Salut à tous, et désolé pour le retard ! Vraiment, il faudrait que je trouve un moyen de vous prévenir quand il m'arrive un pépin ou que je sèche tout simplement dans l'écriture de mon histoire, parce que ça ne doit être drôle pour vous d'attendre dans le vide sans savoir de quoi il en retourne. Pour faire simple, j'ai fait ÉNORMÉMENT de recherche sur ce chapitre, et entre trouver/réécrire à ma sauce et trouver mon écrit bon, j'ai eu une bonne journée de retard :s.
En fait pour vous donner une idée de mes recherches, j'en suis au point où je regarde si certains mots existaient ou non à cette époque, tout comme je vérifie si mes sources sont potables ou non lorsque je fais mention d'un évènement historique. ça prend bien plus de temps que vous ne pouvez l'imaginer !
Je suis désolé pour ceux qui suivent mon autre histoire et le vent que je leur ai mis la semaine dernière, mais j'ai actuellement un problème avec le chapitre en cours et... Bah je sèche carrément. La motivation est là, mais la mise en ordre de mes idées non. Promis je m'y remet très vite !
J'ai été agréablement surpris par vos commentaires pour le précédent chapitre (en parlant de ça, Luffynette, ne pouvais-tu pas écrire tout ça dans un seul commentaire ? J'suis pas très fan des commentaires à la chaîne comme ça ^^). Je me doutais bien que le face à face vous plairait, surtout que c'était l'un des moments que vous espériez depuis longtemps voir apparaître (le prochain est surement la découverte du véritable survivant et la façon qu'aura Harry de ridiculiser Dumby et Jamesie... Bon vous devrez encore attendre un peu pour ça !). J'y répondrais dès que je le pourrais !
- MissLizzie : Merci pour ton commentaire ! ça c'est presque une certitude ! Voir Lily tirer la tronche durant toute l'histoire serait... ennuyant. Quant à Rosie, Bah... Je pense que n'importe qui préférerait changer de père plutôt que de garder un homme comme James !
- Lordofthesheep : Merci pour ton commentaire !
- Yuri girl : Merci pour ton commentaire ! Ah bah j'ai réussi à te surprendre alors ! Faudra que je réitère ça par la suite !
- Marie : Merci pour ton commentaire ! L'adoption n'est qu'une idée pour l'instant, mais si jamais je la faisais vraiment, j'ai prévu quelque chose d'assez tordu pour l'expliquer. C'est sûr que ce n'est pas une nécessité pour elle, disons plutôt que pour l'instant c'est davantage un caprice et une envie de Rosie qui souhaite absolument redevenir proche biologiquement et intimement parlant avec Harry.
- Braled : Merci pour ton commentaire, et désolé de t'avoir " attristé ", mais ça devient compliqué maintenant que j'avance dans l'histoire pour finir un chapitre en une semaine :/
- Cassandre : Merci pour ton commentaire ! Tout ce que tu dis est parfaitement logique, et puis l'éducation française n'était pas du tout la même que celle des anglais, bien plus pointilleuse et difficile (du moins d'un point de vue des bonnes manières et du savoir-vivre). Disons simplement que Beauxbâtons forme les jeunes filles à être d'excellentes épouses avant tout, et que la carrière qu'elles prendront par la suite n'est que secondaire. Reste maintenant à savoir si trois petites anglaises (enfin... deux anglaises et demi) parviendront à se mêler à la foule et que leurs camarades de classe ne les dénigreront pas pour leur nationalité).
- Syttaa : Bah... J'ai eu un petit peu de retard, mais le chapitre tant attend est finalement arrivé !
cetancodontes : Tout d'abord, merci pour ton commentaire. Pour ce qui est de l'adoption, je l'ai déjà dit mais ça ne me dérange pas de le répéter : Tu as raison dans la mesure où elle l'incite à accepter cette solution, mais elle fait ça pour trois raisons : D'une part, elle veut un enfant, et c'est peut-être égoïste de sa part, mais elle souhaitait faire d'Harry le sien, biologiquement parlant (après tout, à bientôt cinquante ans, les chances pour qu'elle en ait un sont tout simplement nulles). Deuxièmement, sa fortune n'est léguée qu'à l'héritier et de père en fils (ou ici de mère en fils) ce qui fait que si elle n'avait pas adopté Harry de cette manière, jamais il n'aurait pu accéder à ses voûtes et à son argent (le principe du : les voûtes ne s'ouvrent qu'à celui qui possède le même sang que le ou la propriétaire de celles-ci). Troisièmement, c'est avant tout pour le libérer de l'emprise qu'à James sur lui (tu comprendras comment plus tard) : Ne plus se sentir lié à lui ferait en sorte qu'Harry se sente libre et totalement étranger à son ancien père pour pouvoir s'épanouir pleinement. Si James était resté son père, celui-ci aurait eu des droits sur lui et aurait pu vouloir sa garde sans que Marie-Louise ne puisse dire quoi que ce soit (elle n'était après tout que sa mère adoptive sur un bout de papier moldu). Par ailleurs, ayant été déshérité Harry ne pourrait de toute manière rien avoir de sa part, pas même l'ombre d'une noise ; Autant dire que rester le fils de James ne lui apportait absolument rien, et il ne pourrait rien construire avec le peu qu'il a laissé derrière lui. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec toi sur la question de l'identité, car ce serait justement là le moyen d'en avoir une nouvelle et de faire table rase du passé, l'occasion également de laisser derrière lui une enfance qui fut pour le moins malheureuse et de pouvoir se construire un futur bien plus radieux. Honnêtement, tu penses qu'il aurait préféré rester Harry Potter et garder ce nom de famille lui rappelant forcément son père ? Moi j'en doute :s, surtout lorsque l'on a un père violent et que l'on hait autant qu'il nous hait.
Merci également aux gens ayant voté pour mon petit sondage, apparemment vous êtes plutôt du genre à vouloir un Harry fou et un Harry/Bellatrix... ça tombe bien, j'adore ce couple !
Donc au programme de ce chapitre : Le retour de Dumbledore et de James ! Pour l'instant il ne se passera pas grand chose avec eux, mais... le directeur va commencer à bouger ses pions pour parvenir à ses fins. Harry fera également sa rentrée à l'école, et je suis sûr à 100% que vous serez surpris par sa manière de fonctionner. ça va vous changer de Poudlard en tout cas !
Ce chapitre est incroyablement long, je suis d'ailleurs étonné de voir qu'au fil du temps, la longueur de mes chapitres augmente : Il doit par conséquent y avoir pas mal de fautes, mais je les corrigera rapidement (j'ai d'ailleurs déjà commencé)
Bonne lecture !
Dumbledore n'était pas aux yeux de tous un homme perdant facilement patience et pouvant perdre le contrôle de ses émotions. Pourtant en ce début de matinée, et après avoir écouté pendant plus d'une heure les pleurnicheries de l'homme pestant devant lui, l'envie de l'ensorceler et de le transformer en coupelle pour ses pastilles de citron était plus que tentante si cela lui permettait de retrouver un semblant de calme dans son bureau. Ses nerfs étaient déjà à vif depuis la veille, et la faute en revenait en grande partie à deux de ses nouveaux élèves : les jumeaux Fred et George Weasley.
Ces deux là étaient ce que l'on pouvait appeler dans le jargon populaire des « fauteurs de troubles et de la mauvaise graine », et en seulement une soirée au sein de Poudlard, ses soupçons quant à leurs activités douteuses et à leur comportement déviant se confirmèrent : Les fils de Molly allaient lui en faire baver, et cela pendant sept ans.
Avoir survécu aux maraudeurs pendant la même durée avait déjà été difficile, James, Remus, Sirius et Peter faisant preuve d'imagination et d'ingéniosité dans les mauvaises actions qu'ils commettaient envers les autres élèves et le corps professoral, mais les jumeaux Weasley avaient fait encore mieux : Se faire remarquer en une seule soirée. Les deux comiques avaient en outre choisi de changer d'identité en se faisant passer pour l'autre, faisant déjà perdre un temps considérable pour la répartition des nouveaux élèves et par la même occasion d'être parvenu à faire rire le choixpeau magique, un exploit rarement vu depuis des siècles.
Ils avaient également choisi l'opportunité d'avoir un public aussi vaste que les élèves de Poudlard pour exhiber aux yeux de tous leur dernière invention : Le mini feu d'artifice jetable. A peine les plats furent mis à contribution pour les étudiants qu'un pétard tomba soudainement dans le plat s'offrant à Dumbledore, et à son grand déplaisir, celui-ci explosa avant même qu'il ne puisse agir, l'aspergeant de sauce et de morceaux de pomme de terre allant se coincer dans les longs filaments de sa barbe. Le silence avait été incroyablement pesant, et les responsables tout trouvés. Chaque étudiant avait alors attendu de connaitre la réaction de Dumbledore pour leur blague, mais si tous s'attendaient à voir le directeur exploser et envoyer pour la nuit les jumeaux dans un cachot humide et froid, ils en furent pour leur frais. Dumbledore se contenta de rire et de garder son image de vieil homme sympathique et toujours de bonne humeur. Mais intérieurement il bouillonnait, et il délibéra longuement sur l'idée qu'il avait eu d'envoyer les deux gaillards dans la forêt interdite pour aller dire bonjour aux acromentulas de sa part.
Malheureusement, prendre cette décision lui aurait fait perdre le contrôle qu'il avait sur la famille Weasley, et Molly, l'une de ses plus ferventes supportrices, n'aurait sans doute pas apprécié de voir deux de ses fils finir en nourriture pour araignées géantes, même si de ses sept enfants, les jumeaux étaient sans nul doute les moins susceptibles de tomber un jour sous le joug du directeur. Leur donner une bonne paire de gifles semblait cependant être une meilleure solution, en tout cas s'il faisait attention à ne pas être vu et à leur faire oublier cet incident par la suite d'un simple sortilège d'amnésie. L'incident de la veille était encore dans sa mémoire, et après avoir été humilié de la sorte, faire usage de violence sur deux de ses élèves lui parut raisonnable, à défaut de pouvoir les mettre hors d'état de nuire.
Mais aujourd'hui encore, les problèmes venaient une nouvelle fois frapper à la porte de son bureau, et alors qu'il était empêtré dans les soucis causés par les jumeaux Weasley, la visite inattendue de James n'avait fait qu'augmenter encore les tracas qu'il connaissait actuellement. Diriger une école était déjà suffisamment éreintant et siéger à la plus haute place du magenmagot lui prenait beaucoup de son énergie et de son temps, surtout lorsqu'il s'évertuait à faire passer les lois lui permettant d'avoir les mains libres pour organiser ses petites manigances, mais voilà qu'en plus de ses élèves intenables, il devait désormais et encore une fois avoir à faire avec les problèmes de couple de l'un de ses sbires…
Par moment, Dumbledore avait envie de crier à James qu'il n'était pas un conseiller conjugal et que les affaires de couple ne le concernait en aucune façon, mais son influence sur la famille Potter et son implication dans la moindre parcelle de leur vie étaient déjà trop importantes pour qu'il puisse soudainement se désintéresser d'eux et prendre le risque de les perdre, et surtout de perdre son pion favori : Matthew. Aussi devait-il pour l'heure faire preuve de beaucoup de patience et d'un contrôle sur soi de chaque instant en écoutant James déblatérer sur les dernières nouveautés dans sa vie et les changements opérés depuis la rébellion et la fuite de Lily.
- Absolument impardonnable… Si jamais je mets la main sur elle, elle risque de ne pas comprendre ce qui va lui arriver…
Tel était le discours ennuyeux que ne cessait de répéter James depuis une heure maintenant, agrémentant de temps à autre sa diatribe par des commentaires cinglants à l'encontre de son fils aîné responsable de tout ce gâchis. Dumbledore lui-même était contrarié par ce qui se passait dans cette famille, et la disparition de Lily et de deux de ses enfants venait contrecarrer les plans qu'il avait prévu depuis longtemps et qui devait normalement se dérouler sans accro. Mais l'impudence de cette femme venait de balayer en une journée tout ce qu'il avait entrepris, à son grand désarroi. Sans le moindre remord, et pas un seul instant, il ne songea que la décision de Lily de fuir ce foyer violent et sans amour était en grande partie de sa faute, et le blâme était rejeté entièrement sur la mère de famille sur qui reposait l'entière responsabilité de ce désastre : Son pion favori vivait désormais avec le souvenir d'une mère disparue, trois de ses pantins s'étaient libérés de leurs chaines et vadrouillaient dans la nature, et James était absolument incapable de réagir convenablement face à cette situation et commettaient de nombreuses erreurs en plus de lui casser les oreilles avec ses problèmes.
