Prompt : Taquineries
Un seul lit.
Il n'y avait qu'une chambre.
Un seul lit double.
Ce n'était pas ce qui était prévu, mais le déplacement de Bakugo et Izuku s'était fait à la dernière minute et le seul hôtel disponible ne pouvait pas leur proposer mieux. Ils pensèrent une seconde à celui qui devrait dormir par terre, puis se reprirent, c'était ridicule. Deux mecs pouvaient partager le même lit sans problème, chacun son côté et bonne nuit.
C'était une mauvaise idée, parce que tous les deux bougeaient beaucoup, Izuku se reçut le bras de Bakugo dans la tronche, Izuku poussa Bakugo avec sa jambe, ils se battirent toute la nuit pour la couette. Ils se levèrent fatigués, Bakugo du très mauvais pied, Izuku avec un sourire un peu tremblant et des yeux cernés. Ils passèrent la journée à aider les gens de la petite ville où ils avaient été envoyés en mission, et retournèrent à l'hôtel tard le soir après avoir mangé dans un quelconque restaurant.
Ils se retrouvèrent plantés devant le lit l'air maussade. Pour détendre l'atmosphère, Izuku voulut taquiner Bakugo :
— Peut-être qu'on devrait attacher la couette sur le lit pour que tu arrêtes de me la piquer.
— C'est toi qui me la piques, réagit le blond.
— Et tu prenais toute la place dans le lit !
— Disais celui qui a failli me faire tomber en me poussant.
Izuku le pinça gentiment :
— Alors on fait quoi ? Tu dors dans la douche ?
Il disait ça avec un sourire en coin et Bakugo maugréa :
— On essaye de mettre une séparation entre toi et moi.
Ils firent une sorte de partage de territoire avec leurs sacs posés au milieu du lit. Chacun son bout de couette, chacun son coin.
Mais cela ne changea pas grand-chose, au milieu de la nuit, ils poussèrent les affaires en dormant, et se bousculèrent un peu ensuite. Se réveillant de mauvaise humeur au milieu de la nuit, Bakugo attrapa Izuku par le bras et se colla à lui, le serrant dans ses bras, pour l'empêcher de bouger, pour s'empêcher de bouger. Izuku se retrouva dans la position de la petite cuillère et Bakugo de la grande. Et réveillés tous les deux, ils sentirent leur cœur battre la chamade, espérant que l'autre n'entende rien. Ils finirent par se rendormir, et par on ne sait quel miracle, ils arrivèrent à rester plus calmes, plus de coups donnés en gigotant, plus de piquages de couette. Seulement leurs joues un peu colorées de rouges le matin quand ils se réveillèrent dans les bras l'un de l'autre.
N'empêche que ça avait marché. Ils avaient trouvé une solution face à des nuits qui auraient pu devenir très vite désagréables. Alors après une nouvelle journée, ils se posèrent à peine de question et Izuku vint se blottir contre Bakugo dans le lit.
Dire qu'il n'en profitait pas aurait été un mensonge. Que ce soit l'un ou l'autre d'ailleurs, ils ignoraient juste que l'autre ressentait la même chose.
Ils étaient vraiment idiots et dans le déni pour ne pas voir ce qu'il se passait, mais peu importait, puisqu'ils passèrent une très très bonne nuit. Lové au chaud l'un contre l'autre, quand l'un bougeait, l'autre suivait le mouvement, si bien qu'ils se sentirent tranquilles.
La semaine passa à une vitesse folle. Le soir, ils ne se posaient même plus de question, n'avaient plus aucune hésitation. C'était tellement, tellement, naturel entre eux, qu'un matin Izuku, pas tout à fait réveillé, embrassa le front de Bakugo, comme si c'était normal vu leur proximité. Cela fut comme un électrochoc, il bondit du lit, bafouilla des excuses et alla s'enfermer dans la salle de bain. Le cœur cognant contre ses côtes, les joues chauffant comme un four. Quelle bête l'avait piqué ?
Avec un peu de chance, Bakugo n'était pas assez réveillé pour capter ce qu'il venait de se passer. Il finit par ressortir de sa cachette parce qu'il ne pourrait pas fuir indéfiniment et se retrouva nez à nez avec Bakugo qui semblait l'attendre de pied ferme. Izuku baissa les yeux et essayait de cacher avec ses cheveux ses joues rouges.
— Je vois qu'on prend ses aises, taquina Bakugo.
Izuku vira un peu plus cramoisie.
— Je… J'étais pas bien réveillé, je ne sais pas ce qu'il m'a pris, tenta Izuku.
— Donc tu regrettes ton geste ?
Izuku souffla honnêtement :
— Non.
Le silence lui répondit et Izuku tenta de relever la tête tout doucement. Bakugo était en train de lui sourire, les joues un peu rouges également.
— Finalement, c'est pas si mal cette histoire de lit unique, admit Bakugo.
Et ce fut tout. Ils n'en parlèrent plus de la journée.
Mais quand vint le soir, le dernier soir dans ce lit double, Izuku se sentait de plus en plus fébrile et inquiet. Alors que Bakugo se couchait et manifestement, l'attendait, Izuku ne sut que faire.
— T'attends quoi Deku ? Je veux dormir moi, là !
Izuku nerveux, s'allongea et se transforma presque en pierre se couchant de son côté du lit. Bakugo souffla, et passa un bras autour de lui, l'attirant contre lui, sans gêne. Puis il souffla à son oreille :
— C'est le baiser de ce matin qui te rend si nerveux ?
Izuku se sentit rougir alors que son cœur battait la chamade. Il sentit les lèvres de Bakugo se poser sur son crâne et l'entendit murmurer :
— On est à égalité maintenant.
Le jeune homme aux cheveux verts osa enfin se tourner vers Bakugo, qui rougissait lui aussi. Ce fut plus fort qu'Izuku, sa bouche atterrit à la commissure des lèvres de Bakugo. Ce dernier tourna légèrement la tête et leurs lèvres se rencontrèrent dans un baiser assez doux.
Ensuite, ils s'endormirent tranquillement, dans les bras l'un de l'autre, au chaud et heureux.
Finalement ce n'était pas une si mauvaise chose, cet unique lit dans la dernière chambre disponible.
Fin.
L'autatrice : un trope que j'aime bien donc que j'ai utilisé pour une mini fic pas tip top. Sur ce, je vous souhaite une bonne année !
