Eh salut à tous ! Comment allez-vous ? Et les vacances, ça se passe comment ? ^^. Personnellement je suis en pleine révision pour mes examens terminaux qui se dérouleront les 19 et 21 mai... J'espère ne pas me planter :/

Vous devez bien vous douter que si je prends la peine de publier quelque chose aujourd'hui, c'est bien parce que j'ai terminé un nouveau chapitre ! Et quelle chapitre... Honnêtement c'est de la totale improvisation puisque je n'avais pas prévu de l'écrire au départ.

D'ailleurs en parlant de lui, étant donné la majorité de commentaires allant vers un petit chapitre se déroulant durant la coupe du monde de quidditch, j'ai bien évidemment répondu à votre demande en m'y mettant. Toutefois, il ne se déroulera pas comme annoncé au départ : J'avais au départ prévu d'écrire un chapitre sur Marie-Louise, Rosie, Lily etc... et la journée qui accompagne la finale de la coupe du monde de Quidditch, mais je me suis rapidement rendu compte que je n'avais pas la moindre inspiration à ce sujet, et surtout que le chapitre allait être tellement long que j'aurais dû le diviser en deux... Et donc vous faire attendre encore davantage pour la suite de l'histoire. J'ai donc opté pour un autre scénario (un virage à 180° même xD) qui est très loin de ce qui était prévu au départ... J'espère que vous aimerez quand même ^^.

Merci également pour les très nombreux retours reçus, je dois dire que je suis assez fier du combat du précédent chapitre ! Bizarrement, j'ai l'impression d'écrire beaucoup plus vite les chapitres lorsque j'y inclus un combat ou une bataille. J'avais déjà ce sentiment lorsque j'écrivais il y a quelques années une fiction sur l'univers de Naruto, mais ce nouveau chapitre me la confirmé ! Je me les imagine très facilement, et je dois avouer que j'aime beaucoup les combats spectaculaires... Soyez prévenus.

Faengliec : Merci pour ton commentaire ! Je vais justement y passer faire un tour pendant les vacances d'été ^^. Je verrais là-bas si je peux dénicher quelques infos sur la princesse de Lamballe.

Patate : Merci pour ton commentaire ! Par contre désolé mais la majorité avait voulu un chapitre bonus, alors... Bon la suite arrive très bientôt si ça peut te consoler !

Guest 1 & 2 : Merci pour vos commentaires ! vos choix ont été pris en compte même si j'ai modifié quelque peu mes plans concernant ce nouveau chapitre... à vous de voir si ça vous plait xD.

DidiineOokami : Merci pour ton commentaire ! (enfin tes commentaires ^^).

Guest 3 : (à suivre)

Studioced/ Guest 4 : Merci pour vos commentaires !

Donc au programme de ce chapitre comme annoncé précédemment, un combat et déjà quelques morts !

Bonne lecture !

NB : Pardonnez d'avance mes tentatives piteuses en latin, mais je n'en ai jamais fait de ma vie et je ne suis pas certain que les quelques sites que j'ai pu trouver pour traduire mes sortilèges aient été d'une grande aide ^^.


- Elfe ! Un autre verre !

Lucius Malefoy laissa échapper un autre soupir de sa bouche, probablement le dixième en moins d'une petite demi-heure, tandis qu'il voyait l'un de ses elfes de maison accourir en direction de l'ivrogne ayant réclamé une autre coupe de vin. Que lui avait-il pris de demander à Théodore Nott Sr de faire venir dans sa tente tous les mangemorts présents en cette soirée de finale de la coupe du monde de Quidditch ! Bon, il est vrai que voir l'équipe du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande gagner contre la toute petite Albanie, province de l'empire Ottoman, méritait bien un petit verre pour fêter cela, mais quand même à cette vitesse toute sa cave allait passer dans le gosier de ces saoulards ! Partout où ses yeux se posaient, le seigneur Malefoy ne voyait que des hommes abrutis par l'alcool et l'allégresse des victoires déjà oubliées une fois qu'ils auront cuvés, mais regarder sans pouvoir réagir ses meilleurs crus disparaître dans leur gosier le mettait en colère au point d'en serrer fortement les bras du luxueux fauteuil sur lequel il était assis.

Heureusement qu'ils ne s'en étaient encore pris au mobilier ni même aux toiles et tapisseries accrochées sur les murs, autrement son épouse allait très certainement exploser de rage ! Heureusement également que Narcissa et Drago étaient retournés au manoir le soir-même, au moins échappaient-ils à ce triste spectacle ! Et la soirée risquait fortement de s'éterniser… Lucius avait encore en mémoire les soirées de ce genre du temps où le seigneur des ténèbres faisait régner la terreur en ce pays, et irrémédiablement cela se finissait en expédition punitive contre les moldus, les partisans de Dumbledore ou même d'une manière plus générale contre toute personne se trouvant sur leur chemin. Alors quand une cinquantaine de mangemorts se réunissaient au même endroit, il ne fallait pas s'attendre à ce que tout se finisse dans la joie et bonne humeur.

- Lucius ! le héla justement le seigneur Nott en se frayant un passage vers lui. Il faudrait vraiment que tu commences ta petite réunion avant que les choses ne tournent mal !

Son vis-à-vis n'eut pas besoin de se l'entendre dire quand un simple coup d'œil autour de lui suffisait à lui indiquer qu'en effet la soirée ne se déroulait pas comme prévu, et la faute lui en revenait en partie. Quelle idée avait-il eu de leur proposer à tous un petit verre avant de la débuter ! Voilà où conduisait l'abondance d'alcool… Mais aussi la débilité chronique dont souffrait apparemment la plupart de ces poivrots.

- Tu as raison, avoua t-il avant de porter sa baguette contre sa gorge et de murmurer un « sonorus ». Que tout le monde se taise immédiatement et m'écoute !

Son ordre parvint à faire immédiatement cesser les conversations autour d'eux, et bientôt seuls les bruits provenant de l'extérieur de la tente leur parvinrent, agrémentés de temps à autre par le bruit d'une explosion causée par un feu d'artifice lancé quelque part plus loin. Tous les regards étaient à présent tournés vers lui, la plupart impassibles et froids, d'autres curieux à l'idée de savoir ce que le seigneur Malefoy allait leur dire quand le reste eux étaient déjà bien trop abrutis par l'alcool pour faire véritablement attention à ce qui se passait.

Lucius darda un dernier regard sur l'assemblée l'entourant et en particulier sur ceux qui ne faisaient qu'à moitié attention à lui avant de finalement reprendre la parole, le ton posé et froid que tout le monde lui attribuait non sans avoir au préalable levé le sortilège augmentant les décibels de sa voix :

- Maintenant que ces messieurs ont étanché leur soif…

- Ainsi que les dames ! gloussa une voix féminine quelque part qui provoqua quelques ricanements.

- Vous ne devriez pas en être fière, gronda Lucius sans pour autant s'attarder sur elle. Je disais donc que maintenant que vous avez étanché votre soif et laisser-aller la bêtise humaine qui caractérise la plupart d'entre vous, nous pourrions à présent nous intéresser au sujet qui nous regarde tous…

- Et de quel sujet voudrais-tu nous parler, Lucius ? Le coupa un homme au visage fin et aux sourcils broussailleux que Lucius connaissait comme étant Philippe Fletcher.

- Je n'aime pas que l'on me coupe Philippe, et si tu oses encore le faire sous mon toit, je n'hésiterais pas à te jeter dehors, suis-je bien clair ? dit-il d'une voix si froide que Fletcher en perdit toute assurance et fuyait à présent son regard.

La menace fut interprétée plus généralement par l'ensemble des mangemorts présents comme un avertissement pour tous, et dès lors les quelques individus encore emportés par leur bonne humeur choisirent finalement de devenir enfin sérieux, à la fois intimidés par l'homme qui venait de parler mais aussi curieux de savoir ce qui allait découler de cette réunion. Lucius pour sa part exprima sa satisfaction d'avoir à présent toute l'attention qu'il espérait d'un très bref rictus que peu parvinrent à remarquer, sachant pertinemment que son seul nom et sa grande fortune suffisait à imposer le respect et l'obligeance à son égard dès lors qu'il élevait un peu le ton. Etre riche pouvait avoir de sacrés avantages quand on le voulait vraiment !

- Le sujet de cette réunion vous est connu, reprit-il d'une voix lente tout en observant à la dérobée les personnes à proximité, et je m'étonne encore de votre question puisqu'il est gravé sur votre avant-bras…

Là, Lucius n'aurait pas pu avoir un meilleur effet que s'il avait grand ouvert les fenêtres de son manoir en plein hiver. Un courant froid parcourut tous les invités y compris ceux qui, bien que n'ayant pas ce fameux message inscrit sur leur peau, savaient toutefois ce qu'il en était et qui en était le destinateur : La marque des ténèbres de Lord Voldemort. Gravée à même leur épiderme par un sortilège connu seulement du seigneur des ténèbres, cette marque, signe à la fois de leur allégeance, de leur soumission et de leur dévouement à sa cause, faisait depuis quelques semaines maintenant sa réapparition après de longues années d'absence, et bien que pour le moment elle se distinguait à peine de la couleur de leur peau, la marque était de plus en visible au fil du temps, et la douleur qui résultait d'elle, chaque fois plus intense qu'auparavant, ne laissait guère de doute sur ce qui allait advenir d'eux dans un futur proche.

- Il reviendra bientôt, n'est-ce pas ? demanda inutilement Avery alors qu'il se passait nerveusement une main sur le visage.

Malgré le contexte, Lucius ne put s'empêcher de sourire de nouveau devant le comportement du mangemort, se remémorant les très nombreuses séances de torture durant lesquelles Avery avait été sévèrement puni par le seigneur des ténèbres pour ses échecs dans les missions qu'il lui avait confiées. Avery risquait effectivement de regretter le retour de Lord Voldemort, lui qui pendait treize ans maintenant n'avait plus subi le moindre Doloris ! Les retrouvailles promettaient d'être follement amusantes, aussi bien dans un sens comme dans l'autre.

- Nous n'en sommes pas encore sûrs, contra cependant Lucius en se caressant distraitement l'avant-bras. Il ne peut s'agir peut-être que d'un rappel pour nous dire qu'il est encore là, quelque part, à attendre son retour et à nous avertir de nous tenir prêts pour ce grand jour…

- Tu ne peux nier que la marque est de plus en plus nette, lui rétorqua Nott en frottant pensivement son bouc. Bientôt elle sera aussi visible que…

- … Que lorsqu'il était là, termina d'un air agacé Lucius en fronçant les sourcils. Merci de me le rappeler, mais je n'ai pas attendu ta petite analyse pour voir par moi-même qu'elle faisait sa réapparition sur mon avant-bras.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ? leur demanda Avery d'un air soucieux. On ne pourra pas éternellement la cacher, et le sortilège que j'ai placé sur mon bras pour prévenir toute réapparition n'est plus assez puissant pour y parvenir…

- On ne fait rien, trancha Lucius d'un ton ferme. Si la marque réapparaît, c'est que le seigneur des ténèbres reprend des forces et qu'il attend son heure pour revenir d'entre les morts. Nous allons donc attendre qu'il revienne et nous répondrons à son appel dès que nous sentirons notre marque nous brûler. Partir à sa recherche ne ferait qu'interroger le ministère et les aurors sur nos agissements, surtout si nous nous y prenons en même temps. Non, la patience est une vertu, et nous tâcherons de nous en tenir là pour le moment.

Sa femme de toute manière n'aurait jamais aimé le savoir en vadrouille aux quatre coins du pays à la recherche d'un maître qu'elle n'aimait guère mais dont elle partageait certaines idées. Son refus de porter elle-même la marque et d'être considérée comme une mangemort suffisait à prouver son aversion pour celui-ci.

