Bonjour, et bonne année !

J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes? Que vous avez été gâté par vos proches à noël? Moi de mon côté je n'ai pas eu à me plaindre... Ah si : Je ne souhaite à personne d'être né entre noël et nouvel an parce que les gens ont la particularité de vous offrir un cadeau de noël en précisant bien que c'est en même temps votre cadeau d'anniversaire !

Bon mis à part ça, je suis désolé pour le léger retard dans la publication : J'avais espéré pour noël, mais j'ai été pris dans mes recherches pour mon mémoire, et j'ai eu de surcroît trois travaux à rendre pour le mois de janvier (travaux assez conséquents) ; Bosser pendant deux semaines au lieu de se la couler douce pour les fêtes, c'en est presque rageant ^^.

Concernant maintenant ce chapitre, si vous avez suivi mes notes d'auteurs dans les chapitres précédents et si vous vous fiez au titre de celui-ci, vous comprendrez de quoi il en retourne ! Bizarrement, j'avais pensé que ce chapitre aurait été très facile à écrire, mais ça n'a pas du tout été le cas. En plus, j'ai de nouveau été atteint par le terrible mal de la page blanche et du manque d'inspiration ; Le plus comique c'est que je n'ai rien écrit pendant plusieurs semaines, et un soir j'ai écrit plus de 5 000 mots d'un coup _

Encore merci pour vos commentaires, je vous répondrai le plus rapidement possible, soyez-en sûr !

Guest : Merci pour ton commentaire ! Oui pour ma part, j'imaginais que Nagini lui donnait d'une certaine manière "le sein" xD, ou alors qu'elle le mordait en lui injectant des nutriments nécessaires à sa survie.

Faenlgiec/Yzeute/Yaoipowa : Merci pour ton commentaire !

Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Effectivement, s'ils font le lien entre Jedusor et Voldemort, je ne suis pas sûr moi non plus qu'ils seraient ravis de servir un demi-sang.

Guest2 : Merci pour ton commentaire ! Bah... ce chapitre 46 répondra certainement à ta suggestion !

Sur ce, bonne lecture !

PS : Parfois, je ne comprends vraiment pas ce site ; Le chapitre faisait initialement 10 820 mots, mais après relecture, correction et ajout des notes d'auteurs, il m'en rajoute presque 1500 alors qu'au mieux il y en a 500 de plus...


Ça n'aurait pas dû se passer comme ça.

Comme une litanie, et tandis qu'il avançait à travers le gigantesque labyrinthe, Matthew ne cessait de se répéter cette phrase à longueur de temps, au croisement d'un chemin comme lorsqu'il tombait dans un cul-de-sac, complètement perdu depuis près d'une heure maintenant mais fort heureusement encore indemne. Indemne? Voilà bien justement là où le bât blesse car de tous les scénarios qu'il s'était imaginé pour cette troisième épreuve, jamais il n'avait pensé un seul instant s'en sortir si facilement, du moins sans la moindre égratignure. Et pourtant, on lui avait vendu cette épreuve comme aussi difficile que les deux précédentes, aussi dangereuse par les obstacles qui la parcouraient, mais surtout plus importante quant à la manière dont elle devait se terminer. Car oui, cette épreuve était bien la dernière, et quelque part à l'intérieur de ce labyrinthe se cachait la coupe du tournoi des trois sorciers. Mais encore fallait-il la trouver…

Toutefois, et jusqu'à présent, il n'avait eu affaire à rien d'autre qu'à des haies se refermant de temps à autre sur lui et menaçant de l'engloutir, à quelques malédictions qui ne faisaient que le ralentir sans véritablement lui poser problème et à un silence terriblement angoissant… était-ce cela le fameux danger auquel il devait être confronté? Matthew ne saurait dire, pas plus qu'il ne saurait reconnaître s'il en était enthousiasmé ou quelque peu déçu. Par deux fois, il avait cependant entendu des hurlements très éloignés de sa position, et par un jeu de devinette, il en avait conclu qu'il s'agissait très certainement de Diggory et de la championne de Beauxbâtons. Étaient-ils hors course, ou avaient-ils seulement eu affaire avec un danger qu'ils auraient réussi à surmonter? Rien ne pouvait l'aiguiller là-dessus, et il ne pouvait pas se permettre de penser qu'au contraire cela pouvait bien faire deux concurrents en moins… Même si l'idée était fort alléchante.

La faible lumière émise par sa baguette était pour l'heure le seul élément du décor environnant pouvant le rassurer un tant soit peu, mais avec le brouillard se levant au dessus et à l'intérieur du labyrinthe, on ne pouvait toutefois pas dire que cela était suffisant pour adoucir ses craintes. Car des craintes, Matthew en avait beaucoup, et la première était justement de se retrouver dans une situation où il ne pouvait compter que sur lui-même et ses aptitudes de sorciers pour se sortir d'un périple où il était bien seul. Sa panoplie de sortilèges avait beaucoup augmenté ces derniers mois avec l'aide de Dumbledore bien que ses sorts n'étaient pas aussi puissants que l'espérait le vieux sorcier, mais cela devait tout de même être suffisant selon lui pour surmonter cette troisième tâche. Mais là, Matthew devait faire face à sa plus grande peur, celle qu'il tentait de masquer à tous avec beaucoup de réussite et que personne ne soupçonnait : La solitude. Seul, il l'était véritablement dès maintenant comme il l'avait été durant la seconde tâche, et durant celle-ci d'ailleurs, il avait bien failli tout laisser tomber et remonter à la surface sans son otage à récupérer quand l'immensité du Grand Lac et le terrible silence de ses eaux s'étaient révélé à lui. Comme cette nuit où, marchant nerveusement au milieu des haies avec pour seul repère sa baguette magique, il tentait de trouver la fameuse coupe qui lui apporterait la gloire, la fortune, et l'estime de ses camarades.

Seul, il l'avait surtout été durant les premiers mois de cette année 1806, sans meilleur ami à qui parler et confier son amertume, sans camarade à qui se plaindre d'un problème quelconque, d'une oreille attentive prête à écouter la moindre de ses anxiétés… ou à ricaner avec lui des malheurs d'une personne. Son père n'était pas un grand écrivain, et il ne l'avait jamais été d'ailleurs, alors il ne pouvait pas compter sur lui pour recevoir à longueur de temps de longues lettres pleines de compassion et d'amour. Son parrain lui, distant depuis la cuisante défaite contre ce sorcier français lors du bal de noël, préférait courir les filles et son tableau de chasse devait être aujourd'hui aussi long que la barbe de Dumbledore. Quant au directeur, on ne pouvait pas dire qu'ils étaient vraiment bien proches, mais le vieux sorcier avait malgré tout été d'une meilleure aide pour lui à travers ce tournoi que ses propres parents. Pour ce qui était du reste de sa famille, jamais la moindre lettre de sa mère ne lui était parvenue durant le tournoi, comme si celle-ci se désintéressait totalement du sort qui pourrait lui arriver durant celui-ci, ou tout simplement était-elle incapable aujourd'hui de pouvoir lui répondre. Peut-être même était-elle morte? L'idée l'avait effleuré à plusieurs reprises, et une promenade nocturne au beau milieu d'un labyrinthe était pour l'occasion fort propice à ce genre de questionnement.

Bizarrement cette idée lui causait à chaque fois un léger chagrin, mais la raison était surtout qu'après toutes ces années, les souvenirs commençaient à s'effacer la concernant, et le visage angélique encadré de cheveux auburn qu'il avait connu plus jeune tendait à présent à devenir flou, incertain, noyé dans une brume de doute et de mystère l'entourant lui et la personne en étant la propriétaire. Que devenait-elle? Pensait-elle encore à lui de temps à autre? Avait-elle refait sa vie avec un autre? Avait-il d'autres frères et sœurs dont il ne soupçonnait même pas l'existence?

«C'est incroyable comme me retrouver seul et perdu dans un endroit obscur et menaçant peut me faire songer à de pareilles inepties» pensa t-il amèrement tandis qu'il concentrait de nouveau son attention sur le chemin devant lui.

L'impression d'avoir emprunté ce chemin pour la troisième fois de la soirée le gagna aussitôt, mais malgré tout il s'aventura sur celui-ci sans sourciller. Les minutes défilaient à toute vitesse sans même qu'il s'en rende compte, et à vrai dire, il n'avait à présent plus aucune notion du temps ; Il pouvait tout aussi bien être là depuis plusieurs heures qu'il ne s'en serait même pas rendu compte. Au moins, il restait persuadé que personne n'avait encore gagné le tournoi car un sorcier aurait déjà été envoyé pour le récupérer, et la possibilité de l'emporter était encore là même si l'impatience le gagnait au fur et à mesure qu'il s'engouffrait dans les profondeurs du labyrinthe.

