Bonjour à tous !

Tout d'abord, désolé pour le retard, je ne pensais pas mettre autant de temps pour terminer ce chapitre, mais des... Hm... circonstances extérieures ont fait que je n'avais pas du tout la tête à écrire ces derniers temps. Je crois d'ailleurs que cela fait deux mois à peu près depuis le dernier chapitre...

J'espère que vous passez un bon weekend en tout cas? Personnellement je parcours Lille depuis une semaine à la recherche d'un futur stage pour mon master étant donné que j'ai l'intention de me reconvertir dans le patrimoine l'an prochain ; Je me suis rendu compte que le master historien offrait peu de débouchés hormis être prof ou historien (mais les places sont limitées), d'autant plus qu'un désintérêt total m'a gagné depuis quelques mois vis-à-vis de cette filière, alors je change de branche pour taper dans la conservation en général, les musées etc.

Autrement donc, voilà le nouveau chapitre : Le titre est comme d'habitude suffisamment explicite et parlant pour vous laisser deviner de quoi il pourrait être question. Par contre, je ne me rappelle pas du tout où j'en étais arrivé concernant les réponses aux reviews, alors hormis celles du chapitre précédent, je ne sais pas si j'en donnerai une aux autres :/ en tout cas, merci à vous !

Sur ce, bonne lecture !


Un parfum d'été soufflait depuis longtemps sur le pays, et comme à l'accoutumée, Marie-Louise pouvait clairement entendre depuis son antichambre une ribambelle de jeunes gens qu'elle connaissait fort bien profiter des beaux jours pour s'adonner à une énième partie de colin-maillard. Non pas que cela la dérangeait, mais à la longue, elle aurait bien préféré voir ses enfants profiter de leur temps libre à faire des activités plus enrichissantes et sérieuses comme étudier. Pourtant, elle-même ne dirait pas non à une partie ou deux en leur compagnie, comme au temps où elle-même s'amusait de cette activité en compagnie de la reine et de ses dames de compagnie. Mais était-ce seulement envisageable? Grand Dieu non ! Que dirait-on d'une dame de près de cinquante-six ans s'adonnant à un passe temps qui n'était plus de son âge? On la prendrait pour une folle évidemment ! Ô qu'elle aimerait pourtant se vider l'esprit pour un moment, ne plus songer à tout ce qui peut bien lui peser et au tracas qu'elle rencontrait depuis des mois maintenant et dont elle avait l'impression d'être la seule à comprendre l'importance.

Des tracas? À vrai dire, elle était justement et probablement la seule à le voir ainsi, mais elle y accordait une telle importance qu'elle en arrivait même à en rêver la nuit. Mais tout devait être parfait ! Voilà bien son credo ces derniers temps : La perfection. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on mariait son fils ! Et plus la date butoir approchait, plus la pression s'installait encore davantage, et il fallait bien de longues minutes de séances d'occlumancie pour parvenir à canaliser cette angoisse et à l'enfermer derrière ses barrières psychiques.

Alors oui, chacun pourrait lui dire qu'elle se mettait elle-même cette pression quand d'autres prenaient l'événement à venir avec calme et lucidité, mais Marie-Louise souhaitait avant tout faire quelque chose qu'elle n'avait pu faire par le passé pour son propre mariage : Pouvoir l'organiser, et ne pas le laisser aux mains d'une autre. Rien de ce qu'elle avait souhaité n'avait été pris en compte, ni dans le trousseau, ni dans l'organisation de la cérémonie, ni dans le choix des invités, pas même n'avait-elle pu faire venir avec elle quelques amies de sa Savoie natale pour égayer un avenir qui ne s'annonçait pas sous de bons auspices. Bien évidemment, et pour ne pas reproduire le même schéma que pour elle, les suggestions et volontés de son fils et de sa fiancée avaient été respectées à la lettre, et elle s'affairait davantage aujourd'hui à terminer les préparatifs du mariage selon les désirs des deux jeunes gens qu'à donner sa propre opinion sur un aspect ou un autre du déroulement des deux jours de réjouissance. Tout juste pouvait-elle à sa guise coordonner la carte des activités, l'agencement des meubles faisant transparaître l'immense richesse de sa famille, et allonger encore davantage la liste des invités qui assisteraient à la cérémonie religieuse, au bal ou tout simplement au banquet, mais cela surtout parce que son fils et Daphné n'avaient aucune idée de ces choses là, et à les entendre depuis l'extérieur du château, il ne semblait pas davantage s'en soucier maintenant qu'hier.

- Votre chapeau Madame, lui rappela l'une de ses servantes en lui tendant le large chapeau pourpre, semblable à un pouf, bordée de crinoline et assorti au reste de sa tenue.

- Merci à vous Martine, lui dit-elle en lui adressant un léger sourire avant de se tourner de nouveau vers son miroir pour ajuster le nouvel élément à sa tenue par dessus ses cheveux.

Les triturant, Marie-Louise observa le reflet que lui renvoyait la glace devant elle, et si personne ne se doutait de la raison pour laquelle elle s'habillait si proprement aujourd'hui, elle espérait toutefois faire forte impression envers la personne qu'elle devait rencontrer à la banque ; Elle ne savait pas de qui il s'agissait, ce qu'elle pouvait bien lui vouloir d'ailleurs, mais Griffdur lui avait toutefois assuré de la confiance qu'il avait envers cette personne et de l'intérêt qu'elle pourrait trouver dans cette rencontre ; Peut-être s'agissait-il simplement de l'un de ses gestionnaires de compte souhaitant lui faire la morale sur les dépenses qu'elle effectuait depuis des mois? Oh si c'était cela, elle pourrait tout à fait gérer le problème, et comme on le disait si bien : Quand on aime, on ne compte pas.

- Je sais que cela ne me regarde pas, mais vous savez que si cela concerne notre fils, j'aimerais être tenue au courant de tout ce qui pourrait se rapporter à lui, lui rappela derrière elle Lily alors qu'elle l'observait calmement se préparer.

- Je vous ai déjà dit tout ce que je savais, l'informa la princesse de Lamballe en la regardant à travers le miroir. Vous connaîtrez les détails de cette entrevue lorsque je serai de retour uniquement puisque je n'ai rien d'autre à ajouter pour le moment. Laissez-nous mesdames, ajouta t-elle en se tournant vers les deux femmes de chambre également présentes.

Martine et Françoise obéirent immédiatement, et après une révérence à destination de leur maîtresse, elles sortirent prestement de la pièce avant de disparaître dans le couloir. Les seuls sons encore perceptibles furent alors les ricanements des enfants, la cuillère que Lily faisait tourner dans sa tasse et le frottement du chapeau que Marie-Louise tentait d'ajuster sur son épaisse crinière.

- J'ai toute confiance dans les capacités de jugement du Seigneur Griffdur, et à moins d'un sortilège de confusion lancé sur lui, je ne pense pas être en danger à la suite de cette réunion, dit-elle tranquillement. Cependant, je ne souhaitais informer qui que ce soit d'autre que vous dans l'éventualité où celle-ci se passerait mal. J'espère ne pas en avoir pour longtemps, mais si d'ordinaire il m'arrivait de ne pas être de retour avant la nuit ou que vous ne receviez aucun message de ma part m'excusant pour ce retard, faites mander aux autorités compétentes d'ouvrir une enquête sur ma disparition. Et surtout, n'en informez pas nos enfants.

- À la manière dont vous en parlez, cela n'aura pas l'air d'une paisible escapade, lui fit remarquer Lily.

- Prudence est mère de sûreté, se contenta de répondre Marie-Louise.

Un coup sur sa porte lui fit tourner la tête vers l'entrée, et invitant la personne à se présenter, elle constata la présence d'un énième serviteur, occupé normalement à la fourniture de toute la nourriture nécessaire pour le banquet mais qui semblait avoir d'importantes nouvelles à lui annoncer pour en interrompre quelques instants son activité.

