Nĭ hăo !

L'an dernier, je postais un nouveau chapitre tous les lundis et comme on est lundi, nouveau chapitre !

Je ne sais par contre pas si je posterais le prochain chapitre lundi prochain ou dans deux semaines... Dans tous les cas, il est prêt donc il arrivera !

Merci à Luciole, LénaFMA et Guest pour les commentaires postés depuis fin septembre et à NY0Z3KA pour l'ajout de l'histoire dans ses suivis.

Bonne lecture à tous.

Sei et Chacha.


Chapitre 16 : Déclarations.


Dans les abords du canal de Central City, deux jeunes garnements passaient à tabac un troisième enfant, plus jeune qu'eux. Ils s'éclataient comme des diables à le ruer de coups en riant et en criant tandis que leur pauvre victime les suppliait d'arrêter.

Leur jeu morbide se trouva stoppé lorsqu'un bruit en provenance du canal attira l'attention des deux garnements. Comme par magie, un être entièrement recouvert de boue putride sortit soudainement des profondeurs du Canal. Les trois enfants écarquillèrent les yeux devant la vision de cet être étrange qui était méconnaissable. On aurait dit un monstre.

Le monstre en question, qui n'était autre que June qui sortait de l'eau après n'y avoir trouvé aucune trace de l'épouse de son demi-frère, dégagea la boue qui se trouvait devant ses yeux et observa les trois gamins qui semblaient complètement terrorisés par sa présence près d'eux.

Ils s'observèrent un instant. Personne ne bougeait.

- BOUH ! Scanda-t-elle d'un coup, totalement par surprise.

La réaction des deux ainés fut radicale, ils lâchèrent leur victime et détalèrent comme des lapins.

- Ridicule..." Commenta June, tout en les observant s'éloigner.

Le plus jeune des trois garnements était tout autant traumatisé, mais les coups qu'il avait reçus l'empêchèrent de s'en aller en courant... De toute façon, après le tabac qu'il venait de se prendre, il n'avait pas peur que ce monstre lui assène le coup de grâce.

Mais bien évidemment, même si June les détestait au plus haut point, elle n'était pas pour autant une tueuse d'enfants. Elle se contenta donc de tracer son chemin en l'ignorant superbement.

Lorsqu'une horloge sonna, elle s'empressa de retourner dans le parc récupérer ses affaires. Bien évidemment, si elle pouvait cacher son costume noir et blanc sans souci, il lui était impossible de dissimuler son corps, son visage et ses cheveux couverts de boue et de vase... En enfilant sa robe, elle ne fit que couvrir celle-ci de boue d'ailleurs... Mais elle n'avait pas le choix... Il fallait mieux qu'elle rentrer dans sa robe souillée que dans son costume !

En inspirant un grand coup, elle retourna finalement à sa calèche. Les serviteurs qui l'y attendaient, l'observèrent en écarquillant les yeux. Pour autant, aucun d'eux n'osa répliquer ni lui demander si tout allait bien... Son regard menaçant intimait de garder le silence.

- À la maison !" Ordonna-t-elle en s'enfermant dans la calèche, dont elle couvrit l'intérieur de boue.

Si l'un d'eux parlait, il serait sévèrement sanctionné. Elle s'en faisait personnellement la promesse. Après tout, on ne se moquait pas d'un Mustang impunément.


oOo


Dans cette maison de jeux de Central City, Le second fils du Duc Mustang avait été traîné dans une pièce sombre adjacent au balcon VIP et à l'abris de quelques regards curieux. Il avait été sauvagement jeté sur une chaise où on l'avait ensuite ligoté.

Il supplia son ravisseur de discuter et de trouver une solution, mais ce dernier n'avait que faire de tels promesses qu'il savait très bien que ce crétin ne tiendrait jamais.

- Kimblee..."

