Salut à tous ! D'ordinaire je serais déjà en train de vous dire que ça fait longtemps depuis la dernière fois, mais bon en ce moment je suis sur un bon rythme d'un chapitre par mois environ, alors je n'ai pas à m'en plaindre ^^.
J'espère que pour certains, vous profitez bien de vos derniers jours de cours ? Perso ça va faire un mois maintenant que j'ai passé mes examens, que je sais que j'ai ma licence et que je vais désormais acter l'obtention de ce diplôme par ma rentrée en septembre pour le master de recherche Métier de l'Historien, et... Bah je m'ennuie déjà :( (j'ai déjà hâte d'être à dans 2 mois xD).
Bon alors je vous remercie déjà pour les commentaires laissés pour le chapitre précédent et surtout pour vos éloges concernant la façon dont j'ai décris les combats rapprochés, honnêtement je m'attendais à plus de critiques que de compliments ! Il y a aura d'après moi encore quelques chapitres de bataille, et celui-ci et les retours qui en découlent me rassurent un peu sur leur prochaine écriture !
Faenlgiec/Calaway/Guest : Merci pour vos commentaires !
Eloise Florent : Merci pour ton commentaire ! Je l'ai dit plus haut et à d'autres viewers, mais ton commentaire comme les leurs m'ont beaucoup rassuré sur ma capacité à écrire et décrire des scènes de bataille. Comme l'année 1806 en fourmille également, je vais les aborder avec peut-être plus de facilité !
En fait le détachement dont tu parles est très simple dans la mesure où il ne pouvait pas faire machine arrière : C'est soit tu te bats, soit tu fuis, mais tu risques de passer devant le tribunal pour désertion ^^. Non plus sérieusement je pense qu'en cas de bataille, les idéaux et convictions volent en éclat, et l'instinct de survie prime alors sur le reste ; Le type devant toi à l'intention de te tuer, alors tu ne vas pas rester là sans réagir. Quant aux contre-coups, Hm... comme je pense que personne ne ressort indemne d'un combat, il y en aura très probablement.
Pour le discours, si je me souviens bien j'étais justement en train d'écouter celui de Théoden devant Minas Tirith et celui de Dilios à la fin du film 300 pour m'en inspirer lorsque je l'ai écris ^^. Apparemment, ça a payé ! Montebello lui sera le personnage apathique par excellence au sein du régiment ; à voir maintenant si j'y incorpore en plus Boulanger : La santé mentale d'Harry en sortira t-elle intacte ?
Merci pour la petite information, je pensais que ça sonnait correctement pourtant !
Hm... Bon je ne pense pas que ça porte à caution de dire ça sur Internet : Je suis à l'université Lille 3 Charles de Gaulle !
Après pour la bonne nouvelle, j'ai enfin trouvé ce qui pourrait me sauver la mise concernant mon ordinateur défectueux : Je n'avais finalement pas besoin d'un câble HDMI mais d'un câble VGA, ce qui m'a permis en le reliant à une télé de pouvoir mettre sur clé USB tous les trucs importants qu'il y avait dessus (dont les chapitres perdus évidemment ^^). Bon par contre maintenant que j'ai avancé quand même dans la fiction, je me rends compte qu'ils ne me sont plus vraiment d'utilité, du moins pour cette fiction. D'ailleurs je suis sur le point de terminer un autre chapitre de ma troisième fiction "le lys de Versailles" que j'ai pu également récupérer, je le posterai sous peu.
Bon maintenant en ce qui concerne ce nouveau chapitre, comme le titre l'indique... Une petite mise au point familiale ! Mais par famille, de laquelle parlons-nous ? Bah vous n'aurez qu'à le lire ! Je peux juste vous dire qu'il y aura une petite pirouette scénaristique en fin de page qui aura une incidence sur le fil conducteur de la fiction.
Sur ce, bonne lecture !
La neige avait une nouvelle fois fait son apparition sur Lamballe, et une épaisse couche d'une blancheur éclatante recouvrait désormais toute la région alors que des flocons continuaient à tomber en de véritables giboulées. Ce mois de décembre de l'année 1805 semblait suivre le même chemin que ses prédécesseurs, et il ne semblait pas que la météo pourrait changer de sitôt. Le grain à moudre était depuis longtemps conservé au chaud dans les greniers, les branches depuis longtemps amassées pour prévenir tout épisode glaciaire et les animaux rentrés dans leurs étables en attendant des jours meilleurs et les prémices du printemps pour profiter d'une herbe tendre qui pour le moment était écrasée par la masse importante de neige s'étalant partout. Le château lui n'avais pas été épargné, et depuis quelques semaines maintenant, les balades en carrosse ou même en traîneau avaient été reléguées au profit des chaudes soirées au coin d'un feu nourri et autour d'une assiette garnie et fumante.
Pourtant, trois personnes s'attelaient près du portique d'entrée donnant accès à la cour intérieure, l'une plaçant d'étranges petites pierres rondes sur lesquelles des symboles étaient gravées dans des orifices incrustées dans le mur, la seconde maintenant l'échelle sur laquelle elle était montée quand l'autre, assise sur une chaise, faisait sauter sur ses genoux une petite fille chaudement emmitouflée dans de multiples couvertures et un bonnet vissé sur la tête.
- Monseigneur devrait bientôt et' là, lança à l'encontre des deux autres la femme assise en claquant des dents.
- Oui, et tu devrais retourner à l'intérieur Marthe, Joséphine et toi pourriez attraper froid.
- On croirait entendre la gouvernante de Mademoiselle, gloussa Marthe en tournant sa tête vers l'autre petit groupe présent dans la cour, deux jeunes filles joliment habillées et qui pour le moment s'attelaient à rassembler un maximum de neige pour en faire une énorme boule.
- Peut-être que cette Sœur n'a pas tout à fait tort lorsqu'il s'agit de la santé d'autrui, lui répondit Antoine alors qu'il descendait de son échelle, Remus l'y aidant et satisfait d'avoir fixé la dernière pierre au sommet de l'arche. Et Mademoiselle devrait écouter les sages conseils sa gouvernante ou de sa mère plutôt qu'attendre dans le froid la venue de son frère.
Harry, puisqu'il s'agissait bien évidemment de lui, devait en effet refaire son apparition à Lamballe après plusieurs mois de vadrouille à travers l'Europe. La guerre était apparemment finie, du moins c'est ce que rapportaient les gazettes et journaux officiels dans lesquels on ne cessait de vanter les exploits de la Grande Armée de l'empereur, victorieuse d'une coalition européenne dont il ne restait que des ruines et qui, vaincue, devait désormais se plier aux exigences de l'empereur français. Il n'était pas encore question de conquêtes territoriales nouvelles, mais les journalistes, informés par des sources sûres au sein de la diplomatie française, soufflaient déjà l'idée d'un remboursement des frais de guerre d'un montant de plusieurs millions de francs. On parlait également d'une bataille décisive expliquant la situation actuelle, une bataille près d'un petit village du nom d'Austerlitz et qui, en plus d'avoir écrasé les armées austro-russes, n'avait coûté que quelques milliers d'hommes à l'armée française, blessés inclus. Leur petit seigneur lui n'avait rien écrit là dessus, d'ailleurs il n'avait pour ainsi dire rien écrit depuis des mois, peut-être par manque de temps, par peur de voir son courrier intercepté, en raison d'une interdiction aussi, ou tout simplement pour ne pas les inquiéter.
Mais ce silence suffisait à cela, et Marie-Louise, tout comme Lily et l'ensemble des familiers du château, s'étaient angoissés du sort réservé à l'héritier inespéré de la propriétaire des lieux ; Sa mort aurait entraîné de multiples problèmes successoraux, à commencer tout d'abord par la disparition de l'une des dernières branches de la famille Bourbon dont Harry était l'un des représentants sans en avoir même le sang. Aussi, le courrier adressé à la princesse de Lamballe et portant le cachet de cire de son fils fut accueilli avec une joie partagée par tous les habitants du château, et même si le jeune héritier se montrait peu loquace dans sa lettre, la permission offerte par son supérieur de passer la période des fêtes de fin d'année au sein de sa famille fut un baume au cœur suffisant pour aborder ces mêmes fêtes avec beaucoup d'impatience. Antoine attendait pour sa part que son jeune maître leur fasse un compte rendu détaillé de la campagne militaire à laquelle il venait d'assister, lui-même ayant par le passé porté les armes à quelques reprises du temps où il était jeune page à la Cour de Versailles ; Sûrement que Gabriel avait désormais des histoires bien plus passionnantes à narrer à présent, et tel un enfant, il attendait avec excitation son retour pour pouvoir en profiter.
La guerre était cependant le cadet des soucis des deux jeunes filles jouant à quelques mètres de lui, notamment pour celle qui, pour le moment, s'attelait plutôt à faire rouler son énorme boule de neige en compagnie de sa meilleure amie sous le regard furibond de sa gouvernante passant de temps à autre la tête par une fenêtre du rez-de-chaussée :
- Mademoiselle Marie-Rose ! Pestait-elle emmitouflée dans son épaisse cape de voyage. Rentrez immédiatement ! Vous allez attraper froid, et si tel est le cas, ne venez pas vous plaindre d'être malade !
- Mais Gabriel sera là sous peu ! Lui répondit d'un ton gai sa pupille sans même darder un regard vers elle. Que dirait-il s'il n'avait pour accueil que ses deux domestiques favoris et son parrain ?
- Ah, vous me peinez mademoiselle ! Fit mine de s'insurger Antoine. Ne sommes-nous pas suffisamment digne d'estime et d'intérêt pour accueillir Monseigneur?
