Bonjour à tous,

J'espère que vous allez bien? Si ça n'est pas le cas j'espère que ce chapitre vous consolera.

Merci énormément aux personnes ayant laissé une review pour le précédent chapitre, j'ai été agréablement surpris des retours (et je ne m'attendais pas à en avoir autant) !

Plmn : Merci pour ton commentaire ! Imaginons un seul instant que l'on ait l'impression que sa mère nous ignore royalement depuis tant d'années, qu'elle se rappelle soudainement à notre bon souvenir et que le jour J, elle nous pose un lapin... Personnellement je le prendrai extrêmement mal. Après il y a tout de même ce petit cadeau soigneusement emballé et laissé dans l'allée, si il fait suffisamment preuve de jugeote, il devrait deviner qu'il vient d'elle ;)

Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Pour tout te dire, je me suis éclaté à écrire cette partie du chapitre. Le contexte et la passion de Neville pour la botanique peuvent parfaitement se mélanger et nous permettre de l'imaginer aux quatre coins du monde à recenser et collecter de nouvelles espèces de plante. Quant à Lily... Entre les mains de Dumbledore, peut-on seulement imaginer qu'elle puisse en sortir indemne?

Un tamanoir : Merci pour ton commentaire ! Le kidnapping de Lily était prévu depuis longtemps au même titre que celui de Rémus. C'était un élément essentiel pour la suite de la fiction sans lequel il aurait été difficile de faciliter certains contacts ou provoquer certains événements sur lesquels je ne reviendrai pas pour la bonne marche de cette histoire.

Bon trêve de bavardages, vous n'attendez que ça alors... Bonne lecture !


Il faisait chaud en cette soirée de juillet, et la cheminée n'y était pas pour grand-chose. Les fenêtres grand ouvertes laissaient passer de temps à autre un souffle de vent faisant vaciller les chandelles disposées dans le bureau et sur les meubles. Un parfum de fleurs emplissait l'endroit d'un délicat arôme en provenance des jardins contigus au domaine tandis qu'au loin se faisait encore entendre le chant des oiseaux encore éveillés malgré l'heure tardive et le soleil qui terminait de se coucher.

Il faisait chaud oui, mais l'ambiance elle n'aurait pas pu être plus froide qu'à ce moment précis. Le bureau était occupé par quatre personnes, quatre hommes différents sur bien des points mais animés pour l'occasion de la même ardeur et du même objectif, de la même mission dans laquelle chacun s'était plus ou moins investi mais qui pour le moment ne semblait pas être encore arrivée à son terme : Mettre à bas Albus Dumbledore.

Harry, assis derrière son bureau personnel, tapotait négligemment l'un des bras de son fauteuil en écoutant en silence l'avocat Chauveau-Lagarde lui résumer l'avancée de son dossier à charge contre l'ex-directeur de Poudlard, mais s'il faisait mine de s'y intéresser, le cœur lui n'y était pas. L'homme se trouvait assis face à lui, aux côtés d'un Remus Lupin particulièrement grave et qui hochait de temps à autre sa tête pour confirmer les dires de l'avocat ou les approuver, une tasse de café dans la main qui trouvait parfois son chemin jusqu'à sa bouche qu'il ouvrait machinalement. Un peu en retrait, occupé à observer l'échange lui aussi en silence en dominant par son attitude froide et détachée la discussion se jouant près de lui, Severus Rogue demeurait imperturbable et jouait avec sa propre tasse qu'il portait à ses lèvres sans pour autant en boire le contenu.

- Pour la dernière fois monsieur Chauveau-Lagarde, ma réponse sera toujours négative.

L'avocat émit un soupir de défaite en baissant lentement la feuille de parchemin constellée de ratures et d'annotations qu'il gardait précieusement entre ses mains.

- C'est fort malheureux Monseigneur, dit-il d'un air las. Cela aurait pu apporter un nouvel éclaircissement au dossier à charge que nous souhaitons porter contre Albus Dumbledore.

- Il suffit Monsieur, trancha sèchement Harry en recommençant à pianoter sur le bras de son fauteuil. J'ai mes raisons pour vouloir que ceci n'y figure pas, et je ne reviendrai pas là-dessus.

