Bonjour à tous,
Comme d'habitude, bien que l'horaire diverge d'une semaine à l'autre, je vous offre le nouveau chapitre de cette histoire.
Merci à Stromtrooper, Pims et Iz3ut3pour vos commentaires, je vous répondrai très rapidement !
Alors concernant ce chapitre... Non je vous laisse découvrir vous-même.
Bonne lecture !
En temps ordinaire, Matthew n'aimait déjà pas beaucoup le cours de métamorphose. Le professeur McGonagall était une enseignante particulièrement exigeante demandant sans avoir véritablement besoin de le dire à voix haute un silence et un sérieux de tout instant qui provoquerait son courroux et une retenue à celui qui oserait ne pas respecter ces deux principes. Et ces deux principes n'étaient clairement pas ancrés dans la personnalité haute en couleur de l'héritier Potter.
Plus que son professeur, ce que Matthew détestait dans ce cours était très certainement la salle dans lequel il se déroulait. Plutôt étroite, la pièce paraissait être une ancienne chapelle dans son architecture au toit haut et voûté supporté par une rangée de colonnes de grosses pierres grisâtres et ternies par les siècles. Le demi ovale situé face à la porte d'entrée n'était comblé que par le bureau de la sous-directrice de Poudlard tandis que devant elle, plusieurs rangées de pupitres étaient pour l'heure occupées par les étudiants de cinquième année dont faisait partie Matthew. Quelques animaux en cage laissaient de temps à autre échapper un son, mais même eux paraissaient comprendre que le silence imposé par leur propriétaire valait également pour eux car ils se contentaient la plupart du temps de dormir, la tête sous l'aile pour les oiseaux ou lovés les uns contre les autres pour les petits mammifères.
L'endroit ne permettait pas de toute façon de pouvoir engager la moindre conversation ayant pour autre sujet le cours actuel, car la moindre parole semblait se répercuter en écho sur les murs froids de la classe et résonner de longues secondes avant de mourir dans les voûtes anciennes de la pièce. Et de toute manière le professeur McGonagall veillait au grain.
- Inanimatus Apparitus, marmonna Matthew en reportant son attention sur l'escargot devant lui.
Soufflant, il constata avec dépit que le petit être gluant n'avait pas même perdu sa coquille, mais à côté de lui Neville ne s'en sortait pas davantage et répondit à son coup d'œil par un haussement d'épaules navré. En regardant autour d'eux, Matthew eut cependant la satisfaction de voir que personne n'avait l'air d'obtenir un meilleur résultat que lui, et les sortilèges lancés à voix très basse restaient lettre morte à peine furent-ils prononcés.
- On aurait pu croire que j'aurais hérité du don de mon père pour la métamorphose, mais non, pesta t-il en regardant de nouveau l'escargot. Je me demande bien ce qui ne va pas avec ma baguette…
- Silence, lança alors le professeur McGonagall en le fusillant directement du regard.
Matthew resta interloqué par la rapidité d'exécution de son enseignante, mais pour autant il obtempéra et se jura de garder sa bouche fermée jusqu'à la fin de l'heure. Neville lui continuait inlassablement à réciter le sortilège en effectuant de grands gestes censés l'accompagner mais qui risquait surtout de crever les yeux de ses voisins les plus proches sans parvenir à un résultat concluant.
- Fais attention, le sermonna Matthew en faisant bouclier de son propre bras pour éviter un geste trop brusque venant de sa part.
- D-désolé, marmonna d'un air penaud son camarade de table alors qu'il pouvait sentir les yeux perçants de leur professeur sur lui.
Matthew le regarda pendant quelques secondes, puis, pris d'une soudaine pulsion et après avoir une dernière fois regardé en direction du professeur McGonagall, il s'adressa de nouveau à lui :
- Le geste du poignet doit être plus souple, à mi-hauteur et tu dois terminer en touchant doucement l'escargot, lui conseilla t-il alors que Neville hochait lentement sa tête. Le dernier geste doit être effectué au moment même où tu prononces la dernière syllabe d'«Apparitus», pas avant, pas après, au même moment.
