Eh salut à tous ! Me revoilà avec un nouveau chapitre fraîchement terminé ! J'espère que ça va pour vous et que les vacances se sont bien passées ?
Pour ma part j'ai eu les résultats de mes examens du premier semestre et je dois dire que j'ai carrément pulvérisé mes notes en histoire (18 de moyenne rien qu'en histoire moderne... et un 11/20 en histoire médiévale quand la quasi-totalité de la promotion (160 élèves quand même) s'est plantée... Le sujet était "les paysans au moyen-âge" mais étrangement, tout ceux qui parlaient uniquement d'eux se sont retrouvés avec des notes oscillant entre 3 et 5/20... Allez comprendre. En tout cas je ne peux m'empêcher en voyant mon parcours dans cette licence de me dire que j'ai vraiment trouvé ma voie ^^.
Merci encore et toujours à ceux qui continuent même après ces années maintenant à me suivre (follower, favoris et reviews), d'autres auteurs vous l'ont probablement déjà dit mais c'est bien grâce à vous que l'on a encore l'envie de continuer à écrire nos histoires et à les publier. J'ai quand même été légèrement déçu par le peu de retour pour le précédent chapitre, moi qui pensais que vous l'auriez trouvé intéressant ou même drôle (j'ai l'impression en fait que les chapitres sur Daphné ne vous intéressent pas), mais bon quand je regarde certains histoires passionnantes et le taux de retour qu'elles ont, je me dis que je suis bien chanceux et que je n'ai pas à me plaindre !
Guest (ou plutôtlord yinos ravenclaw) : Merci pour ta review même si honnêtement je suis loin d'égaler J.K Rowling ^^.
Donc au programme de ce chapitre : Dumby, comme promis ! Je ne vais rien vous dire de plus, mais je pense que vous l'apprécierez.
Bonne lecture !
L'été était finalement arrivé, et avec lui la promesse d'une nouvelle accalmie dans la vie tumultueuse qui rythmait les journées de Poudlard. Les élèves étaient de retour chez eux depuis hier, marquant ainsi la fin de l'année scolaire mouvementée qu'avait connu l'école depuis le mois de septembre. Tous se réjouissaient à présent des deux longs mois de liberté qui s'offraient à eux, aux plaisirs et loisirs que les plus chanceux pouvaient s'offrir quand les autres, les moins fortunés d'entre eux, allaient passer les prochaines semaines à suer dans les champs pour aider leur famille ou à tondre les moutons pour produire cette fameuse laine si importante pour l'économie du pays. Poudlard elle était redevenue pour un temps calme, silencieuse et presque vide, donnant ainsi à cette école l'image d'une enceinte inhabitée et abandonnée au cœur de l'Ecosse. Tout le monde était parti, même les professeurs, et hormis Rusard et Miss Teigne, les elfes de maison se tuant à la tâche dans les cuisines, une voyante à moitié folle recluse dans ses appartements et un vieil homme assis paisiblement derrière son bureau, il fallait avoir une patience à toute épreuve pour trouver une âme qui vive dans les nombreux couloirs de Poudlard.
Mais si la grande majorité du personnel et des étudiants avait la tête à présent tournée vers ce qu'ils feraient de leur été, on ne pouvait toutefois en dire autant de Dumbledore qui, accoudé à sa chaise de bureau, se remémorait lui amèrement l'année écoulée en espérant que la prochaine se distinguerait d'une autre manière.
Cette année n'avait en effet pas été de tout repos pour le vieillard assis dans le bureau du directeur de Poudlard qu'était Albus Dumbledore, ce dernier mâchonnant distraitement une sucrerie tandis qu'il relisait pour la cinquième fois sans s'en rendre compte un rapport écrit de la main de son concierge sur l'insalubrité de certains toilettes, mais il ne pouvait en vouloir qu'à lui-même à ce sujet : Lui seul avait crû bon d'amener à l'école un artefact magique extrêmement rare et précieux, capable de donner la vie éternelle à quiconque s'abreuvait de son élixir ou de devenir la personne la plus riche au monde en utilisant ce même élixir pour transformer tous les métaux qu'il touchait en or : Cet artefact, jalousement gardé par son propriétaire et peu connu du commun des mortels n'était autre que la pierre philosophale, élaborée et employée par le célèbre français et alchimiste Nicolas Flamel.