- Madame, dit-il en s'inclinant profondément devant elle, les sieurs Pinochet et Duterrier m'ont mandé pour vous assurer que les fruits demandés seront à maturité dans le temps qu'il vous sied. Les corbeilles à distribuer aux plus nécessiteux seront ainsi prêtes pour le début des festivités. Dois-je leur envoyer une réponse?

- Faites donc, dit-elle en reportant son attention vers son reflet. Remerciez-les fort bien de leurs efforts et assurez-les de mon attachement pour leur commerce. Puissent leurs affaires prospérer et que Dieu les préserve du malheur.

L'homme s'inclina de nouveau pour prendre congé après l'avoir assuré que ses ordres seraient aussitôt exécutés, les replongeant toutes les deux dans le silence relatif de l'antichambre.

- Vous avez vraiment l'intention de vous vêtir ainsi pour rencontrer cette personne? Lui demanda alors d'un ton étrange Lily.

- Quelque chose vous dérange dans la manière dont je m'habille? S'enquit distraitement la princesse de Lamballe alors qu'elle se dirigeait désormais vers une armoire.

- Eh bien… Les femmes ne s'habillent plus vraiment de cette façon depuis… Depuis la naissance de notre fils je dirais…, l'informa t-elle d'un ton maladroit.

- Et devrais-je en tenir compte? Répondit aussitôt Marie-Louise. Ce n'est point pour mes tenues que cette personne souhaite me rencontrer mais pour discuter avec moi. Je ne vois pas en quoi cela peut avoir une incidence sur le déroulement de notre conversation. Par ailleurs, vous n'avez pas mon âge, et si la mode actuelle vous sied admirablement, on ne pourrait en dire autant à mon sujet. Et pour tout vous dire, je préfère me vêtir de la sorte et paraître fort digne que de manière si dévergondée ! Vraiment Lily, Cela ne vous honore point de succomber aux modes d'une période si troublée où la droiture et l'honneur sont foulés du pied.

Lily eut la décence de se sentir gênée, et ses joues se colorèrent d'un rose vif particulièrement remarquée sur sa peau d'ivoire. La liberté nouvelle que lui procurait depuis des années son installation à Lamballe avait ravivé chez elle son goût prononcé pour les belles robes, et succombant effectivement à la tentation du moment, elle avait laissé de côté les tenues strictes dans lesquelles elle se sentait peu à l'aise pour adopter la mode parisienne ; Robe longue sans paniers et avec petites manches bouffantes, longs gants de satin, un châle autour des épaules et tombant d'ordinaire jusqu'à ses pieds, et cheveux raccourcis et bouclés autour du visage. Comme elle l'affirmait souvent, il fallait simplement vivre avec son temps, mais Marie-Louise elle, ayant depuis dépassé la cinquantaine, ne pouvait certainement pas se permettre ce genre d'excentricité.

- Les préparatifs semblent avancer, lança t-elle alors pour changer de sujet. Je regrette de ne pas avoir été d'une meilleure aide pour vous seconder.

- Au contraire, je n'aurais certainement pu parvenir là où nous en sommes sans vous ma chère amie, la corrigea t-elle alors qu'elle fouillait dans son coffret à bijoux. Je n'ai contribué à la tâche que dans les matières techniques si j'ose dire, mais vous, vous avez su calmer les craintes et les peurs de ces jeunes gens bien mieux que j'aurais pu le faire.

Et c'était peu dire tant la future épouse paniquait chaque jour davantage à mesure que l'échéance s'approchait. Si leur fils semblait bien évidemment concerné par ce qui se préparait chez eux, il restait égal à lui-même et ne laissait absolument rien paraître d'une possible anxiété devant l'imminence de son mariage. On ne pouvait cependant pas en dire autant de Daphné qui, de retour de Poudlard depuis près de trois semaines et délivrée du poids qui pesait sur ses épaules devant la menace que représentait Dumbledore ou les Potter, n'avait pas autant de contrôle sur ses émotions que son futur époux, et deux jours auparavant, cela s'était fortement fait ressentir ; Pour faire bonne mesure et au nom d'Harry, Remus s'était présenté chez les Greengrass en qualité d'ambassadeur pour lui, afin de demander la main de leur fille aux parents de Daphné. Bien évidemment, ceux-ci l'avaient accepté, mais la contre-partie voulait qu'en épousant Harry, celle-ci renonce à l'ensemble des biens, titres et propriétés qu'elle pourrait recevoir de leur part hormis la dot de mariage… Et cela impliquait également de renoncer à devenir l'héritière de la famille Greengrass. Une épouse ne devant rien posséder d'autre que les biens de son mari, que ce soit chez les moldus ou les sorciers, la condition se devait d'être respectée, mais devant cette réalité sonnant comme un brusque retour sur terre, et malgré le fait qu'elle savait pertinemment qu'Harry ne la laisserait jamais dans le dénuement le plus total, Daphné s'était brusquement mise à pleurer, et le contrat stipulant cette décision devait encore être à l'heure qu'il est humide de ses larmes.

Ce contrat, ou traité de mariage selon les dires d'autres personnes, l'arrachait ainsi intégralement à sa famille, et bien que ses parents ou sa sœur pouvaient toujours venir lui rendre visite aussi longtemps qu'elle le souhaitait, la sensation de ne plus être une Greengrass à l'issue de ce mariage restait malgré tout profondément ancrée en elle. Lily avait cependant su trouver les mots pour la rassurer, lui démontrer qu'elle se trompait et que la filiation vis-à-vis de quelqu'un allait bien au-delà du simple nom de famille et des particules qu'on leur attache, qu'elle n'était qu'une question de sang et qu'à quand bien même ne serait-elle plus une Greengrass, elle partagerait néanmoins le même sang que ses parents, et ce pour le restant de ses jours. Marie-Louise n'avait fait qu'approuver ses dires, mais intérieurement ce jour-là, elle n'avait pu s'empêcher de faire un parallèle avec la réaction qu'avait eu Lily lorsqu'elle avait découvert l'adoption de son fils ; D'une certaine manière, les situations s'équivalaient, de même que les comportements.

- Vous êtes bien trop bonne avec moi Madame, bredouilla d'un air gênée Lily.

- Depuis le temps, vous devriez savoir que vous n'avez point besoin de vous adresser à moi de cette manière Lily, lui rappela la princesse de Lamballe. Nous sommes amies et même bien plus que cela si l'on considère notre étonnant lien de parenté nous unissant à nos enfants. Maintenant soyez un ange, et venez m'aider à attacher ce collier, ajouta t-elle en passant autour de son cou un collier de perle.

Lily ne se fit pas prier pour le faire, et se positionnant derrière elle, elle s'attela à sa tâche sous l'œil de Marie-Louise qui l'observait depuis le miroir.

- Pourrais-je… Pourrais-je vous poser une question? bredouilla t-elle alors d'un ton hésitant.

- Vous venez de le faire, mais vous pouvez recommencer si vous le souhaitez, lui indiqua la princesse de Lamballe d'un air amusé.

- Vous êtes incorrigible, marmonna Lily bien que son humeur sembla légèrement s'améliorer. Je voulais savoir si… Si vous pensiez que cette réunion pourrait avoir un rapport avec… Avec ce qui se passe de l'autre côté de la Manche?

- Au fait que l'on dise que votre fils soit… Comment dire… Susceptible d'imaginer des choses qui ne se seraient jamais déroulées? S'enquit Marie-Louise.

De ce qu'elle pouvait voir depuis la glace, la princesse de Lamballe jugea que la manière dont elle avait fait preuve pour arrondir les angles devait avoir été suffisante pour ne pas froisser la susceptibilité de la seconde mère de son fils car aucun sentiment de frustration ou de colère n'était lisible sur ses traits ; Lui dire clairement qu'il était fou aurait probablement eu un tout autre effet sur elle.

