Salut à tous ! Tout d'abord... Hm... Ah oui ! Désolé du retard (une semaine, vraiment j'abuse...). J'ai eu quelques problèmes informatiques qui m'ont pour le moins tapé sur les nerfs dernièrement, et le plus important je pense doit être la suppression des deux chapitres qui étaient en cours pour vous (promis, j'ai changé d'ordinateur pour ne plus avoir tous ces soucis).

J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue en tout cas pour vous, moi-même je dois avouer que j'étais énervé de ne pas voir la fin de ce chapitre (qui une fois de plus m'aura donné beaucoup de mal). Mais bon, mieux vaut tard que jamais comme on dit ! J'espère qu'il vous plaira en tout cas !

Je vous remercie une fois de plus pour vos commentaires et messages privés : D'ailleurs je tiens à m'excuser auprès de Pussy pour ne pas avoir répondu au sien, mais je viens juste de m'en rendre compte ( Tu seras par conséquent la première à qui je répondrai ^^). Je répondrai d'ailleurs à tous vos messages aujourd'hui ou demain, mais pour être honnête ça doit me prendre autant de temps que l'écriture d'un chapitre en une journée ^^.

Eloise : Merci pour ton commentaire ! Ravi de voir une autre " fan " de cette période, on se sent un peu seul par moment ^^. Tu comprendras que pour tes questions, je ne peux malheureusement pas y répondre pour le moment si je ne souhaite pas spoiler les lecteurs, mais pour faire bref, tôt ou tard, les masques tombent comme on dit, reste à savoir maintenant qui sera mis à jour, par quel moyen et comment ils réagiront !

Nerumos : Merci pour ton commentaire ! En attendant il va falloir être patient si tu veux savoir si oui ou non le rituel fonctionnera ou sera un flop complet !

Yuri Girl : Merci pour ton commentaire ! Crois moi, tu vas les détester encore davantage par la suite ^^. Par contre pour Harry, finalement peut-être pas après tout. L'enseignement y est quand même différent sur de nombreux points par rapport à Poudlard, et vu qu'il est déjà bien entraîné, peut-être que tout ira comme sur des roulettes ? On ne sait jamais... Quant aux bonds dans le temps, Hm... Je pense qu'il y en aura forcément (autrement la fiction serait trop longue). Petit chéri ? Oulala, j'ai l'impression d'entendre ma mère quand j'étais jeune *se sauve en courant*

Chouette91 : Merci pour ton commentaire ! Alors je disais novatrice dans le sens où elle se passe au XVIII/XIXème siècle, une période très rarement observée sur le site. Là où elle est encore plus novatrice, c'est que j'y mêle réalité et fiction, et que je ferai apparaitre des personnages célèbres comme Napoléon par exemple (je doute qu'on l'ait vu un jour dans une fiction avec Harry Potter ^^). Par contre, je vais peut-être passer pour un ignorant, mais je ne connais pas la fiction que tu mentionnes :s

Cassandre : Merci pour ton commentaire ! Alors voyons voir tes suppositions... Pour Jules ce serait plutôt bizarre non ? Je veux dire, on peut être petit et ressembler à une fille et être malgré tout un garçon ! Gaston Hm, disons qu'il a un problème avec tout le monde et en particulier avec les nobles (Harry est d'ailleurs mal loti de son côté ^^). Rosie J'aime bien ta supposition, un peu tirée par les cheveux mais ça pourrait très bien être plausible ! Cependant, je vais éviter de te dire si oui ou non tu es dans le vrai ;)

alors dans ce chapitre, et comme vous pourrez le lire dans le titre, la petite Rosie refait son apparition pour... Bah pour proposer à quelqu'un quelque chose (c'est vague je sais...). Pas de surprise attendu, du moins de ce côté là. Sinon je vais écrire quelques anecdotes dans ce chapitre, et notamment sur l'éducation des filles et ce qu'elles pouvaient apprendre à cette époque. ça devrait vous surprendre en tout cas !

Ce chapitre est terriblement long, et ça ne m'étonnerait même pas qu'il soit bourré de fautes : Vous pourrez m'en faire la remarque si vous en voyez, moi-même je vais partir de ce pas à leur recherche.

Sinon avant que je n'oublie, je me suis crée un Twitter pour pouvoir vous donner de mes nouvelles : En fait cette page servira exclusivement à vous prévenir si je rencontre des soucis informatiques, si j'aurais du retard sur mes publications ou alors si j'ai besoin de votre aide pour trouver une tournure de phrase ou des mots pour exprimer les idées que j'ai en tête mais que je n'arrive pas à écrire sur le papier. Disons que c'est une forme d'interactivité entre nous, et que vous pourriez être les artisans de mon histoire avec un peu de chance (l'occasion également de me faire part de vos idées pourquoi pas ^^).

Mon pseudo : Wildside[Fanfic/FR] (faudra d'ailleurs que je vous parle plus tard du tableau que j'ai mis en fond quand l'occasion se présentera dans ma fiction : Vous pourriez être surpris par les rajouts du peintre David sur ce tableau).

Bonne lecture !


Le temps suivait son cours au château de Lamballe, et sans vraiment s'en rendre compte, trois semaines étaient déjà passées depuis le premier jour d'école du petit prince. Le temps était au beau fixe malgré la venue imminente de l'automne, mais personne n'avait pris la peine de profiter du ciel clément de septembre pour aller se promener dans les jardins du domaine. Au lieu de ça, tout le monde avait choisi de passer plutôt sa journée à l'intérieur du château en s'occupant au mieux tout en attendant le troisième et dernier repas de la journée. Le salon de Junon était d'ailleurs le point de rendez-vous de presque tous les résidents et visiteurs, et une certaine effervescence avait d'ailleurs lieu entre ses quatre murs. Chacun tentait de s'occuper comme il le pouvait et avec les différents objets mis à leur disposition pour eux ou en se faisant aider par une tierce personne.

Ce fut d'ailleurs le cas pour Daphné et Astoria qui comme à leur habitude désormais pratiquaient encore une fois une énième leçon visant à améliorer leurs manières et les préparer rapidement à la société mondaine dont elles feront bientôt parties. Sous l'œil avisé de leur mère et à l'occasion de leur propre père, elles passaient par conséquent leurs journées à marcher correctement, à parler correctement, à manger correctement voir même à penser correctement.

Certains pouvaient y voir là une façon plus ou moins radicale de les formater et de les rendre matures et adultes beaucoup plus rapidement et ce malgré leur jeune âge, mais il était désormais très courant qu'une éducation aussi stricte ne soit appliquée, et toutes les deux se pliaient aux exigences de leurs formatrices pour parfaire leur éducation.

Encore aujourd'hui, l'une comme l'autre avaient fort à faire, et après déjà de longues heures d'entrainement à la couture durant lesquelles elles durent apprendre à coudre des motifs sur un mouchoir en soie, il était temps pour elle d'en apprendre davantage sur les moyens de communication employés par les femmes pour exprimer leurs sentiments et leurs pensées sans avoir à user de leur bouche pour cela.

Cette exercice confirmait en tout cas l'adage qui voulait qu'une bonne femme et une bonne épouse se devait d'être une femme silencieuse et ne parlant que pour dire des choses sensées, et devoir apprendre à parler en utilisant des ustensiles tels que les éventails ou les mouches avait un côté très rabaissant à leurs yeux.

- Pourquoi les hommes n'utilisent pas ces choses là ? demanda d'ailleurs Astoria en pliant et dépliant l'éventail qu'elle tenait. Ce n'est pas juste…

- Parce que les hommes n'ont pas suffisamment de grâce et d'élégance pour savoir utiliser cet objet, lui répondit Louise-Elisabeth qui faisait encore aujourd'hui office d'enseignante pour elles. Imaginez que votre père en utilise un : Ne trouveriez-vous pas cela étrange si ce n'est ridicule ?

Les deux sœurs se tournèrent aussitôt vers leur père tout comme les quelques serviteurs et valets présents pour répondre à leurs moindres exigences, et alors que celui-ci arquait un sourcil à la remarque de la marquise de Tourzel, ses deux filles elles pouffèrent de rire en l'imaginant s'éventer aussi gracieusement qu'une femme. Vu de cette façon, il ne faisait guère de doute qu'il valait mieux pour un homme parler avec sa langue plutôt qu'employer des méthodes beaucoup plus subtiles et féminines.

- Et puis, les hommes n'ont pas suffisamment d'intelligence pour mémoriser toutes les facettes de cet exercice, poursuivit Pauline qui gratifia le seigneur Greengrass d'un sourire moqueur.

Cygnus vit alors rouge, à la fois de honte et de colère pour être rabaissé ainsi devant ses filles, tandis qu'Astoria et Daphné gloussèrent de plus belle. Même son épouse qui buvait tranquillement dans une tasse de thé en lisant distraitement la dernière édition de la gazette du sorcier se moqua légèrement de lui tout comme Marie-Louise qui plaignit presque le pauvre homme pour se retrouver seul à affronter autant de femmes autour de lui.

Malgré tout, ses pensées ne pouvaient se détacher de la lettre qu'elle tenait actuellement entre ses mains et qu'elle n'avait cessé de lire depuis plus de trois heures maintenant. Bien évidemment, cette lettre ne pouvait qu'être écrite par son fils, et bien qu'elle fut peinée de voir qu'il lui fallut trois semaines pour lui répondre, elle devint cependant beaucoup plus gaie à la lecture de celle-ci tant elle fourmillait d'informations. L'appréhension de la rentrée n'était plus qu'un lointain souvenir à présent, et si elle crut au départ qu'Harry ne parviendrait pas à supporter les règles strictes de cette école et à se familiariser avec d'autres personnes de son âge, elle fut rassurée au terme de ces lignes.

Son fils semblait très heureux d'être là-bas, très épanoui et excité à l'idée d'y rester plusieurs années pour progresser encore davantage. Toutes les descriptions qu'il donnait des bâtiments, des cours, des élèves et même du concierge donnaient l'impression qu'il se plaisait dans son nouvel environnement, bien que sur le dernier point, elle pouvait tout de même ressentir une certaine tension existante entre lui et cet homme de toute évidence hostile vis-à-vis de son petit prince. Mais connaissant Harry, elle savait pertinemment qu'il parviendrait à régler ce problème par lui-même sans même qu'elle n'ait besoin d'intervenir, et ce même si l'envie d'aller dire deux mots à ce Gaston la tentait également.

Elle fut par ailleurs particulièrement ravie d'entendre que son fils était parvenu à se faire des amis là où jusqu'alors il avait beaucoup de mal à se lier avec un autre. Il valait mieux après tout qu'il affronte ces années scolaires en compagnie d'amis fidèles et dévoués, et de la description qu'il fit de ses deux nouveaux compagnons, Marie-Louise n'eut aucun mal à se faire une idée précise de ces deux garçons à qui Harry donnait déjà toute sa confiance.

Même en ayant déjà lu cette lettre à quatre reprises, elle ne put s'empêcher de la regarder une nouvelle fois en détail afin de dénicher une quelconque note cachée lui permettant peut-être de deviner un autre sens à telle ou telle phrase ou à telle ou telle annotation. Du coin de l'œil, elle pouvait également constater la curiosité et l'impatience évidente de la fiancée de son fils qui n'avait pas encore eu l'occasion de pouvoir poser elle aussi les yeux sur cette lettre. Daphné avait été tout comme elle angoissée par la scolarité d'Harry, et tout comme elle, elle avait durant ces dernières semaines scruté à de nombreuses reprises le ciel en espérant apercevoir Archimède et le courrier tant attendu. Autant dire qu'intérieurement, Daphné devait bouillonner d'une joie parfaitement retenue mais aussi d'un certain agacement du fait de l'attente qui s'éternisait.

La pauvre n'imaginait même pas qu'une seconde lettre, glissée à l'intérieur de la première, lui était totalement réservée, et que même elle ne pouvait la lire du fait du sceau inscrit sur celle-ci qui ne pouvait être ôté que par le destinataire de ce courrier. Sa future belle-fille risquait en tout cas d'avoir un choc en apprenant les conditions dans lesquelles vivait son fiancé, de même que les lourdes règles de l'école et les sanctions que lui tout comme ses camarades de promotion eurent à subir dès les premiers jours. Marie-Louise espérait que cette mystérieuse lettre permettrait de pouvoir minimiser au mieux ces quelques problèmes et de calmer la jeune fille si les informations qu'elle pouvait lire lui semblaient trop difficiles à supporter.

- Est-ce qu'il parle de moi dans sa lettre ? lui demanda d'ailleurs Daphné d'un ton presque impatient.

- Hm… Oh oui, dans l'un des derniers paragraphes…

- En bas de lettre !? s'exclama t-elle d'un air contrarié. Quel toupet ! Je ne suis apparemment pas assez importante pour monsieur si j'en suis réduite à figurer à la fin de sa lettre…

- Oh mais ne portez pas de jugement aussi hâtif ma chère. J'allais vous annoncer qu'une autre lettre avait été jointe à mon courrier et que celle-ci vous était destinée, mais je me demande à présent si je ne devrais pas la détruire étant donné le peu d'estime que vous avez eu à l'instant pour votre fiancé…

- Oh non s'il vous plait ! l'implora t-elle. Je… Je n'aurais pas dû m'exprimer ainsi, je le regrette ! Par pitié, j'attends de ses nouvelles depuis si longtemps !

