Seul dans ma petite chambre étudiant, je vous salue !
Comme promis, voilà le nouveau chapitre ! Bon il est terminé depuis une semaine environ, mais l'une d'entre vous m'avait demandé de la poster avant le 15 (ou le 18, je sais plus) en guise de cadeau d'anniversaire... Donc voilà !
J'espère que la rentrée s'est bien passée pour vous (et pour ceux qui travaillent, courage, je suis aussi dans cette galère !) ? Personnellement je n'ai pas à me plaindre : Emploi du temps très éclairci, une quinzaine d'heures à peine par semaine, des cours intéressants (et qui commencent pour la plupart la semaine prochaine) et surtout le début de mon mémoire de recherche ; Mon directeur de recherche m'a d'ailleurs dit qu'il serait intéressant qu'il aboutisse par une publication dans une revue historique au terme de mon Master ^^. ça serait une réédition des mémoires du député sur lequel je vais bosser avec des réinterprétations de ses dires dans le contexte révolutionnaire, avec petites annotations, contradictions entre ses dires et ce qu'il a vraiment fait etc.
Comme toujours merci pour les commentaires ! Et comme toujours également, j'y répondrai dès à présent (avec peut-être quelques semaines supplémentaires... On me changera jamais !
Guest/Guest2 : Merci pour vos commentaires !
Strokof : Merci pour ton commentaire, et pour tes encouragements ! J'espère que la suite t'aura également plu !
I love SSHH : Merci pour ton commentaire ! Pas la peine de t'excuser pour me tutoyer, je m'adapte moi-même au lecteur ; On me vouvoie, je vouvoie, et si on me tutoie, je tutoies également. Pour ce qui est de la densité de mon écriture, je ne sais pas xD, ça dépend de l'inspiration et de mon envie ou non de détailler des passages ; Sans y prendre garde, on atteint facilement plusieurs milliers de mots !
Je n'ai pas de conseil particulier à te donner pour t'aider, il suffit simplement d'imaginer la scène où se passe l'action, la décrire de manière à permettre au lecteur de la visualiser également, enrichir tes descriptions par des petites recherches pour lui donner plus de profondeur. C'est pareil pour les dialogues, imagine que tu es à la place de ton personnage et comment tu interagis avec les autres personnes présentes ; C'est ce que je fais souvent quand je veux contextualiser une scène. Je n'ai pas non plus de site à donner, seulement quand j'ai l'impression de répéter trop souvent la même chose (en particulier le verbe "sembler" que j'ai la mauvaise habitude d'utiliser à tout bout de champ), je recherche simplement des synonymes sur internet pour l'éviter.
En ce qui concerne son uniforme, il faut regarder le tableau sur la bataille de Friedland et la charge du 4e régiment de Hussards.
Donc au programme de ce chapitre : Comme vous le voyez, il est beaucoup plus court que ce que je fais d'habitude, mais il ne s'y passe pas grand chose : C'est une réflexion sur le sujet de ce chapitre et une rétrospection des précédents, alors je ne me voyais pas faire 10 000 mots de narration là dessus.
Sur ce, bonne lecture !
Dumbledore était un homme très en colère. Pire que ça, il était furieux. Mais y avait-il seulement une différence graduelle entre ces deux émotions ? Pour lui cela était du pareil au même, mais pour l'heure il n'avait que faire d'une réflexion sur un sujet aussi inintéressant que le degré de colère qui pouvait l'animer. Sa consommation de sucreries elle pouvait cependant en témoigner, et depuis une heure maintenant, le directeur de Poudlard ingurgitait des quantités astronomiques de sorbets au citron sans même se soucier de la baisse inquiétante du niveau de ses bonbons favoris dans le saladier devant lui ou des retombées possibles sur sa santé.
Oh non, il avait bien mieux que ça à faire, et occupé à réfléchir aux derniers événements survenus dans son école une heure auparavant, il piochait et repiochait machinalement dans son saladier et portait sa main à sa bouche si mécaniquement que les sujets dans les tableaux de son bureau commençaient à se demander s'il s'agissait bien du directeur remuant de Poudlard assis sur son fauteuil ou d'un automate n'ayant que pour seul but de s'empiffrer encore et encore. Aucun cependant ne le lui demanda à voix haute, car rarement le directeur n'avait semblé aussi agité, d'une humeur aussi massacrante et en proie à une rage qu'il pouvait à peine contrôler.
