Bonjour à tous,
C'est à une heure plutôt matinale que je vous poste le nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaise.
Merci pour les reviews du précédent, j'y répondrai dès mon retour dimanche ;)
Guest : Merci pour ton commentaire !
Xiophen : Merci également ! Je crois que ce chapitre répondra/aura répondu à tes interrogations.
Quant au contenu de ce chapitre, je vous laisse le découvrir (même si le précédent chapitre et ce titre sont suffisamment évocateurs). J'ai déjà effectué une première lecture pour corriger au maximum les fautes qui auraient pu se glisser dans les phrases donc il ne devrait pas y avoir d'horreur, mais une deuxième est d'ors et déjà à l'ordre du jour.
Bonne lecture !
PS: Je ne sais pas si vous êtes au courant des dernières annonces de SONY concernant la playstation 5 et les jeux qui devraient sortir, mais un RPG sur le monde d'Harry Potter va bientôt voir le jour et... Il se déroule à la même époque que cette histoire ^^. Je suis déjà curieux de savoir quelles sont les personnages que j'aurais pu inclure dans celle-ci et de quoi il en découlera.
Minuit avait sonné depuis longtemps sur la pendule ancestrale des Weasley, et la maison de famille était plongée depuis des heures dans un calme absolu ou pas le moindre bruit ne venait percer le linceul de silence qui s'était abattu sur la demeure comme une chape de plomb.
Le bois omniprésent dans la maison semblait grincer par instant, comme si quelqu'un d'invisible s'appuyait ou marchait dessus, ou était ce peut-être la faute du vent plutôt actif en dehors et qui parvenait à s'engouffrer dans certaines brèches de la maison pour apporter avec lui la fraîcheur du printemps.
Mais rien ne pouvait troubler la quiétude de cette nuit noire et sans nuage… Rien sauf peut-être les deux hommes qui descendaient péniblement les étages de la maison.
- Encore un petit effort Remus, souffla Sirius alors qu'il tentait tant bien que mal de garder une poigne ferme sur son ami, un bras placé autour de la taille. On y est presque...
- Plus facile à dire qu'à faire…, marmonna l'autre tandis que ses jambes tremblantes parvenaient à peine à faire un pas devant l'autre.
Sirius resserra la prise qu'il avait sur le bras de son ami alors qu'ils essayaient de faire le moins de bruit possible en descendant les marches branlantes de l'escalier. La tension était à son paroxysme, et il pouvait pleinement sentir son cœur battre la chamade derrière l'épaisse couche de tissu de sa redingote en appréhendant une arrivée subite d'un membre de la famille Weasley ou de l'ordre du phœnix à proximité de lui, surpris en pleine tentative d'évasion et dans l'incapacité de pouvoir véritablement se défendre contre le premier venu.
Sirius ne savait même pas pourquoi il avait décidé d'agir ce soir. Il y pensait depuis des semaines effectivement, pris d'un remord continuel et douloureux en assistant aux séances d'interrogatoire de Remus au cours desquelles son ami subissait les assauts répétés des sortilèges de Dumbledore, des os brisés, réparés et brisés de nouveau, des tortures mentales qui le laissaient parfois des heures dans un état d'hébétude, des membres que l'on tailladait, tordait, charcutait dans le seul objectif de faire avouer à sa victime ce que l'on attendait d'elle.
Et pourtant Remus tenait bon.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, deux mois de torture n'avaient eu raison de sa volonté, de sa résolution à protéger ceux qu'il aimait, de sa détermination à les savoir loin des manipulations du vieil homme et de son fidèle acolyte James Potter. Sirius était autant impressionné que touché par cette abnégation, lui qui supposait à juste titre que dans une situation similaire, il n'aurait pas eu autant de courage et n'aurait surtout pas tenu autant de temps que lui.
Mais il sentait que la détermination de Remus risquait bientôt de flancher, qu'il ne pourrait à la longue plus tenir longtemps sous les coups de Dumbledore et que ce long et pénible chemin de croix dans lequel il s'était si volontairement lancé pour protéger Harry, Lily et Rosie allait être sous peu jalonné d'obstacles trop insurmontables pour lui.
