Salut à tous ! Me voici à nouveau avec dans ma besace un nouveau chapitre rien que pour vous !
J'espère que vous allez bien ? Moi je suis à nouveau plongé dans les révisions (surtout que là on fait durant ce semestre l'histoire antique à la fois grecque et romaine et entre nous, je déteste cette période...) mais bon, je n'en oublie pas pour autant de vous donner de quoi lire en ce lundi férié !
Alors tout d'abord, ALERTE : Contrairement à ce que j'avais annoncé, j'ai finalement changé mes plans et ai décidé d'écrire quelques chapitres supplémentaires avant de passer directement à Austerlitz. La raison est qu'étant donné qu'au même moment se déroule le tournoi des trois sorciers, je souhaitais ne pas l'omettre complètement et vous donner un aperçu de ce qu'il sera (afin d'éviter également de centrer l'intégralité de l'intrigue de cette fiction autour d'Harry). Je pensais qu'il fallait essayer d'établir un équilibre entre l'histoire d'Harry et l'histoire de son petit frère au même moment, alterner les problèmes que rencontre notre petit héros et ceux de Matthew afin dans le même temps de voir comment se déroule la vie à Poudlard durant le tournoi (et plus particulièrement ce qui arrive à Dumbledore et au faux Maugrey) plutôt que de tout vous donner dans un seul et même chapitre en guise d'explication générale des événements. J'espère en tout cas que ça ne vous dérange pas.
Encore merci pour vos nombreux commentaires, j'y répondrai dès que ce chapitre sera publié ! En tout cas vous semblez adorer les moments où Dumbledore est présent ^^.
DiidineOokami : Merci pour ton commentaire ! Apparemment j'ai répondu à tes attentes concernant ton genre de fiction fétiche. J'espère que la suite te plaira tout autant !
Guest : Merci pour ton commentaire !
Yuri Girl : Merci pour ton commentaire ! J'espère ne pas te décevoir lorsque ce moment arrivera, il est très demandé en fait !
Faenlgiec : Effectivement, et vous êtes peu nombreux à me l'avoir fait remarquer, mais Dumbledore oublie de mentionner Harry dans les candidats au titre d'élu. C'est volontaire de ma part puisque je voulais montrer par là que le directeur avait totalement oublié l'existence du fils aîné des Potter.
Thren : Merci pour ton commentaire ! Concernant Hermione, je ne me rappelle absolument pas qu'elle avait de la famille en France (Je sais qu'elle passait ses vacances parfois là-bas, mais en famille... Il faudrait que je regarde ça). Quant à ce qui lui arrivera, je ne peux rien dire de précis sans vous spoiler, mais je me réserve le droit de lui faire subir encore quelques petites choses au cours de l'histoire (positivement comme négativement parlant !).
Concernant ce nouveau chapitre, je pense que le titre est suffisamment évocateur pour que vous sachiez de quoi il en retourne ? Par contre vous remarquerez probablement des changements dans la trame originale, des événements ne se déroulant pas au même moment que ceux prévus par Roxling etc... Je vous expliquerai tout ça à la fin du chapitre !
D'ailleurs, une petite question vous sera posée à la fin de celui-ci : Répondez-y si vous voulez, mais elle influera sur la durée de publication de cette histoire.
Sur ce, bonne lecture !
Maugrey Fol-œil n'était pas quelqu'un de patient. Loin s'en faut d'ailleurs, mais jamais il ne s'en était formalisé et de toute manière, jamais quelqu'un n'avait osé lui en faire le reproche. Cette impatience, cette volonté d'affronter l'ennemi de face sans penser aux retombées de ses actes ne lui avaient elles pas permis de remplir à lui seul plus de la moitié des cellules d'Azkaban ? Bon, il était vrai que sa santé physique en avait pris un sacré coup et qu'avec une jambe en moins remplacée par une autre en bois et vulgairement taillée, un nez à demi manquant et brisé, un œil en moins substitué à un autre tourbillonnant dans tous les sens et lui permettant de regarder derrière lui et les dizaines de cicatrices lui zébrant le corps, Maugrey avait le profil type de l'homme ayant combattu toute sa vie à ses risques et périls.
Mais il était avant tout un homme de terrain, un homme qui sa vie durant s'était battu pour combattre toute forme d'injustice et d'inégalité, privilégiant pour sa part la force et la dureté à la passivité, l'humanisme et la logique dont certains préféraient faire preuve pour résoudre le moindre conflit. Pour lui, on ne réglait pas un problème avec de longs discours et de belles paroles mielleuses pour parvenir à un accord. Oh non, la méthode forte était la meilleure, et c'est en faisant ployer son ennemi, en l'obligeant à reculer et à se retrancher derrière ses lignes pour qu'il n'ait au final plus aucune échappatoire que l'on pouvait obtenir de lui ce que l'on voulait.
Certains s'offusquaient de ses méthodes jugées trop rigoristes. Lui voyait plutôt là un moyen de s'assurer d'éliminer au plus vite toute menace pesant sur lui ou sur n'importe quelle autre personne. Cette manière de percevoir le danger contrastait radicalement des prises de position de son vieil ami Albus Dumbledore. Enfin ami… Il fallait plutôt parler dans leur cas de relation purement professionnelle, tous les deux partageant à leur manière le même dégoût pour tout ce qui concernait la magie noire et tous ses adeptes. Le reste du temps Maugrey préférait rester loin de cet homme au premier abord sympathique mais qui cachait vraiment bien son jeu sous ses airs de grand-père. Combattre pendant plus de quarante ans les forces du mal avait au moins permis de comprendre une chose essentielle pour Maugrey : Il fallait toujours se méfier du loup qui dort, et en l'occurrence, rester sur ses gardes lorsqu'il s'agissait du directeur de Poudlard.
Encore aujourd'hui, la patience de l'ex-auror était mise à rude épreuve par Dumbledore et ses machinations dont lui seul connaissait le raisonnement, mais l'objet de sa frustration n'avait pas pour l'heure l'apparence du vieillard passant son temps à manger des sorbets au citron et à se mêler de tout ce qui ne le regardait pas mais bien celle d'un jeune garçon de quatorze ans aux cheveux auburn bien ébouriffés et respirant difficilement sur le plancher de son salon.
