Salut à tous ! Je ne vais pas dire que ça fait longtemps, vous avez dû vous même vous en rendre compte...
Tout d'abord : Joyeux noël ! Et quoi de mieux comme cadeau que de vous donner un chapitre ? Voir même deux ? Oh allez, j'en posterai également un sur mon autre histoire ^^.
Avant tout, je tiens à m'excuser pour la durée immense séparant le dernier chapitre de celui-ci, mais honnêtement je pense que c'est le chapitre qui m'aura le plus donné de mal depuis que j'ai commencé à écrire des fan-fictions : J'ai dû le réécrire au moins quatre fois, J'ai dû supprimer, corriger, combler, développer des morceaux du chapitres des dizaines de fois pour un résultat final qui ne me satisfait pas totalement.
Par ailleurs j'ai démarré ma deuxième année de licence histoire cette année et elle est encore PIRE que la précédente : Six exposés rien que pour la premier semestre sans compter les interrogations et examens finaux ; Bon au moins je suis devenu incollable sur les Plantagenêts et Jean sans Terre, les jésuites, le règne de Louis XIV ou encore Catherine II de Russie et son protégé Diderot ^^.
Par contre point positif au manque d'inspiration qui m'a également touché pour l'écriture de ce chapitre : Je me suis avancé sur les suivants ! Vous devriez probablement les recevoir beaucoup plus rapidement que celui-ci (disons un mois maximum pour le prochain, les deux suivants étant eux terminés).
Encore merci pour vos commentaires et vos interrogations quant à la publication de ce chapitre : Je ne vois pas vraiment l'intérêt de vous répondre après tout ce temps, aussi je m'excuse pour l'absence de réponse qui a pu vous être faite. Je pense commencer à vous répondre le jour-même où je reçois vos reviews plutôt que d'attendre à chaque fois le nouveau chapitre, cela m'évitera de les emmagasiner et de me retrouver à chercher une heure de temps libre pour y répondre.
Donc au programme de ce chapitre : Bah comme promis et comme annoncé dans le titre La rencontre avec le premier consul ! Cela changera t-il pour autant la vie d'Harry ? Vous verrez bien, en attendant j'espère que vous apprécierez ce chapitre et ne serez pas trop déçus !
Bonne lecture, et encore joyeux noël !
Warning : Nous informons nos aimables lecteurs allergiques aux longues descriptions que ce chapitre en est malheureusement pourvu. Aussi conseillons-nous à ceux-ci de bien vouloir prendre leur mal en patience, d'attacher leur ceinture et de se cramponner à leur fauteuil jusqu'à la fin de ce texte.
Une fourmilière. C'était bien par ce simple mot qu'Harry parvenait à décrire Paris en cette fin d'année 1802. Pas même Londres, pourtant bien plus peuplée, ne pouvait égaler l'activité grouillante de cette ville et la continuité des attelages qui s'étendaient à perte de vue sur toutes les avenues, rues et places de la capitale française. L'avenue des champs Elysées qu'il empruntait actuellement ne dérogeait pas à la règle, et malgré les travaux d'agrandissement de la chaussée qui avaient été effectués ces dernières années pour en faciliter l'accès, il était clair que tous ces efforts étaient vains tant la difficulté d'approcher de la place de la Concorde était grande. Il fallait bien une paire de minutes pour pouvoir avancer, et encore davantage pour parvenir à se frayer un chemin entre les charrettes des paysans et des commerçants, les carrosses et fiacres de la bourgeoisie parisienne et les nombreux autres véhicules de transport affrétés pour la circulation des nombreux badauds venus admirer la plus belle ville du monde. Car il y avait bien un sujet sur lequel tout le monde s'accordait : Paris n'avait aucun égal en ce qui concernait l'aura qui la suivait ailleurs dans le monde.
Pourtant, elle n'était nullement à la pointe des derniers progrès en matière de transport ou de santé, et il suffisait simplement de se rendre dans ses faubourgs pour se rendre compte que l'image de ville propre et sécurisante qu'elle tentait de laisser croire s'arrêtait dès lors que l'on s'éloignait de son centre. La saleté prédominait un peu partout, et il était encore courant de voir à certains endroits des fosses d'aisance desquelles s'échappaient les matières fécales empoisonnant l'eau des puits, des nappes phréatiques et l'eau de la Seine qui séparait la ville en deux. Pour ce qui était des épidémies, Paris avait effectivement tout à revoir, et en premier lieu son réseau d'égouts depuis longtemps devenu obsolète. Son administration elle n'était pas encore parfaite, et les projets de complot, de corruption et même d'assassinat ponctuaient de temps à autre les dernières nouvelles en provenance de cette ville.
Par ailleurs épicentre de la révolution, Paris gardait cette image d'instabilité et de violence qui avait été la sienne quelques années plus tôt aux yeux des autres pays européens, une ville qui fut capable de renverser l'ordre établi d'un simple soulèvement et d'éliminer ce qui faisait figure depuis des siècles d'autorité suprême ainsi qu'une partie de ses soutiens. Autant dire qu'il y avait peu de chance de voir un jour un roi ou un empereur fouler du pied le sol qui aura vu couler le sang du dernier monarque des français.
Le seul point qui mettait tout le monde d'accord était les infrastructures de la ville : Rarement pouvait-on voir en un seul endroit tant de beaux bâtiments, tant de théâtres, de salons, de palais, d'hôtels et d'églises gothiques qu'ici, tant de richesse qui cachait parfaitement la misère se trouvant à quelques kilomètres à peine, tant de beauté qui faisait oublier la laideur des faubourgs alentours, tant de majesté permettant de chasser de son esprit qu'ailleurs, une population malheureuse et vivant à peine décemment ne pouvait se permettre le luxe d'avoir plus de deux pièces dans son habitation et dormait encore avec son bétail pour se tenir au chaud.
S'il fallait ainsi donner une image à cette ville, Harry penserait surtout que Paris était le cache-misère d'un pays en redressement et qui pansait ses plaies, d'une société ignorante des difficultés que l'on pouvait rencontrer lorsque l'on sortait de sa périphérie et d'un monde quelque part en inadéquation avec celui d'une large majorité de citoyen.
« Et il suffit juste d'en sortir pour s'en rendre rapidement compte » pensait-il très justement.
Loin de réduire les inégalités, les dix dernières années n'avaient fait que les renforcer encore davantage tout en réduisant toutefois considérablement les avantages accordés à une noblesse depuis partie vers des contrées plus paisibles où leur richesse n'était pas décriée ou contestée. Sa mère avait eu la chance de pouvoir revenir en faisant preuve d'une sincérité certaine dans sa volonté de retourner dans le pays qui l'avait vu s'épanouir, mais au-delà des frontières, une large part des émigrés n'aspirait qu'à la vengeance, au retour d'un roi sur le trône et au rétablissement des privilèges anciens qui furent abolis treize ans plus tôt. Le peuple lui ne semblait pas s'y intéresser, et à regarder les parisiens se promener tranquillement dans les multiples rues et avenues qu'ils avaient traversées, la république semblait s'être profondément enracinée dans l'esprit des français pour ne plus en ressortir aussi vite. Rien n'avait véritablement changé à vrai dire, sauf si l'on exceptait les nouveaux visages du pouvoir et les idées nouvelles qui bouleversaient la société. Mais en dehors de ça, on ne pouvait pas dire qu'il y avait eu un véritable progrès.