Il fallait donc agir vite, et c'était bien la raison pour laquelle une heure auparavant, il s'était décidé à le faire, allongé jusque là dans le lit du regretté William «Bill» Weasley, le regard fixé au plafond dans une vaine tentative de pouvoir percer celui-ci et voir ce qui se passait dans le grenier des Weasley. Il s'était promis d'agir tôt ou tard, sans faire de vague, sans en parler à qui que ce soit et sans chercher à se trouver des alliés pour le faire. Juste lui, Remus, et le destin qui déterminerait si oui ou non cette folie serait couronnée de succès ou s'il recevrait le prix de sa trahison au détour d'un couloir.
- Tu es fou…, marmonna à voix basse Remus pour la cinquième fois de la soirée.
- Fou je ne sais pas, imprévisible oui, approuva t-il en essayant de lui adresser un sourire bien que l'obscurité ne permettait pas à l'un comme à l'autre de faire attention à ce genre de détail.
- Tu peux encore reculer tu sais, lui dit-il alors.
- Nous avons déjà parcouru la moitié du chemin, l'informa Sirius alors qu'ils continuaient à emprunter les escaliers. Ce serait idiot d'arrêter maintenant… Nous n'aurons peut-être pas d'autre occasion pour t'aider à t'échapper d'ici.
Puis après un instant de silence, il ajouta :
- Nos conversations me manqueront, avoua t-il d'un air détaché. J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas eu une conversation intelligente avec quelqu'un, ou quelque chose qui n'implique pas Dumbledore, les Potter ou cette maudite guerre.
- Viens avec moi, lui proposa Remus en redressant légèrement son visage pour le regarder. Nous te trouverons un endroit pour te cacher, un refuge où même Dumbledore ne pourrait pas te retrouver. Je connais des personnes qui ont largement les moyens de pouvoir te venir en aide…
- Cette femme je suppose, lança t-il en se remémorant la dame de la banque. Navré de te décevoir Remus, mais je ne partirai pas tant que je n'aurais pas la certitude que Matthew est en sécurité. Tu peux comprendre ça mon ami.
- En effet, j'ai passé les dernières semaines à lutter contre la mort pour protéger Harry alors je peux effectivement avoir une idée de ce qui te passe par la tête, lui confirma d'un ton légèrement moqueur Remus.
Sirius lui-même réprima le ricanement qui menaçait de sortir de sa bouche au moment même où ils atteignaient le palier de la chambre de Molly et Arthur. Pour l'heure la chambre était parfaitement calme, sans le moindre bruit ni sanglot venant de la matriarche Weasley, et peut-être même que pour une fois celle-ci passerait une nuit sans se réveiller en hurlant à l'agonie après ses deux fils aînés. Malgré tout Sirius ralentit encore davantage le pas et essayait désormais de se faire aussi muet que possible.
Cela lui rappelait curieusement ces nombreuses discussions avec Remus, assis à ses côtés dans le grenier en craignant à chaque instant d'être surpris en train de «pactiser avec l'ennemi», cette sensation étrange et curieusement grisante, cette peur indicible mais aussi enivrante qu'un whisky pur feu coulant librement dans la gorge, ce goût du risque qu'il n'avait plus ressenti depuis si longtemps… Depuis Poudlard peut-être, mais qu'il avait finalement retrouvé en côtoyant Remus.
Il ne mentait pas lorsqu'il disait que leurs conversations lui manquerait, mais il regretterait autant leur contenu que leur contexte ; Avoir à se cacher, à jouer la comédie en demandant à Remus de crier aussi fort qu'il le pouvait tandis que lui l'abreuvait d'insanités en tout genre pour donner le change, aller jusqu'à s'étaler des petites goutelettes de vin sur le visage pour imiter maladroitement le sang qui aurait giclé des blessures de son ami… Merlin qu'il avait beaucoup ri ces derniers temps !