- Ce n'est pas ce que je voulais dire mon bon Antoine ! Reprit-elle immédiatement en lui adressant un regard d'excuse. Simplement, je pense que mon frère serait ravi d'avoir face à lui un membre de sa famille plutôt que ses serviteurs… Ooh, peu importe la manière dont je tourne cette phrase, elle sonne continuellement comme un reproche !
Mais Antoine et Marthe eux préféraient en rire, ce qui rassura quelque peu leur jeune maîtresse, tandis qu'à côté d'elle, Astoria se moquait ouvertement de ses maladresses verbales devenues légendaires.
- Venez donc jouer avec nous Sœur Catherine ! Lui lança Rosie en se tournant enfin vers elle. Vous verrez comme le temps passe vite en s'amusant !
- Une religieuse ne s'amuse pas ! Lui répondit fermement sa gouvernante. Une religieuse se complaît dans l'adoration du christ, dans ses prières et dans les tâches quotidiennes incombant à sa fonction ! Il n'y a nul temps pour l'amusement ! Quant à vous, vous devriez plutôt être en train de faire vos devoirs ou tenir compagnie aux hôtes de votre mère, et non pas à faire des boules de neige pour Dieu sait quelle raison !
- Mère sait parfaitement tenir un foyer et recevoir ses hôtes sans m'avoir dans les jambes, lui affirma Rosie avec un sourire malicieux. Elle sait pertinemment que je suis encore incapable de tenir séance même lorsque les circonstances l'exigent, ce qui peut comme vous le savez être préjudiciable pour notre image !
- Eh bien, vous devriez rentrer immédiatement pour parfaire une fois de plus les manquements à votre éducation ! C'est à croire que vous le faites volontairement exprès !
Mais sa jeune charge ne l'écoutait déjà plus, plongée désormais dans la recherche de morceaux de bois pouvant faire office de bras pour le bonhomme de neige qu'elle souhaitait modeler. Vaincue, Sœur Catherine se réfugia dans la chaleur de la pièce qu'elle venait à peine de quitter tout en songeant que dans moins de dix minutes, elle reparaîtrait à nouveau au chambranle de la porte pour réclamer une nouvelle fois l'obéissance à Marie-Rose. Antoine lui observait sa petite maîtresse s'affairer dans ses recherches, un sourire aux lèvres devant l'attitude détachée de celle-ci sur la situation actuelle. Par quel miracle Rosie parvenait-elle à prendre à la légère toutes les tracasseries qui touchaient sa famille ? Lui même l'ignorait, et par supposition, il imaginait bien que les sorciers puissent avoir une sorte de don ou une intuition finement développée qui leur donnait constamment une confiance inébranlable en l'avenir. Peut-être était-ce tiré par les cheveux et peut-être tout simplement qu'elle ne voyait toujours les choses que du bon côté, mais il restait surpris par tant de détachement. Même lorsque certains avaient imaginé qu'il pouvait arriver malheur à leur jeune maître, il n'y avait qu'une seule personne dont l'idée ne lui était jamais passée par la tête : Marie-Rose, qui outre le fait de rabrouer ceux qui voyaient déjà son frère mort, assumait sa prise de position d'un cinglant «Harry m'a promis qu'il reviendrait, et il tient toujours parole».
Jamais elle n'avait semblé alarmé par l'absence de nouvelles de son frère, et l'appréhension ne se lisait dans aucune de ses lettres, du moins était-ce ce qu'affirmait la princesse de Lamballe. Au contraire, les quatre mois passés à Beauxbâtons pour la fille de la princesse et de Lily Evans n'avaient été que pitreries, mauvais tours aux enseignants, lettres d'avertissement envoyées à ses mamans et reproches écrits sur papier par l'une d'elles à l'encontre de leur petite sauvageonne. Ses résultats restaient cependant satisfaisants, mais le comportement lui laissait à désirer, et même la présence de Sœur Catherine dans son dortoir ne dissuadait pas Rosie de commettre au moins une fois par semaine un acte pouvant lui être répréhensible. En fin psychologue, et voyant selon lui clair dans le petit manège de la sœur de son neveu, Remus avait supposé que Rosie, bien qu'affirmant n'être nullement angoissée par le sort de son frère, avait trouvé une parade à ses véritables sentiments en noyant ceux-ci dans l'amusement et les blagues de mauvais goût ; Une explication plutôt censée aux yeux d'Antoine qui, pour l'heure, parvenait presque à en voir la confirmation dans les agissements de sa jeune maîtresse depuis près d'une heure ; Plutôt que de rester bien au chaud dans l'un de ses salons, elle avait choisi de tuer le temps dehors, malgré la probable désapprobation de sa mère et le risque de tomber malade, à jouer avec la neige en compagnie d'Astoria ou, comme en ce moment même, à concevoir des petits hommes de neige… pour très certainement cacher son impatience, voire l'appréhension des retrouvailles et de l'état dans lequel se trouvait son frère.
- Pensez-vous que ce sera encore long Antoine ? Lui demanda alors Remus en lui faisant immédiatement perdre le fil de ses pensées.
- Oh heu… Je ne sais pas, madame a dit qu'il rentrait précisément à 11 heures, et il le sera seulement dans moins de cinq minutes, répondit-il platement en regardant sa montre.
- Si j'étais honnête avec moi-même, je vous avouerais que je dois être probablement le plus impatient de tous de le revoir, lui dit-il en esquissant un sourire penaud. J'ai connu Gabriel depuis qu'il est né, et je me suis juré la première fois que je l'ai eu dans mes bras que je le protégerai coûte que coûte de tous les dangers qui pourraient le guetter. Alors je regrette vraiment de ne pas avoir pu être là pour l'assister dans les périples qu'il a rencontrés…
- Je pense que le sentiment est partagé par toutes les personnes vivants ici, lui assura Antoine. Monseigneur est un homme bon, bien meilleur que celui dont il a pris les titres, et les gens du voisinage l'apprécient fortement. Je ne doute pas que Lamballe deviendra plus grand encore que ce qu'il est déjà une fois que son altesse sérénissime lui aura confié les rênes du domaine et des terres avoisinantes. J'espère être encore là lorsque cela arrivera !
- Il n'y aucune raison pour que cela n'arrive pas ! Lui certifia Remus. Allons mon ami, arrêtons là dès à présent le mélodrame, autrement nous finirions par devoir laisser à cette brave dame le privilège de souhaiter la bienvenue à mon neveu tandis que nous pleurerions piteusement dans l'une des pièces du château.
- Oh mais j'accepterais avec plaisir ! Lui certifia Marthe tandis que sa fille gloussait en tapant dans ses mains. Vous deux, vous seriez tout aussi bien utile en cuisine à aider ce pauvre Giuseppe ! Le pauvre ne sait plus où donner de la tête depuis que ces messieurs dames de la famille royale sont venus rendre une petite visite à Madame notre maîtresse !
Marthe ne croyait pas si bien dire, mais elle devait bien être la seule à prendre cette arrivée impromptue à la légère ; Giuseppe lui se désespérait encore de devoir désormais préparer pour chaque repas une trentaine de couverts avec un personnel fortement inférieur à ce qu'il devrait être pour une telle occasion. Depuis hier, le roi en exil et accessoirement oncle par alliance de leur jeune maître avait fait son entrée à Lamballe sans prévenir, et avec une complicité interne qui pour l'heure n'avait pas été démasquée, il était parvenu, en pleine nuit et en employant le même procédé que celui avec lequel Harry devait arriver, à venir tranquillement en carrosse et avec une suite de plusieurs dizaines de serviteurs et courtisans dans la cour en réveillant au passage tout le château. En chemise de nuit et robe de chambre, Marie-Louise avait accueilli avec les honneurs Louis XVIII ainsi que l'ensemble presque au complet de la famille royale, et ce malgré le fait que ceux-ci s'étaient littéralement invités chez elle et semblaient bien partie pour rester quelques temps en leur compagnie. Quant à la raison de leur visite, celle-ci n'avait pas été clairement précisée, et Marie-Louise, trop occupée à satisfaire les désirs de son souverain sans royaume, n'avait pas osé le demander clairement. Mais personne n'était dupe, et le timing bien trop parfait pour faire illusion : Le retour de Gabriel coïncidait bien trop avec la venue du roi, aussi tout le monde optait pour une raison le concernant.
Depuis hier donc, le quotidien des habitants du château était totalement chamboulé, et en reprenant les principes et facéties de l'étiquette de cour faisant office quinze ans auparavant, un petit air de Versailles flottait désormais dans l'air : Le roi et la reine s'étaient vus attitrer la meilleure suite du château composée d'une chambre et de plusieurs salons ainsi que d'un cabinet de travail personnel, son frère le comte d'Artois lui, récemment veuf, s'était vu offrir la chambre qui était autrefois dévolue au prince de Lamballe, tandis que les princes et princesses royales devaient quant à eux se partager les dernières chambres non encore occupées quand les courtisans se contentaient de minuscules pièces avec lit de fortune et absence de cabinet de toilette. Certains eurent même la malchance de devoir dormir dans les couloirs, dans des lits de camp préparés à la hâte et qui, le matin arrivant, devaient être libérés et mis de côté pour une prochaine utilisation.
