Bonjour à tous,

Un peu pressé par le temps, je vous offre ce weekend encore le nouveau chapitre de cette histoire. Je remercie comme toujours les personnes m'ayant laissé un commentaire, même si je m'attendais à plus de retour sur ce premier combat entre Voldemort et Dumbledore ^^.

Ce nouveau chapitre sera beaucoup plus politique que les précédents et traitera directement des derniers événements.

Sur ce, bonne lecture !


Ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait se targuer d'assister à une séance plénière du Magenmagot réunissant l'intégralité de ses membres. Qu'importait la couleur politique, les idéaux défendus ou les opinions sur certains sujets, les anicroches possibles et visibles entre certaines factions ou certains membres, les affinités et les dissensions récentes ou plus anciennes, l'emploi du temps surchargé qui ne permettait pas en temps normal de venir ou la paresse qui incitait le malheureux la ressentant à se prélasser dans un fauteuil, un verre de Gin à la main.

Rien de tout cela n'avait pu venir à bout de la volonté unanime des membres du magenmagot à participer à cette session qui s'annonçait déjà tout aussi extraordinaire que le sujet principal qui allait animer les débats du jour. La tension n'avait jamais été aussi palpable qu'en cette journée fatidique, celle où leur monde pourrait bien basculer lorsque la séance serait levée, qu'un coup de marteau retentirait en écho dans la grande pièce circulaire au prononcé d'un verdict qui permettrait à leur communauté de garder la tête haute et d'avancer toujours plus en avant ou de dégringoler dans un abîme si profond que même la main tendue du destin ne pourrait tous les sauver.

Cygnus savait que cette journée ne serait pas ordinaire, mais les deux derniers jours ne l'avaient pas été non plus depuis la mort brutale et soudaine du ministre de la magie, et c'était un véritable miracle que leur pays soit encore debout à cette heure-ci quand leur gouvernement n'avait pour ainsi dire plus de tête. Debout, lui-même l'était pour le moment, installé dans sa loge personnelle alors qu'il attendait le début des débats et que ses collègues aient terminé de prendre place dans l'hémicycle. À côté de lui, tant pour lui servir de soutien moral que par simple curiosité d'être là, sa chère femme attendait elle aussi silencieusement, le regard constamment braqué sur la tribune en face d'elle d'où d'un instant à l'autre allait prendre place les membres restants du cabinet ministériel de Cornelius Fudge et des principaux directeurs des départements du ministère.

Les conversations allaient bon train dans l'immense salle, et les commentaires les plus animés perçaient de temps à autre le brouhaha ambiant pour parvenir jusqu'à ses oreilles. On discourrait ainsi des poursuites à tenir contre les principaux accusés, des retombées terribles que pourraient avoir ce meurtre pour eux, de la rocambolesque affaire dont l'origine trouvait sa source dans les locaux dévastés du ministère et de la tête tranchée du pauvre malheureux retrouvé baignant dans une mare de sang dans son bureau. Mais personne n'arrivait à s'accorder sur quoi que ce soit, et qu'il s'agisse de l'opinion des plus conservateurs, du camp progressiste ou de l'éternel incertitude des modérés, le magenmagot risquait d'avoir de fortes difficultés à se mettre d'accord sur le sujet du jour.

- Je vois qu'Augusta a amené avec elle son petit-fils, commenta Belvina en jetant un coup en direction de la loge de la maison noble et ancienne des Londubat.

- Il faut bien qu'elle l'initie tôt ou tard aux enjeux politiques de notre communauté, répondit-il distraitement en observant le garçon emprunté et nerveux assis à côté de sa grand-mère. Cette journée s'annonce déjà historique… Il n'y a que très peu d'exemples dans notre histoire d'un ministre de la magie assassiné, et qui plus est dans les locaux même du ministère de la magie. En temps normal cela n'arrivait qu'en temps de guerre, et les gens craignent qu'une nouvelle puisse bientôt arriver.

- Et tu le crois toi aussi? S'enquit son épouse en se saisissant doucement de sa main.

Un petit sourire s'esquissa du bout de ses lèvres devant le geste affectueux de Belvina, mais celui-ci disparut tout aussi vite devant les enjeux de cette réunion.

