Bonjour à tous,
comme indiqué la semaine dernière, je vous offre le chapitre 80 de cette fiction.
Merci pour les personnes ayant laissé une review, normalement je devais encore répondre aux deux dernières si je ne m'abuse...
Un grand merci également aux personnes ayant mis cette histoire en suivi ou favori, c'est vrai que je ne prends pas suffisamment la peine de le faire jusqu'à présent mais croyez bien que je n'en manque pas un seul (et ma boite mail non plus). Nous ne sommes pas loin d'ailleurs des 1000 favoris !
Sur ce, bonne lecture !
À l'image du ministère de la magie, l'hôpital Sainte-Mangouste, pour les maladies et blessures magiques, avaient été bâti au cœur même de Londres voilà de ça près de sept cent ans. Contigu de l'hôpital moldu de Saint-Bartholomew, le bâtiment était lors de sa création parfaitement visible des non-sorciers. Installé dans un prieuré, les premiers médicomages y soignaient sans restriction aucune ni à priori concernant l'identité de leurs patients par le biais des remèdes à base de plantes et autres concoctions miraculeuses que l'on employait encore aujourd'hui.
La réputation de l'hôpital avait depuis dépassé les remparts de la ville, et pendant longtemps Sainte-Mangouste fut le point de chute de toutes les âmes en peine souffrant d'une maladie suffisamment grave pour se sentir obligées de parcourir les différents royaume de l'île pour venir s'y faire soigner.
Mais cela, c'était avant que l'Église ne mette son nez dans les affaires de l'institution et ne décrète que les remèdes concoctés étaient l'œuvre du diable lui-même.
Du jour au lendemain, l'hôpital tant estimé par ses pairs fut honni de la population, ses employés jetés à la vindicte populaire et son nom traîné dans la boue. Le lieu fut alors progressivement abandonné, et l'on en approchait que pour le souiller encore davantage, cracher sur ses pierres envahies par la mousse et les mauvaises herbes ou briser les rares vitraux qui tenaient encore debout.
On aurait ainsi pu croire que l'hôpital allait disparaître autant de la mémoire collective que du paysage, et si Saint-Barthlomew continuait lui à fonctionner comme à son habitude, les ruines de son ancien voisin servirent bientôt à édifier d'autres bâtiments, à agrandir ce qui pouvait l'être et à rayer progressivement de l'histoire des hommes cette institution dont le seul blâme fut de soigner les gens.
Mais il n'en était rien.
Comme un phœnix, Sainte-Mangouste s'était relevée de ses cendres, avait laissé les moldus la dégrader sans réagir pour laisser croire qu'elle finirait par disparaître au fil du temps, tout en continuant d'exercer ses activités à l'abri des regards indiscrets des moldus tapageurs et de la pression des ecclésiastiques. Sous ses décombres, son fonctionnement se poursuivait inlassablement, tapi sous terre comme des animaux craintifs du courroux des hommes et attendant que la voie soit libre pour sortir leur tête de leur terrier. La couche extérieure avait donc disparu, mais à l'intérieur, par des ruses magiques et autres sortilèges qu'il fallait continuellement renforcer, les médicomages s'attelaient à leur tâche depuis des siècles sans la moindre interruption.
Le seul inconvénient à présent était qu'il fallait pénétrer dans l'hôpital moldu pour avoir accès à l'entrée des visiteurs depuis l'extérieur, et Voldemort appréhendait cette partie autant que s'il se retrouvait de nouveau nez à nez avec Dumbledore. Pourtant il devait le faire, autant pour sa sécurité que pour l'avenir de son mouvement car l'objet de ses désirs actuellement s'y trouvait.
«J'espère simplement avoir davantage de chance pour celui-ci que pour le précédent objet que je convoitais» songea t-il sombrement.
Lord Voldemort avait eu largement de temps de repenser à son échec du ministère pour mettre la main sur la prophétie, mais cela lui restait encore en travers de la gorge ; Cette tentative inachevée ne se renouvellerait probablement jamais s'il ne parvenait pas à mettre la main sur le ministère lui-même, et ce rêve semblait encore si lointain qu'il finissait par en perdre espoir.
