Et salut à tous ! Bonnes vacances pour ceux qui en profitent, les autres... Bon courage !
Encore un mois de délai entre ce nouveau chapitre et le précédent... J'ai peut-être trouvé mon rythme de publication qui sait ? Bon en tout cas je vous délivre ce chapitre fraîchement terminé et corrigé (enfin, sauf si ma relecture n'a pas été concluante).
Pour ma part mon inscription en Master métier de l'historien est acté, et j'ai déjà mon sujet de mémoire pour les deux années qui viennent : J'aurais préféré en faire un ayant un rapport avec la Cour de France, mais mon professeur supervisant mes recherches (et expert sur la révolution française et Robespierre) préfère concentrer mes recherches sur des députés de la convention (à partir de septembre 1792 jusqu'à la Terreur). Je vais donc étudier de près l'apport politique d'un député du Nord pendant cette période qui s'appelle Jean-Jacques Fockedey. On attendra l'obtention du Master pour s'intéresser davantage à des personnalités politiques et ministres des rois ^^.
Tout d'abord avant que je n'oublie : J'ai récemment vu sur un profil d'auteur sur ce site qu'il utilisait cette page afin de prévenir ses lecteurs de l'avancée de ses chapitres. J'ai décidé de suivre le même procédé pour vous tenir au courant de l'évolution de mes écrits (avec des % approximatifs) pour que vous ayez une idée de leur avancée et de la publication prochaine de ceux-ci. Certains y verront peut-être une manière scandaleuse pour moi d'avoir des vues sur mon profil, auquel cas je tiens à vous dire ceci : Croyez ce que vous voulez ^^.
Maintenant je remercie les personnes ayant laissé un commentaire, et je m'excuse par la même occasion de ne pas avoir répondu à ceux du chapitre encore avant : Je vais tout faire d'une traite, alors ne vous étonnez pas d'avoir deux réponses dans la même journée !
Guest/Guest4 : Gracias ^^.
Calaway : Merci pour ton commentaire !
Eloise Florent : Merci pour ton commentaire ! Ah ça, faut aimer le caractère du bon vieux Louis XVIII. Personnellement je n'aime pas non plus le bonhomme, surtout pour ses petites manigances contre son frère et sa belle sœur avant et pendant la révolution française (en particulier contre Marie-Antoinette dont il faisait courir la rumeur que ses enfants n'étaient pas ceux du roi mais de ses soit-disant amants).
Guest1 : Hm... Je ne préfère pas, parce que ça pourrait complètement changer "le futur" historique. Je préfère rester calqué sur la destinée de la France depuis Napoléon (Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe Ier, IIe république, Second Empire, IIIe république...). C'est justement là que ça devient intéressant : Harry sera t-il fidèle à l'empire ? Va t-il rallier la monarchie ? Va t-il partir en exil avec la famille royale après les trois glorieuses de 1830 ? Va t-il travailler pour le roi des français jusqu'en 1848 ou travailler en sous-main pour le neveu de Napoléon dans le but de restaurer l'empire en 1852 ? ça laisse tellement de possibilités que ça m'en laisse rêveur...
Faenlgiec : Merci pour ton commentaire ! Hm ça interroge surtout sur le fait qu'Harry puisse ou non avoir une destinée favorable : S'il suit les plans de son oncle, il a une porte grande ouverte pour le gouvernement (même pour un simple secrétariat) et réussit donc le pari d'entrer en politique même s'il aura toute sa vie l'étiquette d'un opportuniste doublé d'un traître. De l'autre, il reste fidèle à l'empereur jusqu'à sa chute en 1815, est considéré comme un traître par sa famille qui lui ferme les portes du pouvoir et ne peut qu'attendre l'instauration du régime de Louis-Philippe Ier en 1830 pour espérer rentrer au gouvernement avec l'étiquette d'un martyr de la politique Bourbonienne (avec une autre porte d'entrée possible lors de l'instauration du second empire toujours avec cette étiquette de Fidèle jusqu'au boutiste de Napoléon). Les deux voies sont très intéressantes ^^. Quant à Marie-Louise, non non, elle ne couchera pas avec lui !
Guest3 : Merci pour ton commentaire ! Effectivement il faudra encore attendre un peu, mais elle se rapproche et n'est vraiment plus très loin !
Alors au programme : Comme son nom l'indique, ce chapitre se concentrera sur le bal de noël pendant le tournoi des trois sorciers, mais il y aura quand même quelques modifications à ce sujet. à vous de les découvrir !
Dans la foulée, je vais enfin publier le chapitre 4 de mon autre fiction. Pour ceux que ça intéresse, elle devrait l'être dans une heure maximum :)
Je suis sûr d'oublier quelque chose, mais bon comme d'habitude, ça me reviendra peut-être par la suite. Excusez mon Alzheimer précoce !
Sur ce, bonne lecture !
D'ordinaire, la soirée du 25 décembre a Poudlard s'avérait être comme toutes les autres : Silencieuse, paisible, et seulement troublée de temps à autre par un Argus Rusard, concierge de son état, maugréant sur les élèves dissipés peuplant cette école et sur lesquels il rêvait de pouvoir tester quelques objets traînant dans son bureau et qui auraient pu à une autre époque faire office d'instruments disciplinaires à usage immédiat. Qui plus est, et en pleine période des fêtes de fin d'année, rares étaient les élèves les passant à l'école, du moins pour ceux qui le pouvaient, car il n'était pas rare que les étudiants les plus pauvres, afin d'éviter un repas qui se composerait d'une miche de pain, de quelques légumes et d'un poulet inespéré en guise de festin, préfèrent rester à Poudlard pour profiter de ses cuisines et de ses délicieux plats.
Mais pourtant, ce soir, la foule était nombreuse dans le hall de l'école, une foule bruyante et nerveuse qui, aux quatre coins de la salle, attendait avec une excitation évidente l'ouverture des festivités qui allaient avoir lieu sous peu. Poudlard n'avait en effet pas organisé de bal depuis des décennies, et le tournoi des trois sorciers aidant, l'idée d'en établir un pendant la période de noël fut à l'unanimité décidée par les trois directeurs d'école. L'occasion était ainsi faite de véritablement établir de nouveaux liens entre les élèves, de se découvrir et de découvrir l'autre au travers d'un menuet et au son d'une musique que certains pourraient ne jamais avoir l'occasion de réécouter à l'avenir. Les duos, formés ces dernières semaines, étaient ainsi divers dans leur profil, leur âge, leur couleur de peau, dans la maison de Poudlard que chacun représentait ou dans leur école, et dans la richesse ou la modestie qui suintait de leur tenue par la même occasion. Chacun, ou du moins chacune, avait cependant pris garde à ne pas se mélanger à une personne n'étant pas de la même situation sociale qu'elle, et si quelqu'un avait espéré que l'espace d'un soir tous les élèves oublient les différences des autres et se mélangent sans se soucier de la richesse et du patrimoine de l'autre, il en aurait été pour ses frais. Riche, pauvre, la distinction se voyait allègrement dans les tenues, dans les couples qui se formaient jusqu'à la répartition dans l'espace des binômes qui refusaient de se mélanger à ceux qui leur étaient inférieurs, ou qui à l'inverse se sentaient trop intimidés pour tenter un premier pas vers eux.
Daphné elle n'avait pas à se soucier de tous ces problèmes : Venue seule à ce bal, et ce malgré les multiples demandes de garçons ces dernières semaines, elle avait opté pour passer une soirée tranquille en compagnie de ses amies sans se préoccuper de ces questions de statut social ou de richesse : N'était-elle pas l'amie d'une paysanne, d'une future lady et de deux comtesses ? Une diversité relative certes, mais elle se plaisait à se dire que cela la démarquait déjà d'une certaine manière de ces gens imbus d'eux-mêmes et n'ayant d'autre volonté qu'écraser la plèbe sous leurs souliers comme un paillasson au seul titre d'une infériorité foncière. De surcroît, elle ne pouvait s'empêcher de penser, un sourire aux lèvres à cette idée, que Lucie, habillée dans la robe modeste mais fort jolie qu'elle lui avait offerte, pourrait bien ce soir faire tourner la tête à plus d'un Lord anglais. Celle-ci d'ailleurs, mal à l'aise dans des vêtements qui valaient probablement plus que la masure de ses parents, ne cessait de triturer les plis de sa robe, l'air passablement inquiet tandis qu'elle observait les environs.
- Calme toi Lucie, il va venir ! La rabroua Tracey en se saisissant de ses mains pour la faire arrêter.
- Mais… Peut-être qu'il a changé d'avis ? Dit-elle alors d'un ton inquiet. Il a peut-être trouvé une autre fille mieux que moi pour lui tenir compagnie ce soir ? Je ne sais même pas danser…
- Mieux que toi ? Je ne pense pas, argua Daphné en regardant distraitement les gens s'affairer autour d'eux. Tu es très en beauté ce soir, et Neville n'aura d'yeux que pour toi. Quant à la danse, je pense qu'en quatre ans maintenant à Beauxbâtons, tu as su tout de même assimiler les bases du menuet.
