Après déjeuner

Harry Potter s'adossa à sa chaise et regarda nerveusement tout autour de la large salle de réception. Les jeunes serveurs et serveuses, la plupart n'ayant pas encore la vingtaine, s'activaient pour terminer de débarrasser les dernières assiettes à dessert de la table d'honneur. Le déjeuner de mariage était terminé.

Le soleil de la fin d'été affluait des fenêtres à sa gauche. Le brouhaha de multiples conversations animées se tenant autour de la douzaine de grandes tables rondes devant lui augmentait de volume. De nombreux invités étaient debout, discutant avec de vieux amis. Au fond de la salle, il remarqua Katie Bell. Elle se tenait entre Dennis Creevey et Alicia Spinnet et, à la façon dont ses mains bougeaient, il semblait qu'il s'agissait d'une discussion sur le Quidditch. Il y avait plus d'une centaine de personnes dans la pièce, et Harry en connaissait la plus grande partie.

Il détourna les yeux de la masse bavarde au fond de la salle et regarda les quatre tables directement devant lui. C'étaient les tables pleines d'inconnus.

Ils lui avaient été présentés lorsqu'il était entré dans la salle, mais il ne pouvait se souvenir que de deux noms. Le grand homme chauve était l'Oncle d'Hermione George, le frère de sa mère. Ce n'était que parce qu'il était tellement différent de George Weasley que Harry était parvenu à se souvenir de son nom. Le jeune homme prétentieux assis à deux sièges de l'Oncle George était son fils aîné, Steve. Il avait les cheveux sombres avec les pointes blondes, coiffés en pointes à la cire. Steeve était 'trader en bourse', quoi que cela signifie. Il était au milieu de la vingtaine et prétendait être extrêmement riche. Il avait demandé à Ginny si elle voulait faire un tour dans sa Porsche.

"Est-ce que c'est une voiture ?" avait demandé Ginny avant de l'ignorer. Steve avait pensé que sa question était un trait d'humour.

Malgré son échec initial, Steve avait continué de suivre Ginny. Il avait continué à se pavaner et à essayer de lui parler. Elle lui avait agité sa bague de fiançailles sous le nez et suggéré qu'il se trouve une autre fille, mais cela ne l'avait pas refroidi.

Ginny avait alors commencé à l'encourager. Harry savait ce que cela signifiait : problèmes en vue ! Elle avait offert à Steve l'opportunité de faire machine arrière et il ne l'avait pas saisie. Elle allait l'humilier publiquement à la première occasion. Normalement, Harry se serait contenté de regarder amusé, mais en ce jour particulier, il ne voulait pas que sa fiancée notoirement fougueuse ne fasse un esclandre. Ginny pouvait être cruelle envers les gens qui la harcelaient.

Harry regarda sur sa droite, vers les quatre tables pleines de Weasley et de Prewett. La famille immédiate de Ron et Ginny remplissaient la table la plus proche.

Visage balafré et cheveux en catogan, Bill se détendait adossé à sa chaise, il observait Ron et souriait. La chaise à droite de Bill était vide à sa gauche était assise sa femme, Fleur, qui était immanquablement et radieusement enceinte. À côté de Fleur, émettant un tas de couinement ridicules haut perchés, se trouvait Charlie. Sa nièce de deux ans, Victoire, l'occupante de la chaise vide, était assise sur les genoux de son Oncle Charlie et le piquait du doigt. La petite fille riait de gloussements stridents à chaque bruit curieux que Charlie faisait. À côté de Charlie, clignant rapidement des yeux derrière ses épaisses lunettes et semblant aussi guindée et mal à l'aise que lors de son propre mariage l'année dernière, se trouvait la femme de Percy, Audrey. Son mari l'ignorait il contemplait de l'autre côté de la salle les tables remplies de Moldus et semblait encore plus sérieux que d'ordinaire.