Une légende, rapportée tant de fois qu'elle avait fini par être inscrite dans les manuels de magie comme véridique à force d'être transmise d'un sorcier à l'autre pendant des décennies, voulait que Dumbledore ait participé pleinement à la création de cette pierre, omettant ainsi le fait que Nicolas Flamel était âgé aujourd'hui de plus de 476 ans tandis que lui-même n'avait actuellement que 113 ans ; Même en songeant qu'ils aient pu travailler ensemble à la conception de cette pierre, la différence d'âge était telle que Flamel aurait déjà été multi-centenaire au début de leur collaboration, une différence bien trop grande pour concevoir une telle idée, surtout lorsque l'âge moyen d'un sorcier n'excédait que très rarement plus de 150 ans.
Les deux protagonistes eux n'avaient jamais rien fait pour le contester, Dumbledore y voyant là une opportunité de voir son nom briller dans une branche de la magie dont ses connaissances étaient pourtant très limitées tandis que Nicolas lui, ami de longue date du directeur de Poudlard, préférait plutôt en rire en songeant à la crédulité et l'idiotie des Hommes.
Pourtant, leur amitié avait volé en éclat un an auparavant lorsque Dumbledore avait jugé bon d'amener à Poudlard la pierre philosophale sans en expliquer les raisons à Nicolas. Devant le refus de celui-ci de se séparer de sa création et surtout devant l'insistance de Pernelle Flamel à prendre le parti de son mari contre le directeur de Poudlard, Dumbledore avait eu alors le déplaisir mais l'obligation d'user de la force contre son ancien ami pour arriver à ses fins, ce dernier n'étant pas aussi bon duelliste qu'alchimiste, et causant en raison de ses puissants sortilèges des dégâts collatéraux et irrémédiables sur la santé psychologique de Nicolas et de sa femme venue lui prêter main-forte.
Mais au moins, la pierre était désormais entre ses mains.
L'erreur ce jour-là de Dumbledore avait été de ne pas avouer à son ami que la véritable raison pour laquelle il souhaitait s'approprier la pierre n'était pas de s'enrichir comme il le pensait à tort mais d'attirer à lui la seule personne qui aurait plus que tout autre besoin de cette pierre pour retrouver la vie qu'il avait perdue des années auparavant : Lord Voldemort.
- Une erreur que je regrette énormément, avoua t-il en tournant légèrement la tête vers Fumseck. Nicolas aurait pu nous être utile pour la prochaine guerre à venir…
Secouant la tête pour chasser cette sombre pensée de son esprit, Dumbledore repensa alors à la suite de son plan, un plan qu'il avait dès le départ jugé parfait et servant de la meilleure des manières le plus grand bien. Il n'était pas un inconscient, loin s'en faut, et il savait pertinemment les dangers qu'il faisait courir à son école en tentant de faire venir jusqu'à lui le plus puissant mage noir du siècle écoulé, mais devant le silence de son ennemi et l'absence de la moindre petite information sur ses futurs plans et actions, le directeur de Poudlard souhaitait forcer le destin en faisant revenir au plus près de lui celui qu'il avait combattu pendant des décennies.
Comme il se doutait que de son côté Voldemort l'espionnait également, Albus avait alors fait circuler une fausse rumeur concernant la pierre en laissant à croire que celle-ci se trouvait dans l'un des coffres de Gringott's sous la protection de la nation gobeline.
- Ses connaissances me concernant ne devaient pas être si bonnes que cela, se dit-il à lui-même en souriant légèrement. Cela fait quelques années maintenant que les gobelins ne me portent pas dans leur cœur, même si la raison m'échappe encore…
Ne sachant en aucune manière que la raison se trouvait actuellement en France sous les traits d'une puissante sorcière d'ascendance royale, Dumbledore en déduisait qu'il s'agissait probablement d'un désaccord concernant ses faits passés, peut-être même ayant un lien avec ses démêlés judiciaires avec le ministère de la magie. Tout juste pouvait-il en ce moment se faire accorder un prêt de la part de la banque, mais les taux exorbitants proposés par celle-ci le décourageaient le plus souvent d'aller plus loin dans ses démarches.
Sa ruse avait en tout cas permis de constater qu'un homme avait mordu à l'hameçon, mais la surprise fut totale lorsqu'il constata que l'homme en question n'était autre que Quirinus Quirrell, un jeune homme sans histoire qu'il n'aurait lui-même jamais soupçonné. Le plus étonnant fut d'ailleurs que ce garçon s'était proposé quelques semaines auparavant pour devenir le nouveau professeur de défense contre les forces du mal, et qu'en l'absence d'autres candidats, Dumbledore était prêt à l'engager malgré ses talents limités dans ce domaine, et surtout malgré le peu d'intérêt que Quirrell manifestait au départ pour l'enseignement. Mais l'échec de son cambriolage avait changé la donne, et ce fut presque en le suppliant qu'il réclama ce poste que Dumbledore ne pouvait lui refuser.