- Je crains surtout qu'une période d'instabilité puisse succéder à ce meurtre, confia t-il. Le peuple, la presse, tout le monde voudra un coupable, et tant que celui-ci ne sera pas sous les verrous d'Azkaban ou exécuté, j'ai peur que la tension ne retombe pas. Par ailleurs il n'est jamais bon que la tête même de l'État soit attaquée car cela pourrait avoir une incidence sur tout le reste du corps politique, et certaines personnes malavisées pourraient profiter de ces troubles pour jaillir du sol et pourfendre ce qu'il nous reste de gouvernement.

- Tu penses à lui, n'est-ce pas? Lui demanda t-elle bien que son ton paraissait plus affirmatif qu'interrogatif.

- Qu'il soit derrière tout ça ou non, cela m'importe peu, lui expliqua son mari. Mais je suis persuadé qu'il agira de telle manière que cette situation pourrait tourner à son avantage. Mais installons-nous ma chérie, cela devrait commencer sous peu.

Et tout en parlant, il la conduisit jusqu'au siège installé à proximité direct du sien. Sur la petite table glissée entre eux apparut soudainement un plateau d'argent dans lequel reposait une carafe d'eau et une bouteille de vin français ainsi que deux coupes qu'ils ne tardèrent pas à remplir.

- Quelle anticipation, commenta avec satisfaction Cygnus tandis qu'il humait délicatement le liquide écarlate de son verre. Nos charmants elfes savent comment nous rendre plus douces ces si ennuyeuses réunions… Mais ta présence la rend encore plus charmante à mes yeux, ajouta t-il en jetant un regard en direction de sa femme.

- Idiot, gloussa Belvina en lui frappant légèrement le bras avec l'éventail qu'elle tenait dans la main. On pourrait nous voir…

- Et alors? S'étonna Cygnus avant de boire une gorgée de vin. Les médisants n'y verraient qu'un homme faisant la cour à sa charmante épouse comme il le faisait déjà autrefois entre deux cours de magie. Peut-être y-a t-il un placard à balai dans le coin où nous pourrions nous réfugier comme au bon vieux temps?

- Arrête donc ! Chuchota fébrilement sa femme en regardant autour d'elle, le rouge lui montant rapidement aux joues.

Un ricanement s'échappa de ses lèvres devant la timidité de celle qui partageait sa vie depuis si longtemps, et tandis qu'il la regardait se trémousser nerveusement son son siège, Cygnus estimait qu'il n'avait jamais pris une meilleure décision dans sa vie que le jour où il avait annoncé à ses parents son intention d'épouser la jeune fille qu'il aimait, à quand bien même celle-ci serait t-elle issue d'une maison dont la noblesse était inférieure à la sienne.

- Je plaisantais, dit-il comme pour s'excuser alors qu'il reprenait un ton plus sérieux. Compte tenu des circonstances, je pensais qu'alléger l'atmosphère serait bénéfique pour nous avant d'assister à cette réunion.

Et comme pour le lui confirmer, le calme survint soudainement à l'instant même où les plus hauts représentants du ministère de la magie firent leur entrée, tous sans exception et d'une façon où l'on sentait que le message véhiculé était que le gouvernement faisait bloc devant la situation dangereuse dans laquelle tous se trouvaient. Les retardataires se précipitèrent pour prendre place dans leurs loges respectives dans un silence pesant, glaçant et à dire vrai impérieux par la solennité du moment. Person ne ne manquait à l'appel, du moins si l'on exceptait les deux sièges vides d'Albus Dumbledore et de James Potter ainsi que le trône principal où en temps normal le ministre de la magie supervisait les séances et qui, par respect pour son ancien locataire, était demeuré vacant.

- La séance est ouverte, démarra le greffier Oswald Perrington une fois que tout le monde eut pris place. Session plénière du magenmagot en date du 14 avril 1807 sous la supervision des directeurs départementaux du ministère de la magie. À présent avant que nous commencions cette séance, si vous voulez bien vous lever, nous allons rendre l'hommage qu'il se doit à notre regretté ministre de la magie, Cornelius Fudge, décédé dans des circonstances tragiques sur lesquelles porteront nos débats.