Tous deux avaient à peine commencé à descendre le dernier escalier menant au rez-de-chaussée qu'ils se figèrent instantanément, des gouttes de sueur perlant de leurs fronts alors qu'ils entendaient un gros choc en provenance de la chambre des parents Weasley, comme un corps tombé à terre suivi aussitôt de hurlements à réveiller tout un quartier :
- RENDEZ-MOI MON PETIT WILLIAM ! JE VEUX QU'IL REVIENNE ! LÂCHE MOI ARTHUR !
- Molly arrête ! Reviens te coucher, ça ne sert à rien de vouloir aller dans sa chambre ! Tu vas juste réussir à réveiller Sirius !
Les deux adultes semblaient se livrer une lutte acharnée dans l'autre pièce et des bruits de verres brisés se faisaient entendre de temps à autre alors que des meubles étaient renversées. Sirius comme Remus gardèrent un silence total, l'oreille tendue vers la porte de chambre et le regard fixé sur la poignée en l'imaginant d'un instant à l'autre basculer.
- Il est mort Molly ! Lui et Charlie sont morts ! Nous avons déjà eu cette conversation, ils ne reviendront pas !
- ILS NE SONT PAS MORTS ! COMMENT PEUX-TU ME FAIRE CROIRE DES CHOSES PAREILLES !
- Profitons-en, ils font tellement de bruit qu'ils n'entendront même pas si quelqu'un descend l'escalier, proposa Sirius sous les hochements de tête approbateurs de Remus.
Et sous les sanglots étouffés de Molly et la voix larmoyante d'Arthur, les deux hommes terminèrent de dévaler les dernières marches pour se retrouver dans un petit couloir… Et face à Severus Rogue en personne.
- Vous sortez pour une promenade, Messieurs? Les accueillit-il en pointant sa baguette magique vers Sirius.
- Sniv… Severus, le salua t-il en serrant encore davantage son emprise sur la taille de Remus. Je ne pensais pas te voir ce soir ici, je croyais que tu étais de garde pour surveiller la salle des prophéties.
- En effet, mais mon tour de garde est terminé et je devais retrouver le professeur Dumbledore pour discuter de certaines choses que tu n'as pas à savoir… En revanche, je pense que lui sera ravi de savoir ce que tu as l'intention de faire avec notre invité.
La panique commençait lentement à le gagner alors qu'il se retrouvait là, face à quelqu'un qu'il n'appréciait guère et qui le lui rendait bien, une baguette magique en main prête à être utilisée contre lui. Son plan tombait sous ses yeux à l'eau, et il aurait beau essayer d'expliquer ses agissements et les raisons du pourquoi il se trouvait là avec Remus, il y avait autant de chance de voir Rogue lui venir en aide que Dumbledore et Voldemort partager un verre autour d'une table.
- Dis moi maintenant ce que tu avais l'intention de faire avec Lupin, et peut-être que je ne t'assommerai pas, lui ordonna le professeur de potions en gardant sa baguette pointée directement vers son visage.
- Je voulais le faire s'évader, avoua t-il simplement et d'une voix nonchalante.
- Voyez-vous ça, le laquais de James Potter prêt à le trahir et à l'empêcher de retrouver le reste de sa famille…, commenta avec un amusement non feint Severus. Et tu espères vraiment me faire croire à cela?
- Que tu le crois ou non c'est la vérité, répliqua Sirius plus fermement. Il est évident que Remus ne nous apportera aucune information concernant l'endroit où pourraient se trouver Lily et ses enfants, je ne tolérerai pas qu'il passe une journée supplémentaire dans cet endroit à être torturé par Dumbledore. À quoi en sommes-nous réduits pour le compte de ce vieil homme, à employer les mêmes méthodes que celui que l'on combat? Nous sommes tombés bien bas…
Au même moment, d'autres éclats de voix se faisaient encore entendre à l'étage, et brièvement Sirius regarda au plafond lorsqu'un autre choc se fit entendre sur le plancher de la chambre.
