Disclaimer : L'univers de Kuroko no Basket que vous reconnaitrez aisément appartient à Fujimaki Tadatoshi. L'auteur me le prête très aimablement pour que je m'amuse avec et je ne retire aucun profit de quelque nature que ce soit de son utilisation si ce n'est le plaisir d'écrire et d'être lue.

Note de l'auteur : Je veux remercier du fond du cœur ma béta-lectrice, Futae qui s'est servie de son "Eagle Eye" (fallait que j'la case celle-là !) pour corriger cette histoire et me conseiller. C'est grâce à son enthousiasme, ses encouragements et son sens de l'analyse et de la critique sans détour, que cette histoire a pu voir le jour.

Note importante : j'avais décidé de retirer toutes mes histoires de ce site suite à ce que je pense être un piratage. Je me suis laissée convaincre de les remettre, mais malheureusement ce site fonctionne tellement mal que je n'ai pas pu toutes les récupérer. J'ai donc décidé de les reposter. Si vous les lisez et qu'elles vous plaisent, n'hésitez pas à le dire, ça me fera plaisir et ça me remontera le moral même si les commentaires ne seront pas les mêmes qu'à l'origine.

Bonne lecture.


Shadow : merci pour ton commentaire. Oui, un film. L'idée m'est venue pendant que j'écrivais cette histoire en même temps que l'idée de l'anime et je les ai intégrées. Tu verras dans ce chapitre que ce n'est pas si simple. Tu avais raison, on s'achemine vers la fin de cette fanfiction. Il faut bien que je clôture certaines histoires secondaires et surtout sur une note positive. Je te laisse avec cet avant-dernier chapitre. Bonne lecture.


Le roman de notre histoire

Chapitre 34

Surprise. Incrédulité. Hallucination auditive. Stupéfaction. Sidération. C'était les mots qui se rapprochaient le plus de ce qu'avait ressenti Kagami, et c'était encore très loin de la vérité, quand Harasawa lui avait enfin fait part de la raison de cette entrevue. Et Aomine n'était pas en reste, il était muet. L'éditeur lui avait donné les détails du mail. La productrice, qui souhaitait le connaître, serait accompagnée d'un scénariste expérimenté. Harasawa l'avait rassuré en lui disant qu'il serait là avec Aomine bien entendu. Si les Américains devaient faire une quelconque proposition, elle serait décortiquée en long, en large et en travers avant que le romancier ne donne son aval. S'il avait dans l'idée de le faire.

A.G. Entertainment était un studio d'Hollywood qui, bien que récent, faisait parler de lui depuis plusieurs années. Il avait quelques dizaines de films à gros budget à son actif et plusieurs superproductions. Après avoir travaillé pour des majors, Alexandra Garcia avait monté sa société axée principalement sur les adaptations de livres comme l'avaient été à leur époque Dune, Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux. Elle n'avait pas encore cette envergure, mais le nom de A.G Entertainment commençait à se tailler une belle part de marché. La productrice avait un flair imparable pour dénicher des œuvres qui avaient le potentiel pour être portées à l'écran. Et le Prix de la Liberté était de celles-ci.

Le livre avait eu un énorme succès aux États-Unis ainsi que dans le monde et elle savait que plusieurs autres studios allaient être sur le coup. Il fallait agir vite et convaincre l'auteur de vendre ses droits pour une adaptation cinématographique. Elle se doutait que ça ne serait pas facile et elle décida de s'adjoindre l'aide d'un scénariste réputé. Elle le contacta et lui fit part de son projet. Il avait lu le livre et était emballé par l'idée d'en faire un film et peut-être plusieurs puisqu'il s'agissait là du premier tome. La jeune femme préférait voir le romancier en personne pour discuter avec lui de vive voix. Elle demanda donc au scénariste de faire une ébauche à présenter, histoire de ne pas arriver les mains vides. De plus, ça démontrait leur engouement vis-à-vis de ce roman. Ils se rendirent au Japon quelques semaines plus tard, fin janvier, pour rencontrer Kagami par l'entremise de son éditeur.

Harasawa avait proposé de faire la réunion dans son propre bureau. Une de ses secrétaires serait chargée de servir des rafraîchissements et des amuse-gueules. Ce n'était pas la première fois que le patron de Touou recevait des producteurs intéressés par une œuvre. À trois reprises déjà, des écrivains qu'il avait publiés avaient vu leurs romans portés à l'écran pour une série télévisée ou un film. Mais là, c'était une autre dimension. Il suffisait de prononcer le nom d'Hollywood et de suite, c'était la vision des dollars qui tombaient du ciel directement dans vos poches. Kagami était arrivé avec son avocat, maître Midorima. Aomine était déjà sur place et les quatre hommes se retrouvèrent dans le bureau d'Harasawa. Le romancier était nerveux. Midorima discutait avec l'éditeur pour se faire une idée de ce dont il allait être question pour conseiller au mieux son client. Aomine était près de son amant, bien conscient du stress qu'il devait ressentir. Lui-même était fébrile. À quoi pouvaient bien ressembler des producteurs d'Hollywood ? Alexandra Garcia avait fait savoir qu'elle parlait couramment le japonais et qu'aucun interprète ne serait nécessaire.