Dans un raclement de chaises, de fauteuils ou de bois craquant sous le poids de leurs propriétaires, tous les membres se levèrent comme un seul homme, et les inimitiés mises de côté, chacun garda la tête basse, les mains jointes devant eux alors qu'ils observaient sans vraiment le voir le pupitre du ministre qui, pour quelques jours encore, seraient inoccupés. Cygnus n'avait jamais beaucoup aimé Cornelius, mais il n'en demeurait pas moins que, comme tous les autres, il éprouvait un immense respect pour la fonction qu'il avait occupée, alors il ne dérogerait pas à la règle de la minute de silence. Seule Dolorès Ombrage, exceptionnellement revenue de Poudlard pour y assister aussi, brisait de temps à autre le silence imposé par ses gémissements plaintifs sans que l'on sache véritablement si elle pleurait ou faisait mine de le faire.

- Vous pouvez vous asseoir, les invita de nouveau Oswald tandis qu'un concert de chaises se faisait à nouveau entendre. La parole est à la directrice du département de la justice magique, Lady Amélia Bones.

- Merci Monsieur le greffier, dit-elle en inclinant la tête vers lui. Messieurs Dames les membres éminents du magenmagot, chers confrères et consœurs, chers membres du ministère de la magie, je n'irai pas par quatre chemins en vous expliquant par de grandes formules alambiquées que la situation est grave. Notre communauté, dont l'équilibre était déjà fragilisé par des querelles intestines depuis longtemps déjà, a été frappée dans ce qui la touche le plus profondément, là où nous pensions jusqu'à présent que rien ne pourrait l'atteindre. Nous berçant d'illusions, nous pensions que jamais nous ne connaîtrions une telle situation, un tel enchaînement de faits auxquels nous n'étions préparés et pour lesquels nous ne pensions pas avoir besoin de l'être tant l'idée nous paraissait invraisemblable. Et pourtant, au sein même de ces murs qui ont connu des siècles de conflits, de situations hasardeuses et des tensions toujours plus vives, jamais nous n'aurions imaginé qu'un jour, la tête même de l'État serait anéantie. Pourtant, ce jour est arrivé i présent près de 48 heures, et c'est à nous, membres du magenmagot, réunis en une assemblée où les dissensions ont cure depuis si longtemps, de nous unir tel un seul Homme, de lever le glaive de la justice et de réparer les fautes commises pour redresser notre société, pour l'empêcher de tomber dans l'abîme où les ennemis du dehors comme du dedans souhaiteraient nous plonger, de frapper les auteurs de cet acte abject par la loi des Hommes et des sorciers tous levés pour réclamer la sanction qui prévaut…

- On m'avait parlé des talents d'oratrice d'Amélia, mais je dois admettre que les commentaires à ce sujet étaient bien loin de la réalité, argua à voix basse Belvina en regardant d'un air captivé la directrice du département magique disserter des suites à apporter à cette affaire.

- Tu es encore loin du compte ma chère, affirma son mari en ne quittant pas davantage des yeux la femme discourir à quelques mètres en dessous de lui.

Un tonnerre d'applaudissement les interrompit dans leur conversation, et avec une pointe de déception, Cygnus constata avec dépit qu'il n'avait pas entendu la fin du discours d'Amélia Bones. Cependant il se joignit comme les autres à son appel à l'unité et au soutien réclamé du gouvernement pour régler au plus vite cette affaire.

- Le bureau des Aurors s'associera bien évidemment avec le département de la justice magique pour éclaircir cette nouvelle affaire, et les avancées dans l'enquête qui nous a déjà été confiée seront quotidiennement rendues publiques à condition évidemment qu'elles n'entravent pas son bon déroulement, intervint alors à côté d'Amélia un homme à la tignasse grise et si épaisse qu'elle ressemblait à une crinière. Quiconque détiendrait des preuves, des témoignages ou de simples rumeurs est invité à nous les rapporter aussi tôt que possible…

- Et qu'en est-il de Dumbledore, Rufus? Intervint Lord Smith. N'est-ce pas pour traiter de son cas que nous avons tous été convoqués?