Mais avant qu'il ne puisse en dire plus, Kimblee s'approcha de lui et le fit taire avec un crochet du droit dans les côtes. Le fils du Duc en eu le souffle coupé. Un cri de douleur s'échappa de sa gorge et la puissance du choc le propulsa par terre, toujours attaché à sa chaise. Il se retrouva au pied du brun aux cheveux attachés en catogan et vêtue d'un magnifique costume blanc, hors de prix.

Pour quelqu'un qui n'avait aucun titre dans ce monde, Solf J Kimblee avait su se démarquer de par sa fourberie et son diabolisme hors norme. Il n'avait aucune pitié et aucun point faible. L'argent et la destruction étaient ses seules passions et quand quelqu'un essayait de lui voler son argent, alors il se faisait un plaisir de le réduire en cendre.

Son arrogance n'avait d'égal que sa supériorité envers la haute société. Le fait que le fils du Duc Mustang soit ainsi à sa merci en était la preuve.

Avec un sourire démoniaque, il posa son pied sur le jeune noble qui tentait de se redresser et s'exclama :

- Je suis lasse de tes excuses, je veux mon argent et immédiatement !" Siffla-t-il d'un ton haineux.

- Je ne le dispo..." Tenta de répondre le fils du Duc, la bouche coincée entre une chaussure et le sol.

- Dans ce cas, tu as le choix ! Le fit taire Kimblee en appuyant le poids de sa jambe sur la tête du fils du Duc. Sois-tu meurs, propose-t-il avec un sourire machiavélique. Sois-tu m'aides à annuler le mariage de ton bâtard de frère avec Elizabeth Hawkeye !" Conclut-il en retirant son pied et en obligeant ses sbires à redresser la chaise sur laquelle se trouvait le second fils Mustang.

Il s'empara ensuite du col de sa chemise et l'obligea à le regarder droit dans les yeux.

- Que choisis-tu ?"

Le regard de Kimblee montrait bien qu'il ne plaisantait pas et que sa soif de mettre fin à ses jours était en train de prendre le dessus. Le second fils Mustang le savait. Kimblee était un psychopathe qui prenait plaisir à torturer ses victimes en les tuant à petit feu au travers des tortures les plus horribles. Il n'avait pas envie d'en faire les frais.

- Je vais t'aider !" S'écria-t-il, mort de trouille, lorsqu'il lut dans le regard de Kimblee qu'il allait le tuer.

Tellement mort de trouille qu'il se fit dessus.

- Parfait, voici un petit toutou qui sait où est sa place ! Il ne reste plus qu'à lui apprendre la propreté ! Ricane Kimblee avant de relâcher le fils du Duc. Tu as intérêt à faire vite, ma patience à des limites !" Renchérit-il tout de même avant de quitter la pièce.


oOo


Roy courait comme un forcené à travers les différentes rues de Central City. Il avait quitté les rues commerciales car il était certain que Riza était déjà bien loin de celles-ci... Il n'avait aucune idée d'où elle était... Où se cachait-elle pour fuir ce vieux pervers d'habitude ?

Il ne l'avait rencontré que trois jours plutôt et, de ce fait, il ne connaissait rien d'elle... Ça le rendait fou de devoir l'admettre... Comment pouvait-elle être devenue sa Mercure alors qu'il ne connaissait rien d'elle ? C'était comme si elle avait toujours fait partie de sa vie mais qu'il avait oublié qui elle était... Il détestait cette sensation...

Ses pas le menèrent aux alentours du Canal. Les rues étaient assez désertées dans ce coin là...

- Où êtes-vous... ?" Souffla-t-il pour lui-même, la panique commençant à le submerger.

Il venait à peine de la trouver, il ne voulait pas la perdre.

Alors qu'il cherchait la réponse à sa question, il l'aperçut enfin. Elle était appuyée au garde-corps du canal et avait le regard perdu au loin, dans l'eau.

Riza réfléchissait en observant son reflet sans vraiment le regarder. Son esprit était loin, si loin.