Légèrement rassurée, Lucie esquissa l'ombre d'un sourire tandis que ses pommettes rougissaient légèrement. Loin de partager l'avis de Daphné toutefois, Marie et Aglaé elles préfèrent observer les environs d'un air détaché, aucune n'ayant un cavalier pour la soirée. Officiellement, et tout comme Tracey, la raison trouvait sa source dans un acte de pure solidarité envers Daphné, seule pour ce bal en l'absence de son fiancé dont elle n'avait toujours aucune nouvelle ; Mais officieusement, la raison était tout autre et concernait avant tout la fin de non recevoir que chaque prétendant avait essuyé dès lors que celui-ci fut jugé indigne d'elles. Au final, il n'y avait bien que Lucie qui avait trouvé chaussure à son pied, mais la timidité de Neville fit qu'il fit sa demande quelques jours à peine avant le bal alors que celle-ci commençait à se désespérer de n'avoir eu aucune proposition et notamment celle de l'héritier Londubat qu'elle trouvait à son goût.
- S'il y en a bien une qui ce soir risque d'attirer tous les regards, c'est bien Fleur, déclara alors Tracey en dardant un regard sur la dite demoiselle au centre du hall.
Daphné n'avait pas besoin de se le faire entendre pour savoir que Tracey avait probablement raison tant les regards affamés de la population masculine en direction de la vélane française étaient nombreux. Habillée dans une robe de style empire bleue parcourue de broderies dorées assorties à sa chevelure, de lourds et coûteux bijoux fixés à ses poignets, cou et chevelure, Fleur ne pouvait qu'attirer les regards de tous les élèves, et son cavalier pour la soirée, un jeune homme aux cheveux bruns de Serdaigle du nom de Roger Davies, ne cessait de la contempler du regard, presque hypnotisé par la beauté de sa compagne. Nullement jalouse de toute cette attention, Daphné pourrait presque éprouver de la pitié pour sa rivale, du moins si elle s'attardait uniquement sur le pouvoir que Fleur pouvait avoir sur les hommes de part son don unique découlant de ses gênes de vélane et qui pouvait être en certaines occasions une véritable malédiction ; Mais presque était effectivement le mot approprié, car en y regardant de plus près, elle pouvait aisément voir que Fleur appréciait d'être le centre d'attention de toute l'assemblée présente. Pour sa part, Daphné avait fait dans la retenue et la discrétion en portant elle aussi une robe empire d'un vert bouteille s'apparentant volontairement aux yeux de son fiancé ; Pessimiste désormais de le voir arriver ce soir malgré l'invitation qu'elle avait envoyée à Lamballe quelques semaines plutôt, elle espérait encore que cette petite touche de fantaisie puisse peut-être trouver un écho en la personne d'Harry. Autrement, elle ne s'attarderait probablement pas plus de quelques heures dans la grande salle de Poudlard et encore moins à danser.
- Je n'ai jamais porté de gants avant, déclara alors Lucie en tirant légèrement sur ceux qu'elle portait et qui lui arrivait jusqu'au coude. Enfin, hormis ceux de l'école, mais ils ne couvrent pas autant ! C'est si étrange, j'ai l'impression d'avoir une seconde peau !
- Si tu continues à tirer dessus, tu risques d'user les coutures ! La réprimanda Tracey alors qu'elle cessait immédiatement son geste, ignorant au passage les gloussements d'Aglaé quant au commentaire de leur amie. Je vais finir par te donner la main, tu arrêteras de les utiliser inutilement comme ça !
- Hormis remuer la terre, une paysanne comme elle ne sait rien faire de ses dix petits doigts, argua alors Cordelia en passant près de leur groupe aux bras d'un Serpentard du nom de Gregory Goyle.
La française toisa du regard Lucie, jugeant de sa tenue d'un simple coup d'œil avant d'esquisser un sourire déplaisant à l'ensemble du groupe. Son partenaire lui, ne comprenant probablement pas un traître mot de leur langue, se contentait pour sa part de les regarder d'un air intrigué qui, sur son visage et ses traits grossiers, lui donnait l'air encore plus bête que d'ordinaire. Intérieurement, Daphné complimenta Cordelia sur sa capacité à trouver un cavalier lui ressemblant tant qu'elle aurait pu penser qu'ils étaient cousins, mais comparé à lui, elle préférait encore rester seule pour la soirée plutôt que de s'afficher avec un garçon pareil. De plus, et comme il servait d'ordinaire de faire-valoir pour Drago Malefoy, cela rajoutait un autre point négatif pour ce jeune homme dont la conversation se résumait le plus souvent à des grognements de bête et à rouler des muscles pour intimider quiconque s'approchait de trop près de Drago ou se moquait de lui ; En un mot, il n'avait tout simplement rien pour plaire.
- Hormis pour remuer la merde, une poltronne comme toi ne sait rien faire d'autre de sa langue, rétorqua Tracey du tac au tac.
Un blanc s'installa alors dans leur petit comité, les unes choquées par son franc-parler à l'image d'Aglaé et Marie, Daphné et Lucie elles réprimant l'envie de soupirer ou de rire devant l'air furibond de Cordelia.
- Un beau parti que voilà, ajouta t-elle en regardant quelques secondes Goyle qui semblait totalement dépassé par leur conversation. Quelle idiote, je n'avais pas pensé à inviter un membre de ma famille pour me tenir compagnie ce soir ! Il y a un tel air de familiarité entre vous que je ne saurais dire s'il s'agit d'un cousin ou d'un frère…
- Et où est ton cavalier, Davis ? Lui lança alors Cordelia en constatant l'absence totale d'un quelconque garçon parmi elles. Oh mais attends voir… Personne n'a voulu se montrer au bras d'un pou dans ton genre, c'est ça n'est-ce pas ? Certaines ont plus de chance que d'autres à ce jeu là…
- Au contraire, j'applique ce sympathique adage qui déclare qu'il vaut mieux être seule que mal accompagnée, et en l'occurrence, je me demande qui de vous deux est le plus mal accompagné, lui répondit-elle en souriant de satisfaction lorsque son interlocutrice commença à rougir furieusement du visage jusqu'à sa poitrine.
Piquée au vif, Cordelia s'apprêtait à lui répondre, mais un mouvement derrière elle l'interrompit dans son élan lorsqu'elle vit apparaître Drago, Vincent Crabbe et Pansy Parkinson qui faisait office de cavalière pour l'héritier Malefoy. Tous les trois remontaient des cachots où se trouvait leur salle commune, et à en juger par l'air boudeur de Pansy, une petite dispute avait dû probablement éclater durant leur trajet jusqu'ici, mais à peine eut-elle devant les yeux les élèves de Beauxbâtons qu'elle changea radicalement d'attitude pour sourire béatement et s'accrocher encore plus fermement au bras de Drago, de la même manière que si elle avait mis la main sur un immense magot et qu'elle en défendait l'accès à quiconque.
- Vous voilà, lança pour sa part Drago en regardant Goyle et Cordelia. La moindre des politesses aurait été de m'attendre avant de monter Goyle, et je te rappelle qu'à chaque instant tu dois de présenter à mes côtés, pas devant moi. As-tu déjà vu un valet précéder son seigneur, Goyle ? Tu ne l'es certes pas, mais pour imager la chose, tu sais où est ta place…
- C'est elle qui voulait monter, répondit-il en lorgnant brièvement sur Cordelia qui à son tour ne comprenait qu'une partie de leur conversation. Je lui ai dit d'attendre, mais elle tirait sur mon bras !
- Et tu t'es laissé bêtement conduire jusqu'ici par… Elle ? Argua t-il en jetant un regard nullement sympathique à l'égard de sa cavalière. C'est l'homme qui dirige la femme, pas l'inverse, que ce soit en amour, en amitié, ou dans les relations professionnelles bien que je n'ai encore jamais vu de femme avoir part dans une société ou se livrer à des négociations auprès de mon père.
La misogynie de Drago fit froncer les sourcils de plus d'une fille présente, mais ignorant royalement leur réaction, il se tourna alors vers elles, son regard s'attardant quelques instants sur Daphné qu'il fixait intensément. Celle-ci soutint son regard, nullement impressionnée par la figure dominante qu'il semblait être auprès de ses amis, ou du moins de ses partenaires car il ne donnait nullement l'impression d'avoir une quelconque sympathie pour eux. En vérité, Daphné ne savait pas vraiment sur quel pied danser avec lui : Médisant, hautain, méprisant et vindicatif, Drago n'avait rien pour plaire, et à dire vrai, seule sa fortune lui permettait de s'attirer quelques alliances dans l'école à défaut de véritables amitiés. Mais l'héritier Malefoy ne donnait de toute manière pas l'impression de vouloir se lier avec qui que ce soit à Poudlard, hormis peut-être avec les serpentards les plus influents de l'école. Des nombreuses fois où elle l'avait aperçu au détour d'un couloir ou pendant les heures de repas, Daphné n'avait vu chez lui que les aspects les plus négatifs de sa personnalité, et de l'avis général, il ne semblait y avoir que cela en lui.