Tout à coup un frémissement au loin le fit s'arrêter, et au même moment, la haie commença à bouger et à onduler sur elle-même comme si le vent la faisait se déplacer. Puis sans crier garde, celle-ci se referma brusquement sur le sentier, bloquant désormais le chemin à Matthew, avant de petit à petit se rapprocher de lui à mesure que les deux haies se percutaient sur le chemin caillouteux où se trouvait le jeune Gryffondor. Matthew fit immédiatement demi-tour et courut à en perdre haleine en direction de la première intersection pouvant se présenter à lui, mais il pouvait également entendre dans son dos la haie se rapprocher dangereusement de sa position et bien plus vite que ses jambes qui peinaient à le porter.

Alors, et pris d'une soudaine idée, Matthew se retourna et pointa sa baguette magique vers le monstre végétal qui était bien décidé à l'emprisonner entre ses branches :

- Incendio ! Hurla t-il tandis que les flammes sortaient immédiatement de sa baguette.

Le sort fit immédiatement effet, et les deux haies prirent aussitôt feu en semblant presque se tordre de douleur alors que les flammes les dévoraient. Mais ce qui n'était au départ qu'une rangée d'arbustes risquant seulement de l'immobiliser devint rapidement un danger mortel lorsque le mur de feuilles désormais carbonisées, comme conscient que le garçon près de lui était responsable de son état, reprit sa course effrénée dans sa direction en incendiant au passage encore davantage la végétation environnante.

- Quel imbécile ! S'injuria immédiatement Matthew en courant de nouveau pour sa vie.

Déjà, il pouvait sentir l'odeur de brasier se glisser dans ses narines alors que la lumière émise par les flammes commençait à se refléter davantage sur la végétation qui l'entourait et qui allait sous peu être à son tour engloutie par l'incendie. La chaleur elle montait rapidement, mais le jeune Gryffondor préférait encore continuer à courir vers l'inconnu plutôt que ne serait-ce tourner la tête une seconde pour voir la distance qui le séparait d'une mort certaine. Et puis, alors qu'il commençait à désespérer de trouver une sortie, il vit enfin sur sa gauche un autre sentier dont il ne savait même pas s'il était venu par là précédemment. Sans réfléchir, il s'y engouffra juste à temps avant que les flammes ne poursuivent leur route derrière lui. La haie par chance s'était refermée au moment où il avait bifurqué, et seul un mur de végétation carbonisée et fumante le séparait désormais du périple qu'il venait de traverser.

Soufflant, Matthew mit plusieurs minutes à véritablement reprendre ses esprits et surtout à éliminer l'odeur de fumée qui s'était engouffrée dans sa bouche et le faisait encore tousser de temps en temps. Puis la réalité de l'épreuve le rattrapa lorsqu'il se rendit compte du silence absolu qui l'englobait.

- J'ai eu chaud…, murmura t-il en portant une main à son visage avant de se mettre soudainement à rire. Chaud ! Quel trait d'humour Matthew ! Si je ne devais pas sauver le monde d'un dangereux sorcier, j'aurais fort bien pu être comique !

Secouant sa tête tandis qu'il s'interrogeait sur sa santé mentale, Matthew porta son regard droit devant lui avec pour seul objectif l'horizon qui s'offrait à lui par delà l'omniprésent brouillard. À vrai dire, il ne pouvait presque rien voir, mais rien ne pouvait être pire selon lui que le brasier dont il venait de s'échapper. Il se remit alors en marche, ses jambes légèrement plus faible qu'auparavant après la course qu'il venait de faire, mais l'esprit lui désormais résolu à trouver au plus vite cette maudite coupe et à sortir au plus vite de ce labyrinthe. Les sentiers se succédèrent sans qu'il ne rencontre une fois de plus le moindre ennemi, aucune menace pouvant le ralentir ni même la moindre petite chose qui aurait pu lui faire arrêter sa route. Rien sauf lui, des haies, une brume et le bruit de ses pas sur les cailloux. L'envie de creuser directement un tunnel en brûlant précisément les arbustes sans propager le feu fut au bout d'un moment fort tentante, mais désireux de ne pas renouveler l'expérience de toute à l'heure, Matthew opta pour la solution classique et qui ne lui avait jusqu'à présent pas causer du tort : continuer à marcher.

C'est alors qu'il la vit, là au bout d'un couloir qui lui semblait infini, brillant d'une lueur bleutée au beau milieu des ténèbres environnant de la même manière qu'un phare guidant les bateaux à bon port. La coupe semblait à portée de main, et pourtant si distante, et la fatigue qu'il sentait apparaître dans ses jambes n'arrangeait rien à l'épuisement qui faisait poindre le bout de son nez. Pourtant, et avec un effort presque surhumain, Matthew tenta maladroitement de se tenir droit sur ses jambes, et après une profonde inspiration, il s'élança rapidement vers elle, la respiration haletante et les pieds endoloris.

- Plus vite…, soufflait t-il entre deux foulées. J'y suis presque…

Déjà, il s'imaginait victorieux de ce tournoi, lui qui pour rien au monde n'avait voulu y prendre part mais qui ce soir était sur le point de la tenir entre ses mains, de la brandir devant une foule conquise et désormais consciente de son talent, face à son père qui bien que le lui affirmant ouvertement, n'avait pas véritablement été un soutien durant cette compétition, face à Dumbledore, au ministre de la magie... Oh oui, rabattre le caquet de tous ces traîtres, de toutes ces personnes qui n'ont pas eu la moindre confiance en lui, de tous ceux qui n'avaient pas eu le moindre mot d'encouragement, la moindre marque de sympathie ou le moindre geste amical pour lui apporter son soutien serait le meilleur baume aux blessures que son ego a subi depuis des mois.

Comme un fortifiant, cette pensée lui fit redoubler d'allure, et en moins de temps qu'il n'en fallait, Matthew se retrouva sur une large esplanade dont le centre n'était nulle autre que la coupe posée sur un piédestal. Si proche… Pour un peu, Matthew aurait eu presque l'impression qu'il lui aurait suffi de tendre la main pour s'en saisir tant son éclat aveuglait toute la place. Mais il y avait bien encore quelques dizaines de mètres avant de l'atteindre, mètres qui ne semblaient pas bien difficiles à traverser, mais Matthew préférait être prudent : Les organisateurs du tournoi seraient bien capables d'ajouter une dernière difficulté à celle-ci avant que le plus chanceux ne puisse s'approprier la coupe.

Esquissant un premier geste, Matthew gardait les yeux fixement orientés vers le Saint-Graal, la baguette pointée vers elle comme pour prévenir le moindre danger. Mais au fur et à mesure de son avancée, la tension commençait à tomber en même temps que l'écart se réduisait entre elle et lui. Rien, pas la moindre sortilège, maléfice ou même créature ne semblait vouloir le ralentir, et si ses premiers pas furent timides, sa marche se fit beaucoup plus confiante au fil des secondes… Du moins, jusqu'à ce que celle-ci s'arrête brusquement lorsque le bruit du gravier que l'on foulait le fit se détourner pour regarder sur sa gauche et se retrouver face à Cédric Diggory. Celui-ci, essoufflé, blessé en plusieurs endroits et tremblant des pieds à la tête, avait l'air complètement à bout et sur le point de s'effondrer à tout moment. Mais le regard qu'il portait sur la coupe, le même qui quelques secondes auparavant transparaissait encore sur celui-ci de Matthew, ne respirait que la convoitise, l'envie et la détermination. Mais à la différence de Matthew, Cédric fit tout de même attention à son environnement, et ses yeux qui analysaient chaque centimètre de l'esplanade se posèrent rapidement sur lui :

- Tu es là, dit t-il entre deux quintes de toux. On dirait bien que le tournoi va se terminer pour nous.

- Oui, marmonna Matthew d'un ton froid. Tout va sa jouer dans quelques instants.

- Pas trop de problèmes pour toi ? Lui demanda poliment le Poufsouffle bien que son regard se portait de temps à autre en direction de la coupe.

- On peut dire que je m'en suis plutôt bien tiré de côté là, se contenta t-il de répondre en haussant les épaules.

Cédric lui n'avait pas eu la même chance que lui, et le sang qui continuait de perler des entailles apparentes sur ses vêtements risquait s'il restait là sans bouger de former une flaque autour de ses pieds.

- J'ai croisé Krum tout à l'heure, dit-il d'un air plus sombre tout à coup. Il n'était pas dans son état normal, et de ce que j'ai compris, il a peut-être attaqué Fleur dans le labyrinthe. Malheureusement je ne l'ai pas trouvé…

«Tant mieux» pensa Matthew en réprimant l'envie de sourire.

- Il a aussi essayé de s'en prendre à moi, mais j'ai réussi à le désarmer et à l'assommer avant de prévenir les secours, reprit Cédric. Je ne sais pas ce qui a pu l'affecter de cette manière, mais ça devait être un sortilège très puissant !

«Et ça fait deux concurrents en moins» déduisit le plus jeune.

