Chapitre 7
La soirée sur la plage avait été magique pour Steve qui avait cru perdre son homme suite à son erreur, mais pas aussi bonne qu'elle aurait pu l'être sans cette malheureuse nuit. Charlie était sur la réserve, tendu et peu tactile alors qu'il était d'habitude le premier à initier les contacts. Bien sûr, Steve comprenait qu'il lui faudrait du temps pour passer au-dessus de son erreur et qu'il avait déjà beaucoup de chance que son homme lui donne l'opportunité de se rattraper, même s'il avait conscience que ça avait à voir avec leur lien. Il lui avait d'ailleurs posé la question et Charlie avait confirmé que sans leur lien, il aurait mis fin à leur relation et que malgré le lien, il le ferait si Steve le trompait à nouveau. Cette réponse avait blessé le soldat, mais il ne l'avait pas laissé paraître et l'avait acceptée, de toute façon, il aimait trop Charlie pour se comporter ainsi à nouveau.
Cette nuit-là, aucun d'eux ne dormit plus que quelques heures, mais pas pour les raisons que Steve aurait aimé. Charlie le prit dans ses bras d'une manière qui lui fit comprendre qu'il ne se passerait rien de plus, cela perturba Steve et le fit culpabiliser plus encore sur ce qu'il avait fait, c'était la première fois depuis qu'ils étaient ensemble qu'ils ne faisaient pas l'amour le soir de leurs retrouvailles. Ce fut aussi la première fois qu'ils ne firent pas l'amour tout court durant leur temps ensemble, Charlie dut repartir le lendemain midi pour reprendre le travail et fit comprendre à Steve qu'il était toujours trop blessé pour aller plus loin. Le soldat le laissa alors partir plein de culpabilité et de regrets, se promettant de ne plus jamais blesser son homme ainsi.
Les semaines et les enquêtes s'enchaînèrent et mirent les nerfs du brun à grande épreuve, à chaque fois qu'il envisageait d'aller en Roumanie via portoloin pour rejoindre son homme, une enquête de haute importance l'en empêchait. Le sorcier finit par venir et enfin les deux hommes purent avoir du temps pour eux… entrecoupé par une enquête. Après le départ du dragonnier, Marie avait nargué son frère sur la nuit torride qu'il avait passée et les échos qu'elle en avait entendu. Ce fut la clé qui leur permit de discuter de la relation de Steve avec Charlie et au jeune homme de réaliser que ça ne dérangeait pas du tout sa sœur de le voir dans les bras d'un homme, au contraire, il était rayonnant lorsque le rouquin était là.
Le couple retrouva son rythme et son équilibre, Charlie se montrait jaloux lorsque Steve voyait Catherine et à la plus grande surprise du soldat, était toujours au courant quand c'était le cas. Il se demanda s'il avait placé un sort sur lui ou si c'était grâce à leur lien qu'il le savait, mais il s'en fichait un peu. Le moldu préférait être transparent avec lui et le lui disait de lui-même à chaque fois qu'il appelait ou voyait la militaire, ce qu'il minimisait le plus possible.
Ce matin-là, les deux hommes nus prenaient leur temps pour se réveiller. Ils s'embrassaient avec ferveur, leurs mains exploraient chaque zone avec minutie et leurs sexes réclamaient leur attention. Steve fit descendre sa bouche le long du torse parsemé de tâches de rousseur, goûtant à nouveau à la saveur sauvage de son homme. Jamais il ne se lassait de la redécouvrir encore et encore, il avait l'impression de s'enivrer de son odeur et de son goût à chaque fois qu'il embrassait sa peau. Les sons graves et étouffés qu'il provoquait chez son amant sonnaient comme une mélodie qu'il aurait voulu entendre toute la journée et toute la nuit s'il avait pu. Enfin, il arriva à la hauteur de l'objet de ses désirs, tira la langue pour savourer l'amertume qu'il savait y trouver, mais fut arrêté dans son mouvement par l'alerte magique, venant des sortilèges placés par le sorcier qui la coupa, tout de suite suivie par une voix venant des escaliers.
"Steve, t'es là ?
- Sérieusement ? s'agaça Charlie qui avait reconnu la voix de Catherine. Elle rentre souvent sans autorisation ?
- Non, c'est la première fois." répondit Steve, lui aussi très contrarié d'être interrompu.
Des coups furent portés à la porte de sa chambre. Steve eut l'impression de prendre une douche froide et sentit le corps de son amant réagir de la même manière que le sien. Dépité, il eut envie de tuer la jeune femme pour les avoir interrompus, mais il réalisa que Charlie était bien plus agacé que lui et pourrait bien lancer un sort cuisant à l'importune.
"Laisse-moi gérer, chuchota le brun.
- Je ne compte pas me cacher."
La mauvaise humeur du dragonnier passait dans sa voix et Steve l'embrassa avec douceur pour le calmer, il n'allait pas lui demander de se cacher, mais ferait de son mieux pour que son secret ne soit pas découvert. Il se leva ensuite, passa un boxer et un de ses treillis, il prit son t-shirt à la main et vérifia que son érection n'était plus visible, mais constata que l'arrivée de Catherine avait été plus efficace qu'une douche froide sur cette question, puis il entrouvrit la porte.
