Bonjour à tous,

Samedi, 15 heures environ. Je pense que ça va finir par être le créneau traditionnel pour la publication de fin de semaine.

Merci encore pour vos reviews, je vous répondrai dans la journée.

Aussidagility : Merci pour ton commentaire ! Le plan se mettra en route progressivement... Reste en premier lieu à savoir où elle se trouve.

Plmn : Merci pour ton commentaire ! On ne peut pas dire que le vie de prince soit un long fleuve tranquille effectivement... Mais bon, peut-être que tous ces problèmes vont se résoudre prochainement?

Guest/Quetsche : Merci pour ton commentaire !

Le Tamanoir : Merci à toi aussi ! Vous verrez bien pour les décès... S'il y en a ;)

L'histoire avance... Comme annoncé dans le commentaire de fin du précédent chapitre, elle devrait se terminer d'ici deux à trois mois maximum. C'est curieux mais j'y réfléchissais depuis une semaine, je me demande ce que je ferai une fois qu'on en sera arrivé là ; Une autre histoire? Les idées fourmillent, mais j'ai peur de ne plus avoir suffisamment de temps comme avant pour m'en occuper.

également avant que je n'oublie, je vous invite à lire la note de fin de chapitre pour celui-ci seulement lorsque vous aurez fini de le lire ; J'y ai glissé une petite information le concernant.

Sur ce, bonne lecture !


- Vous avez meilleure mine depuis la dernière fois où nous nous sommes vus.

La remarque arracha un sourire à Harry alors qu'il remontait les aiguilles de l'horloge disposée sur l'encadrement de la cheminée. Cela le distrayait, lui qui n'avait pas eu beaucoup de temps pour s'aérer l'esprit ces derniers temps en raison de la multitude de problèmes qui survenaient chaque jour et qui accaparaient son temps et son énergie. Alors le simple fait de réparer une horloge était en soi une distraction plus que bienvenue.

- Je devrais en dire autant pour vous, dit-il sans se retourner. Le régime alimentaire que nous a imposé la guerre n'a laissé aucune trace de ce que j'ai pu en juger depuis votre arrivée.

- La bonne cuisine de l'académie est un remède efficace pour récupérer ce que l'on perd lors d'une campagne. Vous pouvez en juger par vous-même et accorder du crédit à la cantine de votre ancienne école.

- J'ai depuis longtemps pu juger de la pertinence des racontars exprimés à ce sujet, concéda Harry. Nicolas nous a suffisamment apporté de choses délicieuses dans nos dortoirs pour confirmer que vos cuisiniers étaient de fins gourmets.

- Je soupçonnais que quelqu'un dans votre promotion s'adonnait à ce genre de sortie nocturne, et croyez-moi si j'avais eu le plaisir de le prendre sur le fait, je lui aurais fait passer l'envie de réitérer cet exploit.

Harry ne pouvait toujours pas le voir, mais au son de sa voix, il soupçonnait que son visiteur n'était nullement contrarié par cette anecdote et qu'un sourire devait se glisser sur ses lèvres à l'évocation de ces souvenirs.

- Et voilà, marmonna t-il en reposant finalement l'horloge sur son emplacement d'origine pour se retourner et faire face à Pajol. Désolé de vous avoir fait attendre, mais il me semblait bien que quelque chose n'allait pas, qu'un élément sonore se faisait silencieux jusqu'à présent.

- Ou peut-être était-ce simplement pour vous le moyen de repousser au dernier moment ce que vous vous apprêtez à me dire et qui explique la raison de ma venue, argua avec bon sens son supérieur. Allons Monsieur Bourbon, je vous connais depuis que vous avez onze ans, je sais lorsque quelque chose vous pèse et que vous n'osez l'aborder en ma compagnie.

Un sourire gêné se répandit sur le visage d'Harry alors qu'il lui confirmait ses dires d'un hochement de tête. Il se précipita alors vers une armoire à quelques pas de là, en sortit une bouteille contenant un liquide ambré ainsi que deux verres dont il rapporta le tout vers la petite table ronde disposée entre les deux fauteuils dans lesquels ils prenaient place.

