ai pu apprendre à Poudlard et par mes propres lectures…
- Hé bien ce sera l'occasion pour moi de vous enseigner quelque chose dans ce cas. Voyez-vous, chaque individu présent sur Terre naît avec certaines caractéristiques physiques qui lui ont été donné par ses deux parents, et ces acquis se retrouvent dans le sang de l'individu concerné. C'est la raison pour laquelle par exemple votre fille possède cette couleur de cheveux identique à la vôtre et ces yeux bruns qu'elle doit je suppose hériter de son père. Maintenant pour vous donner une image, imaginez que vous versiez du sang vous appartenant et du sang appartenant à votre mari dans une coupelle : Ceux-ci se mélangeraient pour former après de nombreuses manipulations un autre sang qui serait celui de l'un de vos enfants. C'est une façon d'imaginer la transmission de vos gênes chez votre fils.
- Je ne vois pas où vous voulez en venir, l'interrompit Lily en perdant légèrement patience.
- J'allais y arriver, riposta Marie-Louise d'un ton sec, n'appréciant pas d'être interrompue continuellement. Une potion d'adoption travaille de la même façon, sauf qu'elle agit directement à l'intérieur du corps de la personne adoptée et détruit totalement le sang qu'elle possédait jusqu'alors pour le remplacer. La mienne cependant est différente dans le fait qu'elle ne détruit qu'une partie des gênes, ceux de la personne dont on souhaite se détacher entièrement. Si l'on reprend mon exemple de la coupelle, imaginez maintenant que je décide de remplacer le sang de votre mari par le mien sans toucher au vôtre, tous les deux se mélangeraient ensemble et finiraient progressivement par se lier l'un à l'autre en se débarrassant des gênes de Monsieur Potter. Au final, nous nous retrouverions avec un nouveau sang issu de l'union des nôtres, ce qui est le cas pour Gabriel.
- Vous voulez dire qu'en quelque sorte Gabriel est d'une certaine façon le… le fruit de l'union entre vous et Lily ? demanda Remus en rougissant à la seule pensée des deux femmes dans le même lit et s'adonnant à des pratiques peu recommandables en public.
- C'est exactement cela, avoua t-elle en rougissant également. Gabriel n'a plus de père désormais mais deux mères pour s'occuper de lui dont il partage les attributs et les caractéristiques génétiques, un cas tout à fait unique dans le monde…
- Est-ce qu'Harry est toujours mon frère alors ? demanda soudainement Rosie en ayant l'air à la surprise des adultes étonnamment triste.
Marie-Louise fut pour le moins désarçonnée par sa question, d'autant plus qu'elle n'y avait jamais pensé. D'une certaine façon, Harry n'était plus exactement son frère car ayant un sang différent circulant dans ses veines, et surtout, il n'avait plus qu'un parent en commun. Gabriel était désormais un demi-frère dans un sens, mais elle se doutait que cette réponse ne plairait pas à la jeune fille.
- Oui bien sûr ! affirma t-elle en pensant à une manière d'arrondir les angles. Vous possédez toujours la même mère, et vous avez vécu suffisamment de temps ensemble pour savoir que même cette petite différence ne pouvait pas entacher votre si belle relation.
- Mais… Cela ne fait-il pas de lui mon… mon demi-frère maintenant ? persista t-elle, les larmes aux yeux.
- Rosie ? Mais… Mais qu'est-ce que tu as ? l'interrogea sa mère en passant rapidement un bras autour de ses épaules pour la réconforter.
- C'est juste que… dans un sens, Harry et m-moi n'avons plus les deux mêmes parents, dit-elle d'une voix tremblotante. Nous avons un parent différent maintenant, et ça me donne l'impression que l'on a plus la m-même famille, que l'on est plus totalement frère et s-sœur…
Et sans plus attendre, Rosie fondit littéralement en larmes, sous les yeux chagrinés des trois adultes. Lily s'empressa aussitôt de la prendre dans ses bras et de la consoler, lui assurant au passage dans le creux de l'oreille que malgré tous ces changements, Harry restait et restera toujours son frère, même en ayant un sang différent du sien. Cette situation était tout de même étonnante dans la mesure où Lily ne parvenait pas à se faire à l'idée qu'Harry avait désormais changé et n'était plus celui qu'elle avait connu, mais était selon elle toujours le même frère qu'avait toujours connu Rosie. Son discours était contradictoire, mais personne ne prit la peine de le lui faire remarquer. Chacun préféra plutôt attendre que Rosie se calme avant de reprendre leur conversation là où elle en était.
- Pardonnez ma curiosité, mais je suppose que vous avez mûrement réfléchi avant de décider à adopter Gabriel de cette manière, et je doute que la volonté d'avoir un fils soit la seule raison véritable pour cette décision, affirma Remus en brisant le silence qui avait fait suite aux sanglots de Rosie. Y'a-t-il autre chose qui vous ait poussé à faire de lui votre enfant ?
- Vous êtes très curieux Monsieur, dit-elle tandis que Remus prit soudainement une teinte écarlate. La curiosité est certes un vilain défaut, mais je veux bien répondre à cette question puisqu'elle concerne l'avenir de Gabriel. J'ai crû comprendre selon ses dires qu'il avait été déshérité par son père pour permettre à votre fils cadet d'être l'héritier de la fortune familiale, est-ce exact ? s'enquit-elle d'une voix soucieuse.
