Salut à tous ! Après de multiples coups de soleil, des boutons un peu partout sur le corps à cause de ces satanés moustiques et une irrépressible envie de rentrer chez moi, me voilà de retour !

Comme promis (à deux jours près) voilà le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira !

Je dois dire que je suis le premier à être étonné du nombre de mots qu'il y a dedans : moins de 6000 en ne comptant pas les deux notes d'auteur ! ça faisait très longtemps que je n'avais pas écrit un chapitre aussi court pour cette histoire ! Mais bon, il parait que la majorité des lecteurs aime quand une histoire n'est pas trop longue, alors ça devrait aller pour vous.

Avant toute chose, je tiens à parler de deux points qui me tiennent à cœur :

Premièrement, ce chapitre pourrait en choquer quelques-uns car il aborde un thème peu apprécié je pense par une grande majorité de lecteurs : Le racisme. Je tiens à dire que cela ne reflète aucunement mon opinion mais que j'essaie au mieux de me situer dans le contexte et dans l'esprit de la personne qui aura certains propos injurieux.

Deuxièmement, mon autre histoire : Le prochain chapitre devait être posté également aujourd'hui, mais je tiens maintenant que je suis rentré de vacances à vérifier certains points pouvant être faux avant de le poster, alors attendez encore quelques jours (ce Weekend au grand maximum). Je dois reconnaître que j'ai été un peu déçu du petit démarrage qu'elle a eu, mais bon je pense que ceux qui l'ont lu attendent peut-être d'avoir le chapitre 1 sous les yeux pour se faire une idée définitive de l'histoire et non pas en se contentant du prologue déjà posté.

Merci au passage pour les commentaires laissés sur ces deux histoires : J'y répondrai le plus rapidement possible (peut-être dès que ce chapitre sera posté). Je suis content de voir que malgré sa longueur, cette histoire vous passionne toujours autant et que je reçois encore de bons retours sur elle (en particulier des habituels lecteurs et de ceux qui me laissent de gros pavés à lire... J'adore ça !).

Donc au programme dans ce chapitre : Un retour centré exclusivement sur Matthew ! ça faisait quelques temps qu'on ne l'avait pas vu celui-là ! Peut-être qu'il a changé depuis tout ce temps ? Ou peut-être pas ? À vous de le voir par vous même !

Bonne lecture !


Si le 31 octobre sonnait pour bien des étudiants comme la célébration de la fête de Samain, une fête au cours de laquelle l'on commémorait l'esprit de ses proches et ancêtres disparus, cette journée avait une autre signification pour un élève de Poudlard : Celle de sa victoire contre le plus terrible des sorciers voilà dix ans maintenant. Matthew, puisqu'il s'agissait de lui, appréciait tout particulièrement cette journée car avant même de célébrer un victorieux affrontement auquel il ne se souvenait même pas, il y voyait surtout l'occasion parfaite de combler sa réserve de sucreries sans même dépenser la moindre pièce. Vaincre Lord Voldemort lui avait ainsi depuis toutes ces années permis de se forger un immense fan club au sein de la population magique de Grande Bretagne, et des dizaines de présents, envoyés la plupart du temps par des admiratrices en quête de reconnaissance, emplissaient rapidement la table de Gryffondor à Poudlard.

Il fallait également compter sur les courriers et lettres d'amour en tout genre, les pièces d'argenterie que des gens s'obstinaient à lui envoyer malgré l'inutilité qu'elles avaient pour lui ou les demandes diverses et variées de partenariat commerciaux ou de contrats publicitaires. Le résultat était qu'encore aujourd'hui, Matthew avait reçu des quantités innombrables de cadeaux, et ce même durant les cours et au déplaisir de ses professeurs. Mais pas un ne lui en fit la remarque car personne n'osait mettre en colère, contester la parole ou même rabrouer "le survivant" lors d'un écart de conduite. Non, Matthew était à Poudlard comme chez lui, et la vie de prince qu'il vivait au manoir Potter se déroulait également dans cette école sans même que Dumbledore, pourtant directeur de celle-ci, trouve à en redire quoi que ce soit. À dire vrai, ce serait même le contraire, et si quelqu'un s'aventurait à dire que le directeur encourageait Matthew dans cette voie, il faudrait reconnaître qu'il n'était pas si éloigné de la réalité.

Dans la continuité de James, Dumbledore avait ainsi appliqué la méthode la plus douce qui soit pour s'attirer l'estime de son élève : La corruption via les multiples cadeaux qu'il lui offrait, la flatterie afin de satisfaire son ego surdimensionné et la compassion pour l'incompréhension que ressentait Matthew à l'égard d'une communauté magique qui lui semblait hostile… Sans jamais qu'il ne remette son comportement en cause. Celui-ci s'était aggravé à son arrivée à Poudlard environ deux mois plus tôt, et si au départ tout le monde souhaitait absolument s'attirer la sympathie du survivant et devenir son ami, il ne fallut qu'une semaine pour que tout ceci changea pour de bon au point qu'il n'y avait plus guère qu'une partie des Gryffondors qui cherchait encore à défendre les l'irrespect constant de leur camarade, les autres préférant le plus souvent ignorer jusqu'à son existence.

