ENFIN ! ENFIN TERMINÉ ! (FINALLY comme le dirait un certain catcheur)... Heu... Pardon j'ai oublié de vous saluer... Hm hm... Salut à tous ! J'espère que vous vous portez bien ? Personnellement pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, je suis ravi d'avoir enfin terminé le chapitre que je vous propose aujourd'hui. J'ai à chaque fois l'habitude de dire que le chapitre a été difficile à écrire, mais celui là... Pffffouh, je suis pas mécontent d'en être venu à bout !
Alors tout d'abord, je suis absolument désolé pour le délai d'attente, c'est vraiment pas sympa de ma part (surtout que je vous avais assuré il y a trois semaines que je vous le postais à ce moment là... au final il m'aura fallu 21 jours supplémentaires).
Disons que j'ai fait beaucoup de recherche dessus (j'en suis carrément arrivé au point où j'ai fait des repérages via Google Map pour vous présenter un peu la scène où se déroule l'action), j'ai également eu des problèmes informatiques (déjà mentionnés) et... J'ai souffert d'une maladie chronique à notre époque qui s'appelle la flemmingite aigu (doublé d'une démotivation chronique et d'une flemmardise foudroyante... J'ai été très malade comme vous pouvez le voir).
En tout cas, j'espère que l'attente aura été bénéfique et que vous apprécierez ce chapitre à sa juste valeur. Je me demande d'ailleurs si je dois répondre à vos commentaires vu le temps que ça m'a pris pour vous pondre ça... Peut-être que certains ne se rappelleront même pas de ce qu'ils ont écrit !
Sinon je tenais à remercier les quelques lecteurs qui m'ont poussé à reprendre mes études... J'ai été accepté en Licence d'histoire, et c'est grâce à vous ! Si vous ne m'aviez pas dit d'essayer pour pouvoir travailler plus tard dans une branche que j'aime, j'en serai probablement encore à trouver un job à pôle emploi... Vous avez su égayer ma semaine en tout cas ^^.
Je tiens également à vous informer que je n'abandonne pas ma fiction " Une autre destinée pour l'élu " : Je m'y remet en priorité dès demain ! Il est grand temps que je la mette à jour (et que j'arrête de sans arrêt reporter ce que j'ai à faire).
Maintenant comme dernier point, vu la longueur du chapitre et la difficulté qu'il m'a donné, je ne serai pas étonné qu'il y ait des trous ou des phrases incomplètes : N'hésitez pas à me les indiquer, ça m'arrangerait (et ça rendrait la lecture plus agréable pour les autres lecteurs).
Enfin je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, alors je vous souhaite une bonne lecture !
Cela faisait bien une heure qu'Harry admirait le toit de la tente dans laquelle il dormait sans même sourciller. Du moins, admirer était un bien grand mot : l'observer d'un air absent serait plus judicieux compte tenu des circonstances. La toile grise n'avait pour ainsi dire rien d'intéressant valant la peine de s'attarder sur elle, mais l'absence de toute décoration ou ornement avait au moins le mérite de ne pas le distraire des préoccupations qu'il rencontrait actuellement et sur lesquelles il s'interrogeait également au point d'en troubler son sommeil.
Mais la situation à laquelle il était confronté depuis deux jours suffisait en elle-même à jouer continuellement avec ses nerfs en plus d'être particulièrement éreintante pour son corps peu habitué à dormir en plein air. Le froid, le manque d'hygiène, le manque de sommeil et l'absence pour l'heure de résultat dans sa quête avait ainsi instauré un climat de tension entre lui et ses camarades, tous amers devant ce début d'échec, et ce d'autant plus que la récompense à la clef de ce qu'ils étaient en train de faire valait son pesant d'or.
L'examen avait finalement lieu, et de son propre aveu, Harry n'avait même pas vu le temps passer jusqu'à ce jour. Il faut dire que s'entraîner d'arrache-pied tous les jours dans la continuité de ce qu'on lui imposait depuis septembre maintenant permettait au moins de ne pas s'attarder sur des sujets secondaires pour ne se concentrer que sur l'essentiel : La réussite de cette épreuve. Les activités physiques avaient redoublé depuis l'annonce de cet examen, et presque tous les matins, Harry ainsi que ses camarades avaient eu à parcourir de longues distances à pied, soulever de lourds sacs remplis de pierres tout en évitant les pièges tendus par leurs instructeurs pour compliquer leur tâche ou encore à survivre à un véritable parcours du combattant dans lequel les vêtements avaient peu de chance de rester propres et secs. Quant aux cours de magie, ils n'étaient pas en reste, et si bien des élèves avaient encore du mal à faire la liaison entre deux lettres ou à découvrir le son que provoquaient ces mêmes lettres entre elles, l'apprentissage lui avait subi une évolution positive puisque les premiers travaux pratiques avaient lieu depuis quelques semaines afin d'évaluer les capacités d'interprétation et de mémorisation des jeunes recrues en quête de savoir.
La raison pour laquelle leur enseignement avait été aussi bouleversé était évidente, bien qu'aucun professeur ne se donna la peine de la formuler ouvertement, mais l'examen de novembre approchant, chacun avait en tête de préparer au mieux chaque élève afin de le rendre opérationnel pour le jour J, jour qui arriva rapidement selon leurs propres dires.
Sous la supervision du directeur de l'école en personne, cette épreuve de survie devait en fait mettre à profit tout ce qu'on leur avait enseigné depuis trois mois maintenant, et chaque détail comptait : Du simple sortilège de lévitation aux premiers sorts offensifs, tout devait y passer, et la réussite à cet examen dépendait en grande partie de l'assimilation de tout ce qu'on leur avait inculqué. Tout y était d'ailleurs regroupé : Les dures conditions de vie, la géographie du paysage qui leur était hostile, la vie en communauté et ses désagréments, la tension omniprésente qui rendait tout le monde aussi tendu qu'un arc ou encore la peur de l'échec, tout cela donnait un savant mélange qui laissait un goût amer à toutes les recrues.
Harry lui-même commençait à trouver le temps long, et les reproches qui fusaient de temps à autre à son encontre par rapport à leur absence de résultat le rendait encore plus irascible que d'ordinaire. Pourtant Harry était considéré comme quelqu'un de très calme, prévenant et gentil, à l'écoute du moindre problème et faisant preuve d'une rare intelligence même dans les situations les plus difficiles. Mais trouver un groupe d'ennemis dans une forêt de plusieurs dizaines voir centaines d'hectares avait eu raison de sa patience, et ce en seulement deux jours.
L'examen devait durer une semaine, ce qui lui laissait encore cinq jours pour dénicher et capturer non seulement Auguste Boulanger, mais également les dix-sept autres élèves l'accompagnant et le camp qui était le leur.
L'objectif semblait simple à première vue, et même Harry tomba dans le panneau en l'apprenant, mais maintenant qu'il était dans le feu de l'action, cette simple tâche s'avérait être aussi compliqué que d'obliger Matthew à faire un régime, et même sa magie ne pouvait l'aider à venir à bout des éléments naturels qui venaient s'ajouter à la difficulté de son épreuve.
Pour l'heure il ne parlait pas encore d'échec - après tout, l'examen n'était pas terminé - mais le temps défilant ne jouait pas en sa faveur, et s'il souhaitait retrouver sa mère et les serviteurs du château qu'il considérait tous comme faisant partie de sa famille, il fallait au plus vite trouver une solution à cet épineux problème.
- Plus facile à dire qu'à faire, marmonna t-il sombrement en passant ses mains derrière sa tête. Si au moins nous avions le plus infime petit indice pour nous aider à les trouver, nous n'en serions pas là.
Pourtant, Harry était loin de ne rien avoir fait, et les runes qu'il avait creusées dans la pierre, dans le bois ou à même le sol dans chaque recoin de forêt que lui où ses coéquipiers avaient fouillé pouvaient en témoigner : Le champ de force ainsi crée par la liaison de chaque rune entre elles s'étendait à présent sur plusieurs kilomètres, entourant totalement leur campement et même bien au-delà, et toute intrusion ennemi lui aurait été immédiatement rapportée. Mais pour le moment, Même Boulanger semblait ne pas avoir réussi à s'approcher de lui, ce qui le soulageait légèrement.
Un étrange petit son aigu lui fit tourner la tête sur sa gauche, là où se trouvait depuis quelques heures Archimède qui se remettait du long trajet qu'il venait d'accomplir pour lui délivrer une nouvelle lettre en provenance de son foyer. Le pauvre animal avait parcouru une distance considérable en bravant le mauvais temps qui s'était abattu sur le pays, et c'était un oiseau trempé et avec de nombreuses plumes abîmées par les bourrasques de vent qu'il avait recueilli la veille juste avant de prendre congé de ses camarades. Pour l'heure Archimède se reposait tranquillement au sommet d'une armoire renfermant son paquetage et une partie de son uniforme sans se soucier un seul instant du fait que son deuxième maitre pouvait éventuellement avoir besoin de lui pour transmettre un message à ses proches, mais de toute manière Harry n'avait pas en tête pour l'instant de penser à envoyer une nouvelle lettre à sa mère. Il n'était d'ailleurs même pas certain que l'envoi ou la réception de courrier pendant cet examen soit autorisé, mais il était à présent trop tard pour y songer.
La lettre qu'il avait d'ailleurs reçue la veille eut le don de mettre un peu de baume dans son cœur et de lui faire oublier un instant la dureté de la situation dans laquelle il se trouvait, sans compter qu'avoir des nouvelles d'une partie de sa famille était en soi le meilleur des remèdes pour supporter la fatigue et le stress qui s'invitaient dans cet examen. Il était après tout plaisant d'avoir des nouvelles de ses proches, et chaque mot, chaque phrase et même chaque signe de ponctuation qu'il avait eu sous les yeux agissaient comme un stimulant l'aidant à garder la tête au dessus de l'eau pour ne pas sombrer dans la mélancolie faisant suite aux longues séparations.
Harry s'étonnait lui-même de ne pas avoir ne serait-ce qu'un seul instant laissé échapper quelques larmes les nombreuses fois où il avait une tendre pensée pour ses deux mères, sa sœur et sa fiancée quand certains de ses camarades s'étaient eux déjà laissés aller aux pleurs en quémandant la présence d'un proche lorsque la réalité de l'académie leur semblait trop lourde à supporter. Sa relation avec eux et les dures réalités de la vie lui avaient-elles forgé une carapace contre ça, ou était-ce simplement ses leçons d'occlumancie qui l'avaient rendu insensible à l'éloignement familial ? Difficile à dire, mais même s'il ne laissait jusqu'à présent rien transparaitre, sa famille lui manquait quand même, aussi bien celle qu'il formait avec Lily que celle qu'il avait pu créer avec sa deuxième mère.
Toujours est-il qu'en pareille circonstance, Harry apprécia grandement cette fameuse lettre, même si son contenu fut pour le moins déroutant : En plus des traditionnelles nouvelles et autres recommandations d'usage qui seyaient à son rang, il trouva en toute fin une phrase énigmatique qui eut le don de le faire cogiter longuement sur sa signification.
« Une agréable surprise vous attendra à votre retour, celle que l'on attend le moins, que l'on envie mais qui nous semble inaccessible et qui se présente à nous lorsque l'on y prend point garde. Je reste persuadée qu'elle saura vous apporter autant de joie qu'à moi et que saurez apprécier à sa juste valeur cet inestimable présent. »
Sa mère avait le chic pour se faire désirer et parvenir à titiller sa curiosité, sans compter qu'à présent, un autre mystère s'ajoutait déjà aux nombreuses questions qu'il se posait continuellement quant à sa scolarité, aux activités qu'il serait amené à effectuer à l'avenir et aux fonctions professionnelles qu'il sera en charge de remplir lorsque le temps sera venu pour lui de gravir les marches de l'immense escalier qu'était son horizon politique.
- Oooh mère… Pourquoi vous donnez-vous tant de plaisir à me tourmenter l'esprit ? maugréa t-il en soupirant. Peut-être n'est-ce qu'un simple animal, mais je vous imagine mal vous ébahir devant un cheval ou un chien. Tu le sais n'est-ce pas Archimède ? ajouta t-il en se tournant à nouveau vers son faucon.
Celui-ci piailla de plus bel, mais Harry eut l'étrange impression que c'était davantage pour se moquer de lui que pour confirmer son accusation.
- Tu ferais moins le bellâtre si je pouvais lire dans ton esprit, dit Harry la mine renfrognée. S'il s'avérait que tu en avais un soit dit en passant…
Cette fois-ci, Archimède se fit entendre, mais ses cris semblaient davantage indiquer une certaine forme d'indignation qu'auparavant. Harry ne put s'empêcher alors d'éclater de rire avant de se lever de son lit de fortune pour aller caresser son compagnon de nuit.
- Allons Archi, tu sais bien que je me moquais de toi. Tu es sans nul doute possible l'oiseau le plus intelligent, le plus fort et le plus malin qu'il m'ait été donné de rencontrer dans ma courte vie.
L'oiseau se calma aussitôt et se laissa volontairement aller aux douces caresses de son deuxième maitre, maitre qui mit fin à cela quelques secondes plus tard lorsqu'il jugea nécessaire à présent de réveiller tout le campement pour se préparer à une nouvelle journée d'investigation dans cette immense forêt.
Se chaussant de ses bottes, Harry se lava très brièvement le visage en s'aspergeant de l'eau contenue dans la bassine qui lui servait depuis quelques jours maintenant de lavabo. La propreté était le cadet de ses soucis pour le moment, mais tandis qu'il terminait sa courte toilette, il s'imagina un instant les regards horrifiés de ses dames de chambre qui hurleraient au scandale devant le manque d'hygiène du prince qu'elles avaient pendant si longtemps lavé elles-mêmes.
