Bonjour à tous !
étonnamment, je suis parvenu à boucler ce nouveau chapitre en moins d'une semaine, alors plutôt que d'attendre inutilement une semaine de plus, je me suis dit que cela pourrait vous faire plaisir de l'avoir dès maintenant. Considérez ça comme... un cadeau de début de vacances de Toussaint.
Merci encore pour vos nombreux commentaires, et en particulier à Arwengeld qui m'aura donné beaucoup à lire ! Egalement avant que je n'oublie, merci à ceux qui m'ont prévenu pour le plagiat de mon histoire ; J'avais remarqué cette traduction très moyenne il y a quelques jours, et en toute honnêteté cela ne m'aurait pas dérangé si le travail de traduction avait été effectué de manière efficace, et surtout si on m'avait demandé ma permission, mais dans les deux cas ça n'a pas été le cas. Par chance l'histoire a disparu, mais comme je ne sais pas comment faire pour rapporter un plagiat et que mon anglais est assez moyen, j'en déduis que la personne a d'elle-même supprimé la fiction (ou alors vous l'avez vous-mêmes rapporté, auquel cas je vous remercie).
Maintenant concernant ce chapitre, retour sur un personnage que l'on a pas vu depuis un petit moment et qu'on aime détester. J'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture !
- Dehors !
Et sans un mot de plus, il claqua violemment la porte aux visages des imbéciles venus le voir pour le questionner, se moquer de lui, le traiter de fou et se complaire de son malheur. Il pouvait encore clairement entendre leurs gloussements idiots derrière le panneau de bois, mais il n'en avait à vrai dire que faire pour l'instant ; Ce n'était pas les premiers, et en seulement une heure dans cette maudite voiture, il avait déjà eu l'occasion de se confronter à quatre groupes d'étudiants au départ curieux, puis, à mesure qu'il se montrait hostile envers eux, commencer à mettre en doute sa santé mentale et lui conseiller d'aller dans un institut spécialisé pour ce genre de maladie plutôt qu'à Poudlard.
Matthew savait que l'image qu'il dégageait de lui auprès des autres élèves était depuis longtemps mauvaise, du moins faisait-il semblant jusqu'alors de ne pas le remarquer, mais à présent qu'il se retrouvait dans la situation où il aurait espéré un minimum de soutien de la part des autres étudiants et au-delà des sorciers et sorcières du pays, il avait plutôt l'impression de se sentir tristement seul devant l'adversité.
Pourtant, lorsqu'il était monté dans cette voiture quelques heures auparavant, son père l'ayant purement et simplement déposé au relais de poste magique sans même lui souhaiter une bonne scolarité, il n'avait pas pensé un seul instant qu'il serait sujet aux quolibets de la part de ses congénères, encore moins de la part de personnes qui ne faisaient pas partie de la maison de Serpentard ; de ces derniers il ne s'attendait pas à autre chose, mais que les autres maisons tendent à faire de lui un paria, ça il avait du mal à le comprendre.
Soupirant, il décolla son front de la porte pour retourner sur sa banquette, l'air hagard et morne comme il en était coutumier depuis le début de l'été, et n'ayant rien d'autre à faire pour le distraire que de regarder par la fenêtre la multitude de petits villages se trouvant bien en dessous du carrosse le transportant vers Poudlard. À ce moment précis, il aurait donné cher pour avoir le moindre animal de compagnie avec qui jouer, mais si son père avait toujours été prompt à lui acheter tout ce qu'il voulait, jamais il n'avait eu l'occasion de lui demander un animal, Ron faisant parfaitement l'affaire en l'occurrence.
- Ron…, marmonna t-il en serrant les dents. Sale traître !
Son ami n'était pas là pour l'entendre, et il y avait peu de chance qu'ils aient l'occasion de se voir tout de suite ; Ron avait parait-il demandé à emprunter une autre voiture, désireux de ne pas avoir à supporter la présence du garçon-qui-a-survécu, alors même que quelques mois auparavant, il ne pouvait pas passer plus de cinq minutes sans se faire un devoir d'accompagner partout où il allait Matthew. Mais aujourd'hui, comme beaucoup d'autres sans doute, celui qu'il pensait être son meilleur sous-fifre s'était détourné de lui, le laissant pour la première fois dans un profond désarroi à l'idée de devoir effectuer le trajet jusqu'à Poudlard seul.
La solitude ne lui était pas coutumière, ayant depuis toujours eu avec lui quelqu'un pour le seconder, l'encourager dans ses activités ou dans la moindre de ses décisions, se pliant au moindre de ses désirs et l'assurant d'un indéfectible soutien en toute circonstance. La vie ne lui avait alors jamais permis de ressentir pareille émotion, cette impression de vide en lui qu'il ne parvenait pas depuis cette fatidique soirée de juin à combler, comme un poids dans le creux de son ventre trop lourd à porter. Si une situation ne lui plaisait pas, qu'il fallait évacuer sa colère sur quelqu'un ou pester devant une injustice lui arrivant, Ron était là pour en faire les frais, et jamais Matthew n'avait imaginé qu'il puisse s'en plaindre ; Le rouquin était trop fier de la position que lui offrait sa place auprès de lui pour contester ses dires, et de la même manière que Malefoy, il aimait à se pavaner à Poudlard grâce à cela.
