Disclaimer : L'univers de Kuroko no Basket que vous reconnaitrez aisément appartient à Fujimaki Tadatoshi. L'auteur me le prête très aimablement pour que je m'amuse avec et je ne retire aucun profit de quelque nature que ce soit de son utilisation si ce n'est le plaisir d'écrire et d'être lue.
Note de l'auteur : Je veux remercier du fond du cœur ma béta-lectrice, Futae qui s'est servie de son "Eagle Eye" (fallait que j'la case celle-là !) pour corriger cette histoire et me conseiller. C'est grâce à son enthousiasme, ses encouragements et son sens de l'analyse et de la critique sans détour, que cette histoire a pu voir le jour.
Note importante : j'avais décidé de retirer toutes mes histoires de ce site suite à ce que je pense être un piratage. Je me suis laissée convaincre de les remettre, mais malheureusement ce site fonctionne tellement mal que je n'ai pas pu toutes les récupérer. J'ai donc décidé de les reposter. Si vous les lisez et qu'elles vous plaisent, n'hésitez pas à le dire, ça me fera plaisir et ça me remontera le moral même si les commentaires ne seront pas les mêmes qu'à l'origine.
Bonne lecture.
Shadow : merci pour ton commentaire. Il fallait bien encore un petit rebondissement. Qu'Alexandra et Nash soient Américains, c'était bien pratique. Et oui, Nash est une raclure de chiotte. Par contre, il fallait aussi que je fasse ressortir son côté imbu de lui-même, arrogant et puant. Et le coup de poing d'Aomine (qui rappelle celui qu'il donne à Haizaki) il fallait que je l'utilise. Encore un petit clin d'œil au canon. Non, le film, ça ne sera pas pour tout de suite et Kagami s'en remettra. J'aime les happy end.
Si tu laisses un commentaire sur ce chapitre qui est le dernier, je mettrai ma réponse en modifiant le fichier puisque que je ne peux pas te joindre en mp. Je te laisse avec l'épilogue de cette histoire. Bonne lecture.
Daniela : ton commentaire me fait très plaisir. J'apprécie beaucoup la façon dont tu analyses mon histoire. Il ne s'agit pas vraiment d'une accélération dans les évènements, mais j'arrive en bout de course et l'inspiration se délite. Je ne voulais pas prendre le risque d'une baisse de qualité, alors j'ai opté pour raconter les derniers moments de manière plus compacte. Je te laisse avec cet ultime chapitre et j'espère qu'il te plaira. Bonne lecture.
Le roman de notre histoire
Chapitre 35
Une semaine après ce terrible incident, Kagami reçut un SMS d'Alexandra qui lui proposait de la rejoindre à son hôtel. Elle lui certifia que Gold était reparti à Los Angeles et qu'elle avait donné des instructions à son responsable du personnel pour le licencier dans les plus brefs délais. Le romancier transféra le message à Aomine dont c'était le jour où il devait se rendre à Touou. Celui-ci lui répondit de temporiser pour demander à Midorima de l'accompagner. De toute façon ce n'était pas comme si la productrice était débordée. Elle passait son temps dans sa chambre, sur internet pour surveiller de loin que tous les projets en cours à A.G. Entertainment se poursuivent sans accumuler de ralentissement. Dans ce milieu, le retard c'est une perte sèche d'argent. Elle ne voulait pas repartir sans avoir en poche les droits du Prix de la Liberté. Il les lui fallait d'une manière ou d'une autre. Elle savait d'instinct que ce serait une œuvre exceptionnelle qui propulsera son studio au firmament d'Hollywood.
Elle reçut un message de Kagami qui lui proposait une entrevue le mardi dix-neuf mars et l'informant qu'il serait accompagné de son conseiller, ce qu'elle accepta sans la moindre hésitation. Elle s'estimait heureuse que le romancier veuille bien encore lui parler avec ce qui s'était passé. Elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle ne s'était doutée de rien. Gold n'avait jamais fait montre d'autant d'antipathie à l'égard de quelqu'un. Mais s'il n'aimait pas Kagami, pourquoi l'avoir sexuellement agressé ? Quand on n'aime pas une personne, on peut aller jusqu'à la frapper, mais là ? Tenter de le violer ? Et il croyait qu'il ferait le poids ? Le romancier était aussi grand et costaud que lui. Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête ? Elle avait beau tourner ça dans tous les sens, elle ne parvenait pas à dénicher l'ombre d'un début d'explication.
Elle, au contraire, avait immédiatement été charmée par Kagami. Elle l'avait trouvé d'abord très séduisant avec un physique fort avantageux. Mais il y avait plus que ça. Il était foncièrement gentil et aimable. Elle le soupçonnait d'être très persévérant aussi parce que pour écrire une telle saga, il ne fallait pas abandonner à la première difficulté. Il est vrai également que son correcteur devait y être pour beaucoup – sans parler du fait qu'ils soient amants – pour avoir réussi le tour de force de le pousser au-delà de ses limites, plus loin que ce qu'il croyait pouvoir faire. Elle avait aussi lu deux autres livres de lui et elle avait été séduite par son style précis et percutant, mêlant récit fictif et histoire du Japon. Ce Kagami était un écrivain comme on en rencontre rarement. Elle avait hâte de le revoir pour confirmer tout ce qu'elle soupçonnait et découvrir le reste. Mais surtout pour entamer des négociations concernant les droits de son roman.
Kagami et Midorima arrivèrent à leur dite. C'est ce que le l'auteur appréciait chez l'avocat. Il avait la ponctualité chevillée au corps à moins d'un imprévu professionnel et non pas parce qu'il aurait pris son temps persuadé que quelques minutes de retard ce ne serait pas bien grave. Il aimait la précision. Ils discutèrent alors que l'ascenseur les menait au vingt-deuxième étage et Midorima insista bien sur le fait de ne rien accepter et de temporiser. Il s'était renseigné sur le droit audiovisuel et il était mieux armé pour le conseiller. L'écrivain aurait préféré qu'Aomine soit là. Il avait un instinct quasi animal pour sentir le mensonge et l'avoir à ses côtés l'aurait rassuré. Mais son avocat n'était pas mauvais non plus dans ce domaine.