- J'éviterai de leur parler de cela lorsque je les reverrai, marmonna t-il en s'épongeant le visage avec une serviette avant de se diriger vers la sortie de sa tente en prenant au passage sa lourde redingote écarlate et son sabre.
Le temps était frais et humide, ce qui n'arrangeait en aucune manière son humeur déjà maussade et ses à-priori déjà négatifs sur la journée qui s'annonçait. La nuit avait pourtant était calme bien qu'agrémentée de temps à autre par une petite averse ne durant rarement que plus de quelques minutes, mais cela avait cependant suffit à rendre le terrain de la clairière dans laquelle ils se trouvaient boueux et glissant. Le ciel lui-même était d'un gris clair sans la moindre once de lumière, et le brouillard qui s'était installé sur toute la région rendait difficile l'observation des alentours même pour un œil avisé. Harry se serait bien laissé aller à employer le langage de Nicolas pour une fois en décrétant que cette journée allait être « pourri », mais un tel mot sortant de sa bouche n'était pas concevable, et ce même à plusieurs centaines de kilomètres de sa tante qui aurait pu lui savonner la bouche pour cet écart de conduite. Pourtant ce mot caractérisait le mieux l'état pitoyable de l'endroit où il se trouvait.
Son regard se porta alors sur le feu de bois que s'obstinaient à entretenir deux de ses camarades, et ce malgré l'humidité persistante de l'air et l'état des vêtements et des couvertures qu'ils avaient enroulées autour d'eux. Harry eut presque pitié de l'état misérable dans lequel ils se trouvaient, mais les rondes de nuit étaient nécessaires pour veiller à la sécurité du camp et de ses occupants, et le feu pouvait s'éteindre à tout moment si personne ne l'avait surveillé, et malheureusement pour eux, ils avaient de toute évidence eut le malheur d'être les heureux gagnants de l'averse de pluie ayant mis à mal l'étanchéité de la terre sur laquelle ils marchaient.
Par chance, leur feu de camp avait tenu bon, et même le morceau de toile installé au dessus de lui grâce aux quatre piques l'entourant et s'enfonçant légèrement sous le poids de l'eau qu'il avait accumulée n'avait pas réussi à faire taire le brasier qui continuait en toute tranquillité à s'animer au gré des bourrasques de vent. On ne pouvait cependant pas en dire autant du reste du camp et en particulier des chevaux qui, bien qu'ayant été installé sous les arbres pour les protéger sommairement du mauvais temps, se retrouvaient totalement trempés et les sabots enfoncés de plusieurs centimètres dans la boue.
Face à ce triste spectacle, Harry espérait sincèrement terminer au plus vite cet examen, et bien qu'il sache pertinemment que les guerres pouvaient se dérouler à certaines reprises dans des conditions semblables voir pires que maintenant, le simple fait de s'imaginer avancer à travers l'Europe sous des trombes d'eau et à la merci de la moindre intempérie le faisait frémir d'angoisse. L'Europe de l'Est était particulièrement humide et froide à cette époque de l'année, et Harry plaignit les nombreux soldats luttant du côté des Alpes Autrichiennes qu'il n'enviait absolument pas pour la situation dans laquelle ils se trouvaient : À côté de ça, leur examen était une merveilleuse promenade de santé.
Il fallait cependant mettre au plus vite un terme à cette fameuse promenade, et la première chose à faire était de savoir si quelque chose de particulier s'était déroulé cette nuit pendant qu'il dormait, et pour cela ses deux veilleurs remplissaient parfaitement leur fonction d'informateurs.
- Rien à déclarer ? leur demanda t-il en faisant mine de ne pas avoir remarqué les sursauts de stupeur de ses deux coéquipiers.
- Rien du tout, répondit l'un d'eux en se tournant vers lui, la respiration légèrement haletante. La nuit a été très calme…
- Vous êtes là depuis combien de temps ? s'enquit-il d'un ton soucieux, peu désireux d'avoir deux camarades épuisés pour l'épauler aujourd'hui.
- Hm… nous avons pris notre tour de garde il y a au moins deux heures, mais nous n'avons rien pour le vérifier, déclara le second en jetant une nouvelle bûche dans le brasier déjà bien fumant.
- J'aurais dû vous prêter ma montre, soupira Harry. Mais maintenant que vous êtes là, j'aimerais que vous alliez réveiller les autres et que vous leur ordonniez d'aller se laver brièvement avant de me rejoindre dans ma tente le temps que je prépare ce qu'il faut pour mettre au point une nouvelle stratégie. Si quelqu'un vous le demande ou se montre réticent à l'idée d'être levé aux aurores, rappelez-lui que sa note dépendra en partie de moi et que le comportement de chacun sera rapporté à nos instructeurs, qu'il soit bon ou mauvais. Mieux vaut être prêt le plus rapidement possible afin de pouvoir surprendre l'adversaire au moment où il s'y attend le moins, et la paresse n'est pas de mise dans ce genre de situation.
- Entendu ! dirent-ils en chœur avant de se diriger chacun vers une tente pour en déloger ses occupants.
Harry les regarda partir, puis lorsqu'il se rappela de la longueur que prenait l'ensemble de sa troupe pour se laver, il s'adjugea un peu de temps pour lui-même poursuivre sa toilette et préparer du mieux possible leur prochaine réunion. Sentir la sueur n'était certainement pas envisageable maintenant, et bien que n'ayant pas autant d'attrait pour la propreté et l'apparence que les femmes qu'il connaissait, se sentir propre et sentir bon était quand même le minima qu'il se fixait. Au final, il mit presque autant de temps que les autres pour se préparer une seconde fois, mais le sentiment qui en ressortit valait amplement ces longues minutes de nettoyage intensif. Il retrouva une demi-heure plus tard ses camarades près de leurs tentes, tous habillés avec soin et terminant les préparatifs de leurs tenues, notamment le ruban rouge que chacun accrochait à son poignet et qui était la couleur de reconnaissance pour chaque membre de leur équipe.
- Tout le monde est là ? demanda t-il en les dévisageant tour à tour dans l'attente d'une réponse.
- Rivelli est encore derrière, lui répondit un petit brun à l'air constamment boudeur du nom de Thomas Joly. Il se pouponne je crois… Une vraie fillette !
Harry fit mine de ne pas avoir entendu sa dernière remarque, bien que de son propre aveu, la tendance à toujours se laver après les autres et de préférence à l'abri des regards comme s'il craignait une quelconque remarque sur son physique avait le don de l'agacer par moment. Il n'était d'ailleurs pas rare depuis le début de l'année scolaire que son ami soit le premier ou le dernier à se laver, mais jamais il ne prenait son bain avec un autre, ce qui était pour le moins déconcertant selon lui. Mais personne ne le questionna jusqu'à présent sur son étrange comportement et chacun respectait les secrets de l'autre par soucis d'instaurer un climat propice aux relations amicales au sein de leur groupe.
- J'espère que nous trouverons enfin Boulanger et son équipe, marmonna Nicolas en frappant du pied dans une touffe d'herbe. Pas que je m'ennuie, mais on se les gèle à la longue dans cette forêt, et je commence à en avoir marre de tourner en rond sans trouver la moindre piste pour les débusquer.
- Nous avons de quoi tenir encore une semaine grâce aux vivres que nous ont laissé les instructeurs Montmorency et Riva, alors ne t'étonne pas si nous ne parvenons à les repérer aujourd'hui, argua Harry en faisant à présent les cent pas devant eux. J'aurais cependant aimé pouvoir commencer notre petite réunion au plus vite, mais sans Jules, nous ne pouvons qu'attendre pour le moment…
- Oh allez Gabi, on peut commencer sans lui ! affirma son ami sous les hochements approbateurs des autres. Nous n'aurons qu'à lui dire ce qu'il aura raté le temps qu'il termine sa toilette pour éviter de perdre du temps !
Harry les regarda quelques secondes, le temps pour lui d'assimiler ce que venait de lui dire son ami et de peser le pour et le contre de sa proposition, puis hocha simplement sa tête lorsqu'il déduisit que l'intérêt de groupe prévalait sur celui d'un seul individu.
- Allons-y dans ce cas, dit-il en démarrant sa marche vers sa tente. Nous avons encore beaucoup de travail sur lequel nous plancher, et si nous voulons mettre un terme à cette épreuve aujourd'hui, il nous faudra y réfléchir longuement et revoir au passage notre stratégie.
- Hé ! Attendez ! s'écria au loin le dernier membre de leur équipe en manquant de tomber à plusieurs reprises durant sa course.
Tous se retournèrent vers lui, et à la vue des dizaines de visages réprobateurs qui l'épiaient, Jules se fit soudainement moins pressant à vouloir les rejoindre et rejoignit finalement le groupe la tête basse et la démarche hésitante.
- Que tu es long Jules ! maugréa Nicolas en profitant d'une rare occasion où il pouvait prendre l'ascendant sur lui. La prochaine fois, nous demanderons à Gabriel de te réveiller une demi-heure avant nous pour que tu sois prêt à temps !
Pour une fois, Jules ne répondit rien à sa remarque, lui-même se sentant coupable aux yeux des autres et se sachant également responsable de son retard. Harry lui ne l'accabla pas davantage de reproches bien qu'il n'en pensait pas moins. Aussi préféra t-il couper court à la prochaine joute verbale dont Jules serait le sujet principal et les enjoignit d'un geste de la main à le suivre jusqu'à ses quartiers.
- Fillette…, entendit-il malgré tout de la bouche de Thomas alors qu'il relevait la toile de tente en permettant l'accès.
Quelques secondes plus tard, tous étaient regroupés autour de la petite table sur laquelle Harry avait disposé une carte de la région et attendaient avec plus ou moins de retenue que celui-ci ne donne ses nouvelles directives. Chacun admira au passage le travail effectué sur la large feuille de papier, et si quelqu'un espérait trouver des informations sur les moindres recoins de Metz et de ses environs, alors cette carte pouvait largement faire l'affaire. Tout y était représenté, que ce soit les petits villages alentours, la Moselle et ses différents affluents et cours d'eau, les différentes forêts de la région et même les quelques massifs montagneux bordant la Lorraine et l'Alsace.
La seule particularité qui contrastait sur la carte était la couleur de la forêt qui, selon les endroits, passait du vert habituel à un rouge sang délimitant se situant au nord de leur campement et recouvrant malgré tout une bonne partie de cet emplacement, mais personne ne sembla étonné par ces différences de couleur, encore moins lorsqu'Harry peignit de lui-même avec sa baguette magique un autre recoin de la forêt qui entourait un petit drapeau symbolisant l'emplacement de leur propre base.
- Ordre du jour : Trouver et éliminer nos adversaires, énonça Harry en bloquant l'un des coins de la carte avec l'encrier se trouvant à sa portée. Cela ne changera pas des derniers jours.
- Plus facile à dire qu'à faire, maugréa aussitôt Thomas d'un air pessimiste. Nous ratissons cette forêt depuis des jours, et on a autant de chance de trouver Boulanger et les autres que de voir la sainte vierge apparaitre devant nous !
- Alors continuer de prier la vierge Marie parce que je puis t'assurer que nous mettrons la main sur eux, répliqua d'une voix sourde Harry en le fusillant du regard. Tout est une question de volonté et de détermination, et si tu ne te sens pas capable de chercher une journée supplémentaire nos adversaires, alors tu peux retourner à l'académie dès maintenant, je ne te retiendrais pas. Ne t'avise cependant pas de me rejeter la faute de l'échec de cette épreuve ainsi que ta mauvaise note, je n'aurais fait que t'attribuer le résultat qui m'aura semblé le plus juste au vue de tes exploits.
Son équipier garda le silence et se contenta de ruminer sa mauvaise humeur en croisant les bras. Harry lui regarda l'un après l'autre ses camarades en les défiant d'un simple coup d'œil de l'interrompre à nouveau ou de contester ses directives. L'effet était en tout cas réussi car pas un n'osa prendre la parole ou ne tenta de bouger par peur de s'attirer les foudres de leur supérieur.
- Donc comme je le disais, nous allons continuer les recherches et nous nous concentrerons exclusivement sur cela aujourd'hui. Tout le monde se chargera de trouver une quelconque piste pouvant nous aider, même la plus petite, même la plus insignifiante. Personne ne doit être seul : Un individu isolé et sans défense est à la merci de tous les dangers. Comme hier, nous allons par conséquent former des groupes de trois personnes rassemblant à chaque fois une recrue plus puissante que les deux autres afin d'assurer leur sécurité. Si vous rencontrez un danger, prévenez les autres en utilisant le sortilège que nous a appris le professeur Louvet. Vous le connaissez tous désormais, je me trompe ?
- Bien sûr, assurèrent-ils tous en chœur en se remémorant brièvement la formule du fameux sortilège.
- Excellent, approuva t-il en reportant son attention sur la carte. Je propose que nous couvrions cette zone aujourd'hui en partant de l'est pour arriver jusqu'au bois de Dampvitoux, puis nous remonterons cet affluent de la Moselle en contournant le bois de Dommartin jusqu'à notre position actuelle…
- Mais… Mais c'est un immense détour ! se plaignit l'un de ses camarades en soupirant. Nous aurons mis la main sur eux à noël à cette allure, sans compter que l'on pourrait se perdre !