À l'heure dite, la secrétaire introduisit une très belle femme qui devait avoir entre quarante et quarante-cinq ans, bien qu'il faille se méfier parce que, dans ce milieu, il n'y avait pas que les acteurs qui avaient recours à la chirurgie esthétique pour paraitre plus jeunes qu'ils ne l'étaient en réalité. Elle entra accompagnée un homme qui devait avoir sensiblement le même âge, un peu moins peut-être. Ils étaient le stéréotype de l'américain de la côte ouest. Blonds, bronzés et comme sortis tout droit d'une série Z.

— Soyez les bienvenus chez Touou, fit Harasawa se posant ainsi en maître de cérémonie. Voici Kagami Taiga, le romancier que vous souhaitiez rencontrer… Aomine Daiki son correcteur et Midorima Shintaro son conseiller.

— Je suis Alexandra Garcia comme vous devez vous en douter, commença-t-elle dans un japonais parfait avec un petit accent, et voici le scénariste dont je vous ai parlé, Nash Gold Jr… Merci de nous recevoir…

Elle fit la traduction pour son compatriote et poursuivit.

— Comment vous est venue l'idée du Prix de la Liberté ? demanda-t-elle en s'adressant directement à Kagami.

— Je l'ignore… J'ai voulu changer de registre et la Science-Fiction s'est imposée presque toute seule.

— Vous avez fait beaucoup de recherches sur la Rome antique, je présume.

— Énormément… Un de mes professeurs d'histoire quand j'étais à l'université, m'a envoyé les liens des sites de quatre bibliothèques universitaires romaines qui m'ont beaucoup aidé pour tout ce qui est de la politique de l'époque, l'aspect militaire, la hiérarchie des classes sociales et surtout le but des jeux du cirque. C'est bien plus complexe qu'on ne le croit.

La conversation tourna une bonne heure autour des origines du roman. La traduction que devait faire Garcia pour son compatriote rallongeait d'autant l'entrevue. Aomine n'avait pas prononcé un mot. Il observait ce Gold. Quelque chose ne lui plaisait pas chez cet homme. Son regard n'était pas franc. Il avait une sorte de petit rictus arrogant aux lèvres qui semblait dire : "Je suis Américain et je travaille à Hollywood. On ne joue pas dans la même cour". Et le correcteur n'aimait pas ça du tout. Il connaissait les studios A.G. Entertainment, leur réputation n'était plus à faire et elle était excellente. Mais parmi les fruits de la corbeille, il y en a toujours un qui a un vers. Ou bien le troupeau est contaminé par une brebis galeuse. Et ce scénariste en avait le parfait profil.

— J'ai immédiatement été séduite par votre roman et j'ai su qu'il fallait que je vous rencontre… A.G. Entertainment aimerait tourner un film basé sur votre livre…

— Vous m'en voyez flatté, sourit Kagami, je ne pensais pas susciter l'intérêt d'Hollywood… J'étais très loin d'imaginer ça…

— C'est ce que disent tous les écrivains à qui on propose une telle opportunité… Vous avez pourtant une série animée qui est en cours…

— Oui, ça fait partie de notre culture en particulier avec les mangas, Hollywood c'est un peu différent…

— Je le conçois… C'est pour cette raison que A.G. Entertainment voudrait racheter vos droits… Gold a déjà fait une ébauche de scénario à ma demande… Comme vous pouvez le constater, je ne suis pas venue les mains vides…

— Puis-je voir cette ébauche ?

La jeune femme fit la traduction et le scénariste sortit un paquet de feuilles reliées qu'il tendit à Kagami. Puis il se souvint des conseils de Midorima. Ne jamais dire oui et temporiser. Après tout, si ça ne leur convenait pas, aucune importance. L'auteur ne courrait pas après Hollywood. Son livre lui avait déjà rapporté énormément ainsi que le second. S'il le décidait, il pouvait prendre sa retraite et ne plus écrire une ligne jusqu'à la fin de ses jours.

— J'vais lire ça tranquillement… Mon éditeur sait où vous joindre, je passerai par lui…

— Sachez que nous sommes prêts à accorder un très gros budget à cette production. Vous ne serez pas déçu du résultat…

— J'vous crois volontiers… J'vous recontacte…

Après quelques dernières politesses, Harasawa reconduisit les visiteurs et se tourna vers les trois hommes. Il pouffa, essayant de ne pas éclater de rire de peur que Gold et Garcia ne l'entendent à travers la porte. Mais il ne put se retenir bien longtemps. Aomine se mit à rigoler à son tour et Midorima avait un franc sourire. Kagami les regarda en se demandant ce qu'il leur arrivait.

— Vous êtes drôlement gonflé, réussit à dire le PDG en reprenant son souffle.

— Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?

— Tu les as juste envoyés chier, c'est tout !

— Kagami n'a fait que c'que je lui avais conseillé…

— J'ai rien accepté, mais si j'dois l'faire ce sera à mes conditions… J'ai pas besoin d'eux et ils doivent bien le comprendre…

— Mais c'est ça qui est hilarant, reprit Harasawa. Ils sont arrivés ici en terrain conquis et vous leur avez pratiquement claqué la porte au nez…

— Sois prudent quand même, j'aime pas ce Gold, il est faux…

— Je suis d'accord, confirma l'avocat, il est arrogant et se croit supérieur à tout le monde, même à Garcia…

— C'est vrai qu'il ne fait pas une bonne impression et il a dit à plusieurs reprises à la fille que… qu'on n'avait aucune idée des enjeux…

— Oui, vous parlez anglais ! J'avais oublié ! s'exclama Harasawa.

— J'ai vécu aux États-Unis jusqu'à l'âge de seize ans… J'ai perdu mon accent, mais j'le comprends, je le parle et je l'écris toujours…

— Surtout, n'en dites rien, fit l'avocat. S'ils discutent entre eux, vous pourrez savoir de quoi il retourne…

— Ça c'est une excellente idée, approuva Aomine.

— J'vais rentrer et commencer à lire ce truc… j'suis curieux de voir comment ce Gold a massacré mon histoire.

— C'est bien connu que pour des adaptations sur grand écran, elle bien est souvent sacrifiée sur l'autel de la rentabilité, philosopha le PDG.

— Ce qui fait vendre, c'est la violence, le sexe, les effets spéciaux et un peu l'intrigue si c'est bien ficelé.

— Vous vous rappelez du Cycle de Fondation d'Asimov ? demanda Aomine pour étoffer le propos de son patron. C'était une catastrophe…

— J'm'en souviens, fit Midorima. Ils ont fait d'un robot un tueur alors que c'est Asimov lui-même qui a édicté les trois lois de la robotique…

— C'était un robot non asimovien, déclara Kagami. C'est la pire insulte qui pouvait être faite à cette œuvre magistrale… Ceux qui n'ont pas lu les livres ont trouvé ça génial…

— Le jugement est faussé quand on ne connait pas l'histoire qui est à la base, reprit l'avocat.

— Sans parler des autres aberrations, soupira Harasawa.

— Si j'accepte de travailler avec eux, ils feront pas c'qui veulent…

— Kagami, ne vous précipitez pas, d'accord ? conseilla le PDG. Hollywood, c'est le miroir aux alouettes… Tenez-nous au courant de votre décision… Nous vous soutiendrons…

— On se voit à la maison, murmura Aomine en l'embrassant.

— OK… Maître, j'vous ramène ?

— Avec plaisir…

Lorsque Aomine et Harasawa se retrouvèrent seuls, ils échangèrent un sourire complice. Ils connaissaient les pensées de l'autre sans même avoir à les exprimer.

— T'en dis quoi ? demanda Aomine.

— Mon expérience me souffle qu'il devrait refuser de vendre ses droits, confia Harasawa.

— Moi c'est mon instinct qui me dit la même chose…

— À moins qu'il ne les garde et collabore à l'écriture du scénario…

— Tu crois qu'ils accepteraient ?

— C'est important ? Il l'a dit lui-même… Il n'a pas besoin d'eux. Ton homme est millionnaire… Pourquoi prendre le risque de voir son œuvre défigurée pour quelques millions de plus ?

— Alors que s'il participe au scénario, il aura un droit de regard sur beaucoup de choses et si ça leur convient pas, il rembarque son bouquin et les laisse se démerder…

— Le droit audiovisuel n'est pas la spécialité de Midorima, mais je suis certain qu'il se renseignera assez pour le conseiller au mieux… Et s'ils sont partis ensemble, c'est pas pour rien…

— Mmh… t'as raison… Bon je vais voir ce nouvel auteur que jdois superviser... J'vais l'confier à Matsuoka.

— Momoi en est où ?

— Elle écrit… Ça avance bien…

— Hayakawa ?

— Sortie du deuxième tome prévue dans quarante-huit heures… Là aussi, ça va cartonner !

— Ça a l'air d'aller Kagami et toi…, sourit Harasawa, heureux de voir son chef de la SF si épanoui.

— T'as pas idée à quel point… À plus tard…


Kagami avait lu le scénario de Gold et l'avait passé à Aomine. Les deux hommes convinrent que ce n'était pas mal. Il y avait un peu trop de coupes ou de raccourcis par rapport à l'histoire originale, mais dans l'ensemble ça tenait à peu près la route. Ils tombèrent d'accord pour reprendre contact avec Alexandra Garcia et voir de quelle manière ils pouvaient travailler ensemble. Sauf que Kagami avait une tout autre idée derrière la tête. Il en fit part à Harasawa et son correcteur qui furent enthousiasmés. Restait à convaincre les Américains.