- Il m'avait l'air parfaitement sain la dernière fois que j'ai pu le voir de mes propres yeux, argua t-elle distraitement. Il avait une haute estime de lui-même et une certaine arrogance héritée de son père, mais j'ai bien du mal à penser qu'il puisse inventer de telles inepties pour le seul souci de sa fierté.

- Je ne m'avancerai pas à vous donner quelques conclusions hâtives aux analyses que peut faire cette gazette du sorcier à l'encontre de ce garçon sans l'avoir rencontré personnellement, mais de ce que vous avez pu me dire de lui ainsi que nos enfants, et dans la mesure où vous ne l'avez pas revu depuis des années, il se pourrait que tout cela ne soit qu'invention, dit t-elle alors en se munissant de ses gants brodés qu'elle enfilait tranquillement. Ayez toujours à l'esprit qu'une rumeur n'en est une qu'à partir du moment où elle ne repose sur aucun fondement, et tant que votre fils n'aura pas clairement apporté la preuve du retour de ce mage noir, rien ne permettra de le croire.

La vérité était qu'elle-même n'en savait rien. Aucun véritable signe n'avait annoncé le retour de ce seigneur des ténèbres, aucun indice venant corroborer les dires de Matthew Potter, et au fond d'elle, elle ne pouvait résister à l'envie de douter également de ce qu'il affirmait pour la simple et bonne raison que Dumbledore appuyait ce garçon dans tout ce qu'il disait. Alors oui, peut-être que cette réunion pourrait avoir un rapport avec cette curieuse situation où chaque partie défendait son camp et renvoyait l'autre dans ses plates-bandes, mais elle pourrait tout aussi bien n'avoir aucun lien avec cela et concerner tout autre chose.

à dire vrai, Voldemort n'avait jamais menacé la France au cours de la première guerre menée contre le ministère de la magie anglais, et elle ne pouvait donc partager la même angoisse que le reste de sa famille à l'idée qu'il puisse revenir d'outre-tombe. Elle n'était d'ailleurs même pas certaine que ce retour puisse avoir une quelconque conséquence sur son pays, d'autant plus qu'il n'y aurait aucune raison pour ce mage noir de déclarer une guerre ouverte à deux pays à la fois. Loin de là toutefois l'idée de prendre à la légère cette rumeur, mais ne connaissant ce mage noir que de nom et de réputation, elle ne pouvait se forger sa propre idée à ce sujet. Et puis, comme elle ne cessait de le rappeler, le mariage à venir accaparait suffisamment son temps pour ne pas se formaliser des problèmes des autres, entre l'organisation des repas, le déroulement de la cérémonie, la place de chacun à la table d'honneur et à celles des invités, aux décorations à apporter dans l'ensemble du château, à l'agencement des chambres en fonction du rang… jusqu'au choix des musiques que l'orchestre se devrait de jouer dans la salle de réception au moment où son fils et son épouse ouvrirait le bal... On ne pouvait décemment pas inclure Voldemort au milieu de toutes ces difficultés.

- Comment me trouvez-vous? Demanda t-elle en tournant sur elle-même.

- Si vous cherchez à intimider quelqu'un, c'est plutôt réussi, approuva Lily en la regardant faire de manière distraite.

- Il est vrai que je suis plutôt… intimidante, n'est-ce pas? Argua d'un ton malicieux Marie-Louise.

- Je ne connais en tout cas personne d'autre hormis sa gouvernante qui puisse autant intimider notre fille, lui assura t-elle.

- Et il en faut beaucoup pour impressionner cette demoiselle, approuva t-elle en souriant tandis qu'elle se dirigeait vers la cheminée.

Pénétrant à l'intérieur, elle se saisit rapidement d'une poignée de poudre de cheminette, puis regardant une dernière fois pendant de longues secondes Lily, elle reprit la parole :

- Je serai bientôt de retour… Du moins je l'espère, l'informa t-elle d'une voix qui se voulait rassurante.

Lily sembla cependant le comprendre car elle lui adressa un sourire sincère qu'elle eut le temps d'observer avant de prononcer à voix haute sa destination et de jeter sa poignée de poudre à ses pieds. Les flammes vertes l'engloutirent aussitôt, mais à peine eut-elle le temps d'avoir l'impression d'être aspirée dans l'âtre de sa cheminée qu'elle posa pied à terre dans l'immense hall de la banque dans une explosion de flammes verdâtres. Son arrivée passa toutefois presque inaperçu tant l'habituelle agitation de Gringott's était palpable aux alentours, et si ce n'était pas les clients mécontents pestant sur les malheureux employés de la banque qui se faisaient entendre, le bruit des pas des bottes, souliers ou sabots lui se répercutait en écho dans toute la pièce. Cependant, elle n'eut pas le loisir de pouvoir observer davantage les environs qu'un gobelin, au courant de sa venue, était déjà là pour l'accueillir :

- Madame, la salua t-il en inclinant sa tête tandis qu'il se saisissait de la main qu'elle lui tendait pour lui faire un baise-main. Quel plaisir de vous voir parmi nous et de nous faire l'honneur de votre présence.

- Un plaisir partagé comme vous le savez mon cher Griffur, lui certifia t-elle. Puisse votre or déborder de vos poches et vos affaires prospérer.

- Que votre Dieu vous entende ma chère, lui répondit le gobelin d'un ton grinçant. Il n'est pas de coutume pour nous d'accueillir nos clients pour des affaires ne concernant en aucune façon notre banque ni même que celles-ci se règlent entre nos murs, mais je me sentais le devoir de vous conduire à votre interlocuteur moi-même. J'espère que cela ne vous dérange pas?

- Votre compagnie m'est toujours agréable Monseigneur, et quel autre meilleur guide pourrait remplir ce rôle mieux que vous? S'enquit-elle d'un ton poli. Marchons, il me tarde de rencontrer ce mystérieux personnage.

Lui ouvrant galamment la marche, le gobelin se dirigea vers une porte située sur leur droite sous l'oeil curieux de certains clients n'ayant que rarement eu l'occasion de voir en personne le directeur de la banque. Ses employés eurent tout de même la décence de le saluer respectueusement quand leurs regards croisaient le sien, mais rien ne parvenait tout de même à rompre la mécanique de leur travail. Le calme lui s'imposa au fil du temps et à mesure qu'ils s'éloignaient du hall d'accueil et parcouraient les couloirs immenses et sombres de la banque en direction des bureaux de certains employés hiérarchiquement importants, ou dans leur cas à destination des quelques salons pourvus pour les réunions importantes.

- Je n'ai pas encore eu l'occasion de pouvoir vous remercier en personne de votre invitation au mariage de votre fils, lui lança Griffdur d'un ton guttural. Il est malheureusement rare pour les personnes de notre genre d'être invitées à une telle cérémonie de la part des hommes, aussi tenais-je à vous assurer de vive voix de ma présence parmi vous pour cette grande occasion.

- Je n'en espérais pas moins d'un vieil ami et accessoirement du responsable de mes finances, lui affirma Marie-Louise. Vous savez l'affection que ma famille porte à notre collaboration depuis longtemps, et il me fut fort regrettable à l'époque de ne pouvoir vous convier à mon propre mariage en raison de circonstances bien fâcheuses…

- Qu'aurait-on dit au sein de l'État si l'on voyait soudainement apparaître au beau milieu des convives un gobelin en compagnie même du roi? souffla le directeur en esquissant un rictus lui tordant le visage. Je n'aurais pu me permettre de causer un tel scandale pour vous ainsi que pour sa majesté. Les moldus ne seront jamais prêts à accepter notre existence aussi longtemps qu'ils ne seront prêts à accepter celle des sorciers.