- Cette sale petite…, maugréait-il en fusillant du regard la pauvre fenêtre située près de son bureau. Telle mère, tel fils… Leur seul objectif dans la vie est-il de m'humilier à la moindre occasion ?
- Je ne sais pas de quoi il parle, mais rien ne pourrait davantage me faire plaisir que de le voir aussi perturbé, marmonna à son voisin de tableau Phineas Black.
De manière générale, personne non plus ne parvenait à saisir le sens des pensées du directeur de Poudlard, mais celui-ci n'avait que faire des anciens directeurs et de leur possible sollicitude. Ses propres pensées elles étaient uniquement tournées vers ce jeune homme fringuant, beau garçon il est vrai mais terriblement arrogant et qui n'avait pas hésité une seule seconde à lui renvoyer en pleine face sa propre ignorance. Comment pourrait-il en être autrement avec la mère qu'il avait ! La Lamballe l'avait probablement briefé depuis son enfance à se moquer de lui, à l'humilier en public et à contester son autorité en toute circonstance. Dumbledore n'avait jamais pu avoir la moindre emprise sur cette femme, alors sur son propre fils… Ce serait comme espérer que Matthew devienne intelligent, que Sirius abandonne la compagnie des femmes ou encore que James devienne un tout autre homme que l'irascible personnage antipathique à souhait qu'il était depuis quelques années.
Un soupir à faire trembler les murs s'échappa de sa bouche, et comme pour se donner du courage, Dumbledore en profita pour se lever de son siège et s'approcher de l'armoire la plus proche pour l'ouvrir quelques secondes plus tard et en sortir une lourde et large bassine en pierre qu'il déposa avec difficulté sur son bureau. Levant sa baguette magique vers sa tempe, il l'apposa quelques secondes dessus puis l'éloigna légèrement en laissant le filament à l'aspect gluant glisser de sa peau en direction du bassin. Celui-ci se mélangea au liquide déjà présent à l'intérieur, et l'espace d'une seconde, Dumbledore put voir quelques bribes du combat s'étant déroulé sous ses yeux avant que le souvenir ne disparaisse.
- Je l'analyserai en détail plus tard…, commenta t-il distraitement en reposant sa pensine sur son étagère. Quand je serai… Plus posé.
Être posé était probablement aux antipodes du comportement qu'il affichait pour le moment, et se doutant que cela prendrait du temps, certains anciens directeurs soufflèrent légèrement du nez quand d'autres ne riaient tout simplement pas. Ces derniers eurent droit à un coup d'œil mauvais de Dumbledore, mais il se garda bien d'aller plus loin et de mettre le feu aux portraits les plus téméraires. Au lieu de ça, il se replongea dans les souvenirs de ce bal qui, à ses yeux, était désormais un fiasco monumental, mais il ne savait pas à vrai dire à qui rejeter la faute : à ce mystérieux garçon qui ne l'était pas tant que ça, ou à Matthew qui encore une fois ne savait pas se comporter en public sans provoquer un bouleversement dont les conséquences le dépassaient généralement et rapidement ? Un peu des deux selon son propre avis, mais le français restait malgré tout le principal fautif.
Le bal aurait dû pourtant être le moment de grâce du directeur, l'instant propice de celui-ci pour éblouir ses convives, magnifier son école et démontrer par sa grandeur, son luxe et ses animations que Poudlard restait bien évidemment l'école la plus prestigieuse de toute l'Europe, devant cette misérable institution pour jeunes filles françaises tout juste bonnes à se marier et faire des enfants et au dessus de cette école barbaresque perdue aux confins des steppes… Du moins si Durmstrang se trouvait bien là-bas. Pour parvenir à un tel résultat, Dumbledore y avait mis les moyens financiers, quitte à piocher discrètement dans les fonds privés de l'école, mais pour en mettre plein les yeux à ses invités, tous les coups étaient permis, non? Qui irait imaginer installer des sculptures de glace jusque dans les jardins de Poudlard, créer de la neige artificielle dans la Grande Salle et inviter le meilleur orchestre d'Europe si ce n'est lui après tout? Et pour payer l'orchestre, sa cassette personnelle n'était clairement pas suffisante, alors quelques centaines de gallions subrepticement pris, qu'est-ce que cela changeait? Tout le monde n'aurait fait que s'ébahir devant tant de beautés au point d'en oublier de lui demander où il avait bien pu trouver les fonds nécessaires.