Un murmure parcourut l'assistance alors que les têtes se tournaient pour commenter cette nouvelle intervention.

- Notre enquête progresse, mais nous devons encore accumuler certaines preuves pour incriminer Albus Dumbledore des chefs d'accusation qui pourraient être portés contre lui…, commença Rufus Scrimgeour avant d'être à nouveau interrompu par Lord Smith.

- De quoi de plus avez-vous besoin? Répliqua t-il d'un ton furibond. Vous avez une bonne vingtaine de témoins qui affirment l'avoir aperçu en compagnie du ministre vingt minutes avant l'heure à laquelle il aurait été assassiné ! Lui, ainsi que Severus Rogue et Lord Potter se trouvaient dans le bureau de Cornelius, et ces trois hommes ont mystérieusement disparu depuis deux jours ! Quelle preuve suffisante vous faut-il de plus pour les incriminer qu'un délit de fuite évident?

Le brouhaha s'invita de nouveau au sein de l'assemblée, mais de ce qu'il pouvait entendre Cygnus sentait clairement qu'une majorité nette de celle-ci était d'accord avec Lord Smith.

- Cette question devait être décidée au terme de nos débats, les informa le greffier d'audience, mais si vous insistez alors oui : Je demande au magenmagot de décider à baguette levée des poursuites à entreprendre à l'encontre d'Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Que ceux qui votent pour le lancement d'une procédure pénale contre lui lèvent leurs baguettes.

Sans surprise, une majorité nette se détacha à l'invitation d'Oswald. Tout le gouvernement en fit autant, mais Cygnus, qui éprouvait pourtant une haine sans limite pour le vieil homme, gardait malgré tout en tête qu'en l'absence de preuves évidentes et d'aveux, la culpabilité de Dumbledore restait encore à prouver. Aussi lorsque le greffier invita les indécis à se prononcer, il fut l'un des rares à lever sa baguette pour s'abstenir de toute décision.

- Le oui l'emporte très largement, commenta le greffier en prenant note des résultats. Ainsi si l'on en juge par les chefs d'accusation susceptibles d'être portés à l'encontre d'Albus Dumbledore, nous en arrivons à l'homicide sur personne dépositaire de l'autorité, vandalisme et destruction, atteinte à l'intégrité morale et physique de l'État, délit de fuite etc. Les mêmes chefs d'accusation seront également portés à l'encontre de ses possibles complices.

- Et qu'en est-il de Bellatrix Lestrange? Intervint alors Cygnus alors que toutes les têtes se tournaient vers lui. N'a t-elle pas été trouvée inconsciente et gravement blessée au beau milieu des décombres? Ne devrait-on pas attendre son rétablissement pour l'interroger et comprendre le déroulement des faits qui se sont déroulés ce soir-là? Pourquoi Lord Malefoy n'est-il pas lui-même interrogé par le bureau d'enquête des aurors alors que lui-même avait assisté à cette entrevue entre le ministre de la magie et le directeur de Poudlard?

- C'est au département de la justice de trancher le cas de Madame Lestrange afin de déterminer si nous attendrons un rétablissement qui pourrait ne jamais survenir étant donné la gravité des blessures, ou si nous appliquons immédiatement la peine qui était encourue contre elle depuis son évasion à savoir le baiser du détraqueur, répliqua calmement le greffier.

- Et perdre ainsi notre seule chance de savoir ce qui s'est passé, belle justice effectivement, cingla le père de Daphné avec humeur. Je demande que le cas de Bellatrix Lestrange soit examiné lors d'une prochaine réunion, et je suis persuadé que Madame la directrice du département de la justice magique sera d'accord avec moi pour trancher cette question dans sa quête de vérité. N'est-ce pas Lady Bones?

- En effet, dit-elle d'une voix calme en hochant légèrement sa tête. Mais de nombreux paramètres devront être examinés avant de porter cette question aux voix de notre assemblée.