- D'accord, bredouilla t-il en essayant de se détendre. Inanimatus Apparitus !
Mais tout comme Matthew, le résultat s'avéra aussi catastrophique que pour lui.
- On ne peut pas réussir à tous les coups, se plut-il à répondre comme pour se rassurer lui-même.
Matthew lui même haussa ses épaules à sa remarque avant de se concentrer à nouveau sur sa cible. L'escargot avançait lentement en direction du vide présent à côté de son pupitre, inconscient peut-être qu'il n'était qu'à un cheveux d'une mort probable… Ou d'une coquille cassée par la chute.
Curieusement, cette image lui rappela la scène à laquelle il avait assisté deux semaines plus tôt, mais ce n'était pas une coquille que l'on tentait de détruire mais bien un homme qu'il avait pu autrefois considérer comme un membre de sa famille… Mais n'était-ce pas toujours le cas? Remus n'avait pas été particulièrement présent dans sa vie même à l'époque où sa famille était réunie, mais pour autant il avait beau se creuser la tête, chercher la moindre petite erreur commise par le passé envers lui, ce petit truc qu'il pourrait lui renvoyer en pleine figure pour pouvoir le haïr comme il haïssait sa famille, rien ne lui venait à l'esprit.
Remus n'était qu'un étranger comme un autre, un homme pour qui il ne parvenait pas à ressentir la moindre émotion positive ou négative, un lien qui, si fragile alors, s'était déjà rompu sans qu'il ne s'en rende compte et sans qu'il ne s'en soucie véritablement.
La seule chose qui comptait désormais pour lui était que l'homme torturé chez les Weasley était possiblement en relation avec la partie de sa famille disparue, celle que l'on traquait inlassablement depuis des mois sans parvenir à lui mettre la main dessus, comme ces petits rongeurs habitués des garde-manger que l'on surprenait en train de de festoyer dans les réserves et que l'on chassait difficilement tant ils étaient insaisissables.
Mais peut-être qu'aujourd'hui, Remus pourrait être cette denrée si appétissante qu'elle attirerait à elle les petites souris fuyardes qui tomberaient inévitablement dans le piège qu'on leur tendait? Peut-être oui, mais quelque part au fond de lui, Matthew n'espérait pas que ce dénouement surviendrait aussi vite, tant par peur peut-être de se retrouver de nouveau face à cette mère si absente dans sa vie, que par crainte de ce qui pourrait bien lui arriver ; L'image d'une femme rousse, attachée à une chaise et torturée mentalement par le professeur Dumbledore chassa rapidement celle qu'il avait de son oncle, et même s'il éprouvait pour elle des griefs qu'il ne chasserait jamais de son esprit, il ne souhaitait pas qu'elle connaisse le même sort de Remus.
Sans s'en rendre compte, son bras s'était à nouveau soulevé, et distraitement il effectuait des gestes mécaniques face au petit mollusque qui, craignant les mouvements que l'on faisait près de lui, avait déjà rabattu dans sa tête molle les deux tentacules surmontés de ses yeux.
- Inanimatus Apparitus.
Le sortilège était à peine terminée qu'avec une certaine surprise, Neville remarqua que si l'escargot n'avait pas disparu, sa coquille elle était totalement introuvable. Par curiosité, il approcha son doigt de l'endroit où elle se trouvait auparavant mais il ne rencontra rien d'autre que du vide. Quant à Matthew, il n'avait tout simplement même pas remarqué la réussite partielle de sa métamorphose.
- Un bel effort Monsieur Potter, dit alors le professeur McGonagall juste à côté de lui en le faisant au passage sursauter. 5 points pour Gryffondor pour être le premier à obtenir un résultat somme toute convenable.