Pourtant, et alors qu'elle pensait qu'il abuserait du fait qu'il la connaissait depuis longtemps, jamais il n'avait tenté la moindre approche vers elle, jamais il n'avait tenté de lui parler ou d'entrer en communication d'une quelconque manière et les rares fois où leurs regards s'étaient croisés pouvaient se compter sur les doigts de la main. Pas la moindre intimidation, menace, moquerie ou avertissement à son égard en plus de trois mois maintenant, et se souvenant du petit garçon désagréable qu'il était, Daphné s'était attendue à tout autre chose de sa part qu'une froide indifférence à son égard, allant des commentaires sur l'intérêt que pourraient avoir leurs parents dans l'éventualité d'un partenariat financier, à un rapprochement des familles Greengrass et Malefoy au Magenmagot. Un Malefoy restait un Malefoy contre vents et marées, et là où pouvait être dénichée l'opportunité d'un avantage non négligeable sur le plan politique ou économique, cette famille était capable de tout pour y parvenir. Alors songeant jusqu'alors à ce qu'auraient pu être les tentatives de rapprochement de Drago dès l'instant où elle poserait le pied à Poudlard, elle fut depuis pour le moins surprise par sa froide indifférence ; Peut-être finalement n'éprouvait-il pas le moindre intérêt envers elle, ou alors cachait-il bien son jeu.
- Pour avoir des relations professionnelles avec une femme, encore faudrait-il qu'il ait le courage d'en approcher une, argua Tracey d'un ton toujours aussi tranchant.
- C'est vrai que ton père lui aimait approcher les femmes, répliqua t-il d'un air sournois. Il paraît qu'il aimait tout particulièrement les moldues, notamment lorsqu'une fois qu'il a abusé d'elles, il se chargeait de les remettre à leur place d'un simple sortilège avant de les enterrer dans des endroits isolés en ayant au préalable pris soin de les raccourcir… Je me demande ce qu'il dirait en voyant sa fille traîner avec de la racaille ?
Devenue livide au commentaire de Drago, Tracey fut pour la première fois depuis bien longtemps incapable de répondre à la pique qui lui était adressée, détail qui n'échappa pas à Malefoy dont le sourire s'élargissait encore davantage au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. Devant la mine déconfite de sa meilleure amie et n'y tenant, Daphné décida de prendre les choses en main :
- Voilà qui est d'une bassesse, héritier Malefoy. Tout le monde n'a pas eu l'opportunité d'échapper à la justice en soudoyant les responsables politiques de ce pays-ci, et Tracey n'a pas à répondre des actes d'un père qu'elle n'a jamais connu et dont elle abhorre le nom. Mais venant d'un petit furet aussi bon à remuer le linge sale des gens qu'il n'aime pas qu'à bondir en l'air au bout d'une baguette magique, rien ne devrait m'étonner. Et quand je parle de remuer le linge sale, je devrais notamment penser à la culotte de votre compagnon que vous avez vu de très près si je ne m'abuse...
Le sourire satisfait de Drago disparut à la seconde même où Daphné rappelait à tous cette petite scène quelques semaines auparavant où Malefoy avait fait les frais d'une sortilège de métamorphose du professeur Maugrey. L'origine était floue et trouverait officiellement sa source dans une altercation entre Malefoy et Matthew Potter, mais la suite elle fut connue de tous au-delà même du cercle des étudiants de Poudlard : Attaquant Potter par derrière, Drago aurait été à son tour la cible du professeur qui, en plus de le métamorphoser en fouine, l'aurait fait voltiger en l'air avant de le glisser dans les sous-vêtements de Crabbe. Il avait fallut l'intervention du professeur McGonagall pour remédier à l'affaire, mais l'histoire avait malgré tout fuité, et Drago était depuis la cible de quolibets particulièrement moqueurs.
- Garde donc tes petits commentaires pour toi Greengrass, répliqua t-il en perdant de sa superbe. Ici tu n'es pas à Beauxbâtons où tout le monde se pâme devant toi au moindre geste que tu fais. L'autre fille française nous a bien instruite sur ce qui se passe dans votre école, et si tu prétends être la princesse de Beauxbâtons, ici tu n'es rien d'autre qu'une étrangère qui devrait se faire discrète et faire profil bas devant ceux qui foulent du pied Poudlard chaque année. Tu as choisi la France au détriment de ta patrie ; Tu as choisi les sang-de-bourbe aux sang-purs dont tu fais partie ; Tu as choisi la médiocrité à l'excellence… Grand bien te fasse, mais ici tu n'es pas chez toi, et les gens comme toi, on les écrase avec notre poing.
- C'est drôle, je pensais qu'attaquer par derrière était une vilenie pouvant s'apparenter justement à la médiocrité, dit-elle en feignant la surprise. Finalement, vous auriez eu tout à fait votre place à Beauxbâtons héritier Malefoy, mais je ne suis pas sûr que le jupon et les talons pourraient vous sied à ravir.
Devenant aussi rouge qu'une tomate, Drago s'éloigna d'un pas précipité, l'énervement suintant de chacun des pores de son corps tandis que Pansy, surprise par sa vitesse, peinait à garder le même rythme que lui. Le reste de son petit groupe sur les talons, il se fraya un chemin au beau milieu de la foule, Cordelia adressant une dernière fois un regard empli de haine à l'égard de Daphné avant elle-même de disparaître derrière un groupe d'élèves qu'elle bouscula sans ménagement.
- Finalement, si la soirée se passe de la même manière que jusqu'à présent, je sens que nous allons beaucoup nous amuser ! Commenta Tracey en ayant retrouvé son attitude joyeuse.
- Il ne manquerait plus que cela, contra Marie en fronçant immédiatement ses sourcils. Faire une scène avant même un bal est une chose, la reproduire de nouveau durant celui-ci en est une autre à laquelle je ne souhaite nullement participer.
- On ne peut justement pas dire que tu t'es montrée très réactive lorsque Drago s'en est pris à Tracey, Daphné ou moi-même, lui répondit-elle sans pour autant vouloir être méchante.
Marie s'apprêtait de nouveau à contrer son argumentaire, mais la vue de Matthew Potter descendant les marches du Grand Escalier du hall l'interrompit dans son geste, de même que le plupart des élèves présents dans la pièce. Celui-ci, vêtu d'un costume sombre, d'une culotte blanche et de bas d'une couleur similaire se terminant par des souliers à boucles, dévalait tranquillement les marches la tête haute et le menton relevé dans une attitude si solennelle qu'elle en devenait presque grotesque. Se prenant pour le maître des lieux, il adressait au passage quelques regards méprisants à l'égard de tous ceux dont il croisait le regard et plus particulièrement à ceux qu'il détestait, les Serpentards en tête. À côté d'elle, Daphné pouvait aisément entendre Tracey pouffer de rire devant l'attitude de l'héritier Potter, et même elle, si elle se souciait moins des convenances, aurait pu tout comme elle s'adonner à une franche rigolade devant le spectacle que Matthew leur offrait. À son bras se trouvait Ginny Weasley, une jeune fille d'un an de moins que lui et sœur de son meilleur ami, et qui tout comme lui devait se trouver en cet instant comme la plus chanceuse demoiselle de toute l'école. L'effrontée lançait d'ailleurs à toutes les filles un regard qui en disait long sur ses pensées pour la soirée : Pas touche, ou je mords. Curieusement, elle s'attarda d'ailleurs longuement sur Daphné, ses sourcils se fronçant au fur et à mesure qu'elle observait l'héritière Greengrass comme si elle voyait en elle une rivale ; Manque de chance pour elle, celle-ci n'avait nullement l'intention de lui voler son cavalier, et elle préférait encore passer la soirée à danser avec le garde-chasse Hagrid plutôt que de rester une seule seconde en compagnie de ce garçon dont elle n'éprouvait que mépris.
- Quelle toilette, c'est à en mourir de rire ! Lança alors Aglaé en jugeant la robe que portait Ginny.
- Je ne suis même sûre que l'on portait cela à l'époque de Louis XIV, c'est dire si elle hors du temps ! Ajouta Marie avant de rejoindre Aglaé dans ses gloussements.
Chiffons, tenues et apparence, voilà bien trois des sujets sur lesquels ces deux-là pouvaient trouver leur bonheur à longueur de journée, mais pour une fois, Daphné ne pouvait s'empêcher de leur donner raison. Il était en effet difficile de dire si sa robe en était bien une ou s'il s'agissait d'un amas de chiffons d'un rose variable et grossièrement juxtaposés les uns sur les autres. Mettant cela sur le coup de la pauvreté légendaire des Weasley, elle préféra plutôt ne pas émettre le moindre commentaire là-dessus. Tant que cela plaisait à la jeune Weasley, qui pouvait le lui reprocher ? Celle-ci était en tout cas rayonnante bien qu'il était difficile de savoir si la raison était d'être la cavalière de Matthew et de se sentir pour la première fois au dessus des autres, ou tout simplement le fait d'assister à un bal, expérience qui pourrait bien ne jamais se renouveler pour elle.
