Salut à tous ! ça fait longtemps n'est-ce pas ? Désolé pour le retard, mais mon été a été pour le moins... intense. Je ne vais pas m'attarder là dessus, mais sachez simplement que je n'ai eu que très peu de temps pour moi pour écrire ce chapitre. D'ailleurs les prochaines années le seront également... Si je poursuis bien évidemment cette histoire jusque là ^^.

Je tiens également à vous informer qu'étant donné que j'ai repris mes études, mon temps libre s'en est trouvé raccourci : Le point positif à cela reste néanmoins qu'étudier toute la semaine de l'histoire me permettra d'étoffer encore davantage mes chapitres en petites anecdotes croustillantes ! J'ai d'ailleurs un intitulé de cours qui s'appelle "guerre et diplomatie" : J'espère que ça parlera des guerres napoléoniennes !

Encore merci pour vos commentaires nombreux ! Je vais faire en sorte d'y répondre dès ce soir et demain après l'école pour éviter d'avoir à faire comme maintenant et attendre près de trois mois pour vous donner une réponse... Shame on me. Ma nouvelle politique sera maintenant de répondre à vos commentaires dès que vous m'en donnerez un, comme ça plus d'oubli, et ça me permettra de ne plus devoir prendre 20 minutes minimum pour vous répondre !

Donc au programme de ce chapitre... Bah vous le verrez par vous même ! Harry n'apparaît pas du tout à l'intérieur, de même que la plupart des protagonistes. Contrairement à ce que j'ai annoncé la dernière fois, je n'ai pas non plus fait apparaître les jumeaux Weasley, Drago et Matthew... Enfin le dernier est quand même là mais rarement mentionné. La raison est que par souci d'avoir un petit chapitre, je l'ai raccourci de 4000 mots. Dumbledore et James sont cependant très présents eux ! Vous verrez bien comment l'action se déroule...

Sur ce, bonne lecture !

PS : Je suis désolé par avance pour les fautes. Je suis malheureusement occupé pour une petite demi-heure à cuisiner, donc désolé à ceux qui liront ce chapitre en premier ! Promis je corrige dès que j'ai terminé ce que j'ai à faire !


La salle d'audience numéro quatre du ministère de la magie n'était d'ordinaire qu'une salle ouverte au public un jour par mois, lorsque tous les membres du Magenmagot se réunissaient pour discuter des dernières affaires administratives et politiques de la communauté magique. Pourtant, en cette journée du 26 novembre, ses membres furent une nouvelle fois convoqués par le ministre de la magie pour une réunion exceptionnelle demandant explicitement à chaque Lord de Grande Bretagne de venir pour discuter d'un sujet de la plus haute importance. Pour l'heure, personne n'était au courant de la nature de cette réunion ni même de ce qu'allait annoncer Cornelius Fudge au cours de celle-ci. Personne, sauf peut-être un Lord qui pour l'heure siégeait tranquillement dans la loge qui lui était réservé.

Cygnus, puisqu'il s'agissait de lui, sirotait tranquillement une coupe de vin en observant plus bas ses nombreux collègues et pour la plupart amis s'installant au fur et à mesure dans l'hémicycle dans un brouhaha de tous les diables. La dernière édition de la gazette du sorcier traitant de cette affaire avait depuis longtemps été jetée sur la petite table en verre à côté de son fauteuil mais elle n'annonçait rien de plus qui n'avait déjà été dit quelques jours plus tôt par le ministre lui-même. Un sourire ne cessait de grandir à mesure que le temps passait lorsqu'il songeait que cette journée pouvait être le point d'orgue marquant la chute de Dumbledore et de ses plus proches collaborateurs, bien qu'il regrettait quelque peu que cela puisse également atteindre un enfant aussi désagréable soit-il, puisque la réunion les concernait tous. Enfin le véritable visage du directeur de Poudlard allait être mis à jour devant l'ensemble des plus éminentes personnalités du pays, et il ne pouvait s'empêcher de trépigner d'impatience à l'idée que ce moment allait bien arriver.

Pour l'occasion, il avait d'ailleurs sorti sa meilleure bouteille, du moins l'une des meilleures bouteilles de Marie-Louise qu'elle avait gracieusement offerte en lui faisant promettre de trinquer à cette belle après-midi en son honneur une fois la sanction tombée. Il n'avait malheureusement pas pu tenir jusqu'au bout, et bien qu'il ne soit pas un grand consommateur d'alcool, sa bouteille de vin était bien moins pleine que lorsqu'il l'avait débouchée. Par chance Cygnus résistait bien aux effets néfastes de cette boisson, mais si sa femme avait été là, il ne donnait pas cher de sa peau.

Un petit gloussement sortit de sa bouche lorsqu'il y songea, mais un coup d'œil curieux de son accompagnatrice assise de l'autre côté de son fauteuil lui fit reprendre rapidement contenance, surtout lorsque celle-ci secoua sa tête d'un air dépité. Mais plutôt que de s'offusquer de son comportement, Cygnus préféra concentrer son attention sur l'environnement qui l'entourait, et il y avait beaucoup à voir dans l'immense salle qui servait à ces réunions.

Le Magenmagot était en effet l'assemblée la plus importante du pays, celle qui dictait et votait les lois, qui rendait justice et appliquait les sanctions aux imprudents ayant l'audace de défier ses directives ou encore qui élaborait les bases du budget de chaque département du ministère de la magie en fonction de son importance et des investissements à faire pour en améliorer son fonctionnement. Comme son rôle était très important, ses créateurs ont eu dans l'idée de faire l'étalage de toute la richesse qu'il était possible de mettre dans une salle pour justifier la fonction qui était la sienne au risque d'en choquer certains.

Du sol au plafond, dans chaque rangée de sièges et jusque dans les plus infimes détails des boiseries des différentes loges, l'or, l'argent et les bois les plus reluisants du monde étaient omniprésents… en fonction de la place sur laquelle on se situait. Il fallait notamment lever les yeux au fur et à mesure vers le plafond pour le constater car les places les plus basses n'avaient à vrai dire aucun charme pouvant susciter un quelconque intérêt pour les plus curieux. De forme ovale, l'agencement des sièges respectait un ordre bien précis qui n'avait que peu évolué depuis des siècles maintenant : En fonction du statut, de la renommée, de la richesse voir de l'ancienneté de la chambre que représentait le Lord, celui était placé de plus en plus haut pour finir sa course au même niveau que la loge réservée au ministre de la magie faisant face à la porte d'entrée.

Les individus se trouvant près du sol étaient par conséquent considérés comme des Lords de seconde zone, regroupés dans ce qui était appelé familièrement « la plèbe » car n'ayant pas un statut très important aux yeux de leurs collègues mieux lotis. Cette partie du Magenmagot rassemblait notamment le plus grand nombre de votants, une centaine pour être exact, et était composée de profils aussi intéressants que variés. Leur seul point commun était le fait qu'ils n'avaient pas suffisamment de puissance financière ou de contacts utiles au sein du ministère pour pouvoir espérer monter dans les étages du Magenmagot, et que leur poids politique s'en trouvait très réduit du fait que leur voix ne comptait que pour une seule.

Le deuxième groupe du Magenmagot, siégeant entre la 5ème et 7ème rangée, concernait pour sa part des Lords de longue date dont les familles ont depuis longtemps fait leur preuve aux yeux du ministère. De condition bien supérieure à la plèbe, ces seigneurs possédaient une avance sur eux dans la mesure où leur ancienneté au sein de la communauté magique leur avait permis depuis longtemps d'établir un réseau de contact bien amené et suffisamment important pour se garantir des alliés en dehors même des murs du ministère. Ce groupe était par ailleurs le plus vindicatif dans ses aspirations, et beaucoup d'entre eux furent pendant longtemps soupçonnés d'appartenir à la mouvance crée par Voldemort à son apogée. D'une virulence folle, ils réclamaient bien souvent des lois particulièrement radicales et sujettes à controverse qui par chance ne voyaient que très rarement le jour, la dernière en date étant le fichage de tous les nés-moldus intégrant le monde magique. Ils étaient également particulièrement jaloux des droits et privilèges accordés au dernier groupe du Magenmagot et ne se gênaient pas pour réclamer eux aussi des avantages lorsque la contestation atteignait son paroxysme. Leur poids politique était beaucoup plus fort dans le pays, et leurs voix comptant double lors des votes, il suffisait que ses cinquante membres se mettent tous d'accord sur un même projet pour avoir le même nombre de voix que l'ensemble de la plèbe. Le plus étonnant était que l'on pouvait retrouver dans celui-ci d'anciennes familles françaises ayant voulu échapper à l'inquisition médiévale du XIIIème siècle et qui dura près de 200 ans comme les Lestrange, les Rosier ou même les Malfoy. Les Weasley faisaient autrefois partie de ce groupe, mais de mauvais investissements doublés à une fâcheuse histoire d'empoisonnement du pain au XVIème siècle causant la mort de plusieurs centaines de personnes causa leur perte et leur déchéance aux yeux de l'ensemble du Magenmagot. Leur siège se trouvait à présent juste à côté de la porte d'entrée, là où tout le monde les oubliait et ne posait le moindre regard.