Ainsi donc Voldemort l'avait précédé d'un coup dans la partie d'échec se jouant entre eux, mais l'effet de surprise passé, Dumbledore fit mine de ne pas avoir compris le petit manège de son ennemi et laissa pendant près d'une année son professeur enseigner sous ses yeux. Cela expliquait en tout cas pourquoi Quirinus avait entrepris ce curieux voyage en Albanie et en était revenu avec cet étrange et ô combien énervant bégaiement. Voldemort devait probablement se trouver à l'époque dans ce coin du monde, à demi-mort et sans la moindre aide de ses anciens alliés, avant de rencontrer ce jeune homme courageux mais distrait qu'il avait su probablement gagner à sa cause à force de promesses et peut-être aussi de menaces qui avaient su faire vaciller sa détermination et sa force de caractère.
Aussi, lorsque la rentrée arriva finalement, Dumbledore avait laissé faire le cours des choses en gardant toutefois un œil sur son nouvel enseignant. Entre temps, il avait installé la pierre philosophale au cœur même du château de Poudlard, demandant au passage à quelques enseignants et membres du personnel au courant de son affaire de l'aider à mettre en place quelques petites difficultés sur le passage menant à la pierre. Mcgonagall, Flitwick, Chourave, Hagrid et même Rogue avaient participé à cela, rendant la tâche pour toute personne désireuse de voler la pierre suffisamment ardue pour ne pas le lui permettre.
Quirrell avait commis de nombreux impairs au cours de l'année écoulée, preuve s'il en fallait une du manque de discernement et surtout de qualifications en la matière de cette jeune recrue de Voldemort, et à plusieurs reprises, sous la supervision de Severus qui avait été personnellement chargé par Dumbledore de surveiller cet enseignant, Quirrell avait été aperçu de nombreuses fois rôdant près du troisième étage de l'école, là où se trouvait l'entrée menant à la pierre et aux différents obstacles la protégeant.
Pour ce qui était de la discrétion, Quirinus pouvait encore prendre des cours.
Là où le bât blessait, et Severus lui en fit très souvent la remarque, c'était que Dumbledore bien que se doutant pertinemment de la véritable allégeance de Quirrell ne tenta absolument rien pour le mettre hors d'état de nuire, préférant le laisser essayer sans succès d'obtenir la pierre pour son maître même lorsque, sous le coup de la colère et de l'échec, Quirrell préférait reporter sa frustration sur un élève en particulier dont la vie fut à de nombreuses reprises mises en danger. Mais Severus n'avait pas la même vision que Dumbledore sur les événements en cours, pas la même approche ni la même lecture de ce qui se passait près d'eux et surtout, Severus n'avait aucunement la même idée que lui sur l'opportunité qui s'offrait à eux de voir Voldemort rôder dans l'école : Permettre une rencontre, un face-à-face et peut-être même un duel entre le mage noir et celui qui l'avait officiellement vaincu à un an, Matthew Potter.
Le retour de Voldemort coïncidait justement avec l'arrivée de Matthew à Poudlard, et Dumbledore voyait là une occasion inespérée de faire se retrouver en même temps et au même endroit le bourreau et sa victime dix ans après leur première rencontre… Enfin, c'étaient bien évidemment si les deux protagonistes ne jouaient pas continuellement au jeu du chat et de la souris l'un avec l'autre. Il n'est même pas certain que Matthew ait un seul instant songé que Voldemort se trouvait dans le même bâtiment que lui ! Et ce n'était pas faute d'avoir tout tenté pour essayer de les rapprocher !
Un long soupir s'échappa des lèvres sèches du vieux directeur alors qu'il songeait au caractère décidément difficile de son apprenti et protégé. Si quelque chose avait cloché dans son plan, c'était bien du côté de Matthew qu'il fallait chercher, et encore ne fallait-il que quelques secondes pour savoir ce qui n'allait pas : La paresse de son lève couplée à un désintérêt pour tout ce qui ne concernait pas le Quidditch.
Toute l'année, Dumbledore eut beau tenter de chatouiller la curiosité de son élève, jamais il n'obtînt le résultat escompté. Son avertissement sur la dangerosité du troisième étage de Poudlard, les couloirs mobiles de l'école qui convergeaient toujours sur son passage vers ce même couloir, les indices qu'il laissait sur le chemin de Matthew pour l'aiguiller vers la pierre, les coupures de journal et notamment celle traitant de la tentative de cambriolage de Gringott's pour dérober un bien de l'école, le sortilège de confusion lancé sur Hagrid pour lui donner plus d'indices qu'il n'en fallait sur le mystérieux objet caché dans l'école… Rien ne fonctionnait ! Matthew ne savait probablement même pas qu'un chien à trois têtes se trouvait dans l'école et gardait la trappe menant aux épreuves précédant la pierre !