Mais ça, c'était avant de découvrir que Matthew n'était pas ce qu'il prétendait être, et la désillusion dut être suffisamment grande pour que celui-ci ne daigne pas lui adresser la moindre lettre de toutes les vacances. Du jour au lendemain, le statut de Matthew évoluant, Weasley n'avait plus jugé utile de faire bonne figure et de lui rester fidèle, et ça il se promettait de le lui faire payer.
- Par contre, si j'agitais un sac rempli de galions sous son gros nez, je serais prêt à parier qu'il reviendrait immédiatement et jurerait le contraire, fulminait-il d'un ton furieux.
Et prenant le premier objet s'offrant à lui, en l'occurrence une petite vasque servant de décoration, il la jeta violemment sur le mur en face de sa banquette, ignorant les multiples morceaux de porcelaine s'éparpillant dans sa cabine. Si l'école était mise au courant de son coup de sang, pour sûr qu'il regretterait son geste, d'autant plus que cela ne ferait que renforcer les rumeurs quant à son état mental, mais à vrai dire, il s'en fichait éperdument ; Les journaux, le ministre de la magie et certains esprits malveillants avaient été suffisamment éloquents à ce sujet depuis la fin du tournoi qu'un fait comme celui-ci ne serait qu'une preuve supplémentaire à leurs yeux qu'il était définitivement à enfermer.
Soupirant, il tenta de reporter son attention sur le paysage extérieur, essayant de rassembler ses pensées pour se concentrer sur un autre sujet, mais il avait beau faire de son mieux, et réfléchir n'étant décidément pas son fort, rien d'autre que son retour prochain à Poudlard à affronter les quolibets et autres remarques désobligeantes ne lui venait à l'esprit. Ça, et le fait qu'il n'aurait aucun soutien pour tenir le coup. Si autrefois le bureau de Dumbledore avait pu être un havre de paix et le meilleur endroit où passer sa colère sous la bienveillance et la compassion du directeur, il était persuadé que cette fois-ci, il ne pourrait pas profiter à loisir de la présence du vieux sorcier pour le rassurer un tant soit peu.
Tout comme pour Ron, la seule pensée de Dumbledore lui venant à l'esprit comme une décharge fit aussitôt jaillir une colère sourde en lui. Son mentor, son modèle, celui qui depuis qu'il était tout petit ne cessait de lui dire qu'il était important, essentiel même à la bonne mise en œuvre de ses plans, le rouage le plus inestimable de ses projets visant à vaincre Voldemort, celui-là même qu'il aurait pu prendre pour une idole surnaturelle à la manière des moldus et de leurs religions étranges, lui avait aussi tourné le dos. Oh, contrairement à Ron, Dumbledore avait de biens meilleures capacités pour ne pas l'afficher ouvertement, mais le directeur, qui se montrait si pressé à l'idée de le voir chaque année pendant les mois d'été avait pour le moins déserté le manoir Potter, ne lui accordant que de brèves salutations avant de s'éclipser en compagnie de son père pour une énième vadrouille à travers la Grande Bretagne, et lui et James n'avait pas cessé depuis plus de deux mois de le laisser seul à la maison avec pour seule présence de stupides elfes n'ayant pour autre passion que le ménage et la cuisine.
- Rien de tout ça ne serait arrivé si je n'avais pas ouvert ma bouche, maugréa t-il en se prenant la tête entre les mains. Si je n'avais pas répété à Dumbledore la conversation que j'ai eue avec Voldemort dans son intégralité, j'aurais pu continuer à prétendre être l'élu, Ron serait encore avec moi, Dumbledore continuerait à me faire confiance et papa… Papa ferait toujours attention à moi.
Matthew avait beau se le répéter depuis plusieurs semaines, à ressasser toutes les erreurs qu'il aurait pu commettre afin d'éviter la situation dans laquelle il se trouvait, il savait qu'aucun retour en arrière n'était possible, et que la moindre des choses à présent était d'essayer de la surmonter… Mais il n'y arrivait pas, et sans que personne ne le remarque ou même y prête réellement attention, il se morfondait depuis tout ce temps cette sorte de torpeur où il était plongé.
Plus d'une fois, l'envie de pleurer l'avait assailli, seul dans sa chambre ou dans le jardin de leur propriété : Pleurer pour la vie qu'il menait auparavant, pleurer pour les avantages qu'il en tirait, pleurer les relations qu'il avait tissées et qui aujourd'hui ne se comptaient plus que sur les doigts d'une seule main, pleurer en souvenir de l'omniprésence de son père à ses côtés, cet homme qu'il était si désireux de rendre fier, qui fut longtemps son seul et unique modèle, cet homme avec qui il avait passé l'essentiel de son temps en dehors de l'école… Cet homme qui, malgré tous ses défauts, restait son père, mais qui aujourd'hui ne lui accordait pas davantage d'attention qu'à ses subalternes et préférait parcourir de long en large le pays à la recherche du reste de leur famille, et en particulier de celui qui lui avait usurpé son titre : Son propre frère.
