Et bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ! Bon dimanche en tout cas !
Je vais tout de suite commencer par ça : Un BIG merci pour vos commentaires ! Je crois n'en avoir jamais eu autant pour un chapitre ^^. Je me doutais que la confrontation entre frères susciterait l'intérêt, mais à ce point là... Je n'imagine même pas ce que ça donnera quand Dumby découvrira qui est vraiment l'élu et qu'il y aura une nouvelle confrontation entre lui et Harry !
Au passage, je répondrai tout de suite aux commentaires laissés pour le chapitre 40, donc surveillez vos MP.
Calaway/Shailaw/Guest : Merci pour ton commentaire !
Faenlgiec : Merci pour ton commentaire ! Tu verras par toi-même dans ce nouveau chapitre si cela sera aussi facile que tu le penses !
Hlne : Merci pour ton commentaire ! Ravi de voir que ton opinion sur cette fiction a changé, j'espère ne pas décevoir tes attentes par la suite !
Dragonia Malfoy : Merci pour ton commentaire ! Bah... Elle est là la suite ! Je suis parfois un tantinet sadique quand il s'agit de conclure un chapitre, j'essaye de repérer le moment propice où le suspens est à son comble et vous laisse dans l'attente xD.
YaoiPowa : Merci pour ton commentaire et les félicitations ! à ce point ? xD.
Maintenant un sujet un peu moins drôle : Non je n'arrête pas la fiction, et non je ne vais pas la mettre en hiatus. Simplement pour l'année scolaire à venir, j'ai décidé de quitter finalement le domicile familial et entrepris des démarches pour avoir un logement étudiant à proximité de mon université. Normalement il y a le wifi là-bas, donc je pourrais continuer à écrire depuis ma chambre étudiant, mais pour le mois d'août et septembre, je ne vais vraiment pas avoir beaucoup de temps pour écrire ; Ne vous attendez donc pas à un chapitre avant... Hm... Minimum le 15 septembre.
Maintenant concernant ce chapitre, et bien c'est la suite directe du précédent avec... Bah oui, un combat ! J'espère que ça vous plaira, et si jamais vous avez l'impression que j'en ai trop fait, n'hésitez pas à me le dire.
Sur ce, bonne lecture !
Harry aurait pu lâcher une bombe au beau milieu de la salle qu'il n'aurait espéré un meilleur résultat que celui-là. Silencieuse, la Grande Salle semblait être plongée dans une torpeur encore jamais vu de mémoire d'élève ou d'enseignant, comme si chacun mettait un temps particulièrement long à assimiler ce que venait de dire le jeune français faisant face à Matthew. Lui-même n'en menait pas large, et à la seule vue de son visage, n'importe qui aurait pu comprendre que cette situation inattendue était loin de ce qu'il aurait pu s'imaginer comme conclusion à ses menaces. Même les camarades et amis d'Harry, pourtant aux premières loges de leur petit échange peu amical, n'avaient, par les visages qu'ils arboraient tous, envisagés une telle tournure, et à côté de lui, Harry pouvait facilement sentir sa fiancée s'être crispée devant le défi qu'il venait de lancer à son frère, comme contrariée à cette idée. Mais peu importait maintenant : L'idée même d'affronter Matthew était bien trop tentante pour passer à côté de ce privilège.
- J'attends une réponse Monsieur, lui lança Harry du même ton froid que précédemment. Allez vous accepter un duel d'honneur, ou fuirez-vous comme un couard ? N'êtes-vous pas le prétendu pourfendeur d'un mage noir ? Ce combat ne devrait alors n'être qu'une broutille pour vous !
Intérieurement, Harry se félicita de jouer avec la fierté de son frère, du moins peut-être était-ce tout simplement sa bêtise qui primait sur tout le reste. Toujours est-il qu'il pouvait aisément remarquer le changement de comportement de celui-ci d'un simple regard, ou peut-être lorsque les sourcils de Matthew se froncèrent à la seule évocation de sa fierté mal placée. Les convives également attendaient une réponse du jeune héritier, accrochés à sa bouche comme des poissons à un hameçon particulièrement appétissant ; Certains estimaient qu'un bon duel pourrait animer cette soirée, d'autres que Matthew méritait bien une petite correction sous les yeux d'un public nombreux, une autre frange estimant que ce duel entre un français et un anglais pourrait bien réveiller l'antagonisme liant leurs deux peuples : Le contexte moldu pouvait si facilement s'immiscer dans les situations qui ne s'y prêtaient pas qu'un simple duel se transformait soudainement en règlement de compte politique.
- Je vous ai peut-être surestimé, déclara alors Harry en le toisant avec froideur tandis que le silence de Matthew s'éternisait. Il me semble que la réputation dont vous vous vantiez n'est qu'illusion, et que face à moi, je n'ai point un duelliste en herbe mais un petit garçon dont l'orgueil est bien trop grand pour que sa tête puisse passer les portes sans se cogner au chambranle.
- Petit garçon ? Répéta Matthew avec colère.
Le sourire d'Harry s'accentua devant l'état d'énervement évident de son frère, et il ne suffisait désormais que d'une étincelle pour mettre le feu aux poudres, ou en l'occurrence à l'orgueil maladif de Matthew.
- Je n'ai jamais reculé devant la moindre difficulté, le français ! S'écria t-il en confirmant les pensées de son interlocuteur. Quand j'en aurais fini avec toi, tu imploreras mon pardon devant toute cette foule puis tu iras geindre dans les jupons de ta mère !
- Est-ce un oui ? Demanda t-il posément.
- Bien sûr ! Affirma aussitôt l'autre. Je vais te faire regretter d'être venu le français !
Pour toute réponse, Harry lui adressa un sourire plein de malice, l'oeil déjà brillant à l'idée de donner la correction qu'il mérite à ce petit garçon pour qui il n'éprouve pas la moindre sympathie. Depuis le temps qu'il attendait ce moment… Pour un peu, il s'en pincerait presque le bras pour vérifier qu'il n'était pas plongé au cœur d'un rêve, un rêve particulièrement savoureux et dont l'issue ne lui était peut-être pas encore connue, mais qu'il espérait survenir le plus tardivement possible après avoir fait durer le plaisir. Ô qu'il avait fallu attendre longtemps, endurer de folles aventures, changer de vie, échapper à l'emprise d'un père qui n'aurait jamais pu tolérer que son fils aîné puisse se mesurer à celui qu'il idolâtrait… Le seul regret pouvait justement être que James n'était pas là pour assister à ce combat, mais Harry préférait relativiser en songeant que les récits qui reviendraient jusqu'à lui suffiraient à le mettre dans tous ses états.
- à moins qu'il y ait une salle de duel dans cette école, celle-ci est suffisamment grande pour faire l'affaire, argua t-il en regardant l'ensemble de la salle comme pour juger de ses dimensions.
- Je crains malheureusement que cela ne soit pas possible, intervint alors la personne qu'Harry détestait probablement autant si ce n'est même plus que son frère.
Tournant lentement la tête vers lui, Harry eut la désagréable surprise de voir apparaître Dumbledore, immaculé dans sa robe pourpre parsemée de broderies et diamants qui auraient pu, portée par une autre personne, faire parfaitement office pour une dame dont les goûts vestimentaires étaient depuis longtemps dépassés. Mais peu importait aux yeux d'Harry l'apparence vestimentaire du vieux sorcier, sa barbe trop longue lui arrivant sous le nombril ou ses lunettes en demi-lune ; La seule présence du directeur de Poudlard à quelques mètres à peine de lui suffisait à faire germer à l'intérieur de lui une colère dont il n'était pas coutumier, et il lui fallut presque renforcer ses boucliers d'occlumancie pour parvenir à conserver une relative retenue dans son comportement. L'homme responsable de tous les maux qu'avait connu sa famille depuis aussi longtemps qu'il pouvait s'en souvenir, le vieillard ayant semé les germes de la discorde entre les membres de la famille Potter, l'immonde sorcier capable de torturer psychologiquement sa mère, ou même physiquement sa sœur, se tenait là, tranquillement devant lui, un air soucieux sur son vieux visage ridé tant l'idée de voir son poulain se confronter à un parfait inconnu l'inquiétait. Peu soucieux des convenances, il aurait pu dès cet instant lui adresser un monumental coup de poing directement dans la figure, mais il n'était justement pas ce genre de personne. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait, mais les risques étaient bien trop importants pour se laisser aller à ce genre d'acte.
«J'aurai quand même ma revanche» se jura t-il sans quitter du regard Dumbledore. «Que ce soit maintenant, dans un mois, une année, ou une décennie, je te ferai payer coup par coup tes petites manigances».
Le trouble qui l'habitait ne semblait en tout cas pas rejaillir sur ses émotions, car le directeur ne parut pas le moins du monde intrigué par l'attitude du jeune homme qu'il ne connaissait pas. Posant une main réconfortante sur l'épaule de Matthew, Dumbledore fit alors une seconde erreur en moins d'une minute : S'adresser directement à Harry.
