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Bonus 2 :

Un nouveau cycle

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Résumé : 500 ans sont passés depuis le Jugement de Médée. Le monde est en paix, développant magie et technologie. Cependant, un nouveau danger menace l'équilibre tant mérité. Serpentaire a pour mission de choisir deux nouveaux élus qui accompliront un nouveau changement. Deux jeunes femmes doivent faire leurs preuves.

PS : les dialogues sont en grecs car l'histoire se passe en Grèce. Disons que nos deux personnages principaux sont grecs.

En italique : ils parlent fourchelangue.

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Partie 1 :

Lysandre possédait une étrange conception de la réalité : elle voyait le monde en chiffre. Pour elle, tout était bon à calculer, à démontrer. Aucune action humaine, animale, magique ne pouvait être incohérente. Ces actions suivaient une suite logique permettant d'expliquer la cohérence, la construction du monde, de l'univers. L'improbabilité n'existait pas. Tout pouvait être calculé. Prouvé. Démontré.

Des linguistes malintentionnés pourraient se moquer de ses pensées, lui pointer du doigt que le fonctionnement des langues anciennes et récentes ne pouvait pas être démontré par de simples théorèmes. Lysandre leur prouverait le contraire. La construction d'une langue suivait également une suite logique : certains mots se formaient selon la phonétique d'un son. On disait bien qu'un chat miaulait car il faisait « miaou ». Lysandre sentait qu'elle avait raison : on pouvait expliquer les langues par des théorèmes scientifiquement prouvés.

Mêmes les disciplines les plus métaphysiques se formaient autour d'une telle suite logique. Lysandre pouvait l'attester. Le destin, semblant si flou, impossible à prévoir, pouvait être anticipé par des voyants, des prophètes ou par des liseurs de temps. Souvent, Lysandre apercevait ces voyants ou prophètes faire des statistiques, des probabilités afin qu'ils puissent comprendre leurs visions et prophéties dans l'espoir d'anticiper le futur.

Tout était prévisible.

A quoi bon parler et créer des quiproquos lorsque les chiffres avaient toujours raison ? Lysandre n'aimait pas parler. Elle préférait se taire et observer dans un coin d'une pièce. Son hobby ? Prévoir les actions de chaque individu se trouvant sur son champ de vision. Contrairement au reste de sa famille, elle n'était pas une voyante ou une prophète, ni même une liseuse de temps. Elle n'avait aucun pouvoir lui permettant de prédire le futur et pourtant…pourtant elle pouvait prévoir chaque mouvement, chaque parole rien qu'avec des chiffres, des probabilités.

Lysandre avait presque toujours raison, si ce n'était toujours. Elle calculait les probabilités de tout et n'importe quoi. Grâce à son talent pour les chiffres, elle avait un métier bien tranquille. Elle travaillait, en tant que stagiaire rémunérée, pendant qu'elle préparait son master d'ingénieur magique, pour une entreprise de loto spécialisée dans les courses de voiture magique.

Son téléphone sonna. Lysandre soupira, se désintéressant de la télé (la voiture n°7 allait gagner, selon ses calculs). Elle fronça des sourcils. C'était sa mère. Vraiment ? Elle ne pouvait pas la laisser tranquille dans son coin ? Elle décrocha.

« Maman ? » Demanda-t-elle sobrement, laissant son regard glisser vers la vitre.

Il y avait un beau ciel bleu. Mais le vent n'était pas favorable. Il y avait 56% de chance qu'il se mette à pleuvoir d'ici une heure, 68% d'ici deux heures, 100% d'ici la fin de la journée.

« Lysandre ! » S'écria la voix agacée de sa mère. « Tu m'as promis que tu ferais ton stage dans un cabinet d'astronomie ! Et j'apprends quoi ? Que t'es dans une entreprise de loto ! Et j'apprends ça par ta sœur ! Tu n'as pas honte ? »

« Désolée de décevoir, maman. » Répondit calmement Lysandre, habituée par les colères de sa mère et par la jalousie de sa sœur. « Mais la voyance, c'est pas mon truc. Je suis incapable de lire le futur dans les étoiles. »

« Raison de plus pour t'investir dans l'astronomie et l'astrophysique ! » S'époumona sa mère. « Travailler dans un tel labo te permettra d'aider ta sœur à mieux comprendre ses visions. »

« Oui, maman. » Lysandre remarqua que la voiture n°7 était en tête, comme prévu.

« J'espère te retrouver dans le labo que je t'ai recommandé d'ici la semaine prochaine. » Et sa mère raccrocha.

Lysandre soupira et ferma les yeux pendant quelque instant. C'était l'une des raisons pour lesquelles elle détestait parler : évoquer ses sentiments, c'était complexe. Dans sa famille, tout le monde était voyant. Tous, sauf elle. Les Lovegood étaient une famille de voyants très réputée, de véritables prodiges dans leur matière. Plusieurs de leurs membres étaient devenus Pythie de Delphes. Et elle, elle était le vilain petit canard. Pas qu'elle n'était pas aimée par sa famille, au contraire, mais c'était compliqué de vivre avec des voyants qui ne comprenaient pas pourquoi elle se foutait du futur et aimait les chiffres. Ils ne comprenaient pas comment il était possible de prédire les actions des personnes rien qu'avec des probabilités, sans passer par la magie. Parfois, les gens la prenaient pour une vraie voyante, au désespoir de sa petite sœur, l'héritière de la famille, fière de son talent. Lysandre aimait sa sœur mais elle était immature (elle n'avait que 10 ans, cette pauvre enfant). Mais Lysandre avait 19 ans, très intéressée par les jeux d'argent. Elle voulait créer son propre casino, un jour.

« Miss Lovegood ? » Son maître de stage l'appela, bien embarrassé. « Votre mère nous a contactés et…comment dire ? Je suis désolé. »

« Ce n'est rien, je m'y attendais. » Soupira à nouveau Lysandre. « Merci de vous être occupés de moi pendant ces quelques jours.

Finalement, elle devait bien suivre un stage qu'elle n'aimait pas tout simplement car sa mère, l'actuelle Pythie de Delphes, voulait qu'elle aide sa sœur à déployer son talent de voyante avant qu'elle n'entre à l'école de voyance de Delphes. Elle se leva pour sortir, ses affaires dans son sac à dos. En sortant elle entendit le présentateur télé annoncer que la voiture n°7 venait de gagner.

Comme prévu.

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« …et c'est par ce léger mouvement de la flamme que nous pouvons nous maintenir dans un état d'hypnose suffisant pour recevoir une vision en toute sécurité. » Mylène termina son exposé pour valider son année.

Mylène observa son jury, composé d'une série de visages impassibles, avec un intérêt caché par son grand sourire enthousiaste et poli. Elle ne devait certainement pas montrer qu'elle rêvait que son projet de fin d'année soit accepté. S'il l'était, elle pourrait entrer dans la formation qu'elle voulait ! L'école de Delphes offrait tellement de choix mais Mylène était tout simplement obsédé par une seule formation : celle de la voyance à travers les étoiles. Elle rêvait de devenir comme la célèbre lectrice des étoiles, Trynda la Shaman. Cependant, cette formation était très complexe : les étoiles étaient des astres en perpétuel mouvement. Mylène devait être major de sa promotion afin d'être sélectionnée. Pour cette raison, elle avait conçu son projet de fin d'année sur un sujet novateur.