- As-tu une autre solution à nous proposer Lefebvre ? répliqua Jules en le fusillant du regard. Et puis je te rappelle que nous avons déjà fouillé cette partie de la forêt hier, ajouta t-il en montrant du doigt l'étendue rouge sur la carte se trouvant au dessus de leur camp de base. Estimes-toi heureux que nous n'ayons plus cela à fouiller également ! Maintenant si tu faisais aller ton cerveau, tu saurais qu'en remontant cet affluent, nous atteindrions La Moselle, et par conséquent que nous aurions davantage de chance de les croiser au détour d'un chemin que si nous nous enfoncions au cœur de la forêt !
- Et qu'est-ce qui te fait penser ça ? intervint Thomas en le regardant dédaigneusement.
- C'est très simple : Nos instructeurs ne les auraient jamais laissés dans un endroit dépourvu de la moindre source de nourriture et d'eau, donc il nous faut continuer à fouiller les rives de la Moselle à la recherche de leur campement. Si tout comme nous ils ont été installés près d'un cours d'eau pour qu'ils puissent s'abreuver à leur bon plaisir, alors ils ne peuvent se trouver qu'à l'Est près de la rivière, et nous leur mettrons la main dessus rapidement.
- Bien observé Jules, approuva Harry. Il est inutile de nous aventurer au-delà du bois de Praillons, cette partie de la forêt est marécageuse et inadaptée pour permettre l'établissement d'un campement, déclara t-il en indiquant du doigt une autre partie de la forêt se situant beaucoup plus au Sud et englobant une grande partie de celle-ci. Qui plus est, elle est très dangereuse et avec le poids de notre uniforme, nous serions assurés de mourir par noyade si par malheur nous tombions dedans. Nos instructeurs ne prendraient pas le risque que nous mourrions durant cet examen, de ce fait, nous pouvons supposer que leur camp se trouve suffisamment proche de la Moselle, mais dans le même temps assez loin pour éviter tout combat à proximité. Il faut également supposer qu'ils n'ont pas été mis à proximité d'un village pour éviter toute tricherie, mais à l'inverse, nous pourrions éventuellement les trouver à cet endroit, près des hauts plateaux et autres points de repère. Autant dire que la région à surveiller et encore vaste même en enlevant toutes les parties que nous avons nommées précédemment. En tenant compte de notre analyse, nous pouvons dès à présent exclure toute la forêt du bois de Praillons au lac de Saint-Croix, Mais également jusqu'à la forêt de Beaumont et toute la zone au Nord de notre campement.
Harry peignit à nouveau la carte de rouge en éliminant de ce fait les zones où il supposait ne pas trouver ses adversaires. Le résultat fut que la forêt dans laquelle il se trouvait avait été considérablement réduite, mais une large bande perdurait malgré tout et délimitait des centaines d'hectares encore susceptibles d'abriter Boulanger et ses comparses. Thomas avait malgré tout raison : Même en suivant ce raisonnement, la fouille de la forêt risquait de prendre beaucoup de temps, sans parler du fait qu'il fallait obligatoirement trouver et prendre le campement ennemi pour mettre un terme à l'examen. Le délai qui leur restait était par conséquent trop court pour être tenu, et cinq jours seraient insuffisants pour remplir l'intégralité des objectifs.
Même s'il ne l'admettrait jamais, Harry se sentit défait par cette analyse, mais le montrer aux autres et l'exprimer ne ferait qu'atténuer encore davantage la faible lueur d'espoir qui les animait tous.
Un cri d'Archimède les fit tous sursauter, et tandis que Thomas maugréait une nouvelle fois sur « l'imbécile d'oiseau » qui lui avait fait peur, Harry lui l'examina sous un jour nouveau. Son familier était très bon pour repérer des pistes depuis les hauteurs, de même qu'il pouvait délivrer rapidement du courrier, mais pouvait-il également l'aider dans la tâche qui était la sienne actuellement ?
- Quel idiot, marmonna t-il soudainement en se tapant le front. Pourquoi n'y ai-je pas pensé avant ?
- Ahah ! s'exclama Thomas en faisant à nouveau sursauter les autres. Je savais bien que même toi tu ne pouvais pas complètement approuver les agissements de ton oiseau !
- Je pense avoir trouvé la solution, déclara t-il sans apporter la moindre attention à ses propos.
- Hein ? marmonna incrédule Thomas en arquant un sourcil.
Puis, lorsqu'il suivit la direction que prenait le regard de son chef, son incrédulité fit place à une franche moquerie.
- Tu n'es pas sérieux quand même ? Comment un oiseau pourrait nous permettre de les trouver ? Il n'est surement pas assez intelligent pour nous guider en tout cas !
- Je te prierais d'éviter de mettre en doute les capacités de mon animal si tu ne veux pas que je m'occupe de ton cas lorsque l'occasion se présentera, répliqua Harry en l'intimant d'un simple regard au silence. Mon oiseau n'est certes pas un chien et ne peut donc flairer une piste, mais il a une excellente vision bien supérieure à la mienne qui nous permettrait de voir bien plus loin et surtout en hauteur. Il couvrirait par conséquent une surface bien plus grande que si nous nous séparions pour fouiller cette forêt.
- D'accord Gabi, mais même s'il les trouve, comment pourrait-il nous guider jusqu'à eux ? lui demanda Nicolas. Il ne peut pas parler, alors pour nous conduire jusqu'à leur campement, n'en parlons pas…
- Il n'a pas besoin de parler pour nous le montrer, répondit t-il en enjoignant Archimède à venir se poser sur son avant-bras. Bien évidemment il me faudrait rester à proximité de lui pour pouvoir savoir au plus vite l'endroit où se cache Boulanger et les autres, mais je possède une connexion magique avec lui qui me permet de pouvoir partager sa vue et ainsi voir ce qu'il voit à travers ses yeux. Disons simplement que cela pourrait être moi qui volerais au dessus des arbres, le résultat serait le même. Je pourrais ainsi non seulement trouver nos adversaires, connaître la direction à prendre pour les rejoindre, mais également déterminer la stratégie qu'ils ont adoptée de leur côté et ainsi mettre en place la notre qui la déjouera entièrement. Vous comprenez ?
Les autres le regardèrent d'un air sceptique, mais Harry s'en fichait éperdument. Persuadé d'avoir peut-être trouvé la solution pouvant régler son problème, il s'avançait déjà en direction de la sortie pour retourner à l'air libre, son oiseau fermement accroché à son bras et suivi par ses équipiers.
L'air frais lui fouetta le visage dès qu'il sortit, mais il ne s'y attarda pas davantage.
Au lieu de ça, il tendit son bras pour donner un excellent point d'appui à son oiseau et ferma les yeux pour mieux se concentrer. La connexion le liant à Archimède était simple comme bonjour, mais encore fallait-il pouvoir l'utiliser. Le plus difficile était sans doute de parvenir à entrer dans l'esprit de ce volatile de la même façon que la légilimancie, mais tout en lui garantissant un contrôle total de son corps et de ses pensées sans briser le lien qui les unirait.
Mais il lui suffisait simplement d'apposer son autre main sur la tête de son familier pour que cela se fasse, et en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, sa vue se fit très nette et bien plus perçante qu'auparavant.
Un mouvement de tête sur sa gauche lui donna l'impression de se voir à travers un miroir, mais le Harry qu'il voyait actuellement gardait ses yeux fermés et le bras tendu.
- Lien établi, marmonna Harry depuis la bouche de son corps principal. Nous allons pouvoir commencer. Vole Archimède !
L'oiseau ne se fit pas prier et décolla rapidement pour se retrouver au dessus des arbres. Harry lui n'avait plus rien à faire si ce n'est garder le contrôle de leur connexion et souffler à son oiseau la direction qu'il souhaitait prendre pour examiner plus minutieusement la forêt se trouvant à plusieurs dizaines de mètres sous lui. Mais tout en faisant cela, Harry ne pouvait s'empêcher d'admirer le spectacle qui se présentait à lui, un spectacle qui valait son pesant d'or pour toute personne souhaitant s'extasier devant les beautés de la nature.
La vue était absolument extraordinaire, et les hectares de forêt s'étendant à perte de vue avec en arrière plan les premiers massifs montagneux des Vosges rivalisaient avec les plus beaux tableaux d'artistes qu'il avait eu l'occasion de voir. Quant à comparer son vol avec celui d'un balai ou d'une montgolfière moldue, il n'y avait pas lieu de leur trouver un point commun : Partager la vue d'un faucon tout en gardant les pieds sur Terre valait bien davantage qu'un ballon à air chaud ou un morceau de bois volant. L'effet était en tout cas appréciable, et s'il savait pertinemment qu'il n'était pas un oiseau, Harry avait néanmoins l'impression de sentir les plumes de son faucon fendre l'air frais de Novembre et le battement des ailes qui s'agitaient paisiblement à travers les nuages.
Mais une autre impression se faisait également ressentir, et celle-ci ne concernait en rien son oiseau. Quelques secondes seulement lui suffirent pour avoir le sentiment de ne pas être totalement seul dans le corps d'Archimède, comme si une autre entité parasitaire avait également élu domicile au fond de lui.
Archimède était pourtant parfaitement immunisé pour ces cas de figure, du moins l'était-il pour toute personne n'ayant pas une once de sang appartenant à la famille de Savoie dans les veines, et une seule autre personne entrait dans ce cas de figure dans l'entourage d'Harry. Une personne particulièrement proche de lui en outre…
- Mère ?
- Oh bonjour Gabriel, entendit-il aussi aisément que s'il se trouvait juste à côté d'elle. Voilà bien une étrange manière pour discuter, et le hasard semble bien faire les choses pour que nous parvenions à nous retrouver au même moment dans le corps d'Archimède. J'espère ne pas vous déranger mon chéri ?
- Oh non nullement ! Je suis juste étonné de ressentir votre présence en pareil endroit, d'autant plus que ce doit être la première fois que nous discutons de cette manière. N'étiez-vous point en train de m'espionner ?
- Disons simplement que je cherchais à savoir si vous avez reçu ma dernière lettre et en profiter pour voir ce que vous faisiez, lui répondit-elle calmement. Mais je dois avouer que je ne pensais pas tomber sur vous ici-même. Y'a-t-il une raison particulière pour expliquer votre utilisation d'Archimède ?
Considérant qu'il n'avait rien à cacher, et surtout qu'utiliser son oiseau de compagnie n'était pas en soi une tricherie pour un examen, Harry lui expliqua sans plus attendre la raison pour laquelle Archimède servait actuellement d'éclaireur pour lui et sa petite troupe et pourquoi il avait eu cette idée. Sa mère l'écouta patiemment et fut très bon public durant son récit, du moins jusqu'à ce qu'elle apprenne qu'il était livré à lui-même depuis deux jours maintenant au beau milieu d'une forêt et que les vivres qu'il partageait avec ses compagnons de fortune étaient limitées. Il en fallut peu à ce moment précis pour qu'elle ne décide à lui envoyer depuis son château un sac rempli de victuailles ainsi que des couvertures chaudes pour résister aux températures froides de ces derniers jours, mais Harry l'en empêcha en lui signalant que cet examen ne devait pas sortir de la sphère éducative, et que par conséquent les aides extérieures à l'école étaient interdites sous peine d'une élimination directe. L'autonomie, la débrouillardise et le sens du rationnement étaient de rigueur, et il était hors de question de succomber à la tentation de la solution facile pour terminer au plus vite cet examen.
- Alors vous espérez retrouver vos adversaires en utilisant la vue de mon familier ? argua t-elle d'un ton légèrement malicieux. Ne serait-ce point de la tricherie ?
- Ne me dites-vous pas constamment qu'il faut toujours utiliser ce que l'on a sous la main pour parvenir à ses fins, et ce peu importe sa nature et nos desseins ? Je n'ai jamais demandé à ce qu'Archimède m'apporte son aide et s'il n'avait pas été là, nous en serions encore à chercher par nous-mêmes au beau milieu de cette forêt une piste nous menant à eux. Et si je ne m'abuse, les faucons sont déjà utilisés dans certaines unités pour délivrer des messages ou pour repérer des ennemis : Je ne fais par conséquent que reproduire ce que l'on m'enseigne.
- Je m'avoue vaincue, déclara Marie-Louise. J'espère au moins avoir l'opportunité d'apprécier la lecture du compte-rendu de votre examen dans la prochaine lettre que vous me ferez parvenir ? Votre tante se languit de vos exploits, et je dois admettre qu'il est fort plaisant de lire des lignes narrant le bien fait de mon enseignement sur ce que l'on vous demande d'accomplir dans votre école.
- Pendant que nous y sommes, pourriez-vous me dire qu'elle est cette surprise que vous semblez si prompte à me montrer lorsque je serai rentré ?
- Voyons Gabriel, une surprise n'en serait plus une si l'on en découvre la nature avant. Ce serait comme connaitre son cadeau avant même de l'avoir délivré de son emballage, il n'y aurait aucun plaisir à cela. Deviner par soi-même est bien plus glorifiant lorsqu'il apparait que notre intuition était la bonne, alors je ne peux que vous encourager à imaginer toutes les possibilités qui s'offrent à vous.
Harry se préparait déjà à lui répondre, mais un nouveau son pour le moins étonnant le fit immédiatement taire. Un petit rire cristallin, très doux pour les oreilles et agréable à entendre s'était invitée dans leur conversation, mais Harry était sûr d'une chose dès l'instant où il le perçut : Il ne pouvait pas certainement pas appartenir à sa mère. Ce gloussement semblait davantage s'apparenter à celui d'un enfant, peut-être même d'une jeune fille du même âge que Daphné voir plus jeune encore. Sa fiancée était-elle présente à l'instant même ? Écoutait-elle leur conversation sans réagir jusqu'à présent ? Difficile à croire tant Daphné sauterait sur l'occasion pour prendre de ses nouvelles et lui réaffirmer une nouvelle fois que sa compagnie lui manquait : Ses lettres étaient déjà suffisantes pour le lui confirmer, inutile de l'entendre une nouvelle fois. Par ailleurs et d'après la dernière qu'elle lui avait envoyé, sa fiancée se trouvait actuellement en Grande-Bretagne à profiter de l'absence de son père occupé au ministère à assurer sa position de Lord au magenmagot pour passer ses journées en compagnie de Tracey.
