Prompt : un masque pâle


Il était une fois…

Le prince Katsuki Bakugo, avait fait savoir à sa mère, reine, que jamais oh grand jamais il n'épouserait qui que ce soit tant qu'il n'était pas sûr à cent pour cent de ses sentiments et que ses alliances politiques de merde elle pouvait se les mettre dans le cul.

— Un prince ne devrait pas causer comme ça, avait-elle crié.

Mais c'était trop tard, son fils lui claquait la porte de sa chambre au nez.

— De toute façon tu vas devoir te marier, c'est comme ça. Je vais donc organiser un bal et tu choisiras ta fiancée. Dépêche-toi de tomber amoureux, tu auras toute une nuit pour ça ! avait-elle crié au travers de la porte.

Et sur ces mots elle avait fait pivoter sa royale personne et s'était éloignée de la chambre de son fils.

Ce dernier hésita.

Soit il pouvait nouer ses draps pour se pendre, mais le suicide tout ça n'était pas sa tasse de thé.

Soit il pouvait les nouer pour s'enfuir. L'idée était bonne, il avait lu pas mal de roman d'aventures, il voulait explorer le monde, pas se retrouver enchaîné à la première venue, lui faire des marmots et diriger un peuple bête comme ses pieds.

Il pouvait donc se casser d'ici, laisser sa mère se démerder avec son bal et voir le monde.

Malheureusement pour lui, sa fuite ne se passa pas aussi bien que dans les histoires qu'il lisait. À peine avait-il mis un pied à l'extérieur du château qu'il fut reconnu et qu'on le ramena au palais. Sa mère le fit enfermer au cachot :

— Tu assisteras à ce bal, que tu le veuilles ou non.

Katsuki gronda, montra les dents, mais rien n'y fit, sa mère était aussi têtue que lui et il tenait son sale caractère d'elle.

Il allait se retrouver fiancé de gré ou de force.

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Deku avait déjà nettoyé toute la maison de haut en bas et de bas en haut, servit le petit déjeuner à ses belles-sœurs et sa belle-mère, s'était occupé des chevaux, avait reprisé des robes et finalement avait demandé la permission d'assister au bal. Ce qui avait fait rire toute la maisonnée :

— Qu'est-ce qu'un garçon comme toi pourrait faire au bal ? Deku le bon à rien tu ne sers qu'à faire le ménage, se moqua l'une de ses belles-sœurs.

L'autre se contenta de ricaner.

— Tes sœurs ont raison, intervint la belle-mère, tu es souillon, qu'est-ce que t'irais faire à un bal organisé pour toutes les jeunes filles du royaume ?

— Je pourrais juste être là pour regarder, visiter le château.

Les trois mégères rirent :

— Quelle idée ridicule. Non pas de bal pour toi Deku. Si tu t'ennuies, tu n'auras qu'à ranger la cave.

Puis elles se préparèrent pour le bal masqué et quittèrent la maison dans des robes pleines de froufrous, semant une longue trainée de parfum derrière elle, abandonnant Deku à son triste sort. Ce dernier malheureux, sortit dans le jardine en pleurant. Il avait l'habitude d'être malmené par sa belle-famille, c'était ainsi depuis l'enfance, lorsque son père s'était remarié et était décédé, le laissant seul avec une marâtre et ses enfants. Il savait que les filles seulement étaient invitées pour le bal, mais il n'aurait dérangé personne, il aurait juste voulu goûter la nourriture, danser peut-être, voir le prince en vrai.

Apparut alors une fée. Un fée plutôt. Un homme tout maigrichon aux cheveux blonds. Il avait une baguette dans la main, se présentant comme étant All Might, le parrain d'Izuku (son vrai prénom).

— Je vais t'aider à aller au bal jeune Izuku, lui annonça-t-il.

Izuku était tellement désespéré qu'il accepta l'aide de cet homme bizarre, au grand sourire. Il ne sursauta presque pas quand All Might transforma la citrouille du jardin en carrosse et les souris en chevaux. Il écarquilla les yeux quand l'homme échangea ses vieux vêtements abimés par un somptueux costume blanc. Il fit également apparaître un loup pailleté de la même couleur que le costume.

— Tu es superbe Izuku, dit-il avec sincérité. Maintenant vite, le bal a déjà commencé.

Izuku n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps, il monta dans le carrosse.

— Au fait, cria All Might, le sort s'arrête à minuit alors n'oublie pas de partir avant.

L'adolescent acquiesça et la minute d'après les chevaux courraient en direction du palais.

Il y avait déjà foule. Toutes sortes de femmes habillées dans toutes sortes de robes et portant toutes sortes de masques. Izuku reconnut sa belle-famille et préféra éviter de passer trop près d'elles, de peur qu'elles ne le reconnaissent.

Finalement après avoir mangé quelques petites gourmandises et bu un peu d'eau, Izuku put voir le prince faire son arrivé en fanfare. Tous les musiciens se mirent à jouer pour lui. L'homme portait un costume noir très élégant et un masque orange. Il descendit les marches qui menaient à la salle de bal d'un pas lourd, les mains dans les poches et une grimace sur le visage.

Aussitôt il fut assailli par un troupeau de femmes qui voulaient toutes danser avec lui, lui parler, apprendre à le connaître et bien entendu le séduire. Seul Izuku resta en retrait. Observant la scène. Se demandant quelle jeune fille allait avoir la chance d'épouser le prince.

— Mais bougez-vous bande de dindes, s'exclama soudain le prince, vous ne voyez pas que je peux plus respirer là ?