- Oui, et cette décision est irrévocable malheureusement, avoua Lily d'une voix amère. J'ai tenté de faire quelques démarches pour essayer de mon côté d'annuler cela mais ce fut en vain : Il m'est impossible de pouvoir contester les décisions de mon mari du fait de mon statut de femme et d'épouse, et James est la seule personne pouvant annuler cette décision auprès des gobelins. Je doute qu'il puisse un jour revenir sur ce qu'il a fait, surtout si Dumbledore reste près de lui pour le conseiller. Harry a autant de chance de redevenir l'héritier de la famille Potter que de voir un homme marcher un jour sur la Lune…
- Je douterais de cela si j'étais vous, affirma d'un ton moqueur Marie-Louise. Les gobelins n'obéissent qu'à leurs lois, et à moins d'être ensorcelé, pas un seul ne courberait l'échine devant un sorcier, ce qui fait que je trouve très troublant qu'ils aient accepté aussi facilement de changer le nom de l'héritier de la famille Potter dans leur registre… Voyez-vous, ce sont eux qui gèrent ce genre d'affaires, et ils peuvent s'opposer à une décision et refuser même de l'appliquer si les raisons leur semblent insuffisantes. Qu'elles sont celles formulées par votre mari, Madame Potter ?
- Simplement que Matthew aurait fait un meilleur héritier qu'Harry, et en vertu de la décision prise par le magenmagot à ce moment-là, rien ne pouvait semble t-il contester cette décision.
- Sauf que la magenmagot de votre pays n'a aucune autorité lorsqu'il s'agit d'une affaire purement familiale. Je suppose que Dumbledore assistait ce jour-là à ce problème ?
Deux hochements de tête lui répondirent, et Marie-Louise ne put s'empêcher de soupirer bruyamment en voyant cela.
- Il ne fait aucun doute que ce vieil homme usait de son influence pour prendre des décisions pouvant lui être bénéfique. Faire tenir une assemblée pour juger ou non de l'ordre d'héritage des membres d'une famille est absolument interdit et surtout inutile : C'est à la nation gobeline de trancher dans ces affaires là puisqu'elle s'occupe des affaires financières de leurs clients. Cela signifie que ce cher Albus a commis quelques interdits, et je suis persuadée qu'un gobelin a dû également avoir à faire avec les fourberies de ce vieillard sénile. L'impérium me paraîtrait être une hypothèse envisageable, et la cible me semble tout à fait désignée : Ragnok. Seul lui pouvait valider le déshéritage de Gabriel sans qu'aucun autre gobelin ne puisse contester cela.
Les deux autres adultes l'écoutèrent en silence, étonnés bien malgré eux des connaissances de leur interlocutrice et de son savoir quant au mode de fonctionnement des Gobelins. Certains détails leur étaient inconnus, comme le reniement devant obligatoirement se faire avec le sang du déshérité : Harry n'ayant jamais mis les pieds à Gringott's, ou du moins pas sans elle, Lily était certaine que James avait sans nul doute possible fait usage d'une manière détournée pour parvenir à récolter le sang de son fils aîné Quand à Dumbledore, nul doute n'était possible désormais sur sa complicité dans cette affaire. La possibilité qu'il soit également responsable de la mystérieuse mort de Charlus et Dorea était également envisageable, et si tel était le cas, elle s'arrangerait pour lui faire payer cela.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question, lui rappela en douceur Remus non sans montrer pour autant sa curiosité.
- J'avais tout simplement besoin d'un héritier, quelqu'un capable de pouvoir s'occuper de mes travaux et de mon argent lorsqu'il sera temps pour moi d'abandonner toutes les charges et obligations qui incombent à ma personne. Cependant, il me fallait un héritier de mon sang pour que cela puisse se faire, un héritier en ligne directe de préférence pour ne pas voir mon argent disparaître Ma famille a pour vocation de toujours attribuer à ses descendants la fortune dont elle est la propriétaire depuis des siècles et tout comme chez vous, l'aîné est généralement celui qui hérite d'une grande partie de celle-ci. Je n'étais que sixième dans l'ordre de succession de mon père, mais de loin la plus douée en magie et l'enfant préféré de mes parents, ce qui a sans doute fait que j'eus autant reçu dans leur testament. La voûte que je possède à Gringott's est par conséquent très bien fournie, surtout si l'on ajoute à cela l'argent que possédait déjà le prince de Lamballe, mon défunt époux. À ma mort, cette voûte aurait été scellée définitivement par les gobelins sans possibilité de pouvoir en extraire la moindre pièce, mais en adoptant Gabriel, je me suis assurée de pouvoir voir cette fortune continuer à prospérer en sachant qu'elle était entre de très bonnes mains.
Absolument tout lui appartiendra, même ce château, mes nombreuses terres et mes titres de noblesse.
- Est-ce qu'Harry va devenir plus riche que Matthew ? demanda tout à coup Rosie, heureuse à l'idée de voir son frère cadet hurler à pleins poumons sur cette « injustice » envers lui.
- Rosie ! la sermonna immédiatement sa mère. En voilà des manières ! Il est impoli de questionner les gens sur leur richesse jeune fille, cela ne se fait pas !