- Debout fainéant ! éructa t-il en lui lançant au passage un petit sortilège qui fit sursauter le jeune garçon. Nous allons recommencer encore une fois, et j'espère bien avoir un meilleur résultat !
- Qu-quand mon père apprendra ce que vous me faites faire, il… il vous le fera payer, vieil-vieillard ! répliqua l'autre en lui lançant un regard noir.
- À la bonne heure, j'attends de voir ce que ton mou de père pourra bien me faire, lui qui depuis des années n'a probablement même pas lancé un seul sortilège offensif sur quelqu'un ! s'égosilla Maugrey en soutenant son regard froid. Maintenant lève-toi Potter, ou tu vas vite comprendre de quel bois je me chauffe !
Matthew, puisqu'il s'agissait de lui, n'en demanda pas tant pour se relever bien que péniblement. Le souffle court et le corps courbaturé, il se remit difficilement sur ses deux jambes, et le bras tendu au bout duquel une baguette magique pointait en direction de son professeur, il tenta une nouvelle fois de vider son esprit pour se concentrer uniquement dans la tâche qu'il se devait d'accomplir aujourd'hui : désarmer Maugrey. Plus facile à dire qu'à faire ! Comment ignorer le fait qu'il désirait en ce moment même davantage faire souffrir le vieil auror plutôt que de simplement lui prendre sa baguette ? Toutes ces semaines harassantes de travail en sa compagnie, toutes ces vexations, ces humiliations, toutes les contraintes qu'entrainaient cette formation avec lui auraient finalement une bien belle récompense ! Deux ans maintenant qu'il se coltinait une fois par semaine la présence de cet irascible vieillard ! Matthew en avait assez, et plus encore, il en avait assez de gâcher ses vacances en entraînements et instructions aussi inintéressantes qu'éprouvantes pour lui, et ce sans se douter que son professeur partageait avec lui les mêmes pensées. Foutu Dumbledore… En cet instant Matthew aurait donné n'importe quoi pour se retrouver en présence de son mentor et lui exprimer tout le ressentiment qu'il avait envers lui.
- Expelliarmus ! s'écria t-il soudainement sans attendre les salutations d'usage pour un duel.
Aussi rapide qu'une balle de mousquet, un flash lumineux sortit de sa baguette pour se diriger à vive allure vers Maugrey, mais celui-ci, prévoyant par avance la fourberie de son étudiant, s'était déjà paré à toute éventualité en faisant apparaître devant lui un bouclier transparent au moment même où la baguette de Matthew s'était mise à bouger dans la paume de sa main. Le sortilège rebondit aisément sur sa protection et vint mourir dans l'âtre de la cheminée qui s'anima avec plus d'ardeur qu'auparavant. Sans attendre, Maugrey lui renvoya la pareille, et quelques instants plus tard, la baguette de Matthew vint voler dans sa main libre aussi facilement que si elle avait été attirée par un aimant.
- Tu pensais m'avoir de cette manière, mon garçon ? l'interrogea t-il d'un voix moqueuse. Je n'ai pas combattu pendant des décennies les mages noirs et les sorciers maléfiques pour ne pas anticiper une telle bassesse !
- Insinueriez-vous que je serai un mage noir ? s'écria Matthew en le regardant avec colère.
- À toi de me le dire, bon à rien ! répliqua Maugrey en lui lançant rudement sa baguette. Il n'y a rien de plus lâche que ce que tu viens de faire ! Toi ! ajouta t-il en se tournant vers l'autre personne présente dans la pièce. Viens ici, tu prends la place de ce triste individu !
Tout comme Matthew montrait un dégoût prononcé pour ce qu'il tentait de leur enseigner, Maugrey constata en moins d'une seconde qu'il en était de même pour Ronald Weasley. Tandis que ce dernier s'approchait du centre de la pièce en fronçant les sourcils lorsque son regard croisa celui de son ami, leur enseignant lui se demandait encore ce qui avait bien pu piquer Dumbledore pour qu'il en vienne à lui demander d'entraîner ces deux énergumènes qui, de toute évidence, auraient préféré se trouver partout ailleurs sauf ici en sa compagnie. Que le directeur de Poudlard lui demande de former l'élu, cela il pouvait le comprendre, mais qu'il l'oblige à assister à une formation à laquelle il ne voulait pas lui donnait au final la sensation de perdre son temps. Qu'apprendre après tout à un élève qui ne voulait justement rien savoir ? C'était pour lui comme essayer de remplir une cruche d'eau qui n'aurait pas de fond puisqu'elle serait justement brisée en cet endroit. Tout ce qu'il tentait d'inculquer à ce jeune garçon rentrait par une oreille et ressortait immédiatement par l'autre. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé depuis deux ans ! Seul le sortilège de désarmement lui était totalement acquis, et encore : Le plus souvent, la baguette échappait des mains de sa cible mais volait dans une direction autre que sa main, parfois même au pied de son adversaire. Quant à l'autre, ce Weasley qui préférait manger de manière gloutonne plutôt que de suivre assidûment ses leçons, Maugrey s'étonnait encore que Molly Weasley continue à l'envoyer chez lui en même temps que Matthew dans l'espoir que son dernier fils parvienne enfin à rentrer quelque chose dans le vide qui constituait sa tête. Devant tant de mauvaise volonté, l'ex-auror en restait pantois.
- La position règlementaire, et plus vite que ça ! hurla t-il alors que Ron s'approchait de lui en traînant des pieds.
Celui-ci obtempéra aussitôt, mais sa gestuelle traduisait parfaitement une certaine lassitude en lui. Même lever son bras semblait être un effort trop dur pour Ron qui, d'un mouvement las, porta la main tenant sa baguette vers son visage, le regard aussi dur que s'il voulait en cet instant voir Maugrey fondre sous ses yeux à cause de la colère émanant de ses iris.
- Bon garçon, se moqua le vieil homme en le saluant pareillement. Si tu mettais autant de volonté dans ton travail que dans le regard que tu me lances, tu n'en serais pas à gâcher ta journée en ma compagnie. Maintenance vas-y !
- Expelliarmus !
