Hé salut tout le monde, et avant toute chose bonne année !
J'espère que les fêtes se sont bien passées pour vous et que vous avez déjà perdu les quelques kilos survenus peut-être ces dernières semaines ? ^^.
Bon courage en tout cas à ceux qui ont repris les cours ou le travail, personnellement ça fait seulement deux semaines que j'ai démarré mon second semestre à l'université et que j'attends les résultats des examens du précédent. Croisons les doigts !
Chose promise, chose due, voilà le nouveau chapitre ! Bon par contre avec 5... 6 jours de retard sur le timing prévu ? Enfin bref !
J'ai été agréablement surpris par les retours du dernier chapitre, j'appréhendais réellement votre réaction quant à la rencontre entre Napoléon et Harry... Bon on va dire que dans l'ensemble elle a relativement été satisfaisante pour vous, alors je ne vais pas polémiquer plus longtemps là dessus.
Pour ce qui est de celui-ci, alors avant que je n'oublie, je me suis peut-être mal exprimé dans la note d'auteur mais ce n'est pas le dernier chapitre avant une nouvelle ellipse mais l'avant-dernier (quelle grande différence...). Je me suis dit qu'en mêlant à la fois les deux personnages dans un seul et même chapitre sans pour autant les faire interagir l'un envers l'autre, j'aurais non seulement conçu un chapitre très conséquent mais qui m'aurait moi-même déplu car je ne suis pas extrêmement fan des changements de décor et de personnage dans un même passage.
Donc tout ça pour dire qu'il se concentrera exclusivement sur Daphné et Beauxbâtons avant de passer la prochaine fois sur notre cher Dumby... Heu Dumbledore. J'espère qu'il vous plaira en tout cas ! Le titre du chapitre fait d'ailleurs référence à l'un des personnages qui apparaîtra dans ce chapitre.
Pour rebondir sur les commentaires, merci à ceux qui m'en ont laissé : C'est bête mais ils m'ont encore fait davantage plaisir que d'habitude car c'était vraiment un chapitre qui m'a donné beaucoup de mal et qui m'alarmait sur les retours que je pourrais avoir. Je laisserai d'ailleurs quelques réponses ici lorsque j'aurais le temps vu que certains n'ont pas de compte où n'acceptaient pas les réponses aux reviews directement.
Sinon que dire... Oh, je me suis permis le luxe de relire mon histoire depuis le début et... Je ne sais pas si les autres écrivains de Fanfiction ont la même sensation que moi, mais c'est drôle comme on a souvent l'impression de s'être amélioré avec le temps, que le commencement d'une histoire est un peu bancal, mal amené ou parfois même ridicule ^^. Il y a beaucoup de passages qui m'ont fait à la fois rigoler et soupirer et qu'il faudrait selon moi corriger, ou alors des erreurs dans la trame de l'histoire sur des petits détails que j'avais oublié etc... Mais bon qui sait ? Peut-être que dans un ou deux ans, je penserais la même chose de ce chapitre là !
Sur ce, bonne lecture !
Le ciel au dessus de Beauxbâtons commençait à peine à se couvrir de nuages sombres que déjà les premières bourrasques de vent faisaient virevolter les feuilles colorées des arbres de toute la région sur laquelle l'école s'était établie. Au loin, le grondement d'un orage approchant se faisait entendre, entrecoupé de temps à autre par le chant de quelques oiseaux dont la migration vers les terres plus chaudes du sud se faisait encore attendre, tandis que les premières gouttelettes d'eau de pluie tombaient irrégulièrement sur les surfaces lisses et jusqu'alors brillantes des fenêtres de l'école derrière lesquelles s'affairaient dans leur travail quelques centaines d'étudiantes trop occupées à écouter leur cours qu'à faire attention aux aléas climatiques aperçus au-delà de l'enceinte de l'établissement.
Parmi elles, Daphné, qui contrairement à son habitude où elle ne quittait pas des yeux sa feuille de parchemin sur laquelle elle continuait inlassablement de recopier tout ce qui pouvait sortir de la bouche de Madame Beaumont, se distinguait au contraire de ses camarades en écoutant plutôt qu'en observant les bruits annonciateurs de l'automne qui parvenaient de temps à autre à troubler sa concentration.
Un soupir s'échappa de ses lèvres lorsqu'elle se remémora brièvement ses escapades à l'extérieur du bâtiment par une chaude journée d'été, très loin désormais du temps maussade et incitant à ne pas mettre le nez dehors à moins de ne pas se soucier des retombées qui pourraient en résulter au niveau de son apparence ; Une simple mèche de cheveux de travers et c'était l'ensemble du corps enseignant de Beauxbâtons qui risquait de lui tomber dessus au détour d'un couloir, madame Beaumont en tête. Alors pour une trace de boue sur l'uniforme… Mieux valait ne même pas y songer.
Le gris du ciel faisait malgré tout regretter les quelques semaines de soleil dont Daphné comme les autres étudiantes avaient pu bénéficier au cours des mois de septembre et octobre, allongées dans l'herbe en sirotant quelques jus de fruit mis gracieusement à leur disposition par les cuisines de l'école, les après-midi de détente assises sur un banc à s'émerveiller des sculptures mobiles des jardins de Beauxbâtons ou des nombreuses fées venant malicieusement détacher leurs cheveux lorsqu'elles n'y prenaient pas garde ou subtiliser leur chapeau pour s'amuser à les accrocher sur les toits en pointes de l'établissement, ou encore à paresser rêveusement sous les tilleuls de l'école en discutant des cours et gloussant des pitreries de Tracey… Ce temps semblait déjà si loin désormais, et pourtant Daphné gardait encore en bouche ce goût amer des jours et plaisirs révolus qui ne reviendraient pas avant longtemps.
- Fichu plume…, maugréait à côté d'elle sa meilleure amie en pestant sur le trou qu'elle venait de faire sur sa feuille de parchemin.
Daphné réprima l'envie de sourire, soucieuse avant tout de ne pas attirer l'attention de leur enseignante sur elle, mais surtout pour ne pas donner l'illusion d'être complice du forfait de Tracey aux yeux de Madame Beaumont : Un seul sourire faisait office à ses yeux d'acceptation du délit et d'encouragement. Tracey venant d'en faire deux en seulement quelques secondes, elle pouvait s'estimer heureuse de ne pas avoir été remarquée par leur professeur, trop occupée pour sa part pour prêter attention aux agissements de l'une des élèves les plus dissipées de son cours à énoncer inlassablement les derniers points du traité de civilité qu'elle souhaitait leur transmettre avant de les voir être appliqués à l'intérieur comme à l'extérieur de l'école.
Tracey était en effet devenue très rapidement la boute-en-train de leur promotion, celle qui faisait rire toutes ses camarades par ses étourderies et sa bonhomie quotidienne, et il n'y avait bien que Cordelia Duprès, l'affreuse jeune fille ayant eu l'audace de se confronter à elle, Daphné et Lucie dès le premier jour, pour ne pas s'amuser des frasques de l'héritière de la fortune Davis. D'autres non plus ne goûtaient pas particulièrement à la gaieté qui caractérisait si bien Tracey, et la première était bien évidemment Madame Beaumont qui étant donné son statut d'enseignante du savoir-vivre et des bonnes manières en plus des sortilèges, voyait en son élève tout le contraire de ce qu'elle tentait d'inculquer à ses étudiantes.