- Je n'ai jamais su les véritables raisons qui t'ont conduit à rejoindre l'ordre du phœnix et à jouer pour nous le rôle d'un espion, mais je me doute que cela doit concerner Lily. Alors maintenant dis-moi franchement Severus, aimerais-tu sincèrement que nous retrouvions Lily grâce aux informations de Remus? Aimerais-tu la savoir retenue contre son gré ici, dans un sale grenier puant attachée à une chaise et torturée par Albus Dumbledore comme l'a été Remus ces deux derniers mois? Supporterais-tu l'idée des sévices qui seraient commis contre elle par l'homme que tu sers et son ex-mari? Voudrais-tu te rendre complice de cela ou préférerais-tu avoir un bien meilleur rôle en lui permettant d'échapper à l'étreinte qui se referme sur elle si nous le retenions encore longtemps ici?
Son long monologue eut au moins le mérite de faire taire son vis-à-vis, et si Rogue ne laissait à première vue rien paraître de son trouble, son seul mutisme était suffisant à leur faire comprendre que les rouages de son esprit fonctionnaient à plein régime dans sa tête.
- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'esprit si brutalement? Lança t-il tout à coup d'une voix plus tranchante. Il y a encore quelques semaines tu suivais aveuglément les recommandations de Dumbledore sans même les discuter, et aujourd'hui tu es prêt à le trahir et à lui arracher la seule piste qu'il a réussi à obtenir depuis des mois?
- Une prise de conscience, se contenta de répondre Sirius. Si le plus grand bien prôné par Dumbledore se résume à appliquer des méthodes qui sont loin de mes standards habituels, alors je ne veux rien avoir à faire avec ça. Je vais libérer Remus que tu le veuilles ou non, et ensuite je disparaîtrai, et si j'ai la possibilité d'éloigner Matthew de tout ça, alors je n'hésiterais pas.
Rogue parut perplexe face à ses propos, et de temps à autre il observait les pièces les plus proches de leur position comme pour chercher des soutiens face à ce qu'il considérait peut-être comme un dilemme qu'il était incapable de trancher. Sirius le vit s'agiter nerveusement et son bras commencer à trembler tandis qu'au dessus de leur tête le calme était revenu.
- Dumbledore ne devrait bientôt pas tarder, l'informa alors le professeur de potions en baissant finalement sa baguette. J'avais prévu d'agir plus tard, mais comme à ton habitude tu contrecarres mes plans Black. On pourrait croire que cela t'amuses.
- Agir plus tard? Répéta sans comprendre Sirius en le regardant curieusement. Tu voulais aussi préparer quelque chose pour sauver Remus?
- Bien que cela m'attriste de te l'avouer, j'allais effectivement agir pour le compte d'une autre personne afin de délivrer Lupin de sa prison, lui confirma Severus. Le plan était terminé et ce n'était plus qu'une question de jours avant de le commencer, mais ta petite escapade de ce soir accélère quelque peu les choses. Alors maintenant tu vas sortir ta baguette, m'assommer et me ligoter.
- Quoi? Souffla avec une perplexité manifeste Sirius. Et pourquoi est-ce que je ferai une chose pareille?
- Parce que de cette façon Black, tu me permets de ne pas trahir ma couverture, tu me donnes la possibilité de passer pour une victime aux yeux de Dumbledore et de continuer à agir comme espion au sein de l'ordre du Phoenix, lui expliqua t-il d'une voix lente de la même manière que s'il s'adressait à un enfant en bas âge. Alors maintenant dépêche toi, je sais que tu en meurs d'envie et je t'offre la possibilité de faire ce que tu faisais déjà à mon encontre à l'époque où nous étions étudiants à Poudlard.
Toujours indécis, Sirius tourna lentement sa tête vers Remus comme pour lui demander silencieusement ce que lui en pensait, mais sa respiration lente et sa tête baissée contre son torse n'étaient pas des indicateurs suffisamment éloquents pour prendre une décision à ce sujet. Il reporta alors son attention sur Rogue, debout devant lui et désormais tout à fait inoffensif depuis qu'il avait rangé sa baguette.