"Qu'est-ce que je peux faire pour…"
Il ne finit pas sa phrase alors qu'il découvrait la jeune femme en sous-vêtements, ses vêtements à la main. Il se dit que si Charlie la voyait dans cette tenue, il allait offrir la jeune femme en déjeuner à ses dragons, il n'avait aucun doute là-dessus. Il devait à tout prix la faire partir avant que son amant ne réalise ses intentions. Il fut presque soulagé d'entendre l'alerte tsunami résonner à travers l'île, il échangea un regard avec Catherine, et les deux militaires se précipitèrent dans les escaliers pour répondre à leurs téléphones qui sonnaient de concert au rez-de-chaussée. Ils s'échangèrent leurs informations tout en se rhabillant et quand ils furent prêts à partir, Steve saisit Catherine par le bras.
"Je ne sais pas ce que tu imaginais en venant, mais ne recommence pas, gronda-t-il.
- Je te veux Steve, et je t'aurai."
Il eut soudain très envie de lui mettre son poing dans la figure, mais se retint.
"Catherine, je suis avec quelqu'un, que j'aime, je ne te laisserai pas détruire ça.
- On verra."
D'un geste brusque, elle se leva sur la pointe des pieds et embrassa Steve au coin des lèvres, celui-ci la tira vivement en arrière et lui lança un regard noir.
"Sors de chez moi.
- Tu me rappelleras."
Il tremblait de colère alors qu'il la regardait partir puis lorsqu'il suivit des yeux le mouvement de sa voiture.
"Je te l'avais dit." chuchota Charlie en le prenant dans ses bras, par derrière.
La colère du soldat se calma tout de suite et il se reconnecta à la réalité, à l'alarme et au fait qu'il devait aller travailler.
"Je dois y aller." murmura-t-il en se retournant dans les bras de son homme pour l'embrasser en vitesse.
Cependant Charlie le retint pour poser ses lèvres à l'endroit exact où Catherine avait posé les siennes.
"Je t'aime aussi, chuchota-t-il en libérant Steve.
- Mets-toi à l'abri.
- T'inquiètes pas pour moi ou pour Marie, ça ira."
Le soldat lui sourit, certain que ce serait le cas, et dut faire un effort pour quitter la maison et vaquer à ses obligations, mais l'enquête qu'il mena en parallèle de l'alerte l'amena à nouveau à faire appel au matériel militaire et donc à devoir appeler Catherine.
"Je t'avais dit que tu me rappellerais.
- Je n'appelle pas juste pour toi.
- De quoi as-tu besoin ?"
Steve lui expliqua qu'il devait y avoir un signal autre que celui des bornes militaires qui communiquait avec le centre de recherches sur les tsunamis. La jeune femme put lui répondre en quelques minutes et accepta même de vérifier s'il y avait quelqu'un à bord du bateau dont provenait le signal grâce aux caméras thermiques. Elle lui indiqua aussi le quai et le nom du bateau qu'il cherchait.
"Tu m'offres un verre pour me remercier ?
- Pas cette fois."
Catherine resta dans sa tête toute la journée. Il n'appréciait pas son comportement et commençait à réaliser que l'amitié qu'il pensait existante entre eux ne l'avait peut-être jamais été. Il se remémora ses années à l'université puis les missions aux côtés de la jeune femme et réalisa qu'elle essayait de le séduire depuis le départ, presque depuis leur première rencontre. Ce constat le perturba, Catherine était une belle femme, elle n'avait aucune raison de rester fixée sur un homme qui ne voulait pas d'elle ainsi.
Cependant, ses questionnements s'envolèrent alors qu'il attendait dans le hall du gouverneur pour répondre du vol qu'ils avaient commis des semaines plus tôt pour sauver la vie de Chin. Il était persuadé qu'ils allaient tous être virés des forces de l'ordre, sauf que la gouverneure le félicita pour le bon travail qu'ils avaient fait et d'avoir permis d'éviter le vol qu'ils avaient pourtant fait. Ce fut l'esprit confus que Steve rentra chez lui et découvrit Charlie assis à la table de la cuisine avec sa sœur. Marie s'excusa tout de suite pour les laisser seuls, ce qui donna un mauvais pressentiment au militaire.
"Salut, tenta-t-il en s'approchant pour embrasser le dragonnier.
- Pourquoi tu ne coupes pas les ponts avec elle ?" répondit-il après avoir répondu brièvement.
Steve s'appuya contre la table alors qu'il réfléchissait à la meilleure manière de répondre.
"Parce qu'elle nous aide à résoudre certaines enquêtes et qu'il y a quelque chose de pas net avec elle, dit-il finalement.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Je ne sais pas encore, mais il y a des détails qui ne collent pas."
Charlie le regarda un long moment avant de souffler.
"Et tant que tu ne sauras pas ce que c'est, tu la garderas sous le coude.
- Oui, je suis désolé."
Le rouquin souffla à nouveau, mais finit par se lever, passer ses bras autour de la taille de Steve et se placer entre ses jambes. Il approcha sa bouche très près de celle du brun qui retint son souffle, espérant que cela signifiait la fin de cette discussion et la reprise de leurs activités interrompues du matin.
"Fais gaffe à ce que tu fais, chuchota Charlie.
- T'inquiète pas."
Enfin, le sorcier l'embrassa et glissa ses mains sous son t-shirt. Steve gémit dans le baiser et frotta son bassin contre celui de son amant qui l'entraîna vers l'étage à toute vitesse.
