Rien que la vérité.
Titre du 21/10/2023 : Rien que la vérité
Sagittaire : Yara Greyjoy (GOT)
Y : Yara Greyjoy
Yara Greyjoy
Prénom 67 : Marina
Défi 8 de Sarah & son cerveau : écrire un Self insert
UA Challenge 115 : UA!Contes/OUAT
Quatre aspects d'… Hinata (Haikyuu!) : Karasuno : Écrire sur une personne qui poursuit son rêve ou écrire sur une personne qui rentre dans une nouvelle école
137) 100 façons d'écrire du drama
257) 50 nuances de personnages LGBT
10 défis fusionnés (titre du jour, horoscope, alphabets, de secondaire à principal, elles ont dit, Sarah & son cerveau, UA Challenge, quatre aspects, 100 façons, 50 nuances)
Yara envoya un regard surpris à Marina quand celle-ci revint après avoir passé son coup de téléphone.
« Qui c'était ?
- Lancel.
- Oh. Il voulait te parler de quoi ? Demanda-t-elle, curieuse.
- De la malédiction.
Yara se figea avant de se tourner vers son amie.
- Vraiment ?
- Vraiment.
- Et… qu'est-ce qu'il a dit exactement ? Dit-elle, essayant de ne pas trop laisser l'espoir transparaître dans sa voix.
- Qu'il voulait en discuter. Et il voudrait que tu sois présente.
Elle hocha la tête.
Est-ce qu'il y croyait ?
Ou mieux encore.
Est-ce qu'il se souvenait ?
Est-ce que ses souvenirs commençaient à remonter à la surface et qu'il avait décidé de leur parler pour démêler le vrai du faux ?
- Quand ?
- Il est disponible maintenant si tu veux.
- Ça marche. »
Marina sourit, ravie de voir son regard briller, empli d'espoir et d'attente.
Elle était heureuse d'être là, même si tout n'était pas toujours facile ou simple, même si la situation était horrible.
Parce qu'elle avait accompli son rêve le plus cher, un rêve qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir poursuivre ou rendre réel.
Elle avait rencontré Lancel Lannister, pour de vrai.
Elle espérait juste désormais qu'il ne mettrait pas fin à ce beau rêve en décidant de leur dire que telle Emma Swan, il décidait de ne pas croire à ce qui était pourtant la vérité.
§§§§
Quand il vit Marina qui revenait après avoir franchi la frontière de la ville une fois de plus, Lancel ne fut pas vraiment surpris.
Elle lui avait bien dit que pour ne pas oublier, elle sortait régulièrement de Kintzheim, et sur le moment ça lui avait semblé étrange, mais désormais, avec tout ce qu'il avait découvert, il comprenait mieux.
Si la malédiction s'acharnait tellement à ce que rien venant de Game of Thrones ne soit dévoilé aux habitants de Kintzheim alors il était logique qu'elle se défende en ôtant la mémoire de la seule personne qui n'était pas originaire de Westeros pour l'empêcher de leur dire ce qu'il s'était réellement produit.
Et lorsqu'il croisa le regard de Yara, il la regarda, la regarda vraiment.
Et il vit tout ce que les autres ne voyaient pas, tout ce qui leur demeurait caché tant qu'ils ne connaissaient pas la vérité, dissimulé derrière un voile quasi-impénétrable, au-delà de la tristesse seule que tout le monde voyait déjà.
C'était un regard qui disait qu'elle savait une chose que tout le monde ignorait.
Et maintenant, il savait quoi, et il ne pouvait s'empêcher d'avoir le cœur brisé pour elle.
« Je suis sincèrement désolé, commença-t-il en s'adressant à la fer-née.
Celle-ci cligna des yeux à quelques reprises, stupéfaite.
- Quoi ?
- Hé bien, si tout ce que Marina m'a dit est vrai, alors… ça signifie que vous avez profondément souffert durant ces deux dernières années, que vous avez dû survivre dans un monde que vous ne connaissiez pas et que vous vous êtes battues de toutes vos forces pour trouver le chemin vers notre ville pour nous sauver. Et je suis véritablement navré que vous ayez dû le faire en étant tout d'abord toute seule. Ça n'aurait jamais dû vous arriver.
Yara sentit les larmes lui monter aux yeux.
Elle pleurait rarement, à la fois pour essayer de rester forte, pour ne pas flancher malgré la douleur et aussi parce que dernièrement elle avait eu plus de bonnes nouvelles que de mauvaises en dehors de son agression.
Cette fois-ci en revanche, si elle pleurait, ce n'était pas de tristesse.
Non, les larmes qu'elle versait étaient des larmes de gratitude, parce que sa souffrance était reconnue par quelqu'un qui ne savait même pas si elle disait la vérité et qui la croyait malgré tout.