Curieux, et surtout assuré qu'il n'aurait à faire avec Daphné au risque d'éterniser la conversation malgré son examen, Harry ne put s'empêcher de questionner sa mère sur l'identité de cette inconnue, une inconnue qui pourtant ne l'était pas vraiment pour lui puisqu'il s'agissait de sa propre soeur. Marie-Rose de Savoie, anciennement Rosalyn Potter, se délectait quant à elle de l'ignorance de son frère, et cette situation l'amusait tant qu'elle peinait à faire taire les ricanements qui sortaient malgré elle de sa bouche. Sa mère elle-même parvenait avec difficulté à garder son sérieux, et tout en essayant de garder la connexion existante entre elle, son familier et sa fille, elle tentait tant bien que mal de faire taire une Rosie gigotant et pouffant presque de rire qui avait élu domicile sur ses jambes.
- Vous ne seriez point en compagnie d'un enfant par hasard ? la questionna Harry d'un ton curieux. J'ai cru ouïr un ricanement bien trop aigu pour vous appartenir…
- Oh hé bien… Les Delacour m'ont fait l'honneur d'une petite visite de courtoisie, et le rire que vous avez dû entendre devait sans nul doute appartenir à la petite Gabrielle suite à une histoire désopilante que nous contait Apolline, lui répondit sa mère le plus naturellement possible malgré son mensonge.
- Ah dans ce cas… Embrassez Gabrielle de ma part je vous prie, dit-il pas vraiment convaincu. Dieu seul sait à quel point elle peut être d'une bien triste compagnie lorsqu'elle n'a pas ce qu'elle désire, et je suppose qu'elle doit savoir dès à présent que vous vous entretenez avec moi.
- Ce sera fait, promit-elle alors qu'elle tentait tant bien que mal de faire taire Rosie en posant sa main devant sa bouche pendant que celle-ci était prise d'un soudain fou rire incontrôlable. Qu'il me tarde de vous retrouver mon fils, le château est bien triste depuis votre départ, et tout le monde se languit de vous.
- C'est ce que j'ai crû comprendre, répondit Harry en continuant de scruter la forêt s'étendant quelques dizaines de mètres en dessous de lui. J'espère que mes efforts ne seront pas vains et qu'ils seront récompensés par cette fameuse permission qui me permettra de vous revoir.
- Je l'espère également, assura sa mère.
- Moi aussi, ajouta Rosie avant de se rendre compte que son frère pouvait l'entendre. Oups !
- Pardon ? s'étonna d'ailleurs celui-ci sans avoir pu reconnaitre la voix de sa petite sœur.
- Excusez-moi Gabriel, mais il va falloir que je vous laisse à présent ! l'informa soudainement sa mère d'un ton précipité. Portez vous bien mon fils, et bonne chance à vous !
Si Harry avait pu arquer un sourcil, celui-ci serait monté si haut qu'il aurait disparu dans sa longue chevelure, mais le comportement pour le moins étonnant de Marie-Louise avait eu raison de ses barrières d'occlumancie. Jamais encore il n'avait eu l'occasion de la voir aussi secrète envers lui, et même si elle avait fait de son mieux pour ne rien laisser paraitre, Harry était persuadé maintenant que sa mère lui cachait quelque chose. Mais quoi ? La question pouvait se poser maintenant.
Enfin, elle pourrait se poser plus tard car ses pensées furent brusquement interrompus par une vision pour le moins inespéré qui lui donnait presque envie de hurler de joie et de lui faire oublier la conversation qu'il avait tenue avec Marie-Louise.
Le camp de Boulanger était finalement en vue, et le premier constat qu'Harry put faire en le voyant était qu'il était étonnamment vide. Seuls trois élèves le gardaient, tous agglutinés autour du feu de camp qu'ils peinaient à raviver. Tout comme pour eux, leurs adversaires avaient jugé bon d'installer les tentes de façon circulaire tout autour du feu, ne laissant qu'un espace suffisamment large pour servir d'allée les reliant directement à la route les conduisant à travers la forêt. La seule différence était que Boulanger avait installé sa tente bien en évidence de telle manière qu'il était impossible de ne pas remarquer sa mise en avant par rapport à celles des autres, peut-être par orgueil ou par désir d'afficher aux yeux de tous le statut supérieur que lui conférait sa place de chef de compagnie. Mais en dehors de ça, le campement était l'exacte copie de celui dans lequel il se trouvait actuellement.
Harry mit cela sur leur enseignement, ou alors l'instinct de survie de chacun pouvait finalement se révéler être le même pour tout le monde.
Néanmoins, cette brève constatation ne pouvait lui faire oublier que leur campement était on ne peut plus vide, et qu'il était clair que le reste de l'équipe adverse était déjà à leur recherche et peut-être même sur le chemin vers la position où ils se trouvaient.
- Je les ai trouvés, dit-il d'un ton parfaitement calme sous les hoquets de stupeur de ses camarades.
- Où ça ?! fut la principale question qu'il entendit au milieu du brouhaha qu'il avait causé par sa déclaration.
- Hm… Je ne saurais dire… Je ne suis pas familier des nouvelles unités de mesure instaurées sous le nouveau régime, mais je dirais à quelques kilomètres au Sud-ouest de notre campement, peut-être vingt… Cependant il faudra faire attention : Leur camp est pratiquement vide hormis la présence de trois personnes chargées de sa sécurité. Il faut donc en déduire que le reste se trouve déjà dispersé autour de celui-ci, et contrairement à nous, ils ont l'avantage de connaitre le terrain dans lequel ils évoluent pour y vivre depuis deux jours. Il se pourrait même que nous puissions les trouver à quelques kilomètres de notre propre camp, bien que je n'ai aperçu aucun signe l'affirmant durant mon observation.
Tout en parlant, Harry poursuivit son espionnage du camp adverse en voletant de façon circulaire juste au dessus de lui. Les trois vigiles ne semblaient même pas avoir remarqué son étrange manège, et Harry put tout à loisir détailler à ses coéquipiers la situation dans laquelle se trouvaient Boulanger et ses compagnons, l'état de leur camp, la disposition des tentes et même les rares denrées alimentaires visibles près de leur feu de camp. La seule inconnue maintenant était de savoir ce qu'il advenait des quinze autres ennemis et surtout leur emplacement : Il semblait en tout cas probable qu'ils soient déjà partis en éclaireur pour les trouver.
- Ne perdons pas de temps, dit-il en rouvrant les yeux, annulant par conséquent la connexion avec Archimède. Pointe à l'est ! s'exclama t-il en utilisant sa baguette magique pour s'orienter et ainsi le guider jusqu'à sa cible.
La baguette tourna légèrement d'elle-même dans sa paume de main, sous les yeux ahuris de Nicolas et des autres, exception faite de Jules. Le sortilège était pourtant loin d'être spectaculaire, mais Harry était l'un des rares pour le moment à savoir l'utiliser correctement, dans leur promotion en tout cas. Le camp d'Auguste lui n'était plus qu'à quelques heures d'être enfin entre ses mains.
- Finalement messieurs, je pense qu'il nous sera inutile de nous séparer aujourd'hui, décréta t-il en rangeant sa baguette magique dans son étui, un large sourire sur le visage. Maintenant que nous connaissons la direction à prendre et la distance nous séparant, nous pouvons à notre guise attaquer au grand complet leur campement et mettre enfin un terme à notre examen. Préparez-vous mes amis, la bataille devrait sous peu commencer !
Des cris de joie s'apparentant davantage à des hurlements guerriers accompagnèrent ses paroles, et emporté par la soudaine euphorie le gagnant, Harry les invita à l'accompagner vers leur prochaine destination, non sans leur ordonner au passage de préparer leurs affaires pour le périple qu'ils allaient affronter. Leurs paquetages furent rapidement faits, et après avoir pris chacun quelques victuailles pour tenir sur la route et même au-delà, chacun monta alors sur les jeunes chevaux mis à leur disposition et qui semblaient eux-mêmes contents de pouvoir enfin se dégourdir les jambes. Quinze jeunes hommes quittèrent finalement le campement, Harry menant la marche et laissant derrière eux les trois vigiles pour le moins déçus de ne pas pouvoir eux aussi participer aux combats et maugréant quant à leur rôle de faire-valoir qui ne les intéressaient que moyennement.
- Ils n'ont pas l'air de comprendre que la guerre n'est pas un jeu bien que la situation présente ne nous fait encourir aucun risque, soupira Harry en regardant d'un air navré les trois bougres ranimer le feu de bois en maugréant furieusement. Malgré tout je ne peux que comprendre leur ressenti : Si cela avait été moi, je n'aurais sans nul doute possible pas aimé non plus le rôle auquel on m'attache.
- Ils n'ont pas à se plaindre, objecta Jules. Ils ne risquent pas leur peau, et leur travail et beaucoup moins dangereux que le notre.
- Ouais, approuva Nicolas en ricanant. Le seul problème c'est qu'ils ne profiteront justement pas des combats et qu'ils passeront leur temps à faire le ménage… Les pauvres gars, je les plaindrais presque !
Chacun avait son avis sur la question, mais pas un ne se proposa pour échanger de place avec eux. Mais le cas de ces trois pauvres malheureux ne fut que brièvement abordé, rapidement oublié en quelques secondes par la perspective des combats qui se profilaient à l'horizon. Mais si Harry pensait que le plus dur serait de faire face à Auguste et à l'équipe adverse, il comprit rapidement qu'être un chef de troupe n'était vraiment pas aussi simple que n'importe qui pourrait le penser, et garder le contrôle sur une dizaine de jeunes garçons impatients de se battre tout en gardant un cap et un objectif à tenir était un combat de tous les instants.
Leur course jusqu'au campement ennemi fut d'ailleurs longue et pour le moins pesante, agrémentée de plusieurs épisodes contraignants qui rallongèrent encore davantage sa durée : L'utilisation des petites routes et chemins boueux plutôt que des longues artères et sentiers eut au moins le mérite de ne pas croiser une seule âme vivante, mais l'inconvénient était bien évidemment de parcourir de plus longues distances et d'emprunter des chemins parfois accidentés et peu praticables, et en pleine forêt, cela ne pardonnait pas. Les chevaux souffraient bien évidemment de ces conditions difficiles, et à plusieurs reprises, l'un d'entre eux faillit se tordre une jambe en marchant malencontreusement sur un trou bien caché par la boue transformée en vase au risque de désarçonner son cavalier. La nourriture était également un sujet qui préoccupait beaucoup de membres du groupe, et si la plupart du temps certains exprimaient leur désapprobation devant le peu de ressources mises à disposition par simple gourmandise, d'autres plus sensés s'inquiétaient justement de ce manque de vivres qui pouvait leur être préjudiciable si le combat et la distance les séparant de leur objectif s'éternisaient.
Mais ce qui était surtout frustrant durant leur périple était le bruit intempestif que la plupart des élèves sous les ordres d'Harry causaient lorsqu'ils ne pouvaient s'empêcher d'exprimer de vive voix leur impatience devant les futurs affrontements qu'ils rencontreront, incapables de se rendre compte que bien que ceci était totalement faux, la guerre en elle-même n'était pas un jeu qu'il fallait prendre à la légère, ce qui n'était malheureusement pas le cas ici. Par ailleurs le bruit qu'ils causaient du fait de leurs conversations bruyantes et enjouées risquait entre autre de les faire repérer, ce qu'Harry leur rappela durement en les menaçant d'un très mauvais compte rendu de l'examen s'ils ne se taisaient pas un peu et se concentraient sur la tâche à suivre.
Menant toujours la troupe, il parvenait malgré tout à garder le cap et à passer outre les problèmes causés par ses camarades, assisté de ses deux meilleurs amis pour ce qui était de la discipline et du rappel à l'ordre lorsqu'il n'était pas occupé à tracer de nouvelles runes sur toutes les surfaces possibles pour indiquer le chemin qu'ils prenaient et étendre par la même occasion son champ de force en vue des possibles adversaires qui seraient susceptibles de passer à travers.
Du fait de ses connaissances en magie et de son statut pour cet examen, chacun savait pertinemment qu'il ne fallait de toute façon pas contester son pouvoir décisionnaire si ils espéraient pouvoir retourner chez eux cet hiver et retrouver leurs familles pour échapper aux heures de travaux promises par le directeur en cas d'échec, ce qui permettait en définitif à Harry d'asseoir sa position de dominant sur eux et de pouvoir faire passer ses choix sans même rencontrer de résistance et de contestation. La guerre ressemblait finalement et d'assez près à de la politique, et dans les moments comme celui-ci où il menait un groupe d'homme vers un affrontement contre des ennemis exprimant des opinions divergentes aux siennes, Harry se sentait l'âme d'un politicien à la tête d'une mouvance politique essayant de faire passer ses propositions de lois auprès du gouvernement et ce malgré la contestation farouche et obstinée de ses adversaires. Le passage en force serait difficile, mais à la guerre comme en politique, les armes ou les mots avaient tendance à faire la différence, et dans ces deux situations, Harry se devait de se montrer sous son meilleur jour et le plus convaincant possible non seulement pour rassembler ses alliés mais pour en découdre avec ceux qui lui faisaient face.
