Bonjour à tous !
Une fois de plus et comme annoncé je vous présente le dernier chapitre.
Merci une nouvelle fois pour les personnes m'ayant laissé une review pour le précédent, même si je dois dire que j'ai été assez étonné (pour ne pas dire autre chose) des faibles retours pour un chapitre où pourtant l'ordre du phœnix est durement touché (même si pour le moment on ne sait pas jusqu'à quel point), où Barty meurt et au cours duquel un horcruxe est détruit.
Je préfère prévenir à l'avance sur le fait qu'il ne soit pas certain que je puisse respecter mes engagements pour la semaine prochaine, alors dans le pire des cas vous aurez le prochain chapitre dans deux semaines.
Sur une note plus joyeuse, l'écriture de l'histoire avance assez considérablement, et je peux commencer à vous prédire qu'elle devrait se terminer dans quelques mois si je garde ce rythme.
Sur ce, bonne lecture!
Comme chaque année depuis plus de sept cent ans, le quartier des chiffonniers était en effervescence. La place centrale, déjà en temps normal assez fréquentée, était aujourd'hui noire de monde. Noire? Peut-être que l'expression était en deçà de la réalité, car rarement pourrions-nous voir ailleurs à Paris un endroit aussi coloré et festif qu'aujourd'hui.
La capitale n'avait pourtant pas manqué ces derniers mois d'événements à célébrer, et les exploits militaires des armées de l'Empereur avaient fait entendre quasiment chaque semaine les Te Deum chantés à tue-tête dans chacune des églises de l'immense ville alors que partout, bals et spectacles animaient les soirées mondaines, tandis que les cafés, restaurants et bars ne désemplissaient plus. On chantait à la gloire de l'Empereur, un verre d'alcool bon marché à la main, à la puissance sans commune mesure de ses soldats roulant sur les ennemis et les fauchant de la même manière que les blés à la saison des récoltes. On dansait jusqu'à en avoir mal au pied le quadrille, la valse et la gavotte en plaignant les hommes de l'empereur obligés de marcher plusieurs dizaines de kilomètres en une journée. On allumait des feux d'artifice dont les explosions amusaient la foule en imaginant les époux, les pères et les fils partis à la guerre sans être certains de revenir et pour qui explosion rimait d'une certaine façon avec boulet de canon.
Mais ce n'était pas pour une énième victoire que les cloches des églises du quartier des chiffonniers sonnaient depuis le début de la matinée. Ce n'était pas non plus pour annoncer comme il y a deux mois que les troupes napoléoniennes étaient entrées dans Berlin sans rencontrer la moindre résistance en franchissant la porte de Brandebourg que les crieurs de rues avaient parcouru l'immense quartier pour annoncer les festivités prochaines qui auraient lieu le lendemain, quelques cailloux en main qu'ils jetaient sans plus de cérémonie aux fenêtres fermées quand leurs propriétaires préféraient faire la grasse matinée plutôt que de l'écouter. Ce n'était pas enfin parce que l'on était dimanche et donc que personne ne devait travailler, que les boutiques sorcières ou non du quartier avaient gardé leurs volets clos.
La raison n'était connue que des sorciers de France en particulier, mais l'événement avait eu depuis une telle publicité, un si grand prestige et une notoriété sans pareille qu'il n'était pas rare de voir des étrangers participer à la fête. Après tout, ce n'était pas tous les jours que l'on désignait «l'Alcine de Sainte-Geneviève».
- Regardez mère ! S'exclamait d'ailleurs Rosie depuis le balcon de la loge qu'ils avaient louée pour l'occasion. Elle a failli tomber de sa chaise !
- C'est impoli de montrer du doigt, lui rappela celle-ci alors que sa fille baissa aussitôt la main, la mine honteuse.
- Quand le cortège passera près de nous, nous lui lancerons des dragées, déclara pour sa part Astoria alors qu'elle piochait déjà dans le saladier prévu à cet effet.
- Et pourquoi pas un seau d'eau? Argua le plus sérieusement du monde sa meilleure amie.
- Faites donc, et je vous certifie que vous aurez la même surprise l'instant d'après, assura Marie-Louise en jetant un coup d'œil en direction de Lily pour avoir son accord tacite. Maintenant revenez vous asseoir Marie-Rose.
- Toi aussi Astoria, lui ordonna sa mère.
Les deux filles obtempérèrent de mauvaise grâce, mais un regard de leurs mères suffit à faire accélérer le pas aux petites apprêtées comme des bergères pour la journée.