Et tout cela ne faisait que commencer ! Remus en avait été sans voix, d'autant plus que lorsque l'heure du repas sonnait, un autre cérémonial se mettait en place, un cérémonial d'un autre âge à ses yeux où le roi et la reine attendaient patiemment que l'on serve les meilleurs plats, seuls à une table au centre de la pièce sous les yeux des courtisans qui ne bronchaient pas le moindre mot, tandis que le reste de la famille royale dînait dans leurs appartements respectifs en suivant le même protocole. Les serviteurs ne savaient plus où donner de la tête ! Marie-Louise elle acceptait cela sans sourciller, du moins c'est ce que pensait Remus, et il fut surpris de la voir attendre que Louis XVIII daigne terminer son repas et sorte de la pièce pour à son tour manger. Cette soumission à l'Étiquette l'étonnait de sa part, elle qui d'ordinaire se montrait si forte et intransigeante avec les autres et qui devenait au contact d'une personne qu'elle pensait supérieure à elle aussi timide et effacée que si elle s'était trouvée devant la Vierge Marie en personne.
Remus lui n'avait pas vraiment d'opinion sur cet étrange homme se proclamant roi mais qui n'avait pas même un trône sur lequel se poser. Il semblait en tout cas bougon, un brin intimidant avec sa lourde et ronde silhouette et les multiples décorations militaires qu'il arborait sur la poitrine. Mais le roi lui semblait en avoir une à son sujet, et ne le connaissant pas, il évitait ostensiblement sa présence, le jaugeait du regard d'un air peu avenant et ne lui avait adressé la parole qu'une seule et unique fois lorsque Marie-Louise l'avait présenté. Pour ce qui était de Lily et Rosie, la première eut à l'inverse l'occasion de discuter avec lui à quelques reprises jusqu'à présent, mais Louis XVIII la prenait probablement pour une dame de bon lignage qu'elle n'était pourtant pas. Quant à la seconde, le silence de Marie-Louise sur l'identité du père de cette jeune demoiselle suffisait au roi à lui faire croire que celle-ci pouvait être le fruit d'une relation honteuse pour la princesse, et autant il avait apprécié Harry les quelques fois où il avait pu le rencontrer, autant il ne semblait pas franchement intéressé par sa jeune sœur, et celle-ci, bien qu'elle ne le montra pas ouvertement, partageait un avis similaire envers son oncle par alliance ; Devant cette atmosphère délétère, Remus songeait que les vacances de noël allaient être terriblement longues et pesantes, mais surtout, il attendait de savoir ce que ce roi en exil pouvait bien vouloir à son neveu pour venir jusqu'ici : La réunion qui se déroulait à l'intérieur du château et à laquelle il n'avait pas été convié devait très certainement concerner cette ultime rencontre.
- Qu'il se hâte, je meurs d'envie de savoir ce qu'à bien pu lui écrire Daphné ! Lança alors Astoria.
- Sûrement quelque chose de mièvre comme «Tu me manques tant» ou «Je me languis de toi !», supposa d'un ton moqueur sa meilleure amie en faisant mine de se sentir mal, la main sur le front et les yeux clos dans une gestuelle théâtrale. Tu l'as connais : Elle peut être si ennuyante lorsqu'il s'agit de son fiancé...
- Vous oubliez un détail mes demoiselles : Le courrier privé est, comme son nom l'indique, privé ! Leur rappela Remus en secouant la tête devant les pitreries de Rosie.
- Gabriel ne me cache rien, lui certifia t-elle immédiatement bien que son oncle pouvait sentir poindre un léger doute dans sa voix.
Soudainement les runes s'activèrent, et une sorte de fine membrane presque transparente apparut à l'entrée du portique. Le portail magique émettait un léger son semblable au souffle du vent tandis que des vagues semblaient se former sur sa surface comme des auréoles partant du centre vers l'extrémité, de manière continuelle et régulière. Puis, des naseaux apparurent à leur tour, suivis par une tête de cheval et le reste de son corps pendant que, tranquillement assis sur son dos, un cavalier en tenue de soldat s'extirpait à son tour du portail, l'air presque nonchalant.
- Il est là ! S'écria aussitôt Rosie en levant sa main.
Sans crier garde celle-ci souleva plusieurs boules de neige, et d'un geste du poignet, toutes se dirigèrent vers le nouveau venu qui, surpris, ne put en éviter aucune et tomba de son cheval sous la force de l'attaque.
- Oups ! Couina la coupable tandis que tous les autres accouraient vers Harry pour l'aider à se relever.
Par chance, la couche de neige à ses pieds avait fortement amorti la chute, mais légèrement déboussolé par cette attaque soudaine, il se laissa faire sans réagir lorsqu'Antoine et Remus se saisirent de ses bras et le remirent sur ses pieds. Le portail lui disparut au même moment dans «pop» sonore bien que personne n'y porta désormais le moindre intérêt.
- Quel accueil…, bredouilla t-il une fois les idées claires. On pourra dire ce que l'on voudra, tu n'as pas ton pareil pour m'étonner chaque jour un peu plus Rosie !
- Et il serait peut-être sage désormais que mademoiselle sache se tenir, n'est-ce pas, Rosie ?
Se sachant fautive, la concernée préféra baisser les yeux devant le ton réprobateur de son oncle, muette pour la première fois depuis bien longtemps. Harry lui n'était pas du tout fâché par les agissements de sa petite sœur, et s'extirpant de la poigne de son parrain, il se dirigea vers Rosie et sans avertir l'encercla de ses bras avant de la faire tournoyer dans les airs.
- Ah mauvaise graine ! Gloussait t-il à son oreille. Que deviendrai-je sans ma petite sœur adorée ? Allons, souris donc ! Tu me feras un plus grand plaisir qu'afficher cette mine maussade qui ne te sied point du tout !
- Si tu arrêtais de me balancer de droite à gauche, peut-être aurais-je une bonne raison de sourire ? Dit-elle d'un ton contrarié bien qu'un sourire s'esquissait petit à petit sur son visage.
Son frère obéit immédiatement, mais sans la lâcher, il opta alors pour un simple câlin auquel Rosie répondit sans se faire prier.
- Tu m'as manqué Gabriel, marmonna t-elle d'une petite voix. Je n'ai pas arrêté de me demander chaque jour où tu pouvais bien être et ce que tu pouvais faire…
- Vous m'avez tous manqué vous aussi, avoua t-il. J'aurais aimé vous écrire, mais mes supérieurs préféraient attendre des circonstances plus favorables aux nouvelles, circonstances qui ne sont d'ailleurs arrivées que tout récemment.
- Hé bien tu aurais dû passer outre les ordres, lui reprocha t-elle en s'écartant légèrement pour lui adresser une petite tape sur la poitrine. Te rends-tu compte ? Pas une seule nouvelle en près de quatre mois ! Mère n'a cessé de m'écrire à Beauxbâtons pour savoir si tu avais pu par hasard m'adresser une lettre ! D'ailleurs elle m'a beaucoup écrit, mais c'était surtout pour me faire des reproches sur ma conduite à l'école…
- Pourquoi ne suis-je pas étonné ? Dit-il d'un air las en secouant sa tête. Tu ne changeras jamais Rosie.
- C'est comme ça que tu me préfères Gabriel, répondit-elle avec malice.
Souriant, Harry reporta son attention sur le petit groupe qu'il avait laissé derrière, et se dirigeant de nouveau vers son parrain, il lui tendit la main, mais celui-ci avait de toute évidence une autre idée de la manière avec laquelle se faisaient des retrouvailles car il opta plutôt pour une accolade brève mais dans laquelle diverses émotions pouvaient aisément transparaître : Le bonheur, le soulagement, la bienveillance, mais aussi l'amour tout simplement.
- Regarde toi ! Dit-il une fois qu'il eut relâché son filleul. Tu me sembles changé ! Partir en vadrouille à travers l'Europe t'a été on ne peut plus bénéfique on dirait !
- Peut-être oui, marmonna Harry d'un ton incertain. Je n'ai pas vraiment fait attention à mon apparence : J'étais plutôt préoccupé par ceci ces derniers jours…
Et tout en parlant, il s'écarta légèrement de son parrain pour exhiber les multiples coupures de son pantalon grossièrement recousues. Les traces étaient clairement visibles, et il ne fallut pas longtemps aux autres pour comprendre d'où elles provenaient :
- Tu es blessé ?! S'alarma immédiatement Rosie en inspectant d'un air soucieux les multiples traces de blessure. Et moi qui ne trouve rien de mieux que de t'accueillir avec des boules de neige !
- Allons Rosie, penses-tu que je vous ferais admirer ces coupures de manière si détachée si elles étaient graves ? Lui répondit aussitôt son frère. Un peu de magie, quelques bandages par précaution, et surtout une aiguille et du fil, et c'est comme si rien n'y paraissait !
Son explication ne rassura pas pour autant son entourage, et à la vue des visages soucieux des membres de sa famille et de ses serviteurs, Harry se trouva soudain embarrassé d'avoir eu la brillante idée de montrer ses coupures comme un trophée de chasse.
- Je vais très bien, insista t-il pour couper court au silence qui s'installait. D'autres n'ont pas eu autant de chance que moi durant cette campagne, alors je me trouve vraiment chanceux d'être là aujourd'hui pour profiter de la présence de ceux qui me sont chers quand d'autres vont retrouver les leurs entre les quatre planches d'un cercueil ! Allons plutôt nous réfugier à l'intérieur avant de mourir de froid pour savourer les délicieux petits plats de ma cuisinière préférée, n'est-ce pas Marthe ? Ajouta t-il avec un petit sourire entendu en direction de celle-ci.
- Manque de chance pour vous Monseigneur, ce n'est pas moi qui est de corvée de cuisine aujourd'hui, répondit-elle alors qu'Harry soupirait de dépit. Mais je vous ai gardé un peu de mon bouillon pour le repas de ce soir, je sais que vous l'adorez.
- Miam ! Répondit-il en réprimant l'envie de se lécher les lèvres.
Se laissant malgré tout le temps de saluer tout le monde d'un accolade ou dans le cas de la fille d'Antoine et Marthe par quelques chatouilles, Harry les invita ensuite à rentrer à l'intérieur… pour se retrouver nez à nez avec Sœur Catherine.
