Bonjour à tous ;)

Contrairement à ce que j'avais pensé, ce chapitre est arrivé plus vite que prévu, non pas que ça puisse vous déranger en quoi que ce soit ^^.

J'avais fait part la dernière fois d'un problème de comblement, ou si vous voulez de transition entre le dernier chapitre et celui que j'avais en tête, avec un risque d'ellipse de plusieurs mois et d'un passage d'une épreuve à l'autre trop brutal dans le tournoi des trois sorciers et la volonté de combler ce vide par un chapitre répondant à ce problème ; Ce chapitre, le voilà !

Donc soyons honnête, qui dit transition dit peu d'avancée dans l'histoire. J'espère tout de même qu'il vous plaira puisque j'aborde un point sur lequel je ne me suis pas du tout aventuré jusqu'à présent ; le titre est suffisamment évocateur pour que vous compreniez l'orientation que cela va prendre !

Merci une fois de plus pour vos commentaires, je suis d'ailleurs content d'être enfin à jour dans les réponses que je dois vous apporter ! Comme d'habitude, je répondrai bien évidemment à ceux laissés dans le précédent chapitre sous peu.

I LOVE SS HH : Oui je réponds aux commentaires, peut-être pas aussi rapidement que je le voudrais, mais je m'efforce quand même de vous donner une réponse.

Guest : Thank you !

Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Oui voilà, ils sont humains, pas des machines ! Après comme je l'ai dit dans d'autres reviews, je préfère ne pas aller plus loin dans le concept de la psychologie de guerre puisque ça n'a été abordée qu'après la première guerre mondiale ; Harry et Pajol ne connaissent donc pas encore ce principe, et je n'ai pas l'intention de les faire vivre jusqu'en 1918 pour qu'il découvrent qu'ils souffrent d'un stress lié à un traumatisme (en l'occurrence ici les combats). De toute manière, ils sont suffisamment grands pour le comprendre eux-mêmes !

Sur ce, bonne lecture !


Le temps était voilé au dessus du petit village de Little Hangleton, et les nuages bas gorgés d'eau ne demandant qu'à la laisser s'abattre sur la lande semblaient presque atteindre la cime des plus hauts arbres alentours. L'hiver, depuis longtemps installé, ne semblait décidément pas vouloir se montrer plus clément que les années précédentes, et rares étaient les paysans du coin à songer à s'occuper de leurs terres ou à laisser sortir leurs bêtes pour brouter une herbe à peine remise de la rudesse du climat de ces dernières semaines et qui par endroit était totalement absente.

Le village lui, plongé dans un mutisme continuel et pesant, semblait comme mort. Pas un chat dans les rues, pas une carriole traversant les sentiers boueux de Little Hangleton, pas même la moindre devanture de boutique ouverte ou les beuglements des hommes désœuvrés vivant encore dans cette partie reculée et oubliée de l'Angleterre et qui pourraient troubler le silence de leur petite contrée. Rien sauf le vide, l'absence de vie et de chaleur humaine.

Le village était situé dans une vallée encaissée, niché entre deux collines qui la dominait de leur taille, et entouré d'une épaisse forêt dont on disait bien des légendes noires lui étant attachées. C'était toujours comme ça à Little Hangleton, entre les récits d'un passé glorieux à jamais disparu et les histoires encore racontées par les plus anciens pour effrayer ou amuser les plus jeunes, le plus souvent autour d'un même feu pour calmer les petits monstres que l'ennui poussait à leur faire commettre des bêtises. Il arrivait au final que l'on ne parvienne plus à faire la différence entre la réalité et la fiction des histoires qui se répandent, sur ces rumeurs qui courent contre telle ou telle personne, sur les on-dit à peine murmurés et qui laissaient derrière eux le sentiment d'une suspicion à l'égard de l'autre, d'une arrière pensée tenace à son égard et des réputations toujours plus salies au fil du temps.