Chauveau-Lagarde battit en retraite et fit disparaître d'un coup de baguette magique le dossier qu'il transportait continuellement avec lui depuis que sa présence à Lamballe était devenue relativement fréquente. Remus regarda l'échange d'un air amusé, se massant négligemment le menton en jetant de temps à autre des coups d'œil furtifs en direction de son neveu, mais celui-ci n'y prêtait aucunement attention.

- De toute façon vous êtes sous serment, lui rappela patiemment Harry. Vous ne pourriez jamais raconter à une Cour de justice que Gabriel de Bourbon est l'enfant adoptif de la princesse de Lamballe, abandonné sur ordre du directeur de Poudlard et élevé par celle-ci depuis lors. Cela risquerait d'avoir des conséquences fâcheuses pour le blason de cette noble famille et la puissance de notre nom si l'on apprenait qu'un parvenu comme moi est désormais de sang royal. L'aliénation des autres nobles maisons européennes est quelque chose que je ne souhaite en aucun cas, alors de grâce, cessez à présent d'y songer.

- Très bien, s'avoua vaincu l'avocat en faisant mine de mettre les mains en l'air.

Harry soupira avant de reporter son attention sur le portrait de Madame de Lamballe accroché sur le mur à sa droite entre deux commodes. Le tableau n'était qu'une réplique d'un original de 1776, magique évidemment et dominait de sa taille impressionnante la discussion qui se déroulait devant lui. Sa mère y jouait négligemment avec une couronne de fleurs roses, mais son regard ne quittait jamais les protagonistes, analysant avec le même silence que celui de Severus Rogue la gravité de la situation dont elle était la témoin.

À la différence de la princesse de Lamballe, son fils n'était pas encore tout à fait rodé aux questions administratives incombant à sa fonction pour tout ce qui touchait à son domaine et aux villages avoisinants, et intérieurement, une petite partie de lui aurait aimé que la femme du tableau se charge encore de ces questions là à sa place plutôt qu'à devoir de longues journées durant régler ces questions fâcheuses et à la longue épuisantes.

Harry ne comptait plus les heures passées dans ce bureau ces derniers temps, assis à la même place en écoutant les remontrances et autres plaintes de ses serviteurs sur la fainéantise d'un autre, sur les hypothétiques vols commis par les vagabonds des environs ou sur les demandes de financement des autorités moldues locales pour la création d'une école, la rénovation d'une église ou le traçage d'une nouvelle route à travers les champs des fermiers furieux que l'on empiète sur leurs terres. Parfois sa mère l'accompagnait, mais à l'image de son portrait, elle conservait un silence olympien, assise à ses côtés en faisant mine de ne pas se mêler de ces choses là, et attendait que lui-même acte sa décision pour approuver ses choix ou critiquer ses décisions une fois les personnes parties.

Ce soir, il aurait aimé qu'elle prit sa place, décide des démarches à entreprendre concernant ce procès dont il ne connaissait pas tous les détails mais dans lequel s'investissait toute sa famille depuis des mois, afin d'aller retrouver une fois encore Daphné dans leur lit conjugal et partager un moment d'intimité. Mais non, en tant que prince de Lamballe et ayant désormais atteint sa majorité, il devait rester assis là, à écouter les élucubrations de Chauveau-Lagarde et une nouvelle fois encore trancher dans le vif du sujet.

- Je pense que Monsieur mon neveu est fatigué, commenta alors Remus en remarquant l'attitude distraite d'Harry. Nous devrions écouter cette réunion.

- Pardonnez-moi, s'excusa d'ailleurs le neveu en question en prenant un air penaud. Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, et la raison vous est connue de tous, alors si vous le voulez bien, j'aimerais que l'on aborde immédiatement le sujet pour que nous puissions passer à autre chose.

L'atmosphère sembla se tendre à ces mots, et les regards devinrent plus sombres, tendus et froids.

