Résumé des chapitres précédents : Katsuki a fait fuir Shoto qu'il n'aime pas. Il a aussi croisé Tenya, qu'il n'aime pas non plus. Et il a rencontré Denki qu'il n'aime pas plus que les autres. Bref, Katsuki n'aime personne à part Izuku qui s'est fait la malle. Ils sont donc à l'hôtel et attendent le concert.
Bonne lecture.
Lili
Bonne année à toutes et tous ! Que 2024 vous apporte tout le bonheur du monde !
~ 6. Que la fête commence. ~
- Vous êtes à l'écoute de radio cosmos, il est exactement 17 heures.
Dans son garage, Neito augmenta le volume sonore de la radio et ordonna à ses collègues de la fermer. Il ne voulait rien rater de l'émission. Katsuki Bakugo, l'ours mal léché de service, interviewé par l'exubérant Denki Kaminari ? Ça allait être mémorable ! Pas question qu'il en perde une miette ! Il sentait déjà qu'il aurait de quoi charrier son pote pendant les vingt prochaines années.
Dans son petit salon, Mitsuki s'installa sur son canapé, une tasse de thé bien chaud dans les mains et une assiette de cookies au chocolat sur la table basse. Elle s'enroula dans son plaid molletonné, offert par son fils l'année dernière pour son anniversaire. Et elle soupira de dépit, sincèrement déçue que Katsuki, son fils unique et adoré, ne l'ait pas emmené avec lui sur Fhloston Paradise. Tant pis, elle se contenterait d'écouter le concert de la diva, diffusé en direct live à la radio. Et l'interview de son fils chéri évidemment. Elle ne louperait ça pour rien au monde.
Au quartier général, Aizawa, Kirishima, Amajiki, Best Jeanist et Hawks s'installèrent, eux aussi, pour écouter l'émission de radio. Intérieurement, Eijiro pria pour que tout se passe bien. Après tout, Katsuki était un professionnel. Il saurait être discret, n'est-ce pas ? Ce qui inquiétait le plus le Général, c'était l'interview avec Denki Kaminari. Le Major Bakugo saurait-il garder son calme face au pléthorique animateur ?
Sur le vaisseau-hôtel Fhloston Paradise, bâtiment ressemblant fortement à un bateau, le Capitaine donna la direction à suivre à son second, qui la transmit au marin chargé de la barre. Tout se passait bien, tout était en ordre. C'était encore une belle journée paisible au paradis. Satisfait, il but une gorgée de son thé tout en écoutant la voix off de Radio Cosmos via la radio posée sur une table.
- C'est l'heure de retrouver Denki Kaminari et Katsuki Bakugo, l'heureux gagnant du concours Gémini croquettes, en exclusivité et en direct de Fhloston...
- ... PARADISE ! s'exclama Denki en prenant l'antenne.
Vêtu de sa plus belle combinaison moulante, entièrement noire avec un col rond bordé de fleurs rouges qui dévoilait largement ses clavicules, il s'avança de son pas chaloupé dans le hall de l'hôtel, ses assistants sur les talons.
Suivant le mouvement, avec une mauvaise volonté plus qu'évidente, Katsuki ajusta machinalement sa veste de costume. Il n'avait pas l'habitude de ce genre de vêtement. La dernière fois qu'il s'était retrouvé en costard, c'était pour son mariage, six ans plus tôt. Il avait fait dans la sobriété, costume noir et chemise blanche, faisant malgré tout l'impasse sur la cravate ou le nœud papillon. Il avait d'ailleurs eu bien du mal à convaincre Denki que les paillettes et les strass n'étaient d'aucune utilité dans son cas. S'il avait écouté l'animateur, il se serait retrouvé avec un pantalon moulant couleur argentée entièrement recouvert de strass et une chemise à jabot rose fuchsia. La seule concession que Katsuki avait faite était la fleur rouge accrochée à la poche de poitrine de sa veste.
- Denki Kaminari à votre service, continua l'animateur avec sa verve luxuriante, pour deux heures en compagnie de l'heureux gagnant, Katsuki Bakugo, et du directeur de cet hôtel super Green, et Miss Gémini Croquette en personne. Et dix mille privilégiés qui vont avoir la chance d'assister à l'unique récital de Mademoiselle Jiro Kyouka.
Arrivé devant la porte de la salle de concert, il marqua un temps d'arrêt, le temps de chasser ses assistants d'un "Bzzz, Bzzz" agacé et de saisir le bras de Katsuki. N'ayant d'autre choix que de suivre l'animateur blond, Katsuki pénétra dans la pièce, levant les yeux pour en admirer l'architecture rappelant l'ancienne civilisation. Il fut traîné par son accompagnateur imposé entre les rangs de sièges tendus de velours rouge et la foule déjà en train de s'installer.
- Nous pénétrons maintenant dans ce qui est certainement la plus belle salle de concert de tout l'univers, parfaite reproduction d'un vieil opéra, poursuivit Denki son micro bien accroché devant sa bouche, sa canne argentée dans une main, l'autre tenant fermement le bras de son invité. Enfin bref !
Désignant tour à tour les personnes dont il parlait, il s'avança vivement vers le premier rang, partageant son avis aux milliards d'auditeurs l'écoutant.
- À ma droite, une brochette de ministres plus sinistres que ministres. A ma gauche, Yuga Aoyama, star de la scène et de l'écran.
Se penchant vers Katsuki, qui observait d'un œil dubitatif ledit Yuga Aoyama, un homme blond au look évoquant les tenues royales de Louis XIV, seul roi dont se souvenait Katsuki, Denki ajouta sur le ton de la confidence :
- Il ne jouira pas beaucoup de la musique, car il est sourd comme un pot !
Ah, oui, effectivement, vu sous cet angle, songea Katsuki, qui se demanda ce que la star en question venait faire à un concert du coup. Mais, Denki ne lui laissa pas le temps de s'interroger davantage, reprenant immédiatement sa présentation, très personnelle, de l'assistance :
- Et voici, Gang Orga, le Roi du Laser Bowl, et l'empereur de Tatouin et sa ravissante fille. J'adore chanter, m'a-t-elle confié récemment.
Marquant un arrêt, il sourit narquoisement à Katsuki avant d'enchaîner :
- Mais au fait, j'ai un enregistrement de sa voix sublime.
Denki sortit un petit enregistreur de sa poche et appuya sur un bouton. Des gémissements féminins, suffisamment explicites pour ne laisser aucun doute sur le moment où ils avaient été enregistrés, retentirent dans toutes les radios de l'univers.
Katsuki roula des yeux, blasé par l'attitude de l'animateur. Ce dernier reprit sa marche, embarquant toujours son invité à sa suite.
- Je vous ferai entendre la suite après le concert, puisque le moment est enfin venu de tendre le micro à Katsuki pour le mot du jour.
Lâchant le bras du blond, Denki lui mit sous le nez le micro accroché à sa canne et, avec un sourire encourageant, lui demanda :
- Alors, cher Katsuki, est-ce que vous êtes heureux d'être ici dans le beau monde ?
- Ravi, souffla Katsuki avant de s'asseoir sur son siège, l'ayant enfin atteint après toutes ces simagrées.
Sa réponse fit grimacer Denki, ce qui l'amusa beaucoup. Si l'animateur croyait qu'il allait jouer à ce petit jeu stupide d'interview à cœur ouvert, il se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude !
- Sur ce… Champagne ! exigea Denki agacé par l'attitude froide de son invité.
Il aborda un serveur, ne prêtant nullement attention à sa tête, trop contrarié pour remarquer les longs cheveux blancs attachés en chignon, les lèvres craquelées et les yeux rouge brillant de folie. Denki lui prit une coupe de champagne et en but une gorgée avant d'ordonner à son régisseur, à plusieurs milliers d'années lumières de là :
- Publicité ! Pub !