Pourtant, Little Hangleton n'avait pas toujours été comme ça, et le manoir, situé au sommet de l'une des collines pouvait témoigner du passé brillant qu'avait autrefois connu le village et dont seuls les plus vieux se souvenaient encore avec nostalgie. Le manoir avait appartenu autrefois à une riche famille noble de la région, les Jedusor. Cette famille, comme la plupart de celles qui étaient implantées dans cette partie de l'Angleterre depuis des siècles, était parvenue à faire fortune dans le commerce du textile et la production intensive de laine à destination du continent ; Un entrepôt à Brighton, la plus grande ville proche de Little Hangleton, était d'ailleurs uniquement attelé à l'exportation de leur production, et de nombreuses caravelles et autres navires s'arrêtaient autrefois dans le port pour repartir quelques jours plus tard avec les soutes pleines. Les Jedusor exerçaient une grande influence sur la région, aussi bien économique que politique, et l'on disait même que Little Hangleton avait été bâtie par leurs ancêtres à l'époque où Guillaume le conquérant, venu de Normandie, était venu débarquer sur les côtes pour s'approprier la couronne anglaise en compagnie d'une troupe de fidèles dont faisait partie selon la légende un Dusort.

Seulement, l'histoire des Jedusor appartenait aujourd'hui au passé, et voilà maintenant plusieurs décennies que cette famille s'était mystérieusement éteinte, les trois derniers membres retrouvés morts dans le salon sans qu'aucune marque de violence ait pu être observée sur eux. Sans repreneur, l'activité commerciale s'effondra, les moutons furent bientôt vendus à d'autres producteurs de laine ou tout simplement mangés, et ce qui faisait autrefois la fortune de Little Hangleton et qui offrait à ses habitants une multitude d'emplois avait tout bonnement disparu. Le manoir, à l'image du village, finit par dépérir à vue d'œil, et ce qui était autrefois une contrée verdoyante et animée était devenue une terre désolée, impropre à la moindre culture et délaissée.

Pourtant, le silence de mort ambiant allait pour la première fois depuis des jours être brisé par l'apparition d'un individu jamais rencontré jusqu'à maintenant par les habitants du coin. Dans un «Pop» sonore, le sorcier atterrit au beau milieu du chemin menant à l'ancien manoir sans même se soucier des possibles curieux qui auraient pu passer par là et se confronter à son arrivée soudaine. L'homme aux traits grossiers, à la crinière grisonnante et ébouriffée, à la vieille redingote et à la jambe de bois craquante à chacun de ses mouvements, se tenait là, l'œil gauche alerte et fixé sur l'ancienne demeure au loin devant lui tandis que son œil droit tourbillonnait dans tous les sens comme pris de convulsions.

- Personne, marmonna t-il d'un ton bourru. Quel dommage…

Abaissant sa capuche, le sorcier se dirigea vers le vieux manoir d'un pas lourd, sa fausse jambe grattant la terre de ses griffes d'acier tandis qu'il jouait tranquillement avec sa baguette magique dans la poche de son manteau. Pour autant, et loin d'être nerveux, le nouvel arrivant semblait presque vouloir courir jusqu'à sa destination, et à dire vrai, les raisons l'y poussant valaient suffisamment cet effort pour que personne ne puisse le lui reprocher. Le vent lui semblait cependant avoir une toute autre idée et sa marche fut rendue beaucoup plus difficile par les quelques bourrasques qui se levèrent subitement pour ralentir sa course. D'un geste du bras, l'homme y mit rapidement un terme, et en même temps qu'il effectuait ce geste, les vieilles grilles séparant le manoir de la route s'ouvrirent avec fracas pour le laisser passer.

- Oh oui ma belle, les protections du seigneur des ténèbres t'ont reconnu, dit-il avec tendresse en caressant la marque tatouée sur son bras qui se mouvait sur elle-même de la même manière que le serpent qu'elle représentait. Jamais les sales moldus et Sang De Bourbe ne pourront aller aussi loin que nous à partir de maintenant…

Le visiteur en regrettait presque que ce soit le cas ; Quoi d'autre pourrait bien amuser son maître si pas même un moldu, aussi petit et aussi insignifiant soit-il, ne pouvait venir jusqu'ici? Son maître serait si heureux de pouvoir en torturer un, le pousser à implorer sa clémence… ou l'honneur de lui ôter lui-même la vie. Lui-même ne dirait pas non pour en ramener un ou deux du village voisin et s'exercer sur eux quelques heures ; Sous cette apparence, il craignait bien de devenir aussi rouillé que le véritable Maugrey Fol Oeil qui croupissait actuellement dans sa propre malle.