Dumbledore lui faisait partie du premier groupe et expliquait l'arrogance, la suffisance et le narcissisme dont il faisait preuve comme les aléas de la jeunesse, des défauts selon certains qui tendaient à augmenter encore avec le temps et faisaient de Matthew une personne on ne peut plus antipathique à leurs yeux. Mais dès l'instant où le directeur de Poudlard donnait un avis tranché sur un sujet, le reste du corps enseignant le suivait aveuglément. Personne n'osait remettre en cause la parole de l'un des plus puissants sorciers de ce siècle, même lorsque celle-ci fut atteinte lors du procès porté contre lui et les mystères entourant encore cette affaire. La confiance avait été quelque peu brisée, mais malgré tout la majorité des personnes pensaient encore à tort que la parole de Dumbledore prévalait sur tout le reste. Alors lorsqu'il affirmait que le caractère de Matthew n'était que passager et que l'une des raisons l'expliquant pouvait également être l'absence de la mère indigne qu'était Lily Potter, les réactions oscillaient entre l'approbation et la résignation.

Seul un homme osait ouvertement s'opposer à lui à Poudlard : Severus Rogue. Malgré les recommandations et les menaces du directeur, le professeur de potions n'entendait pas se soumettre au « petit avorton » qu'il méprisait autant que son père, et chaque cours en sa présence se finissait le plus souvent en une joute verbale durant laquelle Matthew faisait perdre une bonne partie des points de Gryffondor quand il n'avait pas tout simplement le droit à une retenue mémorable où il devait s'évertuer à nettoyer l'ensemble des chaudrons de la salle de cours. Severus, contrairement aux autres enseignants, savait pertinemment la raison pour laquelle Lily Potter avait fui son domicile en emportant avec elle ses deux autres enfants, et sa haine à l'égard de James ne faisait que redoubler chaque fois qu'il y pensait. Quant à Matthew, si son apparence était un mélange entre ses deux parents, le caractère lui était bien celui de son père, et son professeur entendait bien faire payer au fils son comportement et celui de son père lorsque ce dernier le tourmentait à l'école.

Matthew savait pertinemment ces choses là, et à vrai dire, il éprouvait un malin plaisir à faire perdurer le travail de son père même s'il n'avait généralement jamais le dernier mot. Mais la seule joie du regard furieux de son professeur suffisait à son bonheur et à celui de James. Un regard vers la table des professeurs lui assura que l'antipathie qu'il ressentait à l'égard de Rogue lui était également retourné, mais il préféra couper court rapidement à leur bataille de regard par précaution : Dumbledore l'avait à de multiples reprises averti sur la capacité de Rogue à pouvoir lire dans l'esprit des gens d'un simple contact visuel, et il préférait éviter que ce dernier ne connaisse le moindre de ses petits secrets pour le retourner contre lui. Au lieu de ça, il s'attela plutôt à manger avec gourmandise le plat qui s'offrait à sa fourchette, et ce en essayant tant bien que mal d'oublier les grognements et bruits provoqués par la bouche de son meilleur ami, Ron Weasley.

- Granger n'est pas là…, nota t-il en regardant l'ensemble de leur table.

- C'est normal, lui répondit d'une petite voix Neville Londubat sans oser le regarder. D'après Parvati et Lavande, elle aurait passé toute l'après-midi dans les toilettes du quatrième étage à pleurer, et personne n'a réussi à l'en faire sortir…

- Quelle chance, nous allons enfin pouvoir assister à un repas sans que Miss-je-sais-tout ne vienne une nouvelle fois le gâcher en nous étalant toutes ses connaissances, déclara Matthew d'un air satisfait.

Au passage cette phrase lui arracha un sourire, et à la seule pensée de cette fille pleurant à chaudes larmes par sa faute, Matthew n'eut pas l'ombre d'un regret à ce sujet. Hermione Granger était avec Drago Malefoy et l'ensemble des Serpentards l'étudiante qu'il détestait le plus à Poudlard, et même si les raisons étaient la plupart du temps différentes, il n'avait aucun mal à mettre dans le panier l'héritier de la famille Malefoy et la née-moldue de Gryffondor. Orgueilleuse, autoritaire, vantarde et fanfaronne, sa camarade n'avait pas vraiment le profil type des gens qui pouvaient lui plaire, et sa tendance à jouer constamment la donneuse de leçons auprès de tous les élèves en avait fait fuir plus d'un sur son passage au point qu'aujourd'hui elle n'avait pour ainsi dire aucun ami.