- Tu sais pertinemment qu'il nous le fera payer, intervint Yaxley en le regardant avec un visage dur. Je ne tiens pas à subir encore ses doloris, et tu sais comme moi qu'il adore torturer ses sous-fifres dès que le moindre de ses plans rencontre un accroc ! Je n'imagine alors même pas le sort qu'il nous réserve pour ne pas avoir tenté de le retrouver après toutes ces années…

Lucius arqua un sourcil au terme de sous-fifre, et la main qui reposait jusqu'alors sur le bras de son fauteuil se serra fortement tandis qu'il avalait d'une traite le reste de son verre, l'air passablement énervé. Oui, aussi difficile qu'il fallait l'admettre, Lucius n'avait été qu'un faire-valoir pour le seigneur des ténèbres pendant des années, et ce statut, aussi pitoyable que celui d'un elfe de maison pour un sorcier, lui restait encore en travers de la gorge. Lui, Lucius, seigneur de la noble maison des Malefoy, obligé de ramper et d'implorer la clémence et la pitié d'un homme qu'il fut obligé d'appeler maître ! Sa fierté en avait pris un coup durant ces années, mais que pouvait-il faire d'autre face à l'héritier de Salazar Serpentard lui-même ? Le seigneur des ténèbres avait de puissants pouvoirs, bien supérieurs au sien à dire vrai, et face à lui, Lucius savait pertinemment qu'il ne valait rien. Autant alors jouer pour lui l'espion au sein du ministère, et à ce jeu là, il excellait plus que tout autre.

- En attendant son retour, puisqu'il est désormais acté qu'il reviendra tôt ou tard, tu n'auras qu'à trouver une bonne excuse pour expliquer au seigneur des ténèbres comment tu as pu abandonner toute recherche pour le retrouver, lui conseilla Lucius en claquant des doigts pour faire venir un elfe de maison à qui il tendit sa coupe. Pour ma part je sais déjà ce que je lui dirai lorsque nous nous reverrons, et je reste persuadé qu'il saura trouver mes arguments suffisamment convaincants pour m'éviter une douloureuse et pénible séance de torture.

- Ah oui ? s'étonna Théodore en paraissant intrigué. Et quelles fadaises vas-tu donc trouver pour berner le seigneur des ténèbres ?

- Rien qui ne te concerne Nott, lui répondit d'un ton léger Lucius tandis qu'il chassait l'elfe d'un geste de la main après avoir récupéré son verre. Raconte lui donc ta vie depuis sa disparition, les pots-de-vin versés à certains individus pour faire disparaître tous les soupçons pesant sur toi depuis sa chute, les moments passés auprès de ta femme à élever ton fils dans la tradition sang-pur, tes petites opérations commerciales pour tenter de gagner le monopole des échanges maritimes avec les Amériques, ton ascension au sein du ministère dans le département de la coopération magique internationale… Peu m'importe ce que tu lui diras, tant que tu sois convaincant, il n'y aura aucun danger pour toi.

Lucius marqua une pause, le temps pour lui de voir la plupart des personnes présentes plongées à présent dans une profonde réflexion. Oh oui, beaucoup d'entre eux auront bien des choses à dire au seigneur des ténèbres lorsqu'il reviendra, et quiconque n'aurait pas une bonne excuse pour expliquer le manque d'entrain à le rechercher par tous les moyens allait passer un pénible moment en compagnie de la baguette de Lord Voldemort. Pour sa part Lucius n'avait pas trop à craindre la colère de celui qu'il servait car les liens qu'il avait su tisser au sein du ministère et tout particulièrement avec Cornelius Fudge pourraient bien à l'avenir faciliter les manœuvres de Voldemort pour parvenir au sommet du pouvoir, et si cela n'était pas suffisant, Lucius se savait encore à l'abri du courroux de son maître grâce à la fortune qu'il possédait ; Même Lord Voldemort n'était pas assez bête pour éliminer son principal financier.

- Si je vous ai fait venir ce soir, ce n'était pas comme certains l'ont cru pour vider ma cave de mes meilleurs crus, mais bien pour vous rappeler envers qui votre fidélité doit toujours se trouver. Treize ans maintenant que nous attendons un signe, un murmure, une preuve même minime que les temps vont changer et la chance nous sourire à nouveau après tant d'années à faire bonne figure et à montrer à notre communauté un visage avenant et bienveillant. Aujourd'hui, cette douleur que vous sentez poindre dans votre bras n'est que le premier signal des lendemains qui chanteront nos louanges, le début d'une nouvelle ère qui verra les sorciers se lever à nouveau contre ceux qui pensent à tort nous dominer, nous rabaisser et nous regarder de haut. Aujourd'hui peut-être qu'une majorité de sorciers ne comprend pas nos agissements, notre manière de penser et les raisons pour lesquelles nous avons ardemment voulu rejoindre le camp de celui qui ne peut être nommé, mais plus tard, lorsque les dernières poches de résistance auront succombé à notre puissance, lorsque la saleté qui a infecté en son cœur notre communauté par son sang impur aura été éliminé et que notre monde aura été lavé de toutes les immondices qui pullulent parmi nous, nous pourrons nous regarder dans un miroir avec fierté en songeant que notre objectif a été enfin atteint puisque nous avons assuré à nos descendants un avenir qui s'annoncera radieux pour eux !

Des acclamations accompagnèrent aussitôt son discours, et Lucius se sentit fier de l'effet qu'il venait d'insuffler dans le cœur de toutes ces personnes. Peut-être pourrait-il plus tard se reconvertir comme orateur pour le compte du seigneur des ténèbres ? Cela lui éviterait en tout cas d'avoir à risquer sa vie sur le terrain pour lui, une chose qui ferait grandement plaisir à Narcissa.

- Pour l'heure tâchons de nous cacher, de rester dans l'ombre comme nous l'avons fait ces dernières années. Mais, de la même manière que les serpents, nous frapperons nos ennemis au moment opportun lorsqu'ils ne se douteront de rien. Les sang-de-bourbe, les traîtres à leur sang et tous les amoureux des moldus comprendront alors qu'ils n'ont jamais été dans le bon camp et que la relative tranquillité dans laquelle ils se croyaient n'était qu'illusion ! Et pour cela mes amis, rappelez-vous bien où est votre fidélité lorsque le temps sera venu pour vous de choisir dans quel camp vous souhaitez être !

De nouveau, de nombreuses acclamations répondirent à ses propos alors que certains tendaient déjà leur coupe vers lui en scandant des « Vive Lucius ! À mort les Sang-de-bourbe ! ». Il en fallait de peu à présent pour que le seigneur Malefoy ne devienne la nouvelle égérie de leur groupe, mais chacun savait pertinemment que le véritable meneur lui n'était pas encore là mais qu'un beau jour il reviendrait, encore plus fort qu'avant et tout aussi décidé à éradiquer la menace pesant sur leur communauté.

- Les mois qui viennent verront si nos observations se sont avérées justifiées, mais ne nous y trompons pas : Anticiper à l'avance un événement pouvant se passer dans un proche avenir nous ferait commettre une maladresse, un faux pas qui nous perdrait tous, alors gardez bien en tête de rester discret jusqu'à nouvel ordre, termina t-il finalement d'un ton où la menace était à peine voilée. Si l'un d'entre vous se fait prendre, qu'il ne compte pas sur le soutien des autres pour le sortir de ce guêpier, et gare à celui qui trahirait les siens en les vendant aux autorités.

L'avertissement fut compris de tous, et les visages se firent immédiatement plus durs, plus sérieux alors que chacun imprimait dans son esprit les mots de Lucius. Puis, le seigneur Malefoy se détourna d'eux, mettant fin à leur réunion sans avoir besoin de le dire à voix haute et les conviant à partir au plus vite. Lentement, la quasi-totalité des personnes présentes se dirigea vers la sortie, certains ayant tout de même le culot d'emporter avec eux quelques bouteilles supplémentaires ou de s'esclaffer bruyamment lorsque l'un d'eux, plus éméché que les autres, s'écroula piteusement sur une table basse. Ses camarades le ramassèrent en passant chacun de ses bras sur leurs épaules, mais l'ivrogne dut encore subir pendant de longues secondes les moqueries de ses congénères bien après avoir quitté la tente de Lucius. Le propriétaire des lieux lui, fatigué désormais, espérait à présent retrouver au plus vite le lit qui l'attendait dans la pièce d'à côté, mais cet espoir s'avéra plus compliqué que prévu à satisfaire dès lors que ses yeux se posèrent sur les quelques retardataires qui de leur côté ne semblaient pas avoir envie de partir si rapidement de la tente qui faisait office pour lui de domicile pour cette nuit.

- Lucius ? l'appela presque timidement Fletcher en s'approchant de lui.

- Hm ? grogna t-il d'un ton peu avenant en dardant son regard sur lui.

- Je… Je voulais simplement m'excuser pour ma petite interruption de tout à l'heure, lui répondit Philippe en se passant nerveusement une main dans les cheveux. C'était idiot de ma part de te couper ainsi, d'autant plus que je savais moi-même de quoi aller découler cette petite réunion pour avoir constaté depuis quelques semaines maintenant le retour de notre marque… J'aurais dû me douter qu'il ne pouvait s'agir que de cela dès l'instant où j'ai vu que tous nos anciens camarades mangemorts y étaient conviés.

- Nos anciens camarades ? répéta Lucius d'une voix étonné. Voyons Philippe, ce sont toujours nos camarades. Nous n'avons jamais renié les enseignes pratiques, seulement… Nous n'avons jusqu'à présent pas eu l'opportunité de les remettre à profit. Mais ce temps approche mon ami, et bientôt nous rattraperons le temps perdu…

Fletcher esquissa un sourire devant cette analyse, et tous deux trinquèrent quelques secondes plus tard à l'avenir qui se profilait pour la communauté magique du pays. C'est d'ailleurs au moment même où leurs verres s'entrechoquèrent que s'approcha Théodore Nott Sr, un sourcil légèrement arqué face à leur geste.

- Je vois que l'on fête quelque chose par ici, remarqua t-il en passant un bras autour des épaules de Lucius.

- Oui, et jusqu'à ton arrivée, tout allait pour le mieux…, répliqua t-il d'un ton froid en se dégageant d'un geste de l'accolade de son camarade.

- Toujours le mot pour rire mon cher ami, gloussa le seigneur Nott. Nous n'avons pas encore eu le temps de discuter plus sérieusement depuis la dernière fois où nous nous sommes vus, ajouta t-il en servant au passage d'un nouveau verre sur le plateau que tenait au dessus de sa tête un elfe de maison passant par là. Comment vont les affaires ?

- Elles se portent pour le mieux, répondit-il en esquissant un sourire carnassier, le même qu'il affichait chaque fois qu'il était question des rentrées d'argent conséquentes qui renflouaient les comptes qu'il possédait à Gringott's. Je n'aurais jamais pensé que le commerce d'êtres humains puisse être aussi… lucratif. La demande ne cesse d'augmenter depuis quelques temps dans les états du sud de l'Amérique et dans les caraïbes, je pourrais te faire profiter de quelques arrangements pour bénéficier également de cet apport financier, mais comme tu le sais, tout service se monnaye…

- Surtout pour un Malefoy, confirma Avery en s'approchant également de leur petit groupe, Fenrir Greyback et Spencer Stubbins sur les talons.

Le dernier cité n'était pas un problème pour Lucius qui, bien que n'ayant aucune attache même amicale avec cet homme, n'avait aucun à priori le concernant si ce n'est qu'il ne valait nullement son temps ou son énergie à tenter de faire connaissance avec lui. Stubbins n'était ni riche, ni influent, ni même un bon mangemort, mais il était encore un sang-pur et un partisan du seigneur des ténèbres, deux qualités qui lui permettait d'échapper aux foudres du seigneur Malefoy. Cependant, il n'en était pas de même pour Greyback, et en le voyant approcher, Lucius retroussa légèrement son nez, dégoûté par la seule vision du loup-garou.