Sans vraiment s'en rendre compte, tant la colère et la haine le tiraillaient à nouveau, le verre de la fenêtre se mit à se fissurer, des stries apparaissant ça et là sur toute sa surface, mais Matthew était focalisé sur la banquette devant lui, le regard fixe et les yeux exorbités, alors qu'il gardait en mémoire le visage de ce garçon qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps, ce garçon qui ressemblait tant à leur père et qui aujourd'hui était au centre de son attention.
Ce garçon qui lui avait volé son père.
Un coup soudain sur la porte le ramena sur terre, et un instant plus tard, Matthew eut la surprise de voir apparaître Neville dans l'embrasure de la porte, l'air tout aussi timide et craintif qu'à l'ordinaire, et tenant comme à son habitude son crapaud Trevor dans le creux de sa main.
- S-salut, dit-il maladroitement en le regardant nerveusement. Est-ce… Est-ce qu'il serait possible de venir ici? Des serpentards m'ont chassé de ma cabine…
Matthew le regarda quelques secondes, comme pour le juger d'un premier d'œil, puis soupirant, il l'invita d'un simple geste de la main à s'asseoir devant lui, sans rien dire de plus. Le remerciant, Neville fit traîner son coffre jusqu'au filet accroché en hauteur avant de parvenir après maintes difficultés à l'y déposer sans que son compagnon de voyage ne daigne lui donner un coup de main.
- Tu ne devrais pas te laisser faire par ces serpents, dit-il seulement une fois qu'il se fut assis. C'est en se laissant marcher dessus qu'ils se sentent puissants et se permettent d'intimider tout le monde.
- Je suis désolé…, s'excusa t-il platement, les yeux baissés. Ma grand-mère me répète la même chose que toi, mais ce n'est pas la même chose de dire à quelqu'un quoi faire et de se retrouver face à cette situation. Je perds mes moyens quand je deviens nerveux…
- Je m'en fous, lui lança d'un ton glacial Matthew en reportant son attention sur la fenêtre.
Neville fit de même, constatant alors l'état dans lequel se trouvait celle-ci, mais aussi des fragments de porcelaine disséminés un peu partout autour d'eux. Son regard s'attarda alors sur lui, mais Matthew ne s'en rendit pas compte sur le moment, trop occupé à essayer de réparer les dégâts qu'il avait de toute évidence commis.
Ce n'est qu'une fois sa tâche terminée que son regard croisa le sien, et l'héritier Londubat le détourna immédiatement, gêné d'avoir été pris sur le fait. Matthew lui ne partageait pas du tout le même malaise que lui, et ce n'est qu'après quelques secondes qu'il se rendit compte qu'en dehors du fait d'être dans la même maison à Poudlard et de partager un même dortoir, il ne savait pas grand-chose du garçon devant lui, garçon qu'il avait pendant quatre ans harcelé, intimidé, brutalisé à quelques occasions, mais qui pourtant était prêt à partager la même cabine que lui et ce pendant plusieurs heures. Avait-il des tendances masochistes?
- Ton été s'est bien passé? Demanda tout à coup Neville en rompant le silence qui s'installait entre eux depuis un certain temps.
- Si tu te demandes si j'ai pu passer un bel été malgré toutes les horreurs que l'on a pu dire à mon sujet dans les journaux, alors je peux t'assurer que c'est le cas ! Affirma t-il d'un ton qui se voulait convaincant. J'ai fait des tas de choses, tellement que je ne pourrais pas toutes les énumérer !
- Tant mieux, répondit-il en souriant brièvement. Ma grand-mère m'a aménagé une serre dans le jardin de notre propriété pour me féliciter de mes bons résultats scolaires, alors j'ai passé le mien les mains dans la terre à prendre soin de mes plantes rares…
Et tandis que Neville énonçait le nom de chacune des plantes qu'il avait soigneusement rempotées, Matthew l'écoutait sans réagir, et à dire vrai sans y faire attention ; La botanique n'avait jamais été l'un de ses points forts, et à ses yeux, n'importe qui y trouvant un quelconque intérêt ne pouvait être qu'une personne tout à fait… ennuyante, à l'image du garçon en face de lui en vérité.
- Mon oncle Algie m'a offert un mimbulus Mimbletonia au retour d'une de ses expéditions au proche-orient, poursuivait-il sans se rendre compte du désintérêt de Matthew. Il l'a trouvé sur les bords de l'Euphrate, près d'une ville qui s'appelle Deir-Ezzor. Ses guides lui recommandaient de ne pas y toucher parce qu'elle sécrète une drôle de matière de ses bubons, comme du pus…
- Neville, pour la deuxième fois, je m'en fous, le coupa t-il sèchement en s'affaissant dans son fauteuil. Si j'avais eu envie d'un cours de botanique, j'aurais attendu d'être à Poudlard dans les serres de madame Pomfresh.
- Oh… D'accord, bredouilla l'autre d'un ton déçu.