- Vous pourrez lire cette lettre lorsque vous aurez terminé votre leçon actuelle, l'informa la mère d'Harry en rangeant soigneusement son courrier sous son épaisse robe. Considérez cela comme une punition, tout comme vous devez savoir qu'une demoiselle de votre rang ne doit pas implorer les gens de la sorte, ce n'est pas très… convenable de votre part.

Vaincue, Daphné baissa tristement les yeux vers ses mains en imaginant déjà la lettre qui viendrait tôt ou tard se poser sur elles.

- Reprenons vos leçons, voulez-vous ? lui proposa Louise-Elisabeth en lui tendant un éventail.

- Est-ce si important de savoir manipuler un éventail ? lui demanda Daphné avec lassitude. Je ne sens même plus mes poignets lorsque nous terminons de nous éventer à longueur de temps !

- Allons Daphné, je croyais que vous étiez enjouée à l'idée d'apprendre toutes les subtilités qui feront de vous une dame respectable ? L'art de l'éventail ne déroge pas à la règle, et vous vous rendrez compte qu'il vous sera très utile pour communiquer avec des personnes de votre condition, notamment les jeunes hommes désireux de séduire une jeune fille telle que vous.

- Moi j'adore ça ! s'enquit Astoria en s'éventant joyeusement avec le sien. C'est tellement drôle de se dire que l'on peut exprimer nos pensées simplement en agitant un objet !

Les autres adultes présents sourirent légèrement face à l'engouement évident de la cadette des Greengrass pour ses leçons, surtout sa mère qui s'étonnait elle-même de découvrir ces étranges coutumes dont elle n'avait jusqu'alors jamais entendu parler. L'occasion lui était offerte d'apprendre également des françaises et de copier leurs moindres faits et gestes pour se conduire elle aussi plus dignement.

- Voyons alors si vous avez bien retenu vos leçons de la veille dans ce cas, proposa Louise-Elisabeth en fixant les deux jeunes filles. Par exemple… Comment diriez-vous à un jeune homme que vous êtes fiancées et par conséquent indisponibles ?

Daphné tout comme Astoria se mirent alors à s'éventer rapidement, bien que Daphné le fit de mauvaise foi. Celle-ci d'ailleurs en profita quelques secondes plus tard pour faire tournoyer son éventail, ajoutant ainsi quelques points supplémentaires à son travail par rapport à sa sœur cadette. Leur institutrice quant à elle se mit à applaudir légèrement en les voyant faire, ravie de voir ses efforts récompensés.

- Félicitations mes demoiselles, et plus particulièrement vous Daphné : Ce fut très intelligent de votre part de prévenir votre interlocuteur d'une tout autre manière que votre cœur était déjà pris par un autre.

Sa petite sœur se contenta de fusiller du regard Daphné bien que celle-ci ne le remarqua même pas.

- Et maintenant, pour lui annoncer que vous êtes mariées ? demanda Louise-Elisabeth tandis qu'à cette question, les deux Greengrass s'éventèrent beaucoup plus lentement.

- C'est bon ? l'interrogea soucieusement Astoria en comparant son geste à celui de Daphné.

- Parfait ! Mais nous allons corser la difficulté maintenant… Si votre interlocuteur vous ennuie et que vous souhaitez le congédier, comment feriez-vous ?

Astoria se mit à réfléchir longuement, les yeux tournés vers le plafond alors qu'elle se plongeait en pleine réflexion pour se rappeler de cette information. Daphné elle n'eut pas besoin de s'interroger longtemps, et son éventail changea rapidement de main pour qu'elle puisse le poser sur son oreille gauche d'un geste gracieux.

- Félicitations ma chère, approuva Louise-Elisabeth alors qu'Astoria s'attela à copier son geste. Vous dites que vous n'appréciez pas cette leçon, mais je constate que vous vous montrez pourtant particulièrement assidue et assimilez rapidement ce que je vous enseigne.

- Peut-être, mais ça ne change pas le fait que ce soit ennuyeux et inutile…

- Daphné, la sermonna légèrement sa mère en fronçant ses sourcils. Un peu de respect pour ton enseignante s'il te plait, elle n'est pas obligée de t'enseigner tout ceci après tout mais elle le fait néanmoins et avec beaucoup de bonne volonté, alors le moins que tu puisses faire pour la remercier et ne pas te montrer impolie est de ne pas critiquer ses leçons !

- Oui maman, répondit Daphné d'un air penaud. Veuillez m'excuser tante Louise, je n'avais pas à dire cela.

- C'est vrai Daphné, tu pourrais faire un effort ! ajouta d'un ton moqueur Astoria. Comment veux-tu faire partir tes prétendants si tu ne connais pas l'art de l'éventail ? Le pauvre Gabrielounet sera fâché d'apprendre que tu ne fais rien pour protéger votre petit couple !

Plutôt que de répondre à sa petite allusion en utilisant sa bouche, Daphné préféra utiliser ce qu'on lui enseignait pour exprimer sa façon de penser à sa sœur tout en testant ses connaissances. Ouvrant totalement son éventail, la sœur d'Astoria le plaça juste devant son visage, couvrant ainsi les bâillements qu'elle faisait mine d'avoir. Offensée, Astoria se tourna vers sa mère pour avoir une quelconque aide de sa part, mais celle-ci préféra tourner le visage dans la direction opposée, un sourire moqueur allant presque d'une oreille à l'autre. La petite sœur de Daphné prit alors les devants et laisser glisser son éventail à travers sa main, lui annonçant de ce fait qu'elle la méprisait.

Les adultes eux, ne connaissant pour la plupart pas cet étrange langage, les regardèrent agir d'un air incrédule en se demandant ce qu'elle pouvait bien se raconter.

- Tu ferais bien de surveiller ta langue Tory, l'avertit Daphné en la fusillant du regard. Papa pourrait très bien te trouver rapidement un fiancé à toi aussi, et maintenant que nous vivons une partie de l'année en France, les chances pour que tu en ais un avec l'aide de tante Louise et de Marie-Louise sont encore plus grandes maintenant ! Et puis, sans vouloir t'offenser, je doute qu'un jour tu puisses trouver un homme aussi bon que « mon gabrielounet » comme tu l'appelles si bien.

- J'ai déjà eu assez de problème comme cela avec tes fiançailles Daphné, je pense que j'attendrai encore quelques années avant de me pencher sur le cas de ta sœur, affirma son père en soufflant de dépit. D'ailleurs, j'ai déjà refusé les deux dernières propositions de Lucius Malefoy : Il faudra me passer sur le corps avant de voir un jour l'une de mes filles épouser le fils de ce mangemort. Si cet homme croit laver tous les soupçons pesant sur lui en demandant la main de ma fille, alors il peut toujours espérer parvenir à ces fins ainsi. Mais l'espoir fait vivre comme on dit…

- Ahah ! Drago et Astoria ! s'exclama joyeusement Daphné. Quel joli couple vous feriez !

Daphné continua quelques minutes à se moquer de sa sœur, énumérant les nombreuses qualités que pouvait avoir le fils de Lucius bien que les dites qualités s'avéraient plutôt être des défauts qui ne faisaient qu'assombrir encore un peu la triste image qu'elles avaient toutes les deux de Drago.

- Arrête ! la supplia sa sœur en lui tapant légèrement l'épaule. Il n'est même pas beau en plus !

- Tant mieux, parce que tu ne l'es pas non plus !

- DAPHNÉ ! s'insurgea sa mère en la regardant furieusement. Excuse-toi maintenant jeune fille !

Daphné rosit légèrement en constatant être devenue le centre d'attention de tous, et ce fut d'une voix presque inaudible qu'elle s'excusa auprès d'Astoria pour ses remarques désobligeantes. Devoir demander pardon à quelqu'un de plus jeune que soi procurait un sentiment de gêne très désagréable pour elle contrairement à sa sœur qui se fit un plaisir d'accepter ses excuses en lui parlant d'un ton très condescendant rappelant celui que les adultes utilisaient pour parler à un enfant en bas âge.

- De vrais petits anges, ironisa pour sa part Pauline en ne ratant rien du conflit ayant lieu entre les deux sœurs.

- C'est en voyant ce genre de scène que je me dis que j'ai beaucoup de chance de n'avoir qu'un fils, ajouta Marie-Louise. Je ne sais pas si j'aurais pu supporter longtemps les chamailleries entre deux sœurs…

La cheminée du salon s'anima soudainement, et la surprise fut telle que tous ceux tenant une tasse de thé dans leur main à l'exception de la maîtresse de maison la lâchèrent en la faisant tomber sur le sol où elles se fracassèrent. Marie-Louise sortit immédiatement sa baguette qu'elle pointa en direction de l'âtre où étaient apparues d'immenses flammes vertes annonciatrices d'une arrivée imminente. Daphné tout comme Astoria se précipitèrent immédiatement vers leur mère derrière laquelle elles vinrent se cacher, tandis que leur père suivit la princesse de Lamballe et pointa lui aussi sa baguette dans la direction où le visiteur allait faire son apparition. Quelques serviteurs les rejoignirent également, et ce fut bientôt près d'une dizaine de baguettes sorties qui apparurent à travers la pièce. Cependant, la silhouette qui se dessina quelques secondes plus tard à travers la fumée les déstabilisa fortement, d'autant plus que celle-ci leur était familière.

Une petite fille se tenait effectivement devant eux, et en la voyant, tous les Greengrass ne purent s'empêcher de pousser un halètement de surprise. Marie-Louise haussa quant à elle un sourcil, sa tasse suspendue à quelques centimètres de sa bouche et sa baguette rapidement rangée dans l'étui qu'elle avait accroché à son bras, tandis que le reste des occupants de la pièce regardait d'un air étonné la nouvelle arrivante. Rosie, puisqu'il s'agissait d'elle, avait le chic pour faire des entrées remarquées, et malheureusement pour elle, la perspective de rencontrer et de discuter en tête à tête avec la maîtresse des lieux et seule à seule comme elle l'aurait souhaité était désormais impossible. Époussetant distraitement le bas de sa robe, elle regarda rapidement l'ensemble de la pièce, et en constatant la présence de plusieurs personnes autour d'elle, son visage prit instantanément une couleur rouge vif alors qu'elle baissa immédiatement les yeux vers le sol comme une enfant prise en faute.

- Rosie ! s'exclama joyeusement Astoria en se précipitant vers elle, un immense sourire sur le visage.

L'étreinte qu'elle lui donna aurait pu lui broyer les os, mais après trois mois sans se voir, Astoria ne trouva rien de mieux pour lui montrer à quel point sa meilleure amie lui avait manqué. Rosie fut d'ailleurs surprise par cet élan d'affection, bien qu'elle y était habituée, et il lui fallut plusieurs secondes de réflexion avant de répondre à son accolade. Son visage s'illumina d'un sourire, bien qu'une très légère colère envers elle persistait quand même lorsqu'elle repensait au fait que les Greengrass étaient au courant de la situation d'Harry et ne lui en avaient pas soufflé le moindre mot.

- Si tu savais comme tu m'as manqué ! lui lança Astoria en la relâchant et sans se soucier désormais des adultes les entourant. Je m'ennuyais de toi, et c'était peu dire : Je devais me contenter de la présence de Daphné tout le temps, et tu sais à quel point elle peut être irritante par moment…

- Hé ! s'indigna sa sœur en perdant de son calme olympien.

- Je dois dire que je suis étonnée de savoir que tu t'ennuyais loin de moi, tu avais Harry pour te distraire ! répliqua t-elle d'un ton accusateur. Tu aurais pu me prévenir quand même, je suis ta meilleure amie, à moins que ce n'étaient que des paroles en l'air !

Astoria prit alors un air à la fois penaud et offensée, triste à l'idée de savoir ce que pensait d'elle Rosie en cet instant. Son sourire disparu aussitôt, et à la place, une mine exprimant parfaitement la tristesse qu'elle ressentait face à ces accusations prit place sur son visage.

- Je suis désolée Rosie. Je te jure que je ne demandais que ça de pouvoir t'en parler, mais j'ai dû faire un serment magique qui m'empêchait de pouvoir le faire, avoua t-elle piteusement. Et puis tu sais que si on ne respecte pas ces serments, on perd sa magie...

- ça veut dire qu'il est annulé maintenant ton serment ? lui demanda t-elle au moment où Astoria lui confirma en hochant sa tête. Parfait, alors tu vas pouvoir tout m'expliquer et me raconter ce qu'a fait Harry ici !

Prenant conscience qu'elle se trouvait dans une pièce pleine d'inconnus, Rosie perdit rapidement de son assurance, et après plusieurs coups d'œil furtifs sur chaque personne présente, elle tomba alors sur Marie-Louise qu'elle reconnut facilement. D'un pas timide, et accompagnée par Astoria qui était décidée à ne plus l'abandonner, elle se posta alors devant elle et lui fit une gracieuse révérence en prenant les pans de sa robe trop courte pour approfondir ses salutations.

- Bonjour madame, dit-elle en gardant les yeux baissés vers le sol. J'espérais ne pas vous déranger, mais je devrais peut-être revenir plus tard ? ajouta t-elle en observant à la dérobée les nombreuses personnes les entourant.

- Qui diable est-ce ? s'enquit d'ailleurs la marquise de Tourzel en observant curieusement la sœur d'Harry. Ne m'aviez point assuré que votre château était protégé des intrusions de ce genre ?

- Oui, tant que vous ne connaissez pas le terme exact à crier avant de venir jusqu'ici par cheminette, mais cette demoiselle l'est justement, et j'en suis la première responsable… Quant à son identité, Gabriel ne nous parle t-il donc pas constamment d'une petite fille de sept ans aux cheveux de cette couleur se prénommant Rosie et parlant anglais ?