Pour le moment, l'actualité politique du pays semblait être le cadet des soucis des nombreux badauds marchant, trottant ou même galopant avec un peu de chance autour d'eux. Non, la nouvelle attraction qui s'offrait à leurs yeux n'était pas l'arrivée d'un scientifique de renom rameutant les foules comme cela fut le cas pour Benjamin Franklin ou encore celle d'un charlatan pseudo-médecin comme Franz Mesmer mais bien le 4ème régiment de Hussards dont faisait partie Harry et qui tentait de se frayer un chemin à travers la masse compacte des attelages présents sur la route.
Pourtant habitués depuis des années aux cortèges militaires et autres démonstrations des régiments de la ville, Harry constata que leur présence étonnait plus d'un parisien, et la raison pouvant peut-être expliquer ce ralentissement constant sur la route venait peut-être justement de leur présence ; Voir une quarantaine de soldats défiler en ordre parfait sur l'avenue des champs Élysées était en soi déjà impressionnant, mais les tuniques rouges avaient en ça d'être facilement visibles de loin et de se distinguer des uniformes classiques de la plupart des régiments de France, en grande partie de couleur bleue et blanche. Le fait qu'ils monopolisaient également une partie de la chaussée expliquait aussi les quelques commentaires désagréables qu'ils pouvaient entendre sur la désinvolture qui était la leur à s'octroyer le droit d'occuper un espace pourvu à la circulation. Le carré que les soldats formaient autour de Pajol était à la réflexion effectivement bien grand, et les espaces entre chaque soldat auraient pu être facilement comblés par la présence d'un autre cavalier, mais quitte à faire dans la démesure et la grandeur, cette formation y répondait parfaitement. De toute manière les récriminations s'arrêtèrent là, et pas un n'osa dire ouvertement ce qu'il pensait de cette mainmise sur l'espace routier de l'avenue.
Leur chemin les mena vers la place de la Concorde, anciennement place Louis XV, et qui depuis que la statue du roi y avait été déboulonnée n'avait à vrai dire aucune réelle utilisation si ce n'est de servir de point de convergence entre le faubourg St honoré d'un côté et le quai des tuileries de l'autre ainsi qu'au pont de la Concorde qui permettait un accès direct vers le palais Bourbon. En face se trouvait le jardin des tuileries, précédent au loin l'immense bâtisse qu'était le palais des tuileries et qui s'alignait parfaitement avec l'avenue des Champs Élysées. Entrer par les jardins leur aurait permis d'abréger rapidement leur traversée de la ville, mais ceux-ci n'étaient ouverts que pour les entrées officielles des hauts dignitaires du pays, Bonaparte le premier. Des ballades pouvaient également être organisées dans ces jardins de temps à autre, mais étant actuellement fermés, le seul moyen de parvenir à l'entrée du palais était de longer toute la rive de la Seine vers l'Est en remontant les quais jusqu'au Louvre.
La circulation était encore plus difficile ici en raison des étales marchandes installées à cet endroit stratégique de la ville, et entre les curieux se massant auprès des marchands de légumes et de viandes, de tissus et autres babioles courantes dans les foyers parisiens, les charrettes lourdes de denrées, les équipages à destination des opéras, théâtres, salons et réceptions de la ville, les piétons n'étant là que pour une promenade de circonstance, une partie des hommes de Pajol en venait à regretter le calme et la liberté de circuler de Metz et de ses environs ; La vie dans une aussi grande ville leur paraissait particulièrement désagréable et harassante.
Harry lui, bien que se concentrant comme les autres sur la route, en profitait malgré tout pour s'attarder sur les beaux édifices qu'ils rencontraient, même de loin. L'église de la madeleine, les hôtels de la marine et Crillon derrière lui, le jardin des tuileries sur sa gauche et le pont de la Concorde en face… Tant de choses à voir qu'une seule paire d'yeux était bien incapable d'admirer à elle seule. Harry n'avait jamais véritablement eu la possibilité de visiter cette ville qui l'intriguait tant, mais il espérait bien qu'un jour, grâce à de nouvelles responsabilités et par la concrétisation du travail de sa mère, il serait amené à connaître davantage cet endroit si particulier.
- Bourbon, l'appela soudainement son supérieur sans se retourner. Approchez.
Harry ne se fit pas prier, et hâtant légèrement l'allure il arriva rapidement à ses côtés, évitant toutefois au passage de le regarder par peur de le contrarier.
- J'espère que vous n'avez pas oublié notre dernière discussion, dit-il d'un ton sec comme pour lui affirmer que tout manquement à ses directives allait entraîner de bien fâcheuses conséquences pour lui.
- Vous pouvez être certain que je ne puis oublier vos sages conseils Monsieur, répondit Harry en se les remémorant au passage.
- Bien, car cela me mécontenterait grandement d'être tourné en ridicule devant Monsieur Bonaparte. Je suis le représentant de notre régiment auprès du consul, par conséquent il me faut garder une apparence irréprochable lorsque je me présenterai à lui. Je ne tiens pas à ce que l'image de notre académie et de nos camarades soit entachée par une maladresse même involontaire de votre part.
Harry se contenta d'hocher la tête pour lui confirmer sa compréhension. Toutefois, il n'appréciait que très peu de constater qu'il était le seul entre tous les soldats présents à qui Pajol faisait une nouvelle fois la morale et laissait à penser que s'il arrivait un quelconque inconvénient, la faute proviendrait automatiquement de lui. Même s'il était bien plus jeune que ces hommes, son directeur pensait-il vraiment qu'il ne parviendrait pas à se comporter aussi bien qu'eux devant Bonaparte ? Cette seule pensée le faisait bouillir de l'intérieur, mais il se garda bien de le montrer à son supérieur.
Constatant par ailleurs que Pajol semblait déjà avoir terminé leur conversation, il entreprit aussitôt de retourner à sa place d'origine dans le cortège sécuritaire entourant son directeur. Il remarqua au passage que certains hommes, ayant sans nul doute entendu leur conversation, ne se gênaient pas pour lui adresser quelques sourires moqueurs pas bien méchants mais qui confirmaient aux yeux d'Harry son statut d'infériorité par rapport à eux.
Le voyage depuis Metz avait pourtant était relativement calme, bien que légèrement pluvieux par instant et troublé de temps à autre par les populations locales qui, croyant voir en eux un régiment s'apprêtant à partir au combat, fulminaient contre les guerres qui ne se finissaient jamais. Bien qu'ayant été présenté à l'ensemble des hommes par Pajol lui-même - une petite compagnie de trente hommes tout de même - Harry n'avait pas vraiment eut le plaisir et l'opportunité de se lier avec eux : Tous semblaient déjà se connaître, s'entendre ou à l'inverse se quereller sur des sujets dont lui-même ignorait l'origine, et si quelques curieux s'étaient légèrement intéressés à lui en lui posant quelques questions sur l'académie tout en se remémorant leurs propres souvenirs de classe, aucun ne s'était véritablement lié d'amitié avec lui, et hormis Pajol, Harry n'avait que très peu adressé à la parole à d'autres hommes au cours du voyage.