Et fait suffisamment rare pour le noter, elle lui adressa un sourire où se mêlaient encouragement et un autre sentiment qu'il ne parvenait pas à déterminer mais qu'il prit peut-être à tort pour de la tristesse. Cependant il n'eut pas le loisir de s'y attarder plus longtemps que son professeur retournait déjà à son bureau, le pas léger et la silhouette droite. Matthew la suivit du regard jusqu'à son bureau, mais il rencontra sur la route celui de la personne qu'il détestait probablement le plus après Malefoy dans cette pièce.
Ron l'observait en effet d'un air furieux, les sourcils plissés alors que son teint prenait une teinte légèrement rosée. Si un regard pouvait tuer, alors Matthew était certain de mourir dans la seconde. Mais plutôt que de participer à un duel sans intérêt avec lui, il se contenta de lui sourire moqueusement en agitant sa main vers lui.
Son ancien meilleur-ami devint alors beaucoup plu rouge de peau, et s'étant retourné pour faire face à son propre escargot, il agita de manière grandiloquente ses bras, perça son mollusque avec sa baguette et hurla presque l'incantation.
Rien ne se passa au départ, mais tout à coup un hurlement de rire général résonna dans la pièce lorsque tout le monde eut sous les yeux le sous-vêtement rapiécé de Ronald Weasley.
- M-Monsieur Weasley, bredouilla leur enseignante alors que ses joues prenaient une teinte rosée. Veuillez retourner dans votre dortoir et mettre un autre pantalon s'il vous plaît.
Ses propres joues devenues cramoisies, Ron accepta la pièce de tissu que lui offrait son professeur qu'il noua autour de sa taille avant de se précipiter vers la sortie. Au passage, il bouscula de manière discrète Matthew lorsqu'il passa à côté de lui, mais celui-ci était trop occupé à rire de son malheur pour s'en soucier.
- Bel essai Weasley! Lui lança t-il alors qu'il atteignait la porte. Cinq points pour Gryffondor! Pour dix, il fallait faire aussi disparaître le caleçon!
- Je crois n'avoir jamais autant ri dans un cours du professeur McGonagall, pouffa Neville à la sortie de la classe.
- C'est vrai, approuva Matthew alors que lui-même gardait un sourire persistant sur le coin des lèvres en repensant à la scène. Si un jour je dois apprendre le sortilège du patronus, je crois que j'utiliserais ce souvenir là pour faire le plus beau patronus corporel de tous les temps.
Neville s'apprêtait à lui répondre, mais une fille vint subitement se planter devant eux, les bras chargés de livres et ayant en guise de boucles d'oreilles une paire de radis. Matthew regarda immédiatement de tous les côtés, l'air mal à l'aise et emprunté alors qu'il cherchait désespérément à voir si les autres étudiants défilant dans le couloir prêtaient attention à eux, mais en dehors des coups d'œil discrets qu'on lui lançait de temps à autre, personne ne semblait se soucier du trio qu'il formait avec Neville Longdubat et Luna lovegood et dont il n'était toujours pas coutumier.
- Salut les garçons, je vous attendais, leur dit d'ailleurs celle-ci d'un ton distrait.
- Tu n'avais pas cours? S'enquit aussitôt Neville alors qu'ils reprenaient leur route vers le réfectoire.
- Si, mais les joncheruines m'ont conseillé de ne pas assister à celui du professeur Ombrage, dit-elle tranquillement en jouant avec ses cheveux longs et blonds. Apparemment elle serait de mauvaise humeur en raison de l'intrusion qu'il y a eu dans son bureau la nuit dernière et des bombabouses laissées dans sa malle personnelle.
- Qui que ce soit il a bien fait, certifia Matthew en songeant que dans la longue liste des personnes qui détestaient Dolores Ombrage, les seuls capables d'une telle farce sont roux, jumeaux et ont pour petit frère l'imbécile qui lui sert de compagnon de dortoir.