Sa voix porta loin et toute la salle put l'entendre. Izuku écarquilla des yeux étonnés et certaines femmes parurent un peu perdues, comme si elle s'était trompée d'homme. Mais il s'agissait bien là du prince. Du vrai prince. Katsuki Bakugo.

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Quand il put enfin s'extraire de cette foule étouffante, Katsuki se dirigea vers la nourriture. Sa mère lui avait dit de faire un effort, il était bien décidé à n'en faire aucun. Le parfum des femmes lui donnait la tête qui tourne, leurs faux sourires, leurs phrases toutes faites de politesse, tout cela il le vomissait.

Il ne pouvait pas totalement s'échapper, mais près des buffets, il y avait moins de monde. Un instant ses yeux croisèrent un regard vert, des yeux magnifiques, un visage camouflé sous un masque pâle. Un homme, habillé d'un costume blanc et qui semblait s'être incrusté dans ce bal organisé pour les femmes.

Katsuki trouva cela amusant, et puisqu'il n'y avait qu'un homme dans toute cette assemblée, ce serait avec lui que le prince passerait la nuit, décida-t-il. Sa mère en ferait une syncope et lui pourrait avoir sa vengeance.

Il s'approcha sans aucune hésitation de cet homme aux yeux les plus envoutants qu'il ait pu voir et demanda :

— Accorde-moi une danse !

L'autre parut tout gêné et bégaya :

— Ne devriez-vous pas danser avec une de ces femmes ?

— Tu veux dire ce troupeau de moutons bêlants et ennuyants ? Non. Alors dis oui et qu'on s'amuse un peu ensemble, d'accord ?

L'homme acquiesça. Le prince prit sa main, l'entraîna sur la piste de danse alors que l'autre chuchotait qu'il ne savait pas danser et qu'il allait sûrement lui écrabouiller les pieds.

— Pas de problème, fit le prince, nous danserons donc un slow, tu ne risques pas de te tromper ainsi.

Et sans gêne aucune il passa son bras autour de l'homme et le colla à lui et ils tournèrent doucement sous le son de la musique.

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Izuku avait le cœur qui battait plus vite que jamais. Le prince n'était pas… l'idée qu'on se faisait d'un prince. Il parlait mal, il avait l'air agacé, et il dansait avec un homme quand toutes les femmes de la pièce bavaient de jalousie. Il n'en restait pas moins un prince, il ordonnait et dirigeait la danse. Izuku s'abandonna à ses bras. Il n'avait jamais dansé avec personne, sauf peut-être sa mère quand il était petit et qu'elle était toujours vivante. Et là, il se retrouvait collé serré contre un homme et pas n'importe lequel, le prince en personne, et il tournait doucement pour éviter de lui marcher sur les pieds.

— On va se faire chier si on ne parle pas, comment tu t'appelles ?

— Midoriya Izuku, ma belle-famille m'appelle Deku.

— Bon Deku, comme tu le vois, tu es en train de rendre jalouse au moins une centaine de femmes qui rêvent de t'arracher tes beaux yeux.

Izuku sourit.

— Ça semble te faire plaisir, réalisa le prince, tu risques pourtant de te faire égorger si tu n'y prêtes pas garde.

— Ce n'est pas ça, mais vous avez dit que j'avais de beaux yeux.

— Tu fais attention aux détails.

— Je reçois assez peu de compliment alors, disons que ça me fait plaisir.

— Dis-moi pourquoi tu es là ce soir alors que de toute évidence tu n'es pas une fille, tu es venu pour tenter ta chance de gagner le gros lot en m'épousant ?

— Je voulais seulement voir le château, et rencontrer le prince. C'était de la curiosité, je me doute que vous n'allez pas me choisir.

— Et pourquoi donc ?

— Je suis un homme et en plus je suis pauvre. Je n'ai rien pour moi.

Le prince eut un sourire carnassier :

— Voilà quelque chose qui rendrait dingue ma mère !

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Un plan naissait déjà dans l'esprit de Katsuki. Sa mère lui avait dit de choisir n'importe qui, mais rapidement, il n'avait qu'à choisir cet homme qui avait tout pour déplaire à sa mère. Son genre et son statut de moins que rien. C'était parfait.

— Est-ce que ça te dirait de jouer un vilain tour à la reine, Deku ? demanda-t-il.

— Je ne crois pas, répondit l'homme.

— Ça pourrait être marrant pourtant, imagine la tête qu'elle fera quand je te présenterai comme étant le fiancé choisi. J'en ris d'avance. Elle va s'arracher les cheveux cette vieille sorcière.

— Vous voulez m'utiliser pour rendre folle votre mère ?

— Exactement.

— Veuillez m'excuser prince Bakugo, mais je ne suis pas un jouet.

Le prince posa ses yeux rouges dans le regard vert de Deku. Il avait l'air moins timide, plus déterminé, presque en colère. Katsuki n'avait pas réfléchi à ce que pouvait ressentir cet homme, il n'avait pas cherché à le comprendre, il voulait seulement l'utiliser. Et forcément, ça ne plaisait pas au dénommé Deku, ce qui était parfaitement compréhensible.

— Bon, tu as raison. Apprenons d'abord à nous connaître, viens.

Le prince prit la main de Deku et l'emmena dans les jardins.

— Tu es là pour visiter, n'est-ce pas ? Alors je vais te servir de guide.