La soirée aurait donc dû se dérouler selon ses plans, en soit comme dans n'importe quel autre bal célébré partout ailleurs : Danse d'ouverture, repas copieux et savoureux, quelques petites gesticulations de sa part en compagnie de Madame Maxime pour distraire un temps la demi-géante française, un petit discours d'introduction de son crû en y incorporant quelques petites phrases célébrant l'histoire et la domination de Poudlard sur le reste des institutions scolaires et magiques d'Europe et puis… Bah laisser le cours des choses aller par lui-même. Les jeunes n'avaient de toute façon pas besoin qu'on leur donne la main pour s'amuser par eux-mêmes non plus !
Mais la première anicroche se montra avant même le début du bal par la présence inattendue et non désirée de ce français, ce prince étranger que Dumbledore, même en connaissance de ses liens familiaux, n'aurait jamais pris la peine de convier parmi eux. Que venait-il faire là, pourquoi, et surtout qui pouvait bien l'avoir invité ? Discrètement aperçu, le directeur ne s'était alors pas posé ce genre de questions, trop occupé à contenir l'excitation de certains élèves ou à donner ses dernières directives aux cuisines pour la conception des plats typiques de chaque pays. Peut-être que s'il avait fait plus attention à lui, à son entourage et à la personne l'ayant invité, il aurait pu éviter que ce français s'immisce à sa petite fête.
L'ouverture du bal avait également été un autre sujet de déception à ses yeux : Loin des regards béas d'admiration qu'il espérait en défilant devant eux, Dumbledore n'avait rencontré que de l'indifférence le plus souvent, un léger intérêt par moment mais vite effacé dès l'instant où les champions étaient entrés ; Lui qui espérait être sous les feux de la rampe, c'était raté !
- Les ingrats…, maugréait-il en observant distraitement par la fenêtre de son bureau quelques couples se promener dans les allées creusées dans la neige du parc. Je me mets en quatre pour leur faire plaisir, et je n'ai pas même droit à un remerciement !
Derrière lui, il pouvait aisément entendre Phineas glousser devant les propos incompréhensibles du directeur, mais Dumbledore préféra retourner à la contemplation du parc plutôt qu'à faire face à l'ancien directeur de Poudlard… Et a ses petites piques assassines qui la plupart du temps le laissaient muet comme une carpe.
Cela le fit revenir au déroulement du bal, et à cet énième point de discordance entre ce qu'il avait espéré et ce qui s'est réellement passé : La danse ! Ô par Merlin, Pourquoi n'avait-il pas embauché pour quelques semaines un maître de danse pour Matthew ! Mais surtout, pourquoi ne s'était-il pas renseigné sur les talents de danseur de son jeune ami avant d'envisager un seul instant de le faire danser devant toute une assistance prête à fondre sur lui au moindre de ses faux pas ? Pour moins que ça, il se serait tapé la tête contre tous les murs de l'école, mais le faire devant ses élèves lui aurait certainement donné un aller simple pour Ste Mangouste et le département des maladies psychologiques. Dans l'ensemble, sa prestation avait été bien inférieure à celles de ses adversaires, bien loin de ce que l'on aurait pu s'attendre de la part de l'élu, mais fort heureusement, la danse ne comptait pas comme une épreuve pour le tournoi des trois sorciers.
La soirée, ou plutôt l'humiliation aux yeux de Dumbledore aurait pu s'arrêter là, chacun allant manger, boire, danser ou faire d'autres choses plus intimes ne demandant pas plus de description, mais comme toujours, il fallait bien qu'un défaut vienne s'immiscer dans la machinerie qu'était ce bal et fasse se briser les engrenages de celle-ci, et en l'occurrence, ce défaut n'était autre qu'encore et toujours Matthew Potter.
- Celui-là, j'aurais dû l'attacher à une chaise pour le restant de la soirée pour être certain qu'il reste tranquille, marmonna sombrement Dumbledore en fronçant ses sourcils.