Un éclair de compréhension passa alors sur le visage de Louise-Elisabeth, et ce fut avec un simple « Oh » qu'elle en informa son amie. Celle-ci se contenta de lui sourire avant de reporter son attention sur Rosie qui n'avait pas bougé d'un poil tout comme ses yeux qu'elle s'obstinait à garder en direction du sol.

- Est-ce que mon frère est ici ? demanda t-elle timidement en les levant finalement pour regarder le corset de Marie-Louise plutôt que son visage.

- Navrée de vous décevoir Rosie, mais votre frère est actuellement à l'école et ne devrait malheureusement pas revenir avant la période des fêtes de fin d'année, dit-elle tandis que Rosie s'affaissait sur elle-même au fur et à mesure de ses paroles.

- Oh…, marmonna t-elle tristement. J'aurais aimé pouvoir discuter avec lui, c'est dommage…

- Si vous le souhaitez, je pourrais vous donner l'adresse à laquelle il vous faudrait écrire pour pouvoir discuter avec lui, proposa t-elle aimablement. Mais il vaudrait mieux me confier vos lettres dans ce cas, car je doute qu'une chouette puisse supporter un aussi long trajet, et vous auriez également bien plus rapidement une réponse de sa part.

- Vraiment ? Oh ce serait gentil de votre part ! Mais nous n'avons pas de hiboux maman et moi…

- Vous n'aurez qu'à utiliser Archimède, dit-elle en désignant d'un léger coup de tête le faucon perché sur l'appui de fenêtre à l'extérieur.

N'ayant plus d'arguments à donner pour refuser l'aide gracieusement offerte par Marie-Louise, Rosie la remercia alors d'un simple sourire aussi rayonnant que la lumière diffusée par les rayons du soleil traversant les fenêtres du salon.

- Avez-vous prévu de faire quelque chose aujourd'hui Rosie ? lui demanda la princesse de Lamballe alors qu'un silence gênant commençait à voir le jour.

- Non, enfin je pensais aller voir Oncle Remus sur les docks même si il me dit souvent que je ne devrais pas me promener seule dans les rues de Londres à cause de mon âge, mais je suis une grande fille maintenant ! Et puis je sais me défendre quand je suis attaquée !

- ça c'est sûr, approuva Astoria tandis que Daphné hochait sa tête. Tu griffes, tu mords, tu donnes des coups de poing et tu hurles comme une banshee au point de rendre tous les gens t'entourant sourds ! Merlin, je me rappelle encore comment tu avais réduis en charpie le visage de Drago à mon anniversaire parce qu'il avait dit que tu avais des grosses fesses…

- Il n'a eu que ce qu'il méritait, affirma la sœur d'Harry d'un air boudeur en croisant les bras. Et c'était tellement drôle de le voir marcher comme un canard après que je l'ai frappé entre ses jambes…

- Mon Dieu, une vraie petite lionne, lança Pauline en provoquant un concert de ricanement qui eurent le don de faire rougir Rosie jusqu'à la racine de ses cheveux.

- Il suffit ma chère, la réprimanda sa mère en lui assénant un petit coup d'éventail sur le bras. Cessez donc de tourmenter cette pauvre fille ou je me verrais dans l'obligation d'interrompre la correspondance que vous entretenez avec ce jeune officier pour vous apprendre à contrôler votre langue…

- M-mais… Mère ! s'indigna t-elle en rougissant à son tour.

L'attention étant tournée vers quelqu'un d'autre, Rosie put de son côté profiter de ce soudain désintérêt pour elle pour reprendre contenance et lever enfin les yeux vers Marie-Louise qui à son grand étonnement, ne l'avait de son côté pas quitté un seul instant du regard.

- Souhaiteriez-vous rester en notre compagnie le temps d'une après-midi Rosie ? lui proposa t-elle gentiment. Le château vous est de toute manière toujours ouvert, et vous pourrez y venir aussi souvent que vous le voudriez.

- Je ne sais pas, marmonna t-elle nerveusement en baissant aussitôt les yeux vers le tapis sous ses pieds. Maman et oncle Remus ne savent pas que je suis ici et ils pourraient s'inquiéter de mon absence si je rentre trop tard…

- Vous n'avez pas à rester tout le reste de la journée, lui affirma t-elle, et j'aimerais beaucoup m'entretenir avec vous sur certains points que nous n'avons pas encore eu à traiter depuis notre dernière rencontre. Une petite heure de votre temps libre ne dérangera personne !

- Oui, vous avez raison…, accepta t-elle finalement en esquissant un petit sourire.

- Prenez place dans ce cas, l'invita Marie-Louise en joignant la parole au geste en lui désignant une place juste à côté d'elle.

Rosie la remercia alors d'un autre sourire poli avant de s'asseoir à côté d'elle et malgré les nombreux regards sur elle qui eurent le don de l'intimider encore davantage. Astoria reprit de son côté sa place sur le divan qu'elle avait quitté, et tout en s'asseyant également, elle se questionnait sur l'étrange comportement de sa meilleure amie et notamment sur ses nombreux rougissements qui ne lui étaient pas coutumier. Rosie était d'ordinaire quelqu'un de très sociable et ne se laissant que rarement marcher sur les pieds, aussi la voir devenir aussi rouge qu'une écrevisse chaque fois que quelqu'un s'adressait à elle et se comporter de manière timide à cause de quelques regards indiscrets sur elle lui parut très étrange. Cela ne lui ressemblait pas en tout cas.

Ce qu'ignorait Astoria fut cependant que tout ceci était prémédité, et que Rosie se faisait volontairement rougir et se comportait de manière différente dans l'objectif de bien paraître devant Marie-Louise, et de la petite fille enjouée et volontaire qu'elle était, elle tenta bien que maladroitement de donner désormais l'impression d'être une petite fille innocente et craintive dans le but de l'amadouer. La phase de séduction avait démarré dès son entrée dans le salon, et celle-ci passait désormais à sa deuxième partie : Si la première avait été l'ouverture et la mise en appétit éveillant ainsi la curiosité de sa cible, la seconde avait pour objectif de consolider cet intérêt et de se montrer sous son meilleur jour pour aboutir à la troisième étape qu'était l'attraction. Si elle souhaitait voir son idée se concrétiser, Rosie se devait par conséquent de paraître sous son meilleur jour même si celui-ci était parfaitement inventé, et dans son esprit, la carte de l'innocence et de la timidité était sans nul doute celle qui lui permettrait de remporter la partie sans risque et en tirant le meilleur parti de la situation. Il fallait maintenant que Marie-Louise tombe dans le panneau, et la difficulté résidait en grande partie sur ce point.

- Où en étions-nous mes demoiselles ? demanda soudainement Louise-Elisabeth en reportant son attention sur Daphné et Astoria.

- Astoria venait de me dire qu'elle me méprisait parce que je venais de l'informer que ses propos m'ennuyaient, l'informa Daphné.

- Oh je vois… Hé bien poursuivons dans ce cas ! Voyons voir… Comment demanderiez-vous à quelqu'un de ne pas vous oublier afin que vous puissiez tenir une correspondance avec lui ?

- En le plaçant derrière notre tête, récitèrent en chœur les sœurs Greengrass en imitant aussitôt le geste qu'elles venaient d'énoncer. Qu'il soit fermé ou non n'a pas d'importance je pense, ajouta Daphné en se caressant distraitement la nuque avec le tissu de son éventail.

Toutes les deux furent à nouveau louées par Louise-Elisabeth sous l'œil incrédule de Rosie qui se demandait bien ce qu'elles pouvaient faire. N'ayant encore jamais vu quelqu'un manipuler un éventail pour faire passer des messages ou des sentiments par ce simple objet, la scène fut pour le moins déconcertante pour elle. Néanmoins, une petite pointe de curiosité et d'envie apparut en elle alors qu'elle regardait à présent Astoria montrer d'un geste la façon de s'excuser poliment envers quelqu'un sans même avoir besoin d'utiliser sa bouche pour le faire.

- Vous aimeriez apprendre vous aussi l'art des éventails ? s'enquit Marie-Louise en remarquant le visage de Rosie toujours orienté vers les deux demoiselles Greengrass.

- Pardon ? Oh heu… Je ne sais pas, ça a l'air tellement étrange comme cours, et je n'ai jamais été une très bonne élève quand maman me fait la leçon. Elle dit que je suis trop distraite et pas assez sérieuse dans mon travail !

- Hé bien, ce sera là l'occasion de remédier à cela, argua Marie-Louise en faisant négligemment apparaître un nouvel éventail qu'elle glissa entre les mains de Rosie.

La petite fille examina longuement l'objet, s'attardant sur les nombreux motifs fleuris et la qualité du tissu qui semblait être aussi doux et soyeux au toucher qu'un lit de rivière glissant entre les doigts.

- C'est magnifique…, marmonna t-elle en regardant avec un émerveillement non dissimulé l'éventail. Maman aimerait certainement en avoir un !

- Vous n'aurez qu'à le lui donner lorsque vous n'en verrez plus l'utilité, ou alors lorsque le langage des éventails vous sera connu jusque sur le bout des doigts.

- D'accord ! Vous pourriez m'apprendre quelque chose avec ça ? demanda t-elle avec impatience.

- Repliez-le légèrement et posez les bords sur votre joue droite, énonça t-elle tandis que Rosie obéissait immédiatement à ses ordres.

- Comme ça ?

- Oui, et maintenant, que croyez-vous que cela puisse signifier ?

- Hm… Que j'ai l'air ridicule ? proposa t-elle d'un ton espiègle.

- Entre autre, pouffa Marie-Louise de même que les quelques personnes faisant attention à leur conversation. Mais ce geste à une signification très particulière puisqu'il s'agit tout simplement de répondre « oui »à la question qu'une personne pourrait vous poser.

- Vraiment ? Merlin ! Je pourrais continuer à parler avec les gens même en ayant perdu l'usage de ma voix ou de ma langue ! Et si je le mets sur la joue gauche, ça voudra dire non ?

- Exactement, confirma la princesse de Lamballe. Vous apprenez vite ma chère !

Rosie lui lança un sourire particulièrement grand, un geste qu'elle n'avait eu l'occasion de faire que très rarement depuis plusieurs semaines, et voir même depuis ses retrouvailles avec Harry. Le temps finit par suivre son cours, et sans même que personne ne puisse s'en rendre compte, une heure s'était écoulée durant laquelle Rosie et Marie-Louise apprirent à se connaitre et à s'apprivoiser. Une relation commençait à se tisser entre elles, et Rosie comprenait au fur et à mesure pourquoi Harry semblait si bien apprécier cette dame pour la considérer sans aucune gêne comme sa deuxième mère.

L'occasion leur était en outre permise de pouvoir apprendre davantage sur l'autre en se questionnant chacune sur les centres d'intérêt de l'autre, ses goûts culinaires ou encore le type de livres qu'elles appréciaient de lire. A mesure que le temps défilait, leur discussion d'abord solennelle et timide fut davantage ouverte à tous les sujets et même les plus personnels. Ce détail n'échappa d'ailleurs pas au reste des personnes présentes, mais personne ne tenta de s'immiscer dans leur conversation afin de préserver ce moment intime dans lequel toutes les deux étaient complètement plongées à présent.

- Vous avez des enfants ? s'enquit Rosie d'une voix douce. À part Harry évidemment !

- Hm… Malheureusement non, répondit Marie-Louise en faisant fit de l'explosion de joie ressentie dans l'esprit de Rosie.

- Et vous auriez aimé en avoir d'autres ? poursuivit sa jeune interlocutrice.

- Oui, avoua t-elle pensivement. Je ne puis m'empêcher de jalouser toutes ces femmes ayant eu plusieurs enfants, et l'une d'elle n'est autre que la dame assise à côté de Daphné. J'ai eu l'occasion de voir ses cinq enfants grandir et devenir des adultes responsables, et il m'arrive de regretter en les voyant de ne pas avoir eu l'opportunité d'en avoir également.

- Vous me jalouseriez moins si vous subissiez cinq grossesses dans votre vie, assura Louise-Elisabeth tandis que Daphné réprimait l'envie de déglutir à la seule pensée de la douleur ressentie pour chacun des accouchements. Il n'est point chose aisée que de donner la vie…

- Voilà bien la raison pour laquelle je ne suis point encore disposée à me marier, ajouta sa fille en soupirant. Bien des femmes y ont perdu la vie, et je n'ai nulle envie de devenir un ventre sur pattes et être reléguée au rôle de génitrice.

- Vous finirez vieille fille et plus personne ne voudra de vous Pauline, argua sa mère en fronçant légèrement ses sourcils. Il ne vous restera plus alors qu'à intégrer un couvent et terminer vos jours seule en ayant raté les si belles choses que le mariage vous offre.

Sa fille se contenta de soupirer de nouveau sous les yeux incrédules de Rosie qui ne comprit encore une fois pas un mot de leur conversation. Elle se promit alors d'étudier plus sérieusement le français dès que l'occasion se présenterait à elle non seulement pour pouvoir avoir des conversations avec toutes ces personnes faisant désormais partie de la vie de son frère, mais également pour pouvoir avoir l'opportunité de parler cette langue aux intonations et sons si agréables pour les oreilles, comme une musique que l'on ne se lassait pas d'écouter encore et encore.

