Bonjour à tous !
Neuf mois plus tard me voila de retour. Désolé pour cette longue absence mais j'ai souffert du mal de très nombreux auteurs sur ce site : Le manque total de motivation et d'inspiration, un mal plus terrible qu'on ne le croit et qui fait des ravages.
Non plus sérieusement j'ai été très occupé ces derniers mois et entre le travail et une activité demandant plus d'efforts qu'on ne le croit, le choix est vite fait.
J'ai cependant eu une envie de reprendre cette histoire la semaine dernière, et cela a donné naissance au chapitre que vous allez pouvoir lire ci-dessous. Peut-être est-ce ce délai si long qui fait que j'ai l'impression d'un chapitre pas totalement au point, mais vous en serez les seuls juges pour le coup.
J'ai l'intention de terminer cette histoire, mais je pense à éviter maintenant les chapitres longs et rallongeant le délai de publication.
Sur ce, trêve de bavardages, et merci aux viewers, followers, subscribers et reviewers (ça en fait des termes anglais) qui continuent à suivre cette histoire.
Bonne lecture !
Severus Rogue n'était pas le type d'homme à apprécier les mondanités ; Cela relevait même à ses yeux d'une perte de temps qu'il aurait pu davantage consacrer à la concoction de nouvelles potions ou à l'étude des derniers essais publiés par ses confrères sur cette branche de la magie. Et tandis qu'il faisait distraitement tourner le contenu de son verre d'un geste lent du poignet, il observait d'un œil ennuyé la multitude de gens s'affairant autour de lui et discutant de sujets divers et nullement intéressant pour le maître des potions qu'il était.
À dire vrai, c'était au contact d'un monde lui étant peu coutumier, peu au fait des sujets qu'il appréciait lui-même, qu'il se rendait surtout compte qu'il n'avait pas beaucoup d'intérêts pour tout ce qui ne touchait pas de près ou de loin aux potions, et que rester enfermer jusqu'à la fin de ses jours dans son laboratoire valait beaucoup mieux qu'écouter les derniers potins qui pouvaient se raconter sur une personne en particulier, sur les réseaux d'affaires et la possible nomination d'untel à un poste important ou les fluctuations des marchés que rencontraient les pays dont semblaient provenir les nombreux invités encore présents.
Non, rien n'avait plus de valeur à ses yeux que le bouillonnement d'un chaudron, le doux parfum émanant d'une marmite dont la potion chauffait paisiblement ou le précieux liquide extrait d'une plante qu'il se hâtait d'ajouter à sa mixture pour compléter ses recettes… Mais il devait probablement être bien le seul en cet endroit et parmi tous ces cornichons à éprouver un tel engouement pour sa passion.
Il y avait bien une autre chose qui autrefois avait autant de valeur que tout cela, ou devrait-on dire quelqu'un d'autre qui pouvait l'égaler, mais cette personne avait depuis longtemps disparu de sa vie, sans jamais lui adresser le moindre signe d'intérêt depuis ce triste jour où il avait eu le malheur de lui dire les mots malheureux qu'il regrettait encore après toutes ces années.
À cette seule pensée et comme à son ordinaire, il but d'un traite le contenu de son verre, réprimant aussitôt le contrecoup de l'alcool qu'il venait d'avaler d'une légère grimace qui disparut en une fraction de seconde avant d'observer à nouveau la foule se pressant autour de lui. Lily était probablement là, du moins il l'espérait même s'il ne savait pas pourquoi il tenait tant à ce qu'elle soit aussi près de lui ; Elle pouvait tout aussi bien se trouver à plusieurs centaines de kilomètres de là qu'il ne pouvait pas davantage le savoir. Mais la savoir ici, profitant tranquillement d'un plaisir aussi simple que la compagnie d'amis réunis pour une occasion particulière, lui mettait du baume au cœur par l'idée qu'il avait que cela puisse faire son bonheur, un bonheur où d'ailleurs James Potter n'entrait pas, et cette pensée lui arracha un très bref sourire; L'imbécile ignorait la chance qu'il avait d'avoir eu une femme comme elle…
- Père aurait dû assister à cette fête à ma place, déclara d'un ton blasé la personne à côté de lui. Je ne comprends pas ce que je viens faire ici alors que je ne connais personne…
- Raison pour laquelle il t'a expressément demandé de venir Drago, rétorqua Severus sans le regarder. Nouer tes propres contacts serait un plus pour tes futures affaires, et le nom des Malefoy est suffisamment connu et respecté en Grande Bretagne pour penser à te familiariser avec d'autres familles en provenance du continent.