De nouveau le silence se fit, entrecoupé seulement des coassements du crapaud de Neville qui tentait de s'échapper de sa main. Sans le vouloir, cette discussion lui avait rappelé les serres de son manoir, du moins ce qu'il en restait tant plus personne ne s'en occupait depuis de longues années, alors qu'autrefois les plantes luxuriantes et exotiques faisaient la fierté de ses occupants. Aujourd'hui les serres ne renfermaient plus que des plantes mortes, ou en état de l'être, James n'ayant jamais eu la main verte tout comme lui. En y réfléchissant bien, la seule personne y trouvant un quelconque intérêt avait pris la poudre d'escampette six ans plus tôt sans jamais donner de nouvelles.
Ses poings se serrèrent aussitôt à l'évocation de Lily, et les jointures de ses doigts devenaient blanches en quelques secondes en repensant à ce visage si doux et souriant, cette épaisse chevelure volant dans tous les sens à la moindre bourrasque de vent, ces yeux verts si perçants qu'ils parvenaient à déceler le moindre problème d'ordre émotif enfoui au plus profond de soi, cette gentillesse émanant de sa personne et qui se traduisait par tant de marque d'affection envers son prochain… Aujourd'hui, cette femme n'était plus là, l'abandonnant comme les autres pour aller refaire sa vie ailleurs, et surtout sans jamais prendre de nouvelles de lui. C'était probablement d'ailleurs ce qui lui faisait le plus mal en pensant à elle : Son silence, et pour cela il la détestait au plus haut point.
«Malgré tout ce que tu peux penser de moi, sache que je t'aime autant qu'Harry et Rosie, et que je regrette ce qui est arrivé. J'espère qu'un jour, tu pourras me pardonner mon départ et que nous puissions devenir la famille que j'ai toujours voulu que nous soyons…».
Cette phrase lui revenait sans cesse en tête, comme un souvenir douloureux auquel il ne parvenait à se soustraire, une réminiscence d'un passé qu'il aurait aimé oublier sans jamais le pouvoir, un lien qui semblait encore le rattacher à celle qui avait été sa mère mais qui aujourd'hui n'était plus qu'une image trouble et vaporeuse devenant toujours plus flou au fil du temps. Matthew se remémorait sans cesse les dernières paroles de sa mère à son encontre, un petit monologue qui se voulait emplit d'amour, de tristesse et d'espoir à son égard, mais qui sonnait si faux à ses oreilles qu'il n'arrivait plus à en croire un seul mot ; Si véritablement sa mère avait voulu reconstruire le lien les unissant tous, la première chose à faire à ses yeux aurait été de revenir, de donner le moindre signe de vie, lui dire qu'elle pensait encore à lui et qu'elle ne l'oubliait pas…
Mais rien. Pas la moindre lettre, pas la moindre preuve vivante de son existence, pas la plus petite information concernant ses activités, l'endroit où elle se trouvait, avec qui et surtout ce qu'elle faisait. Ce silence… pour d'autres, il aurait pu être angoissant, une pensée lancinante ne les quittant pas et leur donnant l'intime conviction qu'il aurait pu lui arriver quelque chose de grave, mais lui, il n'y voyait qu'un désintérêt complet d'une femme ne l'ayant aimé autrement qu'en le rabrouant constamment et en mettant toujours en avant son frère aîné et sa petite sœur quand James n'avait d'yeux que pour lui. Et pour ça, il la haïssait.
Mais en même temps… Une voix intérieure ne cessait de lui dire qu'elle lui manquait, qu'il aurait aimé partir avec elle et fuir la situation dans laquelle il se trouvait maintenant, et qu'il espérait au moins une fois la revoir pour lui balancer en pleine figure tout le ressentiment qu'il portait à son encontre.
Du bruit en provenance de la banquette occupée par Neville le fit à nouveau tourner la tête vers lui, et il observa son camarade de maison fouiller son coffre avant d'en ressortir ce qui semblait au départ n'être qu'une planche de bois, mais qui s'avéra être par la suite un véritable kit pour lui permettre d'écrire en toute tranquillité ; Londubat déplia les quatre pieds, souleva légèrement la planche et en ressortit encrier, plume et feuille de parchemin dont il installa le tout devant lui.
- J'ai… J'ai un courrier à adresser à quelqu'un, s'excusa t-il en remarquant l'intérêt que Matthew lui portait. J'espère que ça ne te dérange pas?
- Non, dit-il en haussant des épaules. Tant que tu ne m'envoies pas d'encre sur la figure par ta maladresse, je ne vois aucun mal à dire à cela.
Neville le remercia d'un hochement de tête avant de commencer à écrire en silence, marmonnant de temps à autre pour lui-même sur la tournure que pourrait prendre une phrase et sur le mot adéquat qu'il pourrait employer.
- J'aurais dû préciser également tant que tu ne m'ennuies pas à parler tout seul, lui lança sèchement Matthew alors que Neville mâchonnait nerveusement le sommet de sa plume.
- Désolé…, bredouilla t-il.
- Oh, mais ne pourrais-tu pas arrêter de t'excuser tout le temps !? s'emporta l'autre en perdant patience. C'est pénible ! Es-tu un homme ou une mauviette? Qu'est-ce que je raconte, la réponse est évidente… J'espère que pour l'intérêt de ta famille, ta grand-mère conservera votre siège au magenmagot le plus longtemps possible, tu ne tiendrais pas plus de cinq minutes parmi les autres lords. Tu pourrais même être capable de t'excuser auprès d'eux d'avoir voté différemment une proposition de loi !