Mais Marie-Louise la fit taire d'un geste de la main, nullement choqué ou même contrariée par la question tout à fait innocente de la petite fille.
- Je n'ai aucune idée de la fortune qui est celle des Potter, mais en ajoutant à mes voûtes la valeur des mes châteaux, nous approchons des quarante millions de livres, soit en monnaie de sorcier une trentaine de millions de gallions, une somme plus que conséquente si vous voulez mon avis. Votre frère devra s'occuper d'un patrimoine colossal…
Pour le coup, les deux futures ex-Potter et Remus furent soufflés par cette annonce. La fortune de la famille Potter s'élevait autrefois à près de dix millions de livre, mais les multiples achats et les dépenses inutiles de James l'avaient fait fondre comme neige au soleil. Si il n'y avait pas eu les quelques contrats financiers signés entre lui et quelques individus peu scrupuleux voulant se servir de la notoriété de Matthew dans leur intérêt, celui-ci aurait rapidement fait faillite. James n'avait aucune notion d'épargne et d'économie, et l'argent qui lui passait entre les doigts était le plus souvent dépensé très rapidement. Même si Harry était resté l'héritier de cette famille, son héritage aurait été le jour de sa majorité et de sa prise de fonction tout à fait dérisoire. Alors savoir qu'il deviendrait le propriétaire d'une fortune s'élevant à plusieurs dizaines de millions de livre était un choc auquel ils ne furent pas préparés.
- Je pense avoir fait le tour des interrogations que vous pouviez avoir le concernant, dit-elle en se relevant. Je n'ai plus aucune raison de vous faire attendre encore davantage… Gabriel doit également s'impatienter de son côté, et il n'a jamais été quelqu'un de très patient depuis que je l'ai sous ma garde. Si vous voulez bien m'attendre ici…
Après une dernière révérence, Marie-Louise s'éloigna finalement en direction de la sortie. Les autres attendirent qu'elle disparaisse derrière la porte pour finalement souffler et évacuer toute la pression en eux, et par ce simple geste, chacun se détendit et en profita même pour apprécier les merveilleux coussins moelleux des fauteuils.
- Quelle histoire, soupira Remus au bout de quelques secondes. Ça parait tellement invraisemblable que je me demande si je ne suis pas en train de rêver…
- Je comprends ce que tu veux dire, affirma Lily. Je ressens exactement la même chose, même si je me demande si ce n'est pas plutôt un cauchemar que nous vivons actuellement…
- Que veux-tu dire ? la questionna t-il en se tournant vers elle.
- C'est difficile à expliquer… J'ai… J'ai l'impression que Harry et moi suivions le même chemin jusqu'alors, un chemin tracé par le destin et dans lequel je me voyais à ses côtés jusqu'au bout et où je l'épaulais dans l'adversité et les difficultés. Mais maintenant, avec tout ce qui lui est arrivé, je ressens une sorte de poids sur le cœur comme si il me manquait quelque chose désormais, et j'ai cette terrible sensation que mon fils n'est plus vraiment celui que j'ai connu, comme si l'on m'avait pris le mien pour le remplacer par un autre… Cela va peut-être te paraître idiot, mais les dires de cette femme me donnent la sensation que le Harry Potter que j'ai connu a disparu, remplacé par ce Gabriel de Bourbon. J'ai l'impression que mon fils est mort…
- Effectivement, ce que tu dis est tout à fait idiot. Ton fils a peut-être changé de nom et d'apparence, il a peut-être fait des progrès considérables en magie et a appris bien des choses par le biais de cette femme, mais tu es celle qui l'a mis au monde et qui l'a élevé pendant huit ans. Les relations familiales ne sont pas qu'une histoire de sang Lily : Rosie n'est pas ma fille, mais je la considère par moment comme telle… J'aurais également pu prendre l'exemple de Molly Weasley vis-à-vis de Matthew, mais sa tendance à vouloir absolument voir sa fille épouser ton fils me donne plutôt l'impression qu'elle se soucie de lui uniquement pour bien se faire voir de James et favoriser cette union. Pauvre femme, je doute que ton mari accepte un jour de voir son prodigieux fils épouser une paysanne…
Sa remarque bien que légèrement rabaissante n'était néanmoins pas dénuée de son sens, et Lily entre deux gloussements eut pitié de cette dame et de sa pugnacité à vouloir à tout prix voir sa fille gravir les échelons de la noblesse magique. Molly Weasley était un mystère pour elle, mais un mystère qu'elle ne souhaitait pas résoudre : les relations qu'elle entretenait avec cette femme étaient très mauvaises, et la tendance à continuellement la critiquer sur son mauvais comportement envers James et son manque de dévouement pour lui n'arrangeaient rien à cela. Par moment, elle se demandait comme un homme aussi doux et gentil qu'Arthur Weasley avait pu tomber amoureux d'une femme aussi autoritaire et agaçante qu'elle, au point de se questionner parfois sur celui qui portait véritablement la culotte dans leur couple. L'amour était parfois un bien curieuse chose…
- Enfin bon, je n'ai aucun doute en voyant cette femme et en l'entendant parler qu'il a été bien traité, poursuivit Remus en enfournant un petit biscuit. Je préfère de toute façon le savoir ici et épanoui qu'entre les griffes de l'ancienne directrice de cet orphelinat. Savoir qu'il a été adopté par elle est en tout cas très étonnant : Cela montre à quel point elle tient à lui et voit en lui son digne successeur… Il faut vraiment aimer quelqu'un pour en arriver à faire un choix pareil.