- Je croyais que les chiens devaient être gardés en laisse à l'extérieur de ma tente ? lança t-il d'un ton acide en direction de Fenrir, et ce sans même se soucier du fait que le loup-garou faisait bien plus d'une tête de plus que lui en hauteur, possédait une carrure impressionnante et surtout des dents particulièrement pointues qui auraient pu déchirer la peau de son visage en un rien de temps.

- Et je croyais que les furets n'avaient d'autre utilité que de servir à concevoir des vêtements de fourrure ? répliqua le lycanthrope en grognant.

- Tu devrais faire attention à ce que tu dis là, monstre…, le menaça Lucius en glissant lentement sa main vers la poche de son costume, prêt à se servir de sa baguette. S'il n'y avait pas eu la pitié du seigneur des ténèbres à votre égard, toi et tous les gens de ta race auraient subi le même sort que vos amis les vampires ou même celui des nés-moldus pendant la dernière guerre.

Greyback grogna encore davantage à cette provocation, mais un regard d'Avery dans sa direction lui intima de rester tranquille, du moins pour l'instant. Lucius fut satisfait de ce petit duel verbal remporté, mais il fut encore davantage surpris par la domination que semblait exercer sur le loup-garou Avery, un comble d'ailleurs puisque son camarade était justement chargé par le ministère de la magie d'éradiquer toutes les créatures dangereuses susceptibles de menacer la vie de quelqu'un, le dernier en date ayant été justement un hyppogriffe fou ayant blessé Drago ; Peut-être avait-il finalement un don pour se faire obéir des créatures magiques ?

- Une bien sympathique réunion je dois dire…, déclara d'ailleurs celui-ci en inclinant légèrement la tête pour saluer Lucius. Cela m'a fait plaisir de revoir tout ce joli petit monde réuni en un seul et même endroit.

- En espérant que cela se reproduira à l'avenir, ajouta Fletcher sous les hochements de tête de Théodore et d'Avery. Je pense toutefois qu'il faudra trouver un autre endroit pour organiser de telles assemblées : Une tente au beau milieu d'une vallée et en compagnie de dizaines de milliers de sorciers n'est certainement pas la chose la plus discrète qui soit.

- Encore faudrait-il pour cela que des circonstances favorables nous permettent de nous réunir de cette manière, contra Lucius. Il n'y a bien que lors des compétitions internationales de sport que nous puissions être aussi nombreux sans avoir à élaborer longtemps à l'avance ce genre de petit comité. Mais si tu as des suggestions à faire Philippe, n'hésite donc pas à nous les dire, nous sommes tous très intéressés.

Fletcher ouvrit la bouche pour lui répondre aussitôt, mais une soudaine explosion plus forte que les précédentes l'interrompit dans son geste.

- Que se passe t-il ? dit-il en regardant vers l'entrée de sa tente, les autres suivant également son geste.

Par delà la toile, des bruits d'explosion, des cris, des hurlements et même d'étranges chants pouvaient être entendus, et même s'il espérait que cela n'était pas le cas, Lucius pressentait que la cause de ce tintamarre pouvait avoir sa source dans la petite réunion qu'il venait d'avoir.

- Ne me dites pas que…, commença Avery avant d'être repoussé d'un coup d'épaule par Lucius qui se dirigeait déjà vers la sortie.

Au dehors, l'atmosphère festive des dernières heures avait brusquement fait place à une scène de guérilla urbaine. Par petits groupes plusieurs individus, tous portant un masque blanc et une longue cape noire leur arrivant presque aux pieds surmontée d'une capuche haute s'élevant de plusieurs dizaines de centimètres, s'attelaient à mettre un bazar sans commune mesure en incendiant, détruisant, ensorcelant, écrasant tout ce qui se trouvait à leur portée et en particulier les tentes qui prenaient instantanément feu. Des sortilèges étaient également lancés dans les airs, semblables à des feux d'artifice même s'ils n'étaient pas là pour faire jolie mais bien pour intimider. Partout, ce n'était désormais que cris et hurlements, ponctués de temps à autre par des rires gras d'ivrognes et des pleurs d'enfants terrorisés par ce qui se passait autour d'eux.

- Les imbéciles…, maugréa Lucius en regardant sans réagir les divers groupes se diriger à travers les allées du campement à la recherche de cibles à ensorceler. N'ai-je pas expressément demandé il y a moins de 10 minutes de ne surtout pas se faire remarquer ?! De rester en retrait en attendant le moindre signe du seigneur des ténèbres !?

Pourtant, si Lucius s'attendait à recevoir des confirmations ou même des marques d'approbations de la part de ses camarades présents, il en fut pour ses frais. Loin de partager son avis, Nott, Avery, et même Greyback regardaient plutôt les agissements de leurs amis mangemorts d'un air envieux, presque comme s'ils espéraient en faire de même.

- Je dois admettre qu'une petite virée en souvenir du bon vieux temps me tenterait bien, déclara d'un ton pensif Théodore.

- En souvenir du bon vieux temps hein… N'as-tu pas dernièrement été incendié un petit village moldu ? se moqua Avery sans pour autant paraître indifférent à la proposition à peine voilée de Nott Sr.

Sa remarque fit immédiatement sourire Théodore, mais Lucius lui resta parfaitement de marbre devant l'entrain soudain de ses camarades pour une activité qui ne le tentait guère.

- Je suis partant pour ma part, affirma Fletcher en accompagnant le geste à la parole tandis qu'il faisait apparaître sur son visage le masque blanc représentatif des mangemorts.

- Avery lui emboîta rapidement le pas, suivi quelques instants plus tard par Nott et Stubbins. Greyback lui, bien qu'ayant servi pour Lord Voldemort par le passé, ne fut jamais considéré officiellement comme un mangemort, sa lycanthropie étant aux yeux du seigneur des ténèbres une raison suffisante pour le distinguer de la race humaine, et ne pouvait donc se permettre le luxe de porter également la panoplie parfaite du mangemort. Mais de toute façon, jamais il n'avait pris la peine de cacher son visage, et encore ce soir, Greyback allait à nouveau frapper la tête libre de la moindre protection ou couverture, et ce au nez et à la barbe des quelques agents du ministère qui le recherchaient.

- Et toi Lucius ? lui demanda Avery en constatant que le seigneur Malefoy était le seul à ne pas avoir fait le moindre geste.

- Continuez vos enfantillages si vous le souhaitez, pour ma part j'ai d'autres choses plus importantes à faire que de mettre le feu à des bouts de tissu, répondit-il froidement.

Pourtant, Lucius ne pouvait nier que l'envie était malgré tout présente en lui, et le silence qui accompagna ses paroles lui indiqua que les autres non plus ne croyaient pas à ses propos.

- Lucius ? l'appela Fletcher avec une pointe d'amusement dans la voix.

- Ai-je vraiment le choix ? soupira Lucius en pointant sa baguette magique vers lui pour faire apparaître sur son visage son propre masque blanc et revêtir sa cape de mangemort. Il faut bien une personne mature et responsable pour modérer l'enthousiasme qui vous anime et qui causera votre perte…

- Nous devrions nous dépêcher, proposa Théodore une fois que Lucius eut terminé de s'habiller. Cela fait déjà cinq minutes je dirais que tout ceci a commencé, et le ministère ne devrait pas tarder à envoyer ses hommes pour régler ce problème…

- Dans ce cas Nott et Fletcher, vous venez avec moi, décida Avery en se tournant vers eux. Stubbins et Greyback, vous irez avec Lucius.

- Et pourquoi devrais-je être avec le loup-garou et… lui ? s'indignait Lucius sans même prendre la peine de regarder les deux concernés.

Greyback montra aussitôt les crocs, prêt à frapper en réponse à la manière désobligeante avec laquelle le seigneur Malefoy avait parlé de lui, mais Avery l'arrêta d'un geste en faisant barrage de son bras pour l'intimer silencieusement au calme.

- Parce que je l'ai décidé, et parce que Nott et Fletcher ont toujours été mes partenaires lorsque nous faisions des raids pour le seigneur des ténèbres, répondit-il d'un ton doucereux.

- Mes propres partenaires sont actuellement à Azkaban, lui fit remarquer Lucius d'un ton froid. Je trouve cette manière de décerner les rôles particulièrement désavantageuse pour moi.

- Peut-être, mais ce n'est nullement mon affaire, lui répondit Avery avant de faire signe aux autres de le suivre. Nous n'aurons qu'à nous retrouver plus tard…

Puis sans attendre, il visa directement la tente de Lucius d'un sortilège qui lui fit prendre feu aussitôt. Les dégâts n'étaient pas encore importants, mais Lucius vit immédiatement rouge et dégaina sa propre baguette pour la pointer vers son collègue.

- Allons seigneur Malefoy, ne trouveriez-vous pas étrange que la seule tente en parfaite état dans ce périmètre soit la vôtre ? le railla Avery sans même tenter de se défendre. Mieux vaut assurer vos arrières en subissant vous-même quelques petites pertes…

Le trio finit par disparaître au détour d'une allée, et Lucius, conscient à présent de la bonne stratégie d'Avery, attendit encore quelques longues secondes avant d'éteindre par lui-même l'incendie qui détruisait petit à petit son bien.

- Allons-y, ordonna t-il sans attendre de voir si Greyback et Stubbins le suivaient.

Tous les trois s'engagèrent au beau milieu d'une allée, jetant de temps à autre des sortilèges sur les toiles de tente pour les enflammer tout en se complaisant dans la peur qu'ils distillaient parmi les supporters apeurés. La tension que gardait en lui Lucius depuis le début de la soirée s'évacua d'elle-même à mesure qu'il se détendait, profitant à présent de cet immense terrain de jeu à ciel ouvert qui s'offrait à lui. Finalement, se remettre à la pratique des activités dont il fut très friand par le passé n'était pas si mauvais à ses yeux, et bientôt il se prit au jeu en en oubliant même de paraître désagréable à Greyback et Stubbins.

Au loin, le tumulte des cris se répercutant dans toute la vallée continuait tandis que les autres mangemorts et leurs associés incendiaient également le campement. Lucius crut même voir à quelques centaines de mètres de lui un groupe pour le moins compact s'affairer autour de quatre silhouettes qu'ils faisaient voltiger dans les airs de la même manière qu'un objet. L'un d'eux poussa même la plaisanterie jusqu'à faire léviter ce qui semblait être une femme tête en bas, les pans de sa chemise de nuit lui tombant immédiatement sur le visage pour révéler un corps malingre et des jambes fines coincées dans une culotte de coton.

- Bande d'idiots…, marmonna Lucius en détournant le regard tandis que Greyback hurlait de rire à cette vision.

Leur route s'arrêta toutefois quelques mètres plus loin lorsqu'ils rencontrèrent sur leur passage une jeune fille d'une dizaine d'années passablement échevelée mais drapée dans une jolie robe de mousseline brodée de fils dorés par-dessous une cape noire attachée par une cordelette à son cou. Son visage, d'une blancheur éclatante et encadré d'une chevelure auburn faisant ressortir ses jolies yeux bleus leur était totalement inconnu, mais à en juger par le luxe apparent de ses vêtements, Lucius en déduisit qu'il s'agissait probablement d'une fille de bonne famille bien qu'aucun nom ne lui venait à l'esprit. Aurait-il pu déjà croiser une si jolie demoiselle au cours d'un bal organisé par le ministre de la magie ? Peut-être que oui, auquel cas sa mémoire lui faisait défaut. Plongé dans sa contemplation, il remarqua malgré tout le regard qu'affichait Greyback devant cette si petite créature et qui lui fit aussitôt froid dans le dos. Les sens en alerte, les narines retroussées et les yeux braqués sur elle, le loup-garou semblait en cet instant plus proche de l'animal qu'il était que de la pâle imitation d'être humain avec laquelle Lucius avait marché ces dernières minutes. Quant à cette fille… nul doute qu'elle allait bientôt figurer dans son tableau de chasse.