Quant à Matthew, hormis le fait qu'il tentait de paraître intimidant vis-à-vis des autres, on ne pouvait pas pour autant dire qu'il était ravi d'assister à cette soirée. Un sourire forcé sur les lèvres, les traits tirés et surtout, une ignorance presque manifeste de la personne accrochée à son bras donnaient davantage l'impression qu'il était venu ici par contrainte, sans le vouloir véritablement et, dans la mesure du possible, avec la ferme intention de ne pas s'y attarder. Peut-être craignait t-il la danse inaugurale ? Pensait Daphné en l'imaginant parfaitement être incapable d'effectuer le moindre pas de danse sans se vautrer par terre. Ou peut-être tout simplement appréciait-il modérément de faire une nouvelle fois le pitre dans un tournoi qui, depuis quelques mois maintenant, semblait lui pourrir véritablement la vie. S'il elle était honnête avec elle-même, Daphné ne pourrait pas lui en vouloir, et les différentes scènes auxquelles elle avait assisté depuis que son nom était sorti de la coupe de feu et dans lesquelles il tenait le premier rôle suffisait à comprendre qu'il avait passé de durs moments depuis lors ; Entre les accusations de tricherie, les malveillances à son égard de la part d'une grosse majorité des élèves de Poudlard, les moqueries continuelles chaque fois qu'il traînait dans un couloir, l'indifférence marqué du corps enseignant sur son sort, mais peut-être plus encore l'éloignement de son meilleur ami, rejoignant le flot constant des élèves doutant de sa parole lorsqu'il affirmait ne pas être le responsable de sa participation au tournoi, tout cela l'avait métamorphosé, et il était difficile de savoir en bien ou en mal. Distant, renfermé sur lui-même ou encore solitaire, on ne pouvait certainement pas dire qu'il brillait par la société qui traînait en sa compagnie. Mais tels les girouettes qu'ils étaient, l'opinion des élèves avaient radicalement changé dès l'instant où Matthew était parvenu à passer sans encombre la première tâche du tournoi : Voler l'œuf d'un dragon dans une arène surpeuplée avait de quoi en impressionner plus d'un, du moins si l'on objectait que son maléfice, lancé dans l'œil même du reptile, avait eu l'effet inverse que celui espéré lorsque le monstre avait hurlé de douleur en piétinant la moitié de ses œufs au passage. Sans même tenter de calmer la bête, Matthew avait simplement empoché l'œuf et était ressorti de l'arène, laissant aux gardiens du dragon la lourde tâche de l'apaiser. L'héritier Potter en était ainsi sorti indemne, mais la perte d'une bonne partie de la couvée du dragon lui avait considérablement fait perdre des points pour terminer à la quatrième place.
Depuis ? Rien à déclarer à son sujet, hormis peut-être que les médisances à son égard l'avaient rendu beaucoup plus méfiant et moins prompt à avoir auprès de lui quelqu'un en qui il pourrait avoir confiance ou même tout simplement discuter de sujets divers. Quant à la seconde épreuve dont la clé était ce fameux faux œuf de dragon, rien n'avait fuité quant à ses recherches bien que plus généralement, aucun champion n'avait laissé le moindre indice pouvant aiguiller les gens sur ce qui pourrait en découler.
Mais même si elle pourrait avoir un semblant de pitié pour Matthew, Daphné n'en oubliait pas pour autant les multiples fois où, par hasard, le demi-frère de son fiancé et elle s'étaient retrouvés dans la même pièce, dans un même couloir ou tout simplement que leurs regards se croisent furtivement durant un repas. Chaque fois, Daphné avait l'impression que Matthew sondait son âme, semblait peser le pour et le contre d'une confrontation ou tout simplement ce qu'il pourrait tirer du fait qu'il en savait plus sur elle que n'importe qui d'autre à Poudlard. Matthew n'avait jamais tenté de lui reparler depuis cette fameuse soirée où elle avait posé les pieds pour la première fois à Poudlard, mais elle avait l'impression que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'il repasse à l'attaque, et pour être honnête, cette situation lui faisait quelque peu peur. Se souvenait-il seulement qu'elle était la fiancée de son frère ? Ferait-il le lien entre elle et les membres de sa famille disparue ? Irait-il rapporter les résultats de ses observations à Dumbledore ou à son père ? Pour l'instant, il n'avait absolument rien fait qui puisse la mettre en danger, mais ses regards constants vers elle, ce petit sourire narquois qu'elle pouvait voir de temps à autre poindre sur son visage, cette épée de Damoclès qui pendait au dessus de sa tête en attendant de s'abattre comme un couperet sur elle au moment où Matthew en toucherait quelques mots au directeur… Pour un peu, elle souhaiterait presque en cet instant faire ses bagages et retourner terminer son année à Beauxbâtons, mais l'attrait du tournoi et surtout la présence de ses amies lui faisaient immédiatement changer d'avis. Surtout, elle s'imaginait bien Harry courir ici au moindre danger, combattant avec l'énergie d'un preux chevalier pour sa belle contre ceux qu'il haïssait et menaçait l'intégrité de celle-ci… Pour sûr qu'une confrontation avec son père, son frère et Dumbledore pourrait presque le réjouir, mais elle n'était pas certaine que ces trois-là repartent en un seul morceau à la fin de leur petit duel.
- … comme partenaire pour ce soir.
Plongée dans ses pensées, la fiancée d'Harry constata avec étonnement qu'entre temps, Neville était finalement arrivé, et à en juger par la rougeur qui s'étalait sur toute la surface du visage de Lucie, celui-ci s'était de toute évidence mis en tête de lui faire la cour. Comme la plupart des autres garçons, Neville avait opté pour une tenue classique composée d'une culotte noire lui arrivant sous les genoux, de collants immaculés et d'une chemise blanche par-dessous une veste en soie couleur taupe parcourue de compositions florales dorées cousues sur elle.
- Je… J'espère ne pas vous causer un quelconque embarras ce soir…, bredouilla timidement sa cavalière alors que Tracey levait les yeux au ciel.
- Je devrais dire la même chose, je ne suis pas un très bon danseur, lui avoua pour sa part Neville en rougissant à son tour.
Voir ces deux indécis ensemble donnait à la scène un léger côté comique, mais dans le même temps, Daphné ne pouvait s'empêcher de les trouver mignons tous les deux. Peut-être que les opposés s'attirent oui, mais l'inverse pouvait être possible, et ces deux-là l'illustraient parfaitement.
Sa vision fut soudainement obscurcie par une paire de mains se glissant sur son visage, et alors qu'elle s'apprêtait à se saisir de sa baguette magique discrètement dissimulée dans l'un de ses gants pour s'éloigner de cet intrus, une voix qu'elle aurait pu reconnaître entre mille autre, une voix qu'elle se désespérait d'entendre de nouveau, une voix dont le propriétaire se tenait derrière elle et approchait doucement sa tête de son oreille se fit entendre :
- Je recherche la plus belle rose de cette école, celle qui m'a volé mon cœur voilà bien des années et que j'aimerais retrouver pour lui conter Ô combien je l'aime… Sauriez-vous où je pourrais la trouver ? Demanda le nouvel arrivant d'un ton si doux qu'il en fit frissonner Daphné.
Se retournant doucement, Daphné eut la confirmation de l'identité de cet inconnu qui n'en était finalement pas un. Harry, son Harry, était enfin là, debout dans le hall d'une école que tous les deux pensaient ne jamais connaître ni jamais fouler du pied, un sourire tendre sur le visage alors qu'il l'observait avec ce regard si envoûtant, si pénétrant, qui la faisait fondre en un instant et auquel elle ne pouvait que succomber. Alors n'y tenant plus, et faisant fi de ce que pourraient dire les mauvaises langues, elle se jeta sur lui, comme pour attester que sa présence n'était pas un rêve, un mirage, une illusion sur laquelle elle se cramponnait désespérément en souhaitant du plus profond de son cœur la présence rassurante et sécuritaire de celui qu'elle devait épouser dans quelques mois. Les bras qui l'enveloppèrent la persuadèrent de la réalité du moment, et elle manqua de pleurer de joie en se disant que oui, Harry était bien là, debout face à elle et non pas sur une civière en attendant d'être enterré comme les malheureux ayant succombé à la guerre. Comme elle se dégagea légèrement de son torse, elle leva le regard vers lui, une pluie d'émotions jaillissant en elle tandis qu'elle se perdait dans les yeux émeraude de son fiancé : L'amour, la joie, mais aussi une pointe de colère quand elle pensait à l'absence de toute information à son sujet, mais une colère qui disparaissait aussitôt qu'elle sentait les caresses d'Harry sur son visage, ses cheveux et sa main qui se perdait dans les courbes de son dos.
