Bonjour à tous !
Comme promis, un mois, un chapitre ! J'espère que vous allez bien?
Merci pour vos retours concernant le dernier chapitre, vous avez pulvérisé le record de commentaires ^^. Je vais mettre un temps fou à tous vous répondre. D'ailleurs merci à certains d'avoir relevé des points importants des chapitres précédents (parfois lointains) que j'avais complètement oublié... Je vais devoir modifier quelque peu la tournure que devait prendre l'histoire, mais bon ce n'est pas grave du tout. J'ai d'ailleurs eu la soudaine envie de relire les premiers chapitres de cette histoire pour éviter de possibles erreurs à l'avenir ; J'ai bien fait, parce que j'ai failli en faire une dans ce chapitre ^^.
Lana : Merci pour ton commentaire ! Je pense que Matthew cherchait surtout à se débarrasser de ce rôle, et au même titre que la punition qu'il ressentait en étant le survivant, il s'imaginait que ce serait un excellent moyen de jouer un mauvais tour à ce frère qu'il déteste tant... Un salaud jusqu'au bout d'une certaine manière. Après oui, Dumbledore se fait clairement des illusions quand à la réponse que pourrait lui donner Harry quand il mettra finalement la main sur lui et lui demandera de bien vouloir l'aider dans cette guerre.
Guest : Merci pour ton commentaire ! Contacter Harry ne vas déjà pas être simple, mais pour cela, encore faut-il savoir où il est, et là, ils vont avoir du fil à retordre ! Après connaître la façon dont Harry réagira devant ces nouvelles... C'est vrai qu'on est en droit de se le demander, mais surtout est-ce que cela pourrait avoir une incidence sur sa décision à leur apporter son aide ou non... Disons que tout dépendra de son état d'esprit.
Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Personnellement une entrée fracassante me déplairait s'il n'y a pas un cheminement logique derrière ; Je préfère les faire galérer à le retrouver ^^.
Powa : Merci pour ton commentaire !
Au programme : Le chapitre qui aurait normalement dû arriver auparavant, avec un recentrage sur Harry et les suites du tournoi. Au passage, ne vous étonnez pas des "fautes" volontaires dans un courrier apparaissant dans ce chapitre ; C'est de l'ancien français, mais je n'ai aucune idée si ces mots étaient également prononcés de cette manière.
Enfin j'ai une très bonne nouvelle pour vous que je préfère mettre là comme je sais que certains ne lisent pas la note d'auteur à la fin : Le prochain chapitre est déjà en cours d'écriture (déjà plus de 5000 mots), il devrait arriver dans deux semaines je pense, peut-être même moins ! Je peux vous dire par avance qu'il va être très... amusant? Peut-être pas, mais il y aura quelques situations cocasses dedans !
Pour une fois, je vais faire court dans cette note introductive, et je vais simplement vous souhaiter une bonne lecture !
Harry ne savait pas s'il était décidément né sous une mauvaise étoile, ou alors si le destin voulait qu'il se retrouve dans des situations cocasses dont lui seul avait le secret, car en cet instant, il se trouvait justement dans l'une de ces situations, le corps pendu dans le vide tandis qu'il s'accrochait péniblement au plancher de la salle dans laquelle il se trouvait. À quelques mètres en dessous de lui se trouvait la cave de l'académie et son impressionnante quantité de barils de poudre, mais également le restant du plancher qui n'avait pas résisté à l'explosion causée par un sortilège quelques minutes plus tôt. Ses bras commençaient déjà à lui faire mal à force de supporter le poids de son corps, et des fourmillements faisaient leur apparition dans ses articulations à mesure que le temps passait, mais il était bien incapable pour le moment de penser à une solution pouvant l'aider à s'extirper de ce bourbier, et la poussière, qui voletait encore tout autour de lui, n'arrangeait rien à son affaire.
- On abandonne déjà, Bourbon? Lui lança alors avec une pointe d'amusement son adversaire du jour.
- Jamais, siffla l'autre en essayant de remonter.
Une violente douleur à la main gauche lui fit arrêter son geste, et relevant la tête, Harry eut sous les yeux le visage souriant de son directeur et de surcroît enseignant privé, le lieutenant-colonel Pajol. Celui-ci, bien heureux de la situation dans laquelle se trouvait son élève, avait jugé opportun de profiter de la situation en écrasant volontairement sa main avec sa botte, et tout en maintenant son pied sur elle, il s'amusait de temps à autre à mettre davantage de poids sur les pauvres doigts d'Harry qui en gémissait presque de douleur.
- Vous pouvez faire mieux que ça Bourbon, certifia t-il d'un ton calme. Je ne vous ai pas entraîné pendant si longtemps pour vous voir perdre à cause d'un simple trou…
- Trou dans lequel vous m'avez fait volontairement basculer, lui rappela son élève avec amertume.
- Profiter de son environnement est l'une des choses que je vous ai inculqué très tôt mon cher élève, vous auriez dû le savoir depuis longtemps. Par ailleurs, ce n'est pas moi qui ai causé ce trou mais bien vous par le biais de l'un de vos sortilèges. Maintenant, je me demande bien ce qu'il va se passer pour vous : Allez-vous abandonner, allez-vous tomber, ou trouverez-vous un moyen pour remonter dans cette salle que nous poursuivions notre combat?
Tout en parlant, Pajol piétina de nouveau la main d'Harry qui laissa cette fois-ci échapper un léger gémissement.
- Remontez Bourbon, lui ordonna t-il d'un ton froid. Maintenant !
Harry n'eut pas besoin de se faire prier deux fois, et de son autre main valide, il pointa avec sa baguette magique le sol situé plusieurs mètres sous lui, et marmonnant un sortilège, il fut littéralement catapulté dans les airs, bousculant au passage son supérieur qui eut bien du mal à rester sur ses appuis. Son élève revint bientôt dans la salle pour atterrir quelques mètres plus loin à proximité d'une commode en partie détruite et dont il ne subsistait qu'une moitié. Sans attendre, Harry concentra sa magie dans l'une de ses jambes qui brilla très brièvement d'une lueur bleutée avant… de frapper directement le meuble et l'envoyer voler en direction de son directeur. Sans sourciller, Pajol pointa sa baguette en direction du projectile, et après quelques mouvements du bras, une vague de magie rougeâtre s'échappa de sa baguette pour venir percuter la commode et la couper nette en deux morceaux. La lame cependant ne s'arrêta pas là et vint fondre sur Harry qui l'anticipa en créant autour de lui un bouclier magique sur lequel elle se fracassa. Une secousse se produisit à ce contact, et le mur derrière lui se lézarda encore davantage alors que des morceaux de mur tombaient une fois de plus par terre, mais Harry lui s'en sortit indemne.
- Aguaferventi ! S'exclama t-il une fois son bouclier disparu.
Un puissant jet d'eau duquel se dégageait de la vapeur sortit de sa baguette magique pour fondre sur Pajol. Celui-ci, imperturbable, l'évita habilement d'une pirouette sur le côté, bien qu'il se demandait qu'elle était le plan de son jeune élève. L'élève en question de son côté s'appliquait à mouiller l'ensemble de la surface disponible de son eau bouillante, puis une fois satisfait se mit en position de telle sorte à se retrouver face à son directeur.
- Procella Vehementis !
Un puissant courant d'air s'échappa de sa baguette pour venir se projeter sur son directeur, et dans sa course, la bourrasque entra en contact avec la vapeur ambiante et particulièrement chaude de la pièce, la rendant extrêmement dangereuse en quelques secondes à peine. Surpris, Pajol n'eut d'autre choix que de tenter de la contrer par une autre rafale de vent, mais la sienne apparut trop tardivement pour tenter de faire opposition à la menace qui s'approchait et devenait centimètre par centimètre plus forte encore à mesure qu'elle fondait sur lui. Le choc fut brutal mais bref, et l'attaque de Pajol fut tout bonnement balayée par celle de son élève qui lui rentra dedans avec violence. Pajol put ainsi sentir la bourrasque chaude passer autour de lui, essayer de pénétrer ses vêtements et lui brûler la peau, ou tout simplement lui atteindre le visage malgré les bras qu'il avait mis en opposition devant ses yeux pour tenter de se protéger.