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Le prince ne lâchait pas sa main. Elle était chaude malgré la froideur de l'extérieur. C'était agréable d'une certaine façon et Izuku n'eut plus envie que Bakugo le relâche. Ils se baladèrent dans les jardins et Izuku trouva le tout magnifique, il admirait cet endroit et enregistrait dans sa tête tout ce qu'il voyait, sachant que ce serait la première et la dernière fois qu'il aurait cette chance.

— Vos jardins sont très beaux, commenta-t-il.

— Ah vraiment ? interrogea le prince. Je les vois tellement souvent que je n'y fais plus vraiment attention. À force, ils m'ennuient.

— Alors qu'est-ce que vous appréciez ? demanda Izuku avec curiosité.

L'homme l'entraîna avec lui, tenant toujours sa main dans la sienne. Il le fit grimper dans une tour du château. Il semblait à Izuku qu'ils grimpèrent un million de marches, mais il avait l'habitude de courir partout alors il était plutôt endurant et de toute évidence le prince aussi. Ils arrivèrent tout de même en haut un brin essoufflés.

Bakugo lui indiqua alors la fenêtre. Izuku se pencha pour regarder. De là on pouvait voir la ville et toutes les lumières des fenêtres. Plus loin, on voyait les montagnes qui bordaient la ville et le grand lac juste devant. La vue était très belle.

— J'aime regarder le monde depuis là. Je suis coincé dans ce foutu château et tout ce que je dois faire, c'est épouser une femme, faire un fils, et écouter les doléances de tout le monde, sans pouvoir le voir, le monde.

— Tu as envie de voyager ?

— J'ai envie de briser mes chaînes.

D'une certaine façon Izuku pouvait le comprendre.

— J'aimerais pouvoir briser les miennes, dit-il.

— Qu'est-ce qui t'enchaîne ?

— La pauvreté, j'imagine. J'ai beaucoup à faire dans ma famille, j'ai rarement le temps de me poser et juste d'admirer le paysage. J'ai même rarement le temps de penser à ce que je veux vraiment.

— Alors, réfléchis-y maintenant, qu'est-ce que tu veux vraiment ?

Izuku regarda le prince. Ses yeux rouges cachés derrière son masque orange. Sa main chaude qui tenait toujours la sienne. Et pour une fois il pensa à ce qui le rendrait heureux :

— C'est peut-être ridicule, mais je veux d'une autre vie, je veux être libre, pouvoir tomber amoureux et avoir le droit de danser avec un prince, manger la nourriture d'un château, voir le plus beau des jardins et me poser devant une fenêtre pour regarder la beauté du monde.

— Tu as déjà fait tout ça, fit le prince.

— Sauf tomber amoureux.

— Sauf tomber amoureux, répéta le prince.

La cloche résonna alors dans la nuit et Izuku prit conscience qu'il était minuit. De lui-même il lâcha la main du prince :

— Je dois y aller.

— Où ?

— Je dois rentrer chez moi !

— Et pourquoi ?

Mais Izuku filait déjà et descendait les marches à toute vitesse.

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Le prince le suivit en courant, appelant son nom :

— Deku ? Tu vas où ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Mais il n'obtenait aucune réponse et l'autre courait vite, presque plus vite que lui. Arrivé en bas de la tour Deku accéléra pour sortir des frontières du château et monter dans un carrosse.

— Deku ! appela Katsuki. Deku attend !

Mais c'était trop tard, le carrosse partait, laissant planter là le prince.

Katsuki ne s'était jamais vraiment attaché à personne, en tant que prince il avait des sous-fifres, mais pas de vrais amis. Deku l'avait intrigué, il regardait le monde d'une autre manière que lui, et ne l'avait pas regardé comme un prince, mais comme un homme. C'était un sentiment agréable.

— Tu n'as pas choisi de fiancée ! gronda sa mère au petit déjeuner. Tu as déserté le bal avec un homme et ensuite j'ai appris que tu étais parti te coucher.

— Il est important de prendre soin de son sommeil, fit Katsuki.

— Si tu ne choisis pas toi-même, je vais te marier à la première venue.

— Mais j'ai déjà choisi, lança le prince.

— Ah oui alors donne-moi son nom.

— Pas tout de suite, je veux d'abord en apprendre plus.

— Katsuki !

— Je ne veux pas épouser quelqu'un que je ne suis pas sûr d'aimer à cent pour cent.

— Et là tu l'aimes à combien de pour cent ? interrogea la reine.

— Je dirais 0,01 pour cent. Environ. Peut-être un peu moins.

La reine devint rouge de colère, mais très calmement Katsuki dit :

— C'est toujours plus que pour n'importe qui d'autre. Il y a de l'espoir non ?

— Je te donne une semaine. Une seule semaine. Sept jours et ensuite, si tu ne te décides pas, je tire au sort, tu m'entends ?

Katsuki haussa les épaules.

— D'accord, mais si je choisis, quel que soit mon choix, tu devras l'accepter.

— Je l'accepterai même si tu me ramènes la fille la plus moche et la plus bête du comté.

— N'oublie pas cette promesse, fit Katsuki.

La reine ne sentit pas venir le coup fourré et répondit :

— Je n'oublierai pas.

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Izuku vivait sur un nuage. À minuit, toute la magie avait disparu et il avait abandonné souris et citrouille pour rentrer, habillé de ses vêtements sales, mais il n'en avait que faire. Les ordres de sa belle-famille lui passaient très loin au-dessus de la tête. Il travaillait comme un forcené, mais il n'était pas vraiment là, il était encore au château, près du prince, sa main chaude tenant la sienne. Pouvait-on aimer quelqu'un sans même le connaître ? Juste parce qu'il avait l'odeur du caramel, qu'il avait des yeux magnifiques et un regard déterminé. Le prince ne ressemblait pas à l'image qu'on se faisait d'un prince, mais c'était justement ça qui le rendait intéressant. Ils avaient eu peu de temps pour apprendre à se connaître, et ils ne se verraient sans doute plus jamais, mais Izuku n'oublierait jamais ce moment.