Lily hocha simplement sa tête avant de se tourner vers sa fille qui était restée étonnamment silencieuse depuis longtemps. Elle fut d'ailleurs surprise de la voir observer d'un air pensif la cruche de jus d'orange devant elle, comme perdue dans ses pensées. La curiosité la poussa immédiatement à découvrir ce qui semblait la tracasser, et elle s'injuria mentalement d'idiote pour ne pas connaitre les bases de la légilimancie qui lui aurait permises d'en savoir plus sans la questionner.
- Rosie ? Quelque chose ne vas pas ma chérie ?
- Hm ? Oh heu… Non ça va maman…, répondit-elle simplement en se détournant rapidement de la table basse pour afficher un immense sourire sensé la rassurer.
Sa mère s'apprêtait à la relancer pour en savoir plus, mais La porte d'entrée s'ouvrit de nouveau, leur permettant à elle et aux deux autres d'entendre ce qui semblait être une conversation plus qu'animée entre deux personnes. Leur hôte, qui avait de toute évidence voulu faire durer le suspens en entrant la première, fut bien évidemment au cœur de cette discussion même si elle n'avait pas l'air pour autant aussi prompte à parler que le jeune garçon qui la suivait : Son visage anxieux avait refait son apparition, et malgré le sourire de circonstance qu'elle arborait, nul n'était dupe au point de ne pas se rendre compte qu'intérieurement, Marie-Louise devait certainement être paniquée. Son avenir, celui d'Harry et celui de Lily se jouaient dès à présent, et la façon dont allait se dérouler cet entretien pouvait avoir des conséquences sur les futures perspectives de carrière et sur la vie privée de chacun.
- Vraiment mère, vous m'aviez dit ne pas être longue, mais j'ai eu largement le temps d'aller quémander à Giuseppe quelques pâtisseries pour me sustenter, maugréa le garçon dans l'encadrement de la porte. Je n'aurais jamais crû qu'un entretien puisse vous donner autant de temps, surtout qu'il s'éternise de toute évidence… Finissons cela au plus vite avant que nos invités ne se demandent où diable avons-nous pu bien passer.
Lily ne comprit pas un mot de ce que ce garçon avait pu dire, mais son cerveau ne s'était de toute manière pas donné la peine de traduire pour elle ce que disait Harry. Seule une pensée lui revenait continuellement en tête : Ce garçon était son fils, et c'était bien difficile à croire tant il ne ressemblait plus au Harry qu'elle avait connu. En vérité, absolument rien ne rapprochait Gabriel de Bourbon à Harry Potter si ce n'est les yeux. La potion avait absolument tout modifié, des cheveux qui descendaient souplement jusqu'à ses épaules avec un soin particulier à la forme de son visage qui était devenu beaucoup plus ovale qu'auparavant. Les pommettes, le menton, les yeux, la couleur des cheveux… plus rien ne lui permettait de faire le rapprochement entre l'image qu'elle avait de son fils et celle que lui donnait le jeune garçon faisant son apparition dans la pièce. Certes, Harry avait sans doute perdu à présent toute la graisse de bébé et ses traits s'étaient à présent affinés, mais cela ne pouvait expliquer pareil changement. Bien qu'elle ne puisse se détacher de lui, elle crut néanmoins ressentir Rosie se raidir juste à côté d'elle tandis que Remus poussa un halètement de stupeur qu'elle-même dut réprimer. Jamais elle n'aurait crû vivre cela, et si on lui avait dit le matin même qu'elle découvrirait son fils métamorphosé de la sorte, elle aurait certainement rit au nez et à la barbe de son interlocuteur.
- Je pensais que nous allions discuter de cela dans votre bureau mère, poursuivit Harry en faisant quelques pas dans la pièce. Nous aurions été bien plus à l'aise que dans votre salon et dans de meilleures conditions pour une discussion offi…
C'est alors qu'Harry remarqua enfin les trois nouveaux venus au château, et pour la première fois depuis qu'il en avait appris les bases, ses boucliers d'occlumancie furent incapables de contenir le flot d'émotions germant en lui. De toutes les surprises qu'il avait eu aujourd'hui, celle-ci était de loin la plus stupéfiante et aussi celle qui le bouleversait le plus compte tenu des évènements récents. Pas un seul instant il n'aurait crû revoir sa mère, son parrain et sa petite sœur ici même le jour de son anniversaire, alors que c'était pourtant l'évidence même, la meilleure occasion pour eux de le revoir. Leur possible présence ne l'avait même pas effleuré, ni même qu'ils puissent venir le voir en ce jour important. Trois ans maintenant qu'il ne leur avait pas parlé ni même vu, qu'il ne les avait pas serré dans ses bras, embrassé ou même rit avec eux… Le temps qui s'était écoulé lui parut soudainement long, et le chemin qu'il avait parcouru depuis qu'il avait enlacé une dernière fois sa mère et Rosie devant l'orphelinat de Londres semblait si vaste désormais qu'il pensait avoir vécu plusieurs vies avant de pouvoir vivre cet instant. Que de chemin parcouru pour en arriver là… Il en était le premier étonné, du moins s'il avait été capable de réfléchir, car pour le moment, le choc était trop important pour qu'il puisse ne serait-ce que mettre en relation toutes les pensées qui lui traversaient l'esprit.