Réprimant l'envie de partager son analyse avec le Poufsouffle, Matthew se contenta d'un simplement hochement de tête comme pour le féliciter de son geste. Puis comme lui, son regard se porta de nouveau vers la coupe, l'objet de son désir en cet instant, puis de nouveau vers Cédric.

- On pourrait… On pourrait la prendre ensemble? Lui proposa soudainement le Poufsouffle en souriant. Ce serait comme… Comme une victoire non pas d'un seul élève, mais de notre école elle-même.

- C'est bien là le discours d'un perdant, lui rétorqua t-il alors avec mépris.

Mais une rapide analyse morphologique de Diggory lui certifia que sur la durée, Cédric pourrait bien être beaucoup plus rapide que lui et le précéder dans sa course vers la coupe. Aussi prenant un air plus détendu et abaissant sa baguette, Matthew fit mine de se montrer plus ouvert au dialogue ; Il pourrait tout aussi bien faire un bout de chemin avec lui… et le trahir à quelques mètres de l'arrivée.

- C'est d'accord, dit-il finalement alors que le sourire de Cédric disparaît aussi vite que la neige au soleil. Quant à la récompense… On pourra tout aussi bien faire 50/50, qu'en dis-tu?

- Pourquoi pas, acquiesça l'autre bien que ses sourcils se froncèrent devant l'aveu d'intérêt non prononcé de Matthew pour l'argent. Le prestige de l'école restera sauf…

Matthew hocha de la tête, puis d'un commun accord, tous les deux marchèrent en direction de la coupe en silence, les yeux fixés sur elle mais aussi sur leur compagnon d'un soir dont chacun se méfiait. Il ne restait plus qu'une vingtaine de mètres lorsque d'une haie surgit soudainement une énorme masse noire possédant de nombreuses pattes et qui fondait littéralement sur Cédric en faisant bouger ses mandibules comme des crochets.

«Si Ron était là, il aurait déjà pris la direction du labyrinthe en sens inverse !» pensa Matthew avant que, pris d'un réflexe, il ne se jette par terre.

Cédric, qui lui tournait le dos, ne vit pas la créature bondir sur lui et le rejeter loin en arrière. L'araignée elle n'avait d'yeux que pour lui, et délaissant Matthew qui restait prostré par terre en espérant qu'elle ne s'en prenne pas à lui, elle se dirigea vers le Poufsouffle qu'elle menaçait de ses pattes. Cédric lui tentait de s'extirper de ce danger en reculant vers l'entrée qu'il venait d'emprunter, et baguette brandie, il tentait d'arrêter la course de la bête en lui envoyant des sortilèges qui ne faisaient que rebondir sur sa peau de la même manière qu'une armure.

- Matthew ! Le héla t-il alors en tournant sa tête vers lui. Aide moi !

Mais le Gryffondor, de nouveau debout et la tête tournée vers lui, restait immobile à quelques mètres maintenant de la coupe, le regard incalculable et la baguette pendant négligemment à ses côtés. Cédric crut que le jeune homme allait le laisser là et s'enfuir comme un lâche, mais à sa grande surprise, Matthew leva son bras. Néanmoins, il ne pointa pas sa baguette vers sa position ou celle de l'araignée mais en hauteur, visant directement le ciel nocturne de cette soirée de juin. Puis, sans prononcer la moindre formule, il laissa échapper quelques gerbes d'étincelles rouges qui s'envolèrent dans les airs avant d'exploser de manière bruyante.

- Non ! Hurla Cédric en comprenant ce qu'il allait faire. Tu n'as pas le droit !

- Oh mais j'ai tous les droits, répliqua l'autre en souriant. Il n'est nul part spécifié dans les règles du tournoi qu'un concurrent peut et même doit venir en aide à un autre quand une situation périlleuse se présente. Je pourrais tout aussi bien en rester là et ne pas prévenir les surveillants, mais comme tu le vois, ma bonté me pousse au contraire !

Tout en parlant, l'araignée elle continuait à pousser plus loin encore le Poufsouffle, l'éloignant chaque fois davantage de la victoire qui se profilait pour lui. Amusé par la situation, Matthew lui s'en approcha tranquillement, et avançant sa main vers l'une de ses hanses, il darda un dernier regard vers Cédric, un sourire cruel aux lèvres :

- Je ne peux pas te laisser gagner Diggory, dit-il d'un ton tranchant. Je suis l'élu, et l'élu ne peut pas perdre.

Il n'eut pas le temps de profiter du visage à la fois déconfit et furieux de Cédric qu'il se sentit brusquement agrippé par le nombril et emporté dans un tourbillon au moment même où sa main entra en contact avec la coupe. Dans une tornade de couleurs, Matthew sut qu'il quittait très rapidement le terrain de Quidditch et même l'enceinte de l'école, mais la destination lui était pour l'heure étrangère. Son corps lui était ballotté par une force invisible, mais par peur de se retrouver au beau milieu de nul part, il préférait encore s'accrocher solidement à la coupe plutôt que de l'abandonner. Peut-être était-ce une autre partie de l'épreuve après tout?

Comme cette pensée lui traversait l'esprit, il sentit subitement ses pieds atterrir lourdement sur le sol. Désorienté, Matthew perdit l'équilibre et s'affaissa dans l'herbe amortissant sa chute tandis qu'il lâchait finalement la coupe. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprit, et redressant la tête, il scruta avec appréhension les environs, curieux de découvrir ce que cette nouvelle étape avait à lui proposer.

L'endroit ressemblait à un vieux cimetière potentiellement abandonné et recouvert de végétation jusque sur les tombes. Des petits chemins de terre serpentaient de temps à autre les pierres tombales, et quelques arbustes parsemaient la zone comme pour apporter une timide touche de cachet, mais l'endroit restait tout à fait pittoresque et lugubre, et certaines tombes et caveaux, décorés d'ornements austères, avaient pour thème principal la mort elle-même.

L'obscurité de cette soirée ne permettait pas de voir plus loin que quelques centaines de mètres autour de ce point de chute, mais Matthew pouvait malgré tout voir au loin, niché au sommet d'une autre vallée, un vieux manoir tout aussi décrépi que le reste du cimetière qu'il semblait défier. En dehors de ça, pas la moindre âme qui vive aux alentours, pas même la plus petite créature qui soit pouvant l'aiguiller sur ce nouvel aspect de la dernière tâche, juste lui et… le silence. Inquiet, Matthew décida alors de se munir de sa baguette, prêt à affronter le moindre danger sortant de derrière une pierre tombale, mais d'un autre côté, l'angoisse le saisissait à mesure qu'il prenait conscience qu'il se trouvait peut-être à des centaines de kilomètres de Poudlard, seul et sans la protection de Dumbledore ou de ses proches. L'impression d'être observé germait également dans son esprit, mais il eut beau regarder dans toutes les directions possibles, il n'eut pas l'ombre d'un indice pouvant déterminer si cette impression était réelle ou seulement le fruit de son imagination.

Soucieux d'en finir au plus vite, Matthew décida alors de s'aventurer dans le cimetière, ses pas lents et pesés martelant l'épaisse herbe tandis qu'il scrutait l'endroit d'un œil alerte, prêt à fondre sur son adversaire… Ou plus probablement à fuir dans la direction opposée si le danger était trop important.

C'est alors qu'il aperçut au loin la silhouette d'un homme de petite taille s'approcher, mais il ne parvenait pas à distinguer quoi que ce soit d'autre de son apparence en raison de la cape qu'il portait ; Tout juste remarqua t-il, en raison de sa démarche, que le nouvel arrivant semblait tenir quelque chose entre ses bras. L'homme s'arrêta quelques instants à une bonne dizaine de mètres devant lui, près d'une pierre tombale monumentale mais abîmée par le temps et qui surplombait toutes les autres par sa magnificence passée. Puis une voix, faible et presque gémissante, se fit soudainement entendre et se répercuta en écho dans tout le cimetière :

- Immobilise-le…

L'homme se retourna vivement vers Matthew, et aussi vite qu'il le pouvait, dégaina sa baguette magique et envoya dans sa direction un maléfice rougeâtre que le jeune garçon eut toutes les peines à esquiver en se jetant par terre.

- Stupefix ! S'écria t-il à son tour en pointant sa propre baguette vers l'inconnu.

L'homme n'eut aucun mal à se défaire de la tentative de Matthew en la déviant grâce à un bouclier magique, puis se remit à l'attaque en essayant tant bien que mal de maintenir contre lui le paquet emmitouflé dans une couverture noire. Son premier sortilège rata de nouveau Matthew par une prouesse acrobatique inespérée de la part du Gryffondor, mais le second le heurta de plein fouet, et immédiatement, sa cible fut enserrée dans d'épaisses cordes qui le saucissonnèrent bientôt des chevilles à la base du cou. Sans attendre, l'homme fit léviter Matthew vers lui, et après l'avoir déposé sans précaution contre la tombe qu'il avait touchée quelques instants auparavant, il se détourna de lui et s'approcha d'une zone clairsemée et dépourvue de la moindre sépulture. Un chaudron reposait au milieu, un chaudron qui, par un geste de sa baguette, s'anima aussitôt en même temps que des flammes prenaient vie sous lui. Puis l'homme, satisfait peut-être de ses dernières actions, rejeta volontairement son capuchon et fit face à Matthew.