Et peut-être que cette précaution aurait été salutaire tant la suite des événements lui donna raison. Incapable de résister à l'envie de faire parler de lui, le jeune gryffondor était allé au devant de ce français, prêt à lui décocher quelques flèches pour le provoquer en pensant à tort que comme la plupart des élèves de l'école, celui-ci ne riposterait pas en raison de la soit-disant trop grande influence de Matthew sur les hautes sphères du pouvoir. Mal lui en a pris, le français ne devait probablement pas le connaître, à moins qu'il ne fut pas le moins du monde intimidé par le jeune héritier devant lui, et en moins de temps qu'il n'en fallait, Dumbledore s'était retrouvé avec sur les bras un duel d'honneur, et dans sa propre école ! Voilà que tout le déroulé du bal volait en éclat par la stupidité de son élève et la fierté mal placée d'un français qui n'aurait même pas dû être là !
Tout de suite, Dumbledore avait tenté d'y mettre fin, bien qu'en ayant parfaitement connaissance des clauses d'un duel d'honneur, il savait que rien ne pouvait y mettre un terme ; Tout juste pouvait-il le reporter à une date ultérieure, mais sur le moment, il n'y avait même pas pensé, et l'autre garçon avait bien pris soin de ne même pas en toucher quelques mots. Désespéré à l'idée que la presse ne parle que de ça plutôt que de la réussite de son bal, Dumbledore avait tout de même tenté d'y mettre un terme en arguant quelques arguments convaincants, mais le fils de la princesse de Lamballe avait décidément été bien éduqué car aucun ne semblait avoir d'emprise sur lui.
Le duel avait alors eu lieu, et du propre aveu du directeur, celui-ci répondait parfaitement aux attentes qu'un spectateur avide d'en voir un de ses propres yeux pouvait avoir… Du moins d'un côté du terrain, parce que l'autre n'avait été guère brillant. Comble de malchance, cette autre personne était son propre élève, un élève qui pourtant avait suivi un entraînement pendant les vacances, avait eu des cours particuliers à domicile et qui devait de ce fait parvenir à un certain degré d'habileté à ses yeux, mais qui, comme toujours avec lui, avait lamentablement échoué et démontrait une fois de plus sa totale incapacité à réussir quoi que ce soit de positif.
Ce constat d'échec, Dumbledore le ressentait chaque fois qu'il posait les yeux sur Matthew, ou alors lorsque son prénom était mentionné dans une conversation. Un échec, un raté, presque une erreur aussi… Voilà bien trois des adjectifs qui caractérisaient le mieux son élève, et il était pourtant le premier à prendre sa défense en public ! Mais là… Il ne pouvait qu'être forcé d'admettre que quelque chose n'allait pas chez lui. Il n'était pas question de faire de nouveau un inventaire de la personnalité de son élève tant d'autres avaient déjà été fait par le passé. Et puis, que pouvait-on dire de plus d'un élève regroupant en lui tous les défauts possibles et imaginables chez un garçon de son âge? Il n'y avait rien à garder de son caractère, rien en tout cas qui pourrait lui être utile à l'avenir et face à Voldemort. Ses capacités magiques? Il en avait certes, mais on était loin de ce que l'on pourrait s'attendre de celui qui avait officiellement vaincu Voldemort. D'un point de vue scolaire? Il n'y avait rien à dire de lui, et c'était justement là où le bas blesse : Il n'y avait strictement rien à dire de notable le distinguant des autres élèves. Matthew était un élève moyen, ni meilleur ni moins bon qu'un autre, sans talent particulier ni aptitude le démarquant de ses camarades de classe. Ses notes étaient correctes dans certaines matières, moins bonnes dans d'autres, mais jamais il n'atteignait les sommets de la pyramide des meilleurs élèves de son année. Il affichait cependant de meilleures compétences que d'autres dans les duels, mais pour être tout à fait honnête avec lui-même, Dumbledore attribuait surtout cela à l'entraînement que son jeune protégé suivait en dehors de la période scolaire sous la supervision de Maugrey, autrement son niveau serait probablement le même que celui de ses camarades.
- Tout juste leur est-il supérieur même maintenant, soupira t-il en nettoyant distraitement les verres de ses lunettes.