Son régisseur l'informa, via l'oreillette, qu'il avait vingt secondes de break avant de reprendre l'antenne. Si Katsuki avait été un peu plus loquace, cette page de publicité n'aurait pas eu lieu d'être. Mais voilà... Monsieur Bakugo avait un vocabulaire restreint et n'y mettait aucune bonne volonté. Et Denki n'était pas suffisamment stupide pour ne pas avoir compris que son invité ne ferait aucun effort.
Non, évidemment, il fallait qu'il se coltine un grincheux mal baisé ! C'était bien sa veine ! Comment allait-il bien pouvoir faire une émission extraordinaire si son invité n'ouvrait la bouche que pour répondre par un mot, ou deux ? S'il n'arrivait pas à maintenir le niveau, ce pourrait être la pire émission de sa carrière et peut-être même signer la fin de celle-ci. Non ! Pas question qu'il laisse ça arriver ! Katsuki Bakugo ne ruinerait pas son émission ! Foi de Denki Kaminari !
Sortant de ses pensées, l'animateur remarqua le serveur, très moche au demeurant, toujours près de lui, le regardant bizarrement.
- Bzz, bzz, fit-il, accompagnant son geste de la main, comme s'il chassait une mouche.
Le serveur partit et Denki regagna son siège au premier rang, juste à côté de Katsuki. Et dire qu'il n'aimait même pas l'opéra !
Le serveur, chassé par Denki, se faufila entre les spectateurs, atteignant une porte cachée dans l'un des murs de la salle. Dès qu'il en franchit le seuil, Shigaraki agita la tête, reprenant son apparence habituelle. Avec un sourire digne des plus grands psychopathes, il regarda sa troupe, armée jusqu'aux dents, et annonça :
- Que la fête commence !
Les lumières dans la salle de concert se tamisèrent, plongeant progressivement la salle dans l'obscurité et le silence. Puis, les lourds rideaux grenat s'ouvrirent lentement, dévoilant la scène, la diva, et les vitres derrière elle laissant voir la planète Fhloston vue du ciel. Jiro Kyouka s'avança dans un silence digne des plus sépulcrales cathédrales, surprenant par son allure étrange. Bleue de la tête aux pieds, elle semblait vêtue d'une robe en caoutchouc, des sortes de tuyaux noirs reliant le bas de son dos à son cou, partiellement cachés par ses courts cheveux bruns aux reflets bleutés. Elle commença son récital, et sa voix mélodieuse s'envola, clouant chaque spectateur sur son siège, les hypnotisant par sa sublime clarté.
Dans la salle de contrôle, un appel brisa la quiétude du Capitaine. Ne pouvait-il donc pas savourer le concert en paix ? songea-t-il agacé.
- Capitaine ! l'informa son second. Un vaisseau en difficulté demande l'autorisation de s'arrimer.
Le Capitaine fit la moue. Il ne pouvait décemment pas laisser un appel de détresse sans réponse. Mais pas question non plus de prendre le moindre risque qu'un individu quelconque se tape l'incruste gratuitement dans l'hôtel de luxe.
- Mettez-le au garage et prévenez la sécurité, ordonna-t-il.
- Arrimage autorisé pour une heure.
Aux commandes de son vaisseau personnel, l'information fit sadiquement sourire Dabi qui souffla :
- C'est bien plus qu'il ne m'est nécessaire.
Voilà ! Ce n'était pas si difficile que ça d'accéder à ce foutu hôtel ! Mister Compress n'était qu'un incompétent. Il avait bien fait de s'en débarrasser.
Dans la suite de la diva, en attendant la fin du concert et le retour de cette dernière, Testsutetsu dégusta tranquillement quelques petits fours tout en discutant avec Momo, l'assistante personnelle de Jiro.
- Qui est-ce ? demanda-t-il quand on frappa à la porte.
- C'est du champagne pour la diva, lui répondit-on à travers le battant clos.
- Ah ! Il était temps !
Ravi, Tetsutetsu alla ouvrir la porte. Mais il eut à peine le temps de voir un homme, au teint verdâtre et aux cheveux violets, qu'une balle entre ses deux yeux le fit passer de vie à trépas. Affolée, Momo se leva de son fauteuil pour fuir, mais ne put faire que deux pas avant de subir le même sort que son camarade, son corps s'affaissant lourdement sur le tapis richement décoré.
Un sourire satisfait éclaira les traits de Spinner qui abandonna alors son apparence humaine pour reprendre celle habituelle. Dans son dos, Jin et Gigantomachia firent de même tout en pénétrant dans la suite. Il ne leur restait plus qu'à mettre la main sur ces fameuses pierres avant de rejoindre Shigaraki et le reste de la troupe. Sans aucune délicatesse, ils mirent la suite à sac, jusqu'à ce que Jin s'exclame, un coffre joliment ouvragé dans les mains :
- Ça y est, je l'ai trouvé !
Avec le sentiment du devoir accompli, les trois Mangalores tournèrent donc les talons pour quitter la chambre dévastée par leurs soins. Ils se figèrent, surpris, en voyant un jeune homme planté dans l'ouverture de la porte, les fixant d'un regard sombre et menaçant. Non mais c'était qui cet avorton ?se demandèrent-ils. Gigantomachia leva son arme, prêt à faire feu, mais avant qu'il ne puisse appuyer sur la détente, cette dernière quitta ses mains, envoyée en l'air par un fort coup de pied dudit avorton.
Depuis sa cachette dans le couloir, Izuku avait vu le serveur tuer le garde du corps de la diva. Il avait ensuite entendu un second coup de feu et vu deux créatures non humaines pénétrer dans la chambre. Il les avait alors rapidement reconnus. C'étaient eux ! C'étaient eux qui avaient attaqué le vaisseau Mondoshawan ! Eux qui avaient provoqué le crash et la mort de tous les occupants ! C'étaient eux qui avaient tué ses protecteurs ! Eux qui en avaient après les pierres ! Pas question qu'il les laisse s'en emparer !s'insurgea-t-il intérieurement.
Izuku n'avait pas peur. Seul face à quatre mercenaires lourdement armés et entraînés, il avait confiance en ses capacités. Et il avait parfaitement raison. Il ne lui fallut que quelques minutes pour neutraliser les Mangalores, les envoyant au tapis sans mal et sans être blessé. Il était rapide, agile et puissant ! Ces assassins n'avaient pas la moindre chance ! Et Izuku ne comptait pas leur en laisser.
Resté à faire le guet un peu plus loin dans le couloir, Mustard avait vu un jeune homme entrer dans la suite et avait ricané tout seul. Ce type allait se faire descendre si facilement ! Aussi fut-il particulièrement choqué quand il vit Spinner voler à travers la porte ouverte et atterrir, inconscient, dans le couloir. Devinant ses camarades en difficulté, il prévint Shigaraki et se précipita dans la chambre, juste à temps pour voir Gigantomachia s'effondrer.
Mustard pointa son arme vers la seule personne encore debout dans la pièce et tira. En quelques habiles pirouettes, cette dernière évita les balles et se jeta sur lui, le désarmant et l'envoyant rejoindre ses collègues dans les limbes de l'inconscience. Satisfait, Izuku vérifia d'un rapide coup d'œil qu'il n'y avait plus aucune menace en vue. Il était seul. Seul avec le coffre délicatement ouvragé contenant les précieuses pierres garantes de la survie de l'humanité.
Au moment où la diva terminait son récital sous un tonnerre d'applaudissements, Izuku se saisit du coffre, heureux de l'avoir facilement trouvé.
- Bravo ! Bravo ! Mes compliments ! s'exclama une voix railleuse dans son dos.
Izuku se retourna brusquement vers l'intrus, découvrant un homme aux courts cheveux noirs ébouriffés, vêtu d'un long manteau bleu, lui sourire faussement, son visage marqué d'horribles cicatrices se tordant étrangement.