La première rencontre entre elle et Matthew s'était déroulée le jour même de la rentrée scolaire, et aucun des deux n'en gardait un bon souvenir. Dès le départ Matthew n'avait pas souhaité se lier d'amitié avec cette fille particulièrement collante, mais le point de non retour fut atteint lorsque involontairement, Hermione mit à plat l'une des informations qu'elle avait pu tirer des multiples biographies lues à son sujet : La disparition de sa mère et du reste de sa famille. Matthew avait alors vu rouge à ce moment-là et l'avait brutalement jeté hors de son compartiment en lui hurlant dessus ; Le conducteur du carrosse qui les menait à Poudlard avait même dû arrêter quelques minutes son véhicule pour tenter de le calmer, pour se voir par la suite accusé de la part du survivant de violence volontaire qui avait entraîné un licenciement pur et simple et des poursuites lancées contre lui par James. Matthew savait pertinemment que tout cela n'était pas vrai, mais malheureusement pour le conducteur, son besoin de déchaîner toute sa colère et sa rancœur contre quelqu'un avait eu pour conséquence de faire de lui une victime collatérale en faisant fi des répercussions que pouvaient avoir ses mensonges dans sa vie et dans celles des pauvres victimes de ses vilenies.

Hermione elle n'en avait pas fini avec la colère de Matthew, et au cours des deux mois qui suivirent, elle fit l'objet des représailles d'un véritable bourreau intraitable à son encontre. Sarcasmes, insultes, violences physiques, humiliations… Tout lui avait été fait, et d'autres élèves s'étaient même joints à ce petit jeu en pensant à tort que cela pouvait leur permettre de devenir amis avec lui. Ron en particulier s'était montré le plus virulent envers elle, et dans l'espoir de s'attirer les bonnes grâces de Matthew qu'il suivait comme son ombre, il s'adonnait fréquemment à ce qu'il appelait «la chasse au castor» en allusion aux dents proéminentes d'Hermione.

Pourtant, et malgré cette triste entrée en matière dans le monde magique, elle avait tenu le coup sans jamais se plaindre, et surtout en rapportant même de très nombreux points à sa maison grâce à ses bonnes réponses durant les cours. Néanmoins, suite au dernier cours de sortilège durant lequel tous les élèves apprirent le Wingardium Leviosa et où elle s'illustra en étant la seule à parvenir à un résultat convenable, la jalousie de Ron l'avait poussé à prononcer les mots qui lui faisaient bien plus mal que les remarques minables sur son physique :

« Quelle plaie cette fille ! » avait-il dit en gloussant. « Pas étonnant qu'elle n'ait aucun ami ! Qui pourrait supporter un castor sautillant sur une chaise à longueur de temps ?! ».

Le simple fait de lui avoir rappelé cette triste vérité l'avait mis dans un profond émoi, et de toute évidence, cette remarque blessante avait suffit à la faire pleurer toute une journée. Mais loin de s'en émouvoir, Matthew pour l'heure pensait surtout à trouver d'autres moments où il pourrait utiliser ce point faible contre elle, omettant le fait qu'elle-même pouvait par vengeance appuyer là ou il souffrait encore douloureusement : L'absence de sa mère.

La disparition de Lily avait été vécue comme un cataclysme pour lui, et le manque de sa mère s'était pendant longtemps fait sentir dans sa vie. Mais, suite à la discussion qu'il avait eue avec Dumbledore, son sentiment à l'égard de Lily avait radicalement changé pour passer de la peine à la colère, du manque de sa présence à une volonté farouche de nier son existence, d'un amour profond mais timidement exprimé à une haine viscérale qui le conduisait le plus souvent à hurler les pires injures sur elle. Pour faire simple, Lily n'existait plus à ses yeux, et aux rares qui pouvaient mettre le sujet sur la table en sa présence, il déclarait simplement que sa mère était morte le jour où elle avait mis les voiles, et même à ceux qui diffusaient les pires rumeurs sur son compte, notamment sur le fait qu'elle se soit sauvée avec l'un de ses amants, Matthew les laissait dire sans répliquer en approuvant même certains propos sur elle.

La faute en revenait bien évidemment à Dumbledore et à James, et tous les deux étaient enchantés de voir qu'à présent, Lily pouvait aussi bien mourir sous les yeux de son fils qu'il ne bougerait même pas le petit doigt pour essayer par n'importe quel moyen de la sauver. Le premier bien évidemment agissait comme une éminence grise sur lui, un conseiller se donnant des airs de grand-père pour masquer l'horrible jeu qu'il exerçait sur son esprit. Entre les réflexions qu'il insufflait chez son élève en lui parlant dramatiquement du comportement de sa mère en dehors du cercle familial, des rumeurs qui couraient à son encontre par son biais au sein de la communauté magique et surtout grâce aux quelques articles mentionnant l'horrible mère qu'était Lily Potter selon des sources curieusement anonymes, il avait fini par dresser le pire des portraits non seulement aux yeux de l'héritier des Potter mais aussi à semer le doute parmi les sorciers.