- Mère !? appelait-elle d'une voix inquiète en regardant partout autour d'elle. Maman ! Sœur Catherine ! S'il vous plait, où êtes-vous !?

- On est perdu, jeune fille ? lui lança tout à coup Greyback.

Celle-ci, sursautant dès qu'elle entendit la voix du loup-garou, se retourna vivement pour leur faire face, une lueur d'espoir dans les yeux en pensant avoir trouvé quelqu'un pouvant l'aider. Mais dès qu'elle aperçut les visages masqués de Lucius et Stubbins, cette espérance disparut aussitôt pour laisser place à une peur soudaine qui la fit immédiatement haleter.

- Oh oui…, marmonna Greyback en s'avançant vers elle, ses dents pointues à découvert alors qu'il arborait un rictus particulièrement effrayant. J'aime quand elles sont ainsi : Effrayées, apeurées, sans défense… Elles sont meilleures en bouche…

- Qu-qui ? bredouilla sa cible en faisant quelques pas en arrière.

- Mais mes proies voyons, répondit le loup-garou sans se départir de son sourire.

La jeune fille eut aussitôt un mouvement de recul, alarmée par le ton doucereux du loup-garou qui affichait à présent sans vergogne sa dentition aiguisée. Sa langue se mit à lécher avec délectation ses crocs tandis qu'il ne quittait jamais du regard sa prochaine victime.

- N'approchez pas ou vous le regretterez ! l'avertit-elle en reculant malgré tout, un soupçon de peur dans la voix.

- Je ne vais pas te faire de mal, du moins la douleur ne sera que passagère…, jura t-il en apposant sa main sur son torse juste au niveau du cœur. Tu ne ferais que rendre plus difficile ton supplice en t'obstinant à ne pas t'abandonner au destin qui te tend les bras…

Dégoûté par ce qu'il allait advenir de cette petite fille, Lucius préféra détourner le regard afin d'éviter de voir celle-ci être mordu par cette répugnante créature. Greyback n'était pas transformé pour le moment, auquel cas lui-même n'aurait jamais accepté de faire ce bout de chemin à ses côtés, mais la morsure d'un loup-garou ayant accepté sa lycanthropie avait malgré tout d'étranges effets sur la personne touchée, notamment un goût prononcé pour la viande fraîche et crue.

Mais Greyback n'était pas du genre à mordiller la jambe d'une personne avant de la laisser tranquille en croyant que la malédiction qu'il lui transmettait était une punition suffisante. Oh non, cette créature appréciait tout particulièrement de mordre ses victimes en des endroits bien visibles, en particulier au visage afin de lui laisser des cicatrices ravageant ses traits. Cette jeune fille, aussi jolie soit-elle, allait garder de lourdes séquelles de leur rencontre, et Lucius se prit un instant de pitié pour cette sorcière, de surcroît d'une bonne lignée comme il le pensait.

« Cela est fort regrettable… » pensa t-il en essayant d'occuper son esprit sur les flashs lumineux qu'il pouvait voir au loin zébrant le ciel alors que ses camarades s'amusaient toujours à mettre le feu à tout ce qui les entourait.

Malgré tout, il sentit à côté de lui Greyback s'élancer vers elle à vive allure, certain de pouvoir dans quelques secondes goûter à la délicieuse chair de cette fille. Mais la suite se passa si vite que le loup-garou lui-même ne comprit pas ce qui lui arrivait. Alors qu'il était sur le point de fondre sur sa proie, la fille leva soudainement le bras devant elle, et du bout de ses doigts, fit apparaître une étrange lueur oscillant entre le bleuté et le blanc. Baissant son bras tendu, l'étrange lueur elle continuait de flotter dans l'air et prenait la forme d'un arc éblouissant qu'elle saisit avant de le tirer vers elle, un cordon se détachant de son arme accompagnant son geste alors qu'une sorte de flèche faisait également son apparition.

L'arc ainsi tendu, la fille décocha finalement son projectile directement sur le loup garou dont elle heurta l'estomac de plein fouet, mais plutôt que de s'enfoncer dans son corps, le projectile explosa purement et simplement au contact de sa peau, le propulsant en arrière si vite qu'il fit de nombreux tonneaux et pirouettes avant d'aller s'écraser dans une tente quelques mètres plus loin. Tout cela n'avait duré que quelques secondes, trop peu pour Lucius comme pour Stubbins pour comprendre ce qui venait de se passer, mais assez en tout cas pour savoir que cette petite fille n'était finalement pas aussi innocente qu'elle en avait l'air. Lucius n'attendit d'ailleurs que Greyback finisse sa course derrière lui pour se rapprocher d'elle, baguette brandie.

- Je suis plutôt bonne comédienne, n'est-ce pas ? leur dit-elle d'un air fier, le sourire aux lèvres.

- Maintenant jeune fille, vous allez faire disparaître ce que vous avez dans les mains et nous abaisserons nos baguettes pour pouvoir discuter comme des gens civilisés…, proposa t-il tout en continuant de marcher lentement vers elle.

- Et si je refuse ? dit-elle d'un ton froid en le mettant en joug avec son arme, prête à décocher une nouvelle flèche.

- Je ne suis pas aussi facile à battre que cet imbécile de loup-garou, voyez-vous ? Il serait regrettable que j'égratigne ce joli petit visage parce que sa propriétaire refuse d'entendre raison…

- Rosie ?! s'écria tout à coup une voix à proximité d'eux.

Tous les quatre tournèrent aussitôt la tête vers l'origine de celle-ci pour découvrir une femme aux longs cheveux roux et à l'air passablement anxieux qui déambulait à travers les toiles de tente à la recherche de quelqu'un qu'elle ne cessait d'appeler par son prénom. Stubbins comme Greyback la regardèrent faire d'un air incrédule, troublés par cette soudaine apparition, mais Lucius lui reconnut immédiatement ce visage pour l'avoir vu à quelques reprises au ministère en compagnie d'un homme qu'il haïssait autant qu'Albus Dumbledore : Lily Potter.

- Rosie ! s'exclama de nouveau Lily en se dirigeant vers sa fille, nullement consciente de la présence des trois mangemorts à quelques mètres devant elle.

Sa mère se jeta immédiatement sur elle, ses bras enserrant son corps si fortement que sa fille en haleta de douleur. Cette distraction lui fit également perdre le contrôle de sa magie et entraîna la disparition rapide de son arc, détail qui n'échappa pas à Lucius qui vit là l'occasion parfaite pour reprendre le dessus sur cette petite fille.

- Je t'avais dit de ne pas t'éloigner de nous ! hurlait de son côté Lily dans les oreilles de sa fille, toujours inconsciente du danger. Pourquoi n'en fais-tu qu'à ta tête !?

- C-ce n'est pas le moment ! bredouilla Rosie en tentant de s'extirper de l'étreinte de sa mère. M-mademoiselle Evane, Si ma mère vous voyait agir de manière si familière avec moi, vous auriez à répondre de votre comportement auprès d'elle !

Intriguée, Lily relâcha finalement la pression qu'elle exerçait sur sa fille pour la regardait d'un air interloqué, perdue par l'attitude soudaine de sa fille. Celle-ci ne perdit d'ailleurs pas de temps pour lui désigner d'un geste de la tête la présence des trois mangemorts, pour l'heure toujours immobiles mais les baguettes à présent pointées vers eux. Aussitôt, Lily se posta devant sa fille, sa baguette elle-même sortit tandis qu'elle tentait de faire barrage de son corps entre Rosie et ses trois adversaires.

- Pour une surprise…, lança Lucius en regardant Lily de la même manière que s'il s'était trouvé en présence d'un monticule d'or prêt à être ramassé. Je n'aurais jamais cru que l'on puisse revenir d'entre les morts avant de vous voir… Lady Potter.

Confuse, Lily fronça légèrement les sourcils devant cette constatation, mais Rosie, qui avait également vu l'air qu'affichait sa mère face aux paroles du mangemort, répondit aussi faiblement qu'elle le pouvait à la question que Lily se posait :

- Maman… Tu as oublié de remettre le sortilège d'illusion sur ton visage…

- Cela fait des années maintenant que tout le monde se demande ce qu'il est advenu de la petite sang-de-bourbe jouant les grandes dames qui s'accrochait telle une sangsue au bras de son imbécile de mari, poursuivit de son côté le seigneur Malefoy sans avoir entendu le chuchotement de Rosie. Morte… Enlevée… enfermée quelque part où on ne la reverrait plus… Toutes les théories les plus folles vous concernant ont été mises sur la table, mais je crois maintenant que la fuite est la possibilité la plus envisageable pour répondre à votre absence. Dites-moi Lady Potter : Est-ce le fait de vivre dans l'opulence et la richesse qui ait pu effrayer la pauvresse que vous êtes, ou est-ce le fait de côtoyer continuellement des traîtres à leur sang plus connu pour leur stupidité que pour leurs faits d'armes qui vous a poussé à fuir votre foyer ?

- Je préfère encore côtoyer un salaud comme James Potter plutôt que de m'enticher d'individus de votre espèce, répliqua t-elle d'une voix pleine de venin.

- Un salaud, voyez-vous ça ? gloussa Stubbins alors que Greyback pouffait également de rire bien qu'il gardait sa main au niveau de l'endroit où Rosie l'avait touché, le tissu de ses vêtements ayant à cet endroit là tout bonnement brûlé.

- Rassurez-vous, nous préférerions encore nous lier d'amitié avec des gobelins plutôt que de prendre le risque d'attraper les germes que vous transportez sur vous Sang-De-Bourbe, l'informa de ce même ton posé Lucius alors qu'il accompagnait le geste à la parole en époussetant les pans de sa cape. Une immondice comme vous ne mérite rien d'autre que la mort, mais auparavant, je laisserais bien Greyback jouer avec vous : Il a si peu d'occasions depuis la fin de la guerre de goûter à la chair d'un individu de votre espèce que je n'aurais aucun mal à lui accorder ce privilège, du moins si cela en est un.

- Ne parlez pas ainsi de ma gouvernante, salaud ! s'insurgea Rosie en essayant d'écarter sa mère de son chemin pour faire également face aux mangemorts.

- De si vilains mots sortant d'une si jolie petite bouche…, grogna Greyback en prenant un ton faussement indigné. Ne t'inquiètes pas jeune fille, une fois que je me serai occupé de ta gouvernante, tu seras la suivante sur la liste…

Néanmoins, Rosie ne put s'empêcher de sourire en constatant que son plan semblait fonctionner. En tout cas, aucun n'avait pour le moment fait le lien entre elle et Lily, et si le bruit courait que sa mère avait été aperçue ici-même dans les journaux, son identité elle était encore en relative sécurité.

- Ne vous avisez pas de toucher à un cheveu de cette jeune fille, lança pour sa part Lily en pointant désormais sa baguette vers le loup-garou. Je ne suis peut-être que sa gouvernante, mais je défendrai son intégrité au péril de ma vie ! Quant à sa mère… Je n'ose imaginer ce qu'il adviendrait de vous trois si elle apprenait les menaces que vous proférez contre sa fille.

- Oh, et que nous ferait-elle ? ricana Greyback en amorçant un premier pas dans sa direction. Elle nous gronderait ? Elle nous punirait peut-être ? Devrait-on craindre de recevoir la fessée ?

- Je ne corrige jamais les gens en usant de violence, mais pour votre cas, j'irai beaucoup plus loin que la simple punition corporelle…, lui indiqua une nouvelle voix tandis que, tapie dans l'ombre, une silhouette féminine se détachait de l'obscurité pour s'avancer vers eux, les pans de sa robe blanche traînant sur le sol poussiéreux de la petite clairière où ils se trouvaient.