Ne perdant pas de temps alors même que son attaque s'échappait désormais par les fenêtres déjà brisées de la salle, Harry lui s'approcha rapidement de sa position, et remarquant sur son chemin un morceau de bois de taille raisonnable, il le transfigura en une simple épée mais dont la lame était à vue d'œil suffisamment coupante pour servir d'arme. Il n'eut cependant pas le loisir de pouvoir s'extasier plus longtemps sur elle car Pajol repartait déjà à l'attaque, sa propre épée brandit et des cloques sur le visage alors que son uniforme fumait encore. Harry évita habilement sa première attaque d'un pas sur le côté, puis contra la seconde en faisant cogner son sabre sur la lame de de son adversaire. De son autre main, il tenta de pourfendre le corps de son directeur sur la largeur, mais Pajol para l'attaque en reculant légèrement. Déséquilibré, son professeur ne put empêcher Harry de le repousser de toute sa force grâce à son épée et de se remettre debout, puis comme un signal, son élève prit les devants et fondit rapidement sur lui. Leurs armes ne cessèrent de s'entrechoquer pendant de longues secondes devenant progressivement des minutes à mesure que le fer d'une épée rencontrait sur son chemin la lame de l'autre parant son coup, mais Harry parvenait malgré tout à gagner du terrain sur Pajol et à le pousser toujours plus loin en arrière.
- Vos talents d'épéiste m'impressionneront toujours, commenta tranquillement Pajol tandis qu'il évitait un coup d'épée de son élève.
- Je pourrais en dire autant de vous, affirma l'autre alors qu'il parvenait à coincer l'épée de son directeur avec ses deux lames.
Harry laissa alors sa magie brute imprégner ses deux épées, et celles-ci brillèrent très brièvement d'un bleu éclatant que personne ne pouvait ignorer. Le visage de Pajol se fendit d'un sourire à ce constat, mais il ne put rien faire lorsqu'Harry, coinçant solidement l'épée de son directeur avec les siennes, parvint à le désarmer en la propulsant dans les airs. Fier de son coup, il ne le fut que brièvement, car déjà Pajol répliquait à son attaque en se munissant de la dague accrochée à sa ceinture pour tenter à son tour de trancher le ventre à découvert de son élève. Là encore, Harry se dégagea du piège en reculant de quelques pas, mais son professeur, reprenant l'ascendant sur lui, le repoussa violemment d'une main contre sa poitrine avant de se saisir au vol de son épée.
Les deux hommes restèrent alors quelques instants éloignés de l'autre, la respiration lourde et la sueur perlant sur le front de chacun tandis qu'ils se jaugeaient du regard, un rictus sur le visage :
- Nous devrions en finir, proposa Harry alors qu'il s'épongeait rapidement le visage.
- J'allais vous le proposer, répondit l'autre alors qu'il se préparait déjà au prochain affrontement en faisant des moulinets avec son épée.
Décidé à mener le duel, ce fut Harry qui rouvrit les hostilités en se projetant vers lui, son sabre déjà orienté vers sa cible. Pajol évita l'attaque en frappant une nouvelle fois la lame de son adversaire avec la sienne, mais il dut rapidement éviter l'autre qui se dirigeait vers sa jambe en utilisant sa dague pour le faire. Déjà, Harry lançait une autre attaque, et Pajol eut par chance le réflexe de diriger sa tête vers l'arrière pour éviter que le sabre ne lui entaille profondément le visage… ou ne l'égorge. Brièvement déboussolé, il ne vit pas son élève s'employer à lui ôter une de ses armes, et moins d'une seconde plus tard, Pajol fut forcé de relâcher sa dague lorsque l'épée d'Harry s'enfonça profondément dans la chair de sa main.
Le sang commençait à peine à s'écouler en abondance de sa plaie ouverte qu'Harry le rejeta de nouveau en arrière, et son professeur vit bien tardivement l'énorme trou derrière lui et dans lequel se trouvait encore quelques instants auparavant son élève. Satisfait, Harry tenta de plonger sa lame dans le corps de son professeur, s'attendant à ce que celui-ci n'abandonne volontairement le combat plutôt que de se laisser poignarder par lui, mais Pajol claqua une fois de plus sa lame contre la sienne pour parer le coup avant d'effectuer une habile roulade sur le côté pour se dégager du danger.
Cependant, à peine fut-il de nouveau sur ses pieds et après avoir remarqué la présence d'Harry près de lui qu'il sentit le métal froid de l'arme de son élève contre sa gorge, la sienne ayant également élu domicile au même endroit chez son adversaire. Les deux se regardèrent en silence, chacun respirant difficilement après les efforts effectués, mais pas un n'était décidé à baisser sa garde et à offrir une victoire honteuse à l'autre ; Comme Pajol le disait souvent : Mieux valait gagner en honnête homme qu'en lâche, et cela valait aussi pour la manière de mourir.
- Match nul? Proposa t-il alors en le regardant droit dans les yeux.
Harry ne répondit pas, mais un sourire s'esquissa brièvement sur son visage lorsque ses yeux se posèrent quelques instants sur son autre épée dont le bout n'était qu'à quelques centimètres à peine du cœur de son directeur. Celui-ci lui emboîta le pas, et constatant qu'il pouvait se faire tuer d'une façon différente, il se mit à son tour à sourire :
- Suis-je fait? Demanda t-il calmement.
- Je pense avoir un coup d'avance sur vous cette fois-ci, argua Harry en souriant fièrement.
- Si je vous égorgeais maintenant, vous n'en auriez aucun, contesta l'autre avec ce même ton détaché.
- Je pourrais en dire autant pour ma part !
Les deux se jaugèrent, le regard fixé sur l'autre dans un duel silencieux où chacun espérait prendre le dessus sur l'autre. Puis Pajol détourna les yeux et soupira bien qu'il ne se départit pas de son sourire :
- Allons-nous continuer ce petit jeu encore longtemps, ou conclurons-nous ce duel en ne désignant aucun vainqueur? Dit-il platement bien qu'il n'enleva pas pour autant son sabre de sous le menton de son élève. Ce n'est pas que cela m'ennuie, mais je vous rappelle que vous avez des examens à passer jeune homme…
Un éclair de compréhension passa dans le regard d'Harry, et la poigne qu'il maintenait dans la prise en main de ses épées se fit légèrement plus faible qu'auparavant, mais pour autant et à l'image de son professeur et mentor, il garda fixement en joug celui-ci.
- Match nul, décida t-il finalement au bout de quelques secondes de réflexion.
Tous deux d'un commun accord enlevèrent au même moment les armes qui menaçaient l'autre, l'occasion au passage pour Harry de souffler finalement et de se rendre compte de l'état d'épuisement dans lequel il se trouvait. Ses épées étaient à peine tombées à terre qu'il s'affaissa légèrement, les mains sur les genoux, pour reprendre le contrôle de sa respiration.
- C'est un beau désordre que nous avons fait là, commenta pour sa part son directeur en regardant autour de lui.
La pièce était en effet à l'état de ruine, et les multiples trous dans les murs, au plafond et même au sol témoignaient de la violence de leur duel, tout comme les zébrures éventrant la salle et les gravats et morceaux de bois s'étant éparpillés un peu partout.
- J'espérais enfin vous battre…, bredouilla Harry en relevant la tête pour le regarder. Je n'ai jamais été aussi proche, mais il semblerait que je doive quitter cette école sans jamais avoir réussi à prendre le dessus sur vous…
- J'ai acquis cette expérience après des années d'entraînement et d'implication sur un terrain hostile, un travail constant et des efforts sans commune mesure…, déclara Pajol. Et vous êtes pourtant capable de rivaliser avec moi en seulement sept ans dans cette école à raison d'un entraînement par semaine. Vous me dépasserez bien plus rapidement que vous ne le pensez Bourbon, et notre dernier petit duel en est la preuve vivante.