- Cet élève est une véritable énigme…, concéda Dumbledore d'un ton distrait en caressant la tête de son phœnix.
Quelque chose n'allait vraiment pas avec lui, mais Dumbledore eut beau chercher longuement la solution à ce problème, rien ne lui venait en tête pour expliquer le comportement de son élève et sa personnalité pour le moins aux antipodes du héros dans lequel il avait voulu le mouler. Jamais il ne se remit un seul instant en cause, pensant à juste titre qu'il pouvait être la cause à cet épineux désagrément, préférant à l'inverse attribuer toutes les remontrances lui passant par la tête à James et à l'éducation ratée qu'il avait donnée à son fils.
Mais était-ce James qui avait attribué le poste d'attrapeur à Matthew au bout d'un moins à peine à Poudlard en pensant par là parvenir à satisfaire l'appétit insatiable de pouvoir et de reconnaissance gargantuesque de son élève ? Était-ce lui qui constamment attribuait des points à ce même élève pour des raisons aussi dérisoires qu'une salutation polie ou un compliment bien placée pour le directeur ? Était-ce lui qui annulait continuellement les punitions et retenues données à Matthew lorsqu'un enseignant, exaspéré par son comportement, ne voyait d'autre solution que de lui donner des heures supplémentaires en sa compagnie pour rattraper des notes calamiteuses ou un devoir bâclé ? Était-ce encore lui qui avait fait des pieds et des mains pour modifier à la hausse les notes de son élève pour lui permettre de passer en deuxième année, qui lui avait donné la coupe des quatre maisons en le gratifiant de plus de cent points pour être parvenu à passer les obstacles des enseignants quand lui-même avait dû finalement affronter par ses propres moyens le professeur Quirrell lorsque celui-ci se lança une bonne fois pour toute à la recherche de la pierre philosophale ?
Non. Tout le mérite en revenait à Dumbledore, mais celui-ci ne voyait pas les choses ainsi : Pour lui, caresser dans le sens du poil Matthew et le favoriser de cette manière lui assurait la fidélité indéfectible du jeune homme et son soutien dans tout ce qu'il entreprendrait par la suite, son image aux yeux du monde magique étant à elle seule suffisante pour servir d'étendard à sa cause. Le seul inconvénient à ses yeux était que Matthew en voulait toujours plus, toujours davantage et de préférence de suffisamment voyant pour le montrer aux autres et susciter leur envie, cela sans penser un seul instant que tout ce qui en résulterait ne serait que jalousie, rancœur et colère.
Pourtant, avec la fin de cette année scolaire et la mise en échec de Voldemort, Dumbledore aurait pu se sentir satisfait et soulagé de voir les vacances scolaires arriver, mais il n'en était rien. Matthew restait constamment dans son esprit, et chaque fois qu'il pensait à lui, un goût amer en bouche accompagnait généralement les sombres pensées qu'il avait concernant son apprenti, comme un constat d'échec personnel difficile à avaler pour le grand sorcier qu'il était et un défaut dans le plan qu'il avait établi pour sortir le monde magique du conflit qui l'opposait ainsi que le ministère de la magie à Voldemort et ses subalternes.
Surtout, il ressentait cet échec plus profondément encore qu'un poignard planté dans son corps car Matthew était devenu ce qu'il était aujourd'hui de ses propres mains, et en voulant mouler ce jeune garçon en une figure héroïque, courageuse et l'étendard de la justice derrière tous devaient se ranger, il en avait fait l'exact opposé.
Premièrement, Matthew n'était certainement pas un garçon modèle sur lequel les parents jaloux calqueraient leurs propres enfants pour tenter d'en faire de pâles copies sans pour autant y parvenir. En vérité, son élève manquait surtout d'une bonne éducation, de bases solides en matière de politesse, de courtoisie et de bienveillance qui auraient pu le rendre agréable aux yeux des autres. Non, ce qui caractérisait surtout Matthew était sa malhonnêteté, voir sa méchanceté à l'égard de son prochain. Que n'aurait-il pas donné pour embaucher un secrétaire spécialement engagé pour traiter des affaires courantes de Poudlard le concernant ! La pile des méfaits et rapports portés contre Matthew devait probablement être immense, et ce en une seule année scolaire ! Et le pire était que certains professeurs eux-mêmes avaient des remontrances à faire quant au comportement de cet élève ! À ce rythme là, les casiers des armoires contenant les retenues et remontrances faites contre son père et ses trois meilleurs amis risquaient d'être rapidement dépassés. Si cela se savait dans les journaux… Il ne préférait même pas y penser, mais il se doutait bien que rien de positif n'en ressortirait.