- Je devrais être effrayé par l'idée que vous me connaissiez si bien, dit-il en versant le liquide dans les deux verres avant d'en tendre un à Pajol. Mes ennemis pourraient en faire autant si je n'y prends pas garde.

- Vous? Avoir des ennemis? La chose me paraît curieuse et inimaginable, répondit le général avant de boire une gorgée.

- Je pourrais vous surprendre, affirma d'un ton moqueur Harry avant d'en faire autant.

Son regard se posa sur le mur face à lui, distrait par les motifs et autres personnages représentées sur les différentes parties de la pièce. Sa mère avait un goût sûr en matière d'art, un goût qu'il ne partageait pas dans la mesure où il n'y connaissait absolument rien ; Un tableau de grand maître n'avait pas plus d'intérêt à ses yeux qu'une croûte payée deux sous au premier vendeur ambulant. Mais il savait faire la différence entre le beau et le laid, entre ce qui pouvait attirer le regard de ce qui l'en détournait, de ce qui avait de la valeur autant symbolique que monétaire de ce qui ne devait avoir pour autre honneur que d'être jeté dans la première fosse croisée, et en l'occurrence le salon de Venus dans lequel il se trouvait mêlait avec brio les trois points qu'il venait d'évoquer.

À aucun moment il ne songea qu'à ses pieds, sur le tapis désormais aussi propre qu'au premier jour de son tissage, un homme était mort d'une manière violente en étant réduit en poussière par un maléfice.

- Mère pense que je n'ai pas encore l'âge de boire à la moindre occasion une goutte d'alcool, déclara t-il distraitement en faisant tournoyer le contenu de son verre d'un geste du poignet. Il faut que ce soit une occasion exceptionnelle… J'espère que vous appréciez le cidre, il a été fait à partir de nos propres vergers.

- J'aurais préféré du champagne ou même une touche de liqueur de poires, regretta Pajol en examinant son propre verre. J'adore la liqueur de poires, mais je vous excuse pour votre faute de goût, vous ne pouviez pas le prévoir.

Tous deux partagèrent un sourire avant de reporter leur attention sur le verre qu'ils burent en même temps.

- Je ne sais pas grand-chose de vous, avoua Harry en tapant légèrement et en rythme sur les bras de son fauteuil. Vous avez été mon directeur pendant toute ma scolarité, puis mon supérieur durant cette dernière campagne, mais vous m'êtes aussi mystérieux qu'au premier jour de notre rencontre.

- Peu de gens peuvent se targuer de me connaître, concéda Pajol tandis qu'il tournait la tête vers l'une des fenêtres d'où l'on pouvait entendre au-delà quelques éclats de voix. Vos gens sont-ils aussi bruyants même en soirée?

- Des retardataires pour sûr, lui indiqua son ancien élève. Une fête champêtre a lieu à quelques lieues d'ici, une sorte de feu de joie pour fêter l'abondance des récoltes. Mon épouse et moi-même avons été conviés à y assister, mais celle-ci se trouvant indisposée, nous avons préféré rester ici.

- Est-ce cela qui vous tracasse?

Harry n'aurait su répondre tant les tracasseries étaient nombreuses, mais c'était bien la première fois que Daphné s'était sentie aussi mal depuis qu'il la connaissait et peut-être bien qu'inconsciemment, il craignait qu'il lui arrive malheur ; Cela ne faisait qu'un an qu'ils étaient mariés, et il espérait que d'autres longues années allaient encore lui succéder.

- Un médicomage se trouve en ce moment avec elle, lui indiqua t-il en essayant de paraître détaché par la chose. Je n'ai aucun doute qu'il trouvera rapidement le mal qui s'est attaqué à elle. Ce n'est peut-être qu'une simple indigestion.

- Je n'ai aucune connaissance en matière de médecine, mais assurez votre épouse de mes vœux de rétablissement les plus rapides, lui dit Pajol.