La productrice avait réservé deux chambres au Shinjuku Prince Hotel, un excellent trois étoiles. Dans chacune d'elles, il y avait un grand lit, une belle salle de bain, une table, un mini bar, une télévision enfin tout ce qu'un établissement de cette envergure se doit de fournir. La veille de leur rencontre avec Kagami, ils en avaient profité pour se reposer un peu. Les effets du décalage horaire n'étaient pas toujours faciles à gérer. Ils n'avaient pas parlé de l'entrevue avec l'écrivain, ils attendaient d'être rentrés à l'hôtel pour ça.

— Alors ? T'en penses quoi ? demanda-t-elle à Gold en posant ses affaires sur son lit.

— Il a jamais lu un scénario d'sa vie, rétorqua-t-il, hautain.

— Et alors ? Ça va l'empêcher d'comprendre ?

— Non, mais il aura pas une bonne vision des choses…

— Tu crois qu'il est intéressé ?

— Difficile à dire… J'arrive pas lire sur leurs visages de macaques…, rétorqua-t-il d'un ton méprisant.

— Gold ! Commence pas !

Alexandra s'engouffra dans la salle de bain sans attendre la réponse que Gold ravala. Il ne se faisait aucune illusion. Pour lui, le Japonais n'avait aucune idée de comment se réalisait une œuvre cinématographique et encore moins une grosse production. Le roman en lui-même était une merveille. En faire un film serait à coup sûr un excellent calcul. De toute manière, dès qu'ils auraient les droits, ils en feront ce qu'ils voudront. C'est du moins ce qu'il pensait.

— On mange ici ou au resto ? l'interrogea-t-elle en sortant de la douche.

— Peu importe, tant qu'on bouffe… J'ai faim… J'espère qu'y a des hamburgers…

— Essaie la cuisine locale, profite…

— Me taper des algues avec des baguettes ? Sûrement pas… Pays de sauvages…

— T'es vraiment pénible, tu sais ça ?


Kagami et Gold s'étaient vus à plusieurs reprises dans un des salons du Shinjuku Prince Hotel où il séjournait avec Alexandra Garcia qui leur servait d'interprète. L'écriture d'un scénario était différente de celle d'un roman ou d'un animé. Chaque scène était rédigée avec une très grande précision et des dialogues rigoureux. C'était un travail de longue haleine et si Kagami trouvait ça intéressant d'un point de vue d'une nouvelle expérience de rédaction, à partir du moment que tout était décrit dans les moindres détails, il n'y avait plus de place pour l'imagination. D'un autre côté, cette notion n'existait plus du moment que des images se substituaient à elle. Le romancier aimait bien regarder des films ou des séries tirés de livres, à condition d'avoir lu l'histoire avant l'adaptation télévisuelle. Il avait une dizaine d'années quand J. K. Rowling avait écrit le dernier tome de la saga Harry Potter et son père lui avait conseillé de lire les livres avant de voir les films. Et heureusement. Les longs métrages étaient très proches des romans malgré quelques différences et ça n'avait pas impacté ce qu'il avait imaginé lorsqu'il s'était plongé dans les bouquins. Les films avaient même enrichi l'univers qu'il avait créé dans sa tête de petit garçon. Bien qu'il continuât à préférer le style roman, il avait envie de savoir ce qu'un scénario pourrait bien donner avec son histoire.

Malgré les réticences et les doutes d'Aomine et de Midorima, si Kagami avait été de leur avis au début, en travaillant avec lui, il avait mieux cerné le personnage. Certes, il pouvait se montrer arrogant et même parfois hautain, mais il connaissait son boulot et c'était tout ce que lui demandait le romancier pour l'instant. Au fil de leurs entrevues, un esprit de travail plutôt détendu s'était installé. Gold semblait plus à l'écoute de ses avis et les prenait en compte dans la rédaction du scénario. Il avait surtout parfaitement conscience que si ce film sortait, il serait crédité au générique et ça lui ouvrirait toutes les portes de cette colossale industrie. Sauf que c'était très long et qu'il irait plus vite seul s'ils avaient déjà acheté les droits. En une centaine d'heures, ils avaient mis au point tout juste un quart du premier tome. Mais c'était très intéressant et Kagami était curieux de découvrir une nouvelle façon d'écrire même s'il savait à l'avance qu'il ne le ferait jamais.