Ce n'était pourtant pas faute d'avoir cherché les trois fuyards, mais comme ils s'en rendirent compte rapidement, l'évasion de Lily semblait avoir été orchestrée longtemps à l'avance, et elle n'avait laissé absolument aucun indice derrière elle pouvant leur permettre de la retrouver. Dumbledore en était arrivé à cette conclusion en constatant que Lily leur avait menti depuis le début en affirmant qu'Harry se trouvait chez sa sœur, et une simple visite chez Petunia Dursley leur permit de mettre à jour la fourberie dont avait fait preuve l'épouse de James. Harry n'avait jamais mis les pieds chez eux, et n'avait d'ailleurs pas donné le moindre signe de vie depuis trois ans. La possibilité qu'il soit mort était envisageable, mais restait encore à savoir comment. Peut-être même se trouvait-il actuellement chez l'hybride comme Dumbledore avait pris l'habitude de nommer Remus, mais ce dernier se faisait tout aussi discret que les trois absents. Les rouages de son plan tournaient pour l'instant de manière désordonnée, et il fallait absolument qu'il agisse rapidement avant de voir toute la machine qu'il avait mis du temps à construire s'écrouler sous ses yeux sans qu'il ne puisse agir à temps.
« Les Potter m'auront donné au final beaucoup plus de mal que Grindelwald… Merlin que cette famille me tape sur les nerfs ! » pesta t-il intérieurement en voyant James polémiquer à présent sur leur dernière idée concernant les sorties publiques de sa petite famille.
Cherchant un quelconque réconfort dans son bureau, Dumbledore fut déçu de constater que pas une seule personne présente ne se souciait de son sort : Son phoenix évitait son regard et faisait mine de s'intéresser à ce qui se passait à l'extérieur du château depuis la fenêtre du bureau, les portraits des anciens directeurs ne cessaient eux de le regarder avec mépris pour tous les choix douteux qu'il avait fait depuis sa prise de fonction dans cette école, et Sirius, qui avait fait le déplacement avec James, semblait sur le point de s'effondrer dans le fauteuil où il terminait apparemment sa nuit. Rien ne pouvait malheureusement le sauver du seigneur Potter et de son discours interminable, à son grand regret.
- … Vraiment Albus, il va falloir changer de tactique, celle-ci commence à montrer ses limites ! s'écria James en faisant les cent pas devant son bureau. Votre idée des leurres était bonne au départ, je suis même le premier à le reconnaître, mais maintenant c'en est assez ! Ces filles sont aussi bêtes qu'un troll des cavernes tombé dans une cuve pleine d'hydromel, et à part glousser et s'accrocher à mon bras en souriant comme des idiotes, elles ne font rien pour essayer de se comporter comme Lily ! Même le dernier des imbéciles se rendrait compte que la femme que je me coltine toute la journée sur le chemin de traverse et pendant les cérémonies du ministère ne ressemble absolument en rien à celle que j'ai épousé il y a douze ans !
- James mon garçon, avez-vous une autre idée pour faire croire à la population que tout va bien dans votre couple et que Lily et vous-même vivez toujours le grand amour ? Préféreriez-vous que les gens apprennent que votre femme s'est enfuie avec ses deux autres enfants après un énième coup d'éclat de votre part ?
- Mais justement, n'est-ce pas là l'occasion de lancer une campagne de dénigrement contre elle ? persista t-il en se tournant vers lui. Imaginez un peu que les sorciers apprennent qu'elle a volontairement abandonné le garçon qui a défait Voldemort : Tout le monde verrait en elle une mère indigne et fuyant ses responsabilités ! La seule façon pour elle de contredire cela serait alors de se montrer publiquement en ma compagnie et de contredire les dires des journalistes !
Dumbledore dut admettre au fond de lui que James n'avait pas tort, mais cette solution quoique brillante avait malgré tout elle aussi ses limites.
- J'aurais volontiers mis en œuvre ce stratagème si les risques n'étaient pas aussi importants. Réfléchissez James : Croyez-vous sincèrement que Lily réapparaîtrait soudainement dans notre monde en sachant que désormais toute la communauté magique a une mauvaise opinion d'elle ? Vous ne feriez que la faire fuir encore davantage, et je serais prêt à parier avec vous qu'elle pourrait déjà se trouver dans un autre pays à l'heure où je vous parle. Savoir qu'elle est autant désirée qu'un veracrasse l'inciterait à totalement disparaître et ce n'est pas ce que nous voulons. Mon idée des leurres était avant tout pour la faire sortir de sa cachette en apprenant que vous avez l'audace de la remplacer aussi rapidement par des femmes usurpant son identité. La jalousie la fera perdre pied, et elle commettra alors bon nombre d'erreurs qui nous permettront de remonter jusqu'à elle.
- La jalousie ? répéta d'un air incrédule James. Vous supposez que Lily reviendrait auprès de nous parce qu'elle croira que je l'ai déjà remplacé par une autre ?
- Vous ne savez pas grand-chose de la psychologie féminine mon garçon, affirma en souriant avec amusement Dumbledore. Les femmes ne pensent pas de la même façon que nous et sont facilement influençables ! Blessez-là dans son orgueil, et elle reviendra au pas de charge dans votre manoir pour reprendre sa place d'épouse aimante et de mère attentionné. Il est si facile de deviner leur pensée et leurs agissements que cela devient presque un jeu ! Supposez qu'elle apprenne qu'une femme, qui plus est une courtisane, prenne son apparence et côtoie votre fils continuellement : La raison voudrait que pour sa sécurité, elle reste cachée en attendant que l'on finisse par l'oublier, mais les femmes agissent le plus souvent par impulsion, et sa fierté en prendra un coup lorsqu'elle découvrira ce qu'il advient de vous et de votre fils. Croyez-moi James, je sais ce que je fais.
James se contenta d'hocher sèchement sa tête, pas vraiment convaincu par les dires de son mentor. Pour lui, la manière forte était préférable aux plans ingénieux mais terriblement longs de Dumbledore, et cette façon d'agir et de penser lui rappelait horriblement les méthodes employées par les Serpentards : Son directeur était tout aussi rusé et fourbe qu'eux lorsqu'il s'y mettait.
- Et comment réagit Matthew depuis son départ ? s'enquit Dumbledore en sirotant tranquillement une énième pastille au citron.
- Je ne sais pas trop…, avoua t-il en passant sa main dans ses cheveux déjà indisciplinés. Il m'affirme chaque fois que je lui demande qu'il se fiche éperdument du sort de sa mère et que cette traîtresse mériterait une bonne raclée lorsqu'on la retrouvera, mais j'ai l'impression que quelque chose a changé en lui, comme si la fuite de Lily l'avait plus affecté qu'il n'y parait.
- C'est problématique…, marmonna pensivement le directeur. Je suppose qu'il n'agit pas normalement en compagnie des fausses Lily ?
- Non, il sait pertinemment que ce ne sont pas sa vraie mère, alors il a un peu de mal à s'habituer à elles, même lorsqu'elles jouent la mère parfaite envers lui. Il n'y a que lorsqu'elles proposent de lui offrir un cadeau sur le chemin de Traverse ou de manger une bonne glace qu'il se montre davantage ouvert et affectueux. En public, nous donnons ainsi l'image de la famille que tout le monde reverrait d'avoir, mais dans la sphère familiale, c'en est tout autre…
- Hm… Peut-être devriez-vous vous montrer plus sélectif dans le choix des prétendantes au rôle qu'est celui de votre femme, songea t-il distraitement. Prendre des prostituées moldus n'est certainement pas la meilleure idée que vous ayez eu James. Ces femmes sont incapables d'avoir une pensée ne tournant pas autour des rapports sexuels et de posséder la fibre maternelle, d'autant plus que vous devez constamment les garder sous contrôle pour qu'elles n'aient pas la possibilité de reprendre leurs esprits et crier à l'existence de notre monde… Qui diable a eu cette idée en parlant de cela ?
- Sirius, répondit simplement James en désignant d'un coup de tête son meilleur ami assis sur un fauteuil à quelques mètres derrière lui et qui pour l'heure se faisait étonnamment silencieux. Il en ramène à chacune de ses expéditions, et après les avoir drogué avec une potion d'asservissement et de contrôle mental pour les conditionner à leur nouveau rôle, elles sont parfaitement opérationnelles pour mes sorties en public. Le seul problème est les dégâts causés par le sortilège d'amnésie sur elles lorsque nous n'avons plus besoin de leurs services…
- Vous ne seriez pas obligés de prendre autant de risques et de précautions si vous preniez des sorcières, affirma Dumbledore. Certaines femmes dans l'allée des embrumes pourraient aisément accepter ce service en échange de quelques pièces. Par ailleurs, je doute que la brosse de votre épouse vous fournisse encore longtemps des cheveux pour le polynectar : Il faudra tôt ou tard penser à trouver un autre plan… Prétexter que Lily est partie se ressourcer à l'étranger par exemple ?
- Entendu, approuva James. Nous possédons une résidence secondaire sur l'ile d'Eubée, et je doute que quelqu'un aille un jour vérifier si ma chère épouse se trouve véritablement là : Les ottomans se montrent particulièrement hostiles lorsqu'un étranger ose mettre les pieds sur leurs terres.
Une soudaine toux les interrompirent dans leur conversation, et tournant chacun leur tête en direction de Sirius, tous les deux le découvrirent affalé sur le divan, le teint terriblement pâle et la main sur la bouche. À ses pieds, les restes de ses consommations d'alcool de la nuit dernière finissaient de se répandre sur le tapis de Dumbledore, et à la grande colère de celui-ci. Ce n'était décidément pas son jour, et Sirius parvenait même sans le vouloir à confirmer ce constat.
- Seriez-vous souffrant par hasard Sirius ? demanda t-il en faisant mine de se soucier de lui alors que James faisait disparaître d'un coup de baguette la vomissure s'incrustant déjà dans les fibres du tapis. Peut-être devriez-vous vous allonger, j'ai comme l'impression que vous ne vous sentez pas bien…
- Non merci Mr le directeur, je ne pense pas être malade… Ce doit être ma dernière sortie qui ne m'a pas vraiment réussi… mais comment dire… J'ai malgré tout l'impression d'être dans le brouillard depuis quelques minutes, comme si je me réveillais d'un très long sommeil…, balbutia t-il d'une voix morne. Aaaarg ! Et ce mal de tête qui revient !
- Encore ?! Mais Tu dois vraiment avoir un problème mon pauvre Sirius ! lança James en levant les yeux au plafond. Tu souffres de maux de tête constamment ! Tu devrais aller à Ste-Mangouste pour vérifier si tu ne souffres pas d'une maladie s'attaquant à ton cerveau… D'un autre côté, ça expliquerait pourquoi tu es tellement bête, quoique ta bêtise remonte à notre première année à Poudlard… Peut-être est-ce une maladie incurable ?
- Hé ! s'insurgea son ami tandis que James éclatait de rire face à son air indigné. Je te rappelle que j'ai toujours été devant toi pendant les cours, et il n'y avait bien que McDonald, Remus et Lily pour avoir de meilleurs résultats que moi dans notre promotion !
Dumbledore de son côté commençait déjà à se lasser de leur énième joute verbale, surtout lorsque les sujets de divergence ne volaient pas très haut comme celui auquel il assistait. Mais surtout, le comportement de Sirius l'intriguait. Le directeur était au courant de ces soudains moments de flottement chez Sirius, tout comme de ses maux de tête et ce pour une raison simple : Il en était le responsable.
Bien que Sirius était d'une fidélité sans faille envers James et par conséquent envers lui, Dumbledore avait choisi d'accroître l'emprise qu'il avait sur l'ancien héritier des Black en contrôlant le meilleur ami de James par diverses manipulations et quelques sorts de son crû, et ce sans même que le concerné ou même ses plus proches amis ne s'en aperçoivent. Profitant d'ailleurs des échanges entre les deux hommes devant lui, Dumbledore pointa discrètement sa baguette sous son bureau dans la direction où se trouvait son pantin, et après une simple formule et quelques gestes compliqués, le sort sortit immédiatement de sa baguette et vint frapper le pauvre malheureux qui eut un mouvement de recul à ce contact. Ses yeux se révulsèrent quelques secondes tandis qu'il s'affalait piteusement et pour la troisième fois sur le fauteuil en ayant presque l'air de faire un malaise, puis tout aussi rapidement, il reprit conscience non sans secouer sa tête tel un demeuré comme pour remettre en place son esprit. James le regarda faire, les sourcils haussés au point de disparaître dans ses mèches de cheveux, et son incrédulité augmenta encore davantage lorsque Sirius se releva d'un pas bondissant de son fauteuil, la mine enjouée.
- Sirius ? l'appela t-il d'une voix étonnée. Qu'est-ce qui te prend ? Tu agis vraiment bizarrement depuis tout à l'heure…
- Aaah James ! soupira t-il d'aise en s'étirant les bras. Je ne me suis jamais senti aussi bien depuis… Bah depuis hier !
S'il en était encore capable, James aurait sans doute arqué encore davantage ses sourcils en voyant son ami se mettre à étendre ses jambes sous ses yeux et à poursuivre ses étirements tel un sportif s'apprêtant à entreprendre la plus longue course à pied de sa vie.
- Tu m'excuseras James, mais j'ai bien l'intention d'aller profiter de ma jeunesse ! s'écria t-il en s'avançant d'un pas décidé vers la cheminée du bureau du directeur. J'ai un peu d'argent à dépenser, et je sais parfaitement comment terminer ma nuit !
- Ta nuit ? répéta James en le regardant d'un air interloqué. Mais… Nous sommes le matin !
- Merlin, je me sens prêt à courir toutes les maisons closes de Londres ! continua Sirius sans même prêter attention à ce que disait son ami. 12, Square Grimmaurd !