- Rappelez-moi encore l'histoire de cette tradition mère, lui demanda alors Rosie alors qu'elle observait de nouveau le défilé quelques étages plus bas et la foule toujours plus nombreuse se pressant autour des différents chars des corps de métier représentés.
- La procession de Sainte-Geneviève tient son origine dans l'existence même de cette sainte patronne de Paris, commença la princesse de Lamballe alors que des éclats de rire pouvaient être entendus de temps à autre. La ville était alors assiégée par les Huns, mais cette noble femme a choisi de se murer derrières les défenses de Paris plutôt que de fuir. Ces barbares ont ainsi contourné la ville sans jamais la prendre, et la légende de Sainte-Geneviève était née.
La princesse marqua un temps d'arrêt, le temps pour elle de voir que sa fille comme Astoria la regardaient déjà d'un air captivé, et même sa belle-fille, malgré le masque lui cachant une partie du visage, écoutait sans en donner l'air ses explications.
- Longtemps après sa mort, cette femme était encore célébrée pour sa bravoure par le bon peuple parisien, et lorsqu'une épidémie causée par le seigle se déclara dans l'enceinte de la ville, les sorciers, devant l'impuissance des médecins de l'époque pour contenir la maladie, désignèrent une femme pour aller en ambassade auprès du roi Louis VI le gros et lui demander en dernier recours d'utiliser les reliques de cette sainte comme dernier recours pour venir à bout du mal qui terrassait des familles entières dans Paris.
- Louis VI le gros…, marmonna Astoria alors qu'elle réprimait son envie de pouffer de rire.
Marie-Louise roula des yeux derrière son propre masque, mais un fin sourire se dessina quand même sur ses traits face à la remarque de la demoiselle.
- Miraculeusement donc, les processions des reliques et de la châsse de Sainte-Geneviève mirent fin à l'épidémie, et dès lors chaque année cette femme était célébrée à travers tout Paris, reprit-elle après quelques instants. Le quartier des chiffonniers lui ajouta à cette procession la désignation d'une alcyne qui devait à la même date s'entretenir auprès du roi et parler en faveur de notre communauté. Cependant cette pratique s'est brutalement arrêtée au moment de la Révolution Française lorsque le christianisme fut mis hors-la-loi, ses rituels bannis et ses reliques détruites. Pour dissuader les éventuels réfractaires fut installée une guillotine au centre de la place que voici, ajouta t-elle en lui indiquant d'un mouvement de la tête la grande esplanade sous leurs pieds.
L'instrument de mort avait d'ailleurs été réinstallé là pour l'occasion, mais si il y a encore plus de dix ans il servait à couper des têtes, aujourd'hui il n'avait uniquement pour fonction que de servir à trancher net les citrouilles que l'on achetait pour un sou juste à côté… En attendant plus tard d'être symboliquement brûlée par les flammes d'un feu de joie.
- Quelle charmante histoire, commenta Louise-Elisabeth alors qu'elle même buvait avec délectation le délicieux nectar de sa coupe. Ces fêtes populaires ont heureusement pu reprendre avec l'arrivée au pouvoir de sa majesté Bonaparte.
Elle aussi été parée d'un costume plutôt simpliste, mais la coutume voulait qu'en pareille occasion l'équilibre du monde soit rompu et que les riches paraissent pauvres et inversement. Toutes les personnes présentes avaient accepté avec amusement de jouer le jeu, et la loge luxueuse dans laquelle ils regardaient la foule gaie et bruyante plus bas était un parfait contraste avec les paysannes, bergères, villageois et villageoises qui l'occupaient.
- Loué soit le libérateur, répondit Marie-Louise avec une pointe d'ironie. Vous êtes bien silencieuse ma chère enfant, ajouta t-elle en observant Daphné qui continuait à regarder le spectacle sans vraiment le voir. Êtes-vous souffrante?
- Oh non, lui dit sa belle-fille. J'avais l'esprit ailleurs, voilà tout.
- Sûrement en Prusse ou Merlin sait où, marmonna moqueusement sa petite sœur avant de se prendre une légère tape sur le haut du crâne par sa mère. Ouille !
Daphné elle-même la foudroya du regard, mais sa bru ne la contredisait pas pour autant. Elle-même se demandait bien où pouvait se trouver son fils, mais bien qu'un peu inquiète de ce silence persistant depuis des mois, elle savait celui-ci vivant d'une part en raison du lien qui l'unissait à Daphné et dont ils se servaient l'un et l'autre constamment pour se rassurer, mais surtout parce qu'aucun courrier officiel ne lui avait été adressé l'informant du décès de son fils sur le champ de bataille. Sa seule préoccupation était maintenant de le savoir en bonne santé, un sujet d'inquiétude qu'elle partageait avec l'ensemble de leur famille.
