Bonjour à tous,

Donc comme prévu voici le nouveau chapitre. Je préfère le publier maintenant étant donné que je ne suis pas sûr d'avoir un créneau de libre pour le reste de la journée...

Je remercie avant d'oublier les personnes m'ayant laissé une review, pour les suivis et favoris !

MG : Merci pour le commentaire !

Guest : Tout d'abord merci pour ton commentaire, ensuite pour ta question, il suffit de se rappeler que c'était jour de fête, techniquement la banque était fermée mais Marie-Louise pouvait y accéder du fait de ses accointances avec la nation gobeline. Les gobelins participaient à cette fête et possédaient un char tout comme l'ensemble des corporations magiques ayant une boutique (ou non) dans le quartier des chiffonniers, donc se trouvaient au beau milieu de la foule en train de "festoyer" (si on peut imaginer qu'un gobelin puisse s'amuser). Dans la panique résultant de l'explosion de la porte, la foule se serait massivement éloignée de la banque, rendant plus difficile aux gobelins de s'en approcher. Il faut seulement se dire qu'ils allaient tôt ou tard arriver, peut-être même quelques secondes après que j'ai terminé le récit de ce chapitre. Quant à ce que deviennent Sirius, James etc., bah ils ont simplement disparu !

Pour ce chapitre, le titre est assez évocateur, mais j'espère qu'il vous plaira quand même.

Bonne lecture !


Pour quelqu'un qui s'était attendu à devoir camper pendant de longs mois dans la charmante capitale qu'était Berlin, Harry ne pouvait cacher sa déception de se retrouver aujourd'hui à l'extrémité Est du Royaume de Prusse à proximité du petit village d'Eylau ; L'empire Russe ne se trouvait qu'à quelques kilomètres de sa position, et la froideur de l'hiver sibérien était telle que pas même son sortilège de réchauffement ne pouvait suffire à l'en protéger.

La neige tombait drue, épaisse et si puissante qu'on ne pouvait y voir à plus de deux pas, alors que les chevaux s'enfonçaient littéralement dedans jusqu'aux genoux.

«Un temps de chien» avait alors commenté Nicolas la veille lorsqu'ils mirent pied dans cette partie désertique de l'ancien royaume allemand.

L'endroit n'était qu'une vaste plaine sans arbre et sans végétation, noyée sous la neige et dans laquelle il était extrêmement difficile de manœuvrer. Une vague odeur de sel présente dans l'air témoignait de la proximité directe de la mer baltique, mais la poudre à canon, employée sous toutes ses formes depuis des heures, empestait également l'atmosphère.

Le toit d'une église à l'écart d'Eylau était le seul repère visible à des kilomètres, et cette petite bâtisse faisait aujourd'hui office de quartier général pour l'état-major français alors que devant eux, des dizaines de milliers de russes s'étendaient sur un axe Nord-Sud pour essayer de les contenir et de les empêcher d'avancer jusqu'à Königsberg où se trouvaient les derniers lambeaux d'une armée prussienne en déconfiture.

Frigorifié donc, Harry resserra son emprise sur les rênes de sa monture alors que l'air froid pénétrait dans les déchirures de son uniforme qu'il n'avait pas eu le temps de recoudre. La faim le tiraillait depuis hier, lui qui n'avait mangé depuis lors qu'une demi-ration de produits dont la fraîcheur laissait depuis longtemps à désirer et qui craignait de n'avoir rien d'autre à se mettre sous la dent avant longtemps. L'approvisionnement était véritablement désastreux, et les vivres qui partaient de France mettaient un temps si long à leur parvenir qu'une partie se gâtait en route et avant même d'arriver jusqu'à eux, et le reste devait être partagé entre une multitude de bouches désespérées et affamées. Même les chevaux manquaient de fourrage, et il n'était pas rare d'en voir certains manger l'écorce des rares arbres qu'ils croisaient sur leur route.

Dans ces moments là Harry imaginait parfaitement les diverses réactions de ses proches en voyant son état : Marie-Louise se désespérerait de le voir si négligé et manquant de tout, Remus serait déjà parti fouiner dans toutes les directions à la recherche de quelque chose pouvant le sustenter, et Lily… Oh sa mère le supplierait d'abandonner son régiment pour rentrer chez lui se remettre sur pied. Elle seule n'avait jamais pu se résoudre à voir son fils être soldat, n'avait jamais pu comprendre l'intérêt si puissant qui l'avait imprégné pour les armes, pour l'honneur et la fierté de servir une grande nation. Ces notions lui étaient étrangères, ou du moins ne lui parlaient pas autant que pour les autres, mais Harry ne pouvait lui en vouloir de se préoccuper d'abord de son bien-être avant le reste.