- Comment se porte votre mère, Rosie ? lui demanda Marie-Louise pour changer de sujet et surtout pour prendre des nouvelles de cette femme dont elle se souciait du sort.

À cette question, le visage de la sœur d'Harry s'assombrit légèrement tandis qu'un voile passait brièvement à travers son regard. Cette question l'a laissa pour le moins au dépourvu, et son esprit hésitait désormais sur la réponse à donner. Devait-elle mentir et faire semblant que tout allait parfaitement bien, ou au contraire devait-elle avouer la vérité et exprimer son ressenti sur la situation à une femme qui lui était étrangère ? Non pas qu'elle avait énormément de choses à cacher, mais raconter à cette dame que depuis un mois maintenant sa mère était plongée dans une profonde dépression et qu'en quelque sorte elle en était la responsable n'était pas vraiment ce que l'on pouvait appeler une conversation joyeuse. Rosie supposa même que Marie-Louise pouvait avoir l'impression que dans un sens, et selon les mots qu'elle pouvait employer, elle portait des accusations et des reproches contre elle et la rendre fautive de la vie qu'elles menaient à présent. Mais si elle souhaitait établir avec elle une relation de confiance et par conséquent devenir proche d'elle, mieux valait ne rien lui cacher et se montrer ouverte, et Rosie choisit rapidement cette solution pour mieux se rapprocher de la deuxième mère de son frère.

- Pas vraiment bien madame, marmonna t-elle tristement en baissant les yeux. Il n'y a pas eu une journée depuis l'anniversaire d'Harry sans qu'elle ne fonde en larmes et pleure parce qu'on lui a volé son fils. Elle ne mange presque plus et ne dort pour ainsi dire que très peu, et oncle Remus est parfois obligé de lui faire boire une potion de sommeil sans rêve pour qu'elle puisse se reposer quelques heures. Elle est devenue très maigre à force de ne plus manger convenablement, et elle reste constamment allongée sur son lit parce que lorsqu'elle se lève elle a des vertiges…

- Hm… Il serait peut-être temps que nous ayons une nouvelle discussion pour mettre à plat le ressenti de chacune sur notre fils et les décisions que nous avons prises le concernant ces dernières années, argua t-elle pensivement, les yeux dans le vague. Je ne tiens pas à ce qu'elle dépérisse de la sorte au point de se laisser mourir sans même réagir… Serait-il possible que vous organisiez pour moi un entretien avec votre mère Rosie ?

- Oh heu… Je ne sais pas, il faudrait qu'elle soit d'accord pour vous rencontrer et je doute qu'elle le sera. Et puis pour être honnête, je trouve qu'elle agit vraiment mal depuis qu'elle sait tout ça, et ça a le don de m'énerver de la voir se laisser aller aussi facilement sans même se battre. Nous avons tous été surpris par ce qui est arrivé à Harry, mais avec le temps nous l'avons accepté, mais maman continue de se lamenter sur son sort sans même penser que ce qu'a vécu et vit encore Harry ne peut être que mieux par rapport à ce qu'elle pouvait lui offrir en revenant avec nous.

- Raison de plus pour discuter avec elle, affirma la princesse de Lamballe. Il nous faut au plus vite tirer au clair cette affaire, et discuter plus longtemps encore que lors de l'anniversaire de notre fils. Il ne serait point bon pour elle de se laisser aller ainsi, surtout en ayant une petite fille dépendante d'elle.

- Je lui demanderai quand je rentrerai à la maison alors, décréta Rosie d'un ton ferme. Il est temps qu'elle se réveille et reprenne sa vie en main !

- Vous êtes très intelligente Rosie, affirma alors son interlocutrice en la regardant. Je n'avais jamais remarqué, mais vous tout comme votre frère paraissez bien plus matures pour votre âge que les autres enfants. Peut-être est-ce ce que vous avez vécu qui vous aura fait grandir plus vite…

- Peut-être…, répondit t-elle en rougissant légèrement devant ces éloges.

Un léger silence s'installa à nouveau, le temps pour toutes les deux d'observer Daphné maugréer sur « le langage des mouches » qu'elle révisait à présent avec Astoria, Louise-Elisabeth et étonnamment Belvina. La voir se tacher volontairement le visage à certains endroits précis en indiquant à chaque fois la fonction des petites tâches noires qu'elle se collait sur la peau fut en tout cas un spectacle bien plaisant qui parvint à égayer encore davantage l'atmosphère du salon.

- Alors, il paraîtrait que vous êtes capable d'utiliser une certaine forme de magie sans baguette ? lui demanda tout à coup la princesse de Lamballe en l'observant curieusement.

- Je ne sais pas trop pour être honnête, dit-elle timidement. Je pense plutôt que je fais de la magie accidentelle mais que j'ai un certain contrôle sur elle, vous comprenez ?

- Pas vraiment, avoua t-elle gentiment.

- Hé bien, je n'arrive pas à contrôler ma magie et ça provoque des catastrophes autour de moi, mais quand je m'en rends compte, j'arrive à réduire les effets qu'elle a sur ce qui m'entoure. J'ai par exemple réussi à éviter qu'une des fenêtres du manoir ne se brise complètement quand j'ai remarqué qu'elle se fissurait à mesure que me mettais en colère contre Matthew. Mais je ne crois pas que je sois au même niveau qu'Harry, lui arrivait à faire ce qu'il voulait avec sa magie quand moi j'en suis incapable…

- Laissez-moi voir, dit-elle en posant une main sur le sommet de sa tête.

Rosie se laissa faire docilement, et le contact de la main sur son cuir chevelu lui procura une agréable sensation de chaleur lui faisant ressentir une certaine forme de sécurité et de protection, comme si ce simple geste lui assurait qu'elle était entre de bonnes mains et que rien ne pouvait lui arriver. Les secondes puis les minutes s'écoulèrent, mais rien ne se passait. Pourtant Rosie pouvait la voir marmonner et froncer de temps à autre les sourcils tandis qu'elle analysait de toute évidence son noyau magique.

- Curieux, dit Marie-Louise en rouvrant les yeux. Votre noyau magique est certes moins important que celui de votre frère, mais il est malgré tout supérieur à celui que l'on pourrait espérer voir chez un enfant de votre âge. Je dois avouer qu'il est étonnant de constater que dans votre famille, deux personnes possèdent une puissance magique aussi importante… Existe-t-il des membres de la famille Potter dans vos ancêtres étant connu pour la même chose ?

- Pas que je sache, répondit pensivement Rosie. James est puissant, mais il n'est pas plus fort qu'un autre, et nos grands-parents ne l'étaient pas spécialement non plus.

- Cela vient peut-être du côté de votre mère…, argua la princesse de Lamballe d'un ton également pensif. C'est une née-moldue, n'est-ce pas ? Hm… Il se pourrait qu'elle soit en vérité issue d'une longue lignée de Cracmols et qu'elle soit la première depuis des siècles peut-être à pouvoir éveiller ses pouvoirs magiques… Nous pourrions faire des recherches à ce sujet lorsque les relations entre elle et moi-même se seront apaisées.

Un froncement de sourcils apparut tout à coup sur son visage, et Rosie se demanda l'espace d'un instant si elle n'avait pas commis par pur hasard une erreur ou dit une chose ayant pu l'offenser. Ce que lui narra par la suite Marie-Louise lui certifia cependant qu'il n'y avait rien eu de tel, mais qu'un problème bien plus important venait d'être découvert en elle et dont elle n'avait jamais eu connaissance jusqu'alors.

- Il y a des sortilèges contraignants sur votre noyau magique, déclara t-elle sombrement. Vos capacités en sont limitées, comme si quelqu'un cherchait par ce moyen abject à brider votre magie et à vous empêcher d'atteindre votre plein potentiel…

- Des sortilèges contraignants ? répéta Rosie d'un air incrédule tandis que les sorciers dans la pièce réprimèrent un halètement de stupeur à cette annonce.

- Ce sont des sorts qui se présentent sous la forme de boucliers et qui agissent sur votre noyau pour vous empêcher de l'utiliser totalement. Imaginez simplement qu'une partie de votre magie est en sommeil et qu'il vous est impossible de l'utiliser tant que ces sorts ne sont pas enlevés. Ceux-là sont d'ailleurs particulièrement compliqués et difficilement détectables… Il ne fait aucun doute à mes yeux sur l'identité de la personne qui vous les a mis même si je me demande pour quelle raison il a décidé d'une telle chose…

- V-vous pensez que c'est Dumbledore qui a fait ça ? demanda Rosie, à la fois en colère et choquée par cette nouvelle.

- Il ne peut y avoir que lui pour employer des sorts aussi puissants, confirma t-elle. Mais je pourrai vous les enlever, bien que cela prenne du temps et beaucoup d'énergie de ma part.

- Je vous remercie, dit-elle sincèrement. Est-ce… Est-ce que ce serait trop vous demander si vous pouviez m'apprendre également quelques sortilèges quand vous aurez réglé ce problème ? Maman ne m'a appris qu'à faire léviter des objets, et James ne voulait pas que je sache maîtriser la magie avant d'aller à l'école parce qu'il craignait que je m'en serve sur Matthew. Entre nous, je pense plutôt qu'il avait peur que je rattrape voir dépasse son fils tellement il est bête, mais il ne l'avouera jamais.

- Votre frère est à ce point… Mauvais ? s'enquit Marie-Louise d'un ton curieux.

- Il est pire que mauvais ! L'autre jour, il a fait exploser la porte de sa chambre en voulant essayer le sortilège d'allégresse ! C'est un danger pour toutes les personnes qui le côtoient.

Les sorciers gloussèrent alors de bon cœur face à cette anecdote pour le moins amusante, d'autant plus que les mouvements à effectuer pour un sortilège d'allégresse étaient horriblement simples à faire. Chacun pouvait avoir un aperçu du niveau de Matthew et par conséquent se faire une idée de la dangerosité de celui-ci lorsqu'il avait une baguette entre les mains.

- Je veux bien vous apprendre quelques sortilèges, déclara la princesse de Lamballe pour répondre à sa question, mais étant donné que nous ne nous verrions que très rarement, il vous faudra également travailler de votre côté. Je pourrais vous prêter quelques livres pour parfaire votre apprentissage.

- Merci madame ! s'enthousiasma Rosie en réprimant l'envie de lui sauter dessus et de l'enlacer.

Le bruit du carillon de la chapelle juxtaposant le château se fit soudainement entendre, et aussitôt plusieurs visages se tournèrent vers la cheminée sur laquelle était posée une magnifique pendule affichant à présent 16 heures de l'après-midi.

- Si tard ! remarqua Belvina en arquant un sourcil. Et dire que nous mangeons dans une heure à peine ! Je n'ai pas vu le temps passer !

- Je ferai mieux de rentrer dans ce cas, lança Rosie en se relevant. Rémus a bientôt terminé son travail…

- Rosie, avant que vous ne partiez, j'aimerais que vous éclaircissiez mes lanternes, l'interrompit Marie-Louise en la retenant par le bras.

- Que… Que voulez-vous dire ?

- Je sens que quelque chose vous turlupine, et que vous n'avez pas été franche avec moi en me racontant que vous étiez uniquement venue pour voir votre frère, je me trompe ?

Dire que Rosie fut surprise par cette soudaine affirmation serait un euphémisme. L'horreur et surtout la honte d'avoir été découverte si facilement la poussa presque à se dégager de l'emprise qu'avait la princesse de Lamballe sur son bras pour fuir à toute jambe chez elle, mais la peur la laissa totalement inerte sur le fauteuil. Incapable de bouger et surtout incapable de regarder à présent Marie-Louise dans les yeux, elle chercha alors les mots qui pourraient lui permettre de sortir de ce problème sans éveiller les soupçons sur ses véritables intentions, mais même en fouillant dans les méandres les plus profonds de son esprit, aucune idée cohérente et convaincante ne lui parvint. Dépitée, elle s'avoua alors vaincu et décida de jouer sur la franchise pour éviter de donner l'impression aux autres d'être une fille manipulatrice et intéressée : Le comportement qu'elle avait eu jusqu'à présent la dégoûta d'ailleurs à ce moment là, et elle s'en voulut d'avoir voulu à ce point berner cette charmante femme et ses amies en essayant de la séduire et la berner.

- Écoutez madame, je préfère être honnête avec vous et ne pas vous mentir parce que ce n'est pas bien. Je ne suis pas venue ici pour parler avec Harry, enfin si mais j'avais autre chose en tête et je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour vous en parler. Maman m'a toujours dit de dire la vérité aux gens pour ne pas les froisser et rester franche avec eux afin d'avoir une bonne relation amicale, mais je fais tout le contraire ici et je n'aime pas jouer l'hapocrite…

- L'hypocrite, la corrigea t-elle patiemment.

- Oui… Merlin que ce mot est compliqué… Enfin voila, je…

- Je sais, la coupa Marie-Louise en levant la main pour la faire taire. Vous êtes venue ici dans le but de me convaincre de vous adopter de la même façon que votre frère parce que vous avez l'impression de ne plus être véritablement sa sœur du fait de la différence de sang coulant dans vos veines. Le mot « demi-sœur » vous dérange car vous pensez immédiatement que vous n'êtes plus qu'une moitié de sœur pour lui et non pas celle que vous étiez il y a trois ans, et pour finir, vous espérez ainsi retrouver une vie de famille épanouie et une relation identique à celle que vous aviez avec votre frère.