- Mon garçon, je ne sais qui vous êtes ni la raison pour laquelle vous vous trouvez parmi nous pour cette soirée, mais il me semble important de vous expliquer quelques petites choses concernant les règles de cette école, et notamment le fait que les duels sont formellement interdits entre ses murs sous peine d'une sanction. Vous n'êtes cependant pas un élève de Poudlard, et il ne me semble pas vous avoir déjà vu parmi les contingents d'élèves provenant de Beauxbâtons ou Durmstrang, ce qui fait qu'à défaut de pouvoir vous sanctionner, j'estime être en droit et dans l'obligation de vous demander de bien vouloir partir.
- Premièrement je ne suis pas votre garçon, aussi aimerais-je que vous me traitiez avec le respect que je mérite, répliqua Harry. Deuxièmement, les duels ne sont pas sous la supervision d'un directeur d'école mais sous l'autorité du gouvernement en place dans le pays où il a lieu, et en l'occurrence, nous nous trouvons en Grande-Bretagne, un pays n'ayant pas signé la charte de 1713 pénalisant le duel entre sorciers tout comme mon pays. Interdire donc le duel dans votre école revient donc à enfreindre la loi, et vous n'êtes pas un hors-la-loi Monsieur le directeur, je me trompe ? Il serait fâcheux tout de même qu'un homme comme vous puisse établir des règles en contradiction avec la loi de son pays, n'est-ce pas ?
Dumbledore sembla pâlir légèrement, mais personne ne le remarqua hormis son interlocuteur direct.
- La loi de 1746 interdit les duels mon garçon…, commença t-il avant d'être interrompu par Harry.
- Elle abolit le principe du duel à mort légalisé selon les conditions de la constitution de la confédération magique des nations européennes, rectifia t-il d'un ton froid. Aussi longtemps qu'un duel n'a d'autre but que de faire s'affronter deux personnes sans que celui-ci se finisse pas la mort de l'un deux, notre combat reste une fois de plus dans les limites du droit, et rassurez-vous : Je n'ai aucunement l'intention de tuer le jeune homme à côté de vous. Je pourrais l'humilier, je pourrais même le torturer sous vos yeux dans le respect des lois de ce pays, vous n'auriez aucun mot à redire là-dessus.
Le froncement de sourcils de Dumbledore s'accentua encore davantage aux dernières paroles d'Harry, mais pourtant, il ne pouvait rien faire d'autre qu'admettre que ce garçon était parfaitement dans son droit de vouloir se livrer à un duel magique contre Matthew. Jamais en tout cas il n'aurait pensé rencontrer quelqu'un connaissant aussi bien que lui les lois, constitutions et chartes magiques nationales et internationales, et surtout celles qui allaient en contradiction avec ses principes ; Pour sûr qu'il garderait un œil sur lui.
- Cela nous ramène à votre identité jeune homme, reprit Dumbledore au bout de quelques secondes. Il vaudrait mieux pour moi la connaître dans l'éventualité où il pourrait vous arriver un malencontreux accident pendant votre combat…
Là, ce fut au tour d'Harry de froncer ses sourcils, et il se demandait à présent de quel accident pouvait bien parler le vieux sénile devant lui, et surtout si cet accident serait bien accidentel… ou provoqué. Dumbledore serait-il capable d'aller aussi loin pour protégé son élève ?
- Il dit qu'il est prince, commenta narquoisement Matthew en ne le prenant de toute évidence pas au sérieux. Un prince français et savoyard, quelque chose comme ça…
- Oui, et toi tu es un imbécile ou quelque chose comme ça…, rétorqua Tracey sous les gloussements de rire de ses amis.
Furibond, Matthew se colora une fois encore d'un rouge écrevisse avant de fusiller du regard l'héritière Davis, mais celle-ci se contenta de lui adresser un sourire éblouissant qui eut le don de l'énerver encore davantage. Dumbledore lui fit mine de ne pas avoir entendu la jeune fille, ou alors l'impossibilité de pouvoir la punir et lui enlever des points comme il le faisait d'ordinaire avec ses élèves suffisaient à l'arrêter.
- Je n'ai pas besoin de décliner mon identité, lui lança alors Harry en croisant les bras. Je n'ai qu'à vous rappeler la finale du tournoi international de magie de l'année 1796 pour que vous compreniez qui vous avez face à vous.
Intrigué, Dumbledore sembla chercher dans sa mémoire les souvenirs de ce fameux tournoi, et Harry put clairement voir l'évolution de ses pensées et sentiments au fil du temps d'un simple coup d'oeil dans le bleu acier de ses yeux : incrédulité, suspicion, surprise puis effroi. La peau déjà pâle du directeur devint aussi blanche que de la crème, et un tic nerveux apparut lorsqu'il commença à caresser frénétiquement la pointe de sa barbe, comme étonné à l'idée d'avoir face à lui le descendant de l'une des rares sorcières à l'avoir mis au tapis.
- Vous… Vous êtes son fils? Demanda t-il alors que Matthew arquait un sourcil, surpris par l'attitude de son mentor.
- Vous n'avez pas besoin de le savoir, rétorqua Harry d'un voix froide. Je suis apparenté à elle, mais je ne vais pas vous dire de quelle façon. Il y a près de 10 ans maintenant qu'elle vous a vaincu, et aujourd'hui, c'est au tour du jeune garçon placé sous votre protection de faire les frais de sa bêtise dans un duel d'une teneur toute autre.
Les deux se toisèrent encore quelques secondes, et lorsque leurs regards se croisèrent, Harry eut immédiatement la désagréable sensation d'une compression de son cerveau, et un mal de tête soudain fit son apparition.
- Je ne ferais pas ça si j'étais vous, dit-il durement en le fusillant du regard.
Aussitôt après Dumbledore recula de quelques pas, comme soufflé par une onde de choc qui le fit vaciller. Son regard se posa de nouveau sur le jeune homme devant lui, mais celui-ci s'obstinait désormais à ne jamais le regarder directement dans les yeux, au fait à présent de ses manœuvres pour lui soutirer quelques informations.
- Je vous ai dit que vous n'en apprendriez pas davantage quant à mon identité, reprit Harry. Utiliser la légilimancie pour y parvenir pourrait vous coûter bien plus que de l'argent s'il advenait que j'en vienne à porter plainte contre vous auprès du Magenmagot pour utilisation non consenti d'une branche nébuleuse de la magie contre une autre personne. Maintenant laissez-nous, nous avons un duel à commencer.
L'ordre claqua de manière cinglante contre lui, et malgré son refus d'en terminer là avec ce garçon, Dumbledore savait qu'il ne pourrait rien en tirer de plus ; La loi était avec lui, ses droits également, et surtout, ses compétences magiques étaient suffisamment étonnantes pour le peu qu'il en avait vu pour comprendre qu'il ne fallait certainement pas pousser trop loin sa chance. Si ce garçon était vraiment apparenté à la princesse de Lamballe, alors il valait mieux s'en méfier et attendre. Quant à Matthew, il ne pouvait rien faire désormais pour l'aider, mais de toute façon son protégé s'était lui-même mis dans ce pétrin, et il n'était clairement pas décidé à s'en mêler à présent.
- Venons-en aux formalités, déclara Harry en se concentrant de nouveau sur son frère. Mon camarade Jules sera mon second, dit-il alors en se tournant vers lui. J'ai toute confiance en ses capacités et en son jugement, et je sais que s'il m'arrivait d'avoir à effectuer un changement, il sera à même de pouvoir vous causer autant de mal que moi.
- Prends donc un second si ça te chante le français, cela fera deux personnes à mettre au tapis dans un même duel, lui répondit d'un ton moqueur Matthew. Mais comme il faut bien que j'en prenne un aussi pour conserver une égalité entre nous, je vais opter pour une personne qui m'est particulièrement chère et qui remplira parfaitement cette fonction d'assistance : Mon parrain Sirius Black.
Tous les regards se portèrent immédiatement sur le-dit parrain, et celui-ci s'avança immédiatement dans la direction de son neveu, baguette déjà brandie et prête à être utilisée. Mais alors qu'il était sur le point de se placer à côté de Matthew, une tornade rousse fit subitement son apparition et le poussa sans ménagement :
- Et moi alors ?! Éructa Ron tandis qu'il prenait une teinte de tomate bien mûre. Est-ce que ça ne devrait pas être le meilleur ami du duelliste qui remplirait le rôle de second ?
- Ron, va donc voir ailleurs, tu es en train de faire toute une scène pour peu de chose, et surtout, tu es en train de m'embarrasser devant tous ces gens, lui lança Matthew sans même daigner le regarder.
- Une scène ?! S'exclama t-il avec colère. Je ne ferais pas une scène comme tu dis si tu avais fait preuve de logique en choisissant la personne qui est la plus proche de toi à Poudlard comme ailleurs !