Roy s'approcha tout doucement, en récupérant son souffle. Elle semblait entière et en un seul morceau mais quel genre de dégâts ce vieux pervers lui avait-il fait ?

Il s'en voulait de ne point avoir su tenir sa promesse... Moins de vingt-quatre heures après l'avoir faite en plus ! Un comble...

Il continua à s'approcher et son expression se fit plus nette pour Roy. Son regard était neutre... Totalement neutre. Il lui était impossible de lire en elle... Pourtant, si ses yeux se posaient sur les siens, il était certain que là, il y lirait absolument tout ce qu'il y avait à savoir, mais elle ne relevait pas la tête. Elle était totalement insensible à ce qu'il se passait autour d'elle.

Roy continuait de s'approcher, doucement, mais Riza n'avait toujours pas de réaction. À quel point ses pensées étaient-elles sombres pour qu'elle regarde avec autant d'intensité le fond du canal ?

- Si vous sautez, je vais être obligé de sauter aussi !" S'exclama-t-il lorsqu'il crut qu'elle passerait à l'acte.

Riza sursauta lorsqu'elle entendit la voix de son époux et son regard se posa sur lui. Il ne saurait traduire son expression. Un mélange de soulagement de le savoir auprès d'elle, mais en même temps, un regret de le voir apparaître alors qu'elle s'apprêtait à commettre l'irréparable.

En tout cas, elle garda le silence et son regard se reporta sur l'eau. Roy continua de s'approcher d'elle et poursuivit :

- Je t'interdit de penser une seule seconde à me quitter !" Ordonna-t-il presque, stressé à l'idée qu'elle saute quand même.

Il stressait tellement qu'il en avait carrément oublié le vouvoiement de courtoisie.

- À présent que je t'ai adopté, tu ne peux pas t'enfuir et me laisser sans toi !"

Il refusait de vivre sans elle.

La remarque de Roy fit enfin réagir Riza. Elle tourna une fois de plus son regard vers lui et un sourire apparut sur ses lèvres quand elle répondit :

- Vu que vos animaux finissent empaillés dans votre horrible chambre qui est maintenant la mienne, je me demande si cela est une bonne chose d'avoir été adopté par vous."

Roy resta un instant coi par cette répartie à laquelle il ne s'était pas attendu puis il finit par exploser de rire. Décidemment, elle avait le don d'apaiser son stress et sa colère. Voilà pourquoi elle ne pouvait pas le quitter.

- Vous serez la plus belle pièce de ma collection, rétorqua-t-il sur le ton de la plaisanterie en retrouvant sa courtoisie. Mais, je vous préfère vivante que morte." Ajouta-t-il, plus sérieux.

Il aurait pu passer le reste de la journée à se promener avec elle le long du Canal, mais ils n'avaient pas le temps pour ça. Ils devaient rentrer et soutenir Maes et Gracia dans l'arrivée de cet enfant. La situation avait dégénéré à cause de Roy et il se devait d'être présent pour ce moment important de la vie de Maes. Il était rare d'assister à la naissance d'un enfant qui était le fruit d'un amour aussi sincère entre deux personnes.

- Venez, suivez-moi, l'invita-t-il à le suivre.

Il lui tendit son bras, mais Riza ne s'en saisit pas. Elle le regarda, intriguée, mais la curiosité de savoir où il l'emmenait l'emporta et elle le suivit.


oOo


Ils remontèrent les rues de Central jusqu'au cheval de Roy.

- Je suis navré ne pas avoir tenu ma promesse de ne jamais vous laissez seule face à cet homme... Souffla Roy, véritablement désolé. Croyez-le, j'aurais cent fois préféré être avec vous ce matin..."