Et tout cela, il le devait à l'abnégation d'un seul homme, ce vieillard qui depuis si longtemps entravait ses plans et prenait un malin plaisir à le contrecarrer. Ô comme il aimerait s'en débarrasser définitivement ! Rendre réelle l'illusion qui s'était jouée de sa crédulité ce soir-là quand il avait cru lui avoir brisé le cou. Mais non ! Dumbledore s'en était sorti encore et toujours !
L'air donnait l'impression de crépiter autour de lui, et peut-être mus par un instinct de survie insoupçonné, les moldus qui passaient près de lui semblaient s'écarter encore davantage en lui lançant des coups d'œil inquiets. Lui s'en fichait, espérait peut-être même distiller la peur parmi ces esprits faibles afin de lui donner une raison suffisante pour anéantir la rue entière… Avant de se rappeler la raison pour laquelle il était là. Voldemort prit alors une profonde inspiration, analysa du regard l'étendue de l'endroit dans lequel il se trouvait avant de reporter son attention sur l'hôpital devant lui. Le fugitif qu'était devenu Dumbledore disparut de ses pensées dans la foulée.
Entrer dans le bâtiment avec son apparence habituelle et avec toutes les protections qui y ont été mises en place revenait à ouvrir cette porte avec un écriteau sur lequel serait écrit «Je suis Voldemort, tremblez devant moi !» ; Pour ce qui était de la discrétion, il y avait clairement mieux à faire. Aussi devait-il jouer la discrétion, la ruse et être particulièrement fin dans son aventure au cœur de l'hôpital.
Une robe de bure, dénichée on ne sait où par l'un de ses mangemorts, et un peu de polynectar trouvé dans ses réserves personnelles suffisaient selon lui à parfaire sa couverture, et il doutait même qu'il aurait besoin d'une heure pour expédier rapidement ce qu'il s'apprêtait à commettre en ces lieux. L'identité qu'il arborait pour le moment lui était totalement étrangère et il ne s'agissait certainement pas de l'un de ses hommes de main, ce qui était en soit un plus pour sa mission. Maintenant, il restait à entrer, et le clerc qu'il était pour l'heure à suivre pourrait sans éveiller le moindre soupçon y parvenir.
La porte Henry VIII fut rapidement franchie sans que les gens à l'entrée ne l'arrêtent. Au contraire, les moldus qu'il croisait le saluaient respectueusement, l'appelaient «mon père» ou le priaient désespérément de leur permettre d'aller voir un proche pour œuvrer à son rétablissement.
«Bande d'idiots» pensait-il avec satisfaction en voyant ces gens implorer son aide.
Peut-être pourrait-il soumettre tout le pays de cette façon? Sans violence, sans heurt, sans disparition malheureuse ou sans la moindre goutte de sang versée. L'Église avait un pouvoir d'influence sur les esprits qui dépassait sa propre connaissance, et les esprits faibles croyaient si puissamment aux inepties de la religion qu'il lui suffisait de rapporter un quelconque miracle, sans aucune preuve pour l'étayer, pour qu'une immense partie des anglais tombent dans le piège et finisse par y croire eux-aussi. L'alliance entre la magie noire et la religion… Une idée saugrenue tout autant que surprenante, mais même lui n'y croyait pas une seconde. Sa propre communauté était déjà martyrisée depuis des siècles par ces gens de robe, il n'allait pas non plus s'allier à eux pour mettre la main sur l'intégralité du pays.
Les clercs seraient d'ailleurs les premiers à payer pour les fautes de leurs prédécesseurs, mais ça c'était une autre histoire.