Quant à Daphné, sa merveilleuse épouse qu'il n'avait plus vu depuis des mois, sa réaction serait très certainement un mélange des trois autres, mais elle comprendrait qu'il veuille rester ici plutôt que de fuir. Pas plus que pour ses deux mères, sa sœur ou son parrain, Harry n'avait eu de nouvelles d'elle, de ses appréhensions quant à cette guerre interminable, sur son angoisse de le savoir si loin d'elle ou sur les moyens dont elle disposait pour s'occuper l'esprit en attendant son retour ; Il avait longuement hésité à lui adresser une lettre en la sachant à Beauxbâtons, poursuivant inlassablement sa scolarité au milieu des autres jeunes filles de l'école, mais après coup, il s'était fait une raison et avait pensé à juste titre qu'un courrier ne ferait que la distraire plus que de raison. Il gardait malgré tout une lettre pour elle, soigneusement pliée et rangée sous son uniforme et qu'il n'espérait pas qu'elle lirait un jour.

«Juste au cas où» avait-il simplement dit à ses amis après les avoir informé de son existence.

Nicolas et Juliette n'avaient pas eu besoin de le questionner davantage à son sujet pour comprendre ce qu'était ce «au cas où», et eux-mêmes espéraient ne pas avoir à être les porteurs de cette missive.

Une brume épaisse sortit de sa bouche dès lors qu'il soupira à ce souvenir, et sa main libre se porta machinalement à son cœur, là où elle était rangée. Son regard lui ne perdit pas de vue leur nouvel objectif, et ce malgré le brouillard toujours aussi persistant.

À la sortie de la bataille de Iéna, Harry n'avait pas un seul instant imaginé qu'il se retrouverait si loin de la France, embarqué comme beaucoup d'autres dans une énième campagne dont les tenants lui étaient inconnus, mais pour lesquels il allait encore aujourd'hui devoir risquer sa vie. L'année 1807 avait ainsi commencé de la même manière que s'était terminée 1806, mais la différence était ici qu'il n'y avait plus seulement des lambeaux de l'armée prussienne à culbuter quand elle ne se rendait pas d'elle-même, mais des divisions entières de l'armée russe, jusqu'alors stationnée dans les anciens territoires polonais et qui n'avait pour ainsi dire pas encore participé au moindre combat.

La Pologne, disparue depuis plus de dix ans par le partage de ses derniers territoires entre Prusse, Russie et Autriche, était devenue un nouvel enjeu dans cette guerre de territoire où la France, après avoir dominé les allemands, était entrée dans ce territoire pour venir à bout des dernières poches de résistance prussiennes sous les acclamations des polonais qui voyaient en eux des libérateurs.

Harry fut ainsi surpris de voir l'émotion générale qui parcourait ce peuple, cette joie indescriptible de la part de ces gens venant à leur rencontre les larmes aux yeux, hurlant dans une allégresse rarement observée des encouragements dont il ne comprenait le sens, ces fleurs que l'on jetait sur leur passage tandis qu'ils poursuivaient leur route vers l'Est… Vraiment, cette campagne de Pologne était curieuse à bien des égards, mais son meilleur ami lui ne voyait pas les choses de la même manière, surtout lorsque les jeunes polonaises accouraient vers eux, le sourire aux lèvres et riant à la moindre bouffonnerie de sa part.

«Je pense que je vais me plaire ici» affirmait-il à ce moment là alors qu'il laissait l'une d'elles monter à ses côtés.

Ce statut de héros semblait effectivement lui plaire, mais aujourd'hui, il lui faudrait bien plus que cela pour venir à bout des colonnes russes qui leur faisaient face.

La bataille avait encore une fois commencé tôt dans la matinée, et avant même que le soleil ne se lève, les canons russes avaient bombardé pendant trois heures leurs positions avec une précision assez relative. De chaque côté l'infanterie progressait lentement, les jambes lourdes et la marche rendue difficile par l'épaisseur de neige et le terrain inégal par endroit, mais à la différence des dernières batailles et des sièges qui ont eu lieu ces derniers mois, celle-ci démarrait mal, et Harry se demandait s'il en était la raison.