Comment de ce fait concevoir un seul instant que Matthew puisse être l'élu de la prophétie? Comment quelqu'un d'aussi insignifiant pourrait-il, par un coup du sort ou par des aptitudes loin d'être exceptionnelles, vaincre le seigneur des ténèbres? Rien pour le moment ne l'y prédestinait, et devant le peu d'envie de progression de son élève, Dumbledore doutait qu'il puisse un jour rivaliser avec celui qui avait tenté de le tuer par le passé, et les événements de ces dernières années l'avaient aisément démontré. À deux reprises, Matthew aurait dû se retrouver face à Voldemort lui-même, en première année par le biais du professeur Quirrell et du spectre du seigneur des ténèbres s'étant logé dans son crâne, la seconde lorsque celui-ci, par le biais d'un journal ensorcelé contenant une partie de son âme, avait ouvert la chambre des secrets et lâché le monstre de Serpentard y reposant depuis des siècles.
Mais par deux fois, Matthew s'était défilé, tant en raison de son manque d'intérêt que par une couardise manifeste. Le danger l'effrayait, tout autant que l'inconnu, et il préférait alors se vautrer dans le confort sécuritaire de la salle commune de Gryffondor plutôt que de résoudre les problèmes que rencontrait l'école. La quête de la pierre philosophale dans sa première année ne l'avait pas le moins du monde intéressé, et pour la première fois, Dumbledore avait dû se farcir tout le travail pour empêcher Quirrell de se l'approprier. À l'époque, le directeur s'était simplement interrogé sur le comportement de son élève et avait mis son absence totale de participation à la récupération de la pierre sur le compte de la jeunesse. Mais la deuxième année et la chambre des secrets avaient commencé à l'inquiéter quant à Matthew ; Ni son ouverture, ni les messages ensanglantés sur les murs, ni les élèves pétrifiés et le basilic, ni même l'enlèvement de Ginny par Voldemort et la fermeture inéluctable de l'école en raison de ces attaques n'avaient brisé la carapace d'indifférence dans laquelle s'était muré Matthew. Il n'avait fait, comme les autres élèves, que suivre de loin ces problèmes, parfois même en étant le dernier au courant d'une pétrification ou le premier sur les lieux d'un crime sans pour autant que celui-ci ne titille sa curiosité. Une coquille vide, c'était bien en définitif l'impression que lui laissait Matthew quand il songeait à lui, ou peut-être encore à une gelée flasque et molle que rien ne pouvait atteindre.
- J'en arriverais presque à la comparer à l'un de mes anciens élèves ayant mal tourné s'il n'avait que le quart de ses capacités magiques…, marmonna t-il en se caressant la barbe.
Mais non, Matthew n'avait rien de commun à Voldemort hormis ce détachement manifeste devant n'importe quelle situation exigeant une quelconque réaction.
Arrivait ensuite la troisième année de son élève, une année que l'on pourrait considérer comme beaucoup plus calme que les précédentes si l'on omettait le fait qu'un détenu d'Azkaban, mangemort de son état et de surcroît ancien proche de la famille Potter s'était évadé. La première pensée qui était venue à l'esprit de Dumbledore et du ministère était que Pettigrow s'était évadé dans l'unique but d'attenter à la vie de Matthew pour le compte de son maître, et pour pallier à cela, un détachement d'une centaine de détraqueurs avait été réquisitionné pour assurer la protection de Poudlard et remettre la main sur le fugitif. Mais rien ne s'était passé, pas la moindre présence du plus petit rat possible entre les murs de l'école n'était venu troubler la tranquillité de l'institut, et au bout d'un an, les détraqueurs étaient repartis se repaître de la moindre parcelle de bonheur des prisonniers croupissant dans les geôles d'Azkaban. Matthew lui avait bon gré mal gré supporté la présence de ces créatures comme tout le monde même si elles semblaient avoir plus d'influence sur lui que pour les autres, mais encore une fois, jamais il n'avait semblé prendre conscience de la dangerosité de sa situation et de la cible qu'il devenait pour l'infâme traître, à moins que cette forme d'attention à son égard le blasait profondément et qu'il en venait à lui échapper par tous les moyens.