Comme il s'y attendait, Maugrey constata que le sortilège ne vint pas, et tandis que Ron pestait sur sa baguette magique soi-disant défectueuse, lui réprima l'envie de souffler de dépit devant l'infructuosité des tentatives du jeune rouquin. Des deux, Ron était très certainement le pire élève : Mauvais en pratique, nullissime en théorie, nonchalant lorsqu'il s'agissait de fournir le moindre effort physique, distrait et inattentif dès lors qu'un sujet autre qu'une leçon de magie venait troubler leur séance, et surtout d'une vulgarité sans nom même pour les gens qui comme Maugrey méritait un certain respect. Combien de fois avait-il repris la langue fourchue de ce jeune homme lorsqu'il s'adressait familièrement à lui ?! Lui-même avait perdu le compte, mais il appréciait maintenant que le jeune Weasley adopte un silence de convenance en sa présence plutôt que de se plaindre bruyamment de ce qu'il lui faisait endurer.
De même, Maugrey trouva amusant le regard que Ron lança à Matthew lorsqu'il eut cessé de se plaindre de sa baguette : De la colère, de la rancœur, peut-être même un soupçon de haine… Cette scène fit pour le moins sourire le vieil auror qui, pourtant habitué aux rivalités entre deux personnes du temps où il dirigeait lui-même le département des aurors au ministère de la magie, s'étonnait encore de voir deux jeunes garçons officiellement amis s'opposer ainsi pour une si petite bagatelle qu'un entraînement poussé en magie offensive. Enfin ami… Maugrey, qui avait toujours eu l'intuition juste, avait plutôt l'impression d'un accord tacite entre deux adolescents diamétralement opposés mais qui trouvait chacun un avantage dans cette pâle image d'amitié.
Passant une main lasse dans sa tignasse grise, Maugrey mit rapidement un terme à leur petit duel en faisant passer un sortilège entre eux. Le sort frappa de plein fouet un vieux fauteuil repoussé au fond de la pièce et l'éventra totalement, libérant la laine usée qui voltigeait désormais dans toute la pièce sans que personne ne s'en soucia.
- Comment vous dire le plus poliment qui soit ce que je ressens en ce moment même devant l'étendue de votre médiocrité ? commença t-il d'un ton bas en secouant légèrement sa tête. Oh je sais…
- Une réussite ? proposa Matthew en époussetant sa veste pour faire partir les petits grains de poussière soulevés par le dernier sortilège. J'ai tout de même réussi à vous lancer ce stupide sortilège…
- FERME-LÀ ! hurla Maugrey, piqué au vif pour avoir été interrompu par cet adolescent de quatorze ans.
Et pour faire bonne mesure, il envoya à nouveau un sortilège en direction de Matthew qui, surpris par son soudain geste, n'eut juste le temps que de se décaler pour éviter le rayon rougeâtre qui lui frôla le crâne.
- Vous êtes cinglé ! fulmina t-il en se relevant après s'être dépêtré de sa robe de sorcier. Vous auriez pu me toucher !
- VIGILANCE CONSTANTE ! se contenta de répondre Maugrey en gardant sa baguette pointée vers lui. Je croyais avoir été clair à ce sujet : Personne ne vous préviendra lorsqu'il jugera bon de vous lancer un sort ! Il faut être sur le qui-vive à chaque instant !
- Vous savez que votre cas intéresserait certainement les hôpitaux généraux ? argua Matthew. Cette sensation constante d'insécurité est peut-être un signe de folie !
Loin de se sentir insulté, Maugrey lui répondit par un simple sourire édenté donnant la chair de poule à l'élu. Oui, lui-même se savait par moment paranoïaque sur sa sécurité, mais qui pourrait lui en vouloir ? Ne valait-il pas mieux être constamment en alerte que laisser venir à soi le danger ?
- Si tu mettais autant d'énergie dans tes sortilèges qu'à insulter tes supérieurs et à ouvrir le claque-merde te servant de bouche pour déverser ta bile, nous n'en serions pas là à nous regarder en chien de faïence mon garçon, lui rappela avec justesse Fol-œil. Et cela vaut également pour toi Weasley, ajouta t-il en se tournant vers Ron.
Faisant les cent pas devant eux, Maugrey se lança alors dans un monologue dont il ne semblait pas vouloir incorporer ses deux élèves :
- Plus de quarante ans de service, et voilà où j'en suis : à jouer le baby-sitter pour deux idiots même pas capable de retenir le positionnement correct pour un duel. Bah ! Me voilà bien puni d'avoir voulu prendre ma retraite ! Je ne sais ce que manigance Dumbledore avec ces deux là, mais qu'il aille au diable ! J'ai déjà assez perdu de mon temps et de mon énergie à inculquer à deux têtes vides tout ce que je savais !
- Vous savez que nous sommes toujours là ? l'informa Matthew d'un ton dédaigneux.
Pour toute réponse, Maugrey lui envoya de nouveau un sortilège qu'il parvint malgré tout à éviter par une astucieuse roulade.
- Monsieur Fol-œil ? l'interpella d'un ton étonnamment poli Ron.
- Hm ? se contenta de souffler celui-ci en s'arrêtant de marcher, intrigué par le ton poli du rouquin.
- Il est près de sept heures maintenant et si je ne m'abuse, il me semble bien que cela signifie que notre cours est fini, répondit Ron d'une voix sonnant davantage comme une affirmation plutôt qu'une question détournée visant à prendre congé de lui.
Maugrey ne répondit pas immédiatement, ses deux yeux braqués sur le fils de monsieur Weasley au point qu'il en recula de quelques pas, intimidé par le regard de son professeur. Puis tout à coup, et sans même les avertir, Maugrey leur renvoya à nouveau divers sortilèges de son crû, la plupart lancés volontairement à côté d'eux pour éviter de les blesser. Mais l'envie était là, et le vieil homme en cet instant le désirait ardemment.
- Vauriens ! éructait-il sans s'arrêter. Misérables ! La cloche ici c'est moi, et tant que je ne vous dirai pas d'arrêter de vous entraîner, vous ne vous arrêterez pas ! Les bons plats de môman peuvent attendre !