- La dernière fois que je t'ai vu tu avais à peine un an, dit-il en souriant et en laissant voir ses incisives particulièrement longues. Pas plus grand qu'une miche de pain… Tu n'avais pas l'air de beaucoup m'aimer d'ailleurs, tu passais ton temps à pleurer dès que tu me voyais.

- Pas étonnant, quand je vois votre sale tête de rat, l'envie me prend subitement de recommencer ! Répliqua le Gryffondor avec colère. Et puis d'abord, qui êtes-vous?

- Oh mais tu ne me reconnais pas? Gloussa l'autre. Je suis tonton Queudver voyons !

La panique gagna alors subitement Matthew alors qu'il dardait un nouveau regard en direction de Peter. Se retrouver face à un évadé d'Azkaban, celui dont on disait qu'il s'était justement échappé pour le retrouver et terminer le travail de son maître, le traître qui a trahi ses parents au profit d'un homme voulant le tuer, finalement devant lui? La soirée ne pouvait pas plus mal finir. Et pourtant, voir la silhouette de ce meurtrier, voir cet homme pour qu'il n'avait jamais eu rien d'autre que du mépris ne l'effrayait pas plus qu'il ne le pensait ; Pettigrow n'avait pas l'apparence qu'il s'était imaginé, et il en aurait presque été déçu en d'autres circonstances.

- Tu ne fais pas honneur à ta réputation, sale rat ! Lança t-il sur un ton bravache. Je t'imaginais plus grand et plus intimidant, mais il y a un point sur lequel tu remplis mes critères au-delà même de ce que je pressentais : Tu es encore plus laid que ce que j'imaginais ! Azkaban n'a pas l'air de t'avoir fait beaucoup de bien !

Si Peter arborait jusqu'à présent un sourire plein d'ironie et de folie intérieure, les commentaires de Matthew le firent fondre très rapidement. Au lieu de ça, un regard plein de haine fit son apparition sur son visage, et le Gryffondor constata même que le traître semblait presser encore plus fortement contre lui le paquet qu'il portait.

- Tais-toi ! Hurla t-il en pointant sa baguette vers lui. Tu n'es pas en situation de fanfaronner, tu devrais plutôt t'inquiéter de ce qui pourrait t'arriver dans les secondes qui viennent !

- Je ne fanfaronne pas, j'expose simplement des faits, et ils ne sont pas vraiment en ta faveur, répliqua Matthew en esquissant un rictus méprisant. Ta forme d'animagus reflète ta véritable personnalité, et je m'étonne encore que mon père et ses amis aient pu par le passé cohabiter de manière si insouciante avec une vermine vivant la plupart du temps dans les égouts à se nourrir des immondices que les gens laissent traîner ou des cadavres ! Peut-être que si ils avaient fait ce constat plus tôt, jamais ils n'auraient pris la peine de se lier d'amitié avec un raté comme toi !

- Endoloris !

Le sort le frappa de plein fouet, et pour la première fois de sa vie, Matthew comprit ce que le mot douleur pouvait vraiment signifier, au-delà même de la notion de douleur psychologique. Comme si des centaines de poignards le frappaient en même temps que des coups de fouet claquaient contre sa peau, que l'on compressait chacun de ses membres dans un étau et que l'on chauffait sa peau à blanc, Matthew se contorsionnait de douleur contre la pierre tombale, ses cris se répercutant dans toute la vallée tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Puis aussi soudainement que le sortilège avait été tiré, ses effets se dissipèrent, laissant un jeune garçon de quatorze ans meurtri et prostré sanglotant sur le sol.

- Imbécile ! Siffla alors une voix avec colère. C'est à moi d'éliminer ce garçon ! Ne prends plus jamais d'initiative sans mon consentement, ou tu subiras ma colère, Queudver !

- O-oui maître, bredouilla l'autre d'une voix apeurée, conscient d'avoir été trop loin.

- Bien, à présent prépare le rituel, souffla l'autre d'un ton ferme.

Queudver acquiesça, puis se dirigeant vers le chaudron, il défit rapidement la couverture qui semblait contenir quelque chose pour laisser furtivement apparaître une forme humaine de très petite taille. Matthew ne vit qu'une brève seconde cette chose, mais il ne parvint pas à distinguer quoi que ce soit d'autre entre ses larmes avant qu'un bruit d'éclaboussure ne lui assure que ce petit être venait d'être jeté dans le liquide contenu dans le chaudron. Queudver se mit de nouveau à parler, mais sa voix désormais ne parvenait plus à masquer une peur soudaine qui lui donnait presque un ton plaintif :

- Que les ossements du père, donnés en toute ignorance, fassent renaître son fils !

Aussitôt, Matthew entendit un étrange bruit directement sous lui, comme une porte grinçante que l'on venait d'ouvrir, avant que la terre ne commence à remuer de la même manière que si un animal tentait de la gratter pour sortir à l'air libre. Puis à son horreur, ce ne fut pas le mignon petit nez d'un lapin ou les griffes puissantes d'une taupe qui apparurent à la surface mais un os, probablement d'une jambe étant donné la longueur, et qui s'élevait dans les airs en direction du chaudron dans lequel il disparut quelques instants plus tard.

- Qu-que la chair du serviteur, donnée vo-volontairement... fasse revivre son maître…, reprit le mangemort en sortant au même moment une longue dague pendant jusqu'alors autour de sa taille.

Matthew eut tout juste le temps de comprendre ce qu'il était sur le point de faire et de fermer les yeux que les hurlements de Queudver se firent entendre et déchirèrent le silence de la nuit. Comme tout à l'heure, un bruit d'éclaboussure accompagna ses beuglements, et le jeune Gryffondor se fit violence pour ne pas attiser sa curiosité et voir de lui-même la partie du corps que le traître avait sacrifié pour le rituel. Une lueur rouge s'échappa alors du chaudron, d'un rouge presque similaire à la couleur du sang, et même les yeux clos, Matthew ne pouvait ignorer la lumière qui parvenait à percer ses paupières.

De même, il ne pouvait omettre que les halètements plaintifs et la respiration lourde de Pettigrow qui semblait à présent se rapprocher de lui, traînant les pieds alors que le sang continuait de couler en abondance de sa plaie.

- Que le s-sang de l'ennemi... pris par la force... ressuscite celui qui le combat, marmonna alors Queudver une fois qu'il fut suffisamment près de lui.

Toujours à l'aide de sa dague, le mangemort découpa légèrement les cordes pour libérer l'un des bras de Matthew, puis sans le moindre remord, il se servit alors d'elle pour lui entailler profondément le bras. Le Gryffondor hurla de nouveau de douleur, même lorsque Queudver était parvenu à recueillir suffisamment de sang pour terminer sa préparation, et tandis qu'il s'éloignait, Matthew craignait à présent la suite des événements : Il était une chose de se retrouver dans un cimetière avec un mangemort évadé d'Azkaban, il en était une autre de participer involontairement au retour de celui qui s'était juré de le tuer ; Il pouvait être à l'occasion idiot, mais l'élu savait pertinemment ce qui se tramait ici, et il aurait encore préféré ne jamais le savoir.

Loin des états d'âme de Matthew, Pettigrow lui fit tomber quelques gouttes de sang dans le chaudron, et la lueur passa alors de l'écarlate au blanc éclatant en moins d'une seconde. Des volutes de fumée épaisses s'échappaient du récipient et recouvrirent bientôt toute la zone tandis que des étincelles s'élevaient de temps à autre dans le ciel. Des clapotis se faisaient également entendre, mais ce fut surtout la soudaine lueur verdâtre qui attira l'attention du Gryffondor, et ce même si le brouillard était devenu très épais autour de lui.

Une silhouette, grande et squelettique, commença alors à se dessiner à travers la fumée. Matthew, qui espérait que la chose jetée en première dans le chaudron s'était noyée, se rendit rapidement compte que ses espoirs volaient en éclat au fur et à mesure que se détachait l'apparence de son pire ennemi.

- Habille-moi, siffla Voldemort d'une voix glacée.

