Bonjour à tous,
Tout d'abord, merci pour les retours du précédent chapitre, je ne m'attendais pas à autant de commentaires pour lui et c'est une agréable surprise. Je vous répondrai aussi tôt que possible.
Ensuite je tenais à vous informer que nous allons entrer dans une série de chapitres qui n'étaient initialement pas prévus, mais qui je pense se devaient d'être écrits pour combler les vides qui auraient pu apparaître, les semaines voire les mois qui se seraient écoulés sans information notable. Ces chapitres n'ont pas forcément d'importance pour l'histoire mais permettent de garder une certaine continuité scénaristique et d'étoffer la trame. Cela rallonge un peu l'histoire et la phase finale dans laquelle elle était engagée.
Pour ce qui est de ce chapitre par exemple, il s'incruste parfaitement entre les deux qui devaient initialement se suivre et est la suite logique du précédent.
Sur ce, bonne lecture !
Le cimetière du Père-Lachaise n'avait pas même pas trois ans d'existence qu'il était déjà considéré comme l'un des lieux de promenade les plus charmants de Paris. Chaque jour, et en particulier en fin de semaine, il n'était ainsi pas rare de croiser au détour des nombreux petits sentiers tracés selon les plans de Brongniart des parisiens endimanchés, de riches bourgeois n'ayant rien d'autre à faire de leur journée que de marcher le long des voies, discutant en tout insouciance des derniers potins en vogue dans le capitale, des femmes joliment habillées traînant avec elles leur marmaille bruyante et tapageuse au beau milieu des quelques tombes déjà installées et fleuries pour la plupart.
Le cimetière avait été installé à la périphérie de la ville, dans un endroit encore épargné par la voracité d'une capitale qui ne cessait de grandir et de dévorer tout ce qui se trouvait sur son passage. Il suffisait ainsi de se diriger vers le Nord ou l'Est pour se retrouver en pleine campagne, avec des champs à perte de vue et de petits villages comme Montreuil ou Bobigny épargnés par l'urbanisation croissante de Paris, loin du tumulte d'une ville colossale et de ses centaines de milliers d'habitants qui prenaient désormais le moindre prétexte pour la fuir, échapper à cette machine implacable pour retrouver l'espace d'un moment la toute quiétude d'un paysage champêtre.
Ces gens, se promenant au gré de leur envie dans les allées du cimetière, cherchaient peut-être ainsi ce calme qui leur manquait tant en ville, une tranquillité qu'aucun autre meilleur endroit ne pourrait leur donner que le lieu du dernier repos des morts. Un œil extérieur trouverait cela étrange, malsain et d'une certaine façon incorrect de la part des vivants de troubler la paisible quiétude des défunts, mais pour ceux qui avaient la malchance de vivre dans un territoire aussi animé que Paris et qui leur rappelait à chacun et chacune leur existence terrestre, les grands principes avaient aussi peu d'importance que celui de venir nourrir les canards d'un étang avec du pain quand certains mourraient le long des artères sales et malodorantes de la capitale en ayant l'espoir vain de pouvoir y goûter eux aussi.
C'était ainsi que par une froide matinée d'Avril, les promeneurs étaient encore là, venus suffisamment tôt pour échapper à la cohue qui aurait lieu dans quelques heures pour pénétrer dans ce havre de paix en ayant d'autre questionnement en tête que de savoir si le temps leur permettrait de pouvoir pique niquer sous un arbre où s'il fallait dès à présent prévenir le cocher qu'ils rentreraient pour le dîner.
Rares étaient les personnes respectant véritablement le sens premier de ce cimetière, mais rares étaient les tombes qui le composaient. Le Père-Lachaise était divisé en trois sections : La première était une simple fosse commune, à proximité de l'entrée et dans laquelle étaient jetés les malheureux ramassés sur le parvis d'une église, sur la chaussée de Paris ou repêchés depuis les rives de la Seine dont le débit continuait inexorablement à s'écouler tranquillement à proximité. Les indigents, ceux qui n'avaient pas les moyens de se payer une tombe décente, ceux dont on ne réclamait jamais le corps finissaient là, anonymement au beau milieu d'autres anonymes qui finiraient en poussière et se mélangeraient à la chaux que l'on déversait sur eux pour accélérer le pourrissement et la dégradation des chairs.