C'était le début du mois de mars et ce jour-là, Gold demanda au romancier s'il pouvait venir plus tôt les retrouver à l'hôtel. La productrice avait une visioconférence avec ces collaborateurs à Los Angeles et à cause du décalage horaire, il fallait modifier l'heure de leur entrevue et elle les rejoindrait plus tard. Il accepta. En arrivant, Gold l'accueillit et grâce au traducteur de son téléphone, il lui expliqua d'Alexandra n'était toujours pas là. Il lui proposa de travailler dans sa chambre en l'attendant parce qu'il trouvait le salon de l'hôtel un peu trop plein et bruyant. Kagami le suivit et ils s'installèrent sur la table devant la fenêtre. Ils reprient là où ils s'étaient arrêtés la fois d'avant et finalement l'application de traduction s'avéra efficace. Kagami commença à se poser des questions lorsque de temps en temps, Gold laissait échapper un juron ou une interjection à la limite raciste voir injurieuse. Mais il fit comme s'il ne comprenait pas et son opinion sur le scénariste était en train de radicalement changer. Deux heures plus tard, la productrice n'était toujours pas là. Kagami se leva et s'étira pour se dégourdir les jambes. Il n'avait pas oublié le conseil de Kiyoshi qui lui avait dit de ne pas rester assis plus de deux heures sans marcher un peu pour éviter les contractures douloureuses.

— On fait une pause ? proposa-t-il à Gold par l'intermédiaire de l'application.

— Bonne idée… Vous buvez quelque chose ? répondit l'Américain de la même façon.

— Un jus de fruits, s'il y en a…

Il regarda par la fenêtre la vue qu'il avait depuis le vingt-deuxième étage de l'établissement. Le temps était clair, l'air semblait limpide. C'était agréable, mais Kagami n'arrivait pas à se départir d'un sentiment de malaise. Une main dans son dos le tira de sa contemplation et il prit le verre que Gold lui tendait en souriant. Il but une gorgée et relança l'application.

— Vous avez toujours voulu être scénariste ? demanda-t-il, histoire de mieux comprendre cet homme.

— No… j'ai d'abord voulu être écrivain, comme vous… mais je mettais beaucoup trop de détails dans mes écrits et c'est pour ça qu'un de mes professeurs m'a suggéré d'écrire des scénarios, expliqua celui-ci en s'asseyant sur le lit.

— C'est plutôt une bonne chose, vous êtes reconnu dans le milieu…

— C'est vrai… j'ai une bonne réputation, mais il faut savoir ne pas faire de cadeau parce que personne ne vous en fait…

Son arrogance suintait par tous les pores de sa peau. Il était suffisant, persuadé d'être au-dessus des autres parce qu'il travaillait à Hollywood. C'est vrai que ça pouvait impressionner au premier abord. Il avait aussi l'attitude d'un homme qui se croit irrésistible, qui se prend pour le nombril du monde. Et Kagami le trouvait de plus en plus antipathique.

— Ce n'est pas fatigant de faire sans arrêt attention à ne commettre aucune erreur ? demanda-t-il, curieux de savoir de quelle manière il allait encore se mettre en avant.

— Si, mais c'est le métier qui veut ça…. Il faut toujours se montrer sous son meilleur jour et donner le meilleur de soi-même, comme vous avec ce roman…

— C'est gentil…, sourit Kagami en s'appuyant sur le bord de la table, pas du tout surpris de voir comme il semblait blasé, comme plus rien ne l'étonnait.

— Vous avez vraiment écrit un bijou qui peut être porté à l'écran… vous-même êtes un bijou…

— Pardon ?

— Non,…désolé… votre imagination est un bijou, se rattrapa le scénariste. Enfin… vous êtes aussi très séduisant…

— Oh… merci…

Kagami était définitivement mal à l'aise. Être ainsi complimenté lui faisait plaisir, certes, mais d'un autre côté, l'éclat mauvais qu'il voyait dans les yeux de Gold lui déplaisait fortement. Il termina son verre et se rassit à la table.

— On se remet au boulot ? sourit-il pour cacher sa contrariété.

— Oui, dans un moment… on a le temps, on peut se détendre…

Kagami l'ignora et se pencha à nouveau sur le scénario du Prix de la Liberté. Il se figea lorsqu'il sentit deux mains se poser sur ses épaules et les masser. Ou plutôt, les caresser. Il se leva brusquement et fit face à Gold qui ne cachait plus la lubricité de son regard. Il saisit son entrejambe et le malaxa fermement.

— Eh, mais… arrêtez ! s'écria le romancier en se débattant.

— Allez p'tite pute bridée ! Fais voir si t'es aussi bonne que tes persos…

Il tenta de déboucler la ceinture du jeans tout en coinçant Kagami sous son poids. Il était aussi fort que son physique le laissait paraitre. Ils luttèrent ainsi quelques secondes avant de tomber au sol. L'écrivain se retourna pour se lever, mais Gold le bloqua en s'allongeant sur son dos pour le retenir. Alors qu'il aurait bien voulu pour une fois que sa colère éclate, qu'il ne se contrôle plus pour se débarrasser de ce sale type, pour lui faire mal comme il lui faisait mal en cet instant, il n'y parvint pas. Ce trouble explosif n'explosa pas ! C'était incompréhensible. Il était agressé, insulté, presque violé et il ne réussissait pas à se mettre en colère.

— Laisse-toi faire p'tit singe… tu vas adorer…

— Arrête… lâche-moi ! cria Kagami qui n'arrivait pas à se dégager.