- Je n'y croyais plus…, dit-elle timidement sans se séparer de lui. Je pensais… Ce silence vous concernant…
- Je ne pouvais me soustraire aux ordres de mon supérieur, dit-il en comprenant parfaitement ce à quoi elle faisait allusion. Il m'était bien aise de vous savoir à l'abri auprès de Madame Maxime et de vos amies, mais je ne puis vous mentir en vous disant que votre absence fut pour moi plus douloureux que les coups que j'ai pu prendre ces derniers mois.
Alarmée par ces dires, Daphné s'apprêtait à s'enquérir de ces maux, mais un doigt sur sa bouche la fit immédiatement taire :
- Croyez-vous que je me tiendrais devant vous si cela fut pénible pour moi ? Demanda t-il de ce ton si doux et rassurant. Même déchiqueté par un boulet de canons, je remuerais ciel et terre pour me tenir devant vous ce soir, et je ne pouvais décemment pas envisager de vous savoir dansant seule à un bal sans m'avoir pour cavalier…
- Idiot, le réprimanda t-elle en lui adressant une légère tape sur sa poitrine bien qu'elle ne se départit pas de son sourire. Même avec une jambe en moins, je serais venue vous chercher moi-même pour vous tirer de vos ennuis.
- Je n'en attendais pas moins de votre part ma chère, confirma t-il en ricanant légèrement.
Le regard de Daphné se posa alors pour la première fois sur ce qu'il portait, et outre son uniforme écarlate qui détonnait totalement de l'ensemble des tenues portées par l'intégralité des jeunes hommes présents, elle pouvait également constater une différence notable depuis la dernière fois qu'elle l'avait vu : Des décorations supplémentaires, ici ou là et notamment sur les épaules et la poitrine, d'un doré éblouissant et qui recouvrait désormais presque autant le tissu rouge de sa veste que l'espace encore libre sur celle-ci. Pour le reste, son pantalon blanc et ses hautes bottes lui arrivant jusqu'aux genoux ajoutaient encore à l'aura de puissance qui émanaient de lui. Cependant, elle notait aussi que son fiancé semblait fatigué, ses traits du visage légèrement tirés alors que des poches commençaient à apparaître sous ses yeux et témoignaient des problèmes de sommeil que semblait rencontrer Harry.
- Ce n'est rien, lui assura t-il aussitôt en lui attrapant la main qu'elle tendait pour examiner son visage. Le contrecoup des combats est plus tardif que je le pensais, mais cela va passer.
- Vous devriez tout de même consulter quelqu'un, dit-elle d'un ton légèrement inquiet. L'on ne ressort pas d'une telle épreuve sans la moindre séquelle…
- Peut-être oui, dit-il évasivement. Oh mais que vois-je ! Tracey ! L'on dit jusque Paris que les jeunes gens de Poudlard se pavoise devant un aussi joli minois, et à te voir, je ne peux que donner raison aux rumeurs !
- Vil flatteur, répliqua t-elle en acceptant cependant qu'il se saisisse de sa main pour la baiser. On dit aussi que la guerre forge les hommes, mais à te voir, j'ai plutôt l'impression que tu es toujours aussi petit et malingre. Te serais-tu cantonné à éplucher les patates et à casser les noix plutôt qu'à te battre ?
- Je suis démasqué, avoua t-il faussement en faisant mine de paraître attristé.
Petit et malingre, voilà bien deux choses qui ne pouvaient coller avec l'apparence d'Harry aux yeux de Daphné. Son fiancé faisait bien une tête de plus qu'elle, et des années d'entraînement avaient sculpté son corps pour le rendre large et musculeux que des leçons de bienséance avaient atténué pour apporter en plus de la grâce et de la prestance à son allure. Rien qu'à imaginer qu'il n'ait pas encore dix-sept ans et qu'il pourrait encore s'améliorer à l'avenir, sa fiancée en salivait d'avance.
- Lucie, dit-il ensuite en reproduisant le même geste qu'avec Tracey, Je me doutais bien qu'entre les mains de ma chère fiancée, tu ne pourrais qu'être la plus belle demoiselle de ce bal pour la soirée. J'en viendrais même à me demander si je ne devrais pas changer de cavalière…
- Elle est malheureusement déjà prise, intervint Neville tandis que Daphné frappait une nouvelle fois Harry. Neville Londubat, héritier de la maison ancienne et noble des Londubat, pour vous servir, Monsieur ?
- Gabriel de Bourbon, prince de Lamballe et duc d'un si grand nombre de terres que je ne pourrais toutes les énumérer sans vous ennuyer, se présenta t-il en acceptant la poignée de main de Neville. Ainsi donc, vous m'avez volé la place de garçon préféré de cette demoiselle…
- Je pensais que c'était moi, se plaignait alors une voix derrière lui.
- Je ne pense pas que depuis l'incident du lac, Lucie puisse te considérer comme l'homme qu'elle préfère Nicolas, répondit-il en tournant la tête vers lui.
Boudeur, le meilleur ami d'Harry croisa les bras tandis qu'à côté de lui, Juliette riait légèrement des frasques de son camarade. Chacun se rendit alors compte de leur présence, tous les deux également vêtus de leurs uniformes de soldat, mais à la différence d'Harry, aucun n'avait encore d'insigne démontrant chez eux une élévation hiérarchique ; Pour l'heure, Harry était leur supérieur, et il pourrait bien s'avérer qu'à l'avenir, cette différence demeure encore. Daphné, qui ne les connaissait pas autant que son fiancé, appréciait malgré tout de les savoir également parmi eux, tout comme Tracey et Lucie qui, lors des vacances d'été, avaient également l'occasion de les croiser quelques semaines à Lamballe pour oublier un temps les longs et pénibles mois de scolarité à Beauxbâtons, et pour eux les éreintantes leçons et punitions de leur académie de Metz.
- Sympa comme endroit, commenta Nicolas en observant les environs d'un air curieux. Il y a aussi un château de ce genre près de chez moi, mais il est à l'état de ruine depuis des lustres et les paysans y vont surtout pour lui prendre quelques pierres pour leurs maisons ou pour délimiter leur terrain. Moi j'y allais avec mes amis pour y jouer jusqu'au jour où l'un d'eux est tombé depuis les créneaux du donjon… Dans un sale état qu'il était, il s'est fracassé la tête sur un rocher…
- Quelle horreur ! S'exclama avec effroi Aglaé.
- Ouais, comme tu dis ! Lui répondit-il avec enthousiasme. Il avait tout l'avant du visage comme enfoncé dans le…
- ça ira comme ça, l'interrompit Juliette en lui adressant au passage une claque sur l'arrière du crâne. Nous sommes venus ici pour passer du bon temps et accompagner Gabriel, pas pour entendre le récit de tes aventures trépidantes et… dégoûtantes. En plus tu importunes ces demoiselles avec toutes ces horreurs !
- Oh non, je trouve ça amusant moi ! Dit aussi Tracey à l'étonnement général. De l'authenticité et de la spontanéité : voilà bien deux choses qui manquent cruellement à Beauxbâtons et chez ses douillettes petites élèves !
- Les douillettes petites élèves sont là et t'entendent Tracey, la réprimanda Daphné en lui adressant un léger coup derrière la tête.
- Au moins nous pouvons être certaines d'une chose maintenant, c'est que Daphné ne m'en voudra pas d'avoir un cavalier ! Reprit sa meilleure amie après quelques instants de silence à se caresser le crâne. Nicolas, serais-tu bien aimable d'être mon partenaire ?
- Moi ? S'étonna celui-ci en regardant d'un air ahuri Harry comme pour chercher la confirmation des dires de Tracey. Mais… Je ne sais même pas danser ! Tu ne m'avais pas prévenu du risque de m'humilier devant toute une foule avant de venir ici, Gabi !
- Oh mais je n'y suis pour rien, affirma t-il en levant les mains en l'air. Si cette charmante demoiselle te veut pour danser un menuet, libre à elle de le faire !
- De toute manière ce n'était pas une proposition, ajouta Tracey en se saisissant du bras du malheureux Nicolas. Je ne te demande pas de danser grand nigaud mais de simplement tenir mon bras en souriant aux gens comme si tu avais à tes côtés la plus merveilleuse, la plus belle, la plus séduisante jeune fille que tu puisses imaginer.
- Ma foi, ça va être très difficile avec toi…, marmonna son désormais cavalier avant de se prendre à son tour un coup sur la crâne. Ouille !
Leur petite dispute eut néanmoins l'effet de détendre encore davantage l'atmosphère, et par la même occasion d'attirer à eux encore davantage l'attention du reste des élèves. Harry eut tout juste le temps de saluer Marie et Aglaé qui frémissaient presque d'extase par les compliments du jeune prince, avant et au grand déplaisir de Daphné qu'une nouvelle arrivante vint s'immiscer dans leur petit groupe en hurlant presque d'excitation :
- Gabriel ! L'appela Fleur en se précipitant vers lui.