- Fichu jambe ! Pesta t-il en essayant tant bien que mal de l'extirper des nœuds qu'avaient formés les mauvaises herbes au fil du temps en s'entremêlant.

Le manoir lui était à l'image de son jardin : Sale, les fenêtres brisées et bouchées par de vieilles planches de bois pourries, les murs tombant en morceaux, la toiture déjà effondrée par endroit et la façade traversée par de longues tiges feuillues et s'enfonçant à travers les murs. L'intérieur lui ne valait pas mieux, et davantage encore que l'épaisse couche de poussière installée sur l'ensemble des surfaces ou l'obscurité omniprésente dans les pièces qu'il traversait, c'était bien ce froid prenant jusqu'aux tripes, s'insinuant dans le moindre pore de sa peau et qui lui donnait chaque fois l'impression d'être plongé dans une eau froide qui caractérisait bien cette demeure. Les meubles étrangement étaient encore tous là, depuis longtemps passés de mode et dépérissant comme le reste de la maison. Un clavecin, encore installé au beau milieu du salon, donnait l'impression de pouvoir encore être utilisé, et bien que n'ayant jamais véritablement eu la fibre musicale, le visiteur eut l'espace d'un instant le souvenir de ces journées désormais passées où sa mère tentait désespérément de lui enseigner les bases de la musique sur un instrument similaire.

Sa marche le mena au pied de l'escalier antique du manoir, et ses pas firent bientôt craquer le bois des marches pourries tandis qu'il s'accrochait inutilement à la rambarde menaçant de s'écrouler à tout moment. Le premier étage, comme le reste de la maison, était plongé dans une obscurité quasi-totale uniquement rompue par les quelques stries de lumière parvenant à traverser les planches de bois qui condamnaient les fenêtres, mais sa baguette offrait de toute manière suffisamment de clarté qu'il pouvait aisément évoluer dans cet environnement hostile sans avoir besoin de chercher la moindre source de luminosité. Sur le mur sur lequel était accolé l'escalier, le sorcier pouvait observer les portraits de l'ancienne famille habitant les lieux, des moldus sentant la richesse jusque dans leurs beaux habits et qui étaient, il fallait l'avouer, eux-mêmes loin d'être laids.

Parfois, l'homme se demandait pourquoi donc son maître s'était-il installé ici au beau milieu de la vermine qu'étaient ces sales moldus : N'importe lequel de ses serviteurs aurait été ravi de pouvoir l'accueillir chez lui ! Cette demeure lui était-elle familière? Y avait-il déjà vécu auparavant? A t-elle une quelconque importance pour lui? Autant de questions qu'il se savait nullement en droit de poser à l'homme qu'il servait, et si celui-ci n'avait jamais pris la peine d'en toucher deux mots à ses serviteurs, c'est qu'il n'en avait pas l'intention, ou qu'il n'en voyait tout simplement pas l'intérêt.

Gravissant l'escalier, il atteignit le palier quelques secondes plus tard, et connaissant les lieux depuis un moment maintenant, il prit la direction de l'extrémité du couloir, là où se trouvait ce qui était autrefois la chambre des maîtres. Comme ailleurs,la poussière recouvrait absolument tout, mais le visiteur pouvait cependant voir d'étranges sillons tracés dans l'épaisse couche qui s'était répandue sur le sol, comme les traces de quelque chose que l'on aurait à de multiples reprises traîné par terre… Ou tout simplement celles d'un animal particulièrement long et gros qui glisserait tranquillement au milieu de la poussière et de la saleté.

- Nagini, souffla t-il en secouant sa crinière grisonnante.

Des traces de pas appartenant à quelqu'un ayant des pieds relativement petits pouvaient être également visibles, mais la présence du serpent de son maître était quant à elle incontestable. S'avançant, le visiteur parvint à sa destination rapidement, et toquant légèrement à la porte à demi-ouverte, il n'attendit pas un ordre en provenance de l'occupant des lieux pour entrer.

La chambre, contrairement au reste de la maison, offrait un peu de vie par le biais du feu ronflant dans la cheminée. Face à elle et lui tournant le dos, un fauteuil avait été installé pour réchauffer son propriétaire, mais si propriétaire il y avait, il devait être bien petit pour ne pas même dépasser le dossier ! Pourtant, le visiteur s'inclina derrière ce fauteuil, la tête baissée en direction du sol tandis qu'il attendait patiemment, sans jamais lever les yeux ou effectuer le moindre geste.