— Tu sens comme j'ai envie de t'la mettre, hein…, poursuivait l'Américain en pressant ses hanches sur les fesses de Kagami tout en essayant de baisser le pantalon de l'écrivain.

— Non ! Arrête !

— J'comprends rien à c'que tu dis… En fait ça t'plaît hein, ça t'excite…

— Lâche-le ! tonna une voix que Kagami aurait reconnue entre des millions et qui déchira l'air comme si la foudre venait de s'abattre dans la chambre.

Il se sentit soudainement libre et tourna la tête pour voir Aomine décocher une gauche d'anthologie à Gold qui s'effondra contre le mur, la lèvre en sang. Il revint vers son amant pour l'aider à se relever.

— Mais à quoi tu joues, Gold ? T'es dev'nu fou ? cria la productrice qui accompagnait le correcteur.

— Virez-le d'ici avant que j'm'énerve pour de bon, menaça Aomine, traduit par l'application qui fonctionnait toujours.

— Un conseil, faites ce qu'il vous dit, renchérit Kagami dans un anglais parfait à l'attention d'Alexandra.

— Mais qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle en colère. Pourquoi n'étiez-vous pas à l'heure dans le salon ? Et depuis quand vous parlez anglais ?

Kagami prit son téléphone qui avait enregistré et traduit tout ce qui s'était passé. Il montra le SMS que Gold lui avait envoyé pour modifier l'heure de leur entrevue de travail. Incrédule, elle écarquilla les yeux.

— J'ai vécu aux États-Unis jusqu'à l'âge de seize ans, expliqua Kagami toujours en anglais. J'vais pas porter plainte, mais j'vais m'faire un plaisir de l'détruire sur les réseaux sociaux et surtout auprès de toute la profession avec cet enregistrement à l'appui… Je sais qu'vous êtes son patron, si voulez travailler avec moi, débarrassez-vous de lui…

— C'est du chantage, monsieur Kagami…

— C'est ça ou rien…

— Tu nous comprenais ? Ça c'est vicieux…, ricana le Gold. Toute façon, personne te croira…, grommela-t-il en essuyant le filet de sang qui coulait de sa lèvre ouverte.

— Et si moi j'confirme ? fit Alexandra en se tournant vers son compatriote, tremblante de colère contenue. T'es mort Gold, tu travailleras plus avec personne… Dans le porno de seconde zone peut-être… leurs scénarios sont peu développés…

— Si vous voulez toujours faire votre film, reprit Kagami en s'adressant à la productrice, ce sera à mes conditions uniquement et c'est non négociable…

— Je suis certaine qu'on trouvera un terrain d'entente, tempéra-t-elle véritablement inquiète de voir lui échapper le romancier.

— Première condition, virez c'connard ! J'ai sauvegardé toute la traduction. J'avais pas arrêté l'application…

— Attends, fit Aomine qui sortit son téléphone pour prendre une photo de Gold avec sa bouche qui avait triplé de volume. Avec ça tu pourras dire que ton mec lui en a collé une…

Et il embrassa Kagami avec tant de passion et d'ardeur que les deux Américains ouvrirent des yeux ronds comme des soucoupes.

— Son mec ? Vous deux, vous…, commença l'Américaine surprise.

— Ouais… nous deux, rétorqua le correcteur, possessif comme jamais il ne l'avait montré. J'ai c'que t'auras jamais, sale fils de pute ! traduisit l'application de sa voix électronique ce qui retirait tout de même un peu de poids à l'insulte d'Aomine, mais pas sa signification.

— Qu'est-ce t'as dit, là ? bondit Gold, menaçant.

— Quoi ? T'en veux un autre ? le repoussa brutalement le correcteur dont les yeux semblaient traversés d'éclairs bleus comme ses prunelles et vomissaient une rage que manifestement il peinait à contenir.

— Viens… on s'casse…, fit Kagami qui n'aurait jamais imaginé que son homme puisse être aussi effrayant. Alexandra, j'vous suggère de récupérer l'travail déjà fait pour le proposer à son remplaçant si vous êtes toujours intéressée… Ce sera ça d'gagner…

— Pas question, s'interposa le scénariste, c'est à moi !

— Non, c'est à moi ! cria l'écrivain qui commençait à perdre patience. C'est avec mon roman qu'vous avez travaillé, alors ce scénario m'appartient !

— Techniquement, il a raison, fit Alexandra. Il ne nous a pas encore vendu ses droits…

— Et avec c'qui vient d'se passer, j'suis pas près de l'faire…

— J'crois qu'nous devrions nous calmer et nous en rediscuterons un peu plus tard…

— N'oubliez pas que j'ai pas besoin d'A.G. Entertainment... C'est vous qui êtes venus me chercher…

— Viens, on rentre…, souffla Aomine en le tirant fermement par la main.