- Ma Sœur…, la salua t-il respectueusement. Je suis ravi de constater que vous serez une nouvelle fois parmi nous pour la période des fêtes de fin d'année.
- Votre mère m'a cordialement invité à assister aux célébrations qui auront lieu dans votre demeure tout en continuant à garder un œil sur votre sœur… J'ose espérer que ce temps nous sera bénéfique pour toutes les deux.
Tout en disant cela, son regard se porta une fois de plus sur Rosie, et celle-ci bien qu'elle soutint le regard perçant de sa gouvernante, ne put s'empêcher de déglutir en songeant rapidement à ce que les propos de Sœur Catherine pouvaient sous-entendre.
- S'il vous plaît, vous me feriez un grand honneur de venir me rejoindre ce soir dans mon cabinet de travail, reprit Harry. J'aurais besoin des conseils et de l'avis avisé d'une religieuse pour soulager ma conscience des maux qui lui pèsent depuis quelques temps.
- Ce que vous avez vécu laisse des marques, lui répondit la religieuse en se doutant pertinemment de ce qui tracassait le jeune homme devant elle. Je ne suis normalement pas qualifiée pour une telle chose, et les secours d'un prêtre vous seraient plus salutaires, mais je ferai de mon mieux pour vous satisfaire.
- Je vous remercie, lui dit-il en souriant sincèrement.
Sœur Catherine inclina légèrement sa tête, puis prenant congé, elle se dirigea vers l'un des couloirs attenant au hall d'entrée non sans lancer un dernier coup d'oeil en direction de Rosie comme pour lui signaler qu'elle ne l'oubliait pas. Marthe et Antoine eux, déclarant avoir encore du travail à faire, se retirèrent également en direction des sous-sols du château et des cuisines, leur petite fille gazouillant dans les bras de son père. Remus, Astoria et Rosie eux observaient curieusement Harry, s'interrogeant sur ces maux qui tracassaient le jeune homme. Mais comme celui-ci ne leur en avait pour le moment pas encore parlé, ils décidèrent d'un commun accord d'attendre le bon moment pour aborder le sujet. Prenant les devants, Rosie opta alors pour changer de sujet, et son regard se porta immédiatement sur une petite pile à quelques mètres d'eux.
- Il y a quelque chose pour toi là-bas, lui indiqua t-elle en pointant du doigt le petit monticule de papier qui éveillerait sans nul doute possible la curiosité de son frère.
Sur un meuble, un plateau d'argent sur lequel quelques lettres encore cachetées reposaient avait été mis bien en évidence sans que personne n'y touche en attendant le retour de leur véritable destinataire. Sans avoir besoin d'en avoir la confirmation, Harry sut que celles-ci lui étaient adressées, et il n'eut pas davantage besoin de demander à Remus ou Rosie de qui elles provenaient pour reconnaître la gracieuse écriture de sa fiancée à travers l'adresse écriture sur la feuille de papier.
- Daphné s'est montrée très… communicative ces derniers temps, l'informa distraitement sa sœur tandis qu'Harry se saisissait de la petite pile de lettres. Je pense que tout comme nous, elle devait s'interroger sur l'endroit où tu pouvais bien te trouver.
- Peut-être qu'elle parle aussi du tournoi des trois sorciers, déclara Astoria en essayant de titiller la curiosité de son futur beau-frère quant au contenu de ces lettres.
Pari gagné, car à la mention du tournoi, les sourcils d'Harry se haussèrent si haut que l'on aurait dit qu'ils pouvaient atteindre la racine de ses cheveux.
- Attendez… Le tournoi des trois sorciers ? Dit-il d'un air confus. Je croyais qu'ils l'avaient arrêté il y a une vingtaine d'années en raison du nombre trop élevé de morts ? Dumbledore l'aurait remis en place ?
- Oh oui, et la nouvelle a surpris tout le monde ! Lui assura Rosie. Nous n'avons été mise au courant qu'au soir de la rentrée scolaire à Beauxbâtons. Madame Maxime cache bien son jeu ! Cependant je trouve injuste qu'il n'y ait que les septième année qui puissent y participer, et que les étudiantes n'étant pas au minimum en quatrième année ne puissent pas y assister !
- Le meilleur moyen de savoir ce qu'il en est, c'est encore de savoir ce qu'en pense Daphné dans ses lettres, non ? Argua Astoria sous les hochements de tête approbateurs de sa meilleure amie.
Mais Harry n'était pas dupe, et souriant malicieusement aux deux petits monstres, il se saisit de sa baguette magique, et d'un simple geste, fit disparaître les précieux documents.
- Le contenu de ce courrier ne sera connu que par moi seul, affirma t-il alors que Rosie comme Astoria affichaient des moues boudeuses. Et ce n'est pas la peine de jouer à ce petit jeu Rosie, ajouta t-il alors que sa sœur commençait à avoir les yeux brillants, cela pouvait fonctionner lorsque tu avais six ans et que tu ressemblais encore à un gros bébé, mais maintenant il serait temps de grandir !
- Très bien, dit-elle d'un air contrarié et les bras croisés.
- Alors le vieux sénile a relancé ce tournoi…, reprit-il en se tournant vers Remus. Quelle idée ! Je suis surpris que Madame Maxime ait accepté d'y participer. Qui est la championne de Beauxbâtons ?
- Ton amie Fleur, lui répondit son parrain tandis qu'Harry souriait de contentement. De ce que j'en sais, elle ne s'est pas trop mal débrouillée pour la première épreuve.
- Dommage…, marmonna Rosie avant de recevoir une légère tape sur la tête de la part d'Harry.
- ça c'est pour te montrer méchante, la sermonna t-il sévèrement. Fleur n'est pas une sainte, et je sais que tu partages les sentiments de Daphné à son égard, mais tu pourrais éviter ce genre de commentaire en ma présence, veux-tu ? Elle reste mon amie, et de surcroît la championne de ton école, alors tu devrais l'encourager plutôt que de lui souhaiter malheur.
Rosie ne répondit rien, mais son froncement de sourcils suffisait à Harry pour savoir qu'elle n'était pas d'accord avec ce qu'il disait.
- La presse locale ne se fait pas beaucoup l'écho de ce tournoi, reprit Remus. On sait simplement que les champions ont dû affronter un dragon pour la première épreuve et qu'ils devaient lui subtiliser quelque chose, un œuf semble t-il. Je suppose que Fleur a dû donner davantage d'explications dans les lettres qu'elle a envoyées à ses parents, mais ils n'ont pas été très bavards sur ce sujet.
- Qui sont les autres champions ? Demanda alors Harry bien qu'il ne portait pas un grand intérêt à ceux-ci.
- Victor Krum est le champion de Durmstrang, précisa son parrain tandis qu'Harry arquait un sourcil, surpris de voir concourir une école de magie noire dans un tel tournoi. Cependant il y a eu un léger problème pour Poudlard…
- Laisse moi deviner : Dumbledore a changé les règles pour faire en sorte que Matthew puisse y participer ? Supposa en ricanant Harry.
Pourtant, son rire ne trouva aucun écho chez les autres, et en quelques secondes seulement il se tut devant les visages fermés de son entourage.
- Il a vraiment fait ça ?! S'étonna t-il, incrédule. Bonté divine, pourquoi suis-je étonné par la nouvelle ? Je ne devrais même pas l'être…
- En fait, on ne sait pas vraiment si c'est effectivement le cas, déclara Remus. Il y a eu un autre concurrent pour Poudlard annoncé avant lui, ce qui fait qu'il y a désormais deux concurrents pour Poudlard. Beauxbâtons et Durmstrang crient à la triche, et Dumbledore se défend en affirmant que la coupe a dû être trompée par un sortilège très puissant, mais comme tout le monde sait qu'il est très proche de Matthew, personne ou presque ne le croit.
Harry restait lui aussi sceptique devant la nouvelle, persuadé sans avoir besoin d'en savoir davantage que Dumbledore pouvait bien avoir un rôle dans cette histoire. La réouverture du tournoi était déjà à ses yeux étrange, d'autant plus qu'il lui semblait avoir déjà lu quelque part que Dumbledore en avait été l'un des ardents promoteurs par le passé, alors pourquoi l'avoir recrée ? Une partie de lui se disait que de toute manière, jamais les actes de Dumbledore n'avaient été jusqu'à présent logiques, du moins dans la logique de base de l'homme lambda, mais bien dans celle d'un magicien centenaire dont les petites manigances échappaient au commun des mortels. Mais une autre partie, plus méfiante peut-être, s'imaginait que ce tournoi n'était qu'une étape supplémentaire dans un plan parfaitement huilé du directeur de Poudlard pour une raison qui n'était connue que de lui-même… Ou alors tout simplement le fruit du hasard. Mais les choses s'étant déroulées ces derniers temps dans le monde magique étaient-elles le fruit du hasard ? Une évasion d'Azkaban, une coupe du monde gâchée par des mangemorts encore dans la nature, un tournoi des trois sorciers sortant de nul part et surtout, son demi-frère qui y participe sans avoir pour autant l'âge requis… Non, à moins que le hasard frappe beaucoup trop fréquemment, ces choses devaient, à plus ou moins grande échelle, être liées. Restait à savoir l'implication de Dumbledore ou dans une toute autre mesure de Voldemort dans cette affaire, et Harry avait l'intuition qu'ils n'étaient pas étrangers là dedans.
