Bonjour à tous !
Pour une fois que je respecte le délai fixé d'un mois, je suis très content de moi ! J'espère que vous passez un bon Weekend?
Avant toute chose, et après l'avoir oublié pour les... trois/quatre derniers chapitres, je tiens sincèrement à vous remercier pour "l'engouement" autour de cette fiction ; Je n'aurais jamais pensé lorsque je l'ai commencé que je puisse atteindre un jour les 1000 reviews (bon là on en est à 100 en plus... Quand je vous dis que j'ai des problèmes de mémoire ^^). Non plus sérieusement, je suis vraiment très content pour ne pas dire même fier de voir le nombre de favoris ou de suivis sur cette histoire qui continuent à augmenter, sans compter les vues qui n'ont pas vraiment baissé ; On pourrait parler d'un petit cercle de fidèles d'une certaine manière ;).
Dans une autre note moins joyeuse, je tiens à aborder un sujet qui me chagrine un peu : Mes autres histoires. Autant vous dire que je n'ai pas la même motivation pour les écrire, et avec du recul, je suis même par moment honteux d'avoir pu écrire certaines énormités que l'on peut retrouver à l'intérieur de l'une d'elles. J'en arrive au point où je ne lis même pas les reviews qu'on me laisse dessus par peur des commentaires, des réactions (même positives), des avis qu'on peut avoir sur elles. Je ne pourrais pas l'expliquer, mais j'ai un blocage considérable sur ce sujet là. L'une a été écrite il y a des années maintenant (une autre destinée pour l'élu), et il y a énormément de choses que j'aimerais changer à l'intérieur, mais je ne me sens pas capable de la recommencer. L'autre (Le lys de Versailles) n'a pas eu le même succès que ses "soeurs", et peut-être parce que le sujet est beaucoup plus sérieux, il demande également beaucoup plus de recherche, et en raison de mes études, je n'ai pas de temps à lui accorder. Alors je pensais tout simplement... Les abandonner, pour me concentrer exclusivement sur celle-là. Je sais que ce commentaire ne servira peut-être à rien, mais je tenais quand même à informer ceux qui jonglent d'une histoire à l'autre en espérant encore la publication d'un chapitre. Je pense d'ici peu les supprimer pour éviter d'avoir à nouveau d'autres commentaires me demandant peut-être quand est-ce que la suite sera publiée.
Maintenant, je remercie les gens qui ont laissé un commentaire pour le précédent chapitre ! Je me doutais bien qu'il ferait réagir ^^. Au passage, Alpo, tu n'étais pas obligé de mettre toutes ces reviews ; Une seule globale aurait suffi :).
Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Hm... Bah le chapitre 47 va vite te détromper ^^.
Guest : Thank You !
Guest2 : Merci pour ton commentaire ! Spécial dans quel sens? Et puis considérer Napoléon comme un dictateur... Même les historiens débattent encore là-dessus.
Guest3 : Merci pour ton commentaire ! Tu as encore... 44 chapitres pour véritablement détester James, Dumbledore et Matthew ^^. Après... Je ne suis pas sûr que le sort que tu leur réserves arrivera vraiment dans cette fiction !
Maintenant concernant ce chapitre, bah... c'est la suite directe du précédent ! J'espère que la tournure vous plaira.
Sur ce, bonne lecture !
Ce n'était pas la première fois que Matthew finissait à l'infirmerie, et Madame Pomfresh aurait pu depuis longtemps établir un classement des élèves lui rendant le plus souvent visite dans lequel il se serait retrouvé en bonne place sans jamais pouvoir atteindre le niveau des jumeaux Weasley. Pourtant cette fois-ci était différente, car désorienté comme il l'était actuellement, il était bien incapable de savoir depuis combien de temps il se trouvait là, où d'ailleurs il pouvait bien se trouver et avec qui, et il n'était pour l'heure pas en mesure de trouver une réponse à ses questions. Du moins pouvait-il d'ors et déjà affirmer ne plus se trouver sur l'herbe du terrain de Quidditch, à moins que celle-ci soit devenue aussi chaude et réconfortante que l'épaisse couverture sous laquelle il était allongé.
La douleur elle qu'il ressentait dans chaque partie de son corps était bien réelle, de même que la difficulté de pouvoir seulement bouger l'un de ses membres comme si son poids avait soudainement doublé durant son sommeil. De la tête aux pieds, la sensation de se faire taper dessus à coup de gourdin était bien présente, mais il se sentait encore trop faible pour ne serait-ce qu'exprimer par un gémissement la gêne qu'il ressentait. Ses paupières étaient elles-mêmes trop lourdes pour parvenir à les lever, et l'état de fatigue dans lequel il se trouvait l'incitait davantage à essayer de se replonger dans un sommeil salvateur plutôt qu'à tenter d'émerger de l'état léthargique dans lequel il avait été plongé.
Pourtant, il parvenait tout de même à entendre des sons, distants et incompréhensibles pour ses pauvres oreilles, comme si sa tête était plongée dans un bassin et que des voix s'exprimaient au dessus de lui. L'origine de ces sons ne lui était pas connue, comme tout le reste d'ailleurs, mais il avait l'impression qu'il s'agissait de voix, et étant donné la différence de tonalité qu'il parvenait à remarquer, il en déduisit que plusieurs personnes s'affairaient autour de son lit, des hommes très certainement.
Au bout d'un certain temps, il parvint à déterminer le nombre de personnes discutant près de lui, puis il lui fallut encore davantage de temps pour parvenir à mettre un visage sur chacune des voix.
- Pomfresh avait dit qu'il devait se réveiller il y a déjà une demie heure, souffla son père en brisant le silence qui s'était installé depuis plusieurs minutes.
Curieusement, Matthew se sentit touché par la sollicitude de son père, mais davantage encore par la pointe d'inquiétude qu'il pouvait sentir dans sa voix. James avait beau lui offrir tout ce qu'il voulait et lui montrer toute l'affection et l'attention qu'il désirait, il ne parvenait malgré tout pas à faire oublier à son fils qu'il demeurait un père absent dans sa vie et pour le moins distant, plus préoccupé par ses responsabilités et par le train de vie qu'il menait que par l'éducation de Matthew. Pourtant aujourd'hui, James laissait entrevoir autre chose, une facette de sa personnalité que Matthew ne lui connaissait guère mais qui lui faisait grandement plaisir ; Pour un peu, il en souhaiterait presque devoir constamment braver le danger et se retrouver à l'infirmerie si cela pouvait le rapprocher de James.
- Il faut du temps pour se remettre d'un doloris, lui expliqua posément Dumbledore. Il n'existe aucun remède pour soigner les effets de ce sortilège autre que le repos et un bon repas, et connaissant l'appétit de Matthew, je suis persuadé qu'il sera rapidement sur pied !
- Mais… Mais vous avez entendu Pomfresh tout comme moi tout à l'heure, insista James en posant un regard douloureux sur son fils. Ce n'est pas un sortilège mais plusieurs dont il a été la cible, ou alors il a été sous le coup d'un seul sort pendant une durée très longue…
Matthew ne le vit pas, mais le regard de James au moment où il se tourna vers le directeur était en proie à une profonde tristesse au moment d'évoquer l'état de santé de son fils cadet :
- Les Longdubat ont été torturés de la même façon par le passé, et vous savez comment cela s'est terminé, dit-il douloureusement. Je ne veux pas que mon seul fils devienne un légume…
- Matthew est fort, il saura surmonter cette épreuve, lui affirma le directeur.
- Vous insinuez que Franck et Alice ne l'étaient pas? Intervint Sirius d'une voix grave.
- La différence réside dans le fait que Matthew a une grande tâche à accomplir ; La prophétie le nomme clairement comme celui qui peut vaincre Voldemort, et il serait hasardeux d'imaginer que Matthew puisse être durablement atteint par quelques Doloris avant même que la guerre ne commence véritablement.