Et dans une soudaine explosion de flammes vertes, le parrain de Matthew disparut de l'âtre de la cheminée, ne laissant derrière qu'un amas de cendre jeté négligemment sur le tapis de Dumbledore après un premier essai raté et deux hommes pour le moins surpris par son comportement.
- Il semblerait que j'ai un peu trop forcé sur la puissance du sortilège…, marmonna le directeur en réprimant l'envie de glousser.
- Sacré Sirius ! lança pour sa part James en secouant sa tête par résignation. Impossible de pouvoir deviner à l'avance son comportement ! C'est comme si une mouche l'avait soudainement piqué et lui avait rendu toute sa bonhomie en l'espace d'une seconde ! Vraiment cet homme m'étonnera toujours. Passer de l'homme silencieux et presque endormi à cet ahuri coureur de jupons en moins de cinq minutes, ce n'est pas donné à tout le monde !
- Il ne changera jamais, confirma Dumbledore en remerciant dieu sait qui pour la crédulité frôlant l'idiotie de James. Mais revenons à nos petites affaires si vous le voulez bien James, et l'affaire qui nous occupe actuellement est de la plus haute importance si nous souhaitons gagner la guerre qui arrivera tôt ou tard.
Les mains croisés sur son bureau, Dumbledore pensait surtout à écourter au plus vite cet entretien pour retourner à ses affaires, et l'une d'elle concernait notamment la dernière lubie du professeur Mcgonagall qui souhaitait se voir attribuer davantage de responsabilité en vertu de son poste de directrice-adjointe. Comme si une femme pouvait réaliser plusieurs tâches à la fois… Et dire que le conseil des gouverneurs, la haute autorité de l'école débattant et votant sur les nouvelles directives à mettre en place au sein de l'école et sur le comportement de certains étudiants pouvant porter atteinte à l'intégrité des autres, avait décidé dans un souci d'égalité des sexes de donner ce poste à son professeur de métamorphose voilà de ça dix ans maintenant… Il en était encore tout secoué.
- Je pense qu'il est grand temps désormais de faire revenir votre femme auprès de vous James, affirma t-il en se levant de son siège. Il en va du bonheur de votre fils et de son épanouissement, et Il faut de ce fait la pousser à réapparaître. Je pense avoir trouvé la solution qui nous permettra d'y arriver…
- Vraiment ? demanda James en le regardant avec des yeux plein d'espoir. Par quel prodige arriveriez-vous à ce résultat ?
- C'est très simple mon ami. Voyez-vous, jusqu'à présent nous n'avons fait que nous concentrer sur elle et chercher un moyen de persuasion suffisamment fort pour la voir faire son retour parmi nous, mais la solution se trouvait ailleurs, du moins je le pense désormais.
- Que voulez-vous dire ?
Dumbledore attendit longuement pour lui répondre, le temps pour lui d'enfourner une nouvelle sucrerie et de se placer face à l'une des fenêtres de son bureau pour avoir une vue parfaite sur les étudiants se prélassant sur les berges du lac délimitant le côté Nord du château.
- Vos deux autres enfants sont la clef nous permettant de la retrouver, dit-il en lui tournant le dos, et peu importe la façon par laquelle nous pouvons les atteindre, il faut absolument l'utiliser pour parvenir à nos fins. Je porte les intérêts et le bonheur de Matthew très à cœur vous savez, et si le retour de sa mère peut lui rendre le sourire et lui redonner le gout de poursuivre sa quête, je suis prêt à prendre des dispositions allant à l'encontre de mes principes d'origine.
- Je ne comprends toujours pas où vous voulez en venir Albus, avoua James sans même avoir remarqué que Dumbledore ne parlait que du retour de sa femme et omettant son fils aîné et sa fille dans cela.
- Je connais un moyen de faire pencher la balance en notre faveur et qui fera revenir Lily en un claquement de doigt, affirma t-il en se tournant vers lui. Mon idée n'est pas très recommandable, mais pour le plus grand bien, nous pouvons faire abstraction du conformisme et de la bien-pensance. Possédez-vous encore les certificats de naissance d'Harry et de… Comment s'appelle déjà votre fille ?
- Rosalyn, l'informa t-il d'un ton neutre, loin d'être offensé par l'ignorance de son mentor. Quant aux certificats, ils doivent sans doute se trouver dans les dossiers de Ste-Mangouste.
- Bien alors, amenez-les-moi dans ce cas. Je vais utiliser un très ancien rituel encore en pratique dans certaines tribus d'aborigènes que l'on peut considérer comme faisant partie de la magie noire et qui nécessitera ces deux éléments, et bien que son utilisation soit dangereuse et par conséquent interdite par le ministère, son ancienneté et sa rareté jouent pour lui, et je reste persuadé que personne ne pourra jamais entendre parler de ce que l'on s'apprête à faire.
- Vous aurez besoin d'autre chose ? s'enquit James d'une voix joyeuse à la seule pensée du retour imminent de sa femme.
- De votre sang et de quelques ingrédients pour préparer la potion utilisée pour ce rituel. Sur ce dernier point, je laisserai Severus s'en charger : Il est bien meilleur que moi pour concocter cela, et la potion que je désire est particulièrement difficile à préparer.
Même si James n'aimait pas le moins du monde Severus Rogue, le professeur de potions de Poudlard et accessoirement rival lorsqu'ils étaient tous les deux étudiants dans cet école, il ne fit cependant pas le moindre commentaire concernant son probable soutien dans les manigances de Dumbledore. De son côté, Albus ne put s'empêcher de sourire face à l'ingéniosité de son plan, un plan qui d'ailleurs impliquerait l'homme secrètement amoureux de Lily et qui ne se douterait même pas qu'en voulant absolument la retrouver, il engageait la vie des enfants de son amour de jeunesse.
« Quelle ironie » pensa t-il. « En croyant bien faire, Severus va surtout parvenir à mettre en danger ces deux mouflets et à renvoyer celle qu'il aime dans les bras d'un homme qui la bat. Il sera l'instrument du malheur de Lily, et l'instrument de mon intérêt personnel. Je doute qu'après cela, et en apprenant qu'il a participé à ce plan, Lily puisse un jour lui reparler ! »
Le directeur fut alors tenté de s'esclaffer bruyamment face aux conséquences de son plan sur la relation entre Lily et Rogue, mais un coup d'œil dans la direction où se trouvait James le dissuada de le faire : Rire tel un fou ne ferait que faire douter son sbire sur sa santé mentale.
- Notre plan fonctionnera parfaitement James, lui assura t-il une nouvelle fois en s'approchant de lui. Je vous garantis un succès complet, et lorsque Lily sera de retour, nous nous assurerons que sa dévotion envers notre cause est totale et sans la moindre petite part de doute. Je veillerai personnellement à ce que les sortilèges de restriction soient impossibles à enlever par une autre main que la mienne ou la votre, et en moins de temps qu'il ne le faudra, votre petite vie de famille redeviendra celle qu'elle était avant.
- Que j'ai hâte, affirma James. Je pourrais enfin avoir des explications sur toutes ses petites cachotteries et en même temps avoir l'opportunité de la punir pour ce qu'elle a osé faire… Elle sera tellement brisée à ce moment-là qu'elle n'osera plus jamais se mettre en travers de ma route !
- Et en travers de mes plans, marmonna pour lui-même Dumbledore en hochant sa tête d'un air ravi. Je propose que l'on fête cela en buvant une coupe, qu'en pensez-vous James ? J'ai justement là un excellent hydromel qui ne demande qu'à être consommé, et bien que Pompom m'ait ordonné de cesser de consommer de l'alcool pour ne pas encore aggraver les aléas de la vieillesse, je pense qu'en pareilles circonstances, nous pourrions éventuellement passer outre ses directives !
- Pourquoi pas, accepta t-il tandis que Dumbledore faisait apparaître d'un coup de baguette la dite boisson et deux coupes. Je n'ai pas vraiment eu le temps de boire de l'alcool depuis juillet, mais bientôt, mes beuveries pourront reprendre et tout ceci je vous le dois.
Dumbledore le remercia d'un simple sourire tout en lui tendant une coupelle en cristal dans laquelle dormait paisiblement un délicieux nectar doré n'attendant que d'être avalé.
- À notre alliance, et à la réussite de nos plans ! Puisse le destin favoriser nos desseins ! scanda Dumbledore avant d'entrechoquer son verre avec celui de James.
Tous les deux burent d'un trait leurs verres, savourant à la fois l'hydromel et son délicieux goût de miel, mais également le futur succès de leur nouveau plan, un succès qui pour eux était sûr de voir le jour. Fumseck lui secoua tristement sa tête en voyant à quel point son maître était tombé bien bas, et plutôt que de continuer à assister à ce triste spectacle, le phœnix préféra disparaître dans une gerbe de flammes pour aller s'occuper l'esprit et oublier les tristes manigances de celui qui autrefois fut pour lui un bon sorcier.
Très loin de là, dans un coin reculé de l'est de la France, l'atmosphère était tout aussi tendue et lourde que dans le bureau de Dumbledore, bien que la raison fût tout autre. Avec une journée de retard sur leurs homologues britanniques, les jeunes sorciers français faisaient à leur tour leur entrée dans les écoles magiques de leur pays, et si Poudlard accordait un soin particulier à ce que ses étudiants fassent une entrée fracassante et remarquée entre ses murs, les différentes académies françaises elles ne faisaient aucun effort pour accueillir leurs nouveaux élèves, et ceux-ci arrivaient au fur et à mesure que le temps défilait face aux imposantes grilles de ce qui allait devenir pour eux leurs nouvelles maisons. L'académie devant laquelle se trouvait Harry ne dérogeait pas à la règle, et comme il le constata rapidement, arriver en même temps et à l'heure était apparemment impossible à mettre en œuvre.
Les moyens de locomotion aussi bien sorciers que moldus ne manquaient pas pourtant, mais le mélange des genres provoquait au final un véritable désordre impossible à corriger à défaut d'organiser : Chevaux, diligences et charrettes côtoyaient les apparitions par transplanage, par runes ou tout simplement en balai, et il n'était pas rare d'entendre une famille moldue hurler de terreur lorsque plusieurs individus apparaissaient subitement juste à côté d'eux.
Harry lui n'eut pas besoin de s'interroger sur la façon dont il parviendrait jusqu'à cet établissement, et le moyen le plus simple et le plus classique fut utilisé par sa mère : Le carrosse de la famille. Rien de mieux après tout que de paraître aux yeux de tous aussi normal que possible, et le transport moldu bien que lent et par moment ennuyeux eut au moins le mérite de dissiper le moindre malentendu pouvant faire douter les français quant à la véritable nature qu'était la leur. Par ailleurs, pour éviter toute imprudence et prendre le risque d'être découvert, le transplanage et les runes furent tous deux mis de côté : Rien de pire que d'apparaître devant des moldus peu habitué à cela comme mentionné plus tôt. Quant aux balais, Marie-Louise détestait cela et préférait surtout garder ses deux pieds sur Terre plutôt que de se retrouver à plusieurs dizaines de mètres du sol. Le balai nécessitait également de passer ses jambes de chaque côté de son manche, et selon ses propres dires, cette méthode de positionnement n'était pas très « distinguée » pour une femme : Le balai ne différait pas du cheval, et tout comme lui, une certaine façon de le monter était de rigueur, du moins pour les dames.
La façon de chevaucher un balai était cependant le cadet de leurs soucis pour le moment, et la vue de l'imposante bâtisse dans laquelle Harry allait passait ses prochains mois seul suffisait à leur faire oublier ce sujet aussi dérisoire qu'inintéressant. L'académie militaire de Metz était en effet un bâtiment austère et ressemblant davantage à une prison qu'à une école. Ses murs gris, ses hautes fenêtres et son toit de tuiles noirâtres impressionnaient autant qu'ils intimidaient les gens se pressant devant, et même les linteaux, les pilastres et les magnifiques encadrements de fenêtres sculptés dans la pierre et agrémentés de ravissantes représentations florales ne parvenaient pas à faire oublier l'apparence troublante de l'académie. Un portail de près de trois mètres de haut permettait l'accès à ce qui semblait être une cour intérieure, et cela après avoir longé un corridor tout aussi large que la porte d'entrée gardé pour l'heure par un homme en uniforme d'hussards.
Harry lui-même avait revêtu son uniforme composé d'un pantalon de laine bleu nuit de style charivari et basané de cuir sur l'entrejambe et dans le dos, d'un dolman écarlate à longues manches par-dessous une pelisse tout aussi rougeâtre se terminant par un col et des manches en fourrure, le tout décoré d'une multitude de boutons et de lacets dorés sur la poitrine, de bottes de cavalier remontant jusque sous les genoux, de gants blancs offrant un contraste saisissant avec le reste de la tenue, d'un énième gilet dont il n'avait enfilé qu'une seule manche comme le voulait le code vestimentaire de l'école, d'une ceinture lui entourant la taille et sur laquelle était accroché un sabre rangé dans son fourreau, et pour parer le tout, d'un haut chapeau appelé « bonnet de police » sur lequel trônait un pompon se balançant au gré des courants d'air.