Rien n'allait décidément comme prévu, et si Dumbledore avait eu quelques espérances au début de l'année sur l'acclimatation de son élève dans ce nouveau cadre scolaire et les liens qu'il pourrait tisser auprès d'autres étudiants, il devait admettre aujourd'hui qu'il y avait autant de chance de voir Matthew réunir autour de lui une horde d'adorateurs que de voir les élèves de Serpentard et de Gryffondor discuter cordialement entre eux dans les couloirs de Poudlard. On pouvait même dire que le jeune homme était pour le moins isolé du reste des élèves, presque rejeté tel un paria par une large majorité des étudiants et que son seul ami s'avérait en vérité être Ron Weasley, du moins fallait-il omettre à cela le fait que ce même Weasley supportait difficilement les sautes d'humeur et remarques mesquines de Matthew et réclamait des compensations matérielles comme un balai de course ou un jeu d'échec flambant neuf pour continuer à jouer son rôle d'ami du survivant.
- Qu'il est ironique de penser que la seule amitié que Matthew ait à Poudlard soit une amitié arrangée par l'appât du gain, maugréa sombrement Dumbledore sans se rendre compte en raison de son état d'énervement de la quantité monstrueuse de friandises qu'il mangeait de façon continu.
Deuxièmement, son élève ne s'intéressait à rien hormis à provoquer continuellement toutes les personnes qui avaient le malheur de ne pas être à son goût ou à ses exigences. Loin de l'homme courageux et juste, Matthew était au contraire méprisant envers les plus faibles, envers ceux qui ne partageaient pas ses idées, envers ceux qui ne partageaient pas le même sens de l'humour que lui lorsqu'il s'en prenait injustement à un autre élève, et surtout envers ceux qui ne se soumettaient pas à lui et à son seul nom. Comment l'intéresser alors à ce qui se passait à l'école quand il préférait à l'inverse semer le trouble et éructer contre presque toute l'école ? Même les cours ne l'intéressaient pas, encore moins les exercices pratiques hormis peut-être le Quidditch. Pas étonnant par conséquent de constater que durant toute cette année, et malgré les nombreux indices glissés par ses soins sur le chemin de Matthew pour le guider vers la pierre philosophale que convoitait Voldemort, celui-ci n'ait même pas songé un seul instant à s'interroger à ce sujet.
- Même mon avertissement du début d'année concernant le couloir du troisième étage ne l'a pas intrigué…, déclara avec regret Dumbledore en enfournant dans sa bouche un énième sorbet au citron. J'aurais pourtant pensé que le goût du risque était omniprésent chez lui, mais sa curiosité ne l'a même pas poussé à tenter de découvrir ce qui s'y cachait.
Son élève n'était qu'une coquille vide… ou du moins une coquille pleine d'arrogance et de fourberie, très loin par conséquent de ce qu'attendait de lui Dumbledore. Quant à ses caprices… Les murs de son bureau tremblaient encore de ses hurlements de fureur lorsqu'il essuyait un refus malgré ses exigences. C'était d'ailleurs un sujet de plaisanterie fréquent parmi les portraits des anciens directeurs de l'école accroché dans le bureau et une source perpétuelle de honte pour lui au point qu'il perdit à quelques reprises ses nerfs et désintégra sous le coup de la colère les directeurs et directrices les plus moqueurs à son égard, Phineas Black ayant pour sa part eu droit à pas moins de quatre nouveaux portraits au cours des derniers mois.
Enfin, et c'était le point qui peinait le plus Dumbledore, Matthew était, et ce malgré son insistance à l'entraîner, beaucoup trop faible pour pouvoir se mesurer à Voldemort. Même après toutes ces années d'entrainement intenses, ces exercices magiques et physiques - inutile de tenter à l'inverse la théorie, Matthew n'avait probablement jamais ouvert un livre de sa vie - prenant un temps considérable sur le temps libre du directeur, son élève semblait être au même niveau que celui qui fut le sien au commencement de son apprentissage. Le problème ne venait en tout cas pas de son noyau magique, certes loin du niveau attendu pour quelqu'un officiellement capable d'après une prophétie de vaincre un seigneur noir mais pas non plus inférieur à celui de ses camarades. A dire vrai, Matthew était magiquement quelqu'un de tout à fait banal : Son noyau magique restait dans la norme, la puissance de ses sorts quand il arrivait à en lancer un n'excellait jamais celle des autres élèves et jamais il n'avait montré quoi que ce soit sortant de l'ordinaire.