- Mais j'ai faim moi ! répliqua Ron en se cachant derrière un meuble. Et vous ne pouvez pas nous retenir contre notre volonté ici !
- Il marque un point ! confirma Matthew en se jetant pour sa part derrière un fauteuil. Dumbledore vous a spécifié que notre entraînement devait durer jusqu'à sept heures du soir, pas plus tard ! Et nos parents risquent de s'inquiéter si nous ne revenons pas à l'heure !
- Eh bien allez donc, petits écervelés ! les invita Maugrey en cessant de les mitrailler de maléfices. Et ne revenez plus ! J'en ai marre de donner de mon temps à deux idiots même pas capables de désarmer un pauvre vieillard comme moi ! Deux ans maintenant que j'essaie de faire entrer dans votre petite cervelle tout ce que je sais, et deux ans que je me heurte à une muraille de bêtises ! Je vous dispense à l'avenir de venir faire acte de présence ici ! Vous n'aurez qu'à dire à Dumbledore que je me sentais trop fatigué pour cela ! Maintenant dehors, ou je vous chasse d'ici à coup de pied au cul !
Les deux garçons ne se firent pas prier, et ni une ni deux, chacun arriva à grandes enjambées face à la cheminée dans laquelle Matthew jeta une quantité infime de poudre qui fit aussitôt prendre aux flammes ronflant dans l'âtre une teinte verdâtre. Après un dernier regard dans la direction de l'ex-auror, l'élu entra sans plus attendre à l'intérieur de la cheminée, et d'une voix forte avant de jeter à nouveau de la poudre à ses pieds, il prononça distinctement l'adresse de son domicile, disparaissant par la suite dans un tourbillon de flammes l'avalant entièrement. Ron lui enjoignit le pas, mais contrairement à Matthew, lui ne semblait pas plus concerné par ce qu'il adviendrait de la réaction de Dumbledore lorsque celui apprendrait que Maugrey refusait désormais de leur enseigner. Une chose seulement lui revenait en tête : Enfin les vraies vacances allaient commencer ! Cette pensée le réjouit autant que le succulent plat que devait avoir mijoté sa mère et qui n'attendait plus que lui maintenant.
- Le terrier ! hurla t-il avant à son tour de disparaître pour ne laisser derrière lui qu'un vieil homme seul dans sa petite bicoque en bordure de forêt.
Maugrey n'attendit pas que les dernières flammes vertes disparaissent de sa cheminée pour s'en détourner, préférant plutôt s'atteler à redonner à son petit salon son aspect ordinaire comme pour effacer définitivement le souvenir même laissé par Potter et Weasley en son sein. D'un coup de baguette magique, fauteuils, table basse, armoires et autres bibelots reprirent leur position initiale dans la pièce pendant que les rideaux, jusque là tirés pour ne jamais avertir les deux jeunes adolescents de la journée qui déclinait par delà les fenêtres, s'ouvrirent afin de laisser passer la lumière du soleil encore bien haut à cette heure précise. Soufflant une énième fois, Maugrey éteignit sa cheminée d'un geste, ouvrant d'un autre les fenêtres pour laisser passer la fraîcheur de cet été relativement clément en terme de température. Puis, il s'assit lourdement sur son fauteuil favori, ignorant le trou béant qu'il lui avait causé tout à l'heure, et posa sa lourde jambe de bois sur le petit tabouret prévu à cet effet tout en soupirant d'aise. Bon sang que cette jambe le faisait souffrir ! Rowle avait bien de la chance d'être mort durant la dernière guerre, autrement il se serait fait un plaisir de lui faire regretter la perte de son membre.
Ses yeux qui jusqu'à présent s'étaient posés sur les braises encore fumantes des bûches de la cheminée trouvèrent en une bouteille de Whisky trônant dans la verrière ; Un nouveau centre d'intérêt auquel il succomba rapidement. Trop fatigué, et surtout désireux à présent d'utiliser un peu de magie trop longtemps réprimée par la faiblesse de l'élu et de son acolyte aux cheveux roux, Maugrey ne perdit pas de temps pour une nouvelle fois utiliser sa baguette pour faire venir à lui ce délicieux nectar et une petite coupelle qu'il posa tranquillement sur la petite table en bois près de lui. La bouteille ouverte, il put sentir l'agréable parfum d'alcool qui semblait lui susurrer à l'oreille qu'il pourrait oublier tous ses soucis de la journée d'une seule gorgée tout en appréciant la volupté et la caresse doucereuse de cette boisson dans sa gorge.
- Comment puis-je m'y refuser ? se dit-il à lui-même en se versant une généreuse quantité qu'il porta à sa bouche aussitôt.
Comme annoncé, un soupir d'aise s'échappa de sa bouche dès qu'il en avala l'intégralité d'une traite, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Oh oui, rien ne valait un bon whisky pour faire disparaître de son esprit la gêne que fut pour lui pendant toute cette journée la présence indésirable de ces deux garnements. Qu'il était surtout bon de se trouver là, allongé dans ce fauteuil aussi vieux que lui, touché par la caresse du vent soufflant jusque dans ses cheveux et réchauffé dans le même temps par le nectar qui à présent avait élu domicile dans son estomac. Pour un peu, il en aurait presque dormi là, indifférent pour la première fois depuis longtemps à ce qui l'entourait. Cette sensation lui rappelait surtout l'époque où lui-même, jeune homme peu fringuant mais doué d'un courage sans borne, parcourait les quatre coins du Royaume-Uni en compagnie de ses camarades pour traquer les plus vils et cruels sorciers de son temps. La nostalgie finissait par le gagner sur le moment en songeant à tous ces hommes et ces quelques femmes qui avaient jalonné son existence mais qui depuis avaient disparus… Leur compagnie aurait été en tout cas bien meilleure que celle des deux protégés de Dumbledore !
Maintenant qu'il était débarrassé pour le reste du mois d'août de ces deux gêneurs, Maugrey pouvait plus tranquillement penser à la reconversion qui aura sous peu lieu dans sa vie lorsqu'il prendra le chemin de Poudlard pour y enseigner la défense contre les forces du mal.