Le prince l'avait choisi parmi toute une horde de femmes intéressées.

Il l'avait guidé, il lui avait parlé de ses rêves.

Le cœur d'Izuku s'emballait chaque fois qu'il y repensait. Il ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement, ce qui agaçait autant ses belles-sœurs que sa belle-mère, qui ne comprenaient pas pourquoi Izuku avait l'air si heureux.

Elles qui étaient tellement malheureuses parce que leur prince adoré avait disparu de la salle de bal avec un jeune homme que personne ne connaissait.

— Va faire des courses, ordonna sa belle-mère.

Elle ne voulait plus l'avoir sous le nez lui et son sourire stupide.

Izuku obéit. Sur le chemin qui le guidait vers les magasins, il croisa un homme sur un cheval blanc. Un cheval magnifique et pour cause, assis sur celui-ci se trouvait le prince.

Izuku le reconnut immédiatement même sans son masque, avec ses cheveux blonds, ses yeux rouges, son air renfrogné, c'était forcément lui. Ce fut plus fort qu'Izuku, il prononça les mots :

— Prince Bakugo.

L'homme baissa les yeux vers lui.

Izuku était habillé comme un paysan, ses habits étaient propres, mais vieux, beaucoup reprisés. Mais quand leurs regards se croisèrent, il vit la compréhension dans les yeux du prince.

— Deku ?

Le jeune homme faillit lui dire qu'il se trompait de personne et s'enfuir, il ne voulait pas lire la déception dans le regard du prince. Mais c'était trop tard, Bakugo sautait de sa monture pour le regarder de plus près.

— Tu es encore plus beau sans ton masque, réalisa le prince.

Faisant rougir Izuku jusqu'à la pointe de ses cheveux.

— Tu es déjà monté sur un cheval ? interrogea le prince.

— Non.

— Il y a un début à tout, fit Bakugo.

Izuku tenta de bredouiller :

— Mais je dois aller faire les courses.

— Ça peut attendre, viens.

Le prince aida Izuku à monter sur le cheval puis monta à l'arrière.

— Que faisiez-vous là ? interrogea Izuku.

— Je te cherchais, et j'ai de la chance, je t'ai trouvé. Accroche-toi bien dit-il, je vais partir au galop.

Aussitôt, le prince, lança son cheval à toute vitesse, et Izuku s'accrocha à la selle tant bien que mal en espérant de toutes ses forces de ne pas se casser la figure. Quand il eut moins peur, il put profiter de la course. Il n'était jamais monté sur un cheval et d'une certaine façon c'était fascinant. L'air frais fouettait son visage, rougissait ses joues. Bakugo tenait les rênes ses bras autour de lui, comme pour le protéger de toute chute.

Le prince s'arrêta aux abords du lac, il aida Izuku à descendre, puis laissa son cheval boire un peu.

— Ma mère m'a donné une semaine, commenta le prince.

— Une semaine pour quoi ?

— Pour trouver la personne que je devrai épouser pour toute la vie. J'envisage sérieusement de m'enfuir loin d'ici.

— Il n'y a aucune fille qui vous intéresse ? Elles sont nombreuses, il y en a forcément une qui devrait vous plaire.

Le prince soupira et se passa une main dans les cheveux, décoiffant un peu plus sa chevelure explosive.

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Katsuki n'avait jamais pensé au mariage. Il se fichait de l'amour comme une guigne, il n'avait pas envie de donner un héritier au trône. Lui il voulait voyager, s'occuper du peuple, en apprendre plus sur le monde et tenter d'améliorer la vie des gens. En quoi se marier l'aiderait-il dans ses plans ? Sa mère insistait pourtant et il était coincé.

— Je voudrais bien être à ta place Deku, dit-il.

Le jeune homme rit. Un rire clair et doux.

— Non vous ne le voudriez pas.

— Et pourquoi cela ?

— Parce que vous ne supporteriez pas que trois harpies vous donnent des ordres et vous forcent à nettoyer, ranger, laver, recoudre, acheter, vendre, préparer à manger, se contenter des restes, avoir une couche sur le sol près de la cheminée.

— Dis comme ça, soupira le prince, ça ne donne pas très envie.

— N'est-ce pas ?

Deku avait donc un quotidien difficile, plus difficile que celui d'un prince qui profitait d'un lit moelleux, d'une vie tranquille, et de tas de serviteurs pour faire les tâches ingrates à sa place.

— Tu pourrais venir au château, proposa-t-il.

— Et qu'est-ce que j'y ferais ? Nettoyer les sols ? Faire les poussières ? Cuisiner ? Ma vie ne serait guère différente.

— Non je veux dire, venir avec moi.

Les joues de Deku se colorèrent de rouge, et le prince ne put s'empêcher de le trouver charmant. Le 0,01 pour cent se transformait en 0,1 pour cent. Personne, à part sa mère pour qui il avait de l'affection malgré leurs nombreuses disputes, ne pouvait se vanter d'avoir été aussi haut dans son classement.

— Et qu'est-ce que je ferais ?

— Je ne sais pas, tu me conseillerais. Tu as une autre vision des choses sur le monde que moi, ça pourrait m'aider à être un prince plus juste.

— Pourquoi ne pas demander à votre future fiancée ?