La dissipation dont faisait preuve Tracey dans son comportement était toutefois compensée par ses résultats scolaires relativement bons dans la plupart des matières. Sa meilleure amie semblait d'ailleurs avoir de bonnes dispositions dans les sortilèges et l'arithmancie alors même qu'elle n'avait jamais semblé particulièrement friande des mathématiques, tandis que pour sa part, Daphné excellait surtout dans la métamorphose, les potions et les ateliers de duel mis à leur disposition par la direction de l'école. Chacune pouvait ainsi compenser les lacunes de l'autre, même si la fiancée d'Harry n'avait pour ainsi pas véritablement besoin d'une quelconque aide dans une matière.
Lucie de son côté, assise pour le moment à droite de Daphné, ne pouvait pas se targuer d'avoir les mêmes facilités que ses amies dans les cours auxquels elle assistait. Tout comme Nicolas pour Harry, Lucie avait été élevée dans un milieu très rural où l'école pouvait fréquemment passer au second plan lorsque la période des récoltes ou des semences approchait, pénalisant ainsi une éducation qu'elle n'avait pour ainsi dire que très peu suivi. Le résultat était qu'elle pouvait tout juste faire la différence entre les lettres de l'alphabet, reconnaître la plupart des mots basiques de l'orthographe française et lire quelques bouts de phrase en latin.
Il n'y avait bien que sur le plan religieux qu'elle pouvait se targuer d'être au même niveau que ses camarades, mais la raison était surtout que ses parents, extrêmement superstitieux, avaient cru voir en elle au cours des quelques épisodes où elle effectua de la magie accidentelle une pécheresse, un être maudit voué aux flammes de l'enfer que même un exorciste ne pouvait sauver du destin tragique qui l'attendait. Devant l'inefficacité des méthodes d'exorcisme pour extirper le démon s'étant logé en elle, ses parents l'avaient alors initié à la dévotion et au culte des saints, lui faisant apprendre par cœur chaque verset des évangiles, la poussant à suivre les cérémonies religieuses en l'incitant notamment à pratiquer assidûment les périodes de jeûne et de prière ou encore en la conviant à faire pénitence et expier ses pêchés en s'auto-mutilant le corps par le biais de corsets munis de petits crochets lui entaillant la peau au moindre mouvement.
Ce ne fut toutefois qu'avec l'apparition de Madame Maxime dans leur foyer que la famille Desmoulins comprit que leur fille n'était pas habitée par un démon mais n'était tout simplement qu'une sorcière aux pouvoirs surnaturels qu'il lui fallait apprendre à contrôler et utiliser. Ses parents cessèrent aussitôt toutes les pratiques qu'ils employaient jusque là pour « sauver » leur fille du tourment qui l'attendait, mais en contrepartie et dans un souci de préserver du même sort ses frères et sœurs, Lucie vivait désormais à l'écart de sa famille, recluse dans la misérable étable jouxtant leur propriété avec pour seule compagnie la vache familiale et les quelques volailles leur appartenant.
Lucie avait été très réticente à leur raconter cela, n'ayant jamais eu l'occasion de pouvoir parler librement à quelqu'un en raison du fait qu'elle même se croyait être un monstre et encore moins à des jeunes filles de son âge, mais ce fut une fois certaine de la confiance de Daphné et Tracey à son égard et des marques de sympathie que celles-ci lui avaient fait depuis leur rencontre qu'elle leur raconta tout cela, et ce malgré les larmes versées dans un flot continu et la peur d'un possible jugement négatif de ses deux meilleures amies concernant l'histoire qu'elle trainait derrière elle comme un boulet dont elle ne pouvait se séparer. Cet aveu avait au moins eu comme aspect positif de resserrer encore davantage les liens qui les unissaient toutes les trois, et les confidences devenaient à présent nombreuses et ce en particulier lorsqu'elles se retrouvaient ensemble dans leur chambre.
Lucie était devenue en quelque sorte une petite sœur à surveiller, à protéger d'un monde qu'elle ne connaissait guère et auquel elle n'était qu'à peine préparée et surtout à accompagner à chacun de ses pas sur le long chemin que son inscription à Beauxbâtons lui avait ouvert vers une destinée qui ne lui était encore pas tout à fait révélée, et Daphné devait admettre qu'il était à la fois amusant et instructif d'éduquer d'une certaine manière son amie à toutes les subtilités de la magie et à corriger son comportement. Peut-être cela la préparait-il en quelque sorte à son futur rôle de mère, auquel cas elle pouvait se targuer d'y rencontrer une certaine réussite.
Rien ne semblait toutefois remédier à la dévotion religieuse frisant avec l'hystérie de son amie, et malgré les quelques conseils qu'elle tenta de lui prodiguer, Daphné constata rapidement qu'elle n'avait aucun pouvoir là-dessus : Lucie s'obstinait à prier prosternée par terre, marmonnant des propos étranges dans lesquels elle implorait son Dieu de sauver son âme et de la libérer du mal qui l'habite, ou, les rares fois où elle s'asseyait avec les autres, à se balancer légèrement d'avant en arrière en récitant toutes les prières qu'elle connaissait dans son répertoire… Autant de choses qui faisaient que les autres étudiantes la trouvaient particulièrement étrange et s'interrogeaient même parfois sur son état mental.
Un coup de coude sur son flanc extirpa Daphné de ses pensées, et après s'être tournée vers Tracey pour la questionner sur la raison de ce geste, elle comprit par le regard de celle-ci qu'elle devait avoir probablement regardé un peu trop longtemps Lucie en négligeant de noter ce que leur dictait Madame Beaumont. Rougissant légèrement, Daphné se replongea aussitôt sur sa feuille, la pointe de sa plume virevoltant avec grâce sur la surface de son rouleau de parchemin bien que la frénésie de sa propriétaire faisait apparaître de temps à autre quelques petites tâches d'encre.
- Sur qui aurais-je pu copier si même ma meilleure amie ne note plus ce que nous raconte « Madame Étiquette » ? Lui demanda Tracey au passage d'un ton malicieux. Te désintéresser d'un cours ne te ressemble pas, Daphné…
- Oh silence ! Répliqua à voix basse celle-ci bien qu'elle ne pouvait nier la véracité de ses propos.
Il n'était en effet pas dans ses habitudes d'ignorer à ce point un cours, encore moins lorsqu'il s'agissait de Madame Beaumont ou, comme aimait à l'appeler Tracey, Madame Étiquette. En vérité Daphné faisait partie des meilleures étudiantes de son année, l'enseignement lui ayant été fourni auparavant y étant pour beaucoup à cela. Certaines enseignantes avaient ainsi pu rapidement se faire une idée du niveau de leur élève dès les premières séances en sa compagnie, et de l'avis général, Daphné Greengrass promettait d'être une brillante étudiante et de participer au rayonnement académique de Beauxbâtons. Même Madame Beaumont, pourtant avare en compliment et peu expressive dans la relation qui la liait à ses élèves, se permettait de temps à autre quelques compliments bien tournés envers elle, quelques sourires polis ou gestes amicaux que bien d'autres élèves rêveraient d'obtenir. Heureusement par conséquent que celle-ci n'avait pas remarqué son relâchement, autrement sa place d'élève privilégiée risquait d'être fortement compromise.
- Mademoiselle, corrigez donc votre maintien ! S'exclama d'ailleurs leur professeur en fixant de ses yeux de rapace l'une des élèves qui se raidit aussitôt. Nous nous trouvons dans une salle de classe, point dans un bouge !
Madame Beaumont en profitait au passage pour regarder pendant de longues secondes la coupable, comme il était ordinaire chez elle. De cette façon, elle s'assurait que la culpabilité et la honte se ressentent profondément chez la fautive, sentiments renforcés au passage par le silence pesant qui s'abattait fréquemment dès qu'elle rabrouait une élève. Le résultat était toujours au rendez-vous, et la plus grande crainte des jeunes filles passant la porte de cette classe pour assister à une nouvelle leçon de leur enseignante était justement de lui donner une raison pour se faire vilipender au beau milieu d'un groupe de plus de 40 élèves.