Les Londubat, Bones, Abbot, Davis, Potter, Smith, McMillan, Corner, Black et bien évidemment Greengrass composaient le dernier groupe du Magenmagot et étaient bien souvent appelés « les indétrônables » : Exister depuis la fondation du ministère de la magie avait ses avantages, et bénéficier d'un siège à vie dans cette assemblée en faisait partie. Leur influence était telle qu'ils pouvaient à eux seuls faire basculer une décision si celle-ci ne leur convenait pas, et généralement, la plupart de leurs confrères suivaient leur avis. Ces dix chambres avaient en outre été pendant très longtemps les artisans de la stabilité du pays et les premiers défenseurs de la paix dans chaque conflit que leur communauté avait rencontré au cours des siècles. Leur opposition marquée contre les multiples guerres qui opposèrent sorciers et gobelins n'était que l'un des faits d'armes qu'on pouvait leur attribuer, de même que leur rôle dans chaque tentative de trêve ou de paix entre les deux camps. Si la plupart des familles se battaient ouvertement pour ou contre la magie noire, la suprématie du sang et le nationalisme dans leur pays, autant de débats qui avaient pendant des siècles divisé la société magique, les indétrônables eux ne prenaient jamais parti pour tel ou tel camp, restant le plus souvent neutres ou en retrait. Mais le temps venant eut raison de cette image qui leur était donnée jusqu'à présent. Les Black en outre commencèrent à approuver les idées suprématistes des conservateurs et puristes du Magenmagot et furent rapidement assimilés à cette mouvance. Leurs dernières alliances avec les Malfoy, Lestrange et Rosier, pourtant inférieurs à eux sur l'échiquier politique, ne faisaient pour certains que confirmer cette radicalisation. À l'inverse, Les Potter, Bones et Londubat eux ne furent que récemment considérés comme de fervents partisans de l'autre camp que représentait Dumbledore.

Cygnus se doutait que l'emprise qu'avait sur eux le directeur dès leur scolarisation à Poudlard avait dû jouer fortement sur cette soudaine fidélité à sa cause, et même lui fut un jour approché par le directeur qui, en le sachant devenir le prochain Lord Greengrass, avait tenté maladroitement de l'attirer dans ses filets en lui promettant mondes et merveilles et une assurance que tout ce qu'il souhaitait voir voté par le Magenmagot le serait grâce à lui et ses suiveurs. S'opposer à lui signait à l'inverse une farouche opposition de sa part et un rejet de tout ce qu'il entreprendrait. Mais Cygnus ne s'était pas laissé intimider, et même les tentatives et ragots de Dumbledore pour le faire passer pour un mangemort n'avaient pas permis de ternir son nom.

La guerre avait malheureusement pour Dumbledore fait voler en éclat le pouvoir qu'il avait sur le Magenmagot quand Franck et Alice Londubat furent torturés par les partisans de Voldemort au point d'en devenir fous. Avec un siège désormais occupé par la mère de Franck, Augusta Londubat, Dumbledore perdait dans le même temps une voix comptant pour cinq, tout comme il avait perdu quelques mois plutôt l'appui des Bones lorsque son représentant fut assassiné ainsi que toute sa famille par le seigneur des ténèbres lui-même. Il ne lui restait maintenant plus que le soutien de la famille Potter, les autres membres du cercle intime des indétrônables se méfiant de lui et de ses machinations.

Mais aujourd'hui, même l'aide de James ne pourrait pas lui venir en aide car cette journée allait marquer un tournant dans l'opinion que se faisaient les sorciers de lui, du moins chez ceux qui voyaient en cet homme l'illustre sorcier sans le moindre défaut qu'il laissait transparaître. Les autres comme Cygnus n'aurait aujourd'hui que la confirmation que Dumbledore et ses suiveurs n'étaient pas exempts de tout reproche et que la lumière ne sortait pas de tous ses orifices.

Un léger «Hmpf» l'interrompit dans ses pensées, et tournant la tête vers l'origine de ce bruit, un léger sourire s'afficha sur son visage en voyant la mine dépitée et maussade de la jeune fille ayant eu la gentillesse de l'accompagner.

- Serais-tu songeuse ma chérie ? lui demanda t-il tandis qu'elle sursautait légèrement.

- N-non papa…, marmonna Daphné en rosissant légèrement. J'ai… Je pensais à Gabriel…

- De belles pensées j'espère ? Argua t-il alors que sa fille rougissait encore davantage. Je serais bien triste si ma fille épousait un jeune homme qu'elle n'appréciait pas.

- Oh non papa ! s'exclama t-elle aussitôt sans se douter que son père s'amusait en vérité de sa gène. C'est juste que je vais bientôt le revoir et… Et je n'ai pas encore eu une bonne idée de cadeau pour lui…

- Tu as encore trois semaines pour cela Daphné, lui rappela son père. Tu n'auras qu'à demander à ses mamans quels sont les goûts de leur fils et s'il était possible qu'elle puisse t'aider à trouver le cadeau parfait pour lui.

- Tu as raison, approuva t-elle en souriant largement. D'ailleurs sa maman française doit surement savoir ce qui serait bon pour lui à son école !

- J'en suis persuadé.

Sa fille lui sourit de nouveau, bien que celui-ci disparut dès lors qu'elle posa à nouveau ses yeux sur les rangées de sièges disposées plus bas. Daphné avait peut-être bien voulu l'accompagner à cette réunion, mais elle n'avait jusqu'à présent jamais montré un intérêt pour elle. Constamment affalée sur sa chaise ou sur le rebord de la loge réservée à son père, elle avait pour le moment davantage passé son temps à vérifier sa tenue ou à jouer avec son éventail dont elle ne se séparait plus qu'à prêter une quelconque attention à ce qui se passait autour d'elle. Pourtant, n'ayant malheureusement pas de garçon et aucun proche de sexe masculin pouvant reprendre le flambeau à sa mort ou lorsqu'il jugera bon de se retirer, Cygnus se devait de transmettre à sa fille aînée toutes les charges qui pèseraient sur elle lorsqu'elle prendra son siège au Magenmagot, tout comme il devait lui enseigner et la former à cette lourde fonction. Son héritière allait devenir la Lady Greengrass, représentante officielle de la maison noble et ancienne des Greengrass, à moins bien évidemment qu'elle ne refuse ce titre et l'offre à sa petite sœur, et la politique intérieure de la communauté magique de son pays devait lui être enseignée dès son plus jeune âge pour succéder à son père lorsque le temps sera venu.

Mais Daphné n'avait apparemment pas compris cela, ou du moins pas encore, à moins que la politique ne l'intéressait absolument pas, ce que Cygnus pouvait aisément comprendre pour une petite fille d'à peine neuf ans qui s'extasiait encore sur les dernières poupées de porcelaine de Pieroti et Motanari plutôt que sur les dernières lois votées par les membres du magenmagot. D'ailleurs le simple fait qu'une fille devienne prochainement l'héritière d'une grande famille était en soi un événement extrêmement rare pour pouvoir figurer dans un manuel d'histoire. Daphné serait peut-être la première femme depuis deux siècles à accéder à cette place, devenant par la même occasion la seule femme à siéger au Magenmagot légalement et grâce au jeu des successions, sauf si l'on exceptait Amelia Bones qui de part ses fonctions, la place rendue vacante par son regretté frère à la tête de leur famille et sa brillante intelligence avait su se faire elle aussi une place dans ce monde d'homme, ou Augusta Londubat qui du fait du jeune âge de son petit-fils et de l'état de santé du père de celui-ci dut elle aussi s'occuper de cette tâche pour quelques années.

La seule autre femme du magenmagot à l'heure actuelle était la sous-secrétaire d'état du ministre Dolores Ombrage, mais cette femme rondelette ressemblant davantage à un crapaud n'avait obtenu ce poste qu'en faisant preuve d'une tendance à la flatterie exagérée auprès du ministre, passant ainsi du simple statut de secrétaire à l'accueil minaudante chaque fois qu'elle rencontrait Cornelius Fudge à celui qu'elle occupait actuellement, un poste que beaucoup de personnes rêvaient d'obtenir et qui ne se gênaient pas pour critiquer le comportement arriviste et intéressé de Dolores.

Mais maintenant qu'il y réfléchissait, Cygnus s'étonna de ne pas avoir encore noté que la prochaine génération de seigneurs allait comporter beaucoup de femmes à la tête des maisons et pouvant prétendre à siéger au sein de cette assemblée : Les Bones, les Davis et les Greengrass parmi les familles considérées comme anciennes et nobles, mais également auprès de celles d'ascendance moindre comme les Brown, les Turpin ou encore les Patil qui avaient monnayé leur intégration dans le Magenmagot contre une importante somme d'argent.

En clair, le monde évoluait, et la femme qui depuis des siècles était considérée comme la représentante du sexe inférieur commençait petit à petit à prendre du galon et de l'importance dans leur communauté, au grand désarroi des plus intégristes et réfractaires souhaitant conserver un mode de fonctionnement dans lequel l'homme était le seul à pouvoir prendre des décisions et où la femme se cantonnait au rôle de suivante et d'objet à exhiber. Cygnus était très loin de ces idéaux là, et vivre avec une femme particulièrement têtue, bornée et opposée à toute forme de soumission y était sans doute pour quelque chose. Si Belvina avait pu prendre sa place au Magenmagot, son mari était certain qu'elle aurait pu aisément bousculer les fondements de leur monde et se faire entendre pour exprimer à tous sa façon de penser au risque d'attirer les foudres d'une bonne partie des radicaux siégeant actuellement eux aussi. Mais Cygnus attendait malgré tout avec une certaine impatience et curiosité de voir toutes ces futures ladys faire leurs preuves et les répercussions que leur présence aurait sur les lois et décisions qui seraient proposées à l'ensemble des seigneurs. Aucun doute qu'elles allaient détruire bien des barrières menant à des égalités entre hommes et femmes, et l'affaire qui allait sa jouer aujourd'hui aurait très bien pu avoir une grande importance pour elles…

- Dis papa, quand est-ce que ça va commencer ? lui demanda tout à coup Daphné alors qu'elle regardait d'un air absent les nombreuses personnes prenant place plus bas, la tête posée sur ses bras croisés eux-mêmes sur la rambarde de leur loge.

- Bientôt chérie, lui certifia Cygnus en espérant lui-même que l'attente ne serait pas trop longue avant que les festivités ne commencent.

Un rapide coup d'œil dans la loge leur faisant face lui assura que ce sentiment était partagé, et Cygnus réprima l'envie de rire en constatant que la vieille Lady Augusta Londubat avait exactement la même expression ennuyée sur le visage que sa fille.