- Tu es sûr de toi, Severus? S'enquit t-il en dirigeant lentement sa main vers sa poche.
- Si tu me poses encore une fois la question, je sens que je pourrais changer d'avis, siffla t-il en roulant des yeux. Vas-y.
- Stupefix !
Le sort frappa en pleine poitrine Rogue qui s'effondra quelques mètres plus loin, le corps inerte et le visage face contre terre. Sirius effectua un autre geste avec sa baguette magique et des cordes en sortirent pour lier les poings et les jambes de l'homme qui venait de lui donner l'occasion d'en finir au plus vite. Finalement il passa à côté de lui, lui adressa un regard désolé avant de tendre l'oreille une dernière fois pour vérifier que le remue-ménage qu'il venait de causer n'avait pas donné l'alerte au reste de la maisonnée.
- On y est presque, souffla t-il à Remus lorsqu'il poussa vivement la porte du salon pour se diriger vers l'unique cheminée de la maison.
- Tant mieux, murmura Remus pendant que Sirius le posait délicatement sur un fauteuil miteux au centre de la pièce.
Au passage, Sirius alluma d'un coup de baguette les quelques bougies disposées dans la pièce pour mieux se repérer, puis une fois satisfait il se dirigea vers l'âtre dans lequel les dernières bûches avaient fini de se consumer.
- Ce sera suffisant pour au moins un voyage, se félicita t-il en remuant les braises. Tu passeras le premier, j'assurerai tes arrières comme ça.
Il revint alors vers son ami, lui permit de passer un bras autour de ses épaules pour l'aider à se relever avant de le diriger vers la cheminée. Il installa Remus dans une position assise sur les bûches, un pari risqué compte tenu de son état de santé et de la manière dont il se réceptionnerait à l'arrivée mais il ne voulait pas aggraver les choses en y allant avec lui ; Les voyages à deux en cheminette étaient fortement déconseillés.
- On y est, souffla t-il une fois sa tâche accomplie. Rappelle-moi une dernière fois le nom exact de ton point de chute, veux-tu?
- S-salon de Venus du… Du deuxième étage de l'aile ouest du château de Lamballe…, marmonna Remus à demi-conscient.
- Personne ne pourrait trouver ça tout seul, approuva Sirius. C'est beaucoup trop long à retenir.
- Madame est de nature prudente…, lui certifia son ami.
Sirius hocha sa tête avant de se saisir du petit sac de poudre de cheminette accroché à la cheminée, puis regardant une dernière fois dans les yeux Remus, il leva lentement sa main, une poignée de poudre à l'intérieur de celle-ci avant de parler à nouveau :
- Salon de Vénus du deuxième étage de l'aile ouest du…
Mais le fracas d'une porte que l'on repoussait violemment lui fit tourner la tête, et ses yeux rencontrèrent le regard furieux du directeur de Poudlard qui en une fraction de seconde semblait avoir analysé la scène se déroulant devant lui et pointait déjà sa baguette dans leur direction.
- château de lamballe ! Termina t-il d'une voix désespérée alors qu'un sort d'une clarté éblouissante fondait sur Remus.
Instinctivement, il se bascula légèrement dans la trajectoire de celui-ci et se prit de plein fouet le maléfice qui visait Remus. Son ami, peut-être par réflexe également ou dans le seul but de l'emporter avec lui, s'était saisi de sa redingote d'une poigne puissante et l'avait entraîné dans la cheminée juste avant de lui-même y être emporté. La dernière chose que vit Sirius avant de disparaître fut la lueur verdâtre des flammes le consumant et la démarche précipité de Dumbledore dans leur direction avant qu'un tourbillon de couleur n'ait raison de lui et ne le pousse à fermer les yeux.