Le prince fixa Deku un long moment en silence.

— Et pourquoi ne pas demander à toi ? rétorqua-t-il finalement. Je peux te nommer conseiller du prince.

Deku sourit.

— Je ne sais pas, je n'ai jamais conseillé de prince, je pourrais me tromper.

— Ou tu deviendrais l'homme qui murmure à l'oreille du prince.

— Et que voudriez-vous que je vous murmure ?

— Je sais pas, que j'ai bien fait mon travail, que je suis un gars bien, beau et intelligent, et que tu m'admires.

Le rire de Deku résonna jusqu'au cœur de Katsuki.

— Vous ne voulez pas qu'on vous conseille, vous désirez qu'on vous flatte.

— Et tu ne veux pas me flatter ?

— Bien que vous soyez très bel homme, fit Deku, je ne suis pas doué pour flatter les autres.

— Je trouve pourtant que tu te débrouilles très bien pour le moment.

À nouveau ce rire. Katsuki commençait à se dire qu'il vendrait son âme au diable pour continuer d'entendre le rire de Deku.

— Vraiment, prince Bakugo, vous vous adressez à la mauvaise personne. Et vous devriez me ramener maintenant, je vais avoir des problèmes si je rentre trop tard.

Katsuki n'avait pas envie de le quitter, mais il accepta quand même. Inutile que Deku ait des ennuis par sa faute.

— On se revoit demain, tenta-t-il ?

— J'aimerais bien, avoua Deku, mais je ne pense pas avoir le temps.

Mais Katsuki n'avait plus que six jours pour faire passer le compte de 0,1 à cent pour cent.

— Je pourrais venir te rendre visite chez toi.

— Ma belle-famille serait folle de joie de vous rencontrer, répondit Deku.

— Je n'arrive pas à savoir si c'est une bonne ou une mauvaise chose.

— Si vous venez, vous le constaterez par vous-même.

Katsuki se dit que ce n'était pas si risqué, après tout il était le prince, il était un minimum obéi. Il déposa Deku devant l'épicerie où celui-ci pourrait aller faire ses courses et après un geste de la main ils se quittèrent.

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Izuku arriva bien entendu très tard chez lui, trop tard pour les femmes qui y vivaient.

— Où étais-tu ? se plaignirent-elles.

— Tu crois avoir le temps de jouer alors que tu dois réparer mon collier de perles ?

— Tu penses que tu peux revenir si tard alors que j'ai besoin qu'on refasse ma coiffure ?

— Et le dîner va être prêt en retard, il va falloir te punir, conclus sa belle-mère.

Izuku connaissait les punitions. Il en avait l'habitude. La femme lui frappa le dos avec les lanières d'un martinet, plusieurs fois. Il dormirait sur le ventre cette nuit. Mais en pensant au prince qui était venu le retrouver, leur course à cheval, leurs discussions. À cet homme blond comme les champs de blé aux yeux rouges comme le soleil quand il se couchait. Quelque chose tremblotait dans son cœur malgré lui, même s'il étouffa bien vite ce sentiment. C'était le prince dont il s'agissait, il choisirait bientôt une jeune femme à épouser et ils ne se reverraient jamais.

Izuku ne pensait pas que le prince viendrait réellement chez lui pour le voir. Quand sa belle-famille entendit le cheval huer le lendemain, elles se précipitèrent à la fenêtre et virent le prince sur son beau cheval blanc. Aussitôt elles poussèrent des cris.

— Deku vite, ma plus belle robe, je ne peux pas recevoir le prince lui-même dans ces haillons, hurla la belle-mère.

— Deku, refait ma coiffure en vitesse, je ne veux pas passer pour une clocharde à ses yeux, il faut qu'il me remarque si je veux qu'il m'épouse, fit une de ses belles-sœurs.

— C'est moi qu'il va épouser, grogna l'autre belle-sœur.

Elle se crêpèrent le chignon quelques secondes avant de hurler sur Izuku de se dépêcher. Malheureusement pour elle, le jeune homme n'avait pas huit bras et elles durent patienter tout en se plaignant. Enfin prêtes, elles se présentèrent devant le prince, avec de grands sourires et des clignements d'yeux ridicules. Izuku les suivit, mais sa belle-mère gronda :

— Va t'enfermer dans ta chambre, inutile de faire de l'ombre à cette maisonnée.

— Mais…

— Pas de, mais, dépêche-toi de disparaître, disgracieux personnage !

Izuku obéit, mais il ouvrit la fenêtre de sa chambre qui se trouvait à l'étage et regarda ce qu'il se passait en bas. Il ne put s'empêcher de rire en voyant la tête désœuvrée du prince, Izuku avait pourtant essayé de le prévenir.

Une seconde, le prince leva la tête et leurs regards se rencontrèrent. Le stupide cœur d'Izuku fit un bond dans sa poitrine, alors qu'assailli, le prince dût se reconcentrer à nouveau sur les femmes qui l'alpaguaient.

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Katsuki avait la tête qui tourne. Ses femmes étaient habillées trop colorés, elles étaient trop maquillées, elles portaient trop de bijoux et trop de parfum. Elles parlaient trop fort et toutes en même temps. Elles faisaient trop de manières. Ils s'étaient retrouvés à boire un thé trop fort, chez elles, pendant qu'elles essayaient de lui prouver qu'elles étaient bonnes à épouser. Il y avait d'abord la matriarche, qui tentait de vendre l'une de ses filles comme à une foire aux cochons. « Regardez comme elles sont belles et intelligentes ». Ensuite il y avait la fille numéro une, qui minaudait, et parlait avec sa voix trop aigüe et insupportable un peu trop près de l'oreille de Katsuki. Venait enfin la deuxième fille, elle ronchonnait après sa sœur qui s'accaparait touuuuute l'attention du prince, alors qu'elle était – soi-disant – plus jolie, plus intelligente, plus instruite. Elle savait jouer du piano comme personne et voulut en faire la démonstration.

