Bonjour à tous,

Désolé du très léger retard, mais j'ai été distrait par la publication du nouveau chapitre d'une autre histoire que je suis sur le site et je n'ai pas vu le temps passer.

Comme toujours, nouveau chapitre. Merci pour les reviews laissés aux précédents, normalement je vous ai répondu. Merci également à la personne qui m'en a laissé plusieurs à la suite, je préfère te répondre maintenant et ici plutôt qu'avoir à te laisser une bonne dizaine de messages ;)

Ce chapitre sera relativement court, ce qui pourrait surprendre étant donné que j'ai pour habitude d'en écrire de plus longs, mais il se concentre exclusivement sur une seule personne en particulier, et je ne suis pas/plus très fan des changements de POV et de situation dans un seul et même chapitre.

Sur ce, bonne lecture !


Cela finissait par devenir une habitude chez lui, et très certainement que le parquet sur lequel il marchait allait finir par garder les traces de ses très longues marches sans but véritable, les yeux baissés et la mine pensive. Sa main gauche, celle qui était miraculeusement sortie indemne de son affrontement contre Voldemort, caressait distraitement sa barbe à un rythme régulier qui suivait sans vraiment le vouloir celui de ses pas. L'autre, encore bandée, gardait de lourdes séquelles des pierres tombées sur elle.

La tente dans laquelle il se trouvait était relativement spacieuse, bien plus que ce que l'on pourrait imaginer si on pouvait l'apercevoir depuis l'extérieur, et offrait toutes les commodités suffisantes pour y vivre pendant un certain temps sans avoir à mettre le nez dehors. Les lits en trop avaient été remplacés par des étagères contenant les multiples manuels de sorcellerie avancée qu'il avait eu le temps d'emporter dans sa fuite, et un bureau, loin cependant des standards de celui qu'il possédait à Poudlard, lui servait en temps normal à travailler, ou du moins à faire mine de le faire car il était difficile dans sa situation de trouver quelque chose sur lequel s'épancher longuement.

Libéré des contraintes qui l'attachaient à son poste de directeur d'une école, affranchi de celles qui le reliaient d'une manière ou d'une autre au magenmagot, éloigné de toutes les personnes avec qui il avait pu tisser des relations par le passé et qui aujourd'hui ne lui prêteraient même pas une plume, son temps libre s'était considérablement allongé, et ce à son plus grand désespoir.

Cette situation lui pesait lourdement. L'homme de travail qu'il était supportait difficilement de n'avoir rien à faire, de rester là, les bras ballants à regarder le toit de sa tente en se demandant bien ce qui se tramait à l'extérieur, ce que l'on décidait à Londres ou à Poudlard sans qu'il puisse apporter sa propre contribution, s'opposer à ce qui devait l'être, approuver ce qui devait être approuvé, opiner du chef à une proposition ou la déclarer contraire aux merveilleux principes qu'il défendait farouchement.

Même les problématiques liées à la vie de ses étudiants lui manquaient, et il serait prêt à donner n'importe quoi, même un des livres de sa prestigieuse bibliothèque, pour ne serait-ce qu'entendre les complaintes d'un étudiant éconduit par la demoiselle qu'il courtise.

Soupirant, il jeta rapidement un coup d'œil au multiples articles de journaux laissés sur son bureau et apporté avec diligence par la seule personne dont il était certain de conserver encore un peu d'estime et de respect à son égard, le seul qui travaillait également au ministère et qui pouvait lui rapporter quelques nouvelles croustillantes à commenter, Arthur Weasley. La presse elle déversait depuis trois semaines une bile ignominieuse à son égard, et la campagne de calomnie à son encontre était telle que les différentes gazettes rivalisaient de prouesse pour trouver des titres suffisamment accrocheurs pour capter l'attention de ses lecteurs. Curieux, il se saisit de celui qui était au sommet de la pile et qu'il avait pourtant déjà lu la veille et le déplia pour en relire encore une fois son contenu.

« ALBUS DUMBLEDORE TOUJOURS ACTIVEMENT RECHERCHÉ : UN APPEL À TÉMOIN LANCÉ

Dans une courte allocution de l'ensemble du conseil provisoire de gouvernance, a été décidé à l'unanimité par ses membres d'un appel à témoins permettant poursuivre l'enquête sur le meurtre tragique et brutal du ministre de la magie Cornelius Fudge.