Angelina Johnson, d'apparence aguichante, était assise entre Percy et George. Le fait qu'Angelina sorte toujours avec George après plus d'un an avait surpris tout le monde du moins tout le monde sauf Ginny, qui avait gagné dix Gallions dans le pari familial des Weasley sur la durée de la relation George/Angelina, qui avait désormais battu tous les records. George était détendu, ses doigts entrelacés avec ceux d'Angelina et un grand sourire sur son visage. George portait la cravate ('explosion dans une usine de peinture', Ginny l'avait baptisée) que sa mère lui avait interdit, sous aucun prétexte, de porter au mariage de son plus jeune frère. Il croisa le regard de Harry et fit un clin d'œil. Harry sourit en réponse puis regarda au-delà vers les tables pleines de la famille plus distante de Ginny. Il essaya de se souvenir de certains de leurs noms il le devait, car il serait forcé de défiler devant eux plus tard.

Plus loin au fond de la salle, derrière les huit tables familiales, se trouvaient cinq tables supplémentaires remplies d'amis et de collègues. Tandis qu'il regardait vers le fond de la pièce, Harry repéra Neville Londubat. Il était assis entre Hannah Abbot et Luna Lovegood. Neville croisa le regard de Harry, inclina la tête vers le centre de la table et sourit. Les tables étaient toutes débarrassées, le déjeuner de mariage était terminé et le temps des discours était enfin arrivé.

Harry prit une gorgée de champagne de son verre et se leva, regardant ce faisant le long de la table d'honneur.

Mme Weasley, assise à côté de lui, leva rapidement les yeux et lui offrit un petit sourire d'encouragement. Mr Granger, à côté de Molly, passait nerveusement ses doigts dans ses cheveux crépus en relisant les notes de son discours. Assise à la place d'honneur, Hermione avait l'air radieuse dans sa robe blanche sans bretelles elle avait tourné le dos à Ron et chuchotait rapidement des conseils à son père. Le nouveau mari d'Hermione, qui avait été plutôt mal à l'aise avec son haut de forme et sa queue de pie, était bien plus à son aise maintenant qu'il les avait laissés à la garde-robe de l'hôtel. Cela avait fait rire Ron ! Si l'hôtel avait une garde-robe, pourquoi ne pouvait-il pas porter des robes ?

Ron regardait simplement avec une admiration extatique les épaules d'Hermione, avec l'air de quelqu'un qui ne pouvait croire à sa bonne fortune. Mme Granger, à droite de Ron, tournait le dos à Harry. Elle écoutait Mr Weasley qui lui parlait avec enthousiasme et excitation. Ginny était assise à l'autre bout de la table, essayant d'interrompre son père. Harry suspectait que la conversation d'Arthur portait sur les voitures qui les avaient amenées de l'église des voitures propulsées non pas par magie mais, comme l'avait dit Arthur, par de la 'technologiquerie Moldue.'

Bien que Ginny soit à la table d'honneur, elle était aussi éloignée de Harry que possible. Harry avait essayé de persuader Hermione de les laisser s'asseoir ensemble, mais il avait vu le reflet d'acier dans les yeux de son amie quand elle lui avait rappelé que cela allait être un mariage Anglais traditionnel, avec un plan de la table d'honneur traditionnel. Il avait reconnu ce regard, il connaissait Hermione depuis onze ans, après tout, il n'allait donc pas lui demander à nouveau.

Les cheveux rouges vifs de Ginny étaient noués en un nœud ornemental maintenu en place par des fleurs blanches. Harry préférait d'ordinaire ses cheveux lâchés. Aujourd'hui cependant, alors qu'ils avaient suivi Ron et Hermione depuis l'église, il s'était trouvé fasciné par les grains de beauté sur sa nuque. Il avait l'intention de les embrasser plus tard.

Ginny croisa son regard et arbora son air 'innocent'. Elle se pencha derrière son père, mit son bras sur le dossier de la chaise de ce dernier et se pencha en direction de Harry, lui offrant (délibérément, cela ne faisait aucun doute) une vue imprenable sur son décolleté. Elle se rassit, perturbant ses rêves éveillés, puis lui sourit et lui fit un clin d'œil. Harry se souvint de ce qu'il était censé faire et se tourna pour faire face à la salle qui devenait peu à peu silencieuse.