— Bonjour monsieur Kagami, fit Alexandra avec un sourire un peu gêné en leur ouvrant la porte après qu'ils eurent toqué.
— Miss Garcia…, la salua le romancier tandis que Midorima inclinait la tête.
— Appelez-moi Alexandra et j'oublierai le monsieur…
— Si vous voulez…
— Asseyons-nous… Gold ne fait plus partie d'mon équipe maintenant… Je tiens encore à vous présenter mes excuses pour son comportement inqualifiable… Je ne…
— Ce n'est pas votre faute, la coupa Kagami, vous n'y êtes pour rien… Je préfèrerais qu'on n'en parle plus…
— Fort bien… Je crois effectivement qu'il vaut mieux clôturer cet incident… Je suis toujours là parce que votre roman m'intéresse au plus haut point… Je vous l'ai expliqué, je peux mettre un gros budget dans la réalisation…
— De quel ordre ?
— Dans les quatre cent cinquante millions de dollars…
Midorima émit un petit sifflement, réaction qui ne lui ressemblait pas du tout. Lui qui était plutôt réservé, presque froid, n'était pas un habitué de ce genre d'effusion. C'était bien là la preuve qu'il était impressionné. Kagami haussa les sourcils, assez surpris. Il ne s'attendait pas à une somme pareille.
— A.G Entertainment est spécialisé dans l'adaptation de livres à l'écran…
— Je sais, mais ne m'en veuillez pas… Quand je vois comment certaines œuvres magistrales ont été défigurées, vous comprendrez que je sois frileux…
— Nous avons tous à l'esprit la série du Cycle de Fondation d'Asimov ou les films de Dune d'Herbert… Je sais de quoi vous parlez et je suis d'accord avec vous, c'était une catastrophe… Mais il faut savoir qu'aujourd'hui, avec les progrès en technologies numériques et animatroniques mises au service de notre industrie, les coûts de production sont réduits et on peut d'autant plus affiner le rendu visuel aussi bien que le découpage du script pour la réalisation de chaque scène…
— Je n'en doute pas un seul instant… Et si moi, j'avais une autre idée…
— Une autre idée ? J'vous écoute…
— Le Prix de la Liberté est bien trop complexe pour être condensé dans un film de deux heures trente ou trois heures... Il y a des histoires secondaires qui sont indispensables à la compréhension de l'œuvre dans sa globalité… Et je sais que bien souvent pour des impératifs de longueur et de budget, il faut sacrifier des passages et comprimer l'histoire… Mais pour mon livre, c'est très compliqué…
— Dois-je en conclure que vous refusez de me vendre vos droits ? demanda Alexandra qui avait blêmi sous son bronzage.
— Je n'ai pas encore décidé… Mais si vous en faites une série où le développement sera plus détaillé, j'envisagerai de travailler avec vous…
— Une série ? s'étonna la productrice qui ne s'attendait pas à une telle proposition.
— Avec votre budget, vous pouvez déjà faire au moins vingt-deux épisodes, intervint Midorima pour la première fois dans la conversation et qui avait parfaitement compris où voulez en venir son client.
— Ça correspond à disons, un peu plus d'une vingtaine d'heures en arrondissant, reprit l'écrivain… c'est déjà beaucoup mieux qu'un simple film de trois heures ou même de quatre heures…
— Sans compter que les bénéfices retirés de la diffusion des premiers épisodes seront réinvestis pour les suivants, poursuivit l'avocat qui soutenait Kagami. Ce serait presque de l'autofinancement…
— Et nous pourrions être beaucoup plus proches de l'œuvre originale…
Alexandra regarda les deux hommes comme si elle venait de voir un vaisseau spatial extraterrestre se poser sur le toit de l'immeuble en face de l'hôtel. Son cerveau tournait à cent mille à l'heure. Elle était en train de se demander pourquoi elle n'y avait pas pensé avant. Ce n'était pourtant pas la première fois qu'elle produisait des feuilletons télévisés. Le jackpot arrivait ensuite avec les droits de diffusion payés par les chaines pour caler la série dans leur grille de programmes. Sachant qu'il y avait l'érotisme explicite dans le Prix de la Liberté, il ne fallait pas s'attendre à un prime time, mais plutôt à une seconde partie de soirée. Et puis, il fallait faire jouer la concurrence. Celui qui offrirait le plus pour la retransmettre serait le grand vainqueur. A.G Entertainment allait engranger des bénéfices faramineux.
— Je peux faire ça… Je peux faire une série, dit-elle avec une lueur de défi dans le regard. À combien estimez-vous vos droits ?
— Je n'ai jamais dit que j'allais vous les vendre, dit Kagami avec un sourire malicieux.
— Pardon ? Comment ça ? Comment je vais faire si vous…, s'interrompit Alexandra qui venait de saisir ce qu'insinuait son interlocuteur. Vous voulez participer à l'élaboration du scénario, murmura-t-elle.
— Et au casting, et conseiller les costumiers et avoir un droit de regard sur les effets spéciaux… Je veux tout superviser, Alexandra. Vous comprenez maintenant ? Sans oublier les produits dérivés s'il y en a…
— Mais pourquoi ? J'veux dire… il y a des choses dont vous n'avez pas la moindre idée de leur fonctionnement…
— J'apprendrai… Et un dernier point qui n'est pas négociable comme tout le reste… tout se fera ici, au Japon... Il est hors de question que je délaisse ma famille pendant des mois pour travailler à Los Angeles. Nous avons de très bons plateaux de tournage nous aussi…
— Ça risque d'être compliqué de représenter un colisée au Japon vous ne croyez pas ? ironisa-t-elle gentiment.
— Certaines scènes se feront en décors réels, je le conçois… Il faudra les déterminer avec précision de manière à ne pas se déplacer en Italie, par exemple pour le Colisée, plus de fois que nécessaire…
— Vous avez vraiment pensé à tout, sourit-elle franchement, ravie de voir avec quel sérieux Kagami avait exposé ses ambitions pour son œuvre. Je suis admirative, mais même si je suis la patronne, j'ai quand même un conseil d'administration que je vais devoir convaincre…
— Dites-leur ceci… Je suis millionnaire et je n'ai pas besoin d'A.G Entertainment… C'est vous qui êtes venus me voir… J.K. Rowling était aussi très riche simplement avec la vente de ses livres avant qu'Harry Potter ne devienne sept films qui l'ont rendu milliardaire… Je n'ai pas cette ambition, je sais apprécier ce que j'ai sans en vouloir toujours plus… Et je veux que ce soit vous qui supervisiez tout le travail…
— Moi ? Pourquoi ?