- Merci d'avoir fait le sale travail. Malgré l'outil dont je dispose, sourit Dabi en montrant le DF One sur son bras, je n'aurai pas fait mieux. Envoyez donc les pierres !
Il braqua son arme vers le jeune homme entre lui et le coffre qu'il convoitait. Comme il l'avait prévu, ça avait été extrêmement simple de berner la sécurité pour pénétrer dans l'hôtel. Il n'avait plus qu'à récupérer les pierres et repartir. Le tout, en moins d'une heure ! Parfait !
Izuku analysa rapidement la situation. L'homme face à lui n'était pas fait du même moule que les Mangalores. Il était fourbe, sans pitié et sans honneur. Et son arme était bien plus perfectionnée que celles des mercenaires. Izuku allait devoir ruser pour l'avoir. Sans hésiter, il lança le coffre vers son agresseur et sauta pour atteindre la bouche d'aération présente dans le plafond au-dessus de lui.
Dabi réceptionna le coffre comme il put avec son seul bras libre et vit le jeune homme disparaître dans l'étroit conduit. Ah ! Il voulait jouer ? Dabi n'avait rien contre. Sans hésiter, il braqua son arme vers le haut et tira une salve continue de balles. Un rictus satisfait éclaira son visage peu avenant quand un gémissement douloureux se fit entendre. Ah ! Il avait fait mouche.
La brûlure à sa cuisse n'arrêta pas Izuku qui rampa dans le conduit d'aération comme il put, cherchant une issue pour prendre son agresseur à revers. Mais le bruit qu'il fit en se déplaçant indiqua à ce dernier sa position et Izuku n'eut d'autre choix que de se recroqueviller sur lui-même pour essayer d'éviter les dizaines de balles traversant le plafond pour l'atteindre. De multiples douleurs le firent geindre alors qu'il était touché à divers endroits, autant par les balles que par les éclats de la cloison qu'elles traversaient.
Quelques minutes plus tôt, au moment où les spectateurs du récital se levaient pour applaudir la diva, restés cachés dans l'une des arrières salles du hall d'accueil, Shigaraki reçut un appel de Mustard :
- Nous sommes tombés dans un piège, l'informa ce dernier.
- C'est la guerre ! rugit Shigaraki, fou de rage de savoir ses hommes en danger.
Rapidement, il répartit les rôles de chacun, sa troupe se divisant en deux groupes. Prenant la tête du premier, Shigaraki se précipita vers la capitainerie dans laquelle il pénétra, arme au poing en ordonnant :
- Personne ne bouge ! Nous prenons le contrôle du vaisseau ! Les mains en l'air !
Face à lui, le capitaine et ses hommes s'exécutèrent. Un prêtre brun, avec des lunettes, leva lui aussi les mains, dévoilant ainsi qu'elles étaient solidement menottées.
La dernière note s'évanouit dans le silence religieux de la salle. Katsuki cligna des yeux, sorti de l'état second dans lequel l'avait plongé la diva. Il n'y avait rien à dire, c'était bien plus beau en vrai que sur un disque de plus ou moins bonne qualité. Encore subjugué par la musique, il frappa ses deux paumes l'une contre l'autre en un applaudissement presque timide. Puis, il y alla plus franchement, se levant pour saluer l'artiste encore sur scène.
Denki l'imita, plus démonstratif, accompagnant ses applaudissements frénétiques de sonores "Bravo ! Bravo !". La salle entière se leva en une standing ovation qui émut sincèrement Jiro. Posant ses deux mains sur sa poitrine, elle salua son public, les remerciant silencieusement de leur chaleureux accueil. Les vivas emplirent la salle, couvrant à peine les battements enthousiastes de milliers de paumes claquant les unes contre les autres.
Soudain, des coups de feu résonnèrent, transformant les bravos en cris terrifiés. Au premier rang, Katsuki se retourna brutalement, tous ses sens en alerte. Les spectateurs paniqués sortaient de la salle sous les injonctions menaçantes d'un groupe de Mangalores armés jusqu'aux dents. De nouveaux coups de feu retentirent et Katsuki se baissa instinctivement pour éviter une balle perdue.
Près de lui, Denki l'imita, gémissant avec affolement :
- C'est affreux ! C'est atroce !
Un geignement dans son dos alerta Katsuki. Se retournant, il vit la diva s'effondrer sur scène, touchée au ventre. Tout en surveillant les faits et gestes des assaillants, il se précipita vers la cantatrice. Avec autant de douceur que possible, il l'attira vers lui, faisant glisser son corps inconscient de la scène au sol couvert d'une moquette rouge devant les sièges.
C'était quoi ce bordel ? Qu'est-ce que des Mangalores foutaient ici ? Et qu'est-ce qu'ils voulaient ? Et pour bien faire, il n'était pas armé ! Merde ! Jiro était évanouie, du sang noir s'écoulant abondamment de son abdomen blessé. C'était elle qui avait les foutues pierres que Katsuki devait récupérer ! Voilà ! Il le sentait depuis le départ que ça allait être une mission de merde ! Il le sentait putain !
Black Mist pressa les spectateurs paniqués de sortir de la salle de concert, les menaçant de son arme dont il n'hésita pas à se servir quand ceux-ci tardaient à lui obéir. Il jeta un rapide coup d'œil au reste de la pièce, constatant qu'elle était presque vide. Même cette bonne femme toute bleue qui se disait chanteuse n'était plus là. Parfait ! Avec tous les passagers pris en otages, Shigaraki allait avoir un argument de poids pour négocier avec le capitaine du navire-hôtel.
Livide, les poings serrés, tendu comme une corde sur un arc, Neito ne perdit pas une miette de l'émission de radio. Les coups de feu, les cris... L'hôtel était attaqué ! Et ce crétin de Denki Kaminari qui ne faisait que répéter en boucle que c'était affreux, atroce et de pousser des cris de banshee hystérique. Mais où était donc Katsuki ? Avait-il été touché ? Blessé ? Putain, mais que cet animateur de merde se rende un peu utile au moins et lui dise comment allait son pote ! Si Fhloston n'avait pas été aussi éloigné, il serait déjà en route pour le rejoindre et lui prêter main forte, ou le sortir de là, selon la situation.
Aizawa se frotta l'oreille, grimaçant sous l'acouphène persistant. Denki Kaminari avait une voix aiguë... Très aigüe ! Aizawa ne serait pas surpris que l'animateur ait réussi à lui percer un tympan. Et les bruits de mitraillettes n'arrangeaient rien. Il jeta un regard interrogateur à Kirishima qui, d'un signe de tête, lui assura que tout irait bien. Aizawa n'était pas totalement convaincu de la chose, malgré la confiance inébranlable que son Général semblait porter à Katsuki Bakugo.
La tasse tomba au sol où elle se brisa, dans l'indifférence totale de Mitsuki. Les deux mains tremblantes posées sur sa bouche, Mitsuki frémit d'horreur et d'inquiétude. L'hôtel était attaqué. L'hôtel dans lequel son bébé d'amour était ! Son fils chéri, sa chair, son sang... était en danger ! Son cœur de mère se serra d'angoisse, son esprit imaginant déjà le pire pour son si précieux Katsuki. Dire qu'il avait quitté l'armée pour ne plus se retrouver dans de telles situations. Que Dieu vienne en aide à son adorable petit garçon ! Sinon, elle enverrait elle-même Dieu en enfer !
Des hurlements terrorisés et le bruit caractéristique de pieds battants le sol en une course effrénée pour fuir et survivre résonnèrent dans les couloirs de l'hôtel, tous les clients cherchant désespérément une issue ou une cachette. Dabi sourit, amusé, en entendant le brouhaha. Son arme dans une main, le coffre dans l'autre, il regarda autour de lui, notant rapidement que le couloir était parfaitement vide de toute présence consciente.