Et effectivement, personne ne pouvait aussi mal jouer que ça.

Katsuki avait l'impression d'être tombé dans un univers parallèle. Il savait que Deku était là, il l'avait entraperçu et il se demanda quand le jeune homme se déciderait à venir le sauver de ces insupportables bonnes femmes.

— Il n'y a que vous trois qui vivez dans cette maison ? tenta-t-il de demander à un moment où il put ouvrir la bouche parmi les jacassements.

— Oui, répondit la matriarche.

— On m'a pourtant rapporté que vous aviez un fils.

— Oh non, je n'ai pas de fils. Je n'ai que ces deux jolies jeunes filles prêtes à marier.

— Hmhm, fit le prince. Vous n'avez même pas un serviteur ?

— Oh si bien sûr, mais il n'a rien d'intéressant, c'est un pauvre homme sans le sou, toujours à trainer avec un livre dans les cendres de la cheminée, il n'a ni beauté, ni intérêt.

Katsuki aurait pu la détromper sur ces deux points, mais déjà elle revenait à une discussion centrée sur la possibilité d'un mariage d'une de ses filles avec le prince. Il se demandait comme Deku pouvait subir ça tous les jours, il se demandait comment il pourrait demander à le voir sans lui apporter tout un tas de problèmes.

— Je devrais rester déjeuner, dit-il finalement.

Les trois femmes se regardèrent et sourirent, pensant que c'était dans la poche.

— Je suppose que des charmantes femmes comme vous n'allez pas préparer le repas, vous allez demander à votre serviteur.

— Bien entendu, mais ne vous inquiétez pas prince Bakugo, nous allons faire attention à ce que vous ne le rencontriez pas.

La matriarche se leva enfin, appela d'une voix discordante :

— Deku, dépêche-toi d'aller préparer le déjeuner, et quelque chose de bon, nous accueillons le prince !

Katsuki entendit une porte s'ouvrir et tenta d'apercevoir l'homme qu'il entendait descendre les marches. Il distingua sa voix demander ce qu'il devait préparer, et elle lui répondit évasivement :

— Quelque chose qui plaira au prince, allez vite, vite, ne fait pas attendre le prince.

Deku s'éloigna sans que Katsuki ne puisse le voir. Alors il se leva :

— J'aimerais savoir où se trouvent les communs ? demanda-t-il en parlant des toilettes.

La matriarche lui expliqua le chemin et Katsuki s'éloigna dans la direction indiquée, avant de faire demi-tour et de chercher les cuisines. Il suivit l'odeur. Et il le trouva là, Deku, en train de regarder ce qu'il pourrait cuisiner.

— Deku ?

L'homme sursauta et se tourna vers le prince. Aussitôt, il se mit à sourire, et demanda :

— Vous avez réussi à échapper à ma belle-famille ?

— Ne me parle pas de ces harpies, comment fais-tu pour vivre comme ça ?

Deku haussa une épaule :

— Ce n'est pas comme si j'avais le choix. Alors prince Bakugo, dites-moi ce que vous voulez déjeuner, que je ne vous déçoive pas.

— Fais ton plat préféré, répondit Katsuki, je mange de tout.

— Même la nourriture du petit peuple ?

— Ça me changera, et j'ai hâte de voir tes talents en cuisine.

Deku pouffa :

— Je n'ai aucun talent en cuisine.

Puis il se mit au travail sous le regard de Katsuki, qui semblait le rendre un peu nerveux.

— Vous devriez retourner au salon, où ma belle-famille va se douter de quelque chose.

— Mais je veux rester avec toi.

Il vit les taches de rousseurs de Deku se pigmenter de rouge et cela lui plut, étrangement.

— S'il vous plait, insista pourtant Deku, si elles vous voient avec moi, elles me le feront payer.

Katsuki fronça les sourcils. Et Deku insista.

— Partez s'il vous plait.

Le prince finit par rendre les armes :

— Quand pourrai-je te revoir ?

— Revenez ce soir quand elles dormiront, proposa Deku.

Le prince accepta et quitta la cuisine.

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Izuku n'en revenait pas de son culot, d'avoir osé proposer au prince de revenir le soir, et pourtant, il l'avait fait et le prince avait accepté. Il marcha sur un nuage toute la journée, ce qui agaça grandement sa belle-famille, mais il n'y pouvait rien.

Il savait qu'il se leurrait, que ce n'était pas un vrai rendez-vous avec le prince, qu'il avait juste attisé sa curiosité, mais que bientôt le prince irait trouver une femme et l'oublierait. Mais en attendant, il se sentait heureux comme il ne l'avait pas été depuis très très longtemps.

Une fois la nuit tombée, on pouvait entendre venant des chambres des femmes de gros ronflements, preuves qu'elles étaient endormies. Sur la pointe des pieds, Izuku se dirigea vers l'extérieur de la maison et Katsuki était là, il l'attendait.

— Prince Bakugo, le salua-t-il.

— Allez viens, pas de manière avec moi, on va aller se balader.

Le prince les emmena en cheval jusqu'au lac, encore une fois. Ils discutèrent une bonne partie de la nuit, Katsuki lui parlant de ses propres chaînes en tant que prince, Izuku racontant des anecdotes sur sa belle-famille.