- J'aimerais bien être avec Tracey, soupira d'ailleurs Daphné en regardant elle aussi de l'autre côté du magenmagot la loge dans laquelle se trouvait sa meilleure amie et sa mère. Elle a l'air de s'ennuyer tout comme moi…

Cygnus songea que c'était sans doute un euphémisme tant il était clairement évident que mère et fille auraient sans nul doute préféré être à l'autre bout du monde plutôt que d'assister à cette réunion pourtant très importante. Mais son mari étant actuellement à Azkaban, Isabelle Davis se devait de remplir son rôle en occupant le siège qui était réservée à sa famille, et ce en essayant de ne pas se préoccuper des regards haineux de certains membres du magenmagot qui la cataloguaient ouvertement de « femme de mangemort » quand ils n'allaient pas plus loin dans leurs insultes. Cygnus avaient dû pendant quelques années batailler pour assurer à tous que sa famille n'avait jamais été de près ou de loin une fervente supportrice de Voldemort, et le simple fait que les Greengrass soient considérés depuis la création même de cette assemblée comme une famille neutre ne prenant jamais parti pour tel ou tel côté suffisait à cela. Mais Isabelle était loin d'être une femme forte comme Belvina, et sa timidité et son manque de confiance en elle l'empêchaient de pouvoir elle aussi se défendre contre les critiques à l'encontre de sa propre maison. Le résultat était que son silence était perçu comme une forme d'aveu, et peu de gens osaient désormais s'afficher auprès d'elle pour ne pas prendre le risque d'être eux-aussi affiliés à son prisonnier de mari et à son maître.

A cet instant, Isabelle semblait particulièrement vulnérable, le regard constamment tournée vers l'entrée principale du magenmagot comme si elle espérait pouvoir rapidement s'éclipser, et Cygnus regrettait de ne pas avoir la possibilité de posséder une loge juste à côté de la sienne afin de la rassurer pendant ces temps sombres. Non, au lieu de cela il ne pouvait que regarder impuissant cette pauvre femme être une fois de plus critiquée à tort par des membres moins importants de cette assemblée.

Un en particulier ne perdait jamais une occasion pour l'humilier, mais aujourd'hui Lucius Malfoy semblait trop occupé pour accorder une quelconque importance à la femme de l'un de ses anciens compagnons. Plongé dans une conversation animée avec les seigneurs Parkinson et Goyle, il ne daigna pas un seul regard dans sa direction, pas même un petit coup d'œil moqueur. Pourtant le seigneur Malfoy lorgnait depuis longtemps sur la loge des Davis, et bien qu'il ne l'ait jamais exprimé ouvertement, voir cette famille disparaître pour lui prendre sa place et bénéficier des cinq votes accordés aux plus éminentes familles du magenmagot était clairement dans ses objectifs.

Pour le moment Lucius se contentait de rabrouer Isabelle en l'attaquant verbalement et ce constamment, et étant donné l'état actuel dans lequel se trouvait Lady Davis, chaque parole même anodine pouvait lui faire bien plus de mal qu'un couteau bien aiguisé.

- Je peux t'assurer que tu ne t'ennuieras pas bien longtemps Daphné, lui assura Cygnus en reprenant le fil de leur conversation. Crois-moi, tu verras par toi-même que par moment, la justice d'un pays peut faire les choses convenablement.

Daphné arqua un sourcil à ces paroles, mais son père garda par la suite le silence en s'intéressant de nouveau au contenu de son verre. À vrai dire il était bien le seul, et comme elle pu le remarquer en jetant un œil plus bas, la foule compacte qui s'amassait dans la salle était si bruyante qu'elle peinait à entendre les marmonnements de Cygnus sur les quelques personnes qu'il reconnaissait.

- Heureusement que ça ne durera pas tout le temps, pesta t-elle à voix basse en grattant la feuille d'or recouvrant la balustrade de leur loge. Merlin que c'est ennuyant…

Ce fut néanmoins la seule fois où elle se plaignit de l'attente insupportable qu'elle rencontrait. Peut-être était-ce par impatience qu'elle était aussi amère aujourd'hui, ou alors avait-elle hérité du caractère de sa mère lorsqu'un événement qu'elle souhaitait voir arriver rapidement tardait à venir ?

Toujours est-il qu'elle parvenait difficilement à cacher ses émotions, et si elle n'exprimait plus de vive voix son ennui, son père pouvait facilement le voir en la regardant gesticuler nerveusement. L'objectif de cette réunion pouvait y être également pour beaucoup, et Daphné le connaissant également et sachant son importance, il se pouvait très bien qu'elle s'inquiète en vérité de l'issue de l'affaire mise au goût du jour et qui concernait son fiancé. Ce n'était après tout pas tous les jours que l'on pouvait assister à la déchéance d'un vénérable sorcier, mais aujourd'hui était probablement la journée où Dumbledore risquait de voir son beau petit monde s'écrouler sous ses yeux.

Un simple courrier était le responsable de tout cela, une lettre de plusieurs pages et écrite par Remus Lupin à l'intention du ministre qui allait bousculer bien des à priori sur le directeur de Poudlard et les personnes qu'il côtoyait, et à commencer par James Potter. Dans ce courrier, Remus racontait absolument tout du calvaire qu'avaient vécu Lily, Rosie et son filleul Harry, n'hésitant pas à ajouter des détails sordides sur cette pénible époque où le respectable Lord Potter avait abusé de son autorité pour dominer une partie de sa famille, et ce en employant des méthodes pour le moins radicales. Les brimades, les restrictions, les manipulations, les sévices et les brutalités…Tout y avait été inscris. Certains faits furent par ailleurs rapportés par Cygnus lui-même quand, quelques semaines plus tôt, il fut pour le moins abasourdi puis choqué par l'audace qu'avait James d'utiliser un leurre pour tromper l'intégralité des sorciers : Rencontrer une Lily Potter hilare et joyeuse accrochée au bras de son mari sur le chemin de Traverse fut certainement la scène la plus ahurissante qu'il ait jamais vu de sa vie et surtout en sachant pertinemment qu'elle portait désormais pour lui une haine profonde et irrémédiable.

Lily avait été elle-même surprise par le culot de celui qui fut son époux lorsqu'elle l'apprit, et après avoir demandé l'aide de Marie-Louise pour l'appuyer dans sa demande d'aide auprès de la nation gobeline dont cette dernière était très proche, elle se fit un plaisir de détruire elle-même le certificat de mariage qui la liait à James Potter après avoir habilement usé de son désormais ancien nom pour s'accaparer tous les dossiers qui la concernait elle et son ex-mari. Lily Potter n'existait plus et avait laissé place à Lise Evane, un nom sonnant suffisamment français selon elle pour ne pas se soucier des individus peu recommandables qu'elle laissait derrière elle en Grande Bretagne. Les français eux n'y avaient en tout cas vu que du feu, et comme aucun ne connaissait sa véritable identité, il y avait peu de risque qu'ils puissent un jour faire le lien entre l'ancienne Lily et la nouvelle. Lily se gardait d'ailleurs pour plus tard l'opportunité d'annoncer à la communauté magique de Grande Bretagne qu'elle avait divorcé, non seulement dans le but de cacher à tous cet acte très contesté par une très grande majorité de la population, mais également pour s'assurer un avantage certain envers James et Dumbledore si à l'avenir il apparaissait qu'elle devait leur faire face.

Mais pour en revenir à la lettre, celle-ci aurait très bien pu paraître surréaliste pour le ministre et certainement horrible pour qu'il pense à une manipulation ou même une farce, ce que Cygnus pouvait aisément comprendre lorsqu'il s'imaginait à sa place, et par ailleurs lui-même s'attendait à ne jamais recevoir sa convocation pour cette réunion d'urgence malgré l'abondance des détails de Remus. Mais étonnamment, Cornelius Fudge avait cru immédiatement à cela, et en moins d'une semaine l'ensemble des convocations avaient été envoyées. En outre, il n'avait même pas pris la peine de réclamer à son interlocuteur son identité, pas plus qu'il ne lui avait demandé de lui indiquer l'adresse où logeaient Lily et ses deux enfants, les préservant peut-être d'un possible danger et ce dont ils furent très reconnaissants. Le fait qu'il n'ait également pas précisé la nature de cette réunion pouvait également être expliqué par une envie de ne pas rendre publique la connaissance qu'il avait de ce dossier et empêcher Dumbledore de préparer une défense convenable mais mensongère.

« Un adversaire pris par surprise sera incapable de réagir et réfléchir correctement face à l'inconnu » lui avait dit quelques jours plus tôt Marie-Louise lorsqu'il s'était étonné de l'absence d'informations du ministre quant au prochain sujet de discussion de cette réunion d'urgence.

Et il est vrai que même avec son intelligence et son don pour se sortir des situations les plus délicates, Dumbledore serait incapable de réfléchir rapidement à une excuse suffisamment convaincante pour expliquer la disparition de Lily, et aujourd'hui en apporterait la preuve : Tout allait se jouer d'ici quelques minutes, mais il ne manquait plus maintenant que les principaux acteurs de la pièce qui allait se jouer devant les plus hautes autorités du pays.

Une soudaine agitation l'avertit que justement, les premières personnes à y jouer entraient en scène, et lorsque la famille Potter fit finalement son apparition, un petit sourire carnassier apparut sur son visage. Accompagnée bien évidemment de Dumbledore qui profitait là d'une occasion pour une nouvelle fois s'afficher aux côtés de la famille responsable de la chute de Voldemort, James, Matthew et une Lily Potter pour le moins exubérante tentaient de se frayer un chemin au beau milieu de la foule s'amassant déjà autour d'eux jusqu'à l'escalier les menant à leur propre loge qui, comble de malchance pour Cygnus, se trouvait juste à côté de la sienne, sans se douter qu'un piège se refermait sur eux.

- Papa, tu as vu ? l'interrogea Daphné en regardant elle aussi la petite famille s'approcher petit à petit de leur position. Ils ont encore utilisé une fausse madame Potter pour tromper les gens.

- J'ai vu chérie, lui répondit son père en réprimant l'envie de sourire.