En trois mois à présent à Beauxbâtons, Daphné avait pu se faire une idée plus précise de cette femme, et le moins que l'on pouvait dire sur elle était que sa première impression avait été la bonne. D'une autorité jamais égalée, Madame Beaumont n'était véritablement pas quelqu'un à mettre en colère, et la moindre petite incartade au règlement entraînait des sanctions à la mesure de l'erreur faite. Daphné n'avait pour le moment pas eu le malheur de s'attirer son courroux et elle espérait bien ne jamais le rencontrer.
Impartiale dans ses jugements, Madame Beaumont n'hésitait pas à administrer à une élève de bonne famille une punition exemplaire sensée lui faire comprendre de ne plus jamais refaire deux fois la même erreur, et même les filles de ducs, de marquis ou de comtes, pouvaient être amenées à récurer les latrines ou à nettoyer les écuries selon la gravité du méfait. Toutefois, Daphné avait pu remarquer au cours de ses observations que ces mêmes jeunes filles bénéficiaient d'une sorte de traitement de faveur, comme un allègement de peine qui contrastait avec la rigueur extrême dont devait faire preuve les étudiantes les plus modestes comme Lucie ; Ainsi, il n'était pas rare que pour la même erreur, l'indulgence soit double en ce qui concernait les étudiantes les plus riches ou issus d'une très vieille famille de la noblesse. Daphné supposait même que la relative complaisance avec laquelle Madame Beaumont la traitait pouvait avoir un lien avec ses futures fiançailles avec Harry, alors même que sa future belle-mère avait bien certifié ne pas vouloir une quelconque indulgence envers elle afin de mieux la corriger et de palier aux possibles incartades pouvant encore exister dans son comportement.
Dans le même temps, et comme annoncé en début d'année, Madame Beaumont supervisait leur promotion dans le but non dissimulée de discerner les élèves les plus méritantes et aptes à passer les différents échelons avant leurs examens terminaux et l'obtention de leur diplôme en dernière année de celles qui n'avaient tout bonnement pas leur place entre les murs de Beauxbâtons, et de son œil avisé, la directrice-adjointe était déjà parvenue à renvoyer chez elles deux étudiantes ayant eu la malchance de lui déplaire. Beaucoup pouvaient se lancer dans la critique d'un tel fonctionnement, mais l'excellence exigée par l'école pour l'image qu'elle souhaitait faire ressortir de son institution ne permettait certainement pas un quelconque échec ou qu'un mouton noir puisse se glisser entre les mailles du filet pour ternir sa réputation, et cela les élèves s'y étaient depuis longtemps résignées.
La discipline commençait ainsi dès le matin aux premières lueurs de l'aurore, voir même avant, lorsqu'il fallait descendre le plus rapidement possible dans le réfectoire assister au petit-déjeuner : Même en pyjama et robe de chambre, chaque étudiante devait garder un comportement irréprochable et ne surtout pas oser bailler en public ; Madame Beaumont, qui était déjà pour sa part habillée et correctement coiffée, faisait déjà régner l'ordre et la discipline sans la moindre indulgence pour les élèves encore à moitié endormies. Par la suite, et une fois la douche prise, venait l'inspection vestimentaire, et malheur à celle qui tentait de s'y soustraire : Un simple retard lorsqu'il fallait affronter cette difficile séance valait à la fautive une réprimande publique plus humiliante qu'autre chose.
De même, Le contrôle des chambres juste avant le commencement des activités n'était jamais un moment agréable, et un simple grain de poussière échappé du nettoyage de la chambre, un monticule de poils caché sous le tapis, un vêtement mal rangé dans l'armoire ou encore un pli au beau milieu des draps entraînait pour la chambre inspectée un nouveau rangement que Madame Beaumont rendait plus pénible en embarrassant elle-même la salle d'un coup de baguette magique.
Seuls les cours étaient plus tranquilles pour les élèves et en particulier les première année qui pouvaient souffler et profiter plus paisiblement de l'école et des bienfaits qu'elle distribuait, mais encore fallait-il pour cela parvenir à éviter dans les couloirs leur professeur de bonnes manières, et la tâche devenait rapidement ardue lorsque cette dernière surgissait d'on ne savait où pour vilipender la moindre élève ayant fait la plus petite incartade au règlement. Une rumeur voulait que Madame Beaumont connaisse tous les passages secrets de l'école, mais une autre, plus loufoque, attribuait plutôt à celle-ci la capacité de pouvoir passer à travers les murs et d'entendre même de très loin le moindre commentaire désobligeant à son égard, raisons pour lesquelles elle parvenait si facilement à prendre sur le fait les imprudentes tentant de défier son autorité.
Il n'y avait bien que le soir où leur sous-directrice se montrait de temps à autre plus agréable lorsqu'elle permettait aux élèves le souhaitant de venir la rejoindre dans ses appartements pour partager avec elle une petite collation à base généralement de thé ou dans le meilleur des cas d'un chocolat chaud accompagné d'une goutte de cognac, mais ce moment d'intimité n'était réservé qu'aux plus méritantes des élèves, à celles qui avaient su par leurs résultats scolaires ou par leur comportement taper dans l'œil de Madame Beaumont et se voir gratifier de ce privilège : Ces réunions, qui concernaient toutes les élèves peu importe leur âge, étaient ainsi une preuve de réussite, un moyen pour les autres de voir si elles avaient su attirer l'attention de cette femme pour obtenir le droit de veiller plus tardivement en sa compagnie ou s'il fallait encore travailler durement pour y parvenir, un peu de la même façon qu'un écriteau annonçant que toutes celles qui n'y participaient pas devaient encore faire des progrès pour réussir dans cette école.
Daphné avait très rapidement été conviée à venir chez Madame Beaumont, et poussée dans les réponses aux lettres qu'elle envoyait à Marie-Louise à y assister, elle avait pu se rendre compte à quel point son enseignante pouvait se montrer beaucoup plus charmante en petit comité. Le seul ennui était que Tracey et Lucie n'atteignaient pour le moment pas encore le même niveau d'acceptabilité qu'elle aux yeux de Madame Beaumont et qu'il arrivait par moment que Daphné finisse par s'y ennuyer ; Aussi évitait t-elle d'y aller trop fréquemment, préférant à l'inverse s'excuser de son absence par le souci qu'elle avait de venir en aide à ses amies et à les aider à progresser. Il était difficile de savoir si elle croyait à son demi-mensonge, mais Madame Beaumont n'avait encore jamais remis en doute sa parole.
« Peut-être que cela contribue à l'image qu'elle a de moi » pensait-elle d'ailleurs en tournant son regard vers son enseignante. « Peut-être que la bonne opinion qu'elle se fait de moi vient en partie de cette croyance selon laquelle je passerais mes soirées à aider Lucie et Tracey… Je ne vais pas m'en plaindre en tout cas ».
Compte tenu du fait que Madame Beaumont pouvait éventuellement la mettre en contact avec les relations qu'elle avait su tisser au sein du ministère de la magie et des principaux organismes magiques de France, il fallait avouer qu'avoir ses bonnes grâces pourrait avoir ses avantages à l'avenir, et si cela pouvait lui être bénéfique, cela pourrait également servir les intérêts de son fiancé et futur mari… Une perspective très alléchante finalement qui lui donna matière à réfléchir sur ses futures confrontations avec elle.