- Mais pour ma part je l'accepterai volontiers, commenta t-elle tandis qu'ils s'engageaient dans un nouveau couloir. Et quiconque se plaindra de votre présence parmi nous se verra gentiment mais fermement éconduit de notre fête.

Griffdur acquiesca, l'air satisfait alors qu'ils s'arrêtaient devant une porte solide et semblant monter jusqu'au plafond.

- C'est ici, dit-il simplement en inclinant de nouveau sa tête. Nous avons mis à votre disposition notre meilleur salon bénéficiant des meilleurs sortilèges de protection, d'intimité et de tranquillité pour vous protéger des curieux pouvant s'y approcher.

- Vous me garantissez bien que je ne risque rien à me trouver en présence de cette personne Monseigneur? Demanda t-elle en se tournant vers lui, l'air moins tranquille qu'auparavant.

- Je puis vous assurer qu'il ne vous arrivera rien, soutint t-il d'un ton ferme. Monsieur votre interlocuteur a dû passer quelques petits examens pour nous assurer de sa bonne foi, mais je me garderai de vous en faire connaître la teneur pour ne pas heurter votre sensibilité…

Le sourire qu'il esquissa alors aurait pu en d'autres circonstances faire pâlir d'effroi la princesse de Lamballe, mais elle se garda toutefois bien d'en montrer le moindre indice à son ami gobelin.

- Mais si cela peut vous rassurer, je peux toujours demander à quelques uns de nos gardes de surveiller votre échange et de réagir au moindre mouvement suspect de cette personne, poursuivit le directeur.

- Je vais me fier à votre jugement Monseigneur Griffdur, vos conseils ne m'ont jamais fait défaut jusqu'à présent, alors je ne vois pas pourquoi je devrais douter de votre parole aujourd'hui, se contenta t-elle de répondre en reportant son attention sur la porte.

Suivant son regard, Griffdur frappa brièvement à deux reprises sur elle, puis sans attendre que l'individu se trouvant à l'intérieur ne lui répondre, il ouvra délicatement la porte avant d'inviter Marie-Louise à rentrer.

- D'autres affaires m'attendent ailleurs Madame, mais je ne serai jamais bien loin si vous avez besoin de moi.

- Je tacherai de m'en souvenir, dit-elle en hochant sa tête. Merci à vous Monseigneur.

Puis sans attendre, elle pénétra à l'intérieur et fut rapidement accueilli par la chaleur ambiante du feu de cheminée face auquel trônaient deux fauteuils encadrant une petite table basse. La pièce en elle-même ressemblait à tout ce que l'on pouvait trouver de classique dans une décoration du XVIIIe siècle, mais un détail, surprenant Marie-Louise autant qu'il l'amusa sur le coup, fut de voir des gobelins, probablement des femelles, habillées à la mode grecque et représentées dans des tableaux en déesses de la mythologie moldue. Un homme se trouvait également dans la pièce et lui tournait jusqu'à présent le dos, mais le bruit de l'ouverture de la porte le fit se tourner vers elle, permettant à Marie-Louise d'observer le visage de cet inconnu ayant demandé à la rencontrer. Les cheveux gras, le nez crochu, la peau aussi pâle qu'un mort et vêtu d'une longue robe noire et sinistre, l'homme lui était totalement inconnu, et elle ne put s'empêcher d'avoir à son encontre une certaine méfiance qui devait se lire sur son visage puisque l'homme leva immédiatement les mains en signe de réédition.

- Je ne suis pas là pour vous causer du tort Madame, lui assura t-il d'une ton grave, presque ennuyé.

- Pardonnez-moi dans ce cas d'être réticente à vous donner mon entière confiance, répondit du même ton la princesse de Lamballe. Je n'ai point pour habitude de rencontrer des personnes se faisant si mystérieuse dans leur courrier, encore moins lorsqu'il s'agit comme vous l'avez indiqué d'une affaire de la plus haute importance.

- Je peux faire un serment magique pour vous assurer de ma bonne foi si cela me permet de pouvoir converser avec vous sans avoir peur de ressortir de cette pièce après avoir été touché par quelques uns de vos sortilèges, proposa t-il alors d'une voix traînante.

Marie-Louise l'observa de nouveau quelques secondes en silence, le temps pour elle de peser le pour et le contre de cette proposition. L'homme lui resta parfaitement impassible, son regard uniquement porté vers elle dans l'attente d'une réponse.

- Ce sera inutile, dit t-elle finalement. Mais abusez de ma confiance, et vous le regretterez.

L'homme se contenta d'un sourire plein d'ironie, comme prêt à mettre à l'épreuve les talents de la sorcière face à elle pour déterminer si elle constituait véritablement une menace pour lui. Mais au lieu d'aller plus loin, il préféra se tourner vers la table basse près de lui, et un coup de baguette magique plus tard, il fit apparaître deux tasses ainsi qu'un théière fumante dont il se saisit aussitôt.

- Préférez-vous du thé ou du café? Demanda t-il en se tournant vers elle.

- Je ne prendrai rien, lui répondit la princesse de Lamballe, méfiante.

- Je ne les ai pas empoisonné si c'est cela qui vous inquiète tant, lui assura l'homme sans pour autant parvenir à faire changer d'avis Marie-Louise. Très bien, mais je n'aime pas boire quelque chose en compagnie de quelqu'un qui ne fait pas de même.

- Nous aurons peut-être l'occasion de boire quelque chose ensemble lorsque vous me direz la raison pour laquelle vous m'avez demandé de venir ici, et surtout qui vous êtes, lui dit t-elle alors froidement.

- Alors asseyez-vous, et nous pourrons engager la conversation sans avoir à rester debout pour le faire.

Le ton ne sonnait pas comme un ordre, mais pour autant Marie-Louise le prit de cette manière. Ses sourcils se froncèrent immédiatement tandis que l'envie de jeter un sort à cet insolent la gagnait au fur et à mesure qu'elle regardait cet homme dont elle ne connaissait rien mais qui semblait tant vouloir discuter avec elle qu'il en était arrivé à vouloir le faire directement à Gringott's… Avec les risques que cela encourrait en cas d'attaque à son encontre dans les propres locaux de la banque.

Finalement, elle consentit à ce petit effort, et réduisant l'écart les séparant, elle finit par s'asseoir sur le tabouret s'offrant à elle et à sa robe à paniers non sans avoir au préalable vérifié que rien de suspect ne s'y trouvait.

- Vous m'auriez fort gêné si j'avais été amené à m'asseoir en votre compagnie alors que vous étiez toujours debout, lui expliqua alors l'homme en s'asseyant à son tour.

- Venez-en au fait Monsieur, lui lança Marie-Louise. J'ai dû quitter la compagnie de mes proches et la quiétude de mon château pour venir à votre rencontre, alors au lieu de tourner autour du pot, dites moi ce que vous voulez me dire.

L'homme parut quelque peu circonspect devant le ton peu avenant de son interlocutrice, mais si ses traits se tendirent légèrement, il prit cependant le temps de siroter sa tasse avant de la reposer délicatement sur la petite table près d'eux.

- Très bien alors, dit-il en se redressant sur son siège. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, je ne suis pas votre ennemi, et je ne tiens à le devenir dans un futur plus ou moins proche. Si je vous ai fais venir aujourd'hui, c'est justement pour que nous travaillons d'un commun accord et dans des buts qui nous sont communs, des objectifs que seuls, nous ne pourrions entreprendre, mais qui en conjuguant nos efforts, pourraient nous amener à réaliser de grandes choses, des choses qui pourraient changer notre destin à tous les deux et à ceux qui nous sont proches.

- Poursuivez, se contenta de dire Marie-Louise alors que l'homme marquait un temps de pause pour avoir son approbation.

- Je doute que vous puissiez me connaître, et à la vérité, nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais quelque chose nous unis, ou plutôt une personne en particulier peut être un lien nous rapprochant et pour lequel il serait judicieux de nous entendre.