Rosie la regarda d'un air abasourdi, la bouche à demie-ouverte et les yeux exorbités par la surprise d'avoir été aussi soudainement démasquée. Les autres personnes présentes avaient également tout entendu, et on aurait pu entendre une mouche voler tant l'étonnement avait fait son apparition chez chacun. Tous les regards se portèrent immédiatement sur la sœur d'Harry, mais celle-ci ne faisait nullement attention à eux, toujours incrédule face à cette mise à nue à laquelle elle n'était pas préparée.

- C-comment l'avez-vous su ? balbutia t-elle avec effroi.

- La légilimancie ma chère, répondit Marie-Louise en esquissant un rictus moqueur du coin des lèvres. Vos barrières d'occlumancie sont inexistantes, et il m'est aisé de pouvoir lire à travers votre esprit pour découvrir le moindre de vos secrets.

Rosie rougit alors d'embarras et baissa immédiatement les yeux sans que ce ne soit calculé cette fois-ci.

- Je ne vous cacherai pas que cette idée m'a effleuré l'esprit lorsque je vous ai rencontré en juillet, et en connaissant votre situation et celle de votre mère, j'ai supposé que cela aurait pu vous permettre ainsi qu'à Gabriel de pouvoir vous retrouver et vivre votre vie sans vous soucier de votre père et de Dumbledore. Mais voyez-vous Rosie, je ne tiens pas à répéter les mêmes erreurs commises deux ans plus tôt lorsque j'ai pris cette décision pour votre frère. Votre mère ne supporterait pas que je choisisse à sa place et que j'accède à votre demande sans même l'avoir consulté, par conséquent je ne vous adopterai pas tant que votre mère ne sera pas favorable à cette idée.

- Mais… Mais elle n'acceptera jamais…, marmonna tristement Rosie en réprimant l'envie de pleurer face à cet échec. Elle dira que vous lui volez son deuxième enfant sans même penser à ce que je peux ressentir de mon côté… s'il vous plait madame, est-ce que vous pouvez quand même le faire ? Maman n'a pas besoin d'être mise au coura…

- Non Rosie, la coupa t-elle plus durement qu'auparavant. Ce n'est pas vous rendre service que d'accepter votre demande, et c'est une décision à laquelle il faut longuement réfléchir, et vous n'avez à mon avis pas encore pesé le pour et le contre de cette situation. Pensez à ce qui pourrait vous arriver si vous changiez d'identité comme votre frère : Votre vie serait différente, et vos habitudes le seraient également. C'est un autre monde, une autre vie qui vous tendrait les bras, mais elle vous obligerait à abandonner en chemin une partie de celle que vous aviez autrefois. Seriez-vous prête à cela, prête à abandonner l'identité de Rosalyn Potter pour une autre à laquelle vous n'êtes pas forcément préparée ?

Rosie ne répondit pas, mais face au refus de Marie-Louise, ses yeux commencèrent à s'humidifier alors qu'elle baissait la tête, abattue. Son rêve, ou plutôt son envie s'écroulait lentement sous ses yeux alors qu'elle repensait à ses paroles qu'elle analysait sous un nouveau jour. Oui sa décision était peut-être encore trop précipitée, et mieux valait se préparer à cela en s'interrogeant plus longtemps sur les retombées qu'un changement d'identité pourrait avoir sur elle et sur les autres. Cependant, elle était malgré tout décidée à aller jusqu'au bout de son idée, pour son bien être personnel en premier lieu mais surtout pour se sentir de nouveau liée à Harry.

Soudainement, deux doigts lui empoignèrent délicatement le menton pour lui relever la tête, et deux orbes bleutés croisèrent immédiatement les siens dans lesquels elle put lire aisément de la compassion et peut-être même un brin de tendresse dont elle n'était pas coutumière de la part d'étrangers.

- Je peux éventuellement préparer une potion à l'avance si votre mère approuve votre demande, lança d'un ton apaisant Marie-Louise.

- Marie enfin, vous n'y pensez quand même pas ? marmonna Louise-Elisabeth alors que les autres retenaient leur souffle face à ce revirement de situation. Cette demoiselle ne vous fait qu'un caprice… Et que diront les gens en sachant que vous auriez un deuxième enfant ? Personne ne serait dupe et tous sauraient qu'elle n'est pas la fille de votre mari ! Souhaitez-vous jeter le discrédit sur vous en faisant croire aux autres que vous auriez-eu une relation extraconjugale avec un parfait inconnu ?

- Rien n'est encore décidé, lui rappela t-elle en faisant apparaître d'un coup de baguette magique une fiole ainsi qu'un couteau. Cette potion prend trois semaines à être conçue, nous aurions par conséquent amplement le temps pour réfléchir à un possible scénario pouvant expliquer son existence.

- Ma tante, mère a raison, plaida Pauline d'un air tout aussi inquiet que sa mère. Ne vous précipitez pas dans une aventure qui pourrait vous causer bien plus de tort que vous ne pouvez l'imaginer… L'adoption de Gabriel pouvait aisément être expliquée par une histoire plausible, mais celle-ci serait bien plus difficile à mettre en place et à être convaincante sans vous donner une mauvaise réputation auprès de vos amis et…

- Je sais pertinemment cela Pauline, l'interrompit t-elle en coupant la paume de main que lui tendait Rosie pour récolter quelques gouttes de sang. Croyez-bien que je ne prends pas cela à la légère, et si les risques sont trop importants pour moi-même ou pour cette jeune fille et sa mère, je n'irais jamais jusqu'au bout de ma démarche.

Face à la volonté de leur hôtesse, tous se turent bien que les réactions étaient toujours mitigées suite à cette décision. Même Daphné et sa sœur furent surprises par l'idée de Rosie, et même si elles ne trouvèrent rien à y redire, le fait de voir leur amie changer éventuellement d'identité aussi facilement les troubla fortement. Cette décision n'était pas à prendre à la légère, et elles en étaient pleinement conscientes. Restait à savoir selon elles si Rosie le comprenait également. Celle-ci d'ailleurs contenait avec peine la joie qui avait fait place dans son cœur bien que les regards insistants qu'elle sentait sur elle la mirent mal à l'aise une fois de plus.

- Voilà, lança Marie-Louise en refermant la fiole contenant le sang de Rosie qu'elle fit disparaitre avant de soigner la coupure de celle-ci. Rappelez-vous Rosie : Je ne ferais cela que si votre mère me donne son accord, alors il va non seulement vous falloir lui en parler mais également la convaincre. Étant donné que votre mère refuse de discuter avec moi, vous serez par conséquent la seule à devoir lui faire face.

- Je comprends…, bafouilla la sœur d'Harry en appréhendant à l'avance la confrontation. Vous ne savez pas à quel point cela représente pour moi madame, et je vous en suis infiniment reconnaissante…

Sentant qu'il était désormais temps de partir, Rosie se leva finalement de son siège, mais alors qu'elle s'apprêtait à se diriger vers la cheminée pour retourner chez elle, elle eut subitement l'impression de ne pas avoir remercié convenablement son hôtesse pour sa gentillesse et sa patience. Après tout, celle-ci aurait pu lui en vouloir d'avoir été la cible de ses manigances, mais Marie-Louise ne lui avait pas un seul instant reproché, bien au contraire. Soufflant pour se donner du courage, Rosie remonta une nouvelle fois sur son fauteuil pour cette fois-ci la remercier en se lovant contre elle dans une étreinte qui en étonna plus d'un. Même la mère d'Harry fut surprise par cet élan de tendresse, et ce fut bien maladroitement qu'elle y répondit en tapotant nerveusement la tête de Rosie qui s'était blottie contre son épaule. L'image qu'elles laissaient transparaître à ce moment-là était pour le moins saisissante, et n'importe qui n'étant pas au courant de leur situation pouvait aisément croire qu'elles avaient un lien de parenté pour sembler aussi intime.

- Merci madame…, marmonna Rosie près de son oreille.

- Appelez-moi Marie-Louise Rosie, vous n'avez pas besoin de vous montrer aussi formelle avec moi !

Rosie se contenta d'hocher sa tête avant de finalement s'extirper de ses bras pour s'éloigner définitivement d'elle et retourner au quotidien qui était le sien à Londres. Elle n'oublia cependant pas de saluer tout le monde en partant tout en faisant promettre à Astoria de ne pas l'oublier cette fois-ci et de lui écrire constamment en n'oubliant aucun détail de sa vie et de celle de son frère.

- Quelle drôle de journée, lança Louise-Elisabeth une fois que Rosie eut disparue. Vraiment le monde de la magie me dépasse… Qu'il me semble loin le temps où nous n'avions point tous ces problèmes…

- J'aurais tendance à penser que ces problèmes ne font que commencer, argua Cygnus qui avait été étonnamment silencieux aujourd'hui. J'espère que vous réfléchirez longuement à la proposition de Rosie avant de l'accepter, ajouta t-il à l'encontre de Marie-Louise. J'aime beaucoup cette demoiselle ainsi que sa mère, et je n'aimerais pas qu'il leur arrive malheur suite à cette décision.

- Ne vous souciez point de ces choses là Cygnus, répondit-elle en buvant tranquillement du thé qu'elle venait de faire apparaître Je ne prendrais jamais de décisions hâtives si cela peut mettre en péril la vie d'autrui.

- Que Dieu vous entende mon amie, soupira la marquise de Tourzel. Que Dieu vous entende…

Loin de là, et sans même savoir que le destin de sa sœur et de sa mère adoptive pouvait prendre un chemin inattendu auquel il n'aurait jamais imaginé, Harry faisait lui aussi face à des problèmes qui n'engageaient heureusement que lui-même. Se trouvant actuellement dans la salle prévue pour les duels magiques, Harry faisait face à son dernier adversaire du jour, Auguste Boulanger et ce après une très longue journée au cours de laquelle il dut affronter bon nombre d'adversaires. Le reste de leur promotion assistait également à ce combat, tous assis en tailleur près des murs en formant ainsi une zone suffisamment large pour les deux combattants pour leur affrontement.

La tension était palpable dans l'air, mais la faute en revenait exclusivement aux deux combattants qui se jaugeaient l'un et l'autre comme s'ils se trouvaient face à un ver de terre particulièrement répugnant qu'ils rêvaient d'écraser. Il n'était pas très étonnant d'ailleurs de les voir agir de la sorte envers l'autre quand on connaissait l'animosité les animant tous les deux, mais personne ne jugea bon de le noter même à voix basse pour en informer son ou ses voisins. Tous préférèrent regarder l'affrontement imminent entre les deux meilleurs éléments de leur année, deux élèves qui promettaient en tout cas un bien meilleur spectacle que les précédents combats auxquels ils avaient participé.

La journée était en effet consacré aux duels magiques durant lesquels le professeur Montmorency pouvait ainsi évaluer à sa guise le niveau de chacun de ses nouveaux étudiants et ainsi déterminer la difficulté qu'il rencontrerait avec chacun d'entre eux dans le lourd apprentissage de la magie. Lui aussi regardait à présent ses deux meilleurs élèves se préparer à l'affrontement, et au fond de lui, il devait admettre qu'il avait très envie de les voir à l'œuvre et plus particulièrement Harry sur qui il mettait déjà de grands espoirs compte tenu de ses connaissances et de l'avancée plus que visible qu'il avait sur le reste de ses camarades.

- Je vous sens particulièrement nerveux Félix, lança discrètement sa collègue en penchant légèrement la tête vers lui. Peut-être est-ce l'inévitable combat auquel nous allons assister qui vous met dans un pareil état ?

Montmorency se contenta de la fusiller du regard tandis que satisfaite, Marguerite Riva qui avait accepté de le seconder dans cette séance d'entrainement et d'analyse souriait fièrement pour lui avoir aussi facilement fait perdre toute l'excitation qui l'animait jusqu'alors. Pourtant, elle aussi devait avouer qu'elle attendait avec impatience de voir ces deux garçons à l'œuvre, et tout comme Félix, elle fut pour le moins surprise et ravie de voir un élève aussi brillant dans son cours comme le fut jusqu'à présent Harry. De son propre aveu, elle doutait même qu'elle puisse un jour enseigner quelque chose à ce garçon et mettait ses si grandes connaissances dans sa branche de la magie sur le compte de l'éducation qu'il avait eu jusqu'à présent. Gabriel de Bourbon irait très loin, elle en était persuadée, et assister aux premiers pas de ce jeune homme et le voir devenir un personnage sans aucun doute important de la société française et de la vie politique de ce pays était d'ors et déjà un spectacle pour lequel elle était prête à suivre les évolutions jusqu'à ce que l'âge et la maladie l'empêche de pouvoir résister plus longtemps aux aléas de la vie.

Son avis était de toute façon général, et pas un seul de ses collègues ne doutait qu'Harry se révèle être incapable de réussir tout ce qu'il entreprendrait un jour, et au vu des performances qu'il réalisait chaque jour dans chaque matière et à l'assurance dont il faisait preuve chaque fois qu'il levait sa baguette, il ne faisait aucun doute que toutes personnes pariant sur une ascension fulgurante au sein des corps d'armées verraient sa mise être payante.

Harry de son côté ne se doutait pas des espoirs portés sur lui de la part du corps enseignant, et à vrai dire, il n'y prêtait guère attention. Sa principale préoccupation était depuis la rentrée d'entre dans leurs bonnes grâces et d'avoir un comportement exemplaire faisant honneur à son nom et à sa famille, et selon lui, certaines choses étaient encore à revoir de ce côté-là : Avoir été pendant trois ans choyé et dorloté par plusieurs dizaines de serviteurs et de membres de sa nouvelle famille eut le don de le rendre particulièrement suffisant et par moment paresseux, et vivre dans cette école lui fit apparaitre au grand jour tous ces défauts dont il se serait bien passé.