La lumière émise par un début d'incendie leur permit de voir apparaître Marie-Louise, ses traits fins marqués à présent par l'âge si détendus qu'elle ne paraissait nullement furieuse de voir sa fille cadette être menacée par trois brigands. Cet air impassible et parfaitement neutre leur parut malgré tout particulièrement effrayant, comme si cette femme était aussi dur qu'un roc que rien ne pouvait transpercer, et ce sans savoir que cette attitude calme cachait en vérité une violente colère que sa propriétaire ne demandait qu'à assouvir en punissant de la manière la plus juste qui soit les trois imbéciles ayant eu l'audace de s'en prendre à Rosie. La princesse avança tranquillement vers eux d'une démarche fluide et élégante, ses yeux bleus ne les quittant jamais une seule seconde tandis qu'elle se postait immédiatement auprès de Rosie, sa main sur l'épaule de sa fille dans une attitude protectrice qui la rassura aussitôt.

- Nous déciderons plus tard de la sanction qui s'impose quant à votre petite escapade mademoiselle, indiqua t-elle toutefois d'un ton froid à celle-ci sans la regarder. Vous conviendrez désormais qu'il faut toujours écouter les conseils de votre mère si vous ne souhaitez point vous retrouver dans une situation de ce genre…

- Oui mère…, marmonna Rosie en baissant la tête, sachant pertinemment qu'elle était en tort dans cette affaire.

- Mademoiselle Evane, voudriez-vous avoir l'obligeance de reconduire cette petite impudente auprès de nos accompagnateurs ? poursuivit-elle en se tournant vers Lily. Dites-leur bien que je ne serai point longue, le temps de régler une affaire qui nécessite mon intervention…

- B-bien madame, obéit-elle immédiatement en inclinant légèrement la tête avant de se saisir du bras de Rosie pour la traîner loin du duel qui se profilait déjà dans les esprits.

Bien que réticente, Rosie finit par accepter d'être éloignée de sa seconde mère, et après une dernière étreinte accompagnée d'un « revenez-nous vivante », elle se laissa guider par Lily sous les yeux des mangemorts ne sachant pas s'il fallait intervenir ou non. Greyback fut le premier à sortir de la torpeur dans laquelle tous les trois se trouvaient, mais au moment même où il s'apprêtait à s'élancer vers elles, Marie-Louise l'arrêta d'un geste en pointant sa baguette vers lui, toute trace de gentillesse apparue lors de son échange avec sa fille désormais disparue pour ne laisser qu'un masque de froideur et de colère perceptible par tous.

- Elle veut se mesurer à nous, la p'tite dame ? ricana Greyback en croisant les bras devant lui, l'air au contraire détendu de celui qui estime d'avance l'issue d'un combat comme acquise pour lui. Vous devriez faire attention, vous risqueriez de salir votre jolie robe !

- Vous faites bien de me le rappeler, le remercia Marie-Louise en portant sa baguette magique vers elle. Laissez-moi une petite minute, et je serai à vous…

Les trois mangemorts interprétèrent ses propos d'une manière tout autre, et c'est avec les rires gras et grossiers de Stubbins et Greyback qu'ils répondirent à son invitation. Mais Marie-Louise ne s'en formalisa pas, trop occupée désormais à marmonner des propos incompréhensibles en raison du brouhaha ambiant. Lentement, elle passa alors le bout de sa baguette le long de son corps en commençant par le bas, et au fur et à mesure qu'elle remontait, sa robe brodée se transformait petit à petit, faisant d'abord apparaître les talons de chaussures s'avérant être des bottes en cuir noire lui remontant jusqu'au genou tandis qu'un pantalon de toile marron s'immisçait lentement le long de ses jambes, moulant parfaitement ses courbes étonnamment admirables pour quelqu'un de son âge. Son corsage laissait petit à petit place à un chemisier blanc aux manches évasées mais terminées d'un jabot de dentelles - il fallait après tout garder une part de féminité - lui arrivant aux poignets, tout comme le long du col. Ses cheveux eux furent rapidement libérés du chapeau qu'elle portait et attachés derrière sa nuque avec un petit cordon noir soigneusement noué. Tous ses bijoux avaient disparu, tout le superflu également ne laissant finalement qu'une tenue pour le moins masculine qui étonnait fortement chez cette femme coquette.

- Il m'est agréable de savoir que je terminerai cette soirée par un duel où je corrigerai de la manière qui me convient les trois coquins ayant eu l'audace de menacer ma fille… Toute offense à la maison de Savoie se paie par le sang, et le vôtre contribuera à pardonner vos méfaits.

Lucius pâlit immédiatement sous son masque, ne s'attendant nullement à rencontrer en cette soirée l'un des membres de cette prestigieuse maison. Les familles royales avaient autant de renommée dans leur monde que dans celui des moldus, et un mariage avec eux assurait pour longtemps la prospérité de la famille chanceuse, même lorsque leur sang était souillé par celui des moldus ! Pour un peu, il en aurait presque abandonné ce combat et aurait tenté de soudoyer Marie-Louise pour lui faire oublier ses actions passées et essayer de nouer une relation professionnelle avec elle, mais c'était sans rappeler le contexte expliquant leur présence ici et surtout l'issue qui se profilait d'ici quelques secondes lorsque les premiers sortilèges seraient envoyés.

- Vous êtes très attrayante affublée ainsi, concéda t-il en regardant Marie-Louise sous tous les angles. Mais je ne crois pas que cela va vous sauver…

- Qu'est-ce qu'on fait de la gamine ? l'interrogea Greyback en regardant au loin Rosie et Lily disparaître derrière une tente. J'avais envie de m'amuser avec elle moi ! Je déteste voir mes jouets me passer entre les doigts…

Une soudaine bourrasque le fit fléchir, et il en fallut de peu pour qu'il ne tombe en arrière, déstabilisé. Du coin de l'œil, il remarqua que ses deux camarades avaient subi la même chose, et que Stubbins n'avait pas eu autant de chance que lui puisqu'il s'étala de tout son long sur la terre sèche de la lande. Hébété, son regard se porta alors sur la source de ce vent, une source qui pour sa part ne semblait avoir nullement été touchée par celui-ci.

- C'est vous, n'est-ce pas ? lança Lucius on d'un ton beaucoup moins moqueur qu'auparavant.

- Perspicace avec cela, se contenta de répondre Marie-Louise en gardant se baguette pointée vers eux.

- Vous semblez oublier les règles d'un duel chère madame, répondit-il en se préparant physiquement au combat, les jambes déjà en position de duel.

- Les règles d'usage d'un duel n'ont cure lorsqu'il s'agit de punir des voyous comme vous, dit-elle d'un ton froid. Vous avez perdu le droit de gagner mes faveurs au moment même ou vous avez eu le culot de menacer ma fille…

- Alors ne perdons pas de temps… Stupefix !

Le sortilège vola rapidement en direction de Marie-Louise, mais à la surprise des trois hommes, celle-ci ne le dévia pas en faisant apparaître un bouclier magique devant elle mais en soulevant d'un coup de baguette une motte de terre que le sort fit exploser. D'un autre mouvement, les éclats de terre et de roche lévitèrent en l'air, puis, après un troisième coup de baguette, tous fondirent sur les trois mangemorts qui les évitèrent en plongeant au sol ou en tentant de les faire exploser par le biais d'autres sortilèges. Marie-Louise en profita pour sortir de la petite pochette qu'elle portait à sa ceinture quatre pierres de forme arrondie qu'elle fit léviter en l'air avant de les lancer dans quatre directions différentes sous les yeux des trois mangemorts étonnés par sa manœuvre. Les quatre pierres disparurent rapidement dans la noirceur de la nuit, mais quelques secondes plus tard, un dôme de lumière apparut au dessus d'eux et semblait les engloutir avant de disparaître aussi rapidement qu'il était venu.

- Qu'est-ce que…, commença Greyback en regardant d'un air intrigué la française avant qu'elle ne l'interrompit.

- Une petite création de ma part, répondit-elle simplement en reprenant une position de duel. Vous ne pourrez sortir de cette barrière magique sans mon autorisation, et je vous déconseille vivement de tenter pareille idiotie si vous ne voulez pas finir en poussière. Quiconque se trouvant en dehors de celle-ci pourra aisément la voir mais ne pourra pas la traverser, tandis qu'elle est malheureusement pour vous cachée à vos regards tant que je l'aurai décidé. Nous ne serons ainsi point dérangé durant notre petit duel.

Et sur ces mots, elle lança avec une rapidité peu commune trois stupefix en direction de ses adversaires, tous l'esquivant toutefois par une roulade ou un sortilège. Lucius ne perdit pas de temps pour répliquer en lui répondant par un sectusempra qu'elle évita facilement, de même qu'elle dévia d'un geste de sa baguette la sortilège que lui lançait Stubbins. Fenrir lui ne semblait pas vouloir se contenter de sa baguette car contrairement à ses partenaires, le loup-garou fondit littéralement sur Marie-Louise en se déplaçant à quatre pattes, évitant au dernier moment les quelques sorts que celle-ci lui envoyait pour freiner sa course. Comme pour la fille, Fenrir tenta de se jeter sur la mère en effectuant un bond de plusieurs mètres vers elle, mais étrangement, sa course fut brutalement interrompue par un mur invisible contre lequel il se cogna avant d'être violemment renvoyé en direction de Stubbins sur lequel il s'écrasa.

- Rune de protection, indiqua t-elle à Lucius lorsqu'elle remarqua que celui-ci s'était arrêté dans son duel pour voir Greyback revenir vers eux.

- Intéressant…, ne put s'empêcher d'avouer Lord Malefoy. Mais il n'est pas certain que cela vous protège bien longtemps…

Un sort d'une blancheur éclatante lui répondit, et alors qu'il évita sa trajectoire en se baissant légèrement, la soudaine explosion à quelques mètres de sa position lui indiqua qu'il avait bien fait de ne pas se laisser toucher à moins de vouloir voir de multiples morceaux de sa tête répandus sur le sol.

« Cette femme n'est sûrement pas là pour jouer avec nous… » commenta t-il en regardant d'un air nouveau Marie-Louise. « Je dois la prendre bien plus au sérieux qu'auparavant ».

Comme pour lui confirmer ses dires, Marie-Louise leur envoya un nouveau sortilège étrangement lent et qui n'avait pas encore fait la moitié de la distance les séparant qu'un autre vint le heurter de plein fouet. A la surprise des trois mangemorts, la fusion entre les deux sortilèges créa une multitude de petites lumières fondant rapidement vers eux sans pour autant les viser directement. Les sorts au contraire semblaient avoir pour principal objectif d'exploser tout autour d'eux car en quelques secondes seulement de multiples détonations se firent entendre, couvrant le terrain d'un nuage dense de poussière. Aveuglés, Lucius comme Greyback et Stubbins se couvrirent les yeux pour se protéger des minuscules grains leur fouettant le visage, ignorant qu'agissant ainsi, ils étaient totalement à découvert et vulnérables.

- La garce ! grogna Fenrir en essayant de l'apercevoir à travers le nuage dans lequel ils étaient pris.

A peine sa phrase finit qu'il reçut un violent choc en plein visage, un second le frappant en plein estomac et lui causant de se plier en deux, foudroyé par la douleur. Un troisième le heurta à nouveau au visage et le fit tomber en arrière alors que de son nez commençait désormais à s'écouler un flot continu de sang qu'il tentait de contenir en se servant de sa main comme barrage. Au même moment, une nouvelle bourrasque de vent dissipa le nuage de poussière les environnant pour ne plus laisser qu'une lande à nouveau visible mais désolée par le duel qui s'y déroulait. Les trois hommes constatèrent que leur adversaire était restée à la même position qu'auparavant, les bras croisés dans une attitude désinvolte qui eut le don d'agacer considérablement le loup-garou.