Voldemort arriva dans une cour rectangulaire aussi animée que s'il se trouvait en dehors de l'hôpital. Des dizaines de patients attendaient patiemment là, la plupart avec des blessures mineures ou des symptômes peu inquiétants. Des hommes en noir passaient de l'un à l'autre, un parchemin en main tandis qu'ils les interrogeaient brièvement sur leur état de santé et hochaient de temps à autre leur tête sans jamais quitter des yeux ce qu'ils écrivaient. Deux côtés de la cour fermaient celles-ci par un mur d'enceinte solide et suffisamment haut pour ne pas craindre une évasion, les deux autres composant l'hôpital en lui-même. Voldemort se dirigea vers l'entrée la plus proche, celle aussi où la plus grande masse de gens se pressait dans l'attente d'une éventuelle admission en son sein. Les gens, croyant peut-être qu'il était là pour une affaire spéciale, le laissèrent passer sans broncher, certains s'accrochant même à lui en lui réclamant une bénédiction qu'il refusait le plus poliment possible.
- Vous avez affaire, mon père? Lui demanda alors un autre homme au guichet d'entrée tandis qu'il retrempait sa plume dans l'encrier.
- Les derniers sacrements malheureusement, répondit courtoisement Voldemort. Pardonnez mon empressement mon fils, mais il me faut me hâter si je veux prodiguer les soins spirituels aux âmes qui rencontreront sous peu leur créateur. Puisse Dieu les accueillir en son paradis sacré.
- Je vous en prie, l'accueillit l'homme en l'invitant à entrer d'un geste.
Le seigneur des ténèbres hocha sa tête tandis qu'un sourire discret lui barrait le visage. La crédulité des moldus avait décidément du bon selon les situations, et il n'avait même pas à pousser plus loin son jeu d'acteur pour être pris pour un véritable homme de Dieu.
Son aventure à travers les différentes salles de l'hôpital fut laborieuse, longue et pénible. Pas une pièce n'était vide, ce qui compliquait quelque peu les choses pour lui, et pour un établissement de santé comportant six cent lits, il devait probablement y avoir trois à quatre fois plus de patients ; Il constata avec étonnement que de très nombreux lits étaient d'ailleurs occupés par plusieurs personnes à la fois, et que d'autres se contentaient de dormir à même le sol, au beau milieu des autres malades. L'odeur était par ailleurs infecte, et il ne doutait un seul instant qu'une personne ayant le malheur de pénétrer ici devait probablement en ressortir en ayant attrapé la maladie d'un autre.
Aussi hâta t-il le pas toujours plus loin, pestant finalement contre sa brillante idée de se déguiser en homme d'Église quand celle-ci ne lui offrait absolument aucun moment de tranquillité.
Au bout du compte, et après un périple plus long que prévu, il parvint dans une petite salle, par chance vide et probablement peu utilisée s'il en jugeait pas la saleté présente, et il s'accorda un moment pour souffler de soulagement. Plus fatigué qu'il ne le pensait, il en profita également pour retourner un seau déposé là sur lequel il s'assit prestement tandis qu'il passait une main sur son visage. La première partie du plan était une réussite, restait maintenant à accomplir la seconde… et à parvenir sans accroc jusqu'à Bellatrix.
À la pensée de cette femme, une colère si difficilement refoulée ces derniers temps rejaillit de nouveau en lui, et les yeux bruns de l'homme dont il avait pris l'apparence semblèrent brièvement devenir rougeâtre. Son visage semblait se tordre sous la fureur, et s'il avait en main sa baguette, il était à peu près certain qu'il s'en servirait aussitôt pour massacrer les moldus se trouvant dans la pièce qu'il venait de quitter. Pour autant il ne parvenait toujours pas à savoir s'il était furieux contre elle pour l'échec de son plan du ministère, pour sa capture ou pour les deux à la fois ; Il était en tout cas toujours plus facile de reporter la faute de ses erreurs personnelles sur un tiers, et en l'occurrence Bellatrix accomplissait ce rôle à merveille.
«Si au moins elle était morte ce soir-là, je n'aurais pas à faire ce pourquoi je suis là aujourd'hui» songea t-il sombrement alors que ses yeux recommençaient à briller.