La tenue était en tout cas très impressionnante en plus d'être magnifique, mais le principal souci était qu'elle donnait incroyablement chaud, et seul un sortilège de rafraîchissement lui permettait de ne pas suer dans ses vêtements en plus d'éviter un malaise. Lui-même se trouvait particulièrement beau dedans tout comme Daphné qui, la première fois qu'elle l'eut également vu vêtu ainsi et le jour-même où il reçut son uniforme, ne put s'empêcher de vouloir examiner de longues minutes chaque détail de son uniforme en assurant que son futur époux était absolument renversant.
« Avec un époux habillé ainsi, aucun homme n'osera un jour me causer du tort ! Tu es tellement magnifique et impressionnant dans cet uniforme Gabriel ! » avait-elle d'ailleurs ajouté à ce moment là.
Pour l'heure Harry n'avait encore qu'onze ans, et il était difficile de savoir s'il porterait longtemps cette tenue, mais si cela permettait de rassurer sa fiancée, alors il était prêt à la porter encore de longues années. Sa mère elle aussi avait semblé émue ce jour-là, et au grand désarroi de son fils, Marie-Louise s'était depuis lors mise à le surnommer affectueusement « Mon petit soldat » et s'amusait à le voir parader au pas cadencé pour son seul plaisir.
Cependant aujourd'hui il en était autrement, et l'amusement avait apparemment fait place à une inquiétude perceptible chez elle sans même avoir besoin de la légilimancie pour en être sûr. Sa mère semblait presque triste à la seule vue de l'académie devant eux, et presque inconsciemment, elle ne cessait de vérifier une nouvelle fois qu'Harry portait son uniforme convenablement, cherchant le moindre petit défaut pouvant lui permettre de retarder les adieux imminents en passant distraitement sa main dans chaque coin de tissu s'offrant à elle. Harry lui se laissa faire, touché par ses gestes apparentés à de la tendresse, mais également davantage préoccupée par un autre sujet encore plus triste qu'il ne cessait de ressasser depuis plus d'un mois maintenant : Les retrouvailles gâchées entre lui et son autre famille.
Pas un jour ne passait sans qu'il ne se remémore cette journée si particulière et en même temps si déprimante, et chaque fois, il se demandait comment ce moment qui aurait dû être le plus beau de sa vie depuis longtemps maintenant avait pu tourner au drame. Même en cherchant de longues heures, pas un seul instant il ne sut véritablement où le problème était venu, du moins en ce qui le concernait, et de son propre aveu et après mure réflexion, Lily était la responsable de cette mascarade. Sa mère semblait s'être bornée à vouloir diriger à nouveau sa vie, quitte à passer aux yeux des autres comme une femme incapable de réfléchir convenablement et d'agir dans l'intérêt de tous. Non, Lily s'était obstinée à reprendre le commandement de la vie de son fils sans se préoccuper de ce qu'il avait pu vivre depuis leur séparation, et en faisant abstraction de tout cela, sa mère avait heurté un mur qu'elle avait elle-même érigée, celui de la croyance et du bien fondée de ses actions. L'euphorie des retrouvailles y était peut-être pour beaucoup, mais sa jalousie et son obstination ont également joué en sa défaveur, et de la mère aimante et chaleureuse qu'il avait connu, l'image qui ressortait de cette confrontation était davantage celle d'une femme égoïste ne pensant qu'à son plaisir et intérêt personnel.
En un mot, ces retrouvailles gâchées l'avaient déçu, tout comme le comportement de sa mère, et ce moment qu'il avait attendu avec tant d'ardeur et d'impatience avait tourné au fiasco. L'incapacité de Lily à accepter cette situation et à s'y conformer restait la seule pensée qu'il avait pour elle, une pensée négative bien évidemment qui jouait également sur son humeur et l'avait rendu particulièrement maussade et aigri durant le mois suivant. Pas même Daphné et leur lien magique ne parvinrent à l'égayer un peu, pas plus que les petits plaisirs de la vie comme les promenades à cheval et les parties de billard. Harry avait plutôt préféré s'enfermer dans un cocon de livres et d'entraînements magiques pour s'occuper l'esprit, et la bibliothèque du château était devenue la pièce qu'il occupait le plus depuis lors.
Même Marie-Louise, qui pourtant connaissait son fils sur le bout des doigts maintenant et savait pertinemment ce qui le préoccupait, fut incapable de lui redonner l'envie de se distraire par les jeux, et lui arracher quelques mots sur cette funeste journée d'anniversaire relevait du parcours du marathon. La morosité de Lily avait en tout cas déteint sur lui, et il n'y avait bien que la perspective d'entrer prochainement à l'académie qui pouvait lui faire oublier totalement la raison pour laquelle il persistait à se retirer seul et à rester à l'écart des autres.
Encore aujourd'hui Harry avait en tête sa fête d'anniversaire, et pour ne rien améliorer, les quelques jours qu'ils avaient passés dans leur carrosse durant leur trajet jusqu'à Metz ne parvinrent qu'à lui rappeler ceux en compagnie de Lily et Rosie voilà de cela trois ans. La seule différence fut que son fils crut bon de redevenir l'espace de quelques jours le garçon joyeux et attachant qu'il était auparavant, et un sourire quelque peu forcé ne l'avait pas quitté depuis trois jours maintenant. Le voyage fut d'ailleurs très agréable, agrémenté de nombreux rires et de longues discussions animées.
Leur trajet leur permit également de faire un léger détour sur les bords de la Loire, et pour la première fois depuis son arrivée en France, Harry eut l'occasion de découvrir, bien que furtivement la plupart du temps, le fabuleux patrimoine de ce pays, et notamment ses châteaux : Chambord, l'une des résidences favorites du roi François 1er comportant plus de 400 pièces, crée par Leonard de Vinci lui-même et joyaux de l'architecture en place durant la renaissance ; Blois, résidence des rois jusqu'à la mise en chantier de Versailles ; Chenonceau et sa galerie bâtie sur le Cher par Catherine de Médicis ou encore Chinon et son apparence médiévale… Autant de bijoux du patrimoine français qu'Harry se faisait un devoir d'aller découvrir un jour. Même le château de Valençay, habité pour l'heure par le ministre des relations extérieures Charles-Maurice de Talleyrand et son célèbre pied-bot, l'intrigua fortement pour la simple raison qu'il ressemblait étrangement au château de Lamballe par sa disposition et sa physionomie générale, mais même en questionnant sa mère sur cette étrange similitude, celle-ci préféra garder le mystère pour elle en se contentant de dire que le concepteur de leur résidence avait peut-être trouvé son inspiration dans ce château.
« Daphné aurait sans doute aimé admirer ces châteaux » songea t-il tristement ce jour-là en repensant à la fiancée qu'il laissait derrière lui.
Les adieux avaient en effet été larmoyants, du moins pour Daphné, et le spectre des mois sans nouvelles comme il avait été le cas lors du départ d'Harry vers la France trois ans plus tôt refaisait surface dans son esprit, même si Harry lui avait longuement assuré qu'il lui écrirait continuellement. Sa fiancée avait voulu l'accompagner vers sa nouvelle école, mais malheureusement pour elle, la tante d'Harry avait plutôt décidé de la former de manière plus intensive à son futur rôle d'épouse et de mère, et pas une journée n'avait passé depuis deux semaines sans que Daphné ne doive marcher des heures devant elle avant que Louise-Elisabeth ne juge sa démarche convenable.
Sa future inscription à Beauxbâtons était également la raison pour laquelle Daphné devait continuellement s'entraîner car en plus d'être une école exclusivement féminine, l'enseignement de cette institution était incroyablement strict et rigoureux, et si elle souhaitait se faire une place et devenir une figure importante auprès des jeunes filles de cette école et créer ainsi son futur cercle d'intimes et d'amies, son conditionnement et ses habiletés tant sur plan magique que physique, ses capacités intellectuelles et sa bienséance se devaient d'être irréprochables : L'entrainement qu'elle suivait allait bien au delà des simples leçons apprises dans un livre et récitées bêtement, la pratique lui prenait énormément de temps et d'énergie, et une coupure dans sa formation comme celle qu'aurait pu être l'accompagnement d'Harry jusqu'à Metz n'était par conséquent pas envisageable.
Le seul point positif que Daphné parvenait à trouver dans cette triste situation était qu'Astoria suivait également la même formation qu'elle, et que malgré ses sept ans, sa petite sœur souffrait tout autant qu'elle des longues heures d'apprentissage. Sa sœur allait faire également son entrée à Beauxbâtons, bien qu'avec deux ans d'attente supplémentaire pour elle, et à ce rythme là, Astoria risquait de devenir la parfaite petite écolière ne permettant pas à ses futurs professeurs de pouvoir lui trouver le moindre petit défaut. Ses camarades de classe n'avaient qu'à bien se tenir, la cadette des Greengrass n'allait faire qu'une bouchée d'eux.
- Merlin, ne peuvent-ils pas cesser de me regarder ainsi ? souffla sa mère en lui faisant perdre le fil de ses pensées.
Harry n'avait pas besoin de lui demander ce qu'elle voulait dire, un simple coup d'œil dans la foule s'amassant autour d'eux suffisait à comprendre ses paroles. De nombreux regards à la fois curieux et désappointés des badauds étaient tournés vers eux, et certains, en reconnaissant Marie-Louise, se permirent en croyant inutilement être assez discrets pour ne pas être entendus de chuchoter des propos injurieux à son encontre, la plupart bien évidemment concernant ses liens avec la monarchie française.
« Dieu que les gens peuvent être sots quelques fois » songea tristement Harry en entendant une femme habillée comme une paysanne maugréer contre Marie-Louise et « l'autrichienne » que fut son amie.
D'autres préférèrent concentrer leur attention sur lui et s'interrogeaient surtout sur la possibilité qu'Harry soit le fruit d'une union incestueuse entre sa mère et un membre de sa famille, le prince de Lamballe ayant eu dans sa vie la triste réputation d'être incapable de donner la vie, même parmi les nombreuses prostituées qu'il avait eu dans son lit. La bêtise n'avait pas de frontière, et les rumeurs injurieuses étaient monnaie courante, au grand dam des principaux concernés. Par chance, aucune revue de presse ne traitait pour l'heure des mœurs des personnalités de la haute sphère française ou européenne, mais peut-être qu'un beau jour, le petit peuple en viendrait à cette extrémité au vue de la rapidité avec laquelle les rumeurs pouvaient se propager. Harry en était en tout cas persuadé, et en son for intérieur, il souhaitait ne pas voir un jour son nom éclaboussé dans les journaux pour un malheureux geste de travers ou une parole prononcée trop vite.
- Je vous ai laissé Archimède pour que vous puissiez m'écrire quand bon vous semble, dit-elle en époussetant inutilement et pour la cinquième fois son uniforme écarlate et en faisant mine de ne rien entendre de ce que les gens racontaient sur eux. Je ne vous demande pas de correspondre avec moi constamment, mais je souhaiterais quand même avoir des nouvelles de votre part et être mise au courant des progrès que vous pourriez faire pendant vos cours.
- Je suppose que je vous parlerai sans doute plus des entraînements physiques que des cours de magie, argua Harry en sachant pertinemment qu'il était largement en avance par rapport à d'autres futurs camarades. J'espère simplement que je serai en état de vous écrire après m'être entraîné pendant des heures…
Sa mère lui sourit tendrement sans cesser de le quitter des yeux, et lui-même avait du mal à se détacher d'elle. Son entrée imminente dans cette académie lui fit comprendre alors qu'il ne verrait plus cette merveilleuse dame pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois, et après avoir vécu près de trois ans en sa compagnie sans jamais se quitter plus de quelques heures, les adieux étaient pour le moins difficiles. Marie-Louise comprit aisément son trouble et ce sans même avoir besoin d'employer la légilimancie. Elle-même avait du mal à se faire à l'idée d'abandonner son fils dans cet endroit et par la même occasion de le laisser seul sans aucun visage connu pouvant l'épauler et l'assister dans cette dure épreuve qu'était l'éloignement. Alors sans plus attendre, elle écarta ses bras et lui permit de venir se blottir contre elle, chose qu'il fit à la seconde même où il en eu l'autorisation. Sans même se soucier des possibles commentaires des gens autour d'eux pouvant se moquer de son attitude, Harry enserra fortement sa mère et laissa échapper une simple larme qui alla tomber dans le corset de Marie-Louise.
- Vous allez me manquer mère…, marmonna t-il d'une petite voix.
- Vous aussi Gabriel, dit-elle tendrement. Je n'aurais jamais crû m'attacher autant à vous en si peu de temps, mais il va désormais me falloir réapprendre à vivre sans vous, et c'est une épreuve à laquelle je vais devoir faire face et qui me semble bien plus difficile à surmonter qu'un nouveau duel contre Dumbledore. J'espère simplement que nous aurons l'occasion de nous retrouver pour les vacances de noël et dans des circonstances disons… plus ouvertes au compromis et au dialogue.
Harry n'eut pas besoin de lever la tête vers elle pour savoir ce dont elle parlait, et sans même qu'elle ne lui demande une nouvelle fois, il se décida à lui ouvrir son cœur et à lui dire ce qui le peinait tant depuis ce triste épisode.