Une douleur vive, extrêmement aiguë et particulièrement intense le saisit au niveau du milieu du dos là où le sort l'avait touché, et comme un courant marin, la douleur semblait progresser par vagues successives à travers l'intégralité de son corps. Sirius avait l'impression qu'un feu intérieur lui brûlait les chairs, que les flammes s'engouffraient dans la moindre parcelle de son anatomie pour chauffer à blanc son corps, de la même façon qu'un sortilège Doloris, en beaucoup plus intense et sans répit. Même lorsque sa tête heurta violemment le parquet d'un salon richement décoré et qu'une lumière intense planait au dessus de lui, malgré la distance qui le séparait du directeur de Poudlard, le sort continuait à faire effet, et il n'avait aucune idée ce dont il s'agissait.
- Au-Au secours ! Hurlait à côté de lui Remus alors que lui même restait allongé sur le sol. De grâce ! V-venez !
De longues secondes s'écoulèrent alors que Sirius continuait à gémir sur le sol, la respiration haletante alors qu'il tentait vainement de réprimer les hurlements de douleur qui menaçaient de sortir de sa bouche. Remus, qu'une soudaine vitalité avait rendu apte à se tenir assis, se trouvait à côté de lui et essayait vainement de diagnostiquer son état.
- T-tiens bon Sirius, souffla t-il en lui tenant la main.
- O-on dirait que les rôles s-sont inversés…, hoqueta t-il d'une voix faible.
- Remus? Dit alors une voix féminine quelque part à quelques mètres d'eux. Dieu soit loué ! Vous êtes en vie…
- Aidez-nous je vous en p-prie ! La coupa le loup-garou d'un ton désespéré.
Sa vision commençait à devenir flou, et la violence qu'il ressentait en lui se faisait toujours plus puissante alors qu'il était pris de spasmes. Il pouvait voir que quelqu'un s'était approché de lui également, une bougie à la main alors que de l'autre elle tentait de diagnostiquer le mal qui rongeait son corps.
- Par Merlin je vous en prie… Mes jambes ! Hurla alors Black en essayant vainement de se relever pour s'en saisir.
Mais Remus le gardait fermement à terre en le plaquant au sol de ses mains alors que la femme cherchait à présent à lui enlever ses bottes.
- Doux Jésus ! S'exclama t-elle malgré elle une fois la première enlevée.
Encore une fois Sirius essaya de se lever pour constater lui-même l'état de ses jambes, mais son ami continuait à le maintenir à terre même s'il pouvait sentir sa poigne faiblir.
- Qu'est-ce qui m-m'arrive? Bredouilla t-il d'un ton plaintif.
- R-rien, lui assura Remus avec hésitation. Laisse-nous nous occuper de toi, tout se passera bien. Madame, sauvez-le, je vous en conjure. C'est grâce à lui si je suis parmi vous ce soir !
- Je ferai de mon mieux, lui assura la dame. Mais dites-moi ce dont il souffre d'abord, et comment s'est-il trouvé dans cet état?
- D-dans notre fuite, il… Il a voulu me défendre d'un sort que me lançait Dumbledore, il s'est in-interposé, il l'a pris à ma place et… Et maintenant il est comme vous le voyez, expliqua t-il alors qu'il devait se faire violence pour le maintenir en place tant Sirius se débattait.
- J'ai mal ! J'ai tellement mal ! Gémissait t-il alors qu'il se cramponnait aux mains du loup-garou pour le libérer.
- Un sort? Répéta l'autre femme.
Sirius pouvait sentir passer sur lui divers sortilèges, et il se doutait que ceux-ci devaient peut-être permettre de ralentir la propagation du sort que Dumbledore lui avait lancé voire même le guérir, mais à mesure que le temps passait, il ne sentait aucune différence hormis que la vive douleur qu'il avait senti partir de ses pieds remontait lentement le long de ses jambes, et qu'à présent elle avait atteint son bassin.
Quant à ses jambes, il ne les sentait plus et n'arrivait même plus à les bouger.
- Pourquoi ça ne fonctionne pas? Pestait Remus d'une voix dure. Ça continue de monter !