La seconde partie rassemblait ceux qui avaient les moyens de se permettre une pierre tombale sur laquelle serait à jamais gravé leur identité, preuve qu'ils furent autrefois quelqu'un, une personne de chair et d'os qui eut comme les visiteurs du cimetière une existence à elle faite de haut comme de bas. Cette partie était la pièce centrale du jardin anglais dans lequel avait été bâti le Père-Lachaise, mais il y avait si peu de tombes actuellement que la vision qu'il offrait s'apparentait effectivement à un ravissant jardin qu'à un lieu de repos éternel. Les gens qui y étaient enterrés n'avaient plus à se soucier de rien, mais ceux qu'ils laissaient derrière eux allait devoir encore s'en soucier pour quelques temps encore ; Ces tombes n'étaient pas définitives, et dans l'éventualité où la location n'était pas payée Ad vitam Aeternam, les corps qui y reposaient «ne faisaient pas de vieux os».
La troisième enfin comprenait les tombes les plus originales, les plus joliment bâties et les plus imposantes, comme si les personnes qui y étaient enterrées voulaient que même leur mort soit aussi fastueuse et impressionnantes que leur vécu. Cette partie était la plus belle du cimetière, celle qui était également la plus boisée et qui offrait une intimité somme toute relative à des gens qui ne s'en souciaient plus guère. C'était aussi la partie la plus visitée, et l'on admirait les sarcophages de pierre comme on le ferait pour des monuments plus anciens mais tout aussi tape-à-l'œil.
Marie-Louise devait admettre qu'elle même avait à deux ou trois reprises goûté à l'atmosphère paisible de cette dernière partie depuis l'ouverture du Père-Lachaise, mais à l'inverse de la majorité des gens qui y venaient en famille, entre amis ou pour d'autres activités nécessitant d'être au moins deux, elle s'y rendait simplement pour avoir l'occasion de se dégourdir les jambes , d'avoir l'espace d'un instant l'impression réelle de se trouver en forêt avec pour horizon lointain la capitale française et d'oublier un court instant les tracasseries qui jalonnaient déjà sa longue vie déjà bien remplie.
Elle aimait en outre se recueillir dans la partie magique du cimetière, sur ces tombes devant lesquelles les moldus ne verraient qu'un amas de gravier mais pour les gens comme elle des monuments tout aussi massifs que leurs pendants non-magiques. Il y a deux ans, cette quatrième partie si l'on osait dire avait été inauguré par le célèbre alchimiste Nicolas Flamel, mort subitement avec son épouse de cause naturelle et tous deux enterrés là depuis lors. Leur sarcophage était recouvert de symboles étranges, de runes relativement compliquées à déchiffrer et d'écritures latines qu'un novice serait bien incapable de traduire.
Elle s'y était amusée, et elle avait encore en mémoire les curieuses énigmes de son concepteur dans la tête. Mais elle se garderait bien d'en rapporter leur signification pour le moment tant les circonstances ne le lui permettaient pas.
La princesse de Lamballe se trouvait en compagnie de Lily et de sa chère et tendre vieille amie la marquise de Tourzel, mais aussi et surtout de Remus Lupin, péniblement remis de ses blessures et appuyé sur une belle canne à pommeau d'argent alors qu'ils regardaient tous les quatre la nouvelle tombe qui venait s'ajouter aux cent-vingt-cinq autres du Père-Lachaise. Comme les autres Marie-Louise s'était vêtue sobrement et en violet pour les circonstances quand Remus lui avait opté pour un haut-de-forme, une nouveauté vestimentaire anglaise qui faisait fureur auprès de la gente masculine, et d'un long manteau noir lui arrivant aux genoux. Son chapeau était légèrement rabattu sur le devant, peut-être par envie de masquer ses cicatrices bien qu'il était fort possible qu'il puisse leur envier les mantilles qui leur voilaient le visage. Tous les quatre avaient gardé le silence depuis vingt bonnes minutes, les yeux rivés sur la pierre tombale de pierre sur laquelle étaient gravés ces mots :
Ci-Git
Sirius Orion Black
1769 – 1807
Mais si nous marchons dans la lumière,
comme il est lui-même dans la lumière,
nous sommes mutuellement en communion,
et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.