- Voulez-vous que l'on arrête ce combat ? dit-elle en le regardant tout particulièrement. Il semble que vous vous soyez blessé… Je ne voudrais pas être la responsable de ce qui pourrait vous arriver suite à votre malencontreuse blessure ! Allez donc soigner votre nez avant de revenir pour notre petit duel, cela permettra aux grandes personnes de se battre sans être gênées par quelque dérangement.

Pour le coup, le toupet de cette femme plut fortement à Lucius qui s'étonnait encore de ne pas voir Fenrir bondir de nouveau vers elle. Qui donc pouvait oser à ce point se moquer du loup-garou le plus redouté au Roayume-uni ?! Jamais encore il n'avait vu ça, et jamais une personne saine d'esprit n'aurait osé pareille folie… Cette femme était-elle folle ?

- Je vais te buter ! s'écria Greyback tandis que Lucius estimait tout compte fait son comportement comme particulièrement prévoyant.

Le loup-garou s'élança en effet dans sa direction, oubliant à présent qu'il était à moitié sorcier et que dans l'une de ses mains se trouvait une baguette magique avec laquelle il aurait pu essayer de l'affronter. Mais il arrêta sa course lorsqu'il vit Marie-Louise effectuer de nouveaux mouvements de baguette sans pour autant leur jeter le moindre sortilège. Ses bras et mains se déplaçaient dans l'air avec grâce, fluidité et effectuaient des gestes si rapides et compliqués que Lucius, connaissant pourtant de très nombreux sortilèges et maléfices, n'arrivait malgré tout pas à mettre un nom ni même un image à ce qu'elle s'apprêtait à faire. La réponse lui apparut sous les yeux quelques instants plus tard lorsque d'énormes troncs d'arbres passèrent la barrière magique pour venir voleter à quelques mètres au dessus de Marie-Louise, l'un des bouts se finissant à chaque fois par une longue pointe qui semblait capable de pouvoir traverser n'importe quoi.

- Vous ai-je dit que j'avais un don pour domestiquer la nature et la manipuler à ma guise ? demanda t-elle d'un ton courtois qui fit froncer les sourcils des trois mangemorts, chacun appréhendant maintenant la suite des évènements.

Marie-Louise leva à nouveau sa baguette, et aussitôt les troncs se mirent à tourner sur eux-mêmes de plus en plus rapidement comme des toupies. Un bruit strident leur vrilla bientôt les tympans tandis qu'ils prenaient davantage de vitesse au fil des secondes, mais ce ne fut que lorsque la française reprit la parole qu'ils comprirent qu'ils étaient dans de beaux draps :

- Maintenant vous le saurez, dit-elle en souriant avant de pointer sa baguette dans leur direction.

Aussitôt, les troncs-toupies fondirent sur eux si vite qu'ils eurent du mal à calculer leur trajectoire et leur impact avant de ne pouvoir les éviter qu'au dernier moment. Chaque fois qu'ils pensaient s'en sortir, un autre se dirigeait vers eux, aussi rapide que le précédent et manquant à chaque fois de les clouer net sur le sol. Lucius tenta d'en éliminer quelques uns grâce a des sortilèges, mais la plupart du temps, il ne devait son salut qu'à son agilité et son adresse, leur duel se transformant à présent en une sorte de parcours d'obstacles où leur vie pouvait au moindre instant être mise à son terme. Les pirouettes et acrobaties se succédèrent ainsi un long moment, Lucius s'étonnant encore d'une telle agilité pour quelqu'un ayant toute sa vie exécrée la moindre activité physique, mais bientôt le dernier tronc fut stoppé par Greyback lui-même qui parvint à l'arrêter en l'empoignant de ses propres mains. La pointe du tronc n'était pourtant qu'à quelques centimètres de sa gorge, mais le loup-garou parvint à freiner puis à arrêter la rotation du projectile au prix du sacrifice de la peau de ses mains, la chair désormais à vif et le sang suintant de ces plaies ouvertes.

- Impressionnant, commenta sur le ton de la conversation Marie-Louise. Ce petit entraînement fut riche en enseignement même si je vois à présent que votre endurance a été durement atteinte…

Et c'était le cas de le dire. Lucius, bien qu'il ne pouvait voir le visage de Stubbins, pouvait cependant constater que celui-ci était exténué, le dos légèrement courbé tandis que sa respiration lourde et irrégulière témoignait d'un épuisement très avancé. Lui-même n'était pas mieux loti, et la sueur qui perlait de son front menaçait à tout instant de faire glisser son masque de mangemort et de révéler sa véritable identité à cette femme diablement puissante. Seul Greyback semblait encore en bonne posture, la silhouette droite et les yeux rivés sur Marie-Louise comme si sa petite épreuve n'était qu'une bagatelle pour lui.

Se rappelant finalement qu'il possédait une baguette magique, Fenrir tira trois sortilèges à quelques mètres devant Marie-Louise, l'aveuglant de la même manière qu'elle lors de sa précédente attaque. Ne perdant pas de temps, il fonça directement dans le nuage provoqué par son attaque tout en utilisant son odorat pour repérer son adversaire dont il parvint à trouver la position très rapidement. Courant vers elle, le loup-garou réussit à la rejoindre et à lui faire face avant de lui asséner un violent coup de poing en pleine figure malgré ses paumes ensanglantées. Mais la colère prédominait sur la douleur, et Greyback espérait par ce geste faire passer toutes les pulsions meurtrières l'habitant à l'encontre de Marie-Louise pour qui il n'éprouvait en cet instant que haine et désir de vengeance pour l'affront subi. Mais tout ne se déroula pas comme prévu pour lui, et sa plus grande stupeur, son coup qui aurait dû normalement rejeter en arrière la sorcière en raison de sa violence ne la fit même pas bouger d'un centimètre. Pire, ses yeux restèrent ouverts même lors de l'impact, des yeux bleus qui par ailleurs le désarçonnèrent par l'absence de toute émotion qui en ressortaient.

« Comment a-t-elle pu ne rien sentir !? Elle devrait pourtant se tordre de douleur en se tenant le nez ! » pensait-il tandis qu'il la regardait avec des yeux écarquillés.

Loin de ce qu'il espérait, la française au contraire se mit à esquisser un sourire malicieux avant de baisser son regard vers la gauche et qu'imita rapidement Fenrir. Son regard incrédule s'accentua encore davantage lorsqu'il découvrit que Marie-Louise avait étrangement posé le bout de sa baguette contre la peau de son bras et que de celle-ci jaillissait une petite lumière bleutée qui semblait circuler sur son corps en de fines vaguelettes.

- Peu d'élus sont capables de manipuler leur magie au niveau qui est le mien, et même avec de la persévérance, je doute fort que vous puissiez un jour utiliser la vôtre comme d'une seconde peau capable de supporter la plupart des chocs, l'informa t-elle en portant à présent sa baguette en direction de la paume de son autre main à 'intérieur de laquelle la lumière bleutée commençait à présent à se concentrer et à former une sorte de boule d'énergie magique. La magie sans baguette est une chose bien merveilleuse pour les initiés, mais la manipulation du noyau magique est un art qui dépasse toutes vos compétences je le crains…

Tout en parlant, la sorcière continuait à emmagasiner dans la paume de sa main une quantité de plus en plus importante de magie qu'elle moulait en une sphère plus brillante au fil du temps. Même Greyback sentit que la prochaine attaque risquait d'être particulièrement violente, aussi tenta t-il de s'y soustraire en profitant du fait que son adversaire ne semblait plus se soucier de sa protection pour tenter lui asséner un nouveau coup de poing. Malheureusement pour lui, son coup arriva bien trop tardivement car avant même qu'il ne lève le poing vers elle, Marie-Louise avait refermé le sien sur sa sphère de magie pour le rouvrir aussitôt après dans sa direction, toute la quantité d'énergie amassée dedans explosant littéralement comme une onde de choc repoussant tout ce qui se trouvait à sa portée. Greyback fut instantanément renvoyé en arrière, propulsé à grande vitesse auprès de Lucius après une série de tonneaux sur le sol dévasté de la lande.

- Avada Kedavra ! Hurla Stubbins sans attendre de savoir si Greyback se portait bien.

Le sortilège de la mort se dirigea à toute vitesse vers Marie-Louise, mais celle-ci le bloqua en faisant voler dans sa trajectoire un morceau de bois qui explosa au contact.

- Fissura abyssus ! s'écria t-elle en fendant l'air de sa baguette comme avec une épée.

Aussitôt, le sol se fissura depuis ses pieds en direction de ses adversaires, les craquelures augmentant en nombre et en épaisseur à mesure qu'elles progressaient. Bientôt, ce fut toute la terre alentour qui se mit à remuer, à bouger, à trembler tandis qu'elle se soulevait par endroit ou s'enfonçait à d'autres au moment même où la fissure principale, désormais suffisamment grosse pour pouvoir y enfoncer sa main, s'écartait à présent pour former une crevasse particulièrement profonde et qui menaçait de les engloutir si l'un d'eux avait le malheur d'y tomber. Stubbins fut d'ailleurs la principale victime du sortilège, et il fallut l'intervention de Lucius pour qu'il ne perde pas l'équilibre et tombe dedans, le seigneur Malefoy l'ayant par miracle fait léviter au dernier moment alors que Marie-Louise faisait brutalement refermer sa crevasse d'un autre coup de baguette magique.

- La chance semble vous quitter, remarqua Lucius alors qu'il rompait le sortilège maintenant en l'air Stubbins qui s'écrasa pitoyablement par terre, tête la première.

- Un échec ne détermine pas l'issue d'une guerre, lui répondit-elle d'un ton léger, nullement touchée apparemment par sa tentative manquée. Il n'y a qu'en remportant des batailles décisives que l'on peut conduire à une issue qui nous est favorable un conflit armé…

Surpris par ces mots, Lucius le fut encore davantage lorsque Marie-Louise planta purement et simplement sa baguette dans le sol, ses yeux fixés sur eux tandis que sa bouche commençait à bouger à mesure qu'elle marmonnait pour elle-même de nouveaux sortilèges. Les trois mangemorts restèrent sur leur garde, anxieux à l'idée du nouveau sort que pourrait utiliser contre eux cette femme. N'avait-elle pas quelques instants plus tôt failli les engloutir dans une faille ?! Leur adversaire était en tout cas remarquablement puissante, et l'envie de fuir commençait à lentement s'immiscer en eux.

- Alors ? Déjà fatiguée chère amie ? lança Lucius en regardant malgré tout autour de lui à la recherche d'un indice sur sa prochaine attaque.

- Nullement, mais vous, je vous conseillerais de faire attention à vos propos à mon égard. Cette façon si familière de vous adresser à moi commence à m'être insupportable…, répondit-elle en souriant malgré tout d'un air qui n'annonçait rien de bon pour eux.

Comme pour répondre à son avertissement, le mangemort aperçu alors avec effroi la forêt derrière elle bouger puis des centaines d'oiseaux se déplacer dans le ciel en fuyant les arbres dans lesquels ils avaient élu domicile. Quelques secondes plus tard, il comprit finalement la raison de cette soudaine fuite lorsqu'une dizaine d'arbres s'élancèrent vers eux, leurs racines faisant office de jambes et se mouvant de la même manière que les pattes d'une araignée tandis qu'ils pénétraient dans le dôme magique lorsque Marie-Louise l'annula durant un court instant. Cette vision cauchemardesque ne lui fit malgré tout pas perdre son sang froid, et c'est en lançant des Incendio qu'il tenta de couper court à leur avancée. Certains arbres prirent effectivement feu, mais loin de les arrêter, ceux-ci ne firent que redoubler de vitesse pour se porter vers eux. Bientôt, les premiers arbres arrivèrent à leur portée, et ce fut contre leurs racines que les mangemorts durent se battre et éviter de se retrouver empalés contre elles.