Son rictus disparut cependant très vite lorsqu'il remarqua la cinquième personne faisant partie de ce petit groupe : Severus Rogue. Des années maintenant s'étaient écoulées sans qu'il n'ait eu la possibilité de pouvoir parler à son ancien ami, et encore moins de l'approcher. La dernière en date devait sans doute être le jour du baptême de Rosalyn Potter, mais Cygnus n'était pas sûr de la date. Il faut dire que rester cloîtré la plupart du temps à Poudlard avait fait que Severus s'était complètement coupé du monde et de ses rares amis. Quelques rumeurs disaient même qu'il ne quittait même pas ses cachots, mais les ragots des nombreux étudiants n'appréciant pas leur professeur n'avaient pour eux que la parole des gens qui les colportaient, soit aucun fondement. Néanmoins, forcé de constater que le professeur de potions attitré de Poudlard se distinguait par ses absences et sa capacité à suivre telle une ombre Albus Dumbledore dans tous ses déplacements. Le seul moment où il fut aperçu seul selon des témoins fut lors du concours international de potioniste qu'il remporta aisément malgré la pression sur lui. Ce fut d'ailleurs le seul moment où il brilla par son talent, et à voir comment les journalistes tentaient d'esquisser des croquis fébrilement des Potter sur leurs feuilles de parchemin, son exploit était déjà depuis longtemps oublié.

Comme un signe du destin, ce fut l'un de ses ennemis jurés qui ferma la marche, Sirius Black. Celui-ci ignora d'ailleurs royalement le professeur de potions, préférant tout comme son meilleur ami serrer les nombreuses mains des Lords les entourant pour avoir l'honneur d'être vu en compagnie de Matthew Potter. Son parrain n'avait tout comme Dumbledore pas de réels motifs pour s'afficher ici en compagnie de James et de lui, et son reniement de la part de ses propres parents lui avait depuis longtemps anéanti toute possibilité de pouvoir un jour prétendre au siège des Black au Magenmagot, mais de toute évidence, servir de faire-valoir pour son meilleur ami semblait lui suffire pour s'obstiner à l'accompagner dans tous ses déplacements. Quant à la fausse Lily… Cygnus préféra détourner le regard plutôt que voir cette pâle imitation de la mère de son futur beau-fils afficher aux plus importantes personnalités du pays son manque évident de retenue.

Tout ce petit groupe mit un temps fou à atteindre l'escalier menant à la loge de James, et au beau milieu de tout ce tohu-bohu, le père de Daphné s'étonna de voir que Dumbledore parvenait malgré tout à se faire comprendre des autres et à les guider à travers la foule.

- Ils arrivent ! s'alarma soudainement Daphné en regardant le couloir qu'elle pouvait voir depuis la porte de leur loge.

- Aurais-tu peur ? lui demanda son père tandis qu'il pouvait deviner l'approche de James et des autres.

- Non, mais je ne veux juste pas les voir, répondit-elle en fronçant les sourcils. Maman m'a dit un jour que si je voyais Mr Potter près de moi, j'avais le droit de lui lancer un sort parce que les méchantes personnes doivent être punies, alors je préférerais que cette porte soit fermée autrement je pourrais lui faire très mal après ce qu'il a fait à Gabriel et sa famille…

Cygnus ricana de bon cœur devant les menaces de sa fille et consentit à fermer leur porte d'un coup de baguette. Non pas qu'il craignait pour la vie de James, mais lorsque sa fille était en colère, mieux valait pour la personne l'ayant mis dans cet état déguerpir avant de se retrouver avec une véritable lionne sur les bras. Et lorsqu'il s'agissait de son fiancé, Daphné pouvait devenir très méchante envers elle, surtout depuis qu'elle avait considérablement développé son panel de sorts grâce à sa belle-mère française.

Toujours est-il que l'incident fut évité, et les bruits de pas qui s'approchaient jusqu'alors continuèrent leur route jusqu'à la prochaine loge. Leurs conversations animèrent par ailleurs le corridor, comme s'ils se souciaient peu d'être entendus par les quelques Lords qui se trouvaient sur leur chemin, mais l'épaisseur des murs et de nombreux sortilèges les rendirent impossibles à comprendre, même pour les oreilles les plus aguerries. Quelques secondes plus tard suffirent à les voir prendre place au balcon de leur loge, et si Cygnus darda un regard dans leur direction pour analyser leur comportement, ces derniers ne daignèrent même pas tourner leur tête vers eux : Un boulet de canon aurait pu les frapper qu'ils n'auraient même pas sourcillé.

Finalement, et au bout d'un temps qui parut très long pour les membres du magenmagot, le ministre de la magie fit finalement son apparition en intégrant directement la loge qui lui était réservée par le biais d'un petit chemin privé en permettant l'accès. Accompagné de Dolores Ombrage, d'Amelia Bones et de son greffier d'audience, l'homme était facilement reconnaissable à son chapeau tricorne légèrement bosselé et qui s'effilochait à mesure que le ministre le manipulait. Certains disaient même qu'il dormait avec ou qu'il lui arrivait de se laver sans même l'enlever de sa tête, mais ces rumeurs étaient généralement lancé par ses détracteurs. Ombrage elle portait comme à son habitude une robe d'un rose si tape à l'œil qu'il était presque impossible de pouvoir la regarder plus de deux secondes sans se sentir agressé par ce qui lui servait de vêtement. La coiffure soigneusement peignée, elle aurait put aisément passer pour une femme charmante et affable pour Cygnus et les autres si elle n'était pas connu pour ses prises de position réfractaires à l'encontre de certains individus et sa fâcheuse tendance à constamment toussoter lorsqu'elle désirait la parole, et ce quelque soit la personne qu'elle interrompait dans son monologue.

Amelia quant à elle restait la personne la plus fréquentable de ce quatuor bien que le monocle qu'elle portait à l'oreille pouvait choquer les puristes les plus récalcitrants à toute avancée politique et sociétale. Cette femme avait malgré tout beaucoup de bravoure et de courage pour affronter un univers qui lui était hostile, et même les quelques intimidations portées contre elle n'avaient jamais pu la faire chanceler au point de la pousser à quitter ses fonctions. Cygnus espérait au fond de lui que peut-être Amelia pourrait être une source d'inspiration pour sa fille et la pousser à s'intéresser davantage à l'aspect politique de sa future vie, mais un simple coup d'œil vers elle lui rappela que Daphné n'avait que neuf ans lorsqu'il constata qu'elle s'amusait à présent à balancer gaiement ses jambes sans même jeter un regard vers la loge ministérielle. Le silence s'installant au fil du temps n'eut même pas l'air de la faire sourciller, et ce fut seulement lorsqu'elle fut intriguée par l'éclat brillant de la lumière se heurtant au monocle d'Amelia qu'elle daigna tourner la tête dans sa direction.

- La séance est ouverte ! s'exclama le ministre en tapant à l'aide d'un petit maillet sur un socle en bois. Nouvelle réunion du magenmagot en date du 28 novembre 1800 ! Représentant de l'état au sein du magenmagot : Cornelius Oswald Fudge, secondé par la sous-secrétaire d'État auprès du ministre Dolores Jane Ombrage. Président du magenmagot : Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Représentante du département de la justice magique : Amelia Susan Bones…

Quelques ricanements se firent entendre à l'entente du nom de la directrice du dit-département, mais Amélia ne sembla pas s'en formaliser, certainement habituée depuis sa prise de fonction aux railleries de la part de la gente masculine.

- Greffier d'audience : Oswald Perrington. Bien maintenant nous pouvons commencer, à moins que quelqu'un n'ait une recommandation ou un avis à faire partager ?

Encore une fois, quelques bribes de conversations purent être entendues de ça et là dans la salle, mais personne ne prit pourtant la parole comme le leur avait si gentiment demandé le ministre. Celui-ci ne s'en formalisa pas, et après un large coup d'œil sur toute l'assemblée, il prit de nouveau la parole :

- Bien, alors nous pouvons y aller. Ordre du jour : Convocation du ministre de la magie en vue de rétablir la vérité sur certains faits ayant été portés à mon encontre récemment, des faits qui comme vous vous en rendrez bien vite compte, demandent des éclaircissements.

L'effet désiré par Cornelius fut immédiatement au rendez-vous, et la curiosité titillée des membres du Magenmagot fur dès lors la source principale des discussions se répercutant à travers les murs de la salle. Même Dumbledore parut intrigué par l'annonce, sans se douter qu'il allait bientôt être l'un des acteurs principaux de cette réunion au goût de procès contre lui.

- Je dois informer l'assemblée d'une nouvelle qui m'a moi-même surpris, et il est de mon devoir de vous l'annoncer pour que nous puissions ensemble prendre les mesures qui s'imposent. Je vous demanderai par conséquent de bien vouloir réfléchir selon votre conscience et les éléments qui seront apportés à cette affaire afin de déterminer les démarches devant être prises par la suite à l'encontre des personnes incriminées.

Le magenmagot était complètement silencieux, et même les journalistes avaient subitement cessé d'inonder leurs feuilles de parchemin d'encre à l'annonce de cette révélation. Tous retenaient leur souffle, car pour que le ministre en personne veuille réunir au complet les membres du magenmagot pour les tenir au courant d'une information qu'il détenait, celle-ci devait être d'une importance capitale pour lui. Les anciens mangemorts eux se firent particulièrement discrets, croyant à tort qu'un fait nouveau allait en faire tomber plus d'un dans les geôles d'Azkaban.

- Pas plus tard qu'il y a trois jours, j'ai reçu d'un mystérieux corbeau une information pour le moins étonnante et qui concernait les agissements d'une personnalité éminente de notre communauté. Je dois vous avouer que je fus d'abord perplexe de par la nature de cette lettre, et j'ai bien cru au départ qu'il s'agissait en vérité d'une plaisanterie douteuse servant uniquement à traîner dans la boue l'un des nôtres par des calomnies sans nom. Pourtant, j'ai été étonné de constater au terme de ma lecture qu'il existait quelques vraisemblances dans les dires de cet inconnu et la situation actuelle qui est celle de notre collègue. Voyez-vous, cette lettre aura davantage soulevé de questions qu'elle ne m'a apporté de réponses, mais ces questions demandent elles-aussi des vérités que j'aimerais entendre.