- Oh comme c'est drôle, voilà des danseurs de rue à présent ! S'exclamait alors Rosie tandis qu'elle se relevait pour se précipiter vers le bocal à dragées.
Et sans plus de cérémonie, elle en jeta plusieurs poignées directement vers eux, mais loin de s'en offusquer, les dits danseurs redoublèrent d'adresse pour réaliser des figures spectaculaires au rythme des instruments bohémiens que d'autres tenaient.
- Tu es en train de tout jeter ! Pesta Astoria en la rejoignant d'un pas hâtif. Laisse-moi en donc, bourrique !
- Peste ! S'insurgea Rosie en essayant de l'empêcher d'en prendre. Attends donc ton tour vil carogne !
- Laisse m'en donc, ou je te retourne ce saladier sur ta vilaine tête ! L'avertit durement sa meilleure amie.
Rosie voulut lui répondre, mais elle se sentit soudainement soulevé dans les airs, et tout en flottant son corps fut dirigé vers le fauteuil qu'elle avait quitté auparavant et dans lequel elle s'effondra sans plus de cérémonie.
- Quel spectacle inqualifiable tu nous fais là Rosie ! Lui dit furieusement Lily alors qu'elle rangeait sa baguette magique dans sa manche. Relève toi encore de cette chaise et je t'y attacherai moi-même ! Et estime-toi heureuse que je ne nettoie pas ta bouche avec du savon après les vilaines choses que tu viens de dire !
- Votre frère n'avait pas aussi mauvais caractère que vous ma chère, ajouta Marie-Louise d'un ton où la déception était clairement perceptible. Tant que vous ne m'aurez pas donné la certitude que vous savez vous comporter dignement, il n'y aura plus aucune sortie publique pour vous jusqu'à nouvel ordre.
- M-mais…, bafouilla Rosie en la regardant avec de grands yeux. C'est elle qui a commencée !
- Ce n'est pas elle qui s'est relevée la première alors qu'elle en avait eu expressément l'interdiction par sa mère, lui rappela t-elle. Ce n'est pas elle non plus qui a empêchée l'autre de se servir des dragées. Seriez-vous pingre en plus d'être désobéissante, Mademoiselle?
Sa fille ne lui répondit pas, mais elle croisa ses bras rapidement en détournant le visage, l'air boudeur. Marie-Louise secoua sa propre tête en levant les yeux au ciel face au comportement de Marie-Rose ; Elle ne savait décidément pas d'où pouvait bien lui venir un tel caractère ou si l'adolescence qui commençait à poindre le bout de son nez était la raison principale de ses coups d'éclat constant, mais elle devenait effectivement difficile à contenir. Heureusement qu'elle retournait à Beauxbâtons dans deux jours.
- Nous avons un problème, leur dit tout à coup Remus alors que la princesse de Lamballe pouvait sentir ses doigts se crisper sur le dossier de sa propre chaise.
- Qu'est-ce donc? S'enquit t-elle en levant son visage vers lui.
L'homme ne répondit pas tout de suite, mais de là où elle se trouvait, elle pouvait clairement le voir froncer ses sourcils alors que sa respiration devenait curieuse, comme s'il humait l'air à la recherche d'une odeur particulière.
- Nous devons partir, dit-il nerveusement en continuant à regarder au hasard la foule plus bas.
- Qu'avez-vous? Lui demanda la princesse de Lamballe en arquant un sourcil. Ne peut-on jamais être en paix et profiter d'une sortie comme celle-ci sans être dérangé par quelque chose?
- Je crains que non Madame, avoua Remus d'un air sincèrement désolé. Mais les circonstances nous pressent…
- Mais parlez donc ! Ordonna t-elle en haussant légèrement la voix.
- J'ai senti deux présences familières depuis un moment, mais elles étaient relativement distantes pour que je n'y prête pas trop d'attention jusqu'à présent, expliqua t-il. Cependant au fur et à mesure que la journée se passe, elles se rapprochent inexorablement de nous sans paraître être indécises quant à leur trajet, comme si elles savaient exactement où aller…
- Et qui sont ces personnes? L'interrogea la princesse.
- Deux hommes que Lily et Rosie feraient mieux d'éviter autant que possible, lui répondit Remus en les regardant gravement.
Si Marie-Louise ne comprenait pas l'allusion, un regard sur le visage soudainement pâle de Lily lui certifia que celle-ci avait bien plus vite qu'elle assimilé la menace sous-jacente qui semblait s'approcher d'eux.
- James et Sirius, ou Dumbledore…, marmonna t-elle en passant nerveusement sa main sur son visage.