Cygnus réprima l'envie de souffler de soulagement qui le tiraillait et garda une certaine retenue devant ses collègues, mais intérieurement il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait bien agi en réussissant à faire reculer pour quelques temps l'enquête qui tendait à prendre une tournure défavorable à Dumbledore. Pour autant une partie de lui s'insurgeait contre son intervention et estimait qu'Albus n'aurait que ce qu'il méritait.

Quant au cas de Lucius Malefoy, cela lui était complètement sorti de l'esprit.

- Toujours au sujet d'Albus Dumbledore, le conseil provisoire formé par les directeurs de département a décidé à l'unanimité de le révoquer de son poste de président-sorcier avec effet immédiat et ce en attendant de nouveaux éclaircissements concernant l'affaire en cours, poursuivit Oswald. Ce poste honorifique ne sera jusqu'à nouvel ordre plus attribué à qui que ce soit.

À nouveau, l'annonce provoqua de vifs applaudissements par une grande partie des membres du magenmagot. Il était difficile de déterminer si cela résultait d'années de haine à l'encontre du vieillard ou des derniers événements dont il serait l'auteur, mais il était manifeste désormais qu'il n'était plus désiré parmi eux.

- Venons-en maintenant au sujet qui nous préoccupe tous dès à présent, reprit Oswald une fois le silence revenu. Chers confrères et consœurs, notre communauté ne peut avancer sans guide, sans une personne capable de rassembler autour d'elle les opinions les plus diverses et d'œuvrer à l'harmonie en notre sein. Il faut à notre tête un homme de l'envergure de notre regretté ministre…

Cygnus souffla à cette remarque, mais un coup bref de Belvina sur son bras l'empêcha d'aller plus loin.

- C'est la raison pour laquelle il a été décidé d'un commun accord avec les membres du gouvernement et le premier ministre moldu la nomination d'un nouveau ministre de la magie au plus vite, continua la greffier. Les candidatures sont ouvertes à qui le souhaite, et la campagne se tiendra durant le mois à venir afin de permettre aux candidats de faire connaître leurs programmes. Nous passerons à l'élection du prochain ministre de la magie dans un mois à compter d'aujourd'hui. Le candidat devra en outre recevoir le soutien écrit de vingt membres du magenmagot pour la valider.

- Je propose Lord Malefoy, s'exclama Lord Nott en apposant une main affectueuse sur l'épaule de Lucius assis juste à côté de lui.

Aussitôt la branche la plus conservatrice du parlement se leva dans la foulée pour applaudir à cette proposition. Seul Lucius gardait un calme somme toute relatif, mais le rictus qu'il arborait témoignait des projets qu'il imaginait déjà dans sa tête.

- Je propose Lord Greengrass, lança tout à coup Lord McMillan en adressant au passage un bref signe de tête à Cygnus. Qui de mieux qu'un membre d'une maison aussi ancienne et antique que la sienne pour représenter les intérêts de notre société?

Là encore, de nombreux membres se levèrent pour applaudir à cette proposition, et Cygnus comme Belvina se regardaient avec de grands yeux étonnés et abasourdis par la tournure des événements.

- Votre proposition m'honore cher ami, mais… Je la refuse, dit-il finalement alors que les claquements de main se taisaient subitement. Mes responsabilités personnelles m'empêchent de pouvoir tenir pleinement un rôle pour lequel je n'ai jamais prétendu et que je ne souhaite pas, mais j'accompagnerai de tous mes vœux de réussite celui ou celle qui sera désigné comme nouveau ministre.

- Celle? Répéta avec une pointe de moquerie Lucius en levant la tête pour regarder Cygnus. Vous imaginez peut-être qu'une femme pourrait accéder à un tel poste?

- Pourquoi pas? Répliqua t-il. Les femmes ont depuis des siècles montré qu'elles pouvaient faire aussi bien que les hommes, et ce serait peut-être malvenu de ma part de vous ramener à vos leçons d'histoire Lord Malefoy en vous rappelant que par le passé, notre pays fut dirigé non pas seulement par des rois mais aussi par des reines. De la même manière que la société moldue tend à évoluer, nous devrions peut-être envisager qu'un jour une femme puisse être à la tête de notre communauté. Aussi vais-je proposer à notre aimable assemblée la candidature de Lady Bones.