C'était clair... Il aurait cent fois préféré la garder au lit toute la matinée... C'était justement pour éviter de la rejoindre dans sa chambre, complètement bourré, et de lui faire l'amour pendant des heures, qu'il avait demandé à Maes de l'emmener loin de lui. Avant qu'il ne fasse la plus grosse des conneries ! Non plus qu'à ses yeux, faire l'amour à son épouse ne soit une bêtise... Mais si un jour ça devait arriver, il préférait être sobre et pas sous l'emprise de l'alcool. C'était ce dernier détail qui aurait été une grosse connerie... Riza méritait mieux qu'un mari bourré pour lui faire l'amour... Elle serait capable de penser qu'il avait besoin d'être alcoolisé pour enfin avoir du désir pour elle et il refusait qu'elle puisse penser une telle chose.

- Dois-je en conclure que votre ami m'a menti ?"

La remarque de Riza sortit Roy de ses pensées.

- Maes ? Mentir ? Impossible !" Se scandalise-t-il en s'arrêtant de marché.

Riza s'arrêta à ses côtés, haussant un sourcil.

- Mais... Chercha-t-elle comment formuler sa phrase. Vous vous êtes bien débarrassé de moi ce matin ? Demanda-t-elle.

Qu'avait dit Maes déjà ? Elle aurait dû l'écouter plus attentivement !

- Vous deviez aller quelque part ? Au bordel peut-être ? Renchérit-elle, réfléchissant.

Cette idée qu'il aille au bordel lui déplaisait... Pourquoi ? Parce qu'ils étaient mariés ? Roy était un homme et comme tous les hommes, il devait avoir des besoins et puisqu'elle refusait de lui offrir, il fallait bien qu'il trouve son plaisir ailleurs non ?

- Généralement, les hommes ont... "

- Pétunia !" Cria Roy en s'arrêtant devant l'étalage d'un fleuriste, empêchant Riza de terminer sa remarque des plus gênante.

Il n'avait jamais été gêné d'aller au bordel. Après tout, il avait une grande réputation de libertin... Il se faisait un plaisir d'emmerder son géniteur par le scandale qu'il aille aussi ouvertement au bordel soit souvent rendu publique.

Était-ce pour calmer les journaux qu'il l'avait marié ? Peut-être... Mais si Riza ne lui avait pas plus, il ne se serait pas gêné pour continuer à y aller.

Mais là...

Pourquoi se rendre au bordel quand il avait son épouse qui dormait dans la chambre si près de la sienne !?

Bordel... Il détestait l'idée que Riza puisse croire un seul instant qu'il la trompe... Ils n'étaient peut-être mariés que depuis trois jours, mais maintenant qu'il l'avait vu quasiment nue, il savait qu'il ne pourrait jamais aller voir ailleurs.

Bordel... Bordel... Bordel...

Roy sentait qu'il était à deux doigts de faire n'importe quoi... Si l'adrénaline qu'il arrive quelque chose à Gracia, puis l'énergie du désespoir de perdre Riza l'avait désaoulé, maintenant que Maes était auprès de Gracia et que Riza était auprès de lui, les effets de sa nuit d'alcool commençaient à revenir et il ne se sentait pas très bien.

Il rêvait de rentrer chez lui et de se coucher en gardant Riza dans ses bras, pour s'assurer qu'elle soit toujours là à son réveil. Mais il ne pouvait pas faire une chose pareille.

Merde !

Il observa des Viola violette et jaune pour se forcer à se concentrer sur autre chose. Il alla même jusqu'à toucher leurs pétales. Puis, son regard s'arrêta sur une fleur différente des autres. Elle était unique comparée aux autres fleurs. Ses couleurs étaient beaucoup plus clairs...

Riza, qui s'apprêtait à parler, se tut quand elle entendit.

- Vous êtes comme cette fleur, Riza..." Murmura Roy.

S'adressait-il vraiment à elle, ou se parlait-il à lui-même ?

- Brillante et sincère... Renchérit-il tout aussi bas. Unique."

Les paroles de Roy firent beaucoup d'effet à Riza. Sa peau frissonna sans qu'elle ne comprenne pourquoi. Peut-être à cause de l'émotion de ses paroles ?