- Ton ex-mari et son meilleur ami, lui confirma t-il en hochant sa tête. Ils sont encore noyés dans la foule que voilà, mais ils viennent vers nous.
- En ce cas, mieux vaut pour nous tous rentrer à Lamballe, décréta la princesse en se levant.
- Mais… Nous allons manquer le feu de joie…, maugréa sa fille en effectuant malgré tout le même geste.
- Votre sécurité prévaut à ce genre d'amusement, lui rappela sa mère alors qu'elle lui tendait une fine cape de voyage. Et puis, nous pourrons revenir l'an prochain, du moins si vous êtes sage.
Marie-Rose eut la décence de ne pas protester davantage, et rapidement le groupe se dirigea vers la sortie en descendant à vive allure le large escalier qui permettait l'accès aux trois hauts étages. Sur leur chemin plusieurs hommes dont Antoine avaient été réquisitionnés pour assurer leur sécurité, et en apprenant le changement de plan qui s'opérait pour eux, ils servirent alors d'escorte pour la princesse de Lamballe et le reste de la troupe au moment où ils parvenaient de nouveau sur la place.
Vu de haut, la foule avait eu l'air particulièrement dense, mais dès lors qu'il s'agissait désormais de se frayer un chemin auprès des badauds surexcités et distraits, cela relevait presque du parcours du combattant, et à plusieurs reprises ils furent même totalement immobilisés sans autre possibilité pour passer que d'user de leur force physique et des menaces à peine voilées.
Mais enfin ils atteignirent le portique de Gringott's. La banque comme le reste des commerces avait été fermée pour l'occasion, mais Marie-Louise ayant ses habitudes et étant considérée comme une cliente particulière, une clé lui avait été confiée pour les cas d'urgence absolue comme celui qu'elle éprouvait actuellement, et en un rien de temps tous purent pénétrer le hall d'entrer de l'édifice et refermer la porte derrière eux.
Aussitôt le silence les accueilli, du moins le bruit provoqué par la foule était considérablement moindre qu'à l'extérieur.
- Ne traînons pas et utilisons les cheminées, leur conseilla t-elle en se dirigeant elle-même vers l'une d'elles.
- Ne pourriez-vous pas plutôt me ramener comme vous le faites ordinairement? Lui demanda la marquise de Tourzel en ayant l'air préoccupé. Je n'ai jamais utilisé ce moyen de déplacement…
- Nous le prendrons ensemble ma bonne amie, lui dit Marie-Louise en lui apposant sa main sur son bras dans une tentative pour l'apaiser. Je ne vous lâcherai pas un seul instant, mais vous devrez faire de même.
- De toute façon nous ne pouvons pas transplaner dans ce quartier Madame, leur rappela Rosie. Les mesures de sécurité sont drastiques, n'est-ce pas mère?
- En effet, approuva la princesse de Lamballe tandis qu'elle cherchait le petit sac contenant la poudre de cheminette.
Mais une explosion soudaine l'interrompit dans ses recherches alors que les deux lourdes portes de la banque pendaient désormais sur leurs gonds et qu'un léger nuage de poussière obscurcissait la lumière provenant de l'extérieur. Trois silhouettes s'en découpaient, alors que des cris de terreur pouvaient être entendus dehors, puis les nouveaux arrivants s'avancèrent prudemment vers eux, les baguettes sorties.
- Toi va sur le côté, aboya l'un d'eux à l'un de ses compagnons qui se dirigea immédiatement derrière l'une des deux rangées de guichets.
Puis finalement, les visages de Sirius et de James apparurent. Tous les deux arboraient des sourires de satisfaction, mais leur rictus disparut lorsqu'ils remarquèrent que comme le reste des fêtards, toutes les personnes face à eux étaient masquées, et qu'ils étaient surtout particulièrement nombreux.
- Lequel d'entre vous est Remus Lupin? les interrogea durement Sirius en pointant tour à tour sa baguette sur les gardes de la princesse, le vrai Remus et Cygnus Greengrass.
- Pourquoi ne viendrais-tu pas soulever nos déguisements pour le savoir? Lui proposa avec malice Antoine en sortant lui aussi sa baguette.
D'autres optèrent pour des épées ou des fleurets, mais la résistance qui s'offrait à eux ne semblait pas le moins du monde intimider les deux nouveaux arrivants.