- Je suis désolée Remus, je ne sais pas quoi faire pour sauver votre ami, lui avoua alors la femme. Je… Je ne connais pas ce sortilège, alors je ne peux pas effectuer sur lui le contre-sort…
- Vous voulez dire que vous n'allez rien faire pour le sauver?! Hurla alors le loup-garou. Vous voulez dire que je vais le regarder mourir sans pouvoir tenter quoi que ce soit?!
- R-r-remus…, marmonna faiblement Sirius alors qu'il tournait lentement sa tête vers lui. Je… Je veux que tu me fasses une promesse…
- Tais-toi idiot, tu vas vivre ! Lui assura t-il bien que des trémolos étaient perceptibles dans sa voix. Ne joue pas à ce petit jeu avec moi, n'ose même pas me faire tenir une promesse que tu rempliras toi-même !
- J-je croyais que… De nous deux… Tu étais le plus terre à terre…, souffla l'autre en esquissant un sourire malgré les nombreuses larmes qui s'écoulaient librement de ses yeux. Je le sens Remus… Je… Je ne vais plus tenir très longtemps…
- On te sauvera, trancha Remus alors qu'il pouvait sentir des gouttelettes tomber sur son visage. Je te le jure Sirius, on… On trouvera une solution…
- Promets-moi, mon ami… Promets-moi que… que tu trouveras le moyen de protéger Matthew de Dumbledore…, dit-il après de longues secondes à trouver un second souffle. Il est en danger… Aussi longtemps qu'il se trouvera en… en sa présence… Promets-moi que tu l'arracheras de là-bas quoi qu'il en coûte… Il… Il a besoin qu'on l'entoure… Il a besoin qu'on l'aime…
Sirius, dont la propre voix lui semblait désormais lointaine, pouvait seulement entendre les sanglots étouffés de son vieil ami alors qu'il sentait sa prise sur lui se détacher doucement. Mais lui-même n'avait désormais plus la force de se lever, et en vérité après ses jambes il ne ressentait plus rien dans ses bras. Il n'avait plus l'impression que d'être un tronc avec une tête et sans aucun autre membre lui permettant de se déplacer.
- Promets le moi Remus…, souffla t-il encore une fois alors que son souffle commençait à lui manquer.
- Je te le promets, lui répondit alors le loup-garou entre deux sanglots. Je te le promets mon ami.
Un sourire illumina une dernière fois les traits de Sirius Black alors qu'il regardait une dernière fois son ancien compagnon de dortoir, une dernière étincelle de joie dans les yeux :
- Merci Lunard…
Et après un dernier râle d'agonie, le tronc et la tête de Sirius devinrent grisâtres. Son corps s'affaissa sur lui-même et il ne resta bientôt plus de lui qu'un tas de cendres au dessus duquel pleurait librement l'homme qu'il avait réussi à sauver au prix de sa propre vie.
En cette soirée, Sirius Black n'était plus.
A/N : Je sais que la mort de Sirius pourrait en décevoir certains, surtout qu'il redevenait bon, mais je ne voulais pas non plus tomber dans une logique où tous les méchants de l'histoire changent de côté, tout le monde devient amis et ça se finit en happy ending pour tous les personnages ; Il y aura certainement d'autres décès, alors il faudra s'y faire.
En relisant le chapitre avant de le publier, je n'ai pas pu m'empêcher d'ailleurs de constater que j'étais justement tombé dans le cliché du type qui, sentant sa mort approcher, a une dernière faveur à demander et qui une fois la chose faite meurt le sourire aux lèvres... Mais ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c'est une bonne fin pour Sirius.
Maintenant reste à savoir comment le prendra Matthew alors que lui-même était dans une phase de reconstruction qui lui faisait du bien humainement parlant. Le seul adulte qui se souciait de lui vient de mourir, et il ne lui reste plus comme bouée de sauvetage qu'un vieillard manipulateur et un père qui est aux abonnés absents depuis quelques temps.
Sur ce, à la semaine prochaine !
Le prochain chapitre ne devrait pas avoir de problème à sortir vendredi prochain à un horaire habituel et sera la suite de celui-ci.