Voilà qui allait grandement lui simplifier les choses pour repartir en toute discrétion. Il devina bien vite qui étaient les responsables de la situation. Les corps évanouis, ou morts (il n'avait pas vérifié et s'en moquait éperdument), des Mangalores dans la suite de la diva étaient de bons indices. Nul doute que Shigaraki et sa bande de bras cassés étaient dans la place et faisaient du grabuge.
- Je connais cette musique, dit-il pour lui-même. Changeons le rythme !
Oh oui, il allait faire d'une pierre deux coups ! Posant son arme, il sortit de sa poche une petite bombe qu'il colla sur la porte de la suite. Voilà ! Comme ça, il se débarrasserait des Mangalores et de l'autre idiot planqué dans le plafond, s'il était encore en vie. Il programma l'appareil, se laissant vingt minutes pour quitter les lieux et partit rapidement. Il n'avait pas de temps à perdre. Aussi petite soit-elle, cette bombe était assez puissante pour détruire une grande partie de l'hôtel. Et il ne tenait pas à être à proximité quand elle exploserait.
Recroquevillé sur lui-même, Izuku ne put retenir un sanglot douloureux quand il tenta de bouger pour sortir du conduit d'aération où il se trouvait encore. Il avait mal partout et il avait perdu trop de sang pour être capable de se relever seul. Il avait échoué à récupérer les pierres. Il avait échoué à accomplir sa mission. Et il voulait Katsuki. Il voulait que Katsuki vienne le chercher, le sorte de là, le sauve. Mais il n'avait même plus la force de l'appeler, ne savait même pas où il était. Izuku s'évanouit, l'image d'un grand blond aux yeux écarlates dansant sous ses paupières closes.
- Chers auditeurs, une chose épouvantable est arrivée ! Nous avons été attaqués !
Planqué derrière les sièges, Denki passa prudemment la tête par-dessus ceux-ci pour voir l'ensemble de la salle. Dans son dos, Katsuki s'occupait de la diva blessée, faisant pression sur la plaie béante de son abdomen pour essayer de faire cesser le saignement, sacrifiant sa veste pour ça. L'un des assaillants, encore présent dans la salle désormais presque vide, se tourna vers lui et Denki s'abaissa rapidement, ne laissant que ses yeux visibles au-dessus du dossier.
- Je ne sais pas qui sont nos agresseurs, souffla l'animateur terrifié dans son micro, mais il y en a partout. J'en vois un... Attendez ! Ce sont des guerriers. Ils sont horribles ! Ils ont des grandes dents, un grand front, des grandes oreilles et ils puent, c'est terrible !
Dans le quartier général, Eijiro fronça les sourcils en entendant la description des assaillants faite par l'animateur radio. Ça lui disait quelque chose... Levant soudainement les yeux vers le Président, il annonça sûr de lui :
- Des Mangalores.
Caché derrière les sièges, Denki fit une grimace de dégoût. Leurs agresseurs sentaient véritablement très mauvais et très fort. Il réprima difficilement un cri quand l'un d'eux sembla poser ses petits yeux vicieux sur lui. L'animateur radio s'aplatit sur le sol en espérant passer inaperçu.
- Si quelqu'un m'entend... Venez me chercher ! Je suis au premier rang ! sanglota-t-il, affolé.
Pendant que Denki transmettait ses impressions à l'ensemble de ses auditeurs, Katsuki appuyait fortement sur l'abdomen de la cantatrice, comprimant la plaie avec la seule chose qu'il avait sous la main : sa veste de costard. Voyant Jiro ouvrir les yeux, il se pencha vers elle et souffla :
- C'est le gouvernement qui m'envoie pour vous aider.
Jiro cligna difficilement des yeux, sentant ses forces la quitter malgré toute la bonne volonté du blond s'occupant d'elle. Son espèce étant dotée d'un pouvoir empathique, elle sut immédiatement qu'elle pouvait faire confiance à cet homme.
- Les pierres doivent lui être données, murmura-t-elle.
- À qui ? demanda le militaire blond.
- Au cinquième élément, précisa-t-elle faiblement.
- Le cinquième élément ?
- L'être suprême qui a été envoyé sur terre pour sauver l'univers, ajouta-t-elle, sentant l'incompréhension de son interlocuteur.
Cinquième élément... être suprême... Katsuki fronça les sourcils, un sentiment d'inquiétude affolée l'étreignant.
- Izuku ? souffla-t-il pour être sûr.
Son cœur s'emballa encore plus quand la diva hocha la tête. Izuku... Izuku était mêlé à tout ce bordel ! Izuku était en danger ! Il le sentait jusqu'au plus profond de ses tripes.
- Oui, soupira Jiro avec un imperceptible sourire. Mais il est plus vulnérable qu'il n'en a l'air. C'est de vous qu'il a besoin. De votre aide et de votre amour. Sinon, il mourra.
Elle n'avait pas le moindre doute. Cet homme aimait l'être suprême. Il pourrait le sauver, l'aider, l'aimer comme personne d'autre ne pourrait le faire. Elle pouvait partir en paix, le cinquième élément était entre de bonnes mains. L'humanité serait sauvée du mal absolu.
Les derniers mots de la chanteuse figèrent Katsuki sur place durant quelques secondes. De son amour ? Comment cette femme pouvait-elle savoir qu'il était amoureux d'Izuku ? Il allait lui poser la question quand il la vit s'évanouir. Merde ! Non ! Pas ça ! Pas maintenant !
- Non, non ! Restez avec moi ! ordonna-t-il en lui tapotant les joues.
Elle n'avait pas intérêt à crever maintenant, bordel ! Elle ne lui avait pas encore tout dit !
Bien plus haut dans l'hôtel, Izuku sanglota douloureusement dans son inconscience, appelant dans un souffle désespéré :
- Kat... suk... i...
Katsuki se redressa brutalement, regardant frénétiquement tout autour de lui. Izuku ! Il était sûr d'avoir entendu Izuku l'appeler ! Il avait l'air d'avoir mal ! Mais, il n'était nulle part en vue... Et l'ancien major ne pouvait pas partir à sa recherche maintenant. Priant pour qu'Izuku tienne le coup le temps qu'il arrive, il reporta son attention sur la diva.
Près de Katsuki, Denki surveillait avec épouvante les faits et gestes des mercenaires encore présents dans la salle. Ils évacuaient les derniers spectateurs, sans aucune douceur, grognant et agitant leurs armes. L'animateur voulait absolument partir d'ici ! Pitié, que quelqu'un vienne l'aider !
- Je vous en prie, insista Katsuki en frappant plus fort la diva inconsciente. Vous ne pouvez pas mourir, putain ! Écoutez-moi, bordel ! Revenez à vous !
Voyant Jiro papillonner des yeux, il ne perdit pas une seconde pour lui demander :
- Où sont les pierres ?
- Quoi ? souffla la cantatrice.
- Où sont les pierres ? répéta Katsuki avec urgence, bien conscient qu'elle ne tiendrait plus très longtemps. Ces foutues pierres ! Où sont-elles ?
- Elles sont... en moi, réussit à murmurer Jiro avant de rendre son dernier souffle.
- Quoi ? Quoi ?! Non, putain ! ragea Katsuki en comprenant qu'elle ne dirait plus rien, plus jamais.
Se foutant royalement du sort des occupants de l'hôtel, Dabi monta dans son vaisseau, le coffre sous le bras, très satisfait de lui-même.
- Si vous voulez quelque chose, faites-le vous-même ! fanfaronna-t-il avec arrogance.
Sans attendre, il fit décoller son appareil, quittant rapidement l'hôtel et la bombe qu'il y avait posée.
Il ne lui fallut que quelques minutes pour être hors du champ d'action de la future explosion. Passant son vaisseau en pilotage automatique, il s'empressa d'ouvrir le coffre, voulant s'assurer que les pierres tant convoitées étaient bel et bien là. Il referma le couvercle, un spasme nerveux le prit, un son entre le rire nerveux et le sanglot hystérique lui échappant.