« Miss Oikonomou, votre sujet est intéressant. » Commença une Créature que Mylène ne pouvait identifier, bien trop stressée. « Utiliser le feu comme médium afin de déclencher automatiquement des visions plutôt que d'attendre de les subir est une idée me semblant encore un peu abstraite mais prometteuse. » Mylène sourit, s'empêchant de sauter de joie. « D'où vous vient cette idée ? »

« Je viens d'une famille vénérant le culte des Etoiles. » Expliqua Mylène, rapidement.

Le culte des Etoiles était une sous-branche du culte de Médée. Pourquoi ne pas vénérer les Etoiles ? Le lieu d'origine de leur Mère ? Mylène avait une fascination pour les étoiles, pour le feu en général. Elle rêvait de mettre son don de voyance au service des astrophysiciens et astronomes qui cherchaient la vie en dehors de la Terre. Raison pour laquelle elle voulait absolument suivre cette formation en particulier, se sentant plus proche des étoiles.

« J'observe et je Vois des choses dans le ciel que ma famille ne peut expliquer. Je me sens proche du feu, de sa chaleur. J'ai l'impression de le comprendre, de me perdre dans ses mouvements, de déclencher mes visions lorsque je le souhaite. » Continua la jeune femme de 19 ans.

La famille de Mylène étaient des exploitants agricoles, notamment d'oliviers, en Crête. Elle était une hybride, mi-satyre, mi-humaine, très liée à la nature. Souvent, elle retrouvait sa famille et ses amis sous les étoiles afin de célébrer ensemble la beauté de la nuit, où elle Voyait des choses que les autres ne pouvaient pas voir. Cela l'intriguait. Elle voulait comprendre d'où venait ce mystérieux pouvoir qu'elle ne semblait pas connaître. Mylène n'était pas très riche - sans être pauvre pour autant. Mais elle ne voulait pas réellement reprendre l'exploitation de ses parents, même si elle aimait la nature et non la ville (elle ne voyait pas bien les étoiles avec la pollution lumineuse). Elle préférait laisser cette tâche à son frère, qui adorait courir dans les champs. Quel ne fut donc pas son bonheur lorsqu'elle découvrit être la première voyante de la famille ! Elle pouvait étudier à Delphes, pour devenir une puissante voyante, lire les étoiles comme son idole ! Et elle n'avait pas à devenir agricultrice ! Mylène avait une voie toute tracée devant, soutenue par sa famille, même si ces derniers ne comprenaient pas forcément le fonctionnement des visions.

« C'est une hypothèse intéressante, Miss. » Grommela son professeur de lecture des vols d'oiseaux. « Mais est-ce vraiment une bonne chose ? »

« De ? » Mylène cligna des yeux, un peu confuse.

« Miss… » Soupira son professeur. « Des visions provoquées intentionnellement par le feu…c'est dangereux. Voire mortel. Vous n'êtes pas la seule à y avoir pensé, bien que vous soyez la seule à ne pas avoir eu de problème. Pour le moment. »

« Des…problèmes ? » Murmura Mylène, les sourcils froncés : elle n'avait jamais entendu parler de problèmes.

« Le feu est un élément imprédictible, beaucoup trop puissant pour être manipulé sans danger dans le cadre de l'hypnose. » Le professeur secoua doucement la tête. « Un petit groupe de chercheurs voyants ont un jour eut cette idée. Les quatre ont tenté l'expérience, de se plonger dans le mouvement du feu afin de forcer une vision. Ils ont terminé leurs jours à l'hôpital psychiatrique, incapables de faire la différence entre la réalité et leurs visions. Ils ont juste sombré dans la folie. »

Mylène sentit son cœur vibrer d'inquiétude. Elle avait tenté l'expérience ! Et cela avait fonctionné ! Le feu pouvait être maîtrisé sous certaines conditions (Ronald Weasley avait bien réussi cet exploit ! Ainsi que Godric Gryffindor !) Elle n'était pas devenue folle à cause du feu ! C'était la preuve que c'était possible, seulement si la bonne procédure était suivie…mais si les professeurs refusaient d'approuver…elle ne pourrait jamais…

« Vous avez eu de la chance d'être toujours saine d'esprit, Miss Oikonomou. » Sourit tristement la Créature. « Pour votre sécurité, ne retentez pas. »

« Mais… » Mylène tenta mais son professeur secoua à nouveau la tête, l'empêchant de continuer.

« Je suis désolé, Miss, votre projet ne peut être accepté. Retentez l'année suivante. »

Dévastée, incapable d'émettre le moindre son, elle observa ses professeurs signer sa feuille de notation. La main tremblante, elle attrapa sa feuille, écoutant les professeurs la rassurer avec gentillesse. Mais Mylène n'entendait aucune gentillesse dans leur voix. Leurs sourires délicats sonnaient faux, leurs yeux pétillants de sympathie montraient de la pitié. Mylène se fichait de leur excuse. Toujours des excuses. Voilà ce qu'elle recevait. Elle venait de faire une découverte sensationnelle, elle était la première à découvrir un moyen de forcer les visions en sécurité. Et ses professeurs refusaient d'innover leurs méthodes. Mylène retenait difficilement ses larmes. Elle se refusait de pleurer devant les personnes qui détruisaient son rêve, son avenir.

Sans aucun mot, elle leur offrit un sourire tremblotant (elle se devait de rester polie, ses parents lui avaient bien appris). Puis elle quitta la salle, sans aucun mot. Dehors, la soirée tombait, elle était la dernière à passer. Son regard se porta sur une étoile brillante, isolée dans le ciel bleu-noir. La solitude de cette petite boule de feu était à l'origine de tant de ses rêves. Elle avait tant fait pour arriver à devenir une lectrice d'étoile, jusqu'à apprendre l'astrophysique, détruisant sa santé.

Ses yeux glissèrent vers la feuille intitulée « Projet de Milène Oikonomou ». Un petit rire sans âme, rauque, sortit de sa bouche. Même son nom, ils l'avaient mal écrit. C'était « Mylène », avec un « y », pas un « i ». Ils étaient vraiment des incapables…Des larmes coulèrent le long de ses joues, tombant sur la feuille, formant des petites flaques humides. Oh, elle ne pouvait pas appeler ses parents pour partager la nouvelle. Pas maintenant. Elle ne pouvait pas…elle devait d'abord se recentrer sur elle-même…un sanglot parcourut son corps et elle se mordit les lèvres pour ne pas se faire remarquer. Mylène voulait se cacher dans un trou…

Sa mère lui dirait de se reprendre, de faire face à l'avenir la tête haute. Son père lui dirait de juste ignorer les remarques insupportables de ces élites et de poursuivre ses rêves, ses expériences. Ses cousins et cousines lui crieraient de juste leur prouver qu'elle était meilleure qu'eux…

Mylène le savait.

Mais pour le moment…

Elle se sentait comme cette petite étoile, seule et bouillante…

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Ce matin, quelque chose était différent. Lysandre ne pouvait pas dire quoi, mais elle le savait comme elle le savait toujours. Autour d'elle, rien de perceptible ne laissait penser une quelconque menace. Les Sorciers, Créatures et non-magiques allaient et venaient, concentrés sur leur tâche matinale, dans un décor de rue mêlant magie et technologie. Rien de bien inquiétant.

Pourtant…

Pourtant, en se concentrant davantage sur quelques petits détails pratiquement invisibles, Lysandre comprit que cette matinée était bien différente des autres. Figée devant la porte de la maison de ses parents, longeant l'école de voyance de Delphes, elle observait. Ses mains se crispèrent autour de son sac, coincé entre ses bras. Aujourd'hui était son premier jour de son nouveau stage, depuis que sa mère, la Pythie de Delphes, l'avait forcée à aller dans ce centre d'astrophysique sans intérêt. Ce centre avait l'ambition de trouver la vie en dehors de la Terre. Après tout, leur Mère venait de l'espace : sûrement, c'était une preuve que la vie existait ailleurs.