Le principal suspect dans cette affaire, Albus Dumbledore, a en effet disparu depuis cette soirée sans donner le moindre signe de vie, même à ses proches. De multiples témoins ont été interrogés, des fouilles minutieuses menées, mais pour l'heure l'ancien président honoraire du magenmagot reste introuvable. Le conseil de gouvernance formé le temps de la nomination d'un nouveau ministre a donc décidé de relancer les investigations en lançant un appel à tout sorcier ou sorcière possédant des informations susceptibles de remonter la piste du suspect et permettant sa capture. Une récompense de plus de 1000 gallions sera ainsi offerte à toute personne qui...»

Mais un bruissement soudain de la toile de tente l'interrompit dans sa lecture, et aussi rapide que l'éclair, il sortit de sa manche sa baguette magique qu'il pointa directement vers l'entrée, prêt à s'en servir contre le moindre intrus. Cependant, il baissa rapidement son bras dès lors qu'il eut sous les yeux la silhouette dégingandée et svelte d'Arthur Weasley, les mains levées et l'air apeuré à la vue de la baguette pointée vers lui.

- Ce n'est que moi, dit-il inutilement en s'approchant de Dumbledore, les mains toujours en l'air.

- Vous m'avez surpris Arthur, lui indiqua t-il en esquissant un léger sourire. Je ne pensais pas avoir de visite aussi tard ce soir, et surtout par un temps pareil.

Au dehors, la pluie continuait de tomber drue sur le toit de la tente, mais la clairière dans laquelle il s'était installé semblait comme à son ordinaire aussi calme qu'en journée. Les sorts de protection qu'il avait installés autour de son nouvel habitat suffisaient de toute manière à lui assurer une défense solide contre la moindre intrusion.

- Que vous dites, argua Arthur en appliquant rapidement sur ses vêtements rapiécés un sortilège de séchage. Je ne reste pas longtemps, je voulais simplement vous apporter quelque chose à manger ainsi que la gazette du jour. Je pense qu'elle pourrait vous intéresser.

- Et qu'est-ce donc? S'enquit distraitement Dumbledore en faisant le tour de son bureau pour s'y asseoir.

- Le repas? Oh pas grand-chose, depuis que Molly ne cuisine plus je tente avec mes maigres connaissances de faire des repas mangeables, mais…

- Pas ça, l'interrompit le vieil homme avec impatience. Le journal.

- Ah, bredouilla Arthur d'un air gêné. Hm… la gazette du sorcier. L'article qui devrait en particulier vous intéresser se trouve page 4.

Et tout en parlant, il lui tendit le fameux journal avant de se précipiter vers la cuisine pour y déposer un baluchon devant probablement contenir le maigre repas préparé par ses soins. Dumbledore l'observa faire en silence, les sourcils légèrement froncés alors qu'il songeait rapidement au fait que de tous les alliés qu'il avait eu jusqu'à présent, seul lui restait cet homme emprunté, nerveux et dont l'influence était rédhibitoire. Quelle déchéance pour lui de se retrouver dans une telle situation, et le principal responsable de cet état de fait lui voyait sa puissance se renforcer chaque jour durant. L'équilibre dans la balance penchait clairement en faveur d'un camp au détriment de l'autre, et l'impression dominante était qu'à moins d'un coup d'éclat soudain, Voldemort était en train de gagner cette guerre sans même à avoir à la déclarer publiquement.

Dumbledore demeura quelques secondes interdit devant la première couverture du journal annonçant que les élections approchaient et qu'un duel serré entre Amélia Bones et Rufus Scrimgeour se jouait dans les différentes enquêtes d'opinion effectuées au sein de leur communauté. Une femme? En tête pour diriger? L'idée lui paraissait saugrenue, même pour quelqu'un qui en temps normal applaudissait à toute volonté et manifestation œuvrant vers le progrès. Et pourtant, voilà qu'Amélia Bones, directrice du département de la justice magique, était susceptible de rafler la mise et d'être la première femme ministre de la magie… Que de bouleversements en son absence !