"Mesdames et Messieurs," dit-il fortement. Il attendit que les derniers murmures s'évanouissent et observa Michael Corner, Katie Bell et Parvati Rathod retourner précipitamment à leurs places.

"Mesdames et Messieurs," dit-il à nouveau, "le père de la mariée."

Il se rassit rapidement tandis que Mr Granger se mettait nerveusement debout sous des applaudissements épars.

"J'aimerais vous remercier tous d'être venus," commença le père d'Hermione. "Nous avons des invités de toute la Grande-Bretagne et d'Irlande, et quelques-uns de bien plus loin encore : de Roumanie" (Charlie Weasley et Justin Finch-Fletchley sourirent), "et d'Amérique du Sud." (Luna leva les yeux, surprise). "Merci de vous être joints à nous pour célébrer le mariage de ma fille…"

Harry plongea la main dans la poche de poitrine intérieure de sa veste queue de pie. Il l'avait accroché au dossier de sa chaise plutôt que de la remettre au vestiaire, car elle contenait les notes de son propre discours. Ses doigts effleurèrent sa baguette avant de trouver ses notes. Dépliant des morceaux de parchemin, il relut nerveusement les notes de son discours, n'écoutant qu'à moitié ce que disait Mr Granger.

Les mots "… ma magnifique fille…" déclenchèrent des sifflets de Charlie et George Weasley et de Seamus Finnigan et Dean Thomas apparemment éméchés au fond de la salle, qui ramenèrent Harry au discours du père de la mariée.

"Je n'étais pas certain de savoir à quoi m'attendre,' disait Mr Granger, "quand Hermione a gagné sa bourse d'étude pour le Collège Poudlard."

Les parents Moldus, remarqua Harry, écoutaient attentivement. Il se demandait quelles histoires les Granger avaient racontées à la famille curieuse au fil des ans.

"Nous perdions notre fille neuf mois par an dans un pensionnat. Mais elle semblait s'épanouir. Chaque année nous recevions des bulletins élogieux. Chaque année elle était première de son année dans la plupart des matières. En grandissant elle a été nommée Préfète, puis Préfète en Chef. Elle nous manquait, mais l'école semblait lui avoir fait le plus grand bien. Ta mère et moi sommes fiers de toi, Hermione."

Mr Granger s'interrompit, sourit à sa fille aux joues roses et prit une gorgée de champagne.

"Quand elle est partie pour l'école, Hermione était une petite fille autoritaire."

"Impossible !" annonça Ron en feignant l'étonnement, entraînant les rires.

"Autoritaire, et très intelligente," poursuivit Mr Granger, souriant à l'interruption.

"L'école lui a fait du bien, elle s'y est fait énormément d'amis, et beaucoup sont ici aujourd'hui."

Il y eut de fortes acclamations au fond de la salle tandis que la Maison Gryffondor et l'Armée de Dumbledore faisaient connaître leur présence.

"L'un d'eux, évidemment, est assis à côté d'Hermione en ce moment.

J'aimerais souhaiter à Ron la bienvenue dans notre famille. Lui et Hermione sont ensemble depuis quatre ans, bien qu'ils aient été amis depuis bien plus longtemps encore. Ils se sont désormais engagés l'un envers l'autre pour la vie. Je suis certain que, après tout ce temps, ils savent tous les deux à quoi ils s'engagent. Tous deux ont un bon travail, de bons amis et le soutien de leurs familles. Ma femme et moi leur souhaitons à tous deux bonne santé et tout le bonheur dans leur future vie commune. Mesdames et Messieurs, je vous remercie de bien vouloir lever vos verres."

Le père d'Hermione s'interrompit. Harry se joint à tout le monde en se levant il se tourna vers ses amis et leva son verre en célébration de Ron et d'Hermione.