- Je ne sais rien de plus là dessus, poursuivit Remus tandis qu'Harry retrouvait le fil de la conversation. Je suppose que ton frère a réussi lui aussi l'épreuve, mais aucune nouvelle n'a fuité dans la presse. Les journaux préfèrent faire les gros titres sur les succès des batailles moldues et de l'implication de certains régiments sorciers dans celles-ci. Le tien a d'ailleurs été souvent cités dans leurs colonnes… J'espère que tu nous donneras plus de détails croustillants à l'avenir.
- Croustillant je ne sais pas, mais plus informatif que les journaux, ça je pense pouvoir y parvenir, lui répondit son filleul en hochant sa tête. Si nous allions voir mon oncle maintenant ? Je pense que tout le monde doit désormais être au courant de ma présence, alors ne les faisons pas attendre. Venez !
Harry allait s'engager dans l'escalier principal permettant un accès direct au salon d'honneur où devaient se trouver les invités et sa famille, mais à peine eut-il posé un pied sur la première marche qu'il constata que Rosie, Astoria et Remus ne l'avaient pas suivi et étaient restés quelques pas derrière lui.
- Vous ne venez pas ? Allons, son altesse est un peu rustre, mais il n'a jamais mangé personne !
Mais pas un ne fit un geste vers lui, ce qui le contraria davantage.
- Quoi ? Y-a t-il un problème ? Dit-il en fronçant les sourcils. Y-a t-il quelque chose que je devrais connaître avant de monter ?
- Gabriel… Je… Je ne peux pas te suivre, lui répondit après quelques instants Remus d'un ton hésitant. C'est la raison pour laquelle j'ai préféré attendre ta venue dehors.
- Mais… Pourquoi ne pourrais-tu pas ? N'aurais-tu dû pas être à l'intérieur avec les autres ? S'enquit Harry d'un ton curieux.
L'humeur de Remus sembla alors baisser de plusieurs niveaux en une seconde, et intrigué, Harry se demandait désormais s'il n'y avait pas eu quelques querelles familiales en son absence.
- Ton… Ton oncle souhaitait absolument converser avec ta mère dans un cadre plus intime, plus familial si j'ose dire…, commença t-il en tentant de rassurer son neveu par un léger sourire. Leur discussion ne devait pas être entendue par des oreilles indiscrètes et notamment par des gens en qui il n'avait pas confiance. Alors j'ai… J'ai été prié de sortir. Mais ce n'est pas grave ! Ajouta t-il précipitamment devant l'air qu'arborait à présent Harry. Tu sais que les questions d'ordre politique ne m'intéresse pas…
- Ce n'est pas une raison, le coupa Harry. Tu es ici logé en qualité d'invité et de parent, et tu es de surcroît mon parrain ce qui légitime ta présence dans une réunion familiale.
- Ce que Remus ne veut pas te dire, c'est que notre oncle ne fait pas confiance aux gens dès l'instant où ceux-ci ne sont pas assez dignes à ses yeux pour tenir conversation auprès de lui, et cela passe par les titres nobiliaires ou le statut social, ajouta Rosie d'un ton sérieux. Remus n'est ni un noble, ni une personne de qualité, ni même quelqu'un pouvant avoir une quelconque influence sur des individus pouvant servir les intérêts de sa majesté, ce qui le rend alors indésirable. Qui plus est, s'il apprenait qu'il est un loup-garou, je ne donne pas cher de sa peau ; Déjà qu'il n'a pas une haute estime des sorciers...
- C'est à peu près ça, avoua Remus sans paraître pour autant peiné.
- Et mère n'a rien dit ?! S'étonna Harry.
- Tu seras étonné de voir à quel point les gens peuvent changer selon le statut social de leur interlocuteur, lui répondit son parrain. Pour faire simple, ta mère, en présence du roi, se retrouve de nouveau dans le rôle de courtisan qu'elle avait lorsqu'elle vivait à Versailles ; Plaire et s'attirer les grâces des puissants pour obtenir quelque intérêt que ce soit. Mais il ne faut pas lui en vouloir, elle a été toute sa vie au contact de ce monde où l'on obtenait des avantages en parvenant à être dans les bonnes grâces d'un roi, d'un ministre ou d'un favori.
- Oui mais quand même…, bougonna son filleul. Et maman ? Elle n'a pas été expulsée elle aussi ?
- Lily a eu plus de chance que moi dans la mesure où ta mère peut aisément la faire passer pour une dame de compagnie, lui dit Remus. Ton oncle n'aurait jamais pensé que ta mère puisse prendre une femme non-titrée à un tel poste, ce qui fait qu'il n'a pas posé la moindre question sur elle. Et puis je pense qu'elle se doutait pertinemment que tu n'aurais certainement pas apprécié de voir ton autre mère être évincée d'une conversation privée quand celle-ci te concerne peut-être, alors elle aurait forcément pris sa défense.
- Eh bien je n'apprécie pas non plus que l'on t'en évince, rétorqua Harry d'une voix courroucée. Allons Remus, ne faisons pas attendre sa majesté mon cher oncle !
Et d'un pas décidé, il gravit les multiples marches de l'escalier, Remus et les deux autres sur les talons après un moment d'hésitation. Se trouvant sur le palier du premier étage, il observa la présence d'autres courtisans du roi, eux non plus non conviés à paraître pour cette réunion, mais s'il était prêt à braver un refus de son oncle, Harry n'avait pas non plus l'intention de transformer son salon en auberge ouverte à tous. De toute manière, ces mêmes courtisans semblaient trop occupés à trouver un moyen d'écouter aux portes plutôt que de prêter attention à lui, mais ce n'est qu'en s'approchant des portes d'entrée solidement gardées par un homme en costume de cour que ces derniers tournèrent la tête vers Harry, et comprenant qui il était, à incliner respectueusement la tête pour les hommes et à faire la révérence pour les dames. L'une d'elles manqua d'ailleurs de tomber sous l'effet de la surprise, et si Rosie se cacha derrière son éventail pour glousser, Harry lui répondit en inclinant légèrement sa tête bien que les coins de sa bouche s'étirèrent un bref instant.
- Qui dois-je annoncer ? Demanda l'homme d'un ton pompeux sans avoir de toute évidence reconnu en Harry le propriétaire des lieux.
- Parce que je dois me faire annoncer chez moi désormais ? Lui répondit le plus courtoisement possible Harry.
- Oh…, bredouilla l'autre en perdant de son assurance. Pardonnez-moi Monsieur, je ne savais pas… Pourriez… Pourriez-vous me donner votre titulature afin que j'en avertisse sa majesté ?
- Son Altesse Sérénissime Monseigneur le prince de Lamballe, se présenta t-il en inclinant légèrement la tête.
L'homme s'excusa, puis ouvrant les deux portes donnant accès au salon, il s'en écarta pour se tenir droit comme en I, le menton relevé tandis qu'il énonçait la titulature d'Harry. Son entrée se fit dans un silence lourd et particulièrement désagréable lorsque tous les regards convergèrent vers lui. Devenu le centre d'attention, Harry se dirigea immédiatement vers le centre de la pièce, la tête découverte et le regard fixé uniquement sur le roi qui pour sa part n'avait pas daigné se lever pour l'accueillir. Brièvement, il salua d'un sourire ses deux mères, l'une assise sur un fauteuil et une tasse de thé à la main quand l'autre restait debout derrière elle, les mains croisées sur le devant de sa robe qu'elle chiffonnait nerveusement. Sa marraine la marquise de Tourzel était également là, un tendre sourire aux lèvres quand elle le vit s'avancer vers eux, mais aucune trace des Delacour ou des autres membres de la famille Greengrass ne pouvait être constatée ; De toute évidence, Harry devra se passer de leur présence pour les fêtes de fin d'année. Le reste des occupants était peu connu d'Harry, du moins en ce qui concernait les courtisans massés derrière la figure du roi et de sa famille, mais pour avoir dû connaître sur le bout des doigts les différentes personnes composant l'arbre généalogique de la famille de Bourbon, il parvenait avec plus ou moins de facilité à mettre un nom sur chaque visage, masculin ou féminin, jeune ou vieux, affable ou peu avenant.
Le salon de Venus lui n'avait été que rarement aussi vivant et animé depuis qu'il vivait ici, et la présence de ces illustres personnes donnait une solennité peu commune en ce lieu d'ordinaire beaucoup plus tranquille. Néanmoins pour ce qui était de l'animation, tout avait semblé voler en éclat dès son apparition car la tension lourde qui habitait la pièce aurait fait reculer n'importe qui, tentation qui le gagnait à chaque pas qu'il faisait, mais aussi et surtout le regard que son oncle Louis-Xavier lui adressait et qui, dès qu'il se posa sur lui, l'informa silencieusement que l'heure qui venait allait être mouvementée pour lui. Mais pour le moment, chacun attendait plutôt qu'Harry daigne prendre la parole, ce qu'il fit immédiatement non sans s'incliner devant le roi :
- Sire, dit-il une fois la tête relevée. Quelle agréable surprise de vous voir en ces lieux. Croyez bien que je suis navré d'avoir pu vous faire attendre si longuement, mais je me serais hâté sur la route si j'avais ouï-dire que vous nous faisiez l'honneur de votre présence.
- Mon cher Gabriel, je ne puis vous en vouloir puisque cette escapade n'était point même connue par votre propre mère, répondit-il alors qu'Harry dardait un bref regard au reste de la famille royale. Mais je sais les sentiments qui vous animent à mon égard alors soyez sans crainte sur le jugement que je vous porte.