Quant à James, bien que toujours profondément amoureux de Lily selon ses dires, son départ coïncidait également avec l'apparition dans sa vie de multiples femmes que l'on pouvait fréquemment rencontrer dans le manoir Potter : Toutes avaient pour point commun de n'être que des moldues, parfois même beaucoup plus jeunes que lui, mais à la suite des infamies lues dans la presse, certains sorciers parvenaient à trouver des excuses à James pour ses multiples liaisons, et même les Sang-purs approuvaient son comportement en arguant qu'eux même s'accordaient de temps à autre un peu de bon temps avec de charmantes inconnues.

« Je l'envierais presque… » avait d'ailleurs un jour déclaré Lord Smith à certains de ses amis entre deux séances au Magenmagot. « Qui peut oser dire qu'il ne profiterait pas de l'absence de sa femme pour découcher sans avoir de compte à rendre à personne ? Un homme doit bien se dépenser, autrement il dépérirait ! ».

Sa remarque avait beaucoup fait rire dans les couloirs du ministère, mais au fond d'eux, bien des sorciers étaient d'accord avec lui. Cette soudaine sympathie à l'égard de l'actuel seigneur Potter pouvait en étonner plus d'un, et le procès au cours duquel il avait été purement et simplement humilié et honnis par l'ensemble de l'assemblée ne datait que de quelques années. Pourtant, et avec leurs multiples contacts, James et Dumbledore étaient parvenus à renverser la situation à leur avantage, notamment dans la presse et grâce au bouche à oreille, passant ainsi des accusés aux victimes en un clin d'œil, et Lily de la femme respectable à la pire des mères de famille. L'erreur de Lady Potter avait été de ne pas donner sa propre version des événements et de se faire totalement discrète à ce sujet, et ses adversaires s'étaient engouffrés dans la brèche causée par son silence pour qu'au final les gens finissent par avoir des doutes sur les véritables raisons de son absence.

La situation de James et Dumbledore s'était ainsi beaucoup améliorée depuis cette journée même si les débuts furent très difficiles pour eux, et bien que tous les deux n'avaient pas encore récupéré l'ensemble des fonctions qui étaient les leurs avant cette affaire, il ne faisait aucun doute que bientôt, d'une quelconque manière, le directeur de Poudlard réintégrerait son poste de Grand Manitou du Magenmagot : Il fallait pour cela encore espérer que les indétrônables se montrent clément à son égard, mais compte tenu du fait que la plupart de ces familles avaient encore une mauvaise opinion de lui, il ne fallait pas compter sur leur soutien pour le moment d'autant plus que James n'avait lui-même pas retrouvé son siège parmi ce petit cercle de privilégiés.

Un coup d'œil en direction de Neville rappela à Matthew que celui-ci était également un futur membre de ce cercle, mais si Neville en avait le titre, il n'en avait certainement pas la carrure : Timide, craintif, facilement influençable et sans la moindre once de courage, son camarade de Gryffondor pouvait très facilement devenir sa marionnette s'il le désirait, et c'était pourquoi il s'efforçait depuis des semaines à se montrer amical et sympathique à son égard. Dumbledore lui avait suffisamment conseillé à de nombreuses reprises d'établir des contacts avec lui et les autres héritiers des prestigieuses familles du Magenmagot pour qu'il ne l'oublie pas, mais hormis Neville, aucun autre ne souhaitait avoir à faire avec lui ce qui compliquait considérablement sa tâche. Comment parvenir à influencer les décisions futures des indétrônables si la majorité formait une coalition contre lui ? Difficile en l'état de parvenir à gouverner seul, mais Neville pouvait avoir son utilité dans cette affaire : À force de persuasion, de gentillesse et de fausse marque de sympathie, l'héritier des Londubat pourrait interagir en sa faveur auprès des autres. Du moins, il l'espérait.

Ses pensées furent brutalement interrompues par des mâchonnements de satisfaction répugnants en provenance de la bouche de Ron, et devant sa figure constellée de tâches de sauce, Matthew ne put s'empêcher de pousser un grognement de fureur face aux manières honteuses de son meilleur ami qui s'empiffrait à présent de cuisses de poulet :

- Si j'avais voulu manger en compagnie d'un animal Ronald, je serais directement allé dans les écuries de Poudlard. Je suis même certain que les sombrals ont plus de dignité lorsqu'il mange que toi, alors soigne ta conduite, ou je demanderais à l'avenir au professeur Dumbledore de te faire manger en dehors de cette école pour que tu ne me dégoûtes pas de mon repas.