L'épitaphe était parfaitement adaptée aux circonstances entourant la mort de cet homme, et Remus avait longuement épluché la bible, enfermé pendant des jours dans sa chambre sans accepter la moindre visite autre que celle d'un médecin, avant de déterminer son choix sur cette phrase tirée de l'évangile de Jean qui traitait à la fois de rédemption et d'expiation de ses actions passées.
Son compagnon loup-garou demeurait cependant obstinément muet, plongé dans une réflexion depuis deux semaines dans laquelle il ne semblait pas vouloir faire surface. Les mains jointes sur le pommeau de sa canne, il contemplait d'un œil absent la lourde pierre tombale sans mot dire, l'esprit ailleurs. Faire le deuil d'un homme dont on n'avait éprouvé pendant si longtemps de la répulsion avait l'air particulièrement difficile pour lui, et bien que les quelques bribes d'informations sur son enlèvement laissaient à penser que Sirius n'était en fin de compte pas si un si malhonnête homme qu'il n'y paraissait, les trois femmes à ses côtés ne ressentaient pas le même rapport envers lui que Remus pour son camarade d'école.
- Nous… Nous risquons d'être en retard pour notre rendez-vous, argua avec hésitation la princesse de Lamballe en se tournant vers lui.
- Viens Remus, ne traînons pas davantage, l'invita quant à elle Lily en passant un bras autour du sien.
Mais comme toujours Remus ne répondait rien, gardant les yeux fixés sur cette tombe dans laquelle étaient renfermées les cendres du malheureux qui avait expiré à Lamballe. Marie-Louise gardait pour elle le frisson qui menaçait d'apparaître en se remémorant la manière dont était mort l'homme étendu dans son salon, les jambes puis le bas du corps tombant en poussière de la même façon qu'un corps se décomposerait dans un cercueil avant de finir en une poussière si fine qu'ils eurent bien du mal à en extraire la plus grosse partie du tapis.
- Je vais prévenir le cocher de notre départ, proposa alors la marquise de Tourzel avant de s'éloigner à pas lents.
- Vous pourrez revenir ici aussi souvent que vous le souhaitez, reprit Marie-Louise dans une pâle tentative pour le forcer à bouger. Monsieur Lupin, il est capital pour nous que arrivions à l'heure à cet entretien…
- ça ne le fera pas revenir…, la coupa Remus d'une voix morne.
- C'est vrai, lui accorda t-elle. Mais… Si vous voulez que son sacrifice ne soit pas vain, si vous voulez vous venger de l'homme qui est la cause de sa disparition… Si vous voulez faire en sorte que tout ce cycle de violence, de drame et de douleur cesse, pour l'avenir de votre neveu et de sa sœur, il vous faut parler, dire ce qui s'est passé pour que plus jamais cela ne se reproduise. Faites le pour lui Remus, respectez sa dernière volonté. Il voulait que vous protégiez son propre neveu, et croyez-vous qu'il le sera sous la coupelle de ce sinistre personnage?
- Nous pourrions tout aussi bien aller à Poudlard l'arracher aux griffes de Dumbledore…, dit-il sans y croire lui-même.
- Et nous serions accusés d'enlèvement, contra t-elle. Dumbledore est une personne influente qui n'aura aucune mal à lancer une procédure judiciaire à notre encontre. Non, il nous faut user des mêmes armes que lui, et votre témoignage sera on ne peut plus crucial pour mener à bien ce que nous voulons faire.
Le parrain de son fils demeurait de nouveau silencieux, mais après quelques longues secondes supplémentaires à admirer la dernière demeure de Sirius, il tourna lentement la tête vers elle, hocha celle-ci brièvement avant de s'éloigner en claudiquant vers la sortie, Lily toujours accrochée à son bras.
- Merci de nous l'avoir amené, chuchota alors Marie-Louise en regardant une dernière fois la pierre.