- La plus proche ? Répéta alors le frère d'Harry en se tournant vers lui. Qui m'a traité de menteur lorsque je lui disais que je n'avais pas mis mon nom dans la coupe de feu ? Qui m'a ignoré ces dernières semaines quand toute l'école me tournait le dos ? Qui s'est même permis d'afficher un badge «à bas Potty» jusque dans notre dortoir, avant de revenir comme un ange une fois que je suis ressorti vivant de la première épreuve ? Certainement pas un ami en tout cas ! Un ami serait resté à mes côtés et m'aurait aidé à supporter les moqueries, les injures et la haine des autres et n'y aurait certainement pas pris part !
- Parce que tu arrives encore à te plaindre d'être champion de Poudlard ? Mais ça ne devrait même pas te gêner depuis le temps, ce n'est qu'un épisode supplémentaire dans la longue liste des hauts faits du prodigieux Matthew Potter ! Répliqua Ron. Toujours mis sur le devant de la scène, toujours celui qui reçoit les louanges, les compliments, les récompenses quand d'autres comme moi doivent rester dans ton ombre et se taire ! Tu ne te rends même pas compte que personne ne peut plus te supporter toi et ton ego surdimensionné ! Ça va faire dix ans que l'on se connaît, et dix ans où j'ai dû supporter sans broncher tes caprices et ton sale caractère, et personne ne peut imaginer ce que c'est que d'avoir à cohabiter toute l'année durant avec quelqu'un d'aussi méprisable que toi !
«Oh si, mais j'ai depuis longtemps abandonné l'affaire» pensa avec amusement Harry tandis qu'il suivait silencieusement leur dispute.
- J'ai sacrifié mon temps pour te tenir compagnie, j'ai supporté tes plaintes sans me plaindre, j'ai même gardé la rancœur qui germait en moi au fur et à mesure que je comprenais que tu te fichais éperdument de moi et de mes problèmes ! Continuait Ron sans se rendre compte qu'il faisait étalage de sa vie privée au beau milieu d'une foule déjà prête à colporter de nouveaux potins. T'es-tu une seule fois demandé tout simplement comment je pouvais aller ? Si j'avais des soucis ou si j'avais besoin de quelqu'un à qui me confier ? Non, il n'y a que toi, toi, toi et encore toi ! Quand je pense que j'ai même dû assister à des séances de pratique sous la supervision de Maugrey parce qu'il n'y avait personne d'autre pour te tenir compagnie !
- Arrête ça ! Éructa Matthew. N'importe qui ici aurait été ravi de pouvoir apprendre des sortilèges en même temps que moi !
- Si vous voulez bien régler vos petits problèmes une fois le duel terminé, je vous en serais très reconnaissant, déclara alors Harry en perdant patience.
Les deux se retournèrent immédiatement vers lui, l'air si furieux qu'il pensa un instant qu'ils auraient pu en venir aux mains. Mais tout aussi rapidement, les deux garçons se firent de nouveau face, pas un ne pipant mot et les sourcils tellement froncés qu'ils pouvaient presque se rencontrer. Puis contre toute attente, Ron se recula, et tournant le dos à Matthew, se dirigea d'un pas décidé vers la sortie :
- Notre amitié est terminée Potter ! S'exclama t-il.
- Elle n'avait en vérité jamais commencé, argua d'un ton suffisant Matthew, la fierté refaisant son apparition sur les traits de son visage en songeant qu'il venait à ses yeux de gagner la petite joute verbale entre lui et Ron.
- Tu demanderas à papounet et à l'autre cabot de te servir de chair à canon face à Tu-sais-qui ! Poursuivit son désormais ex-meilleur ami. Je ne tiens pas à me sacrifier pour un minable qui pleure encore pour sa mère quand il dort !
Ron n'eut pas le loisir de voir les rougeurs apparaître de nouveau sur le visage de Matthew, mais les personnes qui l'entouraient elles pouvaient en profiter à loisir, et certains ne se gênaient pas pour glousser discrètement face à cette nouvelle. Harry lui était pour sa part surpris : Son frère pensait encore à leur mère, même après toutes ces années d'absence ? Certes, il ne faisait que rêver d'elle apparemment, mais pour en arriver à pleurer, ces rêves devaient bien être suffisamment bouleversant pour lui. Cependant, peut-être que Weasley surenchérissait les choses et qu'il n'y avait pas la moindre once d'une preuve pouvant étayer ses propos, mais un doute subsistait aussi bien d'un côté que de l'autre.
- Revenons-en à nos moutons, dit-il après quelques secondes. Nous en étions au choix de nos seconds respectifs. À présent rien ne nous empêche de commencer notre petit duel.
Un hochement de tête rapide lui répondit, et tout deux prirent alors la direction de la piste de danse tandis que la foule s'éparpillait autour d'eux pour leur laisser le champ libre à leurs petites affaires. La distance séparant les spectateurs des duellistes ne faisait qu'une dizaine de mètres à peine, et intérieurement Harry regretta que le combat ne se déroule pas sur les grandes étendues neigeuses se trouvant dehors ; Une partie de ses sortilèges ne pourrait pas lui servir à grand-chose ce soir à moins de prendre le risque de blesser un certain nombre d'élèves du fait de la promiscuité.
Le professeur Flitwick fit alors son apparition sur la piste, et traçant rapidement les contours de ce qui semblait être une zone de combat, il sépara le terrain en deux parties égales avant de s'adresser aux deux duellistes :
- Je vous rappelle les règles d'un duel de sorciers : Aucun sortilège mortel de quelque nature qu'il soit ; L'utilisation d'armes, de potions ou de tout autre substitut est permise sans porter atteinte à vie de l'un des duellistes ; Le combat se terminera par l'abandon ou l'incapacité de l'un des deux lutteurs à poursuivre celui-ci ; Aucune limite de temps n'est donc instaurée. Aucun coup bas n'est enfin toléré, auquel cas une disqualification sera aussitôt décrétée à l'encontre du fautif. Des questions ?
Tous les deux secouèrent leur tête, et Flitwick les invita alors à se rapprocher vers le centre du terrain puis à se saluer. Harry et Matthew obtempérèrent et levèrent leurs baguettes à hauteur de visage avant de se tourner le dos et d'abaisser leur bras. Rapidement, Harry en profita pour regarder dans la direction de Daphné, et si sa fiancée semblait manifestement inquiète par la tournure que pourrait prendre leur duel, un petit sourire apparut sur son visage lorsque leurs regards se rencontrèrent, sourire auquel il répondit à son tour en lui adressant un signe de tête : Rien n'avait plus d'importance maintenant que de gagner ce combat pour elle, et surtout de le gagner devant elle.
Après quelques secondes, les deux frères retournèrent à leur position initiale puis se retournèrent pour se faire face, n'attendant plus que l'ordre du professeur de sortilèges qui allait d'un instant à l'autre s'échapper de ses lèvres :
- Commencez !
à peine le professeur Flitwick eut-il lancé le duel qu'Harry ouvrit les hostilités en jetant directement son épée en direction du visage de son frère. Celui-ci eut le temps de la voir venir, et d'un geste de la tête, il esquiva habilement et facilement le projectile qui fonçait droit sur lui. L'épée passa à quelques centimètres de son visage pour finir sa course derrière lui, et satisfait, il adressa un sourire moqueur à son adversaire, mais il fut surpris de se rendre compte que celui-ci arborait exactement le même rictus. D'un geste de la main, Harry donna l'impression de tirer alors vers lui quelque chose, et trop tardivement, Matthew comprit que c'était de l'épée dont il s'agissait : Celle-ci repassa de nouveau près de lui, mais contrairement à tout à l'heure, elle lui écorcha profondément la joue avant de continuer sa route jusque dans la main de son propriétaire. Le sang coula immédiatement de sa plaie, et malgré la main qu'il porta contre sa blessure, Matthew eut toutes les peines du monde à endiguer le flux qui s'écoulait entre ses doigts. Toute la salle elle retenait son souffle, et Sirius Black, qui avait déjà sorti sa baguette magique, donnait lui pour sa part l'impression de vouloir déjà prendre le relais de son neveu. Dumbledore lui-même n'en menait pas large, et le regard calculateur et soupçonneux sur son visage ne parvenait malgré tout pas à masquer l'étonnement qui naissait en lui devant la technique employée par l'inconnu faisant face à son protégé.