- Croyez-vous qu'elle me pardonnera ma décision ? demanda t-il d'une petite voix en la regardant timidement. Je veux dire, c'est une mère merveilleuse et qui a toujours pris soin de moi, même quand James persistait à vouloir que je disparaisse de leur vie, et j'ai la désagréable sensation que je l'ai quelque part trahi en refusant de l'accompagner à Londres. Si seulement nous avions pu discuter plus longuement de ces choses là, elle ne serait pas partie comme si le diable lui courait après…
- Justement, ce n'est pas vous qui êtes à blâmer pour son comportement Gabriel, lui assura t-elle en apposant ses mains sur ses épaules pour lui faire face. Votre mère a agi de façon impulsive et sans prendre le temps de réfléchir et de pousser sa réflexion au-delà de ce qu'elle souhaitait. Son étroitesse d'esprit aurait pu lui coûter énormément, et je ne parle pas seulement de votre amour car je sais que malgré tout vous l'aimez toujours profondément. Vous savez, j'ai toujours pensé que l'amour était une puissante émotion pouvant nous faire agir de la bonne comme de la mauvaise façon, et je pense que c'est cette émotion qui permet à votre mère de continuer de vivre et d'avancer. Son amour pour vous est si fort qu'il lui a permis de continuer à supporter votre père et d'accepter sans broncher ses coups, et sans cela, elle aurait depuis longtemps abandonné l'idée de poursuivre sa route sur le chemin de la vie. N'oubliez pas que cette femme vous a élevé Gabriel, et même si vous prenez des décisions allant à l'encontre de ce qu'elle espérait pour vous, elle continuera de vous aimer car une mère aime inconditionnellement ses enfants, peut importe ce qu'ils font. Alors elle acceptera tôt ou tard votre choix de rester vivre ici et peut-être même s'y fera plus tôt que vous ne le croyez.
- Vous le pensez vraiment ? s'enquit t-il d'une petite voix.
- Assurément, autrement je ne vous l'aurais pas dit ainsi, dit-elle en souriant.
Harry lui rendit son sourire, rassuré par ses paroles et en même temps heureux par cette nouvelle vision des évènements. Vu de cette façon, tout lui paraissait plus clair, surtout la complexité des femmes dans l'expression de leurs sentiments.
- Maintenant passons aux dernières recommandations, poursuivit-elle en adoptant un air plus sérieux. Rappelez-vous ce que je vous ai demandé Gabriel : Soyez respectueux envers vos supérieurs, ne faites pas de bêtises allant à l'encontre du règlement de l'école et pouvant porter atteinte à votre intégrité, mangez sainement, montrez-vous assidu dans vos exercices et vos leçons, ne…
- Pas me mêler de ce qui ne me concerne pas, garder en tête que cette école n'est pas un terrain de jeu et que la guerre ne l'est pas davantage et vous écrire chaque fois qu'un problème survient et qui nécessiterait votre présence, termina t-il en réprimant l'envie de souffler. Vraiment mère, vous m'avez répété cela tellement de fois que je suis certain de pouvoir le réciter même dans mon sommeil !
- Il vaut mieux être prudente, vous ne pensez pas ?
- Ce n'est plus de la prudence mais de la persistance à ce niveau-là !
Le bruit d'un clairon se fit soudainement entendre au-delà du portail de l'école, et à ce son, toutes les têtes se tournèrent vers l'école. Ce premier signal intimait aux élèves d'entrer au plus vite, tandis que les parents étaient malheureusement pour eux invités à rester à l'extérieur et à faire leurs adieux.
- Je pense qu'il est désormais temps pour nous de nous dire au revoir, dit Marie-Louise d'une voix chargée d'émotion en reportant son attention sur lui.
Tous les deux se regardèrent dans les yeux pendant de longues secondes, et comme tout à l'heure, sa mère rouvrit rapidement ses bras pour lui permettre une nouvelle fois de se blottir contre elle.
- Venez, l'invita t-elle simplement.
Son fils ne se fit pas prier une deuxième fois, et à nouveau, il se permit le loisir d'apprécier la chaleur maternelle que lui procurait Marie-Louise.
- Je vous aime Gabriel…, dit-elle d'une voix douce en refermant ses bras sur lui, la tête sur son épaule. Vous ne pouvez imaginer à quel point je suis fière d'être votre mère, et quelque part, je comprends un peu la réaction de votre mère. J'ai tout comme elle l'impression de vous abandonner, et ne pas savoir ce qui peut vous arriver et ne pas être présente pour vous aider est vraiment insupportable…
- Allons mère, nous nous reverrons rapidement, et contrairement à autrefois, je pourrais vous écrire et vous donner de mes nouvelles sans me soucier des dangers que cela pourrait causer. Nous serons peut-être séparés quelques temps, mais cela ne sera de l'ordre que de quelques mois tout au plus.
- Que vais-je devenir sans mon petit soldat ? dit-elle en prenant un air faussement inquiet.
- Mère ! Vous savez que je déteste ce surnom idiot !
- Il est pourtant tout à fait normal, et tout comme Daphné, je vous trouve absolument élégant dans cet uniforme. J'en deviendrais-je presque jalouse de ma propre belle-fille... Elle a d'une certaine manière beaucoup de chance de vous avoir.
- Comme j'ai beaucoup de chance de vous avoir mère, assura Harry.
Marie-Louise lui fit alors le plus long baiser sur le front qu'elle eut elle-même jamais fait dans sa vie, et après une dernière accolade et un dernier regard, un échange « d'au revoir » et un dernier sourire de circonstance, elle lui tourna finalement le dos et se dirigea vers son carrosse. Antoine, qui était resté durant tout ce temps à côté de la portière, l'ouvrit dès qu'elle approcha, et sans plus attendre, lui offrit sa main pour l'aider à monter. Marie-Louise s'arrêta cependant sur le marchepied pour regarder une dernière fois son fils et garder dans son esprit cette dernière image qu'elle aurait de lui avant longtemps. Puis, après un salut de la tête à son encontre, elle disparut dans sa voiture pendant qu'Antoine refermait la porte juste derrière elle. Celui-ci s'approcha ensuite d'Harry à qui il tendit rapidement la main pour lui faire lui aussi ses adieux.
- Soyez sage Monseigneur, dit-il tandis que tous les deux se serraient la main. Nous aurons tous grand hâte d'avoir de vos nouvelles et d'en savoir davantage sur votre scolarité.
- Surveillez mère pour moi s'il vous plait Antoine, lui demanda t-il nerveusement. Je préfère la savoir entourée et rassurée que se morfondant seule sur mon sort. J'ai déjà perdu une mère et je ne tiens pas à perdre l'autre…
- Tout va s'arranger mon prince, assura t-il d'une voix confiante. Et lorsque vous reviendrez pour les vacances, vous aurez une surprise de taille en découvrant toute votre famille réunie pour passer les fêtes en votre compagnie.
- Que Dieu vous entende mon ami, oui que Dieu vous entende.
Leur échange se termina là, et quelques secondes plus tard, Antoine grimpa rapidement sur la banquette réservée au cocher. D'un coup de cravache sur le dos de ses deux chevaux, leur voiture démarra et s'engagea sur le sentier pavé les menant cette fois-ci vers leur destination finale : le château familial. Harry eut l'occasion d'apercevoir brièvement sa mère par l'une des fenêtres tandis que le carrosse passait devant lui, et même si il était trop loin pour en être sûr, il fut presque certain de voir une larme couler sur sa joue. Le mouchoir qu'elle secouait cependant pour lui dire au revoir était lui parfaitement visible, et son fils répondit à son salut jusqu'au moment où elle disparut au bout de la rue, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre.
Puis la réalité le rattrapa, et il se rendit compte qu'il était à nouveau seul, livré à lui-même dans une ville qu'il ne connaissait pas et entouré de gens dont il ignorait l'identité. Cette situation le mit mal à l'aise et lui rappela le petit garçon de huit ans qu'il avait été et qui avait connu la même situation auparavant. La différence cependant entre eux était qu'il avait subit trois ans d'entraînements intensifs et avait vécu les plus belles années de sa vie entre-temps Il était également préparé à ce qui allait lui arriver et n'avait plus l'appréhension de l'avenir comme autrefois, un avenir qui s'annonçait bien moins triste que les quelques mois passés à l'orphelinat. Il était prêt à affronter ce qui allait arriver et bien plus confiant dans ses capacités et ses compétences. Sa mère avait en tout cas bien travaillé, et pas une once de peur ne le parcourut lorsqu'il se dirigea vers le portail de l'école. Se saisissant fermement de la poignée de sa malle et de la cage renfermant son fidèle faucon, Harry s'avança alors vers l'entrée de l'école en faisant au passage abstraction des regards toujours plus curieux des gens l'entourant. Même le garde à l'entrée, un homme dans la quarantaine et à l'air particulièrement désagréable, ne le quittait pas des yeux, et le regard perçant et froid qu'il lui lui lança ne l'impressionna pas outre mesure.
- Nom ? lui demanda t-il sèchement en le toisant de haut.
- Gabriel de Bourbon, répondit-il d'une voix mielleuse en arborant un rictus moqueur à son égard.
L'homme continua à l'observer quelques secondes, et Harry crut l'espace d'un instant qu'il allait le frapper pour la façon avec laquelle il s'était adressé à lui. Mais le soldat se contenta de reporter son attention sur la liste qu'il avait en main, et après un dernier regard, il lui désigna d'un geste sec de la tête la cour de l'école en l'invitant silencieusement à y pénétrer.
- J'espère que nous aurons l'occasion de converser encore par la suite. Vous m'êtes fort sympathique et êtes d'une agréable compagnie, ne put-il s'empêcher de lancer tandis qu'il s'éloignait.
Ne s'attendant pas à une réponse de sa part, Harry fut surpris de l'entendre marmonner « sale gosse », mais préféra ne pas pousser trop loin ses taquineries et s'attarda plutôt sur l'observation de la cour de l'école dont il pouvait désormais avoir une excellente vue. Celle-ci était totalement délimitée par l'école qui l'entourait totalement, et seuls deux chemins permettaient d'y entrer ou d'y sortir : Celui qu'il empruntait actuellement, et un autre qui semblait mener vers un verger dans lequel il crut distinguer plusieurs amas de bois ressemblant à des obstacles à franchir. Il y avait par ailleurs plusieurs portes permettant d'accéder aux différentes ailes de l'académie ainsi qu'un préau légèrement en retrait pouvant donner aux élèves l'occasion de pouvoir s'abriter par temps de pluie, mais hormis les deux immenses peupliers plantés de façon anarchique, on ne pouvait pas vraiment dire que l'endroit était très accueillant. Tout était gris, morne et triste, et Harry, qui n'avait jamais eu l'occasion de voir de ses propres yeux Poudlard, doutait fortement que l'école britannique puisse parvenir un jour à se montrer aussi froide et austère que cette école.
L'enseignement différait cependant, et Poudlard, qui prodiguait à ses élèves un enseignement général et des plus classiques pour leur permettre par la suite de choisir une carrière leur étant propre, ne pouvait de toute manière pas être comparé à l'académie de Metz qui se concentrait exclusivement sur un enseignement s'orientant vers une carrière militaire : Rendre une école chaleureuse et accueillante au premier coup d'œil n'était pas de toute évidence pas souhaitable pour les français, et utiliser des locaux aussi austère devait sans doute leur permettre d'impressionner voir intimider leurs nouveaux élèves, contrairement à l'école de sorcellerie de Dumbledore. L'effet était en tout cas très réussi, et pour quelqu'un n'ayant aucun sens du courage et n'ayant aucune envie de devenir un sorcier et militaire reconnu, la fuite était sans doute préférable.
Mais Harry n'était pas de ce genre là, et ses années d'entrainement n'allaient pas se finir ainsi, il en était certain, et en voyant la vingtaine d'élèves de son âge déjà présents, l'idée même de faire marche arrière lui parut incongru et totalement hors de propos. Ce fut d'ailleurs à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il n'y avait que des garçons de onze ans autour de lui, chacun déjà revêtu son uniforme et regardant tout comme lui nerveusement ses futurs camarades de classe dans l'espoir de trouver peut-être une possible vieille connaissance avec qui passer le lourd cap de la rentrée. Pas un seul autre garçon de douze ans ou plus n'était là, comme si tous avaient pris la poudre d'escampette pour la journée en leur permettant de pouvoir s'acclimater à ce nouvel environnement sans avoir à subir les moqueries et les mauvaises plaisanteries des plus vieux qui se feraient sans doute une joie de malmener les petites nouveaux.
Harry pouvait voir que l'appréhension était visible chez chacun d'eux, et intérieurement, il se demanda comment allaient réagir ces garçons lorsqu'ils affronteraient pour la première fois les regards curieux de leurs ainés. Lui-même se montrait anxieux à cette idée, mais en ayant toute confiance dans ses capacités de duel et dans le panel de sorts qu'il connaissait, il se sentait prêt à se mesurer à n'importe qui, quel qu'il soit et d'où il pouvait venir. S'il fallait se faire respecter des autres en se battant et sans avoir à user de son nom ou de sa fortune, alors il était prêt à le faire en respectant malgré tout les règles d'usage et en veillant à ne pas transgresser le règlement de son école.