- Quand elle découvrira que tu t'es volontairement absenté de son cours, elle va lourdement te sanctionner, l'avertit Neville d'une voix légèrement inquiète.
Mais Luna ne semblait pas partager la même angoisse que lui car sa démarche sautillante continua de plus bel. Un petit sourire mystérieux ne quittait pas davantage son visage, mais au fait depuis des mois maintenant du comportement farfelu de la jeune fille, Matthew ne la questionna pas davantage à ce sujet.
Bientôt, tous les trois se retrouvèrent dans la Grande Salle pour le repas de midi, et comme à leur habitude depuis le début de l'année scolaire, ils prirent place au bout de la table de Gryffondor dans le seul but d'être au plus près de la porte d'entrée mais surtout de ne pas se mélanger avec les autres élèves. Un ciel sans nuage semblait se dessiner par delà les grandes vitres de la pièce, illuminant de sa clarté les quatre tables alignées autour desquelles les étudiants s'asseyaient pour profiter d'un succulent repas. Les conversations allaient comme toujours bon train mêlées aux claquements des centaines de chaussures sur le sol dallé, et soufflant de soulagement, Matthew s'effondra sur sa chaise en regardant avec avidité le contenu vide de son assiette.
- On nous regarde encore, maugréa nerveusement Neville en observant à la dérobée les environs.
Levant lui-même sa tête, Matthew partagea rapidement ce constat en remarquant lui aussi les dizaines de paires d'yeux braqués sur eux. Depuis des semaines maintenant que ce petit manège perdurait, cette situation tendait à l'agacer plus que de raison, et pour une fois il n'en était pas directement le responsable. Les regards scrutateurs, curieux et interloqués, avaient remplacé la sourde froideur et la haine qui l'avaient accompagné dans chacun de ses déplacements dans les couloirs de Poudlard dès l'instant où la gazette du sorcier avait annoncé l'évasion massive d'Azkaban. L'effroi de la situation avait comme réveillé les esprits endormis par de longs mois d'articles orduriers et mensongers le concernant, et si ceux qui le croyaient étaient toujours aussi peu nombreux, un léger doute, à peine perceptible et distillé comme un poison lent dans l'organisme, s'insinuait lentement dans l'esprit de chacun d'entre eux chaque fois que leurs yeux se posaient sur lui.
Mais loin d'en ressentir une certaine satisfaction, Matthew aurait préféré échanger ce soudain intérêt pour lui contre une indifférence pleine et entière de la part de ses camarades. La versatilité de leurs opinions avaient eu raison de sa patience depuis un long moment, et il n'était certainement pas décidé à leur pardonner si facilement cette si longue période d'hostilité manifeste à son égard.
- Si cela ne vous ennuie pas, j'aimerais que nous allions poursuivre ce repas dehors, proposa t-il alors que les plats chargés de victuailles venaient d'apparaître devant eux.
- L'endroit habituel? Proposa Neville alors que Matthew lui répondait par un hochement de tête.
- Tant mieux j'aime beaucoup m'y reposer, approuva Luna en remplissant directement ses poches de différents morceaux de viande au grand dam de ses deux compagnons.
Matthew roula des yeux devant les manières de la jeune fille, mais lui et Neville étaient trop occupés à se servir d'une large serviette de table comme baluchon de fortune pour y prêter plus longuement attention et en moins d'une minute, tous les trois étaient déjà sortis dans le parc de Poudlard.
Leur petite zone de refuge n'avait rien de vraiment particulier. Une petite étendue d'herbe en partie cachée par des buissons la délimitant et ayant comme autre frontière naturelle les bords du grand lac leur servait lors des rares temps libre à fuir la pression constante et persistante de l'école pour simplement s'y allonger, regarder le bleu du ciel similaire à celui d'aujourd'hui et contempler de longues minutes les formes des nuages que Luna s'amusait à déterminer. Un arbre, légèrement penché par le temps et le vent, faisait office d'ombrelle lors des journées particulièrement ensoleillées, mais pour le moment l'hiver commençait à peine à toucher à sa fin et son feuillage ne permettait pas encore de pouvoir s'y protéger. Mais le lieu était calme, silencieux, paisible, et c'était ce Matthew désirait ardemment.