Cet examen le préparait dans un sens à sa future carrière politique, et lui-même en était conscient bien que le poids des mots surpassait parfois celui des armes. A lui maintenant de savoir les choisir avec soin et d'en tirer avantage…
- Toujours rien ? lui demanda Jules en accélérant légèrement l'allure pour se mettre à son niveau.
- Attends, je vais vérifier… Homonum Revelio ! lança t-il en pointant sa baguette en direction de l'épaisse forêt les entourant.
Rien ne se produisit, du moins pas à l'œil nu, mais Harry n'en avait cure puisque de toute manière ce sortilège se devait d'être aussi discret que possible. Se servant de sa baguette pour fouiller la forêt et repérer une quelconque trace humaine dégageant quelques relents de magie, il passa ainsi les alentours au peigne fin, guidant sa baguette tel un chef d'orchestre tout autour de lui en cherchant à détecter le moindre ennemi pouvant les attaquer par surprise. Si tel avait été le cas, sa baguette se serait subitement mise à vibrer dans la direction où se trouvait la dite personne, mais malgré ses efforts et à son grand regret, aucun sorcier ne se fit prendre par son sort.
- Aucun signe de vie, marmonna t-il en rangeant sa baguette dans son étui, vaincu. Nous devons nous trouver encore loin d'eux, du moins je suppose. Cela ne fait qu'une heure que nous sommes partis de notre camp de base, et il nous en faudra sans nul doute une deuxième ou même une troisième pour les atteindre, surtout à l'allure à laquelle nous allons. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de galoper, autrement nous serions facilement repérés.
- Oui c'est vrai, acquiesça Jules en hochant sa tête. Je vais regarder si nous sommes toujours dans la bonne direction… Pointe au Sud-ouest ! murmura t-il après avoir sorti sa propre baguette.
Celle-ci pointa immédiatement le côté gauche du sentier qu'ils parcouraient, dans un angle d'environ 70 à 80°.
- Pourquoi ne coupons-nous pas par les bois ? les questionna Nicolas en les regardant curieusement. Nous risquons de dévier de notre objectif en suivant ce sentier.
- Parce que la forêt est aussi boueuse que ce sentier, que nous ne l'avons pas suffisamment étudié pour oser y pénétrer bien que d'un simple coup d'œil nous pouvons juger qu'il serait impossible d' y avancer à cause de la proximité entre chaque arbre et chaque branche, et parce que nos chevaux pourraient faire une mauvaise chute du fait des racines des arbres cachées par les feuilles mortes ce qui serait préjudiciable pour la poursuite de l'examen, répondit Jules d'un ton presque condescendant. Dois-je également te rappeler que nous aventurer au milieu des bois pourraient également nous faire perdre encore davantage de temps que si nous le faisions en suivant les chemins déjà tracés ?
- Oh ça va, c'était qu'une question, maugréa leur ami en le fusillant du regard. Je ne suis pas aussi intelligent et clairvoyant que vous deux, pas la peine de me le rappeler !
- Silence vous deux, leur ordonna Harry avant même que Jules ne commence à lui répondre. Personne ici n'est là pour se moquer de l'autre, pas plus que je ne tolèrerai une nouvelle infamie à l'encontre de quelqu'un. Vous êtes mes seconds, et vous aurez par conséquent l'obligeance désormais d'avoir un comportement irréprochable dès maintenant ou je serais au regret de délivrer vos rôles à d'autres plus méritants !
La menace fit aussitôt mouche, et aucun des deux ne pipa le moindre mot par la suite, ce dont se félicita au passage Harry. Les autres eux se firent également plus discrets en remarquant le silence pesant qui s'était installé entre leurs supérieurs hiérarchiques qui n'annonçait rien qui vaille à celui qui oserait défier leur autorité et jouer avec leurs nerfs. Autant dire que les minutes puis les heures suivantes furent particulièrement calmes.
Il fallut au final près de deux heures à Harry pour parvenir à proximité du champ d'action où devait se trouver Auguste et ses dix sept autres compagnons, et à moins de trois kilomètres de leur camp, Harry ordonna à sa petite troupe de ralentir l'allure pour ne pas se faire repérer aussi facilement : Les chevaux se montraient particulièrement bruyants maintenant contrairement à leurs maitres qui, en ressentant les prémices inéluctables des combats, s'étaient finalement faits beaucoup plus discrets depuis quelques temps. Leur marche continua malgré tout au pas de charge, Harry ayant préalablement lancé un sortilège pour couvrir le bruit que causaient les sabots des chevaux sur la terre humide du chemin forestier sur lequel ils s'étaient engagés. Mais bientôt, ils durent abandonner celui-ci, et s'aventurer à travers des arbres toujours plus nombreux et serrés n'était pas une mince affaire et leur progression beaucoup plus lente. Certains décidèrent même d'ôter leur shako pour ne pas risquer de le coincer entre les hautes branches d'un arbre quand d'autres se concentraient eux sur la route qu'ils prenaient en regardant constamment de chaque côté à la recherche du moindre signe d'embuscade.
Mais au bout de quelques minutes de traversée de la forêt, Harry comme ses camarades débouchèrent sur une clairière plutôt vaste dépourvue du plus petit arbre et seulement composée de quelques buissons épars. L'endroit était complètement dégagé et à ciel ouvert, parfait pour installer un campement, mais également excellent pour être repéré et attaqué de tous les côtés. Rien ne pouvait le défendre, et la clairière était en elle-même installée dans une cuvette propice aux charges de cavalerie. Malheureusement, le camp de Boulanger se trouvait au-delà de cette étendue d'herbe et la clairière était parfaitement vide de toute trace humaine ou animale.
- Dommage, marmonna à côté de lui Jules en observant également ce qui aurait pu être un magnifique lieu de bataille. Vu l'espace, nous aurions pu les surpasser en vitesse et même en nombre.
Il reste maintenant à savoir où ils sont, l'informa Harry en sortant une nouvelle fois sa baguette magique. Nous ne sommes qu'à quelques lieues de leur campement, alors il serait évident selon moi qu'ils vont chercher à ne pas s'en éloigner. Homonum revelio !
Tout comme précédemment, Harry dirigea sa baguette sur une large surface à la recherche de ses adversaires, et à mesure que le temps défilait, tout le monde put observer chez lui un comportement pour le moins étonnant à la vue de la situation se présentant à eux. Harry souriait, un sourire allant presque d'une oreille à l'autre alors qu'il poursuivait sa fouille de la forêt minutieusement en regardant même derrière eux. Puis, tout aussi rapidement qu'il avait lancé son sort, il fit retomber son bras et rangea sa baguette dans son étui sans pour autant se départir de cet étrange rictus.
- Nous sommes à l'aube d'une journée chargée mes amis, décréta t-il en se tournant vers eux. Les combats vont bientôt commencer.
- Tu les as repérés ? le questionna l'un d'eux d'une voix enthousiaste.
- Presque tous, confirma Harry. Plus la distance nous séparant est grande, et plus il m'est difficile de savoir combien de membres composent les groupes que j'ai pu ressentir, mais ce dont je puis être certain en cet instant, c'est que six ennemis sont près de notre position : Trois dans cette direction, et trois dans celle-ci.
Tout en parlant, Harry leur désigna à chaque fois la direction supposée que chacun s'empressa d'observer également comme pour mémoriser ou tracer un chemin les conduisant à eux.
- Il y a un autre groupe de ce côté, ajouta t-il en pointant cette fois-ci un point se situant presque derrière eux. Ils se trouvent bien trop loin de notre position et je n'arrive malheureusement pas à percevoir le nombre et la puissance de chacune des personnes en faisant partie. Je ne sens qu'une masse confuse de magie se déplaçant rapidement…
- Il faudrait se méfier, il pourrait nous barrer la route et nous empêcher de fuir si la situation n'est pas bonne pour nous, argua Jules d'un air pensif.
- Il faudrait s'occuper de ce groupe en priorité je trouve, ajouta Nicolas sous les regards intrigués des autres. Bah oui, si… Si nous attaquons maintenant les deux groupes qui se trouvent le plus près de nous, celui-là pourrait très bien leur venir en aide et nous nous retrouverions bientôt attaqués sur trois côtés sans possibilité de retourner sur nos pas…
Sa phrase resta en suspend lorsqu'il se rendit compte que tout le monde sans exception le regardait curieusement, avec même une once d'émerveillement chez certains. Face à tous ces regards scrutateurs, Nicolas baissa aussitôt la tête de gêne en triturant nerveusement les rênes de son cheval tout en essayant tant bien que mal d'ignorer l'attention qui était à présent portée sur lui.
- Mais c'est que tu peux dire des choses intelligentes quand tu veux ! s'exclama tout à coup Thomas. Moi qui croyais que de vous trois, tu étais le plus idiot du groupe et également incapable d'utiliser ton cerveau…
- La ferme Joly ! répliqua Nicolas bien qu'il se mit malgré tout à rougir sous la louange.
- Thomas a raison, affirma Jules d'un ton on ne peut plus sérieux. Pour une fois, ce que tu dis est très sensé Nick. Nous courrions à notre perte si nous foncions tête baissée contre eux sans même penser à réfléchir à la meilleure stratégie possible…
- « typique d'un Gryffondor en somme… » pensa moqueusement Harry en ayant brièvement en tête l'image de son ancien père et de Sirius. Nous devons nous séparer dans ce cas, dit-il d'une voix solennelle en reportant toute l'attention sur lui. En comptabilisant les six personnes que j'ai repérées plus tôt et les trois autres protégeant leur campement, nous pouvons en déduire qu'il reste neufs personnes à débusquer et à vaincre. Le troisième groupe mystérieux que j'ai également pu trouver ne semble pas plus grand que les autres, et la concentration de magie était relativement faible. Je m'avancerais peut-être en vous disant qu'il doit également comporter trois personnes, ce qui nous laisse deux possibilités : Soit les six dernières personnes se trouvent ensemble et formeraient par conséquent un groupe de consistance très importante, soit ils se sont divisés en deux pour former au final cinq équipes de trois. J'aurais tendance à préférer le deuxième cas de figure, mais pour être honnête, et connaissant Boulanger, je suis prêt à parier la dot de ma fiancée que notre cher camarade a cru bon de s'entourer d'une garde rapprochée pour assurer ses arrières.
D'un coup de rênes, Harry fit légèrement tourner son cheval pour pouvoir faire face à Jules. Les yeux dans les yeux, tous les deux se regardèrent alors quelques secondes sans même s'adresser la parole comme si un simple regard suffisait pour se comprendre, et en effet, un hochement de tête plus tard de la part de son bras droit conclut l'accord tacite qu'ils avaient mis en place entre eux. Le reste de leurs équipiers bien que se demandant ce que signifiait ce geste ne se permit pas le luxe de les questionner là-dessus.
- Labouré, Joly, Meunier et Delannoy, vous irez avec Jules affronter ce groupe. Vous serez sous son commandement le temps que vous terminiez cette tâche, alors obéissez-lui de la même façon que vous m'obéissez. J'ai entièrement confiance en vos capacités et votre travail d'équipe, aussi j'espère ne point être déçu par votre résultat. N'oubliez pas que s'il vous arrive malheur, tirez en l'air quelques étincelles rouges pour que nous puissions vous venir en aide, mais ne faites cela qu'en cas d'urgence : Si nous pouvons vous voir de cette façon, nos ennemis le pourront également. Bonne chance messieurs !
D'un hochement de tête collectif, tous les cinq s'attelèrent immédiatement à leur tâche, et dans un galop de tous les diables, cavaliers et montures disparurent comme un seul homme au fin fond de la forêt. Les échos des sabots heurtant le sol perdurèrent quelques secondes, puis le calme assourdissant de la forêt reprit place finalement autour d'eux.
- À nous maintenant, dit-il en se tournant vers la clairière. Puisque que l'on va éviter les combats rapprochés en pleine forêt, faisons les venir à nous là où nous voulons qu'ils soient, décréta Harry en sortant une nouvelle fois sa baguette magique. Nous aurons alors non seulement l'avantage du terrain, l'avantage psychologique sur eux mais aussi l'effet de surprise !
Pointant sa baguette en direction de l'étendue herbeuse parfaite pour son petit plan, Harry se concentra pour attirer jusqu'à son poing refermé un minimum de magie afin de faire le maximum de dégâts possibles et surtout visibles. Quitte à faire le maximum de bruit, autant le faire de la plus belle des manières, et la magie accidentelle dans son cas faisait parfaitement l'affaire. Le procédé était de toute façon d'une facilité déconcertante, et en libérant une infime partie de la magie se trouvant dans son noyau, il la guida par la seule force de son esprit jusqu'à l'endroit désiré de son corps, sa main, pour la faire ensuite pénétrer sa baguette par le biais de la connexion existant déjà entre celle-ci et son noyau magique. Un jeu d'enfant en somme, pourtant la moindre défaillance ou perte d'attention pouvait avoir de sérieuses répercussions sur la santé même de son bras ou de tout autre partie de son anatomie dans laquelle circulait la quantité de magie qu'il souhaitait utiliser. Mais aujourd'hui, rien de fâcheux ne se passa, et c'est avec satisfaction qu'il sentit sa baguette pulser sous la pression de la magie emmagasinée en elle. Aussi sans plus attendre, il la libéra d'un simple mouvement sec. Une boule lumineuse d'un blanc étincelant sortit immédiatement et aussi vite qu'une balle de fusil sous les yeux ahuris des camarades d'Harry qui n'en revinrent pas de ce nouvel étalage de magie de la part de leur supérieur.