Harry hocha la tête puis se releva entièrement pour constater également qu'un capharnaüm sans nom avait pris place dans leur salle d'entraînement. Pris dans le feu de l'action, il n'avait pas remarqué ce léger détail, mais maintenant qu'il s'en rendait compte, il jugeait qu'effectivement les séances avec Pajol étaient particulièrement mouvementées.
- Nous devrions ranger un peu avant que vous n'alliez à vos examens, proposa son directeur en ramassant sa baguette magique qu'il pointa en direction d'un tas de gravats. Reparo !
Son élève en fit de même, et en moins d'une minute, la pièce détruite fit de nouveau place à une longue salle parfaitement en ordre et immaculée. Les quelques étagères retrouvèrent leur place le long des murs, les armes de nouveau accrochées sur ceux-ci, le plancher avait retrouvé de son éclat tout comme le plafond dont les poutres avaient été refixées pour supporter le poids des étages supérieurs. Même l'épée métamorphosée d'Harry redevint une planche de bois retrouvant sa position d'origine sur le sol près de ses pieds.
- C'est bien mieux comme ça, commenta son directeur d'un ton satisfait. Cette salle n'aura jamais autant connu d'animation que lorsque nous étions tous deux présents.
Harry eut brièvement l'impression qu'un regret pouvait être perceptible dans le son de sa voix, mais connaissant son directeur, il crut surtout à un effet de son imagination ; L'homme froid et distant qu'il était ne pouvait pas exprimer autre chose que ces sentiments là, n'est-ce pas?
- Qu'avez-vous comme épreuve aujourd'hui? Lui demanda alors Pajol pour changer de sujet.
- L'épreuve théorique de métamorphose puis examen de mathématiques, l'informa t-il alors qu'il réprimait l'envie de soupirer.
L'alternance des matières magiques et non-magiques était une spécificité de l'académie, mais l'idée de se plonger pendant quatre heures sur des calculs compliqués lui donnait par avance une forte migraine… Ou alors était-ce simplement dû à leur duel, mais dont il ne voyait comme seul remède qu'un rapide tour à l'infirmerie ; Il espérait simplement que la potion calmante qu'il ingérerait ne serait pas considérée comme un stimulant interdit pour ses examens.
- Si vous réussissez cette deuxième épreuve, je ne vois pas ce qui pourrait vous faire obstacle dans votre examen d'arithmancie, commenta Pajol en soignant au passage la blessure qui continuait à saigner sur sa main.
Son sourire disparut alors de nouveau, et ce fut d'un ton beaucoup plus dur qu'il s'adressa à son élève :
- Nous n'avons pas eu un élève aussi brillant que vous depuis des décennies au sein de notre établissement, alors j'estime… Que dis-je ! J'exige de votre part des résultats à la hauteur de tout ce que vous avez pu faire jusqu'à présent entre les murs de cette école. Il serait bien fâcheux que je ne puisse plus me vanter auprès des autres directeurs d'académies magiques de notre pays si j'apprenais que l'un de leurs élèves se trouve au sommet de la pyramide des étudiants les plus méritants. Mes collègues enragent depuis six ans maintenant chaque fois que je leur mets devant le bout du nez vos résultats, je veux le faire une septième fois !
- Je ferai de mon mieux, lui assura Harry bien qu'un sourire se glissa sur ses lèvres devant tant de vantardise.
- Ce n'est pas le mieux que j'attends de vous, c'est la perfection ! Insista son directeur. Ne me décevez pas. Non, ne nous décevez pas. Il s'agit du prestige de notre académie dont il est question, et vous en êtes le meilleur étendard.
Harry ne répondit pas, mais intérieurement, il était très touché par les propos de son directeur. Tant de compliments, même dit de manière détournée… Cela ne ressemblait guère à Pajol, et pourtant l'homme lui montrait en cet instant toute la confiance qu'il avait en lui. Son directeur, son professeur… Non, son mentor, l'homme qui l'avait entraîné si longtemps, l'avait sermonné quand il le fallait, l'avait conseillé quand il doutait, l'avait rassuré dans ses passages à vide et ses doutes… Pour rien au monde, il ne voulait le décevoir, et si obtenir les meilleurs résultats scolaires possibles était une manière pour lui d'être satisfait alors oui, il ferait en sorte d'atteindre cet objectif.
- Avez-vous mangé? Lui demanda Pajol alors qu'il se rhabillait de sa redingote.
- Pas encore Monsieur, lui répondit Harry avant de se rendre compte par le regard que lui lançait son directeur que ce n'était certainement pas la réponse à donner.
- Alors qu'attendez-vous? Hâtez-vous au réfectoire ! Lui ordonna t-il tandis que son élève rangeait précipitamment son sabre dans son fourreau et se saisissait de son propre uniforme.
Fébrilement, Harry boutonna rapidement son dolman, revêtit sa pelisse en moins de temps qu'il n'en fallait, réajusta ses bottes et se nettoya d'un rapide coup de baguette avant de se mettre rapidement au garde à vous et de s'incliner en direction de Pajol pour prendre congé de lui. Celui-ci répondit à son salut, et debout au milieu de la pièce, il observa son élève se diriger vers la sortie en se saisissant au passage de son shako qu'il garda sous son bras.
- Gabriel, attendez ! L'appela t-il alors tout à coup.
Intrigué d'être appelé par son prénom Harry s'arrêta immédiatement dans sa marche, puis se tournant dans la direction de Pajol, il vit que son directeur s'approchait de lui d'un pas lent, son regard ne le quittant jamais tandis qu'il caressait pensivement ses rouflaquettes. Puis, une fois face à face, il eut alors un geste à son égard qui le surprit au plus au point : Il lui tendit la main.
- En tant que votre supérieur et responsable du 4e régiment de hussards, je sais que nous nous reverrons très bientôt, mais vous ne serez alors plus mon élève mais bien l'un de mes subalternes, dit-il platement tandis qu'Harry lui serrait la main. Qu'il s'agisse de parader, de faire régner l'ordre ou de batailler à travers l'Europe, vous resterez quoi qu'il arrive sous mon autorité, ne l'oubliez pas.
- Je n'y manquerai pas Monsieur, lui assura son élève alors que leurs mains se séparaient.
Harry avait senti à ce contact que son directeur voulait également lui donner quelque chose, et dans sa paume de main se trouvait à présent ce qui semblait être un coupe-papier flambant neuf aux initiales gravées de son directeur. Intrigué, il reporta son attention sur lui, et comprenant qu'il lui devait quelques explications, Pajol prit la parole :
- Si vous êtes confronté à une situation difficile, serrez cet objet dans votre main et dites clairement "J'ai besoin de votre aide". L'objet que je conserverai sur moi et qui est relié à celui-là se mettra alors à chauffer, et je n'aurai qu'à m'en saisir pour être directement transporté auprès de vous.
- Mais pourquoi un coupe-papier? lui demanda son élève d'un air troublé.
- Votre mère s'attend à ce que vous repreniez ses affaires ainsi que celles de votre père lorsqu'elle vous sentira prêt à le faire, lui rappela t-il. Je pense que cet objet vous sera très utile devant la montagne de courriers que vous recevrez pour accomplir vos tâches. Je vous imagine fort mal dans un bureau, mais peut-être est-ce parce que je vous ai rarement vu avec autre chose sur le dos qu'un uniforme. Peut-être serez-vous aussi bon pour les tâches administratives que pour manier une arme? Seul l'avenir nous le dira.