- Tu t'es fait bien attendre mon serviteur, siffla alors une voix cassée et aiguë en provenance du fauteuil. Je ne pensais pas te voir arriver si tardivement pour me faire ton rapport… Aurais-tu pris ton temps avant de venir me voir Barty?

- Non maître, marmonna l'autre en gardant la tête baissée. Dumbledore est particulièrement attentif à ce qui se passe dans l'école, et il ne se passe pas une journée sans qu'il me demande de surveiller les traîtres. Je n'ai pu échapper à son emprise qu'avec la promesse d'intensifier mes observations concernant Rogue et Karkaroff. La sécurité de Potter est essentielle à ses yeux, et tout ce qui peut nuire à son petit protégé n'est pas le bienvenue à Poudlard, y compris les ex-mangemorts repentis.

- Oh, voilà qui est intéressant, commenta son maître. Ceux qui nous sont désormais indésirables pourraient également l'être pour l'autre côté… Je doute que ces misérables rats ne restent bien longtemps à Poudlard une fois mon retour connu de tous. Oh en parlant de rat, Queudver devrait sous peu revenir ; Je l'ai chargé d'une mission à la hauteur de ses compétences : Nourrir Nagini, et en l'occurrence, les restes du jardinier vivant sur la propriété il y a encore peu sont pour lui un met bien savoureux.

Barty réprima l'envie de grimacer de dégoût en songeant aux restes en putréfaction que Pettigrow était en charge de découper pour les offrir au serpent de son maître et préféra plutôt reporter son entière attention sur Voldemort.

- Mais nous ne sommes pas là pour discuter des goûts culinaires de mon animal de compagnie, n'est-ce pas? Reprit-il d'un ton doucereux. Tu avais un rapport à me transmettre, et tu as toute mon attention à présent, alors je t'écoute Barty. Comment les choses se présentent-elles à Poudlard?

- Très bien maître, lui affirma son serviteur avec une joie à peine voilée. La deuxième tâche vient de se terminer, et j'ai d'excellentes nouvelles à vous apporter…

- Qu'en est-il? Siffla Voldemort avec impatience. Potter s'est-il encore illustré par des talents jusqu'alors insoupçonnés pour parvenir à remporter cette épreuve?

- Pas exactement maître, lui avoua le mangemort en notant l'ironie dans les propos de son supérieur. Potter est bien évidemment toujours en lice pour remporter la coupe !

- Mais? Le coupa t-il.

- Mais… Il est arrivé troisième de l'épreuve, déclara Barty.

- Voilà qui est fâcheux, concéda d'un ton calme Voldemort. Comment ce garçon a t-il pu arriver à cette place alors qu'il me semblait être le mieux à même pour la remporter grâce aux effets de la branchiflore?

Gêné, Barty se balança nerveusement d'un pied à l'autre en prenant le temps de trouver les bons mots pour minimiser au maximum l'échec qui était le sien dans cette nouvelle phase du plan ; Peut-être aurait-il dû par un quelconque moyen suivre le périple de Potter jusqu'aux otages et lui indiquer par des voies détournées le meilleur moyen pour y parvenir plus rapidement?

- La branchiflore n'y est pour rien maître, commença t-il. Potter l'a utilisé dès le départ, et je n'ai eu qu'à le pousser pour qu'il tombe à l'eau avant que ses branchies aient fini d'apparaître. D'après le peuple des sirènes présent dans le lac, il serait arrivé en second sur les lieux où se trouvaient les otages à quelques minutes de Diggory, mais pour une raison qui lui est propre, il a décidé d'attendre que la championne de Beauxbâtons arrive pour libérer sa sœur avant de lui-même remonter à la surface, en laissant à Krum la deuxième place qui lui tendait les bras… sauf qu'en ne la voyant pas arriver, il a décidé de repartir avec l'otage qui lui a été attribué et la petite velane.

- Un trait très gryffondorien de sa part, ou peut-être est-ce simplement de la stupidité, commenta Voldemort avec une pointe de moquerie. Mais dis-moi Barty : Qui était donc l'otage attribué à Potter?

Là, un sourire plein de malice s'étira sur le visage du mangemort, un sourire par ailleurs tordu par les multiples zébrures et cicatrices qui couraient sur la peau meurtrie de Maugrey Fol'oeil.