Un fiacre, conduit par Antoine et portant les armoiries de la princesse, les attendait à la sortie du cimetière, et tous les quatre purent tenir à leur aise à l'intérieur du véhicule avant que celui-ci ne s'ébranle pour les conduire au cœur même de Paris, dans le quartier de la Monnaie sur la rive gauche de la ville. En raison du caractère magique de leur affaire, Louise-Elisabeth fut reconduite à l'hôtel particulier de la princesse qui se trouvait sur leur route.
- Marie-Rose est impatiente de vous revoir, déclara alors Marie-Louise pour alléger l'atmosphère pesante du fiacre. Dans sa dernière lettre elle me demandait ce qui vous ferait plaisir lorsqu'elle vous reverrait. Ne trouvez-vous pas que notre fille est absolument charmante quand elle le désire, Lily?
- Assurément, approuva t-elle d'un ton gai. Quand il s'agit de faire plaisir à un proche, cette demoiselle est d'une nature si bienveillante qu'il m'arrive de m'en étonner. Souviens toi donc quand tu étais tombé malade et qu'elle n'avait pas trois ans, elle avait exigé d'elle-même d'être ton infirmière jusqu'à ce que tu te rétablisses. Elle n'a pas quitté ton chevet pendant quatre jours avant d'être certaine que tu guérisses.
Mais si l'anecdote arracha un sourire à Lily en repensant à cette lointaine époque, Remus gardait obstinément le visage tourné vers la petite vitre à côté de lui. Les deux femmes échangèrent un regard navré, puis Marie-Louise haussa finalement des épaules avant de reprendre une autre conversation sur un tout autre sujet.
Leur trajet se termina finalement environ vingt minutes plus tard une fois l'île de la cité franchie. Les embouteillages avaient été nombreux, les charrettes renversées sur la chaussée fréquentes et les contrôles de police suffisamment routiniers pour qu'une simple escapade puisse prendre un temps beaucoup plus long.
- C'est ici, dit-elle en joignant la parole au geste en indiquant d'un mouvement de tête le petit écriteau fixé en hauteur sur un mur sur lequel était écrit «Passage de l'abbaye».
Comme tout ce qui se trouvait à proximité de la Sorbonne, les rues ici étaient relativement bien entretenues, et déjà à cette heure avancée de la matinée les badauds en tout genre et aux professions diverses s'attelaient déjà à leur routine quotidienne.
Eux n'avaient pas le loisir de pouvoir s'attarder devant chaque vendeuse ambulante, et à peine furent-ils sortis de leur fiacre qu'ils empruntèrent un petit escalier les menant à un vestibule vide si l'on exceptait la banquette installée là sans trop que l'on sache pourquoi et l'escalier qui menait aux étages.
Un concierge qui passait par là leur indiqua d'une voix peu aimable le troisième étage après que la princesse lui eut décliné l'identité de la personne qu'elle souhaitait rencontrer. Ils montèrent lentement les marches, le cœur de Marie-Louise étrangement battant contre sa poitrine alors qu'elle gravissait les étages. Sur leur chemin ils firent la rencontre d'une haute glace sur pied qui reflétait le trouble qui les animait tous les trois, et surtout l'air morne qu'affichait constamment Remus.
Enfin ils parvinrent à la dite-porte, et après un hochement de tête de Lily, la princesse tapa doucement contre elle. Un raclement de chaise se fit immédiatement entendre, et la porte s'ouvrit presque aussitôt. Un homme se tenait derrière elle, la mine bien faite et apprêté de la même façon que s'il allait bientôt sortir pour une promenade, et les regardait curieusement en attendant sa doute de connaître leur identité.
- Qui dois-je annoncer?
- Marie-Louise de Savoie-Carignan, énonça t-elle distinctement. Ces deux personnes sont là pour m'accompagner pour l'entretien que je devais avoir avec Monsieur Chauveau-Lagarde.
- Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer, les invita t-il en ouvrant largement la porte.
Le secrétaire ne tarda pas également à les délester du superflu de leur tenue avant de les conduire en direction d'une autre porte sur laquelle il toqua brièvement. Un autre homme les attendait à l'intérieur, l'air tout aussi propre sur soi que l'autre et un sourire affable esquissé du bout des lèvres à la vue de la personne qui se présentait à lui. Lorsqu'il se leva pour les accueillir, tous purent voir à quel point l'homme était fort grand, plutôt fin et marchait d'un pas si vif qu'il donnait presque l'impression de courir.