- Oh non, pas elle…, marmonna Tracey en soufflant.
À peine eut-il le temps de se retourner pour la saluer que Fleur fondit sur lui, l'enlaçant fortement dans une étreinte qui aurait pu, s'il avait eu quelques années de moins, lui briser les côtes. La tête sur son épaule, Fleur le maintint ainsi suffisamment longtemps pour attiser la jalousie de sa fiancée, une fiancée à qui elle adressa d'ailleurs un léger sourire mesquin avant de s'écarter de lui, l'air aussi heureuse que si on venait de lui annoncer qu'elle allait épouser le-dit jeune homme en question.
- Vil coquin ! S'insurgea t-elle en gloussant tout en lui adressant un coup d'éventail sur la poitrine. Omettre de m'avertir de ta présence ! Je n'aurais eu de cesse de te demander de m'accompagner pour cette soirée si j'avais seulement su que tu viendrais ! Tu sais te faire désirer mon cher Gabriel !
- Oh mais je vois que tu n'as de toute manière pas perdu ton temps pour ne pas venir ici seule, objecta t-il en dardant un regard furtif sur le cavalier de la jeune fille.
- Hm hm…, se contenta t-elle de souffler sans même poser son regard sur Roger Davies. Il n'y avait que l'embarras du choix dans cette école, mais pas un seul homme ici ne t'arrive à la cheville mon cher ami.
- L'embarras du choix ici se résume à compter sur les doigts d'une seule main les hommes qui résistent à tes pouvoirs de vélane, et hormis ceux qui sont mariés je n'en vois pas, contra Tracey en se voyant immédiatement gratifier d'un regard lourd de menaces de la part de Fleur.
- Messieurs et Madame les champions du tournoi, veuillez vous avancez près de l'entrée de la Grande Salle s'il vous plaît, lança alors à quelques mètres d'eux le professeur McGonagall. Le bal va bientôt commencer.
Quittant avec un regret manifeste Harry, Fleur se dirigea vers le centre de la salle où l'attendaient les autres champions, et ce fut alors à ce moment là que Daphné remarqua le brusque changement de comportement chez son fiancé dès lors qu'il aperçut son demi-frère. Le regard froid et une veine palpitant sur sa tempe, il fixait Matthew de la même manière qu'un aigle observant sa proie, prêt à fondre sur elle et à lui écorcher la peau de ses longues griffes avant s'envoler au loin avec elle pour la dévorer en toute intimité. Pour peu, elle pouvait aisément s'imaginer la même chose ici, Harry parvenant d'une manière ou l'autre à isoler son frère du reste de l'assemblée et le conduire dans un cachot pour lui faire passer la plus mauvaise soirée de sa vie.
- Allons venez, l'invita t-elle immédiatement lorsque McGonagall convia les autres participants à pénétrer dans la Grande Salle en attendant l'entrée des principaux acteurs de la soirée.
Harry se laissa guider sans véritablement réagir, son regard toujours porté sur ce petit frère qu'il n'avait plus vu depuis si longtemps mais pour qui il éprouvait encore et toujours un rejet manifeste ; S'il ne l'exprimait pas ouvertement, son langage corporel suffisait aisément à le comprendre. Mais emporté par le flot d'élèves pénétrant dans la salle de réception, l'intérêt qu'il portait à son frère se dissipa aussitôt qu'il mit un pied dans celle-ci.
Les murs de la Grande Salle avaient été recouverts d'un givre argenté étincelant, et des centaines de guirlandes de gui et de lierre s'entrecroisaient sous le plafond parsemé d'étoiles. Les tables des différentes maisons avaient disparu, remplacées par une centaine de tables plus petites et éclairées par des lanternes autour desquelles pouvaient s'asseoir une douzaine de convives. Du coin de l'œil, Daphné pouvait remarquer l'intérêt de son fiancé pour la salle qu'il dévorait du regard en contemplant de longues secondes les minuscules flocons de neige leur tombant dessus, mais Nicolas était certainement le plus ébahi devant le décor nouveau de la pièce dont il gratifiait Tracey de ses remarques et au grand plaisir de celle-ci. Se mettant sur le côté, les élèves formèrent une sorte de haie d'honneur, le groupe d'Harry optant pour se placer vers le milieu de celle-ci alors que les yeux étaient rivés désormais sur les portes d'entrée desquelles devaient prochainement apparaître les champions.
- Vivement la danse, chuchota Tracey avec impatience en observant elle aussi l'entrée de la Grande Salle. Je meurs d'envie de voir comment se débrouille Potter quand il est question de danser en rythme. Le voir faire des pointes doit probablement être un spectacle inoubliable !
Lucie et Neville ricanèrent immédiatement, et même Daphné ne put s'empêcher de sourire en songeant à Matthew peinant à suivre le rythme de la danse baroque sur laquelle les champions devaient ouvrir le bal. Harry lui garda le silence, l'air absent tandis qu'il regardait d'un air vague le professeur McGonagall pénétrer dans la salle de bal. Mais son comportement changea radicalement lorsqu'à sa suite, et tenant le bras de Madame Maxime, Dumbledore fit à son tour son apparition : Ses traits se tendirent aussitôt, ses sourcils se froncèrent brusquement, et Daphné était persuadée de l'avoir senti glisser sa main en direction du pommeau de son épée. Dumbledore lui n'accorda pas la moindre attention à l'assemblée, trop occupé à conduire la directrice de Beauxbâtons en face de l'entrée de la Grande Salle en souriant d'un air fier et heureux en contraste total avec l'air presque renfrogné de Madame Maxime.
- Elle n'a pas l'air franchement ravi d'être là, commenta Tracey en faisant le même constat que Daphné.
- Ou peut-être n'est-elle tout simplement pas ravie d'avoir pour cavalier Dumbledore, supposa celle-ci en tout état de cause.
Karkaroff et le reste des enseignants pénétrèrent ensuite dans la salle, la plupart ayant jugé de bon goût de se présenter bras dessus bras dessous avec un ou une collègue, avant que finalement les champions n'arrivent à leur tour ; Le premier, Cédric Diggory, avait opté comme cavalière pour une jeune fille aux traits asiatiques que de nombreuses autres traitèrent sur son passage d'étrangère et d'indigène. Krum lui avait choisi pour cavalière une autre fille de Poudlard aux origines également orientales, mais la raison devait davantage tenir d'une possible concordance religieuse que d'un choix du cœur. Venait ensuite Fleur, resplendissante et radieuse qui adressait sur son passage des sourires narquois aux demoiselles se pâmant de jalousie alors que Roger Davies lui ne cessait de la regarder, un mince filet de bave coulant du coin de ses lèvres. Enfin, et peut-être pour souligner l'âge du dernier candidat, venait finalement le tour de Matthew, l'air revêche et les sourcils froncés et dont le bras était occupé par une Ginny toujours aussi ravie d'être là et qui, pour imiter peut-être Fleur, souriait béatement à la foule présente tandis qu'elle menait avec poigne son cavalier vers le centre de la pièce.
Un orchestre fit alors son apparition depuis la petite pièce adjacente à la Grande Salle, et les multiples musiciens, portant chacun un instrument plus ou moins lourd, s'installèrent rapidement derrière leur pupitre sur lequel il posèrent les partitions des multiples morceaux qu'ils allaient interpréter toute la soirée. D'autres adultes firent également leur apparition dans la salle depuis les portes d'entrée, mais celle-ci passa quasiment inaperçu car ceux-ci se placèrent directement parmi la foule pour laisser un espace dégagé aux futurs danseurs. Daphné repéra parmi eux plusieurs aurors, probablement là pour s'occuper de la sécurité du bal, mais elle reconnut tout particulièrement l'un d'eux pour l'avoir déjà rencontré par le passé : Sirius Black.
De nouveau, son fiancé sembla se crisper en remarquant à son tour la présence de cet oncle distant qui n'avait d'yeux que pour son demi-frère, mais il parvint à garder contenance et à ne rien laisser paraître de sa colère lorsqu'il sentit la poigne tendre de la main de Daphné sur son bras : Un simple regard, un échange silencieux et un sourire doux sur son visage suffit à lui donner l'envie de lui en adresser un autre en retour.
Les champions et leurs cavaliers se séparèrent alors de chaque côté de la piste de danse selon leur sexe, puis après un moment de silence, l'orchestre commença alors son premier morceau. L'un après l'autre puis en parfaite synchronisation, les huit danseurs effectuèrent alors diverses pas de danse, acrobaties, croisement de jambes et petits sauts en l'air au rythme de la musique et de la cadence qu'exigeait leur petite chorégraphie. Dans l'ensemble, le résultat était assez satisfaisant, et il ne faisait aucun doute qu'il avaient dû répéter pendant des heures les mouvements demandés, mais un observateur peu connaisseur pouvait aisément constater qu'un seul binôme n'était pas tout à fait dans le même rythme que les autres : Matthew, du fait de son léger embonpoint, peinait à se tenir sur ses pieds et à tournoyer sur lui-même, mais sa cavalière ne faisait absolument rien pour le sauver puisqu'elle semblait de son côté avoir oublié une partie des pas exigés.