Mais Lysandre se fichait de ces recherches. Certes, c'était en lien direct avec les probabilités, mais sa mère l'avait envoyée dans une branche du centre spécialisée dans la lecture des étoiles, afin d'aider les voyants. Si elle ne pouvait pas faire son stage dans son petit cabinet de loto et ouvrir plus tard son propre casino, Lysandre aurait préféré être envoyée dans la branche du centre d'astrophysique spécialisée dans la recherche de la vie dans l'espace et non dans la branche de voyance. Sans intérêt pour elle.

Les animaux et insectes présents dans la rue semblaient frémir nerveusement, certains animaux magiques, comme non-magiques, semblaient vouloir se rouler en boule dans un coin. De leur côté, comme sentant leur nervosité, les Sorciers, Créatures et humains cherchaient la provenance de leur mal-être. Les êtres magiques lançaient quelques sorts afin de trouver ce qui les dérangeait. Rien. La technologie ne semblait rien donner non plus. Lysandre plissa des yeux. Mmh. Il y avait 91% de chance qu'un événement particulier puisse se dérouler dans les prochaines 24 heures à Delphes. 8% que ça soit une catastrophe naturelle d'envergure et 1% de chance que cela ne soit que les grosses chaleurs de l'été qui rendent tout le monde nerveux.

Evidemment, ses calculs étaient limités. Elle ne pouvait qu'observer son voisinage, sans prendre en compte d'autres quartiers ou villes, voire pays. Si cette nervosité ne touchait que son quartier, l'évènement ne serait pas trop dramatique…mais si elle touchait l'ensemble de la planète…alors là…Lysandre secoua la tête. Une fois au centre d'astrophysique, elle ne se focaliserait pas sur la voyance, la position des étoiles et tout ce blabla incohérent. Non. Elle se focaliserait sur cette étrange nervosité qui semblait également la gagner.

Quelque chose n'allait pas. L'air sentait l'odeur putride du changement.

Et Lysandre détestait le changement imprévisible.

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Ce matin, quelque chose était différent. Mylène le savait. Elle le sentait. Son instinct de satyre lui ordonnait de se rouler en boule sous le premier tronc d'arbre venu. Cela la rendait nerveuse. Et elle ne savait pas pourquoi. Pas du tout. Plus tôt, ce matin, sa mère l'avait appelée, paniquée, lui demandant si elle se sentait bien. Apparemment, ce « quelque chose de différent » ne concernait pas seulement Delphes.

Accoudée à son minuscule balcon de son auberge étudiante, elle plissait les yeux, intriguée de voir plusieurs personnes, magiques ou non, humains ou non, animaux ou non, se comporter avec cette même nervosité. Depuis son balcon, elle pouvait voir la rue principale qui menait directement à l'entrée de l'école de voyance. Elle avait été chanceuse de trouver un si petit deux pièces, aussi proche de l'école.

Mylène sursauta lorsque son regard se posa sur une silhouette familière en bas de la rue, au croisement. Cette personne était figée devant la rue principale, observant également avec attention l'étrange changement de comportement des êtres vivants. Mylène grimaça lorsqu'elle reconnut cette fille. Lysandre Lovegood. La fille aînée de l'actuelle Pythie, la descendante directe de la célèbre voyante Luna Lovegood. La seule et unique Lovegood à ne pas être une voyante, contrairement à sa petite sœur. Et pourtant, la seule qui donnait des prédictions mathématiques quasiment toujours vraies (à l'énervement général des voyants qui ne comprenaient pas).

L'hybride secoua la tête. Elle ne comprenait, et ne comprendrait jamais Lysandre. Elles avaient été camarades de classe, de simples connaissances qui se respectaient profondément sans vraiment devenir amies (même si Lysandre n'était pas une voyante, ses prédictions mathématiques avaient poussé sa mère à la placer à l'école de voyance). Mylène ne comprenait juste pas comment une telle personne pouvait autant se baser sur des calculs et des chiffres pour faire des probabilités sur le futur. Pour une personne sans pouvoir de voyance, elle était incroyable.

Mais leur caractère était à l'opposé, souvent une source de discorde entre elles lorsqu'elles se croisaient, une voulant faire sa vie dans la voyance et l'astrophysique (et la lecture des étoiles), l'autre voulait juste ouvrir son propre casino (d'après ce qu'elle avait entendu de Lianna Lovegood, la petite sœur de Lysandre). Mylène était même un peu jalouse d'elle : une de ses amies lui avait dit que Lysandre avait été pistonnée par sa mère dans un stage dans un centre d'astrophysique, dans la branche de lecture d'étoile, ce qu'elle voulait faire. Pourquoi une fille qui détestait la voyance et l'astrophysique, une fille qui n'aimait que les probabilités et les chiffres, devait prendre sa place ? Pourquoi Lysandre devait avoir une telle place juste parce qu'elle était la fille de la Pythie ? Et pas elle ? C'était injuste ! Injuste ! Elle brûlait de jalousie malgré elle.

Intérieurement, Mylène savait que ce n'était pas la faute de Lysandre qui voulait juste ouvrir son casino, que sa mère l'avait forcé mais cela déchirait le cœur de Mylène devant cet élitisme, cette injustice…

Les yeux bleu-violets de la jeune adulte glissèrent soudainement dans les yeux de Mylène, comme si Lysandre avait deviné qu'elle l'observait, et son souffle se coupa. Les yeux orangés et fendus à l'horizontal de Mylène s'écarquillèrent, incapables de quitter les yeux hypnotisant de Lysandre. Le cœur battant, Mylène ne voulait pas briser ce contact visuel, pas plus que Lysandre, visiblement. Soudainement, toute la jalousie, la colère et la tristesse de Mylène contre sa camarade se dissipèrent, ne restant plus que ce respect et cet étrange sentiment de familiarité, de camaraderie qu'il l'avait toujours accompagné à chaque fois qu'elle croisait la jeune blonde.

Mylène avait l'impression d'être en présence de sa sœur.

Invisible aux yeux des deux jeunes filles, un fil argenté passa du cœur de Mylène à celui de Lysandre.

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Lysandre regardait les lignes de données dérouler sur son écran, les yeux dans le vide, se sentant étrangement seule (malgré son côté asocial), comme si une partie d'elle ne se trouvait pas avec elle. Comme si quelqu'un lui manquait…et elle ne comprenait pas pourquoi un tel sentiment l'envahissait à un tel moment. Ne comprenant pas réellement les sentiments, elle préféra mettre de côté ce manque.

Coincée entre deux lourdes armoires du centre d'astrophysique, la blonde attendait que ses calculs soient vérifiés par la super calculette du centre. Elle avait passé la journée à rechercher tous les liens, les données, les postes sur les réseaux sociaux, les calculs en rapport avec l'étrange phénomène qu'elle avait senti ce matin. D'après ce qu'elle avait récolté, cet étrange sentiment de nervosité était apparu dans la nuit, partout dans le monde (à 3h01, précisément, heure locale grecque). Certains évoquaient que leurs animaux se mettaient à arpenter rapidement leur appartement, se pelotant sous un lit ou dans un placard, d'autres parlaient de petites pulsions dans leur magie…

Les prêtres de Médée frémissaient, s'écriant que la fin du monde arrivait ! Que Médée voulait à nouveau les punir de leur crime (Lysandre trouvait cela parfaitement stupide, sans aucun fait scientifique pour prouver leurs dires). Lysandre préférait sans aucun doute les aspirations des scientifiques de la magie antique. D'après l'article qu'elle avait trouvé (un article écrit dans un indien, traduit, heureusement, en anglais), ce phénomène se rapprocherait des observations récoltées lors de l'arrivée de Médée, il y a plusieurs millénaires.