La prophétie… Matthew en aurait presque oublié de s'interroger sur la raison pour laquelle il se trouvait à l'infirmerie, mais à présent que Dumbledore venait d'évoquer ce sujet, tout lui revenait en mémoire aussi vite qu'un transplanage. Oh oui, maintenant qu'il y pensait, il avait bien failli y laisser sa peau dans ce fichu cimetière ! Le jour était déjà levé, et il devait probablement s'être écoulé plusieurs heures depuis son retour à Poudlard, mais il se rappelait encore du duel contre Lord Voldemort. Un duel? À dire vrai lui-même savait pertinemment qu'il avait été lamentable contre lui, et plus encore il n'avait certainement pas fait honneur à son statut de champion de Poudlard. Fuir comme un lâche, être incapable de pouvoir tenir tête au mage noir, se sentir si impuissant et désemparé face à cette situation nouvelle et imprévue…
Matthew ne savait finalement pas si la douleur qu'il ressentait encore en lui était le fruit des multiples doloris reçus ou bien celle, plus profonde encore, de la honte qui le submergeait en repensant à cette entrevue avec Voldemort. Minable… Oui c'est bien ce qu'il était, et maintenant qu'il savait que la prophétie ne le concernait pas, il commençait à se demander si tout compte fait, ses faibles aptitudes magiques n'avaient pas été depuis tout ce temps un indice important quant à son véritable statut. Un élu? Lui? La bonne blague ! Il n'en avait jamais eu l'étoffe, et Dumbledore pourrait dire ce qu'il voudra à ce sujet, il fallait bien être stupide pour ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Alors être un élu, probablement que non, mais un idiot, très certainement.
- Servilus n'est toujours pas revenu, commenta alors Sirius pour changer de sujet. Il fricote peut-être déjà avec ses anciens petits copains !
- Severus sait où sa fidélité doit le porter, et ce n'est certainement pas du côté de Voldemort, dit Dumbledore. Je ne m'étonne pas de son retard, et tout comme lui j'avais supposé qu'il ne puisse pas revenir de ce premier entretien avec Voldemort en un seul morceau ; Il a travaillé pour moi dans cette école depuis plusieurs années et aurait eu tout le loisir de me tuer depuis tout ce temps, il a empêché Quirrell de s'emparer de la pierre philosophale et Voldemort pourrait même lui reprocher de ne pas être venu tout de suite lorsqu'il a appelé ses lieutenants. À l'heure qu'il est, je suis certain qu'il n'est pas en état de pouvoir revenir.
- Tant mieux, lança farouchement Sirius en regardant autour de lui distraitement.
Le silence se fit de nouveau, et étrangement, Matthew ne se sentait pas l'envie de le rompre en faisant mine d'émerger de son sommeil. Jouer l'endormi avait étonnamment beaucoup d'avantages, et l'envie de rester dans cet état pendant encore un long moment fut si grande qu'il se sentait prêt à retourner véritablement dans les bras de Morphée.
Mais en même temps, une autre voix discordante dans sa tête, la voix de la raison peut-être, lui soufflait surtout qu'il agissait encore une fois comme un lâche. Un lâche, c'était bien ce qu'il était à préférer faire l'inconscient plutôt qu'affronter une réalité dure à encaisser, à devoir raconter le récit de ses folles aventures dans le labyrinthe puis sa rencontre avec Queudver, Voldemort et ses disciples pour finalement conclure en beauté son histoire par un duel duquel il était parvenu à s'extirper en faisant preuve d'une couardise dont lui seul avait le secret. Se réveiller, c'était surtout leur annoncer qu'une terrible erreur avait été commise à son sujet, que l'élu ne gisait actuellement pas dans ce lit, qu'il n'était pas drapé d'un pyjama aux couleurs de Gryffondor et qu'il n'avait jamais fait partie de cette gigantesque mascarade qu'était le tournoi des trois sorciers. Le véritable élu lui était ailleurs, Merlin seul savait où, mais certainement pas entre les murs de Poudlard à attendre comme tout le monde d'avoir des nouvelles du vainqueur du tournoi.
Non, l'élu vivait sa vie de son côté, probablement auprès de leur mère et de leur petite sœur, loin des tracas et problèmes qu'engendraient ce statut moribond de survivant, des responsabilités qui incombaient à la véritable menace du seigneur des ténèbres, de toutes ces machinations tournant autour de lui sans qu'il n'en ait véritablement conscience, si éloigné désormais de ces adultes qui auraient pu lui dicter sa conduite, sa vie, son existence… Matthew lui en voudrait presque de ne pas avoir été l'élu plus tôt, au moins il aurait été débarrassé d'un fardeau qui lui aura bien fait plus de mal que de bien depuis treize ans.
«Libre...» pensa t-il soudainement en imaginant ce qu'était son frère aujourd'hui. «Il est libre, et moi je suis enfermé dans un rôle devenu trop grand pour moi, dans un costume qui ne me sied pas, pour une pièce où j'aurais dû jouer les seconds rôles...».
La liberté. Ô comme ce mot sonnait si merveilleusement bien à ses oreilles… En cet instant, il enviait tant son frère de pouvoir en jouir à sa guise quand lui avait l'impression maintenant d'être emprisonné entre les murs de Poudlard, entre les mains de Dumbledore, entre les limites de son statut d'élu… Harry allait bientôt être majeur, il avait peut-être fini son cursus scolaire à présent et entamait des démarches pour commencer une carrière professionnelle, peut-être même allait-il se marier? Vivant dans le monde sorcier ou non, son frère avait encore le champ libre pour se diriger vers un horizon où son destin n'était pas encore tracé, quand lui n'avait eu jusqu'à présent comme seul horizon que son combat final contre Voldemort dont le résultat allait jouer un rôle majeur dans le destin du monde lui-même.
Mais ce destin, il en était à présent libéré, au contraire de son frère qui allait devoir sous peu s'atteler à reprendre le flambeau et à servir d'étendard face à Voldemort, quitte à mourir face à lui… Il n'avait qu'à ouvrir les yeux, raconter en détail les dires du seigneur des ténèbres, et immédiatement l'attention du directeur ne se porterait plus sur lui mais sur ce frère disparu, et rien qu'à l'idée de briser le tableau idyllique qu'il se faisait de la vie d'Harry loin d'eux, Matthew en souriait ; Lui en faire baver, juste une dernière fois… C'en était exaltant.
- Il se réveille, lança Sirius en remarquant que les jambes de son neveu commençait à remuer sous les couvertures.
- Matthew? S'enquit aussitôt son père en rapprochant sa chaise de la tête de lit. Hey Matt', c'est papa…
Matthew fit mine de se réveiller d'un profond sommeil, les yeux toujours clos mais le corps bougeant allègrement sur le matelas du lit. Papillonnant des yeux, il ne put toutefois pas simuler l'éblouissement des rayons du soleil dès lors que ses iris entrèrent en contact avec eux, et il mit un temps long avant que sa vue au départ floue parvienne à se stabiliser suffisamment pour dessiner les contours des silhouettes des trois hommes autour de son lit.
- Où… Où suis-je? Demanda t-il d'un ton prudent en essayant de paraître aussi innocent que possible.
- à l'infirmerie champion, lui répondit son père en passant une main affectueuse dans ses cheveux. Tu es resté toute la nuit endormi… Tu nous as fait une sacrée peur !
- Peur? Répéta t-il en fronçant légèrement les sourcils. Mais… Mais pourquoi?
- Tu ne te souviens pas de la dernière tâche du tournoi? Lui demanda avec douceur Dumbledore.
Matthew fit mine de réfléchir à la question, les yeux perdus dans le vague alors qu'il essayait de donner l'impression de chercher vainement à se rappeler du pourquoi il était là. Puis son regard s'anima, ses yeux s'agrandirent tandis que ses sourcils se perdaient dans les mèches auburn de ses cheveux.
- Le tournoi ! S'exclama t-il en regardant avec effroi les trois hommes. Professeur ! Le tournoi était un piège, il faut que vous m'écoutiez !
- Calme toi Matthew, lui répondit aussitôt le directeur alors que James tentait de repousser son fils dans le creux de son oreiller. Nous sommes malheureusement déjà au courant de cette partie de l'histoire, et crois bien que nous sommes navrés de ce qui a pu t'arriver hier soir…
- Vous êtes au courant? Souffla Matthew. Mais… Comment?
Dumbledore et James se regardèrent quelques secondes comme si l'un cherchait à avoir un accord tacite avec l'autre sur la démarche à suivre pour expliquer en douceur les événements de la veille, puis comme le père de Matthew préférait rester silencieux et se concentrer plutôt au bien être de son fils cadet, Dumbledore reprit la parole :
- Nous avons compris que la coupe était un portoloin peu de temps après que tu ais été transporté ailleurs à cause d'elle, lui raconta le directeur d'un ton posé. L'un des gardiens du labyrinthe avait auparavant vu les étincelles rouges tirées en l'air et que les concurrents devaient normalement lancer pour annoncer leur abandon ou leur impossibilité à se sortir d'une difficulté…
- Le gardien c'était moi, intervint alors une cinquième personne que Matthew n'avait pas encore vu en raison du fait qu'elle se trouvait à quelques mètres derrière Dumbledore.