- …Pour une femme, parlant de son mari, elle peut l'appeler par le nom qu'il a devant les gens de médiocre qualité, en y ajoutant toutefois Monsieur s'il est lui-même de basse condition, entendit-elle d'ailleurs Madame Beaumont réciter de sa voix posée et claire. Mais devant des personnes éminentes, il faut dire simplement mon mari.
- Prends bien des notes Daphné, marmonna Tracey en réprimant son envie de pouffer de rire. Harry ne te pardonnera jamais d'avoir osé l'appeler par son nom devant vos plus illustres invités.
- C'est tout à fait son genre, ironisa t-elle en roulant des yeux. Le connaissant, il pourrait même m'enfermer à vie dans un cachot pour un tel écart de conduite.
- Une femme se doit bien garder de dire "Monsieur" tout court lorsqu'elle parle de son mari, continuait Madame Beaumont sans avoir semble t-il remarqué la brève conversation entre deux de ses élèves. C'est une faute que l'on rencontre bien souvent parmi les bourgeoises…
Quelque chose de bien curieux aux yeux de Daphné. Qu'il était compliqué d'assimiler toutes ces subtilités du langage ! Pourquoi les gens ne s'appelaient-ils tout simplement pas par leur prénom ? Cela aurait pu éviter toutes ces contraintes... Même ses parents n'en étaient pas à se vouvoyer et à s'appeler "Monsieur mon mari" ou "Madame mon épouse" en public... Les français se compliquaient décidément la vie sur des choses vraiment dérisoires.
- Pr-professeur Beaumont ? l'appela soudainement une jeune fille du nom de Marie de Frénouville en levant au passage la main.
Quelques halètements se firent entendre, mais tous furent rapidement interrompus par le bruit sec que fit le livre de leur professeur lorsque celle-ci le referma rapidement pour fixer de son regard dur la malheureuse ayant eu l'audace d'interrompre son cours. Daphné et Tracey échangèrent brièvement un regard, toutes deux sachant pertinemment ce qui allait se passer pour leur camarade, et en effet quelques instants plus tard, ce fut d'une voix aussi tranchante qu'un couperet que Madame Beaumont s'adressa à elle :
- Qui donc pensez-vous être pour avoir l'outrecuidance de perturber mon cours, Mademoiselle ? N'ai-je point stipulé lors de notre première séance que je vous recommandais fortement de ne point oser le faire ?
- Mais je…
- Silence, dit-elle d'un ton sec suffisamment efficace pour la faire taire aussitôt. Il n'est nul temps pour les questions car je n'ai point encore décidé qu'il l'était. Rappelez-vous : Je suis le professeur ici, celui chargé de vous inculquer des valeurs, des notions et même une morale qui vous aideront à vous épanouir et à devenir des femmes accomplies, des citoyennes irréprochables et de parfaites épouses. Mon temps est de ce fait précieux, et je ne tiens pas à le perdre en interruptions intempestives et inutiles si je souhaite vous transmettre toutes les connaissances que je possède.
Se dirigeant vers son bureau, Madame Beaumont attendit de se retrouver derrière lui pour faire face cette fois-ci à l'ensemble de la classe, bien que toutefois son regard lui continuait à se tourner de manière fréquente vers la pauvre Marie de Frénouville, recroquevillée désormais sur son pupitre :
- Je n'ai point omis votre main levée, Mademoiselle, lui indiqua t-elle. Toutefois si vous aviez correctement lu le « traité de civilité » qui faisait partie de vos achats pour votre première année au sein de cet établissement, vous auriez su à l'avance qu'il fallait attendre que je vous donne la parole, que ce soit par un simple regard ou un propos lancé à votre encontre, pour la prendre et déranger ce cours. La patience est maîtresse de vertu, vertu que vous ne semblez pas avoir ma chère.
Puis, avec un sourire en coin qui préfigurait aux yeux de toutes les élèves l'arrivée d'une punition, Madame Beaumont cessa de tergiverser et alla directement au but de sa vindicte moralisatrice :
- Vous viendrez me voir dans mes appartements ce soir après la prière commune, dit-elle en rouvrant tranquillement son manuel. Vous me copierez autant de fois que je le jugerai nécessaire le passage du traité narrant ce que je viens de vous dire afin que plus jamais vous ne l'oubliez. Je déciderai moi-même de la durée de votre sanction, mais sachez qu'une pile de devoirs à corriger m'attend sur mon bureau, aussi est-il inutile de vous préciser que cela pourrait durer toute la nuit.
À côté d'elle, Daphné entendit clairement Tracey déglutir de manière bruyante, et elle-même éprouvait à l'égard de Marie une compassion toute relative : Bien que la sanction était sévère à ses yeux, il était parfaitement raisonnable selon la logique de Madame Beaumont de punir son élève pour cette incartade, et en cela, il n'y avait rien à en redire. Quant à oser contester l'une de ses décisions… Daphné préférait ne même pas y penser.
Le cours put finalement reprendre rapidement, et ce dans le silence qui le caractérisait si bien. Madame Beaumont continua à énumérer toutes les règles régissant le comportement à adopter pour une femme envers son époux et la manière avec laquelle elle devait l'aborder ou parler de lui aux autres, toujours avec cette forme de docilité et de soumission qui semblait si bien sied à une dame selon l'auteur de ce traité. Daphné n'était pas tout à fait d'accord avec l'ensemble des règles et conseils formulés par celui-ci, encore moins lorsqu'il s'agissait de se montrer si obéissante à l'égard d'un homme qui avait tous les droits sur elle et pouvait, dans le cas où il la répudierait, la laisser dans le dénouement le plus total. Et tout cela avec la bénédiction de la loi ! Il y avait décidément des choses à revoir dans ce pays, et même si elle savait pertinemment qu'Harry ne la traiterait jamais de la même manière que les hommes suivant à la lettre les codes de conduite régissant les relations entre hommes et femmes, elle ne pouvait en être aussi sûre pour toutes les autres jeunes filles qu'elle connaissait. Quant à l'auteur de ce traité, cet homme misogyne et sexiste sur les bords ne méritait même pas qu'elle s'attarde à son sujet.
Néanmoins et comme elle s'en douta bien trop tard, il n'en était pas de même pour Tracey pour qui les lectures obligatoires recommandées par Madame Beaumont furent toujours scandaleuses et sujettes à ses nombreuses critiques, et qui une nouvelle fois ne put s'empêcher d'exprimer d'une voix un peu trop haute ses pensées là-dessus… à quelques pas seulement de leur professeur :
- Que de foutaises ! Marmonna t-elle en trempant rageusement sa plume dans l'encrier.
Une nouvelle fois, le livre que tenait Madame Beaumont fut brutalement refermée tandis qu'à ce bruit, Tracey releva soudainement la tête, les yeux légèrement écarquillés. Le bruit de pas qui se fit entendre par la suite fit immédiatement apparaître chez elle ce tic nerveux qui consistait à se tordre nerveusement les mains, geste qui autrefois pouvait être aisément caché par la manipulation de sa poupée. Mais Tracey n'était plus une petite fille, et le problème qui allait bientôt survenir était d'un tout autre niveau qu'un simple vase brisé par inadvertance. Elle n'eut d'ailleurs pas besoin de tourner la tête sur sa droite pour remarquer la présence de son enseignante à ses côtés, les plis de sa longue robe écarlate faisant parfaitement l'affaire.
- Aurais-je bien entendu, mademoiselle ? L'interpella Madame Beaumont d'une voix beaucoup plus glaciale qu'auparavant. Non contente de vous montrer dissipée dans les couloirs et dortoirs, voilà maintenant que vous osez perturber mon cours par de vulgaires jurons ! Où pensiez-vous être pour agir de la sorte, jeune fille ?