- Désolé…, bafouilla t-il en recrachant malgré lui quelques miettes dans son assiette. J'oublie que nous ne sommes plus au Terrier parfois.

- Par contre tu n'en oublies pas d'avoir des manières de gueux même à Poudlard, ajouta distraitement Matthew en roulant des yeux.

Les oreilles de Ron rougirent légèrement suite à cette remarque, mais il n'osa cependant pas répliquer à son ami : Sa mère lui avait déjà suffisamment fait la morale à ce sujet en lui ordonnant presque d'accepter toutes les critiques de Matthew sans broncher qu'il ne prenait même plus la peine de ne serait-ce le fusiller du regard. À l'inverse, bon nombre d'élèves les entourant ne purent cacher leur incrédulité devant la condescendance dont faisait preuve le survivant à l'égard de son «meilleur ami», mais surtout sur la presque soumission de ce dernier devant l'irrespect dont il faisait preuve. N'importe qui aurait mal réagit devant un tel comportement, mais l'attitude de Ron les désarçonnait. Était-il assez idiot pour se laisser marcher dessus sans broncher ? L'intérêt que portait Ron à l'égard de la popularité de Matthew n'était un secret pour personne, mais qu'il en arrive ainsi à se laisser rabaisser sans réagir les dépassait. Même Percy, qui était pourtant l'un des premiers à caresser dans le sens du poil Matthew chaque fois qu'il le croisait, regardait son plus jeune frère d'un air déçu, comme s'il espérait qu'il parvienne à réussir là où lui et la plupart des autres élèves de Gryffondor échouaient : remettre à sa place un petit garçon de onze ans insolent et irrespectueux.

- Qu'avez-vous donc à me regarder comme ça ? s'énerva Matthew en remarquant les regards désappointés de certains étudiants.

- Rien du tout, répondit l'un d'eux en reportant son attention sur son assiette, rapidement rejoint par l'ensemble de ses condisciples.

- Oui laissez-le tranquille, renchérit aussitôt Ron en regardant tout particulièrement un élève à la peau noire à quelques places de lui. Un nègre ne devrait pas avoir l'honneur de poser les yeux sur le pourfendeur des mages noirs…

Dean Thomas, puisqu'il s'agissait de lui, serra aussitôt les couverts qu'il tenait au point que les jointures de ses doigts se mirent à blanchir légèrement. Mais parfaitement maître de lui-même, il ne tint nullement rigueur des propos de son camarade de chambrée et opta plutôt pour une discussion animée avec son ami Seamus Finnigan sur les derniers cours passés. Les autres élèves, s'ils eurent quelques secondes plus tôt pitié de lui, changèrent radicalement d'opinion à son sujet, et le dégoût était à présent aisément perceptible dans les regards qu'ils lui lançaient. Ses frères jumeaux Fred et George furent de ceux-là, d'une part parce qu'ils n'approuvaient en aucune façon les propos de leur frère, mais surtout parce que leur meilleur ami, Lee Jordan, était lui-même un élève métissé fils d'un ancien esclave, et lorsque l'on s'attaquait à quelqu'un qui leur était cher, la personne ayant eu le malheur de le faire le regrettait très rapidement.

- Je me demande bien ce qu'a pu encore raconter comme bêtise Weasley pour que vous le regardiez tous de cette façon, lança sournoisement une voix juste derrière Matthew.

Toutes les têtes se tournèrent de nouveau, mais Matthew lui n'eut pas besoin de le faire également pour reconnaître la voix moqueuse de Drago Malefoy. Au lieu de ça il s'obstinait à garder les yeux sur sa nourriture, ignorant le regard désespéré que Ron lui lançait, inquiet à l'idée d'affronter seul le rival de son meilleur ami. Pourtant ce n'était pas l'envie qui le tiraillait ce soir d'en découdre de nouveau avec Drago, mais Matthew préférait choisir lui-même les moments où il assénerait de cinglantes répliques au Serpentard, et le faire dans la Grande Salle devant l'ensemble des élèves et des professeurs n'était justement pas un moment qu'il jugeait propice à cela, surtout que généralement, il perdait à ce jeu-là. Malefoy n'était certainement pas quelqu'un de recommandable à ses yeux, et il préférait encore passer une journée entière avec Neville plutôt qu'avec lui, mais s'il lui reconnaissait une qualité qu'il enviait, c'était bien le répondant qu'il avait lorsqu'il provoquait verbalement les gens. Mais en dehors de ça, il ne tenait pas à être vu près du fils d'un mangemort notoire, encore moins lorsqu'il traînait également avec ses acolytes tout aussi peu dignes d'estime et d'intérêt.