Harry lui adressa alors un sourire poli avant, comme le voulait l'usage, de saluer respectueusement son épouse la reine Marie-Joséphine de Savoie, une femme qui ne brillait certainement pas par sa beauté, le comte d'Artois et frère du roi Charles-Philippe ainsi que le fils de celui-ci, le duc d'Angoulême Louis-Antoine et son épouse Marie-Thérèse, sa propre cousine et seule survivante des enfants du dernier roi régnant, Louis XVI. La jeune femme était distante, et sans sourire, elle répondit d'un léger mouvement de tête à sa salutation, mais Harry ne pouvait lui en vouloir ; Durablement marquée par les épreuves rencontrées dans sa jeunesse, il ne fallait pas espérer d'elle des élans de gaieté surtout auprès d'un cousin germain qu'elle n'avait jamais rencontré, mais Harry éprouvait malgré tout pour elle une sympathie à laquelle la pitié n'était certainement pas étrangère.
- Comme me semble loin l'époque où vous fêtiez votre onzième anniversaire mon garçon, lança son oncle en le regardant d'un air presque attendri. Quel beau jeune homme vous faites ! Votre père serait fier de l'honneur que vous lui faites en faisant tant briller par vos exploits son nom.
- Il faudra que vous m'informiez de la manière avec laquelle vous sont parvenus ces exploits car malheureusement pour moi, je n'ai point encore eu la chance de les entendre ni même de les connaître, lui répondit poliment Harry lorsqu'il reporta son attention sur le roi. En ce qui concerne mon père, je n'ose me compromettre en vous avouant qu'il ne faut d'un rien pour briller davantage que lui dans l'esprit de nos concitoyens. La seule activité à laquelle il fut performant m'est pour l'heure interdite, mais je ne doute point de rattraper mon retard lorsque l'occasion se présentera pour ma fiancée et moi-même.
Des gloussements se firent entendre aux quatre coins de la pièce devant le sous-entendu, et loin de heurter la sensibilité de sa mère, Harry constata que Marie-Louise elle-même souriait doucement à ses propos ; Les tromperies de son mari n'étaient désormais qu'un lointain souvenir auquel elle préférait rire désormais.
- Je n'en doute point, assura son oncle en buvant dans sa tasse. Les hommes de notre famille ont toujours eu d'excellentes attributions en cette matière, et je suis certain que vous saurez faire honneur à votre sang et à votre épouse lorsque l'occasion vous sera offerte.
Pour le coup, Harry manqua de rire, mais il parvint malgré tout à garder contenance. Que son oncle ose mettre les mots «honneur» et «épouse» dans une même phrase lui semblait indécent, lui qui pendant tant d'années avait méprisé la sienne et s'était senti dans l'obligation de prendre de nombreuses maîtresses. Le roi avait raison sur un point : Les Bourbons étaient nombreux à avoir eu plus d'une femme dans leur lit, mais lui n'allait certainement pas poursuivre cette tradition humiliante à l'égard des malheureuses les épousant. Daphné était sa future femme, et il allait l'honorer à sa manière en lui étant fidèle.
Une soudaine fatigue se fit alors sentir dans ses jambes, et désireux de s'asseoir au plus vite, Harry eut la tentation de prendre place sur le fauteuil à côté de celui de sa mère, mais la réalité de l'Etiquette le rattrapa immédiatement ; En présence du roi et à moins d'y être convié par celui-ci, personne ne pouvait s'asseoir. Le pas qu'il fit en direction du siège n'échappa toutefois pas à celui-ci, et un sourire aux lèvres, il enjoignit Harry à s'installer confortablement, arguant qu'après tous ses exploits, celui-ci devait être probablement très fatigué. Las mais désireux de bien paraître, son neveu exécuta immédiatement sa demande et accepta au passage la tasse fumante qu'une femme lui tendit dès l'instant où le roi lui ordonna d'en servir une à Harry. Remus, Rosie et Astoria quant à eux, pourtant entrés juste après lui, étaient pour leur part royalement ignorés par les personnes présentes ; Personne ne s'insurgea donc de les voir se tenir derrière le fauteuil de Marie-Louise.
- Bien que votre sollicitude me touche profondément, je ne doute point que vous soyez venu ici en compagnie de toutes ces charmantes personnes pour vous enquérir d'une situation qui ne concerne que Daphné et moi, reprit Harry en le regardant droit dans les yeux et une fois qu'il eut bu une gorgée de thé. Cet endroit est protégé par de très nombreuses protections magiques qui empêchent toute intrusion extérieure sans l'approbation des résidents de ce lieu. Pour être parvenus à venir ici, il me semble évident que vous avez bénéficié d'une complicité au sein même de ces murs, et à en croire les breloques que certains de vos suivants n'ont pas pris la peine de cacher, des runes de déplacement ont été utilisées pour vous réunir tous ici. Il faudra que nous enquêtions là dessus mère, ajouta t-il en se tournant vers Marie-Louise. Je n'aime point savoir que nous sommes espionnés dans notre propre demeure.
Sa mère hocha simplement sa tête tandis qu'il reposait sa tasse. Un coup d'œil vers son oncle l'informa sur la perte soudaine de bonhomie sur le visage de celui-ci pour laisser place au sérieux qui le caractérisait tant lorsqu'il était sur le point de discuter d'une affaire importante pour ses intérêts.
- Pour en venir à convoquer une partie de votre Cour, l'affaire doit être suffisamment sérieuse pour éviter de tourner autour du pot et en venir directement au fait, proposa alors Harry sans le quitter un seul instant des yeux.
- Toujours aussi perspicace mon cher Gabriel, lui répondit le roi en esquissant un rictus. S'il y a bien une chose qui vous différencie de votre père, c'est bien là l'intelligence dont vous faites preuve en toute circonstance.
Loin de paraître choqué, Harry approuva au contraire les paroles de Louis XVIII d'un hochement de tête. Cependant il se garda bien d'émettre le moindre commentaire, se doutant pertinemment que la discussion ne faisait que commencer.
- Ma visite n'a bien évidemment pas comme seul but de revoir une nouvelle fois votre mère et vous, bien qu'il soit toujours agréable de prendre de vos nouvelles. Mais j'aurais pu m'enquérir de celles-ci par simple courrier, et en toute honnêteté, les circonstances actuelles font qu'il m'est difficile de pouvoir établir une correspondance avec vous. Ma démarche n'est pas dénuée de bon sentiment à votre égard, mais comme vous le savez Monsieur, le contexte politique actuel fait qu'il nous faut nous intéresser à tout, et tout particulièrement aux agissements du pouvoir en place dans ce pays-ci… La dernière guerre en date vient à peine de se finir, et comme tout le monde, nous avons suivi avec attention son déroulement en espérant… disons… que les choses aillent en faveur de nos intérêts.
Par intérêt, le roi parlait très certainement de ceux contre qui Harry s'était battu, et plus certainement des retombées d'une hypothétique défaite des français contre leurs ennemis ; Un échec de l'empereur, et c'était toutes les armées ennemies qui auraient pu fondre sur la France, renverser Napoléon et remettre sur le trône Louis XVIII, mais cette possibilité avait volé en éclat par la défaite d'Austerlitz.
- Il a été porté à notre attention que votre présence fut à de nombreuses reprises constatées sur les terrains européens aux côtés des armées de Monsieur Bonaparte, reprit-il quelques secondes plus tard. Cette nouvelle en a surpris plus d'un, croyez-moi : Un jeune homme de près de dix-sept ans, fils d'une longue lignée de princes et de rois et qui, semble t-il, se bat pour un homme contre ceux qu'il aurait pu soutenir.
Tous les regards étaient désormais tournés vers lui, et Harry réprima l'envie de déglutir devant la froideur que certains affichaient.
- Sire, sans vouloir remettre en cause votre mémoire, il me semble que vous étiez au courant de mon entrée dans le 4ème régiment de hussard avant même que je ne devienne élève de cette académie, lui rappela Harry d'un ton poli. Par conséquent ma présence aux côtés de mes camarades de régiment ne devrait point vous étonner.
- Que vous fûtes élève de cette académie ne nous dérangeait point jusqu'alors, mais que vous preniez les armes pour défendre les intérêts d'un usurpateur au détriment de ceux de votre famille n'était pas un cas de figure que nous avions envisagé, lui répondit le roi du même ton. On jase désormais beaucoup dans les cours européennes sur votre soudaine sympathie à l'égard du petit corse au point que certaines mauvaises langues pensent désormais que les Bourbons n'ont plus la moindre vue sur le trône de France qui nous a été usurpé. Qu'un prince de sang puisse guerroyer au côté de cet homme semble une idée incongru pour beaucoup de gens, et certaines personnes n'hésitent point à parler ouvertement de traîtrise à votre égard ou à calomnier votre mère.
- Je vous rappelle que je ne suis issu que d'une branche bâtarde des Bourbons en tant qu'arrière petit-fils de feu Louis XIV. Seuls vos actes et votre parole sont gages de bonne foi aux yeux des monarchies européennes, pas les miens. Aucune cour ne se soucie des agissements d'un jeune prince sans véritable pouvoir et qui tente par ses propres moyens de restaurer le blason de sa famille en faisant parler de lui par sa bravoure et sa valeur et non point par la quantité d'argent dont il dispose. Si mes agissements vous causent du tort, croyez bien en la sincérité de mes propos lorsque je vous assure que j'en suis navré, mais malheureusement je ne puis me soustraire à mes responsabilités aussi facilement.
Harry pensait que son audace pourrait lui valoir les remontrances de son oncle, et un coup d'œil en direction de sa mère lui certifia qu'elle même désapprouvait ses manières. Mais contrairement à ce qu'il croyait, le roi se contenta une nouvelle fois de hocher sa tête comme pour approuver ses dires.