- Si mes soupçons se confirment, alors je souhaite inclure dans votre dossier l'enlèvement de Lily Evans, annonça Harry en regardant directement l'avocat qui hochait frénétiquement sa tête en reprenant fébrilement quelques notes. Je n'en sais ni le moyen, ni où, je n'ai pas encore les preuves en ma possessions, mais la cause m'est suffisamment logique pour être persuadé que cela me concerne et que la personne ayant fait cela cherchait à m'atteindre par ce biais. Quant à son identité, je ne connais que trois personnes capables d'un tel acte, et une seule ayant déjà par le passé essayé de nous atteindre par des moyens fallacieux auxquels il répondra devant moi.

- Assurément, marmonna lentement Chauveau-Lagarde en continuant à laisser glisser la pointe de sa plume contre le parchemin. Je veillerai personnellement à recueillir toutes les preuves et tous les témoignages permettant de retrouver et de punir le coupable.

Harry hocha sa tête en souriant, dardant un regard perçant sur l'homme qui ne levait pas les yeux de sa feuille. Le sérieux de l'avocat aurait pu en d'autres circonstances l'amuser tant il était évident qu'il prenait l'affaire à cœur, et le fait qu'il courtisait sa mère depuis des semaines maintenant n'y était certainement pas étranger. Mais son enlèvement reportait à un autre jour les réflexions qu'il se posait concernant ce début de relation pour le moins étonnant et auquel il savait qu'il n'avait pas son mot à dire ; Sa mère était assez grande pour prendre ses décisions toute seule, sans chaperon ni commentaire pesant le pour et le contre, mais à titre personnel, il doutait que cette relation aille plus loin que les caresses de Chauveau-Lagarde et la pudeur manifeste de Lily dès lors qu'ils se trouvaient en compagnie d'une autre personne, l'homme étant marié et père de famille.

- Je persiste à penser que nous pourrions obtenir des résultats sur sa disparition en appliquant la même méthode que celle utilisée par James et Sirius pour me retrouver, insista pour sa part Remus en serrant les poings de colère.

- Si Dumbledore est véritablement derrière cet enlèvement, alors tu te doutes bien qu'il a déjà pu penser à cette éventualité, contra Severus d'une voix à peine plus haute qu'un murmure. Tu ne ferais que tomber dans un autre piège, et servirais de second appât pour ses desseins. Monseigneur a déjà assez d'une personne à secourir, il ne faudrait pas alourdir la charge qui pèse sur ses épaules.

- En effet, confirma Harry en adressant un signe de tête à Severus bien qu'il restait méfiant à son sujet. Cela me chagrine au-delà de ce que tu peux imaginer Remus, et je n'ose moi-même penser à ce qu'il peut advenir de ma mère entre les mains d'un tel homme, mais pour le moment nous ne pouvons qu'attendre.

En repensant à ce qu'avait déjà pu commettre l'ex-directeur à l'encontre de Rosie ou de Remus, Harry était parcouru de frissons qu'il parvenait à grand peine à masquer. Mais le fait était que Dumbledore ne reculerait devant rien pour mettre la main sur lui, à condition bien évidemment qu'il s'agisse bien d'une manigance orchestrée par ses soins.

- Avez-vous en tête des cachettes dans lesquelles l'homme pourrait se terrer, Monsieur Rogue?

- Si vous m'aviez posé la question il y a quelques mois, j'aurais pu vous répondre Poudlard, square Grimmaurd ou la maison des Weasley, énonça t-il platement et d'un air si détaché qu'il semblait presque s'ennuyer de cette conversation. Mais maintenant l'une est détruite, l'autre lui est inaccessible et la troisième est si évidente que je doute qu'il ait pris le risque de s'y rendre.

- Il pourrait se trouver n'importe où, ajouta l'avocat d'un air pensif. Mais là encore, il faut tenir compte du fait que ce n'est peut-être pas lui qui tire les ficelles de cette fâcheuse affaire.

Harry, l'air las, se leva pour la première fois depuis près d'une heure de son fauteuil, contourna son bureau et se posta devant l'une des deux fenêtres, les mains jointes dans son dos. Au dehors l'obscurité était désormais complète, et il n'avait pas besoin de le vérifier par lui-même pour sentir que l'air se rafraîchissait.