Un rire guttural s'échappa de sa bouche lorsqu'il pensa à ce qui était arrivé aux derniers professeurs à ce poste : L'un était mystérieusement mort, le suivant avait brusquement prit la fuite, terrifié par les événements survenu au sein de l'école par l'ouverture de la mystérieuse et ô combien célèbre chambre des secrets, et le troisième avait tout simplement démissionné en fin d'année lorsque son nom fut entaché dans les journaux par des soupçons d'attouchements sur mineur quand cela n'allait pas au-delà. Sacré Sirius… Maugrey ne doutait pas un instant qu'il ait pu entreprendre le projet de séduire des jeunes filles en mal d'amour, alors mêmes qu'elles pouvaient avoir près de vingt ans de moins que lui, mais de là à les agresser, la chose semblait inconcevable.
Lui arriverait-il la même chose qu'à ses prédécesseurs ? Ne resterait-il qu'un an à son poste avant d'être contraint d'une manière ou d'une autre à abandonner, fuir ou même succomber à celui-ci ? Cette perspective, loin de l'effrayer, le faisait au contraire sourire, lui qui n'avait jamais refusé un challenge digne de ce nom. Qu'importait l'issue de cette tâche, il allait s'employer à parfaire son travail de la meilleure des manières qui soit, c'est-à-dire en faisant suer corps et âme ses élèves jusqu'à l'épuisement. Dumbledore voulait qu'il prenne ce poste ? Eh bien soit, mais à sa manière ! Plus qu'un mois maintenant et toute la jeune génération de sorciers allait apprendre qui était Maugrey Fol-œil.
Un soudain bruit de chute à l'extérieur de sa maison attira son attention, et tandis qu'il se saisissait rapidement de sa baguette et qu'il replaça correctement sa fausse jambe avec son aide, le tintamarre s'était aussi soudainement tut qu'il était apparu.
- Merde, maugréa t-il en se dirigeant vers la porte d'entrée. Qu'est-ce que c'est encore que ce bordel !?
La porte violemment ouverte, presque arrachée de ses gonds, le laissa un instant immobile sur le pas lorsque la clarté du soleil couchant d'août l'aveugla complètement. Portant la main à son visage pour s'en servir comme visière, il tourna aussitôt la tête vers la source qu'il pensait être de ce vacarme, au-delà des rosiers sauvages et de la pelouse mal coupée faisant figure pour lui de jardin plus que correct. Au diable la retraite paisible à cultiver un jardin, Maugrey préférait la nature sauvage, indomptée, un peu folle aussi qui le caractérisait si bien.
Son plain-pied, constitué d'un simple salon, d'une cuisine et d'une chambre à coucher, possédait aussi une dépendance lui servant essentiellement de remise pour entreposer le matériel dont il ne se servait plus et qui fut autrefois une petite écurie où il appréciait de passer du temps chaque fois qu'il rentrait de mission pour aller caresser ses deux chevaux, ses plus fidèles compagnons, mais qui tout comme lui avaient subi les aléas de la vie et étaient passés de vie à trépas voilà de ça plusieurs années. Que quelque chose ou même quelqu'un puisse s'y trouver lui sembla alors plausible compte tenu du fait qu'aucun être vivant ne s'y trouvait normalement, et sa méfiance redoubla encore davantage lorsqu'il remarqua que la porte était légèrement entrebâillée.
- Si c'est encore un coup de ces bêtes sauvages, je vais leur faire passer l'envie de venir chercher quelque chose à manger sur mes terres…, grogna t-il en s'approchant de l'écurie pendant qu'il s'imaginait déjà se faire une paire de chaussons avec la peau du renard qui ne cessait depuis des mois de troubler sa tranquillité en venant lui rendre de temps à autre une petite visite.
Aussi fut-il surpris de voir sortir quelques instants plus tard non pas un animal roux mais bien un homme de petite taille et à la silhouette mince cachée sous un épais manteau de cuir qu'il reconnut immédiatement pour l'avoir côtoyé du temps de l'ordre du phoenix et de la guerre contre Voldemort : Le traître Peter Pettigrow.
Azkaban n'avait nullement arrangé l'aspect répugnant de ce petit être solitaire et peureux, hormis le fait de lui avoir fait perdre tous ses kilos en trop pour ne lui laisser que la peau sur les os. Mais ses petits yeux, son nez pointu et ses dents proéminentes lui faisait garder l'apparence du rongeur dont il prenait la forme, d'autant plus que cet aspect était encore renforcé par la calvitie très avancée qu'il affichait désormais. Que ce prisonnier évadé se trouve chez lui surpris pour le moins Maugrey, surtout que Pettigrow n'avait pas choisi l'adversaire le plus facile si d'ordinaire il s'était présenté aujourd'hui pour se mesurer à quelqu'un. D'ailleurs, l'air effrayé qu'il arborait suffisait à Fol-œil pour comprendre que le traître ne cherchait absolument pas la bagarre, mais il préférait malgré tout rester prudent avec lui : Sous ses airs de lâche et de peureux, Peter n'avait-il pas trahi les Potter en indiquant à Voldemort l'emplacement de leur cachette alors qu'il s'avérait être leur gardien du secret ? N'avait-il pas réussi à s'enfuir d'Azkaban un an auparavant, devenant ainsi le premier homme à s'échapper de la plus terrifiante prison d'Europe ? Cet homme était malin et rusé, et la méfiance restait le maître mot de leur potentielle confrontation.
- Pettigrow ! hurla Maugrey dès qu'il reconnut le petit homme. Misérable cloporte ! Je vais te faire regretter d'avoir quitté ta cellule !