Queudver, qui continuait à sangloter en tenant son moignon sanguinolent, ne se fit pas prier deux fois, et ce que Matthew avait pris jusqu'à présent pour une couverture s'avéra être en vérité une longue robe noire partiellement élimée mais ce détail ne semblait pas préoccuper le mage qui continuait pour sa part à analyser méticuleusement ses mains semblables à des araignées blafardes et munies de longs doigts fins et osseux. Celles-ci se portèrent bientôt à son visage, comme pour vérifier par lui-même que rien ne manquait à son apparence reptilienne et en particulier son absence quasi-totale de nez, ou ses yeux rouges et lumineux qui n'avaient l'air de rien d'autre que deux fentes sur un visage cireux et lisse. Tandis qu'il s'habillait, Voldemort en profita également pour admirer le reste de son corps, sa poitrine, ses bras, ses jambes… Comme si lui-même n'arrivait pas à croire qu'il avait finalement retrouvé le corps qui lui faisait défaut près de 13 longues années. Satisfait, il porta alors sa main dans sa poche pour en sortir quelques instants plus tard sa baguette magique qu'il regardait avec un ravissement non feint avant de la bouger négligemment dans la paume de sa main.

- M-maître s'il vous plaît… Vous aviez promis…, l'implora alors Pettigrow en se prosternant à ses pieds.

- Tends ton bras Queudver, lui ordonna le seigneur des ténèbres nonchalamment.

Heureux, son serviteur lui offrit immédiatement le bras meurtri qui continuait à saigner abondamment, mais avec un gloussement donnant des sueurs froides à Matthew, Voldemort repoussa tranquillement celui-ci pour se saisir fortement de l'autre :

- Allons Queudver, je parlais bien évidemment de l'autre bras, dit-il moqueusement en reculant sa manche pour laisser apparaître la marque des ténèbres qu'il arborait sur la peau. Il serait impoli de notre part de faire attendre plus longtemps tes petits camarades…

Et tout en disant ces mots, Voldemort apposa délicatement la pointe de sa baguette magique sur elle. Celle-ci se teint immédiatement d'une couleur sombre tandis que Queudver était soudainement pris de convulsions qu'il parvenait avec peine à surmonter.

- Combien auront le courage de revenir lorsqu'ils la sentiront ? murmura-t-il, ses yeux rouges flamboyant vers les étoiles pendant qu'il continuait imperturbablement sa tâche. Et combien seront assez sots pour rester à l'écart ?

Puis aussi rapidement qu'il avait commencé, Voldemort libéra Pettigrow de son emprise et se mit à faire les cent pas dans le cimetière, indifférent aux gémissement de douleur de son serviteur, aux tentatives désespérées de Matthew pour s'extirper de ses liens ou de son serpent qui venait de faire son apparition et qui observait la scène en sifflant de temps à autre.

- Ta réputation te précède, Matthew Potter…, dit-il alors en posant pour la première fois son regard sur le survivant. Beaucoup de légendes circulent à ton sujet, beaucoup d'inepties également, mais je voulais absolument que tu sois aux premières loges pour assister à mon retour… Je doute toutefois que tu puisses repartir d'ici en un seul morceau pour donner tes impressions à ce sujet à tous ceux que tu connais… Mais sois tranquille, d'autres viendront sous peu admirer par eux-mêmes le spectacle qui vous est offert et pourront faire ce que tu seras bien incapable de faire sous peu : le rapporter à d'autres !

Voldemort éclata alors de rire, mais ses ricanements s'estompèrent très rapidement dès lors qu'il observa sous un autre angle Matthew.

- Dis moi mon garçon, quel âge as-tu donc? Siffla t-il dangereusement alors qu'il approchait lentement de lui.

- Qu'est-ce que ça peut vous faire? Vous allez me tuer de toute façon, répliqua effrontément le Gryffondor.

- Je vais te tuer beaucoup plus vite que prévu si tu ne réponds à Lord Voldemort ! Le menaça alors le seigneur des ténèbres.

Pendant quelques secondes, Matthew fut tenté de ne pas lui répondre, mais sa bravoure disparut très rapidement lorsque Voldemort le pointa avec sa baguette magique.

- Qu-quatorze ans, bredouilla t-il.

- Quatorze ans…, marmonna le seigneur des ténèbres d'un ton pensif. Quatorze ans…, Tu n'avais donc qu'à peine un an lorsque je fus condamné à l'exil après que mon propre sortilège ait été retourné contre moi…

Voldemort resta quelques instants silencieux, ses yeux rouges et scintillants fixés sur le chaudron désormais éteint à côté de lui. Puis sans prévenir, il se retourna et orienta sa baguette directement vers Queudver qui n''eut pas le temps de réagir :

- Endoloris ! Hurla t-il pendant que sortilège écarlate frappait de plein fouet son serviteur.

L'ancien Gryffondor tomba immédiatement face contre terre, et tandis qu'il poussait des hurlements à s'en déchirer les poumons, son corps se contorsionnait dans tous les sens, comme désarticulé, pendant que Voldemort lui continuait à le garder sous l'effet du maléfice.

- Imbécile ! Tempêta Voldemort d'un ton rageur. Qui vous a dit d'apporter ce garçon ! Ce n'est pas lui que je veux, mais l'autre ! L'AUTRE !

- M-maître ! Sanglotait de son côté Queudver alors que le sang commençait à couler de son nez. J-je ne comprends pas maître ! Je vous ai apporté celui que l'on p-présente comme l'élu !

- Celui qui m'a fait face était beaucoup plus vieux que ne l'était ce garçon ! S'écria son maître. Comment avez-vous pu croire un seul instant qu'un bébé puisse me vaincre !?

Mais Peter était bien incapable de pouvoir lui répondre, trop occupé à essayer de ne pas sombrer dans l'inconscience tandis que l'impression d'être poignardé de toute part persistait à travers tout son corps. Matthew lui regarda l'échangé d'un air hébété, des milliers de pensées fusant à toute vitesse dans son esprit alors qu'il essayait péniblement de comprendre la situation dans laquelle il se trouvait : Que signifiait cet autre dont parlait Voldemort ? Mais il ne pouvait s'agir que de lui, pardi ! Treize années d'exil auraient-elles brisé les dernières lueurs de lucidité du mage noir ?

Subitement, et alors même que d'étranges traînées noires virevoltaient à présent dans le siège avant de s'écraser dans un panache de fumée à quelques pas de Voldemort et de Matthew, le seigneur des ténèbres cassa finalement son maléfice, et sans un regard pour le corps recroquevillé de son serviteur, il darda plutôt ses yeux en direction des silhouettes qui se dessinaient à travers la fumée épaisse qui mit quelques secondes à disparaître pour laisser place à plusieurs individus totalement recouverts d'une cape noire et dont le visage était masqué par un masque en forme de crâne. Au nombre de sept, les nouveaux arrivants se précipitèrent immédiatement vers Voldemort, et l'un après l'autre, chacun s'agenouilla devant lui pour lui baiser longuement les pans de sa robe noire, certains observant quelques secondes supplémentaires le visage de leur maître comme pour avoir la certitude que tout ceci n'était pas un rêve. Voldemort lui restait parfaitement imperturbable, mais son visage s'assombrissait parfois quand il croisait le regard de l'un d'eux.

- Soyez les bienvenus, Mangemorts. Vous ne pouviez pas tomber mieux mes fidèles serviteurs, dit-il d'un ton bas tandis que le dernier mangemort terminait d'embrasser son vêtement. Fidèle? Je ne sais pas si l'adjectif est plus adéquat en ce qui vous concerne tout compte fait…

L'un d'eux sembla vouloir immédiatement s'expliquer, mais Voldemort l'immobilisa d'un geste de sa baguette lorsqu'il amorça un premier pas dans sa direction.

- Inutile de vous embarrasser de plates excuses, je n'ai nul besoin que l'on tente de minimiser sa couardise par de viles et plates explications dont le seul but et de défendre une cause qui est déjà perdue à mes yeux : Mon estime à votre égard, dit-il froidement. Je vous vois là fiers et forts, nullement touchés par les affres du temps qui s'écoule inexorablement et qui aurait pu porter atteinte à vos capacité physiques et magiques, et pourtant… Oui pourtant, vous n'avez pas, pendant ces treize longues années écoulées, cherché un moyen de me retrouver, de m'aider à regagner mon corps et mes pouvoirs. Oh non, à peine la rumeur de ma disparition répandue que vous retourniez auprès de nos ennemis en plaidant l'innocence, l'ignorance, l'erreur regrettable de la jeunesse ou le contre-coup d'un maléfice lancé contre vous pour expliquer vos agissements.

Les derniers mots de Voldemort les frappèrent douloureusement comme une dague plantée dans leur chair à chaque syllabe prononcée. Certains gesticulèrent sur leur pied quand d'autres gardaient fixement les yeux baissés sur le sol de peur de croiser ceux du seigneur des ténèbres, mais celui-ci poursuivit sa diatribe sans rien laisser paraître de la colère qui l'animait :

- Comment, alors même qu'il savaient ce dont j'étais capable, les prodiges et prouesses que j'avais déjà pu faire par le passé et dont ils avaient été pour certains les témoins, comment ont-il pu croire un seul instant que je ne reviendrais pas? Moi-même je me le demande…

Voldemort garda un temps de silence, le temps pour lui de faire le tour de ses fidèles et de se poster derrière eux, tel un animal tapi dans les fourrées et prêt à frapper sa proie par surprise.