Pour la première fois en effet, Peut-être par agacement de la campagne qui s'éternisait ou de son envie de se reposer, Harry avait passé outre ses premières réticences à venir en aide à Talleyrand ou Louis XVIII, et après moultes précautions particulières, sa discrétion lui avait permis de s'approcher au plus près de l'empereur et d'écouter les préparatifs de la prochaine bataille, les déplacements de troupes prévus et les manœuvres destinées à encercler l'ennemi pour l'attaquer sur plusieurs fronts à la fois.

De cette analyse, il en avait écrit une lettre brève, bien évidemment non signée et dont il avait légué la charge à Archimède en lui indiquant de la transmettre au plus vite à qui de droit. Son faucon avait immédiatement pris la direction de l'Est, vers le camp russe, et de toute évidence, ses observations avaient porté leurs fruits puisque l'armée française n'arrivait pas à avancer.

D'aucun pourrait considérer cela comme de la trahison, et lui-même le ressentait ainsi, mais après plus de six mois à bivouaquer à travers l'Europe, avec peu de ressources et l'impression de se battre depuis des lustres pour l'ego d'un seul homme, sa patience mise à rude épreuve atteignait ses limites, et il n'éprouvait à vrai dire qu'une petite pointe de remords.

- Grenadiers, l'arme au bras ! La vieille garde ne se bat qu'à la baïonnette !

L'ordre, si soudain et curieusement perceptible malgré la distance, fut accompagné par de puissants cris rageurs et presque inhumains qui retentirent soudainement à proximité du cimetière, et de ce qu'il pouvait constater, une importante partie de la garde impériale, hurlant comme un seul homme à la gloire de l'empereur, fonçait tête baissée en avant, le fusil sur le côté et la baïonnette devant eux sous le feu ennemi. Déjà des hommes s'écroulaient sous les tirs et la neige se colorait d'une couleur écarlate rapidement écrasée par les bottes des lignes suivantes qui ne reculaient pas devant le danger. Ces hommes rendus à l'état de bête se précipitaient vers la gloire ou la mort selon le point de vue qu'aurait pu avoir un observateur extérieur, mais ils semblaient s'en ficher éperdument ; Il ne fallait après tout pas être un couard pour intégrer ce prestigieux corps d'armée, et s'il fallait mourir pour son empereur ou participer à sa gloire, ils en acceptaient aussitôt les conséquences.

- Un jour, nous aussi on fera partie de cette troupe, commenta Nicolas en les observant lui aussi.

- Pour cela il faudra encore vous endurcir jeunes gens, lui rappela VanHoeven en ricanant. Vous êtes encore trop frais pour espérer les rejoindre.

- Tu verras, insista t-il. M'est avis que je le serai même avant toi.

- Ah oui? S'enquit leur supérieur. En combien de temps alors?

- Ch'ais pas, mais pour sûr qu'un beau jour il y aura parmi eux un certain Nicolas Fleury, chasseur à cheval de l'Empereur !

Sa certitude arracha bien des sourires aux autres cavaliers autour de lui, mais Harry lui savait pertinemment que son meilleur ami était on ne peut plus sérieux. Il espérait en tout le cas qu'il parviendrait à accomplir ce rêve.

Le temps continuait à suivre son cours, et tout comme à Iéna, la cavalerie n'avait toujours pas été employée malgré des heures maintenant de lutte acharnée. Ses instructeurs à l'académie n'avaient cessé de lui rappeler que leur troupe n'était là qu'en cas de danger véritable ou pour renverser une situation compliquée, rarement pour ouvrir les hostilités, mais quand même, il était difficile d'imaginer plus ennuyant qu'être immobile sur un champ de bataille à essayer de contempler par delà le blizzard l'avancée des contingents.

Soudain, une explosion se fit entendre à quelques dizaines de mètres de lui tandis qu'une quantité de neige était soulevée par l'impact du boulet qui venait de s'abattre dans leurs rangs.

- Hooo, dit-il en essayant tant bien que mal de calmer son cheval.

Autour d'eux, la neige se colora par endroits de fines gouttelettes de sang, et bien que l'on ne savait pas s'il s'agissait de sang humain ou animal, cette vision leur glaça le sang davantage encore que le froid ambiant. De nouveaux flocons vinrent cependant s'écraser et faire disparaître cette vision d'horreur, mais la tension elle était montée d'un cran.