- Je ne suis pas venu ici pour vous reprocher de vive voix les remontrances faites par des têtes couronnées que vous n'avez probablement jamais rencontrées, l'informa d'un ton calme le roi. Je ne suis pas non plus là pour vous reprocher vos… relations. Que vous combattiez pour lui m'indiffère si tant soit peu que cela n'empiète pas sur vos fidélités. Ai-je raison de croire que vous aspirez au même but que votre mère ? Le retour sur le trône de votre famille n'est-il pas, à court terme, un espoir commun entre vous ?
Harry regarda brièvement Marie-Louise, dubitatif quant aux propos du roi sur les sentiments de sa mère. Voulait-elle vraiment le revoir un jour sur le trône et rejouer le rôle d'un simple courtisan dans l'espoir d'obtenir des gratifications ? Mais alors, pourquoi l'avoir inscrit dans une académie dirigée par un fidèle de l'empereur ? Pourquoi avoir fait tant de démarches dans l'objectif de laver son honneur et de se faire de nouveau accepter par les autorités du pays ? Pourquoi être tout simplement revenue dans ce pays, et au contraire ne pas avoir continué à arpenter les routes de l'Europe pour suivre le roi dans son exil ? Pour le coup, Harry préférait croire que le roi affabulait et que rien n'était vrai, mais un doute persistait.
- La fidélité et le devoir envers mon souverain sont deux notions que Madame ma mère m'a inculqué depuis fort longtemps, affirma t-il bien qu'il se sentait davantage redevable envers l'empereur et l'armée plutôt qu'envers un oncle qu'il n'avait croisé qu'à quelques reprises. Mon devoir envers l'empereur a conduit mon sabre pour pourfendre les cavaliers qui nous chargeaient à Austerlitz, mais mon cœur pleurait d'effroi à l'idée de causer du tort à votre Altesse, et si celle-ci est peinée par mes actes, qu'elle me le dise et j'agirai en conséquence.
Le roi ne répondit rien, dardant au contraire un regard insistant sur lui comme pour peser le pour et le contre de ses paroles, ou peut-être tout simplement démêler le vrai du faux. Puis, pensant probablement qu'Harry ne pouvait lui mentir, il reprit tranquillement sa tasse qu'il sirota avec gourmandise.
- Comme je vous l'ai dit, votre participation à la dernière campagne européenne m'indiffère, reprit-il. Je suis cependant ravi de vous voir revenir auprès des vôtres sain et sauf, et je ne doute pas que vous n'aspirez qu'à des retrouvailles plus intimes en compagnie de votre mère et votre sœur. Mais avant d'en arriver à cela, j'aimerais aborder un point avec vous. Avez-vous déjà été oui ou non approché par le petit caporal se proclamant empereur, et êtes-vous même devenu l'un de ses familiers ?
- Sire, il m'est effectivement arrivé d'être au plus près de lui, mais uniquement dans l'exercice de mes fonctions au sein de mon régiment. L'emp… Bonaparte a échangé quelques mots avec moi, mais je puis vous assurer ne pas être dans ses petits papiers, lui affirma Harry.
- Des rumeurs courent pourtant sur le fait que Bonaparte chercherait à vous inviter plus souvent qu'il ne le faudrait à ses côtés, qu'il est même déjà arrivé que vous soyez aperçu aux tuileries en sa compagnie, que votre présence dans le régiment de hussard que vous représentez puisse vous ouvrir les portes de ses palais..., commença Louis XVIII avant d'être interrompu par Harry.
- Que me recommandez-vous alors ? s'enquit-il d'un ton incrédule. D'abandonner mes objectifs de carrière pour faire plaisir aux médisants ? Que je me cantonne à rester continuellement dans ce château pour attendre un hypothétique retour des bourbons sur le trône de France ? À changer mon fusil d'épaule pour mieux trahir Bonaparte lorsqu'il se retrouvera en situation de faiblesse ?
- Absolument pas, lui répondit calmement son oncle. Bien au contraire, je veux que vous continuiez à rentrer dans les bonnes grâces de cet homme.
Sous le regard surpris d'Harry, Louis XVIII parut se réjouir de la tournure de la conversation qu'il menait désormais. Il prit en tout cas quelques secondes pour reprendre la parole afin de mieux profiter de l'air hébété de son vis-à-vis :
- Que vous soyez traité de traître par nos alliés m'est égal car je ne vois pas les choses ainsi. Étant donné votre âge, vous n'avez pas eu à supporter les terribles affres de la révolution qui a renversé le trône de mon regretté frère, et vous étiez probablement bien trop jeune pour vous souvenir de la fuite des milliers de français fidèles à la monarchie lorsque la Convention a décidé l'éradication systématique de toutes les personnes éprouvant pour elle une quelconque sympathie. Vous n'avez par conséquent pas de haine à l'égard des hommes à la tête de la France, pas plus que vous n'éprouvez le même désir de vengeance qui nous anime tous. Bien qu'elle ait cherché à faire bonne figure ces dernières années, je reste persuadé que votre mère garde pour les autorités de ce pays une indicible colère pour le traitement dégradant qui fut le sien durant ces années là et le sort qui fut réservée à sa chère amie.
Tous les regards convergèrent aussitôt vers elle, et bien qu'elle ne laissait rien transparaître, les paroles du roi semblèrent quand même avoir agi sur elle de la même façon qu'un couteau remuant dans une plaie à peine cicatrisée.
- Cela fait ainsi des années que nous ruminons notre rancœur contre un pouvoir qui a usurpé le notre, qui a causé tant de douleurs et de malheurs sur nos familles et qui n'a pas hésité à fouler du pied tout ce qui fut établi pendant des siècles par notre famille, reprit-il en fixant l'un des serviteurs pour qu'il lui resserve une nouvelle tasse de thé. Il y a cinq ans maintenant, lorsque je fus gentiment invité par votre mère à assister au repas d'anniversaire de vos onze ans, je ne pensais point alors que vous pourriez être l'instrument de notre vengeance, celui par lequel nous pourrions avoir réparation des préjudices subis. Je pensais même que vous ne combattriez jamais, et que Bonaparte se ferait une joie d'humilier notre famille en vous cantonnant à des postes subalternes au sein de son armée. Mais il s'avère maintenant que je me suis trompé. Je n'avais point pris en compte le facteur déterminant de l'équation qui se jouait dans mon esprit vous concernant : Votre intelligence.
Surpris Harry arqua un sourcil, incapable de cacher l'étonnement qui venait soudainement de naître en lui.
- Oh oui, poursuivit le roi en appréciant de manière évidente l'effet qu'il venait de causer chez son neveu, je n'aurais jamais pensé, et vous me pardonnerez mon manque de confiance et de foi envers vous, que vous deviendriez aussi rapidement un élément si important de votre académie, et plus généralement, des rouages politiques qui vous entourent et dont vous ne supposez même pas de leur existence.
- Je ne vous suis malheureusement pas votre majesté…, lui répondit Harry d'un ton incrédule. Je ne suis qu'un soldat parmi tant d'autre, avec peut-être plus de réussite que mes camarades de l'académie, mais qui dans une bataille n'a pas plus d'importance que son compagnon fils de paysan…
- C'est là où vous vous trompez mon cher Gabriel, contra Louis XVIII. Votre participation à la campagne de ces derniers mois n'est pas anodine, et mon espion au sein du gouvernement de Bonaparte est formel là dessus : L'empereur voulait que vous y participiez, et il a ordonné à votre directeur d'académie de vous incorporer dans son régiment. Votre lieutenant-Colonel n'envisageait pas vraiment une telle possibilité, mais Bonaparte lui aurait en quelque sorte forcé la main en le menaçant de ne pas avoir le commandement de votre régiment si il persistait à ne pas vous prendre avec lui. Voyez-vous, cet homme accorde une grande importance à la qualité de ses troupes, et il exige chaque mois un rapport sur les meilleurs éléments de ses différents régiments… dans l'optique par la suite d'avoir d'excellents officiers à ses côtés, et cela fait quelques années maintenant qu'il tient un dossier à votre nom.
Pour le coup, Harry fut sans voix, et des milliers de pensées toutes plus abracadabrantesques fourmillaient dans sa tête. Ainsi, sa participation à la guerre n'était pas le fruit du hasard mais découlait d'une volonté extérieure à son régiment ? Ainsi l'on épiait le moindre de ses gestes et l'on constituait des dossiers à son sujet ? Ainsi finalement, il n'était véritablement qu'un pion dans une partie d'échec dont il ignorait la teneur mais dont il constituait de toute évidence une pièce importante pour être mise en jeu ? Mais dans quel but, et surtout, pourquoi ?
- Dans quel but l'empereur se servirait-il de moi pour forcer mon supérieur à me prendre à ses côtés ? Demanda t-il bien qu'il se doutait légèrement de la réponse.
- Je pensais que cela serait évident pour vous, déclara son oncle. Un prince de sang, combattant au milieu d'hommes du peuple pour un homme issu de ce même peuple, sans la moindre fonction de commandement et obéissant à des hommes qui auraient pu autrefois se soumettre à ses propres volontés… Vous ne voyez toujours pas ? Mais bien parce que vous êtes vous, Gabriel, un prince issu de l'enseigne et respectueuse famille des Bourbons, descendant d'illustres monarques ayant façonné ce pays, et qui aujourd'hui combat contre d'autres respectables monarchies pour le compte d'un petit caporal se proclamant empereur. Vous êtes un étendard Gabriel, vous représentez aux yeux de Bonaparte l'illustration parfaite d'une époque nouvelle où l'ancien ordre établi est foulé au pied de ceux qui veulent construire une nouvelle société où la pureté du sang et sa noblesse ne sont plus rien, une société où chacun est sur le même pied d'égalité, où la hiérarchie des trois ordres qui a façonné ce pays n'a plus lieu d'être. Vos prouesses… Surnaturelles ont attiré l'attention de Bonaparte, mais plus encore, votre qualité de prince s'ajoutant à celles-ci font de vous un élément important de sa propagande. L'assassinat du duc d'Enghien servait à montrer qu'il ne reculerait devant rien pour s'assurer la main mise sur le pouvoir au détriment des anciennes familles françaises, et l'intérêt qu'il vous porte lui n'a d'autre objectif que d'illustrer son pouvoir sur elles.