- Monsieur le ministre, intervint Dumbledore en se levant de son siège pour prendre la parole. Tout cela est bien beau, mais pourquoi n'allez-vous pas tout simplement au but en nous donnant l'identité de cette personne ?

- J'allais y venir Albus, lui répondit Cornelius en esquissant un sourire carnassier. Figurez-vous qu'en vérité vous êtes très proches de cette personne et que votre nom apparaît également dans cette étrange affaire ! Vous serez par conséquent grès de bien vouloir éclaircir nos lanternes et de dissiper les doutes qui vous concernent ainsi que Lord Potter.

Le visage ridé de Dumbledore sembla encore plus fripé qu'à l'accoutumé face à cette accusation. Tandis que tous les regards se tournaient vers lui, le vieil homme se rassit docilement sur son siège, comme sonné par le ministre. James juste à côté de lui le regarda également d'un air soupçonneux, ignorant tout comme son ancien directeur qu'il était lui aussi mêlé à l'affaire en cours.

- Dans cette lettre, reprit le ministre, il apparaît que depuis plusieurs mois maintenant, le seigneur Potter nous mentirait effrontément avec votre complicité Albus.

L'annonce tomba comme un couperet pour tous les deux, et si Dumbledore garda parfaitement son calme et regardait d'un air impassible le ministre porter des accusations contre lui, James lui s'était déjà levé de son siège, manquant au passage de faire tomber sa femme en la bousculant pour clamer haut et fort son innocence et déverser une nouvelle fois sa bile contre la personne osant s'opposer à lui :

- Comment osez-vous !? s'écria t-il sous les yeux incrédules de ses collègues. Comment osez-vous salir le nom de la maison Potter en l'accusant de mensonge aux yeux de la plus haute autorité du pays !? Jamais nous ne nous moquerions à ce point du Magenmagot ! Notre famille a toujours été très respectueuse de ses lois et…

- Silence Lord Potter, lui intima fermement Amelia en le fusillant du regard. Si vous êtes respectueux des règles de cette assemblée comme vous venez de le dire, vous devriez savoir qu'il est interdit d'interrompre le ministre lorsque celui-ci parle et ne vous a par conséquent pas invité à prendre la parole. Il en va de même pour vous Albus, ajouta t-elle en lui rappelant sa précédente interruption.

- Merci Amelia, reprit Cornelius en inclinant légèrement la tête vers elle. Comme je le disais avant que Lord Potter ne me coupe dans mon élan, il apparaîtrait que depuis des mois maintenant, son épouse Lily Potter ainsi que ses deux enfants Harry et Rosalyn auraient tout bonnement disparu de notre pays…

- C'est absurde, affirma Dumbledore en oubliant déjà l'avertissement de la directrice du département de la justice magique. Lady Potter se trouve justement avec nous en ce moment même ! Comment pourrait-elle être portée disparue si elle est présente dans la même loge que celle où je me trouve !?

Quelques têtes approuvèrent ses paroles par quelques hochements, mais Cygnus se doutait déjà de la parade qu'emploierait le ministre dans un avenir très proche pour balayer l'argument de Dumbledore.

- C'est vrai, c'est vrai, marmonna Cornelius en se grattant pensivement le menton. Néanmoins, et je suppose que bon nombre des personnes présentes ici seront d'accord avec moi lorsque je dis avoir remarqué un léger changement dans le comportement de Lady Potter ces derniers mois et l'absence malheureusement remarquée trop tardivement de deux de ses enfants. Qui ici pourrait dire à quand remonte la dernière fois qu'ils ont eu sous les yeux la jeune Rosalyn Potter ou même son frère aîné ?

Dumbledore sembla avoir encore vieilli de dix années à ce moment-là. Lui-même avait remarqué que malgré les sortilèges utilisés et les nombreuses potions employées par James et Sirius, les copies de Lily n'avaient absolument rien à voir avec la véritable Lily Potter, et si l'original était d'une nature calme, bienveillante et discrète, les prostituées qui prenaient son rôle depuis des mois maintenant étaient elles exubérantes, bruyantes et par moment vulgaires. La duperie avait finalement fait long feu, et la faute en revenait à James. Quant aux membres du Magenmagot, un certain malaise s'installa en eux lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils n'avaient jamais vraiment fait attention à l'absence des deux enfants du couple. Certains se rendirent même compte qu'ils ne savaient même pas que James Potter avait un autre fils plus vieux que Matthew, et une certaine culpabilité vit le jour lorsqu'ils songèrent que ce petit garçon était peut-être mort maintenant sans qu'ils ne le sachent.

- M-ma femme ne se sentait pas très bien ces derniers temps, leur affirma James en faisant fit des regards soupçonneux tournés vers lui à présent. Cela pourrait expliquer son comportement parfois déviant, mais je puis vous assurer qu'elle va absolument bien ! Quant à mes deux enfants, ils se trouvent actuellement chez nous sous la surveillance de nos elfes de maison. Les pauvres ont attrapé froid ! Vous rendez-vous compte !? En même temps !

- Quel idiot…, marmonna Cygnus en voyant James tenter de se dépêtre de cette affaire d'une bien mauvaise manière. Daphné, promets-moi de veiller à ce que ton futur fiancé ne devienne pas aussi bête lorsqu'il essaiera de se chercher des excuses au moindre problème que vous rencontrerez.

- Promis papa, lui assura sa fille alors que James continuait de s'insurger contre le ministre. De toute façon maintenant qu'il n'est plus le fils du Lord Potter, il ne risque plus de devenir comme lui…

- Exactement, mais mieux vaut parler de ça dans un endroit plus isolé. On ne sait jamais : Quelqu'un pourrait nous entendre, et ce n'est justement pas ce que l'on souhaite.

Cygnus eut tout juste le temps de finir sa phrase que Cornelius se mettait soudainement à frapper avec son maillet pour réclamer le calme. La situation commençait lentement à dégénérer, et si quelques Lords restaient malgré tout parfaitement calmes et observaient les débats d'un air presque détaché, beaucoup d'autres eux faisaient déjà entendre leurs voix pour indiquer à James qu'il devait à présent dire la vérité et cesser ses pathétiques tentatives pour se disculper des charges qui pesaient contre lui.

- Silence ! tempêta le ministre en élevant la voix. Le Magenmagot n'est pas un marché, et je vous demande un peu de tenue ! Cela va aussi pour vous Lord Potter ! ajouta t-il en remarquant le sourire narquois de James. Maintenant pouvons-nous en revenir à notre affaire ? J'aimerais que ce cas soit traité le plus rapidement possible et votre participation est vivement encouragée Lord Potter.

D'un hochement de tête, Cornelius invita Amelia à procéder à la suite de l'entretien en commençant l'interrogatoire de James. Celle-ci ne se fit pas prier deux fois, et après un énième coup d'œil en direction de sa cible, elle commença alors à analyser scrupuleusement les fiches qu'elle tenait à présent entre ses mains.

- Vous dites que votre femme a souffert ces derniers mois d'une maladie ayant eu des conséquences sur sa personnalité, n'est-ce pas ? A-t-elle été suivie par un médicomage durant sa convalescence ?

- Non, répondit James. Son état n'était pas suffisamment critique selon nous pour demander l'aide des instances médicales du pays.

- pourtant, St Mungo propose à ses patients un service psychologique à destination des personnes souffrant de problèmes comportementaux et psychologiques. Pensez-vous qu'en laissant votre femme agir comme elle le fait depuis des mois, ses problèmes allaient s'arranger ?

- Dumbledore était là pour veiller à sa santé, affirma t-il le plus sérieusement du monde. Lui-même pourra vous certifier avoir soigné ma femme en fonction de ses connaissances médicales, et comme vous pouvez le voir aujourd'hui, Lily se porte comme un charme ! N'est-ce pas chérie ?

- Oui oui bien sûr ! affirma immédiatement son épouse en le regardant béatement. Le professeur Dumbledore et mon jamesounet n'ont pas arrêté un seul instant !

Le Magenmagot au complet éclata de rire à l'entente du surnom affectif de Lily pour son mari, et même Amelia dut réprimer l'envie de glousser. James lui devint aussi rouge qu'une tomate, alors que Matthew s'était lui déjà caché derrière la balustrade pour éviter de regarder les multiples visages moqueurs dirigés vers eux.

- Très bien, marmonna Amelia en griffonnant rapidement sur sa feuille. Par conséquent, l'accusation écrite dans cette lettre qui affirmerait que la femme assise à côté de vous ne serait en fait qu'une personne métamorphosée grâce à du Polynectar serait fausse ? De même que nous ne trouverions pas de Polynectar sur vous ou vos associés en ce moment même ?

- E-exactement, jura James en faisant fit du malaise ambiant s'installant peu à peu dans sa loge.

Dumbledore ne fit absolument rien pour le dissuader de mentir une nouvelle fois, et à dire vrai, lui-même était bien incapable de comprendre comment l'informateur du ministre pouvait être aussi informé des plans qu'il avait mis en place ces derniers mois. Plusieurs noms défilaient dans son esprit pour trouver l'identité de cette personne, mais pour l'heure, il ne parvenait pas à remonter jusqu'à lui, le manque d'indice ne jouant pas en sa faveur. Son mutisme n'avait rien d'encourageant, et malgré les nombreux regards suppliants de James à son égard, le directeur de Poudlard persistait à garder un silence lourd de sens pour ceux qui le remarquaient.

- Pourriez-vous maintenant nous dire à quand remonte la dernière fois que votre famille a été vue au grand complet ?

- Heu… Quelques semaines je dirais, dit-il d'un ton évasif. Comme je vous l'ai dit, Rosalyn et son frère ne supportent pas les changements de température et tombent facilement malades.