— J'vous fais confiance, Alex…, répondit Kagami en la regardant droit dans les yeux.
— J'ai d'autres projets en cours que je dirige…
— Déléguez à vos collaborateurs…, suggéra-t-il, ils sont compétents sinon ils ne travailleraient pas avec vous… Et vous pouvez toujours faire un saut à L.A si c'est indispensable, vous n'êtes pas ma prisonnière…, poursuivit-il son argumentation d'un ton qu'il voulait le plus convaincant possible.
— Et vous êtes sérieux, en plus…, souffla-t-elle abasourdie.
— Je serai là pour veiller au strict respect des exigences de mon client, déclara Midorima qui était fier de voir comment Kagami avait manœuvré, presque comme un avocat.
— Je vois que je me heurte à un mur, reprit Alexandra, et que les négociations semblent terminées…
— Il y a toujours des détails à affiner, fit Midorima, mais dans les grandes lignes c'est ainsi que je rédigerai le contrat qui vous liera à monsieur Kagami avec tout ce qui vient d'être évoqué… Vous pourrez le faire analyser par vos conseillers, bien entendu…
— J'me demande pourquoi j'ai une envie folle d'accepter…
— Parce que j'vous inspire confiance également, dit-il en se levant, signe que pour l'instant, les choses étaient en pause. Contactez votre staff, discutez ou même retournez à Los Angeles, je ne serai de retour que dans un mois…
— Un mois ? Où allez-vous ? Enfin… non désolée, ça m'regarde pas…, s'excusa-t-elle en raccompagnant les deux hommes à la porte de la chambre.
— C'est pas indiscret, je pars en Grèce avec Aomine… Il a toujours voulu visiter ce pays…
— Oh… je vois…, sourit Alexandra. J'ai eu l'occasion de m'y rendre quelques jours pour un tournage, vous n'serez pas déçu… C'est magnifique... Faites un bon voyage…
— Merci… je vous recontacte quand je serai de retour… mais vous pouvez m'envoyer des mails et j'ai pris un forfait international pour mon téléphone… et j'emporte aussi mon pc…
— On fait comme ça… à très bientôt…
Les deux hommes ne dirent pas un mot avant d'être dans la voiture de Kagami. Ils poussèrent un long soupir de soulagement comme s'ils avaient été en apnée tout le temps de ce rendez-vous. Puis ils se mirent à rire nerveusement pour évacuer la pression et le stress éprouvés pendant ces deux heures. Pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il savait d'instinct que c'était elle qu'il fallait pour mener à bien ce projet. Il lui faisait confiance. Il avait l'intime conviction qu'elle allait faire un boulot exceptionnel. Il le lisait dans ses yeux bleus qui brillaient d'excitation. Kagami sentait qu'elle crevait d'envie de faire cette série puisqu'il était désormais convenu que ce serait ça. Mais pourquoi insistait-elle autant ?
— Vous avez été parfait, lui dit Midorima en essuyant ses lunettes tandis que l'écrivain démarrait et sortait du parking de l'hôtel.
— J'en sais rien… mais j'm'attendais à c'qu'elle soit moins conciliante… J'ai peur que ça cache quelque chose…
— Non, je n'pense pas, j'l'ai senti plutôt franche et honnête…
— Pourquoi veut-elle à tout prix faire cette série ?
— Parce qu'elle sent le paquet de dollars qu'elle va se mettre en poche et la notoriété que va en retirer A.G… mais elle ne le dira jamais…
— Elle parle très bien notre langue, mais pas assez pour mentir ou ruser, observa justement Kagami, vous n'avez peut-être pas tort…
— Ce qu'elle veut, c'est votre roman…
— Et moi j'veux partir en Grèce… Établissez ce contrat en bonne et due forme avec tout ce dont nous avons discuté, s'il vous plait…
— Avec plaisir… un de mes confrères est spécialisé dans le droit audiovisuel, je lui demanderai de m'aider…
— Volontiers, son prix sera le mien…
Kagami raccompagna l'avocat à son étude et rentra chez lui. Il croisa madame Yoshino qui venait de terminer le ménage et lui expliqua dans les grandes lignes ce qui lui arrivait. Elle eut un magnifique sourire et lui confia qu'elle allait être grand-mère. Sa fille attendait un bébé pour novembre. Les félicitations fusèrent des deux côtés. En passant dans le salon, il aperçut monsieur Takeda qui taillait les hortensias et les camélias en vue de leur prochaine floraison. Il invita le vieil homme à entrer dans le bureau pour lui parler de son voyage et donc de son absence pendant un mois. Il savait que le printemps qui arrivait allait lui donner un peu plus de travail, aussi lui laissa-t-il un trousseau de clés pour lui permettre de venir même quand madame Yoshino ne serait pas là en se disant qu'il aurait dû le faire depuis longtemps.
C'est à peu près à ce moment-là qu'Aomine rentra. Il semblait mécontent et Kagami lui prépara un café sans rien dire, préférant que son amant se confiât de lui-même. Il avala le contenu de sa tasse d'un coup sans même prendre le temps de l'apprécier. Là, le romancier comprit que c'était plus que de la contrariété. C'était de la colère. Alors il osa.
— Tu veux en parler ?
— À quoi bon…, gronda Aomine en s'installant devant son ordinateur.
— Vide ton sac, ça fait du bien…
— Je travaille avec un nouvel auteur et je n'arrive pas à le convaincre de changer l'approche d'une scène…
— Et c'est important ? Je veux dire… sa façon n'est pas valable ?
— Ça frise le plagiat…
— À c'point ?
— L'histoire en elle-même est géniale, sinon le comité l'aurait rejeté, sauf qu'il veut insérer des puces électroniques sous la peau des personnages qui font partie de l'élite de la société qu'il a créée…
— Où est le plagiat ?