- Merci pour vos bonnes paroles Monsieur.

Pajol leva son verre dans sa direction avant de boire ce qu'il en restait.

- Je ne parle pas beaucoup de ma vie privée parce qu'il n'y a rien de particulier à en dire, reprit-il en détournant le regard pour admirer sans pour autant y prêter grande attention une peinture juste au dessus d'une des nombreuses portes de la salle. Je ne suis qu'un simple directeur d'académie devant faire avec les incartades fréquentes de ses élèves et à leur irrespect des règles qui régissent mon établissement. Auparavant j'ai rejoint dès ses premiers soubresauts la révolution française dont le souffle de liberté et de justice m'a séduit plus que toute autre femme. Au fil des années, j'ai gravi les échelons de l'armée par mes faits d'armes et ma bravoure au combat pour être aujourd'hui général de brigade. Je n'ai pas encore quarante ans, je ne suis pas marié et la vie de famille ne m'intéresse guère. J'ai connu de nombreuses aventures, en particulier avec les actrices de la comédie française, mais aucune suffisamment sérieuse pour m'imaginer un jour m'unir pour le restant de mes jours à une femme. J'aime l'équitation, les chevaux et le sentiment enivrant que l'on éprouve lors d'une charge de cavalerie, sabre en main et hurlant aussi fort que le tonnerre qui s'abat sur une lande désertique par une chaude journée d'été. Quant à ce que je crois ou non, j'admets avoir toujours eu beaucoup de difficultés avec l'aspect spirituel des choses, aux croyances de tout un chacun et aux superstitions qui empoisonnent l'esprit des hommes et les rendent si malléables, manipulables et craintifs. Cependant l'honneur et la fidélité me sont des valeurs auxquelles j'aspire ardemment, et quiconque les possède trouvera forcément grâce à mes yeux.

- Est-ce un conseil que vous me donnez? Argua poliment Harry.

- Je ne doute ni de l'un ni de l'autre chez vous Monsieur Bourbon, murmura t-il. Mais ces valeurs sont volatiles… Tâchez de les conserver aussi longtemps que possible, et vous conserverez en même temps toute ma confiance.

- Pardonnez-moi d'insister là dessus, mais c'est bien là la raison pour laquelle je vous ai fait venir ce soir, lui dit alors son ancien élève en se redressant légèrement sur son fauteuil.

Nerveusement, il triturait le verre qu'il tenait encore entre ses mains, mais se rendant compte de son geste, il le reposa immédiatement sur la petite table avant de se tourner de nouveau son visage vers lui, l'air soucieux :

- J'aurais besoin de vos lanternes, dit-il pour commencer. Disons plutôt que j'aimerais m'assurer d'une chose ou deux et qui pourraient vous impliquer en fonction des circonstances et de la manière dont iront les choses par la suite.

- Je suis tout ouïe.

Prenant une profonde inspiration, Harry commença alors le récit de ce qui le tracassait depuis des jours auprès de la seule personne ayant eu suffisamment d'autorité envers lui ces dernières années pour espérer une réponse franche et éclairer d'un nouveau jour le dilemme dans lequel il se trouvait :

- Je suis sous la menace d'une personne indigne de confiance mais qui détient quelque chose de grande valeur pour moi, expliqua t-il en choisissant soigneusement ses mots. Par un coup du sort funeste, cette personne garde en otage ce bien précieux, et menace de me le soustraire définitivement si je ne lui obéis pas au doigt et à l'œil…

- Voilà qui est fâcheux, concéda son supérieur. Et que vous demande de faire cette personne?

- Elle souhaite laver son honneur dans le sang et voulant éliminer une plus grande menace encore, répondit Harry. Par mon aide, elle espère l'atteindre et la détruire, et m'a promis en échange de me rendre ce que je désire, mais je ne lui fais aucune confiance.

- Donc vous espérez mon aide pour la dissuader de commettre l'irréparable, termina Pajol.