- Alors Weasley ? Non content de dégoûter l'ensemble de l'école lorsque tu t'empiffres de cette façon, tu arrives encore à te mettre à dos tes propres camarades de maison ? dit-il sous les rires gras de ses deux gardes du corps, Vincent Crabbe et Gregory Goyle. Voilà qui est intéressant… Peut-être que Gryffondor n'est pas aussi pitoyable que je le pensais si même eux désapprouve le comportement d'un pouilleux dans ton genre.

Les oreilles de Ron rosirent aussitôt, mais sans le moindre soutien, il se contenta de grommeler dans sa barbe sans oser s'exprimer plus clairement.

- Mais bon ça se comprend, ajouta Drago de cette même voix moqueuse qui le caractérisait tant. Si vous voulez mon avis il n'a jamais vu autant de nourriture dans sa vie, et en seulement deux mois il a probablement mangé autant que ces onze dernières années.

- La ferme Malefoy, lui répondit Ron en rougissant davantage. Retourne donc auprès de tes amis les mini-mangemorts, c'est là qu'est ta place. Quant à toi, c'est dans un champ de coton en Virginie que tu devrais te trouver et pas dans une école pour sorcier…

Les rires gras que Matthew entendait derrière s'arrêtèrent brusquement, et par curiosité, il choisit finalement de tourner sa tête dans cette direction pour comprendre pourquoi. Un simple coup d'œil sur le petit groupe entourant Malefoy lui certifia que la dernière phrase était adressé à Blaise Zabini, un élève également à la peau noire mais qui contrairement à Dean était issu d'une puissante et vieille famille magique installée depuis des siècles en Italie. Également à Serpentard, il avait aussi pour lui d'être très riche et de faire partie d'une famille réputée pour son utilisation prononcée et non dissimulée de la magie noire : Deux points positifs aux yeux de Drago. Il n'était pas étonnant par conséquent de le voir traîner en sa compagnie même s'il ne partageait pas forcément les mêmes opinions que lui sur la pureté du sang et la suprématie des sorciers sur les moldus. Le commentaire raciste de Ron ne semblait en tout cas pas lui avoir fait très plaisir, et même Drago, qui pourtant était le premier à critiquer et rabaisser l'ensemble des élèves nés-moldus à cause de leur sang, n'acceptait pas que l'on insulte quelqu'un sur sa couleur de peau et ses origines. Ce genre de discrimination n'avait pas lieu d'être dans le monde des sorciers, en particulier dans les plus vieilles familles d'Angleterre, et l'esclavage des noirs n'avait jamais existé dans leur communauté. Mais lorsque l'on avait côtoyé de près les moldus, que l'on connaissait leurs mœurs ou que l'on était même issu de ce monde, la récente abolition de l'esclavage n'était pas encore ancrée dans tous les esprits et les commentaires irrespectueux à l'égard de ce type d'individu étaient encore très fréquents.

Pansy Parkinson, Millicent Bullstrode et Théodore Nott complétaient ce groupe, mais si Matthew pouvait depuis longtemps se faire une idée de Drago, il ne pouvait pas autant en dire d'eux. Néanmoins il en savait suffisamment sur leurs familles et sur le rôle que certaines ont joué du temps de Voldemort pour les éviter totalement et les mépriser autant que leur chef en titre, l'héritier Malefoy.

- Retire immédiatement ce que tu viens de dire, ordonna d'ailleurs celui-ci à Ron en perdant tout amusement dans sa voix.

- Ou quoi ? s'enquit t-il d'un ton moqueur en le dévisageant enfin, les yeux plein de malice. Tu vas tout rapporter à ton papa ? Tu vas taper du pied par terre en attendant que je cède à tes menaces ?

- Céder à tout doit être très facile pour toi, tu sais déjà très bien faire la carpette pour Potter, répliqua durement Théodore.

Des rires fusèrent de partout, et même quelques Gryffondors y succombèrent devant la vérité des dires de Théodore.

- Vous ne devriez pas vous moquer, parce que vous ne valez mieux que lui, leur rappela Drago en les fusillant du regard. Vous nous critiquez constamment sur nos idéaux et sur notre théorie de la pureté du sang, mais lorsque l'un de vos camarades insulte une personne à cause de sa couleur, aucun de vous ne réagit et le laisse continuer à déverser sa bile sur lui. Finalement, vous êtes tous aussi réfractaires que nous, et le plus drôle c'est que vous ne vous en rendez même pas compte. Nous au moins nous avons le courage de nos idées et savons les défendre. Vous… Hé bien je ne pense pas que Godric Gryffondor serait heureux de voir les élèves qui le représentent.