Préférant néanmoins chasser rapidement de son esprit cette pensée, Harry reporta son attention sur sa nouvelle école et examiner plus attentivement les moindres recoins de son nouvel environnement, sans même se soucier des autres.
- C'est plutôt grand n'est-ce pas ? lui dit alors quelqu'un juste derrière lui.
Tournant la tête, Harry tomba alors sur un jeune garçon de son âge aux cheveux bruns et courts et à la mine joyeuse. Sa peau était étonnamment bronzée, comme si il avait passé tout l'été au soleil pour une quelconque raison, et rapidement, Harry en déduisit que ce garçon était sans doute un fils de paysan ou de commerçant itinérant : Avoir la peau bronzée n'était pas recommandable pour une certaine catégorie de population, et seul le petit peuple s'adonnait à cela, surtout lorsque leur travail se résumait à être constamment en plein air. Tout comme lui, il portait l'uniforme standard de l'école bien que le sien semblait légèrement usé par endroit, mais contrairement à Harry, ses affaires n'étaient pas entreposées dans une lourde malle mais jetées négligemment dans un baluchon nouée sur un épais morceau de bois qu'il tenait sur son épaule. Le garçon était légèrement plus grand que lui, mais beaucoup moins épais, presque maigrelet. Il se dégageait cependant de lui une sorte de magnétisme qui le rendait aux yeux de tous immédiatement sympathique, et sans même le connaitre, Harry se sentait en confiance en sa présence et prêt à lui révéler tout et n'importe quoi.
- J'ai eu la même tête que toi lorsque je suis venu ici en juillet, ajouta le garçon en regardant brièvement l'imposante académie. Je n'avais encore jamais eu l'occasion de découvrir un endroit aussi étrange, et encore moins l'occasion d'y mettre les pieds. L'intérieur est tout aussi intimidant, on dirait presque une prison…
- Tu es déjà venu ici ? lui demanda Harry en le regardant curieusement. Pourtant, l'entrée en première année se fait aujourd'hui.
- Oh mais l'académie donnait à ceux qui n'en sont pas encore capables des cours de soutien en écriture et en lecture, et crois-moi, il y en a beaucoup qui ne savaient pas lire un livre ! Bon je dois avouer que je ne sais pas encore bien lire une ligne et que mon écriture laisse à désirer, mais d'après les instructeurs, je progresse très rapidement !
- ça te sera utile je pense, tous nos cours nécessitent de savoir lire et écrire. Nous aurons également des devoirs à faire à mon avis, et je doute que les professeurs se montrent compréhensifs si l'on utilise ce prétexte pour ne pas les faire. Je pourrais t'aider si tu veux, je sais lire depuis que je suis tout petit.
- Vraiment !? Oh ça serait vraiment gentil ! se réjouit l'autre en souriant d'un air ravi. Ah mais j'en oublie les bonnes manières… Ma mère me tirerait les oreilles pour ne pas m'être présenté plus tôt. Je m'appelle Nicolas Fleury, mais mes amis m'appellent Nick pour faire plus court.
- Ravi de te rencontrer alors Nick, déclara t-il en lui tendant la main que Nicolas s'empressa de serrer. Je suis Gabriel de Bourbon, et tout comme toi mes amis ont tendance à m'appeler par mon diminutif qui est Gabi. Entre nous je trouve que ça sonne plutôt efféminée, mais je ne peux pas m'attendre à mieux lorsque je passe le plus clair de mon temps avec des filles…
Mais son nouvel ami ne faisait plus attention à ce qu'il disait, et Harry pouvait sentir sa main se raidir dans la sienne tandis que ses yeux s'étaient écarquillés de surprise.
- B-Bourbon ? balbutia t-il C-comme… comme la famille Bourbon ?
- La seule et unique, confirma Harry en songeant intérieurement qu'il était étrange de porter le nom d'un homme qu'il n'avait jamais rencontré et qui était son père selon l'administration française.
- Par la sainte culotte du pape ! s'exclama t-il tandis qu'Harry haussait ses sourcils, choqué par son juron. Si je m'attendais un jour à rencontrer un noble ! Ça me fait tout drôle, moi qui n'ait d'ordinaire la possibilité que de croiser des culs terreux toute la journée… Quand je raconterai ça à mes parents, ils ne vont pas en revenir !
- Tu sais, malgré mon nom, je ne suis qu'un garçon comme les autres, lui indiqua Harry en observant du coin de l'œil les réactions des élèves aux alentours pour voir si quelqu'un avait également eu vent de son nom. Je ne cherche pas à profiter de ce que m'ont légué mes parents pour fanfaronner ou pour me croire supérieur à d'autres. Je souhaite simplement que l'on me traite comme n'importe quel être humain que le bon Dieu a crée et que l'on voit avant en moi celui que je suis réellement et non pas celui que les gens pensent que je sois. Alors il est inutile de s'ébahir de ma personne du fait de mon appartenance à telle ou telle famille…
- Oh très bien, répondit-il en passant nerveusement sa main dans sa tignasse brune. C'est vraiment drôle de voir quelqu'un comme toi intégrer un simple régiment de cavalerie, ajouta t-il sur le ton de la conversation. Je pensais que les nobles accédaient directement aux plus hauts grades d'un claquement de doigt.
- C'était d'usage il fut un temps, mais maintenant nous devons faire nos preuves comme n'importe quel autre homme. J'espère en tout cas qu'ils ne se montreront pas hostiles à mon égard du fait des antécédents de mes parents.
- Aucun risque, ils seront trop occupés à me hurler dessus. J'anticipe peut-être, mais je suis déjà persuadé que je serai l'un des élèves les plus dissipés qu'ils auront. Je n'arrive pas à rester en place plus d'une heure !
- Pas de quoi se vanter Fleury, l'interrompit un autre élève en s'approchant. A ta place, je me ferais même tout petit : Je ne pense pas que le professeur Duchesne t'ait pardonné ta petite blague idiote avec ses plumes. Quelle idée quand j'y repense de te faire une coiffe d'amérindien avec !
- Rivelli, maugréa Nick en se tournant pour lui faire face, j'espérais ne pas avoir le plaisir de te revoir, mais je vois que Dieu n'a pas écouté mes prières.
Le dénommé Rivelli le fusilla du regard avant de porter son attention sur Harry qu'il détailla minutieusement. Lui-même en fit de même, et la petite taille du garçon l'étonna fortement. Daphné, qui avait quand même deux ans de moins que lui, faisait presque la taille du nouvel arrivant, et étrangement, Harry trouva qu'il possédait des traits très doux pour un garçon, presque féminin, et s'il n'avait pas eu ses cheveux blonds coupés aussi court et cet uniforme, Harry l'aurait très certainement pris pour une représentante du sexe opposé.
- J'espère que ce nigaud ne t'a pas trop importuné, il est plutôt du genre à casser les pieds de toutes les personnes qu'il rencontre, et j'en ai fait l'amère expérience en venant ici en Juillet. Je suis Jules Rivelli soit dit en passant, mais il ne faut pas se fier à mon nom de famille : Je n'ai absolument rien d'italien.
- Sauf peut-être la capacité à parler pour ne rien dire et à prendre les gens de haut, affirma Nick avant de brusquement se ratatiner sur lui-même lorsque Jules se tourner vers lui, les yeux flamboyants de colère.
Harry se présenta à lui par la suite, et contrairement à Nick, Jules ne fit aucun commentaire sur son nom de famille, ce dont il lui fut très reconnaissant. Ce fut d'ailleurs à peine s'il leva un sourcil. En quelques minutes, Harry parvint à se faire une idée plus précise sur ses deux nouvelles connaissances, et le moins que l'on pouvait dire sur eux était qu'ils étaient l'exact opposé de l'autre. Si Nick était d'un naturel blagueur et bavard, Jules lui semblait beaucoup plus mystérieux et sérieux dans son comportement. Près de lui, l'impression d'être analysé jusque dans ses paroles était palpable, et Jules préférait apparemment écouter plutôt que de participer aux conversations. De toute façon, il était difficile de placer une phrase au beau milieu du flot de paroles de Nicolas.
- Vous n'êtes pas issus d'une famille sorcière alors ? leur demanda Harry en s'asseyant sur sa malle.
- J'sais pas, mon père s'est tiré peu après ma naissance avec une femme, et on a plus jamais entendu parler de lui depuis ce moment là, lui indiqua Jules sans avoir l'air attristé par l'absence de son père dans sa vie. C'était peut-être un sorcier, mais maman ne le savait pas en tout cas.
- Moi ce sont des… quel mot vous employez déjà ? Ah oui, moldus ! L'un comme l'autre, et ils ont été surpris d'apprendre que j'étais un sorcier ! J'ai bien crû qu'ils allaient me brûler sur un bucher en découvrant ça, mais ils ont au contraire rapidement accepté ma situation, et ils ont même dit que ce devait sans doute être un cadeau de Dieu, comme une bénédiction ! « Jésus faisait des miracles, alors pourquoi pas toi ? » qu'elle disait ma mère en l'apprenant… Ça expliquait en même temps pourquoi j'avais la fâcheuse manie de faire exploser les vitres de la maison quand j'étais petit…
- Moi je faisais léviter des objets vers moi comme mes langes, mon biberon, des livres pour enfant… maman disait que j'étais très doué pour mon âge et que je ferai surement des merveilles avec un peu d'entrainement.
Harry poursuivit le récit de son enfance et de ses premières expériences en magie accidentelle sous les regards attentifs de ses deux compagnons qui profitèrent de ce moment pour en apprendre un peu plus sur le monde de la magie et ses membres. Par la suite, chacun se mit à raconter diverses anecdotes sur leur vie d'avant, entre les cours de bonne manière et de magie pour Harry et le travail dans les champs pour les deux autres. Tous les trois s'accordaient au moins sur un point : En apprendre davantage sur l'autre était très instructif, sans compter qu'un lien commençait petit à petit à se créer entre eux. Parler d'amitié était peut-être encore un peu hâtif, mais c'était en tout cas l'occasion de voir les prémices d'une belle rencontre qu'ils espéraient longues et pleines de surprises. Leur discussion fut d'ailleurs entrecoupée par de nombreux rires, surtout lorsqu'Harry leur fit découvrir les chocogrenouilles, d'étranges bonbons au chocolat ayant la forme des batraciens et bondissant lorsqu'ils n'étaient pas mangés rapidement.
- Mon Dieu, on dirait des vrais ! s'exclama joyeusement Nicolas en voyant la sienne s'enfuir en direction du portail. C'est… Bah c'est magique !
- Crétin…, marmonna en secouant sa tête par dépit Jules en enfournant lui-même sa chocogrenouille directement dans sa bouche. Qui est Albus Dumbledore ? demanda t-il soudainement en se saisissant de la fiche descriptive du vieux sorcier ajouté à la boite contenant auparavant sa grenouille. C'est dommage que c'est écrit en anglais, je ne comprends absolument rien de ce qui est écrit.
- C'est le directeur d'une école de magie appelé Poudlard et qui se situe en Écosse, lui indiqua Harry en fronçant ses sourcils à la seul vue du vieil homme leur souriant béatement sur l'image. Son plus grand rêve est de surpasser le célèbre Merlin, et il pense y parvenir en copiant son apparence…
- C'est réussi en tout cas, je m'imaginais parfaitement Merlin ressemblant à ça. Mais… Wow ! L'image bouge !
Jules et Nicolas se mirent alors à admirer le directeur de Poudlard se curer le nez, sous les yeux amusés d'Harry. Voir des moldus découvrir la magie et ses nombreuses facettes était un spectacle dont il ne se lassait jamais.
L'atmosphère était dans tous les cas très détendue, et tous les trois en oublièrent presque qu'ils se trouvaient dans une académie militaire un jour de rentrée et que bientôt, leurs premiers cours allaient commencer. Les autres élèves eux aussi commençaient déjà à faire connaissance, et d'un simple coup d'œil, Harry put voir les premiers groupes se former parmi les trente élèves se trouvant à présent dans la cour. Que l'attente soit longue n'était pas un problème tout compte fait car celle-ci leur permettait de pouvoir se lier à ceux qui deviendraient leurs compagnons de dortoir.
- Tu ne devrais pas manger celui-là, indiqua Harry à l'intention de Nick alors qu'ils entamaient maintenant une boite de dragées surprises de Bertie Crochue.
- Pourquoi ça ? s'étonna d'ailleurs celui-ci en regardant curieusement le bonbon de couleur pâle jaune qu'il tenait entre deux doigts. C'est empoisonné ?
- Non, mais chacune de ces dragées à un gout différent, et cela peut aller du citron à la menthe… Il y a aussi fraise, cerise, cassis, chocolat, mais également café, herbe, poivre en encore crotte de nez. Il parait même qu'il y en a au vomi de troll, mais comme je ne sais pas quel goût peut bien avoir du vomi de troll, je ne sais pas si ces racontars sont vrais, mais j'ai toujours évité de prendre les pastilles jaunes depuis que j'ai eu vent de cela.