Les larmes vinrent même couler sur ses joues, des larmes qu'il n'avait plus laissé couler depuis longtemps maintenant et qu'il ne pensait jamais revoir un jour, mais retrouver enfin sa famille valait amplement cette marque de faiblesse.
- M-maman ? bredouilla quand même d'une voix tremblotante. C'est… C'est vraiment toi ?
Lily ne savait pas vraiment quoi répondre à cette question, elle-même n'arrivant pas à voir en lui le petit garçon qu'elle avait quitté quelques années plus tôt. C'était comme entendre de la bouche d'un étranger le mot « maman », quelqu'un à qui elle n'avait jamais adressé la parole mais qui la considérait comme sa mère. La situation était pour le moins troublante pour elle, surtout lorsqu'Harry prit les devants et vint se blottir contre elle. Incapable de penser et même réagir convenablement, elle ne remarqua même pas qu'elle ne lui rendait pas son étreinte.
- Tu m'as tellement manqué…, balbutia Harry entre deux reniflements. Je pensais ne plus te revoir avant longtemps… J'en avais presque oublié que tu devais me revoir à mes onze ans…
Sa diatribe continua longtemps, le temps qu'il lui exprime tout son ressenti quant à ce si long éloignement. Lily le laissa parler sans l'interrompre, caressant distraitement ses cheveux qu'elle trouva changé dans leur texture : beaucoup plus doux et soyeux, et bien loin des cheveux indisciplinés qu'il avait autrefois. Malgré tout, elle l'enserra elle aussi au bout d'un certain temps, faisant ainsi abstraction de toute la gêne qu'elle portait en elle à l'égard de ce changement si étonnant. Vint ensuite le tour de Remus, et tout comme pour Lily, Harry se laissa volontairement aller au gré de ses émotions et s'adonna aux marques d'affections envers lui. Tout comme Lily, Remus était surpris par sa nouvelle apparence, et tout comme elle il eut l'étrange impression d'être enlacé par un étranger. Mais à l'inverse de son amie, lui ne mit pas longtemps à comprendre que l'apparence de son neveu avait changé, mais que lui était resté le même, avec seulement trois ans de plus et quelques différences physiques. Rosie quant à elle ne fit même pas attention à cela et se jeta sur lui dès qu'il se libéra de son parrain.
- Qu'est-ce que tu as grandi Rosie ! dit-il en la soulevant légèrement pour la faire tournoyer. Cependant tu devrais manger un peu plus, tu es aussi légère qu'une plume !
- Tu préférerais que je sois devenue une grosse baleine comme Matthew ? répliqua t-elle d'un ton faussement indigné.
- Grand Dieu, non ! D'ailleurs… Il est toujours aussi ventripotent et court sur pattes?
- C'est encore pire qu'avant ! répondit Rosie. James doit tous les mois lui racheter de nouvelles chemises car les anciennes ne lui vont jamais !
Harry ne fit pas le moindre commentaire sur la façon dont elle appelait son père, pas plus qu'il ne la réprimanda pour le nommer par son prénom et non pas par le titre honorifique de « papa » : Lui-même avait perdu cette habitude depuis bien longtemps. Au lieu de ça, il la congratula plutôt pour ses prouesses en magie accidentelle qu'Astoria ne cessait de lui narrer à chacune de ses visites.
- Celle-là elle va m'entendre ! dit-elle soudainement en fronçant ses sourcils tandis que tout le monde reprenait place dans les fauteuils. Elle ne m'a jamais dit qu'elle était au courant pour toi alors que je suis sa meilleure amie !
- Elle faisait ça pour te protéger, et puis toi non plus tu n'étais pas très causante envers elle. Elle ne m'a absolument rien dit sur la façon dont se passaient vos journées au manoir et comment se comportait Matthew vis-à-vis de toi. Tu n'imagines même pas comme je me suis inquiété en apprenant qu'elle n'avait plus le droit de venir vous rendre visite et que toi-même ne pouvait aller la voir qu'une fois toutes les deux semaines… Est-ce que c'est James qui t'a forcé à t'isoler comme ça ?
Pour toute réponse, sa sœur pourtant si bavarde se renferma sur elle-même et parut très gênée par sa question, à son grand étonnement. Un comportement de ce genre ne lui était pas coutumier, du moins pas depuis qu'elle avait trois ans. Du coin de l'œil, il remarqua également que sa mère et Remus paraissaient également mal à l'aise et n'osaient absolument pas le regarder.
- Rosie ? l'appela t-il doucement. Quelque chose ne va pas ?
- Harry…, l'appela son parrain d'une voix nerveuse. Il faut que tu saches que tout comme toi, ta maman et ta sœur ont vécu également beaucoup de choses depuis ton départ, mais pas forcément de la façon dont tu pourrais le penser.