— Le film New York 1997 avec Kurt Russell. Il doit récupérer un type qui a un GPS implanté dans le corps et qui sert de balise. Demolition Man avec Sylvester Stallone et Wesley Snipes. Tous les humains ont une puce électronique greffée au dos de la main et il doit y en avoir d'autre… Le roman Code Binaire s'en inspire et dans Matrix aussi, rappelle-toi quand Trinity débarrasse Néo du traceur qu'il a dans le ventre…
— Moi aussi j'm'en sers… Tous mes gladiateurs sont pucés puisqu'ils sont censés appartenir à un nouveau noble. Et en plus les miennes ont une charge explosive comme dans Suicide Squad. Je sais pas si c'est vraiment du plagiat si tout le monde utilise cette idée… Et tu m'as rien dit à moi… J'vois pas c'qui t'gêne...
Aomine regarda son homme pendant de longues secondes comme s'il avait le nez à la place de la bouche ou si sa tête venait de faire un trois-cents-soixante degrés. Kagami buvait son café en attendant une réaction, mais elle n'arrivait toujours pas. Puis Aomine leva lentement un doigt en l'air, et plongea la main dans sa poche pour en sortir son téléphone.
— Allo, c'est Aomine… désolé pour tout à l'heure, j'me suis laissé emporter par mon enthousiasme… On devrait garder cette approche pour la puce… Oui, j'y ai pensé en rentrant chez moi… J'n'arrête jamais d'être correcteur, vous avez raison… Essayez de trouver un nom original parce que puce c'est très commun finalement… oui, ça c'est pas mal, j'aime bien… Écoutez, vous allez travailler avec Matsuoka puisque je ne serai pas là pendant un mois… C'est ça… Il a été le superviseur de Momoi, vous la connaissez ?... Exactement, je vous laisse entre de bonnes mains et on se revoit bientôt… Merci, c'est gentil… Merci, vous aussi… au revoir…
Et il raccrocha.
— J'ai bien failli faire une conn'rie…, fit-il en souriant à son amant. Qu'est-ce que j'f'rais sans toi, hein ?
— Des conn'ries ? tenta Kagami un rien taquin.
— Tu t'rappelles qu'on part dans deux jours ?
— Mouais… J'ai hâte d'y être, fit le romancier en se levant pour enlacer son homme. Dix-sept heures de vol, ça va être horrible…
— On aura nos pc en cabine, on pourra travailler avant d'être vraiment en vacances, on dormira aussi pour compenser un peu le jet lag…
— Je vois que t'as pensé à tout…
— J'essaie…
Ils s'embrassèrent longuement, en douceur, jouant avec les lèvres de l'autre avant de finalement se séparer lorsqu'ils entendirent entrer madame Yoshino.
— Vous êtes encore là ? fit-elle surprise.
— Ben oui pourquoi ? s'étonna le correcteur.
— Vous ne deviez pas prendre l'avion ?
— C'est après-demain, lui expliqua Kagami. Justement, ne venez plus pendant qu'on s'ra pas là, je vous paierai comme si c'était des congés…
— Mais non voyons, c'est inutile, fit la vieille dame en balayant l'air de la main pour donner plus de poids à son refus.
— Quand allez-vous accepter ce qu'on vous propose sans discuter ? intervint gentiment Aomine en mettant son bras sur les épaules de l'employée et qui n'aimait pas non plus qu'elle décline presque systématiquement ce qu'ils lui offraient tous les deux.
— Vous n'allez pas me payer à rien faire, quand même…, protesta-t-elle encore en attrapant la poubelle du bureau pour la vider.
— Ça s'appelle des congés payés et c'est parfaitement légal… insista Kagami.
— Et on reviendra avant la Golden Week c'qui vous fera une semaine supplémentaire à passer en famille auprès de votre fille enceinte…
— C'est difficile de vous dire non quand vous vous y mettez tous les deux, rouspéta-t-elle pour la forme. C'est d'accord… Mais qui va arroser les plantes ?
— J'ai donné un trousseau de clés à monsieur Takeda… Il prendra aussi le courrier et le laissera à l'intérieur.
— Très bien… Je termine ça aujourd'hui vite fait et je rentre… j'ai de la chance… vous n'êtes pas trop désordonnés, ça va aller vite…
Les deux hommes regardèrent l'employée s'affairer quelques secondes et montèrent dans leur chambre pour vérifier encore une fois les valises qu'ils allaient emporter. Depuis plusieurs jours, ils surveillaient la météo sur la région pour savoir quels vêtements ils allaient prendre. A priori, le temps allait être calme, mais un peu frais avec peut-être quelques ondées. Il leur suffira de s'habiller en conséquence. Ils avaient engagé un guide qui parlait anglais et qui leur servirait également de chauffeur. Kagami voulait faire de ce voyage quelque chose d'inoubliable pour Aomine qui désirait s'y rendre depuis si longtemps.
Le lendemain était le vingt mars. Deux ans plus tôt, ils avaient échangé leur premier baiser et Kagami avait fait un malaise qui lui avait valu quarante-huit heures d'hospitalisation. En fait, ils s'étaient embrassé le seize, mais c'était le vingt qu'ils avaient fait l'amour pour la toute première fois. Il considérait donc cette date comme leur anniversaire. L'an dernier, ils avaient passé une semaine dans un hôtel avec des sources chaudes et cette année, ils étaient en train de préparer leur voyage en Grèce. À chaque fois, ils étaient montés d'un cran pour fêter l'évènement. Que feraient-ils l'an prochain ? Un tour du monde ?
Tout était prêt. Les valises, les passeports, les ordinateurs. Ils avaient opté pour des billets open ainsi, ils avaient la possibilité de revenir quand ils en avaient envie. Et ils avaient décidé de rester environ un mois. Ils allaient s'envoler de l'aéroport de Narita pour Londres et ensuite de Londres ils se rendraient à Athènes. En tout ils en avaient pour au moins dix-huit heures de voyages, mais ça valait le coup. Aomine avait acheté un caméscope et un appareil photo numérique réflex. Il avait voulu ce qu'il y avait de mieux pour faire des photos et des vidéos inoubliables. Kagami avait également pris un petit dictionnaire japonais grec pour connaitre quelques mots histoire de ne pas passer pour des sauvages. Leur guide sera là pour les aider, heureusement. Les tentatives de prononciation via l'application de leurs téléphones furent de sacrées parties de fous rires.