— J'ai bien cru que ces harpies ne me laisseraient jamais partir tant que je n'avais pas mis la bague au doigt de l'une des filles, se plaignit le prince.

— Elles peuvent être très… têtues, reconnue Izuku l'air amusé.

— Et ça te fait rire ?

— Un peu, avoua le jeune homme.

Le prince eut un sourire en coin, finalement lui aussi s'amusait de la situation. Quand il se fut vraiment trop tard, il ramena Izuku chez lui et celui-ci demanda :

— Pourrions-nous nous revoir demain ?

— J'allais te le proposer.

Le rendez-vous était donc pris.

Izuku ne dormit pas assez, mais quand il se réveilla aux cris des harpies, il ne se sentit pas fatigué du tout. Ce soir, il reverrait une nouvelle fois le prince.

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— Alors où en es-tu dans ta recherche de fiancé ? interrogea la reine à l'adresse de son fils.

— Ça avance, fit-il.

— Tu as quelqu'un en vue, elle est comment ?

Katsuki resta évasif :

— Plutôt drôle, dit-il.

— Et c'est tout ?

— Agréable, ajouta le prince.

Ce qui énerva sa mère :

— Allons bon, à quoi ressemble-t-elle ? Dis m'en plus !

— Yeux verts émeraude, tâches de rousseurs, un sourire assez innocent, dit-il.

— Et ?

— Et quoi ?

— Et bien tu vas l'épouser ?

— Je n'en ai pas la moindre idée, pour le moment mon intérêt stagne à deux pour cent.

— Il ne te reste que trois jours, alors décide-toi vite ou tu sais ce qui t'attend.

Katsuki grogna :

— Ouais ouais je le sais la mégère, maintenant laisse-moi tranquille, j'ai des choses à faire.

Jamais l'intérêt du prince pour une personne n'était monté à deux pour cent. Ça aurait dû mettre la puce à l'oreille de sa mère, mais comme deux pour cent cela paraissait très peu, elle n'avait pas compris que le cœur de son fils battait trop vite quand il voyait Deku.

Est-ce que c'était suffisant pour l'épouser néanmoins ? Katuski n'en était pas certain. Le mariage c'était pour la vie, il ne voulait pas se tromper de personne.

Il rejoignit Deku la nuit. Ce dernier avait de gros cernes, preuve qu'il ne dormait pas assez, mais son sourire était lumineux et le cœur du prince n'allait pas tenir le choc.

Comme toutes les nuits précédentes, ils allèrent au lac.

Il faisait bon cette soirée, et Deku proposa tout à coup :

— Et si on se baignait ?

— Pardon ?

— Allez, ça peut être marrant.

— L'eau du lac doit être glaciale.

— Vous avez peur ? le taquina Deku.

— Je n'ai peur de rien !

— Alors, prouvez-le.

Puis Deku, sans aucune pudeur se déshabilla et se jeta dans le lac. Il poussa un gémissement puis éclata de rire. Le cœur de Katsuki battait si fort contre ses côtes qu'il craignait d'être malade. Néanmoins, pour ne pas passer pour un lâche, il se déshabilla à son tour et mit ses pieds dans l'eau glacée du lac.

— Allez-y tout d'un coup, ce sera plus facile ! conseilla Deku.

Katsuki s'exécuta et jura une fois dans l'eau ce qui fit éclater de rire Deku.

— C'est ça marre toi, l'eau est vraiment gelée, est-ce que tu essayes de me tuer ?

— Pourquoi voudrais-je vous tuer ? Allez, nagez, ça vous réchauffera.

Le prince obéit. Il se rapprocha de Deku, observa son sourire éclairé par la lune et son intérêt remonta à au moins cinq pour cent.

Cinq pour cent.

C'était amplement suffisant pour Katsuki, et son cœur qui battait la chamade. Il s'approcha encore et encore, si près de Deku que celui-ci s'arrêta de nager et faillit couler. Kastuki le rattrapa.

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Que faisait le prince ? Il était trop prêt. Jamais le cœur d'Izuku ne tiendrait le choc. Il savait très bien ce qu'il ressentait, il l'avait très bien compris, depuis tous ces jours où ils échangeaient, passaient du temps ensemble, et maintenant s'amusaient à se geler les fesses dans un lac au milieu de la nuit. Il aimait le prince, mais il savait que ces sentiments ne rimaient à rien du tout. Comment un prince pourrait-il l'aimer lui ? Un homme, banal, pauvre, maltraité par sa belle-famille. Il avait le choix parmi des centaines de femmes, des femmes plus belles, bien mieux nées, et plus intéressantes. Pourtant le prince le regardait fixement, tout en le tenant par le bras pour l'empêcher de couler. Izuku avait chaud malgré le froid de l'eau, il avait l'impression d'être brûlant là où le prince le touchait.

— Tu es très intéressant Deku, fit le prince.

— Ah bon ? bafouilla Izuku gêné.

Le prince acquiesça et puis il posa ses lèvres gelées sur celles d'Izuku, l'embrasant complètement. Quand Bakugo se recula, Izuku paniqua :

— Que faites-vous ? Vous… Vous… Pourquoi ?

Le prince attrapa sa main :

— Viens sortons du lac où je vais mourir de froid.

Izuku nagea à ses côtés jusqu'à la rive. Ils remirent leurs habits sur leur peau mouillée et le prince se colla contre Izuku soi-disant pour se réchauffer.

— Pourquoi vous… commença Izuku.