Le seigneur des ténèbres aurait aimé ne pas avoir à s'en charger lui-même, mais les rangs de ses fidèles tendaient à s'éclaircir dernièrement après toutes les pertes subies contre le ministère ou Dumbledore, et il n'avait en outre aucun mangemort au sein du personnel de l'hôpital, et suffisamment élevé dans la hiérarchie pour avoir accès à la chambre où se trouvait Bellatrix et affronter les aurors qui devaient en surveiller l'accès. La tâche lui incombait donc de la retrouver, de se glisser jusqu'à elle… et par précaution, d'abréger les souffrances dans lesquelles elle était plongée.
Reprenant contenance, Voldemort se releva, et son regard s'attarda sur un petit cadre en bois renfermant un portrait depuis longtemps dissimulé par la crasse et dont la peinture s'écaillait en de nombreux endroits. Sa main s'en saisit, et sans hésiter il le fit glisser sur la gauche puis sur la droite avant de recommencer son geste une seconde fois. Un bruit semblable à un loquet de porte que l'on ouvrait se fit alors entendre dans son dos, et tournant la tête il remarqua que la vieille armoire qui se trouvait au départ là se déplaçait lentement sur le côté, libérant un passage assez étroit composé d'un escalier de pierre qui semblait descendre très bas tant l'obscurité était complète.
Voldemort eut à peine fait trois pas dans le corridor qu'il entendit de nouveau l'armoire basculer, et dès lors qu'elle fut remise à son endroit d'origine, de multiples torches s'embrasèrent le long du chemin jusqu'à la porte qui se trouvait au bout de sa route.
Derrière celle-ci, une pièce d'une clarté trop tape-à-l'œil pour être réelle lui agressa les yeux au point de porter sa main vers son visage. La pièce avait des dimensions assez spectaculaires, et un toit si haut qu'on aurait pu penser se trouver à l'intérieur d'une cathédrale. Du sol au plafond, sur les murs et les colonnes soutenant le toit, l'endroit était recouvert d'un marbre pur, d'une blancheur aveuglante et parsemé de multiples scènes dont il était difficile de déterminer l'origine. Quelques rangées de sièges meublaient la pièce ainsi que quelques pots de fleurs, et de grandes arcades laissaient passer une lumière vive et éblouissante qui n'avait rien de naturel.
Quelques personnes s'affairaient comme à l'étage, certaines assises en attendant les secours d'un médicomage, d'autres en uniforme d'un vert bouteille qui comme leurs homologues moldus effectuaient les premières analyses d'usage avant de conduire les patients vers le service recommandé. Lui n'avait d'yeux que pour le guichet de l'accueil derrière lequel un petit sorcier au monocle et aux cheveux grisonnant gardait la tête appuyée sur sa main, l'air absent.
- Vous désirez? Dit-il d'un ton monotone en le voyant s'approcher. Vous êtes là pour les derniers sacrements?
- En effet, répondit sagement Voldemort.
- Quel patient? S'enquit l'homme en regardant distraitement ses registres. Curieux tout de même… Cela fait bien longtemps que quelqu'un n'avait pas eu l'idée de s'offrir les services d'un clerc. Vous êtes sûr que…
- Impero.
Sa baguette était à peine sortie qu'elle pointait déjà vers la figure de l'homme, et ses traits semblèrent aussitôt se détendre tandis qu'un air rêveur apparaissait sur son visage.
- Dis moi où se trouve Bellatrix Lestrange, lui ordonna à voix basse Voldemort.
- Hm…, souffla l'autre en fouillant machinalement dans ses notes. Chambre 28B… couloir de gauche…
- Tu vas me dire tout ce qu'i savoir concernant les protections mises en places dans cette chambre, Lui ordonna de nouveau le seigneur des ténèbres. Des protections particulières? Un dispositif de sécurité important?