Le baluchon fut bientôt déplié, et les quelques plats amenés disposés dessus dans une pâle tentative de pique-nique. Tous les trois plongèrent avidement dans les mets proposés à leur appétit insatiable, et en quelques minutes leurs mains étaient pleines de sauce, de gras et de miettes en tout genre. Mais la bonne humeur était également présente.
- Je me demande si Weasley a finalement trouvé un pantalon, commenta Neville en frottant ses mains dans l'herbe pour se les nettoyer.
- Il n'aura qu'à en demander un à Seamus, ces deux-là sont si souvent ensemble que je ne serais même pas étonné si on m'apprenait partagent le même lit, argua nonchalamment Matthew.
Neville, qui était à présent en train de boire directement dans le carafe d'eau, avala alors de travers et toussa pendant de longues secondes sous l'œil amusé de Matthew et les tapes dans le dos de Luna.
- Tu… Tu penses qu'ils… Enfin… Qu'ils sont…, marmonna t-il autant par nervosité qu'à cause de son souffle.
- Merlin Neville, c'était une blague! Maugréa Matthew en levant les yeux au ciel. Je n'ai pas envie de savoir ce qu'ils font quand ils sont à deux, et très franchement je ne préfère même pas l'imaginer.
Et tout en parlant, il arrachait négligemment l'herbe à portée de sa main sans vraiment s'en rendre compte.
- Est-ce qu'il te manque parfois? S'enquit t-il alors d'un ton qui se voulait léger.
Matthew, qui avait fermé les yeux, les rouvrit brusquement en dardant un coup d'œil vers Neville, mais si autrefois cette question aurait pu le mettre en colère et le pousser à lui répondre de manière cinglante de s'occuper de ses affaires, aujourd'hui était tout autre, et après réflexion lui-même se demandait si véritablement Ronald Weasley, son meilleur ami pendant plus de dix ans, lui manquait en tant que tel.
- Parfois oui, avoua t-il, le regard dans le vague alors qu'il observait à la surface du grand lac des oiseaux s'y poser paisiblement. Ron peut être drôle quand il le veut, et nous pouvions passer des heures à jouer et parler de quidditch même si il n'admettra jamais que les canons de Chudley est la pire équipe du championnat. Mais ce qu'il a fait depuis la fin de notre quatrième année… Je ne pourrais jamais lui pardonner même s'il venait me supplier.
- Christine de Suède disait que tout est pardonnable, excepté le mensonge, l'infidélité et la trahison, narra distraitement Luna sous les yeux décontenancés des deux autres. Ton ami qui ne l'est plus remplit ces trois critères à sa manière.
- C'est vrai…, concéda t-il en arquant un sourcil. Mais on ne m'y reprendra pas deux fois maintenant, je tacherai de faire attention à mes fréquentations avant d'aller plus loin avec elles.
- Avec nous aussi? Lui demanda immédiatement Luna en l'étudiant soigneusement. Sommes-nous encore de simples fréquentations pour toi ou avons-nous atteint le stade d'amis?
- Heu… Je… Enfin nous…, balbutia Matthew en jetant un coup d'œil vers Neville.
Mais lui aussi paraissait aussi décontenancé que lui par cette question si soudaine.
- Je crois que les joncheruines sont revenus, ajouta Luna d'un ton amusé devant l'absence de réaction de son compagnon.