- Il s'agit probablement là du plus ridicule dans cette histoire maître : Potter est si imbu de sa personne, si vaniteux et si pédant qu'il n'a aucun véritable ami, aucune personne suffisamment importante pour être considérée comme un proche. Dumbledore a tenté de raisonner certains de ses camarades, mais aucun n'a voulu être son otage, et en sondant l'esprit du garçon, il est apparu que les seules personnes qui aient une quelconque attache auprès de lui sont son père, son parrain… et sa mère.

- Dumbledore a dû être bien mécontent de voir que son arme n'avait pas la moindre affection pour lui, déclara avec amusement le seigneur des ténêbres. Qui fut choisi alors?

- Comme vous le savez, sa mère a disparu il y a quelques années en emportant avec elle sa fille, et depuis même Potter n'a eu aucune nouvelle de sa part, lui rappela Barty. Dumbledore a bien tenté de reprendre contact avec elle en lui envoyant il y a quelques jours une lettre ensorcelée pour la ramener à Poudlard dès l'instant où elle la toucherait, mais le hibou est revenu à l'école avec l'enveloppe sans que celle-ci ait été décachetée. Potter père et Black étant occupés au ministère, le choix est alors tombé sur la fille Weasley qui est très éprise du garçon, mais ce choix n'a pas eu l'air de le réjouir puisqu'il n'a pas semblé comprendre immédiatement qui était la personne qu'il devait sauver quand il est arrivé devant elles !

- Continue, lui ordonna son maître sans partager son amusement.

- Potter a donc terminé à la troisième place avec l'abandon de la championne de Beauxbâtons, mais pour sauver les apparences, Dumbledore a accordé une vingtaine de points supplémentaires à Potter pour son acte courageux et héroïque.

- Ce vieux fou nous facilite les choses sans même s'en rendre compte, commenta Voldemort. Je suppose que Potter est toujours en lice pour remporter la coupe du tournoi?

- Il n'aura que quelques secondes de pénalités par rapport à l'autre champion de Poudlard, concéda Barty. Mais ayant été chargé du bon déroulement de la dernière tâche et de la sécurité des champions durant celle-ci, je n'aurai aucun mal à barrer la route de Diggory et faciliter celle de Potter jusqu'à la coupe.

Son maître garda le silence quelques instants, et Barty eut l'espace d'une seconde l'impression qu'il venait d'être silencieusement congédié par Voldemort, mais à peine eut-il esquissé un geste pour se retirer que Voldemort reprit la parole :

- Relève toi Barty, lui commanda t-il tandis que le mangemort tentait péniblement de se remettre debout, sa jambe de bois ne lui facilitant pas les choses. Tu as bien mérité, et Lord Voldemort sait reconnaître ses plus fidèles serviteurs par le zèle qu'ils mettent dans les tâches qu'il leur confie.

- Maître, je suis votre humble obligé, vous servir et le plus inestimable privilège qui puisse s'offrir à moi…, bredouilla l'autre d'une voix nouée par une émotion soudaine.

- Tout se déroule comme prévu, et si les choses parviennent au but que je me suis fixé, je devrais recouvrir sous peu mon corps et l'entièreté de mes pouvoirs… Si mes desseins se concrétisent, tu seras récompensé au-delà de tes espérances pour ton dévouement et ta fidélité sans bornes. Approche Barty.

Sans attendre, le mangemort s'approcha du fauteuil et le contourna pour rapidement faire face à son occupant. Petit, rachitique, avec une tête sans nez et des traits grossiers d'où ressortaient deux orbes rougeâtres en guise d'yeux, il était bien difficile de voir sous l'aspect d'un bébé particulièrement hideux le grand et puissant Voldemort, mais pour autant, jamais Barty ne se serait permis le moindre commentaire à ce sujet même si la situation actuelle de son maître le contrariait. Sa gêne devait peut-être avoir été plus visible qu'il ne l'aurait pensé et souhaité, car lorsque Voldemort reprit la parole, la conversation s'orienta immédiatement sur son apparence :