Le Gryffondor remarqua aussitôt la présence de Maugrey Fol-Oeil, et celui-ci, contrairement aux autres, semblait particulièrement détendu, presque heureux. Son œil magique tourbillonnait dans tous les sens tandis qu'il astiquait doucement le canon de son mousquet avec un chiffon, un petit air légèrement sifflé sortant de temps à autre d'entre ses lèvres.
- Alastor s'est immédiatement dépêché dans la direction des étincelles, et il est revenu quelques instants plus tard avec Cédric Diggory, reprit le directeur alors que sa voix baissait soudainement de plusieurs octaves. La coupe avait disparu, et aux dires de Monsieur Diggory, tu t'étais également retrouvé là quelques instants auparavant, ce qui nous a laissé penser que tu avais été également transporté ailleurs...
Le regard qu'il lança alors à Matthew le désarçonna complètement ; Jamais Dumbledore ne l'avait regardé comme ceci, comme s'il semblait… déçu par lui?
- Ce qui est fait est fait et nous ne pouvons pas revenir en arrière sur tes agissements passés Matthew, mais je me permets tout de même d'exprimer ma profonde déception quant à tes actions à l'encontre de l'autre champion de Poudlard. Une victoire dans les règles était bien évidemment encouragée, mais l'éclat de la victoire de notre école n'aurait été que plus grand encore si les deux champions de Poudlard étaient ressortis du labyrinthe en tenant tous les deux la coupe…
- Qu'est-ce que ça peut vous faire, répliqua Matthew sur la défensive. Lui au moins n'a pas été transporté ailleurs à cause de cette maudite coupe, et peut-être qu'il serait mort à l'heure qu'il est si cela n'avait pas été le cas !
- évidemment, lui assura Dumbledore. Je partage également ton point de vue sur cette possibilité, mais vois-tu, le reste de l'école n'est pas au courant que tu as failli mourir la nuit dernière… Monsieur Diggory, emporté par ses émotions, s'est de son côté empressé de rapporter à ses camarades le fait que tu te sois comporté d'une manière bien au-delà des idéaux de partage et de fraternité de la maison Poufsouffle en l'abandonnant face au danger… Les ragots étant ce qu'ils sont, l'histoire s'est malheureusement répandue comme une traînée de poudre dans toute l'école, et je pense qu'aujourd'hui tout le monde est courant.
Bien malgré lui, Matthew ne put s'empêcher de grimacer devant cette nouvelle ; Déjà qu'il traînait derrière lui une bien piètre réputation, cette histoire n'allait probablement pas arranger l'image que l'on dépeignait de lui parmi les élèves. Mais peut-être pourrait-il arrondir les angles d'une certaine manière? Trouver une explication à son comportement? Affirmer avoir été sous l'emprise d'un sort par exemple? L'idée était tentante…
- Nous avons alors attendu ton retour avec une certaine angoisse, poursuivit le directeur. Les minutes se sont écoulées sans que tu ne réapparaisses, et ton parrain commençait déjà à prendre contact avec le bureau du département des aurors pour lancer des recherches et essayer de te retrouver. Mais tu es alors réapparu à ce moment là, le corps couvert de sang et tremblotant continuellement. Nous t'avons alors envoyé ici pour une consultation d'urgence, et nous avons veillé depuis lors sur toi en attendant que tu te réveilles pour nous apporter quelques réponses aux questions que nous nous posons depuis plusieurs heures…
- Ne pourrions-nous pas attendre avant de commencer cet interrogatoire? Lui demanda alors James. Il n'a rien avalé depuis hier soir, et étant donné ce qu'il a vécu, un bon petit-déjeuner pourrait faire l'affaire…
- Chaque seconde qui passe est une seconde perdue dans notre lutte contre Voldemort James, lui répondit Dumbledore. Nous ne savons rien des plans de Voldemort, sur la manière avec laquelle il est parvenu à revenir dans le monde des hommes, et sur ce qui a bien pu se passer cette nuit-là et qui nous permettrait d'obtenir quelques informations cruciales dans notre combat. Nous pourrions tout aussi bien attendre le retour de Severus, mais je préférerai connaître les détails maintenant plutôt que de les obtenir dans une heure, dans une journée, ou même dans une semaine !
- Mais… Mais il vient de se réveiller, insista son père. Nous pourrions le laisser souffler quelques instants…
Mais le regard que lui lança Dumbledore à ce moment-là suffit à briser ses dernières défenses. Vaincu, James se contenta de passer une main rassurante dans le dos de son fils comme s'il cherchait d'une certaine manière à lui apporter un soutien physique allant bien au-delà des simples mots qu'il se savait incapable de prononcer.
- Si tu veux bien te donner la peine d'éclaircir nos lanternes Matthew, nous sommes tous disposés à t'écouter, l'invita le directeur d'un ton poli.
Nerveux, Matthew regarda d'abord son père dont le sourire rassurant lui réchauffa légèrement le cœur, avant de passer brièvement à Sirius puis à Fol-Oeil. Curieusement, ce dernier semblait aussi intéressé que les deux autres par son histoire, et ses deux yeux regardant d'ordinaire dans des directions différentes l'observaient fixement tandis qu'il avait tout simplement arrêté de nettoyer son arme.
- Je… La coupe était un portoloin, mais je m'en suis rendu compte trop tardivement, commença t-il alors sans oser regarder Dumbledore dans les yeux. Je n'ai pas pensé à la relâcher car je pensais qu'il s'agissait d'une partie supplémentaire à la dernière tâche. Je me suis alors retrouvé dans un cimetière au sommet d'une colline… Il y en avait une autre juste à côté, et un manoir la dominait…
- Un cimetière? Répéta James d'un ton incrédule.
Mais Dumbledore le fit taire d'un geste avant d'en adresser un autre à Matthew pour qu'il poursuive son récit.
- Quelqu'un est arrivé par la suite, et il tenait entre ses bras un paquet… L'homme a alors commencé à m'attaquer pour essayer de m'immobiliser, mais je me suis vaillamment défendu ! Affirma t-il en essayant d'apporter toute la confiance dont il était capable dans sa voix. Nous avons combattu pendant une dizaine de minutes et j'ai bien failli le vaincre, mais il a été plus malin que moi et a fait exploser une pierre tombale derrière moi pour me distraire et me frapper avec un sort.
Souriant intérieurement, Matthew ne voyait absolument pas comment Dumbledore pourrait douter de la véracité de ses propos, et quitte à leur raconter le retour de Voldemort, ne valait-il pas mieux essayer de redorer un tant soit peu son blason?
- Il a alors enlevé la capuche qui masquait son visage, et j'ai pu voir qu'il s'agissait en vérité de Queudver !
- Le traître !? Pesta James en se levant d'un bond. Si j'avais été là, il ne serait certainement pas ressorti vivant de ce cimetière… J'espère que c'est le cas? Ajouta t-il en se tournant de nouveau vers Matthew.
Pour son malheur, Matthew lui répondit en secouant négativement sa tête, et tandis que son père s'asseyait sur sa chaise en soufflant de dépit, son fils eut le bref sentiment d'un regret concernant effectivement le sort de Pettigrow.
- Il a allumé un chaudron, et il a alors commencé à effectuer un rituel, dit-il lourdement alors qu'il se remémorait ce moment. Il a d'abord jeté le paquet qu'il portait dans la potion, et on aurait dit un petit bébé… Il a ensuite ajouté trois ingrédients à sa potion...
Là, ce fut au tour de Dumbledore de paraître plus intéressé que les autres par son récit ; Le vieux sorcier se rapprocha soudainement du bord de sa chaise au risque de tomber, et joignant ses mains au niveau de son menton, il écoutait avec une attention non feinte les paroles de son élève.
- Il a commencé par utiliser des os sortant de la tombe à laquelle j'étais attaché, narra Matthew. Il a dit que c'était les ossements du père qui feraient renaître le fils.
- Tom Jedusor Sr…, marmonna le directeur pensivement.