Touché, Harry eut la brève envie de rompre avec les formalités d'usage et de donner une accolade à son directeur, mais pour autant il se retint de le faire et se contenta d'un hochement de tête en guise de remerciement tandis qu'il rangeait précautionneusement l'objet dans l'une de ses poches. Puis sans éterniser plus longtemps leurs adieux, Harry prit définitivement le chemin de la sortie sans regarder derrière lui. Oui, ils seraient amenés à se revoir, et au fond de lui, il avait déjà grand hâte de côtoyer l'homme qui était encore pour un petit mois son directeur. Plus qu'un simple professeur, un mentor ou un modèle, Harry sentit sur le moment que Pajol avait finalement une place bien spéciale dans son cœur, au même titre peut-être que Rémus qu'il connaissait depuis son enfance mais dans un tout autre registre également, une place que d'autres auraient pu occuper en d'autres circonstances… Une figure paternelle? Pourquoi pas, mais il ne savait même pas si Pajol avait sa propre famille, ses propres enfants et les tracas qui accompagnaient le rôle d'un père. Et de toute façon, il ne se voyait pas aller le voir et lui demander d'être le père de substitution qu'il n'avait jamais eu, du moins le croyait-il jusqu'à maintenant. S'il était aujourd'hui l'homme qu'il était, Pajol en était très certainement l'une des raisons majeures, et rien que pour ça il avait toute sa considération.
Traversant les couloirs, les groupes d'élèves se dirigeant dans leurs salles de cours ou traînant tout simplement dans l'attente d'une idée d'activité soudaine, Harry observa les lieux d'un œil distrait, l'esprit dans le vague alors qu'une certaine mélancolie emplissait petit à petit son corps en songeant que bientôt, il ne serait plus ici. Comme une cassure, ou du moins une étape supplémentaire qu'il était sur le point de franchir, la fin de sa scolarité rimait pour lui avec la fin de son enfance et le début de sa vie d'adulte, des responsabilités professionnelles et familiales qui allaient bientôt incomber à ses multiples fonctions. Oh il se savait prêt, là n'était pas le problème, et il désirait fort bien ne plus être vu comme un enfant mais bien comme le jeune homme qui s'était construit entre les murs de cette académie. Pourtant… Sa scolarité allait bientôt faire partie de son passé, et curieusement, cette épreuve émotionnelle était bien plus difficile à surmonter qu'il ne l'aurait crû.
Plongé dans ses pensées, il ne se rendit compte que tardivement qu'il était arrivé au réfectoire de l'école, et au milieu du brouhaha ambiant des conversations animées et des couverts s'entrechoquant dans les assiettes ou les bols, il repéra la voix de Juliette qui l'appelait à une table relativement éloignée des dames servant les repas.
- Gabriel ! Le héla t-elle suffisamment fort pour qu'il tourne la tête vers elle. Par ici !
Ni une, ni deux, son ami la rejoint rapidement en quelques enjambées non sans éviter au passage la jambe volontairement tendue de Boulanger dans l'allée pour le faire tomber. Peu désireux de créer une nouvelle dispute entre eux, Harry se contenta de le regarder tout en secouant sa tête de dépit avant de rejoindre ses camarades. Tous deux avaient déjà bien entamé leurs plateaux-repas, surtout Nicolas à vrai dire qui, malgré près de sept ans d'enseignement, n'avait décidément rien appris des manières de table, et qui pour le moment s'affairait à ingurgiter tout ce qui lui passait sous la main tandis qu'il regardait sans interruption son manuel de métamorphose.
- Tu en as mis du temps mon ami ! L'accueillit joyeusement Juliette tandis qu'il prenait place devant elle. Nous t'avons pris une plaque pour que tu n'aies pas besoin de faire la queue, mais la cantinière pensait au départ qu'il s'agissait d'une excuse de Nicolas pour avoir une double ration.
- Vous avez bien fait, je suis affamé ! Avoua Harry tandis qu'il plaçait sur lui sa serviette de table.
- En attendant, ça ne la dérange pas cette cantinière que je fasse les fonds de ses plats, argua d'un air sombre Nicolas alors qu'il croquait avidement dans un fruit. Ça vaut toujours mieux que de jeter ça aux ordures…
- Ce n'est pas une raison pour manger à t'en rendre malade, répliqua sa camarade d'un ton ferme. Tu pourrais vomir sur ta feuille de parchemin dans une heure que cela ne m'étonnerait même pas, et quand on sait l'angoisse qui te gagne avant un examen, je suis prête à parier que tu rendras tout ce que tu as mangé avant même de franchir la porte !
- Je prends le pari ! Dit-il gaiement en tournant une page de son manuel.
- Révisions de dernière minute? Lui demanda Harry bien qu'il se doutait déjà de la réponse.
Son ami haussa ses épaules, l'air de dire que ce n'était pas important, mais Juliette elle ne l'entendit pas de cette oreille et donna son propre point de vue à cette affaire :
- Si môsieur avait utilisé son temps libre à autre chose qu'observer depuis la fenêtre du grenier la fille de l'avocat qui habite en face pendant qu'elle se déshabille, il aurait peut-être eu assez de temps pour faire quelque chose d'intelligent comme réviser ses examens !
- Je ne l'observais pas, assura Nicolas alors que son visage prenait une légère teinte rougeâtre. Je vérifiais que rien ne pouvait lui arriver !
- Dans sa chambre? En pleine journée? Et à des heures précises où tu sais qu'elle sortait de son bain? Lui lança t-elle d'un ton clairement dubitatif.
- Tu devrais la voir lorsque je sors de l'académie pour me promener en ville… Que je parade sur mon cheval dans mon magnifique uniforme… Elle vient exprès à la porte de sa maison pour me regarder passer, avoua t-il alors avant de soupirer. Je suis sûr que je lui plais, et puis un militaire, ça a toujours son charme auprès des filles…
- Cause toujours, soupira Juliette en roulant des yeux.
- Tu dis ça parce que personne ne s'intéresse à toi, certifia l'autre d'un ton assuré.
- à quand bien même une fille me trouverait à son goût, je te rappelle que j'en suis moi-même une ! Siffla t-elle furieusement.
Sentant que la situation se tendait de plus en plus entre eux, Harry eut alors la brillante idée de changer de sujet. Non pas que leurs disputes pouvaient mal se terminer tant elles étaient fréquentes, mais le risque était surtout qu'au détour d'une pique adressée à l'autre, le secret de Juliette soit divulgué à toutes les personnes présentes dans le réfectoire… Et elles étaient nombreuses.
- Avez-vous pensé à ce que vous aimeriez faire une fois notre diplôme validé? Leur demanda t-il suffisamment fort pour les interrompre dans leur joute verbal. Nous pourrions déjà envisager une manière de célébrer notre réussite aux examens.
- L'année dernière, un étudiant m'a dit que généralement ils fêtaient la fin des examens en allant au bordel avant même de connaître les résultats, mais je doute que la demoiselle ici présente accepterait, argua Jules en jetant un coup d'œil furtif à la-dite demoiselle.
- Très peu pour moi également, certifia Harry alors qu'il touillait distraitement son café en faisant bouger la cuillère à distance avec son doigt. Que diriez-vous de passer quelques temps à Lamballe en ma compagnie? Mère serait ravie de vous accueillir de nouveau.
- Pas longtemps alors, en tout cas pas pendant la période des récoltes, répondit son ami. Maman n'aime pas que je fasse de la magie devant elle, mais elle trouve mes sortilèges de découpe très utile pour tailler les épis de blé… Enfin quand je les lance correctement, parce que l'autre coup, j'ai visé sa corde à linge et tous ses sous-vêtements sont tombés dans une flaque de boue. Vous pouvez pas imaginer la tannée que je me suis pris juste après…
Bien qu'involontairement, ses amis ne purent réprimer un gloussement en imaginant facilement la scène, et même Nicolas les rejoignit rapidement dans leurs éclats de rire.
- ça me fait penser que tu as reçu du courrier, lança alors Juliette une fois son rire calmé. Archimède est arrivé cinq minutes avant toi.