- Nous voulons simplement discuter avec Remus, et nous savons qu'il se trouve parmi vous, reprit Sirius. Ne nous forcez pas à employer la force…
Des éclats de rire nombreux répondirent à sa menace, mais Marie-Louise ne prêtait pas plus d'attention que cela à leurs propos. Déjà Daphné, sa petite sœur et sa mère, étaient déjà parvenues à s'enfuir, et Rosie s'apprêtait à leur emboîter le pas quand la voix de James se fit entendre :
- Arrêtez vous immédiatement ! Leur ordonna t-il en visant directement vers elles.
- On veut juste Remus James, lui rappela son meilleur ami. On a pas besoin des femmes…
- Sauf qu'il y a peut-être dans tout ce beau monde le reste de ma famille, rétorqua t-il. On a remonté la piste menant à Remus pour pouvoir ensuite atteindre Lily et les deux autres, et c'est peut-être déjà le cas si on y regarde de plus près… La petite là-bas doit à peu près avoir l'âge de Rosalyn quand on y pense…
La prise de Marie-Louise sur sa fille se resserra immédiatement, détail qui n'échappa pas à l'œil avisé de James qui s'intéressa dès lors davantage à elle.
- On éprouve le besoin de protéger sa fille, Lily? Dit-il alors que la garde de la princesse de Lamballe se regroupait autour d'elle. Oh oui, je crois qu'on a fait mouche.
- D'une brute épaisse comme vous, cela va sans dire…, répliqua Marie-Louise. Mais approchez donc si vous l'osez, vous tâterez de ma baguette.
- Pas la peine de jouer les grandes dames avec moi qui que vous soyez, se moqua James bien que l'intonation de voix de la femme le faisait à présent douter sur sa véritable identité.
- Allons je ne joue à rien, voyez comme je ne suis qu'une pauvre paysanne, se moqua t-elle en écartant les plis de sa longue jupe.
Tout en discutant, elle continuait à repousser Rosie vers la cheminée sous les yeux de leurs agresseurs qui malgré tout n'osaient rien tenter contre eux.
- Allez-y Marie-Rose, lui chuchota t-elle en lui tendant le sac de poudre dans lequel sa fille puisa une grosse poignée.
- Mais… Et vous? S'enquit t-elle d'une voix alarmée. Venez avec nous mère, je vous en prie !
- Je vous rejoindrai, lui assura t-elle d'une voix confiante. Mais vous devez m'écouter et m'obéir, et je ne pourrais me battre au meilleur des mes capacités si je vous sais encore en ma présence. Il est temps que cette histoire se termine ici.
Sa fille semblait vouloir encore contester ses ordres, mais un simple regard de la princesse de Lamballe abattit d'un seul coup les réticences de Rosie à la quitter. Défaite, Rosie se dirigea vers l'âtre de la cheminée, la regarda une dernière fois, puis disparut à son tour une fois sa poignée de poudre jetée sur les bûches.
- Ramenez-là ! Lui ordonna de nouveau James.
- Ou sinon? S'amusa Marie-Louise en sortant finalement sa baguette magique. Vous autres, prenez la cheminette…
- Non, refusa alors Remus en enlevant par la même occasion son masque. Ils sont après moi, alors je ne leur ferai pas le plaisir de prendre la fuite.
- Ce bon vieux Remus ! S'exclama l'ex-mari de Lily alors que Cygnus disparaissait à son tour. Alors c'est donc ici que tu te cachais depuis toutes ces années ! Dans les jupons de cette femme !
- Je dois admettre qu'il est plus agréable de se cacher dans ses jupons que dans les vieilles robes ridicules de Dumbledore, chose qui semble pourtant te procurer beaucoup plus de plaisir qu'à moi, rétorqua t-il en lui adressant un rictus particulièrement méprisant.
- Remus, on veut simplement discuter…, lui lança alors Sirius mais il l'interrompit aussitôt.
- Pour ensuite remonter jusqu'à Lily, n'est-ce pas? Lui demanda Remus. Et de là, pourquoi pas jusqu'à Rosie et Harry? Nous sommes au courant Sirius, nous savons que Voldemort est de retour et que Matthew affirme l'avoir vu et affronté. Les rumeurs se propagent vite lorsqu'elles sont écrites dans les journaux. La seule chose qui m'intrigue dans cette histoire, c'est de savoir pourquoi vous teniez tant à nous retrouver au point d'user des services de l'un de mes congénères, ajouta t-il en dardant un regard sur l'autre loup-garou immobile de la pièce.
Ses deux anciens amis se regardèrent quelques instants en silence, puis Sirius reprit la parole :
- Ce ne sont pas tes affaires Remus, lui certifia t-il durement. Effectivement, nous pensions remonter de toi à Lily, puis d'elle à Harry parce que nous avons besoin de lui. Alors dis-nous où ils se trouvent
- Lily, prenez Madame la marquise avec vous et retournez auprès de notre fille, lui intima tout bas la princesse de Lamballe alors qu'elle lui tendait le bras de Louise-Elisabeth.