- Une escouade d'aurors, répondit le guichetier d'une voix morne. Cela fait près de deux mois qu'elle est placée dans un profond sommeil magique. Elle est également attachée à son lit par précaution dans l'éventualité où elle tenterait de s'échapper. Les équipes se relaient à son chevet toutes les deux heures. En dehors de ça le ministère n'a pas jugé bon d'accroître les protections contre elle.
Intérieurement, Voldemort remerciait la nonchalance avec laquelle le nouveau ministre de la magie, Rufus Scrimgeour, s'assurait de la sécurité de ses concitoyens envers l'une des pires criminelles des dernières décennies. Cela en devenait subitement beaucoup trop facile…
- Mène moi à elle, exigea Voldemort tandis que l'homme faisait le tour du guichet pour se poster devant lui avant de bifurquer sur leur gauche et de prendre la direction d'une double porte sur le côté.
Un médicomage les aborda brièvement en constatant que son collègue abandonnait son poste, mais sans même que Voldemort lui ait soufflé sa réponse, son guide lui répliqua de lui-même par un «fous moi la paix!» qui laissa sans voix l'autre. Le grotesque de cette situation faillit faire s'esclaffer le seigneur des ténèbres, mais déjà avait-il dépassé le médecin et s'éloignait de lui tranquillement. Tout juste pouvait-il l'entendre pester contre l'impolitesse du guichetier avant de se rappeler d'un rendez-vous avec un patient souffrant de problèmes respiratoires.
Instinctivement, Voldemort porta sa main vers sa poitrine. Lui qui n'avait jamais eu à se soucier de sa propre santé commençait lentement à s'inquiéter d'un fait nouveau dont il ne parvenait pas à comprendre la nature ni la raison, ces petites piqûres douloureuses qu'il avait à quelques reprises ressenties jaillissant subitement au niveau de son cœur et qui se faisaient de plus en plus violentes à mesure que le temps passait. D'où cela provenait t-il? Quelle en était l'origine? Lui-même n'en savait rien, et malgré son immortalité acquise, il se demandait parfois s'il ne pourrait pas succomber à un problème cardiaque, à une chose aussi dérisoire et naturelle qu'un arrêt du cœur et à la fin de cette nouvelle enveloppe corporelle. Les horcruxes le prémunissaient t-ils de cela, où devait-il craindre qu'un simple rhume ne se transforme plus tard en problème pulmonaire? Où était la limite de l'immortalité offerte par les horcruxes? Il avait eu beau chercher, les rares écrits concernant cette branche de la magie noire ne lui avaient été d'aucune utilité.
Peut-être s'inquiétait-il pour rien? Mais tout de même… Ces quatre douleurs à intervalles irréguliers… Cela était fort étrange…
- Par ici, lui indiqua l'homme en lui ouvrant les portes menant au fameux couloir mentionné.
Voldemort en franchit le seuil sans attendre pour se retrouver face à un très long corridor. De chaque côté se trouvaient des portes en bois portant chacune un nombre écrit en chiffres d'or ainsi qu'un petit écriteau sur lequel était écrit le nom du patient se trouvant à l'intérieur. Quelques chaises en bois étaient disséminées le long du couloir, mais hormis les deux silhouettes debout près d'une porte vers le milieu, personne d'autre n'était visible dans les environs.
« Ce doit probablement être là » pensa t-il en sentant la prise sur sa baguette se resserrer davantage.
Ses problèmes de santé disparurent instantanément de son esprit. Ses pas résonnèrent en écho dans le corridor, et les aurors, avertis de ainsi de leur présence, relevèrent la tête dans leur direction sans paraître particulièrement alarmés de voir s'approcher d'eux un médicomage et un curé.
- S'ils te le demandent, dis leur que je viens donner les derniers sacrements à la chambre 29B, lui chuchota Voldemort en raffermissant son emprise sur la volonté du guichetier. Sois aussi spontané que possible. Je suppose que la chambre juste à côté de celle de Bellatrix porte ce chiffre?
- En effet, répondit l'homme d'un ton détaché.
- Bien.