- Je dois vous avouer ma déception, moi qui pensais pouvoir donner ma confiance à mes plus fidèles serviteurs…

- Maître ! S'exclama alors l'un d'eux en se tournant vers lui. Maître pardon !

Mais la seule réponse du seigneur des ténèbres fut un sortilège doloris envoyé dans sa direction. L'homme s'écroula par terre, le corps pris de convulsions alors que ses hurlements, comme ceux de Queudver et de Matthew auparavant, brisaient une nouvelle fois la quiétude des environs. Cependant, et contrairement à eux, le mangemort n'eut pas le déplaisir de goûter plus longtemps le sortilège que déjà Voldemort le stoppait.

- Mon pardon? Dit-il avec une pointe d'amusement dans sa voix sifflante. Mais pour obtenir mon pardon Avery il faut le mériter, et en l'occurrence, je ne pense pas pouvoir te le donner avant que tu ais remboursé l'intégralité de la dette que tu as envers moi et qui s'étale sur… Treize ans? Oui, tu auras ma pleine et entière confiance lorsque ce délai sera passé. Maintenant lève-toi Avery, il m'est déjà désagréable de songer à te garder en vie, je ne tiens pas non plus à ce que tu restes le nez dans la boue à longueur de temps.

L'homme ne se fit pas prier, et tremblant sur ses jambes, il peina à se remettre droit face à son maître qui reprenait tranquillement sa marche autour de ses camarades.

- Cette nuit aurait dû être un moment de joie pour nous, celui de mon retour auprès de vous et du renouvellement de notre mouvement, reprit-il après quelques instants de silence. Malheureusement, les circonstances ont voulu que nous ne puissions pas jouir pleinement de ces retrouvailles.

D'un geste, il désigna un emplacement large entre deux mangemorts où auraient pu facilement se tenir d'autres personnes.

- Certains ne sont malheureusement pas là pour combler le cercle de mes lieutenants, expliqua le seigneur des ténèbres d'un ton las. La mort les a frappé alors même que leur maître aspirait à un avenir éblouissant pour eux, mais mourir pour notre cause et pour moi est la plus belle marque de loyauté que l'on puisse imaginer, et je saurai à l'avenir commémorer leur mémoire comme il se doit. D'autres encore ont choisi de renoncer à la liberté en préférant l'enfermement à Azkaban plutôt que de me trahir… Eux aussi auront droit à leur récompense. Quant aux derniers, ces lâches qui ont préféré se tapir dans un trou plutôt que de revenir parmi nous, ils paieront leur déloyauté. Un seul peut ce soir excuser son absence, et il se trouve actuellement à Poudlard où il travaille en sous-main pour moi depuis des mois à présent pour favoriser mon retour. Celui-là bénéficiera de ma juste reconnaissance pour de longues années, et Lord Voldemort n'accorde sa pleine et entière confiance qu'à de très rares élus !

Un frisson parcourut l'assistance à mesure que les paroles de Voldemort heurtait l'ego et la fierté de ses disciples. Matthew lui songeait plutôt à un détail particulier : Le mangemort présent à Poudlard. Serait-ce Rogue? La possibilité ne l'étonnait même pas, et depuis toutes ces années à cohabiter avec cette vieille chauve-souris, Matthew s'était depuis longtemps fait à l'idée que l'homme ne l'aimait pas et que le sentiment était réciproque. Alors que Rogue ait pu l'envoyer ici pour participer à la résurrection de son maître, il n'y avait qu'un pas que le Gryffondor se savait capable de faire sans hésitation.

- La deuxième raison perturbant quelque peu mes plans pour cette soirée concerne le garçon attaché à la pierre tombale face à vous, poursuivit Voldemort d'un ton beaucoup plus froid. J'avais dans l'idée qu'une autre personne vienne me rendre une petite visite de courtoisie et assiste à mon retour, mais il semblerait qu'un autre ait pris sa place…

Tous les regards convergèrent dans la direction de Matthew, et bien qu'effrayé par la situation dans laquelle il était plongé jusqu'au cou désormais, il soutint malgré tout celui du seigneur des ténèbres et les yeux rouges perçants de celui-ci.

- Oui, reprit Voldemort en se dirigeant lentement vers lui. Je m'attendais à fêter mon retour en compagnie de celui qui m'a poussé à rester tapi dans l'ombre pendant treize ans, mais quelle surprise ai-je eu de voir devant moi ce garçon alors que je m'attendais à une personne plus âgée que lui…

Là, plusieurs murmures se firent entendre parmi les mangemorts et en particulier chez ceux qui avaient déjà eu l'occasion par le passé de rencontrer Matthew Potter. Mais encore une fois, Voldemort les ignora.

- Lorsque je suis allé à Godric Hollow il y a treize ans, mon objectif était d'anéantir l'ensemble de la famille Potter. Les raisons ne sont connues que pour un tout petit nombre de privilégiés, et notamment pour ceux que cela concerne. Il avait toutefois été porté à ma connaissance par l'un de mes fidèles qu'un danger pouvait survenir de cette famille, et que ce danger avait pris la forme de l'un de leurs fils.

- L'un de leur fils? Répéta incrédule l'un des mangemorts.

- Je n'aime pas être interrompu lorsque je parle Lucius, lui rappela d'un ton froid Voldemort. Depuis le temps, et après les nombreuses fois où tu en as fait les frais, tu devrais le savoir…

Malefoy ne broncha pas à la remarque, et après un léger frisson en se remémorant les «punitions» de son maître, il préféra dès lors garder le silence.

- Toujours est-il que je préférais me prémunir de ce danger en l'éliminant dès le berceau, narra t-il de nouveau. Queudver ici présent avait été nommé gardien du secret des Potter, et personne ne pouvait entrer en contact avec eux sans passer par lui. Mais l'allégeance de Queudver avait entre temps tourné de l'autre sens, dans ma direction. Je n'avais plus dès lors qu'à attendre qu'il m'informe de l'endroit où se trouvaient les Potter pour les cueillir moi-même et leur faire payer leur insubordination à mon égard. Il me fut très facile de pénétrer chez eux, de maîtriser les parents et de m'en prendre à leurs deux enfants, mais quelque chose alors s'est produit, quelque chose que je n'avais pas prévu et qui est la cause de mon propre échec…

Le seigneur des ténèbres marqua quelques secondes de silence, comme s'il se remémorait lui-même cette fameuse soirée du 31 octobre.

- Une prophétie avait été faite sur un enfant né à la fin du mois de Juillet et qui posséderait un pouvoir que j'ignorerais moi-même… Je pensais que ce pouvoir lui serait révélé par la suite au cours d'une formation où ses capacités seraient mises en avant et décupleraient. Je n'avais pas un seul instant songé que ce pouvoir apparaîtrait si rapidement et à un si jeune âge… Trop de confiance en soi peut vous obscurcir vos capacités de jugement et d'analyse des situations qui se présentent à nous, et ce soir-là, j'ai commis l'erreur de sous-estimer le danger.

Voldemort n'était désormais plus qu'à quelques mètres à peine de Matthew, mais son regard n'était plus porté sur lui mais à quelques pas derrière la pierre tombale contre laquelle il était adossé.

- La menace était devant moi, pathétiquement faible et insignifiante en comparaison de l'immensité de mes pouvoirs. Je n'avais qu'à lever ma baguette magique et à lancer le sortilège de mort dans sa direction, mais j'ai fait l'erreur de me tromper de cible et d'attaquer celui qui était le plus faible des deux. L'autre a alors révélé ses propres capacités pour protéger son frère, et la puissance déployée et dont il n'était probablement même pas conscient à suffit à renvoyer mon sortilège dans ma direction et à me toucher.

Le mage noir se tourna alors de nouveau vers ses fidèles, et désignant de sa baguette Matthew, il s'adressa directement à eux :

- Je n'ai été que brièvement conscient des rumeurs infondées quant au garçon qui m'avait vaincu, des prouesses dont il était capable et de la protection sans faille dont il bénéficiait du ministère et du directeur de Poudlard, avoua t-il d'un ton posé. Mais il semblerait que l'entièreté de la communauté magique de ce pays ait été trompé par un détail important dans cette histoire : Le garçon qui se présente devant vous est bien celui qui se trouvait dans la direction de mon sortilège, mais ce n'est pas lui qui l'a renvoyé mais son frère aîné.

De nouveau, les murmures accompagnèrent les paroles de Voldemort, et même Queudver qui continuait à gémir par terre et à se vider de son sang parut de longues secondes abasourdis par la nouvelle.

- Les Potter avaient bien un autre fils, n'est-ce pas Queudver? Lui demanda t-il.