Et comme pour confirmer ses dires, elle se mit soudainement a essayer d'attraper des créatures invisibles à l'aide de ses petites mains, ses cheveux blonds virevoltant autour d'elle tandis qu'elle irradiait de plaisir à cette nouvelle activité. Bien malgré lui, un sourire s'esquissa sur le visage de Matthew devant cette scène, mais celui-ci disparut très vite dès qu'il entendit la voix qui avait le don de l'irriter à toute heure de la journée :
- Il est là ! S'exclamait d'une voix joyeuse le nouvel arrivant. Hé Potter ! Encore en train de te cacher?!
- Misère…, maugréa Matthew tandis que Drago écartait tranquillement les branches d'un buisson pour se frayer un chemin jusqu'à lui, ses deux gorilles sur les talons. Qu'est-ce que tu veux Malefoy?
- Oh là, tout doux Potty, je venais seulement prendre de tes nouvelles, lui assura avec une ironie manifeste l'héritier Malefoy. Crabbe, Goyle et votre humble serviteur vous avons vu sortir de la grande salle au tout début du repas, et nous avons pensé à juste titre que quelque chose avait dû se passer pour vous pousser à nous quitter si vite.
- Ta seule présence à vrai dire, répliqua Matthew en tournant à peine sa tête vers lui. Ça, et l'odeur de tes deux brutes qui empestent l'air.
- Mais qu'est-ce donc que ces vilaines manières, Potter? S'insurgea en ricanant Drago alors que ses deux camarades serraient les poings en s'imaginant peut-être faire de même sur le cou grassouillet de Matthew. Ta maman ne t'a jamais dit qu'il fallait parler poliment à ses supérieurs? Oh mais c'est vrai… Tu n'as plus de mère depuis un moment maintenant !
Là, ce fut au tour de Matthew d'imiter le geste de Crabbe et de Goyle en fusillant du regard Drago. Mais l'héritier Malefoy ne semblait pas s'en formaliser plus que ça.
- Tu es tombé bien bas, continua t-il en dévisageant tour à tour Neville et Luna. Je ne pensais que tu puisses faire pire que Weasley comme compagnie, mais tu t'es surpassé avec ces deux-là.
- Ces deux-là comme tu dis seront toujours d'une meilleure compagnie que les deux imbéciles qui te suivent depuis plus de cinq ans, rétorqua Matthew. Eux au moins sont doués du don de parole, mais surtout d'une intelligence qui manifestement fait défaut à tes deux acolytes. Je m'étonne encore de ne pas avoir appris après toutes ces années qu'ils ne savent même pas s'habiller, mais peut-être que c'est toi qui le fait pour eux lors que vous êtes réveillés?
- Si tu avais accepté la main que je tendais le soir de notre répartition, nous aurions pu être deux à le faire, contra Drago sans se départir de son sourire narquois. Tu aurais certainement été autre chose que le paria de l'école obligé de se cacher derrière un buisson pour manger en paix. C'est fort malheureux Potter… Je ne pensais pas un jour éprouver pour toi de la pitié quand pendant tant d'années tu n'inspirais rien d'autre que du mépris. Le petit garçon grassouillet de notre première année est devenu bien triste à voir…
Mais loin de l'énerver encore davantage, les réflexions de Drago eurent au contraire le don de l'apaiser plus que de raison. Le même petit sourire moqueur de Malefoy commençait lentement à apparaître sur son propre visage alors qu'il se mettait également à tourner lentement dans l'espace disponible de la même façon que deux animaux prêts à se ruer sur l'autre pour l'écharper.
- Tu as raison, ma situation est bien différente de celle de notre première année, concéda t-il lentement. À l'époque je n'étais qu'un garçon plutôt fier, plutôt méprisant et qui se sentait si supérieur aux autres pour la simple et bonne raison que je pensais être le garçon-qui-avait-survécu. Peut-être que ma vie aurait été effectivement différente si j'avais accepté ta poignée de main, peut-être que j'aurais pu terminer à Serpentard à tourmenter les autres maisons en ta compagnie, peut-être me serais-je davantage soucié de la pureté du sang moi qui ne suis qu'un sang-mêlé… Peut-être même aurais-je pu adhérer à vos idéaux, à cette impression qu'il existe une hiérarchie du sang autant qu'il existe une hiérarchie des classes, des races et des noms. Mais vois-tu Drago, il y a une toute petite chose qui fait que ce monde utopique à tes yeux ne puisse jamais voir le jour… C'est que je ne t'aime pas.