- Ensuite, il a dit que la chair du serviteur ferait revivre son maître… Et il s'est coupé une main…
Même si chaque personne présente détestait de tout son être leur ancien allié, chacun eut cependant une grimace de dégoût en découvrant jusqu'où Peter était capable d'aller par fidélité pour son maître… ou par peur de celui-ci.
- Il s'est alors approché de moi, il a libéré mon bras des cordes qui me retenaient prisonnier, et il a alors dit que le sang de l'ennemi, pris par la force, ferait ressusciter celui qui le combat… Et il m'a poignardé avec sa dague…
N'y tenant plus, et faisant fi de la douleur possible qui en résulterait pour Matthew, James se saisit aussitôt du bras de son fils, et enlevant prestement les bandages, il constata avec stupeur et horreur qu'une plaie en état de cicatrisation déjà avancé avait élu domicile sur sa peau, une plaie qui, étrangement, gardait d'étranges rougeurs par endroit formant en les combinant une marque que chacun pouvait reconnaître pour l'avoir déjà vu à de nombreuses reprises par le passé…
- La marque des ténèbres ! Hurla James en regardant avec de grands yeux l'avant-bras de son fils.
- Shht James, siffla aussitôt Sirius alors qu'il plaçait rapidement un sortilège de mutisme autour d'eux. Pas la peine de crier, nous l'avons vu aussi…
- Est-ce… Est-ce qu'il va être marqué à vie ?! Bafouilla le père de Matthew en se tournant vers Dumbledore.
- Je ne pense pas, répondit t-il en analysant quelques instants la marque avec sa baguette. C'est probablement un effet du rituel effectué, mais la peau est simplement gonflée et rougeâtre, ce n'est pas comme les tatouages que possèdent les mangemorts.
James parut très légèrement rassuré, mais ses yeux continuaient d'alterner entre la marque que possédait son fils et celui-ci, comme s'il hésitait entre la possibilité que Matthew ait pu être marqué comme mangemort et le fait qu'il s'agissait malgré tout de son fils et qu'il était innocent jusqu'à preuve du contraire de ce qui avait bien pu lui arriver hier.
- Continue Matthew, l'invita une nouvelle fois Dumbledore.
- Je… Je l'ai vu alors retourner au chaudron, et il a jeté dedans quelques gouttes de mon sang, se rappela t-il après quelques instants de réflexion. Il y a alors eu beaucoup de fumée, mais au bout d'un certain temps, j'ai vu une silhouette apparaître… Je l'ai vu LUI…
Ses paroles jetèrent un froid au sein de leur petit groupe, et de manière réconfortante, James pressa sa main sur l'épaule de son fils même si Matthew sentait poindre dans ce geste une certaine maladresse ; Décidément, son père n'était vraiment pas à l'aise dès lors qu'il fallait faire parler ses émotions ! Pour autant, il choisit de profiter de la situation pour faire parler ses propres talents de comédien, et parvenant à faire apparaître des larmes aux coins de ses yeux, il donna ainsi la parfaite illusion du jeune homme fortement secoué par ce qu'il avait traversé… Même s'il l'était effectivement.
- Il a commencé à inspecter son… Son corps, murmura t-il en respirant lourdement. Ensuite il a commencé à parler tout seul, à se demander qui aurait le courage parmi ses fidèles de revenir auprès de lui…
- Aurais-tu des noms à nous donner? Lui demanda aussitôt Sirius. Azkaban pourrait sous peu se remplir de quelques détenus supplémentaires !
- J'en ai oui…, lui assura son neveu. Mais ils sont arrivés après. Juste avant il s'est mis à me parler, à dire qu'il était ravi que je sois là pour assister à son retour. Mais après… il m'a demandé mon âge, et quand je le lui ai donné, il s'est soudainement mis en colère et a torturé Queudver !
Les trois adultes autour de lui parurent alors perplexes, et chacun se demandait intérieurement la raison pour laquelle Voldemort avait crû bon de connaître l'âge de Matthew ; Peut-être ressentait-il un certain plaisir à tuer un adolescent de quatorze ans? Mais cela n'expliquait pas pourquoi il avait torturé Pettigrow...
- Il…, reprit en reniflant Matthew. Il a dit que…
Les mots semblaient ne jamais vouloir sortir de sa bouche, comme si la vérité était trop dure à entendre même pour lui. Leur avouer cela pourrait avoir des conséquences au moment même où il leur donnerait cette information capitale pour la guerre à venir, une guerre où il passait subitement du premier plan à un second rôle quand son frère aîné, jusqu'alors cantonné en coulisses, était soudainement mis sur le devant de la scène pour tenir le premier rôle d'une pièce qui n'avait pas été écrite pour lui… Du moins par Dumbledore.
- Tu peux tout nous dire Matthew, lui rappela d'ailleurs le vieil homme en esquissant un sourire disparaissant rapidement dans les longs poils de sa barbe blanche. Tu sais qu'ici tu es en sécurité et entouré de gens qui ne te veulent que du bien…
Matthew aurait aimé le croire, mais il savait également que Dumbledore réagirait d'une manière tout à fait différente dès lors qu'il saurait la triste vérité. Peut-être même que son père se comporterait avec lui de la même façon qu'il l'avait fait avec Harry en sachant que son précieux fils n'était pas destiné à être celui dont parlait la prophétie… Un coup d'œil en direction de James et du sourire rassurant qu'il tentait de maintenir sur son visage ne le rassura guère, et c'est en baissant le regard sur ses couvertures auxquelles il se cramponnait comme sur un morceau de bois au milieu de l'océan qu'il reprit la parole :
- Il a dit que… Que je n'étais pas… Que ce n'était pas moi qu'il voulait, que c'était un autre, que je n'étais pas l'élu ! S'écria t-il presque en sentant ses yeux s'humidifier davantage.
Jamais Matthew ne leva le regard vers eux, mais le silence qui accompagne ses paroles fut tel qu'il crut l'espace d'une seconde qu'il s'était soudainement retrouvé seul à l'infirmerie, et que cette conversation n'avait été que le fruit de son imagination. Oh comme il aurait aimé cela, croire un instant que tout cela n'était qu'un rêve, que la journée de la veille ne s'était jamais passé et que la dernière épreuve du tournoi allait débuter dans quelques heures… Oh oui qu'il aimerait cette porte de sortie à une réalité qui lui faisait mal, à ce silence de la part de Dumbledore, de son père et de son parrain qu'il interprétait comme le signe d'une profonde désillusion, d'une désaffection de leur part à son égard, d'une sorte de culpabilité manifeste que l'on tenterait de lui mettre sur le dos pour ne pas avoir été ce fameux élu sur qui reposait tous les espoirs d'une communauté magique désabusée et trop confiante dans les capacités de son champion…
- Je… J'ai bien peur de ne pas comprendre…, bredouilla Dumbledore en perdant pour la première fois de son assurance. Pourrais-tu répéter ce que tu viens de dire?
- Il a dit que je n'étais pas l'élu ! Lui répondit-il une seconde fois en perdant patience. Votre élu, votre champion, celui qui l'a vaincu il y a treize ans, celui que vous avez entraîné pendant toutes ces années en lui faisant croire à un mensonge !
- Matthew voyons, Voldemort a peut-être simplement tenté de répandre le doute en toi pour gagner un ascendant psychologique sur toi…
- Non ! Persista le jeune homme alors que quelques têtes commençaient à se tourner depuis les autres lits et que Sirius renforçait le sortilège de mutisme. Il a parlé d'Harry, et il a dit que c'était lui qui lui avait renvoyé son sortilège, pas moi ! Comment pourrait-il le connaître et affirmer cela si ce n'était pas effectivement lui qui l'avait battu cette nuit-là !?
- Cela ne prouve rien, insista Dumbledore en reprenant une voix plus ferme. Explique nous les preuves qu'à avancé Voldemort pour affirmer que tu n'es pas l'élu.
- Il… Il a raconté le fil de cette soirée de Samain depuis le moment où Queudver lui a indiqué l'endroit où l'on vivait ! Dit-il alors que des trémolos commençaient à apparaître dans le son de sa voix et que sa gorge se nouait sous l'émotion. Il a dit qu'il avait d'abord vaincu papa, puis qu'il s'était dirigé à l'étage en direction de l'endroit où se trouvait maman… Ensuite, il s'est débarrassé d'elle, et il a voulu s'en prendre à nous en commençant par celui qui lui poserait certainement le moins de problème : Moi !
- Et ensuite? Lui demanda Dumbledore alors qu'une curiosité non feinte se faisait sentir dans le son de sa voix.