- Êtes-vous sûre? Lui demanda t-elle nerveusement en observant à quelques mètres d'elle celui qui fut autrefois son mari. Je sais me défendre moi aussi !
- Oui, mais la prudence est de rigueur et vous êtes l'une des cibles de ces individus. Ce serait vous offrir sur un plateau que de vous laisser ici, lui expliqua Marie-Louise. Un moment d'inadvertance et vous pourriez être enlevée sans que l'on puisse savoir où vous vous trouveriez. Remus a choisi de se battre, ne leur donnez pas l'occasion d'avoir deux fois plus de chance de repartir d'ici avec l'un d'entre vous deux.
Comme leur fille, Lily ne parut pas satisfaite d'être renvoyée si rapidement, mais la logique de la princesse de Lamballe ne souffrant d'aucune contradiction, l'autre mère de ses enfants obtempéra et partit précipitamment au bras de la marquise vers la cheminée dans laquelle elles disparurent toutes deux. Ne restait donc plus que la princesse, Remus, et les multiples gardes de sa protection rapprochée.
- Je vous laisse une dernière chance de repartir sans trop de mal avant que nous nous trouvions dans l'obligation de vous éconduire par la force, les menaça t-elle froidement. Et si ce n'est pas nous, les gobelins se feront un plaisir d'expulser eux-mêmes les malotrus de votre genre… Ils ne devraient pas tarder d'ailleurs avec les dégâts que vous avez causés à leur banque…
- Et qu'en diront-ils lorsque nous apporterons notre propre contribution au chaos qui va bientôt éclater? S'enquit alors une voix depuis l'entrée de la banque.
Tous les regards convergèrent vers le nouveau groupe nouvellement arrivé, une dizaine de personnes toutes masquées et portant de longues capes noires. Seule celle qui semblait être la meneuse, une femme aux cheveux broussailleux et sombres comme une nuit sans lune, à l'aspect émacié et aux paupières lourdes qui arborait un sourire carnassier sur son visage maigre, ne s'était pas donnée la peine d'une telle coquetterie.
- B-bellatrix, bafouilla Sirius en devenant aussi blanc que la craie.
- Cher cousin, le salua t-elle d'un ton joyeux sans cesser de sourire. Ça fait si longtemps ! Qui aurait cru que nous nous retrouverions ici alors que quelques semaines auparavant je croupissais dans une cellule immonde entourée de détraqueurs?
- Azkaban ne t'a pas fait beaucoup de bien on dirait, argua t-il en la regardant scrupuleusement. Tu es désormais aussi laide à l'extérieur qu'intérieurement !
- Je te remercie pour ces si touchantes paroles Sirius, dit Bellatrix avant de ricaner fortement.
- Elle est folle, marmonna James en regardant tour à tour les deux cousins.
- En effet, et ses quatorze années passées enfermée dans une cellule n'ont certainement rien arrangé à son comportement, lui dit Sirius en pointant sa baguette magique vers elle. Qu'est-ce que vous faites là de toute manière?
- Eh bien vois-tu avant de disparaître mystérieusement, notre espion au sein de votre ordre avait rapporté au maître la manière dont vous alliez tenter de retrouver votre ancien compagnon métisse, expliqua t-elle en jetant un coup d'œil sur Remus. De notre côté, nous savions déjà que ta sang-de-bourbe de femme se trouvait en France Potter, alors nous avons décidé d'entreprendre la même méthode en commençant directement nos recherches dans ce pays, et comme tu le vois, les résultats sont très vite tombés…
Bellatrix se tourna alors vers les deux grandes portes de la banque, et d'un geste de sa baguette les remit à leur position initiale. L'air satisfaite, elle se retourna alors de nouveau vers eux :
- Bien, maintenant que nous nous sommes assurés de ne pas rencontrer de perturbateurs, si nous passions aux choses sérieuses? Proposa t-elle en amorçant un premier pas vers eux.
Puis sans leur laisser le temps de répondre, elle agita de nouveau sa baguette magique. Toutes les dalles autour d'elle se mirent alors à se détacher du sol, à léviter à quelques centimètres avant de fondre sur eux dans un tournoiement infernal. Marie-Louise eut tout juste le temps de réagir et de faire apparaître une protection magique autour d'elle, mais deux de ses hommes n'eurent pas autant de chance et se prirent les dalles en pleine figure. Sang et morceau de chair se mêlèrent et se répandirent tout autour de leur position alors qu'ils s'écroulaient à terre, déjà morts.