De nouveau l'homme s'arrêta de parler, et un certain malaise semblait poindre le bout de son nez en lui alors qu'il gesticulait légèrement sur son siège.

- Je suis Severus Rogue, potioniste et membre de l'académie internationale des sciences de la magie dans cette branche. C'est à travers les relations que j'ai pu tisser au sein de cette académie et auprès du seul membre gobelin de celle-ci que j'ai pu parvenir à prendre contact avec vous, autrement, et sans son aide opportune, jamais je n'aurais eu l'aval du directeur de Gringott's pour vous adresser ce courrier si mes intentions n'avaient pas été bonnes à ses yeux. Vos mesures sécuritaires pour ne point être importunée par qui que ce soit sont remarquables soit dit en passant, ajouta t-il en esquissant l'ombre d'un sourire.

Le compliment ne fit cependant pas le moindre effet sur son interlocutrice, aussi Rogue opta t-il pour la poursuite de son récit… Et de sa partie la plus délicate :

- Je ne vous ai cependant pas tout dit à mon sujet…, dit-il nerveusement. Je… En dehors de mes activités de potioniste, je suis également… professeur de potions à Poudlard.

Immédiatement, son regard s'attarda sur elle pour essayer de percevoir le moindre sentiment, y compris la surprise ou même la peur, qui pourrait faire jour sur son visage, mais si ses sourcils se froncèrent très légèrement à cette information, le contrôle qu'elle avait malgré tout sur ses émotions était pour le moins spectaculaire.

- Et en quoi cela m'importe t-il? Se contenta t-elle de dire d'un ton neutre.

- Laissez-moi continuer mon récit, et vous comprendrez à la fin où je souhaite en venir, lui répondit Severus. Je travaille donc à Poudlard, l'école de sorcellerie magique de Grande-Bretagne, et vous savez pertinemment qui dirige cette école pour l'avoir déjà affronté par le passé, n'est-ce pas?

Un hochement de tête lui répondit, mais Marie-Louise garda cependant le silence en lui intimant de cette façon l'ordre de continuer.

- Dumbledore, aussi célèbre et puissant soit-il, n'est pas le sorcier que tout le monde pense qu'il est, et les fréquentations qu'il a autour de lui n'arrange en rien ses affaires. Je me suis cependant mis à son service il y a près de dix-sept ans, après avoir pris conscience des erreurs que j'ai pu commettre par le passé et que je regrette profondément encore aujourd'hui. L'une d'elle concerne la femme que vous avez engagée à votre service, une anglaise...

Là encore, Severus fut étonné de l'absence de la moindre émotion émanant du regard de son interlocutrice au point que le doute s'immisça même chez lui concernant la réalité de la présence ou non de Lily Potter auprès d'elle. Faisait-il fausse route?

- Je n'ai absolument aucune idée de ce dont vous voulez parler, lui certifia d'ailleurs celle-ci d'un ton assuré.

- Madame, si j'avais de mauvaises intentions à votre encontre ou à l'encontre de cette femme, croyez-vous que les gobelins m'auraient laissé en votre compagnie? S'enquit immédiatement Rogue. Croyez-vous qu'ils m'auraient laissé discuter avec vous s'ils avaient eu la moindre once de soupçon à mon égard? Mes intentions sont on ne peut plus pures envers vous, et l'idée même de vous causer du tort ne m'a pas un seul instant effleuré l'esprit. Vous savez ce dont je vous parle, vous êtes loin d'être une idiote… à défaut de me faire confiance, écoutez au moins ce que j'ai à vous dire en cessant ce petit manège entre nous. Si vous le désirez même au terme de notre entretien, je suis prêt à vous laisser me lancer le sortilège d'amnésie si vous jugez que la sécurité de la femme dont nous parlons est en danger…

À défaut de lui donner immédiatement une réponse, Marie-Louise préféra garder le silence quelques secondes. Oui la sécurité de Lily était en jeu, et au-delà même celle de ses enfants. Oui l'homme devant elle semblait en savoir bien plus qu'elle ne le pensait au départ en pénétrant dans cette pièce, et non elle n'était pas disposée à accorder sa confiance au premier venu simplement parce que celui-ci connaissait quelques petits secrets concernant une facette cachée de son existence. Mais Rogue semblait si sincère, si prompt à l'aider… Qu'elle ne put s'empêcher au fond d'elle-même de le croire.

- À quand bien même parlerions-nous de la même personne, que lui voudriez-vous? Dit-elle d'un ton malgré tout suspicieux.

- La protéger peu importe les risques encourus, lui répondit aussitôt Severus. Elle… Elle court un grave danger, plus grand encore que vous ne le croyez, et il ne s'agit pas seulement de Dumbledore ou de son imbécile de mari… Le seigneur des ténèbres lui-même a demandé à ses plus fidèles mangemorts de la retrouver et de la récupérer, et… Et il sait qu'elle est avec vous.

- Ce seigneur des ténèbres est mort, lui rappela t-elle.

- C'est ce que nous pensions tous, confirma t-il aussitôt, mais il est bien revenu depuis la fin du tournoi des trois sorciers. Aussi désagréable que ce soit à avouer, le fils de James Potter, le prétendu survivant dit la vérité à ce sujet, mais la gazette du sorcier et le ministère de la magie font tout pour nier cette réalité en faisant passer ce garçon pour fou.

- Comment? Ne put-elle s'empêcher de demander en perdant de son air détaché.

- Cela nous l'ignorons, du moins sauf ceux qui se trouvait ce soir-là pour sa résurrection.

- Non, je voulais savoir comment sait-il que Madame Evans puisse se trouver en ma compagnie? Insista t-elle.

- Lord Malefoy…, souffla t-il. Vous l'avez combattu l'été dernier durant la coupe du monde de Quidditch, et si le souvenir de sa défaite reste encore cuisant dans son esprit, il n'a malgré tout pas oublié qu'à vos côtés se trouvaient une femme qu'il a immédiatement reconnue comme étant l'épouse en fuite de James Potter.

Le duel lui revint immédiatement à l'esprit, et maintenant qu'elle y pensait, elle regrettait amèrement de ne pas avoir été plus entreprenante pour éliminer plus rapidement les trois mangemorts qui l'avaient combattu. Quelle erreur de jugement… Voilà maintenant que ce simple détail venait soudainement rabattre les cartes, et qu'en croyant sa famille en sécurité, Marie-Louise n'avait fait que retarder l'échéance et les recherches de Voldemort pour retrouver Lily… et cela n'annonçait rien de bon pour sa famille dans les semaines à venir s'il parvenait à faire le rapprochement, car bien évidemment la menace s'étendrait à ses enfants au passage. Mais si ce mage noir comptait s'en prendre à eux, il lui faudrait avant passer sur son corps, et elle était bien décidé à ne pas lui faciliter la tâche à ce sujet.

- Vous semblez bien informé pour quelqu'un qui ne se trouvait pas à cette fameuse coupe du monde, lui fit t-elle cependant remarquer. Comment pouvez-vous savoir que ce Lord Malefoy et moi avons combattu et qu'il s'est empressé d'en toucher quelques mots à l'homme qu'il sert?

Une nouvelle fois, Severus parut mal à l'aise sur son siège, et la vérité semblait si difficile à avouer qu'il mit un long moment avant de prendre la parole, l'air pincé :

- Je ne vous ai pas tout dit à mon sujet, dit-il sans la regarder. J'ai commis beaucoup d'erreurs dans ma vie, en particulier dans ma jeunesse… Je n'étais alors qu'un jeune sorcier perdu, affecté par les remarques et moqueries que l'on lançait à mon sujet en raison de mon comportement ou même de mon physique… Certains diraient que j'étais mal dans ma peau, et peut-être était-ce le cas, mais à l'époque seules les potions et ma meilleure amie faisaient ma consolation. Mais un jour j'ai fauté, et en raison de ma faute, j'ai perdu cette précieuse amie pour une réflexion lancée sans y prendre garde à son encontre. Désespéré, je me suis alors tourné vers ceux qui me tendaient la main, et à dire vrai, ce n'était certainement pas les meilleures personnes à qui confier sa peine, sa colère, son désespoir…

- Lord Malefoy ferait-il partie de ces personnes? Demanda t-elle d'un ton curieux.