À mesure que le moment du départ approchait, le temps semblait ralentir sa course. Aomine trépignait, Kagami souriait de le voir faire. Il n'avait jamais eu autant envie de faire un voyage, mais il comprenait son amant. Pour lui, c'était un rêve qui allait se réaliser. Et lui ? Quel pays aimerait-il vraiment visiter au point de presque en faire une fixation ? Les États-Unis ? Il connaissait. Pas tout, mais un peu. La France ? Il y était déjà allé aussi et ça ne lui déplairait pas d'y retourner. L'Italie ? Il aurait probablement l'occasion de s'y rendre pour faire les repérages de sites pour la série avec Alexandra. L'Égypte ? Pourquoi pas le Pérou pour voir le Machu Picchu ? La Hollande avec tous ses canaux ? Le monde était si vaste. On avait la fausse impression d'y avoir accès en totalité grâce à la télévision et Internet, mais en réalité, il était trop immense si on voulait le voir de nos propres yeux ou bien il fallait passer sa vie en voyage sans jamais se poser quelque part.
Peut-être que la proximité de leur départ les avait mis dans un état d'excitation extrême, mais la veille, ils firent l'amour avec tant de passion qu'ils crurent bien ne jamais redescendre de leur petit nuage. Quelques heures plus tard, le taxi les conduisait à l'aéroport international de Narita. Ils s'offraient un magnifique cadeau pour leurs deux années ensemble…
Le soleil de Grèce semblait avoir une étrange luminosité, différente du Japon. Mais ce n'était qu'une impression due au fait de savoir qu'on est de l'autre côté de la planète. L'air aussi paraissait avoir une odeur singulière. Après avoir récupéré leurs bagages, Aomine et Kagami se dirigèrent vers la sortie. Le hall était immense, mais quand on vient de Narita, il en faut plus pour être intimidé. Kagami donna un léger coup de coude à son compagnon pour lui faire remarquer un homme qui tenait un panneau où était écrit son nom en japonais et en alphabet latin. Leur guide. Le romancier lui fit un signe de la main et la personne lui sourit. Il n'y avait pas beaucoup de voyageurs japonais, il y avait peu de risque pour qu'il les confonde.
— Monsieur Kagami ? Je suis Cassios Daskalaki (1), votre guide, fit l'homme à la musculature impressionnante et avec un terrible accent grec. J'ai été délégué par mon agence que vous avez contactée sur le site…
— Oui, enchanté, voici mon… mon compagnon, Aomine Daiki…
— Ravi de vous connaitre, monsieur Daiki…
— Non, son nom de famille c'est Aomine, rectifia Kagami en souriant.
— Ah désolé… Monsieur Aomine… Bienvenus en Grèce… Suivez-moi, je vous emmène à votre hôtel.
Le trajet jusqu'à l'Electra Metroplis dura environ quarante-cinq minutes. L'avion avait atterri un peu avant midi et il y avait de la circulation. Pendant le chemin, Kagami avait discuté avec Cassios de ce qu'il souhaitait visiter avec Aomine. En fait c'était surtout lui qui voulait voir certains lieux. Mais il s'inquiéta surtout de savoir si rester avec eux pendant au moins un mois ne lui posait pas de difficultés familiales. Le brave homme répondit que vu ce qu'il était payé, sa femme l'avait poussé dehors en lui disant d'aller travailler ce qui fit rire ces passagers. Kagami lui avait demandé de demeurer avec eux tout le temps de leur séjour et il lui avait également réservé une chambre dans le même hôtel. Quant à la voiture, ce n'était pas la berline luxueuse. Juste une Audi Q7 grise haut de gamme et très confortable. Cassios ne tarissait pas de qualificatifs et de superlatifs la concernant. C'était surtout les termes "magnifique, puissante, splendide" qui revenaient souvent.
Arrivés à l'hôtel, Aomine et Kagami laissèrent les grooms s'occuper de leurs valises ainsi que du sac de Cassios. Un chauffeur vint prendre la voiture pour la garer et après s'être donné rendez-vous au restaurant le soir, chacun gagna sa chambre. Aomine et Kagami ouvrirent de grands yeux devant le luxe de leur suite. Il y avait un immense lit modèle king size, des chevets bien sûr, et une commode, un vaste placard. Et tout le linge était aux couleurs de la Grèce, blanc et bleu. La salle de bain était en marbre, les deux canapés du petit salon étaient en suédine également dans des tons de bleus avec des coussins décoratifs. Les murs étaient tapissés de blanc avec une frise géométrique typique dorée. La baie vitrée s'ouvrait sur un balcon dont la vue donnait directement sur l'Acropole et le Parthénon. Aomine sortit et mit ses mains sur sa bouche.
— J'arrive pas à y croire, murmura-t-il les yeux brillants de larmes d'émotions.
— Tu peux, fit Kagami qui l'avait suivi et qui l'enlaça en posant son menton sur son épaule.
— C'est le premier que je veux visiter…
— Tout c'que tu voudras… On a tout notre temps… On a une belle liste de sites à voir…
— Je réalise un rêve…
— Moui… ça fait du bien parfois… On devrait essayer de dormir une heure ou deux pour tenter de se caler à l'heure d'ici…
— Je sais pas si j'vais y arriver, j'suis trop excité…
— Excité ? Ça tombe bien… Viens un peu par là… t'auras sommeil après…, sourit le romancier en le tirant vers le lit.