- Parce que tu ferais mieux peut-être dans la chambre de l'assemblée? Répliqua Neville d'un ton étonnamment plus ferme.
- Moi? Mais ils me mangeront dans la main, lui assura Matthew.
- Je n'en ai pas l'impression aux vues de ce qu'on dit de toi actuellement.
La dernière remarque de Neville sembla faire mouche, et Matthew le regarda d'un air interloqué, surpris autant que furieux par l'audace du jeune homme d'ordinaire si timide devant lui.
- Alors tu crois à toutes les fadaises qui se disent dans ces torchons qui se prétendent être des journaux sérieux? Fulmina t-il.
- Non, et en fait je te crois lorsque tu dis qu'il est de retour, répondit Londubat. Du moins, je te crois parce que Dumbledore le croit, et même si le directeur peut avoir beaucoup de torts, il ne mentirait pas sur un sujet aussi grave que sur le retour du plus terrible mage noir que nous ayons connu depuis Grindelwald.
Surpris de trouver enfin quelqu'un ne le traitant pas de menteur, Matthew en fut désarçonné au point d'oublier toute colère à l'égard du garçon tout aussi joufflu que lui assis dans sa cabine. La tension qu'il sentait en lui disparu par la même occasion, remplacée une fois de plus par la langueur qui avait élue domicile en lui depuis des semaines.
- à qui écris-tu? Demanda t-il, lui-même rapidement surpris par sa question.
- Une amie, répondit Neville tandis qu'il replongeait dans l'écriture de sa lettre. Tu l'as connais peut-être, c'est Lucie Desmoulins. Elle est inscrite à Beauxbâtons, mais elle était là l'année dernière pour le tournoi des trois sorciers. C'est l'une des filles qui accompagnaient dans tous ses déplacements Daphné Greengrass avec Tracey Davis. Tu dois les connaître sûrement?
- Greengrass…, maugréa Matthew en repensant à cette magnifique blonde l'ayant royalement ignoré pendant toute l'année. Cette garce aussi froide que de la glace, obligé de demander à son toutou de fiancé de la défendre parce qu'elle en est incapable?
- Heu… Oui, confirma t-il d'un air dubitatif. En tout cas Lucie m'a invité en tant que cavalier pour leur mariage qui s'est déroulé cet été, et c'était fantastique ! Je n'avais jamais assisté à une telle cérémonie, et les festivités ont duré deux jours ! Il y avait énormément de gens, et même des princes étrangers. Tu savais d'ailleurs que son mari était lui-même un prince? Je l'avais su lorsqu'il était venu au bal de noël l'an dernier, mais ça m'était complètement sorti de l'esprit. Tracey m'a dit qu'il était en tout cas très sympathique, mais je n'ai pas eu l'occasion de lui parler à ce moment là.
Bien sûr, pensa amèrement Matthew, ce bellâtre ne pouvait être que le gendre idéal pour parfaire le portrait idyllique que l'on faisait déjà de lui au bal de noël, il ne pouvait en être autrement. Il était déjà difficile de supporter l'idée d'avoir été piteusement vaincu par cet imbécile, par le fait qu'il était beau garçon, qu'il avait ses entrées auprès des têtes couronnées et avait maintenant pour épouse l'une des filles les plus belle qu'il ait vu de toute sa jeune vie, il fallait bien évidemment qu'il soit en plus de ça sympathique ! Décidément, la vie était bien injuste.
- Tu l'aimes? Lui demanda t-il distraitement.
- Qui? Lucie? Bafouilla Neville d'un ton nerveux.
- Non le prince, lui siffla Matthew en roulant des yeux. Quel idiot… Évidemment que je te parle d'elle , à moins que tu ne sois pédéraste !
- Oh, souffla t-il. Eh bien… Je ne sais pas, elle est très gentille avec moi, beaucoup plus ouverte et à la vérité elle est très belle, mais…
- Mais quoi ?
- Je… Je ne sais pas vraiment ce que c'est que d'être aussi proche d'une fille comme je le suis avec elle. Je n'y connais rien à l'art de courtiser, et je ne sais même pas ce qu'elle peut bien ressentir pour moi. Peut-être qu'elle pense la même chose que tous les autres, que je ne suis qu'un garçon grassouillet et maladroit…
- Gauche aussi, et un peu bête, lui rappela avec délectation Matthew. C'est à se demander ce que tu peux bien faire dans la maison de Godric Gryffondor si tu n'as même pas une once de courage pour le lui avoir déjà demandé clairement. Au moins serais-tu fixé sur cette question.
- Tu as raison, admit t-il. Je… Je demanderai à ma grand-mère quelques conseils pour lui faire la Cour, et ensuite nous verrons où cela nous mèneras.
«Demander des conseils à sa grand-mère pour une telle chose, mais ce garçon n'a t-il pas la moindre once d'honneur?» se demanda intérieurement Matthew. «C'est à se demander s'il sait réfléchir par lui-même, ou s'il a besoin de l'aide de quelqu'un pour effectuer la moindre tâche dans sa vie».