- Ensuite !? Répéta Matthew avant qu'un gloussement désabusé ne sorte de sa bouche. Ensuite ? Il a lancé le sortilège de mort dans ma direction, mais Harry s'est interposé et le lui aurait renvoyé ! Voilà, fin de l'histoire !
- Impossible…, marmonna le directeur de Poudlard alors que Sirius paraissait pour la première fois incapable d'émettre le moindre commentaire sarcastique.
- Oh si, et je peux même vous dire qu'il en est persuadé ! Lui certifia le Gryffondor. Il a bien précisé que cette nuit, c'est un enfant capable de lui parler qui l'a vaincu et pas un bébé, et que cet enfant devrait aujourd'hui être plus vieux que celui qui s'est retrouvé face à lui hier soir !
- ça ne peut pas être possible ! Dit alors Dumbledore en élevant légèrement la voix. Il n'y avait que toi et ta mère dans cette chambre cette nuit là ! Je le sais puisque je suis arrivé très peu de temps après ! Le toit de la chambre s'était effondré, et au milieu des gravats, il ne restait que toi, ta mère et les restes de la robe de Voldemort…
- Il… Harry était là aussi…, intervint tout à coup James d'une voix monocorde.
Tous les regards se tournèrent vers lui, mais James continuait à fixer les couvertures de Matthew sans même sourciller ; Son fils eut la très nette impression qu'il revivait pour la première fois les événements de cette soirée du 31 octobre, comme un vieux souvenir que l'on avait enfoui depuis des lustres au fond de sa mémoire et que l'on tentait à présent de restaurer en éliminant la poussière qui s'y était accumulé.
- Je ne peux pas le certifier, mais Lily, elle… Elle s'est occupée de lui ce soir là, narra t-il en passant nerveusement une main dans ses cheveux. Elle l'aurait trouvé sous les gravats de la chambre, et il saignait abondamment au niveau de sa tête… Mais je n'y avais pas prêté la moindre attention, j'étais trop heureux de savoir que mon fils cadet avait vaincu Voldemort pour même remarquer ce détail…
- C'est absurde, objecta farouchement Dumbledore. Toutes ces preuves ne sont qu'un amoncellement de coïncidences qui ne s'emboîtent pas les unes aux autres et aux dires d'un mage noir qui tente de semer le trouble dans nos esprits.
- Alors comment pouvait-il être au courant de l'existence d'Harry alors que tout le monde aujourd'hui a oublié que j'avais un frère aîné? Lui demanda avec insistance Matthew. Même vous, je suis certain que si je vous avais demandé aujourd'hui de combien de membres se composait ma famille, vous vous seriez probablement trompé sur le chiffre, ou vous auriez mis du temps à donner la bonne réponse !
- Matthew, je te demanderais de bien vouloir cesser de me pointer du doigt et de me parler sur ce ton, lui lança d'un ton grave le directeur alors que le jeune homme baissait immédiatement son bras. Pour ce qui est de ta question, probablement que les derniers souvenirs de cette soirée pour Voldemort incluent ton frère en eux, mais peut-être sont-ils confus même pour lui aujourd'hui…
Le ton incertain du directeur lui n'arrangeait rien à ses affaires, et loin de les rassurer, Dumbledore ne fit qu'épaissir encore davantage les doutes qui s'insinuaient petit à petit dans l'esprit de James et de Sirius, ou davantage encore les renforcer dans celui de Matthew. Fol Oeil lui ne disait toujours rien, ses deux yeux fixés sur le vieil homme comme s'il éprouvait une soudaine fascination pour lui… Ou pour les élucubrations qui sortaient de sa bouche.
- Mon intuition ne m'a jamais fait défaut jusqu'à présent, et je ne vais pas commencer à remettre en question le jugement que j'ai eu il y a treize ans parce qu'un mage noir remettrait en doute le statut de celui qui l'a vaincu, persista Dumbledore. De toute manière, les seules personnes pouvant nous expliquer en détail les événements survenus dans cette chambre ne sont pas là pour nous en parler ou étaient bien trop jeunes pour s'en souvenir, ce qui est ton cas Matthew. Par ailleurs, tous les indices convergent dans la même direction et te désigne : Le mois de naissance, la cicatrice qui te marque comme son égal, le statut des parents...
- Harry est également né à la fin du mois de juillet, lui rappela alors le jeune Gryffondor. Jusqu'à nouvel ordre, nous avons les mêmes parents, et il possède aussi une cicatrice à la tête depuis notre rencontre avec Voldemort !
Loin de s'avouer vaincu, Dumbledore se préparait déjà à lui répondre et contester ses preuves, mais la voix de Sirius le coupa net dans son élan :
- Il existe peut-être des moyens pour connaître la vérité… tenta t-il d'une voix mal assurée. On pourrait reconsidérer la question et trouver un moyen de savoir si effectivement Voldemort a pu dire la vérité ou si cela fait partie d'un plan tordu de sa part pour comme vous le dites «semer le trouble», qu'en pensez-vous?
- Si vous avez une solution à nous proposer, alors je suis à votre écoute Sirius, l'invita Dumbledore avec une pointe de moquerie dans la voix.
- Je ne sais pas, lui avoua l'auror. On pourrait… On pourrait utiliser du veritaserum sur Matthew afin qu'il nous dise s'il est ou non l'élu? Ou alors vous pourriez plonger dans ses souvenirs et remonter à cette nuit là…
- Comment voudriez-vous que Matthew puisse répondre à votre question sous l'effet du veritaserum s'il ne garde aucun souvenir de cet affrontement? Lui indiqua le directeur en réprimant l'envie de rouler des yeux. Cette potion sert à arracher la vérité à quelqu'un, mais quand cette personne ne sait elle-même pas la réponse à sa question, elle peut tout aisément l'inventer ou mettre en lumière sa totale ignorance sur le sujet. Quant à votre deuxième solution, nous pourrions en effet l'employer sur lui, mais la mémoire des bébés est très volatile et instable… le souvenir serait comme déchiré avec d'importants manquements par endroit… Imaginez seulement une bande de tissu, mais une bande dont il manquerait des morceaux ou qui serait endommagée au point de la rendre incapable de servir à quoi que ce soit dans la confection d'un vêtement… La mémoire d'un très jeune enfant est ainsi faite : Elle est sélective, elle mémorise l'essentielle et oublie très facilement le reste, alors imaginez celle d'un bébé. Un enfant apprend par les gestes, par le mouvement, les sons, mais il ne garde rien en mémoire des souvenirs de ses premières années. Dites-moi : Avez-vous en tête un souvenir de votre premier anniversaire? Du moment où vous avez appris à marcher? De vos nourrices changeant vos langes?
Matthew vit le regard de son parrain passer d'un extrême à l'autre en quelques secondes, le temps pour lui d'essayer par lui-même de se remémorer les premières années de sa vie avant de se rendre à l'évidence qu'il en était bien incapable.
- Nous pourrions tout de même essayer, trancha fermement James en reprenant la parole après un instant de silence. Nous n'avons rien à perdre après tout, et nous serons fixés sur ce problème définitivement.
- Je ne vois pas l'intérêt de le faire puisqu'il n'y a rien à prouver, affirma pour sa part Dumbledore. Nous devrions plutôt nous recentrer immédiatement sur la lutte contre Voldemort et les premières mesures à prendre contre lui…
- Oh, mais justement directeur, il est d'une importance capitale de savoir si oui ou non Matthew est l'élu et si oui ou non nous avons fait chou blanc depuis tout ce temps, répliqua le père de Matthew. Comment voudriez-vous lutter contre Voldemort si nous n'avons pas le bon élu sous la main?
Matthew fut pour le coup très étonné par l'analyse de son père, mais surtout par la logique de ses propos. Qui plus est, il avait surtout l'impression que James tentait d'influencer le directeur en semant le doute en lui, impression qui se confirma quand il reprit la parole :
- Pourquoi vous montrer si hésitant à le faire? Demanda t-il avec une surprise feinte. Auriez-vous peur de ce que vous pourriez découvrir?
Dumbledore le foudroya du regard, et pendant un court instant, Matthew crut qu'il allait faire usage de sa baguette. Le vieux sorcier regardait son père avec tant de colère qu'il était certain de ne jamais l'avoir vu agir de cette manière avec lui.