Après une étreinte aussi intense que passionnée, ils s'endormirent jusqu'à l'heure du repas. Ils retrouvèrent leur guide qui les emmena dans un petit restaurant qui servait une cuisine locale délicieuse. Il leur avoua qu'il y avait diné plusieurs fois avec sa femme. Ils parlèrent surtout des lieux que les deux hommes voulaient visiter et Cassios leur en conseilla plusieurs sur Athènes et sa région. En dehors de l'Acropole et du Parthénon, il y avait le temple de Zeus Olympien, le musée de l'Acropole qui regorgeait de vestiges comme des statues ou des céramiques sur lesquelles étaient représentés des dieux ou des déesses, des athlètes en actions ou encore des héros en guerriers. Il y avait aussi l'Agora d'Athènes et tellement d'autres endroits. Il y en avait une en particulier qu'Aomine voulait visiter, c'était le temple de Poséidon, Dieux des Sept Mers au Cap Sounion. Bien sûr, il ne s'agissait que de quelques colonnes encore debout ou couchées en haut d'une colline qui tombait presque à pic dans la mer Égée, mais il y avait beaucoup de légendes qui couraient à son sujet, dont une qui disait que la Déesse Athéna avait créé une prison au pied de la falaise et qu'elle y enfermait ses ennemis qui mourraient noyés quand de petites marées se produisaient et inondaient la cellule. Après tout, c'était la faute de Poséidon qui n'avait qu'à empêcher l'eau de monter. Sympathique Déesse, non ? Si nous devions emprisonner tous les gens qui nous tapent sur les nerfs, il n'y aurait plus personne en liberté sur Terre.
Les premiers jours s'écoulèrent ainsi, à s'étourdir de visites. Aomine était comme un gosse dans un parc d'attractions. Il avait l'appareil photo en permanence collé à l'œil ou à bout de bras. Et Kagami s'était improvisé cinéaste en filmant tout ce que son homme lui demandait. Le soir dans leur chambre, ils transféraient les photos et les vidéos sur leurs ordinateurs et les mettaient à recharger. Et le lendemain, ils étaient prêts pour une nouvelle journée de visite. Ils en profitaient pour acheter des souvenirs également. Malheureusement, il fallait songer au poids des valises pour le vol de retour. Ce n'était pas facile de se décider. Ils avaient également envoyé des mails à leurs amis avec quelques photos. Kuroko leur en renvoya une de lui et Ogiwara au Cap Sounion presque identique à la leur. Ce devait être un endroit du Cap particulièrement prisé des touristes puisqu'il était possible d'avoir en arrière-plan le temple dans sa presque totalité.
Ils s'étourdissaient aussi d'amour. Tous les quatre ou cinq jours, ils faisaient une pause et passaient la journée à l'hôtel, au lit, au spa ou bien ils profitaient des avantages de l'établissement en matière de massage et de relaxation. Ces jours-là Cassios retournait voir sa famille avant de repartir plus loin dans le pays. Ils avaient encore tellement d'autres villes à visiter. Corinthe, Sparte, Delphes, Thèbes… Ils allèrent jusqu'à la ville d'Olympie et se rendirent également sur l'ile d'Ithaque dont Ulysse, un des héros de la guerre de Troie, fut le roi d'après la légende. C'était un lieu paradisiaque accroché entre ciel et mer avec un relief montagneux. Les eaux étaient d'une limpidité irréelle. Le vert des forêts était brillant, le sable des plages d'un blanc éblouissant. Aomine et Kagami s'extasiaient de tout. Ils croyaient avoir vu le plus beau, mais ensuite, ils découvraient autre chose d'encore plus magnifique. Et Cassios n'avait de cesse de leur raconter les histoires, les mythes et les légendes de son pays qui étaient parvenus jusqu'à nos jours. Kagami songea que la Grèce pourrait avoir de splendides paysages pour la série du Prix de la Liberté. Un vrai Colisée n'était pas indispensable puisqu'il s'agissait de spatioarènes et donc de décor en studio. Se rendre en Italie ne serait peut-être pas nécessaire finalement. Et ainsi, ils pourraient revenir avec Aomine pour découvrir ce qu'ils n'auraient pas pu visiter pendant ce premier voyage.
Ces quatre semaines passèrent comme dans un rêve. La veille du départ, ils avaient l'impression d'être arrivés seulement deux jours plutôt malgré tout ce qu'ils avaient vu. Le retour se ferait avec une escale à Pékin et toujours au moins dix-huit heures de vol. Ils invitèrent Cassios et son épouse au restaurant pour se faire pardonner d'avoir accaparé son mari si longtemps. La soirée fut très agréable avec Kagami et Cassios qui s'étaient improvisés interprètes. Il y a eu cependant un petit évènement auquel personne ne s'attendait. Deux ravissantes jeunes femmes dans la trentaine s'approchèrent timidement de la table des deux couples et attirèrent leur attention. L'une d'elles s'adressa à eux en grec que traduisit le guide.
— Oh… ça alors… Elle voudrait savoir si vous êtes l'écrivain Mori Tora ? expliqua-t-il en montrant sur le téléphone qu'elle lui tendait, une photo de la couverture du roman.
Kagami ouvrit de grands yeux et même s'il avait envie de dire non, que ce n'était pas lui, la jeune femme fit glisser l'image et le dos du livre où il y avait la photo de l'auteur apparut. Impossible de nier. Il acquiesça de la tête et sourit. Et bien évidemment, il eut droit à un petit cri de joie et une demande selfie. Il accepta de bon cœur sous le sourire fier de son homme et amusé du couple Daskalaki. Les deux jeunes femmes se permirent même de l'embrasser sur la joue. C'était la première fois qu'il était reconnu dans la rue. Au Japon, ça ne lui était jamais arrivé, pourtant il ne sortait pas avec une perruque, une casquette et des lunettes noires. Peut-être que ces fans étaient trop timides pour l'aborder et il y avait aussi une différence de culture. Elles lui confièrent qu'elles suivaient également la série animée qui passait sur une des chaines de la télévision grecque et qu'elles adoraient, qu'elles trouvaient que c'était beau et bien dessiné. Il faudra qu'il songe à le dire à Sakurai, ça lui fera plaisir. Maintenant, elles attendaient la sortie du troisième tome avec impatience et elles voulaient savoir s'il avait déjà une idée de son prochain projet, ce à quoi il répondit que c'était un secret.
Le lendemain Cassios les conduisit à l'aéroport et les adieux n'en finissaient plus. La jovialité méditerranéenne n'était pas une légende, elle. Kagami lui promit de refaire appel à lui s'ils devaient revenir en Grèce. Ils se séparèrent et montèrent dans l'avion. Dix-huit heures plus tard, ils atterrissaient à Narita cette fois.