Et sans lui laisser le temps de répliquer, Matthew sortit rapidement sa baguette magique qu'il pointa directement vers Malefoy :
- Repulso!
Le sort s'extirpa tel une balle de fusil de sa baguette pour fondre sur Drago qui n'eut pas même le temps de se baisser ou d'amorcer un pas sur le côté pour l'éviter. Frappé en pleine poitrine, l'héritier Malefoy fut brutalement repoussé en arrière, et après un vol plané de quelques mètres, termina sa course directement dans les eaux glaciales du grand lac sous les yeux ahuris de ses gardes du corps et amusés des deux amis de Matthew.
- Au secours! Hurla Drago une fois que sa tête émergea de la surface de l'eau. À moi! Venez me sauver tas d'imbéciles!
Déjà, Crabbe et Goyle se précipitèrent vers lui alors qu'il essayait tant bien que mal de regagner la rive. Tous les deux se penchèrent pour lui prendre les mains qu'il tendait, mais à peine eurent-ils le temps de s'en saisir que brusquement Neville et Luna arrivèrent derrière eux, et d'une simple poussée, les enjoignirent à rejoindre Drago dans les eaux tumultueuses du lac. Matthew et les deux autres s'esclaffèrent bruyamment de rire tandis que les trois serpentards essayaient tant bien que mal de retrouver le sol herbeux et sec du parc de Poudlard, et ce fut trempé des pieds à la tête que les garçons se remirent sur leurs jambes, lancèrent un dernier regard furieux dans leur direction avant de reprendre le chemin du château une fois qu'ils eurent sous les yeux trois baguettes prêtes à être utilisées.
- Quand mon père entendra parler de ça Potter ! Lui cria tout de même Drago alors qu'il s'éloignait.
- J'ai hâte qu'il soit au courant ! Lui répliqua t-il joyeusement en lui faisant signe de la main. N'hésite pas à m'envoyer une copie de la lettre que tu lui enverras, j'ai besoin de rire de temps en temps !
- C'était amusant, commenta Luna une fois qu'ils furent éloignés et d'une voix étonnamment normale.
- C'est vrai, approuva Matthew en rangeant sa baguette. Rogue nous le fera payer c'est certain, mais… Je m'en moque pour tout vous dire.
Puis observant les restes du repas encore étalés sur l'herbe, il ajouta :
- Nous devrions nettoyer ça avant qu'on nous accuse de salir les pelouses de l'école. Évitons de donner à nos ennemis d'autres moyens de nous atteindre.
Et l'esprit beaucoup plus gai qu'auparavant, les trois écoliers passèrent les minutes qui suivirent à rendre à l'endroit son éclat d'antan.
A/N : Chapitre terminé ! Un chapitre un peu plus... calme peut-être? En tout cas plus insouciant. On n'y apprend pas grand chose de plus que ce que l'on sait déjà, mais il fallait bien faire un petit retour sur Matthew et ne pas le laisser végéter indéfiniment à Poudlard.
On peut cependant noter une évolution progressive du comportement de Matthew, plus calme, moins impulsif, moins provoquant... Peut-être que traîner constamment avec Neville et Luna y joue beaucoup? Peut-être qu'une "amitié" aussi étonnante que la leur lui fait du bien? à voir sur la durée.
Le prochain chapitre se concentrera également sur une personne que l'on a peu vu ces derniers temps, d'ailleurs en faisant une rapide analyse des chapitres qui vont suivre, vous remarquerez que ce sera assez fréquents.
à la semaine prochaine !