- On ne tiendra pas longtemps ! s'exclama Stubbins en évitant de peu une racine menaçant directement son visage. Diffindo !

- Mauviette…, cracha Greyback en détruisant de ses propres mains les racines s'approchant d'un peu trop près de lui. Je vais d'abord briser ces arbres, puis je briserai membre par membre cette salope…

Lucius lui, silencieux désormais, luttait également pour sa vie contre un chêne qui, en raison du sortilège lui ayant mis le feu, s'était transformé en véritable torche géante menaçant de le brûler à son tour au moindre faux pas. Pour le moment, il parvenait à résister à ses attaques, mais il voyait déjà derrière lui d'autres arbres s'approcher dangereusement de leur position et si rapidement qu'ils en perdaient une partie de leurs feuilles en route. Il constata également avec stupeur que leur adversaire elle avait disparu de sa position, et du peu qu'il avait pu en voir les rares fois où il pouvait détourner la tête du chêne, Marie-Louise n'était nulle part pour être vu.

- Argh ! hurla tout à coup à côté de lui Stubbins.

Lucius n'eut même pas besoin de tourner la tête pour comprendre que son camarade venait de faire les frais des assauts incessants des arbres, lui-même peinant désormais à contrer leurs attaques. Cependant, il fut surpris de voir que Stubbins, transpercé de part en part à travers le corps, n'avait pas été touché par les racines mais bien par les branches qui, nombreuses, fendaient l'air comme prêtes à poursuivre leur macabre besogne. Le mangemort lui, agonisant à présent et perdant une abondante quantité de sang par la même occasion, fut lentement soulevé par les branchages qui l'avaient empalé avant d'être violemment rejeté par ceux-ci avec une si grande force que son corps fut littéralement projeté à plusieurs dizaines de mètres avant de s'écraser sur le tronc d'un arbre, la colonne vertébrale brisée sous le choc.

Lucius n'eut pas même le temps de penser à regretter la mort de cet homme, si véritablement celle-ci le peinait, car à présent l'arbre qu'il affrontait semblait vouloir imiter son collègue en utilisant également ses branches pour venir à bout de lui. Les sortilèges de découpe qu'il lui envoyait fonctionnait pour le moment, mais il n'avait pour le moment qu'un seul adversaire à affronter : Si ses camarades pointaient le bout de leurs racines, il n'était pas sûr de pouvoir tenir bien longtemps. A côté de lui Fenrir ne semblait pas en meilleure posture bien que sa force surhumaine lui permettait de détruire à mains nues tous les projectiles s'approchant de son visage.

- Une idée pour venir à bout de ces choses !? lui hurla Lucius alors qu'il commençait à reculer devant l'intensité des attaques.

- Entrer dans le vif du sujet ! lui répondit Greyback avant de se jeter sur l'écorce de son arbre et de la briser d'un coup de poing, la plante tombant immédiatement sur le sol dans un fracas assourdissant.

Un sortilège explosa subitement à côté de lui, provoquant la levée d'un épais nuage de poussière entremêlé d'éclats de terre. Les sens en alerte, Fenrir regarda autour de lui à la recherche de son adversaire dont il tentait de trouver la cachette en tentant de sentir le parfum qu'elle dégageait. Mais si son nez était efficace même avec la poussière voletant autour de lui, sa vision elle s'en trouvait considérablement amoindrie et c'est en hurlant de douleur qu'il sentit quelque chose s'enfoncer telle une lance dans sa cuisse gauche. Haletant, il parvint malgré tout à s'en extraire en la brisant d'un geste de la main avant de se reculer de quelques pas en boitillant, un morceau de racine planté désormais dans sa chair.

- Merde ! cracha t-il en constatant les dégâts. Si j'attrape cette pute, elle me le paiera au centuple !

- En voilà de bien vilains mots ! entendit-il à travers le nuage l'entourant.

Un courant d'air chassa malgré tout toutes les particules de poussière autour de lui, mais à peine put-il remettre une image au terrain se trouvant face à lui qu'un énième sortilège fondait directement vers son visage et qu'il esquiva par réflexe en se jetant sur le côté. Rien d'autre pourtant ne l'accula par la suite, et Greyback eut même le temps de se relever tranquillement pour faire à nouveau face à son adversaire et à la ribambelle d'arbres qui semblaient faire bloc près d'elle comme le feraient des gardes du corps.

- Elle est diablement rusée la garce…, grogna t-il alors qu'il voyait du coin de l'œil Lucius s'approcher de lui.

- Je ne l'avais même pas remarqué, ironisa le seigneur Malefoy en roulant des yeux, le souffle haletant. Bénéficier d'une force surhumaine en raison de ta condition de monstre t'a toutefois rendu particulièrement lent à réagir Greyback…

- Lorsque j'en aurai fini avec elle, je m'occuperai personnellement de ton cas…, le menaça t-il en montrant les dents alors que ses poings se serraient.

Marie-Louise elle n'écoutait que d'une oreille distraite leur petite joute verbale, sa main droite caressant distraitement la branche d'un arbre de la même manière qu'elle le ferait pour un animal de compagnie. La scène était en tout cas suffisamment ahurissante aux yeux des deux hommes pour faire arrêter leur dispute.

- Vous avez été merveilleux, dit-elle avec douceur à ses acolytes en les regardant tous brièvement. Mais il est temps pour vous de retourner auprès des vôtres désormais…

Les arbres semblèrent accepter l'ordre caché dans sa déclaration car comme tout à l'heure, tous se déplacèrent en direction de la forêt dans un brouhaha entremêlant le bruit de leurs racines raclant le sol et le feuillage de leurs branches s'entrechoquant à chacun de leur pas. Bientôt ne furent présents que trois des protagonistes du début du combat, Malefoy et Greyback ne pouvant plus vraiment compter sur la présence de Stubbins pour les épauler.

- Reprenons messieurs si vous le voulez bien, les invita Marie-Louise en reprenant elle-même une position d'escrimeuse.

- J'allais justement vous le proposer, lui répondit Lucius avant d'engager à nouveau les hostilités par un doloris.

Le sortilège fut habilement dévié par un obstacle que la française fit léviter vers elle, de même qu'elle évita les trois sortilèges simultanés que le loup-garou et le seigneur anglais lui envoyèrent par la suite par d'habiles cabrioles. C'est alors qu'elle porta sa baguette magique au niveau de sa bouche tout en murmurant une formule magique, et durant une fraction de seconde une toute petite flamme apparut à son bout avant qu'elle ne se mette à souffler dessus. Le feu s'échappa alors en grande quantité de son arme pour fondre sur Greyback et Lucius, mais sa puissance sembla encore redoubler à mesure qu'il s'approchait d'eux.

- Protego ! dirent-ils tous les deux en pointant leur baguette vers elle.

Leurs boucliers les protégèrent aussitôt, mais l'intensité et la chaleur du brasier étaient telles qu'ils pouvaient malgré tout sentir la température grimper brusquement autour d'eux et faire perler sur leur front de grosses gouttes de sueur. Les flammes elles semblaient glisser sur leurs boucliers sans jamais passer à travers, s'échappant au contraire de tous les côtés en les entourant de la même manière qu'une aura de feu.

« On ne tiendra pas longtemps à cette vitesse ! » pensa Lucius en cherchant un moyen d'échapper à ce brasier. « Peut-être devrions-nous attendre qu'elle s'épuise d'elle-même… Ce sortilège risque de lui coûter toute son énergie… ».

Marie-Louise n'en avait toutefois pas terminé avec eux, et tout en continuant à lancer son sortilège dans leur direction, elle chercha avec son autre main sa seconde baguette magique, astucieusement cachée dans la couture de l'une de ses bottes. Une fois en main, elle la pointa également vers Lucius et Greyback, et après fermé les yeux quelques instants comme pour se donner du courage, elle fixa ses cibles durement, le regard froid et empli de colère avant de lancer son ultime attaque :

- Ventus Violentus !

Un vent puissant s'extirpa alors de sa baguette pour se diriger également vers les deux mangemorts. Seulement, dès l'instant où il entra en contact avec le puissant incendie qui donnait déjà tant de mal à Lucius et Greyback, la puissance de celui-ci redoubla de vigueur pour se transformer en véritable tempête de feu détruisant tout sur son passage. Le feudeymon lui-même n'aurait pu rivaliser de puissance avec ce qu'affrontait désormais Lucius et Greyback, et le loup-garou, qui jusqu'à présent avait bien résisté aux assauts de la princesse française, relâcha sous le coup de l'épuisement et de la douleur dans sa jambe son attention pendant une toute petite seconde… Mais une seconde qui s'avéra de trop pour lui. Son bouclier magique perdit en intensité durant ce court laps de temps, mais ce fut assez en tout cas pour que le brasier parvienne à briser sa protection et à s'engouffrer en celle-ci pour atteindre l'acolyte de Lucius. En un instant, le loup-garou fut mangé par les flammes destructrices lui léchant la peau, mais ses cris de douleur furent couverts par le bruit que provoquait l'attaque le consumant.

Marie-Louise parvint à sentir la baisse significative de l'aura magique de Greyback alors qu'elle commençait à réduire la puissance de sa dernière attaque, mais l'autre lui s'obstinait à résister à ses assauts, son aura magique ne baissant que très légèrement en raison de la fatigue et de la consommation de magie qu'il utilisait pour maintenir son bouclier. Levant de nouveau sa baguette, elle la dirigea alors en direction du ciel, le brasier imitant immédiatement son geste en s'élevant également vers la voûte étoilée de la Terre en une colonne de feu visible à des kilomètres à la ronde et d'une clarté si aveuglante que l'on aurait pu aisément se croire en plein jour. Le terrain lui se libérait petit à petit de l'incendie qui le consumait alors que partout ne restait plus que morceaux de bois calcinés, herbe brûlée et rochers recouverts d'une suie aussi noire que du charbon ; Un feu de forêt n'aurait pas eu un meilleur résultat que celui-là. Bientôt la colonne de feu perdit en intensité, le brasier s'étant dispersé dans l'air, mais la rencontre de l'air chaud et froid provoqua l'apparition de gros nuages menaçants qui commençaient déjà à gronder avant même que les dernières braises ne furent éteintes. Le combat semblait enfin terminé, et Marie-Louise, persuadée de son issue, s'offrit un moment de répit en soufflant lourdement, les mains sur les genoux tandis qu'elle reprenait son souffle.

- Ce n'est plus de mon âge…, marmonna t-elle entre deux bouffées d'air. Je n'aurais pas dû faire autant étalage de ma puissance, cela risque de me causer quelques ennuis avec les autorités de ce pays…

Toujours alerte, la princesse releva finalement la tête en direction de l'endroit où se trouvaient auparavant ses deux adversaires, sa main tenant toujours sa baguette par mesure de précaution. Elle remarqua alors que l'aura magique du dernier homme avait également disparu, peut-être en ayant finalement succombé à son attaque alors même qu'elle tentait de la détourner de son objectif initial. Elle s'avança lentement vers leur position, le pas lent et mesuré alors qu'elle scrutait de temps à autre les alentours à la recherche d'un quelconque indice pouvant trahir celui qui oserait l'attaquer de dos, mais rien ne suscita chez elle la moindre inquiétude ou méfiance tant l'endroit était à présent aussi calme que si rien ne s'y était déroulé.