Les deux hommes sortirent de la chambre et se dirigèrent vers les ascenseurs. Il n'avait pas fait trois pas qu'ils discernèrent les hurlements de Garcia. Et elle ne mâcha pas ses mots. Gold en entendit de toutes les couleurs. Kagami sourit, heureux qu'Aomine se soit comporté ainsi. Il savait qu'ils s'appartenaient l'un l'autre, mais là, ça avait été encore plus flagrant. Pourtant ce ne fut qu'un instant fugace et l'anxiété reprit le dessus. Il était vraiment secoué.

— Pourquoi tu t'es pas défendu ? s'inquiéta Aomine sans regarder Kagami.

— C'est un reproche ? demanda l'écrivain qui redoutait que son homme commence à s'imaginer des choses impossibles.

— Non… mais j'sais que t'es bien plus fort que ça… t'aurais pu lui tenir tête…

— J'ai été surpris et… et ensuite j'ai eu peur…

— Peur ? s'étonna le correcteur en se tournant vers son amant. T'as des coups de pied qui plient le sac en deux et t'as eu peur ?

— Tu m'fais un reproche, là ? grinça Kagami qui n'avait pas envie d'entendre les récriminations d'Aomine.

— C'est juste que… j'comprends pas…

— Pourquoi t'es arrivé avec elle ? demanda brusquement le romancier en fronçant les sourcils.

— Elle m'a contacté... tu répondais pas et t'étais en retard à votre séance de travail… J'suis venu parce que j'avais un mauvais pressentiment et Touou n'est pas loin…

— Elle m'a téléphoné ?

Kagami regarda son portable et vit qu'il était en silencieux avec plusieurs appels manqués. Pas étonnant qu'il n'ait pas entendu la sonnerie. Il soupira.

— Il a dû le modifier quand j'ai été aux toilettes au tout début. Je l'ai laissé sur la table avec mon ordinateur...

— Il savait qu'elle essaierait de te joindre… C'était prémédité…

— J'aurais dû écouter ta méfiance depuis le début…

— J'comprends toujours pas ta peur…

— Moi non plus… Y a eu une époque où j'aurais explosé… j'l'aurais défoncé… j'sais pas… ça s'commande pas…

— Tu crois que t'as plus de TEI ?

— Non, ça s'guérit pas tu l'sais, t'as vu mes médocs… Peut-être que je me contrôle mieux… Jolie gauche…

— Remercie le sac…

Ils récupérèrent leurs voitures et rentrèrent à la maison. Kagami monta prendre une douche. Il avait l'impression d'être sale, que l'odeur de cet homme était toujours sur lui. Il finit par se détendre physiquement, mais dans sa tête il était encore bouleversé. Jamais il ne s'était senti aussi impuissant et effrayé. Même lors du séisme, il n'avait pas eu autant peur. Ou bien alors c'était une peur différente. Peut-être que l'on est plus affolé quand on est agressé par une personne. On vit avec des gens tous les jours, on ne se sent pas en danger. Mais quand la violence vient de l'un d'eux, c'est si inattendu qu'on ressent un effroi qui nous paralyse.

Il revêtit son yukata et alla s'allonger dans la chambre. Il ferma les yeux et revit la scène derrière ses paupières. Avec le recul, il fut lui aussi surpris de son manque de réaction. Mais bon, c'était terminé. Ce qui était fait ne pouvait être défait. Heureusement qu'il n'y avait pas de conséquences irréversibles. Le lit s'affaissa et deux bras forts l'enserrèrent. Il se blottit contre le torse d'Aomine et se laissa bercer par les battements de son cœur.

— Ça va mieux ? lui demanda ce dernier.

— J'ai l'impression de sentir encore son poids sur moi, murmura le romancier. C'est à vomir…

— Ça va passer…

— Fais-moi tout oublier… chuchota Kagami en glissant une main sur l'entrejambe de son amant tout en l'embrassant.

Aomine répondit au baiser avec hésitation. Kagami voulait qu'il lui fasse l'amour alors qu'il venait d'échapper à un viol. Ou du moins, une tentative de viol. Était-ce vraiment la bonne chose à faire ? Ne valait-il pas mieux inverser les rôles ?

— Non, toi prends-moi, lui suggéra-t-il.

— Je l'sens encore sur moi… sur mon dos…, gémit le romancier… Efface tout ça… j'veux tes mains… ton corps…

Tout en disant cela, Kagami s'évertuait à exciter son homme pour qu'il soit en état de lui faire oublier cet horrible souvenir. Il ressentait une sorte de présence étrangère sur son corps qui lui donnait des haut-le-cœur. Il n'avait plus envie d'éprouver cette monstruosité, il voulait Aomine immédiatement, brutalement. Il voulait de la rudesse pour surpasser celle de Gold. Il voulait sentir le parfum de sa peau pour disperser les relents fétides de celui de Gold. Il voulait que ces mains le marquent de sillons brulants pour faire disparaitre les griffures glacées de celles de Gold. Il voulait plus que tout qu'il atomise le souvenir de Gold jusqu'à la dernière particule pour restaurer le sien comme s'il n'avait jamais été écorché. Il voulait ! Il voulait ! Il voulait ! Tout ça de tout son cœur !