Tout comme sa mère quelques minutes plus tôt, Harry apprit alors l'horrible vérité, et tout comme elle, son sang ne fit qu'un tour. Entendre que Rosie avait subi le même traitement que lui était la pire révélation qu'on lui avait jamais faite, et le summum fut atteint lorsque cela concerna également Lily. Pour la première fois depuis trois ans, Harry ne parvint pas à contrôler sa magie, sa colère étant trop importante, et le canapé sur le lequel il était assis se mit soudainement à trembler tout comme la table basse devant lui. Son regard était toujours porté sur son parrain, mais dans sa tête, l'image de James avait remplacé celle de Remus, et l'envie de le briser à mains nues et de lui faire payer ce qu'il avait fait était sans commune mesure. Pour la première fois de sa vie, il souhaitait la mort de quelqu'un, et qu'il soit ou non le responsable de la mort de James lui était égal. Même l'inquiétude qu'il pouvait ressentir de la part de Daphné depuis quelques secondes passait au second plan, même si il se doutait qu'elle pouvait de son côté prendre conscience de cette rage en lui et tentait par le biais de leur lien de le rassurer d'une certaine façon.
- Calmez-vous Gabriel, lui ordonna Marie-Louise. Vous êtes tellement en colère que j'ai pu facilement briser vos boucliers d'occlumancie mon cher. Ne vous ai-je jamais dit que vos émotions ne devaient pas prendre le dessus sur votre réflexion ? Regardez où cela vous mène…
- Mais mère, ce… cet espèce de… Il a osé lever la main sur maman et Rosie ! Je ne peux pas rester indifférent devant ça tout de même ! Il faut qu'il paie !
-Et il paiera, soyez-en sûr, mais nous le ferons à notre manière. Et je vous interdis de tenter quoi que ce soit pouvant porter atteinte à sa vie, ajouta t-elle en repensant à ses pulsions meurtrières. Je ne tiens pas à vous voir croupir dans une cellule de prison.
Le reste de sa famille observa sans réagir cette échange, le temps pour eux de constater qu'Harry avait apparemment fait de tels progrès qu'il était désormais capable de parler cette si difficile langue qu'était le français et sans même le moindre accent.
- C'est tellement bizarre de t'entendre parler une autre langue, lança Rosie peu de temps après. Ça t'a pris beaucoup de temps ?
- Quelques mois, surtout pour me débarrasser de mon accent anglais. Mais mère a trouvé une manière très astucieuse pour me la faire apprendre rapidement. Peut-être que tu pourrais faire pareil toi aussi ?
- J'en serai ravie ! Je pourrais insulter James et Matthew qu'ils ne sauront même pas ce que je leur raconte !
- Rosie !
- Désolé maman, marmonna t-elle en rougissant.
Les retrouvailles se poursuivirent dans une ambiance légèrement plus joyeuse qu'auparavant, même si une animosité existait toujours entre Lily et Marie-Louise : La première persistait à en vouloir à l'autre pour son implication dans la vie d'Harry quand la seconde se désolait du comportement immature de celle dont elle avait jusqu'alors une si bonne image. Harry ne remarqua même pas cela et préférait profiter totalement de ses plus proches parents pour renouer le contact et rattraper le temps perdu. Ce fut surtout Rosie qui fut la plus demandée par son frère et qui passa davantage de temps que les autres à rire et en apprendre davantage sur la vie que menait désormais son frère. Même son apparence physique ne la rebuta pas, lui trouvant même un certain charme. Une idée germa même dans son esprit à ce moment-là, une idée totalement folle et inconsciente mais qui pouvait lui permettre de passer outre leur différence de sang et cela de manière définitive : Se faire elle aussi adopter. Les chances étaient faibles, et surtout il aurait sans doute fallu l'accord de sa mère pour le faire, mais même en ne connaissant Marie-Louise que depuis une heure à peine, elle préférait déjà largement cette femme à James et serait ravie de redevenir véritablement la sœur d'Harry. Le seul inconvénient était l'hostilité évidente de sa mère pour cette dame, et à la vue de la tournure des évènements, il y avait peu de chance qu'elle accepte cela.
« Je trouverai une solution » pensa t-elle sans savoir qu'une certaine femme s'était immiscée dans son esprit et avait pu avoir un aperçu de ce qu'elle souhaitait.
Puis tout aussi vite que la journée passa, et que les invités commençaient à s'interroger sur l'absence de plus en plus longue d'Harry et de sa mère, l'heure du départ semblait être inéluctable, et Lily se montrait déjà impatiente à cette idée.
- Bien, je pense que nous avons assez abusé de votre hospitalité madame, lança t-elle en se levant et à la surprise des autres occupants du salon qui prenaient de leur côté plaisir à discuter. Je pense qu'il est temps pour nous de partir. Je vous remercie encore une fois pour ce que vous avez fait pour Harry, et croyez bien que je ferai de mon mieux pour rembourser d'une certaine manière de votre bonté…
-Mais je vous ai dit que…
- Non non, je me sens redevable à votre égard et je considère cela comme un devoir que de m'acquitter de cette dette, continua t-elle en se saisissant rapidement de la main de Rosie. Est-ce que tu as préparé tes affaires Harry ? Nous ne dérangerons pas plus longtemps cette dame…
- Mes affaires ? répéta t-il sans comprendre. Mais… Dans quel but ?