- Pas vraiment, mais ces élèves furent d'une certaine manière des intermédiaires entre lui et moi, concéda t-il. Une majorité d'entre eux tourneront mal à l'avenir, et deviendront ce que l'on appelle dans mon pays des mangemorts, les serviteurs du seigneur des ténèbres…

À peine eut-il terminé sa phrase qu'une baguette magique avait élu domicile juste sous son menton, et levant la tête, il fut à peine surpris de découvrir que cette baguette avait pour propriétaire la femme devant lui. Merlin, qu'elle était rapide !

- Vous en êtes un aussi, n'est-ce pas? Le questionna t-elle bien que sa voix ne laissait aucun doute sur l'idée qu'elle se faisait déjà de lui.

- Je l'ai été, avoua t-il calmement. Je ne nierai pas l'avoir été, et aujourd'hui encore, le seigneur des ténèbres pense que je le suis toujours…

Des étincelles surgirent immédiatement du bout de la baguette magique de Marie-Louise alors qu'un sort semblait sur le point d'être lancé. Mais Rogue ne fit absolument rien pour se protéger de celui-ci ou même de répliquer à la femme qui le tenait en joug.

- Je vous ai dit que je n'étais pas là pour vous faire du mal, lui rappela t-il en perdant légèrement patience. Le seigneur des ténèbres ne sait même pas que je suis en votre compagnie actuellement !

- Vous excuserez alors mon emportement lorsqu'il s'agit de protéger mes intérêts, répliqua Marie-Louise.

- Vos intérêts? Répéta Rogue en arquant un sourcil. Et que pouvez-vous avoir comme intérêt en la personne de Lily Potter?

- Cela ne vous concerne pas, dit-elle avec assurance.

- Très bien, souffla t-il avec dépit. Vous ne me laissez pas le choix… Moi Severus Rogue, jure sur ma vie et ma magie ne pas avoir d'autre but pour cet entretien que de s'assurer de la tranquillité et de la sécurité de Lily Potter, qu'il s'agisse de la protéger de Dumbledore ou du seigneur des ténèbres. Ainsi soit-il.

Tous les deux sentirent une brève seconde l'atmosphère se refroidir, puis Rogue laissa sortir de sa manche sa propre baguette magique dont il se saisit rapidement pour laisser échapper quelques gerbes d'étincelles vertes.

- Vous voyez? Dit-il alors qu'il arrêtait son petit manège et rangeait déjà sa baguette. Je suis toujours vivant, et je possède toujours ma magie. Me croyez-vous maintenant?

- Vous n'en avez pas fait de même avec les enfants de Madame Potter, lui rappela t-elle en le gardant toujours dans la ligne de mire de sa baguette.

Roulant des yeux, Rogue fit de nouveau le serment magique en y incluant cette fois-ci les deux enfants de Lily, bien qu'il ne connaissait aucunement leur identité. Et comme précédemment, il ne s'écroula pas raide mort sur son fauteuil, et de nouvelles étincelles s'étaient extirpées de sa baguette lorsqu'il s'en saisit.

- Peut-être allons-nous enfin pouvoir converser en toute quiétude désormais, maugréa t-il amèrement tandis que Marie-Louise se rasseyait finalement sur son propre siège, l'air légèrement plus détendu.

-Je tiens à vous préciser que Madame Potter ne s'appelle plus ainsi depuis un long moment, lui dit-elle alors qu'elle faisait apparaître sa propre théière pour se servir quelques secondes plus tard d'une nouvelle tasse de thé. Au yeux de la nation gobeline en tout cas, elle n'est à présent plus que Madame Lily Evans.

Du coin de l'oeil, Marie-Louise remarqua que le regard de Rogue semblait s'être éclairci, comme si noël était arrivé avec près de six mois d'avance.

- Vous voulez donc la protéger, reprit-elle en touillant tranquillement sa cuillère. Pourquoi donc serait-elle en danger?

- Le seigneur des ténèbres ne souhaite pas véritablement la retrouver, précisa immédiatement Rogue. Elle n'est à ses yeux que le moyen avec lequel il peut mettre la main sur son fils aîné, car il sait qu'elle se trouve probablement avec lui en ce moment.

Les traits de la princesse de Lamballe se tendirent aussitôt, et la tasse qu'elle tenait par la coupelle sur laquelle elle reposait se mit immédiatement à trembler légèrement face à cette nouvelle.

- Et que veut donc Lord Voldemort à ce garçon? Demanda t-elle en essayant de paraître la plus détachée possible.

- Il veut le retrouver parce qu'il représente sa plus grande menace actuellement, dit-il en percevant le trouble chez son interlocutrice. Ce serait lui, et non pas le fils cadet, qui l'aurait vaincu cette nuit-là et obligé à la clandestinité pendant toutes ces années. Il veut le retrouver pour… pour l'éliminer.

Là, la tasse de Marie-Louise explosa purement et simplement, envoyant à travers la pièce des débris et maculant la robe de la princesse d'une importante tâche sur son corsage. Celle-ci la fit disparaître immédiatement, mais le regard qu'elle lança à Rogue par la suite suffit à le faire tressaillir.

- Expliquez donc ce que ce garçon peut avoir en lui pour que ce mage noir le considère comme une menace, lui ordonna t-elle d'un ton dur.

Rogue se lança alors dans un grand récit le plus fidèle possible aux événements se déroulant en Angleterre depuis la nuit où Voldemort avait été vaincu, du moins de ce qu'il savait à partir des informations récoltées chez Voldemort et Dumbledore. La prophétie reliant l'un des garçons de James et Lily Potter au seigneur des ténèbres, la chute du Lord, le fils faussement proclamé vainqueur, l'aveuglement du monde magique à ce sujet, l'erreur de jugement de Dumbledore dans cette désignation et au-delà même celle du seigneur des ténèbres lors de sa résurrection, les tentatives désormais des deux camps pour le retrouver… Tout ce qui pouvait, d'une manière ou d'une autre, participer à dessiner une cible sur le front du fils aîné des Potter et qui en faisait pour l'un l'ennemi à abattre et pour l'autre l'arme nécessaire aux desseins de son camp, mais de manière plus personnelle, il aborda également les raisons de sa volonté de rencontre avec elle, en particulier depuis qu'il savait qu'une attache le reliait à elle et que celle-ci avait toute son importance pour la suite des événements.

- Comme je vous l'ai dit, le seigneur des ténèbres a su, par le biais de Lucius Malefoy, que Lily Evans se trouvait avec vous lors de la finale du tournoi des trois sorciers, mais plutôt que de vous attaquer frontalement en prenant un grand risque de voir le conflit se généraliser à l'ensemble de l'Europe magique, il a préféré jouer la prudence en entamant une approche vers vous avec l'espoir que vous pourriez lui indiquer sans vous en formaliser le lieu où elle se trouverait ainsi que son fils, expliqua t-il. Il espère que, de cette manière, vous lui seriez gré de cette approche pacifique à votre égard et lui remettiez ce garçon ou le cas échéant sa mère.

- Estime t-il que je n'ai pu, depuis toutes ces années, établir d'excellentes relations avec cette femme et son fils au point de refuser sa requête? S'enquit Marie-Louise.

- L'idée ne lui ai jamais venu à l'esprit que vous pourriez en effet les protéger et refuser de les livrer, lui certifia Rogue. Il est persuadé qu'à l'image de vos autres serviteurs et dans votre intérêt, vous seriez prête à les lui céder pour assurer votre survie.