- On aura beau tout faire pour essayer de détourner le regard, cela sera impossible..."

Sortant de ses pensées, Roy fit signe à la fleuriste.

La femme arriva et observa Riza de manière étrange. En même temps, Riza ne faisait pas dans la discrétion en s'habillant de manière masculine. Roy s'en fichait, parce qu'à présent, il voyait au-delà de ses vêtements. Il savait que sous ce pantalon et cette chemise, se dévoilait un corps des plus désirables.

La fleuriste détacha finalement son regard de Riza, pensant ouvertement qu'elle aurait décidément tout vu dans sa vie, mais Riza n'en avait que faire du regard qu'elle lui lançait, son esprit essayait de comprendre le sens de la déclaration de Roy.

- Je voudrais ces anémones et ce Viola, s'il vous plait, commanda Roy, en souriant à la fleuriste. Les deux sont pour offrir."

La commerçante s'exécuta et commença à organiser le bouquet demandé.

Roy reporta son attention sur Riza et la vit à nouveau perdue. Mince alors, il se demandait bien à quoi elle pouvait penser. Pour lui, il n'avait rien dit à voix haute juste avant de faire signe à la fleuriste. Donc, pour lui, elle devait être en pleine réflexion sur le pourquoi il l'avait coupé !

Il devait lui retirer cette image de la tête !

Roy s'approcha donc doucement de son oreille et murmura d'une voix qui se fit un peu trop sensuelle.

- Je n'étais pas au bordel..."

Il ne savait pas pourquoi il lui disait ça, comme ça... Peut-être pour qu'elle arrête de penser une telle chose ? Pour que l'image qu'elle avait de lui ne soit pas si moche ?

Depuis quand se souciait-il de l'image qu'elle avait de lui ?

De son côté, Riza sursauta lorsque le souffle chaud de la voix de Roy glissa sur sa nuque. Un frisson l'avait parcouru. De terreur dans un premier temps, car elle avait eu trop d'odieux mots glissés dans son oreille de la sorte, contre son gré. Mais d'une nouvelle énergie sensorielle quand elle réalisa que pour une fois, c'était Roy qui faisait une telle chose.

Comment pouvait-il rendre agréable un geste qui la terrifiait depuis ses six ans ?

Décidemment, son époux n'avait pas fini de la surprendre.

En tout cas, elle resta étonnée par l'aveu qu'il venait de lui faire. Elle se retourna pour plonger son regard dans le sien, espérant y comprendre ce qu'elle ne comprenait pas. Mais lorsqu'elle se retourna, son souffle se coupa. Roy était resté près d'elle et elle ne s'attendait pas à le voir d'aussi près. Son regard la troubla et elle recula d'un pas.

Les paroles du Duc lui revinrent en mémoire... Roy ne céderait pas. Mais pourquoi ? Elle n'était pourtant rien pour lui... Comment pouvait-il se battre pour elle au risque de se mettre toute sa famille à dos ?

Pourquoi ?

Qui aurait envie d'être dans les bonnes grâces d'une famille pareille ? Évidemment que Roy n'en avait que faire de l'image que les Mustang avaient de lui. Elle pouvait comprendre ça. Mais pourquoi il faisait en sorte de la protéger, ça elle ne le comprenait pas. Certes, elle était sa femme, mais ce mariage n'était qu'une comédie. Dans un an elle sortirait de sa vie et ils ne se reverraient plus jamais.

Le retour de la fleuriste entre eux, interrompit leur échange de regard. Roy la paya généreusement et ils reprirent leur route.

Le fils illégitime du Duc était tellement dans ses pensées de lui et de son épouse qu'il en avait complètement oublié le pourquoi ils retournaient à son cheval. Il avait juste l'envie de s'expliquer avec Riza et d'être le plus honnête possible, et tant pis si cela choquait.