Haussant un sourcil, Harry regarda les environs à la recherche de son faucon pour le trouver quelques mètres plus loin sur une étagère et suffisamment caché dans l'ombre pour ne pas être remarqué des femmes du réfectoire qui n'auraient pas eu le moindre état d'âme à chasser son oiseau de manière radicale. D'un geste, Harry lui intima l'ordre de venir se poser près de lui, et c'est sur son bras tendu que l'oiseau se posa quelques secondes plus tard, plusieurs lettres et un journal attaché à l'une de ses pattes.
Intrigué par tant de correspondance, Harry entreprit de libérer de son fardeau son faucon, puis discrètement, il lui offrit de quoi se satisfaire de son travail achevé avant de pouvoir reprendre la route et parcourir les centaines de kilomètres les séparant du château familial.
- Saluez mère de ma part mon ami, dit-il en lui chatouillant quelques secondes le bec.
Archimède sembla comprendre son ordre car il entreprit immédiatement de lui mordiller gentiment le doigt, puis prenant quelques instants appui sur lui, il déploya ses ailes et s'envola sans attendre plus longtemps en direction de la fenêtre ouverte du réfectoire.
- Les animaux de compagnie sont interdits ici Bourbon ! Lui lança furieusement la cantinière en chef depuis l'autre côté de la salle en brandissant d'un air menaçant ce qui semblait être une louche. C'est un réfectoire ici, pas une volière !
- Mes excuses Madame, cela ne se reproduira plus ! Jura t-il alors que quelques têtes s'étaient tournées vers lui pendant leur échange.
- Elle n'a pas tort, pesta de son côté Nicolas en enlevant de son assiette une plume noire appartenant à Archimède. J'aime bien la volaille, mais quand elle est cuite et déplumée !
Harry se contenta de lui adresser un sourire plein d'excuse, puis n'y tenant plus, il déposa rapidement sur la table son courrier en écartant au passage sa propre plaque, avant de commencer sa lecture par la première lettre qui attira son regard. Dépliant la feuille cachetée, il se rendit rapidement compte qu'il ne s'agissait de nulle autre que sa mère comme il reconnut aisément la belle calligraphie de celle-ci dans chacun des courriers qu'elle lui adressait.
À Monsieur de Bourbon.
À Lamballe, ce 13e de juin
Mon cher enfant, que vous m'êtes cher, et que mon cœur est vif et tendre en songeant seulement à vous écrire ! Je voudrois que vous fussiez déjà auprès de moi pour me conter vos mérites et vos exploits ! Tout le monde ici se languit de vous, et avec l'imminente approche de la fin de votre année d'étude, nos gens se dévouent corps et âme à préparer votre retour.
Votre maman et moi avons été bien aise de lire votre dernière lettre ; Celles-ci se font si rares ces derniers temps que nous en épions presque l'arrivée du postier pour connaître de vos nouvelles.
Harry eut la brève image de ses mères guettant l'arrivée du malheureux facteur et de sa besace et qui, l'apercevant au loin, se précipiteraient sur lui en faisant fi de la bienséance qui dictait d'ordinaire la conduite de l'une d'elle. Un gloussement bref mais sonore sortit d'entre ses lèvres, et si ses amis l'entendirent distinctement, aucun ne fit le moindre commentaire pour en connaître l'origine et la raison.
Ne croyez point cependant que nous vous en faisons le reproche ; Vos études demeureront jusqu'à la fin de ce présent mois votre premier souci, et j'ose espérer alors que vous vous y distinguerez une nouvelle fois ! Je n'ai cependant point de mal à avoir la certitude que votre labeur et vos peines seront récompensés à leur juste valeur.
J'espère que vous aurez eu le bon sens de lire cette lettre avant la copie de journal que je vous ai fait parvenir ; L'un des articles que vous trouverez en page 11 risquerait fort de vous intéresser.
Curieux, Harry fut tenté d'arrêter sa lecture pour lire ce fameux article, mais estimant que cela ne pouvait pas être plus important qu'un courrier de sa mère, il jugea préférable de reporter cela à plus tard.
Sur une autre note en rapport avec cet article, sachez que votre amie Mademoiselle de la Cour n'a malheureusement pas remporté le tournoi des trois sorciers. Il sembleroit que l'un des concurrents l'eut ensorcelé au cours de la dernière épreuve, et la pauvre fille s'est retrouvée dans l'incapacité de pouvoir continuer. Madame la comtesse s'est bien évidemment dépêchée d'aller à Poudlard à l'annonce de l'état de sa fille, mais il sembleroit que celle-ci se porte fort bien aujourd'hui. Gagez fort bien de notre empressement à leur montrer toutes les marques de sollicitude et d'affection dont nous sommes capables et ce également en votre nom.
La date de votre mariage avec Mademoiselle Greengrass a été arrêtée au 2 août de cette année en concertation avec les parents de cette jeune fille. Ceux-ci se montrent tant désireux de bien faire et de plaire qu'ils souhaitent nous verser une somme pour l'utilisation et l'occupation de notre demeure pour cette journée, mais je m'y suis opposée en arguant que vous même refuseriez cet arrangement ; La dot de leur fille suffira amplement à payer la cérémonie et les festivités de ce mariage.
Votre fiancée reviendra bientôt de son séjour à Poudlard ; Quel soulagement de savoir que rien de fâcheux ait pu lui arriver dans cet endroit !
Un soulagement partagé par Harry qui avait craint à de multiples reprises que Dumbledore ou James puisse faire le lien entre lui et elle, mais à l'évidence, tous deux avaient complètement oublié le contrat de mariage qui les unissait depuis leur plus jeune âge. Tant de mois sans la voir... à ne lui parler que par courrier... Il n'avait qu'une hâte désormais : La retrouver.
Les essayages ayant déjà été effectué là-bas sous la supervision et la surveillance de cette chère Madame Maxime, nous n'aurons plus qu'à peaufiner les détails de sa robe avant de nous occuper de vous jeune homme ! Votre maman pensait éventuellement à du pourpre pour votre costume, mais ce fut avant de savoir qu'il s'agissait d'une couleur de deuil ! La pauvre amie se sentit fort mal par la suite. Quant à la liste des invités, celle-ci grandit de jour en jour, mais n'hésitez pas à nous transmettre quelques noms supplémentaires de gens que vous aimeriez voir pour votre mariage.
Nicolas et Juliette lui vinrent immédiatement à l'esprit, mais connaissant sa mère, Harry supposait à juste titre qu'elle devait déjà les avoir inclus à cette fête. Pajol pourrait être un autre invité possible, mais un doute s'immisçait malgré tout en lui en songeant que son directeur pourrait y rencontrer Louis XVIII ; Mettre au même endroit un homme fidèle à l'empereur et un roi de France en exil pourrait faire bien davantage de dégâts qu'un niffleur dans une argenterie.
Nous sommes également parvenues à convaincre Mgr l'évêque du diocèse de Saint-Brieuc d'officier pour la cérémonie religieuse, et il a été bien aimable pour venir directement le faire au sein de notre chapelle ; Nous n'aurons ainsi point besoin de nous déplacer jusqu'au village pour vous unir à votre promise.
Adieu, mon cher et très aimable fils. Mon esprit est encore emplit de biens tendres pensées pour vous, mais si je vous les disois, cette lettre seroit bien trop longue, et vous me gronderiez. Souffrez que je vous embrasse mon enfant.
Votre mère.
NB: Vous trouverez un autre courrier fort intéressant joint à cette lettre. Lisez-le loin des oreilles indiscrètes et des coquins bien trop curieux.
La curiosité le gagna de nouveau, mais choisissant de faire les choses dans l'ordre, Harry opta pour commencer d'abord par le journal enroulé qui avait accompagné les deux enveloppes. Défaisant le cordon l'immobilisant, il déplia sans attendre l'exemplaire pour lire les titres de la première couverture, mais à première vue, rien ne semblait troublant. Un simple titre, discrètement glissé en bas de page et dont la lettrine était plus petite qu'ailleurs, l'intrigua cependant lorsqu'il se rendit compte que cela concernait le tournoi des trois sorciers.