Aucun ne semblait toutefois bien méchant, hormis peut-être un vantard à l'air pédant qui narrait des exploits dont il était le seul à se souvenir, et ce jusqu'à ce que son supérieur le rappelle à l'ordre. Mais Harry ne se sentait pas encore très à l'aise en compagnie de ces hommes ayant pour certains déjà derrière eux une bonne dizaine d'années de service dans la cavalerie ou l'infanterie. La timidité y était peut-être pour quelque chose, mais surtout, une forme de respect à leur égard l'incitait à ne pas se mélanger avec eux, du moins pas encore : Faire ses preuves et ses armes à leur côté lui donnait l'illusion d'une forme d'acceptation à ses yeux. Peut-être aussi que l'absence de ses plus proches amis de l'académie jouait dans la formation de cette bulle de protection autour de lui, mais même s'il aurait la présence de Juliette et Nicolas à ses côtés, sa conscience lui rappelait que ses amis ne seraient pas toujours là pour guerroyer en sa compagnie, et qu'il fallait bien tôt ou tard apprendre à se passer de visages connus s'il souhaitait se familiariser avec ce milieu.
- Tenez vos positions, leur rappela Pajol alors qu'ils amorçaient une nouvelle étape de leur parcours en quittant la place de la concorde pour longer le quai des tuileries. Je ne veux voir aucun civil parvenir à se glisser dans notre formation. Celui qui ne respectera pas mes consignes aura à faire avec moi.
Chacun obéit et prit comme précaution d'usage de se rapprocher encore davantage du cavalier devant lui, formant un carré aussi serré que même le plus petit animal n'aurait pu se glisser entre les jambes des chevaux. Tout en faisant de leur mieux pour respecter les consignes données, certains se permirent se de temps à autre de tourner la tête sur leur droite en direction des centaines de petits bateaux amarrés le long de la berge ainsi que sur l'activité se déroulant dans la partie sud de la ville. Composée pendant longtemps d'abbayes et d'universités donnant à cette zone un aspect beaucoup plus jeune et dynamique que la rive nord de la Seine, celle-ci avait connu quelques décennies plus tôt la forte influence des lumières et de la philosophie de l'époque la rendant pour le moins très attractive : Les salons mondains comme les cafés avaient fleuri partout, tandis que la population des autres provinces, attirée par l'appât du gain et la perspective d'un avenir bien meilleur que dans les campagnes, s'était ruée sur les nouveaux quartiers en construction et permettre l'expansion démographique qui caractérisait maintenant Paris. Dans cette zone se trouvaient par ailleurs les meilleures écoles de France, et si Harry n'avait jamais envisagé de devenir un sorcier et encore moins un soldat, il y aurait eu de grandes chances qu'il finisse étudiant dans l'une de ces écoles, probablement à la Sorbonne. Sa vie en aurait-elle été meilleure ? Il n'en savait à vrai dire franchement rien, mais il y aurait bien eu un point sur lequel il n'y avait pas de contestation possible : Il y avait probablement beaucoup moins de chance de se faire toucher par un sortilège dans les couloirs et amphithéâtres de ces écoles qu'à Poudlard, dans son académie, ou même à Beauxbâtons.
La dernière étape de leur parcours les mena à la cour du carrousel, située entre le palais des tuileries et du Louvre et qui pour l'heure achevait sa transformation. Difficile en effet d'imaginer qu'entre ces deux palais, un quartier comme il en existait des centaines à Paris pouvait se trouver là, presque hors contexte lorsque l'on constatait l'aspect historique et officiel de cette partie de la ville. Composé de nombreuses ruelles, culs de sac et venelles tortueuses, le quartier du Vieux-Louvre était toutefois en démolition, du moins pour ce qui était des quelques maisons que l'on pouvait voir déjà abandonnées et sur lesquelles des ouvriers s'attelaient à démolir les derniers pans de murs et de toitures. Sur leur droite, le Louvre, qui servait actuellement de musée et de logement pour l'académie des beaux-arts et des artistes, était pour l'heure totalement caché par les hautes maisons en bouchant la vue, tandis que sur la gauche, une longue grille de fer forgé agrémentée de deux grandes portes permettait l'accès à l'entrée de leur destination initiale qui, à l'inverse de son visu devenu froid et triste, rutilait de puissance et de majesté et restait encore plus beau vu d'aussi près que lorsqu'Harry se trouvait sur les Champs-Elysées : Une demeure à la réflexion digne du premier consul de France.
Le large espace clos derrière la grille était divisée en trois petites cours - des princes, des écuries et royale - chacune délimitée par un bâtiment attribué du même nom. Le palais des tuileries en lui-même était monumental, s'étendait des pavillons de Flore à celui de Marsan et était relié au Louvre par une longue aile longeant le quai des tuileries. Au centre se trouvait le pavillon de l'Horloge, aisément reconnaissable à son immense dôme, l'horloge fixée sur sa façade et reconnu encore davantage pour l'escalier suspendu sur voûte qui permettait l'accès aux appartements privés des étages supérieurs. Les deux ailes ainsi formées et s'allongeant jusqu'aux deux autres pavillons étaient ainsi composées de dizaines de salles et salons servant aujourd'hui à l'usage du premier consul mais également au gouvernement issu de celui-ci. Un immense théâtre pouvait par ailleurs être vu à l'une des extrémités tandis que la salle des Cent-suisses où Bonaparte recevait généralement ses officiers se trouvait dans le pavillon de l'horloge et en occupait une grande partie. Un drapeau tricolore, ballotté par les vents soufflant sur la ville, trônait fièrement au dessus tandis que les murs extérieurs du palais étaient recouverts de colonnes de marbre rose, d'arcades, de frontons et de statues sur toute la longueur du bâtiment tandis que les fenêtres s'étiraient également sur toute la surface dans un ordre parfait. En un mot, ce palais était bien digne de la magnificence d'un roi ou du moins du plus puissant homme de France, mais la reconstruction de l'une des ailes et les divers travaux en cours partout ailleurs ternissaient quelque peu l'éclat de cette demeure.
S'aventurant dans la cour du palais, Harry comme les autres s'émerveillaient de l'apparat manifeste de ce lieu, la plupart n'ayant mis que très rarement les pieds à Paris et encore moins dans un endroit aussi prestigieux, mais le rythme de leur excursion lui n'avait pas ralenti et c'est d'un trot régulier que cavaliers et montures amorçaient la dernière ligne droite de leur très long périple.
Constatant leur arrivée, un homme devant certainement être un valet ou un laquais anticipa leur progression dans la cour en se portant vers eux, la démarche légèrement précipitée. Les hommes de Pajol s'écartèrent pour leur part en deux rangées parfaitement distinctes sur chacun de ses flancs, laissant celui-ci et la petite garde rapprochée dont faisait partie Harry se diriger vers l'entrée du palais. Une fois mis pied à terre, Pajol et les autres terminèrent la petite distance les séparant du perron à pied, tenant les rênes de leurs chevaux en attendant que quelqu'un daigne les garder le temps de cette entrevue.
- Monsieur le Lieutenant-colonel Pajol, je présume ? l'interrogea le valet d'une voix pompeuse. Votre présence est requise auprès de son éminence dans les plus brefs délais, ajouta t-il lorsque Pajol confirma ses dires d'un signe de tête.
- Tachons dans ce cas de ne point le faire attendre, nous avons beaucoup à discuter, répondit-il tandis que plusieurs écuyers venaient se saisir de leurs chevaux pour les conduire dans les écuries situées juste à côté de la cour.