Cependant, Nicolas n'eut pas le temps de gober sa dragée qu'un clairon se fit entendre dans la cour. L'homme causant ce raffut se tenait au centre de la cour, habillé de l'uniforme réglementaire et tenant à la main ce qui semblait être un long rouleau de parchemin. Aussitôt, les conversations s'interrompirent, et ceux qui comme Harry avaient profité de la longue attente pour manger des sucreries entreprirent de les faire rapidement disparaitre au fond de leurs malles. L'héritier de la fortune des de Savoie en profita également pour faire disparaitre les quelques grains de sucre s'étant posés sur sa veste. Tout en se nettoyant, Harry put également satisfaire sa curiosité en découvrant l'ensemble du corps professoral ainsi que le lieutenant-colonel Pajol se tenant sur un côté de la cour, tous droit comme des piquets et habillés de leurs plus beaux vêtements.
- Bonjour à tous jeunes gens ! les accueillit l'homme au clairon. Quand je vous appellerai par votre nom, vous viendrez devant moi en mettant entre chacun d'entre vous deux mètres de distance. Je veux voir trois rangées de douze élèves devant moi lorsque j'aurai terminé mon appel, et interdiction de parler ou de chahuter ! Maurice Ambroise !
Un jeune garçon particulièrement chétif et aux cheveux blonds lui arrivant jusqu'aux épaules s'avança rapidement pour se poster devant lui, l'air particulièrement anxieux et les yeux constamment baissés vers ses bottes.
- Auguste Boulanger !
- « Déjà les B... mon tour va bientôt arriver, et avec ça les commentaires sur moi. Rien de mieux que d'être le centre d'attention pour démarrer sa scolarité » maugréa intérieurement Harry tandis que le dénommé Boulanger prenait à son tour place au centre de la cour.
- Gabriel de Bourbon !
Comme il s'en était douté, l'appel de son nom fit aussitôt démarrer les chuchotements aussi bien parmi les élèves que chez les quelques professeurs présents. Etre le centre d'attention n'était vraiment pas agréable pour le coup, surtout à cause de son seul nom, et les quelques commentaires qu'il put entendre sur son chemin tandis qu'il s'avançait vers le centre de la cour suffisaient à confirmer ses appréhensions : Sa scolarité sera très compliquée.
« Un Bourbon !? Comment diable est-ce possible !? », « Mes parents m'ont dit que cette famille regroupait les pires traitres pouvant exister », « Les Bourbons ne devaient-ils pas être obligés de quitter le pays depuis 1797 ? », « Qu'on lui coupe la tête comme au roi avant qu'il ne se joue de nous ! »
Ce petit échantillon de commentaires désobligeants à son égard eu cependant le mérite de lui faire relever la tête et d'avancer fièrement jusqu'à faire face à l'officier énonçant un à un les noms des nouveaux élèves. Celui-ci d'ailleurs le regardait curieusement, sans la moindre once de colère sur le visage à l'instar de ses futurs camarades de classe, et en regardant brièvement derrière lui, Harry constata également que la plupart des professeurs ne semblaient pas le moins du monde hostiles vis-à-vis de lui. Certains même le regardaient avec un respect non dissimulé, à son grand étonnement.
- Nicolas Fleury !
Etonnamment, son nouveau camarade fut le prochain à s'approcher et celui-ci lui adressa en arrivant à ses côtés un petit sourire rassurant qu'il lui rendit également. Etre soutenu par un autre dans cette aventure était bien plus apaisant qu'il ne l'aurait crû. L'appel se poursuivit durant de longues minutes, et bientôt trois rangées parfaitement ordonnées faisaient face au corps professoral.
- Gaaaaarde à vous ! ordonna soudainement l'officier en rangeant sa liste d'élèves.
Même en ayant longtemps répété ce geste avec Philippe Delacour, Harry se trouva néanmoins particulièrement gauche et maladroit, mais le résultat était néanmoins bien meilleur que ceux de ses autres camarades. Certains faillirent même tomber, alors que l'exercice consistait avant tout de serrer les jambes l'une contre l'autre et de mettre les bras le long du corps. Il était difficile d'imaginer un jour ces élèves maladroits parader au pas comme n'importe quel militaire, et certains professeurs réprimèrent l'envie de rire en voyant les piteuses performances de leurs nouveaux étudiants.
- Messieurs, le directeur de l'académie de Metz, le lieutenant-colonel Pajol ! s'exclama l'officier en laissant finalement la place à son supérieur.
Tout comme le jour de son anniversaire, Pajol semblait aux yeux d'Harry aussi froid que possible, et ses yeux sombres et intimidants les détaillèrent minutieusement l'un après l'autre comme pour les analyser et découvrir le moindre de leurs secrets.
- Bonjour à tous, et bienvenue à l'académie militaire du 4ème régiment de Hussards de Metz, commença t-il de la même voix grave et rocailleuse qu'il avait eu pendant la fête d'anniversaire. Pour ceux d'entre vous qui ne me connaissent pas encore, je suis le lieutenant-colonel Pajol en charge de ce régiment, et par conséquent votre supérieur pour les prochaines années. Sachez d'avance qu'il vaut mieux par conséquent ne pas se jouer de moi et être dans mes bonnes grâces, autrement votre formation s'arrêtera immédiatement et vous pourrez retourner dans vos familles sans avoir la possibilité de pouvoir réintégrer ce corps d'armée.
L'annonce s'accompagna d'un silence retentissant bien que quelques élèves se permirent de déglutir au point d'être entendus de tous.
- Le 4ème régiment de Hussards est l'un des plus prestigieux de son temps, et une grande histoire écrite au fil des siècles et malgré les nombreux changements de noms qu'aura connu cette unité l'accompagne et perdurera aussi longtemps que nous existerons. Je ne permettrai à personne d'entacher sa réputation par conséquent, ni même de bouleverser les fondements sur lesquels nous nous basons. Le travail, la discipline et l'assiduité sont les maitres-mots de notre académie, et j'attends de vous que vous respectiez cela.
Leur directeur se mit alors à faire les cent pas devant eux sans même leur accorder le moindre regard. Le bruit de ses bottes sur le gravier de la cour était par ailleurs le seul son pouvant être entendu.
- Sachez également que malgré votre statut de sorcier, vous n'êtes pas au dessus des lois de ce pays et que vous êtes logés à la même enseigne que les moldus. Notre société et la leur sont étroitement liées, et il n'y a bien que l'amendement national du secret magique qui nous permet de garder notre indépendance vis-à-vis d'eux. Les plus hautes instances de France sont au courant de notre existence et acceptent de garder ceci secret en contrepartie de nos services dans les conflits d'intérêts et financiers qu'ils rencontrent, aussi faites en sorte que notre petite particularité ne soit pas découverte par une tierce personne n'appartenant pas à notre monde, autrement ce n'est pas un simple blâme que vous recevrez de notre part mais une comparution immédiate devant les autorités chargées de ces problèmes.
Sa marche s'arrêta soudainement, et comble d'ironie, lorsqu'il fit face à ses nouveaux élèves, celui se trouvant juste devant lui n'était nul autre qu'Harry, et le sujet qu'il allait désormais aborder le concernait plus ou moins.
- Je sais pertinemment que vous venez tous d'horizons différents, et que chacun n'a pas vécu la même vie que l'autre. Certains d'entre vous sont issus des plus vieilles familles de notre société et sont par conséquent aussi respectés que les Sang-purs en Grande-Bretagne, quand d'autre n'avaient jusqu'alors jamais eu vent de la magie et de notre monde, pas plus qu'ils n'avaient dans leurs familles un quelconque parent possédant des capacités magiques. D'autres encore se différent de leurs nouveaux camarades par leur statut social, et les riches côtoient ici même les plus pauvres d'entre vous. Mais je tiens à vous dire ceci : Ici, il n'y a pas de différence, personne n'est au dessus des autres et personne ne peut prétendre avoir davantage de privilèges qu'un autre en croyant à tort que son statut est suffisant pour lui permettre cela. Pour moi comme pour vos professeurs et formateurs, vous ne serez que des jeunes hommes de onze ans formés à devenir de bons citoyens français et d'excellents soldats pour défendre la cause et l'honneur de notre pays. Le garçon debout à gauche comme à droite de vous n'aura pas plus de droit que les vôtres, et tout comme vous, il suivra les mêmes cours, obéira aux mêmes ordres et respectera le même règlement que celui que vous aurez à connaitre.
Sans même les prévenir, leur directeur fit soudainement apparaitre d'un coup de baguette magique une pile de feuilles qu'il envoya voler vers chaque nouvel étudiant d'un geste sec. Harry attrapa rapidement le parchemin s'approchant de lui, et le titre « Règlement de l'académie à l'usage des nouveaux étudiants » ne laissait guère de doute sur le contenu de cette feuille. Un simple coup d'œil sur les différents points nommés dans le règlement lui assura d'ailleurs qu'il n'allait certainement pas avoir l'occasion de rire très souvent.
- Vos journées commenceront dès six heures du matin au son du clairon, et soyez certain que les fainéants et paresseux seront réveillés d'une façon bien plus radicale s'il leur prenait l'envie de rester au lit. Trente minutes vous seront ensuite accordées pour vous laver, vous habiller, et nettoyer vos quartiers. Tout doit être impeccable, aussi bien sur vous-même que dans l'endroit où vous vivez…
- « Ça va me changer des réveils en douceur de Martine et Françoise » songea amèrement Harry en réprimant l'envie de soupirer.
- sept heures, entrainement physique dans la cour et dans le verger avoisinant l'académie, poursuivit le lieutenant Pajol. Je me réserve le droit de réduire ou d'allonger cet entrainement en fonction du degré de satisfaction que vous me donnerez durant votre exercice… Oui ? dit-il tout à coup en regardant une nouvelle recrue deux rangées derrière Harry.
- Excusez-moi monsieur…,
- Mon colonel, le coupa t-il d'une voix grave. Lorsque vous vous adresserez à moi, vous me nommerez par mon grade tout comme vous devrez vous adressez à vos formateurs par les leurs.
- Mon colonel, corrigea le garçon d'une voix timide, ne mangeons-nous pas avant de faire ces exercices physiques ?
- Vous mangerez quand je l'aurais décidé, et le premier entrainement que je vous donne à sept heures est justement un moyen pour vous de vous mettre en appétit. Si votre entrainement se déroule dans d'excellentes conditions, vous pourrez aller au réfectoire à huit heures. Dans le cas contraire, je réduirai au fur et à mesure votre temps de repas, sachant qu'à neuf heures, votre formation démarre véritablement.
L'annonce fut accueillit par de nouveaux halètements, tandis que les professeurs se contentaient de sourire légèrement en voyant les mines déconfites des nouvelles recrues.
- La matinée est consacrée aux entrainements militaires consistant notamment à l'apprentissage des armes à feu, au sabre, à l'équitation, au combat au corps à corps, au développement de vos capacités physiques et aux différentes techniques de survie en temps de guerre. Des cours plus poussés vous seront également proposés durant lesquels vous apprendrez à faire preuve de logique, d'astuce et de ruse pour vous permettre de concevoir et d'élaborer vos propres stratégies militaires et d'éveiller vos compétences de décisionnaire. La curiosité et la recherche sont on ne peut plus encouragées au sein de notre unité, et les esprits les plus éclairés pourraient fort bien voir un jour leur génie mis à profit sur un champ de bataille.
Le lieutenant-colonel Pajol marqua une nouvelle pause, le temps pour lui de sortir et ce à la surprise de ses élèves son pistolet à silex accroché à sa hanche qu'il plaça juste devant son visage, comme pour l'examiner. Quelques secondes plus tard, et sans qu'Harry ne parvienne à comprendre par quel procédé il était parvenu à ce résultat, son directeur fit soudainement sortir d'un petit trou ovale juste au dessus du canon un mince morceau de bois ressemblant étrangement à une baguette.
- Lorsque vous saurez utiliser de manière convenable cette arme, vous aurez la possibilité de pouvoir y glisser votre baguette magique comme vous pouvez le voir, leur expliqua t-il en se saisissant de la baguette sortante. Magie et technologie moldue peuvent se combiner et former une arme alliant à la fois nos deux communautés et les avantages de chacune. Tant que vous ne saurez pas faire usage de ce pistolet, il est hors de question que vous participiez à une guerre, tout comme il est hors de propos que vous alliez en guerre sans connaitre quelques sortilèges. Vous vous rendrez compte rapidement que l'un ne peut aller sans l'autre, et qu'il vous faudra redoubler d'effort pour pouvoir un jour m'accompagner et accompagner vos ainés dans une nouvelle bataille.
Remettant sa baguette à l'intérieur de son pistolet, Pajol raccrocha rapidement son arme à sa ceinture avant de la laisser disparaitre à nouveau sous sa longue redingote bleue nuit.
- L'après midi est justement consacré aux cours et à l'apprentissage magique, continua t-il en recommençant à marcher lentement devant eux. Vous n'apprendrez que l'essentiel, ce qui veut dire que l'on ne vous donnera rien de superflu. La métamorphose, les sortilèges, les potions, la runologie, les cours de duel et assimilation des sorts défensifs et offensifs, l'histoire de la magie et de France, et enfin l'étude des moldus pour ceux n'ayant pas encore eu la chance de les côtoyer. D'autres cours de soutien seront également proposés aux élèves, notamment pour ceux ayant des difficultés de lecture et d'écriture, mais le choix se portera également sur des matières bien plus anecdotiques telles que les mathématiques, les sciences, le français, les langues étrangères ou encore la littérature et les différents domaines touchant à l'art. vingt options vous seront proposées, et chacun d'entre vous se verra dans l'obligation d'en choisir au moins trois.