- Lorsque je me trouvais en Silésie, à dormir à l'orée des bois sous une pluie battante et avec la peur d'une embuscade prussienne sur notre bivouac, j'aspirais ardemment à me retrouver ici, imaginant sans doute qu'une fois la guerre terminée, des préoccupations plus terre à terre m'attendraient ici, dit-il distraitement en dardant son regard sur le ciel étoilé au dessus de Lamballe. J'imaginais qu'une tranquillité nouvelle succéderait à l'angoisse, qu'une quiétude apaisante adoucirait mes peurs pour finir par succomber aux délices et à la douceur du foyer que j'avais laissé derrière moi en partant. La paix, la tranquillité, cette éclaircie dans un avenir sombre avait un goût suave et sucré sur les lèvres lorsque mes pensées étaient uniquement tournées vers Lamballe. Il m'aura fallu près d'une année pour fouler à nouveau du pied cette terre qui m'a vu grandir, m'a vu devenir l'homme que je suis, celle sur laquelle aujourd'hui vit ma famille et ceux que j'aime. Pourtant… Si j'ai enfin pu goûter et apprécier cette fameuse paix depuis mon retour, voilà que l'on m'enlève une fois encore cet état de plénitude dans lequel je m'étais laissé bercer d'illusion.

Un soupir s'échappa de ses lèvres alors que ses épaules se soulevaient, mais il gardait obstinément le dos tourné vers ses invités et conseillers.

- La paix, c'est par une guerre que ce pays-ci est parvenu à l'acquérir au prix d'un grand nombre de vie, continua t-il en jouant nerveusement avec ses mains. Cela paraît insensé quand on y songe, mais il me semble acté que jamais je ne pourrais l'acquérir sans devoir me battre constamment, en toute occasion et au gré des ambitions de mes ennemis. Ma vie n'est conduite que par les desseins des autres, de leurs excès et de leur volonté manifeste d'avoir un certain contrôle sur mes actions. Voldemort, Dumbledore, James Potter… Aussi longtemps que je n'aurais pas définitivement réglé leur compte à ces gens là, je ne pourrais pas envisager cette paix. Vous estimez qu'il est possible que Dumbledore ne soit pas derrière cela Monsieur Chauveau-Lagarde, mais moi je vous dis que tôt ou tard, ce jean-foutre essaiera encore une fois de m'atteindre par diverses manières. Qu'à cela ne tienne et grand bien lui fasse ! Je saurai traiter avec lui comme il se doit.

- Voilà un beau discours Monsieur, approuva le portrait de la princesse de Lamballe.

Harry tourna sa tête vers elle et répondit au sourire lumineux qui s'affichait sur le visage encore jeune de sa mère.

- Cela est fort joli en effet, et je ne voudrais pas jouer les trouble-fête, mais il existe un monde entre les paroles et les actes, entre ce que l'on peut prétendre et ce dont on peut être capable, objecta Severus de ce même ton froid fort déplaisant. Pensez-vous seulement avoir les capacités pour tenir tête à Albus Dumbledore, Monseigneur?

- Je ne le saurai que lorsque je me trouverai face à lui, affirma Harry d'un ton léger. Je garde pour moi et pour mes plus proches connaissances les capacités dont je dispose, et si vous n'avez pas encore eu l'occasion de me voir à l'œuvre, c'est que vous ne faites pas encore partie de cette caste de privilégiés, j'en ai bien peur.

Son ton était poli et courtois, mais le regard lui n'avait rien de chaleureux. Harry ne faisait jamais de mystère des gens qu'il appréciait ou non, et bien qu'il sache pertinemment les accointances de Rogue envers sa famille, la froideur et l'antipathie manifeste de l'ancien professeur de potions, son rôle d'espion pour Dumbledore et Voldemort et son inimitié vis-à-vis de Remus le poussaient à ne pas l'apprécier… Un sentiment que Rogue semblait bien lui rendre d'ailleurs.

- Je ferai en sorte de corriger cela dans ce cas, souffla Severus en soutenant son regard.

La tension était palpable bien malgré eux, aussi fut-ce probablement la raison pour laquelle Harry entendit toussoter son parrain au bout de quelques longues secondes fort pesantes.