- Monsieur Bonaparte vous attend dans son bureau, l'informa alors l'homme. Vous connaissez le chemin à prendre où dois-je également vous servir de guide ? lui demanda t-il d'un ton courtois.
- Ce ne sera pas nécessaire, mais je vous remercie pour votre proposition, lui répondit Pajol avant d'incliner légèrement la tête pour le saluer.
Marchant d'un pas vif, il dépassa les deux hommes pour se diriger vers les deux portes d'entrée, suivi par son escorte qui préférait rester près de lui plutôt que de se perdre dans le labyrinthe que semblait être ce palais. Tous débouchèrent immédiatement sur une large pièce dépourvue de mobilier mais composée à l'inverse d'un gigantesque escalier serpentant le long du mur pour s'élever jusqu'aux étages du palais. Trois entrées pouvaient être visibles de chaque côté, deux donnant accès aux ailes du palais tandis que la troisième juste en face permettait d'accéder aux jardins invisible pour le moment. Mais Pajol lui prit une autre direction et n'attendit pas que l'un des gardes ou serviteurs déambulant dans la salle l'interpelle pour emprunter l'escalier et amorcer sa montée. Harry comme les autres le suivirent, bien que le fils de Marie-Louise était bien tenté de rester là à admirer les fresques, peintures et œuvres d'arts accrochées ci et là et tout particulièrement le magnifique dôme situé bien au dessus de sa tête et qui faisait la renommée et la légende de cet édifice. Mais emporté par la cohorte d'hommes au service tout comme lui de Pajol, il ne put à son regret que les suivre et monter les escaliers de marbre du palais.
Entre la blancheur de ce matériaux et le carrelage dallé couleur craie de l'entrée, l'endroit était toutefois très lumineux, presque accueillant, et seul un œil bien avisé pouvait voir entre les quelques lézardes des colonnes grecques soutenant le plafond et les lambris de pierre disposés dans les moindres encolures des murs les témoignages d'un passé moins glorieux pourtant pas si lointain. Des dizaines de trous, parfois mal rebouchés, montraient encore les traces de la sanglante émeute ayant eu lieu entre ces murs presque dix ans plus tôt, et si la pierre et le marbre avaient été depuis longtemps nettoyées, savoir qu'ici-même dans cet escalier des dizaines d'hommes avaient été tués et leur sang répandue sur le sol donnait à Harry une impression de mal-être qu'il était le seul cependant à ressentir, les autres peut-être ignorant tout simplement ce qui s'était passé ici. Pourtant, près de 700 gardes suisses avaient vu leur vie passer de vie à trépas dans cet escalier et dans les différentes pièces du palais en raison d'une foule déchaînée et décidée à massacrer la famille royale réfugiée à l'intérieur. Choisir de ce fait ce palais comme résidence pour le consul parut alors pour lui comme un choix étonnant voir même provocateur pour ceux qui avaient donné leur sang et leur vie pour ce qu'il défendait.
« Mais ce même homme est aujourd'hui à la tête de ce pays, alors mieux vaut faire profil bas » se dit-il pour avoir bonne conscience.
Arrivé au premier palier, Harry remarqua alors la présence d'un homme négligemment appuyé sur une canne et qui lui cherchait à faire le chemin inverse. Grand, blond, la tête recouverte d'une perruque grisâtre beaucoup moins courante qu'autrefois et vêtu d'un costume sombre agrémenté d'une épaisse cravate blanche lui enserrant telle une écharpe le cou, l'homme possédait un teint diaphane qui aurait pu faire rougir de jalousie la plupart des jeunes filles de Paris, tandis que son nez long et fin, son regard sombre renforcé par d'épais sourcils et des yeux noirs comme des billes lui donnaient l'air d'un sage ayant déjà beaucoup vécu et portant un regard blasé sur le monde qu'il observait. Son apparence était en tout cas très soignée, et seule l'étrange chaussure orthopédique qu'il portait gâchait un peu sa complète physionomie.
À son apparition Pajol s'arrêta net, et pendant quelques secondes sembla incapable de réagir devant ce mystérieux homme. Puis, et à la surprise d'Harry, il s'écarta du passage pour finir par pencher légèrement la tête, permettant à l'autre de pouvoir passer.
- Monsieur le ministre, dit-il en gardant la tête basse.
L'homme ne répondit pas bien qu'il hocha légèrement la tête à son salut avant de commencer à descendre les marches. Harry vit alors que l'homme boitait, d'où probablement l'existence de cette fameuse chaussure, mais il n'osait demander à cet homme s'il souhaitait l'aider à descendre avec son appui par peur peut-être de le blesser. Curieusement, il ne semblait pas du tout gêné par sa marche et se permit même le luxe d'adresser à Harry comme aux autres un minuscule sourire les rassurant peut-être quant à ses facultés mobiles.
- Vous devriez vous dépêcher, lança t-il toutefois d'une voix grave lorsqu'il fut face à Pajol. Monsieur le consul n'aime point attendre.
Sur ces mots, il poursuivit la descente des marches, laissant derrière lui un silence où le trouble et la curiosité se mêlaient. Pajol n'attendit toutefois pas que ce mystérieux homme soit arrivé en bas pour reprendre sa route, entrainant avec lui l'ensemble de sa suite et un Harry pour le moins intrigué par ce ministre dont il ignorait jusqu'à l'identité.
La traversée du palais les conduisit à passer par plusieurs pièces déjà occupées par quelques domestiques affairés dans leur travail et d'autres individus dont la fonction était encore à préciser si ce n'était tout simplement pas d'être là pour être vu du consul et pouvoir l'approcher. Leur petite troupe elle-même si elle dénotait dans le paysage ne souleva toutefois pas d'interrogation sur leur passage, comme si ces gens étaient depuis longtemps habitués à voir circuler en ces lieux des hommes en uniforme, même lorsque ceux-ci n'étaient pas ordinaires. Certains toutefois osèrent braver leur anxiété à l'idée de les interpeller pour leur demander la raison pour laquelle tant d'hommes venaient ainsi importuner Bonaparte, mais Pajol n'avait alors qu'à présenter la convocation écrite de la main même du consul pour les envoyer balader Dieu savait où. Lui seul semblait savoir où aller, car à l'inverse, Harry lui avait plutôt l'impression de marcher de longues minutes sans réel but précis et avec l'impression désagréable de ne tourner qu'en rond dans ce palais. Mais finalement, alors qu'il était sur le point d'interroger à voix basse l'un de ses partenaires, tous débouchèrent dans une nouvelle pièce à l'aspect tout aussi riche et luxueux que toutes les autres salles précédemment parcourues.
La pièce était comme partout ailleurs resplendissante de beauté et d'apparat, témoignage d'une grandeur passée qui se mettait à nouveau en place selon l'évolution du nouvel ordre établi par le nouveau gouvernement. Tous les témoignages de l'ancien régime avait disparu, remplacés par un nouveau style plus épuré et s'approchant de l'antiquité romaine et égyptienne. Jusqu'aux pieds des fauteuils taillés pour faire apparaître des sculptures de dieux antiques, l'endroit aurait pu très bien s'inscrire à cette époque précise si le mobilier n'avait pas eu cette touche de modernité propre au style actuelle. Les grandes baies vitrées de la pièce faisaient ressortir avec autant de vigueur la lumineuse clarté du soleil dont les rayons rebondissaient sur les dorures présentes dans tous les angles et pans des murs, sur les lustres en cristal fixés au dessus de leur tête ou les plats en argent disposés sur les multiples étagères disposées dans toute la pièce.