Tournant brièvement la tête, Matthew eut l'impression que son parrain partageait la même pensée que lui, et sa main droite qui pendait négligemment près de sa poche se rapprochait tout de même d'elle et de la baguette magique la contenant, prêt à en faire usage s'il le fallait. Quant à Maugrey, lui continuait à observer l'échange en silence, mais Matthew ne parvenait à s'enlever l'idée que contrairement aux yeux, l'ex-auror semblait… joyeux? Un sentiment en tout cas qui lui avait toujours été étranger, du moins depuis le temps qu'il le connaissait.
- Très bien, lança Dumbledore en perdant les derniers restes de sérénité qui sommeillaient encore en lui. Je vais le faire, puis nous nous concentrerons de nouveau sur la guerre à mener contre Voldemort, et j'espère une fois pour toutes que ces enfantillages cesseront !
- Il en va justement de la direction à prendre dans ce conflit, lui rappela patiemment James. Si nous menons une guerre avec le mauvais général, nous risquons fort bien de la perdre…
Étrangement, entendre de la propre bouche de son père qu'il serait potentiellement le mauvais général lui fit plus de mal qu'il ne le pensait au départ, comme une piqûre de rappel aux conséquences possibles de cette découverte dans la relation qu'ils auraient suite à cela ; Serait-il désormais «le mauvais»? L'erreur? L'échec aux yeux de James? Vu de cette manière, il commençait déjà à regretter son choix de tout divulguer ; Peut-être aurait-il dû attendre et peser le pour et le contre de sa décision avant de se lancer tête baissée dans une direction à laquelle il n'aurait aucun contrôle…
Soudainement, il ressentit au niveau du crâne la même sensation que celle endurée la veille lorsque Voldemort avait pénétré son esprit. Tout devint de nouveau noir, du moins avant que des souvenirs ne jaillissent sous ses yeux un bref instant avant que d'autres ne leur succèdent. Il remarqua toutefois que Dumbledore s'était longuement attardé sur sa rencontre avec Voldemort comme pour éviter d'avoir à entendre Matthew parler de cette fâcheuse nuit, mais son élève eut surtout une sensation de mal être en songeant qu'il avait également eu sous les yeux les preuves évidentes de sa lâcheté face au danger.
«J'aurai beaucoup de mal à me justifier maintenant» pensa t-il alors que d'autres souvenirs s'immisçaient dans son esprit.
Matthew eut l'impression que les minutes s'écoulaient rapidement et que Dumbledore se trouvait dans son esprit depuis longtemps maintenant, mais au plus le temps passait, au plus les souvenirs devenaient lointains, brefs et parfois même ne consistaient pour lui qu'en un tourbillon de couleurs. Peut-être que le directeur avait raison : il était probablement très difficile d'analyser les souvenirs d'un jeune enfant.
Pourtant, Dumbledore parvint finalement à la soirée du 31 octobre, et si celle-ci semblait aussi flou que les autres souvenirs, il était facile néanmoins d'en retracer le déroulement et même de reconnaître certaines voix entendues par les petites oreilles de bébé de Matthew. Celle de Voldemort, froide et moqueuse ce soir là, celle de sa mère, désespérée et implorante, ses propres pleurs devant le vacarme l'entourant… Et la petite voix pourtant ferme de son frère avant qu'un sortilège ne s'approche de lui et qu'il se fasse renvoyer par autre chose.
La pression exercée sur sa tête disparut alors, et Matthew dut cligner plusieurs fois des yeux avant de se rendre compte qu'il était bien de nouveau à l'infirmerie. Sirius, James et Fol-Oeil étaient toujours là, les trois les regardant chacun l'un après l'autre en attendant une réaction ou un commentaire pouvant les aiguiller. Mais Si Matthew resta plus ou moins le même, Dumbledore lui paraissait passablement changé, et la consternation ainsi que l'abattement se lisaient aisément sur son visage.
- Alors? S'enquit pour autant James alors que le directeur persistait dans son mutisme, la main droite portée à son visage tandis qu'il se massait péniblement le front.
- Comme je l'ai dit, les… Les souvenirs étaient flous, imprécis…, bredouilla le vieux sorcier.
- Et? Insista le père de Matthew.
- Il… Il y a bien une anomalie au déroulé que nous nous faisions de cette soirée, conclut Dumbledore d'une voix faible. J'ai pu voir la lumière émise par le sortilège de mort foncer vers Matthew, mais quelque chose s'est soudainement interposé et… Une autre lumière est apparue, plus puissante et éblouissante encore que l'autre. Il y a alors eu comme une explosion, et le toit de la chambre s'est effondré…
Le silence se fit alors, lourd, implacable, chargé d'un tension sourde qui s'éveillait au fur et à mesure que les secondes s'égrenaient. James et Sirius regardaient avec un choc évident le sorcier, l'un avec la bouche entrouverte, l'autre avec des yeux ronds, tous deux étant la caricature parfaite de ce que l'on pourrait s'attendre de quelqu'un entendant une nouvelle surprenante. Le directeur lui-même n'en menait pas large, et le regard de dépit qu'il lançait pour sa part dans la direction de Matthew était suffisamment éloquent pour ce dernier pour comprendre que son mentor, son professeur, sa bouée de sauvetage venait de se rendre à l'évidence qu'il était dans l'erreur depuis le départ, et que ce qui se trouvait face à lui n'était que la preuve formelle de sa bêtise personnelle.
- Donc Voldemort ne mentait pas, certifia finalement James d'un ton bas et dur. Depuis tout ce temps, vous vous étiez trompé d'élu en désignant le mauvais ! Depuis tout ce temps, nous avons suivi vos plans farfelus, vos manipulations et machineries délirantes dans le seul but de former un enfant qui n'est au final pas destiné à vaincre Voldemort… Depuis tout ce temps, vous n'avez fait que nous mener en bateau, que nous mentir !
- James, mon garçon…, tenta mollement Dumbledore mais il cessa immédiatement de parler quand le-dit James poursuivit sa diatribe.
- J'ai sacrifié ma vie de famille pour vous ! Se plaignit t-il en regardant froidement le directeur. J'ai suivi à la lettre la moindre de vos recommandations concernant l'éducation à apporter à Matthew, les manœuvres à effectuer pour que vos plans se déroulent sans encombre au Magenmagot comme ailleurs ! Je vous ai même laissé piocher dans la fortune familiale pour financer vos desseins, et tout ceci pour rien !
- Votre colère vous égare James, répliqua plus fermement le directeur. Nous nous sommes peut-être trompés de survivant, mais les décisions que nous avons prises pour pallier à toutes les difficultés que nous connaîtrions pendant la guerre demeurent, et ce n'est pas ce petit contre-temps qui nous empêchera de mener à bien ce conflit…
- Quelles décisions? Lui demanda avec un scepticisme évident le père de Matthew. Que je sache, jusqu'à présent rien n'a fonctionné correctement !
- L'ordre du phœnix existe encore par nos soins, notre réseau d'informateur est toujours opérationnel et nous possédons suffisamment d'argent pour tenir économiquement dans l'éventualité où ce conflit perdure…
- L'ordre du phœnix existe toujours peut-être, mais combien de nouveaux membres avons-nous eu depuis la dernière guerre? Rétorqua James. Nous luttions à 1 contre 10 à l'époque, et nous n'avons jamais comblé les pertes de notre côté ! Votre réseau d'informateurs est toujours opérationnel car il se compose exclusivement de ces fameux membres ! Quant aux fonds que vous possédez, dois-je vous rappeler qu'il s'agit de l'or de mes voûtes à Gringott's ainsi que celles de Sirius? Je pourrais tout aussi bien vous couper les vivres que vous seriez aussitôt dans le dénuement !
- Est-ce une menace? Lui lança alors Dumbledore en fronçant les sourcils.
Le ton peu engageant du vieil homme sembla aussitôt dégonfler la colère de James, et face au regard qu'il lui lançait, le père de Matthew semblait avoir l'air d'être de nouveau face au directeur de Poudlard en qualité de simple élève.
- Je… Non bien sûr, bredouilla t-il mollement en essayant de garder son calme. Je me suis engagé à l'époque à tout faire pour éliminer la menace que représentait Voldemort, et je n'ai pas dévié de ma décision depuis… C'est juste que… Essayez de me comprendre professeur, ce… Cette information conjuguée à toutes les précédentes n'est finalement qu'une erreur supplémentaire à celles commises par le passé !