Ce n'était pas la première fois que Dumbledore faisait ce constat, mais jusqu'à présent il avait mis ces analyses sur le compte de la jeunesse, du développement physique de son apprenti et de la construction progressive du noyau magique. Mais maintenant… Les excuses devenaient de plus en plus difficiles à trouver un raisonnement convaincant pour expliquer l'absence de talent chez Matthew.
- Peut-être me serais-je trompé…, marmonna t-il en regardant d'un air absent la porte de son bureau.
Mais bien rapidement, il chassa cette idée de son esprit, honteux d'avoir pu penser un seul instant avoir commis une telle erreur. Qui d'autre de toute manière aurait pu correspondre à cet élu capable de vaincre définitivement Voldemort si ce n'était pas Matthew ? Le seul autre garçon correspondant aux critères mentionnés par la prophétie était Neville Londubat, mais tout comme Matthew, lui non plus n'avait rien d'extraordinaire le faisant sortir du lot. Du moins, c'était si l'on exceptait son talent en botanique et la gentillesse du jeune homme qui le rendait particulièrement attachant pour certains élèves. Mais jeter des fleurs sur Voldemort allait-il le vaincre ? Cette seule pensée était risible, et Dumbledore ne put réprimer un léger gloussement à l'idée de voir son pire ennemi se noyer dans une mer de roses.
Et puis, la prophétie ne disait-elle pas que Voldemort marquerait celui qui le vaincrait comme son égal ? La cicatrice de Matthew avait certes quasiment disparu depuis dix ans maintenant pour ne laisser qu'une légère trace sur son corps, mais elle restait tout de même l'œuvre du sortilège qui l'avait semble t-il touché.
Non, décidemment tous les indices semblaient concorder vers une seule direction : Matthew Potter. Lui seul était définitivement l'unique personne capable de vaincre Voldemort, mais encore fallait-il qu'il en ait les capacités. C'était donc sur ce point là que Dumbledore devait insister, et l'idée d'entraîner rigoureusement Matthew durant toutes les vacances commençait à présent à germer dans son esprit. Peut-être pourrait-il également sortir de sa retraite son vieil ami Alastor Maugrey ? Étant donné les méthodes d'enseignement de Fol œil, Matthew allait passer un terrible été en sa compagnie, mais les résultats seraient au rendez-vous.
Souriant à cette idée soudaine, Dumbledore entreprit immédiatement de fouiller sous la paperasse de son bureau à la rechercher d'une feuille de parchemin vierge, cherchant déjà dans son esprit les meilleures tournures de phrases pouvant convaincre Maugrey d'accepter son offre. Et s'il n'acceptait pas… Eh bien, l'épisode avec Nicolas Flamel trouverait peut-être un écho.
Il fallait toutefois veiller à ce que Maugrey ne le rende pas trop puissant à ses yeux, autrement la seconde partie de son plan risquait de devenir plus compliquée que prévu. Comment en effet éliminer un jeune homme si celui-ci savait se défendre contre lui ? Le laisser éliminer Voldemort était une chose, mais l'éliminer en était une autre et l'occasion ne se présenterait pas deux fois entre le moment où il vaincrait le seigneur noir et celui où le monde magique serait au courant de son exploit. La marge de manœuvre ne devait probablement pas exceller quelques heures, et encore si le combat se déroulait loin des curieux.
- La disparition de Matthew sera pour un temps vécue comme une amère conséquence de la fin de la guerre, mais les gens oublieront vite son apport dès lors que j'aurais modifié le dénouement de ce conflit à ma manière, se dit-il pour lui-même en s'imaginant déjà comme scénario de son histoire la reprise du combat contre Voldemort après être arrivé trop tardivement pour sauver son élève assassiné de la main du mage noir.
Oui, tant que personne ne se trouvait dans les parages pour contester son récit, celui-ci apparaîtrait suffisamment comme plausible pour que personne ne le conteste et pour lui donner le beau rôle dans cette histoire. Vaincre deux mages noirs en moins d'un siècle, pas même Merlin n'en avait été capable ! Les générations futures allaient probablement idolâtrer pour longtemps son nom ! Son honneur serait sauf tout comme celui de l'école qu'il chérissait tant.
Un souvenir vint brusquement entacher ce tableau idyllique se dessinant dans son esprit et contredire son affirmation. L'école n'avait-elle pas en effet été le théâtre d'un tragique évènement quelques mois plus tôt ? Certes, cela pouvait être mis très certainement sur le dos de Quirrell, mais comment expliquer qu'un troll ait été lâché dans une école par un sorcier possédant Lord Voldemort à l'arrière de son crâne sans avouer avoir caché la vérité de sa présence pendant des mois à la communauté magique de ce pays ?