- Elles ne sont pas là ! s'étrangla-t-il.
Il était tellement dans la merde !
- Oh mon Dieu ! Katsuki ! Oh la la ! pleurnicha Denki toujours planqué derrière les sièges. Katsuki ! Y'en a un autre qui approche ! Katsuki ! Allons-nous-en ! Faut pas rester là !
- Oui, oui, oui, voilà... une minute, grogna Katsuki les sourcils foncés. Donne-moi une putain de minute.
Si Denki pouvait se la fermer deux secondes, songea-t-il, cela lui permettrait de mieux réfléchir.
Le métal froid qui se posa sur sa nuque l'informa que l'un des mercenaires les avait trouvés et le braquait. Fait chier ! Du coin de l'œil, il vit Denki lever les mains en l'air en s'exclamant, paniqué :
- Je suis pas avec lui !
- Ta gueule ! tonna le Mangalore. Va avec les autres !
D'un geste vif et fluide, Katsuki fit basculer son agresseur par-dessus son épaule, le désarmant au passage et l'assommant. Il pointa le flingue sur le front du mercenaire inconscient et râla :
- J'ai dit une minute, putain !
Sans quitter des yeux son assaillant, il ordonna :
- Denki, tiens le en joue !
Puisqu'il était là, cet animateur à deux balles, autant qu'il se rende utile.
- En quoi ? balbutia Denki éberlué.
- En joue ! grogna Katsuki. Prends le flingue !
- Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse, tremblota Denki en s'exécutant lentement.
- Vas-y putain ! Prend le flingue, s'agaça Katsuki. Prends le, merde !
Tremblant de tous ses membres et couché au sol, Denki se saisit de l'arme, la maintenant posée sur le front du Mangalore inconscient.
- Voilà, l'encouragea Katsuki d'un ton sec. Tiens-le comme ça !
- Qu'est-ce que je dois faire ? demanda Denki quand la main de Katsuki quitta l'arme le laissant seul maître à bord.
Il n'avait jamais tenu une arme de sa vie, lui !
- Si jamais il bouge, tu appuies sur la gâchette, lui répondit Katsuki en se détournant pour se pencher vers le corps de la diva.
Appuyer sur la gâchette ? Denki sentit une sueur froide couler dans son cou et la tête lui tourner un peu. Appuyer sur la gâchette... Tuer un homme... Enfin, un truc moche et puant pour être plus exact... Lui n'avait même jamais tué une mouche ! Il avait des palpitations ! Il allait s'évanouir de terreur !
- Ah ? souffla-t-il, horrifié. C'est... C'est… je me sens pas très bien là... Katsuki ?
Mais Katsuki n'écoutait déjà plus le pauvre animateur à deux doigts de la crise d'angoisse.
- Elles sont en moi, réfléchit-il à voix haute tout en observant le corps décédé de la diva.
En elle ? Ok... Et il faisait comment pour les récupérer ces foutues pierres ? Le trou sanglant dans l'abdomen de la chanteuse attira son attention. Bon, c'était un moyen comme un autre, se résigna-t-il. Il avait fait bien pire que ça dans sa vie de toute façon.
Il plongea alors une main dans le ventre blessé, ne grimaçant même pas quand le sang gluant et les entrailles visqueuses recouvrirent sa peau. Du bout des doigts, il sentit quelque chose de dur et s'en saisit pour le sortir de l'abdomen de la diva. Un rictus satisfait étira ses lèvres quand il vit la pierre blanche et triangulaire dans sa paume. Parfait ! Ne lui restait plus qu'à sortir les petites sœurs !
- J'ai la migraine... Je fume jamais...
Les marmonnements angoissés de Denki cessèrent, l'animateur fixant avec une fascination morbide la pierre issue du ventre de la diva. C'était quoi ça ? Et pourquoi la chanteuse avait-elle ça dans le bide ?
- Denki, appela Katsuki.
L'animateur sursauta en criant, appuyant accidentellement sur la gâchette. Le bruit du tir et de la tête du Mangalore explosant sous l'impact firent grimacer Katsuki. Merde ! Ils allaient se faire repérer !
- Désolé, souffla Denki en effleurant du bout des doigts le haut du crâne de sa première victime. Pardon... pardon...
Il avait tué un homme... enfin un truc vert et visqueux... mais un être vivant ! Là, maintenant, tout de suite, Denki ne voulut plus qu'une seule chose : fuir ! Se tournant vers la seule personne pouvant l'aider, il demanda en tremblant à Katsuki :
- On va s'en tirer, tu crois ?
Il espérait sincèrement que oui. Dans le doute, et sans attendre de réponse, il jeta un coup d'œil par-dessus les sièges, voyant avec horreur l'un des mercenaires se tourner vers lui.
Sans prêter attention à l'affolement de Denki près de lui, Katsuki sortit rapidement trois autres pierres du corps de la diva, les enveloppant dans sa veste de costume tâchée de sang. Tout en nouant les manches ensemble pour ne pas risquer de perdre les précieuses pierres, il jeta un rapide coup d'œil par-dessus les sièges, apercevant les camarades du Mangalores se diriger vers eux.
- Katsuki... Oh mon Dieu, Katsuki ! s'apeura Denki. En voilà un autre qui arrive ! Oh merde ! Ils sont trois ! Katsuki !
Une main le saisit brutalement par le col, le tirant en arrière sans douceur, le faisant crier de terreur. Katsuki lui colla un morceau de tissus noir et sale dans les mains, et darda sur lui un regard dangereux.
- Je te conseille de veiller sur ces putains de pierres comme sur la prunelle de tes yeux si tu veux pas finir comme lui ! expliqua fermement Katsuki en désignant le cadavre du Mangalore près d'eux. C'est clair ?
- C'est Green, confirma Denki en hochant la tête, serrant avec force le paquet contre son torse.
- Super Green ? insista Katsuki.
- Super Green ! confirma Denki.
Oui, c'était clair ! Limpide même ! Denki serra encore plus fort la veste de costume contenant lesdites pierres, se promettant de ne les lâcher sous aucun prétexte. Il ne voulait pas finir avec le crâne explosé ! Il était trop beau pour ça ! Il suivit Katsuki entre les sièges, remerciant intérieurement sa bonne étoile de lui avoir collé un tel phénomène dans les pattes. Certes, Katsuki était à chier comme invité d'une émission de radio, mais en tant que garde du corps, il était parfait !
Aizawa fixa le Général Kirishima d'un œil noir et empli de reproches.
- Alors Général ? C'est ça que vous appelez une opération discrète ?
Eijiro déglutit nerveusement. Certes, pour la discrétion, Katsuki pouvait repasser. Mais, à sa décharge, il était en compagnie d'un animateur radio qui commentait tout en direct live, faisant profiter de ses impressions et du déroulement des évènements les milliards d'auditeurs qui suivaient l'émission. L'avantage, c'était qu'au moins, tout le monde savait ce qu'il se passait, y compris le Président.
Autre point à ne pas négliger, songea Kirishima : les Mangalores avaient attaqué sans prévenir. Aizawa ne pouvait pas accuser Katsuki d'être responsable de la situation. Eijiro trouva que justement, son ancien élève s'en sortait sacrément bien vu le bordel que cela semblait être dans l'hôtel. Et puis, Katsuki n'était pas un débutant ! Eijiro avait toute confiance en lui.
- Ne craignez rien, dit-il d'un ton rassurant au Président. Je connais mon homme. Il va calmer le jeu.
Si toutes personnes possédant une radio pouvait entendre ce qu'il se passait à Fhloston Paradise, Katsuki n'avait lui aucun moyen de savoir ce qui se disait au Quartier Général. Et contrairement à ce que venait d'assurer Kirishima, il n'avait nullement l'intention de calmer le jeu. Enfin si... Mais à sa façon. Ce fut donc l'œil noir et l'arme au poing qu'il sortit de la salle de concert, tirant sans sommation aucune sur les Mangalores présents dans le hall d'accueil.