- Nous… Nous devrions nous concentrer sur ce qu'il faudrait envisager pour retrouver Lily, dit-il en se passant une main dans ses cheveux. Peut-être…

Mais un coup contre la porte l'interrompit dans ses propositions, et bien qu'ayant formellement ordonné qu'on ne les dérange pas, Harry permit à la personne d'entrer. Se trouvait derrière la porte Antoine, portant un plateau sur lequel était soigneusement nouée et roulée une feuille de parchemin, l'air passablement épuisé par une longue course.

- Monseigneur, dit-il d'un air épuisé. Ce courrier vient d'arriver pour vous.

- Et de qui est-ce? S'étonna Harry en lui faisant signe d'approcher. Son expéditeur n'a t-il pas laissé un nom ou une adresse?

- Non Monseigneur, répondit son serviteur. Il n'y avait que ce rouleau, attaché à la jambe d'un hibou et qui toquait à la fenêtre de Madame votre mère pour qu'on le laisse entrer. Madame a pensé a juste titre qu'en votre qualité de seigneur de cette maison, vous deviez être le premier à en lire son contenu.

- Curieux qu'elle n'ait point voulu le lire, commenta t-il en approchant sa main de la mystérieuse lettre. N'y a t-il aucun risque à s'en saisir?

- Aucun Monseigneur, affirma Antoine. Madame a elle-même vérifié qu'il n'y ait aucun maléfice sur celle-ci. Elle m'a cependant chargé de vous demander de la rencontrer aussitôt que vous aurez terminé votre lecture pour l'informer de ce dont il s'agit.

- Je m'y rendrai moi-même, décréta son portrait tout en rejouant avec sa couronne de fleurs. Ce sera l'occasion de me dégourdir quelque peu les jambes.

Prudent, Harry laissa sa main en suspens dans les airs à quelques millimètres à peine de la fameuse lettre. Son instinct lui soufflait que quelque chose d'important s'y trouvait, et curieusement, il avait presque peur d'en savoir plus. Pour autant il finit par s'en saisir, et effectivement rien ne se passa de fâcheux pour lui.

- Il n'y a aucun sceau sur la cire, commenta t-il en regardant celle-ci scrupuleusement avant de la décoller du papier.

- L'odeur qui se dégage de cette feuille m'est familière, ajouta Remus en prenant soudainement un air de plus en plus sombre. Désagréablement familière...

Après une autre révérence, Antoine les laissa tranquille en disparaissant de nouveau derrière la porte. Les quatre hommes gardèrent pour leur part un silence religieux, leur regard passant de la lettre à son porteur dans l'attente d'en savoir davantage.

«à Monsieur Potter

Au château de Lamballe, France»

- Pas étonnant que le hibou ne sache pas à qui adresser cette lettre, l'interrompit Remus en plissant légèrement les yeux. L'adresse est la bonne, mais il n'y a techniquement aucun Monsieur Potter ici.

- Si tu voulais bien te taire Lupin, nous en saurions davantage, répliqua Severus.

Harry se retint de vitupérer contre lui pour la manière dont il s'adressait à son parrain, mais il se jura de lui en reparler plus tard… et de l'avertir qu'il ne tolérera pas longtemps le manque de respect sous son toit. Au lieu de ça il reprit sa lecture, son ton devenant de plus en plus grave à mesure qu'il approchait de la fin de la lettre :

«Harry,

Tout d'abord, permets moi de te souhaiter à l'avance un joyeux anniversaire pour tes dix huit ans. J'aurais aimé pouvoir le faire chaque année durant, mais les circonstances ont voulu que nous soyons séparés pendant de trop longues années.

Ma lettre pourrait te surprendre, et conscient des horreurs qui ont pu être dites sur mon compte, je comprendrai que tu ne veuilles rien à voir affaire avec moi. Cependant il est dans ton intérêt comme dans celui de ta mère que tu réfléchisses longuement à ce que je vais te dire...»

- Cet immonde pourceau…, marmonna furieusement Harry alors que ses mains commençaient à trembler sous la colère.