- On l'a échappé belle, commenta Juliette en contemplant l'agitation provoquée par le dernier bombardement.

Plusieurs dizaines de minutes s'écoulèrent encore avant qu'un bruit de trompette les arracha à la torpeur dans lesquels ils étaient plongés. D'autres cors répondirent également, donnant alors l'impression à leur troupe qu'ils se retrouvaient soudainement au beau milieu d'un concert d'instrument à vent, puis Pajol, accompagné du porte-étendard du régiment, vint à leur rencontre, et d'un seul geste leur intima l'ordre de le suivre au pas de charge.

Immédiatement les lignes s'ébranlèrent vers le Nord, toujours plus nombreuses à mesure que leur périple se poursuivait, mais bientôt un constat général s'offrit aux regards d'Harry en remarquant son régiment était loin d'être le seul à se mettre en mouvement ; Par milliers, des cavaliers de toute compagnie, division ou régiment se mettaient en mouvement dans un ordre parfait. La neige soulevée par les pattes des chevaux formait autour d'eux comme un nuage de coton que l'on remuait continuellement, mais la colonne de cavaliers continuait inexorablement à contourner les avant-postes de la garde impériale.

- C'est dément ! Souffla Nicolas en regardant autour de lui. On n'y voit goutte, mais on dirait que toute l'armée s'est mise en mouvement !

- Toute la cavalerie oui, argua Juliette derrière eux. La situation doit être critique pour que l'Empereur daigne nous faire tous intervenir !

Il était difficile pour Harry de savoir si c'était l'appréhension ou l'impatience qui s'exprimait chez son amie, mais lui-même n'en menait pas large et s'interrogeait sur les propres sentiments qui l'habitaient au moment où il trottait sur cette lande désertique où la mort avait déjà étendue son immense linceul, et sans savoir surtout qu'il participait tout comme ses deux meilleurs amis à l'une des plus grandes charge de cavalerie de l'Histoire.

Soudainement les cors se refirent entendre, et comme une vague toute l'armée bifurqua vers l'Est. Douze mille chevaux firent alors trembler la plaine d'Eylau sous les hurlements furieux de leurs propriétaires. L'artillerie russe tirait dans leur direction, et de nombreux boulets vinrent créer des trous dans leurs lignes, mais des soldats eurent-ils la tête arrachée par un projectile ou des animaux le flanc explosé par un boulet venu se nicher en eux, la charge n'en continuait pas moins de se faire avec pour cible les uniformes noires des russes qui pouvaient être vus à quelques distances.

- Protego ! Hurla Harry au beau milieu des cris tandis qu'il voyait l'infanterie se préparer à tirer vers eux.

Les balles vinrent effectivement fuser parmi eux, et certains moins préparés n'eurent pas même le temps de chercher à se protéger qu'ils s'effondraient déjà dans la neige ; Ceux qui n'étaient pas morts sur le coup le furent probablement par la suite par le piétinement des chevaux.

La cavalerie pénétra facilement dans les rangs ennemis, et les coups de sabre firent des ravages parmi les russes qui tentaient à présent de fuir l'énorme masse qui s'abattait sur eux. Harry sabra ainsi plusieurs hommes refusant de se rendre, et même si frapper des ennemis de dos n'était pas glorieux, personne ne semblait s'en formaliser. Seul comptait pour le moment de faire un maximum de victimes et d'abréger au plus vite cette bataille. Les étendards des régiments ennemis furent rapidement pris alors que leurs propriétaires subissaient les assauts répétés des français. Mais rapidement l'ordre de poursuivre leur charge fut donné, et c'était en direction des lignes situées plus au Sud que la cavalerie se dirigeait désormais.

Partout, le même spectacle de désolation, de corps suppliciés et agonisants s'offrait à eux. Avec une certaine surprise, Harry remarqua qu'il y avait là beaucoup de français. La bataille avait effectivement très mal tournée là, et des centaines d'hommes gisaient à terre, le dos en sang. L'impuissance se mêla vite à l'horreur de la scène, car en raison de la faible visibilité, la colonne ne les vit que trop tardivement pour pouvoir les éviter, et ce fut ainsi que des français piétinèrent d'autres patriotes sans autre possibilité que de continuer leur route.