Décrétant que son compagnon de voyage entrait dans la seconde catégorie, il décida de se changer les idées en piochant dans le petit sachet de sucreries qu'il gardait dans sa poche. Bien évidemment, et tandis qu'il savourait un fondant du chaudron sous les yeux de Neville, il ne se donna pas la peine de lui en proposer un, le laissant à loisir continuer à écrire sa lettre pour la fille qui avait selon lui le malheur de s'être attirée les faveurs de ce gros imbécile.
Le temps suivait son cours, et Londubat avait depuis longtemps terminé son courrier qu'il avait soigneusement rangé dans son coffre avec le reste de son matériel. Maintenant tous deux observaient en silence le paysage qui commençait à s'obscurcir à mesure qu'ils approchaient du nord de l'Écosse. Le trajet, terriblement long, leur avait pris une grande partie de la journée, et intérieurement, Matthew espérait qu'un jour proche, le ministère de la magie mettrait en place un moyen de locomotion beaucoup plus rapide que leurs carrosses actuels pour venir jusqu'à Poudlard, et de préférence un moyen qui lui aurait permis d'effectuer l'intégralité de ce voyage à l'abri du regard des autres et en toute tranquillité.
Mais alors qu'il songeait que cette tranquillité lui aurait été certaine sans la présence de Neville, la porte de leur cabine s'ouvrit pour la énième fois de la journée, laissant apparaître sur son seuil la personne que Matthew détestait le plus au sein de l'école, à égalité peut-être avec Rogue : Drago Malefoy.
- Tiens, je ne savais pas que tu fréquentais Londubat, Potter? Le railla t-il sous les ricanements grossiers de ses deux habituels acolytes, Crabbe et Goyle. Il m'avait pourtant semblé pendant toutes ces années que tu ne pouvais le supporter, mais après tout, deux gros cochons comme vous ne peuvent que finir par s'entendre à force de cohabiter ensemble.
Matthew n'était certainement pas aussi svelte et longiligne que l'héritier Malefoy, mais oser le traiter de cochon quand ses deux gorilles étaient aussi volumineux que lui relevait d'un manque de clairvoyance évident à ses yeux.
- Je crois tu t'es trompé de cabine la fouine, les animaux, c'est tout au bout du couloir, dernière porte à droite, répliqua t-il.
Le sourire de Drago disparut aussitôt et laissa place à un froncement de sourcil particulièrement prononcé sur son visage.
- Alors Potter, comment va ta tête aujourd'hui? Demanda t-il narquoisement. Avec tout ce que raconte la gazette à ton sujet, je suis encore étonné que tu ais la permission de fréquenter Poudlard malgré le danger que tu représentes. Mon père pourrait très bien remédier à cela en proposant au conseil de l'école ton expulsion immédiate au moindre problème dans lequel tu serais impliqué…
- Ton père est bien trop occupé à courber l'échine devant son maître pour se soucier des affaires de l'école, lui certifia Matthew en souriant. Pas facile de pouvoir regarder devant soi quand la seule chose que l'on puisse voir sont les pieds puants de la personne qu'il sert avec soumission…
- Fais très attention à ce que tu dis Potty, parce que tu te rendras rapidement compte que ton insubordination ne rencontrera plus la même indulgence qu'auparavant, lui affirma Drago. Il se pourrait bien que les choses changent à Poudlard, et dans le bon sens du terme.
- Changeront dans quel sens? Celui dans lequel toi et tes camarades mangemorts sont finalement exclus de l'école pour aller croupir dans les geôles d'Azkaban? Demanda t-il en feignant la curiosité. Avec un peu de chance, tu partageras la même cellule que ton père lorsque les gens seront suffisamment intelligents pour lui demander de relever sa manche et révéler à tous la marque des ténèbres qu'il a sur le bras.
Drago le foudroya du regard, l'amusement totalement disparu de son visage, alors que derrière lui, ses deux sbires semblaient serrer davantage encore les poings en imaginant peut-être pouvoir les refermer sur le coup épais de Matthew. Neville lui ne pipait toujours pas le moindre mot, tassé sur son siège à observer nerveusement l'échange devant lui.
- Changeront pour le mieux, et tu t'en rendras compte dès ce soir au repas, l'informa Drago après quelques pesantes secondes de silence. J'ose espérer que ces changements entraîneront également le départ de Dumbledore, mais je me satisfais déjà de celui de Maugrey.
Matthew n'avait pas spécialement d'affinité particulière avec le-dit Maugrey, mais il devait reconnaître qu'il avait été un bien meilleur professeur de défense contre les forces du mal que les précédents. Son estime pour lui avait d'ailleurs beaucoup augmenté lorsque celui-ci, surprenant Drago alors qu'il tentait d'envoyer un sortilège dans le dos de Matthew, le transforma en une fouine blanche qu'il avait fait voltiger dans les airs pendant de nombreuses secondes sous les rires des élèves… Un instant de bonheur malheureusement rompu par les bons sentiments du professeur McGonagall. Matthew avait cependant remarqué que Fol-Oeil continuait à fréquenter assidûment Dumbledore au cours des quelques réunions de l'ordre survenues au manoir Potter et que celui-ci se montrait tout aussi actif que les autres pour tenter de trouver le moindre indice leur permettant de remonter la piste jusqu'à son frère.