Voyant deux d'entre eux diriger vers lui une énorme arbalète et la flèche, impressionnante, qui allait avec, Katsuki fit craquer sa nuque en un tic nerveux.
- Ok, souffla-t-il.
Ces abrutis voulaient jouer ? Aucun problème, il était leur homme ! Tout en tirant à tout-va sur les mercenaires, Katsuki piqua un sprint et sauta par-dessus une rambarde, atterrissant plus bas dans le hall et surtout derrière un bar. Là, il était abrité ! Qu'ils y viennent avec leur flèche de merde ! Katsuki les attendait de pied ferme !
Sur le balcon que Katsuki venait de quitter, Denki rampa hors de la salle de concert, la veste renfermant les pierres soigneusement tenue dans sa main. Observant, affolé, tout autour de lui, il souffla dans son micro, toujours accroché devant sa bouche.
- Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! Mesdames et Messieurs, chers auditeurs... C'est incroyable !
Il n'avait pas les mots tant la situation lui semblait terrible.
En contrebas, il vit le hall d'accueil où se terraient tant bien que mal quelques spectateurs n'ayant pas pu quitter l'endroit assez vite. Les Mangalores armés jusqu'aux dents les menaçaient et paraissaient bien décidés à les garder là. C'était une véritable scène de guerre.
Voyant deux d'entre eux diriger une énorme arbalète vers un bar, Denki se tordit le cou pour voir ce que les mercenaires visaient. Il blêmit en voyant Katsuki planqué derrière le meuble en bois laqué, cherchant visiblement quelque chose autour de lui. Les attaquants tirèrent une grosse flèche qui pulvérisa le bar à quelques centimètres de Katsuki.
- Oh mince ! se catastropha Denki. Katsuki Bakugo... Mon Katsuki Bakugo a des problèmes !
Katsuki grimaça quand des éclats de bois déchirèrent sa chemise, éraflant sa peau au passage. Heureusement que la flèche n'était finalement pas explosive, sinon il serait salement amoché. Au milieu des gravats l'entourant, il chercha frénétiquement son flingue qu'il avait perdu lors de son saut dans le vide. Quel con ! Voilà ce que c'était de vouloir jouer les bons petits soldats quand on n'avait pas combattu plus dangereux qu'un ou deux camés pendant trois ans.
Un éclat attira son regard et il soupira de soulagement. Il avait retrouvé son arme. Bon, ce n'était peut-être pas la sienne, celle-ci étant sagement restée dans sa chambre, mais elle ferait l'affaire. Le seul hic, c'était qu'elle était à plusieurs mètres, l'obligeant à sortir à découvert, sous le feu nourri des Mangalores. Lesquels étaient déjà en train de recharger leur arbalète et sûrement de chercher à le prendre à revers.
Apercevant un blond, habillé comme un noble des temps anciens, tout près de la précieuse arme, Katsuki l'interpella, se souvenant heureusement de son nom.
- Yuga ! Yuga !
Voyant ledit Yuga lever les yeux vers lui, Katsuki se dit qu'il ne devait pas être aussi sourd que le prétendait Denki.
- Le flingue ! Le flingue ! lui indiqua Katsuki en pointant du doigt l'objet de son désir. Envoie-le ! Le flingue !
Yuga sembla comprendre ce qu'il voulait, regardant dans la direction indiquée par Katsuki. Une nouvelle flèche obligea Katsuki à reculer un peu plus derrière le comptoir. Putain ! S'il pouvait se magner le cul ce blond endimanché, Katsuki lui en serait éternellement reconnaissant.
- Oui ! C'est ça ! Le flingue, oui !
À quelques mètres de lui, Katsuki vit Yuga prendre un truc et le lui envoyer en le faisant rouler au sol. Ok... Katsuki n'avait rien dit... Cet abruti de Denki avait raison. Yuga était sourd comme un pot. Blasé, il regarda Yuga lui sourire, visiblement très content de lui, puis les deux boules de billard ayant roulé jusqu'à lui. Sourd et débile ! La totale !
- Merci Yuga, ironisa l'ancien Major.
Qu'est-ce qu'il allait foutre avec ça hein ? Les balancer à la gueule des Mangalores ? Sûr que ça leur ferait une belle bosse... mais à part ça...
Une ombre le surplomba brutalement et Katsuki leva les yeux, tombant sur l'un des mercenaires le visant avec son arme. Bon, il allait devoir improviser. Levant les mains en l'air, il prit son air le plus innocent et cria :
- Non ! Non ! Attendez ! Putain ! Ne tirez pas ! Y'a erreur ! Ne tirez pas, merde ! Je ne suis pas armé !
- Debout ! ordonna le Mangalore en agitant son arme.
- Je vous assure ! Y'a erreur ! Je suis pas armé ! assura Katsuki en se levant, cherchant des yeux une solution pour se sortir de là.
Tournant sur lui-même, les mains toujours en l'air, il poursuivit :
- Je suis en vacances. Vous faites erreur ! Ne me tuez pas ! Je vous en prie !
Putain, il espérait que Denki était trop loin pour que sa voix ne passe pas à la radio, sinon Neito allait se foutre de sa gueule pendant des plombes ! "Ne me tuez pas", merde ! Il se faisait pitié tout seul !
- J'ai gagné... le grand concours de... Gémini Croquettes... Dix jours à Fhloston Paradise, continua-t-il cependant, plus concentré sur l'analyse rapide de son environnement que sur ce qu'il disait réellement.
Il termina son tour sur lui-même et se retrouva à nouveau face à celui qui l'avait pris à revers.
- Descends ! lui ordonna ce dernier.
Sur le balcon, Denki rampa laborieusement vers le bord, soufflant à ses auditeurs :
- Je vais essayer... Je dis bien essayer... d'aller voir ce qui se passe de plus près.
Par dessus le rebord, il découvrit Katsuki en contrebas, en train de tourner sur lui-même, les mains en l'air, menacé par une bonne dizaine de révolvers.
- Oh merde ! pleurnicha-t-il.
Comment allaient-ils s'en sortir si Katsuki se faisait prendre ? Ils allaient tous mourir ! Un discret geste de Katsuki le fit tiquer. C'était quoi ça ? Katsuki recommença, agitant discrètement l'une de ses mains levées tout en lui jetant un regard équivoque.
- Oh mon Dieu ! souffla Denki. Mais il me...
- Descends ! répéta Black Mist à l'attention du blond qu'il tenait en joue.
Mais Katsuki ne semblait pas décidé à lui obéir, restant debout là où il était, sa main s'agitant encore, ses yeux passant de Denki au Mangalore et du Mangalore à Denki.
- Il me fait des signes ! comprit soudainement Denki aussi excité qu'affolé à cette idée. Je crois que c'est pour moi !
Si Denki se fiait au mouvement de poignet de son invité, celui-ci voulait qu'il se décale sur la droite. Mais pourquoi ?
- Je te dis de descendre ! vociféra Black Mist.
Comprenant qu'il ne pouvait plus attendre avant de s'exécuter, sous peine de se retrouver criblé de balles, Katsuki hocha la tête et s'avança d'un pas pour sortir de derrière le bar. Il jeta un ultime coup d'œil vers Denki, voyant celui-ci enfin glisser sur la droite. Parfait, cet abruti décoloré avait finalement pigé sa demande muette.
Si Black Mist n'avait pas été aussi concentré sur le grand blond devant lui, il aurait peut-être pensé à regarder ses pieds et aurait donc pu anticiper la suite. Hélas pour lui, il ne le fit pas. Katsuki sortit de derrière le bar, escaladant les gravats pour ce faire, et sauta au sol. Ou plus précisément sur une grande planche. Planche sur l'extrémité de laquelle se trouvait le mercenaire.