Sans perdre de temps la princesse de Lamballe leva lentement ses bras dans les airs pour réunir ses mains au dessus de sa tête, tandis qu'au même moment l'ensemble des guichets et pupitres de la pièce se détachaient à leur tour du sol. Puis, lorsqu'elle dirigea ses mains devant elle, les meubles se mirent l'un après l'autre à se projeter vers Bellatrix et ses sbires. La plupart se brisèrent au contact des boucliers magiques des mangemorts, mais du fait des attaques multiples et venant de toutes les directions, il leur fut difficile de pouvoir tous les éviter, et déjà plusieurs hommes de main du seigneur des ténèbres se retrouvèrent à terre, percutés violemment par les lourds objets de bois.
Marie-Louise s'agenouilla alors, frappa durement le sol avec sa baguette et aussitôt une violente secousse ébranla l'édifice au point que les murs en tremblaient encore quelques secondes plus tard et que la coupole dorée au dessus de leur tête commençait à s'émietter.
Le sol continuait lui a bouger, comme si quelque chose rampait en dessous d'eux, et un instant plus tard ce qu'ils prirent pour des tentacules de plusieurs mètres s'extirpa des dalles du hall.
- Allez-y, ordonna t-elle en leur indiquant d'un geste la direction des mangemorts.
Ce qu'il convenait d'appeler des racines fondirent alors vers eux à une vitesse prodigieuse, et deux d'entre elles réussirent à empaler un nombre équivalent de mangemorts sur leur route. Mais Bellatrix, étonnamment souple et agile, parvenait sans difficulté à éviter les assauts répétés des plantes face à elle tout en continuant de ricaner lourdement. À de multiples reprises, elle tailla dans le tas avec sa baguette grâce à des sortilèges de découpe, mais plus elle en éliminait, plus les racines revenaient à la charge et étaient toujours plus nombreuses à essayer de l'éliminer.
La mangemort porta alors sa baguette vers sa bouche, sembla chuchoter une incantation avant qu'une étincelle ne s'extirpe de ses lèvres. Une violente flamme apparut alors, incinéra intégralement ses adversaires tentaculaires et fondit en direction de Marie-Louise et de ses hommes.
- Ventum Protego ! Hurla Antoine en se positionnant devant elle.
Un vent du même acabit que la menace s'approchant d'eux se fit sentir et apparut comme une légère brume tournoyant autour d'eux. Le feu entra alors en contact avec l'espèce de dôme qui venait de se former, et celui-ci se changea aussitôt en une tornade de flammes les épargnant pour le moment.
- Rejectare Minae !
Le sort de la princesse de Lamballe eut aussitôt l'effet escompté, et les flammes brûlantes prirent la direction inverse de leur trajet initial pour s'approcher dangereusement de la zone où se trouvait Bellatrix. L'incendie était si violent qu'il était difficile de garder les yeux ouverts devant la puissance des flammes, et impossible surtout de savoir si son sortilège de renvoi avait fait mouche. Mais sans en attendre les effets, elle leva de nouveau sa baguette en direction des colonnes de style gréco-romain qui soutenaient une partie du bâtiment.
- Tumbare Petra !
Les mêmes colonnes s'ébranlèrent une nouvelle fois puis, après une énième secousse, s'écrasèrent une à une en direction de l'entrée. La combinaison des deux attaques projeta dans l'atmosphère une épaisse fumée sombre mêlant cendre, poussière et gravats, mais bien qu'incapable de voir plus loin qu'à quelques mètres à peine d'elle, Marie-Louise continua à regarder fixement en direction de sa principale adversaire.
Pendant un court laps de temps, rien d'autre ne pouvait être entendu que les lourdes colonnes de marbre finissant de se désagréger par terre, mais également des sorts quelque part sur sa gauche qui continuaient inexorablement d'être lancés entre plusieurs personnes. Mais un autre sort, d'un vert étincelant, la manqua de peu et toucha derrière elle l'un de ses gardes qui s'effondra par terre sans plus se relever.
- Passionnant ! Gloussa au loin d'une voix d'enfant Bellatrix. Si on m'avait dit que j'aurais le droit à un duel aussi fantastique à ma sortie de prison, j'aurais demandé au seigneur des ténèbres de me délivrer plus tôt !
- Et moi, je vais m'assurer que vous ne retournerez pas entre les quatre murs d'un cul de basse-fosse, mais entre les quatre planches d'un cercueil, lui assura Marie-Louise en gardant sa baguette dirigée vers elle.