- M-maintenant que vous le dites maître…, bredouilla l'autre alors qu'il peinait à présent à respirer correctement. Mais… Mais tout le monde s'accordait à dire qu'il s'agissait de Matthew, alors j'ai… J'ai cru lorsque je me suis évadé d'Azkaban que cela était vraiment le cas…

- Une erreur fort regrettable qui a même pu duper mon fidèle mangemort à Poudlard, confirma son maître. Durant tout ce temps, je vous ai parlé de ce garçon et de ma volonté de l'amener ici pour comprendre d'où pouvait provenir ce mystérieux pouvoir, mais je n'aurais jamais pensé qu'il ait pu y avoir erreur sur la personne. Le garçon dont nous faisons mention avait quelques années de plus que son frère ici présent, ajouta t-il à l'adresse des autres mangemorts, suffisamment en tout cas pour pouvoir parler avec moi alors que je venais d'ensorceler sa mère sous ses yeux et que son petit frère pleurait dans son berceau. Il devrait avoir… seize ou dix-sept ans aujourd'hui, je me trompe Queudver?

- N-non maître…, souffla son serviteur. Pitié maître, je ne tiendrais plus longtemps…

- Tu mériterais de mourir à mes pieds comme le sale petit rat que tu es pour avoir échoué dans ta mission, lui rappela froidement Voldemort. Encore un peu de patience, et peut-être que j'exaucerais ton souhait… Ou que j'abrégerais tes souffrances.

La menace à peine voilée fit gémir de plus bel Queudver, mais Voldemort avait déjà reporté son attention sur un Matthew totalement effaré par la tournure que prenait leur conversation.

- Dis moi Potter, où donc se trouve aujourd'hui ton frère? Le questionna presque doucement Voldemort.

Mais Matthew était bien trop occupé à essayer d'encaisser les informations qui lui parvenaient pour penser à lui répondre. Son frère, l'élu? Impossible ! Toute sa vie durant, tout le monde s'était évertué à lui affirmer qu'il s'agissait de lui et de personne d'autre ! Qu'à côté de lui, Harry n'était rien d'autre que le mouton noir de la famille, le fils aîné mal-aimé de son père et qui n'arriverait à rien de bien dans sa vie ! Qu'il n'était rien, n'avait ni son talent, ni ses capacités, ni même la moindre parcelle de personnalité pouvant lui faire de l'ombre ! Que tout comme ses parents, son frère avait été retrouvé sous les gravats de sa chambre tandis que lui seul avait fait front devant Voldemort ! Mais comment seulement pouvait-on imaginer qu'un enfant d'un an et demie puisse avoir l'idée saugrenue de défier un mage noir? Il n'y avait jamais songé, mais maintenant qu'il y pensait, l'idée lui apparaissait totalement ridicule…

- Réponds ! Lui hurla Voldemort en le faisant sortir par la même occasion de ses pensées.

- Je… Je ne sais pas ! Bafouilla Matthew alors que pour la première fois de sa vie, il se sentait véritablement perdu et déboussolé.

Déboussolé, c'était bien là le mot qui pouvait résumer son état d'esprit. On lui avait surtout menti depuis le début ! Son père, son parrain, Dumbledore, tout le monde ! Mais avaient-ils seulement conscience d'avoir menti, ou n'étaient-ils tous au final qu'eux mêmes les dupes d'une erreur monumentale qui l'avait accompagné toute sa vie?

- Alors nous allons le savoir bien assez vite, lui assura Voldemort en pointant sa baguette vers lui. Légilimens !

Immédiatement, Matthew sentit une sensation étrange et particulièrement désagréable qui lui donna l'impression d'avoir la tête brusquement immergé dans une eau froide et prise dans un étau lui compressant le crâne. Dans le même temps, des souvenirs semblèrent défiler devant ses yeux avant de disparaître tout aussi rapidement pour laisser place à d'autres moments de sa jeune vie dont il se souvenait à peine pour la plupart. À peine pouvait-il resituer le contexte de l'un d'eux qu'un autre faisait son apparition et prenait la place de l'autre sans qu'il ne puisse le contrôler, et le changement recommençait inexorablement et toujours plus loin dans son passé. Des épisodes à peine perceptibles de sa vie jaillissaient, certains le concernant uniquement, d'autres mettant en lumière des personnes de son entourage qui comprenaient au départ son père, son parrain, Dumbledore, puis au bout d'un certain temps Ron, certains camarades de Gryffondor, et au fil des années s'écoulant d'autres individus ayant traversé brièvement son enfance pour finalement tomber sur sa mère, sa petite sœur… et même son frère.

Matthew ne sut pas pourquoi la connexion se brisa à ce moment là, mais ses yeux se posèrent à nouveau sur le cimetière qu'il n'avait même pas quitté, et surtout un Voldemort dont le sourire énigmatique ne lui annonçait rien qui vaille :

- Où habite ta tante? Lui demanda poliment le seigneur des ténèbres.

- J-je ne sais pas, jura t-il en essayant de paraître plus confiant qu'il ne l'était en réalité.

- Je peux très facilement le vérifier tu sais, lui assura Voldemort. Il me suffirait de plonger encore plus loin dans tes souvenirs pour remonter à l'un d'eux où tes parents auraient pu lâcher par inadvertance cette information au détour d'une conversation… Alors ne joue pas le héros, et donne moi l'information que je te demande !

- Je vous dis que je ne sais pas, serpent ! Lui cracha t-il à la figure avant de regretter immédiatement ses paroles lorsque l'autre leva sa baguette magique dans sa direction.

Une seconde plus tard de nouveaux souvenirs submergèrent son esprit et lui firent perdre pied à la réalité. Encore une fois, Matthew vit resurgir d'un passé qu'il pensait enfoui des conversations qu'il avait tenues avec d'autres, ou que d'autres avaient tenu devant lui, des scènes de son quotidien auprès de son père le plus souvent, avec son parrain quelques fois, mais aussi avec sa mère, Harry et Rosie. Et puis comme tout à l'heure, l'emprise de Voldemort sur son esprit se relâcha et il put rapidement reprendre conscience de l'endroit où il était.

- Voilà qui est intéressant, commenta pour sa part Voldemort en esquissant un rictus méprisant. Queudver m'avait bien parlé des rumeurs concernant le départ de ta sale moldue de mère qu'il avait pu lire dans la presse, mais il était dit qu'elle avait quitté le domicile familial de son plein gré pour diverses raisons autre que celles que je viens de voir… Qu'est-ce que cela fait de vivre auprès d'un homme qui battait sa femme et son fils aîné, Potter?

- Je ne sais pas, mais ça ne peut probablement pas être pire qu'être en votre compagnie ! Lui lança alors Matthew.

- Endoloris !

La douleur fut fulgurante, et sur une échelle de puissance, Matthew était persuadé que les effets du maléfice étaient bien plus puissants lorsqu'il s'agissait de Voldemort que de Queudver. Mais dans son état, le jeune Gryffondor était bien incapable de pouvoir penser un seul instant à graduer l'échelle des puissances. Se tordant violemment, il ne pouvait pour l'heure qu'hurler et se tortiller dans ses liens alors qu'il avait l'impression que sa chair était chauffée à blanc et que l'on jouait avec tous ses os jusqu'à ce qu'ils se brisent.

- L'impertinence est un défaut que je ne tolère pas le moins du monde, Potter ! S'exclama alors Voldemort alors qu'il levait le sortilège. L'impertinence et la bêtise, et malheureusement pour toi, les deux ont décidé d'élire domicile en toi !

- J-je m'en fiche ! Répliqua l'autre en sanglotant. T-tuez moi si ça v-vous chante, d'autres me vengeront et v-vous vaincront !

- Oh mais qui a parlé de te tuer? Dit-il avec un étonnement feint. C'est ton frère que je veux voir mort, ton sort lui m'intéresse si peu ! Mais vois-tu, si ce Harry que j'ai pu voir dans tes souvenirs est aussi impétueux et plein de bravoure que toi, il se précipitera sans attendre jusqu'à moi pour te sauver !

- Vous allez v-vous servir de moi comme… Comme un appât? Lui demanda Matthew alors qu'intérieurement, un duel faisait rage dans son esprit pour savoir si effectivement Harry viendrait ou non le sauver.

- Tu n'es pas si idiot que tu en as l'air, Potter ! Lui confirma le seigneur des ténèbres. Si mes capacités de déduction sont justes, et je ne doute pas qu'elles le sont, ta mère en fuyant le foyer familial a probablement été récupérer son cher fils chez sa sœur, et tous les deux sont probablement ensemble au moment où nous parlons. De ce que j'ai pu comprendre, ce n'était pas véritablement le grand amour entre lui et toi, mais ce n'est pas la même chose en ce qui concerne ta sang-de-bourbe de mère. Il me suffira d'avertir le monde magique que je retiens sous ma garde leur précieux élu pour qu'elle l'apprenne, et si ce n'est pas elle qui vient à ton secours alors elle demandera probablement à son fils aîné de te sauver, et je n'aurais alors plus qu'à éliminer la menace qui peut encore m'empêcher de régner sur le monde des sorciers.