Les problèmes avaient démarré dès la journée succédant à la rentrée scolaire, et pas plus tard qu'au réveil, il se fit remarquer par le surveillant de leur dortoir pour ne pas être parvenu à se réveiller malgré le clairon entendu dans la cour de l'école et par le brouhaha causé par ses camarades de chambrée tandis qu'ils s'activaient tous à se préparer le plus rapidement possible. Harry lui avait tranquillement poursuivi sa nuit en dormant profondément dans son lit, et ce malgré les secousses de Nicolas et Jules qui tentèrent vainement de le faire sortir de sous ses draps. N'étant pas habitué à se lever aussi tôt, Harry fut incapable de se mettre debout, et il fallut l'aide du surveillant pour le faire se lever et aller dans la salle d'eau avec ses camarades. Le fils de Marie-Louise fit alors la découverte ce matin là de la méthode radicale de réveil qu'utilisait l'école pour réveiller les fainéants : Le jet d'eau froide.

Frigorifié, mouillé dans une chemise de nuit lui collant désormais à la peau et grelottant des pieds à la tête, Harry plaça immédiatement cette journée en tête de la liste des pires réveils qu'il ait eu de toute sa vie, largement en tête par rapport aux rares fois où James avait crut bon de venir lui-même le sortir des bras de Morphée pour s'en prendre physiquement à lui. Par chance, et connaissant grâce à sa mère le sortilège d'assèchement permettant notamment à ses dames de chambre de sécher rapidement ses vêtements et ses draps mouillés, il fit de même avec ceux qu'il possédait et put en un rien de temps aller tranquillement se laver en compagnie de ses deux amis en se jurant intérieurement de ne plus jamais flemmarder dans son lit tant qu'il serait ici.

La salle d'eau était elle-même pour le moins intrigante, et un étrange système fixé au plafond permettait aux étudiants de se laver intégralement le corps sans user d'énormément d'eau. Bien qu'étonnés par cette étrange méthode de nettoyage du corps, chacun s'y plia de bonne grâce même si la plupart regrettèrent de ne pouvoir se baigner dans l'eau bien chaude d'une baignoire où dans une rivière fraîche et accueillante. L'eau était d'ailleurs particulièrement froide mais eu le mérite de les réveiller totalement, l'eau froide ayant pour particularité de pouvoir vivifier le corps sans même avoir à faire quelques exercices musculaires.

Vint ensuite l'habillement, et Harry remarqua rapidement que certains étudiants furent incapables de s'habiller correctement sans l'aide d'un voir de deux camarades pour l'appuyer dans sa tâche. Il faut dire que l'équipement qu'ils devaient tous porter était pour le moins lourd et difficile à vêtir si l'on n'y était pas préparé. Aussi, lorsque le surveillant revint pour vérifier l'état du dortoir et l'uniforme de chaque élève, très peu étaient parvenus à être irréprochables à ses yeux. Même Harry fit une erreur ce jour-là, et comme le constata son surveillant, son lit bien qu'impeccable gardait encore quelques traces d'humidité du fait de l'eau que lui avait envoyé ce dernier pour le réveiller. Le résultat final fut qu'il dût refaire intégralement son lit après que l'homme ait tiré sans ménagement sur les couvertures pour les jeter à terre, et un tour supplémentaire dans la cour pour l'échauffement lui était également offert pour ses deux incartades en moins d'une demi-heure.

Mais si l'on exceptait cette matinée, Les semaines suivantes furent bien plus calmes pour lui-même si les entraînements chaque matin furent des plus éreintants et fatigants. Il fallut en outre faire également abstraction de l'hostilité de certains de ses camarades pour la seule raison qu'il était d'ascendance noble contrairement à eux. Il n'y eut au début que les autres enfants issus de la noblesse française et ses deux premiers amis pour passer outre son titre de prince et l'immense richesse qu'il posséderait plus tard, mais grâce à ses résultats scolaires et à sa volonté de toujours rendre service à ceux en difficulté dans certaines matières, rares furent ceux qui lui tinrent encore rigueur pour son statut royal même si Harry était encore loin de pouvoir les considérer comme des camarades fiables pour qui il aurait une pleine et totale confiance à l'avenir.

Les cours en eux-mêmes étaient très intéressants, quoiqu'un peu faciles pour lui qui n'avait depuis trois semaines que revu les bases de la magie quand le reste de ses camarades découvrait que chaque mouvement de baguette et chaque intonation de la voix avait une importance capitale dans la réussite du sortilège qu'ils souhaitaient utiliser. L'intérêt était surtout concentré sur les efforts que faisaient les autres garçons pour parvenir à avoir un résultat convenable dans leurs travaux, et il réprima à de nombreuses reprises l'envie de rire en voyant certains d'entre eux parvenir à faire exploser leurs pupitres en échouant à faire léviter un objet. Même ses deux amis avaient quelques difficultés à progresser, mais Harry se fit un devoir de les aider dans tout ce qu'ils entreprenaient, en particulier lorsque cela concernait l'écriture de leurs devoirs et la lecture des informations écrites sur les tableaux des salles de cours.

Rapidement, il se rendit compte que très peu des élèves savaient écrire et encore moins lire, et que lors des cours de soutien donnés durant les pauses et les fins de semaine, la quasi-totalité de ses camarades de régiment assistaient à cela tandis que lui profitait d'une liberté salvatrice et régénératrice. Certains ne savaient même pas tenir une plume entre leurs doigts, et il n'était pas rare de voir des feuilles de parchemin trouées et déchirées lorsqu'elles n'étaient pas tachées d'encre sur toute la surface. Il semblait à ses yeux que la difficulté principale de ses amis et du reste de leur promotion n'allait pas être l'apprentissage de la magie mais tout simplement ces choses si basiques mais terriblement difficiles pour eux.

Les premiers cours furent ainsi l'occasion pour les professeurs de les aider dans cette lourde tâche, et peu importe la matière, chacun fit de son mieux pour leur venir en aide afin de pouvoir démarrer au plus vite le véritable programme scolaire qui allait leur être donné. Harry fut lui-même loué par ses supérieurs par sa volonté d'aider ses amis plutôt que d'attendre patiemment que tous parviennent à un résultat convenable, et en un rien de temps, presque tous les professeurs furent séduits par son attitude noble et pleine de bon sentiment.

Il n'y avait malgré tout que pendant les entraînements matinaux que la différence de niveau entre lui et ses camarades se réduisait, notamment lorsqu'il fallait en venir à la force physique. Harry avait beau être talentueux dans tout ce qui concernait la magie, sa musculature elle était pour le moins quelconque et parfois même inférieure à celle de certains de ses camarades, ce qu'ils ne se gênaient pas pour le lui rappeler de temps à autre. Soulever de lourds sacs et courir à travers un dédale d'obstacles était bien plus compliqué qu'il n'y paraissait, et il s'en rendit compte très rapidement en constatant qu'à ce jeu là, il n'était pas le meilleur de sa promotion.

Le maniement du sabre et l'équitation étaient par contre deux domaines qu'il avait su maîtriser depuis longtemps : Un noble digne de ce nom devait apprendre dès son plus jeune âge à savoir pratiquer correctement cela, et à vrai dire, la seule difficulté que rencontra Harry depuis son arrivée à l'académie était de parvenir à grimper sur le dos de son cheval avec tout le poids de l'uniforme et du paquetage qu'il devait porter et installer sur le dos de l'animal. À ce rythme là, il ne faisait aucun doute qu'il parviendrait très rapidement à dépasser les espérances de ses professeurs, et lui-même en était on ne peut plus conscient.

Même les élèves plus âgés virent en lui un très bon élément de l'académie et purent se faire une idée de la personne qu'était Harry en le côtoyant, et ce même de loin. Harry attisa d'ailleurs leur curiosité moins de deux jours après son arrivée en vainquant en moins d'une minute un élève de quatrième année ayant eu le malheur de vouloir le défier en pensant là humilier un représentant de la noblesse. Bien mal lui en prit, son petit jeu tourna rapidement court, et c'est avec une cuisante douleur entre les jambes qu'il dut aller à l'infirmerie se faire soigner ses membres endoloris.

Le bizutage s'arrêta très rapidement depuis ce jour-là, et personne n'osa causer du tort au fils de Marie-Louise ou à ses camarades par peur des représailles que Gabriel de Bourbon pouvait orchestrer. Un certain respect vit même le jour chez eux pour lui, non seulement pour sa qualité de prince et pour l'histoire des deux familles dont il était le représentant, mais également pour ses capacités magiques qui firent le tour de l'école en peu de temps. Harry ne pouvait pas rêver mieux comme début d'année scolaire, et alors qu'il était pour le moins anxieux à l'idée d'intégrer cette académie il y avait encore trois semaines, il se sentait parfaitement intégré à présent et désirait déjà pousser plus loin sa chance et déjà se faire un nom pour montrer ce qu'il valait en situation de combat réelle. Malheureusement un soldat ne pouvait aller en guerre qu'à partir de quinze ans pour son grand désarroi, mais il espérait pouvoir raccourcir ce délai en impressionnant toujours plus ses supérieurs et en assimilant au plus vite ce qu'il pouvait encore apprendre d'eux. Aussi il n'était pas rare de le voir plancher durant son temps libre dans la bibliothèque et passer des heures le nez collé aux pages des manuels qu'il lisait et dont il mémorisait toutes les informations.

Mais si tout semblait au premier abord parfait, quelques points négatifs persistaient cependant au beau milieu de cet environnement accueillant, et le plus important était sans nul doute Gaston, l'irascible concierge qui s'était de toute évidence fait un devoir de lui mener la vie dure. Pas une journée ne passait sans qu'Harry ne soit la cible de l'une de ses insultes, et pas une semaine sans qu'il ne soit puni pour un manquement au règlement, la plupart du temps inventé par Gaston. Un couloir sale dans lequel il se trouvait ? La faute lui était attribuée. Une vitre brisée suite à un sortilège ratée ? Il était le coupable désigné et ce même s'il se trouvait à l'autre bout de l'école à ce moment là. Un élève criant trop fort ? Encore une fois, Harry faisait les frais du mauvais caractère du concierge. Les punitions qu'il subissait était d'ailleurs très fatigantes et le plus souvent demandaient énormément d'efforts comme lorsqu'il devait traîner de lourds sacs sur un parcours d'obstacles ou nettoyer toutes les vitres d'une aile de l'école sans utiliser la magie.

Mais malgré ces injustices, Harry ne s'en plaignit pas, et au grand dam du concierge, il accepta sans broncher ces punitions en esquissant même à de nombreuses reprises un petit sourire moqueur à son encontre pour le faire pester encore davantage. L'homme n'avait absolument aucune base en occlumancie, et il était très facile de pouvoir le mettre en colère : De toute façon même le plus infime désagrément le faisait hurler, alors Harry n'avait pas besoin de faire preuve de créativité pour le faire sortir de ses gonds.

L'animosité entre eux était connu de tous, même des professeurs, mais personne ne jugea bon de prévenir le directeur, et il était préférable de régler ses problèmes soi-même plutôt que de déranger les autres au risque de passer pour un faible à leurs yeux. La règle était simple et se résumait simplement à « débrouille-toi par toi-même et agis en homme », une règle que tout le monde, de la première à la dernière année de formation, suivait à la lettre et respectait scrupuleusement. Harry par conséquent choisissait de trouver une solution à ce problème épineux par ses propres moyens, et bien que pour l'instant il ne parvenait pas à trouver une idée pour faire passer l'envie à Gaston de l'injurier à l'avenir sans risquer une exclusion ou une punition dont il se souviendrait toute sa vie, il savait que tôt ou tard il parviendrait à renverser la vapeur et à régler définitivement le problème qu'il surnommait lui-même « concierge aigri et grincheux ».

Une seule autre personne parvenait à battre Gaston dans le classement des individus qu'Harry n'appréciait pas : Auguste Boulanger, son désormais rival attitré et pour son malheur voisin de dortoir. Le fait qu'il l'affronte d'ailleurs aujourd'hui en duel lui permettait d'avoir l'occasion de pouvoir s'amuser de lui et d'avoir la possibilité de lancer tous les sorts lui venant à l'esprit pour régler les comptes qu'il avait avec lui. Tout les opposait, du moins c'est ce que pensait Auguste, et si Harry avait bien tenté le premier jour de discuter avec lui en constatant que leurs lits seraient côte à côte, il revit rapidement ses ambitions à la baisse le concernant.

Issu d'un milieu plutôt modeste, Auguste était - comble d'ironie - fils de boulanger et d'une mère sorcière. Toute son enfance, il dut subir les longs monologues de son père pestant continuellement sur leurs mauvaises conditions de vie qu'il mettait sur le dos du précédent régime gouvernant le pays, et ce sans même se rendre compte que sa situation était bien plus aisée et valorisante que les pauvres paysans se tuant à la tâche chaque jour dans leurs champs et accumulant les maladies et les problèmes de santé au fil du temps. Son fils après bien des années de lavage de cerveau avait par conséquent approuvé les dires de son père et ne se gênait pas pour le montrer ouvertement et en particulier devant Harry.