Intéressée par cette découverte, Lysandre avait farfouillé la base de données des manuscrits antiques (également traduits et remis au propre pour plus de visibilité). Elle avait ainsi lu les témoignages, les récits, les descriptions des auteurs grecques de l'époque, qui expliquaient, de manière implicite, avec beaucoup de poésie et de métaphores, l'arrivée de Médée. L'un des auteurs décrivit le comportement étrange des animaux, la nervosité des êtres humains. Puis il fit part d'une magnifique lueur dans le ciel et puis…plus rien. Perturbée, Lysandre continua à éplucher rapidement les différents documents évoquant le même phénomène. Tous évoquaient une splendide lueur dans le ciel et puis, plus rien. Plus aucune mention de cette nervosité, de la lueur, du comportement des animaux…

Voyant le lien entre les deux phénomènes, Lysandre avait donc décidé de calculer la probabilité qu'un tel évènement se produise par deux fois, à plusieurs millénaires d'écart. Les chiffres ne se trompaient jamais. Les sciences ne se trompaient jamais. Une fois prouvée, Lysandre prouverait qu'un autre dieu potentiel descendrait sur Terre. Si tel est le cas…pouvait-on dire que la vie existait ailleurs que sur Terre ? Les probabilités ne se trompaient jamais. Elle pouvait le prouver.

Cependant, elle faisait face à une variable. Ses yeux bleu-violets fixèrent son écran qui venait de terminer d'analyser ses calculs, ses données. Un point manquait. Un seul. Elle ne connaissait rien à l'astrophysique, aux planètes, aux étoiles et cela faussait ses calculs. Lysandre ne réfléchissait qu'en probabilité sur des données et des faits réels et scientifiques. Cependant, elle avait rayé l'astrophysique de son champ d'étude : c'était une discipline bien trop proche de la voyance et une discipline bien trop éloignée de la Terre. Difficile de faire des probabilités en se basant sur des lieux inconnus situés à des millions d'années lumières de leur bonne planète. Elle avait fait un choix qui bloquait actuellement ses prédictions.

Lysandre se rappela brièvement de ces splendides yeux orangés fendus à l'horizontal, à l'image d'une chèvre qui lui donnait une émotion de déjà-vu, de familiarité. Elle se rendit compte d'une chose qu'elle avait rarement besoin. Elle avait besoin d'aide.

Et elle savait pertinemment qui contacter pour l'aider.

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Son téléphone sonna. Mylène sursauta et manqua de tomber de son lit, épuisée d'être aussi nerveuse et attristée d'être autant éloignée de…

Elle cligna des yeux.

Eloignée de qui ? Mylène se sentit, pendant un instant, perdue. Elle ne comprenait pas qui pouvait lui manquer. Elle était une personne sociable, toujours prête à aller en soirée, s'amuser avec sa famille et ses amis dans la forêt ou le parc le plus proche. Elle ne s'était jamais sentie réellement seule, toujours soutenue. Alors pourquoi… ? Pourquoi une telle émotion ? Des yeux bleu-violets flashèrent rapidement dans son esprit et elle plissa ses yeux, intriguée.

La sonnerie continua, la ramenant à la réalité. Mylène attrapa son téléphone et fut surprise de voir le nom inscrit sur l'écran : « Lysandre Lovegood ». Les deux filles avaient échangé leur numéro, quelques années auparavant, devant préparer un exposé avec quatre personnes. En dehors de ce devoir, elles n'avaient jamais échangé par message ou appel. Jusqu'à maintenant.

Intriguée, et se rappelant les yeux bleu-violets, Mylène se sentit poussée à répondre, comme si sa magie lui rappelait qu'elle avait un devoir à accomplir, que son futur serait spécial (elle n'avait pas besoin de vision pour comprendre sa magie). D'un geste tremblant, elle répondit.

« Bonjour Lysandre. » Salua Mylène, priant que sa voix ne soit pas tremblotante. « Quelque chose ne va pas ? »

Jamais Lysandre ne l'appellerait, elle. Mylène Oikonomou était une bonne voyante, une bonne astrophysicienne à en devenir, mais elle n'était pas aussi brillante que Lysandre, n'avait pas les mêmes ressources…pourquoi Lysandre l'appelait-elle ? Cela l'intriguait. Et sa magie chantonnait contre son oreille.

« J'ai besoin d'aide. » Répondit calmement Lysandre mais Mylène pouvait y déceler une pointe d'urgence et d'autre chose.

« D'aide ? » S'étonna Mylène : Lysandre, demander de l'aide ? « Moi ? »

« J'ai besoin de ton champ d'expertise. » Avant que Mylène puisse poser une autre question, Lysandre poursuivit rapidement. « Pas de ta voyance, mais de tes connaissances sur les étoiles, l'espace… »

« Okay… ? » S'enquit Mylène, un peu perdue. « Que dois-je faire ? »

« Je te dis tout sur place, viens au centre de recherche d'astrophysique, je t'attends là-bas, on y sera toute la nuit. Probablement. » Lysandre expliqua et Mylène sentit son cœur battre dans sa poitrine, excitée. « C'est toujours ton rêve, l'astrophysique et la lecture des étoiles ? »

« Oui ! Evidemment ! » S'écria Mylène, n'y croyant pas ses oreilles.

Trois jours avant, elle pensait ne jamais pouvoir mettre les pieds dans le centre à cause du refus de son projet. Elle pensait que son rêve était terminé et là…Lysandre Lovegood, pistonnée dans un stage qu'elle détestait, lui demandait de l'aide. A elle ! Et personne d'autre ! Elle se sentait comblée ! Même si elle ne passait qu'une seule nuit à travailler là-bas, cela la consolerait, elle pourrait se faire une idée de ce qu'elle manquait et peut-être elle pourrait trouver un moyen de se faire engager, d'attirer l'attention. Et surtout…ce manque semblait se réduire juste à la pensée de se rapprocher du centre, de Lysandre. Comme si…

« J'arrive dans 20 minutes ! »

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La demi-lune brillait à travers la baie vitrée du laboratoire. Dans un coin de la pièce, remplie de papiers, d'ordinateurs, d'équipements spécialisés, une lueur éclairait deux jeunes adultes perdues en plein travail. Lysandre laissait Mylène s'occuper de l'astrophysique, des liens entre les textes et les étoiles actuelles. Mylène refilait ensuite ses données trouvées à Lysandre afin qu'elle puisse faire des calculs et prouver qu'une mystérieuse lueur pourrait arriver dans l'atmosphère à tout moment. Un vrai travail d'équipe : les deux filles se complétaient parfaitement (une première, pour Lysandre, qui préférait toujours travailler seule, c'était comme si une part d'elle se remplissait).

Les résultats étaient concluants.

Comme Lysandre s'y attendait.

Mais les résultats étaient un peu différents de ses prévisions.

Ce qui était agaçant.

Lysandre pensait que les étoiles vibraient, la lueur de leur noyau renvoyant de l'énergie solaire sur leurs planètes, notamment pour le Soleil, comme si quelque chose de phénoménal se rapprochait. Elle pensait même que les champs d'astéroïdes entourant le système solaire se modifiaient très légèrement, comme pour former une voie entre elles, une route, pour laisser passer quelque chose.