L'incident d'Halloween avait été regrettable événement qui avait bien failli lui coûter son poste. Encore heureux que l'affaire ne s'était pas ébruitée dans les journaux ! Jamais il n'aurait pu ressortir de chez lui sans se prendre les commentaires désobligeants des parents d'élèves sur la sécurité de leurs rejetons au sein de Poudlard ou sur la remise en cause des programmes scolaires incluant des créatures magiques potentiellement dangereuses. Le ministère lui-même en avait à peine été informé, mais suffisamment en tout cas pour que Cornelius puisse penser à juste titre ouvrir une enquête sur cette triste affaire… Enquête qui ne débouchera au final sur rien de bien compromettant pour Dumbledore et qui ne durera en définitif que trois jours à peine.
Qui se souciait après tout du sort d'une élève née-moldu ? Cette Granger n'était vraiment pas née dans le bon monde, autrement l'enquête aurait duré bien plus longtemps. Dumbledore ne pouvait s'empêcher de la remercier pour cela, se doutant pertinemment que sa naissance avait également eu comme conséquence d'éviter d'avoir à dos les puristes présents au ministère mais également au conseil des gouverneurs de l'école, Lucius Malefoy en tête. Celui-là ne perdait d'ordinaire jamais une occasion pour tenter de briser son image et sa popularité à travers la communauté magique de Grande-Bretagne, et si le troll avait violemment agressé un tout autre élève, y compris un sang-mêlé, il était évident que Lucius se serait jeté sur cette opportunité pour lui causer du tort et le faire renvoyer de Poudlard. Mais jusqu'ici, le seigneur Malefoy s'en était tenu à un silence complet sur cet évènement, jugeant probablement qu'une sang-de-bourbe selon ses propres termes ne valait certainement pas qu'il s'y attarde ou même qu'il daigne perdre son temps là-dessus.
Oh oui, Dumbledore l'avait échappé belle sur ce coup là, mais il ne fallait pas croire que sa seule bonne étoile y avait joué un grand rôle : L'argent et la fourberie avaient également contribué au dénouement de cette affaire, le premier afin de payer grassement les journalistes pour qu'ils n'ébruitent pas cette histoire, la seconde concernant davantage ses petites manœuvres pour dissimuler celle-ci aux yeux de tous, notamment l'interception du courrier et sa lecture pour éliminer les missives contraignantes ou encore l'utilisation du sortilège d'amnésie sur les quelques élèves au courant et qu'il fallait faire taire avant que la rumeur ne se répande au sein de l'école.
Quant à son élève, par chance celle-ci avait survécu à l'attaque, mais ses parents, horrifiés par ce qui était arrivé à leur fille, l'avaient aussitôt désinscrite des registres de l'école et ramené chez eux dès lors qu'elle s'était réveillée quelques jours plus tard à Ste Mangouste, empêchant de ce fait les médicomages de soigner correctement la jeune fille qui allait garder toute sa vie les traces de son agression marquées sur son corps.
- Tant pis pour eux, se contenta de souffler Dumbledore en y repensant.
Lui-même n'avait pas cherché plus loin, et pas une seule fois il n'avait rendu visite à Hermione sur son lit d'hôpital, préférant à l'inverse s'atteler à relativiser au maximum ce qui lui était arrivé auprès des quelques curieux. Le souvenir du visage ravagé d'un coup de massue de cette jeune fille, la quantité monstrueuse de sang qu'elle avait perdue et qui s'était étalé sur le dallage des toilettes, les copeaux de bois s'étant logé dans son corps raisonnablement sous l'effet d'une projection contre les cabines… Cela allait probablement le hanter pour le reste de sa vie. Comme il regrettait d'avoir été le premier à se trouver dans cette pièce ! Au moins pouvait-il se targuer d'avoir vaincu à lui seul cette stupide créature et d'avoir sauvé Hermione d'une mort particulièrement douloureuse, mais la boucherie qui en avait résulté lui donnait encore des frissons dès qu'il y repensait.
Soupirant une énième fois pour tenter de réfléchir à un autre sujet, la pointe de sa plume toujours posée sur la lettre adressée à Maugrey obstinément vide de mots, ses yeux tombèrent sur la pile de feuille devant lui qui ne semblait vouloir jamais baisser. Toutefois, une lettre soigneusement cachetée et parfumée attira son attention sur le haut de la pile. Une admiratrice ? La chose n'était pas exceptionnelle mais rarement Dumbledore en avait reçu. Se saisissant de l'enveloppe qu'il décacheta rapidement après avoir analysé l'écriture fine et élégante écrite dessus, il extirpa de celle-ci une simple feuille de parchemin qu'il déplia avant de lire, les sourcils légèrement froncés.