- Pourtant, selon certains proches de votre famille, leur disparition remonterait à beaucoup plus loin, surtout pour votre aîné. Vous me certifieriez sur l'honneur et dès maintenant que si nous allions immédiatement chez vous, nous trouverions vos deux enfants dans leurs chambres respectives ?

Si James fut quelques minutes plutôt rouge comme une pivoine, son teint passa à présent au blanc neige. Le ton employé par la directrice du département de la justice magique ne lui laissa guère de doute quant à la perplexité qu'elle avait envers sa parole, et lui mentir serait très dangereux pour la suite des événements. Surtout, Harry n'avait même plus de chambre, et le lit de Rosie était vide depuis des mois maintenant alors qu'une fine pellicule de poussière devait probablement commencer à apparaître sur les meubles. Une enquête chez lui ne ferait que confirmer en un rien de temps les soupçons qui pesaient sur lui. Mais même avec ce raisonnement, James parvint encore à croire que sa chance allait une nouvelle fois le sauver, et c'est d'un ton parfaitement assuré qu'il répondit à Amelia.

- Tout à fait, et je n'ai qu'une parole ! affirma t-il solennellement.

- Merveilleux, parce que nous avons justement envoyé quelques minutes avant le début de cette réunion une équipe d'Aurors chargée d'enquêter directement chez vous, l'informa t-elle en réprimant un sourire lorsqu'elle vit James haleter. Nous nous sommes bien évidemment permis d'enlever les protections magiques mises à votre disposition par le ministère afin de faciliter notre investigation. Nous n'avons par conséquent plus qu'à attendre les résultats de cette perquisition.

- Vous n'avez pas le droit ! s'écria t-il furieusement. C'est une violation de domicile !

- Nous avions déjà prévu un mandat rassurez-vous, et comme cet ordre a été directement donné par le ministre en personne, même vous ne pouvez contester une décision venant de la plus haute autorité du pays, n'est-ce pas Albus ?

- C'est exact, acquiesça sombrement Dumbledore sans la moindre once de sympathie dans la voix.

Au même moment, la porte de la loge du ministre s'ouvrit, laissant place quelques secondes plus tard à un homme habillé d'une robe bleue caractéristique des Aurors. Celui-ci ne resta que quelques instants, le temps pour lui de donner à Cornelius une feuille de parchemin précieusement attaché par un ruban.

- Voici les premiers résultats de l'enquête, annonça le ministre en déroulant le parchemin. Hm… Hormis la présence de plusieurs elfes de maison, il apparaît selon les enquêteurs qu'aucune autre forme de vie n'ait été rencontrée, pas même dans les chambres. Feriez-vous donc dormir vos enfants dans votre cave Lord Potter ?

James ne prit pas la peine de répondre, mais peu importait pour Cornelius : Son mensonge était à présent découvert, et sa crédibilité réduite à néant.

- Il apparaît également qu'aucun signe de vie en provenance de vos deux enfants n'ait été vu durant ce laps de temps. Pas de jouets, de vêtements, de tableaux ou même une quelconque note attestant de leur existence entre les quatre murs de votre manoir. La chambre de votre aîné n'a même pas été découverte malgré les fouilles, et l'armoire dans la chambre de votre fille semble avoir été mise à sac comme si… Elle serait partie précipitamment. Auriez-vous quelque chose à confesser dès à présent Lord Potter avant que votre cas ne s'aggrave ?

- Je ne dirai rien de plus, se contenta t-il de répondre.

- Dans ce cas, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que la fouille de votre domicile continue et que nous trouvions d'autres preuves nous confortant dans l'idée que vous cachez énormément de choses Lord Potter. Cette histoire me parait très étrange je dois l'admettre, et j'espère que celle-ci se finira malgré tout de la meilleure des manières. Il serait regrettable après tout que nous concluions l'enquête par deux vies innocentes brisées…

Bien des Lords approuvèrent les dires du ministre, et la plupart arboraient même une mine sombre en songeant seulement qu'il était possible que James ait éliminé deux de ses enfants. Cygnus lui souriait légèrement devant le déroulement de cette affaire, et il se jura à lui-même de donner à Lily ses souvenirs dès qu'il retournerait en France pour lui laisser l'opportunité de voir également comment son ex-mari recevait enfin la monnaie de sa pièce.

- Étant donné votre dernier mensonge Lord Potter, vous comprendrez que nous rencontrons à présent quelques doutes par rapport à vos dires et que cela remet en cause tout ce que vous nous avez raconté depuis le commencement de cette réunion, lança Cornelius en reportant son attention sur lui. Par conséquent, Auror, veuillez fouiller les prévenus, ordonna t-il à l'un des deux hommes gardant la porte d'accueil du Magenmagot. Si les accusations se confirment, alors nous devrions très probablement trouver un flacon contenant du polynectar dans les affaires du seigneur Potter et de sa prétendue épouse…

Celui-ci acquiesça sèchement puis s'avança dans un silence pesant vers l'escalier privé menant aux loges où James et Dumbledore se trouvaient. Tous les yeux étaient braqués sur le petit groupe en haut, et certains seigneurs ne pouvaient s'empêcher de sourire d'un air mauvais en songeant que d'ici quelques minutes, la prétendue petite famille parfaite pouvait d'un instant à l'autre être mise à mal par des accusations s'avérant fondées.

- Je m'insurge ! s'indigna James en se tournant vers le ministre alors que Sirius regardait l'Auror s'avancer depuis le corridor d'un air lugubre, la main sur son étui à baguette. En tant que seigneur et membre permanent du magenmagot, je souhaite faire valoir mon droit et refuse cette fouille proprement scandaleuse !

- Malheureusement pour vous Mr Potter, le ministre est parfaitement dans son droit de vouloir faire toute la lumière dans cette affaire, et votre statut au sein du magenmagot ne vous permet malheureusement pas contester l'autorité de vos gouvernants, lui rappela Amelia d'une voix froide. Selon l'article 143-5 du code de déontologie du ministère, il est en outre précisé que tout membre de son institution est dans l'obligation de se soumettre aux volontés du ministre en charge du gouvernement si de graves accusations sont portées contre lui, et l'usurpation d'identité ,bien que n'entrant pas officiellement dans ce domaine, mettrait encore davantage en doute la confiance que nous portons en vous, sans compter que des interrogations sur la situation actuelle de votre épouse nous pousseraient à ouvrir une enquête plus approfondie sur ce qui pourrait lui être arrivé à elle ainsi qu'à vos enfants.

L'argument fit mouche, et dès lors, James se laissa bien malgré lui fouiller par l'auror envoyé par Cornelius. La fouille fut longue et très pénible pour lui, et l'impression de n'être plus qu'un criminel observé par une ribambelle de Lords se réjouissant de son malheur le faisait intérieurement bouillir de colère. Être ainsi humilié devant toute une assemblée n'était certainement pas ce qu'il avait imaginé le matin même pour lui comme pour son fils, de même qu'il n'aurait jamais pensé que l'une de ses petites machinations allait être mise à jour bien plus rapidement qu'il ne le pensait. Sirius fut également fouillé étant donné le lien étroit qui le liait à son meilleur ami, et l'expérience fut d'autant plus humiliante pour lui que les Aurors trouvèrent dans ses poches de curieux ustensiles moldus sensés donner du plaisir à ses utilisateurs lors des ébats amoureux. Matthew ne sourcilla même pas lorsqu'il les vit, comme habitué depuis le temps à voir son parrain se promener avec ce genre d'objet dans les poches, contrairement à Daphné qui comme la plupart des enfants présents dans la pièce vit sa vision soudainement obscurcie par la main de son père : Sa fille était encore un peu jeune pour voir cela.

Finalement, ce fut sur lui qu'une petite flasque contenant une potion à l'odeur parfaitement reconnaissable fut trouvée, de même qu'une autre fut elle aussi découverte dans le petit sac à main qu'avait apporté la prétendue épouse de James. Quant à son identité, l'auror ne mit qu'une seconde à la connaître :

- Du polynectar…, put-on entendre de sa bouche lorsqu'il porta la petite bouteille à son nez.

Cette affirmation arracha bon nombre d'halètements de la part des Lords, tandis que l'Auror précisait en outre que la potion avait été apparemment récemment utilisée si l'on en croyait le niveau restant au fond de la bouteille. L'autre était encore pleine, mais il ne faisait guère de doute que pour l'avoir apporté avec lui, Sirius supposait qu'elle serait probablement utilisée au cours de la journée dans le cas où la première ne suffirait plus. Tous les regards se posèrent alors sur James qui jusqu'à présent avait corps et âme nié ces accusations. À présent, et face à la vérité implacable qui venait de s'abattre sur lui, il faisait beaucoup moins le fier et gardait le regard constamment baissé sur le bout de ses chaussures, son teint de peau palissant à vue d'œil pour prendre la même couleur qu'un bout de parchemin. Pour ne rien arranger, Sirius affirma aussitôt pour se défendre que ces deux potions étaient en vérité pour lui, mais devant son manque d'explications pouvant justifier une éventuelle utilisation de sa part, son plaidoyer fut rapidement oublié.

- Cela tend à prouver les allégations de ce mystérieux inconnu, indiqua Cornelius en faisant signe à son greffier de poursuivre son compte-rendu.

- Ce qui me gêne Monsieur le ministre, c'est l'identité cachée de cette personne à laquelle vous semblez porter beaucoup d'intérêt, déclara pour sa part Dumbledore en essayant de déplacer la conversation vers un sujet moins risqué pour lui. Je ne doute pas de votre bonne foi, mais je trouve étonnant que vous donniez autant de crédit à un illustre inconnu. La raison voudrait que l'on ouvre une enquête sur ce corbeau avant de s'intéresser à ce qu'il raconte…

- Malheureusement cette personne n'a pas daigné donner son identité, avoua le ministre sans pour autant avoir l'air désabusé. Mais au vue des renseignements donnés, le doute n'est pas permis quant à ses rapports avec vous Albus. Cette personne était de toute évidence suffisamment proche de vous et du Lord Potter pour connaitre tous vos petits secrets, et je suis persuadé qu'il ne nous a pas tout dit dans sa lettre. À présent Messieurs, ajouta t-il en se tournant cette fois-ci vers l'ensemble de l'assemblée, nous allons attendre le temps qu'il faudra pour constater si oui ou non cette femme est bien Lily Potter. Si tel est le cas, alors nous exigerons des explications de la part des concernés. Dans le cas contraire, la famille Potter et Albus Dumbledore auront toutes les excuses du ministère de la magie et une compensation financière pour les propos calomnieux tenus ici même.