Peter frissonna aussitôt au ton de l'ex-auror, sachant pertinemment que le vieil homme ne rigolait pas, et sans attendre, il se métamorphosa en rat et détala sans demander son reste en direction de la forêt toute proche. Maugrey lui emboîta rapidement le pas et lançait tandis qu'il tentait de courir de très nombreux sortilèges si vite que Pettigrow ne parvenait à les éviter qu'au dernier moment après de nombreuses et étonnantes pirouettes et acrobaties. Tous les deux continuaient à courir, et bientôt les premiers arbres du bois furent passés sans que ni l'un ni l'autre ne s'en rendent compte. Maugrey lui continuait à essayer d'arrêter le fugitif, alternant les sortilèges sensés l'immobiliser et ceux qui pourraient le blesser plus ou moins grièvement sans sourciller. Après tout, Pettigrow n'était-il pas recherché mort ou vif ? Qu'il ramène le cadavre de ce sale rat ou le corps décharné de ce prisonnier en cavale ne faisait aucune différence à ses yeux. Pas un instant il ne songea au fait que celui-ci n'avait pas tenté un seul instant de transplaner ou même à s'enterrer sous terre et se servir des galeries creusées par ses congénères pour échapper à sa vigilance, pas plus qu'il ne remarqua que Pettigrow ne courait pas à l'aveuglette en changeant constamment de direction mais suivait bien un chemin précis dont il ne déviait de la trajectoire que lorsqu'un arbre se trouvait sur son passage. Même lorsque Maugrey, après avoir manqué de peu de tomber en se prenant son pied griffu dans la racine d'un tilleul, fit exploser le tronc d'arbre juste devant Peter pour l'étourdir et tenter de le blesser par les éclats d'écorce volant autour de lui, Peter ne tenta de changer de cap, poursuivant dans un but prédéfini la course effrénée qu'il menait. La vigilance constante que Maugrey recommandait à tous ne semblait pas le concerner de toute évidence…
C'est alors qu'un bruit d'explosion à quelques mètres de là l'interpella, tout comme la soudaine douleur qu'il ressentit au niveau de son estomac et qui le fit lourdement chuter. La douleur dans son bas-ventre ne fit que redoubler de vigueur dès lors qu'il s'appuya lourdement dessus tandis qu'un râle sortait de sa bouche. Confus, et surtout désorienté, Maugrey mit quelques secondes à se rendre compte de la situation dans laquelle il se trouvait, mais également du liquide poisseux qui s'écoulait désormais sur ses habits et qui y formait une auréole de plus en plus grande à mesure que le temps défilait. Paralysé par cette soudaine blessure, son œil magique lui continuait à tourbillonner fébrilement dans son orbite avant de fixer l'endroit d'où provenait cette source de souffrance intenable qui l'immobilisait et de constater par lui-même qu'il ne s'agissait de rien d'autre que…
- Du sang, bredouilla t-il en tâtant cet endroit. Je n'ai rien vu pourtant…
Difficilement, Maugrey parvint à se relever, et avec consternation il se rendit compte que dans sa chute sa baguette s'était échappée de ses mains pour aller Merlin seul savait où. Heureusement, son œil magique l'avait rapidement repéré à quelques mètres à peine de là, cachée sous un petit tas de feuilles mortes qu'il chassa d'un geste de la main pour la récupérer, l'autre main toujours appuyé contre sa blessure pour tenter de canaliser le flot de sang qui s'y écoulait. Un rapide constat lui certifia que Pettigrow en avait profité pour s'enfuir, et dans le même temps qu'il se retrouvait désormais seul au beau milieu d'une forêt sombre dont les hauts arbres cachaient comme à Poudlard la clarté du ciel, seul et en plus de cela blessé.
- Putain, cracha t-il en grimaçant lorsqu'un nouvel éclair de douleur le fit chanceler sur place.
Alerte, Maugrey commença alors à faire revenir sur ses pas, la démarche incertaine mais l'œil magique continuant à tourbillonner dans son orbite à la recherche de tout signe suspect pouvant le conduire à expliquer cette étrange explosion lui étant si familière mais dont il n'arrivait pas à se rappeler l'origine.
Comme pour répondre à son questionnement, une autre et aussi soudaine explosion se fit entendre, mais Maugrey avait préparé cette éventualité et se retourna immédiatement vers la source de ce bruit en faisant apparaître un bouclier transparent face à lui pour parer l'attaque. Mais comme tout à l'heure, un autre impact se fit sentir sur sa jambe, le faisant à nouveau chuter en arrière.
Au même moment, du mouvement se faisait sentir sur sa gauche lorsque, par mégarde peut-être, quelqu'un ou quelque chose s'était mis à marcher sur des brindilles se rompant sous ses pas. Maugrey envoya immédiatement un sortilège dans la direction d'où provenaient ces nouveaux sons et il eut à la fois la satisfaction et le déplaisir de remarquer la présence d'un individu de grande taille se protégeant d'un simple mouvement de baguette du maléfice qu'il venait de tirer. L'homme avait pour l'heure un capuchon rabattu sur sa tête ainsi qu'une longue cape lui couvrant presque l'intégralité du corps, les bras exceptés. Une lanière en cuir couvrait une partie de son ventre et maintenait un long et étrange instrument dans son dos que Maugrey crut l'espace d'un instant être le manche d'une longue hache, mais il ne pouvait en être certain. Son regard s'attarda également sur les bottes de l'inconnu dont la matière, difficilement reconnaissable en raison de l'obscurité, semblait être du cuir de dragon. L'homme lui restait patiemment debout, la baguette pointée vers lui comme s'il attendait que l'ex-auror ne tente une nouvelle attaque, mais en raison de l'état de la jambe et du ventre de Maugrey, ce dernier pouvait à peine désormais esquisser le moindre geste pour tenter de se relever et lui faire face. Pourtant, le vieil homme ne s'en formalisa nullement, encore moins se plaignit-il de l'état pitoyable dans lequel il se trouvait. Il préférait regarder farouchement le nouvel arrivant, la tête haute, le défiant d'un simple regard d'attaquer le premier.
- Qui que tu sois, tu es tombé sur la mauvaise personne mon gaillard, le railla t-il d'ailleurs en esquissant un rictus moqueur sur son visage ravagé par les cicatrices.