- De la part d'un élève de Serpentard, je trouve la comparaison exagérée si tu veux mon avis, répliqua Matthew en arquant un sourcil. Nous n'avons pas besoin d'avoir des leçons de moral de la part d'adeptes de la magie noire, et quant au fait que Ron fasse la carpette pour moi, on peut en dire autant de vos parents vis-à-vis de Voldemort, ajouta t-il à l'encontre de Théodore.

- Pense ce que tu veux Potter, mais quand on est incapable de garder le contrôle de ses nerfs et que l'on pique des crises constantes dans tous les cours parce que l'on a l'impression que tous les professeurs ou élèves sont contre nous, c'est à soi-même que l'on devrait faire la morale et pas aux autres, lui répondit celui-ci avant de se détourner pour rejoindre sa table. La réputation de sale gosse que tu traînes derrière toi te jouera des mauvais tours un de ces jours…

- Sale gosse ?! répéta furieusement Matthew en se levant d'un bond. Je ne suis pas un sale gosse, je suis le pourfendeur de ton maître, serpent ! Alors un peu de respect !

- Le pourfendeur ? se moqua Drago en le dévisageant. Un gros bébé capricieux oui ! Il n'y a pas une journée sans que tu ailles conter tes misères au directeur ! Je suis prêt à parier que c'est en pleurant que tu as vaincu le seigneur des ténèbres et certainement pas avec ta magie ! Vu tes résultats scolaires, c'est ta médiocrité qui aurait pu lui faire peur au point de le tuer, et pas tes talents en sorcellerie !

Et sur ces mots, les Serpentards les laissèrent là pour aller rejoindre leur ami, satisfaits de l'effet provoqué par les petites piques qu'ils ont lancées sur Matthew et les autres. Le silence prédominait alors parmi les Gryffondors, et Ron, qui avait été le centre de l'attention de tous les élèves, fulminait à présent tellement que ses mains tenant ses couverts en tremblaient de rage au point d'éparpiller autour de lui ce qu'il tentait vainement de manger. Matthew quant à lui était devenu également rouge de colère, mais meilleur maître de ses émotions que son meilleur ami, il parvint à canaliser sa rage pour ne rien laisser transparaître.

Tout aurait pu s'arrêter sur cette note peu encourageante pour les Gryffondors, mais comme toujours à Poudlard, rien n'était aussi simple, et les surprises elles ne se faisaient pas attendre : l'agitation habituelle de la Grande Salle recommençait seulement à pointer le bout de son nez lorsque le professeur Quirrell chargé de la défense contre les forces du mal fit irruption dans la pièce en courant, le turban légèrement de travers et le visage déformé par la terreur. Toutes les conversations s'interrompirent devant cette soudaine entrée en scène même si quelques élèves en profitèrent pour ricaner devant le comportement de leur professeur qui s'affalait à présent devant Dumbledore, la respiration haletante :

- Un troll… Dans les cachots… Je voulais vous prévenir !

Puis il tomba sur le sol, évanoui. Immédiatement après des cris et hurlements se firent entendre dans toute la salle, mais le calme revint dès lors que le directeur eut le bon sens de se faire entendre en faisant exploser des gerbes d'étincelles du bout de sa baguette magique :

- Messieurs les préfets, veuillez rapidement ramener vos condisciples dans leurs dortoirs respectifs, dit-il d'une voix ferme.

Ceux-ci ne se firent pas prier, et en un rien de temps, une foule compacte d'élèves de Gryffondor suivait Percy Weasley pendant que ce dernier les dirigeait d'une voix pompeuse.

- C'est drôle, dit tout à coup Ron pendant qu'ils montaient les marches du grand escalier.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? lui demanda d'un ton ennuyé Matthew sans tourner la tête vers lui.

- Hé bien… Dumbledore a demandé aux préfets de raccompagner les élèves dans les dortoirs, non ? Mais comme le troll se trouve justement dans les cachots, les serpentards risquent probablement de le croiser !

Matthew s'arrêta aussitôt, un sourcil arqué alors qu'il daignait porter enfin attention à son ami. Un sourire apparut rapidement sur son visage alors qu'il évaluait pour la première fois Ron d'un œil nouveau, de la même façon que s'il le rencontrait pour la première fois.

- C'est vrai, avoua t-il pensivement en se caressant distraitement le menton. Peut-être serons-nous débarrassés de ces serpents visqueux ? Je n'ai aucun mal à imaginer Malefoy écrasé par la massue de cette bête !

Satisfait par cette idée, Matthew se remit en marche en gloussant légèrement. Ron le précédait seulement de quelques pas lorsque subitement, une autre pensée lui vint à l'esprit, une pensée beaucoup moins amusante qu'un hypothétique bain de sang dans les rangs de Serpentard :

- Attends Matthew ! l'interpella t-il en lui saisissant le bras. Hermione, elle n'est pas…

- Veux-tu bien enlever tes sales pattes de mon bras ? l'interrompit son ami en se détachant d'un mouvement brusque. Qui t'a permit de me toucher ?