Un homme complètement innocent de ce qu'il lui était arrivé s'excusait qu'elle ait dû passer par de telles épreuves.
C'était bien plus que ce que Cersei ou les autres monstres responsables de ce cauchemar lui offriraient jamais…
- Je… je vous remercie. Alors… vous y croyez ? À la malédiction ?
Lancel leur offrit à toutes les deux un regard hésitant avant de hocher la tête.
- Je… je pense que oui. J'y crois.
Cette fois-ci, Yara éclata pour de bon en sanglot.
Ça y est, elles y étaient enfin parvenues…
Après tout ce temps, tous ces efforts, elles avaient finalement réussi à faire en sorte qu'un habitant de la ville qui ne se souvenait pas finisse par croire à l'existence de la malédiction et soit de leur côté.
- Merci, répéta-t-elle en boucle, le cœur empli d'espoir et de gratitude, merci, merci, merci, merci. Merci infiniment. »
§§§§
Le lendemain.
Myrcella était censée vouloir sourire.
Elle était supposée être heureuse, tout dans sa vie la poussait à l'être, elle avait une famille aimante qui la soutenait (hormis Joffrey, mais il était la principale exception de sa vie, le seul d'entre eux qui lui faisait réellement peur et qu'elle n'aimait pas), elle suivait les études qui la passionnait et elle avait une petite-amie formidable.
Pourtant…
Pourtant, malgré tous ses efforts, toutes ses tentatives, elle ne parvenait pas à se débarrasser de ce vague à l'âme, de cette mélancolie qui l'envahissait par moments sans crier gare, sans qu'elle ne parvienne à comprendre pourquoi.
C'était pire encore quand elle passait une bonne journée et qu'une soudaine tristesse s'emparait d'elle, comme à cet instant précis.
Elle avait eu un rendez-vous amoureux merveilleux avec Shireen, elles étaient allées au cinéma (voir un film sorti récemment pour une fois, chose qui semblait de plus en plus fréquente depuis un certain temps, chose qu'elle avait mis du temps à remarquer), elles étaient parties se promener ensemble, elles avaient discuté, parlé du film, rit, et pourtant…
Pourtant à un moment, sans parvenir à se l'expliquer, Myrcella n'avait plus réussi à sourire.
Il avait disparu de son visage, s'était effacé et elle n'était pas parvenue à le faire revenir.
Parce qu'elle avait conscience que quelque chose n'allait pas.
Parce qu'elle savait que quelque chose clochait même si elle ignorait quoi au juste.
Parce qu'il y avait tellement de souffrance à Kintzheim qu'elle ne savait pas comment faire disparaître, tellement de douleur qu'elle n'avait jamais vue avant qu'elle n'éclate au grand jour.
Vère, Sansa, Theon, et sans doute tellement d'autres…
Et elle n'avait rien vu.
Elle voyait sans voir, savait sans savoir, pressentait quelque chose tout en ayant l'impression d'y être complètement aveugle, que quelque chose lui était délibérément caché.
Et oh comme c'était désagréable, si insupportable que ça lui donnait parfois envie de hurler.
« Myrcella, quelque chose ne va pas ? Lui demanda Shireen avec un air soucieux.
La blonde songea d'abord à lui mentir, comme toutes les autres fois, à faire semblant, à feindre le bonheur, à sourire comme si elle ne ressentait pas un creux à l'intérieur d'elle-même, un vide qu'elle ne serait jamais capable de combler.
Mais…
Mais Vère avait fui de chez elle, Sansa avait fini par parler de ce que Joffrey lui infligeait, et Theon avait enfin réussi à fuir loin de son tortionnaire.
Elle aussi elle pouvait arrêter les faux-semblants et les mensonges.
- Je… je ne… Je ne sais pas Shireen, je… En fait je voudrais te demander quelque chose.
- Quoi donc ?
- Je sais que ça va sans doute te sembler bizarre, mais… j'aimerais bien parler à ton oncle Stannis.
La jeune femme la regarda avec un air perdu mais ne lui posa aucune question.
- D'accord, je vais l'appeler pour voir quand il peut être disponible. Tu… tu penses que ça peut t'aider ?
Myrcella n'en savait rien.
Mais elle savait une chose en revanche.
Stannis Baratheon n'était absolument pas heureux.
Et dans ses yeux, il y avait la même lueur que celle qu'elle voyait dans les siens quand elle se regardait dans le miroir.
Cette même tristesse, ce même désespoir, cette même sensation que rien n'allait vraiment dans cette ville, cette même impuissance à y changer quoi que ce soit.
S'il y avait bien quelqu'un dans cette maudite ville qui pouvait lui apporter un semblant de réponse, c'était lui.