- P-pardonnez-moi professeur, s'excusa t-elle platement en baissant le regard. Mes pensées m'ont tant échappé que je n'ai point remarqué les avoir dites de vive voix avant que vous ne me le fassiez comprendre...
Madame Beaumont ne répondit pas immédiatement, préférant à l'inverse se détourner d'elle pour retourner une nouvelle fois derrière son bureau. Toutefois, son regard dès qu'elle se tourna à nouveau fondit immédiatement sur Tracey en lui donnant l'aspect d'un oiseau de proie prêt à fondre sur sa victime. Chaque élève retenait à présent sa respiration dans l'attente d'une nouvelle séance de remontrances, mais à la surprise générale, le ton de sa voix fut beaucoup plus amicale que pour Marie, même s'il fallait tout de même déceler en lui un soupçon de menace qui n'augurait rien de bon :
- Je ne vous blâme point pour votre remise en cause des principes que j'enseigne : Vous êtes dans votre droit et libre de le faire. Cependant je ne tolère aucunement les écarts de conduite dans ma classe. Lorsque vous êtes conviée à assister à mon cours, le principe est de considérer tout ce que je vous dis comme juste et ne souffrant d'aucune réplique, de quelque manière que ce soit. Par conséquent vous serez bien aimable à l'avenir de garder pour vous ce genre de remarque dans cette salle et de vous y donner à cœur ouvert dans vos appartements. L'impolitesse n'a point sa place ici, surtout lorsque l'on se permet de tels jurons. Oh en parlant de cela, pourriez-vous me rappeler l'article narrant justement ce genre d'ignominie, ou est-ce trop vous demander ?
Face à cette demande, Tracey parut pour le moins perplexe et perdue, et ce ne fut pas davantage en regardant Daphné qu'elle trouva une raison à cette question soudaine. Toutefois elle n'en démordit pas, et ce fut après une profonde inspiration qu'elle tenta de se remémorer les vagues souvenirs qu'elle avait de ce texte :
- Il faut en tout nos discours s'abstenir de jurer, qui est un des vices où bien des gens tombent par une méchante habitude, pensant par là donner plus de créance à ce qu'ils disent… Et... Et quand on défend de jurer, on entend même exclure ces jurements qui ne signifient rien, étant certains que ni les uns ni les autres ne sont de personnes bien élevées et que quand on jure devant une personne de qualité, et particulièrement devant… Hm… Devant les dames, on perd le respect pour ne rien dire de plus, récita t-elle au bout du compte d'un ton presque ennuyé.
Pour le coup, Daphné loua longuement les capacités de mémorisation de sa meilleure amie, mais si elle éprouvait pour elle un grand respect en cet instant, un regard en direction de Madame de Beaumont lui assura que de son côté la chose était loin d'être gagnée.
- Et qu'avez-vous donc à dire là dessus ?dit-elle en ne cessant pas une seule seconde de la fixer intensément.
- Que je n'ai pas respecté cette interdiction, que ce que je viens de faire n'est pas digne de ma condition, que j'ai pu heurter votre sensibilité ainsi que celle des quelques jeunes filles d'un rang supérieur au mien et que j'en ai par conséquent perdu votre respect ? énuméra Tracey en lançant un coup d'œil autour d'elle pour voir si elle avait véritablement choqué ses camarades.
- À défaut de savoir tenir votre langue, je suis satisfaite de voir que vous n'avez point perdu votre sens de l'analyse, lui répondit son professeur. Cependant ceci ne peut rester impuni et vous conviendrez donc tout comme moi qu'il vous faut une sanction à la hauteur de votre forfait.
- Oh ciel…, marmonna amèrement Tracey.
Madame Beaumont ne sembla pas l'avoir entendu, une chance pour elle, autrement la sanction aurait pu être bien plus lourde.
- Je veux voir sur mon bureau pour demain matin la règle de civilité que vous venez de réciter recopiée autant de fois qu'il y a de mots dans celle-ci, énonça t-elle en savourant l'expression horrifiée de Tracey. Je ne veux ni tâche, ni rature, ni correction, ni pliure. L'écriture devra être soignée, parfaitement droite et lisible. Évitez également de tenter un sortilège de recopiage ou tout autre procédé vous permettant d'alléger considérablement votre charge de travail : Je saurais très facilement me rendre compte si vous avez eu l'audace de le faire, et croyez-moi, je ne serai pas aussi gentille que maintenant.
- Mais nous avons déjà beaucoup de devoirs pour la semaine…, plaida inutilement Tracey en utilisant sa dernière carte.
- Cela m'importe peu, lui assura Madame Beaumont en faisait fi de l'air de pitié que tentait d'arborer Tracey. Vous comprendrez ainsi qu'il ne faut point reporter à plus tard ses leçons et travaux mais les faire aussitôt que nous les avons pour éviter d'accroître sa charge de travail. Prenez donc pour exemple votre amie Mademoiselle Greengrass : Les travaux sont toujours rendus en temps et en heure, soignés, et suffisamment bien travaillés pour lui permettre d'obtenir les meilleures notes dans les matières que j'enseigne.
Toutes les têtes convergèrent aussitôt vers Daphné, mais celle-ci cacha bien sa gêne par un masque d'impassibilité que bien des camarades lui enviaient. Pas même une rougeur n'apparut sur sa peau d'une blancheur éclatante tandis que ses yeux restaient fixement posés sur la silhouette du professeur Beaumont. Celle-ci paraissait d'ailleurs satisfaite de la réaction de son élève car un mince sourire fit son apparition sur son visage laissant entrevoir ses dents parfaitement ordonnées et blanches, un luxe que peu de gens pouvaient se targuer d'avoir.
Les cloches de l'école se firent soudainement entendre, signe que les cours actuels se finissaient enfin. Toutefois pas une élève ne bougea ou ne tenta même de ranger l'un de ses livres dans son sac, préférant à l'inverse porter leur attention sur leur enseignante qui, malgré le vacarme perceptible depuis le clocher de l'école, restait elle-même immobile devant ses élèves en dardant un regard lourd d'avertissement pour celle qui aurait l'audace d'oser quitter son cours dès maintenant. Madame Beaumont leur avait dès le premier cours assuré que « la cloche ici, c'était elle », et que par conséquent ses étudiantes ne quittaient son cours que lorsqu'elle l'aurait décidé. Mieux valait d'ailleurs ne jamais tenter de s'y soustraire car cela figurait dans les nombreux griefs qui insupportaient leur enseignante et valait à l'élève impliquée l'une des punitions les plus sévères de l'école.
- Vous pouvez sortir, dit-elle finalement pendant que ses élèves rangeaient de la manière la plus discrète et silencieuse qui soit leurs affaires. Nous étudierons au prochain cours l'art de bien se tenir à table, une notion qui manque cruellement à la plupart d'entre vous lorsque nous nous retrouvons au réfectoire. Mademoiselle Frénouville, un instant je vous prie.
Daphné put clairement entendre un soupir en provenance de l'élève concernée, mais par chance l'agitation alentour épargna à Marie une nouvelle remontrance du professeur Beaumont. Toutefois elle dut attendre que chaque étudiante s'approche de celle-ci pour la saluer gracieusement d'une révérence pour avoir un tête à tête avec son enseignante, réunion qui malheureusement pour Daphné ne sembla pas démarrer avant qu'elle ne sorte la dernière de la classe en prenant soin de fermer la porte derrière elle.
Tracey et Lucie l'attendaient déjà toutes les deux, la première accoudée nonchalamment sur le mur alors qu'elle s'amusait à faire virevolter son sac de cours sous les yeux ébahis de son amie née-moldu.