- J'espère que vous appréciez ma petite mise en bouche, lança Harry en relâchant son épée qui pendait désormais dans le vide. Pour vous donner une idée de la personne à qui vous avez à faire, regardez bien ceci…
L'épée s'anima de nouveau, et de la même façon qu'un marionnettiste, Harry la déplaçait dans les airs d'un geste de la main, prêt à la projeter à nouveau en direction de son frère sans le moindre état d'âme quant aux blessures qu'il pourrait de nouveau lui infliger. Ce fut d'ailleurs lui qui ouvrit de nouveau les débats en lançant à nouveau son arme dans sa direction, mais désormais au courant de cette technique, Matthew parvint à s'y défaire en se déplaçant rapidement sur le côté pour l'esquiver. Mais d'un geste, Harry changea alors sa direction, et c'était maintenant une attaque circulaire qui fondait sur son frère et menaçait directement son visage. Dans la précipitation, Matthew para de nouveau le coup au dernier moment en se penchant légèrement vers l'avant, mais l'épée parvint malgré tout à lui couper quelques mèches de cheveux lorsqu'elle passa au dessus de lui.
Une troisième fois, Harry attaqua en effectuant encore un autre geste exactement identique au précédent, mais cette fois-ci, Matthew décida d'entrer dans son jeu en dégainant sa propre arme dont la lame entra bientôt en contact avec celle de son frère. L'acier s'entrechoqua dans un bruit de ferraille se répercutant dans toute la salle avant que Matthew ne rejette l'épée par un autre coup qui la propulsa à plusieurs mètres de lui.
- Vous souhaitez en arriver à ce point, Héritier Potter ? Lui demanda Harry en faisant revenir à lui son épée qu'il prit à son tour en main. Un petit duel d'escrime n'a jamais fait de mal à personne…
Et sur ces mots il s'élança vers lui, l'épée curieusement maintenue dans une position basse sur son côté, prête à s'abattre sur son adversaire. Le premier geste fut facilement contré par Matthew, mais il fut surpris par la puissance que son ennemi mettait dans le coup qu'il tentait de lui porter, et sous la force de celui-ci, il fut bien obligé de reculer de quelques pas. Un autre vint rapidement succéder au premier, tout aussi puissant que lui et pourtant si facile à parer qu'il commençait à se demander si l'autre ne faisait que s'amuser de ce duel, s'il analysait ses méthodes de combat ou si tout simplement il se contentait de gestes larges et qu'il pouvait aisément anticiper en croyant à tort pouvoir venir à bout de lui si facilement ; Auquel cas il risquait d'être fortement déçu, car même avec toute la mauvaise volonté qui l'animait, Matthew n'avait pas été un aussi mauvais élève sous la supervision de Maugrey, et il redoutait d'avoir à s'expliquer auprès du vieil auror si par malheur il perdait un duel d'épée.
Les coups pleuvaient malgré tout sur lui, toujours plus puissants les uns que les autres, et pour la moment, Matthew était surtout dans une position défensive et incapable de pouvoir porter lui-même en porter quelques-uns contre le jeune homme devant lui.
- On fatigue, Monsieur? Osa lui demander Harry entre deux nouveaux coups. Voyons, je m'attendais à davantage de répondant de votre part ; Avoir une grande langue doit probablement compenser vos lacunes au combat…
Piqué au vif, Matthew évita une autre attaque d'une roulade sur le côté, puis constatant qu'une ouverture s'offrait à lui, il fondit sur Harry en orientant sa lame directement vers sa jambe dans l'objectif de parvenir à l'handicaper pour la suite du combat. Pourtant, une simple esquive de son frère suffit à anéantir ses espérances, et profitant du déséquilibre de Matthew, il immobilisa sa lame en appuyant avec son pied dessus avant de lui adresser deux coups de poing directement en pleine figure qui le firent chuter par terre. Son visage déjà abondamment baigné par son sang devint encore plus rouge lorsque son nez cassa sous la force des coups, et malgré sa tentative pour colmater le flot continu qui s'écoulait de ses narines, il ne parvenait qu'à l'étaler sur la manche de sa veste ou sur le blanc immaculé de sa chemise désormais tachetée d'hémoglobine. Sa bouche aussi était douloureuse, et l'espace d'un instant, Matthew eut peut d'avoir eu quelques dents brisées, mais un rapide coup de langue sur elles le rassura rapidement sur l'état de sa dentition. Pourtant, cela ne calma nullement son humeur, et à présent, rien ne pouvait davantage lui faire plaisir que de rendre la pareille à son adversaire… Voire davantage s'il le pouvait.
- Relevez-vous Monsieur, l'invita Harry en lui permettant de récupérer son arme. Je n'aime pas battre un héritier lorsqu'il se vautre par terre.
- Tu… Tu me paieras ça ! Hurla Matthew en s'épongeant brièvement le visage avant de se relever.
- Nous verrons, lui répondit-il tranquillement en faisant des moulinets avec son sabre. J'espère pour vous que vous ne bluffez pas et que ce n'était qu'une mise en jambe, autrement je serais fortement déçu.
Jouer avec les émotions de son frère était un jeu d'enfant pour Harry, et à peine quelques secondes plus tard, il en était à esquiver les coups qu'il tentait de lui porter sans parvenir à ne serait-ce que l'effleurer.
«Il n'est pas mauvais, mais ses gestes sont trop larges et le laissent totalement à découvert pour une contre-attaque...» pensa t-il rapidement en analysant les coups que lui portaient Matthew.
C'est alors qu'Harry prit conscience du contenu de sa poche de pantalon, et sans attendre, il sortit le petit sac de toile qu'elle contenait et profita d'une attaque de son frère pour ouvrir le sachet. Une minuscule poudre rosée aussi fine que du sucre en poudre s'en échappa et sans attendre il souffla directement dessus vers le visage de Matthew. Le nuage formé l'aveugla immédiatement, et sans parvenir désormais à lui adresser le moindre coup, son petit frère se frottait frénétiquement les yeux, incapable pour l'heure de pouvoir continuer le combat.
- Tr-tricheur ! Cracha t-il furieusement avant de se passer un filet d'eau sur le visage avec sa baguette magique.
- Tous les coups sont permis dans un duel, et il n'est pas interdit d'employer quelque artifice que ce soit pour l'emporter, lui répondit patiemment Harry en se tournant vers le professeur Flitwick pour avoir confirmation.
Matthew ne vit pas le hochement de tête approbateur de l'enseignant, mais il voyait bien par contre la silhouette de son adversaire qui se dessinait de nouveau devant lui. Sans attendre, il lança alors un nouveau sortilège à Harry, sortilège auquel son frère répondit par un énième «protego» qui renvoya aussitôt le sort directement vers le sol.
- Stupefix ! S'écria t-il alors en pointant de nouveau sa baguette sur lui. Impedimenta ! Expelliarmus !
Un geste du poignet plus tard, un mur de terre et de roche apparut devant Harry, et les trois sortilèges vinrent littéralement exploser dessus. Les débris voltigèrent dans tous les sens, mais le français les renvoya aussitôt dans la direction de son frère d'un coup de baguette. Puis, profitant de la visibilité réduite de Matthew, il lui envoya un sortilège informulé et quasiment transparent que Matthew ne parvint à éviter qu'au dernier moment par une glissade presque involontaire, mais déstabilisé, il ne put éviter le second qui le frappa en plein visage et le fit lourdement chuter à terre. Sous le choc, allongé sur le sol et le corps devenu soudainement lourd, il perdit la vue quelques secondes, sonné et désorienté et tentant désespérément de trouver un repère lui permettant de reprendre ses esprits. Mais lorsqu'il retrouva la vue, il eut la surprise de ne pas voir le plafond étoilé de la Grande Salle et la neige tombant autour de lui et emportée par d'imaginaires bourrasques de vent, mais un ciel d'été particulièrement lumineux et sans le moindre nuage à l'horizon. Comme il se redressait sur ses coudes, Matthew constata également qu'il ne se trouvait plus au beau milieu d'une Grande Salle pleine de gens assistant à un duel dans leurs magnifiques tenues de bal, mais au beau milieu d'une étendue herbeuse dont les brins longs de plusieurs dizaines de centimètres lui caressaient doucement la peau à chaque souffle de vent. Rien d'autre aux alentours ne parvenait à rompre la monotonie du lieu si ce n'est quelques arbres épars plantés là par une main inconnue.
«M'aurait-il transporté ailleurs?» se demanda t-il nerveusement en observant les environs. «Mais dans quel but?».
Son adversaire n'était nul part pour être vu, et à vrai dire, il devait bien être la seule personne vivante à des kilomètres à la ronde. Matthew commençait à se demander si le français ne l'avait pas téléporté d'une quelconque manière à l'autre bout du monde, peut-être sur un continent que l'homme n'aurait jamais foulé du pied. Mais surtout, la panique commençait à le gagner à mesure qu'il prenait conscience de son état et de son impossibilité à pouvoir retourner d'où il venait pour la simple et bonne raison qu'il ne savait pas transplaner et n'avait pas de portoloin à disposition.
- Je te vois…
La voix le fit immédiatement sursauter, mais pourtant personne n'était visible alors même que la personne avait semblé se tenir très près de lui.
- Accio cape d'invisibilité ! Lança t-il en pointant sa baguette magique dans différentes directions.