- ça c'est étonnant, marmonna t-il en fronçant les sourcils.
- Quoi donc? S'enquit distraitement Nicolas alors qu'il avalait goulûment une énième tartine de confiture.
- Pour un journal qui se complaisait à apparaître comme la première source d'informations concernant le tournoi des trois sorciers, je trouve étonnant d'annoncer le vainqueur de ce tournoi entre une recette de marrons et un fait divers concernant un sorcier et son élevage illégal de strangulot, narra Harry.
Son ami se pencha pour regarder également le journal, mais au bout de quelques secondes de silence, Harry en déduisit que son froncement de sourcils devait davantage avoir pour raison sa parfaite ignorance de l'anglais.
- Pour moi c'est du charabia, dit-il pour confirmer ses dires avant de regarder les illustrations de certains articles. Pour sûr, c'est amusant ! Ils auraient dû faire pareil avec certains de nos livres scolaires pour illustrer les sorts à apprendre, ça aurait été moins embêtant que de lire les instructions !
- Et comment aurais-tu pu comprendre ce que tu avais sous les yeux si tu n'avais justement pas eu ces fameuses instructions? Lui lança d'un ton sarcastique Juliette.
- Je n'aurais eu qu'à recopier les gestes, assura Nicolas.
Tous deux se lancèrent alors dans un débat sur l'utilité ou non des illustrations et de la dangerosité de s'y fier, mais Harry n'y prit aucunement part et les laissa à leur réflexions. Se saisissant rapidement de la pomme encore épargnée sur son plateau, il la pela tranquillement d'un mouvement de main à l'intention de son couteau qui se chargea de l'affaire lui-même, tandis qu'il feuilletait désormais le journal jusqu'à la page mentionnée par sa mère et qui traitait justement du tournoi. L'article en question ne faisait curieusement que quelques lignes, à peine plus long que le titre à vrai dire dans la place qu'il prenait sur la page, et parlait de la victoire surprenante de son petit-frère, mais un autre article juste en dessous attira son attention, un article sans image écrit en petits caractères, mais dont le titre ne laissait guère de doute sur son contenu :
MATTHEW POTTER SERAIT-IL FOU ?
«Et c'est seulement maintenant que vous vous en rendez compte?» pensa t-il caustiquement tandis qu'il faisait venir à lui les morceaux de pomme impeccablement coupés d'un geste de la main.
- Je te déteste vraiment quand tu fais ça, lui lança d'un ton boudeur Nicolas alors qu'il voyait les morceaux voler vers son ami.
Harry lui sourit, mais il n'eut pas le temps de le voir comme Juliette relançait une nouvelle fois leur débat. Au lieu de ça, il se replongea dans la lecture de cet article d'un genre nouveau concernant son frère, mais il ne s'attendait à y voir qu'une pauvre ébauche essayant d'égratigner l'image de Matthew sans jamais rien apporter de nouveau ou de concret pour étayer les propos de son auteur ; Comme d'autres avant lui, il finira probablement noyé sous la pile de lettres d'admirateurs l'injuriant pour avoir l'audace de toucher à leur héros, puis renvoyé par la gazette du sorcier dans une volonté d'apaisement.
Il serait hasardeux de l'affirmer dès maintenant, et moi, journaliste à la gazette du sorcier, je ne puis porter accusation sans fournir à d'autres les preuves nécessaires à mon dessein. Mais, Cher lecteur, la situation aujourd'hui est bien trop grave pour ne point toucher quelques mots à ce sujet. Comment, alors que le tournoi des trois sorciers vient à peine de se terminer, puis-je avoir l'outrecuidance de nommer son vainqueur «le fou»? L'audace, Cher lecteur, voilà pourtant bien là ce qu'il faut pour vous rapporter aujourd'hui mes dires ! Rares sont ceux qui ont eu jusqu'à maintenant ce courage pour mettre un nom au mal qui ronge ce garçon, un mal qui, celui-ci vieillissant, va en s'aggravant avec le temps ! Oui mes lecteurs, j'ose, et je puis affirmer que nombreux seront ceux qui me porteront aux nues dans les semaines qui viennent !
Mais comment puis-je en arriver à cette conclusion? La raison est simple, mais l'on veut la passer sous silence par peur d'attiser la panique parmi vous ! Oui notre héros est fou, et il l'est davantage encore en affirmant que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom est de retour ! Non vous ne rêvez pas, vous avez bien lu !
Si les sourcils d'Harry s'étaient considérablement froncés au fur et à mesure de sa lecture et des divagations de cet auteur, la fin de l'article les fit tant se hausser qu'ils en arrivaient presque au milieu de son front. Voldemort? De retour? La chose en était presque risible, du moins si lui-même n'avait pas l'intime conviction depuis son enfance que le mage noir n'avait pas été totalement anéanti cette nuit là. Mais quand cette annonce sortait de la bouche de son frère, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il s'agissait là d'une pauvre tentative de la part de Matthew pour s'attirer toute l'attention possible des journalistes.
L'enlèvement de Matthew Potter durant la dernière épreuve du tournoi est désormais connu de tous, et l'enquête sur le sortilège de portoloin sur la coupe du tournoi est en cours, mais aucun suspect n'a pour le moment été appréhendé et arrêté. Nous ne savons cependant rien de ce qui a pu se passer pour lui une fois transporté en dehors du labyrinthe, et à la vérité, seul lui peut en parler. Mais nous savons de la bouche même de Dumbledore que Potter a été longuement soumis au sortilège doloris qui, comme nous vous le rappelons, est passible pour son auteur de la prison à vie à Azkaban. Dumbledore semble également croire en les divagations de son élève, et il s'est permis, lors du banquet final clôturant le tournoi, d'annoncer à l'assistance le retour du seigneur des ténèbres. D'ors et déjà, le ministère réfute bien évidemment les propos du directeur de Poudlard et met en doute les déclarations de Matthew Potter. D'autres émettent déjà quelques doutes quant à la santé mentale de l'élu à l'image de ses propres camarades de classe qui cohabitent depuis de longues années avec lui.
«Il est dérangé» nous a certifié Drago Malefoy, un élève de Serpentard de quatrième année. «Nous l'avons toujours soupçonné d'avoir ouvert la chambre des secrets durant notre deuxième année, mais Dumbledore a immédiatement pris la défense de son élève préféré au détriment de la sécurité des autres étudiants de Poudlard. Et en première année, l'un de nos professeurs a disparu, et le directeur a affirmé que Potter l'avait en vérité arrêté avant qu'il ne s'empare de quelque chose pour le compte du seigneur des ténèbres… Mais nous, nous avons toujours pensé qu'il l'avait simplement tué».
«Il n'a aucun ami» renchérit Pansy Parkinson, également en quatrième année à Serpentard. «Les gens ont peur de lui, et personne même à Gryffondor n'ose l'approcher. Des choses bizarres se passent autour de lui, alors pour notre sécurité, nous évitons au possible de l'approcher en dehors des cours».
Un élève solitaire donc, soupçonné d'agresser ses camarades sous les yeux d'un directeur indulgent préférant fermer les yeux sur les méfaits passés et présents de son élève, peut-il seulement avoir la moindre crédibilité? Pour l'heure, nous n'avons pu approcher l'infirmerie où se terre depuis près d'une semaine maintenant Matthew Potter, mais ce silence autour de son état de santé n'est-il pas en soi un indice quant à son état de santé? Aurait-il eu l'illusion d'affronter Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom sous la torture? Ses problèmes mentaux n'auraient-ils pas une origine plus lointaine remontant au soir où, par un miracle connu des acteurs présents, il est parvenu à vaincre le seigneur des ténèbres et son sortilège de la mort? Nous laisserons le soin au professeur Dumbledore de conclure cet article :
«Aucun commentaire !».
Aucun commentaire. Pour lui peut-être, mais pour nous, nous sommes en droit de nous interroger sur la véritable personnalité de celui que l'on présentait jusqu'à maintenant comme celui qui a vaincu le plus grand mage noir du siècle dernier.