Ron aussi avait commencé à se mettre debout. Hermione avait agrippé l'arrière de son veston et l'avait brutalement tiré sur sa chaise alors que son père prononçait le toast traditionnel.

"Hermione et Ron, la mariée et le marié."

Des appels à "la marié et le marié" ou à "Ron et Hermione" résonnèrent à travers la pièce.

Mr Granger se rassit sous les applaudissements, un air de soulagement sur le visage, et Hermione embrassa son père sur la joue.

Tandis que tout le monde se rasseyait, Harry resta debout. Il regarda ses deux meilleurs amis, assis ensemble au centre de la table. Hermione était radieuse ses cheveux étaient relevés de façon ornementale, ses yeux bruns étincelaient et elle n'avait jamais semblé plus jolie.

"C'est maintenant qu'il est temps pour toi de te lever, Ron," dit Harry avec un sourire malicieux. Il se tourna pour faire à nouveau face à la salle. Peut-être était-ce le champagne, mais il commençait à s'amuser.

"Mesdames et Messieurs, Mr Ronald Weasley, le marié, va maintenant prononcer quelques mots sans être interrompu par Hermione. Profites-en bien, Ron."

Ron se leva et regarda autour de la pièce. Il semblait surpris de faire face à autant de monde.

"Mince alors," commença-t-il nerveusement.

"Hermione et moi… ma femme et moi," dit-il fortement, sa voix soudainement assurée et remplie de fierté, "souhaitons tous vous remercier pour vos présents. Nous aimerions remercier mes parents et mes nouveaux beaux-parents pour leur immense travail. Je pense que vous serez tous d'accord pour dire qu'ils ont fait un travail formidable pour l'organisation de ce jour très spécial pour nous. Je tiens à remercier Papa Granger," Ron sourit, 'mon nouveau beau-père, pour ses mots chaleureux, et justes, et pour ses bons vœux. J'aimerais le remercier tout particulièrement de me laisser lui prendre son intelligente, magnifique… et autoritaire… fille… et j'ai complètement oublié ce que j'étais supposé dire d'autre."

Ron s'arrêta et attendit que les rires et les sifflements cessent.

"Mères, Harry et Ginny," siffla Hermione. Elle secouait la tête en prétendue irritation tout en riant.

"Juste," poursuivit Ron. "J'aimerais aussi offrir…"

Ron eut un regard vers deux ravissantes serveuses se tenant prêtes au fond de la salle.

"… offrir à ma mère et à ma belle-mère ces bouquets, comme une petite marque de ma reconnaissance de tout leur dur labeur."

Ron s'interrompit le temps que les bouquets soient apportés et remis. Pendant qu'il attendait que les applaudissements polis cessent, il regarda le long de la table en direction de Harry et lui fit un clin d'œil.

"Hermione," mima Harry précipitamment. Ron sembla perplexe pendant une seconde avant de se souvenir. Il sourit à Harry et leva le pouce. Lorsque les serveuses s'éloignèrent, il reprit.

"J'aimerais remercier Hermione, mon extraordinaire mariée, pour avoir accepté de m'épouser. Elle est magnifique et talentueuse et intelligente. Mais pour une raison que j'ignore elle a quand même dit oui quand je lui ai demandé."

Ron s'interrompit jusqu'à ce que les rires et les railleries s'arrêtent.

"Je n'ai aucune idée de pourquoi ! Mais elle l'a fait. Merci Hermione, je suis un homme chanceux. Oh, et elle m'a ordonné de dire à tout le monde qu'elle n'est pas autoritaire."

Ron se pencha et prit la main d'Hermione, elle riait, rayonnante de bonheur.

"J'aimerais remercier Harry d'avoir accepté d'être mon garçon d'honneur," continua Ron. "J'avais espéré persuader quelqu'un de célèbre pour tenir ce rôle."

Une autre salve de rires éclata. Les Moldus semblaient tous confus.

"Mais à la fin j'ai décidé de demander à mon meilleur ami," dit Ron avec un sourire. "Merci pour toute ton aide et ton important travail, Harry.