- Le problème Monsieur Rogue est que je n'ai point pour habitude de traiter mes serviteurs de manière aussi déraisonnable et désintéressée. Je ne livrerai jamais qui que ce soit à une personne lui voulant du mal pour une question de tranquillité ou parce que cela pourrait porter atteinte à mon intégrité, dit t-elle d'un ton catégorique.

- Même lorsque les conséquences peuvent toucher vos enfants? Argua Rogue d'un ton dubitatif.

- Si des dispositions doivent être prises pour leur sécurité, je n'hésiterais pas une seule seconde, lui affirma Marie-Louise d'un ton décidé. Mais jamais je ne livrerai qui que ce soit à la mort.

- Vous savez que votre réponse, si celle-ci devait lui être transmise, ne le satisfera aucunement, lui rappela le professeur de potions.

- Comme vous l'avez dit précédemment, d'innombrables alliances me lient à de puissantes familles à travers l'Europe, qu'elles soient magiques ou non, et si votre maître sait ce qui est le mieux pour lui, je lui déconseille de s'en prendre à moi, à mes enfants, ou à qui que ce soit vivant actuellement sur mes terres, répondit-elle fermement.

Un silence s'installa alors entre les deux, chacun observant l'autre de manière si méfiante que l'on aurait dit qu'à tout instant l'un d'eux pourrait se saisir de sa baguette pour attaquer l'autre. Pour autant aucun n'alla jusqu'à cette extrémité, préférant le confort du siège dans lequel ils étaient assis depuis un certain temps maintenant.

- Il y a autre chose que vous ne me dites pas, dit-elle alors. Vous auriez pu m'avertir par d'autres moyens de ces faits concernant Lily Evans sans avoir besoin de vous déplacer en personne, ou tout aussi bien certifier auprès de Voldemort que cette femme n'était plus sous mon autorité et en rester là.

- En effet, mais j'attendais d'être certain que Lily soit en sécurité auprès de vous pour aborder ce sujet, lui répondit Severus. Inutile de vous dire que j'en ai la certitude à présent, ajouta t-il en esquissant ce qui semblait être un minuscule sourire. D'abord, si je me suis permis de vous contacter, c'est parce que, afin de parvenir à vous approcher, le seigneur des ténèbres a voulu le faire d'une autre manière par le biais des connections possibles que ses disciples peuvent avoir avec vous… Chaque mangemort de son cercle rapproché a ainsi dû revoir son arbre généalogique dans son intégralité, remonter plusieurs siècles en arrière pour essayer de trouver une quelconque ramification nous liant à votre famille, qu'il s'agisse d'une relation de serviteur à maître, de vassal à un seigneur ou autre.

- Et je suppose que vous êtes celui qui remplit ces conditions, déduisit t-elle.

- C'est exact, mais croyez bien que je ne le savais pas, reconnut posément Rogue. Je n'avais d'ailleurs aucune idée des origines italiennes de ma famille maternelle, pas plus que je ne savais que nous étions autrefois appelés «Principe». Il semblerait, et je peux vous donner une copie de mon arbre généalogique, que ma famille était originaire du Piémont mais que plusieurs de mes ancêtres furent des serviteurs de la maison des De Savoie depuis l'époque même de la fondation du duché. Les raisons pour lesquelles ma famille s'est installée en Grande Bretagne m'échappent, mais il n'en demeure pas moins que nous restons, aussi longtemps qu'un Prince vivra, liés par un serment magique à votre altesse, et que celui-ci nous interdira formellement de porter les armes contre vous, qu'il s'agisse d'armes magiques ou moldues.

- Alors si nous résumons notre affaire, vous êtes mandaté par votre maître pour servir d'ambassadeur auprès de moi pour m'inciter à vous remettre Lily Evans ou son fils aîné, mais vous êtes dans le même temps lié à moi par un serment magique reconnaissant votre famille comme soumise à la mienne…, récapitula t-elle. Votre allégeance est-elle plus forte pour ce Lord Voldemort ou pour moi?

- Je ne suis soumis au seigneur des ténèbres qu'à travers cette marque, dit t-il en relevant légèrement sa manche pour révéler la marque des ténèbres. Cette marque, apposée sur l'avant-bras du serviteur, n'est qu'une trace du mérite accordé par le seigneur des ténèbres à celui qui le sert, et seuls les mangemorts les plus méritants en sont frappés. Elle n'a d'autre usage que d'établir une hiérarchie parmi nous, mais également de signal par lequel le seigneur des ténèbres nous interpelle et requiert notre présence auprès de lui. En dehors de cela, rien de contraignant ne lie le mangemort à son maître, et je pourrais tout aussi bien quitter son service immédiatement qu'il ne m'arriverait rien de fâcheux. Cependant en ce qui vous concerne, le serment de fidélité de notre famille à votre égard nous interdit de porter atteinte à votre intégrité ainsi qu'aux membres de la maison des De Savoie sous peine de connaître… des conséquences suffisamment éloquentes pour ne pas heurter votre sensibilité.

- Ma sensibilité s'en portera fort bien, lui assura narquoisement la princesse de Lamballe. Mais je vous remercie de votre sollicitude. Ainsi donc, le meilleur élément pour Lord Voldemort ne pourra rien attenter contre moi… Mais alors, pourquoi être venu si ce n'est pour m'informer des recherches effectuées par votre maître pour me retrouver? Votre démarche cacherait-elle autre chose?

Marie-Louise constata alors que sa question avait fait mouche, car le professeur de potions se mit alors à gesticuler sur son siège, l'air mal à l'aise.

- Je… J'aurais une proposition à vous faire, dit-il en évitant son regard. Vous êtes libre de l'accepter ou non, mais vous auriez un avantage à en tenir compte.

- Je suis toute ouïe, répondit Marie-Louise en croisant les mains, la curiosité perceptible dans le ton de sa voix.

- Je vous ai juré sous serment tout à l'heure que mon entreprise n'avait d'autre but que la protection de Lily Evans, et que si j'avais souhaité vous rencontrer ici, ce n'était pas à l'initiative du seigneur des ténèbres ou de Dumbledore mais bien de la mienne, lui rappela t-il d'abord. Je souhaiterais aller plus loin encore, et par respect pour le serment de fidélité de mes ancêtres, j'aimerais me mettre à votre service.

Marie-Louise arqua alors un sourcil, surprise autant que dubitative devant la proposition de cet homme qu'elle ne connaissait pas encore i peine une heure. Accepter les services d'un homme aussi proche de Voldemort et Dumbledore? Oui la chose pourrait paraître étonnante, mais surtout dangereuse ; Les serments magiques étaient si faciles à contourner… Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de croire en la sincérité du professeur de potions et à sa volonté de défendre la mère de ses enfants. Pourquoi? Elle-même ne le savait pas, mais avant toute chose, et avant même d'imaginer un seul instant les mettre face à face dans une même pièce, mieux valait être sur ses gardes, et la prudence était dans ce genre de circonstance de rigueur.

- Quels avantages aurais-je à vous accorder cet honneur? Demanda t-elle impérieusement alors qu'elle faisait mine de s'intéresser à la cheminée.

- Au même titre que pour Dumbledore, je serai vos yeux et vos oreilles, même votre bouche si vous le désirez pour relever la moindre petite information permettant de vous aiguiller sur les plans du seigneur des ténèbres ou du directeur de Poudlard, affirma t-il aussitôt. Vous pourriez ainsi anticiper leurs mouvements et vous prémunir de leurs tentatives pour mettre la main sur Lily ou sur ses enfants…

- Et comment puis-je être certaine que vous n'agirez pas de même dans le sens contraire? Argua t-elle avec bon sens. Qui me dit que vous ne serez pas les yeux, les oreilles, ou la bouche du directeur de Poudlard ou de Voldemort dans l'unique objectif de me nuire?