- Quelque chose d'intéressant à nous raconter là dedans? L'interrogea alors Juliette alors qu'il terminait sa lecture.
- Eh bien… Pas grand-chose non…, dit-il distraitement alors qu'il tendait le journal à la main déjà tendue de Nicolas.
- Mais encore? S'enquit-elle malicieusement.
- Le tournoi des trois sorciers est terminé, et malheureusement mon ami Fleur ne l'a pas remporté…
- Tant mieux, commenta Nicolas alors qu'il feuilletait les pages. Quelle honte cela serait si un garçon était battu par une fille !
- Je te demande pardon? Fulmina leur amie en se tournant vers lui.
- Certaines pourraient bien te causer des difficultés Nicolas, affirma pour sa part Harry. Mère pourrait te vaincre en une minute à peine si elle le voulait.
- Oui bon…, marmonna t-il d'un air penaud.
- Alors, qui a remporté le tournoi s'il ne s'agit pas de Beauxbâtons? Reprit Juliette une fois le moment de gêne passé.
- L'un des champions de Poudlard, celui que j'ai affronté au bal de noël, dit-il nonchalamment. Apparemment il y aurait eu un problème pendant la dernière épreuve et il aurait été enlevé, mais il serait par la suite revenu en affirmant avoir assisté à la résurrection d'un mage noir qui l'aurait torturé.
- C'est qu'il s'en passe des choses à Poudlard, commenta son amie. Un mage noir, rien que ça !
Harry ne pouvait qu'approuver ses dires, et en comparaison de l'école de sorcellerie anglaise, il pouvait presque affirmer que leur propre académie était très certainement un havre de paix et de tranquillité… Du moins si l'on mettait de côté l'irascible concierge, les petites brutes à l'image de Boulanger et les activités scolaires éreintantes… Oh, et les guerres auxquelles ils participent.
- Cela pourrait toutefois être d'une utilité non négligeable pour nous, ajouta alors Juliette.
- Que veux-tu dire par là? S'enquit-il aussitôt alors que Nicolas se désintéressait de son journal pour l'écouter également.
- Eh bien, si ce retour s'avère vrai, les autorités anglaises auront du pain sur la planche pour éliminer une nouvelle fois ce mage noir, et elles seront bien trop occupées pour envisager de fomenter de nouveaux plans contre nous.
- Tu penses que le gouvernement anglais mobiliserait certaines de ses troupes pour vaincre Vol… cette nouvelle menace? L'interrogea Harry alors qu'il se réprimait intérieurement pour avoir failli leur donner l'identité de Voldemort.
- Peut-être, acquiesça t-elle. Ils n'envisageraient rien contre l'empire si autre chose les menaçait directement sur leurs propres terres.
Une distraction en soi, et l'idée n'était franchement pas ridicule aux yeux d'Harry. Qui plus est, les relations entre son pays d'adoption et l'Angleterre n'étaient toujours pas au beau fixe, et avec le blocus continental imposé par l'empereur pour détruire le commerce anglais en Europe, celles-ci n'allaient clairement pas en s'arrangeant. Mais si l'option militaire était une possible solution à ce problème, la renaissance de Voldemort pourrait retarder l'imminence d'un conflit de quelques mois ou même de quelques années… à condition seulement de prendre la menace au sérieux, ce qui à la lecture de la gazette du sorcier n'était clairement pas le cas. Mais surtout, jamais la couronne anglaise n'intervenait dans les affaires des sorciers sauf si la situation l'exigeait, et à l'image de la dernière guerre menée par Voldemort contre le ministère de la magie et Dumbledore, ce ne serait probablement pas non plus le cas cette fois-ci.
- Vous oubliez un détail, lança soudainement Nicolas d'un ton sérieux. Ce mage noir, personne ne l'a vu réapparaître hormis un garçon affirmant avoir assisté à son retour, alors il n'y a rien pour confirmer ce qu'il raconte.
Surprise Juliette regarda d'un air étonné son ami, choquée de cet éclair de lucidité qui lui était généralement étranger, tandis qu'Harry lui réfléchissait à ces propos. Oui, Matthew était bien le seul à avoir vu Voldemort revenir d'entre les morts, et à en juger par l'article de la gazette et de la personnalité même de son frère, il imaginait aisément que celui-ci ai pu inventer un tel mensonge dans le seul but de paraître plus grand encore qu'il ne l'était réellement. Mais d'un autre côté… Pourquoi inventer une chose pareille? Le risque était si grand qu'il imaginait mal Matthew mentir à ce sujet sans s'attirer les foudres de toute la communauté magique de Grande Bretagne. Son image n'avait déjà pas l'air bien brillante, mais découvrir qu'il avait tout inventé pour une raison connue seulement de lui serait bien plus dangereux encore que de simples disputes entre étudiants de Poudlard.
Voldemort serait-il vraiment de retour? Cette perspective n'était en elle-même guère réjouissante, surtout s'il prenait l'envie à ce mage noir de se lancer à sa poursuite ; Pour quelle raison ferait-il ça? Aucune à première vue si ce n'est essayer d'atteindre Matthew en s'attaquant à ses proches, mais peut-être le mage noir ne savait-il même pas les problèmes familiaux qui étaient apparus au sein de leur famille depuis sa petite visite...
Alors… Voldemort se lancerait-il à sa poursuite? À quand bien même… Comment pourrait-il le retrouver? Il n'était même plus un Potter ! Il n'avait plus la moindre attache en Angleterre hormis sa future union avec Daphné, et cette information n'était certainement pas connue du seigneur des ténèbres… Oui, Harry se sentait relativement en sécurité ici, et avec ses années d'expérience auprès de Marie-Louise et de Pajol, il se sentait fin prêt à faire face à Voldemort si par miracle celui-ci parviendrait pas un coup du sort à mettre la main sur lui.
Mais ce scénario en lui même lui paraissait complètement surréaliste, impossible même à envisager, et une large partie de son esprit s'accordait à penser que, à l'image de ce journaliste et des détracteurs de Matthew, celui-ci n'était qu'un menteur patenté prenant exemple sur son imbécile de père pour aller toujours plus loin dans ses affabulations pour rester au devant de la scène.
- Que cela soit vrai ou non n'a aucune importance, trancha t-il en regardant Juliette. Par le passé, ce mage noir avait déjà commis de nombreux crimes contre les sorciers et moldus anglais, et pour autant, jamais la couronne britannique n'a envoyé le moindre contingent pour surveiller les agissement de ce sorcier et de ses fidèles. Elle était bien trop occupée à envoyer des troupes dans ses anciennes colonies d'Amérique du Nord et à vaincre les rebelles s'y trouvant pour se préoccuper d'un mage noir dont la seule ligne de conduite est la suprématie des sorciers sur les moldus. Elle s'est… débarrassée du problème en le confiant au ministre de la magie de l'époque et en lui allouant de temps à autre une certaine somme en guise de compensation financière, c'est tout. Alors si les allégations de ce garçon sont justes, ce dont je doute fortement en raison de ses antécédents de menteur avéré n'ayant pour autre but que de rechercher la gloire, vous ne verrez jamais George III démobiliser une partie de ses troupes sur le front de campagne pour prêter main-forte aux sorciers vivant dans son pays.
Un silence accompagna ses paroles, chacun pesant à la fois le pour et le contre de ses dires, mais également en raison des commentaires peu obligeant de leur ami à l'égard du champion du tournoi. Si les deux se demandèrent le pourquoi de cette aversion apparente, aucun ne jugea utile pour autant de le lui demander, ce dont il leur fut très reconnaissant.
Harry lui pesait chacun des mots qu'il avait prononcé, et en toute honnêteté, il se fichait éperdument de cette possible situation ; Si son frère venait le supplier de l'aider, si Dumbledore ou James osait seulement l'approcher dans l'intention d'esquisser les contours d'une alliance entre eux, il connaissait déjà la réponse qu'il leur apportait : Un non ferme et catégorique. Qu'ils aillent au diable !