- Je vous ai éloigné du manoir car depuis quelques heures, je pense à vous non pas comme une amie mais comme une amante..." Murmura-t-il à son attention, alors qu'ils marchaient toujours.

Il n'osait pas encore la regarder, il devait finir de dire ce qu'il avait à dire.

- Je me suis naïvement dit qu'en vous éloignant de moi, cette envie me quitterait et tout rentrerait dans l'ordre, grogna-t-il d'une voix rauque et suave. Mais rien ne marche..."

Bon d'accord, il n'était pas le plus honnête possible, il pouvait tout de même garder pour lui ses pensées les plus lubriques ! Qui sait... Peut-être qu'un jour ils découvriront tout cela ensemble ? Il savait Riza assez intelligente pour comprendre où il voulait en venir.

Il avait envie d'elle !

Depuis hier, et maintenant aussi.

Et il s'en contre fichait que leur contrat de mariage l'interdisait. Vu comment son connard de père arrangeait le contrat à sa sauce, il ne se gênerait pas pour en faire de même !

Et s'il avait envie de faire un enfant à Riza, c'était à lui de le décider ! À lui et à Riza ! Comment sa famille pouvait-elle lui interdire une telle chose sans même lui demander son approbation ?

- Que voulez-vous dire ?" Demanda Riza, inquiète.

Roy fronça les sourcils, n'avait-il pas été assez démonstratif et explicit ? Devait-il lui dire clairement et crument "Je vous désir, corps et âme" ?

Mais si Riza semblait inquiète, cela n'avait nullement à voir avec cette déclaration à laquelle elle ne s'attendait pas... Non, ce qui la faisait paniquer, c'était de réaliser qu'elle avait envie d'y répondre. Tous les mots décrit par son époux, elle pensait exactement la même chose. Elle non plus ne pensait plus à lui comme un ami mais comme un amant et ça la terrifiait...

Dans la calèche du Vicomte Hughes, ses pensées étaient quasi toutes tournées sur son époux... Elle n'avait fait que penser à lui et même quand elle se forçait à prendre de la distance avec cette histoire, elle ne faisait finalement que penser un peu plus à lui...

Quand ils étaient ensemble, elle voulait fuir sa présence qui lui rappelait à quel point sa vie était manipulée par les autres... Ce mariage était censé lui permettre de reprendre le contrôle de son destin, mais en acceptant d'épouser un homme qu'elle ne connaissait pas pour sa "liberté", ne s'était-elle pas tout simplement mise en cage ? Ce mariage n'était qu'une manipulation déguisée...

Certes, Roy ne faisait pas parti de ses manipulateurs, mais elle, elle l'avait l'impression de le manipuler et elle n'aimait pas cela... Elle ne voulait pas devenir une manipulatrice. Elle n'arrêtait pas de penser à lui dès qu'il était loin, se demandant sans cesse ce qu'il faisait... Dès qu'elle voyait l'image du Comte Snow, elle pensait à lui et priait pour qu'il débarque tel le preux chevalier qu'il n'était pas pour la protéger de ses griffes...

Que faire ?

Comment se sortir de ce bourbier ?

Roy avait beau être son époux, elle ne devait rien lui demander. Il n'avait pas à se mettre en danger pour la protéger !

Elle devait arrêter de se cacher derrière lui et de croire que les sentiments qu'elle éprouvait pour lui étaient légitime... Elle ne faisait que se servir de lui pour se protéger... Ce n'était pas de vrais sentiments qu'elle ressentait, c'était juste la protection qu'il lui offrait qui lui procurait cette illusion.

Riza sortit de ses pensées brusquement lorsque le toucher de Roy se sentit sur sa main. Il s'était arrêté de marcher et venait de la stopper à prenant sa main dans la sienne. Un frisson parcourut tout son corps à ce geste et quelque chose ressemblant à la naissance d'un puissant brasier s'empara de ses entrailles quand son regard croisa le sien.

- Quand je suis en colère, je pense à vous", répondit-il alors à la question qu'elle avait posée.