- Monsieur le ministre, intervint Lucius Malefoy en se levant de son siège. Si je puis me permettre, j'aimerais que la remise en cause de la présence de James Potter au sein de cette assemblée et son éviction pour une durée que vous jugerez satisfaisante soit mise en délibéré parmi les possibles sanctions portées à l'encontre de cet homme.

- J'approuve la proposition de Lord Malefoy, dit alors Dolores Ombrage en prenant pour la première fois la parole. Une exclusion du Magenmagot pour un membre mentant aussi effrontément aux instances de ce pays me semble tout à fait proportionnelle à l'ampleur que cette affaire pourrait prendre.

Pour le coup, Cygnus fut sans voix. Voir deux personnes pour qui il éprouvait une aversion sans commune mesure se lier contre un ennemi commun n'était en soi pas étonnant, ces deux là ayant à peu de choses près les mêmes idéaux, mais qu'ils se lèguent contre l'un de ses adversaires n'était pas prévu jusqu'à présent. Voilà que maintenant tous les trois étaient opposés à James, et jamais Cygnus n'aurait cru que cette situation verrait le jour. Bien évidemment, si lui espérait avant tout rendre justice à la famille de son beau-fils et porter l'estocade à la renommée de Dumbledore, Lucius et Dolores eux avaient de leur côté des objectifs bien différents et qui concernaient certainement la vie politique du pays. Sans le pouvoir décisionnaire de James et le poids de son vote, les partisans de Dumbledore se retrouvaient en grande difficulté, et le directeur lui-même risquait de voir son emprise sur le Magenmagot réduite à peau de chagrin, une catastrophe pour lui et son camp qui favorisait à l'inverse ses opposants. Quelque part la situation devenait dangereuse, et Cygnus se posa la question des répercussions possibles que pouvait avoir cette affaire sur les décisions politiques à venir. Il espérait en tout cas que l'éviction de James en vaille la peine…

- Nous en prendrons note, certifia Amelia en hochant sa tête en direction de Lucius. Il existe encore de nombreuses zones d'ombres autour de notre affaire, et l'une d'elle serait de savoir qui se cache sous les traits de Lady Potter. Si l'assemblée veut bien accepter d'attendre quelques instants que les effets du Polynectar se dissipent, nous saurons au bout du compte si les dires de ce mystérieux inconnu s'avèrent être exacts et si nous devons par conséquent remettre en cause votre parole et votre bonne foi Lord Potter. L'attente pourrait être longue, aussi j'invite les personnes ayant d'autres affaires à traiter à bien vouloir quitter immédiatement cette salle pour ne pas déranger le cours de cette réunion par la suite.

Mais personne ne fit le moindre geste pour se lever et partir, et à l'inverse, l'impatience prédominait à bien des égards chez la plupart d'entre eux. Tels des vautours, ils attendaient maintenant de connaître la suite de l'humiliation que subissait James, eux qui pourtant moins d'une heure avant se battaient pour pouvoir lui serrer la main. Cette journée marquait bien comment des alliances que l'on pouvait penser indestructibles se cassaient en fonction de la direction vers laquelle le vent soufflait, et les membres du Magenmagot ne dérogeaient pas à cette règle.

- De vraies girouettes…, marmonna Cygnus en secouant sa tête.

L'interrogatoire se poursuivit afin d'éviter que l'attente ne soit trop gênante pour tout le monde, mais James adopta une nouvelle méthode pour ralentir la procédure en cours contre lui et essayer de se tirer au plus vite de ce pétrin. Peut-être soufflée par Dumbledore, celle-ci consistait tout bonnement à ne plus répondre aux questions embarrassantes d'Amelia lorsqu'elles pouvaient aggraver encore son cas. La directrice du département de la justice magique eut beau lui rappeler que son comportement ne faisait que faire peser encore davantage les soupçons sur sa culpabilité, James gardait la bouche fermée en lui tournant ostensiblement le dos pour défier clairement son autorité. Mais personne ne s'en formalisa, et même Dumbledore qui avait choisi d'être l'avocat du diable en quelque sorte fut bien incapable de retourner la situation en sa faveur même en répondant à la place de James aux questions les plus anodines. De toute manière personne ne s'en offusquait de vive voix, et la quasi-totalité des individus présents dans la pièce préféraient garder leurs yeux braqués sur la femme assise à côté de James en souhaitant intérieurement ne rien rater de ce qui allait probablement suivre lorsque son apparence commencera à changer. Ils ne faisaient au final qu'écouter d'une oreille distraite les questions portant sur les deux enfants disparus du couple et la mystérieuse maladie qui les clouait au lit depuis des mois maintenant sans que jamais James ne contacte St-mungo pour alerter le personnel de cet établissement médical sur l'état de santé d'Harry et Rosie. Rares étaient ceux qui suivaient les débats avec attention, et il n'y avait bien que Daphné pour porter une pleine et entière attention aux propos de Dumbledore.

Puis finalement, au moment où certains membres commençaient à trouver le temps long et à penser que cette affaire n'était qu'une énorme mascarade, des changements commencèrent à apparaître sur l'épouse de James. Sa peau pourtant parfaite commença à s'animer et à se boursoufler absolument partout en lui donnant l'air d'une framboise trop mure. Ses cheveux commençaient à lentement se raccourcir tandis qu'ils prenaient petit à petit une teinte beaucoup plus claire s'approchant d'un blond paille. La fausse Lily commença même à rétrécir, et bientôt la robe qu'elle portait devint beaucoup trop grande pour elle. D'autres signes l'éloignant encore davantage de la véritable ancienne Lady Potter virent le jour comme son nez légèrement écrasé ou sa mâchoire carrée lui donnant l'air d'être contrarié. Mais le pire fut constaté au terme de la transformation lorsque la demoiselle se présentant à eux récupéra sa physionomie d'origine : Il s'avéra au final que celle-ci était…

- Une jeune fille ! s'exclama Amelia en perdant contenance. Elle ne semble même pas avoir plus de seize ans !

- J-je peux tout expliquer ! bafouilla aussitôt James en ayant l'air complètement paniqué maintenant. Elle… Ma femme est en vérité gravement malade, et pour ne pas alarmer les sorciers sur son état de santé, j'ai pensé à ce petit stratagème pour dissiper les possibles soupçons pesant sur nous !

- Lord Potter, cessez immédiatement vos mensonges où cela sera également retenu contre vous dans la procédure qui s'ouvre contre vous ! lui ordonna fermement le ministre en le fusillant du regard.

Rarement le ministre perdait à ce point son calme, mais il fallait admettre que le comportement de James depuis le départ aurait fait perdre ses moyens à n'importe qui. Aussi devant la colère de Cornelius, James se fit soudainement très silencieux comme un enfant pris en faute. La mine renfrognée et les poings serrés, il se réinstalla plus durement qu'il ne l'aurait voulu sur son siège en croisant les bras.

- Nous allons poursuivre maintenant en vous faisant passer un interrogatoire sous Veritaserum…, commença Amelia avant d'être interrompu par Dumbledore.

- Je crains que cela soit impossible, dit-il d'un ton poli. Voyez-vous si mes souvenirs s'avèrent justes, les membres permanents de cette assemblée dont fait partie Lord Potter peuvent refuser de boire cette potion, même de force. Certains verront là un traitement de faveur injuste pour le reste de cette assemblée, mais l'ancienneté de la famille Potter et sa place prédominante au sein du Magenmagot lui confère ce droit.

- Vous avez raison Albus, consentit-elle en inclinant légèrement la tête. Cependant, la jeune fille se trouvant avec vous n'est pas jusqu'à nouvel ordre un membre de la famille Potter. Par conséquent votre refus n'a pas lieu d'être pour elle. Auror, emmenez cette jeune fille.

Celui-ci hocha sa tête, et sans plus attendre se saisit du bras de la fausse Lily sans ménagement. La jeune fille fut conduite manu-militari jusqu'au centre de la salle au beau milieu de laquelle trônait un siège pour l'heure vide et suffisamment large pour tenir à deux dessus. Les gens la regardèrent s'y faire traîner sans rien dire alors qu'elle-même semblait complètement dépassée par les événements. Son regard hébété ne jouait en tout cas pas en sa faveur et lui donnait un air idiot particulièrement disgracieux, et celui-ci ne la quitta même pas lorsqu'elle fut installée sur son siège et que des chaînes métalliques s'enroulaient autour de ses bras pour la maintenir solidement. L'auror qui avait fouillé son sac n'eut d'ailleurs aucun mal à lui administrer le Veritaserum dès l'instant où le ministre lui en donna l'autorisation tant la demoiselle était complètement amorphe.

- Mademoiselle, je vais à présent vous poser quelques questions concernant l'affaire que nous traitons actuellement et vos liens avec la famille Potter. Est-ce que vous comprenez ? lui demanda poliment Amelia en la fixant intensément.

- Oui…, dit-elle d'une voix blanche avant d'écarquiller légèrement les yeux lorsqu'elle se rendit compte qu'elle avait parlé sans le vouloir. Qu'est-ce que…

- Comment vous appelez-vous ? la coupa t-elle brusquement.

- Mary Dwight… Non attendez !

- Quel âge avez-vous ? la questionna Amelia.

- Je vais sur mes 16 ans en Janvier, répondit-elle du même ton morne qu'à sa première réponse.