- N'est-il pas interdit de faire de la magie dans les couloirs ? l'interrogea d'un ton faussement sceptique Daphné en la voyant faire effectuer à son sac quelques petites acrobaties.
- J'hésitais entre cela ou sceller la porte de la classe de Madame Beaumont avec un peu de colle et ma baguette magique, répondit-elle en secouant tranquillement le dit-objet. Je pense que la première possibilité me faisait encourir moins de risques…
- Arrête ça tout de suite ou tu vas encore t'attirer des ennuis, l'avertit son amie. En fait, tu risquerais surtout de nous attirer des ennuis, corrigea t-elle en désignant d'un mouvement de tête Lucie et elle-même.
Tracey ne répondit pas, mais elle accepta finalement de cesser son petit manège en rangeant rapidement sa baguette magique dans l'étui fixé à son bras. Le sortilège de lévitation s'arrêta de lui-même, mais le sac qui menaçait à présent de chuter lourdement sur le sol fut rattrapé in-extremis par sa propriétaire qui ne perdit pas de temps pour passer la bretelle jusque son épaule en fredonnant tranquillement.
- Bon eh bien, allons de ce pas dans la joie et la bonne humeur à notre merveilleux cours d'histoire de la magie ! décréta t-elle d'une voix joyeuse en ouvrant la marche. J'ai entendu dire par une amie à Poudlard que leur professeur leur enseignait encore et toujours les guerres des gobelins ! S'ils savaient que ce n'était même pas dans le programme de Beauxbâtons, je suis certaine que les inscriptions augmenteraient considérablement !
- Ce qui ne serait pas une mauvaise chose compte tenu de l'enseignement plus complet et exigeant donné ici…, argua Daphné. La plupart des sortilèges et maléfices enseignés en première année à Beauxbâtons ne le sont qu'en quatrième année à Poudlard, et encore, ils ne le sont qu'en théorie.
Lucie, qui ne connaissait pour sa part rien de Poudlard, préféra changer de sujet plutôt que d'écouter sans pouvoir y participer un débat auquel elle n'aurait jamais pu émettre son propre avis :
- Alors, comment avez-vous trouvé cette nouvelle leçon ? leur demanda t-elle d'un ton enjoué tandis qu'elles passaient devant une fenêtre donnant une vue parfaite sur le terrain du jeu de paume situé plus bas. Je n'imaginais pas qu'il fallait à ce point surveiller sa manière de parler même devant des personnes d'un rang inférieur au sien ! Enfin… Il y a peu de gens hormis les journaliers et mendiants qui peuvent se considérer comme d'une plus mauvaise condition sociale que la mienne…
- Cela changera, lui assura Daphné avec un sourire entendu. Grâce à l'éducation que t'apportera Beauxbâtons et l'accompagnement de cette école dans toutes les démarches administratives et relationnelles que tu entreprendras, tu pourrais bien trouver un bon parti plus tard. Les bonnes familles de sorciers de ce pays-ci savent pertinemment qu'elles trouveront en cette école des jeunes filles bien éduquées et susceptibles d'être d'excellentes épouses pour leur fils, surtout lorsque les étudiantes obtiennent leur diplôme au terme des sept années d'étude : C'est avant tout un gage d'accomplissement de soi et une preuve s'il en faut une que l'instruction est désormais terminée. Même un juriste pourrait te convenir, de même qu'un simple avocat.
- Et puis même si tu ne trouves pas ton bonheur sur ce point là, les postes à pourvoir au sein du ministère de la magie sont légions ici, et les employeurs n'ont aucune réticence à engager une femme pour un quelconque emploi, ajouta de son côté Tracey.
- Hormis peut-être pour celui de gendarme…, objecta toutefois Daphné en secouant légèrement sa tête. Il faudra attendre encore longtemps avant que les mentalités changent et que l'on pense qu'une femme puisse avoir autant de capacités qu'un homme pour un poste aussi physique.
Toutes les trois hochèrent la tête, certaines que sur bien des points, leurs compétences pouvaient aisément être équivalentes à celles de la gente masculine. Et puis, si la force physique était leur plus grande faiblesse, l'intellectuel et la patience eux compensaient pleinement leurs lacunes. Du moins, c'est ce qu'elles pensaient…
- Mais en dehors de cela, qu'avez-vous pensé du cours ? demanda à nouveau Lucie. Est-ce que j'ai été la seule à l'avoir trouvé passionnant ?
- Ce cours était… intéressant, lâcha finalement Daphné du bout des lèvres en empruntant à présent un autre couloir.
- Intéressant ? répéta d'un air incrédule Tracey. Je n'y vois aucun intérêt pour ma part hormis d'être conditionnée pour un rôle qui ne me convient pas.
- Tu ne veux pas te marier ? lui demanda alors Lucie en les rattrapant.
- Pas maintenant, lui répondit-elle d'un ton ferme. Et si cela devait être le cas, je ne veux pas jouer la potiche pour un mari qui ne me laisserait jamais sortir ni même exercer les activités que je désire. Rends-toi bien compte que nous ne pouvons même pas avoir nos propres économies ! Si le besoin d'argent se fait sentir, j'en serais réduite à quémander quelques pièces à un homme qui aurait une totale autorité sur moi ! Je préfère de loin la liberté qui est mienne pour le moment.
- Chaque homme est différent, lui rappela Daphné en pensant brièvement à son propre fiancé. Tu pourrais bien à l'avenir trouver chaussure à ton pied et changer de discours.
- Sauf que tous les hommes ne sont pas non plus comme Gabriel, dit-elle.
- Ce Gabriel doit être vraiment spécial pour que vous le compariez sans cesse aux autres garçons, argua Lucie en regardant alternativement ses amies.
- Tu n'as pas idée, lui confirma Tracey d'un air suffisant. Daphné ne l'échangerait pour rien au monde, et je dois reconnaître que moi non plus si je me trouvais à sa place.
Daphné hocha sa tête, bien heureuse il est vrai d'être tombée sur le bon numéro. Qui aurait cru qu'un simple partage de pâtisseries et quelques jeux enfantins lui aurait permis de croiser la route de son futur époux ? Le hasard pouvait être bien étrange par moment…
- Daphné ! L'appela soudainement une voix derrière elle. Oh, Daphné !
Bien que tentée de prendre ses jambes à son cou et de fuir le plus loin possible de ce couloir plutôt que de faire face à celle qui hurlait presque son nom pour se faire entendre, Daphné consentit malgré tout à se retourner, son masque d'impassibilité de nouveau sur le visage alors qu'elle réprimait l'envie de maugréer qui venait d'apparaître en elle à la seule vue de la fille qu'elle haïssait le plus au monde : Cordelia. Celle-ci tentait de les rattraper le plus rapidement possible tout en gardant une allure digne qu'elle avait bien du mal à conserver en raison des nombreuses fois où elle se prit les pieds dans sa longue jupe. Nicole et Suzanne l'accompagnaient de très près, leur lourde démarche paraissant encore plus ridicule lorsqu'elles tentaient de suivre la même allure que Cordelia que d'ordinaire, mais leur carrure de bûcheron suffisait à faire passer l'envie à toutes les étudiantes les croisant de glousser de rire, et ce même aux plus âgées. Tracey, qui ne faisait décidément rien comme tout le monde, ne prenait elle pas la peine de se sentir intimidée par ces deux colosses pour pouffer ouvertement de rire, et ce même lorsque les trois filles se postèrent devant elles.