Rien ne vint se loger dans sa main, pas plus que L'«homonium revelio» qu'il lança par la suite ne lui indiqua la position de son ennemi.
- Bien essayé…, se moqua l'autre d'une voix aussi basse qu'un murmure. Regarde au dessus de toi…
Obéissant bien malgré lui, Matthew leva les yeux au ciel, et c'est alors qu'il remarqua quelques changements depuis tout à l'heure. D'un bleu parfait, le ciel était devenu violet, et des nuages d'un gris sombre avaient également fait leur apparition au dessus de sa tête. La panique qui le gagnait déjà auparavant redoubla de vigueur alors qu'il se levait sur ses jambes et regardait les brins d'herbe autour de lui continuer à se balancer sous la force d'un vent qui lui ne le touchait pas.
«Ce n'est pas normal» pensa t-il nerveusement en se passant une main dans les cheveux.
Matthew se mit alors à courir aussi vite qu'il le pouvait, sans jamais regarder derrière et avec pour seul but de mettre le plus de distance possible entre lui et l'homme invisible qui le tourmentait. Sa course à travers les champs s'avéra longue et difficile, et il manqua de trébucher à plusieurs reprises en se prenant les pieds dans les tiges se nouant entre elles sur son chemin, mais alors qu'il pensait avoir couru sur un bon kilomètre et espérer souffler quelques temps avant de reprendre sa route et trouver une solution pour sortir de ce monde, les herbes autour de lui commencèrent à s'agiter de nouveau, mais cette fois, il s'agissait pour elles de s'accrocher à lui, de s'entortiller autour de ses jambes puis du reste de son corps pour l'immobiliser et l'arrêter dans sa tentative de fuite. Matthew tenta d'y échapper en utilisant plusieurs sortilèges de découpage, mais à peine les herbes étaient-elles coupées que d'autres prenaient leur place et venaient se glisser autour de ses chevilles. Surtout, sa course et l'emploi de sa magie l'épuisèrent plus qu'il ne le pensait, et en un rien de temps, il fut incapable de poursuivre plus loin son périple lorsqu'une touffe entière vint s'accrocher à sa jambe gauche et le fit tomber à terre. Aussitôt, le reste de la végétation vint faire de même, et saucissonné comme un porc, il fut incapable de pouvoir même lever le bras pour tenter de se dégager.
Immédiatement après, la terre commença à se soulever légèrement devant lui, comme si quelqu'un était en train de creuser jusqu'à sa surface de la même manière qu'un animal. Mais ce n'était pas une taupe ou même un lapin qui s'extirpa d'elle, mais une pointe en métal qui progressivement s'allongeait et s'allongeait encore pour bientôt faire une bonne trentaine de centimètres. Un pommeau accompagna bientôt la lame dans sa progression, un pommeau qui était horriblement familier aux yeux de Matthew pour être celui de sa propre épée, et une analyse rapide de l'arme devant lui lui confirma que cette épée était bien la sienne, debout devant lui et prête à présent à découper les liens qui le retiennent… ou à plonger dans ses chairs. L'épée s'anima à nouveau et se mit à glisser comme un serpent sur le sol dans sa direction, creusant derrière elle un sillon tandis que l'acier émettait un drôle de sifflement. La lame vint finalement arrêter sa course sous sa gorge, le côté tranchant appuyé contre sa peau et prêt à l'égorger, et Matthew attendait désormais le geste qui allait très certainement mettre fin à son existence en moins d'une seconde… Geste qui pourtant ne vint pas.
- Il y a mille et une façons de tuer quelqu'un, et bien davantage encore lorsqu'il s'agit de se montrer imaginatif…, dit alors la voix de tout à l'heure sur le ton de la conversation. Je pourrais là resserrer si fortement tes liens qu'ils briseraient un à un tes os, et ton tourment pourrait durer très longtemps avant d'en arriver à cela…
Involontairement, Matthew déglutit à cette seule idée, et peut-être était-ce son imagination qui lui jouait des tours, mais il eut soudainement l'impression que les herbes s'étaient en effet serrées plus fortement contre son corps, n'attendant qu'un ordre pour le broyer.
- … Ou je pourrais aller beaucoup plus rapidement et commander à cette épée de te trancher la gorge, reprit l'autre. Ton calvaire ne durerait que quelques secondes, et tout serait fini pour toi.
- Tu… Tu avais dit tout à l'heure à Dumbledore que les duels aboutissant à la mort de l'un des combattants étaient interdits ! Lui rappela désespérément Matthew, nullement prêt à l'idée de mourir maintenant.
- C'est que l'on écoute les conversations des grandes personnes maintenant, lui répondit avec un amusement non dissimulé son adversaire. Mais qui te dit que je ne travaille pas pour Voldemort ? Que je pourrais en un instant éliminer le responsable de sa disparition et me laisser tranquillement conduire à Azkaban en attendant qu'il revienne d'entre les morts me libérer et me récompenser au-delà de mes espérances ? Ce serait si facile…
L'épée se colla davantage à sa peau, et Matthew eut le sentiment qu'elle pourrait presque percer celle-ci sans même avoir à lui glisser dessus. De grosses gouttes de sueur apparurent sur son front et vinrent glisser le long de son visage, et son corps, pourtant immobilisé, se mit pourtant à trembler de tout son long à mesure qu'il prenait conscience de son état d'impuissance devant son adversaire. Oui, il n'était clairement pas au niveau, et si celui-ci était capable de l'emmener dans un autre monde où il semblait être capable de prendre le contrôle de tout ce qui s'y trouvait, cela relevait d'un niveau de magie bien supérieur à ce à quoi il était habitué jusqu'à maintenant ; Peut-être même que Dumbledore serait aussi impuissant face à lui ! Pour autant, l'autre bluffait-il lorsqu'il laissait à croire qu'il pourrait bien travailler pour Voldemort ? Jamais Dumbledore ne lui avait parlé de recrues étrangères dans les rangs du seigneur des ténèbres, mais pour autant, cela pourrait être tout à fait logique. Mais qu'un prince puisse rejoindre les rangs de Voldemort lui semblait une idée tout à fait incongrue.
- Tu bluffes, affirma t-il bien que son ton laissait tout de même percevoir un léger doute à ce sujet.
- Peut-être oui, mais je ne bluffe pas lorsque je dis que votre vie est entre mes mains, énonça l'autre d'une voix parfaitement calme. Nous pourrions tout aussi bien le vérifier maintenant…
Et comme pour répondre à ses propos, l'épée se mit à trembler, attendant l'ordre qui sortirait d'une seconde à l'autre de la bouche de son maître :
- Tue.
Clac.
Les yeux clos, Matthew s'était attendu à ressentir la sensation douloureuse de sa peau déchirée par l'arme, du sang suintant de la plaie tandis qu'il agoniserait dans un râle de plus en plus faible à mesure que la vie s'échappait de lui. Mais il ne s'était certainement pas attendu à entendre ce bruit sonore, semblable à un claquement de doigt particulièrement bruyant. Ouvrant les yeux, il eut alors la surprise de retrouver la familiarité de la Grande Salle et des flocons de neige virevoltant de nouveau autour de lui. Tout le monde était encore là, les yeux fixés sur lui, de même que son adversaire de la soirée qui gardait sa baguette pointée vers lui, prêt à en faire de nouveau usage. Un léger nuage de poussière s'élevait encore à quelques pas de lui, là où le sortilège qui l'avait manqué de peu avait terminé sa course, et Matthew constata également qu'il était assis sur les dalles froides de la pièce, les jambes légèrement pliées et la main gauche posée par terre de laquelle s'écoulait un léger flot de sang.
- Le combat n'est pas terminé héritier Potter, lui rappela Harry en esquissant un léger sourire. Je serais fort contrarié que vous en veniez à l'abréger en vous ôtant la vie par la lame de votre propre épée…
Matthew baissa légèrement les yeux, et avec effroi, se rendit compte qu'il se tenait lui-même en joug avec sa propre épée, prêt à se trancher la gorge sans même qu'il ne s'en soit rendu compte. Pris de panique, il rejeta immédiatement son épée loin de lui, horrifié par ce qu'il était sur le point de commettre, et à y regarder de plus près, il remarqua que les élèves et adultes se trouvant également autour de lui l'observaient de manière confuse, eux-mêmes cherchant à comprendre comment il avait pu en un rien de temps se retrouver par terre et vouloir s'ôter lui-même la vie.
- C-comment…? Bredouilla t-il plus pour lui-même en cherchant une explication.