- Madame, la salua t-il en baisant doucement la main que Marie-Louise lui tendait. Vous dire que c'est un plaisir de vous accueillir dans mon cabinet est encore bien trop faible pour exprimer le ravissement de votre venue.
Il se présenta également à Remus et Lily, s'attardant d'ailleurs longuement sur cette dernière qu'il dévorait littéralement des yeux en la complimentant sur sa mise. La princesse de Lamballe pouvait clairement la voir rougir furieusement, tant par gêne que sous les compliments flatteurs de l'avocat.
Chauveau-Lagarde leur désigna les fauteuils installés devant son bureau tout en discourant sur les jolies dames qui faisaient leur réapparition en même temps que les premières lueurs du printemps. La pièce était plutôt étroite et ressemblait à une bibliothèque avec sa multitude de volumes de droit qui remplissaient les étagères. Deux grandes baies leur faisaient face, et la lumière extérieure les éblouissaient quelque peu alors qu'ils prenaient place.
- Bien, souffla Chauveau-Lagarde en s'asseyant face à eux. Voulez-vous quelque chose à boire avant de commencer?
- Non merci, répondit poliment la princesse.
- Dommage, j'avais pourtant de quoi vous satisfaire pour la durée de notre entrevue, avoua l'avocat en sortant brusquement une baguette magique.
D'un geste, il fit apparaître un plateau sur lequel reposait une théière et trois tasses fumantes. D'un autre, il ferma brusquement les rideaux de damas contre les fenêtres de son bureau avant d'allumer les bougies disséminées dans celui-ci.
- Nous ne voudrions pas être dérangés pour ce que nous nous apprêtons à faire, dit-il en faisant cliqueter le verrou de la porte. Alors dites-moi maintenant, êtes vous toujours prête à cela?
- Plus que jamais, lui certifia Marie-Louise. Lily et moi-même avons depuis des semaines complété le dossier que je vous ai transmis concernant l'affaire que nous souhaiterions porter devant une cour pénale.
- Lily? Répéta t-il en tournant son regard vers la seule femme rousse de la pièce. Une si jolie femme ne pouvait qu'avoir le nom d'une fleur en guise de prénom.
- Si… Si vous vouliez bien vous concentrer sur notre affaire, plaida la princesse alors que Lily se remettait de nouveau à rougir.
- Bien sûr bien sûr, opina l'avocat en passant négligemment une main dans ses cheveux bouclés.
Et tout en buvant une gorgée de café, il fouilla machinalement dans l'un des tiroirs de son bureau avant d'en sortir un dossier relativement épais et maintenu par un cordon.
- J'ai… analysé les éléments que vous m'avez apporté, déclara t-il en feuilletant les différentes feuilles contenues à l'intérieur. C'est très intéressant je dois l'admettre, et plusieurs éléments sont parfaitement recevables auprès d'une cour de justice…
- Mais? S'enquit Marie-Louise.
- Cette affaire sera très difficile sans certaines preuves importantes pouvant incriminer Albus Dumbledore, avoua t-il sans quitter des yeux les feuillets. Pour ce qui est de l'enlèvement, de la séquestration, des violences commises, vos témoignages et les gages que vous apportez permettront sans doute de pouvoir ouvrir une enquête lorsque vous le souhaiterez, cependant vous savez tout aussi bien que moi que cet homme possède des accointances particulières avec les milieux politiques anglais. Son crédit à certes fortement baissé depuis l'an passé, mais je doute que le ministère de la magie anglais se laisse abuser par un procès où l'une des figures les plus importantes du monde magique puisse être condamné. Nous devons nous attendre à de puissantes attaques contre nos allégations, mais aussi des attaques indirectes contre vous. Dumbledore et ses affiliés n'hésiteront pas à fouiller votre passé pour vous discréditer.