Un homme, vêtu d'une veste sombre et d'une culotte blanche assortie à ses collants se présenta à eux, sans doute intrigué par ce groupe de soldats s'avançant désormais dans l'unique pièce les séparant de leur objectif final : Le cabinet de travail du premier consul.
- Puis-je vous être utile, messieurs ? leur demanda t-il d'un ton courtois en se postant devant Pajol, se doutant pertinemment qu'il devait s'agir du plus haut gradé.
- Je suis ici pour une réunion d'ordre privée à la demande du premier consul, répondit-il simplement.
- Et qui dois-je annoncer ? demanda poliment l'homme en se gardant bien de leur laisser libre le passage.
- Dites au consul que le lieutenant-colonel Pajol, commandant du 4e régiment de hussard et directeur de l'académie de Metz est présent pour l'entretien prévu en sa compagnie et selon ses volontés, lui répondit Pajol d'un ton ferme ne souffrant d'aucune réplique.
L'homme lui n'insista pas davantage, et après une énième révérence, il se dirigea vers la porte ouverte de l'autre côté de la salle où devait probablement se trouver Napoléon Bonaparte. Certains hommes comme Harry crurent bon de profiter de cette aubaine pour tendre légèrement la tête dans l'entrebâillement et espérer apercevoir la silhouette de ce curieux personnage, mais un regard froid de leur supérieur les fit aussitôt reprendre une posture plus convenable pour les circonstances. Un échange eut toutefois lieu dans l'autre pièce, mais la distance et la faible intonation ne permirent nullement de déceler le moindre mot de cette conversation. Seuls des bruits de pas étaient perceptibles, mais il semblait que ce fut surtout le valet qui se déplaçait car quelques instants plus tard, ce furent les siens qui se rapprochèrent de leur groupe pour s'adresser au groupe :
- Le consul veut bien vous recevoir Monsieur, lui certifia l'homme en inclinant légèrement la tête.
Pajol le remercia en effectuant le même geste, puis après un premier pas en avant, il se tourna cependant pour faire face à ses subalternes restés eux parfaitement immobiles derrière lui.
- Attendez-moi ici, leur ordonna t-il en les regardant brièvement. Pas un mot, pas même l'ombre d'un murmure. Cette conversation avec Monsieur Bonaparte doit être la plus calme qui soit et ne doit être troublée sous aucun prétexte. Quiconque dérogera à mes directives comprendra pourquoi il ne faut jamais oser pareille sottise.
Son avertissement provoqua une vague de frisson parcourant l'ensemble de ses subalternes. Tous se contentèrent d'incliner légèrement la tête, soucieux à présent de respirer aussi faiblement qu'il soit possible afin de pallier à l'éventualité d'éveiller le courroux de Pajol. Harry, qui se sentait une nouvelle fois particulièrement visé par l'ordre de son supérieur, copia malgré tout les autres et décida de rester planté droit comme un pic au beau milieu du salon, gardant simplement son regard tourné vers la silhouette du lieutenant-colonel qui disparut quelques secondes plus tard lorsque le secrétaire de Napoléon ferma la porte derrière lui.
- Assurdiato, lança soudainement l'un des militaires en pointant sa baguette sur la porte et à la surprise générale.
L'effet fut immédiatement, et la porte sembla briller un court instant avant de redevenir parfaitement normale, comme si rien ne s'était passé. Toutes les têtes se tournèrent vers la tête brulée qui avait osé effectuer ce geste, mais celui-ci ne semblait nullement gêné d'être devenu le centre d'attention de tous les occupants. Appuyé négligemment sur l'un des fauteuils, il examinait à présent la salle d'un œil curieux, contemplant les dorures présentes sur les murs et le mobilier.
- C'est un vrai palace ici, commenta t-il en observant du regard la table en ébène finement ouvragé sur laquelle reposait de la porcelaine de Chine. Oh allez, ne me regardez pas comme ça ! Au moins n'entendront-ils pas le moindre bruit de notre part ! ajouta t-il en constatant que ses camarades continuaient à le regarder.
- Tu fais preuve de beaucoup d'insolence, répliqua l'un d'eux, un homme d'âge avancé aux cheveux bruns et à qui Pajol semblait depuis leur départ de Metz faire preuve de beaucoup de sympathie. Qui penses-tu être pour utiliser de la magie entre ces murs et ne pas agir comme nous l'a ordonné notre supérieur ?
- Et comment nous a-t-il dit d'agir ? rétorqua l'autre en souriant narquoisement ? Pas un bruit, pas un murmure… Ce sort n'est-il pas destiné à ne justement rien entendre ?
- Tu sais très bien ce que je voulais dire Montebello. Le principe même d'un soldat et de toujours obéir à son supérieur, et en la circonstance, cela se traduisait par rester debout ici à attendre sagement que le lieutenant-colonel termine sa discussion avec le consul pour ensuite lui servir de nouveau d'escorte lorsqu'il quittera ce lieu.
Loin d'être désarçonné, le dénommé Montebello continuait à l'inverse de sourire de façon presque provocante à celui qui le rabrouait. Étranger à leur dispute, Harry nota toutefois que tous les deux semblaient bien se connaître à en juger par la familiarité avec laquelle ils se parlaient. Par ailleurs, il pensa à juste titre que si Montebello ne prêtait pas d'attention aux réprimandes de l'autre, la raison pouvait probablement s'expliquer dans la différence de grade qui les séparait : Le provocateur était un capitaine quand l'autre n'était à l'inverse qu'un lieutenant.
- Et quoi ? Que vas-tu faire alors, Vanhoeven ? Faire un rapport ? Mais je n'ai rien fait de mal !
Un léger gloussement sortit de sa bouche par la suite, et Harry vit les poings du dit Vanhoeven se serrer et se desserrer très brièvement, malheureux aveu d'impuissance devant un supérieur à qui il devait obéissance. Montebello parut alors peu sympathique à ses yeux, mais ce sentiment ne lui était pas nouveau à vrai dire : Déjà lors de leur traversée de la France jusque Paris, Harry avait trouvé cet homme très imbu de sa personne, moqueur à l'égard de ceux qui ne semblaient pas apparaître sous un jour favorable à ses yeux et à la vérité méprisable dans son attitude. Seul Pajol avait l'air d'avoir une certaine autorité sur lui, mais cela provenait certainement de leur différence hiérarchique, autrement il était persuadé que le résultat serait le même.
Finalement Harry opta pour la même attitude que les autres devant la querelle verbale des deux autres : L'indifférence ou tout du moins l'omission des évènements en cours pour ne pas attirer l'attention sur lui.
- C'est bien ce que je pensais, entendit-il malgré tout derrière son dos alors qu'il analysait du coin de l'œil un tableau accroché au mur. Personne ici ne pourra contester mes agissements puisque vous n'avez pas l'autorité nécessaire pour le faire. Je pourrais m'asseoir dans ce canapé que personne ne lèverait le petit doigt pour me lancer la moindre remarque.
- Tu ne pourras nier que nous t'avons au moins averti lorsque tu te trouveras par mégarde devant le lieutenant-colonel, argua Vanhoeven d'un ton toujours aussi froid et autoritaire.