- La poudre que je vous ai lancé au visage tout à l'heure n'avait pas pour objectif de vous aveugler mais faisait partie d'un plan que j'ai conçu dans la précipitation, et ce plan consistait en une petite concoction de ma part à base de champignons hallucinogènes ajoutée à un sortilège accélérant ses effets qui vous ont laissé pendant l'espace de quelques secondes à peine totalement sous mon contrôle, lui expliqua tranquillement Harry. Je pouvais à ma guise manipuler votre esprit, jouer avec vos souvenirs, vous plonger dans un univers d'illusions dont je fus le maître et qui, si j'avais été encore plus loin, vous aurait poussé à commettre l'irréparable. Étonnant ce que peut faire la magie quand on la couple avec une branche aussi rudimentaire que l'herbologie, vous ne trouvez pas?
Surpris devait probablement être un euphémisme, car même les plus retors concernant cette matière ne pouvaient s'empêcher de la voir dès à présent sous un nouveau jour. Même Daphné, pourtant au fait des compétences de son fiancé, se surprit à être admirative par cette addition du duel magique et de la connaissance des plantes pour autre chose que des recettes médicinales et les potions nutritives à base de plantes.
- S-Sirius ! S'écria soudainement Matthew en se relevant précipitamment. Prends la relève !
Sans demander son reste, son neveu se mit à chanceler vers lui aussi vite que ses jambes flageolantes le lui permirent, et à peine s'était-il écroulé au pied du professeur Dumbledore que son parrain se précipita vers son adversaire, baguette brandie et la blouse d'auror rapidement jetée à terre pour lui permettre une plus grande liberté de mouvement. Harry le salua d'un geste de sa baguette, mais Sirius n'y répondit pas, trop occupé à déjà chercher une faille, un défaut ou même une ouverture dans les défenses du jeune homme devant lui.
Un sort s'échappa rapidement de sa baguette pour se porter vers Harry, mais celui le renvoya d'un geste de sa propre baguette tout en l'accompagnant d'un autre sort qui fonçait à présent vers l'Auror. Le parrain de Matthew l'évita avec facilité, mais la mollesse dans l'action de son adversaire lui indiqua surtout qu'il n'était pas encore totalement investi dans ce nouveau combat.
- Stupefix ! S'exclama t-il de nouveau.
Le rayon rougeâtre fila aussi vite qu'une balle vers Harry, mais celui-ci le para aisément d'un «protego». Sans attendre, Sirius lui en envoya deux autres qui connurent le même résultat, mais loin de s'avouer vaincu si rapidement, il pointa alors sa baguette directement sur le sol au niveau des pieds de son adversaire :
- Confringo !
Le sort fila à toute vitesse et explosa au contact des dalles. De nouveau, un nuage épais de débris accompagna l'explosion qui en résulta, et de la même manière qu'Harry précédemment, Sirius en profita pour envoyer à nouveau quelques «Stupefix» dans la direction du français devant lui. Les sorts traversèrent le nuage aussi facilement qu'une lame dans une motte de beurre, mais pourtant aucun son ne se fit entendre témoignant de la réussite de son attaque. Son adversaire réapparut toutefois soudainement en esquivant difficilement le dernier sortilège par une roulade sur le côté, et Sirius exploita l'occasion qui s'offrait à lui en décochant de nouveaux sorts dans sa direction. Harry dut alors une fois de plus effectuer quelques roulades pour s'écarter de leur trajectoire, mais le dernier sortilège parvint malgré tout à l'atteindre au bras et à l'entailler profondément. Faisant fi de la douleur qui pulsait de sa blessure il se redressa, et dardant un regard dans la direction du meilleur ami de James, il esquissa son premier sourire sincère et dépourvu de la moindre moquerie ou de tout autre sentiment similaire envers quelqu'un ; Sirius pouvait être l'homme qu'il était, il n'en restait pas moins un bon auror, et Harry pouvait presque avoir du respect pour lui.
- Intéressant, vous êtes un bien meilleur adversaire que votre neveu, concéda t-il. Il es sûr que vous n'usurpez point votre fonction et les compétences qu'elle exige…
- Je ne pourrais pas en dire autant de vous, répliqua tranquillement Sirius. Je n'ai encore rien vu de votre part jusqu'à maintenant qui sorte de l'ordinaire.
- Il suffisait de demander.
Harry croisa alors les bras au dessus de sa tête, et aussitôt, toutes les vitres de la pièce explosèrent. Les débris n'eurent pas même le temps de commencer à tomber par terre qu'un autre coup de baguette les fit immédiatement foncer dans la direction de Sirius qui, légèrement surpris par cette action, forma autour de lui un bouclier magique sur lequel rebondirent les morceaux de verre.
- Rumpo solum !
Toutes les dalles entre Harry et Sirius se brisèrent aussitôt, et comme pour les fenêtres, des débris voltigèrent dans tous les sens alors qu'un léger nuage de poussière commençait à se former.
- Acuo Petra !
Les dalles volantes se mirent immédiatement à se briser par endroit, formant au bout de quelques secondes des projectiles aux tailles diverses mais ayant toutes un point commun : Une pointe particulièrement fine et affûtée.
- Projectio Missilia !
À peine l'ordre fut-il donné par Harry que les lames fondirent une nouvelle fois sur Sirius, et celui-ci se protégea de nouveau derrière un bouclier magique. Pourtant, la vitesse des objets et l'impact sur ses défenses semblait plus puissant qu'auparavant, et au fur et à mesure que les projectiles tentaient de percer sa protection, la baguette de Sirius eut de plus en plus de mal à maintenir efficacement sa barrière bleuâtre, et bientôt, les premiers morceaux de dalles parvinrent à passer à travers et à lui couper profondément les parcelles de peau se trouvant sur leur passage. Les bras de Sirius furent très vite très éraflés, et le sang perlait en abondance à ses pieds, mais il parvint malgré tout à tenir bon jusqu'à ce que les assauts des dalles se raréfièrent puis disparurent totalement.
- Aguamenti Maxima ! S'écria t-il alors dès l'instant où il fit disparaître son bouclier.
Un puissant jet d'eau sortit aussitôt de sa baguette pour fondre sur Harry, et celui-ci n'eut pas le temps de lancer un contre-sort que Sirius poursuivait déjà son attaque :
- Custodia Inimicus !
L'eau vint immédiatement encercler son adversaire, et une sorte de prison aqueuse se forma autour de lui. Satisfait, Sirius désigna une troisième fois Harry de sa baguette, et après quelques gestes effectués avec elle, lança un troisième sort :
- Elido !
L'eau sembla alors tourner de plus en plus vite sur elle-même, gagnant à chaque seconde qui passait de la vitesse puis, subitement, se mit alors à se compresser et à se refermer sur celui qu'elle gardait prisonnier. Un instant plus tard, ce constat se confirma lorsque la bulle aqueuse se réduisit autour de la silhouette fantomatique apparaissant en son sein. Persuadé d'avoir vaincu son adversaire, Sirius se permit d'esquisser le premier sourire s'étirant sur ses lèvres depuis le début de leur combat, et était sur le point de lever le sortilège pour laisser s'écraser sur le sol le corps brisé de son ennemi d'un soir quand la bulle d'eau explosa soudainement et que des trombes d'eau s'abattaient tout autour d'eux et notamment dans sa direction. L'eau n'avait même pas encore atteint son visage qu'un autre, celui du français, s'extirpait d'elle et fonçait droit sur lui, poing déjà brandi :
- Bien essayé.
Le coup fut à la surprise générale extrêmement violent, et la douleur telle que Sirius était persuadé d'avoir la mâchoire cassée avant même de toucher terre quelques mètres plus loin. Son corps roula encore sur plusieurs mètres et se permit quelques rebonds lui causant de vilaines douleurs aux hanches et aux cuisses, puis il vint terminer sa course directement au pied d'un Dumbledore abasourdi par la situation. Groggy, le parrain de Matthew mit plusieurs secondes à reprendre ses esprits, et bien davantage encore à se remettre sur ses jambes tremblantes et meurtris, mais la curiosité primait curieusement bien davantage que tout le reste en cet occasion : Jamais encore il n'avait affronté un adversaire aussi étrange, et surtout connaissant une telle variété de sortilèges et de techniques de combat.
- Me voilà bien malin maintenant avec un uniforme complètement trempé, maugréa de son côté Harry en tentant de faire fi de l'eau qui s'était glissée à l'intérieur de ses bottes. Mère me tuerait si elle me voyait dans cet état…
- C-comment as-tu fait pour te propulser aussi vite vers moi ? Ne put s'empêcher de demander Sirius malgré sa mâchoire douloureuse et tandis que son adversaire effectuait un rapide sortilège pour se sécher.
- Hm… Vous voulez dire comme ceci ? Proiicio!
Harry pointa sa baguette derrière lui, et à l'énoncé du sortilège, une sorte de souffle d'explosion le catapulta directement dans la direction de Sirius presque aussi vite qu'un boulet de canon. Mais à quelques centimètres à peine de l'autor, Harry s'arrêta net dans sa course, un sourire sur le visage devant l'air surpris et apeuré de l'homme qu'il aurait pu dans d'autres circonstances appeler «Mon oncle» mais qui aujourd'hui n'était qu'un étranger parmi tant d'autres à ses yeux.