Enfin, j'aimerais remercier ma petite sœur d'être notre demoiselle d'honneur. On m'a dit qu'elle était parvenue à gérer la nervosité d'avant mariage d'Hermione qui, de ce que je comprends, était pire que sa nervosité d'avant examens." Ron semblait abasourdi.

"Je ne pensais pas que c'était possible ! Donc, très beau travail, Ginny.

Mesdames et Messieurs, merci de lever vos verres en reconnaissance.

À notre demoiselle d'honneur : Mademoiselle Ginny Weasley."

Tout le monde se leva. Il y eut des cris enthousiastes de "la demoiselle d'honneur" ou "Ginny."

Et plus encore de sifflets. Harry remarqua que Steve, ainsi qu'un autre des cousins d'Hermione, sifflaient avec ferveur. Harry croisa les yeux de Ginny en levant son verre pour elle elle était resplendissante dans sa robe de demoiselle d'honneur en satin vert sombre.

Alors que tout le monde se rasseyait, Harry resta debout pour la dernière fois. Maintenant, enfin, c'était à son tour de parler. Il prit une rapide gorgée de champagne et regarda le bazar de notes face à lui. Son discours soigneusement préparé était en désordre. Il constata qu'il s'en moquait il pouvait se souvenir des éléments importants. Il regarda autour de la salle alors que le silence se faisait.

"C'est le moment où je vais tout vous dire sur Ron," commença-t-il sur le ton de la conversation. Il y eut des acclamations.

"Mais avant tout je tiens à le remercier pour ses mots amicaux, surtout pour ce qu'il a dit à propos de ma fiancée…" Harry s'adressait directement aux cousins Granger devant lui, regardant droit dans les yeux d'un Steve surpris. "… la demoiselle d'honneur, la superbe Ginny Weasley.

Merci, Ron, et bien joué Ginny." Harry se tourna et leva son verre vers sa petite-amie riante, qui lui souffla un baiser.

"Et merci, Ron, de n'avoir pas essayé de faire tenir ce rôle à l'un de tes amis célèbres."

Il y eut encore des rires, bien que les Moldus restent perplexes à cette plaisanterie.

"Avant que je ne vous parle de Ron, j'aimerais remercier le personnel ici. Je suis sûr que vous serez d'accord avec moi sur l'excellent travail qu'ils ont accompli."

Il y eut une salve d'applaudissements polis.

"Ils m'ont demandé de vous rappeler que lorsque j'aurais terminé, ce qui ne sera pas long, c'est promis, ils souhaitent que tout le monde se rende au bar. Le personnel de l'hôtel pourra alors retirer ces tables et installer la piste de danse."

Il y eut un unique hourra du fond de la salle, qui s'interrompit dans l'embarras.

"Oui, Seamus, il y aura de la danse plus tard !" annonça Harry avec une sériosité feinte.

"Maintenant, revenons à nos moutons ! Ron," poursuivit Harry," que puis-je vous raconter sur Ron ?"

"Tout ce qu'il ne veut pas qu'on sache !" tonna George. Harry sourit, mais l'ignora.

"Ron va être mon garçon d'honneur dans moins d'un an, donc j'ai un problème. Si je suis vraiment horrible avec lui, il pourra prendre sa revanche l'année prochaine. Mais, même si je reste gentil, il pourra quand même dire ce qu'il veut à mon mariage, et je ne pourrais rien y faire."

"Ouais, souviens-toi bien de ça," lança Ron.

Harry regarda son ami le marié et s'adressa directement à lui. "Heureusement, Ron est bien plus effrayé par Ginny…"

"On ne l'est pas tous ?" tonna George.

"… que je ne le suis d'Hermione. Donc, allons-y." Ron sourit et Harry se retourna pour s'adresser aux convives.