- Je n'ai pas besoin que l'on me dise quoi faire pour me sortir des difficultés que je peux rencontrer, répliqua l'autre.
- Des difficultés que tu crées toi-même soit dit en passant.
La dernière remarqua fit mouche, et si Harry ne pouvait pas le voir, il pouvait néanmoins ressentir que l'humeur blagueuse de Montebello venait de chuter de plusieurs crans en quelques secondes seulement. Satisfait, Vanhoeven lui sembla ne pas attendre de réponse de sa part car lui-même opta finalement pour la même option que les autres : Détailler la pièce en silence en attendant que la réunion de son supérieur et du premier consul se finisse.
Certains tentèrent malgré tout d'imiter Montebello en discutant ensemble à voix basse, leurs voix à peine plus fortes qu'un murmure se répercutant malgré tout en écho dans cette pièce silencieuse où il n'y avait pas vraiment de distraction passionnante pour une troupe de soldats en manque de combat, et bientôt, des petits groupes se formèrent un peu partout pour commenter ensemble un quelconque sujet ou s'interroger sur un détail du décor qui leur semblait étonnant.
- Vous ne devez pas être très intimidé par ce qui vous entoure, n'est-ce pas ? lança alors tout à coup une voix qui fit presque tressaillir Harry.
Tournant doucement la tête, Harry constata la présence dans son dos de Vanhoeven dont les yeux gris perçants l'analysaient du regard. L'homme ne semblait pas toutefois très hostile à son égard, et sa question à première vue réprobatrice n'était en vérité que curiosité.
- Je vous demande pardon ? bredouilla malgré tout Harry pour éviter une mauvaise interprétation.
- Il m'était venu à l'esprit qu'être entouré de toute cette richesse et de déambuler à travers un palais ne devait pas vous être étranger, reprit l'homme d'un ton poli. Peut-être me suis-je trompé…
- Oh non vous n'y êtes point du tout, lui assura Harry de manière courtoise. J'ai simplement été surpris par votre question. Quant à mes sentiments à l'égard de cet endroit, je n'avais à vrai dire point songé à faire de comparaison avec la vie que je menais dans notre château familial…
L'homme esquissa un sourire sans pour autant reprendre le fil de la conversation, préférant à l'inverse contempler tout comme Harry la toile devant eux. Ni l'un ni l'autre ne semblait étrangement gêné par la présence de l'autre à ses côtés, et à côté du bourdonnement des conversations autour d'eux, chacun préférait plutôt se plonger dans un mutisme pour le moins salutaire et surtout dans le respect des consignes données par Pajol. Du moins, jusqu'à ce que Vanhoeven reprit la parole :
- Je ne sais si le lieutenant-colonel vous a informé à ce sujet, mais il s'avère que vous serez probablement intégré à mon escadron lorsque vous commencerez les manœuvres en compagnie de soldats formés et prêts au combat, dit-il presque négligemment.
- Vraiment ? répondit Harry d'un ton surpris.
- Oui, bien que j'espère comme tout le monde à vrai dire que nous n'aurons plus à nous battre à nouveau contre les autrichiens ou les russes avant quelques années. Cela vous aidera en tout cas à vous familiariser au contact d'hommes plus âgés et plus expérimentés que vous et aux tactiques de combat mises en place par nos supérieurs. Pajol ne tarit pas d'éloges à votre sujet, alors j'espère que vous ferez honneur aux compliments qu'il tient à votre propos.
Puis devant la mine intriguée d'Harry, Vanhoeven se permit ce petit commentaire supplémentaire pour répondre à sa question silencieuse :
- Vous savez comme les hommes peuvent être parfois ensemble, surtout lorsqu'il s'agit de hauts gradés Ce sera à celui qui a le plus haut grade et mérite par conséquent l'attention et le respect de tout le monde. La petite altercation que vous avez pu voir tout à l'heure avec Montebello est un parfait exemple de ce que j'avance. Le lieutenant-colonel Pajol est certes un membre éminent de notre régiment et tous les hussards le tiennent en grande estime, mais lors des diners d'affaires et des rencontres entre officiers, il n'est qu'un soldat parmi tant d'autres, du moins aux yeux d'hommes mieux placés que lui dans les échelons de l'armée. J'ai déjà eu l'occasion d'assister à ce genre d'évènement, et cela ne me fait guère plaisir de narrer des anecdotes aussi peu prestigieuses pour notre supérieur, mais il y a toutefois un point sur lequel Pajol aime à se vanter et à montrer une certaine supériorité sur les autres : Ses étudiants et tout particulièrement vous. Notre colonel axe le prestige de notre régiment sur la formation de ses éléments et le savoir qui leur est transmis pour les distinguer des autres unités contrairement à d'autres qui se contentent de mettre entre les mains d'hommes indisciplinés un fusil et de leur ordonner d'aller servir de chair à canon pour les boulets et balles ennemis. Quant à vous, eh bien je pense avoir suffisamment entendu de sa part le concert de louanges qu'il lance concernant vos capacités hors du commun pour espérer que vous nous apporterez la victoire dans les batailles que nous pourrions entreprendre. J'ai grand hâte de vous voir à l'œuvre mon jeune ami, et j'espère ne pas être déçu.
Harry aurait bien voulu le rassurer ce sur point là, mais à peine eut-il ouvert la bouche que les portes du bureau du consul s'ouvrirent soudainement derrière lui, et bien qu'il ne faisait absolument rien pouvant contrarier Pajol, il reprit instantanément sa position initiale en essayant de paraître aussi droit que possible. Cette précaution s'avéra toutefois utile car à sa grande surprise, Pajol n'était pas seul mais accompagné par le consul en personne. À cette apparition, un concours s'organisa alors entre tous les soldats pour désigner celui qui adopterait la posture la plus respectueuse possible, et à ce jeu là tout le monde pouvait être gagnant. Pour certains ce n'était pas la première fois qu'il pouvait apercevoir d'aussi prêt Napoléon Bonaparte, mais d'autres comme Harry ne purent s'empêcher d'être anxieux à l'idée de rencontrer enfin celui qui gouvernait officiellement ce pays, et qu'elle ne fut pas sa surprise lorsqu'il put poser ses yeux sur la silhouette de cet homme : Loin des clichés que véhiculaient les mauvaises langues à travers la France, le premier consul n'était pas comme on pouvait s'y attendre aussi petit qu'annoncé, du moins pas de la taille d'un lutin. Les cheveux courts plaqués sur le côté faisant apparaître une raie parfaitement droite, une petite mèche de cheveux noirs lui cachant le front, des yeux noirs électriques qui inspiraient immédiatement la crainte et le respect et un petit nez busqué accompagné d'une bouche moqueuse donnaient à son apparence l'image d'un homme autoritaire peu amical et dont il ne fallait certainement pas se jouer. Légèrement trapu et d'un physique ordinaire, il n'avait certes pas la carrure d'un chef ou d'un puissant de ce monde, mais sa seule aura intimait à tous de faire profil bas face à lui, ce qu'Harry acceptait bien volontiers.
Dans son habit vert de caporal agrémenté de collants blanc lui convenant parfaitement, le consul avait pour une raison qui échappait à Harry glissé sa main droite sous son gilet au niveau de la rangée de boutons qui le fermaient. Mais il n'eut pas le temps de s'y intéresser davantage qu'un grand tumulte eut lieu tout autour de lui lorsqu'un homme, probablement un intendant ou un secrétaire, eut crié dès son apparition « Messieurs, Le premier consul ! ».