- Je… Je suis désolé, j'avais oublié…, répondit-il en rougissant légèrement. Mais Hermione…

- Qui a-t-il encore avec Granger ? lui demanda Matthew d'un ton énervé. J'ai autre chose à faire que de me soucier d'une pleureuse pour le moment !

À l'évidence Matthew n'était pas disposé à l'écouter, et cela Ron le comprit rapidement. Connaissant parfaitement l'impatience légendaire de son ami, il opta alors pour la simplicité en allant directement à l'origine des choses pour ne pas le froisser encore davantage :

- Elle n'est pas au courant pour le troll, dit-il en continuant de marcher à côté de lui. Peut-être que nous devrions la prévenir, ou en tout cas prévenir un professeur qu'elle ne mangeait pas dans la Grande Salle en même temps que tout le monde…

- Et qu'elle aille pleurer dans les jupes de Mcgonagall parce que nous avons été méchants avec elle ? répliqua Matthew en secouant légèrement sa tête. Mon pauvre Ronald, ta bêtise te perdra un jour…

- Mais s'il lui arrive quelque chose ? insista son ami en sentant malgré lui la colère monter rapidement.

- Elle pleure dans les toilettes du premier étage, non ? lui rappela avec impatience Matthew. Le troll est dans les cachots, alors il ne peut pas venir jusqu'à ce niveau sans que quelqu'un le croise.

Et sans attendre une réponse de sa part, Matthew se remit en marche vers les étages en ne daignant même pas un regard vers Ron pour vérifier que celui-ci le suivait. Son ami était à l'inverse resté au même endroit, immobile tandis qu'il suivait des yeux la silhouette du survivant montant une à une les marches des escaliers alors qu'il repensait aux propos de Matthew.

- C'est vrai…, marmonna t-il en dardant un regard vers le grand escalier juste derrière lui, indifférent à la foule d'élèves remontant elle aussi les étapes menant aux dortoirs de Serdaigle et Gryffondor. Il ne peut rien lui arriver de mal après tout, Dumbledore est le plus grand sorcier de ces dernières années, il doit avoir la situation bien en main.

Rassuré par ses propres paroles, Ron se remit en marche au pas de course en espérant rejoindre rapidement Matthew, et ce sans se douter que cette fausse impression de sécurité allait coûter bien plus cher que les dégâts matériels d'un troll des montagnes déchaîné.


A/N : Donc voilà, premier gros chamboulement si j'ose dire dans la trame originale de Rowling ! Alors, Hermione va t-elle survivre ? Va t-elle mourir ? S'en sortira t-elle avec des séquelles ou pourra t-elle retourner rapidement en cours ? Je vous laisse à vos suppositions ^^.

En tout cas, avec ce changement, beaucoup de choses vont changer à partir de maintenant. Après tout, sans Hermione, qui aiguillera Matthew vers la pierre philosophale ? Qui lui indiquera que la mystérieuse créature dans la chambre des secrets est un Basilic ? Qui l'assistera pour le tournoi des trois sorciers ? Qui l'aidera tout simplement à améliorer ses notes en cours ? Bah... Pas elle tout cas !

Concernant ce chapitre, je dois reconnaître que je n'en suis pas à 100% satisfait : Il manque un petit quelque chose, mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus !

Donc comme je vous l'ai dit au tout début du chapitre, j'évoquais dans celui-ci le thème du racisme : J'espère que ça n'en a pas heurté certains, ce n'était absolument pas le but. Seulement dites vous que nous sommes au XIXème siècle et que l'esclavagisme était encore très fréquent dans certains pays (en particulier les États-unis et dans les colonies françaises en 1802). Quant au fait que les Sang-purs ne soient pas eux-mêmes racistes, je pense que c'est déjà assez qu'ils éprouvent de la haine à l'égard des individus non-magiques : Selon moi, tant qu'une personne a un sang respectable et pur, des gens comme Drago ou même Voldemort se soucient peu de la couleur de peau. Et puis au moins ça me permet de ne pas faire de certains Gryffondors (et plus généralement des sorciers anti-voldemort) des gens totalement blancs : Tout le monde a le droit a une petite part plus sombre que l'on tente avec plus ou moins de succès de cacher.

Le prochain chapitre sera centré sur Rosie, Lily et Marie-Louise : J'ai déjà commencé à l'écrire, et il devrait très probablement être plus long que celui-ci (au moins le double en terme de mots), puis nous en reviendrons à Harry et Pajol qui rencontreront Napoléon.

à bientôt !