- Et alors quoi, qu'est-ce qui se passera ensuite une fois Dumbledore parti? Ton maître pourra à sa guise venir effrayer et torturer les élèves encore présents? Argua t-il. Il viendra récompenser de leurs bons et loyaux services les sales petits serpents de Serpentard?
- Si le seigneur des ténèbres était réellement de retour, alors oui, j'ose espérer qu'il viendrait en premier s'occuper de toi, mais comme tu es le seul à oser affirmer une chose pareille, je serais plutôt disposé à penser que ce n'est qu'une énième tentative de ta part pour essayer d'accaparer toute l'attention sur ta petite personne, lui certifia Drago.
- Arrête de mentir, ton père était ce soir là dans le cimetière, et les vôtres aussi, ajouta t-il en direction des deux gorilles. Tu sais que je dis la vérité !
- Vraiment? Pourtant ce n'est pas ce que m'a dit mon père… Lui ne sait absolument pas de quoi tu parles, mais à l'accuser de telles horreurs, il pourra bien te demander des comptes devant le magenmagot. Il paraît que tu n'es de toute façon pas en bonnes grâces auprès du ministre, alors je n'ai aucune illusion quant à l'issue de ce procès. J'imagine déjà les titres : «Un seigneur respectable de notre communauté sous le coup d'une accusation scandaleuse de Potty le taré !» Qu'en penses-tu, Potty?
Perdant contenance, Matthew s'était immédiatement relevé de son siège, baguette sortie et pointée en direction de l'héritier Malefoy qui souriait de toutes ses dents blanches en constatant que ses propos avaient fait mouche. Les tempes battant furieusement, la chaleur lui montant au visage alors que son bras tendu tremblait comme une feuille, il fixait Drago d'un air furieux, les yeux presque exorbités.
- Tu vas voir ce que va te faire Potty le taré si tu continues à ouvrir ta grande bouche devant lui, le menaça t-il. J'ai affronté Voldemort en combat singulier, alors si je n'ai pas eu peur face à lui, je n'aurais certainement pas peur de remettre à sa place une sale petite fouine bondissante !
- Nous sommes trois, et tu n'as que Londubat pour te protéger, l'informa tranquillement Drago en dardant un regard perçant et moqueur en direction de Neville. Je me demande d'ailleurs où peut bien être Weasley : Si j'en juge par l'absence d'odeur de fumier se dégageant de cette cabine, alors je pourrais en conclure qu'il n'a jamais mis les pieds ici. Peut-être que lui aussi a vu la lumière et s'est finalement rendu compte que tu étais un menteur doublé d'un fou !
- La ferme ! Éructa Matthew.
- Tu es seul Potter, seul et sans défense ! s'exclamait t-il joyeusement.
- Il… Il n'est pas seul ! Le contredit alors Neville en se levant pour faire face lui aussi à Drago. Moi aussi je sais m-me battre !
Malefoy parut d'abord étonné par le soudain élan de courage du gryffondor, mais bientôt son rire se fit entendre dans habitacle, rapidement rejoint par ceux de Crabbe et Goyle semblables à des grognements ridicules. Matthew lui observait son camarade d'un air surpris, touché par cette marque de sympathie à son égard, ou du moins par le fait qu'il veuille se tenir à ses côtés pour se mesurer à leur ennemi ; D'ordinaire ce rôle n'était réservé qu'à Ron, mais jamais celui-ci ne l'avait fait si spontanément.
- Toi, le cracmol? Se moqua Drago en essuyant une larme imaginaire au coin de son œil. Tu ne sais même pas tenir correctement une baguette ! La seule chose que tu pourrais faire serait de me crever l'œil en l'agitant bêtement comme tu as l'habitude de le faire !
- Tes compagnons de voyage n'ont pas davantage de compétences en la matière, répliqua Matthew. Mis à part serrer les poings et taper tout ce qui bouge, je ne les ai jamais vu faire de la magie ! Peut-être ne sont-ils même pas des cracmols mais des trolls, cela expliquerait la bêtise qui est innée chez eux et l'odeur pestilentiel qui se dégagent d'eux. Après tout, ce doit être une chose unique dans toute l'histoire de Poudlard de finir dernier aux examens de fin d'année quatre ans de suite !
Les deux trolls mentionnés arrêtèrent immédiatement de rire, et pour peu Matthew crut qu'ils allaient sans attendre l'ordre de Drago foncer sur eux faire montre de leur brutalité. Mais Malefoy n'eut qu'un seul regard à leur adresser pour qu'ils restèrent immobiles, les yeux brûlant de colère.
- Bonne décision, autrement je vous aurais mis à terre en un clin d'œil, leur certifia Matthew en voulant paraître plus assuré qu'il ne l'était réellement.
- Cela ne règle pas le problème de ton infériorité numérique, lui rappela Drago. Même avec cet imbécile, vous n'êtes toujours que deux, alors que nous sommes…
- Stupefix !