- Vois comme je suis devenu si faible par la faute de cet enfant…, siffla t-il bassement en le regardant fixement. Condamné à prendre possession du cadavre d'un nourrisson pour espérer survivre dans une enveloppe de chair et d'os, moi le plus puissant sorcier de tous les temps ! Mais nous aurons notre revanche… J'ai attendu plus de treize ans maintenant, dû endurer des supplices innommables dont personne n'aurait idée pour survivre, dû supporter l'incompétence de certains, la lâcheté d'autres en retardant l'heure de mon avènement, je pourrais encore attendre quelques mois avant de retrouver mon apparence d'antan et fouler du pied le cadavre de celui qui a failli causer ma perte ! Et tu seras là Barty à mes côtés pour voir chuter ce garçon et avec lui tous les espoirs d'une communauté magique gangrenée par l'immondice et la saleté de ceux qui l'ont envahi.

Barty se préparait une nouvelle fois à lui répondre, mais des cognements sur la porte lui firent tourner la tête vers l'entrée pour constater l'arrivée impromptue de Queudver. À cette vue, Barty ne put réprimer un grognement de dégoût devant ce petit être insignifiant et laid dont la principale tâche consistait aujourd'hui à maintenir en vie leur maître par le biais de son serpent, et le mangemort ne savait pas si c'était la simple présence de cet insignifiant petit homme ou le fait qu'il accomplisse une tâche d'une si grande importance qui le mettait hors de lui.

- Maître…, couina Pettigrow en restant dans l'embrasure de la porte. Votre repas est prêt…

- Ah bien, siffla Voldemort en esquissant ce qui semblait être un sourire mais qui aux yeux de Barty ressemblait davantage à une grimace. Je commençais justement me sentir un peu faible…

Quelque chose semblait glisser derrière Pettigrow et celui-ci, sursautant légèrement, entrouvrit complètement la porte pour révéler quelques instants plus tard la forme gigantesque du serpent de son maître. Nagini, dont la tête faisait facilement la taille de celle de Queudver, pénétra dans la pièce en émettant des sifflements aigus auxquels répondit son maître en fourchelangue. Le serpent se glissa sur le sol poussiéreux en direction du fauteuil de son propriétaire avant de tranquillement lever son corps pour s'enrouler autour de lui, presque maternellement, et ouvrir grand sa gueule comme pour le mordre. Voldemort continua quelques instants à s'adresser à lui, puis, se rendant compte que Barty était toujours là à l'observer, il lui parla de nouveau :

- Je t'aurais bien invité à partager mon repas, mais je ne suis pas certain que tu pourrais l'apprécier autant que moi, dit-il avec un amusement perceptible dans sa voix. Et comme il n'est pas très recommandable d'observer quelqu'un manger, je t'invite à prendre congé mon serviteur.

- Tout de suite maître, répondit aussitôt le mangemort en s'inclinant une énième fois pour le saluer.

- Oh, et n'oublie pas de reprendre un peu de polynectar, lui rappela Voldemort. Il serait bien fâcheux que tu retrouves ta véritable apparence au moment même où tu franchiras de nouveau les grilles de l'école.

Son serviteur acquiesça, puis se saisissant de la flasque accrochée à sa ceinture, il l'ouvrit en but rapidement une gorgée en fronçant légèrement les sourcils lorsque le goût nauséabond de la mixture lui remplit la bouche. Après une dernière salutation d'usage, Barty prit finalement la direction de la sortie, mais il s'offrit tout de même le plaisir de donner un violent coup d'épaule à Queudver lorsque celui-ci s'écarta légèrement pour le laisser passer. Le fracas causé par la chute du rat sur une vieille armure le fit sourire, mais il n'eut pas le loisir d'admirer les résultats de son œuvre par lui-même puisqu'il s'engageait déjà dans l'escalier. Il n'eut pas davantage le privilège d'entendre son maître se nourrir par le biais de son serpent, mais au fond de lui, il préférait ne jamais le voir de ses propres yeux : Queudver était bien le seul à avoir jamais assisté à ce spectacle, et son maître ayant depuis longtemps baigné dans la magie la plus sombre, le résultat ne pouvait qu'être peu ragoûtant pour les estomacs les moins solides.