- Il n'est nul temps pour les fanfaronnades vieux fou, lui répondit l'autre d'une voix calme et étonnamment posée. Tombé si bas, et pourtant gardant toujours une si haute estime de soi même lorsque les circonstances voudraient que vous imploriez ma pitié…
Maugrey lui répondit d'un bref mais bruyant rire avant de cracher dans sa direction, les yeux rivés sur sa silhouette. Étrangement, et malgré son œil magique, il ne parvenait pas à voir au-delà de la cape de son nouvel interlocuteur, mais lorsque celui-ci amorça une approche dans sa direction, il put voir que le manche qu'il prenait au départ pour une arme n'était autre qu'un fusil au long canon, le même employé parfois lors des guerres moldus. Face à cela, Maugrey s'injuria de sa bêtise, lui-même ayant dans le passé eut à faire avec ce genre d'armement moldu et même l'ayant parfois eut entre les mains. Que ce sorcier l'utilise lui parut étonnant, la plupart préférant faire confiance à leur baguette magique plutôt qu'à un objet dont ils ne pouvaient voir le cœur, mais il n'eut pas le temps d'épiloguer plus longuement sur ce sujet que l'homme commençait de nouveau à lui envoyer divers sortilèges qu'il tentait tant bien que mal d'esquiver en roulant sur le sol ou en essayant péniblement de les dévier par un nouveau bouclier magique. Mais ses forces l'abandonnaient en même temps que le sang qui coulait de ses plaies, et bientôt, même sa vision commença à devenir trouble et à le trahir.
- Vous n'avez pas perdu vos réflexes à ce que je vois, commenta l'autre d'un ton amusé. Je dois dire que je suis tout de même déçu de ce combat que j'espérais plus… Palpitant.
- Si tu ne m'avais pas tiré dessus en te cachant comme le lâche que tu es, nous aurions pu profiter plus longuement de cette entrevue, et peut-être même t'aurais-je laissé la vie sauve pour te conduire au ministère ! répliqua Maugrey en continuant à esquiver ses sorts, faisant fi des douleurs lancinantes qui le parcouraient lorsqu'il roulait sur sa jambe meurtrie.
- Mais c'était le but vieillard, lui indiqua l'homme. Il est étonnant de voir que celui qui prôna toute sa vie la vigilance constante fut bien incapable de remarquer que mon cher associé Queudver le menait droit dans un piège…
Au même instant, un flash d'une blancheur aveuglante fit irruption dans sa vision, et avant même qu'il ne tourne la tête vers cette nouvelle source de lumière, le sortilège le frappa de plein fouet, l'envolant s'écraser quelques mètres plus loin dans un arbre tête la première. Maugrey n'avait même pas encore touché le sol que des multiples cordelettes apparurent sur son corps et le ligotèrent des pieds à la tête si solidement qu'il semblait désormais dormir dans un cocon de soie. Son adversaire, qui n'avait pas bougé depuis l'instant où ce sortilège l'avait heurté, s'approcha rapidement de lui et lui tata le pouls en touchant son cou.
- Imbécile ! éructa t-il en se relevant, la voix animée par une soudaine fureur. Tu aurais pu le tuer !
- P-pardon, je ne voulais pas ! s'excusa une autre voix larmoyante n'appartenant à nul autre qu'à Pettigrow. Je pensais simplement que le sort allait l'assommer !
- Alors n'utilise pas de sortilège lorsque tu ne connais pas tous ses effets !
Puis l'homme, pris d'une soudaine envie, enleva son capuchon pour laisser apparaître un visage laiteux creusé par l'âge et la malnutrition. Les yeux vifs et noirs, perçants comme ceux des oiseaux de proie, les traits tirés et une barbe naissante et négligée, le compagnon de Peter possédait une étonnante et foisonnante chevelure d'un blond sale aussi bien nouée derrière sa tête que laissée libre autour de son visage émacié. Il était incontestable que cet homme aurait pu autrefois être un beau jeune homme, mais le temps avait apparemment ravagé les traits délicats de son visage, de même que le tic nerveux qu'il semblait avoir avec sa langue qu'il sortait très brièvement de sa bouche comme un serpent lui donnait l'air d'un fou. Le regard glacial qu'il envoyait à l'instant à Peter ajouté à son apparence peu engageante fit que ce dernier recula de quelques pas, effrayé tout bonnement par l'aura de colère qui se dégageait de son vis-à-vis.
- Encore un peu et tu aurais pu le tuer ! reprit l'autre en lui désignant d'un geste de la tête la forme inconsciente du vieil auror. Si cela avait été le cas, crois-tu que le maître aurait été satisfait de ton forfait ? Tout le plan aurait été anéanti par ta bêtise !
- Pitié Barty ! le supplia Peter en s'agenouillant devant lui. Par pitié, ne dis rien au maître ! Le seigneur des ténèbres ne me confierait plus le moindre travail après cela, et sa colère serait terrible en apprenant mon erreur !
- Stupide rat…, marmonna le dénommé Barty en se détournant de lui. Le maître est tombé bien bas pour faire confiance à une telle engeance comme toi, lui qui avait de si bons et loyaux sujets pour obéir à ses ordres. Mais tout rentrera dans l'ordre bientôt quand nos frères et sœurs emprisonnés à Azkaban se libéreront des chaînes qui les retiennent pour retourner auprès du seigneur des ténèbres, et à ce moment là, il se lèvera à nouveau et fera ployer sous sa puissance nos ennemis. Quant à moi, je serai récompensé au-delà de toutes mes espérances par notre vénéré maître…
- Moi aussi je te rappelle, bredouilla d'un ton boudeur Peter en se relevant.
Barty se contenta de ricaner avant de libérer de sa lanière le fusil qu'il tenait dans son dos et au bout duquel était fixée une baïonnette dont il se servit pour bouger légèrement le visage de Maugrey.
- Que ne donnerais-je pas pour pouvoir te l'enfoncer en plein cœur, stupide vieillard…, marmonnait-il plus pour lui-même que pour Peter. Mon court passage à Azkaban est entièrement de ta faute, et je saurai te le faire payer quand le moment sera venu. Bella et Rodolphus tueraient père et mère pour être à ma place s'ils savaient ce qui vient de t'arriver.
- En parlant de ça, comment se fait-il que tu ais utilisé cet objet moldu plutôt que ta baguette pour le blesser ? le questionna Peter avant de baisser rapidement le regard devant celui que lui lançait Barty.