Malefoy n'eut même pas le temps de finir sa phrase que le sortilège envoyé par son ennemi attitré le frappa en pleine poitrine, le renvoyant violemment sur Crabbe et Goyle qui furent eux-mêmes repoussés en dehors du compartiment sous la force du choc. Sonnés, tous deux mirent quelques secondes à essayer de se remettre dans une position assise, tâche rendue plus difficile par le corps de leur supérieur les écrasant de tout son poids.
- Voilà qui règle le problème du surnombre, les informa Matthew en gardant sa baguette pointée vers eux, nullement honteux d'avoir attaqué Drago de manière aussi peu formelle. Maintenant vous allez filer jusqu'à votre compartiment en emportant avec vous cet idiot, ou vous finirez comme lui.
Les deux gorilles se regardèrent quelques secondes, puis hochant la tête rapidement, ils se saisirent des bras et des jambes de Drago qu'ils soulevèrent pour le conduire à l'endroit recommandé. Souriant, Matthew baissa finalement sa baguette, l'humeur beaucoup plus détendu qu'auparavant en songeant à son agression contre le serpentard. Les conséquences de son acte pourraient bien attendre quelques heures, il comptait bien profiter de cette seule satisfaction ; à certains égards, la présence de Malefoy pouvait avoir de curieux avantages, et celui-ci en était un.
Sautillant presque jusqu'à son siège, il se réinstalla tranquillement dessus, un sourire aux lèvres alors qu'il piochait dans son sac à la recherche d'une autre friandise logiquement méritée.
- J'espère qu'il n'y aura pas de répercussions, commenta Neville après un certain temps.
- Le connaissant, il ira pleurer dans les jupons de Snivellus, ou alors il écrira une lettre à papa pour se plaindre d'avoir été une fois de plus humilié par moi, répondit Matthew d'un ton calme.
- Peut-être…, acquiesça Neville en souriant brièvement. Je me demande ce qu'il voulait dire par les changements qui pourraient avoir lieu à Poudlard cette année.
- Dans la mesure où il affirme qu'ils auront lieu dès ce soir au dîner, on peut supposer que tout nous sera dévoilé pendant le discours de Dumbledore, et j'ai comme l'intuition que cela pourrait inclure le nouveau professeur de défense contre les forces du mal.
Neville parut partager son avis car il hocha la tête tout en essayant de maintenir son crapaud entre ses mains.
- ça ne peut pas être pire de toute manière que le tournoi des trois sorciers, reprit Matthew. J'ose espérer que cette année, je ne rencontrerai pas de dangers mortels sur ma route.
Lui non, mais intérieurement, il espérait que son frère, si d'aventure il venait à être retrouvé, n'aurait pas autant de chance que lui, pour le seul plaisir de le voir se dépêtrer piteusement des dangers que Voldemort glisserait sur sa route. Lui ayant volé sa mère, son père, l'intérêt du directeur et l'estime des personnes connaissant désormais la vérité, il croisait les doigts pour ne pas avoir en plus à lui rendre la gloire qui était censée lui revenir. À défaut, il se chargerait de la conserver pour lui-même coûte que coûte.
Cette pensée l'accompagna sur tout le reste du trajet ainsi que la présence de Neville qui, après son coup de sang tout à l'heure, lui parut moins lourde et désagréable qu'au départ. Ce n'était certainement pas un début d'amitié à ses yeux, mais Ron n'étant plus là, et Neville ayant montré quelques dispositions à le défendre, peut-être pourrait-il profiter de cette situation inattendue à son avantage.
Du moins, jusqu'à ce que le vent tourne en sa faveur et qu'il puisse s'en passer.
A/N : Chapitre terminé ! J'espère qu'il vous aura plu. En tout cas il permet de pouvoir se recentrer l'espace d'un instant sur Matthew et d'aborder la manière dont il supporte sa nouvelle condition d'ancien élu.
L'ajout de Neville s'est fait à la dernière minute avant l'écriture, au départ il ne devait y avoir qu'une interaction avec Drago et un très long texte narratif, mais je n'avais pas envie de retomber dans mes travers du début de l'histoire à écrire de très longs pavés que certains d'entre vous sautent par ennui. Cette alliance de circonstance m'ouvre un petit panel de possibilités en tout cas, à moi de l'exploiter au mieux.
Egalement avant que je n'oublie, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais j'ai abordé une nouvelle manière d'écrire dans les derniers chapitres en ne les écrivant qu'au travers du point de vue d'une seule personne ; Après réflexion et en relisant ma fiction de ma manière diagonale, je me suis rendu compte que les multiples points de vue rendaient la narration très bancale et dissipée, et ça ne me plaisait absolument pas. J'espère en tout cas que ça ne vous dérange pas.
Bon maintenant pour ce qui est du prochain chapitre, ne vous attendez pas à le recevoir dans une semaine : Si vous suivez la chronologie historique de cette période, nous sommes à quelques semaines d'un événement majeur auquel prendra part Harry, un événement qui s'étalera sur plusieurs mois et qui tiendra notre héros très occupé. Je vais devoir faire de nombreuses recherches à ce sujet ^^ (Si je dis notamment Iena, Eylau et Friedland, certains comprendront peut-être).
Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de semaine, et à bientôt.