- Étonnant n'est-ce pas? Commenta près de lui Arthur en le voyant garder les yeux fixés sur le portrait d'Amélia. Et les femmes n'ont même pas le droit de vote ! Vous imaginez si elles l'avaient? Pour sûr qu'elle serait largement en tête !

- Je ne sais trop quoi dire pour être tout à fait honnête avec vous Arthur, avoua t-il d'un ton morne. Je ne sais pas si une femme est capable d'avoir les compétences et surtout l'esprit pour occuper un poste demandant autant de responsabilités.

- Ah ça, il faut bien ! S'exclama l'autre d'un air réjoui. Dans ses bons jours Molly est tout à fait capable de mener son petit monde à la baguette, alors il ne faut jamais sous-estimer le caractère d'une femme…

- Elle y parvient surtout parce que vous n'avez aucune autorité sur votre foyer, marmonna Dumbledore en levant une fois encore les yeux au plafond.

- … Et puis, ça ferait bouger pas mal de choses ! Poursuivit Arthur sans avoir eu l'air d'avoir entendu ce qu'avait dit Dumbledore. Cela pourrait ouvrir des perspectives incroyables pour les sorcières de ce pays, des carrières qui ne leur étaient jusqu'alors pas ouvertes ! Peut-être que Ginny pourrait plus facilement intégrer le bureau des aurors, ou alors ouvrir son propre commerce sans avoir à demander l'autorisation à son époux…

Dumbledore le laissa dire, fatigué des élucubrations loufoques de l'un de ses derniers soutiens. Au lieu de ça, il tourna lentement les pages pour arriver à celle qui selon Arthur pourrait fortement l'intéresser, et en effet, à peine eut-il les yeux posés sur le titre qu'il se leva d'un bon, la mine stupéfaite.

«DOLORES OMBRAGE, NOUVELLE DIRECTRICE DE POUDLARD !»

- Par Merlin, ça par exemple ! S'exclama t-il en faisant sursauter au passage Arthur. Ah, c'est trop fort !

- Je vous l'avais dit, lui rappela l'autre homme en souriant bien malgré lui.

Fumseck, posé sur son perchoir, laissa échapper un son doux et particulièrement agréable aux oreilles des initiés, mais Dumbledore le fit rapidement taire d'un geste de la main.

- Pas maintenant Fumseck ! Maugréa son maître en secouant sa tête d'effroi.

«Chers lecteurs, par une dépêche venue peu avant l'impression de ce journal, il nous est parvenu cette courte mais incroyable nouvelle de la nomination de Dolores Ombrage au poste de directrice de Poudlard. Cette nomination qui fera date dans l'histoire de l'école, permet ainsi pour la première fois à une femme d'accéder au poste le plus important de cette institution multi-centenaires. À une courte majorité, la désormais ancienne sous-secrétaire d'État auprès du ministre de la magie occupera le poste laissé vacant par son ancien propriétaire, Albus Dumbledore, qui comme chacun sait est toujours recherché dans le cadre de l'enquête sur la mort de notre regretté ministre.»

- J'aurais dû depuis longtemps faire le ménage dans ce conseil ! Fulmina Dumbledore en serrant fortement le journal entre ses mains. Je suis persuadé que Lucius Malefoy est derrière tout ça ! Ah ça, autoriser sa seule présence en raison des fonds qu'il verse chaque année à Poudlard, quelle idée ai-je eu là ! Maintenant voilà qu'il a réussi à persuader ce ramassis de vieillards de m'enlever la seule chose à laquelle je tenais vraiment !

«Il reste maintenant à la nouvelle directrice à réformer en profondeur Poudlard, chose qui ne sera pas facile à faire pour quelqu'un succédant à cinquante années de mainmise sur les moindres aspects de cette école.

« Je relèverai ce défi avec plaisir» nous a rapporté Madame Ombrage lorsque nous sommes venus pour avoir confirmation de cette nouvelle. «La chance qui m'est offerte aujourd'hui de pouvoir remodeler en profondeur l'apprentissage au sein de cette institution est un cadeau qui, je le pense, ne nous arrive qu'une seule fois dans notre vie. Il ne faut donc pas la laisser passer. Poudlard redeviendra le haut-lieu d'excellence qu'il était autrefois mais que des décennies de laisser-aller ont terni l'image».