Vu de cette manière, Matthew ne voyait pas de défaut à ce plan si ce n'est l'incertitude quant à l'aide de son frère ou non. L'aide de son frère… Cette seule idée le dégoûtait, et il ne pouvait toujours pas comprendre comment ce garçon sans talent particulier pouvait véritablement être celui que craignait le plus Voldemort.

- Mais assez discuté et divertissons nous plutôt, proposa soudainement le seigneur des ténèbres en s'éloignant légèrement. Je veux voir ce dont est capable celui qui fut pendant treize ans aux yeux des sorciers ma plus grande menace… J'espère que le jeu en vaudra la chandelle, alors ne me déçois pas Potter !

D'un geste de sa baguette, il coupa net les cordes enserrant encore Matthew, et celui-ci, bloqué depuis plusieurs minutes maintenant, eut bien du mal à parvenir à bouger correctement ses bras et ses jambes, et davantage de temps encore pour réussir à se mettre debout.

- Tu connais probablement les règles d'un duel sorcier, je me trompe? Lui demanda alors Voldemort tandis qu'il portait sa baguette vers son visage avant de l'abaisser d'un geste gracieux. Allons, Dumbledore serait fort fâché de voir que son petit protégé est si impoli quand il s'agit de respecter les règles de bonne conduite. Salue-moi comme il se doit, ou incline toi devant la mort Matthew, poursuivit-il en constatant que son adversaire n'avait aucunement intention de lui obéir.

Mais Matthew refusa tout net de lui offrir le privilège de lui offrir sa nuque et resta droit comme un I, le regard fixé sur la baguette de Voldemort. Celui-ci perdant patience le força alors à s'incliner par un sortilège tandis que les mangemorts, qui s'étaient positionnés en forme de cercle autour d'eux, riaient aux éclats devant ce spectacle.

- Fais donc honneur à ton sang impur Matthew et bats-toi comme ton père, fier devant l'adversité et le danger…

Fier, son père l'était toujours et les années avaient encore renforcé la fierté qui conduisait chaque jour durant son existence. Mais en serait-il autant dans cette situation, lui qui n'avait plus depuis longtemps affronté un puissant sorcier? Matthew en doutait.

- Que le champion de Poudlard fasse honneur à sa réputation ! S'exclama Voldemort en le pointant avec sa baguette. Ne me déçois pas Potter… Endoloris !

Matthew eut tout juste le temps de voir venir le maléfice et de l'esquiver par une roulade désespérée sur le côté avant qu'un autre ne l'atteigne quelques secondes plus tard, le clouant au sol pendant qu'une douleur insupportable le gagnait à nouveau.

- Très décevant, commenta le seigneur des ténèbres en profitant avec une joie manifeste du corps secoué de tremblements de son adversaire. Allons Matthew, ton frère pourrait certainement faire mieux que ça s'il se trouvait à ta place… Le fils prodigue humilié par l'enfant mal aimé de son propre père, la risée de sa famille… Quelle déchéance cela doit être d'être aujourd'hui plus faible que celui que l'on tourmentait tant autrefois !

Piqué au vif, et libéré du doloris, Matthew parvint à se remettre debout malgré la faiblesse de ses jambes, et le regard noir qu'il adressa à Voldemort en cet instant aurait pu en faire frissonner plus d'un… Sauf le seigneur des ténèbres.

- Stupefix ! Lança t-il alors que son sort fonçait droit sur lui.

Voldemort n'eut aucun mal à contrer le sort par un bouclier magique, puis il contre-attaqua par un autre doloris que Matthew esquiva avec bien des difficultés. Désespéré, celui-ci opta alors pour une seconde tactique beaucoup moins glorieuse : Se cacher. Aussi, la première pierre tombale qu'il trouva dans son champ de vision fut pour lui un cadeau inespéré derrière lequel il se jeta.

- J'espérais mieux de l'élu qu'une partie de cache-cache honteuse, commenta le seigneur des ténèbres alors que ses disciples gloussaient de nouveau. Tu n'es certainement pas un adversaire à ma hauteur Potter, mais je reste persuadé que ton frère le sera bien davantage.

Un sort fut directement envoyé sur la tombe servant de cachette à Matthew, et celle-ci explosa aussitôt en envoyant voler dans tous les sens des morceaux de pierre et de marbre. Le jeune Gryffondor eut à peine le temps de se cacher derrière une autre qu'un doloris vint le frapper dans le dos, le faisant s'écrouler par terre.

- Non ! Hurla Voldemort. MacNair, tu paieras pour cela ! Ajouta t-il à l'encontre du coupable.

Le maléfice cessa aussitôt, mais les effets eux durèrent encore quelques secondes avant que Matthew puisse de nouveau se mettre en position assise. Durant tout ce temps, Voldemort lui était resté immobile, attendant que son adversaire reprenne ses esprits pour relancer le duel, mais l'impatience et l'ennui étaient malgré tout perceptibles chez lui.

- Tu me fais perdre mon temps Potter, siffla t-il froidement. J'aurais déjà pu t'emmener ailleurs pourrir dans une cellule, mais j'espérais m'amuser un peu avant cette échéance. Je pense que nous allons abréger cette pénible tâche et passer à autre chose…

Une nouvelle fois, la pierre tombale servant de protection à Matthew explosa, mais celui-ci avait déjà prévu le coup ; Près de lui se trouvait la coupe de feu, négligemment posée à terre mais brillant encore d'une lumière intense. Alors sans réfléchir, et espérant surtout que le portoloin agissait dans les deux sens, il profita des projectiles envoyés dans toutes les directions pour se précipiter vers elle en ignorant les morceaux de pierre le frappant de plein fouet. Voldemort sembla comprendre rapidement ce qu'il avait l'intention de faire car il entendit dans son dos le sortilège d'attraction sortir de sa bouche, mais alors que la coupe volait rapidement dans sa direction, Matthew s'en saisit au passage et disparut avec elle du cimetière. Le Gryffondor n'entendit pas le hurlement de fureur du seigneur des ténèbres, pas plus que les sons émanant des tribunes du terrain de Quidditch ne lui vrillèrent les tympans à son arrivée. Non, à peine sentit-il l'épaisseur réconfortante de l'herbe sous son corps qu'il perdit connaissance.


A/N : Et voilà ! Chapitre bouclé ! ça faisait longtemps que je n'en avais pas fait un aussi long ! J'espère que vous avez apprécié?

J'ai beaucoup aimé l'écrire même si comme je l'ai dit au début, j'ai mis plus de temps que je ne l'aurais crû pour le faire. En tout cas, ça y est : On passe un nouveau cap dans cette fiction, la révélation !

Enfin révélation... C'est surtout Voldemort qui se rend compte que personne a part lui ne pensait qu'Harry puisse être l'élu et non pas Matthew. Quelle surprise ! J'ai d'ailleurs été étonné que personne ne pense à cette éventualité dans un commentaire ^^. La presse etc. ont dit pendant des années que c'était le frère cadet l'élu alors que dans le même temps l'aîné est totalement invisible aux yeux des autres, alors personne n'a jamais pensé à remettre en cause cette affirmation de Dumbledore ! Maintenant que Matthew sait qu'il n'est pas l'élu, comment va t-il réagir ? La déprime? Le déni? La colère? Ou même l'acceptation? Et surtout, comment vont réagir Dumbledore et James devant le récit du Gryffondor !? Je sais que vous attendez avec impatience ce moment ^^.

J'avais encore deux/trois autres idées en tête pour combler ce chapitre, notamment une où Voldemort remonte encore plus loin dans les souvenirs de Matthew et reste longuement sur la fameuse soirée du 31 octobre pour bien montrer à celui-ci qu'il n'est pas l'élu, mais bon je me suis dit que c'était déjà très bien comme ça.

Alors maintenant pour le prochain chapitre, j'ai deux possibilités : Mon idée de départ était un retour sur Harry/Gabriel à Metz (avec toutes les éventualités que vous pouvez imaginer concernant ce chapitre), ou alors un chapitre faisant directement suite à celui-là (et qui suit dans ses grandes lignes le déroulement de l'après troisième tâche) ; Ce chapitre ne serait au final qu'un comblement puisque la première possibilité va être de toute manière écrite. Comme je sais que beaucoup souhaitent connaître la réaction de Dumbledore et James, je me doute un peu de votre réponse xD.

Comme je suis assez occupé avec mon mémoire, je ne vais donner aucune date de publication pour le chapitre 47 ; Si je suis inspiré comme pour celui-là, je pourrais tout aussi bien avoir des passages à vide de deux semaines comme une soirée où je peux écrire plusieurs milliers de mots d'un coup !

Sur ce, à bientôt !