"J'ai connu Ron et sa famille la moitié de ma vie. Nous nous sommes rencontrés à la gare de King's Cross il y a juste un peu plus de onze ans. Ma tante et mon oncle m'avaient laissé dans la gare et j'avais du mal à trouver le bon quai. Ron et sa famille m'ont aidé à trouver le train pour le Collège Poudlard et m'ont aidé avec mes bagages.

Ron et moi avons partagé un compartiment pendant le long trajet vers le nord. Ron avait cinq frères, tous ayant été à la même école. Comme Ron, j'avais onze ans contrairement à Ron, je ne savais presque rien de l'école. Je ne savais même pas où j'allais. Ron a été d'une grande aide. Il m'a dit, par exemple, que nous serions tous répartis dans différentes maisons et que je partagerai un dortoir de maison avec quelques autres garçons de mon âge. Ils se sont révélés être Ron, et Nev, Seamus et Dean, faites un signe les gars."

Harry s'arrêta pour reprendre son souffle tandis que, souriant, Neville, Seamus et Dean faisaient saluaient du fond de la pièce.

"J'avais reçu pas mal d'argent à dépenser et, quand le chariot de bonbons est passé, j'ai dépensé plutôt plus que je n'aurais dû. Donc, Ron et moi avons passé un excellent moment. Qui a besoin des sandwichs au Corned Beef de sa maman quand on a plus de sucreries qu'on ne peut en manger ?

Nous sommes devenus bons amis quelques heures après notre première rencontre. Ron a été mon premier vrai ami, et hormis quelques disputes spectaculaires, nous sommes restés meilleurs amis, ensemble pour le meilleur et pour le pire, depuis lors.

J'étais là quand lui et Hermione se sont rencontrés pour la première fois et j'étais même présent lorsqu'ils ont échangé leur premier baiser, presque sept ans plus tard."

Harry jeta un coup d'œil à Ron et Hermione. Il leur sourit pendant que tout le monde acclamait.

"Je pense qu'ils auraient préféré un moment plus privé pour ce baiser, mais les circonstances étaient contre eux.

Mais revenons à il y a onze ans. Nous sommes là deux garçons de première année, repus de friandises, assis dans un compartiment pour nous tous seuls, nous entendant bien et passant un bon moment. Alors, pas très longtemps avant d'atteindre notre destination finale, la porte du compartiment s'est ouverte et deux personnes sont entrées. L'un était Neville, l'autre était une fille !" Harry siffla les deux derniers mots et s'interrompit à nouveau.

"Mes souvenirs sont un peu flous, mais je pense que ce qui s'est passé est ceci. Une fille étrange –mais pas autoritaire–, qui avait plus que sa part de cheveux bruns, a déboulé dans notre compartiment et a commencé à nous faire la morale. Elle a dit à Ron qu'il avait de la suie sur le nez, ce qui était vrai. Puis elle nous a dit qu'elle avait lu tous les livres d'école et qu'elle les avait appris par cœur !" Harry secoua la tête, incrédule, et attendit que les rires se terminent. Hermione se prit la tête entre les mains, les épaules tremblantes. Harry espéra que c'était de rire.

"Je l'admets : j'étais inquiet du moins je l'étais jusqu'à ce que je voie l'expression sur le visage de Ron, il était terrorisé ! J'avais jeté un coup d'œil à nos livres de cours. J'avais même commencé à en lire un ou deux. En regardant Ron, j'ai réalisé qu'il n'avait même pas ouvert les siens. Pfiou !" Harry mima d'essuyer de la sueur sur son front.

"Cette fille était effrayante, croyez-moi ! Elle est repartie aussi vite qu'elle était arrivée. Ron et moi nous sommes regardés je pense que nous étions sous le choc. Ron a dit quelque chose comme : 'Quel cauchemar ! Je me fiche de savoir dans quelle maison je serais, j'espère juste que ce ne sera pas la même qu'elle.' Voilà, c'est ainsi que Ron a rencontré sa future épouse."

Presque tout le monde, dont Ron et Hermione, remarqua avec soulagement Harry, riait.