Sa route s'arrêta au bout de quelques longues secondes à quelques mètres de l'emplacement précis où se trouvaient auparavant le loup-garou et le mangemort, mais Marie-Louise découvrit que si le corps de Fenrir, littéralement calciné par l'attaque au point qu'il ne restait de lui qu'un amas de chair brûlée et noircie collée à un squelette en bien piteux état était bien là, l'autre lui manquait à l'appel. Là où devait se trouver ses restes, la terre n'avait était que partiellement brûlée comme si cet homme était parvenu à résister suffisamment longtemps pour échapper à une mort pourtant certaine.

- étant donné l'état de l'herbe en cet endroit, il devait probablement encore se trouver ici peu de temps avant que l'incendie ne soit totalement maîtrisé…, constata t-elle en tournant la tête de droite à gauche à l'affût du moindre bruit trahissant la présence du mangemort.

L'orage au dessus d'elle se faisait encore plus menaçant qu'alors, et déjà les premières gouttes de pluie tombaient sur sa chevelure en se perdant dans la multitude de cheveux auburn qu'elle arborait. Alors qu'elle levait les yeux au ciel, la raison de cette soudaine disparition lui vint immédiatement à l'esprit aussi subitement que si la réponse à la question muette qu'elle se posait flottait dans l'air comme pour la narguer :

- La colonne… Sa puissance était telle qu'elle est parvenue à détruire ma barrière de protection…, analysa t-elle en vérifiant cela d'un coup de baguette magique. Quelle idiote, il a probablement dû penser la même chose et en a profité pour transplaner ou disparaître d'une tout autre manière…

- Hé ! Vous-là ! hurla à une certaine distance quelqu'un qu'elle vit rapidement arriver vers elle.

La personne n'était pas seule, car ce fut un véritable détachement d'aurors anglais qui se dirigeait vers elle, chacun tenant leur baguette en main qu'ils pointaient dans sa direction. Marie-Louise les laissa approcher sans réagir, préférant jouer la carte de la docilité et du compromis à une résistance qui s'avérerait vaine et pouvait lui faire encourir le risque d'être considérée comme une potentielle menace… Si ce n'était pas déjà le cas à en juger par les regards que ces hommes lui lançaient.

- Déposez votre baguette sur le sol et levez lentement les mains en l'air, lui ordonna le même homme d'un ton tranchant alors qu'il avançait lentement vers elle.

- Et si je refuse ? Ne put-elle s'empêcher de demander du ton le plus avenant qui soit. Cette baguette est dans ma famille depuis des générations et jamais nous ne nous en séparons.

- Ne faites pas d'histoire, répliqua l'autre d'un ton plus menaçant. Faites ce que je dis, ou alors vous devrez répondre d'insubordination devant les agents de…

- Madame de Lamballe ? intervint un nouvel homme en apparaissant à la lumière des baguettes des autres agents et que Marie-Louise identifia immédiatement pour l'avoir déjà rencontré plus tôt dans la soirée comme le ministre de la magie, Cornelius Fudge. Baissez vos baguettes ! J'ai dit baissez vos baguettes ! ordonna t-il à l'ensemble des aurors présents autour de lui.

Ses hommes obéirent aussitôt même si certains le firent avec une réticence nullement cachée, mais Cornelius leur avait déjà tourné le dos pour se diriger vers Marie-Louise, le pas hâtif. Bien loin de l'attitude posée et confiante que le ministre devait afficher en pareille occasion, la princesse de Lamballe le jugea davantage paniqué et dépassé par les événements, et la manière précipitée dont il se saisit de sa main pour la baiser lui confirma son impression lorsque le pauvre homme en oublia d'ôter son tricorne qui tomba de lui-même dans sa hâte de la saluer. Tous les deux s'étaient déjà vus dans la loge ministérielle du stade de Quidditch quelques heures plus tôt, et Cornelius avait alors semblé parfaitement maître de lui-même, affable et galant, un brin moqueur lorsqu'il tenta d'amuser Rosie et Astoria par des pitreries à des antipodes de sa fonction. Mais là… Cette soudaine activité des mangemorts semblait l'avoir laissé pantois et impuissant.

- Milles excuses ma chère madame, bredouilla t-il en lui baisant à nouveau la main. Mes hommes se sont un peu emportés en voyant cette curieuse barrière leur empêcher l'accès à cet endroit, et comme vous êtes la seule personne présente, ils… Enfin, vous comprenez… Les conclusions hâtives et tout ce qui va avec…

- Je n'étais pas seule mon cher ministre comme vous pouvez le voir par vous-même…, le contredit-elle en s'écartant légèrement pour lui laisser admirer le corps carbonisé de Greyback.

- Par Merlin ! jura Cornelius en tressaillant à cette vue. Ma… Mais qui est-ce ?!

- Un certain loup-garou du nom de « grébaque » si je ne m'abuse, l'informa Marie-Louise en remarquant le changement d'attitude sur le visage du ministre. L'un de ses associés l'a appelé ainsi. Un autre mangemort se trouve plus loin dans cette direction, ajouta t-elle en désignant d'un geste de la main l'endroit où se trouvait Stubbins.

- Greyback dites-vous !? répéta t-il d'une voix si aigue par la surprise qu'elle aurait pu faire rire l'assistance dans un tout autre contexte pendant que deux aurors se dirigeaient vers l'endroit indiqué. Par Merlin, quelle soirée ! Si… Si ce que vous me dites est vrai, alors vous venez de nous débarrasser de la pire immondice qui soit dans ce pays ! Enfin si vous nous avez vraiment débarrassé de lui… N'est-ce pas ?

- Je pourrai vous donner tous les souvenirs qui vous sembleront utiles de ce combat si vous le souhaitez ainsi que répondre à toutes les questions que vos hommes jugeront nécessaires de me poser, mais en attendant je souhaiterai discuter le plus rapidement qui soit avec mes proches si vous me le permettez, dit-elle en réprimant l'envie d'exprimer à voix haute la fatigue qui commençait à la submerger. De toute manière, je ne pense pas que les circonstances veuillent que nous discutions aimablement de ce duel, d'autres mangemorts sont encore en train de détruire ce qu'il reste de ce camp…

Comme une gifle les ramenant tous sur Terre, les aurors se tournèrent tous en direction des bruits d'explosion et des cris qu'ils pouvaient encore entendre. Au loin pouvaient encore être vus des sortilèges jetés en l'air, certains ayant même une couleur horriblement familière pour ressembler au sortilège de la mort, ainsi que des panaches de fumée noirs s'élevant vers le ciel alors même que la pluie commençait à tomber en abondance sur toute la zone désormais.

- Vous avez raison, bredouilla Cornelius en jouant nerveusement avec son tricorne. Nous devrions nous retrouver au ministère de la magie une fois que tout ceci sera réglé, pour le moment le devoir m'appelle…

C'est alors que, rompant avec la relative tranquillité de la forêt avoisinante, un sortilège plus intense encore que les autre s'éleva au dessus de la cime des arbres et gagner en largeur. Une tête de mort verdâtre fit bientôt son apparition dans le ciel noir, une langue en forme de serpent sortant de sa bouche alors qu'elle semblait narguer la foule amassée sur toute la lande. Marie-Louise ne comprit pas l'intérêt de ce sortilège, mais à entendre les cris par centaine qu'elle percevait un peu partout et le visage livide du ministre, cela n'augurait rien de bon.

- Par Merlin, la marque des ténèbres ! s'écria Cornelius d'un air effrayé. Et Bartemius qui n'est pas là… Qu'attendez-vous ! Filez là-bas ! ajouta t-il à l'encontre des aurors qui n'attendirent pas d'autres semonces pour transplaner, rapidement rejoins par le ministre lui-même.

Marie-Louise elle resta pantoise devant les derniers événements. Elle qui pensait passer une soirée tranquille en compagnie de ses proches, exception faite à Gabriel qui était pour sa part retenu en France, voilà maintenant qu'elle avait dû en une seule soirée faire face à l'attaque soudaine des mangemorts dans leur campement, à la disparition de sa fille puis à un duel contre trois de ces voyous avant de se voir accuser pendant quelques minutes d'en être une elle-même… Pour un peu, elle en aurait hurlé sa frustration. Ne pouvait-elle pas avoir au moins une fois dans sa vie une journée normale dans ce pays ? C'était à croire qu'une malédiction la frappait chaque fois qu'elle posait le pied ici, du moins lorsqu'elle s'approchait d'un peu trop près de la communauté magique du Royaume-Uni. Gabriel avait été une excellente surprise pour elle, mais quand même ! Devoir à nouveau se frotter à d'autres sorciers n'était pas ce qu'elle considérait être une bonne chose pour une personne comme elle qui aspirait surtout au calme et à la tranquillité. Malgré tout, elle se satisfaisait d'avoir mis hors d'état de nuire deux de ces vauriens, et si le troisième lui était parvenu à filer, il allait désormais y réfléchir à deux fois avant de se mesurer à elle !

Son regard se porta de nouveau sur cette marque des ténèbres, cette marque dont elle n'avait jamais eu que des échos mais qui terrorisait par sa seule vue les sorciers britanniques. Les mangemorts qu'elle avait affrontés précédemment et cette apparition soudaine ne pouvaient annoncer qu'une seule chose à ses yeux : Les temps à venir s'annonçaient bien sombres.


A/N : Donc voilà, chapitre fini ! Alors, vos réactions à ce combat ? Personnellement il ne m'a pas déçu, mais c'est surtout le début du chapitre qui me dérange, comme une impression de l'avoir bâclé ou pas assez exploité. Je ne plaisantais pas lorsque je disais aimer les combats spectaculaires ^^. ça change en tout cas des petits duels où l'on se contente d'envoyer à l'autre des sortilèges.

D'ailleurs si vous trouvez que Marie-Louise est un peu trop cheaté, rassurez-vous en vous disant qu'elle n'a affronté que des sous-fifres (désolé Lucius ^^) et que Dumbledore et Voldemort seront plus ou moins du même niveau (imaginez donc des combats entre ces trois-là... J'en salive d'avance).

Pour la petite info historique, l'Irlande était en 1805 complètement intégré au Royaume-Uni, d'où l'appellation donnée au début du chapitre. De même, même si les ottomans commençaient à perdre des pans de territoire en Europe, l'Albanie était encore sous domination turque cette année-là. De ce fait, c'était un peu difficile d'imaginer un match de Quidditch entre ces deux nations comme dans les livres de Rowling ^^. Je me demande même si je ne devrais pas modifier un peu les noms des élèves de Durmstrang compte tenu du contexte voir même inclure un aspect religieux à cette école (En Albanie comme dans les autres états de cette partie de l'Europe sous le joug des turcs, vous aviez la possibilité de vous convertir à l'islam et d'échapper à certaines discriminations ou impôt supplémentaire ou alors de conserver votre foi chrétienne et de payer cet impôt relativement cher et qui poussait finalement à la conversion... Je m'imaginais que Durmstrang fonctionnait peut-être aussi sous ce même régime). C'est un casse-tête sur lequel je planche depuis quelques temps en fait...

Pour la mort de Greyback, disons que je ne voyais aucune utilité à ce personnage, mais je voulais surtout faire apparaître ici la mort d'un personnage relativement connu pour ne pas laisser l'impression que ce ne sont que des subalternes qui ont perdu la vie.

Maintenant, je suppose que certaines s'interrogent aussi sur le fait que je n'ai pas dit le moindre mot sur la finale en elle-même et la rencontre possible entre le petit groupe composé de Lily et Rosie et celui des Weasley dans lequel se trouve très probablement Matthew et pourquoi pas James. Cette partie vous sera décrite de manière narrative dans un prochain chapitre, l'un des personnages faisant une sorte d'analyse de cette soirée... Alors soyez sans crainte ^^.

Le prochain chapitre reprendra le fil conducteur de ma fiction, et compte tenu du fait qu'il est déjà terminé, je vais très certainement le publier lundi ou mardi prochain pour ne pas perdre de temps et éviter de vous faire patienter trop longtemps !

Sur ce, à la semaine prochaine !