- Croyez-vous que je ne m'en rends moi-même pas compte, James? Lui demanda Dumbledore. Croyez-vous que je sois ravi de découvrir qu'un nouvel accroc vient une fois encore perturber nos plans et remettre à plus tard notre victoire prochaine? Pensez-vous seulement que cette situation me réjouit? Je n'avais pas assez d'une école à administrer, d'un tournoi à organiser et à surveiller et d'un ministère de la magie que je dois sans cesse tenter de redresser pour éviter qu'il ne penche trop vers l'autre bord, voilà maintenant que cette information rabat toutes les cartes que nous avons en main…
De nouveau, Dumbledore laissa quelques secondes s'écouler, le temps pour lui de réfléchir aux nouveaux plans qu'il pourrait essayer d'organiser très rapidement pour pallier à ce problème, et pour Matthew à avoir l'impression d'être devenu une sorte de boulet à ses yeux.
- La première chose à faire est de retrouver ce garçon, Harry…, reprit Dumbledore. Vous n'avez aucune idée de l'endroit où il pourrait se trouver?
- Sûrement avec sa mère, affirma amèrement James. Lorsque vous nous aviez demandé de nous séparer de lui jusqu'à ses onze ans et son entrée à Poudlard, nous nous sommes mis d'accord elle et moi pour l'envoyer chez sa sœur. Je ne sais pas où elle habite, mais je sais que c'est à Londres. Mais depuis le temps, je pense que Lily a dû aller le chercher et s'enfuir avec lui.
- Ce sera tout de même un bon point de départ, dit Dumbledore. Peut-être sont-elles encore en correspondance, et peut-être que sa sœur sait où elle habite désormais. Nous devrions donc commencer par là en recherchant son adresse auprès des administrations moldues compétentes en la matière.
- Qu'en est-il des lettres qui devaient normalement être adressées à Harry et sa sœur? Intervint Sirius. Normalement lorsqu'ils ont eu onze ans, la lettre de Poudlard aurait dû leur être envoyée comme pour tout le monde… L'adresse de leur domicile aurait dû s'écrire sur le papier…
- Sauf qu'en l'absence d'information sur leur lieu de résidence, les seules informations qui ont été écrites sur l'enveloppe furent leurs noms et prénoms respectifs, l'informa le directeur. Par deux fois, les courriers sont partis comme les autres, et je pensais justement à l'époque qu'en parvenant à leur destinataire, nous pourrions par la même occasion mettre la main sur votre femme James, mais à chaque fois, le hibou revenait avec la lettre, et aucune n'était ouverte.
- Se pourrait-il qu'ils soient morts? Lança alors James sans la moindre émotion apparente dans la voix.
- Je ne l'espère pas, et à vrai dire je ne le pense pas, lui assura Dumbledore. Après tout, s'il était arrivé quelque chose à ses enfants, je suis persuadé que Lily, ne trouvant personne d'autre de suffisamment compétent pour les sauver, aurait été chercher du secours au premier endroit lui venant à l'esprit, et si ce n'est pas chez vous James, c'est forcément entre les murs de ce château.
Matthew avait curieusement l'impression que Dumbledore tentait de se rassurer lui-même par ses paroles, mais il ne pouvait malgré tout pas s'empêcher de douter de leur véracité ; étant donné leur antagonisme, il supposait au contraire et à juste titre que Poudlard serait le dernier endroit où sa mère viendrait trouver refuge.
- Quand vous avez essayé d'ensorceler notre fille pour la forcer à venir ici, elle n'est pour autant jamais venue à Poudlard, lui rappela d'ailleurs James d'une voix sceptique. Au contraire, son état s'est brusquement amélioré, et vous en aviez conclu qu'elle devait avoir trouvé une parade à votre rituel… ou être entourée d'alliés puissants.
- Alliés auprès de qui elle doit probablement encore se trouver ! S'exclama alors Dumbledore. J'avais presque oublié ce détail… Merci à vous James, cela réduit notre horizon de recherche.
- Nous cherchons donc une femme, un homme et deux enfants, l'un ayant près de dix-huit ans maintenant et l'autre douze, et qui connaîtraient un sorcier ou une sorcière particulièrement puissante… Effectivement, nos recherches s'amincissent considérablement avec ces détails ! Ironisa pour sa part Sirius.
- Je n'aime pas le ton que vous prenez avec cette histoire Sirius, le tança Dumbledore.
- Allons, soyez sérieux une minute professeur, ce serait comme chercher une aiguille dans une motte de foin ! Répliqua l'auror. Ils peuvent tout aussi bien se trouver dans ce pays que sur le continent, ou même en Amérique ! Je serais d'ailleurs près à parier que c'est la raison pour laquelle vos hiboux n'ont jamais atteint leur destinataire, parce qu'ils sont beaucoup trop loin ! S'ils ne sont pas scolarisés à Poudlard, c'est peut-être parce qu'ils le sont ailleurs ou tout simplement à domicile ! Ils connaissent quelqu'un de puissant? La bonne affaire ! Des sorciers de ce registre, il y en a beaucoup, même au sein de ce château !
- d'où la raison pour laquelle nous commencerons par le départ, et si je ne m'abuse, c'est bien de cette manière que vous fonctionnez au sein du corps des aurors? Lui lança t-il fermement. Nous allons démarrer par la sœur de Lily, et à partir des informations qu'elle nous donnera, nous pourrons rediriger nos recherches dans un nouvel axe qui nous conduira au fur et à mesure vers notre objectif : Votre fils aîné James.
Celui-ci hocha brièvement sa tête, mais l'enthousiasme à l'idée de revoir ce fameux fils lui n'était pas du tout là ; des années de maltraitance couplées à d'autres d'ignorance faisaient qu'il n'était pas particulièrement ravi de le retrouver, et ça, Matthew n'avait pas besoin d'être un expert en légilimancie pour le deviner. Le cordon ombilical, si tant soit peu qu'il y en ait eu un entre eux, était définitivement rompu.
- Et… Et qu'en est-il de la presse? Demanda t-il alors timidement.
Les trois autres le regardèrent, et Matthew eut pour la première fois la sensation qu'il avait été tout bonnement oublié par eux à en juger par les regards surpris que lui lancèrent son père et Dumbledore, comme s'ils redécouvraient pour la première fois son existence.
- C'est vrai…, concéda de son côté Sirius. Que va t-on dire à la gazette du sorcier? Leurs journalistes sont juste derrière la porte… Ils attendent de savoir ce qui est arrivé à Matthew dans cette troisième épreuve…
Pensif, Dumbledore se gratta le menton et ses longs poils de barbe pendant quelques secondes, les yeux dans le vague tandis qu'il imaginait un plan de secours suffisamment brillant pour présenter de manière héroïque les événements survenus hier soir.
- Nous ne dévoilerons rien de cette conversation à la presse, en tout cas en ce qui concerne Matthew et les révélations de Voldemort…, trancha t-il d'une voix ferme. Leur annoncer que nous nous sommes trompés d'élu depuis tout ce temps risquerait de provoquer un vent de panique au sein de notre communauté dont les répercussions pourraient être au de-là de mon contrôle. Le ministère, la presse, la communauté sorcière… Beaucoup de gens réclameraient des comptes que nous serions bien incapables de donner. Il en va de notre sécurité avant tout, mais également de notre crédibilité, et celle-ci ne doit pas être entachée par une petite erreur d'appréciation… Non, nous ne devons rien dire là dessus.
- Alors quoi? Je vais devoir continuer à jouer le rôle du survivant aux yeux des autres? S'énerva alors Matthew en fronçant les sourcils.
- On aurait bien peu de mal à croire que cela te gêne, argua le directeur d'un ton soupçonneux.
- Du tout ! Affirma t-il aussitôt. Seulement, je trouve cela malhonnête de continuer à leur mentir à ce sujet…
Les soupçons de Dumbledore ne firent que se renforcer davantage, et devant le fait accompli, Matthew opta pour la solution de secours qui lui vint rapidement à l'esprit : détourner le regard.
- Ce ne sera que passager, concéda alors son père. Le temps que nous retrouvions le reste de la famille, il te faudra… Jouer la comédie en quelque sorte. L'effet de surprise sera moins puissant si nous leur mettons devant les yeux l'ancien survivant et le nouveau. Ce qui ferait le plus peur finalement à notre communauté, ce n'est pas tant de ne pas avoir d'élu, mais le temps d'attente pour passer de l'un à l'autre, alors mieux vaut attendre d'avoir mis la main sur ton frère pour cela.