Du peu qu'il en avait appris, Harry pensait déjà à choisir quelques langues étrangères pour parfaire son entrainement et par la même occasion préparer d'éventuels voyages à l'étranger lorsqu'il serait en âge de prendre lui-même certaines décisions concernant sa fortune et préparer déjà sa propre politique d'alliance avec les puissances occidentales, financièrement et politiquement parlant.
- Sachez enfin que chacun de vos cours sera noté en fonction de vos progrès et des résultats obtenus pendant vos examens. Les meilleurs étudiants se verront offrir des permissions leur permettant de retourner chez eux pendant les fêtes et passer les vacances en famille. Les moins bons eux se verront dans l'obligation de rester et de travailler davantage pour rattraper leur retard sur les autres…
- Fichtre, jura piteusement Nicolas à voix basse. Je sens que je ne vais pas revoir mes parents avant longtemps…
Les minutes suivantes furent consacrées à la présentation des professeurs, et à la grande surprise des élèves, parmi eux se trouvait une femme, ce qui troubla fortement les jeunes recrues : Comment une femme pouvait évoluer dans un monde composé exclusivement d'hommes ? Cette étrangeté était pour le moins surprenante, d'autant plus qu'elle ne semblait pas avoir l'air particulièrement robuste ou agile. En fait, elle donnait plutôt l'impression d'être fragile, comme si un simple courant d'air pouvait la briser en deux, mais son apparence frêle et chétive était cependant comblée par une jolie silhouette et un ravissant visage. Plusieurs garçons tressaillirent même en l'entendant se présenter, et le son de sa voix ressemblait à s'y méprendre au chant d'une sirène attirant dans son piège les marins ayant le malheur de l'écouter. Harry doutait qu'un seul d'entre eux ait compris le moindre mot de ce qu'elle disait, et lui-même dû tendre l'oreille pour être certain de l'entendre dire qu'elle était leur professeur de sortilèges et qu'elle se nommait Marguerite Riva.
- Je vous laisse maintenant entre les mains de notre concierge, Gaston Rocheteau, qui se fera un plaisir je pense de vous conduire à vos quartiers. Nous discuterons plus longuement du règlement de l'école et de vos droits entre ces murs lors du repas de ce soir. Les autres élèves plus vieux que vous-même et se situant dans des classes supérieures aux vôtres arriveront dès demain matin, alors profitez encore des derniers moments de détente qu'ils vous restent. Rompez messieurs !
A la grande stupeur d'Harry, le dénommé Gaston n'était nul autre que l'homme dont il s'était ouvertement moqué en entrant dans l'école, et celui-ci ne semblait toujours pas avoir oublié leur petite joute verbale. Son sourire cruel et la démence perceptible dans son regard étaient uniquement destinés à lui, et Harry doutait fort que cet homme le laisser s'en tirer à bon compte aussi facilement.
- Allez chercher vos affaires jeunes gens ! leur ordonna t-il tandis que les professeurs et leur directeur pénétraient dans l'un des bâtiments. Et ne trainez pas où les sanctions vont pleuvoir ! Bougez-vous les fesses tas de fainéants !
- Quel grossier personnage ! s'insurgea t-il tandis qu'il se saisissait rapidement de la poignée de sa malle. Ma mère me laverait la bouche avec du savon si j'osais parler ainsi !
- Moi mes parents s'en fichent, avoua Jules en haussant ses épaules, et en fait quand j'y repense, nous disons des choses encore bien pire que ça lorsque nous sommes en famille !
- Pareil, affirma Nicolas en replaçant son baluchon derrière son épaule. Je m'avance peut-être, mais je suis prêt à parier qu'entre Gaston et toi, ça ne sera pas que très rarement l'entente cordiale !
- Oh j'en ai bien l'impression, confirma Harry en soupirant.
Munis de leurs affaires, la trentaine de nouveaux élèves se dépêcha de rejoindre le concierge qui tapait littéralement du pied sur le sol caillouteux de la cour. Gaston n'était apparemment pas quelqu'un de patient, et son visage tendu par la colère suffisait à leur intimer l'ordre de ne plus jamais le faire attendre.
- Pire que des filles, marmonna t-il alors que le groupe se réunissait autour de lui. Même ma mère et son pied-bot irait plus vite que vous ! Ça devient de pire en pire chaque année… De mon temps on savait s'y faire pour ne pas se mettre à dos ses supérieurs ! Suivez-moi la marmaille !
D'un pas pressé, Gaston les conduisit vers une grande porte donnant accès au bâtiment où devait se trouver leur dortoir. Le silence de cathédrale que toutes les recrues décidèrent de respecter durant leur marche n'était troublé que par les ruminements de colère du concierge que rien ne pouvait apparemment satisfaire. Son sujet de reproche favori était notamment les élèves dont il avait la charge, et un flot de jurons se déversa contre eux sans même qu'ils n'aient fait quoi que ce soit pouvant l'expliquer.
- Nous allons vous en faire baver mes p'tits gaillards, dit-il d'une voix moqueuse. Les mauviettes et les pleurnichards ne tiendront pas longtemps entre ces murs, et le portail vous est grand ouvert si vous souhaitez aller vous plaindre dans les jupons de vos mères quant à la façon dont vous êtes traités au sein de notre unité.
- Essaie t-il d'être intimidant en agissant ainsi ? s'interrogea pour lui-même Harry en perdant lui-même patience. Bonté divine, j'en ferais presque dans mon pantalon…
Nicolas et Jules pouffèrent discrètement de rire à ces paroles, mais malheureusement pour Harry, Gaston avait apparemment entendu ce qu'il avait dit. Il s'arrêta soudainement de marcher, et en se retournant pour faire face à la petite foule d'élèves le suivant, son regard se posa immédiatement sur Harry qui réprima l'envie de déglutir.
- Un problème Bourbon ? lui demanda t-il en s'approchant de lui. Monsieur se sent déjà pousser des ailes en moins d'une heure ? Sa majesté le prince se croit peut-être déjà à l'abri des sanctions et ose critiquer un membre du personnel ?
- Je disais simplement que vous…
- Silence ! l'interrompit-il en levant la main pour le faire taire. Vous ne parlez que quand on vous en donne l'autorisation ! Je sens que vous allez nous attirer beaucoup de problème, et votre rang social ne vous aidera pas à échapper à mes sanctions disciplinaires…
Son index tapotant son menton à un rythme soutenu, le concierge faisait à présent mine de réfléchir, mais ses yeux eux ne cessaient de scruter la cour sans que les autres ne comprennent pourquoi. Les camarades d'Harry de leur côté retenaient leur souffle en attendant avec plus ou moins d'impatience que la sanction ne tombe pour avoir un aperçu des punitions données par le personnel de l'école.
- Voyez-vous ces sacs, Bourbon ? lui demanda t-il tout à coup en désignant du doigt deux petits sacs posés dans un coin de la cour. Chacun possède en lui plusieurs morceaux de roche pesant plusieurs Livres et servent d'ordinaire à développer les muscles de vos bras. Je pense que vous ne m'en voudrez pas de supposer qu'à défaut de pouvoir vous servir convenablement de votre langue, vous saurez faire un meilleur usage de vos autres membres, alors lorsque nous aurons terminé votre installation ainsi que celle de vos nouveaux camarades de régiment, vous me ferez cinq fois le tour de cette cour en tenant ces sacs. Inutile de préciser qu'à chaque fois que vous vous arrêterez, un tour supplémentaire vous sera donné.
Gaston fut cependant déçu de constater que ses paroles ne l'atteignirent pas et qu'Harry gardait son air impassible et totalement lisse de toute émotion, même si intérieurement, le fils de Lily et Marie-Louise gémissait. L'occlumancie avait du bon parfois…
- Fleury ! s'écria soudainement le concierge en reportant son attention sur le nouvel ami d'Harry. Où est ta malle !?
- J'en ai pas M'sieur !
- Et tu laisses tes affaires dans ce vieux sac moisi !? Ne vous avait-on pas dit qu'il fallait vous procurer une malle pour garder vos vêtements soigneusement ordonnés !? Les tiens vont être complètement fichus !
- Mes parents n'ont pas assez d'argent pour m'en acheter une M'sieur ! répondit-il sans même avoir l'air honteux.
- Très bien p'tit malin, même tarif que pour Bourbon ! Et tu iras demander au directeur s'il y a possibilité de t'en acheter une en travaillant ici pour financer cet achat ! Les cuisines manquent de bras justement !
Nicolas poussa un profond soupir de résignation, arrachant un sourire satisfait à son interlocuteur : S'il ne parvenait pas à avoir d'emprise sur Harry, forcé de constater qu'il en était tout autre avec les autres et un simple coup d'œil sur les autres élèves lui suffit à constater que tous essayaient de se faire le plus petit possible pour ne pas avoir à subir une punition comme les deux autres.
- En avant mauvaise graine ! s'exclama t-il en reprenant la tête du groupe. J'vais vous mater moi… Vous allez comprendre comment on travaille ici !
- On ne pouvait pas rêver mieux comme premier jour, souffla Nicolas pendant qu'ils entraient dans l'académie. J'y peux rien moi si j'ai pas d'argent pour avoir tout le matériel nécessaire !
Et tandis qu'ils s'aventuraient dans les couloirs de leur nouvelle école, Harry ne put qu'approuver les paroles de son ami alors que Gaston se remettait à nouveau à les menacer des pires représailles et à les insulter de tous les noms d'oiseaux possibles. Oui, on ne pouvait pas rêver mieux comme premier jour, mais Harry espérait que les prochains seraient bien meilleurs.
A/N : Donc voilà, à peine une heure et déjà puni ! Pauvre Harry... Dans quoi t'es-tu encore fourré ? Vous en apprendrez davantage sur sa scolarité dans le prochain chapitre, tout comme la façon dont fonctionne l'académie militaire. à première vue elle a l'air plutôt strict, mais entre ces murs, peut-être qu'un certain relâchement existe malgré tout. En tout cas vous avez là un enseignement purement militaire et alternant magie et capacité physique. Je suis également fan du pistolet dans lequel est incrustée la baguette mais vous comprendrez pourquoi quand il sera utilisé dans des conditions réelles.
Finalement, je me suis décidé pour Beauxbâtons par rapport à Daphné, Astoria, Rosie et même Tracey : J'ai prévu une sorte de programme scolaire où les filles choisiraient au fil des années des spécialités pouvant les conduire à travailler dans un domaine d'activité précis (par exemple, prendre l'option théâtre et finir comédienne, ou l'option art et devenir une peintre de renom ; Daphné cependant ne risque pas de travailler, à moins que l'on considère le rôle de mère de famille et maîtresse de maison comme un travail à plein temps).
Pour ce qui est de Sirius, comme vous avez pu le voir, il est en vérité sous sortilège ! Dumbledore en a fait une petite poupée obéissante et complètement déconnecté de la réalité au point de ne pas se rendre compte que ce que fait James contre sa femme et ses enfants et mauvais. Cependant ce sera bien plus complexe que ça, et vous vous rendrez compte plus tard que notre cher Sirius accepte plus ou moins cette situation (je ne vous en dis pas plus, mais ça sera assez technique à expliquer).
L'idée de Dumbledore sera mise en application dans... un chapitre ou deux. Comme je l'ai dit à certains, vous aurez une très mauvaise image de lui après ça (c'est limite si on n'imaginait pas plutôt Voldemort employant cette solution). Là encore ce sera d'une complexité rare, mais toutes les explications vous seront donnés.
Pour ce qui est des deux nouveaux amis d'Harry, ils ne serviront pas à meubler : J'ai une petite trame pour chacun d'entre eux, notamment pour le petit Jules. Pour l'instant on ne sait pas grand chose d'eux, mais ils deviendront les " Ron et Hermione " d'Harry, ses meilleurs amis.
On ne pas trop s'attarder sur le comportement étrange de Gaston, mais simplement, sachez que c'est une sorte de Rusard en plus hargneux ^^.
Que dire d'autre ? ah oui ! Pour l'uniforme d'Harry, vous pouvez toujours regarder celui que portait Viktor Krum dans le film pendant le bal de noël : C'est en partie le même, sauf que celui d'Harry possède bien plus de décoration dessus. Je vous aurais bien mis un lien vous permettant de voir à quoi ressemblait exactement l'uniforme des cavaliers du 4ème régiment de hussards, mais le site m'en empêche malheureusement :s.
N'hésitez pas à me poser des questions sur le contenu du chapitre, j'ai l'impression d'avoir oublié de vous parler de certains points !
Le prochain chapitre se centrera sur Harry, Rosie, Lily et éventuellement nos petits amis de Lamballe... Hm en fait, je dirais même que presque tout le monde apparaît dedans, même Dumbledore et James. De quoi vous mettre l'eau à la bouche peut-être ? On verra ^^.
à bientôt !