- Tu es bien difficile à rattraper ! déclara Cordelia d'un ton étonnamment poli. Je craignais de ne pouvoir te parler avant le début de notre prochain cours !
- N'as-tu donc rien appris de Madame Beaumont ? lui demanda d'un ton faussement indigné Tracey. N'est-ce pas contraire à l'Étiquette que d'interpeller les gens en hélant leur prénom de cette manière ?
- Mêle-toi de tes affaires, Davis, répliqua t-elle en la regardant de la même manière que si un cafard s'était trouvé sur le chemin de sa chaussure. Ce n'est pas à toi que je m'adresse mais à ton amie.
- Et que me veux-tu donc pour m'appeler ainsi au beau milieu de ce couloir ? s'enquit aussitôt Daphné d'une voix glaciale.
Cordelia ne semblait nullement gênée par la manière peu chaleureuse avec laquelle Daphné s'adressait à elle, et au contraire, un mystérieux sourire énigmatique faisait lentement son apparition sur son visage alors qu'elle détaillait du regard son interlocutrice, les yeux pleins de malice :
- Il semble que nous soyons parties du mauvais pied…, commença t-elle en la regardant toujours de ce même air calculateur.
- Il était temps que tu t'en rendes comptes, commenta pour sa part Tracey en ricanant légèrement. La rentrée scolaire date d'il y a plus de trois mois désormais.
Cordelia fit mine de ne pas l'entendre, mais malgré tout Daphné comme les deux autres pouvaient facilement voir que la tension commençait déjà à la gagner.
- Cordelia Duprès, fille du citoyen duprès chargé du contrôle et de la réglementation du commerce sur la route reliant Paris à Lyon auprès du ministère de l'intérieur, pour vous servir princesse, énonça t-elle en accompagnant ses paroles d'une curieuse révérence qui fit arquer un sourcil à Daphné. Je serais absolument ravie de pouvoir vous accompagner jusqu'à notre prochaine classe si vous le voulez bien, et mes bonnes amies se feront une joie de tenir votre sac durant le trajet. Nous pourrions ainsi en profiter pour faire plus amples connaissances et cesser cette stupide guerre entre nous pour établir une relation plus saine et amicale…
Bien qu'elle le savait pertinemment, Daphné doutait de plus en plus de la sincérité des propos de cette fille qui, pas plus tard qu'hier, se permettait encore le luxe de se moquer de ses amies et de lui lancer quelques remarques désobligeantes sur ses origines anglaises et sur la possibilité qu'elle puisse donner des informations au gouvernement britannique pour anéantir la république française ; Il n'y avait probablement pas plus paranoïaque dans cette école que Cordelia Duprès.
- Nous pourrions même envisager de discuter de votre réinstallation dans des chambres convenant davantage à votre rang, princesse…, continua t-elle en pensant à tort que le silence dans lequel s'était plongée Daphné était encourageant pour elle. Il n'est après tout pas concevable pour une jeune fille promise à l'une des plus grandes fortunes du pays de dormir avec des fortes fêtes ou des personnes du petit peuple…
La dernière phrase fut davantage adressée à Lucie et Tracey qu'elle ne se gêna pas au passage de fusiller du regard d'un air mauvais comme pour leur intimer l'ordre de disparaître sur le champ. Tracey pour sa part soutint son regard en arborant un rictus moqueur qui eut le don de faire légèrement rougir de fureur Cordélia, cette dernière ignorant que leur chambre était bien loin du taudis dans lequel elle s'imaginait que toutes les trois dormaient, mais Lucie, qui persistait à ne jamais se défendre contre les attaques de celle qui en avait fait son souffre-douleur en raison de ses origines très modestes, semblait à l'inverse avoir compris le message et commençait déjà à faire demi-tour… Avant que la main de Daphné ne l'empêche de continuer son geste en se posant fermement sur son épaule.
- Je ne pense pas avoir envie de te connaître plus que maintenant Cordelia, dit-elle en soutenant le regard de celle-ci. En vérité tu ne me sembles pas être une personne très recommandable, et bien que je puisse essayer d'oublier ton comportement passé, je ne peux cependant te pardonner tes agissements à mon égard ainsi qu'envers mes amies. Par ailleurs le petit peuple s'avère être d'une bien meilleure compagnie que la tienne, alors je préfère encore dormir à ses côtés.
- Surveille tes paroles Greengrass, la menaça aussitôt Cordelia en perdant toute once de respect envers elle. Ma proposition d'amitié ne sera pas renouvelée, et si tu souhaites plus tard établir des contacts étroits avec la bourgeoisie française, tu ferais mieux d'entendre raison et de t'éloigner des indésirables pour te rapprocher de gens d'un standing bien supérieur.
- Oh mais j'allais justement m'y apprêter ! lui affirma Daphné avant de s'accrocher aux bras de ses amies. Vous venez les filles ? Il vaut mieux s'éloigner des indésirables comme me le faisait si justement remarquer la principale concernée.
Et avec cela, Toutes les trois partirent sans se retourner, n'attendant seulement d'être suffisamment éloignées pour partir dans un grand éclat de rire que seule une enseignante passant par là fut capable d'arrêter après les avoir houspillé pendant cinq bonnes minutes.
- Merlin, je me rappellerai pendant longtemps de la tête qu'elle avait ! gloussa Tracey une fois l'enseignante partie. On aurait cru un instant qu'elle venait de voir un Boutefeu chinois dans le couloir !
- Qu'est-ce que c'est qu'un Boutefeu ? s'enquit immédiatement Lucie en prenant un air intrigué.
- Un dragon, lui expliqua t-elle avant de débattre de longues minutes avec elle sur l'existence des dragons à travers le monde et la multitude d'espèces pouvant être observées.
Daphné elle ne participait pas à la conversation, et tandis que son désormais célèbre masque d'impassibilité refaisait son apparition sur son visage, son esprit lui préférait encore s'attarder sur les propos de Cordelia. Avait-elle été trop loin ? Ses menaces devaient elles être réellement prises au sérieux ? L'espace d'un instant, elle crut avoir fait une véritable bourde en se mettant définitivement à dos cette fille, mais dans le même temps, elle s'imaginait parfaitement Harry réagir de la même manière si un contexte similaire se présentait à lui. Ses deux meilleurs amis n'étaient-ils pas eux-mêmes issus d'une classe extrêmement modeste ? Ne s'était-il lui-même pas crée un rival en la personne de ce Auguste Boulanger issu tout comme Cordelia du milieu bourgeois ? Leur situation quelque part se rejoignait, bien qu'Harry avait comme avantage sur elle de savoir plus facilement quelle relation ou lien lui serait utile pour son avenir et qui étaient les personnes ayant suffisamment d'influence par leur seul nom ou popularité pour lui permettre de s'en servir à sa guise pour faire de nouveau rayonner son nom de famille et de réveiller la puissance qui en découlait.
Il était à espérer maintenant que les Duprès n'avaient pas autant d'influence que l'affirmait Cordelia sur la bourgeoisie, et mieux valait s'en assurer en se servant des mêmes armes que son fiancé pour s'attirer la sympathie du plus grand nombre de jeunes filles de Beauxbâtons : La gentillesse, la sollicitude, l'affabilité et la courtoisie. Son cercle de camarades allait très probablement croître d'ici très peu de temps, mais mieux valait cela à une campagne de vilenies lancée par sa désormais rivale qui risquerait de l'isoler totalement de l'école et d'avoir des répercussions sur les relations que pourrait tisser Harry avec certaines de ces familles.