- Cela aurait été bien plus facile s'il m'avait accompagné, répliqua son neveu. On ne peut décemment approcher quelqu'un sans avoir été présenté au préalable, et hormis toi, personne ici ne peut me chaperonner.
- Et t'attends-tu à ce que je te donne la main pour te conduire jusqu'à ces gens? argua t-il avec une pointe d'ironie. Je n'ai aucune influence sur le plan politique, alors ne compte pas sur moi pour t'aider à… t'immiscer dans des sphères où je ne te serai d'aucune aide.
- Père lui aurait pu…, souffla Drago.
Severus réprima l'envie de rouler des yeux devant la puérilité de son neveu, aussi préféra t-il se distraire d'une autre manière en se saisissant de l'une des coupes que faisait circuler un valet.
- Ton père n'aurait de toute manière jamais pu passer le portail de cette propriété, lui indiqua t-il alors qu'il observait au loin la propriétaire des lieux s'atteler à tenir la conversation avec un groupe élargi d'invités tout autour d'elle. Lui et cette femme ont eu un différend dans le passé, et il ne serait pas sage de sa part d'oser se montrer face à elle sans provoquer une esclandre dont je pourrais possiblement subir les retombées.
Et c'était peu dire. La princesse n'était-elle pas la responsable de la perte du bras de Lucius? L'homme en gardait un profond ressentiment, et malgré le fait que les talents en duel de cette femme étaient depuis longtemps reconnus, il ne supportait toujours pas l'idée d'avoir été vaincu par elle, tant et si bien qu'il n'en avait jamais dit le moindre mot à son propre fils. Le seigneur des ténèbres lui-même était au courant de cette histoire, et connaissant depuis quelques semaines maintenant les liens passés qui unissaient la famille de la princesse de Lamballe à celle des Prince, il avait pensé à lui, l'homme sans attache ni poids politique, plutôt qu'à un autre pour aller en éclaireur essayer de tâter le terrain et obtenir à moyen terme la neutralité de cette femme à défaut de son alliance dans le conflit à venir, sans savoir que les premiers rapprochements avaient été effectués et que son espion travaillait désormais contre lui ! Drago était la seule épine dans son pied l'empêchant de pouvoir approcher tranquillement Marie-Louise, et si Voldemort l'avait assuré que le jeune homme n'était là que pour apprendre et sa familiariser au même milieu que son père, Severus se doutait qu'il s'agissait surtout de le surveiller et de rapporter les moindres faits et gestes qui pourraient le faire douter quant à sa fidélité ; Même après tous ses mensonges, et alors qu'il pensait avoir été suffisamment convaincant, le seigneur des ténèbres était toujours méfiant à son égard, mais son erreur était de croire que lui même ne serait pas méfiant à l'égard d'un adolescent de 15 ans.
- Vraiment? Siffla Drago d'un air dubitatif. Si différend il y a eu, je n'en ai jamais eu connaissance, mais connaissant père, je suis prêt à parier que la raison ne vient pas de lui.
«Alors c'est que tu connais bien mal ton père» pensa t-il.
- Si au moins tu pouvais m'aider à distinguer les personnes de notre genre des sang-de-bourbes et autres saletés de moldus, tu me faciliterais bien la tâche dans mon approche, poursuivit-il en scrutant attentivement les personnes autour d'eux.
- Et si tu commençais d'abord par te taire et cesser de dire de pareilles sornettes, tu saurais qu'en affaire, le statut du sang ne compte plus, murmura sévèrement son parrain. Je serais prêt à parier que même ton propre père a dans ses petits papiers des entreprises moldus dans lesquelles il aurait investi votre fortune sans jamais l'avouer, alors ne réduis pas ton champ des possibilités aux seules personnes capables de brandir une baguette dès lors qu'il s'agit d'argent.