La boule de son côté se dirigea rapidement vers le terrain dégagé de toute trace de forêt, et moins de cinq secondes plus tard lorsqu'elle heurta de plein fouet le sol, une gigantesque explosion eut lieu, balayant sur plusieurs mètres toute végétation et provoquant la formation d'une énorme boule de fumée mélangée à de la poussière qui s'éleva bien au dessus des arbres en un rien de temps. Une bourrasque de vent s'anima également lorsque l'impact eut lieu, soufflant tous les arbres environnants qui perdirent par la même occasion les nombreuses feuilles mortes qui s'accrochaient encore à leurs branches.
Satisfait, Harry rangea sa baguette dans son étui en souriant victorieusement, sans même remarquer les regards portés sur lui par ses coéquipiers mélangeant à la fois peur, respect et étonnement.
- Si avec ça ils ne nous repèrent pas, alors que je sois damné ! lança t-il d'un ton ravi. Maintenant il ne nous reste plus qu'à patienter et à regarder de temps à autre si quelqu'un approche. Un bon plan ne trouvez-vous pas ?
C'est alors qu'il découvrit les mines qu'arboraient Nicolas et les autres, et à la vue de leur tête, il déchanta rapidement. Avait-il fait quelque chose de mal ? Se pourrait-il que sans le vouloir, il ait pu effrayer ses compagnons ? Un tel étalage de magie pouvait-il les mettre dans cet état ? Harry était perplexe, surtout qu'il ne pensait pas pouvoir les troubler de la sorte.
- Y-aurait-il un problème ? demanda t-il comme pour se rassurer lui-même qu'il n'était pas allé trop loin.
- Gabi… Co-comment t'as fait ça !? bafouilla Nicolas en le regardant toujours avec des yeux exorbités.
- ça ? Oh ! Hé bien… C'est un sortilège tout simplement ! mentit-il en préférant leur cacher pour le moment son talent pour la magie sans baguette. Cependant avant que tu ne me le demandes, je préfère ne pas vous l'apprendre, du moins jusqu'au moment où vous serez capable d'utiliser une baguette parfaitement. Ce sortilège est très difficile à maitriser, et le moindre mouvement inadéquat pourrait causer de bien terribles dommages sur votre corps. Je ne pense pas que vous aimeriez perdre une main pour avoir pris ce risque…
L'autre risque qu'Harry se garda bien de leur raconter était qu'une mauvaise manipulation de la magie brute circulant dans son corps et un mauvais dosage dans les attaques comme celle qu'il venait d'utiliser pouvait vider intégralement son noyau et mettre en péril sa propre vie. De toute façon le simple fait de leur avoir raconté qu'il pouvaient perdre un bras en essayant d'utiliser ce « sort » avait suffit à calmer leurs ardeurs, et en voyant les expressions dégoutées qu'ils arboraient tous, Harry était persuadé maintenant qu'ils ne lui demanderaient plus avant longtemps de le leur enseigner.
- En tout cas c'est très puissant ! lança Nicolas en lui tapant amicalement dans le dos. Tu caches vraiment bien ton jeu Gabi, mais en même temps, vu ce que tu es déjà capable de faire en classe, je ne devrais même pas être étonné !
Harry se contenta de sourire timidement face à ces louanges, d'autant plus que les autres emboitèrent le pas de Nick pour le féliciter également sur cette nouvelle démonstration de magie pour le moins détonante. Le nuage provoqué par l'explosion de son côté commençait lentement à se dissiper bien qu'il s'étendait à présent au-delà de la clairière dans laquelle Harry s'était si allégrement exercé à l'utilisation de la magie. Le trou lui apparut peu après, et tous retinrent un halètement de stupeur en constatant la profondeur et la largeur de celui-ci : La chute d'une météorite aurait aisément provoqué les mêmes dégâts si l'occasion s'était présentée.
- Ils ne devraient pas tarder maintenant, marmonna l'un d'entre eux en mettant un terme par la même occasion aux discussions des uns et des autres.
Et effectivement, un premier groupe composé de trois personnes vint se poster à proximité du cratère, rejoint quelques instants plus tard par un second de même équivalence, mais Harry avait beau se concentrer sur la signature de chaque noyau magique, aucun ne concordait avec celui de Boulanger. Le chef du groupe adverse n'était de toute évidence pas là, et en examinant d'un simple regard le comportement des six ennemis agglutinés autour du trou, il ne faisait aucun doute qu'eux-mêmes ne savaient pas quoi faire ni comment agir devant cette situation.
- Boulanger n'est pas là mais ce n'est pas grave, les prévint-il en tirant sur les rênes de son cheval. Nicolas, je veux que toi et quatre autres personnes les preniez par le flanc gauche à mon signal. Prends qui tu veux, cela m'est égal. Je vous demanderai simplement d'attendre mon signal pour les attaquer pour que nous soyons parfaitement coordonnés. Les autres, vous venez avec moi. Nous les prendrons à revers par la droite pour les attaquer sur deux fronts. L'effet de surprise est primordial !
Chacun hocha sa tête en silence tandis que Nicolas après mure réflexion fit son choix parmi les nombreuses possibilités qui s'offraient à lui. Harry remarqua d'ailleurs qu'il avait choisi les meilleurs éléments pour l'accompagner, mais il ne lui en tint nullement rigueur : Son ami était après tout loin d'être performant en magie et l'aide de recrues plus expérimentées et plus à même de percer la défense du camp adverse de part leur connaissance valait mieux qu'un plan mal amené et se terminant en fiasco. Lui de son côté pouvait aisément palier aux lacunes des éléments formant son groupe attitré, quitte à prendre des risques pour assurer leur sécurité.
- Dépêchez-vous avant qu'ils ne repartent, leur ordonna t-il en se dirigeant lui-même à vive allure vers sa prochaine destination. Suivez-moi vous autres !
Les sabots se répercutant à travers les arbres fut bientôt le seul son distinct que l'on pouvait entendre, à l'exception toutefois des respirations saccadés des chevaux et des cavaliers les montant. Harry en profita d'ailleurs pour tenter de masquer le galop de sa monture et de celles de ses coéquipiers en utilisant un sortilège de mutisme, mais le résultat était loin d'être suffisant : Le sol était tapis de feuilles mortes craquelant sous les pieds, et il était difficile par conséquent de pouvoir s'aventurer en forêt le plus silencieusement possible. Aussi Harry opta pour une autre solution plus radicale et plus risquée pour le déroulement de son plan : Le contournement. La route était par conséquent plus longue, mais le risque d'être découvert bien moins élevé. Mais son choix s'avéra payant lorsque quelques minutes plus tard, il eut sous les yeux la même clairière que tout à l'heure mais vue d'une autre direction. Le groupe ennemi était lui aussi bien plus proche, et même si il était trop loin pour comprendre le sens des propos qu'ils tenaient tous, Harry pouvait quand même entendre les conversations animées qui avaient lieu.
- Et maintenant ? lui demanda l'un de ses camarades d'un ton soucieux.
- Nous attendons encore quelques minutes puis nous donnerons la charge, déclara t-il en tapotant le fourreau de son épée. Je veux être certain que Nicolas et les autres soient prêts eux aussi avant d'entreprendre quelque chose. Dégainez vos épées si vous vous sentez capable de pouvoir affronter nos adversaires sans tenir vos rênes, mais je ne veux voir personne sans baguette magique. Utilisez tout ce que vous connaissez, tout ce qui pourrait vous être utile et qui peut faire pencher la balance en notre faveur. Nous sommes bien plus nombreux qu'eux, alors il serait grotesque de perdre maintenant !
Les autres acquiescèrent bien qu'Harry pouvait aisément sentir qu'ils étaient loin d'être totalement prêts à se battre. L'anxiété et une petite dose de peur étaient les sentiments qui prédominaient, et la légilimancie était parfaitement inutile pour s'en apercevoir.
- Rappelez-vous les sages paroles de l'instructeur Montmorency, leur dit-il pour tenter de les apaiser. Il n'y a point de moment ni de lieu pour se battre. Il n'y a point d'autre homme pour tenir votre sabre, votre baguette ou vos rênes. Dans une bataille, Il n'y a que vous, votre cheval et vos ennemis, et un homme ne peut point se battre de tout son cœur et de toute son âme si ses sentiments prennent le dessus. Faites abstraction de vos appréhensions et ne pensez qu'à deux choses essentielles : La portée de votre bras et les sorts que vous utiliserez.
Puis, en se tournant vers eux, il leur adressa un sourire sincère empreint de vigueur et de volonté, leur donnant de cette façon tout le courage qui lui-même l'animait.
- Faisons honneur à notre blason comme à ceux qui l'ont honoré et qui sont morts pour lui ! À l'attaque !
Harry n'eut pas besoin de crier davantage pour pousser ses coéquipiers à le suivre, les cris de guerre qu'ils poussaient suffisaient amplement à montrer la rage et la soif de combat qui les animaient. La petite pente douce qui les séparait de leur objectif ne mit pas longtemps à être dévalée, et en un rien de temps, l'épaisse forêt fit place à une terre dénuée de toute végétation sur laquelle six pauvres cavaliers se sentirent tout à coup pris au piège. Attaquée de deux côtés, les camarades de Boulanger ne savaient plus où donner de la tête et se contentaient de tourner et se retourner sur place sans savoir quoi faire, comment agir. Harry de son côté n'avait pas à se préoccuper de ça et chargeait le groupe à la tête de sa petite unité, hurlant tout comme les autres à pleins poumons à la simple idée d'en découdre enfin avec ses opposants. Il ne perdit d'ailleurs pas de temps pour lâcher ses rênes et se saisir de sa baguette tandis qu'il faisait tournoyer son épée de son autre main pour se montrer doublement dangereux, mais aussi dans le but inavoué de fanfaronner un peu.
L'adrénaline, qui entre temps avait pris le contrôle de son corps en était peut-être la responsable, et un sentiment mêlé de puissance et de force surgissait en lui alors qu'il prenait conscience d'être en ce moment même un chef de troupe haranguant sa troupe dans un combat qui s'annonçait inéluctable. Les véritables batailles n'étaient pas encore au gout du jour, mais bientôt, il se pourrait qu'il agisse de la même façon avec de vrais soldats contre de vrais ennemis, et l'appel du sang était en cet instant plus fort que tout le reste. Même la petite phrase qui se répétait d'ordinaire dans sa tête, la fameuse « La guerre n'est pas un jeu » n'avait plus lieu d'être pour lui, pas plus que le sentiment d'agir avec immaturité comme un enfant de son âge qui était loin de sied à son statut de prince ne lui traversa l'esprit.
-Avec moi mes camarades ! les harangua t-il en pointant sa baguette vers leurs ennemis. Stupefix !
Le sortilège partit tel un boulet de canon aux reflets rouges vers eux, rapidement rejoins par une multitude d'autres couleurs en fonction du sortilège qu'employaient Nicolas et les autres. N'importe qui passant à proximité aurait très bien pu croire qu'un arc-en-ciel était tombé sur Terre, et que malheureusement, les six jeunes hommes au centre de la clairière étaient pris dedans et se retrouvaient complètement aveuglés par ce déferlement de couleurs dont ils étaient l'épicentre, mais cela profitait au moins à quelqu'un, et Harry parut très satisfait en voyant son sortilège heurter immédiatement sa cible.
Les sorts fusèrent de tous les côtés, et du fait de leur inexpérience, il arrivait qu'un sort lancé par Nicolas ou ses suiveurs fasse sa course jusqu'à Harry ou l'un de ses accompagnateurs, mais Harry faisait alors l'étalage de ses réflexes et d'un sens de l'anticipation très développé en faisant apparaitre très rapidement des boucliers qui absorbaient les sorts s'approchant d'eux. Le même problème existait également de leur côté, et il en fallait de peu pour qu'un de leur camarade de l'autre côté de la clairière ne soit également touché par un sortilège.
Toujours est-il que le combat tournait rapidement à une démonstration de puissance où chacun espérait surpasser l'autre en tentant d'employer des maléfices toujours plus impressionnants, même s'il fallait avouer que les trois petits mois d'apprentissage ne leur avaient pas encore permis d'apprendre énormément de choses, et la pauvre escouade prise entre deux feux ne pouvait que contempler impuissante ce déchainement de fureur sur elle. En quelques secondes seulement, trois camarades d'Auguste tombèrent sous les sorts en faisant au passage une chute de près d'un mètre sur le sol heureusement amortie par l'épaisseur et la douceur de l'herbe.
Puis vint les combats rapprochés, et qui disait combat rapproché disait combat au sabre. Harry était depuis longtemps familiarisé avec cela, du moins avec un véritable sabre et ce contrairement à la plupart de ses camarades qui n'avaient découvert cette arme qu'en début d'année scolaire. Mais ce à quoi il était moins habitué était que l'épée qu'on lui avait donné pour cet examen n'était pas faite de métal mais en bois, la rendant par conséquent inapte pour taillader ou éliminer un adversaire :
La « lame » était en elle-même totalement émoussée et n'aurait même pas pu couper une brindille. L'intérêt dans cette arme qui en faisait sa particularité était qu'elle était renforcée magiquement pour la rendre quasiment incassable, et par un procédé connu par le professeur d'enchantement, un sortilège avait été mis en place à l'intérieur pour s'activer uniquement lorsque le bois de l'arme était en contact avec la peau d'une personne. En d'autre terme, il suffisait à Harry d'effleurer la peau d'un adversaire pour activer le sort se trouvant à l'intérieur de son sabre et l'immobiliser immédiatement.