Non. En réalité, Lysandre avait à moitié raison.

Et à moitié tort.

Une première, pour elle.

Heureusement, Mylène avait pointé du doigt ses erreurs, montrant que les calculs de Lysandre ne prenaient pas en compte certaines variables importantes. Lysandre n'avait pas considéré la possibilité que la mystérieuse lueur observée dans le ciel des millénaires plus tôt puisse avoir été influencée, en plus de la vitesse, par la chaleur de l'atmosphère terrestre et du Soleil.

En effet, Mylène avait assuré que Lysandre avait bien calculé le fait que les astéroïdes de la ceinture d'astéroïdes (des deux ceintures) semblaient se déplacer très légèrement (quelques centimètres par an) depuis plusieurs années. Ce phénomène était passé inaperçu jusqu'à maintenant. Depuis que le sentiment de nervosité avait touché le monde, Lysandre avait remarqué que les astéroïdes se déplaçaient beaucoup plus rapidement par rapport à la normale, formant une sorte de passage pour laisser passer quelque chose (la lueur ?). C'était comme s'il y avait une brèche au centre de la ceinture d'astéroïdes, chose qui devrait être physiquement impossible si un mystérieux pouvoir n'était pas en œuvre.

Sur ce raisonnement, Lysandre avait vu juste.

Mais elle avait tort au sujet de l'intervention des étoiles, particulièrement le Soleil. C'était à cet endroit qu'elle n'avait pas pris en compte la variable si importante. Mylène avait rectifié l'erreur, modifiant ses calculs.

Et le résultat obtenu semblait tout expliquer.

Enfin presque tout, les deux jeunes femmes ignoraient toujours la probabilité de quand le phénomène pourrait arriver sur Terre. C'était pour bientôt, certes, mais pour Lysandre, « bientôt » n'était pas une réponse. Ce n'était pas un chiffre, une explication scientifique et ce n'était pas quelque chose de certain. Non, elle avait besoin de certitude. D'une date exacte. Et Mylène, pour une fois, semblait d'accord avec elle (la jeune hydride reconnaissait que si un phénomène semblable à celui de l'arrivée de Médée se passait, elles devaient être prêtes : tout allait changer).

Le problème de la variable était donc le suivant :

Si le Soleil renvoyait bien plus de rayons solaires que la normale, c'était pour une simple raison : une réaction en chaîne. La chaleur du Soleil augmentait rapidement cette année, faisant également augmenter la température et la résistance de l'atmosphère terrestre. Comme si l'énergie solaire répondait à une rupture d'équilibre. Mais quel équilibre avait été rompu ?

Lysandre l'ignorait, elle ne connaissait pas suffisamment l'astrophysique pour y répondre. Mais Mylène avait une petite hypothèse qui mêlait une explication magique et scientifique.

D'après les témoignages passés et d'après les analyses et résultats récoltés pendant les derniers jours, la lumière étrange passée, correspondant à l'arrivée de Médée, serait une sorte de cocon glacée au zéro absolu, entouré de magie protectrice (expliquant pourquoi les astéroïdes s'écartaient au passage de la lueur, du cocon). Selon l'hypothèse de Mylène, la température du cocon serait si glaciale, afin de préserver le corps de l'être y résidant (Médée). Ce froid intense provoquerait donc un dérèglement des règles physiques de l'espace, gelant tout sur son passage.

Pour répondre à ce dérèglement, le Soleil augmenterait son énergie, obligeant également l'atmosphère terrestre à se réadapter à la nouvelle température. Au contact de l'énergie solaire, puis de l'atmosphère terrestre, le cocon se refroidirait. A cet instant, le cocon deviendrait lumineux, et l'énergie magique se dégageant du cocon provoquerait un sentiment de nervosité.

Lysandre devait avouer qu'elle appréciait l'hypothèse de Mylène.

Car elle était sûre d'une chose : qu'importe l'origine de ce sentiment de nervosité touchant le monde entier, elle était persuadée qu'un nouveau dieu, un être semblable à Médée, allait apparaître bientôt.

La question était : quand ?

Et Lysandre n'avait aucun moyen de prévoir l'arrivée de l'être divin.

Mais elle savait une chose : les temps changeaient.

OoO

« Tu penses qu'on a fini ? » Murmura Mylène en se laissant tomber sur le sol, observant le plafond du laboratoire, épuisée, par les quelques semaines de recherches, de calculs, d'hypothèses et d'analyses. « Ça ne sert à rien de continuer… »

« Non. » Protesta fermement Lysandre, toujours plongée dans ses calculs. « Il faut que je sache quand la lumière va arriver. Quand un nouveau dieu va apparaître. Il faut que je sache si ce dieu sera néfaste ou non à notre planète. »

Mylène soupira et secoua la tête mais ne dit rien, comprenant l'angoisse et l'obsession de son amie. Lysandre était une maniaque asociale. Elle n'avait pas d'autres mots pour la décrire. Elle voulait toujours tout prédire avec des calculs, de la science. Ne pas savoir quelque chose, ne pas pouvoir prévoir était une de ses plus grandes peurs. Alors ne pas savoir si le phénomène allait se produire et quand, perturbait grandement son amie.

Mylène pensait qu'elle pouvait considérer Lysandre comme une amie proche : elles avaient, après tout, passé des semaines seules dans un labo, à parler de tout et n'importe quoi, à rechercher, à explorer leurs souhaits, leur projet de vie. Lysandre avait même dit qu'elle avait parlé à sa mère pour inclure Mylène dans le parcours dont elle rêvait. Et elle avait été acceptée ! Elle pouvait désormais faire partie des Liseurs d'étoiles, comme son idole ! Elle n'était plus jalouse de Lysandre et voulait tout faire pour l'aider à ouvrir son casino. Elle lui devait bien ça (Mylène pensait que Lysandre la considérait comme son amie, une première pour cette fille asociale).

« Je suis sûre que j'y suis presque… » Marmonna Lysandre gribouillant quelques notes qu'elle venait de récolter de son ordinateur. « Il faut juste inclure une virgule à cet endroit, à côté de la variable et… »

« Lysandre. » Mylène regarda son amie, dont ses splendides cheveux blonds n'avaient pas été coiffés depuis plusieurs jours. « Prends un peu de repos, mange, va te laver. Tu en as besoin. On a encore un peu de temps. »

« Non ! » Protesta Lysandre en secouant violemment la tête. « Tu peux le constater qu'on a pas le temps ! Les phénomènes s'accélèrent ! Tout le monde s'inquiète et personne ne sait ce qu'il se passe ! Même les voyants et les spécialistes ne peuvent pas l'expliquer ! Nous sommes les seules à pouvoir répondre à ces questions ! Il faut le faire avant qu'il ne soit trop tard ! »

Mylène soupira à nouveau et laissa sa tête retomber sur le sol. Lysandre avait raison sur un point. La nervosité avait laissé place à la panique, des émeutes éclatant à certains endroits de la planète. Les gouvernements tentaient de maintenir l'ordre du mieux qu'ils pouvaient, se réunissant à plusieurs reprises, appelant des experts magiques, des scientifiques, des voyants (les voyants n'avaient reçu aucune vision autre que la magie semblait très confuse)... Des personnes se tournaient vers le culte de Médée, cherchant des réponses. Mais d'après les prêtres et les Anciens en contact avec la déesse de la magie, elle-même ignorait totalement l'origine de cette pulsation autre que ce lien lui était très familier. Mylène avait contacté ses parents pour voir comment ils allaient : apparemment, la nature se tordait, tendue, impatiente, protectrice de ses habitants. Ce n'était pas très encourageant.