- Et… ma participation à Austerlitz n'était donc qu'une autre étape dans l'utilisation de mon image…, confirma d'un ton déçu Harry.
Son oncle lui répondit par un hochement de tête alors que le silence s'installait de nouveau. Harry ne savait plus quoi penser désormais : Sa vie n'avait-elle comme autre but que d'être constamment employé dans les machinations politiques d'un tiers ? Ne pouvait-il pas, juste une fois, penser que ce qui pouvait lui arriver n'était que le fruit du hasard et non pas le résultat d'une décision provenant d'un autre ? Était-ce si dur finalement d'avoir une vie normale ? Pour le coup, il s'en voudrait presque d'avoir surpassé ses camarades de l'académie ; Peut-être qu'avec cela, il n'aurait jamais attiré l'attention de l'empereur. Mais se pourrait-il également que son oncle lui mente ? Pourrait-il aller aussi loin pour remettre en question sa fidélité envers Bonaparte ? Le devoir envers la famille, ou la fidélité envers l'empereur… Un cruel dilemme s'offrait à lui.
- J'aimerais connaître l'identité de cet homme vous ayant informé de cela, car peut-être se joue t-il de vous votre majesté, dit-il en essayant de garder pour lui le trouble qui l'animait.
- J'aimerais mieux que cela ne se sache pas, lui répondit t-il. Lorsque nous avons une carte intéressante en main, il est préférable de la garder le plus longtemps possible en attendant de la mettre en jeu lorsque nous sommes sûrs de remporter la partie. Je peux seulement vous dire que vous l'avez déjà rencontré, peut-être brièvement oui, mais vous avez déjà été en contact avec lui. Vous pourriez d'ailleurs être amené à le revoir très bientôt si vos exploits en Moravie remontent jusqu'à Bonaparte, cette personne est très influente auprès de lui.
- Comment pouvez-vous être sûr de cela ? Je n'ai rien fait qui puisse être considéré comme un exploit durant cette bataille, contra t-il.
- Souvenez vous de qui vous êtes, et vous comprendrez pourquoi je reste persuadé que vous aurez sous peu les sollicitations de Bonaparte, se contenta t-il de répondre. C'est d'ailleurs pour cela que j'aimerais vous demander un service.
- Qu'en est-il, votre majesté ? S'enquit-il, la curiosité revenue dans le ton de sa voix. Un ordre de votre part, et j'obéirai comme vous le savez.
- Votre familiarité prochaine avec Bonaparte nous sera utile, aussi vais-je donc être franc avec vous : épiez-le et rapportez nous le moindre de ses faits et gestes, aussi petit soit-il, mais qui pourrait servir nos desseins.
- Ainsi donc, vous voudriez que je joue pour vous l'espion auprès de l'empereur ? dit-il après quelques secondes de silence. Vous pensez que je me montrerai prompt à trahir ainsi la confiance qu'il me porte en vous informant de ses moindres faits et gestes afin de lui nuire ?
- Exactement, répondit Louis XVIII en hochant brièvement sa tête. Vous savez comme moi où se porte votre intérêt Monsieur, et il va de soi que vous attachez davantage d'importance aux liens familiaux qui nous unissent qu'à la fragile alliance qui vous lie au petit corse.
- Et que voudriez-vous que je vous narre à travers notre correspondance ? demanda Harry d'un ton incrédule. Je ne pense pas que je serais suffisamment proche de l'empereur dans les mois ou années qui viennent pour vous informer de ce qu'il fait dans son intimité, et si je ne m'abuse, vous disposez vous-même d'un espion vous permettant d'être tenu au courant des derniers faits de Monsieur Bonaparte…
- Mais contrairement à notre espion, vous serez au plus près des combats et des troupes de Bonaparte, lui répondit le duc d'Artois en prenant pour la première fois la parole. Toute information pertinente à vos yeux sur un mouvement de troupe, sur le dispositif, l'effectif, et l'organisation de l'armée de Bonaparte transmis à nos alliés à la veille d'une bataille, le sera tout autant pour les miens, et gagez bien de l'estime du roi si cela nous permet un jour de remonter sur le trône de France. Madame la marquise de Tourzel ici présente a déjà accepté notre proposition, et il lui sera d'autant plus facile de s'attirer la sympathie de l'épouse de Bonaparte depuis que celle-ci la convie de plus en plus pressement de lui tenir compagnie.
Harry darda un regard en direction de sa marraine, mais celle-ci se contenta de confirmer les dires du prince par un léger hochement de tête, l'air pourtant presque honteuse.
- Et qu'en est-il des risques que prend Gabriel pour vous ? intervint d'un ton contrarié Remus. Qu'arriverait-il si par malheur son activité était découverte par l'empereur ou ses conseillers ?
Interpellé comme il l'avait été, le roi se tourna vers le parrain d'Harry en arborant l'air le plus dédaigneux qui soit. Malgré les regards d'avertissement lancés par son filleul, Remus avait franchi une ligne rouge qui risquait de lui attirer de très mauvais ennuis, et le visage de son oncle par alliance était aussi lisible qu'un livre ouvert pour le constater.
- Modérez ce gentilhomme, voulez-vous ? lança t-il en se tournant vers Marie-Louise. Je ne puis accepter qu'un homme m'interpelle de la sorte, surtout lorsqu'il n'est point invité à converser en notre compagnie. Cette discussion ne regarde que des princes de sang, et il ne me semble pas que vous en soyez un.
- V-veuillez excuser son comportement, lui répondit la mère d'Harry en inclinant sa tête. Il n'est point accoutumé aux réunions de ce type surtout lorsque d'aussi éminentes personnes la composent.
- Quant aux risques qu'il prend, n'ai-je pas loué précédemment son intelligence ? Je reste persuadé que vous ferez tout ceci dans la plus grande discrétion Monsieur. Après tout, il en va de l'intérêt de votre famille, et la famille passe au dessus de tout, n'est-ce pas ? Alors, que choisissez-vous, Gabriel ?
Telle était la question.
A/N : Donc voilà ! chapitre clos et... une ouverture en guise de fin pour laisser durer le suspens. Alors, Harry choisira t-il la fidélité envers l'empereur, ou la fidélité familiale ? Napoléon, ou Louis XVIII ? L'empire, ou la monarchie ? Le rôle d'espion lui sied t-il, ou préfère t-il celui de traître envers son oncle ? Pour ceux qui connaissent l'histoire de France, vous savez pertinemment comment se finit la période napoléonienne et ce qui se passe ensuite... Harry prendra t-il le wagon en route, attendra t-il sagement de savoir comment tout cela évolue ou prendra t-il le risque de dévier de bord très vite ? Vous le saurez (peut-être) dans d'autres chapitres.
Je suis globalement assez satisfait de ce chapitre, mais je le trouve un peu long ; J'ai essayé de le réduire, j'ai même pensé à supprimer une bonne partie du début, mais comme je déteste faire table rase d'un morceau entier de chapitre, j'ai préféré le laisser. J'ai par contre toujours la même impression désagréable de faire passer les personnages au second plan, voire de les faire disparaître sans le vouloir ce qui ne les rend pas intéressant (après ce n'est que mon impression, peut-être que vous ne la partagez pas).
Je tenais aussi à faire transparaître un peu l'atmosphère de Cour royale qui avait lieu autrefois à Versailles, Fontainebleau, Saint-Cloud... en faisant apparaître les courtisans, leur manière d'évoluer autour du roi ou de personnages importants, et surtout de mettre ce mode de vie en confrontation avec Harry ; Marie-Louis qui fut une habituée de ce système devient totalement différente de ce qu'elle est dans la vie de tous les jours, un contraste qui n'échappe pas à son fils ^^. Harry sera t-il aussi complaisant et servile à l'avenir ? Lui seul nous le dira (ou moi en l'occurrence !).
Un autre point qui est à peine relevé dans ce chapitre : Les retombées de la guerre sur Harry. Pour le moment il donne l'impression d'avoir bien tenu le coup, mais en sera t-il de même dans les semaines/mois à venir ? Vous verrez bien xD.
Pour la petite histoire (avant que je n'oublie vu que j'en parle dans le chapitre), le duc d'Enghien est un membre de la maison de Condé, qui est elle-même une branche cadette de la famille Bourbon (c'est d'une certaine manière un cousin/oncle d'Harry). En 1804, Napoléon va échapper de peu à un attentat qui sera officiellement attribué aux royalistes et dont le duc serait le principal instigateur (ça n'a jamais été prouvé). Il va alors ordonner son enlèvement (il se trouvait alors à l'étranger, en Allemagne je crois mais je ne sais plus précisément où), va le faire comparaître devant la justice qui se conclura par une condamnation à mort du duc. Sa mise à mort va choquer toutes les cours européennes, et Louis XVIII va ériger le duc comme un martyr jusqu'à ce qu'il remonte sur le trône.
Le prochain chapitre n'est encore pas du tout écrit : Je vais m'y atteler dès aujourd'hui, et j'ai déjà le cheminement en tête. Je ne vais rien vous spoiler là dessus mais seulement vous dire qu'il aura lieu en décembre (et si vous avez encore en mémoire le tome 4 d'Harry Potter, vous savez ce qui se passe à ce moment là ^^).
Sur ce, à la prochaine !