Dès le premier jour, il ne se retint d'ailleurs pas pour lui exprimer toute la haine qu'il avait pour lui, et malgré la poignée de main tendue que lui offrait Harry lorsqu'il voulut sympathiser avec lui, il préféra au contraire cracher purement et simplement sur celle-ci avant de le traiter de « Collabo royaliste » et « d'ennemi du peuple ». Harry ne broncha pas à son insulte, mais il sentit dès cet instant qu'entre lui et ce garçon, l'entente ne surviendrait probablement jamais. Pour marquer le coup et afficher ouvertement la tension existant entre eux, Harry opta donc pour la solution de secours et essuya sa main recouverte de salive sur l'uniforme de son autoproclamé rival et ennemi avant de terminer tranquillement son installation dans le dortoir sans même se soucier de ce que pouvait ressentir Auguste.

Par la suite, les disputes entre eux se poursuivirent bien qu'elles furent pour la plupart orchestrée par Auguste, et pas une journée ne passait sans que ces deux là n'en viennent à invectiver l'autre à défaut d'utiliser leurs poings pour se faire respecter. Généralement, Harry préférait conserver un comportement irréprochable à ces occasions, et selon sa propre philosophie, le silence était le meilleur des mépris et témoignait d'une bien plus noble façon à une personne la haine que l'on éprouvait pour lui. Les rares fois où il répondait à ses provocations, Harry gardait un parfait contrôle sur ses émotions, et c'est en tenant des propos très imagés et plein de dérisions qu'il s'adressait alors à lui.

« Pourquoi donc t'obstines-tu à continuellement m'approcher et me conter toutes ces horreurs, Boulanger ? Il serait aisé de croire pour un esprit peu éclairé que tu éprouverais pour moi quelques sentiments amoureux te poussant à vouloir gagner mon attention, mais je suis au regret de t'annoncer que je ne mange malheureusement pas de ce pain là et qu'il m'est regrettable de te briser le cœur en piétinant l'amour que tu me portes » avait-il un jour lancé en faisant rougir de colère Auguste et hurler de rire les quelques étudiants présents autour d'eux.

Mais si Harry appréciait d'humilier Auguste en le tournant en ridicule, il devait admettre qu'il possédait néanmoins bien plus de cran et de courage que les autres élèves de l'école, et surtout bien plus de connaissance en matière de magie que leurs camarades de première année. Avoir une mère sorcière y était peut-être pour beaucoup, mais Auguste connaissait bien plus de sorts que les autres étudiants du même âge, et dans la hiérarchie des meilleurs étudiants, il parvenait à atteindre aisément la deuxième place sans même avoir besoin de montrer à tous l'étendue de son talent. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cette raison que son ressenti envers Harry semblait accroître au fil du temps et que la seule idée qu'il soit juste derrière lui dans le classement imaginaire des meilleurs élèves le faisait hurler de colère, mais Harry ne s'en soucia que très peu, trop occupé à poursuivre ses efforts et à surveiller du coin de l'œil Auguste en songeant que son rival pouvait très bien être le genre d'individu à attaquer les gens par derrière lorsque ceux-ci n'y prenaient pas garde.

Il était par conséquent et pour le moins amusant que ces deux là se retrouvent face à face pour un ultime duel dans lequel chacun avait un objectif personnel à atteindre : Affirmer sa position de meilleur élève pour l'un et faire chuter de son piédestal son adversaire pour l'autre et se proclamer ainsi au dessus de tous. Autant dire que le conflit des égos allait sous peu avoir lieu.

- Ceci est le dernier duel pour aujourd'hui, annonça le professeur Montmorency en les regardant simultanément. Je ne veux pas de bagarre, pas de comportement scandaleux portant atteinte à notre école et de remarques injurieuses au risque de recevoir une sanction exemplaire. Soyez irréprochable dans vos gestes tout comme dans vos paroles. Suis-je clair ?

Deux hochements de tête lui répondirent sans pour autant que ses deux élèves ne se quittent des yeux.

- Saluez votre adversaire selon les règles établies pour un duel magique, leur ordonna le professeur Montmorency.

Tous les deux s'avancèrent vers l'autre, et lorsqu'il ne resta que deux mètres les distançant, chacun sortit sa baguette de l'étui accroché à leur avant-bras pour la présenter devant leur visage de la même façon que des escrimeurs.

- Je vais te mettre une telle raclée que tu me supplieras d'arrêter ce duel, lui lança Auguste en souriant d'un air mauvais.

- Dans une bouche close, il n'entre point de mouche, répliqua Harry. Ta suffisance te perdra, Boulanger.

Harry eut la satisfaction de voir que ses paroles avaient touché son adversaire, et celui-ci devint soudainement rouge vif à mesure que la colère prenait le dessus sur sa raison et ses émotions. Des cours qu'il avait eus de la part de sa mère, une chose revenait très souvent : Le contrôle de soi qui, dans le cas contraire, pouvait altérer les capacités et les compétences en duel d'un individu et donner à son adversaire un avantage psychologique certain sur l'autre. L'issue d'un combat était par conséquent rarement à l'avantage du premier nommé, et Harry savait pertinemment que pour le moment, et bien qu'il n'ait pas encore combattu Auguste, il possédait une plus grande chance de réussite au terme de ce combat qu'auparavant.

- Reculez de dix pas désormais et attendez mon signal avant de pouvoir commencer à vous affronter, leur intima leur professeur en s'éloignant lui aussi pour aller rejoindre Marguerite Riva et le reste des élèves. Interdiction d'attaquer l'autre pendant qu'il a le dos tourné, tout comme il vous est défendu d'utiliser des sortilèges mortels contre votre adversaire. Tout le reste peut vous être utile, aussi utilisez tout ce que vous connaissez.

Les deux garçons hochèrent simplement et à nouveau la tête avant de respecter scrupuleusement les règles énoncées par leur supérieur. Leurs pas claquaient sur le parquet de la salle dans un silence de cathédrale, et chacun observait le mur vers lequel ils se dirigeaient non sans guetter le moindre signe derrière eux pouvant les informer d'une éventuelle attaque en traître Puis au terme des dix pas, tous les deux se retournèrent vers l'autre, le bras tenant la baguette tendu dans sa direction et les jambes légèrement écartées l'une de l'autre comme le feraient deux sabreurs.

- Êtes-vous prêts ? leur demanda Montmorency en regardant alternativement ses deux élèves. Commencez ! lança t-il d'une voix forte lorsque tous les deux confirmèrent qu'ils n'attendaient que son signal.

- Stupefix !

Auguste fut le premier à attaquer, et le sortilège d'un rouge éclatant qui sortit de sa baguette fonça directement vers Harry qui ne bougea même pas pour l'éviter. Celui-ci se contenta d'un simple mouvement de baguette de le dévier sans même prendre la peine de donner l'impression d'être totalement investi dans le combat, et à dire vrai, il semblait presque s'ennuyer. Son adversaire, surpris par son comportement, fut quelque peu déstabilisé par sa nonchalance, mais sans perdre une minute, il poursuivit ses assauts en envoyant cinq autres sortilèges en direction d'Harry.

- Allons Boulanger, tu peux sans doute faire mieux que ça ? le nargua néanmoins Harry en déviant à nouveau les sortilèges s'approchant de lui. Je croyais que tu voulais me donner une leçon, à moins que ce ne fussent que des affabulations sans lendemain ?

- La ferme Bourbon ! ragea l'autre en perdant rapidement ses nerfs. Expelliarmus !

Il était clair aux yeux de Harry que son adversaire n'avait absolument aucun plan établi pour le vaincre, pas plus qu'il n'avait préparé de tactique afin de venir à bout de lui. Sa stratégie se résumait au final à envoyer tous les sorts qu'il connaissait sans s'arrêter et sans même se soucier du niveau de magie qu'il possédait en lui au risque de se voir rapidement à court d'énergie. Lui de son côté se contentait de contrer les sortilèges en utilisant le charme du bouclier, non sans au passage anticiper les coups d'Auguste en utilisant la légilimancie contre lui pour deviner à l'avance tous les déplacements et sortilèges qu'il utiliserait. Le combat devint rapidement ennuyant pour lui, et l'excitation qu'il avait eue auparavant disparut rapidement pour laisser place à une franche lassitude.

Aussi Harry décida alors d'élever un peu le niveau, et d'un mouvement de baguette, il fit exploser le parquet devant lui pour laisser un trou d'une vingtaine de centimètres de diamètre. Les débris de bois eux volèrent dans tous les sens, et d'un autre coup de baguette magique, il parvint à transformer l'un d'eux en une roche suffisamment solide pour recevoir le sortilège de son adversaire qu'il plaça d'ailleurs dans la trajectoire de celui-ci. La rencontre entre la pierre et le sort ne tarda d'ailleurs pas et le choc fut parfaitement encaissé par le rocher qui se scinda en deux parties à ce contact.

Ne perdant pas de temps, Harry envoya les deux masses rocheuses dans la direction d'Auguste en prenant bien soin de ne pas le viser directement : Mieux valait après tout éviter de blesser sérieusement son adversaire même si le dit adversaire n'était pas quelqu'un qu'il appréciait. Surpris par cette contre-attaque, Auguste eut tout juste le temps de se jeter par terre avant que les deux morceaux de roche ne vinrent siffler près de ses oreilles pour terminer leur course quelques mètres plus loin. Boulanger profita d'ailleurs du bruit causé par les pierres sur le bois du parquet pour souffler de soulagement, mais il déchanta rapidement en voyant le parquet craqueler puis exploser à plusieurs endroits autour de lui.

L'espace d'un instant, il crut même qu'il se trouvait sur une plaque de bois fragile qui risquait à tout instant de céder sous son poids et de l'entraîner au fond d'un précipice, mais ses appréhensions se calmèrent légèrement en voyant plutôt apparaître d'étranges plantes semblables à des lianes et s'extirpant des crevasses et fissures ayant vu le jour tout autour de lui. Les lianes s'élevaient dans les airs de la même façon que des serpents et poursuivaient leur montée en se contorsionnant de la même façon que des danseuses du ventre. Puis, lorsqu'elles furent suffisamment hautes, les plantes se jetèrent immédiatement sur lui et avant même qu'il n'ait eu l'idée de tenter de s'échapper. Toutes s'enroulèrent sur son corps, lui immobilisant en quelques secondes seulement les chevilles et poignets et s'agrippant suffisamment à lui pour l'empêcher même de pouvoir remuer et tester la solidité de ses nouveaux liens.

Auguste se rendit compte à cet instant qu'il était complètement fichu, et dans sa chute pour éviter les deux rochers, il constata avec colère qu'il avait malencontreusement lâché sa baguette et se retrouvait désormais sans la moindre possibilité de fuite. Les plantes le firent se relever et le soulevèrent à quelques centimètres du sol, juste assez pour qu'il puisse faire face à son adversaire, un adversaire qui d'ailleurs ne parvenait pas à se départir d'un rictus moqueur à son égard.

Ce fut alors qu'il remarqua la position dans laquelle se trouvait Harry, et en quelques secondes seulement, il comprit alors qu'il s'était fait totalement roulé par ce dernier.

- Déjà fatigué, Boulanger ? lança sournoisement Harry. J'avais espéré m'amuser encore longtemps avec toi… Malheureusement il semblerait que je t'ai surestimé.

Dans un silence de cathédrale, Harry se mit alors à expliquer à toutes les personnes présentes la tactique qu'il avait mise au point pour faire basculer le combat en sa faveur, et tous écoutaient d'une oreille attentive ses paroles, même les professeurs.

- Vois-tu Boulanger, ton principal défaut est ton manque de contrôle sur tes émotions, et tu peux très facilement te laisser emporter par celles-ci si tu n'y prends pas garde, expliqua t-il d'un ton sérieux. Je savais qu'en me moquant de toi, tu serais amené à perdre patience et à laisser la colère prendre le dessus au risque de commettre de nombreuses erreurs causant ta perte, et c'est justement ce qui s'est passé. La colère t'a aveuglé, et tu es tombé très facilement dans le piège que j'ai mis en place contre toi. N'importe qui ayant gardé son sang-froid aurait pu aisément éviter le rocher que j'ai envoyé dans ta direction, mais toi, tu t'es jeté à plat ventre en anticipant trop tardivement mon geste, et je n'avais plus alors qu'à mettre en place la dernière pièce de mon édifice.

D'un geste de tête, il désigna alors sa baguette qu'il avait plantée au beau milieu du trou causé par l'explosion de tout à l'heure.

- Mon sortilège est une création de mon arrière-arrière-arrière Grand-mère la comtesse de Soissons Marie de Bourbon peu après qu'elle ait fait de nombreuses recherches sur une plante nommée « filet du diable ». Le principe est le même hormis le fait que je contrôle cette plante et qu'elle ne craint plus la lumière. J'ai pu ainsi sans même que tu ne t'en rendes compte faire apparaître cette plante sous le parquet de cette salle pour qu'elle vienne te ligoter entièrement et t'empêche de pouvoir te libérer. Le fait que tu ais perdu ta baguette n'est qu'un détail auquel je n'avais pas songé mais qui au final m'aura assuré une victoire totale sur toi. Maintenant, je pourrais très bien lui ordonner de te broyer les os en serrant tes liens, ou alors de te faire heurter violemment les murs ou le plafond au point que tu en perdes conscience… Ou alors, nous pouvons abréger cela en annonçant que tu abandonnes. Le choix t'appartient, Boulanger.