- ça lui apprendra à passer des heures devant son miroir pour se faire belle plutôt qu'à revoir sa chorégraphie, commenta près de Daphné une jeune fille du même âge que Ginny.
La danse baroque n'étant réservée qu'à une élite privilégiée d'Europe, la fiancée d'Harry songeait plutôt que la cavalière de Matthew n'avait probablement jamais pu s'y adonner, à moins que la grâce ne lui fasse véritablement défaut. Mais par politesse, elle attendit la fin de la danse pour applaudir comme le reste des élèves les huit danseurs qui effectuèrent une dernière révérence de remerciement avant de s'éclipser pour la plupart de la piste de danse sans demander leur reste. D'autres couples vinrent immédiatement l'occuper, et Daphné n'eut pas besoin de réclamer une danse à son fiancé pour que celui-ci la guide jusqu'au centre de la pièce. De nouveau la musique démarra, et la petite vingtaine d'élèves commença alors à tourbillonner, se croiser et comme précédemment à sautiller de temps à autre en se levant parfois sur la pointe des pieds.
- Je dois dire que tu es très en beauté ce soir, lui lança soudainement Harry alors qu'il passait derrière elle. Je m'imaginais déjà devoir batailler avec une ribambelle de prétendants pour m'offrir les faveurs de ma fiancée…
- Une ribambelle est bien peu en comparaison des multiples propositions que j'ai pu avoir ces dernières semaines, lui répondit en souriant moqueusement Daphné tandis qu'ils se croisaient de nouveau brièvement. Je ne saurais dire combien de garçons m'ont supplié d'être leur partenaire, mais il y en eut tant que je ne pourrais tous les dénombrer…
- Devrais-je me sentir jaloux alors ? Lui répondit-il lorsqu'ils se croisèrent une fois de plus. Ciel, je vais devoir prendre des mesures radicales pour t'arracher des griffes de ce bouge… T'enfermer dans un donjon serait probablement une riche idée !
- Alors je serai ta prisonnière, mais aussi ton obligée, minauda sa fiancée.
Leur danse continua, et à quelques reprises, Daphné comme Harry purent voir leurs amis se gausser d'eux et de leur danse, et tout particulièrement Nicolas qui tenait à peine sur ses jambes tandis qu'il pointait du doigt son camarade lorsque celui-ci esquissait quelques pas de danse où le maintien et la grâce frisaient le ridicule chez un homme.
- Ton meilleur ami semble prendre bien du plaisir ce soir, commenta Daphné en remarquant les agissements de Nicolas.
-Le pauvre se morfondait à Metz pour les vacances de noël, alors je me suis dit qu'il pourrait bien passer les fêtes en ma compagnie, lui expliqua Harry. Dès l'instant où j'ai lu dans tes lettres qu'un bal était organisé à Poudlard, j'ai immédiatement pensé à lui pour me tenir compagnie… Et pour tenir compagnie à Tracey aussi. Ces deux-là s'apprécie tant lorsqu'ils se voient que j'ai pensé avec raison les réunir pour une soirée…
Daphné hocha sa tête alors qu'elle pouvait effectivement voir sa meilleure amie et Nicolas discuter joyeusement en continuant de se gausser d'eux. Celle-ci se termina d'ailleurs quelques instants plus tard en même temps que l'orchestre jouait les dernières notes de leur musique, et après quelques acclamations et claquements de mains, Harry sortit de la piste de danse, sa fiancée de nouveau accrochée à son bras.
- Quelle drôlerie que cette danse ! Gloussa Nicolas en les voyant approcher. Chez nous on danse le rigaudon, et c'est beaucoup plus vivant que vos petites cabrioles !
- Eh bien, va donc nous montrer ton talent pour la danse, vantard ! Le provoqua Juliette en lui désignant la piste de danse.
- Peux pas, dit-il aussitôt en perdant légèrement de sa superbe. Il faut être deux pour le danser, et en plus il faudrait que l'orchestre joue d'un morceau s'y apparentant.
- Oh mais je peux très bien aller demander aux musiciens s'ils n'en ont pas un dans leur répertoire…, commença alors leur camarade avant d'être brusquement attrapé par Nicolas.
- Non non ! Dit-il nerveusement. Tu ne voudrais pas les déranger, hein ? Je suis sûr qu'ils ont autre chose à faire !
- Si ça ne vous dérange pas, je dois maintenant initier quelqu'un à la danse baroque, les interrompit Neville alors que Lucie devenait à son tour nerveuse et que le troisième morceau se terminait. Je pense que ma cavalière a suffisamment vu les autres s'y essayer pour nous faire l'étalage de ses talents.
- Faites donc héritier Londubat, l'invita Harry tandis que Daphné et Tracey répondaient aux suppliques silencieuses de leur amie par des sourires et des petites saluts de la main.
Vaincue, celle-ci se laissa alors traîner par son cavalier vers le centre de la pièce pendant que le reste de leur petit groupe choisissait finalement de s'installer à l'une des tables et découvrir par eux-mêmes le menu pour la soirée.
- C'est toujours meilleur qu'à la cantine, commenta Nicolas en analysant les différents plats. Côtes de porc !
Immédiatement, un plat apparut devant lui, et sans attendre que les autre aient également pris commande, il dégusta avec appétit la viande fumante qui n'en demandait pas tant.
- Mal appris, maugréa Aglaé en le regardant manger.
Ce à quoi il répondit en lui tirant la langue, geste qui eut le don de lui colorer la peau d'un rouge fort prononcé tandis qu'elle fulminait de colère.
- Ne sont-ils pas mignons tous les deux ? Lança alors Daphné en regardant Neville et Lucie danser en parfaite osmose.
- Ne l'étions-nous pas également i peine quelques minutes ? S'enquit d'un ton doux Harry en pressant sa main dans la sienne.
- Non, vous étiez ridicules, répondit alors Nicolas la bouche pleine.
- Veux-tu bien surveiller tes manières !? Répliqua alors Juliette en le frappant une nouvelle fois derrière la tête. Et on ne t'a pas demandé ton avis que je sache !
- Ouille ! Mais arrête de me taper !
Mais malgré ses suppliques et pour faire bonne mesure, Juliette lui adressa une nouvelle baffe sous les rires des convives autour de la table. Du moins, jusqu'à ce qu'un individu non désiré fasse son apparition dans le dos d'Harry :
- Je ne sais pas qui tu es, mais tu vas me faire le plaisir de retourner là d'où tu viens, français ! Lui ordonna Matthew en essayant de paraître plus imposant qu'il ne l'était en réalité.
Peine perdue, et malgré son torse bombé, il suffit à Harry de se lever de sa chaise et de faire face à son frère pour se rendre compte de la différence de taille évidente entre les deux.
- Tu… Tu n'as rien à faire ici, reprit d'un ton moins confiant Matthew. Cette fête est réservée aux élèves des trois écoles concourant pour le tournoi des trois sorciers, et que je sache tu n'en es pas un.
- Peut-être, mais ma cavalière ici présente m'a cordialement invité à y participer, et que je sache, il n'est pas interdit de convier un partenaire ne faisant pas nécessairement partie de Poudlard, Beauxbâtons et Durmstrang.
- T'inviter ? Répéta d'un air incrédule son frère. Comme cavalier ? La bonne blague ! C'est justement ma cavalière, et je suis ici pour l'extirper du marasme dans lequel elle se trouve en cohabitant avec des gens comme vous.
Tout en parlant, il désigna d'un signe de tête les amis de Daphné et Harry, et si les filles prirent une teinte légèrement rouge, Jules et Nicolas eux, bien que ne comprenant pas l'anglais, en savaient cependant suffisamment pour se lever à leur tour et porter la main à leur épée, prêts à s'en servir.
- Des gens comme nous ? S'enquit d'un ton froid Harry en regardant brièvement ses camarades. Faites bien attention à vos paroles, Monsieur, car ce pourrait bien être la dernière chose que vous puissiez dire en notre présence.
- Des menaces ? Je n'ai pas peur des menaces, et si tu savais qui j'étais, tu ne me menacerais certainement pas, l'avertit son frère en essayant de garder contenance.
- Ce n'était pas des menaces mais un conseil, mais cela pourrait effectivement bien le devenir si vous ne nous laissez pas tranquille. Enfin, si vous aviez une once d'intelligence, vous sauriez qu'il m'est impossible de savoir qui vous êtes étant donné que vous ne vous êtes même pas présenté, l'informa froidement Harry.
Troublé quelques secondes, Matthew parut étonné de découvrir qu'une personne ne savait effectivement pas qui il était ; Pour sûr que son ego venait d'en prendre un coup. Pourtant le trouble fit rapidement place à la moquerie, et un sourire presque condescendant fit son apparition sur son visage lorsqu'il reprit la parole :
- On ne doit pas beaucoup lire la presse anglaise dans votre pays j'imagine, dit-il en ricanant. Autrement vous sauriez que je suis très célèbre ici…
- Nous ne nous informons que des choses essentielles se déroulant dans ce pays-ci, et de toute évidence, vous ne valez pas la peine que l'on s'attarde sur votre cas, répliqua Harry.