Drago semblait prêt à lui répondre et à s'offusquer de ce qu'il considérait comme des élucubrations de la part de Severus, mais celui-ci le fit taire d'un simple regard, le même qu'il lui adressait chaque fois qu'il se comportait mal lorsqu'il était beaucoup plus petit. Au lieu de ça l'héritier Malefoy fit comme son parrain et reporta son attention sur les festivités devant lui, piochant de temps à autre dans les amuses bouches se présentant à ses mains tandis que l'atmosphère se faisait toujours plus bruyante et animée.
Severus lui, son verra à nouveau vide, se replongea de nouveau dans ses pensées, toutes bien évidemment tournées vers Lily Evans. Deux jours maintenant qu'il était là, deux jours qu'il observait le plus discrètement possible chaque invitée à la recherche de cette belle rousse qui lui avait fait chavirer le cœur bien des années en arrière. Deux jours d'observation, au milieu d'un flot de gens parés de leurs plus beaux atours, et pourtant… deux jours qu'il faisait chou blanc. Non pas que la tâche était facile non plus, Marie-Louise semblant avoir invité une ville entière dans sa demeure !
Mais il fallait admettre que Lily n'avait pas l'air d'être là. Par mesure de sécurité peut-être ? La princesse de Lamballe se méfiait-elle malgré tout de lui au point d'éloigner pour quelques temps celle qu'il aimait secrètement depuis longtemps? La chose était plausible, et il ne lui en aurait presque pas voulu de l'avoir fait, mais quand même… Que n'aurait-il pas donné pour se trouver devant elle, se jeter à ses pieds et lui supplier de lui pardonner… L'image en était grotesque, mais si cela suffisait à obtenir ce pardon qu'il désirait tant, il aurait été prêt à le faire devant tout ce monde.
Mais la princesse de Lamballe avait aussi parlé d'elle en qualité d'employée à son service, aussi s'attendait-il à la trouver parmi les serviteurs à circuler entre les groupes d'invités un plateau dans les mains. Mais là encore il fallait se rendre à l'évidence et constater qu'aucune des personnes affrétées au service ne correspondait à sa Lily. Il restait bien le personnel des cuisines, mais Severus n'allait certainement pas se risquer à aller y faire un tour au risque de déplaire par sa curiosité aux maîtres de ces lieux.
Restait une dernière possibilité qu'il avait également envisagé, quelque chose d'un peu tiré par les cheveux mais tout à fait possible en l'occurrence et dans les circonstances actuelles : Le polynectar, ou à défaut des sortilèges changeant le physique d'une personne pour un temps limité. Aussi était-ce peut-être la raison pour laquelle il ne l'avait jamais croisé, et il lui serait très difficile de reconnaître une signature magique à l'heure actuelle compte tenu du nombre de sorciers et sorcières présents.
Ces différentes possibilités avaient au moins le mérite d'attiser sa curiosité, et Severus se demandait bien pourquoi la princesse de Lamballe se donnait tant de mal pour protéger une femme qui n'avait aucun lien de parenté avec elle ; Un autre mystère en soi, mais Marie-Louise et ses enfants semblaient coutumier de ce fait; Son fils n'était-il pas soudainement apparu, sorti de nul part, et prétendant être l'héritier de sa puissante dynastie?
La fête continuait inlassablement, et les jeunes mariés qui avaient passés leur première nuit ensemble la veille, s'étaient depuis longtemps éclipsés pour se promener dans le parc du domaine, bien loin de la foule bruyante et envahissante qui se jetait sur eux comme une araignée sur une mouche tombée dans sa toile. Pour peu, Severus les envierait presque, bien que l'annonce à voix haute du roi sur l'honneur renouvelé à trois reprises du prince envers son épouse durant leur nuit de noces avait quelque chose d'humiliant, mais une petite voix intérieure le questionnait justement sur le pourquoi il ne faisait pas de même plutôt qu'à rester droit comme un I tel un idiot près de la table de buffet.