— J'en avais envie, le coupa le prince. Ça pose un problème ?

— Ça en pose un, si c'est juste pour vous amuser, fit Izuku. Je…. Je ne veux pas que vous fassiez ça seulement pour vous amuser, je… J'ai des sentiments et…

— Donc tu avoues que tu m'aimes, sourit le prince.

Izuku se fâcha :

— Ce n'est pas un jeu !

— Je sais, tempéra le prince, je sais que ce n'est pas un jeu.

Izuku se tut alors que le prince le regardait.

— Je me demandais si tu voulais venir vivre au château avec moi.

— Je ne sais pas, répondit Izuku, je ne veux pas quitter une vie d'esclavage pour une autre.

— Oh ! Pas comme mon serviteur, fit Bakugo, je voulais dire comme mon époux.

— Pardon ?

Izuku n'était pas sûr de bien comprendre ce qu'il se tramait et il avait peur de l'espoir qui naissait au fond de son ventre.

— Je suis en train de te demander si tu veux vivre à mes côtés au château, comme mon égal, avec une jolie bague au doigt.

— Vous plaisantez ?

— Non.

— Mais… mais… pourquoi ?

— Parce que je t'aime, répondit le prince.

Izuku crut mourir ou s'évanouir. Tout son corps s'embrasa.

— C'est la vérité ? chuchota-t-il.

— C'est la vérité, répondit le prince.

— Mais je suis un homme et je ne suis personne.

— Je m'en fiche, c'est toi que j'ai choisi. Et c'est avec toi que je veux être.

— Que va dire votre mère ?

— On a passé un marché ma mère et moi, je pouvais lui ramener n'importe qui, tant que je lui ramenais quelqu'un. J'ai fait mon choix, elle ne pourra rien dire.

— Mais les autres…

— Je me suis toujours fichu des autres, ce n'est pas maintenant que je vais me préoccuper de leur avis. Finalement, Deku, il n'y a qu'une seule chose que tu doives faire.

— Laquelle ?

— Me répondre : oui ou non.

Izuku ouvrit la bouche et aucun son n'en sortit. Alors à la place, il se pencha et embrassa le prince. Un baiser doux, chaste, une réponse pleine d'innocence.

Quand il voulut se reculer, la main du prince le retint par la nuque et leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau. Ils s'embrassèrent longtemps et quand ils se séparèrent, Izuku retrouva la parole :

— Oui je veux vivre à vos côtés au château.

Le sourire du prince le rendit fou et il l'embrassa à nouveau.

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La reine vit rouge quand son fils lui ramena son prétendant.

— Est-ce que tu te moques de moi ? Est-ce que tout ceci pour toi est une vaste blague ?

— Non, répondit Katsuki sérieusement, mais souviens-toi tes propres paroles, tu accepterais que j'épouse n'importe qui. J'ai fait mon choix. Il s'appelle Izuku Midoriya et je vais l'épouser.

Katsuki regarda sa mère longuement jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il ne plaisantait pas du tout, qu'il avait bel et bien fait son choix. Izuku à ses côtés paraissait terriblement intimidé, mais il tenait fort la main de Katsuki et n'était pas prêt à la lâcher. La reine soupira :

— Personne ne va vous accepter.

— Rien à faire, fit Katsuki, je suis le prince, je fais mon choix.

— Bien, dit-elle, dans ce cas, qu'il en soit ainsi.

Toutes les femmes du royaume pleurèrent et maudirent l'homme qui leur avait ravi le prince. La pire réaction fut celle des harpies, mais Katsuki avait un sort réservé pour elles, parce que pour avoir si mal traité Izuku, elle méritait un châtiment terrible. Elles travailleraient désormais au château pour se racheter. Plus personne ne les habillerait, ne les coifferait, ne leur préparerait leur repas. Elles devaient, en revanche, le faire pour d'autres.

Le mariage fut magnifique pour Katsuki et Izuku. Beaucoup d'invités étaient contre ce mariage, beaucoup de femmes continuèrent de pleurer au milieu de la cérémonie. Mais pour Katsuki et Izuku, il n'y avait rien d'autre que l'un et l'autre. Il n'y avait qu'eux, au milieu d'une bulle d'amour. Ils échangèrent leurs vœux et s'embrassèrent malgré les huées de la foule.

La reine versa une petite larme, finalement elle était heureuse du choix de son fils, il avait l'air réellement amoureux, réellement heureux, et c'était tout ce qui comptait dans le fond.

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Épilogue.

Avant de revenir régner ensemble, Katsuki et Izuku décidèrent de faire un petit tour du monde, de voir les terres qui leur appartenaient, de rencontrer les gens. Et de passer du temps ensemble. Chaque fois que le prince se réveillait aux côtés de son mari, il souriait, et se disait qu'il avait fait le bon choix. Son intérêt avait très vite monté les échelons, passant de cinq pour cent, à dix, puis à cinquante, puis à soixante-quinze, et finalement à cent.

Et ça ne cessait jamais d'augmenter. Surtout quand Izuku se tournait vers lui et lui rendait son sourire, de façon si pure et innocente.

Katsuki atteindrait vite les mille pour cent. Izuku vint frotter son nez contre celui de son époux :

— Je t'aime, murmura-t-il.

Et bon sang, comme c'était réciproque !

Katsuki embrassa la bouche de celui qui embellissait sa vie.

Fin.

L'autatrice : une réécriture de Cendrillon un peu à ma sauce, c'est peut-être un brin rapide, mais j'espère quand même que l'histoire vous aura plu tout comme j'ai aimé l'écrire.