Cette nomination serait-elle les prémices à une bousculement encore plus grand? Peut-on imaginer à présent qu'une autre femme puisse, dans deux semaines, accéder elle aussi à de grandes responsabilités? Seul le temps nous le dira».

Furieux, Dumbledore chiffonna le journal avant de le lancer sans plus de cérémonie dans le petit feu de cheminée qui réchauffait en temps normal l'atmosphère de la pièce. Pour autant, rien n'aurait pu dégeler l'air glacial qui s'était installé sous la tente sous la pression et la colère perceptible du désormais ancien directeur de Poudlard.

- Non, marmonna t-il en recommençant à faire les cent pas. Non, je ne puis tolérer ça !

- Allons Albus, que voulez-vous faire? Lui demanda soucieusement Arthur en prenant cependant garde à rester à distance de lui. Aller à Poudlard et la chasser de votre fauteuil? La belle affaire !

- Cette situation me dépasse, maugréa Dumbledore sans faire davantage attention à lui. D'abord on m'accuse d'un meurtre, on m'accuse aussi depuis un an de démence pour le retour de Voldemort, mon crédit politique est réduit à néant, mes ressources financières sont limitées par la disparition de James, je n'ai presque plus aucun allié et maintenant on m'arrache mon poste de directeur de Poudlard ! Qu'est-ce que j'ai bien pu mal commettre pour que les choses tournent ainsi en ma défaveur?

Et il avait beau se remuer les méninges, tourner toutes ses décisions dans un sens ou dans l'autre, se refaire dans son esprit le déroulement des derniers événements jusqu'à remonter à la fatidique soirée où Voldemort avait marqué le fils Potter comme son égal, il ne parvenait pas à comprendre, à analyser clairement cette pénible situation qui faisait qu'aujourd'hui il n'était rien d'autre qu'un fugitif, traqué de toute part, ne devant compter désormais que sur sa seule puissance sans même à présent imaginer qu'elle serait la finalité de sa lutte contre Voldemort. Sortirait-il même gagnant de cette bataille? Et si oui, pour quel but? Être jugé pour un meurtre qu'il n'a pas même commis? Non, il fallait trouver une solution à son problème, et surtout se trouver des soutiens.

- Sortez Arthur, laissez-moi, ordonna t-il durement à l'autre homme sans pour autant lui accorder un regard.

Le patriarche Weasley ne se fit pas prier, et s'habillant rapidement de sa redingote, il se précipita presque en dehors de la tente sans demander son reste.

Dumbledore continuait lui à faire des va-et-vient sur le tapis, l'air perdu dans ses pensées. Mais subitement il s'arrêta, releva la tête et porta à son menton sa main tandis qu'il observait son phénix somnoler. L'image d'un garçon de presque seize ans venait de lui apparaître aussi clair que le jour, et sans attendre, il se précipita vers son bureau, sortit fébrilement une feuille de parchemin et trempa sa plume dans son encrier.

Il avait une longue lettre à écrire.


A/N : Chapitre très court, je le conçois. C'est l'un des plus courts jamais écrit dans cette histoire d'ailleurs, et j'ai longuement hésité avant de le rattacher au 76, mais finalement ce seront deux chapitres bien distincts.

J'ai rarement lu cela sur ce site (si on excepte cette courte période même dans les livres où elle remplace Albus après sa fuite), mais voilà, Dolores Ombrage est la nouvelle directrice de Poudlard ! Pour combien de temps? Seul l'avenir nous le dira. Bouleversera t-elle vraiment l'école? Dumbledore restera t-il les bras croisés en la sachant assise dans son fauteuil? Vous le saurez bientôt ^^.

Après relecture, la phrase que prononce Dumbledore concernant les membres du conseil m'a fait pensé au film "la chute" quand Hitler déclare qu'il aurait dû faire comme Staline et éliminer tous les officiers. Allez savoir pourquoi, mais Dumbledore en despote... Pourquoi pas !

Le prochain chapitre arrivera donc la semaine prochaine, comme promis. Cependant à partir de celui-là, attendez-vous à des délais un peu plus long pour la parution (deux semaines en moyenne).

Sauf énorme problème, à dans une semaine !