Tous les hommes de la pièce se mirent aussitôt au garde à vous, les bras le long du corps et le menton relevé leur donnant l'air légèrement hautain. Le consul parut se satisfaire de leur posture car un léger sourire se glissa sur ses lèvres alors qu'il admirait le régiment devant lui. Pajol lui resta parfaitement de marbre bien qu'Harry crut déceler dans son regard l'ombre d'un soupçon lorsque ses yeux s'attardèrent sur Montebello. Savait-il pour le sortilège ?
- Sire, dit-il en se tournant vers Napoléon, qu'il me soit permit de vous présenter les meilleurs éléments du 4ème régiment de hussards. La plupart de ces hommes ont participé à certaines de vos brillantes campagnes et notamment en Italie où le sacrifice de leurs camarades ont permis de bâtir votre légende par delà les Alpes.
- Un sacrifice salutaire qui ne sera point oublié, déclara d'une voix sèche le premier consul en les dévisageant l'un après l'autre. Nous pouvons déterminer la valeur d'un officier à la bravoure de ses subalternes, et votre régiment ne déroge point à la règle.
Napoléon commença alors une sorte de tournée d'inspection où il questionna longuement chaque homme se trouvant sur son chemin, allant même jusqu'à lui demander de citer ses principaux faits d'armes où à s'enquérir d'une quelconque anecdote concernant un moment précis des campagnes d'Italie ou de Hollande comme le feraient des amis autour d'un verre. Le consul parut par exemple amusé d'entendre le nom de Montebello, racontant à celui-ci qu'une bataille à laquelle l'un de ses meilleurs éléments, Jean Lannes, avait participé s'était justement tenue quelques années plus tôt dans une ville du même nom.
- J'espère que vous ne donnez pas autant de difficultés à obéir à votre supérieur que cette ville à tomber sous le joug de ce pauvre Lannes, dit-il notamment d'un ton amusé.
- Soyez assuré de mon respect inconditionnel pour Monsieur Pajol comme vous pouvez l'être des sentiments que je porte à votre égard, lui certifia Montebello d'une voix onctueuse particulièrement désagréable à entendre tant elle suintait l'hypocrisie.
Un autre lui rapporta avoir participé à l'arrestation du pape Pie VI et à son extradition vers la France quatre ans auparavant aux côtés du consul, se remémorant non sans sourire les propos tenus par Napoléon lorsque le vieux pape l'avait supplié de le laisser mourir au Saint-Siège et non en France : « Mourir, cela peut se faire partout ! ». Le sourire presque nostalgique du consul eut le don de révulser Harry, mais l'attachement visible du premier consul à l'égard de ces hommes qu'il ne connaissait pour ainsi dire pas du tout l'étonna autant qu'il l'admira. Les rumeurs concernant l'intérêt manifeste de cet homme pour le corps militaire semblaient fondées, et à le voir évoluer au milieu de ces soldats comme un berger au milieu de ses bêtes, la vision paternaliste que se faisait Napoléon de ses troupes était d'autant plus visible qu'elle transparaissait jusque dans ses vêtements Se vêtir continuellement comme un général prêt à retourner sur les champs de bataille y contribuait en tout cas grandement.
Soudainement, et avant même qu'il ne s'en rende compte, Harry vit enfin apparaître devant lui l'homme qui dirigeait d'une poigne de fer ce pays, et retenant pour une raison que lui-même ignorait sa respiration, il fit de son mieux pour garder un air digne et respectueux devant lui :
- C'est une bien jeune recrue que vous avez là Monsieur Pajol, commenta d'un ton presque amusé le consul en détaillant Harry. Vos effectifs manqueraient-ils à ce point de volontaires pour que vous en veniez à vous faire escorter par un adolescent ?
- Je puis assurer votre éminence que nos effectifs se portent à merveille, répondit calmement Pajol. Cependant ce jeune homme est un étudiant de l'académie directement liée à notre régiment, et en raison de ses prodigieux résultats et de son comportement exemplaire, il m'est venu à l'esprit de le récompenser en lui offrant la possibilité de m'accompagner à cette entrevue et de lui donner la chance de vous rencontrer.
- Bien…, marmonna Bonaparte sans pour autant se désintéresser d'Harry. La discipline et l'obéissance : Voilà bien deux vertus que je ne peux qu'approuver chez un homme car c'est bien par là que l'on remarque les meilleurs éléments des corps d'armées. Votre jugement a toujours été juste Pajol, alors si vous dites que ce jeune homme est une unité de choix dans vos effectifs, je suis prêt à vous croire. Comment vous nommez-vous mon garçon ?
- Gabriel votre éminence. Gabriel Louis-Victor Alexandre de Bourbon, se présenta Harry de la voix la plus ferme dont il était capable.
Le premier consul arqua immédiatement un sourcil à l'entente de son nom, mais bien qu'inconscient de l'existence de l'occlumancie, Harry fut surpris de voir qu'en dehors de ce geste d'étonnement, son homologue était toutefois resté parfaitement maître de lui-même.
- Un bourbon ? répéta Napoléon en se tournant vers Pajol. Ne sont-ils pas tous expulsés du territoire depuis un certain décret du directoire de 1797 ?
- Bien sûr, affirma t-il aussitôt. Mais Gabriel et sa mère sont revenus clandestinement de leur exil par la suite, et Madame de Lamballe s'est immédiatement évertuée à faire acte de bonne foi auprès des autorités en arguant que son fils ne pouvait être jugé responsable des autres membres de sa famille en raison de son jeune âge lors des évènements de la révolution française. Comme vous pouvez le voir, sa docilité à votre égard et à la nouvelle ligne politique de ce pays l'ont porté à proposer les services de son fils unique à vos armées, et le travail émérite de Gabriel depuis son intégration dans notre unité ne peut qu'être que le meilleur exemple de cette volonté de repentir et d'engouement pour la cause que vous défendez aujourd'hui.
Pajol n'aurait pu être meilleur avocat qu'en cet instant, et Harry fut reconnaissant des louanges qu'il lui lançait auprès du plus illustre personnage du pays : Si Harry défendait officiellement et avec ardeur la soi-disant cause du consul aujourd'hui, alors Pajol lui ferait un excellent promoteur à ses yeux.
- Lamballe…, répéta Bonaparte d'un air pensif. Si ce que l'on dit sur votre mère est vrai, alors je ne peux que me réjouir de voir son fils servir les intérêts de notre pays. Les parisiens gardent un bon souvenir de votre mère depuis l'aide qu'elle a apportée à ces derniers lors de la terrible disette de 1788. Une si grande bonté d'âme ne peut qu'être louée.
- Je ne saurais que trop louer les qualités de ma tendre mère devant vous sire, mais je me perdrais en vaines éloges et ne donnerais de moi à vos yeux que l'image d'un jeune homme suffisant et vaniteux de sa personne et de son nom.
- Et modeste avec cela, approuva le consul d'un hochement de tête. Il n'y à point à dire, vous avez été admirablement bien élevé. Dites à votre mère que je serai ravi de recevoir une lettre de sa part lorsqu'elle jugera le moment opportun, il me serait fort agréable de m'enquérir des nouvelles d'une femme qui n'a point hésité à puiser dans ses ressources pour nourrir les malheureux ainsi que le pauvre lieutenant d'artillerie que j'étais à l'époque avant de devenir celui que je suis aujourd'hui.