- Pourriez-vous nous dire comment vous et James Potter vous êtes rencontrés ?

- J'ai été présenté à lui par le biais de son meilleur ami, Sirius Black. Je venais de passer la nuit avec lui au Downstreet's Hotel et il m'a proposé de gagner encore davantage d'argent si j'acceptais de l'accompagner voir un de ses amis. J'ai d'abord pensé que c'était avant tout pour passer du bon temps en sa compagnie, mais ensuite ils m'ont proposé un marché…

- Quel genre de marché ? s'enquit-elle d'une voix curieuse.

- Je devais pendant une durée indéterminée prendre la place de l'épouse de James. Ils ne m'ont pas dit pourquoi ni ce qu'il était advenu de cette femme, mais ils m'ont promis beaucoup d'argent en échange de ce service, ainsi qu'un toit ou dormir et de la nourriture à volonté. Je ne pouvais pas refuser étant donné ma situation…

- Et ensuite ?

- Ensuite… Je… Je ne m'en rappelle pas, avoua t-elle sincèrement. Je ne pourrais même pas vous raconter ce que j'ai fait hier, tout est si flou…

- Aviez-vous connaissance du monde magique avant de rencontrer Monsieur Black ?

- Que dans les livres, et encore je ne sais pas très bien lire en vérité.

La jeune fille prénommée Mary se mit soudainement à secouer violemment sa tête comme pour retrouver ses esprits, puis lorsque son attention se porta à nouveau sur Amelia, elle cligna stupidement des yeux en la regardant d'un air confus de la même façon que si elle venait soudainement d'apparaître au beau milieu de cette salle sans savoir comment.

- Qu'est-ce que je fais ici ? dit-elle en testant la solidité de ses chaines. Détachez-moi ! Je suis Lily Potter, et vous n'avez pas à me traitez ainsi ! James ! Viens m'aider ! Ces gens sont cinglés et me retiennent contre mon gré !

- Quand est-ce que votre réunion avec Lord Potter s'est déroulée ? lui demanda tout à coup Cornelius.

- Il y a quelques mois… Deux peut-être, je n'ai pas la date exacte…, affirma t-elle avant de nouveau de se rendre compte de la portée de ses mots. Sorcellerie ! Vous me faites dire des mensonges !

- Mademoiselle, vous êtes sous Veritaserum, lui indiqua Amelia. Tout ce que vous dites est parfaitement vrai.

- NON ! rugit-elle en tirant encore davantage sur ses chaines. C'EST FAUX ! JE SUIS BIEN LILY POTTER !

- Mademoiselle, regardez-vous ! s'insurgea Cornelius en haussant le ton. Vous ne ressemblez aucunement à la Lady Potter que nous connaissons !

- Mais… Mais je suis marié à James depuis des années maintenant ! N'est-il pas le plus bel homme jamais vu depuis des décennies !? roucoula t-elle soudainement en se tournant vers le concerné. Nous nous aimons d'un amour profond et sincère, et vous pourrez dire ce que vous voulez monsieur, vous ne nous séparerez jamais !

- Sortilège de confusion ? s'interrogea pour elle-même Amelia bien que tout le monde puisse l'entendre. Cela expliquerait l'état délirant dans lequel se trouve cette femme… Je me demande bien ce que vous pouvez cacher de si important pour en venir à de pareilles extrémités Albus. Je ne m'avancerai cependant pas en disant que cela ne doit pas être beau à voir…

- J'aurais une dernière question avant que l'on ne s'occupe de cette jeune fille, indiqua Cornelius en regardant du coin de l'œil Dumbledore. Mademoiselle, lors de cette entrevue, Albus Dumbledore était-il présent ? Et qu'à t-il fait pour vous ?

- Il était là, assura t-elle de cette même voix polaire. Il a dit que je serai parfaite pour ce rôle, mais qu'à l'avenir, il ne fallait plus changer de doublure et me garder indéfiniment sous l'apparence de Lady Potter. Il a ensuite pointé sa baguette sur moi et… Et je ne me souviens plus de ce qui s'est passé ensuite…

- Bien bien bien ! marmonna le ministre d'un air ravi. Avec les derniers éléments recueillis, je propose à l'assemblée une courte pause afin de pouvoir réfléchir à chaud à ce que nous avons pu entendre et voir aujourd'hui. Albus, Lord Potter, restez dans les parages je vous prie : Votre cas est loin d'être traité. Vous pourrez en profiter pour commencer à constituer une défense convaincante devant les accusations s'accumulant contre vous ! L'audience est suspendue !

Et ce fut sur ces mots que le ministre conclut la première partie de sa réunion. Les nombreux sièges raclèrent le sol lorsque plus d'une centaine de personnes s'y levèrent, et dans une cacophonie indescriptible, les membres du Magenmagot commencèrent à discuter entre eux des dernières péripéties de la famille Potter et du vénérable directeur de Poudlard. Aucun doute que l'affaire ferait bientôt grand bruit, et les journalistes qui n'avaient pas quitté leurs sièges depuis le commencement terminaient d'écrire frénétiquement sur leurs feuilles de parchemin, les visages constellés d'encre noire. Mary elle fut conduite sans ménagement vers la sortie, très certainement pour des raisons médicales, et malgré ses appels au secours en direction de James, l'auror qui l'avait précédemment invité à s'asseoir sur le siège des accusés n'eut aucun mal à la traîner jusqu'à sa prochaine destination, insensible à la détresse de cette jeune demoiselle.

- Merveilleux, lança pour sa part Cygnus en se levant de son fauteuil. Je n'aurai pu rêver mieux !

- Quoi donc papa ? s'enquit curieusement Daphné en le regardant d'un drôle d'air.

Cygnus ne répondit pas tout de suite, trop occupé à se servir une petite collation qu'il dégusta le sourire aux lèvres.

- Il semblerait que la famille de ton fiancé puisse enfin voir leur petit souci trouver une issue favorable pour eux, dit-il en se rasseyant. Peut-être que finalement vous ne rencontrerez aucun problème dans votre future vie de couple…

- Peut-être oui, répondit-elle en s'approchant de lui. Mais ce n'est pas terminé si j'ai bien compris, et Dumbledore pourrait trouver quelque chose pour le sauver lui et l'ancien papa de Gabriel…

- Effectivement. Mais maintenant les gens commencent à se rendre compte de la véritable personnalité de ces deux olibrius, et ça ne peut être que positif pour nous… Qui a-t-il ? demanda t-il en remarquant son air troublé.

- Olibrius… ça veut dire quoi ?

-C'est une personne un peu excentrique vois-tu, mais qui se met en avant d'une manière à se rendre ridicule aux yeux des autres, lui expliqua Cygnus patiemment. C'est un peu la méthode qu'applique James Potter lorsqu'il utilise la renommée de son fils pour faire parler de lui. Tu comprends ?

- Uh uh, approuva t-elle bien qu'elle n'avait pas l'air franchement convaincu. J'aime quand tu utilises des mots compliqués papa, ajouta t-elle en souriant malicieusement. Ça me rappelle Gabriel… Parfois il dit des choses que je ne comprends même pas, mais je fais semblant pour ne pas lui faire de la peine…

- Comme à l'instant, n'est-ce pas ? argua son père.

- Cela se pourrait…, dit-elle d'un ton innocent avant d'être emportée par les bras de Cygnus qui l'assaillit de chatouillis pendant de longues secondes.

Père et fille restèrent longtemps dans leur loge sans être le moins du monde inquiets par les possibles regards tournés vers eux pendant qu'ils jouaient ensemble. Ils ne remarquèrent par conséquent pas que Dumbledore les épiait depuis quelques temps et que le vieux sorcier leur trouvait soudainement beaucoup d'intérêt. L'avenir leur dira plus tard si cela pourrait leur jouer des tours…


A/N : Donc voila ! la plupart des magouilles de Dumbledore sont découvertes ! Je n'ai heureusement pas tout mentionné, notamment son rituel mortel à l'encontre de Rosie puisque de toute façon il serait compliqué de le prouver. Mais au moins maintenant les gens se rendent compte de la véritable nature de Dumbledore et de ses acolytes : Vous verrez si cela a une incidence sur ses plans futurs.

Personnellement je ne suis pas pleinement satisfait de cette réunion/procès dans le simple fait qu'elle me semble un tantinet molle. Je vais réfléchir à d'autres chefs d'inculpation que l'on pourrait attribuer à James et/ou Dumbledore.

Je fais également et longuement mention du Magenmagot et de sa composition : J'ai toujours imaginé cette assemblée comme celle que l'on a en France avec différents horizons politiques qui se jouent ici en fonction de la pureté du sang et des traditions magiques (les Sangs-purs me font un peu penser à l'extrême droite moldue, alors que Dumbledore et ses envies d'intégration des nés-moldus au sein de la communauté magique à des partisans du socialisme... Ne me demandez pas pourquoi ^^).

Vous remarquerez également que les femmes sont très minoritaires dans le Magenmagot : De toute façon dans la plupart des fictions, c'est le plus souvent le fils qui reprend le titre et les propriétés de son père, donc sur ce point là je ne change pas grand chose. Je ne pense pas que Daphné puisse un jour devenir Lady Greengrass étant donné les nombreux titres qu'elle possédera grâce à son mariage. Harry lui-même ne siégera probablement jamais dans le Magenmagot, mais par contre je pense créer une assemblée similaire en France mais qui posséderait des règles différentes.

J'ai oublié de vous dire que à l'origine ce chapitre ne se terminait pas comme ça : Normalement il se terminait sur une discussion entre Matthew et Dumbledore à propos de cette affaire. Vous devriez retrouver cette entrevue dans le prochain chapitre car j'ai décidé de la déplacer par souci de vous donner un chapitre plus petit. Soyez patients !

Hm... Je pense ne rien avoir oublié, enfin si quelque chose vous gêne, vous pouvez toujours me le dire : Maintenant je vous répondrai immédiatement (enfin sauf si je suis en cours ^^).

à bientôt les amis !