- Reste un dernier détail à régler hormis le fait que nous ne savons pas où il se trouve : Savoir si oui ou non il acceptera de se battre pour nous, leur rappela Sirius.
- Et pourquoi ne voudrait-il pas? Son père et son frère risquent leur vie depuis tant d'années contre Voldemort et ses fidèles, ce serait la moindre des choses que de venir nous donner un coup de main pour terminer ce qui a été commencé !
- Sauf que tu oublies un élément important dans cette affaire James, rétorqua son meilleur ami. Je ne me cacherai pas derrière mon rôle de parrain de Matthew pour vous rappeler à tous que nous n'avons pas été très bienveillants et amicaux à son égard, si ce n'est davantage encore… Je n'irais pas jusqu'à parler de maltraitance, mais la frontière est mince entre l'ignorance et les quelques coups qu'il a reçus de ta part mon ami. Ce genre d'éducation, crois moi ça laisse des marques, et si je prends mon expérience personnelle, dans l'éventualité où mes parents seraient encore vivants et me demanderaient de l'aide aujourd'hui, la rancœur ferait que je ne leur porterait aucun secours. Si Harry vit toujours avec le souvenir de l'éducation que tu lui as donnée, il y a peu de chance qu'il réponde favorablement à ta demande.
- Et si ce garçon possède en lui les valeurs de courage, de don de soi et de bravoure de son père, il ne refusera pas de venir en aide à notre communauté, intervint Dumbledore. Et dans l'éventualité où il refuse notre offre, il nous reste deux options : La contrainte par la force ou par le chantage, ou alors l'appât du gain.
- Vous voulez dire…, commença James en se tournant vers lui.
- Proposez lui de revenir dans votre famille, lui dit le directeur. Si je me souviens bien, vous l'avez déshérité, et ce n'est certainement pas avec les économies de sa mère qu'ils peuvent survivre aujourd'hui, alors proposez lui de l'argent… ou même le titre d'héritier de la famille Potter…
- Hé ! S'exclama Matthew avec colère. C'est à moi que ce titre revient, pas à lui !
- Bien évidemment, approuva Dumbledore en souriant. Mais il n'a pas besoin de savoir que tout ceci ne sera que du bluff pour l'attirer vers nous.
Le sourire de Matthew réapparut sur son visage, mais s'il savait que la véritable raison pour laquelle Dumbledore souhaitait le voir rester héritier était qu'il était si facilement malléable pour lui, pour sûr qu'il l'aurait rapidement perdu.
- Je pense qu'il est temps pour une annonce maintenant, décréta alors Dumbledore en se relevant. Ne faisons pas attendre plus longtemps les journalistes qui s'agglutinent à Poudlard et les élèves qui meurent d'impatience de savoir ce qui s'est passé hier soir. Chacun doit savoir ce qu'il en est du retour de Voldemort, et j'espère que Cornelius saura se monter meilleur homme qu'il ne l'a jamais été avant aujourd'hui face à la menace qui se dresse devant nous… Bien évidemment, le reste de notre conversation ne doit pas s'ébruiter, et j'ose espérer que vous saurez garder le secret.
- Je serai aussi muet qu'une carpe Albus, certifia Maugrey en arborant un rictus lui tordant littéralement le visage tandis que les autres hochaient de la tête.
- Nous convoquerons ensuite les autres membres de l'ordre du phœnix, et nous entamerons alors nos premières recherches pour retrouver ce garçon, reprit le directeur. Il nous faudra faire vite ! J'espère qu'elles porteront vite leurs fruits. Alastor, venez avec moi mon ami, vos connaissances de pisteur nous serons très précieuses pour approcher notre cible…
- Avez joie M'sieur le directeur, lança l'autre en se relevant de son propre siège pendant qu'il replaçait son fusil derrière son dos.
Les deux hommes saluèrent d'un signe de tête James et Sirius, mais à l'étonnement de Matthew et une fois de plus depuis son réveil, tous deux l'ignorèrent et se dirigèrent vers la sortie sans dire un mot. Le jeune Gryffondor n'eut ainsi pas l'occasion de demander au directeur si des changements allaient s'opérer pour lui désormais dans leur relation, ou même s'il avait encore une quelconque utilité à ses yeux, pas plus qu'il ne vit l'œil magique de Fol Œil tourbillonner dans son orbite avant de le fixer sans interruption au-delà même des portes de l'infirmerie, un regard fou sur le visage alors que l'ex-auror buvait rapidement le contenu de sa flasque.
Non, la seule chose que Matthew put constater à la suite de cet entretien était le regard vague de son père, un regard qui se portait rarement sur lui alors même qu'il était son centre du monde auparavant, ou les tentatives maladroites de Sirius pour égayer un tant soit peu l'atmosphère et l'humeur de son filleul, mais l'esprit n'y était pas… Ou alors était-ce parce que son parrain était trop occupée à trouver un soudain intérêt pour la mère vélane de la championne de Beauxbâtons, assise avec le reste de sa famille à quelques lits de leur position, et dont la fille était encore endormie.
Lui se sentait étrangement vide, comme si son aveu avait d'une certaine manière arraché une partie de lui-même, une partie qu'il avait par ailleurs volontairement abandonnée mais qui laissait désormais un vide tenace en lui et dont il ne savait pour l'heure pas comment le combler. Une simple question lui trottait malgré tout en tête pour l'heure et à laquelle il n'avait pas de réponse à donner :
Avait-il bien fait de dire la vérité?
A/N : Donc voilà, chapitre terminé !
Pas trop déçu? répond t-il à vos attentes ou imaginiez-vous une autre alternative à la fameuse découverte? Moi-même j'avais imaginé tout autre chose, du moins celle-ci ne se passait pas à l'infirmerie mais dans le bureau de Dumbledore, et surtout quelques jours après l'épreuve et non pas dès le lendemain. Cette aveu a d'ailleurs été très difficile à écrire ; J'ai dû m'y reprendre quatre fois pour obtenir ce résultat. Finalement, et contrairement à certains pensant qu'il garderait tout pour lui, Matthew a au contraire tout évacué dans le seul but de se libérer de ce fardeau et l'offrir gracieusement à son frère aîné ! Bon sens, ou nouvelle preuve de lâcheté de sa part ? Hm... Les paris sont ouverts.
Donc maintenant Dumbledore et James sont au courant ainsi qu'un petit groupe très réduit qui grandira par la suite avec la refondation de l'ordre du phoenix ; On peut imaginer que dans le même temps, Voldemort et ses mangemorts feront également circuler cette information au sein de leurs proches... Drago va se faire un plaisir d'harceler Matthew maintenant !
Peut-être aurais-je dû garder plus longtemps James et Dumbledore dans le déni... Là ils acceptent la nouvelle assez vite, je dois le reconnaître. Mais bon, ils doivent faire vite, et comme le dit si bien James, on ne peut rien établir comme plan d'attaque si l'on a pas sous la main le vrai élu ! Après, il reste bien évidemment le problème de sa localisation, et là vous pouvez me croire, ils ne vont pas tomber sur lui au détour d'une rue et dire : "Harry ! On a besoin de toi, viens vite !". Première étape pour le moment : Une visite chez les Dursley ! J'en rigole d'avance ^^. Par contre bien évidemment, tout le monde sera mis au courant du retour de Voldemort, mais comme dans le cinquième tome, personne ne croira Dumbledore et Matthew. De même que James, Dumbledore et Harry ne vont soudainement pas devenir les meilleurs amis du monde ; Les deux premiers ne voient que des intérêts à ces retrouvailles, aucun bon sentiment à son égard.
Autre point important, Croupton. Non, il n'a pas été découvert, et contrairement au livre, il ne le sera pas de sitôt. Compte tenu du fait que personne ne le soupçonne d'être un mangemort grimé en ex-auror timbré, il pourra tout aussi bien être un espion pour Voldemort... Pour un temps en tout cas.
Dernier détail dont certains n'auraient peut-être pas noté la possible importance : La présence d'une certaine famille française à l'infirmerie, une famille très proche d'une autre vivant à Lamballe et dont l'une des membres n'est autre que la marraine de Marie-Rose de Savoie... ;)
Je ne sais pas quand sortira le prochain chapitre, probablement dans un mois, mais je suis déjà en train de l'écrire, alors il devrait quand même arriver assez vite !
Sur ce, à bientôt !