Telle une bascule, le bout de planche sur lequel atterrit lourdement Katsuki descendit brutalement, l'autre bout se relevant tout aussi brusquement. Black Mist s'envola et sa tête traversa le sol du balcon au-dessus de lui. Denki hurla comme un hystérique quand une affreuse tête verdâtre surgit soudainement à quelques centimètres de la sienne. Black Mist tira à tout-va, touchant sans le vouloir certains de ses camarades, mais ratant Katsuki qui s'était rapidement mis à l'abri.
Denki tapa frénétiquement sur la tête du mercenaire, voulant le faire tomber pour ne plus voir son horrible faciès et sentir son odeur nauséabonde. Il finit par s'appuyer sur le crâne de tout son poids, réussissant enfin à faire descendre d'un étage la puanteur sur patte.
- Pardon... Excusez-moi, cria-t-il à travers le trou laissé par le mercenaire.
Mais Black Mist ne répondit pas, gisant inconscient au sol.
Katsuki ne perdit pas une seconde pour s'emparer de l'arme de l'assaillant évanoui et la retourner contre les petits potes de l'endormi. Il visa et toucha les deux Mangalores derrière l'arbalète géante, un rictus satisfait étirant ses lèvres quand il les vit tomber. Voilà, un gros souci en moins ! Restait à trouver comment se débarrasser rapidement des autres pour sortir de là et retrouver Izuku. Oh... Et il ne fallait pas qu'il oublie Denki et les pierres.
Passant prudemment la tête dans le trou au sol, Denki appela discrètement, oubliant qu'il avait un micro à quelques millimètres de sa bouche et était donc parfaitement audible par tous ses auditeurs.
- Katsuki ! Katsuki ! Où es-tu ?
Ne voyant pas le grand blond, il releva la tête, s'affolant en voyant plusieurs Mangalores venir vers lui.
- Oh merde ! Oh mon Dieu ! trembla-t-il en direction du trou les yeux rivés sur les mercenaires. Katsuki, ils arrivent ! Y'en a qui arrivent !
Détournant son attention des assaillants, il vit à travers l'orifice du sol, Katsuki se pencher pour prendre un truc sur le corps inerte de Black Mist.
- Katsuki ! appela-t-il avec désespoir.
Ses yeux dorés s'écarquillèrent largement quand son invité releva la tête et pointa son arme droit sur lui.
- Ne bouge pas ! ordonna Katsuki.
- Pourquoi ? s'affola Denki qui ne comprenait pas ce qu'il avait bien pu faire pour se retrouver menacé d'une mort imminente par Katsuki lui-même.
Bien évidemment, il ne reçut aucune réponse à part une pluie de balles dont les impacts l'encerclèrent.
Bien qu'il n'ait jamais été un élève brillant à l'école, Denki comprit rapidement ce qui allait lui arriver dans très peu de temps. Les balles avaient traversé le sol tout autour de lui, le fragilisant grandement. Il allait donc tomber... Il hurla de terreur quand le sol céda sous son poids et l'emporta avec lui un étage plus bas. Son atterrissage, à plat ventre, lui coupa le souffle et la chique, pour le plus grand bonheur de ses auditeurs qui souffraient tous d'acouphènes à cause de ses cris de fillettes, mais qui ne perdaient pas une miette de la retransmission.
Levant les yeux, Denki constata qu'il était juste à côté de Katsuki, lequel examinait entre ses mains une tige avec une boule à son extrémité. Un rictus satisfait étira les lèvres de l'ancien militaire quand des piques sortirent de la boule jusqu'alors parfaitement lisse.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Denki ne voyant pas à quoi l'objet pouvait bien servir.
- Compte jusqu'à dix, ordonna Katsuki en lançant la tige vers le plafond du balcon au-dessus d'eux.
L'objet se ficha dans le balcon, et Denki n'eut pas le temps de finir son début de question que Katsuki le tira à sa suite vers une table de billard. Les voyant bouger, les Mangalores sur le balcon leur tirèrent dessus sans parvenir à les toucher.
- Katsuki, explique-moi ! supplia Denki, s'accrochant à la barre transversale de la table sous laquelle ils étaient cachés.
- Tais-toi et compte ! grogna Katsuki en commençant à pousser la table, celle-ci étant heureusement montée sur des roulettes.
- Un... Deux... Trois...
Tout en comptant à voix haute, hurlant de plus en plus fort, Denki aida Katsuki à pousser la table sous laquelle ils s'étaient réfugiés vers la sortie du hall sous les tirs nourris des Mangalores.
- Neuf !
Une impressionnante explosion retentit dans leurs dos, faisant tomber le balcon et les derniers mercenaires s'y trouvant, écrasant ceux ayant eu l'idée d'en descendre pour poursuivre les fuyards.
Katsuki sortit de sous le meuble, laissant Denki hurler à s'en arracher les cordes vocales. Il roula des yeux en entendant l'animateur haleter bruyamment pour reprendre sa respiration avant de hurler à nouveau. Et de recommencer le même manège. Katsuki était presque tenté de voir combien de fois il ferait son cinéma avant de se rendre compte qu'il n'y avait plus de danger, tous les attaquants ayant été neutralisés. Mais l'ancien militaire n'avait pas le temps d'attendre que l'animateur se calme, aussi se contenta-t-il de lui adresser un signe lui signifiant de venir. Denki sortit finalement de sous la table, se taisant devant le hall dévasté et en ruines.
- Dix, sourit Katsuki narquois, recevant un regard halluciné d'horreur et tremblant de reconnaissance de Denki.
Dans son vaisseau spatial, Dabi enragea :
- Et voilà ! Je suis très désappointé !
Il avait été obligé de faire demi-tour ! Heureusement qu'il avait prévu large pour le timing de la bombe, sinon il aurait perdu les pierres tant convoitées. Selon ses estimations, il devait rester dix minutes avant l'explosion. Cela lui laissait le temps de revenir sur le vaisseau et de désactiver la bombe. Ensuite, il pourrait chercher ces satanées pierres !
- Katsuki, qu'est-ce que tu cherches ? demanda Denki en suivant au pas de course ledit Katsuki dans les couloirs vides de l'hôtel, la veste noire contenant les pierres toujours bien serrée dans ses bras.
- La salle de contrôle, répondit Katsuki en tournant sans ralentir dans un couloir.
Et il avait d'excellentes raisons de chercher ladite salle.
Premièrement, il était très possible que des Mangalores y soient. Ce serait logique qu'ils essayent de prendre le contrôle du vaisseau. Deuxièmement, c'était là que se trouvaient les écrans des caméras de surveillance. Grâce à eux, Katsuki espérait bien retrouver Izuku. Dieu seul savait où celui-ci était passé et dans quel état il était. Intérieurement, Katsuki pria tous les Dieux qu'il connaissait pour qu'Izuku soit sain et sauf et en sécurité.
À plusieurs mètres devant lui, un corps vêtu d'une marinière vola à travers une porte pour s'écraser dans le couloir. Rejoignant rapidement l'endroit, Katsuki entendit clairement des cris et des bruits de mitraillettes.
- C'est là, annonça-t-il platement.
- Non, non... à côté, assura Denki en tentant de s'enfuir.
Mais une main agrippant le col de sa combinaison moulante le retint solidement.
- Allons-y, décréta Katsuki en passant la porte ouverte.
En quelques pas, le chauffeur de taxi traversa la pièce dans laquelle se trouvaient des membres du personnel blessés. Voyant un homme vêtu en marin près de la porte ouvrant sur la capitainerie, il s'en approcha vivement, se plaquant contre le mur à ses côtés, Denki le suivant à la trace.
- C'est vous le responsable de la sécurité ? demanda Katsuki au marin.
- Oui, avoua ce dernier en tremblant et les yeux affolés.