C'est ainsi qu'en profitant du cafouillage causé par les sorts explosant de tous les côtés, Harry dégaina sa propre épée et vint discrètement toucher du bout de la lame arrondie l'un de ses adversaires sur le flanc droit, le paralysant immédiatement. Par précaution, il fit cependant léviter le corps désormais immobile vers le sol afin d'éviter toute mauvaise chute, sans se préoccuper au passage des combats se déroulant autour de lui. Déjà trois adversaires étaient tombés, et celui qu'il venait de toucher ne faisait que s'ajouter à eux. Ne restait maintenant que deux ennemis, mais bizarrement, un seul était visible au beau milieu du capharnaüm environnant, un ennemi qui ne mit lui non plus pas longtemps à se faire battre par ses nombreux adversaires venus tous ensemble pour le mettre lui aussi à terre. Un coup d'épée dans le bras, deux en pleine poitrine et un dans la jambe suffirent amplement à le faire chuter de son cheval pour venir s'écraser sur l'herbe tendre que les sabots piétinaient.
Le lourd impact sonna immédiatement la fin des combats, et les camarades d'Harry poussèrent aussitôt des cris de joie rien qu'à cette constatation, tous fiers et ravis de remarquer que pas un seul n'avait été touché par un tir ou un coup d'épée ennemi.
- Victoire ! s'écria l'un de ses coéquipiers en brandissant son sabre en l'air.
- Pas encore, le coupa tout à coup un autre en désignant d'un mouvement de tête un dernier adversaire qui, effrayé sans doute par leur charge et leur attaque, s'était discrètement éclipsé de la scène de combat pour tenter de s'enfuir sans se faire repérer.
Bien mal lui en prit, et pour son malheur, Harry se lança immédiatement à sa suite pour l'arrêter également. Le garçon qu'Harry identifia comme Jean Duval ne dérogea pas à sa réputation de lâche car il tenta vainement de fuir la clairière en assénant de violents coups de rênes à son cheval, mais un stupefix bien lancé le toucha dans le milieu du dos. Leur dernier adversaire s'écroula piteusement dans l'herbe, face contre terre et totalement inconscient maintenant des bruits de sabots s'approchant à vive allure de sa position.
- Couard ! l'invectiva Harry en descendant également de son cheval. Qui es-tu donc pour abandonner tes camarades en pleine bataille !? Ceci est indigne d'un homme se voulant soldat ! Tu serais pendu haut et court pour cela en temps de guerre ! La lâcheté ne paie jamais, pas plus qu'elle ne te sauvera du juste châtiment que tu mériterais !
Harry se doutait parfaitement qu'il ne pouvait pas lui répondre dans l'état où il se trouvait, mais il trouva malgré tout bon de pouvoir déverser sa bile sur une personne ne méritant absolument pas sa sympathie. Quelque part, il avait l'impression de réprimander son ancien petit frère et sa personnalité déviante qui faisait de lui un être abject et sans la moindre once de gentillesse, mais d'un autre côté, Jean n'était justement pas son frère, aussi jugea t-il bon d'abréger son monologue en trainant son corps inconscient vers les autres.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? lui demanda Nicolas lorsqu'ils alignèrent les corps immobiles l'un à côté de l'autre.
- On attend le retour de Jules et des autres, puis nous repartirons à la recherche des derniers camarades de Boulanger, l'informa t-il en vérifiant que tous ses coéquipiers se portait bien. Nous en profiterons pour lancer un signal à nos instructeurs pour qu'ils viennent les récupérer, ajouta t-il en désignant leurs anciens adversaires.
En parlant de signal, un éclair rougeâtre apparut soudainement à quelques kilomètres de leur position, illuminant par sa clarté le ciel grisâtre de la région de Lorraine et faisant s'envoler les rares oiseaux encore présents dans la forêt. Le combat opposant leurs amis aux coéquipiers de Boulanger venait de toute évidence de se terminer, mais l'issue de celui-ci leur était pour le moment inconnue.
- Je vais vérifier, lança Harry avant même que Nicolas ou un autre ne le lui demande. Homonum Revelio !
Les noyaux magiques ne furent pas longs à être trouvés, du moins leurs auras, mais Harry put reconnaitre celle de son ami au milieu des autres, mais il lui était difficile de savoir ce qui lui était arrivé. Tout juste pouvait t-il sentir que sa magie avait apparemment légèrement baissé du fait de son utilisation, mais en dehors de cela, sa vie en elle-même ne semblait pas menacée.
Les secondes s'écoulèrent encore dans un silence pesant où tous avaient les yeux rivés sur Harry en espérant des nouvelles rassurantes sur leurs compagnons, avant que finalement, un sourire ne se dessine sur le visage de leur chef.
- Ils vont bien, les rassura t-il en baissant sa baguette. Enfin, plus ou moins bien. Je ne ressens cependant que l'aura de trois personnes se dirigeant vers nous, ce qui indique que deux de nos amis sont apparemment tombés au combat, mais je ne pourrais pas dire lesquels.
La réponse leur arriva vingt minutes plus tard lorsque Jules réapparut à quelques mètres d'eux, menant la marche pour Joly et Labouré qui donnaient l'impression d'avoir affronté de terribles et éprouvantes épreuves à en juger par l'état désastreux de leur uniforme. Meunier et Delannoy eux étaient absents, ce qui donnait enfin une réponse quant à l'idée des deux camarades disparus. Entretemps Harry s'était occupé en soignant les blessés même si les blessures s'apparentaient davantage à des égratignures et quelques foulures de poignet.
- Ils étaient quatre, énonça Jules en soupirant avant même qu'Harry ne le lui demande, rectifiant au passage et sans le savoir l'affirmation d'Harry quant à leur nombre. On l'a échappé belle, ils nous avaient eux aussi repéré !
- Ouais, et ils nous ont emmené là où ils le souhaitaient, poursuivit Thomas en roulant des yeux. On s'est fait surprendre au beau milieu de la forêt, et y'avait des buissons absolument partout ! On ne pouvait même pas les charger avec nos chevaux, alors on a dû les affronter à distance en utilisant nos sortilèges et progresser d'arbre en arbre pour arriver jusqu'à eux. Heureusement que nous étions cinq, autrement je ne donnais pas cher de notre peau !
- Au moins nous sommes toujours là, termina le troisième en soupirant d'un air résigné. On ne peut pas en dire autant des autres…
- Inutile d'être aussi attristé Labouré, ils ne sont pas morts ! le réprimanda Nicolas alors que les autres riaient de bon cœur.
- Peut-être, mais ça fait quand même deux personnes en moins dans notre équipe !
La guerre des chiffres ne dura cependant pas au-delà de ce petit échange, et après s'être assuré que les corps ne risquaient rien, Harry lança le même sort employé par Jules pour avertir leurs supérieurs de la présence d'élèves inconscients dans la zone, puis invita ses camarades à l'accompagner… Avant de se questionner sur la direction à prendre à présent. Où aller maintenant ? Devait-il partir à la poursuite d'Auguste en prenant le risque de perdre la trace de son campement ? Devait-il retourner à son propre campement pour revenir attaquer le lendemain ? Mais le risque était que Boulanger se rende compte que plusieurs de ses équipiers étaient disparus et décide de déplacer son quartier général… Restait maintenant la dernière possibilité : Se diriger vers le campement ennemi et en prendre le contrôle en attendant le retour de son propriétaire.
- Je préfère la troisième solution, affirma Jules lorsqu'il leur fit part des cas de figure potentiels.
- Moi aussi, confirmèrent les autres d'une seule voix.
- Je dois avouer que je suis également partant pour cela, mais il faudrait faire attention : Nous ne savons pas ce qui peut se cacher dans leur camp, et il est possible que des protections aient été mises en place tout comme pour le notre. Le mieux serait peut-être d'attendre quelques temps sur la route menant au camp que Boulanger se montre pour venir à bout de lui. Puis nous forcerons d'une façon où d'une autre les trois derniers à se rendre.
Le plan fut accepté par l'intégralité de sa petite troupe, et de toute façon, mieux valait ne pas contester les décisions de leur supérieur. Ainsi, après avoir une nouvelle fois utilisé l'enchantement des points cardinaux, Harry les guida sur la petite route les menant vers leur dernier objectif : le camp ennemi. Toutefois, ils s'arrêtent à une distance suffisante de celui-ci pour ne pas être repéré, et tapis dans les fourrées et les arbres bordant le chemin, ils attendirent alors longtemps le retour providentiel de celui qui leur permettrait de pouvoir s'assurer un retour dans leurs familles durant la période de noël. Les heures défilèrent à nouveau, mais l'attente ne fut pas un problème : Tous savaient que la fin de leur examen était imminente, et personne n'allait s'en plaindre. Aussi, lorsqu'ils entendirent Harry leur affirmer qu'Auguste entraient enfin dans le champ d'action de son sortilège de détection, pas un ne soupira de soulagement ou n'exprima à voix haute la longue attente qu'ils avaient eues à faire.
- Ce soir peut-être, nous pourrons de nouveau manger la bonne nourriture du réfectoire, lança t-il pour se donner à lui-même du courage.
Auguste et ses derniers compagnons approchaient lentement et de plus en plus près de leur position, sans savoir apparemment qu'ils fonçaient droit vers un autre piège. Harry pouvait même les entendre discuter et rire de là où il se trouvait, complètement inconscients de la situation dans laquelle ils fonçaient tête baissée et sans savoir également que la fin de cet examen semblait s'approcher à grand pas. A vrai dire, Boulanger donnait même l'impression en l'entendant rire qu'il appréciait grandement cette semaine de test et qu'il ne se souciait pas vraiment de tomber nez à nez avec Harry et sa propre équipe.
- Préparez-vous, leur ordonna Harry lorsqu'ils n'étaient plus qu'à une trentaine de mètres. Comme tout à l'heure : Nous tirons à distance, puis nous fonçons sur eux pour un combat au corps à corps…
- Maintenant !
Harry eut à peine le temps de se retourner qu'un sortilège lui frôla le visage pour venir mourir sur l'arbre derrière lui. Plusieurs autres sorts pilonnèrent leur zone, et deux d'entre eux touchèrent même une cible chacune qu'Harry regarda impuissant tomber par terre. Leur attaque surprise tombait à l'eau, et l'adage « tel est prit qui croyait prendre » faisait parfaitement l'affaire dans leur situation : Boulanger les avait depuis longtemps repéré, sans doute grâce au même sortilège qu'Harry employait déjà de son côté, et en faisant mine de ne pas les avoir remarqué, il avait pu s'engouffrer volontairement dans le piège qu'Harry leur tendait, leur faisant croire à tort qu'ils avaient pour eux l'avantage de l'attaque surprise.
- Finement pensé Auguste, avoua de mauvaise grâce Harry en se redressant sur sa selle. Avec moi mes compagnons, chargez !
Même avec deux équipiers en moins, le groupe d'Harry restait quand même bien supérieur en nombre que les autres, presque à deux contre un, et la pluie de sorts qui s'envola vers Auguste suffisait à s'en rendre compte. Mais en perdant l'effet de surprise, Harry perdait également l'opportunité de pouvoir réagir avant même que les autres ne répliquent, et aux sortilèges de ses coéquipiers, ceux de Boulanger venaient également s'ajouter à la mêlée.
Bientôt, un déluge de sorts aussi dense que la pluie qui commençait à s'abattre partout autour d'eux, et ce au détriment de toute mesure de prudence. Deux autres camarades d'Harry furent ainsi touchés par des tirs dont on pouvait ignorer la provenance et la possibilité qu'ils soient du fait de l'un de leur propre camarade pouvait être tout à fait possible. Mais le groupe adverse n'en menait pas large lui non plus, et en un rien de temps, il ne restait plus qu'à Auguste un seul camarade se battant vaillamment contre quatre adversaires à la fois.
Harry lui défiait à présent du regard son adversaire et ennemi pendant qu'ils se jaugeaient silencieusement alors qu'ils trottaient sur le sentier de la même façon que s'ils souhaitaient former un cercle avec les sabots de leurs jeunes chevaux. Le duel était inévitable, et les autres s'en rendirent rapidement compte. Tout comme il y a quelques semaines maintenant, Jules, Nicolas et le reste des personnes présentes attendaient l'inévitable duel opposant les deux meilleurs élèves de leur classe avec en tête le fait qu'Harry avait gagné leur premier combat.
- Comme on se retrouve Bourbon, dit Auguste en ouvrant la petite joute verbale de rigueur. Je dois dire que je suis étonné de voir que tu oses m'attaquer en voulant te cacher dans les arbres, moi qui pensais que les petits princes étaient des hommes et attaquaient de face…
- L'effet de surprise Boulanger, répliqua Harry en souriant moqueusement. Malheureusement tu ne peux pas comprendre toutes les subtilités d'une bonne stratégie militaire, toi qui passe la plupart de ton temps à chahuter en classe en n'omettant d'écouter tes instructeurs. Mais tu m'as étonné, j'en disconviens : Je n'aurais jamais pensé que tu étais capable de pouvoir utiliser l'Homonum Revelio, surtout que l'instructeur Riva n'a commencé à nous l'enseigner qu'en début de semaine dernière.
- Je me renseigne, voilà tout. Je ne reste pas sur mes acquis !
- Malheureusement, il semble que tu reste le même sur un point, et cela te perdra…
- Ah oui ? lança Auguste en haussant le ton. Et quel est-il ?
La réponse était déjà toute trouvée, et le petit sourire qui ornait à présent le visage d'Harry ne promettait rien de bon à Auguste. Son égo allait sans doute en prendre un coup, et chaque spectateur le comprit aisément par l'attitude du prince de Lamballe.
- Ton arrogance, et… Ta bêtise.
Il n'en fallut pas plus à Auguste pour sortir sa baguette de son étui et entamer un nouveau duel contre Harry. Le combat semblait au premier abord le même que précédemment, mais le fait d'être sur un cheval réduisait considérablement la souplesse de chacun.