Les russes se trouvaient plus loin, parfaitement alignés et prêts à leur adresser quelques salves de la même manière qu'ils avaient employé pour anéantir l'infanterie auparavant. Mais les chevaux allaient beaucoup plus vite qu'un homme à pied, et si effectivement quelques balles vinrent éclaircir leurs rangs, le raz-de-marée de chevaux qui fonçait vers eux n'en demeurait pas moins incontrôlable et indifférent à leurs attaques.

La charge fut une fois de plus brutale et dès les premières brèches percées dans leur dispositif, les soldats du tsar se débandèrent piteusement en essayant de rejoindre au plus vite leur campement.

L'un d'eux, peut-être plus téméraire que les autres, essaya jusqu'au bout de se mesurer à Harry, et sa baïonnette transperça à plusieurs reprises la peau de son cheval sans pour autant le mettre à terre. Furieux, il se munit rapidement de son pistolet, et un tir net en pleine tête eut raison de l'imprudent dont la cervelle giclait tout autour de lui dans la neige fraîche.

Le cafouillage qui résulta de cette nouvelle attaque était tel qu'Harry ne parvenait pas à distinguer au beau milieu de cet océan de couleur des membres de son régiment, pas plus qu'il n'arrivait à déterminer si les gens autour de lui était amicaux ou non. Il se contenait de sabrer tout ce qui se trouvait à portée, répétant inlassablement le même geste au beau milieu des cris et des plaintes prononcées dans toutes les langues.

Une douleur aussi vive que soudaine l'arrêta net dans ses mouvements, et baissant les yeux vers son estomac, il eut la surprise de voir dépasser de son uniforme la pointe d'une arme l'ayant traversé de part en part. Le monde devint subitement trouble et agité alors qu'il avait l'impression de se trouver sur un navire ballotté par des flots déchaînés. Il pouvait sentir le fusil accroché à lui tandis que la baïonnette demeurait plantée là, au beau milieu de ses organes et qu'un sang de plus en plus épais venait tâcher davantage son uniforme déjà écarlate.

Les hommes autour n'étaient plus que des ombres mobiles aux traits indistincts, le bruit plus faible à mesure que les secondes défilaient comme un écho lointain d'une bataille terrible dont il ne se sentait déjà plus concerné. Sa respiration devint difficile, son souffle plus court alors que la vie semblait lui échapper.

- N-non…, bafouilla t-il en portant sa main vers la blessure puis vers son visage.

Du sang, son propre sang, s'écoulait de ses doigts tremblants pendant que son esprit commençait à vaciller. Harry se sentit basculé sur le côté, chutant lourdement de son cheval. La douleur redoubla de vivacité à ce moment, et il ne savait pas si son agresseur avait finalement retiré la baïonnette ou si celle-ci accompagnait simplement son geste en lui écorchant davantage la peau.

Tout ce qu'il savait, c'est que son corps s'effondra sur quelque chose de moelleux. Le ciel au dessus de sa tête était toujours aussi grisâtre, mais il avait arrêté de neiger. Ses yeux se fixèrent quelques instants sur lui comme pour essayer de rester conscient quoi qu'il en coûte, mais petit à petit, l'obscurité l'envahit et il tomba inconscient.

Loin de là à Beauxbâtons, une jeune fille en pleurs sentait le lien magique l'unissant à son époux faiblir.


A/N : Chapitre terminé. Alors autant j'avais adoré écrire le précédent, autant celui-ci j'ai eu énormément de mal... Et il ne me plait pas ^^. J'avais eu dans l'idée de lire "le colonel Chabert" de Balzac pour m'aider à retranscrire l'intensité de cette bataille, mais je n'ai ni eu le temps ni la patience pour ça.

C'est dommage d'ailleurs parce qu'une bataille ou plus de 10 000 cavaliers foncent sur l'ennemi (un peu comme les rohirrims aux champs du pelennor), ça aurait pu être épique à écrire. C'était d'ailleurs l'une des batailles que j'attendais avec la plus d'impatience au moment où j'avais commencé cette histoire, alors peut-être que tout cette impatience fait que je me suis montré trop exigeant...Tant pis !

Donc on finit sur une situation "tragique" dans le sens où Harry est sérieusement blessé sur le champ de bataille... Va t-il mourir? Va t-il garder des séquelles? Vais-je par une pirouette scénaristique le sortir de là de manière héroïque... Vous le saurez la semaine prochaine.

à bientôt !