Ok, songea Katsuki, il n'avait pas affaire à un pro. Au moins, il semblait savoir tenir son arme, ce qui était déjà un bon point. Et, il était suffisamment intelligent pour rester à couvert. Deux bons points.
- Dites-moi, ils sont combien là-dedans ? reprit-il en désignant la capitainerie d'où sortaient des bruits de coup de feu et des cris.
- Je... je sais pas, avoua piteusement Koda.
Un mauvais point, songea Katsuki. Décidant de prendre les choses en main, il poussa doucement Koda, prenant peu à peu sa place près de la porte. Puis, il souffla :
- On va les compter alors.
Il passa rapidement la tête dans l'ouverture, juste le temps de se faire une idée de la situation à l'intérieur. Cette fois, il pouvait prendre deux secondes pour réfléchir à la manière la plus simple et rapide de régler ce nouveau bordel. C'était écrit qu'il attirait les emmerdes, putain !
- Sept à gauche, cinq à droite, annonça-t-il.
Sans laisser le temps à Koda ou Denki de dire quoi que ce soit, il tendit le bras et tira dans le tas, restant autant que possible à couvert derrière le mur. Il reprit ensuite sa place, plaqué contre la cloison, au moment où les assaillants ripostèrent.
- Quatre à droite et deux à gauche, souffla-t-il.
Encore un coup comme ça et ce serait réglé.
Koda fixa admiratif l'homme qui venait de descendre la moitié des Mangalores à lui tout seul en quelques secondes quand toute son équipe n'avait pas réussi à en neutraliser un seul après de multiples tentatives.
- Il faut trouver le leader, lui dit l'homme en question. Les Mangalores ne se battront pas sans lui.
Oh ! Et en plus, il semblait être connaisseur dans les mœurs et coutumes des espèces extra-terrestres ! Koda se dit que plus tard, il voulait être comme lui !
Dans la capitainerie, Tenya n'en menait pas large. Après avoir été appréhendé à son arrivée, il avait été menotté et amené ici, devant le capitaine et le chef de la sécurité. Et alors qu'il essayait tant bien que mal d'expliquer sa situation particulière et pourquoi il avait été dans l'obligation de voyager clandestinement, une alerte était parvenue, annonçant une attaque dans le hall et la salle de concert.
Bien évidemment, le chef de la sécurité était immédiatement parti voir de quoi il était question au juste. Puis, quelques secondes après, des mercenaires avaient débarqué, armes aux poings, annonçant prendre le contrôle du vaisseau. Et depuis, il était là, planqué comme il pouvait derrière un bureau, à essayer d'éviter de se faire toucher par une balle perdue.
Il lui semblait avoir aperçu Katsuki Bakugo à la porte, mais ça avait été si rapide qu'il n'était pas sûr de lui. Mais si Monsieur Bakugo était là, où était Izuku ? Avec lui ? Ailleurs ? Et les pierres ? Où étaient-elles ? Il fut brutalement sorti de ses pensées soucieuses par une poigne forte le saisissant par le cou et le redressant. Sentant le froid métallique d'une arme sur sa tempe, Tenya leva instinctivement les mains en signe de reddition, de pitié ou de paix, il ne savait plus vraiment lui-même.
Shigaraki rugit, furieux :
- Cessez le feu ! Sinon, nous exécuterons les otages !
- Ça c'est le leader, conclut Katsuki de l'autre côté de la porte.
- Envoyez quelqu'un pour négocier ! exigea Shigaraki.
Il ne serait pas dit qu'il ne laisserait pas une chance à ces pitoyables humains de s'en sortir sans trop de pertes. C'était une question d'honneur !
Sentant le regard interrogateur de Katsuki sur lui, Koda bafouilla :
- J'ai... j'ai... j'ai... jamais... négocié... Jamais !
Non, il n'avait jamais appris à négocier et le regrettait un peu maintenant. Mais avec de la chance, ce grand gaillard blond saurait faire ça aussi.
- Ça vous dérange pas que j'essaye ? proposa justement Katsuki.
- Du tout ! assura Koda, infiniment soulagé.
Il savait faire ça aussi ! Cet homme était merveilleux ! Haussant la voix pour être entendu par les assaillants, Koda répondit à Shigaraki :
- On... On vous envoie un homme pour négocier !
D'un geste de tête, il remercia Katsuki qui lui fit un drôle de rictus, presque un sourire. Oui, se jura Koda, il voulait devenir aussi fort et compétent que cet homme-là.
Il se pencha pour suivre Katsuki du regard qui entra dans la pièce, sa main agrippant toujours son arme cachée dans son dos. Koda repéra le mercenaire tenant en joue le prêtre. Mais avant même que le preneur d'otage ne puisse dire quoi que ce soit, il se prit une balle entre les deux yeux, tombant lourdement au sol. Son bras armé tendu devant lui, Katsuki jeta un rapide coup d'œil dans la pièce tout en demandant :
- Personne d'autre ne veut négocier ?
- Où... Où... est-ce qu'il a... appris à... négo... négocier ? souffla Koda admiratif, interrogeant Denki du regard.
Ce dernier haussa les épaules, signifiant ainsi son ignorance sur la question.
- On se le demande, grogna Aizawa en dardant un regard noir sur le Général Kirishima qui eut le bon ton de prendre l'air penaud.
Bon, ok, Katsuki n'était pas un négociateur très diplomate. Pas un négociateur du tout même. Mais, l'objectif était atteint non ? Par la radio, Eijiro et le reste du personnel présent dans le quartier général purent entendre les Mangalores se rendre et le calme revenir.
L'attaque était terminée, le pire était passé.
À suivre...
Commentaire de l'auteure : Pfiou ! J'ai cru que je ne m'en sortirai jamais avec ce chapitre ! Pour être tout à fait honnête, au début, je devais le terminer plus loin dans l'intrigue... mais quand j'ai vu la longueur qu'il atteignait, j'ai décidé de couper là, pour équilibrer un peu la taille des chapitres.
Alors ? Votre avis ?
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Pendant que Lili souffle et se prépare à écrire la suite, qui s'annonce toute aussi corsée à goupiller, Koda fixe avec admiration un Katsuki blasé.
- Sérieusement, grogne le blond. Y'a déjà Deku ! Pas besoin d'en rajouter hein !
Sous le regard totalement désabusé du blond explosif, Deku et Denki rejoignent Koda dans sa contemplation admirative :
- Quand je serai grand, je veux être comme lui, souffle Koda.
- Moi aussi, confirme Deku avec emphase.
- Carrément, renchérit Denki.
- On a le même âge, bande de tocards dégénérés ! vocifère Katsuki agacé.
Depuis son sac de couchage, Aizawa ricane moqueusement, mais s'arrête net en remarquant que sa petite Eri fixe, elle aussi, son élève blond avec admiration.
- Quand je serai grande, je me marierai avec lui ! assure-t-elle.
- PAS QUESTION !
Surpris, Aizawa fixe Izuku qui vient de crier en même temps que lui. Se tournant vers son élève le plus problématique, il grogne :
- Ben, dépêche-toi de l'épouser avant que ma fille soit assez grande pour te le piquer !
Katsuki juge plus prudent de partir en courant, laissant Izuku et Aizawa débattre de son futur mariage et surtout de qui sera l'heureux ou l'heureuse élu(e). Il a dix-sept ans bordel ! Il a encore tout le temps du monde pour penser à ça ! Déjà que Lili le colle systématiquement dans les bras de Deku, si son prof et ses potes pouvaient éviter d'en rajouter, il apprécierait. Cependant, il est très fier de ses talents de négociateur, qu'il réemploiera sûrement à l'occasion. Une balle entre les deux yeux, ça c'est de la bonne négociation !
Dans le prochain chapitre : Où Tenya rejoindra le fan club de Katsuki, où Denki hurlera encore, où Dabi sera toujours désappointé, et où Izuku jouera si bien le rôle de la princesse en détresse.