- L'on nous enseigne dans mon académie à toujours étudier notre environnement et à l'exploiter à notre avantage peu importe la situation dans laquelle nous nous trouvons, expliqua t-il en fixant intensément Sirius. Même le mobilier urbain comme celui d'une maison peut tout à fait devenir une aide salutaire à celui qui sait s'en servir, et en l'occurrence, cette salle offre d'étonnantes possibilités. Mais assez parlé de cela, nous avons un duel à terminer, et je commence à m'ennuyer. Je pensais que le faire durer pourrait être intéressant, mais à l''évidence, vous êtes à peine meilleur que votre neveu.
Tournant les talons, Harry reprit tranquillement la direction de son côté d'arène, laissant à Sirius la liberté de pouvoir lui lancer un sortilège dans le dos sans même s'en préoccuper. Mais l'auror eut la décence de ne pas pousser sa chance jusque là, et malgré la pauvre réputation qu'il traînait, il n'était pas homme à attaquer quelqu'un même si celui-ci lui offrait sur un plateau une ouverture aussi évidente pour remporter la victoire.
- Oh, et avant que je n'oublie, votre prison aqueuse était intéressante, mais renforcer mon corps pour le rendre aussi solide qu'une roche l'a rendu tout à fait inefficace, ajouta Harry alors qu'il reprenait sa position de départ.
Chacun retenait son souffle, attendant le moment où l'un d'eux allait rouvrir les hostilités, et les commentaires chuchotés à voix basse allaient bon train quant à la tournure que prenait ce duel qui n'était au départ que le règlement d'une question d'honneur sans intérêt pour la grande majorité des personnes présentes. Mais maintenant… Tous attendaient avec impatience le prochain coup, la prochaine tactique, la prochaine prouesse dont ils seraient les témoins privilégiés et qui, ils espéraient, arriverait sous peu. Le désir de voir ce combat s'éterniser encore quelques temps était en tout cas là, et cette espérance était partagée par bien plus qu'un élève.
- ça joue les fanfarons comme d'habitude, commenta pour sa part Nicolas. Mais il y a de quoi, il faut l'avouer. Si j'avais un dixième de son talent, ma tête serait encore plus grosse que la sienne.
- Elle l'est déjà, argua Tracey en ricanant.
Les deux adversaires eux ne faisaient aucunement attention à l'agitation qui de temps à autre troublait le silence entourant leur duel. Tous les deux se faisaient face, prêts à relancer le combat par un sortilège en direction de l'autre, quand Jules entra soudainement sur le terrain et se dirigea vers Harry. Intrigué, Sirius la vit s'approcher de lui et se placer juste derrière son ami, posant délicatement une main sur son épaule tout en se penchant légèrement près de son oreille pour lui murmurer quelque chose. Harry l'écouta faire sans réagir, puis un sourire s'esquissa petit à petit sur son visage tandis qu'il hochait rapidement sa tête, son regard ne quittant jamais l'auror face à lui. Jules retourna alors à sa position initiale en ignorant royalement les regards curieux des personnes qui se trouvaient au plus près d'elle, mais leur attention se redirigea rapidement sur Harry lorsque celui-ci, baissant sa baguette, écarta les bras et défiait du regard le parrain de Matthew :
- Allez-y, le provoqua t-il.
Sans demander son reste Sirius lui envoya aussitôt un sortilège d'une lueur rougeâtre, et contrairement à ce que semblait faire croire son adversaire, celui-ci ne se laissa certainement pas faire et y répondit par un autre sortilège. Les deux sorts, parfaitement alignés, se rencontrèrent au milieu de l'arène, et un duel s'engagea alors pour connaître celui qui aurait l'ascendant sur l'autre. Les rayons émettaient une lumière aveuglante, et des résidus de magie semblaient fendre l'air et chuter sur le sol en produisant de minuscules et brefs éclairs dont les crépitements pouvaient être le seul bruit perceptible dans la pièce. Le duel donnait l'impression d'être très partagé, et aucun n'avait l'air de prendre le dessus ; Bras tendus et postures droites, les deux hommes se fixaient intensément, prêt à attendre longtemps le moindre signe de faiblesse de la part de son vis-à-vis pour lui renvoyer les sortilèges en pleine figure.
C'est alors qu'Harry leva son deuxième bras, et paume ouverte en direction de Sirius, une étrange lumière bleutée apparut autour de ses doigts puis de l'intégralité de sa main en la baignant d'un halo éblouissant. Puis, tout aussi rapidement qu'elle apparut, la lumière se concentra au milieu de sa paume, et d'un geste, Harry la renvoya purement et simplement vers son adversaire. La lumière sembla exploser aussitôt qu'elle fut expulsée, mais une bourrasque de vent puissante percuta de plein fouet l'auror qui en perdit l'équilibre et dut s'agenouiller pour parvenir à maintenir son sortilège. Profitant de ce moment de faiblesse, Harry redoubla alors la puissance de son propre sort qui fondait déjà rapidement sur Sirius, mais alors que celui-ci pensait déjà recevoir de plein fouet le maléfice, Harry dévia sa course et le fit passer tout près de sa tête sans l'atteindre pour aller mourir à quelques mètres de lui.
- Jules ! Hurla t-il tout à coup en tournant très légèrement la tête vers elle. Maintenant !
- Proiicio ! S'écria alors son amie en pointant l'endroit où se trouvait son camarade.
La zone explosa une nouvelle fois et Harry fut propulsé dans la direction de Sirius si vite qu'il était difficile de pouvoir le suivre à l'œil nu. Utilisant la même trajectoire que son sortilège, il parvint en un rien de temps tout près de Sirius, mais contrairement à tout à l'heure, il ne le frappa pas en plein visage pour l'envoyer valser derrière lui mais s'appuya sur ses épaules et passa par dessus lui dans une acrobatie que Matthew aurait bien été incapable de faire même dans ses rêves les plus fous. Décontenancé par la pirouette de son adversaire, Sirius le suivit du regard tandis qu'il voltigeait au dessus de sa tête, et ne vit donc pas le sortilège écarlate envoyé par Jules et qui lui fonçait en pleine figure.
Une légère explosion se produisit et Sirius fut renversé en arrière et atterrit sur le dos en même temps qu'Harry retombait sur ses pieds, immobile et les yeux clos. De légères traces de fumées semblaient apparaître là où le sortilège l'avait frappé mais personne n'y faisait attention, tous trop occupés à observer avec des yeux ronds et la bouche béante les deux français qui venaient par une action sur laquelle ils devaient probablement s'être longuement exercés de mettre à terre l'un des meilleurs aurors d'Angleterre. Le silence s'installa de longues et pénibles secondes dans la Grande Salle, et pas même le plus petit son possible ne pouvait troubler la stupeur et l'effarement qui s'étaient installés parmi les nombreux invités et élèves. Puis comme un signal, Flitwick s'avança en direction de Sirius et d'Harry, et après avoir constaté l'inconscience du parrain de Matthew, prit la parole :
- Sirius Black n'étant plus en état de se battre, la victoire revient à son adversaire et son coéquipier, dit-il de sa petite voix fluette.
- Attendez une minute ! L'interrompit Matthew alors que certains élèves étaient sur le point d'applaudir. Ce n'est pas possible, ils doivent être disqualifiés !
- Et pourquoi donc, Monsieur Potter ? Lui demanda poliment Flitwick en se tournant vers lui.
- Je suis déçu que vous ne l'ayez pas remarqué Filius, intervint Dumbledore en s'approchant également. Le combat n'a plus été équitable à la seconde même où Monsieur Black a été contraint de faire face à deux adversaires. Vous conviendrez avec moi que le coéquipier de ce jeune homme n'avait aucune raison de s'immiscer dans ce duel tant que le changement n'était pas effectué, ce qui n'a d'ailleurs pas été le cas. La victoire revient donc à Matthew et à l'auror Black.
- Sauf que le changement a été fait Dumbledore, le contra Harry. Il suffit d'une parole pour l'effectuer, mais aussi… d'un geste. Une seule partie du corps touchant celui du binôme suffit à considérer cela comme un passage de témoin, or il se trouve justement que Jules et moi-même avons été l'espace d'un court instant en contact physique. Rappelez-vous donc, cela s'est fait juste avant que je n'invite Monsieur Black à m'attaquer…
Les souvenirs revinrent aussitôt en mémoire du directeur, et par la même occasion, l'acte en lui-même suffisait effectivement à ses yeux à démontrer un changement de duelliste. Pourtant, il n'était pas prêt à laisser passer cela, et toutes les excuses du monde pourraient y suffire :
- Il est en règle général recommandé de changer de duelliste par une parole verbale mon garçon, dit-il d'un ton paternaliste qui eut immédiatement le donc d'agacer Harry. Votre geste aurait pu avoir n'importe quelle signification, et pour un homme qui n'a pas pour habitude de se battre en duel, cela peut ne pas signifier pour lui un passage de flambeau.