Les yeux de Mylène glissèrent vers une pauvre bougie oubliée dans un coin. Elle avait ramené cette bougie depuis chez elle. C'était la bougie avec laquelle elle avait expérimenté afin de prouver que les visions pouvaient être forcées par le feu. Une idée germa dans son esprit et elle sauta d'un bond, les sabots de ses jambes claquèrent sur le sol.

« Mylène ! » S'écria Lysandre qui venait de sursauter à cause du bruit soudain. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as trouvé quelque chose ? »

« Non, non, j'ai juste une idée. »

Excitée, Mylène accourut pour s'asseoir devant la bougie. Elle posa ses mains sur ses jambes velues, en tailleur et murmura un sort pour allumer la bougie. Elle se tourna pour regarder Lysandre avec un grand sourire.

« On manque d'infos, pas vrai ! » Mylène regarda son amie hocher doucement la tête, confuse. « Et on sait que les voyants ne peuvent pas avoir accès à des visions pour une raison quelconque. Or, si je force une vision sur le sujet que je veux ! Je peux trouver des infos ! »

« Ce n'est pas dangereux ? » S'inquiéta Lysandre, inclinant la tête sur le côté. « Selon les voyants, une vision ne peut être forcée. Elles vont et viennent selon les envies de la magie. »

Mylène sourit, appréciant l'inquiétude de la part d'une personne qui n'aurait jamais exprimé le moindre intérêt sur sa santé quelques semaines plutôt. C'était la preuve qu'elles étaient devenues amies !

« J'ai déjà tenté de forcer une vision et tout s'est bien passé. » Mylène balaya l'inquiétude d'un revers de la main et Lysandre hocha tout simplement la tête, lui faisant confiance (Lysandre n'était pas une voyante). « Il me faut juste un peu de temps pour m'hypnotiser avec le feu. Tu peux continuer tes calculs au cas où ça ne marche pas. »

« Bonne chance. » Souhaita Lysandre avant de se tourner à nouveau vers son ordinateur.

Mais Mylène aperçut son amie lancer discrètement un sort pour la prévenir si rien ne se passer comme prévu et que l'hybride satyre aurait besoin d'aide. Mylène sentit son cœur vibrer de bonheur. Oui, Lysandre commençait à s'ouvrir.

Mylène ferma les yeux pendant un instant pour se concentrer et oublier son entourage. Plus rien n'existait autour, seulement son esprit et cette flamme, dont elle pouvait ressentir sa chaleur. Elle rouvrit les yeux et fixa la flamme avec intensité.

Le feu. Rouge. Orange. Bleu. Jaune. Les couleurs du feu. Chaleur. Lumière. Confort et danger. Combustion. C'était le mot que les scientifiques utilisaient pour désigner le feu. Une réaction chimique entre un combustible et un comburant, l'oxygène ou encore l'oxydant. Cette combustion finit par dégager de l'énergie : la chaleur.

Et tout ce processus chimique se trouvait réuni autour d'une simple petite flamme illuminant une petite bougie usée. C'était merveilleux. Mylène était absolument fascinée. Emerveillée. C'était le même sentiment qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle se trouvait à proximité d'une combustion, d'un feu. Un phénomène qu'elle vivait depuis son enfance. Elle avait toujours trouvé le feu passionnant, vivant. Elle ne comptait plus les fois où ses parents, ses amis et sa famille avaient dû l'écarter d'un feu, car elle se trouvait beaucoup trop proche. Elle s'était souvent brûlée sans jamais avoir en avoir peur.

Le feu était l'élément le rapprochant le plus d'une étoile. Brillante, un petit point blanc au milieu d'un ciel noir, illuminant la nuit d'une petite lueur d'espoir. Les étoiles et le feu. Ces deux éléments avaient bercé son enfance, son adolescence et berceraient l'ensemble de sa vie. Elle avait dansé tard autour d'un feu, en pleine forêt, sous un ciel étoilé, avec sa famille, priant Médée et les étoiles. Elle dormait sous les étoiles, bercée et réconfortée par elles. Ses visions tournaient autour des étoiles et du feu.

Et la vision de cette flamme dansant au-dessus de cette bougie lui rappelait tous ses merveilleux souvenirs.

Plus rien n'existait. Seulement elle et cette flamme. Un petit coup de vent pressa la flamme à voler vers la gauche. Mylène la suivit du regard. La flemme reprit sa place initiale. Mylène la suivit toujours du regard. Ne jamais lâcher le contact et respirer calmement. Ne penser qu'à des choses positives pour se calmer puis respirer à nouveau tranquillement avant de ne penser plus à rien. C'était là le secret pour forcer une vision en étant hypnotisée par le feu sans risquer se mettre en danger.

Mylène répéta le processus plusieurs fois : repenser à des bons souvenirs, respirer calmement, ne penser à rien. Encore et encore. Pendant plusieurs longues minutes. Elle répéta ces gestes sans jamais s'arrêter de fixer la flamme.

Et soudain.

Son esprit s'ouvrit.

Et éclata.

Et elle se sentit couler.

Et elle entra dans une vision.

Elle entra dans la vision qu'elle avait choisie d'avoir.

Sur les étoiles.

Mylène Voyait. Elle n'était plus une hybride satyre. Non, elle n'était même plus un terrien. Elle dormait, étant le point de se réveiller, son corps était entouré par de la glace. Ses paupières filtrèrent une lumière blanche d'un cocon. Où était-elle ? Qui était-elle ? Pourquoi était-elle là ? Un bruit strident la réveilla soudainement. Elle sut. Elle était arrivée. Mais où ? Comment le savait-elle ? Une vague de chaleur l'entoura, augmenta la luminosité, lui permettant de voir à travers la paroi du cocon. Et elle vit…

La Terre.

Elle réalisa ce qu'elle était. Qui elle était et où elle se trouvait. Non…

Une pression malfaisante l'entoura soudainement, cria dans son esprit, déchirant sa stabilité mentale. Que se passait-il ? Elle avait mal. Elle cria. Criait-elle vraiment ? Elle ne savait pas. Elle avait mal. Mal. Mal. La pression magique entra dans son esprit, l'attaqua. Et elle ne pouvait que hurler de douleur, tentant de protéger son esprit.

« Je te Vois… » Murmura une voix non-humaine, ni masculine, ni féminine, vieille et jeune à la fois.

Et Mylène comprit. Elle avait été repérée par l'être se trouvant dans le cocon. Elle était dans son esprit endormi et lorsque l'être était suffisamment réveillé, il l'avait repérée, l'attaquant sur le champ. Bien plus puissant qu'elle, il n'avait pas hésité à la considérer comme une ennemie, la malmenant, la rejetant.

C'était impossible ! Personne ne pouvait entrer dans une vision autre qu'elle. Personne ne pouvait la voir lorsqu'elle était à l'intérieur ! Que ce passait-il ? Elle hurla à nouveau lorsqu'une nouvelle attaque perça son esprit. Elle devait fuir. Elle devait partir.

Un autre bruit strident se fit entendre.

Un bruit strident qui ne se trouvait pas dans le cocon.