- Expelliarmus ! s'écria Auguste au bout d'une minute d'affrontement.
Le sort manqua Harry de peu, mais celui-ci heurta malgré tout l'épée de bois qu'il gardait à sa ceinture et qui s'envola dès l'instant où elle fut touchée. Harry jura intérieurement, furieux de voir que l'une de ses armes lui était hors de portée, mais l'occlumancie aidant à contrôler ses émotions, ses capacités en duel n'en furent pas altérées, et à chaque sortilège qu'il recevait, un autre venait répliquer aux différentes attaques. Son cheval lui-même, effrayé par les flashs lumineux le manquant de peu à chaque fois, l'aida grandement dans son œuvre. Mais leur duel commença à s'éterniser, et Harry jugea bon alors d'élever un peu le niveau, surtout lorsqu'un autre sort heurta l'œil de sa monture qui manqua de peu de le faire tomber.
- On dirait que tu fatigues Bourbon ! lança fièrement Auguste en le voyant tenter de contrôler son cheval. Peut-être que finalement, notre dernier duel n'était qu'un coup de chance pour toi !
- Ne jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué mon cher rival, l'avertit-il en souriant narquoisement, pendant que du coin de l'œil, il voyait le coéquipier de Boulanger être vaincu par l'alliance combinée de Jules, Nicolas et Thomas.
Harry porta alors sa baguette près de sa bouche tout en murmurant à celle-ci des paroles incompréhensibles pour les autres. Une toute petite flammèche apparut à son bord, à peine plus grosse que celle d'une bougie, mais la suite en surprit plus d'un. Harry souffla soudainement sur elle et en direction d'Auguste, et dans un retentissant bruit d'explosion, l'enfer se déchaina sur Terre : la flamme qui au départ ne faisait que un ou deux centimètres de long sembla soudainement s'animer pour finir par se déchainer littéralement en se transformant en un gigantesque brasier incontrôlable et fonçant droit sur sa cible. Nicolas eut l'impression d'avoir sous les yeux un cracheur de feu particulièrement expérimenté, et la scène se déroulant actuellement pouvait lui donner raison.
Toujours est-il que l'immense brasier se dirigeait rapidement vers un Auguste totalement surpris et désemparé par cette soudaine attaque et peinant par-dessus tout à garder le contrôle de son cheval qui lui n'entendait absolument pas rester ici à attendre d'être transformé en rôti.
Le canasson se cabra aussitôt au point qu'il désarçonna Auguste et le fit tomber lourdement par terre. Le feu lui les évita de plusieurs centimètres comme le souhaitait Harry, mais le mal était fait : Sans monture et sans doute endolori par la chute, Auguste voyait ses chances de gagner se réduire à peau de chagrin. Pourtant il se releva malgré tout pour en découdre, et sans perdre une minute il envoya une nouvelle salve de sorts vers Harry qui ne put que les bloquer grâce aux boucliers qu'ils formaient pour chaque sort s'approchant de lui. Lui-même jugea bon d'abandonner son cheval pour être plus à l'aise dans ses déplacements et le combat prit alors une autre tournure. Chacun rivalisait d'astuces pour venir à bout de l'autre, mais avec un dos meurtri et une constante douleur dans le bassin, Auguste faisait peine à voir et passait le plus clair de son temps le corps plié pour ne pas à ressentir la douleur cuisante qui se faisait sentir lorsqu'il tentait de se relever entièrement.
Un éclair de souffrance, plus puissant que les autres, lui fit mettre un genou à terre, et Harry saisit alors sa chance pour mettre un terme à ce combat :
- Intetior Cura Radicum !
Les arbres autour d'eux semblèrent soudainement prendre vie, et la terre à leur pied s'animer. Ce fut comme si des centaines d'animaux creusaient le sol en même temps, du moins c'est l'impression que cela donnait jusqu'au moment où les racines elles-mêmes des arbres sortirent de terre pour se diriger vers Auguste. Les plus petites vinrent immédiatement s'enrouler autour de ses membres de la même façon que lors de leur premier duel, mais les plus grandes et les plus grosses restèrent au dessus de lui comme des gourdins menaçant Auguste de s'abattre sur lui s'il osait essayer de bouger.
- Impossible de bouger maintenant, lança Harry en pointant sa baguette vers lui. Mais je ne ferai pas la même chose que la dernière fois, et te laisser dans un état de conscience serait une grave erreur que je ne ferai pas. Stupefix !
Et tout comme ses camarades, Boulanger fut à son tour battu bien qu'Harry comme ses amis louèrent malgré tout la franche ténacité dont il avait fait preuve. Leur adversaire désormais vaincu s'écroula sur le sol lorsqu'il fut libéré de sa prison végétale, et le choc causé par sa rencontre avec la terre fraiche du sentier témoin de leur combat fut le seul bruit pouvant être entendu à plusieurs centaines de mètres à la ronde. Le monde les entourant semblait comme arrêté, et tous étaient plus ou moins groggys par la vision s'offrant à eux. Le chef ennemi vaincu, leur examen prenait dès lors un nouveau tournant, un tournant qui leur était profitable par-dessus tout et qui sonnait comme une évidence maintenant leur future victoire.
- Hé bien, maintenant il faudrait qu'un malheur s'abatte sur nous pour que nous perdions, affirma Jules en commençant déjà à réunir les différents corps à terre qu'ils soient amis ou ennemis.
- Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? lui demanda Nicolas en trainant lui aussi tel un sac de pomme de terre l'un de leur propre équipier.
- Comme d'habitude : On les abandonne ici en avertissant nos instructeurs de leur présence à cet endroit, de telle sorte qu'ils viennent les chercher. Nous nous continuerons notre route jusqu'à leur campement. À sept contre trois, je ne pense pas qu'ils fanfaronneront bien longtemps.
Ses yeux se posèrent alors sur le corps inerte d'Auguste, et aussi vite qu'une balle de mousquet, un autre argument de poids dans la phase finale de son plan fit son apparition dans sa tête.
- Nous gardons celui-là, dit-il en le hissant tant bien que mal sur le dos de son cheval. Il nous servira parfaitement pour négocier avec ses trois derniers coéquipiers. Il serait après tout très étonnant qu'ils poursuivent le combat alors que leur supérieur lui-même a été éliminé.
Jules approuva d'un hochement de tête pendant qu'il lui prêtait main forte dans son œuvre, puis lorsque chacun remonta sur sa monture, Joly n'attendit pas que quelqu'un se dévoue pour tirer par lui-même le faisceau rouge indicateur de l'emplacement d'élèves hors d'état de combattre.
Harry jugea cela inutile du fait des affrontements intenses qui avaient eu lieu et qui auraient pu être vu à des kilomètres à la ronde, mais il ne lui en voulu pas pour son empressement à agir sans en avoir été invité. Il préféra à l'inverse guider ses derniers compagnons jusqu'au campement de Boulanger, sûr à présent de la réussite de son groupe lors de cet examen.
Le trajet dura relativement peu longtemps par rapport à la longue traversée de la forêt qu'ils avaient eu précédemment, et en un peu plus de dix minutes, les premières esquisses des tentes se firent voir à l'horizon. Harry pouvait même voir les trois garçons s'afférer au rangement de leur campement, pensant peut-être que les cavaliers s'approchant ne pouvaient être que leurs propres camarades. Bien mal leur en prit, en remarquant les bandes de tissus rouges à leur poignet, ils se regroupèrent immédiatement près du feu, baguettes brandies et les yeux rivés sur l'escadron s'approchant d'eux.
- Hé bien voilà une drôle de façon d'accueillir ses invités, se moqua Nicolas en les toisant de haut. On ne vous a jamais appris qu'il fallait se montrer avenant et serviable lorsque quelqu'un s'invite chez vous ?
- Sauf que vous n'êtes pas les bienvenus, répliqua l'un d'eux. Alors tirez-vous avant que les autres ne reviennent si vous ne voulez pas vous faire écraser !
- Les autres ? caqueta joyeusement Thomas en pouffant. Veux-tu dire par là ton ami Boulanger et ses quinze suiveurs ? Désolé de te décevoir mais tu devras attendre encore longtemps pour les voir venir à ton secours !
Le garçon haussa ses sourcils à cette affirmation alors que le doute s'immisçait tel un serpent en eux. Pour donner le coup de grâce, Harry jugea alors bon de leur montrer son argument ultime qui ballottait piteusement sur les flancs de son cheval.
- Peut-être que ceci va éclairer votre lanterne, dit-il en se saisissant d'une poignée de cheveux d'Auguste pour leur montrer son visage. Si avec cela, vous ne comprenez toujours pas que vous êtes fichus, alors je ne réponds plus de rien.
La vision de leur supérieur inconscient acheva de briser le frêle courage qui les animait jusqu'alors, et si aucun son ne sortait de leur bouche pour en témoigner, leurs bras qui tremblaient comme des feuilles prises dans un tourbillon de vent pouvaient eux l'assurer.
- Nous avons votre chef, et tous vos camarades sont déjà à l'heure où nous parlons de retour à l'école pour se faire soigner. Vous êtes désormais seuls, sans commandement et inférieurs en nombre, alors il serait inutile de poursuivre le combat à présent. Vous savez ce qu'il vous reste à faire…
Les trois recrues se regardèrent quelques secondes, puis résignés à leur sort, chacun jeta alors sa baguette par terre et suffisamment loin pour assurer à Harry leur totale soumission. Agenouillés sur le sol et les mains derrière la tête, tous les trois attendaient maintenant la sentence qui allait s'abattre sur eux en espérant qu'Harry ne leur lancerait pas un sort très douloureux.
- Inutile de penser à cela, je n'ai pas l'intention de vous tourmenter encore davantage, lança celui-ci en descendant de son cheval. Cependant…
Un coup de baguette magique fit apparaître de solides cordes qui vinrent s'enrouler autour de leur poignet, les liant dans le dos pour les empêcher de tenter quoi que ce soit contre lui ou ses derniers camarades.
- Voilà qui est parfait, approuva Harry en terminant de lier le dernier élève. Je pense ne pas me tromper en affirmant que nous sommes les vainqueurs ? ajouta t-il en se tournant vers les autres.
Ceux-ci lui répondirent en criant de nouveau, ravis tout comme lui d'avoir su venir à bout de l'autre équipe de la plus belle des manières, quoique quelques problèmes avaient malgré tout eu raison de certains de leurs amis tombés au combat. Il faudra à l'avenir revoir plus en détail les moindres aspects de leur plan et du déroulement de cet examen en général, et c'est ce que chacun pensait tandis qu'ils tiraient tous en l'air une nouvelle salve de faisceaux lumineux, signalant pour leurs instructeurs que la touche finale de leur aventure venait d'être ajoutée. Il restait maintenant à savoir quelle note pourrait leur mettre Harry, et sur ce point là, il n'y avait aucune chance que le concerné leur souffle ses premières impressions.
Et voilà ! Bon je vous vois venir, alors pour répondre à la question/remarque que l'on pourrait me donner, oui le combat a été un peu vite expédié, mais entre nous : Vous auriez aimé que ça dure plus longtemps ? Perso j'en aurai fait une indigestion...
Donc Harry fait une nouvelle fois étalage de sa magie même si pour l'instant ce n'est pas non plus extraordinaire : Mieux vaut éviter de tomber dans le héros surpuissant qui bat tout le monde facilement. Le sortilège de feu qu'il a utilisé n'est PAS le feudeymon, je tiens à le dire : C'est simplement une déflagration lancée vers son adversaire comme le fait justement remarquer l'un de ses amis (vous n'avez qu'à avoir en tête l'image d'un cracheur de feu, sauf que là Harry n'a eu qu'à souffler sur sa baguette).
Sinon j'ai remarqué après relecture qu'Harry semble assez arrogant : Ce n'est absolument pas mon intention et si j'avais voulu en faire un Drago Malefoy n°2, j'aurais carrément pris l'original plutôt que de me casser la tête à dénaturer le personnage de Rowling. Simplement, dites vous qu'Harry est à présent un prince de sang, et que comme tous les princes de cette époque, la fierté du rang et du sang prédominait sur tout le reste, et c'était d'ailleurs ce que l'on inculquait aux enfants (ne jamais avoir honte de ce que l'on est). Il est un peu pompeux et sûr de lui, mais JAMAIS il ne deviendra méprisant et désagréable comme Drago.
Je fais également apparaître beaucoup de nouveaux personnages, mais pour ceux qui ont un peu de mal avec les noms, rassurez-vous : leurs apparitions seront trèèèèès anecdotiques ; Certains ne devraient d'ailleurs être mentionnés que dans ce chapitre.
Je ne pouvais bien évidemment pas écrire ce chapitre sans faire un petit détour par Lamballe, et vous avez pu avoir un aperçu de la nouvelle petite Marie-Rose ; Les retrouvailles Frère/Soeur et Mère/Fils arriveront d'ici deux chapitres (de tête).
Le prochain chapitre sera d'ailleurs centré sur les Greengrass, en particulier sur Cygnus et Daphné. Je mentionnerai également le magenmagot et la politique du ministère de la magie anglais, la famille Potter évidemment, Dumbledore et aussi les Weasley (vous apprendrez en outre pourquoi ils sont si pauvres et n'ont aucun siège dans le magenmagot).
Par contre, je vais éviter de vous donner une date pour le prochain chapitre : Je ne préfère pas m'avancer pour qu'au final je ne respecte pas mes engagements ! Sachez simplement que je n'abandonnerai probablement pas cette histoire avant longtemps !
Sur ce, à bientôt !