Il plaqua Aomine sur le dos et sans attendre, il s'empala sur lui avec force et sans hésitation. La douleur n'avait rien de plaisant à cet instant, mais il commença à onduler des hanches. Le mouvement n'avait rien de sensuel, il était presque vulgaire. Tout comme ses gémissements qui paraissaient exagérés. Il souhaitait même tuer le son de la voix de Gold pour ne plus jamais l'entendre et laisser celle d'Aomine le bercer de sa mélodie érotique qu'il aimait tant dans ces moments-là. Il désirait ardemment que tous ses sens oublient ce qui ne leur était pas donné par son amant. Le seul et unique qui avait le droit de marquer sa chair, son cœur et son âme de sa présence pleine de tendresse et d'amour. Il ne le quittait pas des yeux pour graver dans sa mémoire cette vision de ce qu'il faisait éprouver à son homme, anéantissant impitoyablement les images d'un visage qui n'auraient jamais dû exister. Aomine s'inquiétait quand même des grimaces qu'il voyait se peindre par moment que ce visage qu'il aimait tant parce qu'il savait qu'elles n'étaient pas toutes dues au plaisir.

— Tu te fais mal… gémit Aomine qui n'appréciait pas trop le manque de gel.

— … besoin… mmh… efface tout… ah…

Il n'y avait eu aucune préparation et il s'en voulait de ne pas avoir su gérer l'impatience de Kagami. Il n'y avait qu'une solution, une jouissance rapide pour abréger la meurtrissure des chairs. Mais si cette étreinte était écourtée, serait-elle malgré tout suffisante pour permettre au romancier d'enfouir ce souvenir au plus profond de sa mémoire ? Il enveloppa de sa main le sexe pour le caresser et accélérer les choses, mais Kagami le stoppa.

— Pas trop vite… souffla-t-il entre deux plaintes de plaisir ou d'inconfort, Aomine aurait été bien en peine de le dire.

— Prends le gel, ce s'ra mieux…

— Ça te gêne ?

— Un peu… mentit-il.

Kagami se dégagea et récupéra le flacon dans le tiroir du chevet. Il utilisa le liquide et se mit à genou, les hanches relevées.

— Viens… vite…

— T'es pas prêt…

— Pas grave… Viens… maint'nant…

Aomine aurait préféré revenir à un échange plus tendre, sauf que la position était la moins adéquate pour ça. Bien au contraire. Il s'enfouit à nouveau dans ce corps qu'il avait du mal à reconnaître, mais que ne ferait-il pas pour satisfaire son homme ? Si c'était ce qu'il voulait pour oublier, alors il le lui donnerait. Et là, il désirait de la rudesse, de l'animalité. Alors Aomine devint bestial. Il augmenta la cadence de ses coups de boutoir les rendant plus forts en allant plus loin entre ces reins embrasés. Kagami en réclamait toujours plus. Ces gémissements s'étaient transformés en cris et en grondements que n'aurait pas renié un tigre. Il le vit se saisir de son sexe et imprimer un mouvement rapide. Il poursuivit sur le même rythme et le cri qu'il entendit lui arracha le cœur. Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Ça lui avait fait mal de lui faire l'amour de cette manière à cause de Gold. Il ne valait mieux pas qu'il le recroise un jour. Kagami se tourna dans ses bras et l'enlaça.

— Tu dois avoir mal…

— C'est pas grave… demain ça ira…

— T'es sûr que ça va ?

— Maintenant oui… Pardonne-moi…

— Y a rien à pardonner… Fais-moi l'amour toi aussi…

Des larmes silencieuses tracèrent des sillons brillants sur ces joues. Il était bien conscient de ce qu'il venait de demander à Aomine. Il savait que celui-ci lui avait donné ce qu'il voulait à cet instant précis, mais qu'il avait détesté ça. Il n'avait même pas joui. Son amant semblait désirer lui aussi oublier ce moment nécessaire, mais pas vraiment agréable. Après avoir pris une bonne douche ensemble, Kagami mit tout ce qu'il avait d'amour pour Aomine dans une étreinte qui les laissa épuisés, mais à nouveau eux-mêmes. Ils se serrèrent si fort l'un contre l'autre qu'ils en eurent le souffle coupé pendant quelques secondes. Les muscles de leurs bras étaient si contractés qu'ils en devinrent douloureux. Ils chuchotèrent un long moment, prononçant des paroles pour leurs seules oreilles. Ils s'endormirent enfin. Tout avait été effacé…

Aomine s'éveilla très tôt. Il prit son petit-déjeuner en faisant le moins de bruit de possible pour ne pas réveiller Kagami qui avait bien besoin d'évacuer tout ce stress psychologique par un bon sommeil réparateur. Il termina son café en observant le jardin paré de ses belles teintes hivernales et qui laisseraient bientôt place à celles plus colorées du printemps. Il rinça son mug et s'installa devant son ordinateur pour poursuivre l'écriture de son roman…

À suivre…