- Bonté divine, je l'avais presque oublié celui-là ! s'exclama t-il en ricanant de bon cœur au point de faire sursauter son familier.
Tournant sa tête dans sa direction, Dumbledore lui montra alors la lettre qui lui était adressée, et tout en secouant la tête, le directeur s'adressa de nouveau à lui, les yeux pétillant de malice :
- Je crois que nous avons déjà trouvé notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal, Fumseck. J'ai hâte de vous voir à l'œuvre, Gilderoy Lockhart.
Donc voilà, chapitre fini ! J'espère que vous me direz ce que vous en pensez. Pour ma part j'en suis globalement satisfait même si j'ai remarqué quelques petites répétitions qui m'auraient donné beaucoup de mal à être modifiées. Je pense en tout cas avoir bien fait ressortir la personnalité de Dumbledore dans ce chapitre ainsi que les événements passés à Poudlard durant l'année écoulée (j'ai omis quand même l'histoire du miroir de Risèd, Norbert le dragon et la cape d'invisibilité, les deux premiers parce qu'ils n'apportent pas grand chose à l'histoire et le dernier parce que je suppose que James a pu la confier à son fils depuis longtemps).
Également, comme vous avez pu le voir, j'ai décidé de donner une légère importance à Fol-Oeil puisqu'il deviendra le mentor de Matthew. Je me suis dit que faire un élu mauvais en tout et méprisable était amusant, mais qu'il fallait bien tôt ou tard qu'il ait quand même quelques cartes en main à jouer contre Voldemort pour ne pas passer comme faible à vos yeux. Par contre cela ne veut pas dire non plus qu'il deviendra puissant, mais disons simplement qu'il ne fera pas de la figuration dans l'histoire.
Donc premièrement, et appelons cela la petite note historique qui s'était fait absente de mes derniers chapitres, si je parle au début du chapitre de la tonte des moutons, c'est avant tout parce que l'Angleterre était connue pendant des siècles pour son commerce du textile et de tout ce qui dérivait de la laine de mouton, en particulier avec les provinces-unies (les actuels Belgique et Pays-bas à peu de choses près),la Hollande et la Flandres ainsi que l'Artois pour la France. Leur économie était en grande partie basée sur ça (exportation en masse), du moins jusqu'au milieu du XVIIIème où apparaissent la métallurgie et les premières mines de charbon à grande échelle. Je me suis par conséquent dit qu'à côté des Lords, une partie non négligeable des étudiants de Poudlard devait être issue de l'élevage des moutons et de l'agriculture ^^.
Pour ce qui est de la pierre philosophale, pour être honnête j'ai longtemps crû en raison de la carte chocogrenouille de Dumbledore qu'il en avait été l'inventeur en même temps que Nicolas Flamel ("Il travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste Nicolas Flamel..."), d'où la confusion qui apparaissait malgré tout par rapport à leur âge (Flamel a plus de 600 ans, Dumbledore moins de 120... Les sorciers seraient-ils multi-centenaires ?). J'ai pensé à reprendre un peu cette erreur de ma part en l'incluant dans mon histoire et donner ainsi l'impression que notre cher directeur usurpait sur certains points sa réputation !
Quant à Quirrell, j'ai appris tout récemment qu'il avait été auparavant professeur d'étude des moldus à Poudlard avant de devenir le professeur que l'on découvre dans le premier tome : J'ai décidé de rester sur ma ligne de conduite de départ et de faire de lui un professeur nouvellement nommé sans le moindre antécédent dans le domaine de l'enseignement.
Donc voilà, maintenant nous ferons une petite ellipse de deux ans dans le futur, en 1805 pour être précis, et là les choses vont véritablement se gâter pour Harry. Le prochain chapitre est déjà écrit et est beaucoup plus long que celui-ci, mais j'attendrai un peu avant de le poster ; Pour le moment je me suis lancé dans l'écriture des suivants et notamment sur les premières scènes de bataille où Harry s'illustrera... ou pas. Vous ne pouvez pas imaginer comme c'est dur de faire jaillir toute l'intensité d'un combat, les émotions qui transpercent les protagonistes ou même l'atmosphère englobant un conflit ^^.
également, le chapitre quatre de mon autre fiction est en passe d'être terminé (Ouf!). J'ai relu environ trois biographies sur Marie-Antoinette et deux sur Elisabeth pour me renseigner sur l'année 1784 et coller au maximum avec les événements qui surviennent à Versailles. Patientez jusqu'à ce weekend !
à bientôt !