Plusieurs voix protestèrent bruyamment dans le camp conservateur, mais les murmures furent massivement plus nombreux dans le reste de l'hémicycle alors que la proposition faisait tranquillement son petit bonhomme de chemin dans tous les esprits. Des applaudissements finirent par se faire entendre après quelques instants de flottement, mais il était difficile de savoir si ceux-ci étaient davantage polis ou effectués par des convaincus. Amélia elle-même ne sut comment réagir pendant de longues secondes, et son regard s'attardait à la fois sur Cygnus qui demeurait debout dans sa loge que sur les rangs face à elle où les discussions se poursuivaient.

- J'accepte, dit-elle finalement d'un ton résolu alors que de nouveaux applaudissements accueillaient sa résolution.

- Ce serait merveilleux si elle remportait cette élection, commenta Belvina d'un air réjoui.

- Il y a peu de chance malheureusement, avoua Cygnus en tournant sa tête vers elle. La société n'est pas encore prête à voir une femme à leur tête, et il faut s'estimer déjà chanceux d'en voir une à un poste aussi important que celui de directrice du département de la justice magique. Mais un jour, qui sait?

- En tout cas ce choix t'honore mon doux mari, reprit Belvina en lui embrassant au passage la joue. Tes filles ont de quoi être fières d'avoir un si bon père.

- Je ne suis pas sûr que ces questions d'égalité entre homme et femme les préoccupent.

- Tu serais fort étonné du contraire, lui assura sa femme avec une certaine assurance dans la voix.

Cygnus fut sur le point de lui en demander davantage, mais l'énumération de nouveaux candidats chassa rapidement de son esprit les propos de sa femme tandis qu'il se concentrait de nouveau sur ce qui se passait plus bas. Sans s'en rendre compte, sa coupe désormais vide, avait été de nouveau remplie par les bons soins de ses elfes de maison, et il buvait avec autant d'avidité les paroles que s'échangeaient les autres membres du magenmagot que le vin écarlate qui s'écoulait librement dans sa gorge.

- Nous en avons terminé pour cette problématique, déclara après quelques minutes supplémentaires de débat le greffier alors qu'il faisait signe au rédacteur chargé de les retranscrire d'arrêter. Nous aurons donc six candidats pour la prochaine élection. Les modalités concernant la campagne électorale seront connues de tous dans la soirée ainsi que les modes de scrutin…

- Hm hm.

- Misère…, soupira Cygnus en reconnaissant entre mille cette si fameuse toux.

Dolores, qui n'avait jusqu'à présent pas exprimé la moindre opinion et était restée étonnamment silencieuse depuis le début, s'était finalement levée de son siège, et sans en demander la permission, s'avançait déjà vers le pupitre où, en temps normal, Cornelius déclamait sur de nombreux sujets, de nombreuses feuilles de parchemin dans les mains qu'elle disposa tranquillement devant elle une fois qu'elle eut pris place. La mine satisfaite, elle embrassa du regard l'entièreté de l'auditoire devant elle, l'air de celle qui s'apprêtait à annoncer une grande nouvelle qui la faisait déjà saliver d'avance.

- Pardonnez mon interruption Oswald, mais il me semble que vous avez omis un point essentiel concernant les dispositions à prendre contre l'infâme directeur qui officiait autrefois à Poudlard, commença t-elle en adressant cependant au concerné un sourire poli. En tant que Grande Inquisitrice de Poudlard et de sous-secrétaire auprès du ministre de la magie, il est par conséquent de mon devoir de reprendre les choses en main et de traiter d'un sujet qui nous concerne tous et toutes : L'éducation à apporter à nos charmants bambins.

- Nous pensions traiter de ce sujet en dernière partie, lui rapporta la greffier.

- Et pourtant il est essentiel d'en parler au plus vite, insista Dolores d'une voix aiguë. Il est important de mettre immédiatement les choses à plat et d'informer les parents présents dans cette assemblée des dispositions prises quant à la manière dont sera bientôt administrée Poudlard.