- Nous sommes prêts, affirma la princesse de Lamballe d'une voix assurée. Nous sommes plusieurs à accumuler des preuves à l'encontre d'Albus Dumbledore dans des incidents où son implication est plus ou moins évidentes. Nous le soupçonnons encore d'autres délits, mais ce ne sont que des suppositions malheureusement. Mais Remus ici présent est la personne directement impliquée par les accusations que nous portons contre lui, et son témoignage j'en suis persuadée permettra d'éclairer sous un nouveau jour ce dossier.
- Vraiment? Argua avec un intérêt manifeste Chauveau-Lagarde. Vous êtes la victime de cette affaire? Avez-vous fait constater l'étendue de vos blessures auprès d'un médecin afin d'avoir un rapport écrit des conséquences physiques de votre enlèvement?
- Monsieur Lupin n'est pas vraiment disposé à répondre à toutes vos questions, lui avoua Marie-Louise en jetant un coup d'œil en direction du loup-garou. Il est encore très affecté par ce qui lui est arrivé, mais nous pensions qu'il pourrait peut-être apporter quelques informations supplémentaires quant au déroulement de son enlèvement.
- Pourriez-vous arrêter de parler pour moi? Dit-il tout à coup d'un ton particulièrement amère.
Le silence se fit tout à coup absolu, et trois regards étonnés pour ne pas dire davantage regardaient le parrain d'Harry de la même manière que si Remus s'était soudainement déshabillé sous leurs yeux et se promenait en culotte.
- Alors quoi? S'exclama t-il en se levant de son fauteuil. Est-il possible au moins une fois dans ma courte vie de pouvoir prendre une décision par moi-même sans que vous ne vous en mêliez?
- Je vous demande pardon? S'offusqua la princesse en fronçant ses sourcils.
- Je ne vous ai jamais donné mon aval pour assister à cet entretien, vous m'avez forcé la main pour que je vienne expliquer comment pendant deux mois un cinglé m'a retenu attaché à une chaise, m'a torturé de toutes les manières possibles, et je n'ai pas même pas eu l'opportunité de vous dire que non, je ne voulais pas participer à cette affaire ! Disait-il en faisant les cent pas. Je veux juste oublier, je veux… Je veux qu'on me laisse tranquille !
Et sans leur laisser le temps de lui en dire davantage, Remus sortit d'un pas furieux du bureau, laissant derrière lui trois personnes particulièrement médusées de son soudain changement d'attitude.
- Eh bien, souffla la princesse de Lamballe après une bonne minute de silence, auriez-vous encore du café s'il vous plaît? Je pense que nous en aurons besoin.
Et ce n'était pas peu dire.
A/N : Chapitre terminé. Donc comme je l'avais expliqué, ce chapitre servait surtout à montrer les retombées de la mort de Sirius pour Remus, histoire d'éviter de laisser plusieurs mois de silence sur son ressenti et ne pas laisser l'impression que sa mort ne lui faisait rien.
L'idée du père-Lachaise m'est venue soudainement en allant le visiter il y a quelques semaines. C'est assez drôle d'ailleurs de le parcourir aujourd'hui en songeant que deux siècles plus tôt on y trouvait probablement plus d'arbres que de tombes ^^. En tout cas j'avais envie d'écrire un chapitre s'y déroulant même en partie, d'où l'ajout de celui-là.
J'avais également envie de faire intervenir Chauveau-Lagarde dans cette histoire depuis environ... Deux ans. J'étais allé voir une petite exposition sur lui dans la chapelle-expiatoire pour en savoir un peu plus sur sa vie, son oeuvre et ses procès marquants, et surtout parce qu'il avait été l'avocat de Marie-Antoinette et Charlotte Corday lors de leurs procès respectifs, alors j'avais envie de lui rendre hommage d'une certaine façon. Ce ne sera pas un personnage particulièrement fréquent, mais on risquerait bien de le revoir rôdant à proximité de Lily.
L'idée du procès contre Dumbledore avance, mais Remus ne semble pas vouloir y prendre part... Pour le moment? Peut-être qu'il faut attendre que le deuil se passe et il reviendra à de meilleures dispositions.
Comme d'habitude le prochain chapitre arrivera la semaine prochaine. Soyez patients ;)
à bientôt !