L'arrivée soudaine d'un faucon dans le couloir lui fit redresser la tête, et observant celui-ci d'un œil avisé, elle reconnut par ses plumes blanches sur le torse et l'étrange motif que formait son plumage autour de ses yeux Archimède, l'oiseau d'Harry. Le volatile la repéra également, et après quelques battements d'ailes, il vint se pose tranquillement sur son épaule, la patte droite entourée d'un mince cordon retenant à son bout une enveloppe fermée avec de la cire et sur laquelle était inscrite une fine écriture élégante formé de nombreuses boucles qu'elle distingua très facilement.
- De qui est-ce ? lui demanda Lucie en regardant d'un air étonné l'oiseau que Daphné caressait distraitement en le libérant de son colis. C'est un oiseau magique ça aussi ?
- Pas vraiment, lui répondit Tracey en souriant. Ce n'est qu'un simple faucon pèlerin, mais il a été dressé pour apporter et envoyer des lettres à quelqu'un comme la certains oiseaux de proie, et il se trouve que celui-là appartient au fiancé de notre chère amie.
- Oh..., souffla t-elle simplement sans cesser de quitter des yeux l'animal. Je suppose que ce sont de bonnes nouvelles, ajouta t-elle en remarquant le petit sourire qui se glissait sur le visage de Daphné.
Daphné, qui était perdue dans ses pensées, remarqua alors les regards à la fois souriants et moqueurs de ses deux amies, et examinant rapidement son reflet dans la vitre de la fenêtre à côté d'elle, elle constata avec honte qu'elle arborait elle-même un petit air mièvre lui donnant l'air d'une fille niaise à la seule idée que son amoureux venait de lui écrire. Pourtant Dieu seul savait à quel point elle avait attendu cette lettre, la dernière remontant à plus d'un mois, et désormais elle chérissait autant l'enveloppe qu'elle tenait entre ses mains que si on lui avait placé entre ses bras un jeune nouveau-né. Son fiancé avait été tellement occupé ces derniers temps qu'elle n'avait pas osé lui adresser la moindre lettre, pas même pour lui raconter ses brouilles avec Cordelia, son avis concernant ses cours ou ses impressions sur les professeurs, des sujets qu'elle pensait peut-être à tort inintéressant pour Harry. Pourtant que n'aurait-elle pas donné pour écrire de longues missives à son encontre, lui exprimer sur papier tous les sentiments qui jaillissaient en elle au fil des jours et des moments qu'elle passait dans cette école, lui narrer les plaisanteries de Tracey dont elle savait que lui-même était friand ou tout simplement lui exprimer par des mots les sentiments qu'elle ressentait pour lui, le difficile éloignement de sa famille, de ses proches, de ses repères et l'adaptation progressive qu'elle rencontrait dans cet établissement... Oh oui, tout cela dans une seule et même lettre, et tout en décachetant l'enveloppe pour libérer l'étonnante et épaisse feuille de parchemin à l'intérieur, elle commençait déjà à s'imaginer comment allait démarrer le début de sa réponse.
- Tu peux aller te reposer dans la volière mon bon ami, dit-elle à l'encontre d'Archimède. Je reviendrai te voir lorsque j'aurais rédigé une réponse me convenant et digne de son destinataire.
L'oiseau lui répondit avec un petit cri perçant, puis après avoir déployé ses ailes, il exerça une petite pression sur son épaule avant de s'envoler, non sans au passage la gratifier d'une petite caresse sur la joue. Les lèvres de Daphné s'esquissèrent de nouveau dans un léger sourire devant ce geste, mais sa concentration était surtout portée désormais sur le contenu de la lettre qu'elle commençait déjà à lire dans un silence total.
- Alors de quoi parle donc cette lettre ? s'enquit immédiatement Tracey en s'approchant légèrement.
- De sa visite à Paris et de sa rencontre avec Monsieur Bonaparte, marmonna t-elle rapidement en passant les quelques détails qu'elle avait pu lire.
- Vraiment !? s'étonna aussitôt son amie en prenant un air surpris. Par Merlin, il ne lui a quand même pas parlé ?
- Apparemment si, mais je ne connais pas encore tous les détails, lui dit-elle en déroulant devant elle le parchemin étonnamment long qu'elle tenait entre ses mains comme pour lui faire savoir qu'elle ne pouvait lire tout cela en quelques secondes seulement.
Tracey allait de nouveau lui répondre, mais un rappel de l'heure tardive et du possible retard qu'elles risquaient de prendre toutes les trois pour leur prochain cours les ramena sur Terre et firent passer au second plan les nouvelles que venait d'avoir Daphné. Les réjouissances pouvaient encore attendre quelques heures, et Daphné, tout en ré-enroulant le parchemin, aspirait désormais à finir rapidement cette journée pour enfin connaître en détail les dernières péripéties de son fiancé... Et surtout de lui raconter les siennes. Une soirée d'écriture s'annonçait pour elle, mais lorsqu'il s'agissait d'Harry, Daphné était prête à croquer légèrement sur son temps de sommeil ou même ses devoirs ; Il n'y avait à ses yeux pas meilleure distraction.
Donc voilà ! Vous avez pu avoir un bref aperçu de Beauxbâtons et des cours enseignés là-bas ! ça change quelque peu de Poudlard, non ? ^^.
J'aime beaucoup le personnage de Madame Beaumont, j'ai l'image d'une femme mêlant à la fois Rogue et Mcgonagall dans un seul et même corps... Bonjour l'horreur ! Je la ferai très probablement apparaître pour le tournoi des quatre sorciers, juste histoire de voir comment elle se comporte en compagnie de notre professeur de potion ou devant l'élu de Dumbledore... ça promet des scènes pour le moins épiques !
J'ai aussi davantage travaillé sur la personnalité de Lucie qui, comme vous avez pu le voir, n'a pas franchement eu une bonne enfance. Disons qu'elle n'est pas la plus malheureuse et qu'elle se porte relativement bien, mais il reste malgré tout des séquelles de l'éducation qu'elle a reçue et qui s'effaceront difficilement. D'ailleurs je pense l'avoir déjà dit à de nombreuses reprises mais la religion suivra de temps à autre le fil de l'histoire, alors ne vous étonnez pas des références bibliques ou de quelques commentaires à ce sujet lancés par un ou des personnages (je dis ça car j'ai depuis longtemps fini le chapitre 33 et il y a un court passage là-dessus à l'intérieur).
Sinon que dire d'autre... La fin est un peu expéditive, et si quelqu'un me le reproche, je ne lui en voudrais pas car pour être honnête, je ne savais pas comment terminer ce chapitre : J'hésitais entre ça et une rencontre fortuite entre Daphné et Fleur au détour d'un couloir, mais je ne voyais pas l'intérêt de cette rencontre pour l'histoire, d'autant plus qu'il fallait bien que je case quelque part un petit passage sur Harry et sur ses activités à Paris.
Pour ce qui est du titre du chapitre, il faut savoir que ce terme servait à désigner la comtesse de Noailles qui fut, à l'arrivée de Marie-Antoinette, sa première dame d'honneur et dont la future reine l'attribuera de ce sobriquet en raison du fait que cette femme était très portée sur le respect des règles et coutumes qui avaient lieu à Versailles et s'offusquait des manquements survenant de temps à autre chez sa protégée. J'ai choisi ce terme comme un clin d'œil à cette femme et car Madame Beaumont se serait probablement bien entendue avec elle ^^.
Le prochain chapitre arrivera... Hm en fait je ne sais pas : Il ne devrait pas prendre des mois comme le n°30 et est déjà commencé, mais je ne vais pas m'avancer à vous donner une date que je ne pourrais pas respecter. Disons comme celui-ci, environ un mois voir peut-être moins si je suis bien inspiré.
Sur ce, à la prochaine !