- Allons Harry, tu le sais bien ! Nous rentrons à la maison, enfin nous allons chez Remus !
- ça il en est hors de question, l'avertit sombrement Marie-Louise en fronçant ses sourcils. Gabriel ne retournera pas dans ce pays, pas plus qu'il n'ira dans l'école de ce vieux fou. Ce serait idiot de votre part de l'exposer au danger, et je ne tiens pas à le voir tomber entre les griffes de Dumbledore…
- Ce n'est pas grave, persista Lily en souriant faussement. Je n'aurais qu'à lui faire école moi-même et lui faire passer ses examens à domicile et sous la supervision d'un examinateur.
- Et le condamner à rester cloîtré toute l'année chez vous… folie que tout cela ! Ce ne serait pas une vie pour lui, et vous feriez exactement avec lui ce que Monsieur Potter a fait avec vous : l'emprisonner entre quatre murs !
- Lily, elle a raison… Harry serait bien mieux ici que chez moi, et surtout il n'aurait pas comme nous la peur d'être trouvé par Dumbledore et ramené de force chez James…
Mais son amie ne l'écoutait pas, persuadée qu'elle choisissait la meilleure solution pour lui et ce sans même se rendre compte qu'elle ne satisfaisait au final que son propre intérêt.
- S'il te plait Harry, j'ai déjà suffisamment attendu avant de pouvoir te ramener à la maison, ne complique pas les choses…
- Mais maman, j'ai des obligations maintenant… Je ne peux pas abandonner mère ici ainsi que toutes les charges qu'elle m'a laissées, et je rentre prochainement à l'académie. Tout a déjà été planifié, et je ne peux pas me permettre de ruiner tout ça en t'accompagnant à Londres…
- L'académie ? marmonna t-elle d'un air incrédule. Quelle académie ?
- L'académie militaire de Metz, répondit Marie-Louise. Il y est inscrit depuis quelques mois maintenant et devrait l'intégrer au mois de Septembre. Avant que vous ne me le reprochiez, sachez qu'en France, il existe deux parcours scolaires : Les filles intègrent des écoles comme Beauxbâtons dans le but de devenir des sorcières accomplies et d'excellentes épouses. Les cours que l'on enseigne à Poudlard sont également enseignés là-bas, mais il faut également ajouter à cela des cours de langues, de géographie, d'histoire, de mathématique, de science et également de bonne manière, de savoir-vivre, de couture, de musique et tout ce qui feront d'elles de parfaites petites maîtresses de maison cultivées et instruites. Certaines ne savent même pas encore lire lorsqu'elles arrivent dans cette école, de ce fait des cours de lecture et d'écriture sont également donnés. Quant aux garçons, ils entrent de leur côté dans des académies comme celle-ci, suivent les mêmes cours de magie que les filles sauf qu'ils ont en plus de tout cela des entraînements militaires leur apprenant le maniement des armes et à développer leur force physique et leur capacité en duel, à développer leur sens de la logique pour concevoir des stratégies, à monter à cheval également, et servent les intérêts de leur pays en s'illustrant sur les champs de bataille ou en assurant la sécurité de leur pays et de ses villes. La société magique en France est bien moins développée que la vôtre car elle est parfaitement mélangée à celle des moldus, et notre ministère n'existe que depuis une centaine d'années. Par conséquent, à moins de pouvoir être certain d'avoir un emploi au sein de nos administrations, et Dieu sait qu'il y en a peu, la seule façon de pouvoir travailler au terme de ses études est de s'investir dans la société moldue.
- Vous voulez dire que vous souhaitez faire d'Harry de la chair à canons !? s'emporta t-elle en haussant le ton. Le voir combattre et risquer sa vie pour un pays et un homme qu'il ne verra probablement jamais ? Avez-vous perdu l'esprit !? Je préfère encore le voir à Poudlard et confronté à Dumbledore plutôt que de le voir mourir dans une guerre à laquelle il n'est nullement concerné !
- Vous ne savez même pas comment se déroule sa formation ! répliqua t-elle durement. Le 4ème régiment de hussards est l'un des meilleurs qui soit, et les risques de mortalité sont extrêmement faibles ! Gabriel a autant de chance de se rompre le coup dans votre école en chutant d'un escalier que de se prendre une balle de mousquet mortelle !
- Laissons-le choisir dans ce cas, dit-elle en se tournant vers lui. Harry chéri, que préférerais tu ? Rester avec moi et échapper à cette guerre, ou rester ici et prendre le risque de mourir pour une cause qui ne te concerne pas ?
- Maman, tu sais… Il y a aussi la guerre en Grande Bretagne, et comme l'a dit Dumbledore, Voldemort reviendra un jour. Je serai tout autant que toi une cible pour lui, alors qu'ici je suis en sécurité et surtout je bénéficie d'une identité nouvelle qui m'assure une protection non négligeable… Et je préfère mourir sur un champ de bataille pour une noble cause comme servir les intérêts de mon pays que mourir dans un conflit pour lequel je ne souhaite pas m'investir, et c'est justement ce que je ressens lorsque l'on me parle de Voldemort et Dumbledore… Cette guerre ne me concerne pas, et…
- Je vois…, l'interrompit Lily en le regardant d'un air blessé. Tu as choisi cette femme plutôt que moi, ta propre mère…
- Non maman ! Je ne choisis pas entre vous ! Je vous aime tout autant l'une que l'autre !