- Pas seulement, avoua Harry. L'autre personne à éliminer possède de grands pouvoirs, des forces importantes et ne recule devant rien pour mener à bien ses projets.

- De grâce, cessez de rester mystérieux à ce sujet et donnez moi l'identité de ces personnes, lui ordonna fermement Pajol en perdant par la même occasion le semblant de quiétude qui paraissait jusqu'alors sur son visage.

Harry déglutit devant l'ordre manifeste de son supérieur, et il eut l'espace d'un instant l'impression de revenir plusieurs années en arrière lorsque, jeune étudiant, il s'était retrouvé face au même dans son bureau directorial de l'académie.

- Albus Dumbledore et Voldemort, énonça t-il après quelques secondes de silence. Le premier me fait du chantage pour que l'on détruise le second.

- Je vois…, marmonna le général en se massant pensivement la tempe avec sa main gauche. Et qu'ai-je à voir avec cette affaire pour que vous pensiez m'y intégrer?

- Le moment venu, pourrais-je compter sur vous? Lui demanda finalement Harry.

- Compter sur moi pour? Répéta Pajol en arquant un sourcil. Me battre à vos côtés? Faire la guerre à des sorciers qui n'ont pas même porté les armes contre l'Empire? Devrais-je risquer ma vie pour le salut d'une seule personne, fut-elle l'un de mes anciens élèves? Allons Gabriel, la guerre vient à peine de se terminer, nous pleurons encore nos morts et nous avons des choses innombrables à régler en rapport avec la logistique de notre armée, et vous voudriez reprendre le chemin des combats pour un conflit qui ne concerne que nos ennemis?

- Je ne vous demande pas de vous battre même si j'aurais préféré que ce soit le cas, lui répondit son ancien élève d'un ton qui se voulait apaisant. Je veux seulement que vous sachiez que s'il m'arrivait malheur, si je disparaissais, que toute ma famille disparaissait, que ma présence manquerait à l'appel lorsqu'elle serait requise à vos côtés, alors il vous faudra demander à Albus Dumbledore d'en répondre.

- Est-ce donc sérieux à ce point?

- Comme je vous l'ai dit, je ne lui fais aucune confiance, lui répéta t-il en se levant de nouveau pour s'approcher de la cheminée.

Et pour s'occuper l'esprit plutôt que de ne rien faire, il alluma rapidement un feu avec sa baguette magique et fit légèrement bouger les bûches avec un tisonnier.

- Avez-vous un plan? Lui demanda Pajol après un certain temps de silence.

- Je laisse à mon ennemi le soin d'en établir un, et je l'étudierai longuement avant de m'y jeter corps et âme, répondit Harry sans se retourner. Je sais qu'il est pour lui essentiel d'éliminer Lord Voldemort, et pour m'avoir mis dans la confidence avec autant d'empressement, je me doute que ma présence lui est nécessaire, mais je ne tiens pas à servir de mouton sacrificiel pour ses plans déments et sa folie mortifère.

- Ce que vous craignez n'est pas d'être tué avant d'avoir accompli votre affaire mais ce qui se passera ensuite, conclut le général. Vous craignez que Dumbledore ne respecte pas sa parole, alors vous m'informez de votre arrangement pour que je prenne mes propres dispositions pour la lui faire tenir… ou vous venger si d'aventure il vous arrivait quoi que ce soit.

- C'est en partie cela, confirma Harry.

Il n'avait pas besoin d'avoir des yeux derrière la tête pour sentir que son supérieur s'était plongé dans une profonde réflexion, son silence a lui seul était suffisamment éloquent pour en témoigner. Harry le laissa réfléchir de la sorte, lui-même perdu dans ses pensées et en particulier celles qui se portaient inévitablement vers Lily ; La savoir à la merci de Dumbledore, impuissante et subissant mille tourments au bout de la baguette magique de ce vieillard sénile lui donnait des envies de meurtre.