Ce bruit venait de la réalité ! Lysandre l'appelait, comprit Mylène. Alors que les attaques mentales continuaient, Mylène faisait tout pour se protéger et ne pas perdre la raison. Ses barrières mentales faiblissaient de seconde en seconde et si l'être parvenait à atteindre son noyau, elle mourrait. Heureusement, Mylène était têtue. Elle voulait vivre. Et elle se défendait, se concentrant sur ce bruit strident. Mais elle perdait. Elle savait qu'elle perdait. Et si elle perdait, elle ne pourrait pas protéger Lysandre de cet être qui viendrait sur Terre. C'était la première pensée qui venait à elle. Elle devait protéger sa famille, ses amis, Lysandre. Elle se le promit. Elle ne vit pas un filament argenté sortir de son cœur pour disparaître.

Et une magie protectrice lui répondit, entourant son esprit, formant un bouclier. La magie de Lysandre, comprit Mylène avec un sourire. Un deuxième filament apparut, cette fois entrant dans le cœur de Mylène. Mais elle ne le vit pas. L'être qui l'attaquait se figea un instant, comme surpris de sentir une autre présence venir en aide. Mais il redoubla d'effort. Heureusement que l'être n'était pas totalement éveillé, sinon les deux jeunes filles auraient été battues en un instant. L'être n'était pas encore à pleine puissance. Mais malgré tout, Mylène savait que même avec Lysandre, elle perdait. Elle devait fuir, quitter sa vision et retourner dans son corps.

Un autre filament argenté entra dans son cœur, mais elle ne le vit pas, bien trop concentrée à protéger son esprit, avec l'aide de Lysandre, des violentes attaques mentales de l'être. Les dégâts qu'elle subissait étaient intenses, douloureuses. Mylène était persuadée que son corps réel devait également subir des dommages physiques, probablement qu'elle devait saigner. Mylène devrait, si elle s'en sortait, recréer ses boucliers mentaux qui étaient en morceaux. Si elle s'en sortait, se répéta-t-elle après une autre attaque où elle hurla de douleur.

Comment faire pour sortir de cet enfer ? Comment sortir d'une vision où elle était retenue contre son gré par une entité surpuissante qui cherchait à l'éliminer ? Comment ? Mylène était épuisée, elle avait mal partout, un puissant mal de crâne frappait ses tempes, son souffle était coupé, elle pleurait et saignait. Elle voulait fuir, elle voulait partir. Ce n'était pas qu'elle qui ressentait les dégâts. En tentant de la protéger, Lysandre était indirectement attaquée, recevant également des blessures mentales et physiques. Mais elle ne pouvait juste pas fuir. A chaque fois que sa conscience pulsait pour retourner dans son vrai corps, suivant le bruit strident, l'être s'emparait d'elle, la forçant à rester ici, entre les creux avides de ses mains mentales.

Qu'importe à quel point Mylène se débattait, qu'importe à quel point elle lançait des contre-sorts, surélevait ses boucliers mentaux avec l'aide de Lysandre, à qu'importe à quel point elle tentait de fuir, l'être la rattrapait toujours, de façon douloureuse, comme s'il prenait plaisir à la voir souffrir, à la voir crier et pleurer, à la voir sans défense, obligée de dépendre de son amie pour se défendre, entrainant Lysandre dans la mort avec elle.

Non.

Elle ne pouvait pas entraîner son amie dans la mort.

Et elle ne pouvait pas partir.

Mylène tenta bien de repousser Lysandre hors de son esprit pour la protéger de l'attaque mentale, mais la blonde refusa de partir, continuant juste à lui envoyer sa magie pour la protéger.

Que faire ?

Soudainement, une voix féminine cria dans ce qui semblait être son oreille réelle. La voix semblait lointaine, étouffée mais bien présente. Lysandre lui criait depuis le labo. Et, alors que c'était impossible, Mylène pouvait entendre sa voix depuis sa vision, alors qu'elle se tordait de douleur entre les attaques de l'être.

« Mylène ! Reviens vers moi, je t'en supplie… » Pria la voix brisée de Lysandre, c'était comme si elle pleurait (mais Lysandre ne pleurerait jamais pour elle, n'est-ce pas ?). « Tu es la première et seule amie que j'ai jamais eu, tu ne peux pas me laisser comme ça, je t'en prie, Mylène. » Un sanglot lointain se fit entendre. « Tu es comme une sœur pour moi…reviens, juste reviens…je te promets que tout ira bien… »

Et un miracle s'accomplit. Un dernier filament magique argenté et doré lia les deux jeunes femmes par un lien étroit, bien plus que les liens du sang. Un lien qui n'avait pas été formé depuis près de 500 ans.

Le cycle recommençait.

Une silhouette transparente apparut alors sous les yeux de Mylène. Un homme se trouvait devant elle. Un homme magnifique avec un corps recouvert d'écailles. Un homme-serpent. Serpentaire. Mylène sentit sa bouche s'ouvrir sous le choc. De sa main griffue, l'être divin, le fils de Médée, stoppa l'attaque de l'être maléfique, qui hurla de rage, continuant avec plus d'intensité à lancer des puissantes vagues magiques offensives, qui ricochèrent sur le bouclier argenté de Serpentaire.

Serpentaire se tourna vers Mylène, ignorant l'autre créature maléfique qui continuait d'attaquer en vain. L'être ouvrit sa bouche et sa voix résonna dans son esprit, comme dans son oreille. Serpentaire semblait parler en même temps à Lysandre et à elle.

« Par la Magie de ma mère, Médée, par celle qui m'a été confiée, je viens donner le Lien Ultime à deux âmes errantes qui m'ont appelé à leur secours contre un sacrifice. Ainsi soit-il. Lien Ultime : frères d'âmes, de sang et de magie ! »

Mylène sentit son corps vibrer, sa magie changer, son être se modifier. De voyante et sorcière hybride, elle devint une Mage, elle ne savait comment. Doucement, elle se sentit perdre quelque chose en retour. Elle venait de…non…c'était impossible…elle était comme…comme les deux Elus, ceux qui avaient changé le monde il y a 500 ans ? Non…c'était…Lysandre et elle venaient d'être bénies par le légendaire Signe de Serpentaire !

En pleine panique, elle ne remarqua pas l'être maléfique se fracasser contre la barrière de Serpentaire, commençant à le fissurer. Elle ne remarqua pas non plus le froncement de sourcils inquiets de Serpentaire, alors que son regard se porta sur l'attaquant, comme s'il…avait peur. Soudainement, Serpentaire agrippa Mylène, passant une main rassurante dans son dos, soignant ses blessures. Mylène voulait pleurer dans ses bras, sauvée du destin qui lui était réservée si elle restait bloquée dans sa vision.

« Il est temps de partir. » Serpentaire murmura doucement à l'oreille de Mylène. « Tu ne peux rester ici, il est bien trop puissant. Il est temps de rejoindre ta sœur. »

« Et vous ? » Demanda timidement Mylène, sans remarquer qu'elle venait de parler en Fourchelangue pour la première fois de sa vie.

« Je ne suis qu'une projection, il ne m'arrivera rien, je te le promets. » Rassura Serpentaire en lui tapotant la tête. « Va, mon enfant, tu dois te préparer. Il faut que vous alliez en France, à Fontainebleau. Vous trouverez ce que vous voulez chercher. Le changement est proche. Le cycle reprend. »

Serpentaire posa sa main contre sa poitrine et poussa. Mylène sentit son souffle se couper, ses yeux se fermèrent et sa bouche s'ouvrit. Elle se sentit tomber, tomber, comme si son esprit entrait en contact avec un feu brûlant. La dernière chose qu'elle vit fut le sourire de Serpentaire et le bouclier qui explosa en un millier de morceaux argentés.