Mais maintenant… Le tournoi des trois sorciers était là, et comble de malchance pour lui, il avait été désigné comme étant le quatrième participant à cette compétition, et ce à la surprise générale. Même Dumbledore n'aurait jamais cru qu'il puisse arriver un tel rebondissement, et si le compétiteur qu'il était fut content de savoir que son école aurait deux champions, il ne pouvait omettre le fait que la participation de Matthew n'était pas du tout le fruit du hasard mais bien l'œuvre d'une tierce personne, une personne qui, au courant de la dangerosité du tournoi, avait cependant prévu d'y intégrer l'héritier Potter en tout état de cause et sans doute pour lui nuire. Mais qui était dans le coup, et surtout comment s'y était-il pris? Pour l'identité du commanditaire, Dumbledore n'avait aucune doute sur la personne, mais Voldemort n'aurait jamais pris la peine de venir jusqu'ici glisser une feuille de parchemin dans la coupe en l'ensorcelant de telle sorte que le prénom de Matthew sorte obligatoirement. Le seigneur des ténèbres avait donc dû obtenir une certaine complicité à l'intérieur même de l'école, ce qui signifiait que l'un de ses partisans se promenait peut-être entre ses murs sans que personne ne le sache… Et Dumbledore n'avait pas la moindre idée de qui pouvait bien être assez puissant pour détraquer la coupe de feu, ce qui l'inquiétait.
Quant à Matthew, si la perspective de se retrouver dans ce tournoi ne l'avait pas le moins du monde enchanté, on ne pouvait guère dire qu'il y mettait du sien pour y faire bonne figure. Comme à son ordinaire, et en faisant fi de la défiance à son égard des autres élèves, il poursuivait son petit bonhomme de chemin sans envie autre que celle de briller malgré tout, mais sans pour autant lever le petit doigt pour s'y illustrer ; Ce fut tout juste s'il n'avait pas attendu sur un plateau que quelqu'un lui indique le déroulement de la première tâche, et même en conseillant à Maugrey de lui souffler quelques pistes pouvant lui permettre de se procurer l'oeuf d'or sans la moindre difficulté ou pénalité, son élève n'en avait fait encore une fois qu'à sa tête et avait provoqué la destruction d'une partie de la couvée de la dragonne. En y repensant, Dumbledore ne pouvait s'empêcher de souffler de dépit, un dépit qui augmentait encore davantage lorsqu'il songeait que Matthew n'avait toujours pas résolu l'énigme de l'oeuf en or ou même cherché ces dernières semaines à trouver une partenaire pour le bal. Oh non, son élève n'était décidément pas prêt à se remuer et à remonter ses manches pour progresser par lui-même dans ce tournoi, et au même titre que le résultat de la première tâche, Dumbledore ne pouvait qu'accoler la même étiquette à son élève : Celle d'un échec, aussi bien personnel que collectif : On était bien loin du héros qu'il avait espéré mouler en lui.
Par moment, Dumbledore doutait que Matthew puisse être l'élu dont parlait la prophétie et qui devait d'une manière ou d'une autre vaincre Voldemort, mais surtout, il se demandait si ce n'était pas lui tout simplement la cause de cet échec : à trop vouloir en faire avec lui, n'avait-il pas, d'une quelconque manière, détourné Matthew du jeune homme qu'il aurait dû être? Aurait-il dû s'effacer, le laisser vivre et grandir par lui-même sans la moindre intervention extérieure? Peut-être que son élève aurait été différent, plus fort, plus intelligent, plus autonome et… Plus sociable. Mais maintenant, peut-être que la prophétie n'avait plus lieu d'être par sa faute? Loin du chevalier en armure pourfendeur du seigneur des ténèbres, Matthew n'était maintenant plus qu'un garçon dont l'armure devait de toute évidence être trop grande ou trop lourde à porter pour lui. Tout simplement, il n'en avait ni la carrure, ni l'étoffe ni même l'apparence. Jamais il n'avait pu s'illustrer ou accomplir un acte pouvant l'élever au dessus des autres, jamais il n'était parvenu à faire parler de lui autrement que par un miracle inespéré alors même qu'il n'était pas encore capable de parler ou même de marcher, jamais dans son comportement, dans ses habitudes ou même dans sa vie scolaire il n'était parvenu à susciter l'admiration, l'espoir et le respect de la part des autres élèves. Non, tandis qu'il poursuivait tranquillement sa quatrième année scolaire, Matthew ne faisait pas montre du moindre intérêt pour tout ce qui ne tournait pas autour de lui… à quand bien même le contraire était possible. Son entrée dans le tournoi, la raison, les desseins de son auteur… aux oubliettes ! Seule demeurait la petite rivalité qu'il continuait à entretenir avec l'héritier Malefoy.