Au même moment la silhouette de Bellatrix commençait à se dessiner à travers le brouillard épais, et hormis quelques vilaines coupures au visage et aux bras et une robe partiellement brûlée, elle semblait relativement en bonne forme et prête à repartir au combat.
- Quelle touchante attention ! Minauda faussement la mangemort. Que dois-je alors écrire sur votre pierre tombale? Ici repose une imbécile protectrice des métisses et des Sang-De-Bourbe?
La princesse de Lamballe leva encore une fois sa baguette, et les débris de pierre disséminés dans toute la pièce se mirent alors à vibrer puis à glisser sur le sol et à se réunir les uns avec les autres. Une masse de plus en plus importante se forma alors, de forme oblongue et ronde comme un tube toujours plus grand, puis se dessina se qui s'apparentait à une tête plate ayant deux trous en guise d'yeux et une large bouche pointue. Un serpent de pierre d'une taille gigantesque se leva alors de sa position, domina de toute sa hauteur les personnes présentes et regardait fixement Bellatrix en émettant de curieux bruits ressemblant à des grognements.
- Elle est à toi ! Lui hurla Marie-Louise en pointant avec sa baguette magique la mangemort.
Le monstre de pierre se mit à rugir puis se laissa tomber en direction de Bellatrix qui n'eut qu'une fraction de seconde pour échapper à l'écrasement. Le souffle provoqué par l'impact la propulsa tout de même à quelques mètres de là, et elle heurta durement les nombreux gravats présents. La mangemort regarda le serpent se relever lentement, prêt à effectuer la même attaque alors même qu'il perdait quelques morceaux de son corps de pierre et de marbre. Aussi n'attendit-elle pas la seconde attaque pour lui lancer plusieurs sorts explosifs qui tous firent mouche, mais qui pour autant ne semblaient pas affecter plus que ça le reptile. Celui-ci se projeta à nouveau vers elle, s'écroula encore une fois par terre mais effectua immédiatement après une attaque circulaire en ratissant l'espace à sa portée. Bellatrix ne put échapper à l'impact et fut renvoyée contre un mur dans un craquement sourd et sinistre. Son corps s'écroula piteusement par terre, sans qu'à première vue elle ne puisse se relever.
À cette vue, Marie-Louise s'accorda son premier instant de répit, et épuisée par son duel, elle-même fut incapable de tenir plus longtemps sur ses jambes et tomba sur ses genoux, la respiration haletante. Son serpent de pierre se désintégra aussitôt, ses débris se répandant à nouveau sur le sol alors que le silence s'imposait progressivement.
- Madame, s'alarma Antoine en se précipitant vers elle. Est-ce que vous allez bien?
- Oui…, marmonna t-elle entre deux respirations. Je crois que… Je crois que tout ceci n'est plus de mon âge…
- On se retrouvera, garce ! Lui hurla alors Bellatrix.
La princesse de Lamballe eut tout juste le temps de la voir presser un objet dans ses mains avant de disparaître brusquement en ne laissant derrière elle qu'une petite mare de sang.
- Les gobelins ne vont… pas être ravis de voir ce qui est arrivé à leur banque…, dit-elle en regardant autour d'elle. Essayez de réparer ce que vous pouvez le temps que je reprenne mes… mes esprits… Par chance ce ne sont que des dégâts matériels…
Ses quelques hommes encore debout hochèrent leur tête après s'être assurés qu'elle allait bien, mais tandis qu'elle les regardait réparer au mieux le mobilier et l'architecture du hall, ses yeux s'écarquillèrent en constatant soudainement que quelque chose manquait depuis quelques minutes :
à l'image de ses anciens compagnons d'arme, Remus avait disparu.
A/N : Tada ! Un chapitre qui se termine donc sur une nouvelle ouverture scénaristique avec la disparition de Rémus ; A t-il été enlevé par James et Sirius? S'est t-il passé autre chose?
En tout cas j'espère que ce chapitre vous aura plu. Honnêtement c'est l'un de ceux que j'ai le préféré écrire depuis que j'ai repris cette histoire. Je me suis d'ailleurs inspiré du "comte de Monte-Cristo" et de "Notre dame de Paris" pour la scène du carnaval.
Par un curieux hasard d'ailleurs, j'avais dans l'idée de faire situer ce chapitre au début du mois de janvier, et c'est justement la période où les parisiens pendant des siècles célébraient la mémoire de Sainte-Geneviève à travers des processions, des fêtes etc. Le hasard fait vraiment bien les choses sur ce coup là, ça m'aura permis de mélanger fiction et réalité.
Le duel était également sympa à écrire, peut-être un peu expédié mais je n'avais pas envie d'écrire 4000 mots sur lui non plus.
Sur ce, à bientôt !