Et en effet, à peine furent-ils à proximité que l'un des aurors s'approcha d'eux, et d'une main tendue leur intima l'ordre de s'arrêter.
- C'est pourquoi? Leur demanda t-il sèchement.
- Le patient de la chambre voisine a réclamé les services de ce bon curé avant de quitter notre monde, leur expliqua le guichetier d'un ton monotone. Je ne fais que le conduire à…
Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une soudaine vague d'énergie sembla le précipiter vers l'autre auror qui surpris de son geste n'eut pas le temps de le repousser. Les deux corps furent en contact très vite, et aussitôt après, un trou béant apparut dans leur poitrine, là où le seigneur des ténèbres avait visé. Les corps ne s'étaient même pas encore effondrés qu'il reporta son attention sur le premier auror, lui aussi confus par la tournure des événements.
- Diffindo.
Sans le moindre bruit une entaille profonde, sanguinolente et le coupant de part en part apparut depuis son épaule droite jusqu'au flanc gauche, et l'homme, dont une quantité de sang abondante s'échappait de la bouche alors qu'il suffoquait, bascula en arrière et se sépara en deux parties. Une auréole de sang se formait autour de son cadavre quand Voldemort se permit de l'enjamber, puis d'un geste du pied, il déplaça le corps de son collègue bloquant la porte avant de tendre l'oreille contre le panneau de bois, à la recherche du moindre bruit depuis l'autre côté l'avertissant d'un danger imminent.
Mais tout semblait calme, alors il entra.
Une autre personne se trouvait directement devant lui, elle aussi surprise de voir arriver un homme d'église aux habits tachés de sang dans la pièce, mais elle n'eut pas le temps de sortir sa baguette qu'une malédiction mortelle s'abattait sur elle. Le quatrième auror lui eut plus de chance que les autres, et Voldemort vit fondre sur lui un maléfice qu'il n'eut aucun mal à contrer en faisant voltiger sur sa trajectoire le premier objet se trouvant à sa portée. La chaise en question explosa sous l'effet du sort, et ses débris, qui devaient au départ s'étaler sur le sol, entreprirent le chemin inverse du sortilège et se précipitèrent sur le malheureux qui fut incapable de les éviter et se retrouva empalé en plusieurs endroits par les morceaux de bois.
Voldemort l'entendait déglutir difficilement alors que la vie s'échappait lentement de son corps, mais il ne s'en intéressait déjà plus, trop occupé à observer le corps inerte et couvert de bandages de sa mangemort favorite. Il s'approcha à pas lents, comme envoûté par cette irruption soudaine dans son champ de vision, cette forme immobile qui respirait lentement et dont la poitrine se soulevait régulièrement. La tête était recouverte presque intégralement de tissus, un tuyau relié à une étrange machine était inséré dans sa bouche et devait probablement lui fournir l'air nécessaire à sa survie, et de ce qu'il pouvait en juger sous les couvertures, une jambe devait lui manquer.
Était-il responsable de cela, lui qui n'avait nullement cherché à modérer la puissance de ses sorts lorsqu'il avait affronté le vieux fou? Avait-il a jamais fait perdre l'usage de ses jambes à sa mangemort? Lui avait-il ravi sa beauté fanée par Azkaban définitivement? Allait-elle seulement retrouver un jour sa conscience? La voir ainsi le laissait cependant de marbre, indifférent à son sort et même certain de faire le bon choix. L'objet brisé sous ses yeux, retenu à la vie par l'état de stase dans lequel l'avait plongé le médicomage qui devait s'occuper d'elle, n'avait plus la moindre utilité pour ses propres desseins.
- Oh Bellatrix, susurra t-il en approchant lentement sa tête de l'endroit où devait se trouver son oreille, je ne sais si tu peux m'entendre ma chère, mais ton maître est bien là pour s'occuper de toi…
D'une main, il lui caressait le visage, s'attardant parfois sur sa bouche, sur la bosse que formait son nez sous les bandes de tissu ou sur son cou, seule partie de son corps où la peau était encore visible. Mais la femme demeurait toujours aussi immobile.