"Bref, nous sommes arrivés à l'école nous avons été répartis dans nos maisons." Harry s'interrompit, essayant d'avoir l'air étonné, et poursuivit. "Et devinez quoi ?"

Il marqua à nouveau une pause, attendant que les rires d'anticipation diminuent de volume.

"C'est la première fois qu'Hermione a douché les espoirs de Ron."

Les rires revinrent.

"Il serait juste de reconnaître que durant ces tout premiers jours, Ron et moi avons essayé d'éviter Hermione autant que possible.

Elle travaillait dur, faisait son travail dans les temps et obéissait à toutes les règles de l'école. Ron et moi… ce n'était pas notre cas.

Ces quelques premiers mois à l'école, Ron et moi avons été plutôt infects envers Hermione."

Hermione marqua son approbation d'un hochement de tête, ses yeux luisants. Ron passa son bras autour d'elle et l'embrassa sur la joue.

"Un jour, nous avons accidentellement mis Hermione dans une situation où elle s'est retrouvée là où elle n'aurait pas dû. Nous étions raccompagnés à nos dortoirs par les préfets. Hermione aurait dû être avec nous, mais elle ne l'était pas, parce que nous lui avions fait beaucoup de peine plus tôt et qu'elle avait couru se cacher. Ron et moi avions déjà eu de nombreux problèmes, mais nous n'étions pas des gamins atroces. En tout cas, j'espère que nous ne l'étions pas. Nous avons décidé de revenir en arrière, de trouver Hermione et de lui dire que nous avions tous été renvoyés dans nos dortoirs."

Harry regarda droit dans les yeux de Percy Weasley.

"Fausser compagnie à notre préfet était facile." George et Charlie hurlèrent tous les deux de rire pendant que Percy rougissait écarlate.

"Nous avons rapidement trouvé Hermione. Elle était enfermée dans des toilettes des filles. Ron l'a secourue, mais nous n'avons pas réussi à nous faufiler jusqu'à notre dortoir comme nous l'avions prévu. À la place, nous avons tous les trois été pincés hors limites par notre directrice de maison.

Ron et moi avions déjà eu de nombreux problèmes. Nous attendions, et nous méritions une sévère engueulade. Mais alors quelque chose d'incroyable s'est produit la petite Miss Parfaite a menti à notre directrice de maison, elle a prit toute la responsabilité." Harry regarda le Professeur McGonagall, qui était assise entre Kingsley Shacklebolt et Hagrid au fond de la salle elle leva un sourcil.

"Désolé, Professeur," poursuivit Harry, "Il est bien trop tard pour les détentions, maintenant.

À partir de là, nous trois sommes devenus inséparables. Hermione essayait de nous faire entendre raison, et nous essayions de la faire se détendre et de lui faire enfreindre quelques règles. Je pense que nous nous sommes tous fait beaucoup de bien." Ron et Hermione approuvèrent de la tête, se tenant dans les bras l'un de l'autre.

"Durant nos trois premières années, je ne peux pas me souvenir de nous être disputés, mais au cours de notre quatrième année, les choses ont commencé à changer.

Les hormones ont commencé à s'activer. Nous étions toujours amis, mais il y a eu des changements subtils dans notre relation. Hermione a toujours été comme une grande sœur pour moi. Elle a dix mois complets de plus que moi. Donc quand Hermione s'est trouvé un copain, ça ne m'a pas dérangé.

Ron, en revanche, a fait une découverte soudaine : Hermione était une fille !"

Harry s'interrompit à nouveau le temps que le silence revienne.

"Ce fait important avait, apparemment, échappé à son attention. Du moins cela avait été le cas jusqu'à ce que d'autres garçons commencent à prêter attention à Hermione. Ron le niera encore, mais il était jaloux !

Plus tard, Ron s'est trouvé une copine, et devinez quoi ? Hermione le niera toujours, mais elle était jalouse !"

Harry regarda le fond de la salle, où Lavande Brown était assise entre Dean et son collègue Auror, Terry Boot. Elle avait un bras autour de chacun d'eux et riait. La femme de Dean, Frankie, n'avait pas l'air d'apprécier le comportement de Lavande.