«Oh oui», se rappela t-il en dardant un regard sur son neveu, «c'est parce qu'il me faut surveiller un certain jeune homme préférant bouder dans son coin afin de lui éviter la moindre bêtise».
Si seulement il était venu seul… Il aurait pu tout à son aise se lancer dans des petites recherches discrètes dans le seul but de trouver son amour de jeunesse… Ou alors aurait-il abrégé sa présence en cette demeure pour se reposer tranquillement dans son laboratoire, une bouteille de whisky Pur Feu posée sur son bureau tandis qu'il ressassait une fois encore les erreurs de son passé. Serait-ce pour autant plus divertissant que ce qui se passait autour de lui? Oh peut-être que oui.
- Severus, quelle surprise de te voir ici.
Reconnaissant la voix pour l'avoir entendu si souvent par le passé, et l'ayant déjà aperçu à plusieurs reprises depuis la veille, le concerné ne se donna même pas la peine de tourner la tête vers son nouvel interlocuteur et lui afficher ouvertement son mépris.
- Lupin, dit-il d'une voix peu agréable. Je devrais en dire autant te concernant. Je ne savais pas que les animaux étaient acceptés à ce type d'événement.
Remus se contenta de sourire brièvement, habitué probablement aux piques verbales du professeur de potion, et à vrai dire nullement courroucé par cette dernière saillie.
- Toujours aussi aimable, dit-il simplement.
- Être aimable n'entre pas dans mon champ de compétence, surtout lorsqu'il s'agit de toi ou de l'un de tes amis, répliqua Severus.
- Je pensais que les petites rancœurs de jeunesse pouvaient passer avec le temps, mais il semble que je me trompe et qu'elles peuvent être tenaces si l'on n'y prend garde.
- Je les entretiens avec autant de soin qu'il m'en faut pour surveiller le dosage et la température de mes potions, lui affirma t-il dédaigneusement. Cela me permet d'apprendre de mes erreurs et ainsi de ne pas les reproduire deux fois.
- Et quelle erreur éviterais-tu de reproduire une deuxième fois me concernant? s'enquit Remus.
- Celle de croiser ta route, et j'y parvenais de manière satisfaisante avant d'avoir le déplaisir de te rencontrer en ce lieu.
- Rencontre qui me surprend, je dois le reconnaître…, concéda le loup-garou. Je ne savais pas que tu pouvais avoir de quelconques liaisons avec Madame, ou que tu pouvais apprécier les mondanités comme celle-ci, à moins que tu ne sois là qu'en tant qu'accompagnateur pour ce jeune homme, ajouta t-il en observant à la dérobée Drago.
Celui-ci, sentant le regard de Remus sur lui, détourna immédiatement le sien de peur peut-être de croiser celui de cet illustre inconnu, mais une rougeur apparaissait malgré tout sur ses joues.
- Si tu avais pris la peine de te souvenir des présentations officielles ayant eu lieu hier devant les mariés, tu aurais constaté que Drago n'a pas eu ce privilège contrairement à moi, lui rappela Severus d'un ton condescendant. Cela répond par conséquent à la question des préséances que tu pouvais avoir quant à notre présence. Quant à mes liens envers cette femme, cela reste du domaine du privé, domaine qui t'est bien évidemment refusé si celle-ci ne juge pas important de t'en toucher quelques mots. La question serait plutôt de savoir ce qu'une bête peut bien faire ici au beau milieu de pauvres invités innocents et inconscients du danger que tu représentes…
Là, Drago fronça les sourcils aux mots de son parrain, intrigué par les paroles mystérieuses de l'homme, mais celui-ci ne se donna pas la peine de lui en dire davantage lorsqu'il s'adressa à lui :
- Drago, pourrais-tu aller me chercher quelque chose à boire, je te prie? Mon verre est malheureusement vide comme tu peux le remarquer, et je n'ai pas la patience d'attendre que l'un de ces valets vienne vers nous.