— J'ai adoré, mais ça fait du bien de rentrer à la maison, soupira Aomine en refermant la porte de la demeure.
— Je suis bien d'accord… Mais qu'est-ce que c'était génial ! s'exclama Kagami en s'asseyant dans le canapé.
— Je veux prendre une douche et dormir…
— Moi d'abord…
— Ensemble ?
— Ensemble…
Douche qui finalement fut un bain à remous. Après tout, il n'y avait rien de mieux pour détendre et délasser les muscles. Ils se remémorèrent ce voyage en pensant à toutes les photos et les vidéos qu'ils avaient ramenées et les petits cadeaux. Kagami en avait même pris un pour Alexandra. Ils défirent leur valise, remirent leurs ordinateurs à leur place, rangèrent leurs vêtements, mangèrent un morceau et s'écroulèrent de fatigue dans leur lit. Kagami s'endormit presque tout de suite, mais pas Aomine. Il n'était que onze heures du soir et il aura bien le temps de faire une grasse matinée le lendemain. Il descendit dans le bureau et alluma son pc. Il ouvrit un fichier qui s'appelait RNH. Il relut les dernières lignes et il se mit à pianoter.
Depuis plus de deux ans qu'il était le correcteur de Kagami, il avait fini par avoir envie d'écrire une histoire lui aussi. Alors il avait commencé par monter une trame qu'il avait détaillée de plus en plus finement pour arriver au stade de la rédaction. Il savait parfaitement ce qu'il fallait faire pour créer un roman. Il l'avait envoyé régulièrement à Harasawa dont il voulait qu'il soit son superviseur. Et seulement lui. Il n'en avait pas parlé à son amant parce qu'il souhaitait lui faire une surprise. Il avait toujours dit qu'il n'était pas capable d'inventer une histoire et de la développer, qu'il était meilleur dans le rôle de correcteur. Pourtant, quelque chose l'avait poussé à enfiler son costume de romancier. Il savait qu'il était loin de ce Kagami écrivait ou même Momoi ou Harasawa, mais cette idée lui trottait dans la tête depuis un certain temps déjà et elle se faisait insistante. Et par expérience, il savait qu'il fallait qu'elle sorte avant de le rendre fou. Il finit par aller se coucher, le sourire aux lèvres…
Quelques jours plus tard, Kagami reçut un appel d'Alexandra qui était rentrée à Los Angeles pour informer son conseil d'administration du désir de Kagami de faire une série. Faute de quoi, il ne travaillerait pas avec eux. Et un autre studio pourrait bien lui faire une offre plus alléchante. Il fallait donc prendre rapidement une décision. Le contrat envoyé par Midorima fut examiné à la loupe jusqu'à la ponctuation. Et force fut de constater qu'il n'y avait rien à renégocier. A.G Entertainment n'avait pas d'autre choix que d'accepter sinon, la poule aux œufs d'or pourrait bien aller pondre dans un autre poulailler.
La productrice lui confirma que toutes ses exigences avaient été entérinées. Il n'y aurait que pour le casting qu'il faudra qu'il aille à Los Angeles, mais il y en aura également un au Japon puisque l'auteur voulait des acteurs représentant de nombreuses ethnies. Ceux qui postuleront pour les rôles n'allaient pas venir au Japon au risque de ne pas être choisi ce que Kagami comprit parfaitement. Il promit à Aomine de l'appeler tous les jours en visio ainsi qu'à son père qui n'en finissait plus d'être fier de son fils. Cette fois ce fut Aomine qui l'accompagna à l'aéroport d'Haneda. Il avait envie d'aller avec lui, mais il y avait deux auteurs qui avaient besoin de ses compétences et il voulait poursuivre son roman. Que Kagami soit à l'étranger lui permettrait d'écrire sans avoir la crainte qu'il le voie sinon sa surprise tomberait à l'eau.
Kagami fut immédiatement sollicité par les membres du staff qu'Alexandra avait sélectionné. Ils allaient devoir travailler sur deux fronts. Le scénario d'abord pour commencer à avoir des scènes que les acteurs qui se présenteraient pour le casting pourraient interpréter afin de montrer qu'ils étaient celui ou celle qu'il fallait pour le rôle. Le romancier découvrit un monde qui semblait œuvrer dans le plus grand désordre alors que tout était parfaitement organisé. C'était tout nouveau et très enrichissant. Très différent de la série animée également.
Au bout d'un mois, trois scripts avaient été écrits. Les deux hommes qui avaient travaillé avec Kagami ne tarissaient pas d'éloges sur sa façon de bosser rapide et rigoureuse. Ils allaient pouvoir commencer les auditions. Mais avant ça, Kagami repartit huit jours au Japon avant de revenir pour poursuivre. C'était dans le contrat et il comptait bien en profiter. Chez lui, avec Aomine, ils avaient fait l'amour à chaque fois qu'ils avaient une heure ensemble. Une heure c'était court, mais c'était fort. Ce fut comme ça qu'ils réussirent à tenir le coup pendant presque vingt semaines au bout desquelles le tournage proprement dit allait commencer au Japon. Deux mois environ seraient nécessaires pour produire le pilote de la série. Plusieurs chaines de télévision nippones étaient intéressées pour le diffuser et Alexandra avait su faire monter les enchères. Les retombées allaient être colossales.
Entre-temps, Aomine avait terminé son roman. Harasawa l'avait supervisé et l'avait trouvé magnifique. Il attendait le feu vert de son correcteur pour lancer l'impression et la distribution. Kise l'avait lu et il avait adoré. Il savait déjà comment il allait organiser la campagne promotionnelle. Il n'y aurait pas de tournée de dédicaces parce qu'Aomine était un inconnu en tant qu'écrivain, mais le livre allait très bien se vendre. Les histoires d'amour faisaient toujours recette.
La diffusion du pilote battit des records d'audience. Japan Islands TV (2) était celle qui avait mis le plus d'argent sur la table pour diffuser la série si le pilote dépassait les vingt pour cent d'audience en seconde partie de soirée. Il était monté jusqu'à trente-et-un. C'est ce qui enclencha la machine pour tourner les épisodes suivants bien qu'ils fussent déjà commencés. Alexandra n'avait pas douté du succès et elle avait ordonné que les réalisations se poursuivent avant même de connaitre le taux d'audience du pilote.