- Vous omettez le fait que cela n'est pas obligatoire, lui rappela Harry. Le geste vaut tout autant que la parole, et cela est parfaitement présenté dans les modalités du duel instauré depuis la Grande Charte du IXe siècle ; Sigebert le Muet n'aurait jamais pu demander à son camarade de le remplacer et vaincre Charles le Mauvais si seule la parole pouvait permettre un changement, vous en conviendrez avec moi, n'est-ce pas ?
- Cela ne change rien, vous avez sciemment attaqué l'auror Black alors même que vous aviez effectué le changement, répliqua Dumbledore en perdant cette fois patience.
- Encore une erreur de votre part Dumbledore, objecta le jeune homme devant lui. J'ai volontairement laissé Monsieur Black attaquer le premier pour avoir la possibilité toute faite de pouvoir contrer son attaque. Le pauvre homme tout comme vous pensait que j'étais encore son adversaire et que Jules n'avait pas pris ma place. Vous serez également d'accord avec moi sur le fait que jamais je n'ai atteint l'intégrité physique de Monsieur Black par magie ou par une partie de mon anatomie ; C'est Jules qui l'a touché avec son sort, pas moi, je n'ai servi que de diversion. Monsieur Flitwick sera d'accord avec moi pour certifier que mes actions étaient parfaitement légales, je me trompe ?
- Assurément Monsieur, confirma le professeur d'un hochement de tête. Rien ne m'a échappé !
Réprimant l'envie de sourire devant la mine furieuse de Dumbledore, Harry attendit patiemment que celui-ci daigne reprendre la parole pour avoir encore l'immense privilège de contrer toutes ses vaines tentatives pour changer le résultat de ce duel ; Harry se savait parfaitement dans son droit et n'avait absolument rien à reprocher à ses dernières actions et leur influence sur la finalité du combat, aussi était-il prêt à écouter pendant des heures les objections du directeur à seule fin de le renvoyer dans ses derniers retranchements. Pourtant il n'en fit rien, et après un coup d'œil mauvais dans sa direction, le vieil homme passa tel un courant d'air à côté de lui en direction de la sortie, le pas pressé et les épaules basses. Satisfait, Harry reporta son attention sur Matthew, prêt à écouter ses propres doléances, mais un tourbillon de couleur se jeta sur lui et l'emprisonna dans une étreinte à lui broyer les os.
- C'était magnifique ! S'exclamait avec joie Tracey alors qu'elle accompagnait Daphné dans son étreinte. Je n'ai jamais vu un tel duel ! Vivement que l'on nous apprenne la même chose à Beaubâtons !
- Je ne suis pas sûre que Madame Maxime apprécierait de voir le réfectoire devenir un champ de bataille, rétorqua Aglaé en s'approchant avec les autres. C'était une merveille de duel Monseigneur, vous méritez votre victoire.
- Techniquement ce serait à Jules d'obtenir les lauriers de la victoire, lui rappela Harry bien qu'il appréciait malgré tout ses paroles.
- Oh je n'ai presque rien fait, bredouilla celle-ci en rougissant légèrement. Tu as fait tout le travail, je n'ai eu qu'à ramasser les miettes…
Autour d'eux se formait malgré tout un cercle de plus en plus important d'élèves et d'adultes applaudissant et cherchant à s'approcher au plus près des deux héros de la soirée pour les féliciter. Si Jules fut gênée mais ravie des louanges qu'on lui adressait, Harry lui n'avait d'yeux que pour le doux visage de sa fiancée, serrée contre lui et les yeux pétillants de joie -ou d'émerveillement peut-être?- qui ne le quittaient pas du regard. Fendant la foule, Harry la dirigea alors vers la sortie, prêt à une dernière petite ballade dans le domaine de Poudlard et au beau milieu des flocons de neige afin de profiter de sa seule présence, rattraper le temps perdu et simplement passer du temps avec elle, avant de rentrer chez lui et qui sait, vanter ses exploits auprès de sa famille. Si le fiancé de Daphné avait pris la peine de regarder derrière lui, il aurait certainement croisé le regard haineux et rouge de son frère qui, les poings serrés et les yeux fixés sur son dos, semblait ruminer sa colère et sa vengeance. Peut-être aurait-il aussi remarqué le regard que lui adressait le vieil auror à la retraite faisant office de professeur de défense contre les forces du mal aujourd'hui, l'œil magique comme l'œil normal orientés vers lui, un soupçon d'intérêt visible sur son visage :
Intéressant…, marmonna t-il d'un ton bourru. S'il prenait l'envie au maître de recruter de nouveaux éléments lorsqu'il sera de retour, il trouvera certainement son bonheur en France…
A/N : Donc voilà, chapitre clos ! J'espère que vous avez aimé? Pour ma part dans l'ensemble je suis assez content du résultat. J'ai essayé au mieux de ne pas faire passer Harry pour un surhomme devant lequel Matthew puis Sirius seraient incapables de faire quoi que ce soit, mais je voulais quand même bien montrer que ses années à l'académie et l'enseignement de sa mère n'ont pas été vain.
Normalement ce combat devait d'ailleurs être plus long : J'avais pensé à rajouter une autre fin que celle-ci, mais je ne suis pas sûr que vous auriez aimé : Mon idée était qu'Harry se lance à lui-même un sort et qu'il invite Sirius à le frapper ; à peine était-il touché par le maléfice de Sirius qu'il se décomposerait et formerait une flaque de sang par terre. Sous les yeux surpris des autres qui penseraient qu'il l'a tué, la flaque se serait animée, scindée en plusieurs parties et chacune avancerait vers Sirius avant de se métamorphoser en des répliques d'Harry dont le seul défaut est qu'elle disposent chacune d'une partie de sa magie (Plus il fait de clones, plus sa magie se divise) et qu'elles sont plus petites que l'original. Au fur et à mesure qu'il sabre dans les clones, Sirius forme sans le vouloir des clones de plus en plus nombreux et plus petits qui se divisent eux-mêmes de temps à autre pour augmenter en nombre et pour devenir au bout d'un certain temps extrêmement petits. Là, les mini-Harry attaquent tous en même temps Sirius, certains sous la forme de gouttelettes de sang glissant sur lui et le piquant avec leurs minuscules épées ce qui le poussera au bout d'un certain temps à abandonner. Voyant son parrain en difficulté, Matthew aurait tenté de prendre la relève, mais un clone d'Harry, qui s'était tranquillement dissimulé en se cachant à travers le sol complètement détruit de la Grande Salle, va réapparaître juste à ce moment-là et glisser son sabre sur sa gorge en lui ordonnant d'abandonner également. Le chapitre se serait terminé par l'ensemble des clones qui se réuniraient pour reformer le véritable Harry. Mais j'ai finalement abandonné cette idée parce que je me suis dit à juste titre peut-être qu'Harry aurait eu l'air trop bizarre pour susciter l'émerveillement des autres convives (un mec qui plonge son adversaire dans une transe, qui se propulse comme un missile ou qui pourrait jouer avec son corps pour se transformer en mare de sang... C'est overcheaté ^^).
Pour ce qui est des sorts de mon invention, peut-être qu'ils ne veulent rien dire ou qu'une autre traduction aurait été nécessaire, mais comme je n'ai jamais fait Latin de ma vie, je prends ce que me donne le dictionnaire que j'ai trouvé sur Internet !
Pour ce qui est de la poudre, disons que oui, je serai le premier à reconnaître qu'elle apparaît comme une fleur dans le chapitre, mais vous comprendrez sa réelle utilisation dans quelques chapitres et surtout pourquoi Harry se promène avec ça.
En parlant de la poudre, je me rends compte à force d'écrire des combats dans cette fiction qu'Harry et sa mère adoptive ont l'air d'avoir une véritable affinité avec la nature, les plantes etc. Ce n'était pas du tout prévu, mais finalement j'aime beaucoup l'idée d'une famille magique ayant une sorte de don avec un élément. Bien évidemment je ne pousserai pas le schmilblick jusqu'à avoir un contrôle sur les éléments total (climat, volcan, création de raz de marée...) mais les possibilités sont quand même assez larges tout en restant raisonnables.
Maintenant pour la fin, Oui Maugrey a un sacré coup d'oeil (peut-être même deux ^^), mais Qu'Harry puisse rejoindre Voldemort par pur esprit de vengeance contre Matthew, James et Dumbledore ? La question reste en suspens !
Je ne sais pas quand arrivera le prochain chapitre : Je suis occupé comme je vous l'ai dit en haut dans les papiers administratifs pour mon futur logement, donc je n'ai pas trop la tête à ça. Je peux seulement dire que je l'ai commencé et qu'il ne sera pas très long (Entre 5000 et 10 000 mots je pense).
Sur ce, à la prochaine !