Mais Lily ne l'écoutait pas et d'une démarche précipitée, elle atteignit rapidement la cheminée dans laquelle elle s'engouffra, Rosie toujours tenue par la main.
- 47 Upper Street, Londres, scanda t-elle d'une voix triste avant de disparaître avec sa fille.
La scène était absolument horrible pour Harry. Sa mère biologique venait de l'abandonner une nouvelle fois, et jamais il ne l'avait vu aussi abattu et triste qu'à ce moment-là. Lily était blessée, et il en était le responsable. La culpabilité s'invita aussitôt en lui, et les larmes de joie qui avaient coulé auparavant faisaient place maintenant à des larmes de tristesse qu'il ne chercha même pas à sécher.
- je suis désolé Gabriel…, s'excusa Remus en se tournant vers lui. Ta mère est… comment dire… très impulsive et réagit parfois avec trop d'empressement sans prendre le temps de réfléchir et de penser correctement. Il faut lui laisser le temps de digérer toutes ces informations, mais je suis certain qu'elle ne t'en voudra pas longtemps pour ta décision…
Son parrain le prit alors dans ses bras, et Harry se laissa aller aux larmes contre son épaule. Savoir que l'un de ses proches acceptait sa décision lui fit du bien, même si il aurait préféré que ce soit le cas pour tous. Remus salua alors Marie-Louise en lui baisant la main en guise d'adieu, avant tout comme Lily et Rosie de s'éclipser par la cheminée.
- Vous sentez-vous bien Gabriel ? lui demanda t-elle en posant sa main sur son épaule.
- J'ai connu de meilleurs jours mère…, marmonna t-il en regardant vaguement la cheminée. Excusez-moi mère, je ne me sens pas très bien maintenant… Je pense qu'il vaut mieux que j'aille quelques temps dans ma chambre avant de penser à retourner voir nos invités…
- Faites donc mon chéri, lui répondit-elle en lui embrassant le sommet du crâne. Je vais prévenir nos convives que vous êtes souffrant.
Après un dernier hochement de tête, Harry s'éloigna finalement en direction de ses appartements, sans un regard derrière lui. La journée qui avait pourtant si bien commencée s'était malheureusement très mal terminée pour lui, et rien ne pouvait lui faire davantage plaisir maintenant que de se plonger maintenant dans ses draps et tenter d'oublier la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux.
A/N : Ok alors avant que vous ne montiez sur vos grands chevaux, non Lily ne devient pas bashing ! Simplement, imaginez-vous dans sa situation : Vous abandonnez à contrecœur un fils en croyant le revoir trois ans plus tard, et vous découvrez à ce moment-là qu'une femme s'est occupée de lui et l'a élevé comme une mère. Bien évidemment vous lui en serez reconnaissante pour tout ce qu'elle a fait, mais d'un autre côté, cela vous ferait mal d'entendre votre propre fils appeler une inconnue "mère" ou "maman".
Par ailleurs vous découvrez également que plusieurs sujets importants ont été tranchés sans même qu'on ne vous demande votre avis comme l'adoption par le sang ici. Au final, pendant qu'elle se faisait humilier et martyriser par son mari, ces seules pensées étaient qu'elle reverrait bientôt Harry, mais sauf qu'au moment de le revoir, elle apprend que quelqu'un l'a adopté, l'a en quelque sorte laissé de côté pour s'occuper de lui et lui a usurpé son rôle de mère. Vous n'auriez pas un peu de haine en sachant cela vous ? Surtout que son esprit est pour le moment très tourmenté, et qu'avec tout ce qui lui arrive, elle n'avait pas besoin de ça en plus dans sa vie. Disons simplement qu'elle est à cran et que cette vie de traquée risque de l'user encore davantage.
Maintenant, il faut attendre que la tension redescende et que Lily fasse le point sur cette situation et se raisonne, parce que là elle est loin d'être clairvoyante. Le cumul de bouleversements et de péripéties est un très mauvais cocktail pour elle en tout cas.
Sinon Harry fera définitivement son entrée à l'académie militaire dès le prochain chapitre ! Il était temps ! Par contre vous avez réussi à me mettre un doute sur ce qu'il en sera pour Daphné, Astoria et Rosie : Poudlard ou Beauxbâtons ? Honnêtement je ne sais plus...
Ah oui tiens, l'idée de Rosie : Un peu dur à réaliser, mais d'un autre côté, je la vois bien devenir " Marie-Rose de Savoie " ou quelque chose du genre. ça sera toujours mieux à porter que Rosalyn Potter si jamais elle allait à Poudlard, et James ne soupçonnera pas que sa fille se cache sous ce nouveau nom. D'ailleurs en parlant de lui, nous le reverrons également au prochain chapitre ainsi que Dumbledore : J'ai quelque chose de prévu pour eux.
Le prochain chapitre paraîtra dans deux semaines, je m'attaque à mon autre fiction pour le moment (surtout qu'un moment important va avoir lieu).
Sur ce, à bientôt !
Crìochnaichte* : exactement.
Cur Thuige** : déclenchement/activation.