- Cette décision ne concerne en aucune façon le magenmagot mais le conseil administratif de l'école dont je suis membre, intervint pour la première fois Augusta Londubat d'un ton impérieux. Le ministère ne peut s'immiscer dans les affaires de Poudlard sans l'aval de son directeur.

Un gloussement s'échappa des lèvres d'Ombrage à cette remarque, et plus d'un leva les yeux au plafond en songeant qu'il aimerait bien faire taire définitivement le crapaud qui avait pris la parole… Cygnus en faisait partie.

- Et où est le directeur? Lui demanda Dolores avec un amusement non feint. Dans son bureau a travailler peut-être? Cela m'étonnerait fort quand on sait que l'ensemble des forces de sécurité du ministère sont à sa recherche !

De nouveau, un ricanement lui vint à la bouche, rire que peu de gens cependant partagèrent et qui demeurait bien solitaire à mesure qu'il résonnait en écho dans la pièce.

- Mais vous faites bien d'intervenir Lady Londubat car je m'étonne de constater que le conseil administratif de Poudlard n'a pas encore décidé le renvoi pur et simple de Dumbledore de son poste, reprit t-elle après quelques longues et pénibles secondes. J'aurai crû que savoir qu'un criminel recherché était encore officiellement en poste dans un établissement plein d'enfants innocents puisse suffire à vous faire entendre raison, mais je dois me tromper.

- à l'inverse de ce que vous avez montré en coupant la parole et l'élan du greffier il y a de cela quelques minutes, nous autres du conseil administratif savons prendre notre temps et attendre sagement les résultats de l'enquête contre Albus Dumbledore avant de nous décider à lui enlever toute autorité sur l'école qu'il dirigeait depuis plus de cinquante ans, répliqua fermement Augusta. Je suppose que Monsieur le greffier allait nous informer que le ministère était favorable au licenciement du directeur et de votre nomination à son poste… Grand bien vous fasse, mais à quand bien même seriez vous Grande Inquisitrice, cette décision ne revient en aucune façon au ministère qui ne peut qu'émettre un avis sur la question. Nous jugerons de la décision à prendre le moment venu, en attendant veuillez cesser d'importuner cette assemblée sur des sujets qui ne la concerne guère et pour une fois dans votre vie rendez-vous utile en vous taisant.

Le magenmagot siégeait pourtant dans une salle aux dimensions impressionnantes, mais même une personne à l'autre bout de la pièce aurait pu entendre une mouche voler tant le silence qui accompagna les paroles de Lady Londubat était impressionnant. La mouche qui voletait aurait d'ailleurs pu facilement entrer dans la bouche qui, quelques instants auparavant, laissait sortir un ricanement désagréable pour les oreilles des non-initiés, mais qui à présent restait grande ouverte et n'arrivait à émettre le moindre son.

Cygnus tourna sa tête vers son épouse, et la surprise qui se lisait aisément sur les délicats traits de Belvina devait probablement être à la mesure de celle qu'il ressentait en lui en cette seconde, et leurs regards se croisant, il ne put s'empêcher cette phrase exprimant toute la surprise du moment :

- Le crapaud s'est fait moucher.


A/N : Fin du chapitre. Comme annoncé il est plus centré sur l'aspect juridique et politique de la rencontre entre Dumbledore et Voldemort. Comme souvent, certains politiciens n'attendent jamais la fin d'une enquête pour émettre un avis influençant les décisions du pouvoir, et en l'occurrence, certains imaginent déjà que Dumbledore est coupable avant même d'en avoir les preuves sous les yeux. à voir maintenant si cette chasse à l'homme porte ses fruits, et de quelle façon notre cher vieux directeur (pour combien de temps encore) réussira à s'échapper de cette inextricable situation.

On m'a demandé en message privé si Harry allait bientôt refaire son apparition... En regardant les derniers chapitres, je me rends compte qu'effectivement notre pauvre petit héros est laissé pour compte depuis un moment en Europe de l'Est. Alors pour répondre plus largement, oui il reviendra bientôt, et d'ailleurs on devrait le revoir très fréquemment sous peu.

Le prochain chapitre arrivera comme d'habitude en fin de semaine prochaine. D'ici là, soyez patients et passez une bonne semaine ;)

à bientôt !