L'intensité de son regard continuait de consumer Riza. S'il n'arrêtait pas très vite, elle ne serait plus qu'un tas de cendres à ses pieds.

- Quand je suis triste, je pense à vous. Quand je suis heureux, je pense à vous. Quand je dors, je rêve de vous", souffla-t-il sans jamais le quitter des yeux, ni même ciller une seule fois.

Riza était bouche bée. Si elle ouvrait la bouche, elle savait qu'aucun son n'en sortirait. Son cœur prenait de l'ampleur dans sa poitrine. Il battait si fort qu'il résonnait dans ses tympans. Sa gorge se fit sèche... Bordel, jamais personne ne lui avait fait ressentir de telles sensations.

- Peu importe la distance et mon action, tout, absolument tout, me rapporte à vous... Riza" conclut Roy dans un murmure.

Son prénom dans la bouche de Roy, prononcé de manière si suave et sensuelle à la fois, achevèrent de consumer le cœur de Riza.

Roy lui tendit le viola. Surprise, Riza retrouva l'usage de son corps et s'empara de la fleur. Elle l'observa un instant avant de replonger son regard sur son époux, qui poursuivit :

- Ce que je ressens pour vous n'est pas de l'attirance ou une illusion de mon cerveau".

Son regard était profond quand il disait ça. Riza savait qu'il était sincère et que ces mots n'avaient rien d'une manipulation.

- Je vous aime Elizabeth Mustang." Souffla-t-il d'une voix remplie par l'émotion en s'approchant d'elle.

Ils étaient si proche que le souffle de Roy se heurta sur les lèvres de Riza. Son cœur en rata un battement. L'impression d'une odeur d'alcool se fit sentir, mais elle n'y fit pas plus attention que cela.

- J'aime votre rire mélodieux. J'aime votre sourire naturel et sincère. J'aime vos changements d'humeur instantané. J'aime votre sens de la répartie. J'aime absolument tout chez vous."

À chaque "j'aime" de prononcé, le visage de Roy se rapprochait de celui de Riza. Une sonnette d'alarme aurait dû résonner en Riza et elle aurait dû le repousser, mais le brasier qui la consumait avait dû avoir raison de cette alarme. Elle resta là, la bouche entrouverte et le souffle de Roy s'infiltrant en elle, comme prenant possession d'elle, comme si l'alcool du souffle de Roy la grisait... Elle était incapable de réagir. Son regard était rivé sur le sien.

- Il y a encore deux jours, je ne voyais en vous que des défauts, mais aujourd'hui, je serais bien incapable de vous en énumérer un seul..."

- Ro..."

- Shtttt", souffla-t-il en posant son index sur ses lèvres pour la faire taire.

Riza en trembla. Elle savait qu'elle devait le repousser, mais elle n'en avait pas envie. Et Roy n'avait pas l'intention de la laisser gâcher ce moment.

- Je sais que vous ressentez la même chose que moi." Poursuivit-il, toujours dans cette même intonation sensuelle.

Il suffisait de voir à quel point son corps réagissait pour elle. Comment son dos s'était courbé en arrière, naturellement, et sans même qu'elle ne s'en rende compte, quand le torse de Roy avait effleuré le sien et que sa main s'était posée au creux de ses reins. Comment ses mains étaient agrippées à sa veste, comme pour l'empêcher de reculer alors qu'elles auraient dû être posées à plat pour l'éloigner d'elle le plus possible.

- Et je sais que cela vous effraye, parce que cela fait remonter en vous les souvenirs traumatisant de votre enfance..."

Un silence prit place. Roy cherchait ses mots.

- Riza... Prononça-t-il son prénom comme s'il s'agissait du mot le plus beau qui pouvait exister dans ce monde. Je vous promets de réussir l'impossible. Je ferais en sorte que Jupiter, Mars, la Terre, Venus et Mercure s'alignent."


To be continued...


À très vite.