- Je ne sais pas si je serais capable de vous seconder dans votre affaire, reprit Pajol d'une voix neutre, détachée. Je n'ai pas beaucoup d'influence, et il me sera impossible de vous fournir un contingent d'hommes prêts à se battre pour une cause qui leur serait étrangère et dont la finalité m'échappe également sans convaincre mes supérieurs. Quant à obtenir l'aval de l'Empereur…

- Oh mais je ne pensais pas à une telle chose, affirma Harry en se tournant finalement vers lui, le tisonnier toujours en main. Je ne suis pas un voyant, je n'ai aucune connaissance dans la lecture des feuilles de thé ou dans les signes que l'on peut interpréter à travers une boule de cristal pour déterminer l'avenir et ce qui pourrait advenir de ma personne, alors il m'est impossible d'anticiper les événements à venir, encore moins d'imaginer un seul instant d'impliquer dans cette affaire sa majesté lui-même… Je préférerai d'ailleurs que cette affaire demeure secrète ; Cela n'est qu'un problème familial, rien d'autre.

- Il s'agit donc d'une personne en particulier et non d'un simple objet, nota avec un sourire ironique Pajol. À moins que l'objet en question soit un objet familial, bien que je doute que vous puissiez aller jusqu'à risquer votre vie pour quelque chose d'aussi dérisoire.

- D'une certaine manière oui, il s'agit d'une personne qui m'est chère, mais vous ne pourriez pas comprendre à quel point, concéda son ancien élève.

Il était déjà assez difficile pour les personnes connaissant son secret d'imaginer un enfant n'ayant aucun père mais deux mères, il ne tenait en aucune façon à ajouter Pajol à cette liste. Son supérieur continuait à pianoter sur les bras de son fauteuil en le dévisageant, prêt à déceler en lui ou dans son langage corporel le moindre indice pouvant l'éclairer sur le secret qu'il tenait à garder, puis, soufflant bruyamment, il se releva de toute sa hauteur pour se poster face à lui ; Harry nota à ce moment là à quel point le général le dominait toujours d'une bonne tête et paraissait particulièrement imposant à l'ombre des bougies et du feu de cheminée.

- Je n'interviendrai pas dans votre affaire, conclut t-il et Harry ne put s'empêcher de se sentir déçu à ce sujet. Cependant s'il vous arrivait malheur du fait de cet homme, c'est à l'armée impériale elle-même que ce Dumbledore s'attaquerait, et il encourrait alors des risques dont il ne soupçonne guère la portée. Si les circonstances le permettent, si la paix perdure et qu'aucune menace ne pèse sur l'empire, je ferais part à l'Etat-major de vos soupçons le concernant et demanderais l'autorisation d'enquêter à ce sujet. Advienne que pourra.

- Advienne que pourra, répéta Harry en hochant sa tête.

C'était mieux que rien pensait-il. Au moins avait-il la certitude que quelque chose serait fait à l'encontre de Dumbledore si lui-même n'en était plus capable.

- Vous devriez tout de même en toucher quelques mots au ministre des affaire étrangères, reprit Pajol alors qu'il s'avançait vers une étagère pour se saisir de son shako. Je vous sais proche de Monsieur Talleyrand, et l'influence de cet homme sur l'esprit de l'Empereur n'est plus à démontrer depuis longtemps. Et s'il est envisageable d'enquêter en Angleterre contre Dumbledore, je suis persuadé que notre cher ministre sera le plus à même à persuader le ministre de la magie anglais de nous laisser la liberté de circuler à notre convenance dans leur pays sans être inquiété par les autorités et soupçonné d'espionnage.

- Je le ferai, lui certifia Harry bien qu'il appréhendait d'écrire au ministre depuis leur dernière discussion en mai.

À son tour Pajol hocha sa tête vers lui pour prendre congé, mais l'ouverture d'une porte à quelques mètres les fit tous deux tourner la tête dans sa direction. Sur le seuil se trouvait Daphné en robe de chambre, l'air légèrement fatigué et maladif du fait de l'éclairage ambiant. Ses cheveux étaient emmêlés, ses traits tirés et sa main tremblotante tenait encore la poignée tandis qu'elle embrassait du regard la pièce, ses yeux s'arrêtant finalement sur les deux silhouettes qui la regardaient.