- L'avantage d'avoir eu comme père le responsable du département de la justice magique est d'avoir été en contact fréquent avec les moldus et d'avoir pu ainsi découvrir par moi-même les armes avec lesquelles ces animaux se battent…, expliqua t-il distraitement en replaçant son fusil derrière son dos. Il est dommage que cette merveille n'ait pas été inventée par les sorciers, autrement la question des moldus aurait rapidement été réglée… Quant à mon père, ce cher Barty Croupton, je ne doute pas qu'il n'apprécierait pas de me voir avec une telle arme dans la main, lui qui m'a retenu contre mon grès pendant plus de dix ans chez lui pour justement m'éviter de faire rejaillir les pulsions meurtrières m'ayant conduit à prêter allégeance au seigneur des ténèbres… S'il me voyait maintenant, mais oh ! Justement ! Il ne me voit pas !
Barty partit alors dans un étrange éclat de rire faisant frissonner de peur Peter. Vu comme cela, il fallait effectivement confirmer les propos du père à l'encontre du fils sur la nature folle de celui-ci, et Peter se promit de ne plus jamais aller à l'encontre de son collègue.
- Maintenant nous allons retourner chez cet idiot et faire en sorte qu'il survive à ses blessures, lui expliqua Barty en faisant léviter le corps inconscient de Maugrey. Il est essentiel qu'il ne meurt pas, autrement je ne pourrais pas exploiter ses souvenirs et entrer dans mon nouveau rôle... Il faudra remercier Dumbledore en temps voulu pour avoir fait répandre la nouvelle de la nomination de Fol-oeil comme nouvel enseignant de Poudlard, autrement nous n'aurions jamais pu mettre en place notre plan ! Nous enverrons dès ce soir un message au seigneur des ténèbres pour l'informer de la réussite de notre projet, puis nous commencerons à exploiter la mémoire de ce vieux fou. Je pense qu'en un mois, nous aurons acquis toutes les subtilités de sa personnalité, et j'espère que les cours de théâtre que ma chère et regrettée mère a insisté pour me donner faciliteront mon jeu d'acteur...
D'un geste sec du poignet, Barty fit se déplacer le corps flottant de Maugrey en direction de sa maison, lui suivant derrière et gardant sa baguette pointée sur la forme inconsciente pour ne pas la faire chuter tout en ignorant ostensiblement si Peter le suivait ou non. Pettigrow souffla bruyamment, la tension emmagasinée en lui s'échappant immédiatement alors qu'il le suivait. Un mince sourire s'échappa malgré tout de ses lèvres lorsqu'il repensa à leur mission et à sa conclusion, heureux à l'idée de pouvoir rapporter à son seigneur et maître la réussite de la première partie de leur projet, une réussite dont il était en partie responsable pour avoir joué si brillamment l'appât. Oh oui, son maître serait fier de lui, et mieux valait en ce moment lui apporter de bonnes nouvelles que des mauvaises.
Maintenant la deuxième partie de leur projet allait se mettre en place, mais celle-ci ne commencerait qu'à la rentrée scolaire de Poudlard, lorsque Barty occupera le poste pourvu normalement pour Maugrey en ayant au préalable longuement étudié son caractère, ses petits gestes du quotidien qui le caractérisaient tant et surtout en jouant tellement bien son nouveau rôle que même Dumbledore n'y verrait que du feu. La suite promettait d'être particulièrement savoureuse à jouer, et le tournoi des trois sorciers, prévu pour cette année entre Poudlard, Durmstrang et Beauxbâtons, n'allait être que la cerise sur le gâteau à leur si merveilleux projet.
Pettigrow en salivait déjà à l'avance à cette seule idée.
A/N : Donc voilà, chapitre bouclé !
Comme vous avez pu le voir, Maugrey est finalement capturé par Barty et Pettigrow bien avant la rentrée scolaire pour la simple et unique raison que je considère qu'il faut plus d'une semaine à quelqu'un pour pouvoir intégrer pleinement un rôle qui lui est destiné (en l'occurrence ici Barty et Maugrey) et le jouer de la meilleure des façons. De même, j'ai totalement revu l'attaque (bien qu'elle n'est pas clairement expliquée dans le tome 4). Par contre j'ai omis la présence de ces fameuses poubelles en raison du fait qu'elles n'existaient pas encore à l'époque ^^ (les gens avaient l'habitude de donner l'essentiel de leurs déchets organiques aux porcs vu qu'ils mangent absolument tout).
également, vous avez remarqué que Barty utilise un fusil pour blesser Maugrey : C'est une idée de dernière minute, mais j'ai trouvé ça amusant d'imaginer des mangemorts haïr les moldus mais ne pas refuser l'idée d'utiliser leurs armes pour se défendre ou même attaquer. Si jamais il me venait l'idée d'écrire la bataille finale de Poudlard (je garde encore le mystère là-dessus... Niark niark niark !), je vois bien des petites factions de mangemorts prendre d'assaut l'école en utilisant des mousquets xD.
Pour ce qui est de la capture de Maugrey, oui elle peut sembler un peu trop facile voir ridicule, mais je préfère ça à un très long duel faisant plus de 5000 mots et dont tout le monde connait l'issue. Après je suis globalement satisfait de la personnalité de Maugrey et de Peter en particulier, je pense avoir bien collé aux personnages de Rowling.
Quant à Matthew et Ron, bon bah... Rien a véritablement changé hormis que Matthew est maintenant capable de désarmer un adversaire (en oubliant les règles d'usage d'un duel, mais entre nous, c'est plutôt secondaire tout ça). Il refera son apparition plus souvent qu'auparavant puisque comme je l'ai indiqué au début de ce chapitre, j'ai dans l'idée de parler plus souvent du tournoi des trois sorciers.
Alors maintenant, la grande question : Souhaitez-vous que le prochain chapitre se passe durant la finale de la coupe du monde (auquel cas elle se déroulerait début août pour des raisons que je ne peux pas confier) avec la présence de Marie-Louise, Marie-Rose, Lily et Cie... ou préférez-vous passer directement à la suite que j'avais prévu (et qui n'a pas du tout besoin de ce chapitre bonus) ? Le choix est vôtre, mais je sens déjà venir les "C'est toi l'auteur, tu fais ce que tu veux". Bref !
La publication du prochain chapitre dépendra donc de vous, alors tout se fera selon votre choix !
à bientôt !