"Curieusement, nous avons tous réussi à rester amis. Du moins, tant que Ron et Hermione ne voyaient personne d'autre, nous avons tous réussi à rester amis. Aux autre moments ? Eh bien, je faisais passer les messages de l'un à l'autre et j'essayais de maintenir la paix. C'était un énorme effort car, comme beaucoup de gens ici le savent, maintenir la paix n'est pas un domaine dans lequel j'excellais quand j'étais à l'école.

Il y a eu plusieurs moments où j'ai pensé qu'ils ne se parleraient plus jamais. Il y a eu d'autres moments où j'ai cru que, enfin, l'un d'eux allait embrasser l'autre. Mais ça n'arrivait tout simplement pas ! Pas à quinze ans, ni à seize, ni à dix-sept. Plus d'une fois je me suis demandé si je ne devrais pas les enfermer ensemble dans un placard, pour les aider à se dire les choses." Harry s'interrompit à nouveau et laissa les rires cesser.

"Finalement, il y a un peu plus de quatre ans, pas longtemps après le dix-huitième anniversaire de Ron, ils se sont enfin mis ensemble.

Ils l'ont fait sans mon aide, ce qui est probablement aussi bien. Et mes amis Ron et Hermione se disputent joyeusement entre eux depuis lors."

Harry laissa les acclamations s'arrêter.

"Nous trois avons vécu énormément de choses ensemble. Ils sont mes meilleurs amis depuis des années. Ron et Hermione ont tous les deux été toujours là pour moi. Hermione pour me donner de bons conseils et Ron pour me persuader de les ignorer."

Harry attendit à nouveau que les rires cessent.

"J'aimerais être sérieux un moment.

Ron a beaucoup de grand frères. Des fois, je pense qu'il trouve difficile d'être dans leur ombre. Bill et Percy ont été tous les deux Préfets-en-Chef, Charlie a été une légende du sport. George, et son regretté jumeau Fred, ont prit une route différente. Ils ont gagné la notoriété, ou possiblement l'infamie, en passant de meilleurs farceurs de l'école à hommes d'affaire à succès.

Ron était simplement le dernier d'une longue lignée de garçons Weasley à l'école. Son principal titre de gloire, malheureusement pour lui, était d'être 'le meilleur ami de Potter.' Ron a passé sa vie dans l'ombre des autres et personne ne semblait remarquer ses réussites… enfin, ce n'est pas vrai, quelqu'un le faisait prodigieuse Hermione."

Les Weasley, Harry le remarqua, étaient pendus à ses lèvres. Ron rougissait et Hermione tenait fermement la main de son nouveau mari. Molly, pendant ce temps, se mouchait bruyamment le nez dans un minuscule mouchoir décoratif en dentelle qui était totalement inadapté pour cette tâche. Harry poursuivit.

"Ron est mon meilleur ami il est brave, généreux, intelligent et drôle. Il a raison bien plus souvent qu'il ne le croit. Il a certainement raison bien plus souvent qu'Hermione ne le pense."

Harry marqua une nouvelle pause.

"Il n'est pas intelligent type premier de la classe, comme Hermione, mais il n'est pas idiot. Il tient parole et c'est un excellent homme à avoir pour couvrir vos arrières. Plus important encore, quand vous avez besoin de lui, il est là pour vous. J'ai eu de nombreuses raisons de lui en être reconnaissant au fil des ans. Merci Ron. Je sais qu'Hermione aussi en est reconnaissante.

J'espère qu'ils auront une vie heureuse et prospère ensemble, ils le méritent, et ils se méritent l'un l'autre.

Mesdames et Messieurs, je vous prie de bien vouloir vous lever et lever vos verres à Hermione et Ron, la mariée et le marié."

Sous les acclamations et les applaudissements, Harry porta le toast et se rassit avec soulagement sur sa chaise, pour y être embrassé par une Molly larmoyante.