Non, plutôt que de penser à cela, Barty entrevoyait plutôt les perspectives d'avenir qui se profilaient à l'horizon et en particulier le dernier virage que devait prendre le tournoi des trois sorciers et dont il était le principal dépositaire. Son maître avait une confiance inébranlable en lui, et il était bien décidé à ne pas faillir à sa tâche aussi dure soit-elle. Potter devait être l'instrument de son succès, mais surtout, il était le cadeau inestimable qu'il serait amené à offrir sur un plateau d'argent à son maître ; Peut-être même pourrait-il renvoyer à Dumbledore la tête de son protégé une fois l'affaire terminée? Oh comme cette idée l'enchantait ! Mais encore fallait-il l'accord du seigneur des ténèbres…

Restait cependant un point à ne pas omettre dans l'équation qu'était son avenir : La disparition de son père. Le vieux fou était parvenu à combattre et briser l'imperium qui le maintenait sous son contrôle depuis des mois, et celui-ci, même trop faible, pourrait d'une manière ou une autre refaire surface à Poudlard et prévenir Dumbledore des sujets dont il était le seul témoin. Il fallait l'arrêter, même l'éliminer si aucune autre solution s'offrait à lui, et Barty pourrait le faire sans l'ombre d'un remord tant que les plans de son maître encouraient un danger.

«Tu referas ton apparition bientôt vieillard» pensa t-il en arborant un sourire mauvais. «Un mot, un geste, une action de ta part, et je serai là pour te trancher la langue, te couper les mains et te faire taire définitivement».


A/N : Chapitre bouclé ! Plutôt court, n'est-ce pas ? Je l'aime bien, du moins j'ai vraiment adoré écrire la première partie. Par contre, la fin est un peu brutale, surtout que je l'ai écrite il y a moins d'une heure ^^.

Nous n'apprenons pas grand chose de plus, hormis peut-être que sans le vouloir, Dumbledore jette dans la gueule du loup Matthew en lui donnant des points supplémentaires en guise de récompense pour sa bravoure ; S'il savait xD. J'avais cependant envie de me pencher pour une fois sur le cas de Voldemort, et de rendre compte que la trame suit son cours le concernant ; Le tournoi est bien le moyen par lequel il tient à récupérer ses pouvoirs. Hormis le premier chapitre, je crois d'ailleurs que c'est la première fois que je le fais apparaître autrement que dans une conversation !

J'ai aussi changé légèrement le résultat de l'épreuve, mais aussi le choix des prisonniers ; Comme Ron et Matthew se sont disputés durant le bal, je ne le voyais pas se rabibocher avec l'élu si rapidement, alors j'ai opté pour Ginny. J'ai aussi choisi Gabrielle pour Fleur, et peut-être que la mise en danger de la petite vélane pourrait faire sortir de ses gonds Harry ? ^^. Pour une fois, et il faut le noter tout de même, Matthew ne s'est pas comporté comme le "sac à merde" qu'il est d'habitude en sauvant la petite vélane (*applaudissement*).

Comme je disais, j'ai littéralement adoré écrire la première partie descriptive sur Little Hangleton ; J'ai d'abord vérifié que ce village existait (ce qui n'est pas le cas) puis je me suis rabattu sur une ville portant le même nom dans le sud de l'Angleterre en la fixant près de Brighton. Je me suis permis un peu d'histoire pour le coup en me réappropriant l'histoire des Jedusor à ma sauce et en la contextualisant dans l'histoire même de l'Angleterre ; Un chevalier débarquant sur l'île en même temps que Guillaume le Conquérant et qui va faire fortune dans l'industrie textile (l'Angleterre était très réputée pour ce commerce pendant des siècles, et comme c'est une île très vallonnée, on privilégiait l'élevage du mouton à l'agriculture). En tuant ses grands-parents et son père, Voldemort a d'une certaine manière tué le village même de Little Hangleton ^^.

Rowling ne donne pas vraiment d'indice sur la manière dont Queudver nourrit Voldemort pour le maintenir en vie hormis que Nagini joue un rôle là-dedans, alors je ne me suis pas permis la moindre scène le montrant explicitement : J'ai simplement dans l'idée que Nagini y prend part à un moment donné, mais je vous laisse le soin d'imaginer de quelle manière :).

Je n'ai absolument aucune idée de la date de sortie du prochain chapitre ; Peut-être pour noël? Ou pour nouvel an? Ou pour mon anniversaire (quoique c'est plutôt aux autres de me faire des cadeaux ce jour-là ^^)? Auquel cas vous le verrez par vous-même !

à bientôt !