- Et pourquoi devrais-je y aller? Répliqua t-il en haussant la voix. Je ne suis pas là pour t'obéir mais pour observer, et pas davantage pour servir de sous-fifres pendant que tu discutes tranquillement avec lui…
- Parce que si tu ne le fais pas, je pourrais me montrer à l'avenir moins patient quant à tes résultats moyens pendant mes cours, ce qui pourrait permettre à une personne en particulier de profiter de la situation pour essayer de te provoquer davantage en dehors des classes, si je me suis bien fait comprendre…, dit-il d'un ton indifférent, mais où la menace sous-jacente était clairement perceptible.
Son neveu sembla ne pas comprendre au départ, puis ses yeux s'écarquillèrent légèrement alors que la rougeur de ses joues refaisait son apparition. Vaincu, il s'éloigna en marmonnant, ou du moins en pestant contre l'autorité de son parrain. Severus lui réprima le ricanement qui menaçait de s'échapper d'entre ses lèvres en le voyant partir; il était si facile de manipuler son neveu dès lors que Matthew Potter entrait dans une conversation.
- Tu as disparu depuis plusieurs années maintenant, reprit t-il en reportant son attention sur Remus. Beaucoup de gens sont au courant de ton absence prolongée, et en particulier les personnes qui auraient tout intérêt à t'avoir entre leurs mains.
- Je sais, lui répondit tranquillement Lupin. Et que vas-tu faire alors? Avertir ton maître de mon existence? Me jeter dans les bras de Dumbledore? Un choix cornélien pour le double espion que tu es, mais il te serait difficile de le faire ici, avec autant de monde autour de toi et avec les protections de Madame sur tout son domaine.
- Je pourrais, lui confirma Rogue. Je pourrais à loisir profiter de la torture que t'infligerait le seigneur des ténèbres pour que tu lui avoues les moindres secrets qu'aurait pu te confier Dumbledore, ou alors faire le chemin inverse et laisser le directeur fouiller ton esprit à la recherche de ce qu'il désire jusqu'à ce qu'il te le détruise… Oh oui Lupin je pourrais, mais malheureusement pour moi il y a beaucoup trop de paramètres entrant en jeu pour que je prenne ce risque, et en particulier le fait que ta disparition coïncide avec celles de trois autres personnes. Si je remonte à toi, ou si l'une des personnes mentionnées précédemment remontait jusqu'à cette piste, alors l'une d'elles serait en grand danger, et ça je ne peux pas le permettre.
- Et qu'est-ce qui te fait croire que ces fameuses personnes disparues sont avec moi? s'enquit le loup-garou avec une pointe d'amusement dans la voix.
- Ne me prends pas pour un imbécile je te prie. Le fait que tu es lié aux Potter, que tu es semble t-il le parrain de l'un des enfants de Lily, que vous avez tous les quatre disparu en même temps, et que la princesse de Lamballe m'ait avoué à demi-mot que Lily se trouvait à son service me laisse à penser que vous êtes effectivement tous les quatre ensemble, peut-être pas ici aujourd'hui, les risques pourraient être élevés, mais des rencontres fréquentes sont sûrement envisageables.
Lupin sembla perdre pendant une fraction de seconde de sa superbe, mais il se reprit rapidement et afficha ce même sourire qui tapait déjà si violemment sur les nerfs de Rogue à l'époque où tous deux étaient encore élèves à Poudlard.
- Je suis fait, dit-il d'un ton amusé en levant les mains en l'air. Mais il ne fallait pas être d'une grande intelligence pour le comprendre dès l'instant où comme tu le fais si bien quelqu'un rassemble les indices pour résoudre une énigme, mais je suis impressionné.
- Ta présence n'est qu'un petit supplément, mais je me doutais parfaitement de la leur ici avant même que tu n'aie l'idée de te présenter si bêtement à moi, lui assura le professeur de potions. d'un ton suffisant.
- Et que vas-tu faire maintenant que tu sais tout cela?
Rogue garda quelques secondes le silence, distrait par les éclats de rire de la fille cadette de la princesse de Lamballe qu'il pouvait observer depuis la fenêtre donnant sur la cour plus bas et qui jouait à colin-maillard avec d'autres jeunes de son âge et des camarades de régiment du jeune marié.
- Rien, dit-il négligemment sans le regarder, et Madame sait qu'elle peut me faire confiance pour garder un tel secret, même si cela signifie perdre une occasion de te voir t'éloigner de Lily.