- Je ne sais pas Shireen, lui avoua-t-elle, sincère, mais en tout cas je l'espère. »
§§§§
Il était plutôt rare que Shireen lui téléphone.
Ces moments étaient au moins aussi peu présents dans sa vie sous la malédiction que ceux où elle lui rendait visite, aussi chérissait-il chacun de ces instants.
Il ne put s'empêcher de s'interroger sur ce qui la poussait à le contacter ainsi, mais la joie de pouvoir entendre sa voix même si ce n'était qu'à distance suffit à lui faire oublier ce détail.
Il décrocha donc immédiatement en voyant son prénom et son numéro s'afficher sur l'écran de son téléphone.
« Allô ?
- Bonjour oncle Stannis.
Oncle Stannis.
Entendre ces deux mots était toujours l'équivalent d'un coup de couteau dans le cœur mais au moins elle savait qu'il était sa famille, elle savait qu'il l'aimait même si elle ne se souvenait plus qu'il était son père.
C'était déjà ça, et un léger sourire se dessina sur son visage.
- Bonjour Shireen, comment vas-tu ?
- Bien et toi ?
- Je vais bien, lui répondit-il.
Ce n'était presque pas un mensonge, pas alors qu'il pouvait l'entendre et feindre de croire qu'on ne lui avait pas enlevé une des choses à laquelle il tenait le plus au monde.
- Je voulais te poser une question.
Il fronça les sourcils, intrigué.
- Quel genre de question ?
- C'est à propos de ma petite-amie Myrcella.
Myrcella…
Il ne put s'empêcher de grincer des dents en entendant ce prénom, il ne savait toujours pas s'il pouvait lui faire confiance ou non, si elle était innocente ou du côté de Cersei, si elle savait la vérité.
Il espérait juste que sa fille ne voulait pas parler de ses problèmes de cœur avec lui et encore moins lui demander conseil parce qu'il était probablement la pire personne possible en ville pour aider avec ce genre de chose.
- Hé bien, qu'y a-t-il ?
- Elle souhaiterait te parler.
Il se figea, stupéfait.
- Quoi ? »
Quoi ?
Pourquoi ?
Il ne connaissait pas Myrcella, il n'était pas proche d'elle ou de sa famille, de son point de vue à elle il ne devait rien être de plus que l'oncle de sa petite-amie, elle ne le côtoyait presque jamais, alors pourquoi…
Et alors soudainement, il se souvint.
Le jour où Shireen et Myrcella étaient venues chez lui pour rendre visite à Vère qui venait tout juste de s'y installer, il y avait eu un étrange moment de flottement quand ils s'étaient retrouvés seuls, un silence étrange, durant lequel la blonde avait semblé vouloir parler, lui dire quelque chose.
Sauf que ce n'était jamais arrivé.
Et il n'avait jamais su ce qu'elle avait voulu lui dire, si c'était bien à lui qu'elle avait l'intention de parler ni même si elle avait réellement eu l'intention de dire quelque chose à ce moment-là ou si ce n'était que son imagination qui lui faisait voir des choses là où il n'en avait pas.
Maintenant, il savait que son intuition ne s'était pas trompée, que son impression était bonne.
Myrcella Lannister avait l'intention de lui parler de quelque chose, probablement d'une chose importante pour qu'elle passe par le biais de sa petite-amie, et qu'elle voulait lui dire personnellement.
Mais quoi au juste ?
Est-ce que ça avait un rapport avec la malédiction ?
Est-ce que…
Est-ce que c'était Cersei qui l'envoyait ?
Elle en était bien capable…
« Oui moi aussi ça m'a surprise, lui répondit sa fille, mais… elle a l'air d'aller plutôt mal en ce moment et je ne sais pas pourquoi mais elle a besoin de te parler.
Est-ce qu'elle était en train de comprendre que quelque chose n'allait pas en ville ?
Est-ce qu'elle était en train de se réveiller ?
Il pria de toutes ses forces le maître de la lumière pour que ce soit le cas.
- Oh… Je vois…
- Est-ce que tu serais disponible pour lui parler ?
- Oui, si tu veux, vous pouvez passer tout à l'heure après les cours, je lui parlerai et tu pourras discuter avec Vère, ou…
Ou avec ta mère, faillit-il ajouter avant de brusquement se reprendre.
Il n'était pas sûr que Shireen aurait voulu faire une chose pareille, surtout si elle s'était souvenue de la vérité au sujet de sa famille.
- Ça me va, merci oncle Stannis et à tout à l'heure ! »
Puis elle raccrocha et il regarda son téléphone portable d'un air incrédule, comme pour se convaincre lui-même que cet appel avait bel et bien eu lieu.
Il ne savait pas encore ce qui ressortirait de cette conversation.
Mais il espérait de tout son cœur que ça les aiderait à faire avancer les choses.
A suivre…