- Je n'y manquerai pas, soyez-en sûr, lui certifia Harry avant que tous les deux ne se jaugent un bref instant du regard, le respect suintant autant chez l'un que chez l'autre bien que Bonaparte en éprouvait surtout et très certainement pour Marie-Louise.
Puis le consul poursuivit sa petite inspection et ses conversations avec chaque élément de l'escorte de Pajol. Celui-ci d'ailleurs s'était également attardé sur Harry, son regard rencontrant rapidement celui de son apprenti et élève. Harry n'avait aucune idée de ce à quoi pouvait bien penser son mentor, mais une petite voix dans sa tête lui soufflait que cette rencontre ne pouvait peut-être pas être aussi anodine qu'il y paraissait : Pajol avait-il prévu cet intérêt manifeste du consul à son égard ? Difficile à dire, mais il était clair que ce détail ne lui avait pas échappé.
- Messieurs, commença de nouveau Napoléon une fois sa besogne terminée, je dois bien vous avouer avoir grand plaisir de vous voir en ces lieux ! Qu'il me comble de joie de voir tant de valeureux et prometteurs hommes ayant davantage le sens du devoir envers ma personne que celui des basses caresses et de vile flatterie comme l'ont les courtisans qui pullulent en ce palais. Mais allons ! Que diriez-vous de vous joindre à moi pour mon repas ? Rien n'est meilleur pour apaiser la faim et la fatigue des longues marches que les délicieux plats des cuisiniers des tuileries !
- Nous ne voudrions pas vous imposer notre présence, et nous avons par ailleurs encore beaucoup d'hommes attendant notre retour dans la cour de votre palais…, tenta Pajol en baissant légèrement le visage.
- Foutaise ! l'interrompit le consul en levant la main. Vous me feriez au contraire un grand honneur de vous asseoir tous à ma table, et faites donc venir ces hommes qu'ils se joignent à nous !
- En ce cas…, accepta finalement le lieutenant-colonel avant de se tourner vers ses hommes. Messieurs !
Comme un seul homme, tous dégainèrent leur sabre et le pointèrent au dessus de Bonaparte avant de s'écrier d'une même voix :
- Vive son éminence le premier consul, et vive la république !
Satisfait par tant de dévouement, Napoléon se tourna alors vers celui qui semblait lui servir de secrétaire, et d'une voix basse mais malgré tout perceptible par tous, il lui adressa la parole :
- Méneval, ajouta t-il en croisant son regard, allez donc dire aux cuisines de préparer davantage de repas, et que la nourriture soit frugale et fasse honneur à son hôte et ses invités !
- Tout de suite votre éminence, obéit-il aussitôt avant de se diriger vers la sortie.
- Et vous ! ajouta Napoléon en s'adressant à un valet ayant eu l'idée lumineuse de passer près de l'entrée ouverte. Conduisez-nous donc dans la salle de réception !
- T-tout de suite votre éminence ! répondit aussi l'autre en s'inclinant bien bas avant de précéder le consul dans le couloir.
Le reste de la troupe, quoique toujours incrédule à l'idée de dîner en tête à tête avec Napoléon Bonaparte lui-même, le suivit malgré tout avec l'impatience qui caractérisait si bien les hommes lorsqu'un repas d'excellente qualité allait s'offrir à eux. Harry lui fermait presque la marche, non qu'il ne désirait pas manger en leur compagnie, mais cette rencontre avec le premier consul le travaillait plus qu'il ne se l'était imaginé : Celle-ci avait-elle un autre but qu'une simple présentation comme le lui avait supposé Pajol ? Peut-être avait-elle un autre objectif dissimulé ? Ou peut-être se posait-il tout simplement trop de questions à ce sujet ? Pas même lui ne le savait, mais peut-être qu'un bon repas et une petite analyse du comportement du consul en leur présence autour d'une table pourrait l'aiguiller. L'avenir lui apporterait en tout cas des réponses et peut-être plus tôt qu'il ne le pensait.
Donc voilà, chapitre bouclé ! En toute franchise, c'est surtout la partie sur Paris qui m'a donné du mal ; Je voulais absolument la décrire au plus près pour vous donner une image qui diffère de celle que l'on a de cette ville maintenant, mais le résultat ne me satisfait pas et j'ai l'impression que certains morceaux auraient pu être supprimés.
Également, j'ai eu beaucoup de mal à décrire le palais des tuileries : Comme il n'existe plus, il est très difficile d'avoir une description précise de cet édifice, d'autant plus que les quelques textes que j'ai pu trouver sur lui et les dizaines de salles le composant dataient du règne de Napoléon III, donc minimum 1850. Par conséquent je me suis contenté de tomber dans la facilité en disant de temps à autre que les quelques pièces dans lesquelles s'aventuraient Harry et les autres étaient magnifiques, pleines de peintures et de dorures comme ce devait probablement être le cas. ( Pour les plus plus curieux qui aimeraient savoir où se trouverait actuellement le palais, vous prenez l'espace libre entre les pavillons de Flore et de Marsan et vous y serez ; Je trouve ça vraiment dommage qu'il ait été détruit par un incendie, fermer complètement la cour du carrousel aurait donné un autre aspect à cette place...).
Avant que je n'oublie, je tiens à vous avertir que je ne vais pas tomber dans la facilité : Cette rencontre entre Napoléon et Harry ne lui servira pas de marche-pied pour sa carrière. Le consul voit en lui un jeune homme de bonne famille, rien de plus. Du moins, il ne s'élèvera pas dans les échelons parce qu'il est un proche de Napoléon. Le consul pourrait bien plus tard le considérer comme un atout, se rapprocher de lui etc... mais certainement pas tout de suite. Je préfère qu'Harry grandisse encore et devienne ce que j'ai en tête par son intelligence, ses capacités, ses prouesses voir peut-être aussi par son argent et ses relations, mais sans tomber dans le cliché du "Je deviens pote avec l'homme le plus puissant du pays et j'obtiens tout ce que je veux d'un claquement de doigt".
Deux points également : Premièrement l'homme qui boitait n'est autre que Talleyrand ; Je n'avais au départ pas du tout pensé à l'inclure dans l'histoire, mais devant les questions de l'un de mes reviewers à son sujet et après la lecture de certains livres sur Napoléon, j'ai pensé très justement à l'y ajouter pour ajouter quelques intrigues à l'histoire (notamment par rapport à son jeu de dupe quant aux alliance que tissera le futur empereur avec l'Autriche et la Russie). Quant à Vanhoeven, ce personnage inventé apparaîtra relativement souvent lorsqu'il sera question de bataille puisqu'il sera le supérieur direct d'Harry avant Pajol. J'ai prévu aussi quelques petites choses à son sujet, mais je ne vous en dit pas plus ^^).
Le prochain chapitre sera le dernier sur l'année 1802 et se concentrera sur Dumbledore et Daphné, avant finalement de faire une nouvelle ellipse de deux ans et... de commencer la guerre contre la troisième coalition (j'ai déjà hâte d'écrire un chapitre sur la bataille d'Austerlitz... Je m'y imagine déjà !). On rentre enfin dans le vif du sujet, à condition toutefois de parvenir à décrire au mieux les scènes de bataille !
Sur ce, à bientôt !