Le lendemain de la première diffusion, Alexandra appela Kagami pour lui faire part des taux faramineux du pilote. Elle avait rarement vu ça. De son côté, Aomine était ébloui par la qualité de l'épisode. Les acteurs étaient parfaits, les effets spéciaux stupéfiants, les décors magnifiques, les costumes splendides. Et l'histoire était très bien respectée malgré quelques modifications. Pas de doute, l'auteur était à la manœuvre. Ses amis avaient téléphoné, enthousiasmés et son père ne trouvaient plus ses mots. Même Akashi l'avait appelé pour le féliciter.
Quelques jours plus tard, Aomine lui remit un manuscrit qu'il lui demanda de lire sans poser de question. Ce qui bien évidemment ne manqua pas d'intriguer Kagami. Plus il avançait dans sa lecture, plus il souriait. Le style était simple, précis. Il y avait de belles tournures de phrases et de la poésie. Des rebondissements bien décrits, de l'érotisme aussi. Kagami trouva l'histoire très belle et pleine d'espoir. Et familière...
— Tu vois ? Toi qui disais que tu ne savais pas écrire, tu te trompais…
— Y a rien d'autre qui… qui t'intrigue ?
— Le nom ? Ideo Minaki c'est une anagramme de ton nom, c'est ça ?
— Regarde, fit Aomine en lui désignant un fichier sur le bureau de son ordinateur.
— RNH ? Qu'est-ce que c'est ?
— T'as lu ce roman sans même connaitre le titre ? rit franchement le correcteur.
— Un titre, ça vient parfois à la fin…
— Non, pas celui-là… C'est son nom depuis le début…
— Et c'est quoi ?
— RNH… le Roman de Notre Histoire…, prononça Aomine en détachant chaque mot.
— C'est notre histoire que t'as écrite ? s'étonna Kagami.
— T'as pas vu les similitudes ? s'exclama Aomine qui n'en revenait pas. T'as vraiment pas fait l'rapprochement ?
— Ben non, j'ai trouvé que c'était très beau bien écrit… J'ai lu au premier degré, j'ai pas analysé… preuve que personne ne songera qu'c'est nous surtout avec les scènes érotiques que t'as mises dedans… Mais maintenant qu'tu le dis… C'est vrai que ça m'interpellait... la scène dans la buanderie sur la machine à laver à l'essorage, ça aurait dû me parler… le banc d'musculation dans l'remise… dans l'onsen de l'hôtel l'an dernier… là, sur le balcon face au Parthénon là j'aurais dû comprendre… c'est vrai qu'ça m'parlait…, rit-il de bon cœur.
— Si j'te connaissais pas j'aurais pu me vexer que t'aies oublié tout ça, rétorqua Aomine d'un ton faussement réprobateur.
— Non, je me souviens très bien de tout ça… J'ai juste pas fait le rapprochement, c'est tout… Mais attends un peu… Y a un mariage à la fin ! tressaillit le romancier.
— Oui, le nôtre… Le seul qui peut me rendre heureux, c'est toi… Kagami Taiga, veux-tu m'épouser ?
Fin.
(1) Ce prénom grec Cassios rappellera peut-être des souvenirs à certains lecteurs. Sinon, il suffit de me demander. ^^
(2) Cette chaine de télévision n'existe pas.
Eh bien voilà !
Cette histoire est terminée. J'espère qu'elle vous aura plu. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire et à la partager malgré quelques soucis qui m'ont assez affecté et un site au fonctionnement de plus en plus lamentable.
Je tiens une fois encore à remercier Futae qui a su consacrer du temps à l'analyse et la correction de cette fanfiction. Même si nous n'avons pas toujours été d'accord et s'il y a eu un flottement dans notre relation, nous avons su nous comprendre et c'est oublié. Merci de tout mon cœur pour tout ce que j'ai appris avec toi et pour les progrès que j'ai faits. J'essaierai d'appliquer tout ça dans mes prochains récits… Ce ne sera pas forcément du Kuroko no Basket…
Merci également à ceux qui ont suivi cette petite aventure sans prétention, merci de l'avoir lue et d'avoir laissé vos commentaires. Je suis contente de voir que je suis encore capable d'écrire une histoire qui suscite un peu d'intérêt. C'était une forme de défi pour moi après toutes ces années passées loin du monde de la fanfiction pour des raisons de santé. J'ai toujours envie d'écrire et je pense qu'il y aura d'autres histoires. Pas forcément sur KnB, après tout ce n'est pas le seul manga qui existe, heureusement…
Si certains lecteurs laissent des reviews sans être connectés, je mettrai mes réponses ici, à la fin de ce chapitre en modifiant le fichier. Il vous faudra revenir pour la lire.
Encore une fois, du fond du cœur, MERCI.
Réponses aux commentaires des lecteurs non connectés
Shadow : merci d'avoir été fidèle à cette fic jusqu'au bout. Effectivement ce sera une adaptation en série pour le roman de Kagami. Ça permettra de rester au plus près de l'histoire. Quant à la suite, je la laisse à l'imagination des lecteurs. Si j'ai pu faire en sorte que tu t'évades un peu, j'en suis très heureuse. Après tout, c'est un peu le but d'un auteur que de permettre aux lecteurs de s'échapper un peu du quotidien. Encore merci de tout mon cœur d'avoir été là jusqu'à la fin.
Daniela : merci pour ton commentaire sur ce dernier chapitre. Tu as un sens analytique qui me plait beaucoup. Tu y décèles des messages que j'aurais fait passer inconsciemment et c'est assez surprenant surtout que c'est involontaire. Tu as aussi une vision assez semblable de celle d'Arakys sur certains points comme le plagiat et les adaptations en films ou en séries d'oeuvres littéraires. C'est vrai que parfois c'est très loin d'être une réussite et on pourrait en débattre pendant des heures. Aomine avait toutes les raisons du monde pour écrire un roman.
Saint Seiya est effectivement mon manga préféré et il m'arrive d'y faire allusion dans certains de mes textes. Tes compliments sur la qualité de mon histoire me touchent profondément. Merci beaucoup.