Piqué au vif, Matthew devint rapidement aussi rouge que le robe que portait Aglaé, et à côté d'eux, un petit rassemblement commençait à se former à mesure que chacun prenait la température qui montait entre Matthew et ce mystérieux français.
- Je suis Matthew Potter, ou comme les gens préfèrent me surnommer, «L'élu» ou «Le garçon-qui-a-survécu» ou encore «le pourfendeur de Lord Voldemort», l'informa t-il d'un air fier. Je suis une véritable légende ici, une sommité dans les plus hautes sphères de notre société et même les moldus les plus influents connaissent mon nom ! Ce n'est pas un petit parvenu dans ton genre qui devrait par conséquent me faire peur !
- Connaissiez-vous un Matthew Potter avant de venir ici, mes amis ? Leur demanda alors Harry en se tournant vers eux.
Tous secouèrent la tête, à la grande fureur de Matthew, et celui-ci reporta immédiatement son attention sur Daphné, jusqu'alors silencieuse depuis le début de leur dispute :
- Toi ! Toi tu sais qui je suis ! Affirma t-il en pointant son index vers elle. Tu étais fiancée à mon frère !
- Peut-être, mais il n'en est plus question désormais, dit-elle en se rapprochant d'Harry dont elle s'empara de la main. À présent je suis promise à un autre, un bien meilleur jeune homme et non pas un lâche disparu depuis près de dix ans maintenant. Monsieur le prince de Lamballe et moi-même sommes à quelques mois de notre mariage, et ce parti vaut tous les honneurs dont votre frère aurait pu me gratifier. Vous n'êtes de ce fait rien pour moi, ni maintenant, ni à l'avenir.
- ça c'est ce qu'on va voir ! Déclara Matthew. Dans l'éventualité du décès de l'une des parties, le frère ou la sœur qui lui succède devient immédiatement le nouveau bénéficiaire du contrat de mariage, et en l'occurrence, il s'agit de moi !
- Sauf qu'il semblerait que votre frère ne soit pas mort, héritier Potter, autrement nous aurions été averti de son décès depuis nos certificats de fiançailles, l'informa Daphné. Et avant que vous ne me le demandiez, le reniement de votre frère par votre père a rendu caduque le contrat de mariage pour la raison que les termes du contrat ne sont désormais plus remplis ; Je devais épouser un héritier, pas un garçon renié et sans fortune. J'ai pu par conséquent aisément sortir de ce contrat et m'unir au ci-devant Gabriel de Bourbon, prince royal des maisons de Savoie et de France. Ne trouvez-vous pas vous aussi qu'il s'agit là d'une bien meilleure entreprise ?
Le ton ironique de Daphné ne parvint pas pour Matthew à cacher la surprise de l'identité du jeune homme devant lui, pas plus qu'il lui permit de masquer la stupeur qui le gagnait à la nouvelle des fiançailles rompues entre son frère et elle ; Lui qui s'imaginait depuis des mois se marier à une pareille beauté, voilà que tout volait désormais en éclat.
- Tout ça n'a pas d'importance, trancha t-il d'un ton froid. Je suis Matthew Potter, je peux et j'ai tout ce que je désire d'un claquement de doigt, et ce que je veux ce soir, c'est toi ! Alors je ne le répéterai pas une deuxième fois : Enlève tes mains de ma cavalière, ou tu vas vite comprendre de quoi il en retourne d'oser me contrarier !
- La bienséance voudrait que vous me vouvoyez, chose que vous n'avez jamais faite jusqu'alors, car jusqu'à nouvel ordre, nous ne nous connaissons pas. Maintenant je vais vous expliquer comment les choses vont se passer : Premièrement je vais apporter une réponse négative à votre ordre, puis je vais vous demander gentiment de nous laisser tranquille et d'aller vaquer à vos occupations en compagnie de la demoiselle qui vous sert de cavalière pour la soirée. Dans le cas contraire, je me verrais obligé de vous y pousser de manière beaucoup moins amicale, et vous ne voudriez pas m'y pousser, n'est-ce pas ? Donc commençons par le commencement : Non, je ne vais pas vous laisser le loisir de profiter de ma fiancée. Est-clair pour vous, Monsieur ?
- Je ne vais pas me laisser dicter ma conduite par un sale français et sa salope de fianc…
Matthew n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une violente gifle s'abattit sur sa joue, lui faisant détourner la tête sous la force du coup. La main fermement serrée sur son gant qu'il venait d'ôter, Harry regardait désormais avec une telle haine son demi-frère que Daphné fut certaine de ne jamais l'avoir vu dans un état pareil jusqu'alors. Un désir de mort semblait presque l'animer, et s'il n'avait pas encore sorti son épée de son fourreau, elle était persuadée que cela tenait surtout d'un oubli momentané de sa part, autrement celle-ci aurait déjà fini sa course dans le corps en léger surpoids de l'héritier Potter.
- Vous outrepassez les règles de bonne conduite, Monsieur ! éructa t-il alors que toute la salle devenait silencieuse. Vous osez m'insulter devant une assistance nombreuse, vous osez injurier ma noble lignée, vous moquer de mes camarades et amis, mais surtout, vous injuriez ma fiancée et salissez son honneur devant assemblée. J'exige réparation du préjudice subi !
Puis donnant son chapeau à Nicolas, il dégaina son épée, et la pointant en direction du visage d'un Matthew Potter palissant à vue d'œil, il formula la requête qui lui brûlait les lèvres depuis quelques minutes maintenant, mais qui maintenant trouvait une raison parfaitement propice à ses volontés :
- Que Dieu m'en soit témoin, Monsieur, je ne repartirai pas d'ici sans avoir obtenu gain de cause aux fautes que vous avez faites à mon encontre ! Je vous défie dans un duel !
A/N : Tada ! Hé oui, cette soirée sera en deux parties, et la deuxième sera probablement la plus intéressante ^^. Enfin un petit duel entre les deux frères ! Qui en sortira vivant ? Non je plaisante... Qui en sortira vainqueur ? Faites vos jeux messieurs, dames !
Chapitre assez compliqué à écrire, mais assez plaisant aussi. Cependant je réitère mon conseil (que je n'ai pas respecté) : S'il vous prenait l'envie d'écrire une fanfiction, ne passez jamais les endroits qui ne vous inspire pas, parce que vous ne faites en définitif que reculer l'échéance, et surtout, vous risquez bien lorsque vous le comblerez de ne faire que du remplissage histoire de boucher un vide qui ressortira malgré tout à la lecture.
Bon sinon concernant quelques détails dans ce chapitre :
- Pas de valse mais des menuets et danse baroque. Pourquoi ? Parce que la valse n'existait pas encore ! Du moins si, mais elle n'était pas encore considérée comme une danse de Cour. Allez voir sur youtube des exemples de menuet, c'est beaucoup trop technique (si j'ose dire) pour être présenté au geste près sur papier.
- Je suis assez mauvais pour décrire les vêtements, alors si vous souhaitez vous faire une idée des tenues de bal de 1805, je vous renvoie une fois encore à la mode empire en circulation dans toute l'Europe au début du siècle.
- J'oscille entre le tutoiement et le vouvoiement en ce qui concerne Harry, Daphné et même Matthew. Pour expliquer un peu la chose, je vais reprendre un passage du livre d'Arlette Farge "Vivre dans la rue à Paris au XVIIIe siècle" que j'ai lu récemment et qui parle justement de ça : "Loin d'être systématique, le tutoiement prouve l'amitié ou suppose une familiarité [...] Les femmes ne se tutoient pas toujours entre elles et l'homme ne tutoie la femme que s'il la connait bien ou s'ils ont ensemble des projets. Sinon, c'est qu'il méprise ou invective la personne [...] Suivre une femme dans la rue, s'accorder sur elle quelques gestes, et de plus la tutoyer, c'est transgresser les convenances [...] Signe de tendresse dans certains cas, le tutoiement est souvent considéré comme une marque d'amour". J'ai également lu dans un autre ouvrage que l'on vouvoyait généralement son épouse ou son époux lorsque l'on était en public (dans l'aristocratie), et que le tutoiement pouvait être d'usage dans l'intimité ; J'ai donc opté pour ce changement entre les moments où Harry et Daphné sont ensembles et quand ils sont avec leurs amis.
Je crois avoir fait le tour de la question... Oh peut-être un dernier détail : Dumbledore aura bien évidemment plus d'importance dans le prochain chapitre ^^.
Je ne sais pas quand je posterai le prochain chapitre, mais comme je suis assez bon pour visualiser un combat et que le prochain chapitre en inclura un, je pense qu'il sera assez rapide !
Sur ce, à bientôt !