- J'espère ne pas vous déranger messieurs, je venais seulement voir si mon mari avait terminé ses affaires, les informa t-elle en souriant timidement.

- Il me semble que oui Madame, répondit Pajol en inclinant légèrement sa tête en direction de Daphné. Pardonnez-moi d'avoir empiété sur votre temps, j'ose espérer ne pas avoir causé du tort à Monsieur Bourbon en l'accaparant trop longuement.

- Nullement Monsieur, affirma t-elle en libérant l'accès vers la sortie. Mon mari a beaucoup d'estime pour vous, et je ne pourrais jamais vous tenir rigueur du temps qu'il vous accorde au détriment de moi.

En passant près d'elle, Pajol s'inclina de nouveau tout en lui baisant légèrement la main, puis après un signe de tête en direction d'Harry, il parcourut les quelques pas le séparant de la sortie et disparut finalement dans le couloir.

- Daphné? souffla Harry d'une voix étonnée en s'approchant d'elle. Comment te sens-tu? Tu devrais rester au lit... Qu'en pense le médecin?

- Qu'il n'y a rien de grave, lui certifia son épouse en souriant une fois encore. Je... Je ne voulais pas te donner de faux espoirs en espérant l'impossible, mais ces symptômes m'avaient laissé à penser qu'il pourrait s'agir d'une... Tu sais...

- Une grossesse, termina Harry. Oui j'y avais songé... Et même si l'idée m'enchante, je ne sais pas si nous sommes encore prêts à être parents. Le contexte ne nous est pas favorable, mais qui sait? Un jour peut-être... Dans tous les cas je n'y serai nullement opposé.

Mais Daphné paraissait déçue que ce ne soit pas encore le cas, et ressentant cela, Harry se saisit d'elle par la taille, l'approcha de lui et déposa un long baiser sur ses lèvres roses.

Fonder une famille pouvait bien attendre quelques années encore tant que la mère de ses enfants à venir serait la femme qu'il gardait contre lui.


A/N : Chapitre terminé. Plutôt court n'est-ce pas?

Pour la petite information, la fin de ce chapitre devait être diamétralement différente de celle-ci, et elle l'était encore il y a une heure ; à l'origine Daphné devait débarquer dans la pièce et annoncer à Harry... qu'elle est enceinte. Cependant avec beaucoup de recul et une bonne semaine de tergiversation, j'ai finalement décidé de renoncer à cette idée... pour le moment. Je pensais qu'il était fréquent dans les hauts milieux aristocratiques de l'époque qu'une femme tombe enceinte vers seize ou dix-sept ans, mais sur la vingtaine d'exemples que j'ai été regarder, je n'en ai trouvé qu'une qui a eu son premier enfant à dix-huit ans (Joséphine de Beauharnais), la plupart l'ayant vers vingt ans. De toute façon je n'avais prévu aucune intrigue pour cette idée, alors ce n'est pas du tout important.

Concernant ce chapitre, il n'y a pas grand chose d'important à en dire, seulement que Pajol interviendra dans le schmilblick dans lequel se trouve Harry si et seulement si il lui arrivait malheur. Dumbledore ferait bien de faire très attention à lui ; il risquerait d'être pourchassé par l'armée française si il n'y prenait pas garde ^^.

J'hésite encore à vous offrir le prochain chapitre mercredi prochain ; Celui-ci était relativement court et avec l'abandon de l'idée de grossesse à la dernière minute, il en a perdu toute son essence.

Je suis actuellement en train d'écrire le chapitre 88, et pour être honnête, pour la première fois depuis des mois je galère à l'écrire ; La mise en scène est compliquée, les dialogues ne me viennent pas en tête et pourtant il est relativement important pour la suite de la fiction ; J'espère que le syndrome de la page blanche ne me guette pas :/

à la semaine prochaine !