La voix glauque de l'être maléfique résonna dans l'esprit de Mylène alors que son esprit se détacha une bonne fois pour toute de sa vision, protégée par la magie de Serpentaire.

« Je sais qui tu es, je sais où tu es, je viendrais vous chercher, ta sœur et toi ! »

Mylène frissonna en entendant la menace. Elle frissonna sentant une peur monter en elle, une peur qu'elle n'avait jamais ressentie avant. Cet être, quel qu'il soit, était puissant. Tellement puissant, qu'il avait brisé les boucliers mentaux de Serpentaire, un dieu, même s'il n'était qu'une projection. Et cette menace se dirigeait vers la Terre. Vers eux. Vers elles. Il allait les traquait, Lysandre et elle. Elles allaient devoir fuir, se cacher, elles allaient devoir s'entraîner pour affronter leurs peurs.

Soudain, son esprit entra à nouveau dans son corps. L'hybride prit une grande inspiration et se laissa tomber en avant. Heureusement, Lysandre la rattrapa, la serrant dans ses bras alors qu'elle sanglotait. Oh. Mylène comprit. Elles sanglotaient toutes les deux. Terrifiées, épuisées, blessées, rassurées, confuses, voilà ce qu'elles étaient.

Les deux amies, les deux sœurs, étaient à présent allongées sur le sol, serrées l'une contre l'autre, comme si elles avaient peur que l'une disparaisse sous les yeux de l'autre, à bout de souffle, leur magie épuisée. Mylène avait dû mal à sans remettre. Jamais une telle expérience ne lui était arrivée. Et maintenant…elle était une Mage. Bénie par Serpentaire. Lysandre et elle étaient les Elues de la prophétie tant connue et légendaire.

« Et maintenant ? » Souffla Lysandre, toutes ses prédictions s'étant évaporée sous le choc.

Les deux filles n'avaient pas besoin de discuter de ce qu'il s'était passé. Lysandre avait été dans sa tête, dans sa vision pour la protéger, elle avait vu ce que Mylène avait vu. Lysandre savait ce qui arrivait sur Terre, quel être arriverait sur Terre et quelle catastrophe cela impliquerait. Lysandre avait vu Serpentaire et savait également ce que le Signe impliquait, ce qu'elles étaient. Elles n'avaient vraiment pas besoin d'en discuter.

« Nous devons aller en France, à Fontainebleau. » Murmura Mylène, sa tête posée contre la poitrine de Lysandre, les yeux fermés. « Serpentaire nous envoie là-bas. »

« Qu'est-ce qu'i Fontainebleau ? »

« De quoi s'entraîner, je suppose… »

Elles furent silencieuses pendant un moment, réfléchissant à leurs futurs plans et actions.

« Nous devons disparaître. » Dit finalement Lysandre. « Nous ne devons rien dire à nos proches, pas même un message. L'être sait où nous sommes, il nous trouvera facilement si nous restons en Grèce. »

Mylène ne fit qu'hocher la tête, cachant toujours son visage contre Lysandre, refusant de montrer à quel point elle avait été affectée par les attaques mentales de l'être maléfique. Elle aurait besoin de temps pour guérir. Mais Lysandre semblait connaître son état bien qu'elle ne dise rien. La blonde se contenta de la rassurer, en caressant gentiment son dos.

« Tu sais dans combien de temps cet être va arriver sur Terre ? » Demanda doucement Lysandre.

« Non…il est épuisé pour le moment, il n'a pas toutes ses forces. »

« Logique… »

Soudain, elles sursautèrent en entendant le bip sonore de l'ordinateur de Lysandre, ordinateur qui faisait toujours tourner un programme de calcul. Lysandre avait tenté, avant la vision, de savoir quand la lueur arriverait sur Terre. Et maintenant, le programme indiquait que le résultat était correct et valide.

Doucement, Lysandre se leva, déposant Mylène sur le sol. Mylène remarqua tout juste que la blonde avait retiré sa veste pour l'étendre sous elle, comme un matelas. L'hybride était bien trop épuisée pour bouger. Lysandre regarda l'écran un instant et se figea. Puis elle se mit à insulter tous les êtres du monde, en parlant un mélange de grecque et de fourchelangue.

« Lysandre ? » Mylène se redressa, inquiète.

« Il arrive dans exactement 2 heures. » Lysandre annonça gravement et Mylène pâlit (elles n'étaient pas prêtes !). « On doit partir. Maintenant. »

Et effectivement, dans le ciel étoilé, une vive lueur blanche commençait à se rapprocher.

L'être maléfique divin arrivait.

OoO

Interlude :

La projection de Serpentaire se brisa en instant sous l'impulsion intense de la pression venant de l'être maléfique inconnu. Serpentaire n'eut même pas le temps de hurler de surprise et de douleur (il avait rarement ressenti la douleur au cours de sa vie) qu'il fut soudainement propulsé dans son véritable corps, allongé sur le tapis d'herbe verdoyant de l'île de sa mère. Son corps se tendit, s'habituant progressivement à la douleur. Serpentaire souffla. La douleur était nécessaire si cela signifiait qu'il avait pu sauver les deux nouvelles Elues de la prophétie.

Les temps changeaient.

Et même sa mère, Médée, serait directement impliquée.

Le nouvel ennemi possédait la même aura, la même signature que sa mère et que lui. L'être maléfique était de la même espèce que sa mère. C'était un dieu. Ou une déesse.

« Oh, mon fils… » La voix douce de sa mère résonna à côté de lui et une main fraiche se posa contre son front, Serpentaire soupira d'aise.

Serpentaire ouvrit finalement les yeux, plongeant dans les yeux galactiques de Médée. Elle était inquiète, un peu confuse de la situation, et attristée de voir son cher fils dans un tel état d'épuisement.

« Mère… »

« Chut, ne dis pas un mot, repose-toi. » Médée déposa délicatement sa main sur ses yeux afin de le pousser à se reposer. « Tu as déjà tant fait pour les protéger, tu as gagné suffisamment de temps pour leur permettre de fuir. »

« Mère, cet être arrive. » Informa doucement Serpentaire, ne pouvant cacher son inquiétude et sa peur de voir sa mère blessée. « Il est comme toi. »

« Je sais, je le ressens, il est l'un de mes frères. » Répondit tout simplement Médée, confuse. « Ce qui devrait être impossible, le Pacte devrait l'empêcher et lui interdire de venir sur ma planète. Il devrait être sur la sienne. Je ne comprends pas… »

Serpentaire ignorait tout de cet être, de ce dieu, et de ce Pacte. Mais selon la voix et l'air de sa mère, cela devrait être réellement important. Mais ce n'était pas le moment de questionner sa mère sur son origine et sur ce Pacte. Le dieu était clairement maléfique et ne venait pas pour une visite de courtoisie. Ils devaient se préparer. Et vite.

« Mère… » Serpentaire ne pouvait pas cacher son inquiétude. « On ne pourra pas le battre seuls… Il est puissant. Très. Bien plus que toi. »

« Je sais. » Murmura Médée, bien plus confuse encore. « Et cela également devrait être impossible. »

OoO

Hello there !

J'ai coupé le bonus en 2 car il était beaucoup trop long ! 63 pages en police 12, times new roman, avec des paragraphes simples. C'est…BEAUCOUP !

Donc voilà le début des aventures de Mylène et Lysandre. J'aime bien ces deux persos, j'espère qu'elles vous feront plaisir ! Le nouveau dieu qui arrive sur Terre est bien plus puissant que Médée ! Que va-t-il bien se passer ? Mystère !

A bientôt !