Mais malgré tout ça, et comme si une petite voix le lui soufflait dans le creux de l'oreille, Dumbledore persistait à croire qu'il restait un espoir de voir Matthew gagner la guerre qui s'annonçait, d'autant plus que la seule réflexion qui lui venait en tête, et de surcroît celle qui faisait perdurer l'espoir que la prophétie demeurait valable était qu'aucun autre garçon ne pouvait mieux remplir ce rôle que lui ; Les dates, le contexte l'entourant, les points communs entre les dires de Trelawney et les éléments à la fois externes et internes de la vie de Matthew… Tout concordait jusqu'à la cicatrice ! «Et il le marquera comme son égal...» Personne à sa connaissance n'avait de telles similitudes entre lui et cette prophétie. Non il ne pouvait que s'agir de Matthew, autrement qui donc pourrait remplir ce rôle?
- Personne, trancha t-il en enfonçant de nouveau sa main dans son saladier de bonbons. Il y a trop de facteurs concordants et de coïncidences chez une seule personne pour que le doute puisse s'immiscer.
Loin du chevalier en armure des légendes anciennes, Matthew serait peut être tout compte fait un nouveau modèle de héros, un héros dont la personnalité, les compétences et le talent étaient loin de l'idéal que le commun des mortels se fixerait, mais un héros à sa façon. Et de toute manière, même si Matthew parvenait à vaincre Voldemort, il n'était pas dit qu'il en survivrait ! Alors pour la légende, les générations futures privilégieraient davantage les faits à la personne elle-même, alors à quoi bon se soucier de ces si petits détails? Dumbledore lui serait là pour le rappeler, évoquer la mémoire de son jeune élève par des termes élogieux et pour récoler les fruits d'un labeur dont il était étranger. Et si Matthew réussissait malgré tout à y survivre et à pour une fois conter ses exploits, le directeur serait là pour le faire taire… définitivement.
A/N : Donc voilà, chapitre terminé ! Alors je vais être honnête avec vous : Je ne suis pas du tout satisfait de la fin mais impossible de la changer. Ce qui me déplaît surtout, c'est le changement d'humeur de Dumbledore d'un claquement de doigt. Il passe du type qui doute de son élève à celui qui de nouveau se dit que l'élu ne peut être que lui. J'ai essayé de faire cela de manière plus progressive, mais je repartais dans un monologue reprenant point pour point les dires de Dumbledore avant son changement de perception vis à vis de Matthew. Alors j'ai laissé tomber.
Sinon ce chapitre sert également à parler des année de Matthew, depuis la chambre des secrets jusqu'à maintenant : Ce n'était pas obligatoire, mais je pensais qu'il était important de montrer que les événements des livres se sont également passés et surtout que Matthew n'y a pas pris part du tout (pour briser le faible espoir de faire de lui un héros on pourrait dire ^^). J'ai également mis en avant le fait que Matthew n'est pas, contrairement à beaucoup de fictions, un abruti fini nul à l'école mais bénéficiant des largesses du directeur mais simplement un asocial patenté avec bien d'autres défauts encore qui remettent en cause son statut de sauveur.
Il permet également de mettre en lumière le fait que Dumbledore garde comme objectif final d'évincer Matthew lorsqu'il aura vaincu Voldemort (du moins c'est ce qu'il pense) et de bénéficier du même prestige que celui qu'il a obtenu en éliminant Grindelwald. C'est un peu facile c'est vrai, mais rien ne dit qu'il y parviendra !
Maintenant, le prochain chapitre sera probablement publié le mois prochain (sauf si l'inspiration me le fait écrire beaucoup plus vite). Nous aborderons pour les prochains chapitres l'année 1806 avec au programme : Suite et fin du tournoi des trois sorciers, fin de la septième et dernière année scolaire d'Harry à Metz (avec toutes les possibilités permises suite à cela), et surtout quelques petits chamboulements dans sa jeune vie d'adulte. Oh et aussi bien évidemment d'autres bouleversements dans la vie politique et diplomatique européenne (une nouvelle campagne militaire ? Oh peut-être, Wikipedia est votre ami xD).
Sur ce, à bientôt !