- Il y aurait tant à dire depuis le soir de ton absence, poursuivit-il en la dévisageant intensément. Peut-être devrais-je parler plutôt de ton échec… Les mauvaises langues pourraient même dire que tu n'as que ce que tu mérites… Cela me peine malgré tout de te voir ainsi, mais le temps presse et je n'en ai pas suffisamment pour pouvoir discourir de longues minutes sur les services que tu as pu me rendre toutes ces années.
Le seigneur des ténèbres se releva alors de toute la hauteur que lui offrait ce corps de moldu, et il pointa finalement sa baguette magique sur celui devant lui.
- Je suis persuadé que si tu avais l'occasion de voir ce qui va se passer, tu approuverais ce que je suis sur le point de faire, commenta t-il froidement. Il est malheureux d'en finir ainsi ma chère Bella, mais il me faut jouer de prudence, et je ne voudrais pas que dans l'état de faiblesse dans lequel tu te trouves les petits secrets me concernant soient dévoilés au plus grand nombre. Sois sans crainte cependant, d'autres viendront te rejoindre bientôt, et lorsque tu les verras, je suis persuadé que tu me pardonneras.
L'un d'eux se trouvait encore dans les cachots du manoir Malefoy, extrêmement affaibli par des mois de torture en tout genre n'ayant rien donné jusqu'à présent, mais Voldemort estimait qu'il pourrait encore se rendre utile d'une quelconque façon ; appâter son fils aîné par exemple, ou même servir de monnaie d'échange contre lui. Il espérait toutefois que les soins prodigués par Queudver suffiraient à maintenir en vie James Potter d'ici là.
- Avada Kedavra !
Le sort s'échappa de sa baguette et frappa la forme endormie de Bellatrix Lestrange. Rien ne pouvait indiquer qu'il avait fonctionné tant les changements étaient impossibles à remarquer à l'œil nu, mais le seigneur des ténèbres eut la satisfaction de constater que la couverture ne se relevait plus au rythme de la respiration de la défunte.
Par respect peut-être, ou par dégoût de voir ce qu'elle était devenue, il rabattit le tissu sur son visage pour ne plus le voir, chasser de son esprit l'état lamentable dans lequel avait fini sa fidèle mangemort et ne pas le lui en laisser un souvenir amer pour le restant de ses jours.
Puis il sortit, laissant derrière lui six cadavres qui ne seraient découverts que bien après sa fuite.
A/N : Chapitre terminé. Je ne me rappelle plus des raisons m'ayant poussé à écrire ce chapitre, mais au moins c'est fait. Autant vous dire d'ailleurs que ça me peine de tuer Bellatrix car j'adore ce personnage (j'ai toujours en travers de la gorge qu'elle ait été tuée par Molly... -_-).
à l'origine quand j'avais commencé à écrire cette fiction, j'avais pour elle une toute autre destinée, un duel contre Harry au cours duquel Rodolphus aurait été tué la libérant ainsi d'un maléfice contraignant l'obligeant à une obéissance aveugle envers celui-ci ; Elle aurait alors exprimé des regrets, aurait rejoint Harry dans sa lutte contre Voldemort et... je ne sais pas si elle aurait survécu ou serait quand même morte ^^. Mais maintenant que j'y pense je trouve que cette destinée aurait été très cliché.
Bon sinon le pourquoi Voldemort tue Bellatrix : Parce qu'elle en sait trop sur lui. Imaginez un peu les questions qu'auraient pu poser le ministère à cette évadée d'Azkaban si elle s'était un jour réveillée? On élimine les témoins un peu trop gênants, même lorsqu'il s'agit d'un allié.
Je n'ai pas grand chose de plus à dire sur ce chapitre en lui-même... ah si, un détail en particulier : Les douleurs ressenties par Voldemort ; Au nombre de quatre, hein? Est-ce que ça pourrait avoir un rapport avec les horcruxes? Hm... Peut-être.
à la semaine prochaine !