- Je vous ai fourni les raisons qui me poussent à une telle démarche, lui rappela d'un ton pincé Severus en ayant l'air de perdre légèrement patience. J'ai fait serment, rappelez-vous, et jamais je n'aurais entrepris ceci si je n'étais pas poussé par la forte volonté de protéger Lily. Le seigneur des ténèbres s'en est déjà pris à elle, et je ne tiens pas à ce que cela se renouvelle de nouveau, tout comme je n'ai pas l'intention d'être l'instrument de sa vengeance. Vous avertir par avance de ses démarches pour vous atteindre n'est-il pas une raison suffisante pour vous montrer ma bonne foi? Devons-nous encore discuter pendant des heures de la véracité de mes dires quand nous pourrions déjà établir ensemble une stratégie visant à la protéger? À la mettre à l'abri?

Marie-Louise resta alors silencieuse, surprise autant qu'irritée par le ton presque impérieux et désobligeant avec lequel Rogue venait de lui parler. Rarement quelqu'un s'était permis autant de liberté de ton pour s'adresser à elle, surtout un inconnu ! Mais ne comprenait-il pas qu'elle cherchait à mettre en sécurité la seconde mère de ses enfants? Non bien sûr, il ne pourrait pas deviner un seul instant le lien de parenté la liant à cette femme… Pour autant, elle nota tout de même un détail ne lui ayant pas échappé depuis le départ, mais qui par l'insistance dont faisait usage le professeur de potions pour raisonner avec elle laissait germer dans son esprit une bien curieuse pensée : à vouloir tant défendre et protéger Lily Evans, n'y aurait-il pas d'autres raisons inavouables ou cachées à cette démarche? Se pourrait-il que sa conduite soit le résultat de sentiments plus… personnels? La chose était envisageable, et la princesse de Lamballe pourrait parier là-dessus.

- Ne me faites pas porter le mauvais rôle lorsque ma seule préoccupation est de protéger mon employée ainsi que ses enfants, répliqua t-elle tout de même d'un ton dur. Et vous seriez gré de vous adresser à moi de manière plus courtoise si vous tenez tant à mettre en avant la relation qui semble unir nos familles. Vos ancêtres ne prenaient probablement pas autant de liberté pour s'adresser aux miens !

Severus sembla à son tour fulminer devant cette nouvelle attaque, mais il fut interrompu avant même de pouvoir penser à répliquer :

- Vos intentions, si elles sont réelles, sont fort louables bien que j'ai le sentiment que d'autres raisons que vous souhaitez volontairement me cacher dictent vos actes. Si j'accepte votre offre, je tiens toutefois à vous mettre en garde : J'attendrai d'être parfaitement certaine de vos prétentions avant de ne serait-ce songer à une rencontre entre vous et Madame Lily Evans.

- Je n'en espérais pas tant, approuva Severus en se détendant légèrement. Je dois simplement vous mettre en garde sur le fait que le seigneur des ténèbres continue à se renseigner à votre sujet pendant que nous discutons, et s'il sait à présent que votre fils devrait sous peu se marier, il ne m'a pas encore explicitement ordonné de me rendre chez vous pour cette occasion, mais je doute qu'il ne le fasse pas bientôt.

Un carillon se mit soudainement à retentit, les faisant tous les deux sursauter. Près d'une heure était désormais passée si Marie-Louise en jugeait par l'heure que l'horloge affichait, mais elle avait pourtant l'impression qu'un temps beaucoup plus court venait de défiler.

- Et que proposez-vous? Demanda t-elle en reportant son attention sur lui. Que je vous invite à assister à la cérémonie?

- Cela n'est pas à exclure, du moins pour ma sécurité, répondit Severus. Parvenir à assister à votre sauterie témoignerait de mon implication et de ma bonne volonté à le servir et de l'avancement de la mission qu'il ma confiée. Dans le cas inverse c'est à dire d'un échec, les conséquences pourraient être pour le moins… douloureuses, même si cette première rencontre ne serait décalée que de quelques jours seulement.

- Nous verrons cela en temps voulu, lui dit posément Marie-Louise en faisant disparaître l'ensemble de son service en porcelaine. Votre invitation n'est pas une obligation, et à dire vrai, je ne vous connais pas suffisamment pour avoir une once de pitié quant à ce qui pourrait vous arriver si vos démarches s'avéraient infructueuses. Quant à votre proposition concernant le fait de me servir et d'épier votre maître… Je préfère attendre d'avoir la certitude du bien fondé de cette demande avant de vous fournir une réponse qui pourrait très bien être négative, bien que je doute qu'une telle réponse puisse avoir des conséquences négatives de votre part envers Madame Evans.

Puis se levant de son siège, elle se tourna à nouveau vers lui, et lui tendant sa main qu'il entreprit par formalité de baiser, elle reprit la parole d'un ton calme :

- Nous continuerons à converser dans les prochains jours, mais uniquement par courrier. Vous confierez vos lettres à Monseigneur Griffdur qui me les transmettra, et il vous fera parvenir les miennes par hibou postal. Aucune rencontre durant ce laps de temps, à moins d'avoir reconsidéré votre proposition de manière favorable, ne sera envisageable, et je me garde également le droit de couper court à notre correspondance à tout moment. Mais si véritablement votre souci est de protéger Madame Evans et ses enfants, je ne doute pas que rien de fâcheux ne devrait arriver me mettant en position de rompre notre dialogue, n'est-ce pas?

- Bien entendu Madame, répondit gravement Rogue.

- Soit, alors au plaisir Monsieur Rogue, le salua t-elle en inclinant très légèrement sa tête.

Et sans attendre de réponse ou même qu'il ne lui propose de la raccompagner à la porte, elle se dirigea vers la sortie, l'esprit uniquement obnubilé par une simple pensée : Renforcer immédiatement les protections du château, et prévenir Lily.


A/N : Chapitre terminé ! Pour être honnête, il m'a donné beaucoup de mal, en particulier la discussion entre Marie-Louise et Rogue qui, après relecture, était très répétitive et qu'il a fallu réduire de beaucoup. Le début aussi a été retravaillé à plusieurs reprises, avec des suppressions de 2000 mots parfois parce que ça ne me satisfaisait pas (j'étais parti sur une discussion en plein air regroupant toute la petite famille et amis d'Harry, puis sur une scène se déroulant dans un salon du château avec Daphné en vedette, habillée à la grecque avec divers attributs comme la corde d'abondance, le sein gauche à l'air pour figurer la maternité, la couronne de laurier pour figurer Harry, la fleur de Lys pour le sang royal de son époux... tandis qu'elle se faisait peindre par une artiste, puis j'ai finalement opté pour la scène en début de chapitre).

Donc Rogue veut faire alliance avec elle... Cela paiera t-il ou non? Est-il véritablement sincère? La princesse de Lamballe acceptera t-elle? Mystère. Les avantages sont indéniables, mais les conséquences elles sont imprévisibles.

Pour la petite anecdote, j'ai surfé il n'y a pas longtemps sur Wikipedia, et je ne sais plus d'ailleurs pourquoi, mais je suis tombé sur la page du (controversé) président du Chili Pinochet, et j'ai découvert que sa famille vivait autrefois à Lamballe avant d'émigrer au XVIIIe siècle en Amérique du Sud ; Comme un petit clin d'oeil, et parce que je pense qu'ils ne sont pas tous partis, j'ai eu dans l'idée de faire apparaître un Pinochet au moins une fois dans la fiction ^^.

Le prochain chapitre sera axé sur un thème constamment abordé dans celui-ci ; Inutile de le ressasser une fois de plus ;) Je ne sais pas encore s'il sera long, mais il pourrait bien être divisé en deux.

Sur ce, à bientôt !