La perspective de se retrouver brisé en mille morceaux suffit à Auguste pour accepter la défaite, et sa tête s'inclinant légèrement fut une réponse suffisante pour Harry et pour les autres pour comprendre qu'il s'avouait vaincu. Son adversaire le détacha alors et fit disparaître presque aussitôt les longues lianes qui le retenaient. Boulanger s'effondra sur le sol, haletant légèrement du fait du manque d'oxygène occasionnés par ses liens et les yeux fixés sur le parquet sans qu'il n'ose les lever pour observer les réactions de ses congénères.

- Auguste Boulanger ayant souhaité abandonner le combat, la victoire revient donc à Gabriel de Bourbon, déclara solennellement le professeur Montmorency. Toutes mes félicitations jeune homme.

Presque comme un signal, Jules et Nicolas vinrent immédiatement féliciter à leur façon Harry en lui sautant dessus, tandis que le reste des élèves furent partagés entre applaudir simplement ou rejoindre leurs camarades pour célébrer avec eux cette victoire au bout du compte logique mais méritée. Finalement la plupart choisirent la deuxième option, et en un rien de temps, Harry se retrouva encerclé et complimenté de tous les côtés ; L'hostilité de la rentrée n'était plus qu'un mauvais souvenir désormais.

- Son niveau est de très loin supérieur à celui de ses camarades, argua le professeur Montmorency en observant curieusement Harry être félicité par ses amis. Cela ne m'étonnerait pas qu'il soit même capable de pouvoir rivaliser et vaincre des recrues de quatrième ou cinquième année.

- Et que suggérez-vous Félix ? lui demanda Marguerite. Qu'on le transfère directement de la première à la quatrième année ? Qu'on l'envoie tout comme les recrues de cet âge en campagne pour aller Dieu sait où ? Allons mon ami, il est bien trop jeune encore…

- Je n'avais pas cela en tête, rassurez-vous. Mais il est certain qu'il ne progressera pas sur le plan magique en continuant de suivre le même entrainement que ses compagnons, et nous sommes déjà plusieurs à avoir pensé cela ces dernières semaines. Il faudrait que j'aille m'enquérir de ce problème auprès du colonel Pajol afin que nous puissions trouver une solution satisfaisant toutes les parties. Ce jeune garçon a un fort potentiel, et il serait idiot de brider la marge de progression qu'il possède en lui en faisant en sorte qu'il poursuive la même scolarité que maintenant. Des cours plus poussés seraient par exemple la solution idéale pour lui, tout comme nous pourrions dans un avenir proche lui faire découvrir la réalité du terrain afin qu'il se prépare au mieux à ce que l'on attend de lui et de ses camarades.

- Hm… Attendons encore de voir ce qu'il est capable de faire avant de songer à cela. Cela ne fait que quelques semaines seulement qu'il est ici, et nous pourrions très bien trouver chez lui un problème pouvant l'empêcher pour l'instant de rejoindre ses camarades de régiment au combat.

- Oui attendons, ce serait le plus sage pour le moment, conclut d'un ton tranchant Félix. Messieurs, Garde à vous !

Les célébrations s'interrompirent aussitôt, et en moins de dix secondes, trois lignes parfaitement alignés firent face au professeur, chaque élève plus ou moins droit et parvenant à un résultat bien plus convenable que le jour de la rentrée. Aucun garçon n'avait en tout cas manqué de trébucher ou de s'emmêler les jambes en voulant se tenir correctement.

- Je souhaite vous féliciter encore une fois pour le travail accompli aujourd'hui, commença le professeur Montmorency en faisant les cent pas devant eux. Le niveau de certains ici laisse encore à désirer, mais je suis ravi de voir que vous parvenez déjà à mettre à profit les connaissances qui vous ont été transmises ces dernières semaines par vos professeurs. D'autres encore m'ont agréablement surpris dans leurs duels, et quant au reste, ils n'ont fait que confirmer ce que je pensais déjà d'eux auparavant.

Son regard se porta brièvement sur Harry, Auguste, et étonnamment Jules qui était parvenu à aller relativement loin dans ce tournoi.

- Ce tournoi avait en vérité deux objectifs : Premièrement, il était essentiel pour nous d'évaluer le niveau de chacun, et je ne parle pas seulement de vos capacités en magie et des sortilèges que vous connaissez et utilisez. La logique, la force physique ou encore votre comportement ont été également mis à l'épreuve afin d'évaluer vos capacités dans chacun de ces domaines, et forcé de constater que certains d'entre vous sont bien incapables de garder leur calme lorsque la situation ne tourne pas à leur avantage…

Ses yeux se portèrent quelques secondes sur Auguste qui fut bien incapable de soutenir le regard perçant que lui lança le professeur Montmorency.

- Agiter une baguette et manier un sabre ne sont pas les seules compétences que nous recherchons chez vous, et il est primordial que vous travaillez sur chacune des facettes composant votre personnalité tout comme il est essentiel que vous poursuiviez vos efforts pour progresser et gagner en expérience. Nous avons pu ainsi aujourd'hui savoir où étaient vos points forts, mais également vos points faibles et comment remédier à cela. Vos difficultés seront ainsi surmontées au fil du temps, et ce qui faisait autrefois votre faiblesse deviendra votre force.

Le professeur Riva se leva alors de son siège pour venir se poster à côté de son collègue pour leur faire face, un étrange sourire sur le visage.

- Le deuxième objectif concernait votre programme scolaire pour cette année, poursuivit-elle. Un premier examen vous sera donné au mois de novembre, et celui-ci s'avèrera très particulier puisque ce sera une mise en situation réelle de combat, un test pratique si vous préférez. En fonction de vos compétences et de vos capacités, vous serez divisés en deux groupes distincts mais d'égale importance que nous pourrons ainsi nommer formation bleu et formation rouge. Chaque groupe sera composé d'un chef ou comme les anglais l'appellent d'un leader qui sera en charge de la formation qu'il devra diriger. Il est par conséquent inutile de vous préciser que Messieurs Bourbon et Boulanger seront les deux meneurs.

Les têtes se tournèrent aussitôt vers les deux concernés, et bien des élèves espéraient déjà faire partie du groupe que dirigerait Harry lorsque l'occasion se présentera.

- L'objectif de cet examen sera simple : Vaincre son adversaire et conquérir ses positions. Pour cela, il vous sera demandé de mettre hors d'état de nuire tous vos ennemis, mais également de prendre la base qui leur sera attribuée. Il vous sera demandé de faire preuve de ruse, de logique, d'esprit d'équipe et d'intelligence pour parvenir à ce résultat, mais également de mettre à profit tout ce qui vous sera enseigné pour faire pencher la balance en votre faveur. Chaque détail compte, et tous doivent être analysés pour vous permettre de remporter la victoire.

Marguerite laissa un temps de pause pour permettre à ses élèves de réfléchir à ses paroles avant de finalement faire tomber le coup de grâce qui allait en alarmer plus d'un.

- Votre moyenne scolaire dépendra en grande partie du résultat que vous obtiendrez ce jour-là, mais sachez que chacun d'entre vous sera analysé sur la façon dont il a participé à cet examen. Un élève faisant partie de l'équipe gagnante mais n'ayant absolument rien fait pour cela aura par exemple une note mauvaise, et inversement. Sachez également que tous les membres de l'équipe gagnante se verront offrir une permission leur permettant d'aller retrouver leurs familles pour la période des fêtes de fin d'année. Quant au reste, ils resteront bien évidemment ici à réfléchir sur ce qui a pu causer leur défaite. Alors, soyez attentifs et assidus dans vos leçons pour préparer au mieux votre examen.

Personne ne prit le risque de marmonner sur les dernières paroles du professeur Riva et sur l'importance qu'aurait apparemment le résultat obtenu pour cette bataille arrangée. Cependant Harry pouvait aisément sentir les regards insistants sur lui des autres, et il n'eut pas besoin de la légilimancie pour comprendre que tous voyaient en lui le ticket leur permettant de retrouver leurs parents pour noël. La cloche de la chapelle sonna soudainement quelque part dans l'école, les interrompant tous dans leurs pensées, et étrangement plusieurs ventres se mirent à gargouiller à ce moment-là.

- Bon Dieu que le temps est vite passé, soupira Montmorency en allant revêtir sa redingote. Messieurs, il semblerait qu'il soit l'heure de manger, alors je ne vous retiendrai pas plus longtemps. Rompez !

- Vraiment Gab', il faudra que tu m'apprennes tout ces trucs avec une baguette ! s'exclama Nicolas lorsqu'ils sortirent de la salle pour se diriger vers le réfectoire. Tu aurais dû voir la tête de Boulanger tout à l'heure, c'était vraiment à mourir de rire ! Le pauvre va mettre du temps à se remettre de sa défaite !

- N'est-ce pas toi qu'il a battu en moins de 30 secondes ? argua Jules en le regardant d'un air irrité. Tu faisais moins le fier toi aussi à ce moment là.

- Oh la ferme Rivelli ! Tu as vraiment le chic pour me casser les pieds quand je suis de bonne humeur !

- Je ne faisais que te rappeler que tu n'es pas en droit de pouvoir fanfaronner comme un prince alors que tu as été ridicule tout à l'heure. Tu pensais vraiment que le sortilège de lévitation pouvait te faire gagner ?

- Je voulais le faire léviter lui ! Comme ça, je l'aurais soulevé suffisamment haut pour le faire tomber et l'assommer !

- déclara Monsieur-Je-ne-sais-même-pas-faire-léviter-une-plu me ! répliqua t-il en haussant lui aussi le ton. Bête comme tu es, tu aurais été capable de te faire léviter toi-même en croyant viser l'autre !

Leur dispute continua longtemps et sans même qu'Harry y participe. Lui de son côté préférait s'intéresser à ce que lui réservait les prochaines semaines et en particulier cet examen pratique au cours duquel il devra montrer ses capacités de commandant et faire preuve de suffisamment d'intelligence pour parvenir à réussir cette épreuve. Dix-sept élèves compteraient sur lui, et l'erreur n'était pas permise s'il souhaitait revoir sa mère à noël. Alors, avant même que cette journée d'examen n'arrive, il décida de commencer dès maintenant à réfléchir à une bonne stratégie en commençant déjà à analyser à son tour les forces et faiblesses de chacun de ses camarades de promotion : Mieux valait le savoir au plus tôt pour les aider à palier leurs lacunes et parvenir très tôt à devenir un groupe préparé et soudé face aux difficultés qui s'annonçaient. Restait maintenant à connaitre au plus vite le nom des élèves l'accompagnant dans cette tâche, et le plus tôt serait le mieux.


Et voilà ! Donc avant que je n'oublie, voilà les petites anecdotes :

- L'éventail et les mouches : Je n'invente absolument rien, bien que pour ce qui est de l'éventail, ce moyen de communication est surtout apparu au début du XIXème siècle dans les cours européennes. D'ailleurs quand j'y pense, je trouve que les films traitant de cette époque utilisent plutôt mal cet objet ^^. Je vous aurais bien donné le site où j'ai déniché cela, mais Fanfiction ne l'affiche malheureusement pas. Pour ceux que ça intéresse, tapez simplement " langage des éventails " sur Google. Personnellement je ne me doutais pas que ce soit aussi compliqué et que les grains de beauté avaient en vérité une signification particulière !

- Le système dans la salle de bain de l'école : C'est la douche tout simplement ! Cependant celle-ci a été inventé en 1872 alors que nous sommes dans mon histoire en 1800. Nous n'aurons qu'à dire que les sorciers sont en avance sur les moldus, ou alors qu'ils ont crée l'ancêtre de notre douche commune.

- Harry est effectivement apparenté à la comtesse de Soissons, d'ailleurs en regardant attentivement l'arbre généalogique de Marie-Louise et du prince de Carignan, on constate qu'ils sont de très lointain cousins (comme quoi la consanguinité ne se résume pas qu'aux nordistes ^^). Je me suis également penché sur les nouveaux ancêtres d'Harry, et j'ai été plutôt surpris de constater qu'il était apparenté à la monarchie espagnole, portugaise, autrichienne et française... Si les Malefoy se targuent d'avoir un sang pur, Harry lui peut se vanter d'avoir un sang très royal... à vous de décider lequel est le mieux.

Vous noterez que je fais un petit commentaire sur la puissance de Rosie et Harry : Lily serait-elle issue d'une ancienne famille magique ? Est-ce un simple hasard ? Mystère... J'adore en créer de nouveaux ^^.

Vous avez également pu enfin voir un échantillon de ce que maîtrise désormais Harry en terme de magie, surtout qu'il n'a pour l'instant pas fait usage de magie sans baguette : On va cependant éviter de tomber dans le cliché du héros indestructible qui détruit d'un simple geste de la main tous ses ennemis. Nous verrons d'ailleurs davantage de magie à partir de maintenant, notamment lors de cette bataille entre élèves durant laquelle toutes les compétences seront nécessaires.

Quant à l'adoption de Rosie, vous verrez bien si elle arrive à terme et si Lily accède à sa requête. Malgré tout comme l'indique Louise-Elisabeth dans le chapitre, tout le monde moldu saura qu'elle est une enfant issue d'une union postérieure à la mort de l'époux de Marie-Louise, et par conséquent, que les difficultés seront plus grandes pour Rosie si jamais elle devenait véritablement sa fille (Qui est le père/ Quelle est sa condition/ Pourquoi l'a t-elle caché etc...)

Prochain chapitre dans... Hm... Bon je ne vais pas vous donner de faux espoirs en affirmant qu'il sera prêt la semaine prochaine, mais je vais faire de mon mieux pour essayer d'arriver à cette échéance. Vous verrez si j'y suis parvenu à ce moment-là !

à bientôt les amis !