«Il n'a pas été chose aisé de te retrouver, et tu semblais d'ailleurs accorder beaucoup d'importance à ce que cela n'arrive pas. Je dois admettre d'ailleurs être particulièrement surpris de ta nouvelle identité ; Je m'étais étonné de la soudaine apparition d'un fils dans le giron de Madame de Savoie-Carignan lorsque tu étais venu assister au bal de noël durant le tournoi des trois sorciers, mais je n'avais alors pas cherché plus loin ; Tout le monde a le droit à ses petits secrets, votre mère adoptive comme moi. Aussi puis-je t'assurer que ton secret sera bien gardé.

Lily s'est cependant montrée une excellente source d'informations à ce sujet, bien au-delà même de mes espérances, et pour cela je lui en serai toujours reconnaissant. À présent elle désire ardemment vous revoir, toi et ta sœur, et je ne peux qu'espérer que ces retrouvailles auront bientôt lieu. Cependant, il faudra d'abord que nous nous rencontrions personnellement».

- Voilà donc là où le bât blesse, argua Chauveau-Lagarde. Du chantage en bonne et due forme, classique. Il conditionne la libération de votre mère par un entretien, et je ne serais pas étonné si une proposition découle de cette entrevue, proposition bien évidemment qui ne vous laissera qu'une échappatoire.

- Moi non plus je ne suis pas dupe de ses manigances, affirma Harry d'un air furieux.

«J'aurais besoin de t'entretenir d'un sujet épineux sur lequel ton apport est plus que nécessaire. Pour ce faire, j'aimerais te rencontrer le 31 juillet à Londres, au «Marteau et l'enclume» que tiennent ton oncle et ta tante moldus. Retrouvons-nous là-bas vers dix heures du matin, lorsqu'il y a encore trop peu de clients pour nous déranger. Nous pourrons discuter de nos existences respectives autour d'un bon verre et de ce qu'il adviendra par la suite.

Je n'attends pas de réponse de ta part, mais je te prie de croire que dans l'intérêt de ta mère, il est nécessaire que tu assistes à cette réunion. Il serait fâcheux d'opposer une fin de non recevoir à une invitation aussi désintéressée et amicale que la mienne.

Albus Dumbledore».

- Quel culot ! S'exclama Remus. Aussi désintéressée et amicale? Il ne prend même pas de pincettes pour mettre dans la balance l'intégrité de Lily ! Ce salaud…

Mais Harry lui souriait, d'un sourire froid et presque fou qui aurait pu donner la chair de poule à d'autres personnes. Ses yeux continuaient à lancer des éclairs au parchemin qu'il tenait entre ses doigts blanchis par la pression qu'il exerçait dessus, et si un feu avait été présent dans la pièce, la lettre y aurait très certainement terminée. Pour autant il releva lentement la tête vers eux et reprit la parole, l'air déterminé :

- Messieurs, dit-il d'un ton plus gai, nous avons une dizaine de jours pour préparer cet entretien. À nous de faire en sorte de rencontrer comme il se doit Albus Dumbledore.


A/N : Je ne suis pas pleinement satisfait de ce chapitre, mais il permet au moins de préparer enfin la rencontre officielle entre Harry et Dumbledore. Alors maintenant la question est de savoir comment celle-ci va se présenter... Le simple fait que cela se déroule dans l'établissement géré par Pétunia et Vernon est hautement symbolique ; Les choses auraient pu être tellement différentes si Lily ne l'avait pas placé dans un orphelinat mais chez sa soeur.

Le prochain chapitre arrivera samedi prochain. Je suis actuellement en train d'écrire le 86, et je ne sais pas si c'est le fait de poster celui-ci aujourd'hui ou si j'ai été pris d'une soudaine inspiration, mais j'en suis à plus de 3000 mots en quelques heures à peine.

Je ne sais plus si je l'ai un jour précisé, mais comme j'utilise les deux appellations dans ce chapitre, le titre de Marie-Louise "de Savoie-Carignan" est son nom (ou titre) de famille d'origine, "princesse de Lamballe" le titre qu'elle a obtenu par son mariage avec Louis-Alexandre de Bourbon, ce qui fait qu'Harry est techniquement "Gabriel de Bourbon, prince de Lamballe". Le fait que Dumbledore appelle sa mère par son nom de baptême est en soit une insulte envers elle.

Sur ce, à la semaine prochaine !