- On va devoir faire très attention alors…, leur dit alors Nicolas en croisant les mains derrière sa tête.
- Pourquoi? S'enquit aussitôt leur amie d'un ton soupçonneux.
- Bah… Ils ont des uniformes rouges eux-aussi, alors ça va être difficile de nous distinguer au beau milieu d'un combat, argua t-il sagement. T'imagines si je tirais sur un camarade en le prenant pour un foutu anglais?
- Je pense qu'au milieu des combats, personne ne se rendrait compte que tu ais pu te tromper de cible, affirma Harry d'un ton rassurant. Et puis, l'erreur est humaine, nous ne te ferons point ce reproche… sauf si tu nous tires dessus évidemment, là il te faudra bien plus que des excuses pour te faire pardonner, et encore si nous survivons à ta maladresse !
Les deux ricanèrent de bon cœur même si une pointe d'inquiétude germa dans leurs esprits à l'idée de pouvoir tirer l'un sur l'autre. Au même moment, La cloche de l'école se mit soudainement à sonner, interrompant Harry dans ses pensées, et tournant la tête, il constata que la majorité des élèves, la mine défaite et blasée, se levait de leurs sièges et se dirigeaient d'un pas traînant en direction de la sortie… Et de leurs futures salles d'examen.
- C'est l'heure, soupira Juliette en se penchant au passage au dessus de la table pour fermer le livre de Nicolas.
- Je suis pas prêt ! Maugréa son ami en rangeant malgré tout son manuel dans son sac.
- Tu le serais si tu avais pris la peine de prendre au sérieux tes révisions, argua t-elle tranquillement en se levant de son banc.
- Allons mon ami ce n'est pas si terrifiant que cela, lui dit alors Harry tandis qu'il passait un bras sur ses épaules. Ce ne sont point des chiffres qui vont terrasser le terrible Nicolas Fleury, celui-là même qui, par son seul courage et sa témérité, est parvenu a enfermer notre bien aimé concierge dans la cabine des toilettes en l'encordant ! Ces nombres ne sont que des concierges ne demandant qu'à être pourfendus par la lame de ta plume !
- Et c'est censé me réconforter? Lui demanda d'un ton dubitatif son camarade en plissant légèrement les yeux.
- Désolé, je n'avais pas d'autre image en tête pour te donner l'idée de la bataille que tu livreras cet après-midi contre ton pire ennemi : L'algèbre, répondit-il d'un air penaud.
- Dis comme cela, je pense que je pourrais mieux imager cet examen, certifia Nicolas en portant la main au pommeau de son sabre. Je vais trancher dans le vif du sujet !
Tous les trois se dirigèrent vers la sortie, leur sac en bandoulière et l'air bien plus confiant qu'auparavant pour ce qui était de Nicolas. Cependant, dardant un dernier regard sur leur table, Juliette les arrêta en se saisissant du bras d'Harry :
- Tu as oublié l'une de tes lettres je crois, dit-elle en lui désignant du doigt l'enveloppe non décachetée qui traînait encore sur leur table.
Harry s'y précipita aussitôt, et bien qu'il se doutait qu'il puisse s'agir de la lettre dont faisait mention sa mère dans la sienne, une curiosité grandissante l'envahit à mesure qu'il portait la main sur elle, qu'il la retournait et détachait rapidement le papier du sceau qui la maintenait en place en analysant au passage rapidement le symbole inscrit dans la cire rouge et qui ne lui était nullement étranger :
À Monsieur B.
À Paris, ce 11e de Juin.
Monsieur,
Vous conviendrez avec moi du caractère peu académique de notre démarche, mais pour ne point éclairer les curieux sur notre entreprise, permettez que je m'adresse à vous comme ceci dans l'éventualité où cette lettre tomberait entre de mauvaises mains.
Notre affaire avance, et avec mon influence, je puis vous certifier que vous serez sous peu entre les serres de l'aigle. Vos quartiers vous ont déjà été attribués, mais pour ne point attiser la jalousie et la médisance, vous serez logé à la même enseigne que vos camarades ; Le confort n'est point chose à discuter pour le moment, et il serait curieux de voir un simple soldat vivre dans l'oisiveté du fait de sa parenté.
Les fonctions qui vous seront attribuées ne vous seront connues qu'à votre arrivée à une date qui vous sera communiquée ultérieurement, mais nous serons amenés à nous voir très souvent pour discuter ensemble de ce qui pourrait faire grand bien à notre Ami commun. Gagez bien que c'est par devoir envers lui que je prends de tels risques pour vous.
Détruisez cette lettre une fois que vous l'aurez lu, et n'en parlez à personne ; Il en va de votre couverture.
T.
Obéissant, Harry détruisit immédiatement la feuille de parchemin d'un simple «Incendio». Les morceaux avaient à peine fini de se consumer qu'il avait déjà tourné les talons et rejoint ses amis, l'esprit malgré tout occupé par cette lettre et par la personne qui l'avait écrite. Une seule pensée lui revenait sans cesse en mémoire tandis qu'il parcourait l'académie à destination de sa salle d'examen : Les prochains mois allaient être mouvementés ! Quant à Voldemort, celui-ci lui était déjà sorti de l'esprit.
Mais pour combien de temps?
A/N : Donc voilà, chapitre terminé ! J'aime beaucoup la manière avec laquelle je l'ai conclu d'ailleurs, mais c'est un sentiment personnel.
Donc plusieurs points :
- Harry n'est pas au courant que Voldemort est de retour, ne croit pas son frère et refuserait même de lui apporter son aide si il s'avérait qu'il disait la vérité. Jusque là, rien de nouveau, du moins faut-il peut-être que je précise encore qu'il n'a pas un morceau d'âme de Voldemort dans le crâne, d'où le fait qu'au moment de sa transformation, sa cicatrice ait elle-même légèrement disparu ; Elle n'est qu'un vestige du sortilège de la mort, rien de plus.
- La fin laisse à penser qu'il a peut-être finalement accepté la proposition de Louis XVIII ; à quand bien même, il y aura tout de même des nuances, parce que considérer Pajol comme un modèle, mais en même temps lui planter un couteau dans le dos en pactisant avec l'ennemi, ça le fait pas trop. Par ailleurs, certains comme NVJM devineront je pense très facilement qui est ce mystérieux T ^^.
- Je me suis rendu compte après relecture que Juliette et Nicolas ressemblent un peu dans leurs attitudes à Hermione et Ron : Ce n'est pas voulu, et ça n'impliquera pas nécessairement une romance entre eux.
- Je me suis inspiré des lettres de la marquise de Sévigné pour écrire celle de Marie-Louise ; Je suis littéralement raide dingue de leur manière d'écrire, je trouve qu'il y a une poésie, une noblesse dans l'art de correspondre, une facilité de jouer avec les mots qui est tout à fait fascinante. Je recommande d'ailleurs son recueil de lettres pour la lecture, mais bon ça intéressera surtout ceux qui veulent lire la correspondance d'une mère à sa fille.
- Pas satisfait de l'article par contre, même si je me suis inspiré de journaux révolutionnaires comme le père Duchesne pour l'écrire ou d'articles de Marat pour lui donner un côté accusateur, injurieux etc. Mais l'essentiel est quand même dedans.
- Concernant le mariage, il arrivera dans très peu de temps ; J'ai demandé à mon directeur de recherche de me décrire la manière dont se déroulaient cette cérémonie sous l'ancien régime pour vous en faire une retranscription la plus fidèle possible ; Il a eut l'air étonné par ma demande vu que ça n'a aucun rapport avec mon mémoire, mais il m'en a quand même donné quelques renseignements !
Sur ce, et comme je vous ai déjà annoncé que le prochain chapitre arrivera plus rapidement que d'habitude, je ne peux que vous souhaiter une bonne journée !