- Serais-tu jaloux par hasard? s'enquit aussitôt Remus.
Le regard que lui lança alors Rogue le fit déglutir, mais pour autant il en garda tout son sang froid.
- Je me rends simplement compte qu'il ne s'agit que d'elle depuis tout à l'heure, lui expliqua t-il, imperturbable. Songerais-tu à entrer dans les petits papiers de cette femme pour pouvoir approcher de l'objet de tes désirs?
- Va au diable, lui lança sèchement Rogue.
Remus ricana quelques secondes, mais la tension entre eux était tout aussi palpable que le verre vide que chacun tenait dans sa main. Peut-être était-ce pour cette raison d'ailleurs que personne ne semblait s'approcher d'eux, ou que Drago prenait si longtemps pour revenir lui apporter ce qu'il lui avait demandé.
- Comment va Dumbledore? Lui demanda alors Remus pour changer de sujet.
- Tu étais peut-être un excellent élève lorsque nous étions tous deux à Poudlard, mais pour ce qui est de tes capacités à soutirer des informations à autrui, tu fais un bien piètre agent, lui certifia t-il en roulant des yeux. Si tu souhaites tant le savoir, tu devrais de ce pas aller lui rendre une petite visite plutôt qu'à rester bien tapi dans ta tanière.
- Je ne faisais que me renseigner, lui assura le loup-garou. Si j'en juge par tes connivences avec la princesse de Lamballe, j'en supposerais que nous puissions jouer sur le même tableau, aussi le partage d'informations serait-il essentiel pour nous deux.
- Je ne pense pas que tu puisses m'apprendre quoi que ce soit d'utile, dit-il d'un ton qui ne souffrait d'aucune réplique.
La vérité était que lui-même n'avait pas grand-chose à dire à la princesse de Lamballe, du moins rien de plus que ce qu'elle pouvait déjà savoir concernant les agissements du seigneur des ténèbres et de Dumbledore, ce qui l'irritait quelque peu tant le sentiment d'être pour le moment à peu près aussi utile qu'une assiette de porcelaine dans une fonderie était cuisant. Leurs réunions se comptaient sur les doigts d'une seule main, mais avec la surveillance constante de Voldemort à son encontre et la charge de travail chaque fois supplémentaire du directeur de Poudlard pour mettre la main sur le fils aîné des Potter, il avait eu peu de temps libre pour lui. La confiance se gagnait, et ça Severus l'avait depuis longtemps assimilé, alors si Marie-Louise ne jugeait pas encore utile de lui dire où se trouvaient les Potter disparus, ce n'était sans doute pas Remus qui pourrait le lui dire ; Aussi se garderait-il de transmettre quoi que ce soit au loup-garou juste à ses côtés… Question de principe, ou tout simplement par le plaisir de le laisser dans l'inconnu.
- Quant à mes informations, je te rappelle une fois de plus que je ne les donne qu'à une seule personne en particulier ; Cela évite qu'il y en ait davantage pouvant les connaître, et à titre personnel que ma couverture ne soit découverte si rapidement.
- Et… En échange d'informations sur Lily? Tenta Remus. Peut-être pourrais-je même organiser une entrevue lorsque je serai moi-même certain de pouvoir te faire confiance…
- Tu bluffes, répliqua Severus bien que le doute s'immisçait en lui quant à la perspective de la revoir.
- Qui sait? Dès lors qu'il s'agit de protéger mon filleul ou sa famille, je suis prêt à tout. Je vais te laisser réfléchir à ce sujet , et si tu es d'accord, tu n'auras qu'à me le dire. Je te transmettrai les moyens de me répondre discrètement afin de ne pas briser nos couvertures respectives. À bientôt Severus.
Et sans plus attendre, Lupin se dirigea vers la sortie de la salle, disparaissant derrière la lourde porte en bois que son neveu traversa moins de quelques secondes après, l'air toujours aussi ennuyé.
- Ces domestiques sont vraiment lamentables, dit-il en lui tendant son verre. Il m'a fallut traverser tout ce château pour en trouver un ! Si cette femme était vraiment la sorcière respectable qu'elle prétend être, elle se ferait servir par des elfes de maison et pas par des sales moldus.
- Tes monologues et autres complaintes peuvent divertir ta mère Drago, mais pour ma part ils ne font que raviver mes maux de tête, marmonna t-il en se massant la tempe.
Le rouge apparaissant sur les joues de son neveu redoubla d'intensité quand, sans vraiment y faire attention, Severus versa le liquide si difficilement obtenu par Drago dans la première plante en pot se trouvant à sa portée.
- Prenons congé de ces gens, dit-il en se saisissant de son bras pour le ramener vers un endroit plus tranquille où il pourrait les faire transplaner. Je suis fatigué.
Rogue avait surtout beaucoup à réfléchir, et cette perspective ne l'enchantait guère. Non, la rencontre avec Lupin n'avait pas été divertissante ou même intéressante, mais il avait eu au moins le loisir de lui asséner quelques piques bien senties comme au bon vieux temps. Mais elle avait été malgré tout instructive dans le sens où il était intimement persuadé que Lily Evans n'avait jamais été aussi près de lui que depuis plus de vingt ans. Restait à savoir pourquoi il y avait tant de mystères autour d'elle et de ses deux enfants, pourquoi tant de cachotteries, de précautions pour leur protection? Pourquoi la princesse de Lamballe tenait tant à protéger une simple femme à son service et pouvant menacer la vie de ses deux enfants avec les casseroles qu'elle traînait derrière elle?
L'indifférence d'une maîtresse envers ses serviteurs ou tout autre membre de son petit personnel aurait voulu qu'elle s'en débarrasse rapidement, mais elle persistait à la garder auprès d'elle, et également à s'attacher les services de ce loup-garou miteux et possiblement dangereux. Leur première entrevue lui avait déjà soulevé cette question, mais l'insistance de Lupin a vouloir également connaître les informations qu'il transmettait à cette femme, quitte à appuyer sur la corde sensible, lui était soupçonneuse. Un lien devait forcément les relier tous, peut-être même une forme de chantage, bien que Severus n'imaginait pas Lily en faire usage contre quelqu'un. Mais quelque chose, un paramètre lui étant pour le moment inconnu le poussait à croire qu'elle était au beau milieu d'une intrigue englobant les habitants de ce château, et l'assurait d'une certaine manière de la sécurité conséquente qui avait été mise en application pour la protéger.
Severus avait beaucoup à réfléchir, et ça il le savait depuis l'instant où il avait croisé la route de cette princesse, mais pour l'heure il devait surtout ramener le garçon maussade et malpoli à ses côtés auprès de ses parents, et après quelques pas dans la cour, le temps pour eux de croiser le groupe de jeunes s'amusant dans la cour, il s'éloignèrent du terrain jusqu'aux grilles d'entrée du parc où, le sort empêchant le transplanage n'allant pas jusque là, ils disparurent tous les deux, ignorant qu'à de multiples reprises ce jour là, une paire d'yeux émeraude n'avait cessé d'observer l'un d'eux.
A/N : Donc voilà, chapitre clos. Pas grand chose à dire, mais comme je vous l'ai dit, j'ai l'intention de réduire les chapitres, alors il y aura moins de choses à en retirer ;). Curieusement j'ai bien aimé écrire ce chapitre du point de vue de Rogue, les personnages incisifs et mordants sont toujours agréables à retranscrire.
Je ne me rappelle pas si j'en avais déjà parlé auparavant, mais oui, j'ai choisi le cliché du "Severus, parrain de Drago" : Je n'ai jamais compris comment il pouvait l'être en lisant les autres fictions, mais pourquoi pas.
Deuxième petite chose, pour ceux qui pourraient se le demander, Drago ne connaissant pas Remus, il ne pourra pas faire le même rapprochement que Severus concernant Lily, et n'aura donc aucune raison d'en parler à qui que ce soit.
J'espère que ce chapitre vous aura plus malgré tout. Quant à moi je me dirige demain sur Paris pour profiter tout le weekend des journées du patrimoine, l'occasion de pouvoir enfin voir certains monuments dans lesquels je n'étais jamais entré !
à bientôt pour le prochain chapitre !
